Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 14 juillet 1880, mercredi 14 juillet 1880
•J4cme Annee No 83-~Edition qiiot!jdientic«46me annee Mercredi 14 Juillet 18ë0 i up J 1J U JOURNAL DES INTERETS CANADIENS.JE CROIS.J’ESPERE ET J’AIME.I.ett |>« excellent* , r«t ; obtenir 1 .- .'.ne.itr 4 c nt m /» TY1 tk * 1 .met pas de s’y livrer, et ce ne sont pas les lois qui changeront cet état de choses.Voltaire avait tort quand il ne voulait pas qu’on apprît à lire aux paysans, mais il y avait dans ses vues une observation de bon sens.C'était la condamnation anticipée du système qui veut sortir, en matière d’instruction, d’une mesure qu’il faut garder.Faire qu’il n’y ait pas, dans nos campagnes, un seul paysan qui 11e compter, voilà ce davantage et éle- termes, les inconvénients et même yer U11(, génération de demi-savants, les graves dangers de cette ten ance Jc>lîst nn gram| mal et un très grand à exiger des connaissances trop eten-dues et absolument inutiles, de ceux Les choses étant ainsi, que faut-il pour bien instruire les enfants dans associations religieuses non reconnues ; .2 ’ Que dans le cas où le gouvernement voudrait dissoudre ces associations ou certaines d’entre elles, il n’aurait pas le droit de le faire par voie administrative, mais que les tribunaux ordinaires devraient d’abord en connaître ; Qu’enfm la dissolution par voie administrative serait, dans l’application, une mesure impraticable et sans (pii se consacrent à l’éducation popu luire.Nous reproduisons avec plaisir ces réflexions judicieuses.C’est une opinion tout à fait erron- ' nos campagnes ?Est-il nécessaire née que, plus un maître d’école ou J que le maitre sache l’histoire, la géo-une maîtresse d’école sont instruits, i graphie, ait des notions des sciences plus ils feront de bon élèves.L’expé- j naturelles ?Nullement, il n’aura au-rience démontre que la valeur du ' cune occasion de se servir, dans l’éco-professeur ne dépend pas de l’éten- j le do village, de celte instruction, si due, de la variété de ses connaissait- ce n’est un jour d’inspection pour ces.Elle dépend de tout autres quali-.faire montre de son savoir, tés.Ne pensons pas aux enfants des Et ne croyez pas que cette instruc-villes, aux écoles des villes.Allons tien que le maître aura lui sera seu-dans les campagnes.Les écoles de lement inutile : en fait, elle sera dan-petites villes ou de campagnes sont gereuse pour lui Figurez-vous ce que bien autrement nombreuses que les j représente d’ennui l’obligation d’ap-écoles des grandes villes.Ce que les prendre tous les jours de l’année à de populations rurales demandent et ont jeunes enfants, grossiers, incultes, raison de demander pour leurs en- j souvent malpropres, à distinguer les lants, ce sont des connaissances psez lettres de l’alphabet et à épeler.Le j apprendre tout ce qui est nécessaire ae l’enfant sache lire,et père de famille n’a pour chacun de pour vivre de la vie des villes, et « î 1 _i 1 tll{l e 1 1 *11 • 1 *i 1 • I p • 1 « mi instituteurs une fois munis de leur brevet, c’est de faire partie de quelque administion : c’est, d’abord et avant tout, de quitter leur école.Encore, c’est un mal moyen quand l’instituteur parvient à rompre sa chaîne ; le mal extrême, c'est qu'il demeure à faire sa classe sans goût.L’avez-vous connu, ce jeune instituteur mécontent, et condamné à vivre dans un pauvre village, au milieu de gens moins civilisés que résultat,possible, lui, ne trouvant pas à qui parler,forcé