L'électeur, 20 décembre 1890, samedi 20 décembre 1890
PRIX DE IMBOHjŒMENT tarifs des annonces Senftt 1** »**S'îi»8»i i â‘,v»k»ii*i tant ItnérM» nr» leaiol - f)jioir» I» -I tt n;»lol.— f)?in ih !b -Ii onii|ilo|rt!.ViriOonti pvir rtu^Vlt c A idjuc»?l'oitjiii pif4;5 0 i Xî'jtM «cUi •>, cio .c-i «ctrAonl l'il.nïni «ir« \ ngfXSAU a Cl K.•V.*tt.*OMuo." m OU* il * •t'j.ooriu^riunl U r4l.;uoa, 4 KUNItî Uino'.aur J« U k i.cUq • L’ftbonaerr.tul tfct tlrlcUrr.sut 1 oyfcM© d’avanoc EDIllCa ÜACMMADAtM Cn aD, au cciüÿU-î, d’arince.v.ERNEST P AC AED, «UreWeur de la rédaction BELLEAE & Cic., administrateurs.BUREAUX : Côte Lniuontasuc.Basse-Ville, Québec.EEKIC BARTHE, réducteur «ion pour 8e rendre nu club Belvédère où de« rafraîchissements leur seront scr vis.# Pour toute autre information, s'adres scr au soussigné.Par ordre du comité, Le directeur général, TuCo.Haxsl.DISTRIBUTION DES RECOMPENSES ESQUISSE DU DERAILLEMENT DE LEVIS DU MERITE AGRICOLE L'ELECTEUR QUEBEC, 20 DECEMBRE 1890 VlADOC VISITE AU LIEU DE LA CATAS TROPHE " Edition quotidienne Quebec, Samedi, 20 Décembre 1800 lie année No.133 Ermon Qtonwtxini 803 x uo i m 1 w Tramtlrs fmsrttoa.;.JA«iniiimriloni p*i*»tié«* (O'ii 1(1 |cun.ni-; (Tniihn |ur hmump.qui ID« i» I'm pu .o If AVÜUt OMin-n».aiirt»^ o.i d«ur cette vente.Tout doit être vendu.Fa* de réserve.Lunch servi à midi.CONDITIONS.—et au-dessous, comptant ; au dessus de $J3, quatre inol* (le crédit *ur billet*, approuve* et en loss-», portant intérêt k 7 p ur cent cl payables k la Datique Nationale, Kht rbrooke VKNTB A DIX IIKUUF.S A.91.l»!tK!T*RS.J.T, L.AU>HAM0AULT1 J.J.GRIFFITH, Curateur* adjoints.JOHN J, CEIITITH, 17 d«o—s 3f* Kncantcur.Avis tic Faillite -o o o- D«n» TafThlrc «le Auguste Perron, &.‘iliit-gjimciir< Quelicr.Insolvable.| T N DI, LC 29 COURANT, A 2 Hr*.I*.1IH aur le» prern’oses du fall!, h 91 .Sauveur, sera vendu a {‘cr.chére to:ia le* bien* meuble.» et livre* do crédit de cotto *uc reslon, ravoir: Dois de sciarc pour uno valeur d'à peu prfci A1500, Machines d'un moulin, trois chevaux, voitrivj d'été et d’hiver, peaux de carriole, harnai*.clou», et ai*.**! l’anieublement d’une mîiwn, renant «aile d'entrée, «allô a diner, salon.Un piano et un coffre do «Qroté (*afe), fait parti do l’ameublttnent.Lu l»oi», les machine», eto., peuvent être exnnd-né» tou* les Jour* «nr les lieux, et la liste de* crûdiU au bureau du souimignô.lu vente commencera par le bob, su moulin qui *cra vendu par lot* k la convenance dm acheteurs.Le tout sera rendu argent comptant.D.ARC AND.ourateur, 74, ru* St.-Fio Québec, 15 Dée.ISOO.-e Cfc» Elixir Résineux Pectoral Toute Ja population do la rillo a eu connaissance de l'incendio qui s'eat c]*S-clarô h rur lea dommages causés par l'incendie.Ivo cominerco florissant que la maison D N.BEBGERON & Cie a fait jusqu’à aujourd’hui, lui permet do disposer do «es assurances autrement quo pour compenser loa pertes portes nu'elle n subies, et ces messieurs ont décidé do faire uno immense réduction sur (outos loa lignes que comprend l’épicerie, et ainsi lo malheur qui los a assaillis cet jours derniers profitera complètement au public qui les h honorés de son patronage.C’est donc là un immooso avantage et la plus belle occasion d'acheter pour les f6tes les mémos marchandi*os qu’uiileura à des prix auxquoL lus autres marchanda no peuvent pas prétendre, Ivo grand choix ot les ban prix vous surprendront tous ! Ailez on foule A V L.il.BERGERON & Ci S O."» -Km* Hl.-JosrpU, 8I-Rorb—9D3 1er déo—e J lm —" • ¦¦ -A—— —' ¦ - ¦ iu-Ri, Banqu9 de Montréal •:o.- Capital - - - - ^12,000,000 Kiirphis - • - # 0.000,000 Un département d’épargnes n été ouvert ou rapport avec cette succursale.i.VTKr.Kî ALLOUE AUX TU X COUlUîfS SUCCURSALE RE QUEBEC SN D11H RUA Saint-PIcrrc et »Sn!nt-Panl Aussi :—Coupe fourra»* de tïftfte grandeur LATIMER & LEGARÉ, ________ 273.Rü3 1 rV- >nt 3 ni: Balance du Stock de FORTÏÊR & ROYER - -— ¦ — Devant être vendu en entier sans réserve d’ici au 1KR Janvier 1891 Serge iioin-, ;ï nioUië prix, lUcltons.noirci couleur.Drap Castor, (Beaver) Ratine noire.ChemiNC.s iilanclaoi, vnlnnl fjll.ao pour 50 cts CAMISOLES ot CALEÇONS, CASQUES, MANCHONS, VALISES.Aussi, la balance de uo3 IIA R DES FAITES, PARDESSUS POUR HOMMES et ENFANTS, HABILLEMENTS, Em Etc.Aucun prix nr sera refuse pour les Alnrcluindisc* ci-haul meuLionnces'1^# FORTIES, & ^O^ESjES» 50, Hue de la Couronne, St.-Hocli N.B.-Qu'on ao donne lo troubla de venir visiter nos marchandîsoa et personne ne surtirn flans en acheter.11 déc—K J q ot h l in 3?*0 3NrXMDI32i JZllXï 1S71 Vente a Redaction durant tout le Mois LE PLUS BEL ASSORTIMENT â'AKTICLES de fantaisie et DE TOILETTE, jwmr Daniel ut Messieurs, qu’il y .lit à Québec, tant sous la rap|»oi't de la porfectimi, da la variété, que nous celui do 1» modicité de* prix, sa trouve u l'ctubiist-udu soussigné, All FIGARO, >o 2557» rue et fr.sibonrg ftl.-Jfcan SPECI\LITÉ.