j Ces conclusions sont très fortement de faire une besogne inférieure à celle 1 motivées par des considérations juri-dont ' - ., , ., dev les ^ .tre eux ; il les frapperait si la crainte délibérée en 18-15, dans des circons des inspecteur 11e le retenait.Le soir lances analogues,par MM.de \ atimes-il est excédé ; il achève de s’échauf- nil, Berryer, Pardessus, etc.a été infer l'imagination en lisant quelque tercalée dans la nouvelle, il ne reste journal révolutionnaire, il devient plus maintenant qu’à recueillir les un détestable maitre d’école.Plût adhésions de tous h-s barreaux de au ciel qu’il fut nommé à ce poste France, qui seront très nombreuses, qu’il ambitionne, dans quelque corn- On verra par là ce que valent au re- pagnie de chemin de fer ou d’assuran-rance ! Le jour où il quittera le village sera très heureux pour les enfants dont il corrompait le caractère.crnrd du droit les ,l lois existantes ! * & élémentaires.Quc _ _ _ faire les quatres règles, c’est plus qu’il ses enfants, quand il les instruit lui- j on l’exile dans un village sans res- ne lui en faut aux yeux des parents, même, qu’une fois cette tache à rem- sources, au milieu de paysans dont la plir : le maitre d’école, après que, rudesse et la grossièreté l'offusquent, pendant toute une année, il a appris la blessent, lui sont une cause perpê- les éléments de l'art de lire et tuelle de souffrances morale.Elle d’écrire à une génération d’enfants,! était bonne, douce, autrefois ; elle voit arriver l’année suivante une avait de la religion, de la modestie.C’ est aujourd'hui que les électeurs du quartier du Père Lacliaisc vont choisir entre, les sieurs Galopin, can, , .# didat opportuniste, Letalle, amnistié, ht 1 Institutrice en révolté plus ou ]0 forçat Trinquet, leur représen- moins publique contre son sort, lu tant au conseil municipal.On pouv-connaissez-vous ! Elle so plaint, et rait pavicr ponr (V ûernier : il a des elle a vraiment raison.On 1 a forcée a rhancos avec son titre de condamné au bagne.yeux Véritablement, si on en arrivait là pour tous les enfants de nos campagnes, ce serait trop beau.Un arrêté de M.Je général Farre supprime les tambours dans l’armée française ; nous n'avons après qu'à battre les Prussiens.cela 1/Impératrice F.ngéiiic au Cap un Le (!anloi* a reçu, par dépêche, mouvants détails sur l'arrivée de L’instruction est assurément # .# , w bien, et un très grand bien.L’Eglise autre génération pour laquelle il La voilà qui .se croit méconnue, elle 1 a toujours été pleine de sollicitude faut recommencer, et ensuite une j accuse la société qui lui impose une d’é pour‘renseignement primaire.Avant ’ autre, et une autre encore.Pen- tache indigne d’elle.Tout au moins la veuve de NapoléonM 11 à r endroit la Révolution il est aujourd’hui dé- ‘ dant dix ans, vingt ans, trente ans, il elle voudrait quitter cette école de même ou, une année auparavant, .- - - • • .— - -— ]e prince impérial adres- ’enseignement de bruit, moins de statistique, mais pour soigner certaiues maladies dans j d’école ; elles seront, je le crains pour tant succinctement les impressions de plus’d’effet.L’Etat faisait" peu ; le les hôpitaux, on a besoin d’infirmiers elles, victimes de bien des sourdes l’impératrice Eugénie pendant la clergé et les municipalités faisaient et d’infirmières que soutienne une impatiences ! beaucoup.Ce ne sont donc pas les pensée de foi et de charité religieuse, (Bulletin de* école* ca aucoup _ _ _ _ - catholiques qui doivent être accusés de même pour se plier sans peine aux j d’être des amis peu zélés de l’instruc- ( devoirs d’un maître d’école ou d’une tion.Mais s’ils considèrent l’instrue-1 maitaesse d’ecole de village, il faut tion comme un bien, c’est à la condi-.une habitude d’abnégation, une pa îion qu’elle répondra aux besoins des tience et une humilité que la religion alholif/ue* ) FKAXF populations auxquelles on la donnera.Sur ce point, la thèse des catholiques est celle de tous les gens de bonne foi et de bon sens, en dehors des partis.Quand un paysan a passé toute sa journée à un travail manuel fatigant, croyez-vous sérieusement qu’il puisse cultiver les lettres ou les sciences avec suite et avec profit ?Non ; il n’a pas besoin pour ses affaires de toutes ces notions que vous prétendez lui donner ; il veut savoir lire, écrire, un peu compter, connaître sa religion ; le reste lui est superflu, et vous auriez beau le forcer à apprendre toutes ces choses, vous ne ferez pas qu’il les retienne : ils les oubliera.Vous imposez inutilement à sa mémoire une charge dont elle saura sc débarrasser.L'ouvrier des villes a l’intelligence éveillée par mille causes.La lecture n’est pas, comme il le dit, son affaire ; sa condition ne lui per- seule met dans les âmes.Tout ce oui détruit cet esprit de sacrifice et de dévouement détrui en même temps le j talent du maître.Mais de toutes les tentations, la plus contraire à son état, sera une certaine ambition.Or, que faites-vous eu exigeant de l’instituteur, de l’institutrice, un dégré d’instruction supérieur «à celui dont ils auront besoin ?Vous ouvrez à leur esprit des perspectives qu’il n’avait pas, vous leur suggérez le mépris de l’humble, dure et pénible profession qu’ils exerceront, et vous les excitez à désirer une autre position dans la société que celle qu’ils occuperont.Ces notions d’histoire, de géographie, de sciences naturelles que vous leur aurez demandées, ils n’auront pas à en faire usage dans leur école : ils rêveront de venir à la ville et d’en profiter pour obtenir une place.Le rêve plus ou mois secret de tous les triste journée du 1er juin.Dos détails nouveaux parvenus â Durban, et transmis par le câble télégraphique, nous permettent de rassurer les nombreux amis de Sa Ma— j’este, inquiets des suites et des con- Moit freppel.—M.itoussE.—TUIN- séquences de la dernière étape de ce QUET.—LES tambours.triste pèlerinage.• T, .10 .Certes, pendant toute celte demie- 1 re journée, la douleur acte poignante Mgr Freppel a fait hier son entrée et forte, la défaillance a été extrême ; à la Chambre; après-demain, sans mais la volonté énergique de la vail-doute, il fera ses débuts dans la ques- lante mère a su surmonter cette fai-tion de la magistrature.L'éloquent blesse de la femme, évêque d’Angers a été accueilli avec A cette heure même, sans prendre des marques de respect et de sympa- de repos, l’impératrice est de nouveau ‘ en route pour Durban, viâ Grcytown et MaritzbiO'g où elle s'embarquera, 29, à bord du Trojan, vapeur nouvellement aménagé pour l’auguste thio de toute la droite.