- -On trouvura au mémo établissement la plus belio variété do PERRUQUES |>our Dame» et et Maudeur* ; elles «ont montées avec uu gout telle-inouï artistique, quo la plus exercé no pourra découvrir la diiléreuuo entra uno perruque ot uiio chevelure naturelle, t3?Tour les articles exéoutés en cheveux pour ornomonts de la tète, spéciale ment jmur les Dames, sont d’uno qualité ot d’un fini parfait.Montre d’or donnée on prix, pour coupe do Cheveux et SHAMPOO.CONFORT.—L’invention d’un appareil à sécher Ica cheveux (shampoo dr*rtr), par le soussigné, a |K>ur effet de produire uu bien-être dus plus agréables à celui qui «'on sert.féline visite est lininbleuient .solllci(^e'TS3i VICTOR DESPLÂTS, L U«'c—« J 8* PERRUQUIER - COIFFEUR 237, Rue et Faubourg St.-Jeun, Québei GRANDE.FOULÉ tr l —: AU ! K Blé, Kouô, dit-ollo; YQtt#_V Ia sau- B—RM DAN- LE DEBLAI EM EXT DK LA CEK DE MOUT Lévis, IG déc., 10h.30p.ra.—A9 lira un convoi spécial composé d’uno locomotive ot du char dos directeurs do l'Intor-colonial,s’est rendu à Saint-Joseph, portant les principaux officiers du chemin, M.D.Pottinger, lo surintendant en chof, M.McDonald, lo surintendant général, M.L B.Archibald, M.Fiaot, M.Laverdière, et les ro présentant s du S/or de l’Electeur.M.Pottinger qui venait d’arriver, voulait aller visiter lo théâtre do l’accident et l’a fait avec beaucoup do soin.Plusieurs boni m os travaillent avec ardour au déblaiement du torrain.Les chars vont être sans retard montés sur lo remblai ot transportés sur dos plat-formes.La vuo du théâtre do l’accident dans la nuit est horrible.M.Pottlnger lui-xnémo dit qu’il no so faisait pas d’idéo d’un pareil désastre.Tout lu monde s’accorde à diro quo c'est tout à fait étonnant qu'on n'ait pas un plus grand uombro de portes do vio à enregistrer.Madame Boauchcmin est ce soir dnns un état très critiquo.On attend sa mort d'uno minute à )'autre.Madame Gagnon va toujours do mioux on mieux.Lévis, 19 déc., 10 h.45 p.m.—Avant la catastrophe, lo jouno Leclerc, uno des victimes, était partie on compagnie du jeune Léon id a s Couturo qui a élu pendant quelque temps employé commo apprenti a Y Electeur et qui suit maintenant los classes do l'Académie, pour so rendre à Saint-Charles do Bollochassc, ot revenir avec lo train do Halifax* Lorsque co train est passé à Saint-Charles, LécJerc est monté, ut pour une raison que noua no connaissons pas, lo jouno Couturo a refusé et a fait tous scs efforts pour garder son ami jusqu’au prochain train, Leclerc en refusant d’attendre a couru la mort.Eu apprenant la triste nouvelle, Couturo a été fort énervé et depuis co temps il refuse de sortir.Actuellement tout lo bagsge, contenu dans les chars, est transporté à Notro-Damo ot lo travail do déblniomont do la voio publiquo toucho à son termo Lo train d’Halifax, correspondant a celui auquel est arrivé l’aocidont d’hier est entré en gare co Bept heures photograph du théàtr soir, en rotard.M.Rom a aid Roy photographo do Lévis, a pris des vues du théâtre du désastres et do l’endroit où ont été oxposés les corps des victimes.Il a réussi a rotrucur la Bcèno avec beaucoup do vérité.L'enquêto du coroner so continuera demain matin, à 9 heures.F.llo promet do durer plusieurs jours, ai on on juge par lo nom bru dns témoins qui seront, dit-on, près do deux conts.ETAT D'AM OUR DODSON, PREMATUREMENT A.VNuSiE COMME MOUT J’ai eu uno entrovuo avec Alford, ot non Alfred Dobson.Alford Dobson,quo vous a vex annoncé commo mort, prend ou contraire, beaucoup do mioux.Il vient do C.impbollton et s'en allait dans lo Haut-Canada pour chercher de l’ouvrage.C’est un hommo do 35 ans, à figure énergique.Il a roçu des blessuros qui lo font besucoup souffrir, tuais qui no mettent pas sa vio en danger.Jo l’ai interrogé sur les circcntancos qui ont accompagné l'accident.Il no so souvient do rien.11 dit qu'il a été projeté contro les patois du wagon où il sc trouvait ot qu’il n’a pu so garantir à tumps.Il est très Affecté du rotard quo lui cause cet accident, ot il craint toujours quo sa fctnnto n’en souffre.u Mcrwnt Koimwrr.-ioîi ctat S'AGGRAVE Lévis, 11 h.15 p.tn.—Vous avez à pou près au complot dans la Justice et ['Electeur la liste dos victimes.La sauté du docteur Morrisot do Sto-Hénédino, n'est pas aussi bonno qu'on là d'abord uru.Les blessures n'ont pas paru graves d'abord, mais la suito a dû fairo modifier les opinions.Notre aini souffre do doulours internes et son état s’aggravo.C'est pourquoi, on l'a immédiatement transporté ehea lui.J'ai ou nue entrovuo aveo M.b doctour Tanguay, do Saint-Gervais.Il raconte commo suit scs impressions : ENTREVUE AVEC LE Dr TANGUAT.—IL A VU M.DESK A 1ST QUAND IL A ETE FRAPPE MORTELLEMENT “ Pendant l'accident, jo venais do quitter lo wagon de première, ot jo fumais dans lo char fumoir lcrsquc\ soudain, jo ino sentis secoué.J'ai compris nurtitôt l’imminenco du danger et voulus chercher mon salut en courant pour sauter en bas du convoi.Je n’en ai pas ou lo lotnps.J’ai vu distinctement M.Dcssaint, un instant.Il tenait la poignée do la porto du wagon qu'il voulait ouvrir, probablement pour sauter hors du wagon.Il Tut frappé à la tète et roula sur le plancher.Je saisis un banc pour m'y tenir.J’ai ou filers commo la sensation d'un rêve.Jo mo sentis soulevé de terra et culbuter d'uno grande hauteur.Je no vis plus rien, et c'est tout es dont jo mo souviens jusqu'au moment où jo repris mes sens, me sefftanfc tiré par lea plods.Jo rerittal commo si on avait voulu m arracher violemment à un sommoil réparateur, et lorsque je constatai la de bonucoup d’imbilitd depuis lo mo-mont où ils ont été avertis du l'accidont.Tous so Bont rendus sur les lieux et ont aide et dirigé lo travail do sauvotago.Le jouira Leclerc sera inhumé lundi matin à Notre-Dame do Lévis.La fanfare do Notro-Damo assistera on corps à l’ontorromsut.Au cours do son témoignage,lo grand connétublo Gale, a établi l’identité do cinq cadavres.Coux dos doux inconnus août reconnus maintenant comme étant François Gauvin ot Max.DrosspooL M.Paul Côté, do l’Ilo aux Œufs eveo qui j’ai ou uno ontrevuo, raconte quo lo Dr Morissotto l’a frappé à la têtu ot lui a fait uno blossuro.Il est reparti liior soir pour l’Islo aux Oeufs, afin dit-il, do rassuror sa femme qui doit être inquiète sur sou compte.Il n’a pas perdu connaissance.Los trains do l’Intorcolonial et du Québoc-Contraî, no peuvent oncoro passer par l’ombranchumont Saint-Charles.Lo train employé à relever les wa- Î;on* occupo la voit.Los trains circu-ent pur l’ancicnno voio do la Chaudière.PAR QUI M.DES* Al NT A FI E RECONNU Lévis, 20 décombre* 2 h.a.in.—J’ai vu lodétcctivo P.Dubé, do Fraservillo, qui s’est fait un plaisir do me donner tous les détails qu’il connaissait au sujet do l’accident.A fi heures cot après-midi, il a rc-cueilli trois paletots sous loi chars do première classe.Durant l’avant-midi, il a ramassé les effets qui étaient restés dans lo char Pullman.Il a trouvé des paquets de toutos sortes qu’il a mis on sûreté.M.Dubé est lo premier hommo qui ait établi l’identité do feu M.Alexis Dessnint, avec M.McDonald.Lors do l’identification do M.Dessaint, on a trouvé dans la poclio do son pudessus, uno lettre de son ami M.P.A.Choquette, député do Montmagny.Dans cetto lottro M.Choquette annonçait à son ami qu’il partait avec M.Laurier pour une tournée politique aux provinces maritimes.Le constable Dubé a oncoro trouvé dans los habita do M.Dessaint un canif et un chapelet qui ont servi à le fairo reconnaître.Lorsquo lo député do Kamouraska a été retiré des déconibro,il vivait encore, sans avoir ;do connaissance.Il fut administré sous le nom de Gauvin.LA VICTIME DRESS POOL Sur lo cadavro do M.Drosspool, lo juif qni est monté sur lo train à New-Glasgow, le constnblo a trouvé uno somme do $55 ot plusieurs papiers prouvant qu’il appartenait à uno logo maçonnique.Gauvin avait sur sa personne uno som-mo de $50 ot 45 centins.Tout cet Argent est entro les mains do M.Lavcrdièvo à Lévis.Les corps sont maintenant sous la charge do M.Laverdière, d’après un ordio spécial du coroner.J’ai aussi vu M.Fi set, lo mécanicien en chef do lTntorcolonial.M.Fiaot est sur lo chemin dopuis deux mois à poino.11 était monté sur la locomotive hier à St*CharloB.Lors do l’accident,!! a do suite envoyé quoiqu’un à la station do TIarlaka pour signaler lo danger, afin d’impôcher qu’un autro trAin montant vienne s’abîmer à l’endroit du désastre.M.Fiset qui a vu bien des accidonta do co genre sur les chemina do for américains, est très affecté.Il no so pro-nonco pas sur les causes do l’accidcnt.Il ost surpris qu’il n’y ait % paa plus do morts.Jo viens do téléphoner à Saint*Jo-BOpll* Mes dam eu Gaguon ot Boaucliorain sont toujours dans lo môme état.ribla ot pendant quolquea socondes, jo perdis tou to notion dos choses.M.le curé Gaurreau, de Lévis, était à côté de moi, etYat un des premiers à [se relevor.M.Garnoau, curé do Beaumont, s'était évanouï, et il fallut quelques instants pour lo ranimer.Hcureusomont, personne n’était gravement blessé ; M.La-voio, assistant chapelain des Sœurs Grises, avait un doigt à moitié amputé, il l'enveloppa dans son mouchoir et no paraissait paa trop souffrir.J'en ai été ouitto pour ma part pour cos quolquos égratignuros aux jointures delà main droite.Uno autro personne nous a raconté qu'au moniout do l’acoidont, M.lo curé Gauvrcau fit la remarquo quo lo train allait d'uno vitesse insensée en cot endroit ot qu'un malheur allait arriver.EN 2c CS.A5SS La mort de MM, Dessaint et Blais M.S.Dionne, quo nous avons vu hier sous los soins du médecin à St-Josoph do Lévis, nous a raconté quo M.Dessaint était venu dans lo char do pro-mièro l’inviter à passor aveo Jui en so-conde pour fumor.