*** La Gazette des Tribunaux a publie ce matin la consultation de M.Rousse sur les décrets du 29 mars, et voyageuse et dont l’arrivée a déjà été les mesures annoncées contre les con- signalée â Cap-town jeudi le 10 de ce grégations religieuses.Ainsi que je vous l’ai annoncé, ce document est très long ; il occupe trente-cinq larges colonnes du journal.Les conclusions de l’éminent avocat sont : 1° Q’aucune loi actuellement en vigueur ne prohibe la vie en commun des personnes appartenant â des mois.Partie d’itelisi le malin du premier juin, l’impératrice manifesta en route l’intention de mettre pied à terre à un détour de colline où s’arrêta jadis l’ambulance qui reçut les dépouilles du prince.De là, à pied, Sa Majesté descendit les pontés de la vallée, se dirigeant vers le donga où fut trouvé le corps de son fils ; elle parcourut ainsi la route même—un mille de distance —que parcoururent les officiers anglais lorsqu’ils recueillirent les restes inanimés de l'infortuné jeune homme.Le chemin est rocailleux et accidenté ; de respectueuses observations furent présentées, mais Sa Majesté ne voulut rien entendre e( continua sa route.Au loin, le monument funèbre, nouvellement élevé, éclatait en blancheur sur la sombre teinte des prairies desséchées.L’impératrice ne voyait rien ; elle ne parut s’en apercevoir qu’arrivée sur le bord même du donga.Alors elle leva les mains vers le ciel dans une attitude suppliante ; de grosses larmes coulèrent sur ses joues amaigries ; elle lie dit pas un mot, ne poussa pas un cri ; les sanglots seuls soulevaient sourdement sa poitrine ; puis la tête légèrement penchée sur l’épaule, elle se laissa glisser à genoux.Le marquis de Bassano seul alla, lui aussi s’incliner dans le fond du donga ; les autres personnages de la suite s'arrêtèrent quelques instants sur les hauteurs du donga, puis s'éloignèrent quelque peu, laissant Sa Majesté tout à sa douleur et à sou pieux devoir.Un prêtre assistant, de la mission française,récitait les prières des morts, et, à quelques pas, le domestique Lomas, seul témoin oculaire de la catastrophe, rappelait le drame vivant à une année de distance.Les tentes furent dressées entre le kraal et le donga, l'impératrice lesta le 1er et le 2 juin dans cette vallée solitaire ; le 3 le compemont fut levé le 4 elle visitait l'ancien emplacement du fort Napoléon, où dans une précédente reconnaissance le prince fit ses premières armes, et gagnait Rorke's-Drift, illustré par la défense héroïque de quelques hommes.La journée du 5 a été consacrée à la visite du champ de carnage d’Jsan-dliula, où Sa Majesté s'est agenouillée avec les dames anglaises qui l’avaient accompagnée, et qui, elles aussi étaient venus pleurer de vaillants soldats, leurs époux et leurs frères, morts pour l'honneur de la patrie.VARIÉTÉ DEUX PAUVRES SAVOYARDS Voici deux petits Savoyards qui ont été bien martyrisés.On est pauvre dans certains villages do la Savoie, et Jes pères sont obligés d’envoyer leurs enfants au loin, quand la nourriture manque chez eux.C'est en Savoie que se recrutent cette armée de petits ramoneurs dont la voix aigue vient vous atteindre dans votre lit, où vous êtes chaudement, et vous prévenir que le jour est levé.Un ouvrier mineur Saint-Julien-Maurienne avail confié deux de ses enfants, Auguste, âge de douze ans, et Michel, âgé de huit ans, à un habitant d'une commune voisine, patron ramoneur, nommé Falcaz.Un traité de louage fut signé : Falcaz s’engagea à payer par tête d'enfant 120 francs par année.De plus, il promit de leur fournir immédiatement un chapeau et une paire de souliers par-dessus le marché.Devant cet tu munificence, le pauvre mineur pensa que ses enfants allaient être fort heureux avec Falcaz.Falcaz emmenant Auguste et Michel et un neveu nommé Lacambe, âgé de seize ans, se mit en route pour aller