“Je lo suivis,dit-il,et nous nous trouvâmes assis dans cot ordro : M.Dcs-aaiut, ma faisant vis-à-vis et tournant lo dos à la locomotivo, AL Blais à côté de moi, ot sur la banquette voisino, do l'autre côté, M.Lebol, ayant en faco do lui les coffres dn marchand do fruits ot do cigaros du train.L’un de nous so leva tout-à-coup ot s'écria : “Grand Dieu ! quelle vitosso 1 nous allons culbuter, c'est sûr 1" Il n’avait pas fini que notre char quittait lus rails ot s’abîmait.M.Lobel out les doux jambes fracturées par les coffres qui étaiont devant lui, M.Blais fut frappé à la tôto probablement par l'un de cos mCmes coffres.Quant û moi, jo perdis connaissance et no m'éveillai quo daus cetto maison où l’on m'avait transporté.LE REGRETTE M.DE** Al NT Ce qui rond oncoro plus péniblo la mort du député do Kamouraska, c'est qu'il laisse uuo vouvo ot six jeunes enfants.Quollo deuil nffroux ! Quelle porto irréparablo pour cotto famille ! Al.Dessnint lnisso aux siens une police d’assurance ds $4,000 pour tout héritage, croyons-nous.On rapporto qu’à la nouvollo do la mort do AL Doasaint, l’honorable juge Bossé s’ost écrié : “Quollo porte irréparable pour lo barreau !" Il n' y a quo quoi-quos jours,M.Dessnint plaidait dovaut la Cour (l’Appel avec uno éloquence qui pé-tra d'admiration lus juges, oc qui lu mettait au premier rang des avocats du pav*.Nous nous souvonons d’avoir nous-mô-mos, dans ces colonnes, fait il y a quelques années, dos éloges d’un chef-d’œuvre do plaidoiorio quo lo jouno avocat venait do prononcer devant la Cour d’Appel.Al.Dossalnt était à la fois un oxcoi-leut député et un grand avocat.Celui qui traça ces lignes a été son confrère do classe au Séminairo do Trois-Rivières, ot se rappelle quo dès lors lo jouno écolier sacrifiait Horace et Virgilo à D'Aguesseau.Al.Saintc-AIario, aujourd'hui député do Napiervillo à la Législature, avait été le voisin do pupitre do AI.Dessaint pendant trois sessions aux Communes.Dopuis qu’on lui a appris la mort do son ancien collègue ot ami.Al.Sto-Marie est inconsolablo ; sa douleur fait pemo à voir.Commo AL Dossnint faisait partio du 88o bataillon, il est probable qu'on lui fora des funérailles militaires.Sos nombreux amis à Québec ont demandé un train spécial à l’Intercolonial pour lcura permettre d'assister aux funérailles.AU MOMENT DE L’ACCÎDENT QUELQUES DETAILS R CUEILLIS DE LA BOUCHE D.S SURVIVANTS DAN* LE PULLMAN Madamo L.P.Pelletier, courngouso, a voulu revoir hier la scouo du désastre où ello avait vu la mort do si près la voillo.Kilo était accompagnée do sa sœur madamo Archambault, do Montréal,' à lnquollo olle a fait voir la eroiséo du Pullman par loquol ollo s’était échappée.Voici en substanco l'émouvant récit do son aventure : Dès lo départ do la station do St-Chartes, la dornièro avant Lévis, lo train avait pris uno nlluro si vivo quo son beau-père, qui l’accompagnait, lui dit : “ Nous allons si grand train quo noua pouvons mottro nos maotcaux tout do suite." Et il donna l'exemple.Almo Pollotior se leva pou après pour endosser sa i>ofiaso do voyago ; ot commo e!lo était debout, lus oscillations alarmantes du wagon lui firont jeter un cri d'effroi : “ Nous allons dérailler, bien sûr ; voyez donc, lo train no porto pas, il voio l " Au môme instant, la culbute ao produisait.Aime Pollotior pordit connaissance on tombant à la renvorso ; quand ollo revint à ollo, ollo avait la figure couverto do morceaux do verro cassé qu'ollo réussit à enlever sans ao blesser ; ello n'avait aucun mal, hors une légère éçra-tignuro au cou.M.Pollotior était inanimé à côté d'oQo, lo Yisftgo couvert do sang.Ello l'essuya aveo un foulard qu'ollo portait au cou, et finit nnr le r.i-mmor.Uno croisée avait été brisée on éclats ; c'cst par là qu'ollo sortît du wagon ot sida son com^gnon de voyage à sortir.EN ire CLASSE Lo rév.AI.Guy, curé de Craubouruo, dit : » .• • “Nous étions en premier© classe plu* sieurs prêtres revenant d’uno réunion au collège de Sto-Anns.Eu voyant notro char perdre son centre do gravité, j’enfonçai mon casque, mo bouchai lo* oreilles avec 1rs deux mains, ot m'écriii : Noua allons à la inert ! Le choc fut ier- gnie des révérends MM.Gnuvroau, ouré do Lévis, Garnoau, curé do Boau-mout, Beaulieu, do l'Hôtel-Dieu do Québec, Lessard, professeur do physique nu collégo Siinto-Anno Lapoca* tière, Côté, prôtre retiré, de Rimouski, et lo rév.M.Can ti lion, natif do SUIery, qui revenait à bord de ce convoi après avoir passé quatre ans au collégo des Lazaristes, à Gômoi.Tous cas piètres ont été forcés do prendre pssaagû à burd du cher-fumoir, vu quo lo char do première était déjà oncombro.Lo révérend M.P.Dolisle, vicuirj do Lévis, était debout sur la plateforme du char et lorsque le convoi laissa la voie, il sauta dans la noigo et no reçut aucuuo blessure.Les autres prûtros ont été plus ou moins blessés.Lo révérend AI.Lavoie, a , lo modins de !Ja main gaucho, pAssablemont meurtri II a aussi roçu plusieurs blossures à l'œil droit.M.La-voio dit que le convoi allait d'uno vi-tesso tellement rapide que lo révérend curé Gauvrcau fit la remarquo “ Qu’il était houteux do fairo avancer lo train aussi rapidement, ot quo avant longtemps quoique accident arriverait." À peino avait-il prononcé ces paroles quo l'acoidont arriva et tous furent précipités on bas du remblai.AI.Lavoie ost sous los soins du docteur Catcllior.DOCTEUR TANGUAY do Saint-Gorvais a roçu plusieurs blessures à la hanche ot à la tûto, mais rion do sérieux.11 a été transporté chez son frère M.Oeorgo K.Tanguay, architecte, de cetto ville, et hier il était assez bien pour a'on retourner chez lui.Mlle MCGAUKY du Ladies Cvllitje, Halifax, était la seule dame à bord du char dortoir,lors do l’accident elle a perdu connaissance.Kilo no s'est rendu compte de la position dans laquelle ello était que lorsqu'elle a entendu diro qu'il y avait trento personnes do tuées.Aveo l'uido du conducteur Mullano ot des deux autres passagers do co char.Aille AIcGarry a pu ôtro sauvée.Ello porto uno ecchymose assez prononcée sur l’œil gaucho et so plaint do doulours aux jambes.AprèB l’accidont ollo a été transportée à la résidcnco do AI.Young, principal du High School, on elle a été mise sous les soins du doctour llamol.Aille AIcGarry, qui devait donnor uno conférence aux salles du Yuuwj ment Chm/ùm Association jeudi soir, partira dans quoique» jours pour Alontréal ot reviendra à Québec sous peu.Kilo a dit à noire roportur quo le convoi allait û touto vitesse lors do l'accident, et qu’elle considère quo c'est un véritable miraclo qu’il n’y ait pas eu plus de victimes.ENTREVUES AVEC QUELQUES-UNS DES BLESSES A QUEBEC Hier un do nos reporter à interviewé plusieurs des blessés qui ont été transportés à Québec.Deux des blessés sont actuellement à l’Hôtel Diou et quatre autres à 1 hôpital Jeffrey llale.M.ALFRED DORKON est do New-Carlislo, mais résidait dernièrement à Campbollton, N.B.Il a été transporté à l’Ilôtel-Dieu immédiatement après l’accident.Il se rendait à Ottawa pour y rcchorchor do l'ouvrage, ot lors do l’accident il était dans lo char do seconde classe, en arrière du char do la tnnllo.M.Dobson, qui est marié et père do trois enfants, dit qu'il a ou occasion dopuis pîusiours années de voyagor à bord dos chars mais que jamais il n’a vu un couvoi circuler avec autant do rapidité quo colui de jeudi matin.Lorsqu’il a ropris connaissance, il était couvert do décora ores ofc deux ou trois passagers étaient sur lui.11 a la jambe gaucho cassée, ot souffro beaucoup do blessures à la hauchc.DERMENF.G1LDE GAGNON marchand do Sninto-Félicité, comté de Alatane, occupo lo lit avoisinant celui do Dobson.11 CBt âgé do 42 ans et souffre des blossuros suivantes : Jambe gaucho cassée, écchymose sur lo front, cou onflé ot plusieurs dents casséos.AI.Gagnon a dit ; 14 J'étais dans lo char de deuxièmo classo lorsque l'accidout cat arrivé et il est étonnant que jo n’aio pas été plus séricusomont blessé quo jo ne lo suis.J'ai eu occasion do voyager souvent sur rinteroolouial, mais jo u’ni jamais été à bord d'un convoi allant avec la rapidité du convoi do jeudi.Il mo somblait quo los chars so levaient et jo m'attendais qu’un accident allait Arriver.Quelques moments avant l’accidcnt j’ai vu AIM.Dossnint, LcBel, Blais ot Dionno qui étaiont dans lo m6mo char que moi ot qui semblaient beaucoup s'amuser." Ces deux blessés sont tous les soins don docteurs C.E.Lomioux, *nr., ot Ahern et août on bonno voio de guéri-risun.Au Jeffrey Hait Hospital, nous avons vu M.et Mme Fullor, ot leur petite fille, de Halifax, ot AI.E.T.Farwcll,de Duudas, Ontario.M.FULLER Est tin hommo âgé d’au dolà de 70 ans et se rendait chez son neveu à Orillia, Ont., pour y passer les fôtos do Noël et du Jour do l’An* Lors do l'accident il était (Htssagor do première et n été assez sérieusement blessé a la tôto ot aux mains.Il a dit que le couvoi allait d’uno très grando viteoso ot il est surpris qu'il n'y ait pus eu plus do victimes.(MADAME FULLER est plus sérieusement blessée quo son mari, mais .souffrait moins hier soir après avoir ou du repos.Elle porto plusieurs blessures a la figuro ot a lo dos meurtrio.Ijour petite fille Edith n'a reçu aucune blessure.M.FARTTELL ost un jeune commis do Dundas, Ontario, il revenait de Glasgow, «n Ecosse, ut s’en retournait chez lui lorsquo l'accident est arrivé.Il était dans lo ohar do seconde classo et souffre beaucoup do blessures aux jambe*.Commo tous les autres, M.Farwcll dit que le train allait trop rapidement I.F.ItElKltFXI>M.M8EPII LAVOIE est avsistnnt-chape!iin do l'Hospice dos Sœurs de lu Charité de cetto ville.Il était à bord du train, on aompa- NOTES Un jouno garçon nommé Louis Carrier, parait avoir été le seul témoin ocu-lairo de i’accidont.11 raconte qu’il n’a vu qu’un paquet do poussièro lorsque los wagons ont roulé on bas du pont, et quo c'ost surtout par lo bruit qu’il a pu comprendre co qui so passait.Los chars en tombant ont fait un bruit qui n été entendu ou loin.Pîusiours personnes ont cru quo c'était lo *.cn- Immédiatement après avoir constaté l'accident, lo jeune Louis Carrier 03t allé avortlr son pèro qui s’est empressé de se rendre sur lo théâtre du slrdstro.En ir.