commencer sa campagne d’hiver.Les ramoneurs ne voyagent pas en première, ils franchissent les distances à pied, et ne craignent pas la rigueur des saisons.Mais le dernier hiver a été des plus cruels.Comment, par un temps pareil, circuler sur les routes où s’accumulaient la glace et la neige ! C’est pourtant ce que faisaient Falcaz et sa petite troupe.Lui et son lieutenant Lacambe étaient bien couverts et bien chaussés, mais les pauvres petits n’avaient que des chaussures ouvertes et des lambeaux de vêtements.Us n’en pouvaient plus, ils avaient faim.A bout de forces, ils s'arrêtaient en route, s’asseyaient dans la‘ neige, et demandaient un peu de repos ; mais Falcaz et Lacambe les faisaient aussitôt relever, et les frappaient avec un bâton ferré.Michel, le plus jeune, pleurait, Auguste, son frère aine, le consolait tout bas et lui rappalait sa mère, son père et ses antres petits frères qui étaient dans la peine au village, et qui seraient heureux de recevoir à la fin d'une année tant d’argent que Falcaz devait leur donner Michel essuyait ses larmes avec sa manche, et répondait qu'il aurait mieux aimé rester avec sa famille.Aux repas, Falcaz leur donnait un morceau de pain, et quelquefois un os à peu près décharné.Si les petits ramoneurs recevaient un peu de pain blanc d'une main charitable, Falcaz et Lacambe le prenaient pour eux.Ces enfants curent d’abord les pieds enflés et écorchés, puis la gangrène s’y mit.Auguste a perdu les orteils des pieds, et Michel tous les doigts de la main droite.L’un est à l’hôpital de Châlon, l'autre à celui d’Eper-nay.Us sont estropiés pour toujours.Falcaz et Lacambe ont été arrêtés dans l’arrondissement d’Epernay et traduits au tribunal correctionel de cette ville.Le père des malheureux enfants a été prévenu et il s’est porté partie civile.Le tribunal d'Epernay a condamné Lacambe à un an de prison et et Falcaz à trois ans, et comme dommages-intérêts, celui-ci est condamné à remettre au père des enfants deux titres de rente de Ô0 fr.chacun, inscrits aux noms d’Auguste et de Michel.Falcaz et Lacambe ont fait appel ; le ministère public de son côté, avait aussi interjeté appel ù minima.L’affaire est venu devant la cour de Paris, dans le ressort de laquelle sont les tribunaux de la Marne.Elle, a confirmé le jugement d'Epernay en ce qui concerne Lacambe, mais la peine de Falcaz a été élevée de trois ans.On a du cœur à Paris.( France.) Feuilleton du COURRIER DU CANADA 14 Juillet 1880.—No 108 LES Par Louis de Bkm.kmark.(Suite.) Pour toute réponse, Rosarita embrassa son père, et ce marché étant conclu à la satisfaction de tout le inonde, comme le soleil n’avait plus qu’un court espace ù parcourir pour se cacher derrière les cimes des arbers, on s’occupa des préparatifs de la chasse.Il étaient encore fort simples ce jour-là.Ils consistaient unique* ment ù desseller les chevaux des chasseurs de bisons, à rassembler ceux de relais, à les faires parquer dans l'enceinte du corral, et, à P exception des deux tentes, à débarrasser les abords du lac de tout ce qui pourrait effrayer les chevaux sauvages.L’heure approchait où ces animaux depuis longtemps écartés dé leur abreuvoir et des rives du fleuve, n’allaient pas tarder peut-être ù se rapprocher de l’étang.Don Augustin s’informa à ses vaqueros si, depuis trois jours qu’ils avaient achevé l’enceinte de pieux, quelques chevaux s’étaient déjà présentés à l’abreuvoir.