ûnio temps M.Aloxandrc Brochu, attiré par lo bruit, so dirigeait à la CCUIS3 vers le pont.Les deux hommes organisèrent des Bccours en dépêchant dans toutes les directions des jeunes gens chargés do donner l’alarme.*** AI.Denis Hudon, agent d'assurances, do cottn ville, était à bord du convoi.Après avoir csusd quelques instants avec MM.Blais.Dessaint, Dionne, dans le char fumoir, il sortit do co char pour aller voir le conducteur do malle, M.Dorion.A co moment il vit lo {conducteur Walker saisir la corde aux signa»»x afin d’avertir l’ingénieur ils modérai* la courso du convoi qui roulait alors â uno vitosso considérable pour ne pas dira extraordinaire.L’ingénieur n’eut pas lo tumps do se conformer à l’ordre du conducteur, car l’accident so produisit et le convoi toula en bas du pont.Al.Denis dit quo dès ce moment il ne so souviens pas de co qui s’est passé.11 a été retiré d’un char et il cat hetiroussmenfc sans blossures.*** ¦ # AI.Alurpliy, lo mécanicien, aurait dit nu roportor du VEvcdement que le train ne dépassait pas la vitesse autorisée par les règlements ; mais il n’a pas jugé à propos do répondre à d'autros questions.*** Lo préposé aux bagages, AI.Lavoie, ost sorti sain ot sauf de l’accident ; c’ost vraiment providentiel.Il était dans son char qui à ce moment contenait un grand nombre do lourdes pièces de bagage.Il est facile do comprendre co qui s’est passé dans co wagon lorsqu'il a été lancé h près d’uno cuntaino de piods de la ligne.Lo toit a été défoncé par uno valise.AI.Lavoio était au milieu do toutes oco pièces do bagago et n’a pas été blessé grièvement F # * Immédiatement après l’accident, on installa sur les lieux uno batterio du té-légrnpho afin d’annoncer la triste nouvollo dans les différentes parties il n pays ot do l’étranger.A Un des cadavre® n'a pu oncoro ôtro reconnu.C’est colui d’uno personne fortement charpentée, portant moustache noire.Il portait un pardessus on drap do pilot, fabriqué ]»ar S.Vorenborg et Co, 67 rue Washington, Boston.Les boutons do sos pantalons portaiont la marque étampée do Pai*is déposé.Personne n’a pu reconnaître co cadavro qui est celui d’un étrangsr.A Los journaux d’hier matin annonçaient quo huit morts ont été causées dans est accident.Cela n’est pas tout à fait exact comme on peut le voir dans lo rapport de l'enquête.Il y avait cinq cadavres, plus un autro rotronvo hier midi.Par contre, los blessés sont on grand nombre, uno cinquantaine, la plus grande partio,hourousoruont blessés légèrement.Parmi los blessés qui n'étaiont pas ' connus jusqu'à hior matin ot dont nous nous sommes procuré les noms, nous devons mentionner, W.Coffiu, Almo Coffin et ses trois fils.AL Coffin, jambe droite fracturée et blessuro pou grave au-dessus du geuou ; Mino Coffin, épaule gaucho démise ; enfant 16 ans, poignet démis ot ecchymose à la tôte ; l'autre enfant 13 ans, blossuro légère à la této ; lo plus jouno, fluoînues égmtignurea seulement.La famille Coffin so trouve à la pension do Mino Thompson, Côte d s Alarchandd, Lévis.E.Godbout, autrefois do Lévi-, commerçant, blossuro au bras, et blessure i'itemo, peu graves.M, Godbout, Ion de l'accident, s'est trouvé pris jusqu'au cou sous les de ombres, no pouvant à | poino so remuer.Il n'a eenti sur le coup aucun mal.A quelques pus do lui sc trouvaient Aime Côté do »St*GcrvaU, bIcs*éo légèrement.Tancrède Dubé, Trois-Pistoles, nez oissé, blessures intornos, ec trouve citez Alutu lyirrivée, Lévis.Un M.Bouvier, de St-Âlcxaiidro-statipn* comté d'J.bervill*, commerçant d’.Mti, maux, blessé légèroment, su trouvait, jeudi à l'hôtel Riomu, près de la garo do l'Intcrcolüiitîil cc un ost roparti UUr matin pour chez lui.Mino Andrew et sa fille, légèrement -blessées, sont à 1 hôtel Tiu-goou, rue Commerciale/ Toutes doux vionhant de Bathurst.S.Dionne, do St Donis, ancien associé do fou Jo sénateur Chapsh, • blessures très graves à la tôto.M.Dicxnno était a causer avec AL Blais do Kùmouraaka ; colui-ci s’ost lové et a sauté aur la plateforme et juste à ce momont l'accident s'est- produit.**+ Un autre cadavre a été trouvé, hier midi, sous les débris des chars, celui d’un nommé Napoléon Bois, marchand do provision do St*Joseph do Lévis.Lo malheureux était à bord des chars, venant d’on bas et n été trouvé à pou près à 10 pieds de sa réaidonco, là où l’accident a eu lieu.Sa fmnino qui était choz elle ot attendait son mari, sachant qu’il était à bord du convoi pordit connaiasattco lorsquo los chars furent justes en bas du talus.Mais ollo revint biontôt à ello ot commença à espérer lorsquo tous los cadavre» et les blessés furont trouvés jeudi ot qu’ollo vit quo son mari n’était pas du nombre.Atais malheureusement AL Bois était bion à bord ot avait été Fane des victimes do l'accident.Ou peut s’imagnincr la douleur do la pauvre femme lorsqu’on retrouva lo cadavro do son mari, sous les