“ Non, seigneur maitre, répondit l’un d’eux ; et cependant depuis trois jours Xi menez et ses quatre hommes battent les boTds de la rivière pour les en écarter.—Alors, dit l’hacendero, il est probable qu’il y aura quelques-uns de ces animaux qui se hasarderont ce soir près d’ici.” Les peaux de bisons à moitié sèches furent arrachées aux piquets qui les retenaient ; les brides et les selles, les bâts et les cantines furent portés dans un endroit écarté ; puis on recouvrit les palissades de nouvelles branches d’arbres, en remplacement de celles dont le soleil avait déjà fané le feuillage.Deux chevaux choisis parmi les plus agiles furent Bellés pour les deux vaqueros de don Augustin, qui étaient les plus renommés par leur adresse à jeter le lazo.Alors le sénateur, don Augustin et bu fille s’assirent à l’entrée (Tune des deux tentes, dont la portière se referma sur eux de manière ù les dérober ù l’oeil inquiet des chevaux sauvages, sans toutefois leur masquer la vue du lac.Les vaqueros et les chasseurs dé bisons se groupèrent du côté opposé à celui où les traces laissées par les animaux montraient le chemin qu’ils suivaient d’habitude pour ve- nir à l’abreuvoir.Les deux autres vaqueros seuls 60 tapiront avec leurs chevaux dans le corral, près de Bouture restée libro et que de longues barres de bois mobiles pouvaient former an besoin ; puis les chasseurs attendirent.Le lac et ses alentours paraissaient déserts.Le soleil venait de disparaître derrière les arbres ; ses derniers rayons empourprés jaillissaiont à travers le feuillage et teignaient les eaux du lac.Les calices blancs dos nénufars se coloraient de rose, et les oiseaux de bois commentaient à chanter partout leur mélodie du soir.Au bout do quelques minutes d’attente, pendant lesquelles l’impatiente curiosité de Rosarita colorait d’une teinte rosée ses joues pâlies, un craquement sourd se lit entendre dans lo lointain.Mais le bruit, au lieu de grossir comme ouand 2 ou 000 chevaux altérés s’élancent en bondissant vers leur abreuvoir, écrasant les jeunes arbres et faisant trembler la terre sous leurs sabots, le bruit, disons-nous, au lieu de grossir comme celui d’une avalanche, cessa tout à coup.La troupe Bauvage avait aperçu sans doute l’aspect étrange des iieux foulés par l’homme et s’arrêtait saisie d’effroi.Seulement quelques hennissemonts, éclatant comme le son de clairons, parvinrent aux oreilles des chasseurs embusqués.¦ Bientôt cependant les broussailles craquèrent de nouveau, et une demi-douzaine de chevaux plus hardis que les autres montrèrent sur la lisière de la clairière leur tête dressée, leurs nazeaux rouges et ouverts et leurs yeux brillants.Leur crinière ondoya poursuivent trop loin ne peuvent plus parler, et qu’on ne peut jamais parvenir à prendre.—Bah î vous me conterez ça ^ —Chut ! ne l’effrayez pas, mais re-garclez-le de tous vos yeux ; vous n’en verrez jamais un autre semblable à lui.” Il était difficile, en effet, de voir un un instant sous leurs brusques mou- plus bel échantillon de cette magni vements, puis, en un clin d’œil, cinq d’entre eux se jetèrent précipitamment en arrière, et disparurent comme l’éclair au milieu dos bois Un seul des six coursiers était resté, tremblant sur ses jambes et leçon allongé vers le lac.C’était un cheval blanc comme la neige, à l’encolure de cygne, dont il avait tout l’éclat, à la croupe arrondie et au large poitrail.Une houppe blanche s’agitait sur son front entre deux yeux sauvages, et sa queuo ba- iique race sauvage, si commune dans certaines parties du Mexique.La force.l’élégance et la légèreté s'harmonisaient si parfaitement chez lui qu'il eût effacé les plus beaux coursiers prendre le cheval blanc des Prairies ; car c’est bien lui, voyez-vous : lui seul est aussi beau parmi tousles fils du désert.Le coursier au cou et à la blancheur du cygne s’agenouilla dans l’eau, fit entendre un ronflement sonore et se mit à boire, relevant de temps en temps la tète, et interrogeant d’un œil inquiet les profondeurs de la forêt.Les chasseurs purent voir alors au-dessus des palissades l’un des vaqueros se dresser sur son cheval, puis son buste se courber sur la selle.Son qu’ait jamais réunis dans ses écuries j compagnon l'imita, le plus riche potentat de la terre.j Tout à coup lo blanc coursier fit comme un llocon de brouillard blanc.D’un autre bond, le noble ani mal s’élança sur la berge, dressa ses quoros galopait vers lui en faisant tournoyer son lazo de cuir.La courroie tressée siffla dans l’air; et superbe.mage de sa fière et noble tète ; puis, fond du lac.“ Dieu mcvpardonne, dit tout bas il allongea son cou pour se mieux! “ Je vous l’avais bien dit, s’écria le Encinas à l’oreille du novice, qui J voir, et posa délicatement ses deux \ chasseur do bisons, que cet accident avait eu ses raisons pour choisir son jambes de devant dans l’eau pour imprévu confirma dans ses croyan-poste d’observation à-côté du chas-, qu’il n’en troubla nullement la lim-seur de bisons, c’est le Coursier- pidité et qu’il put y admirer toute I Blanc-des.Prairies.la sauvage majesté de ses formes.—Le Coursier-Blanc-des-Prairios, j “ Ah ! seigneur Encinus, dit tout répéta lo novice, qu’est-ce que c’est ?bas le novice, c’est maintenant ou Un cheval blanc comme celui-ci jamais le moment de lui jeter le lazo.répondit Encinas, qu’on ne peut que —.T’en doute ; j’en doute ; il arrive j rarement approcher, dont ceux qui le toujours malheur à celui qui vont ' croy ces superstitieuses.Voyez comme l’insaisissable coursier se dégage du lazo.” (/I suivre.) LE COURRIER DU o y S I .1 JK tüU'j’vg&xrzxi jrotw.SOMMAIRE.I.iv, jk* ’agoguo » à la Rie do la Mirantlôie.I-Vanco.—Mgr Eroppel.—M.Housso.—Trin.ptrt.! (iinafiirn> .a i«.¦ »•••'>»"« •|,‘l1-1 ,l" R,c'1"*"" I ;lU sénat, c'est décréter pratiquement Nouvelles du Maniioba Kurojw».JVoprieléb médicales des Variété.—L’apiculturo on Antét «juo.; 4*titos non voiles, i'nils f)ivor>.gués française et anglaise sont sur.un nadiens de la Nouvelle-Angletei i e.• i im' iv s i!>, era va les, )>relcJles, rhuiJ"$elfrs, parapluies, gilets blancs, camisoles et cale puis, à VINGT point CENT meilleur marché que frs pri < réguliers.MERCERIE.»••••• ••••••••• »•••••••• ••••• Cm il i( 0 • ••••• ••••••••• • ••< O • • % Colon jaune.(loion idanc, large.Coton à drap.In«Iienne.To il es à nappes «• à serviettes et autres Serviettes à tables et autres à VINGT POU H CENT meilleur marché que partout ailleurs.LE VERITABLE MAGASIN A u Bon Marché Coins tlt's Hues St.Jean et Collin, Haute Mlle.N.GARNEAU.i* Departement des Travaux Publies.DES soumissions cachetées, adressées au soussigné »*t endossées * Soumission pour la construction de Lignes Télégraphiques, » seront reçues à Ottawa jusqu’il SAMEDI A MIDI, le 21* du courant pour la construction de ligne* télégraphique* sur l’Ile d'Anticosti el sur les iles tic la Magdeleine, dans l«* Golfe SI Laurent.On pourra se procurer à ce bureau les formules d«* soumission et la spécification, le ou npr«**t le 12 du courant.Los