décombres, à quelque pas do ea maison.C’est la douxièmo fois quo notre ami lo doctour Morrissst est victime d’accident do chemin de fer.On sait qu’il y n quolquor années lo docteur avait lo malheur do perdre uno jambe, sur lo Québec Central Jeudi grâco à sa présence dV**prit, à.on a et* quitte à meilleur marché.Il était à bord, en compagnie do son fils, et non do sa femme, commo nous l’annonçions.Au momont où son jeune fils arrivait à lui avec uno boîco do bonbons, il ontondit tout à coup un bruit sourd.Pressentant qu'il y avait quolquo clio-80 qui n’allait pas bien, notre ami saisit son fils ot le plaça entre doux bancs du^ char ot on mémo temps quo lo convoi était précipite en bas du talus, lui, so cramponnait au rebord du chàr.Tous deux n’ont reçu que cto légères blessures.V* Abel Mignaùlb do Sandy Bay, comté de Matane, qu’on rapportait avoir reçu lits blessures gravai, n’est pas cr.dsrger et est btautoup mioux.%* Le nom du mécardcisa oc: csnd'ùUaiv lu train est un nommé Murphy.Lu chauffeur est un jeune homme du Grand-Tronc, nommé Couillard.Lo conducteur Walker qui demeure à Lévis est beaucoup mieux et pourra probablement esndeo témoignée à l'en-qutto, aujourd’hui.* * * Oa ncus rapporte qu’un nommé A inlet da St Gervai*, un des passagers à bord da coûtoî déraillé, est devenu fou, à Léria, â la soito de l’émotion ot du choc nerveux causé par h.» coup qu’il a reçu â la îcfcô.** * Hier matin,uno grand'raesso ou action do grâco a été chanté* à l'église de Notro-Damo de Lévis, par M.le curé Gauvrsau, demandé par coux qui ont échappé mira cuUuseracnt à U mort, lora du îriste accident.L'exclliiUou a Halifax Halifax, 19 décembre.—La nouvollo du désastre arrivé sur l'Intercoloüial, à St-Josoph de Lévis, a causé uno grando excitation ici.La rumeur disant quo Al Stewart Tupper, le fils do sir Chas Tapper, était sur le train avec sa femme n'est pas exacte, car AI.Tapper était parti pour l’Ouest la veillo.Au norabro des passagers, il y a AL Hardy Parkinson, nevou de air Georgo Elliot, et lo Dr Gordon Aî’jnn, deux anglais en routo pour un voyage sur le Pacifique.Mlle AIcGarry, uno des blcascos, fait partie du professorat du Ladies Colleys d'Halifax.LA SEMAINE On a fait l'autro jour l'inauguration du la statuo do Gustave Flaa’eert à Rouen, sa villo natale.» Nü3 lcctours connaissent au moins do nom ot do réputation Pan tour do 11 *-dime Bovary.I/;s autrss productions do Flaubert, StilaiimW, l'£«u«:ci(iju .te»i-timtnlaUy 1a TerJaUon de Antoine, Boniar.1 et Eciudiet, sont moins connues et surtout pou lues do nos jours.En réalité, la génération nctuello n'a pas lo tonips do parcourir les autours do 1830 ot do 1850 ; à poino pout-ello suffire à la tâcho do liro les critiques des ouvrages qui ont ou du rotontisssmont è colio époque, et suivro en mémo temps lo mouvement littéraire do nos jours.On pourrait pout-êtro njoutor quo l'intérêt que trouvaient dans los œuvres du leurs auteurs préféré» les hommes do 1830 ot do 1S50 n'existe plus pour nous; quo par suite, tulles do cos oeuvres qui ont pensionné l’imagination enthousiaste do touto uno génération i.Ynt ; lus d’autro effet quo do fairo bailler leur» rares lecteurs.De fait, si on excepte scs romans champêtres, qui do nos jours supportera la lectuio d'un roman de Qcorgo Sand ?Et en co qui rcgr.rdo Flnnbort, jo défio bien n’imporio qui, non paa de liro avec intérêt ou avec plaisir, nuis do lire soulomcut on ontier Salammbô ou ta Teni ilion de Sl-Antoins ! On s'arrêtera à la quinrilmo page.Après tout, rien quo do naturel à cols, si on réfléchit bien à Ja marche dus osprits et des idées seulement dopuis un quart de siècle.A l’Iiouro qu'il est, on est sur un sol mouvant, dirait M.Brud-hommo ; plus la fin du siècle approche, plus il semble quo tout deviout mserUin et dépourvu do stabilité ; los idées et les principes on art ot un litto-r\turo do moins en moins arrêtés ; la fixité dus opinions et dos convictions devenue chose rare ; les œuvres dos ar- tistes ot ‘ dos horamos do génie défraîchies ot vioillios du jour au lendemain* D’ailleurs, U seule étido do eu qui se paoso do nos jours en France nous éclairo à co sujot.Rien de pins curioux et do plus iaU«»à*ant que do suivro le mouvement ot lo travail do toute cotte plufado > do jouues talents, écrivains, poètes et artistes qu’on a appelés les décadent*, à la recherche d'uno voie nouvelle.On attend d’eux la formule qui y» renouveler et rajeunir ces doux vioilles choses, l'ait ot la littérature.Mais ces considérations m'éloignont do mon sujet, bien qu’elles s'appliquent on partie à Gustave Flanbetô ût à sou couvre.C’est AI.Dionys Ordinaire, jo crois, qui a dit quo de tous les écrivuins français contemporains, Gustavo Flauborb était celui dont la réputation avait été la plus burfaitol Et co mot a soulevé touto uno tempête de récriminations ot de protestations indignées.Car on soit combien Flaubert a laissé do discipIo3.Il ost lo poru putatif do l’écolo dito rta-lislc.Quand ils parlent de lui, Daudet, Zola, Maupassant ajoutent toujours “ notro maître à tous." C’o3t un fétich.q on un mot, ot il a ses fervent» adoratoura.On paut s’imaginer alors do qucllo façon lo mot do AL Ordinaire a été reçu à Paris.Toucher à Flaubert, c’est oxtrômemont gravû ! Pensez à co qui arriverait on Angleterre si vous tontiez d’amoindrir la gloire du grand Wellington, celui qui a au vaiucro 10 premier consul à Waterloo.Flaubert dans les cercles littéraires, c'cst lo Wellington français.11 faut voir aussi avec quelle déliev tosso do toucho le» critiquas y vont, lorsqu’il s'agit do l’illustre Flaubert.Voici par cxumplo, Paul Bourget» 11 divise son éiudo en trois chapitras* L Lj Romantisme.2.Lo nihilisme do Flaubert.*'rV 3.Sus théories d’art.Bourget nous dit quo Flaubert subit profondément riniluonco du romantisme, que son état d’âme était celui do touto sa génération.Après tout, cc n'est pas là un très grand mérite.Son nihilisme 1 Co n’est certainement pas Flaubert qui a invonté la mélancolie et lo ;>ossimUme.Avant Emma Bovary et avant Frédéric Moreau, Benjamin Constant nous nvaib donné Adolphe, Châtcaubriand liéné et Gootho Werther.Reste scs théories sur l'art.Et c'est bien,suivant un gland nombre, son titra lo plus sérisnx à la gh/uY.Comme los Concourt, Flaubert anu un culte sucré pour L phrase et la tonne.Il travaillait et ciselait ses périodes *v*c amour ot c'était pour lui un travail laborieux et pénible.11 faut lire sa correspondance; Ten y voit qu'il passait parfois uno journée entière à polir ec repolir uno esuîe phrase.D’après lu?, toute phraso bien InHî se reconuatt lorsqu'elle peut su lire sans difficulté à haute voix : “ Los phrases mal faites ne résistent pas à cotte épreuve ; elles oppressant la poitrine, gênent los battement*du cœur, et se trouvent ainsi en dehors dos conditions de la vie.” C ost Flaubert qui a écrit cola.• Il poussait sa théorie si loin qu’il semble, à l’ontondro, quo la manière avec laquelle on dit uno chose est plus importante que la clioio elîo-mèmo ; ou pour parler plus littérairement, que la forma écrite que revêt la pensée ou l'idée est?plus importante quo U pensée ou l’idéo elles-mêmes.C'cst là, il semblo, sa théorie d’art ; on’pout «roiro après col» que s»îs volumes doivent sentir l'huilo u:it lieue à la ronde.Lo contrairo esfc plutôt vrai, et c’ost là justement son très graud mérite.Sa phraso est presque» toujours claire, précise, élégante, et ne sent nullement lo travail.Ceci s’appliqua à Madams Bovary ; il faudrait fairo exception pour ses autres lirres.Lo récit do la mort d’Emma Bovary, qui a inspiré au pointro Albort Fourié son magnifique tableau, figurera dan» tous les recueils littéraires du 19e siècle.Ju dis qu’il faudrait oxsmptsr do l’éloge que je viens do faire à Madams Bovary, les autres productions de Flau-bort.Eu effet, dans prsiqae tous le3 autres ouvrages, se lisent des phrase» comme la suivante, par exemple,tiréo do rFéncafion Stnlimtniolt : “ Il lui découvrait enfin une beauté toute nouvelle, qui n’était peut-être que le reflet du» choses ambiants», à moins quo leur» virtuosités sccro-.si no l’eussent fait épanouir.” AI.\is cori n’cmpt-cho plu los beautés do A/j'/cwe Bovary d’existetf.Dans co travail herculéen dos mots que s’imposait Flaubert, il no faut p.\s trop s’éton-nor do rencontrer do temps on tumps do ces défaites.Jo no puis ra’ompôcher, malgré la longueur d» la citation do ! transcrire ici une pxgo do Madame Bo-vary quo cite avec admiration AL Bruno-tièro dans son étude sur lo “ ustura-lismo français.“ Dans un concours do mérite agricole, on a accordé un prix à C&therinc-Nicaiso-Elisabcth Leroux, do Sa3sotot-la-Gi?e* nièro.‘•Alors on vit s’avancer sur Tertrado une petito vieîlo fommo do mdution craint il ut quk paraissait sc ritatinoe dans sos pauvres vêtements.F«3o avait aux piods do grosses galoches do bois, et lo long des hauches un graid tablier bleu.Son visage mnigro, eniouré d’un béguin sans bordure, était plus pita* de rides qu’une pomma do reinetto flétrie, et des nianehas da sa camisole rouf I dépassaijnt deux longuos nain» à articulations noueusce.I* poussière ff»?grungos, la potasse \dca *cssives et lo suint°dos lainos les avaioit si bien en-croûte-os, éraillées, durebs, qu’ollo» semblaient sales, quoiqu’elle» fussont rincée» d’eau claire, et à force d’avoir servi, elles restaient , entrVuvertes, commo pour présenter d'allsé-mêmes l'humblo téuioigoago de tant do souffrances subis» Quelque chose d'une rigidité monacal# relevait ia figuro.llîsn do triste o# d’attendri n'amollissait sou regard pùjo.Dans la fréquentation des animaux,> ?**• avait pris lonr mutism# at leur placidité# C’était U première fois qa’ello so voysis au milieu d'une corapagnio si uombrsuso et Intérieurement sfliiruuchéo par le» drapeaux,'par les tambours, par los (Fu*Y à Ja deuxième paye)
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