personnes «pii «loivent soumissionner sont'notifiées que les soumissions • «* seront pas prise?en considération, si elles ne sont faites sur le?blancs de formues fournis par le Département et signées de.leur signature véritabfr.Chaque fouinission d jil être, accompagnée d’un chèque accepté sur une banque po* r une somme égale à 5 p c., «lu montant total de la soumission : lequel chèque sera confisqué si le soumissionnaire refus»' tie signer le contrat lorsqu’il en i«*ra requis.Si In soumission n’est pas acceptée le chèque sera remis.Le Département ne s’engage à accepter ni la plus basse ni aucune «les soumissions.S.CI IA PLEA U, Secrétaire.Dépnitemcnl des Tru\au\ Publics,^ Ottawa, 9 Juillet 1880 j Québec, 14 juillet 1880-31’ 1152 UNE lettre de.M.LOUIS CARON, de Central City, Dakota, adressée au maire de Québec, demande Ta dresse d’une sœur de JOSEPH MONTREUIL, «leLeed City, K.U.Cette soeur est mariée et doit demeurer à Québec.Lés personnes qui pourront fournir des renseignements sont priées de s'adresser ;>u Bureau «lu Courrier dit Canada on à - • .1.D.D HOUSSE AU, Maire do Québec, & riiôtel do Ville.Québec, 12 juillet 1881».! i juillet 1880 1133 EXPOSITION " AGRICOLE ET INDUSTRIELLE DE I.A PUISSANCE Ouverte au momie entier, aura lieu en l.i Cité de Montréal, COMMENÇANT MARDI IÆ II, ET SK TERMINANT Vendredi, 21 Sept.ISSO TE II HA IX DE LEXl'OSmuS, Avenue lilont-Roynlt'Utile-lhiil.p OUR la Liste des Prix et Blancs d'tntrée dans le DEPARTEMENT AGRICOLE, s’adresser à Gkowïks Leclkiik, Ecr., Sociétaire dn Conseil dfAgriculture, Montréal, ou aux Secréta rcs des Sociétés «l’Agriculture «b* Cunté : pour le DEPARTEMENT INDUSTRIEL à S.C.Stevenson, Ecr , Secrétaire du Conseil «les Arls et Manufactures a Montreal.Le lomps fixé pour recevoir l»?s entrées est comme suit : Animaux, iiisinimenh «l’agriculture, produits agricoles «;L de la laiterie, SAMEDI, 4 SEP-TE MllltE.Manufactures, beaux arts, ouvrages de demos -te., SAMEDI, 28 AOUT.Pour plus amples in forma lions, s’adresser aux soussignés.S C.STEVENSON, Montréal, Secrétaire du Conseil des Arts et Manufactures, GEORGES LECLERE, Montréal, Secrétaire du Conseil d’Agriculture, P.Q.Québec, 14 juillet 18 0—Im.1154 IMF TATEOS T7 *' vi il Y I rli % T ’à Ml Y C Y i m IJtkx & (\ U i\ t idj/li A Ark.i\\ A A CEUX QUI VEULENT ECONOMISER 2.» „}n TOUT EN SE PROCURANT UN ARTICLE DE Ire CLASSE.AUX PELERINS Le Magnifique vapeur neuf “ LES LAURENT] DES, ’’ LAISSERA I.E QUAI CHAMPLAIN TOUS LES JOVIIS A six heures et demie du matin, pour la commodité des Pèlerins qui désireront gendre à la BONNE STE.ANNE, excepté les MAUDIS et SAMEDIS ; rcs deux jours lTieura du d.-part sera connue à bord du ' bateau- Au m°nni.'u XaÇ?ur laissera Anne à TROIS * 1 l U R l*.S i *, M.Pour toutes informations s’a«lre?ser au propriétaire de ce vapeur, M.IL X.MARQUIS, A boni du vapeur.Québec, 14 juillet 1883—3m.1097 CHEMIN HE FEH H M D & 0.cil A NC EMENTS D'H EI/R ES.‘«V ISSTpîdÿ B.n PniiHde dome*tique «le Brown Est le tue-douleur le plus elîicace du inonde.Elle vivifiera infailliblement le rang, qu’elle soit employée à l’usage interne ou à l’usage externe, et soulagera plus suremeni tout mal chronique ou aigu que tout autre tue douleur.Elle a «leux fois autant de force qu’aucune autre préparation semblable.Elle guérit la douleur au côté, au dos ou aux intestins, le mal de gorge, les rhumatismes, les maux ci c est le grand tue-douleur.La Panacée domestique de ItnowN devrait être dans chaque famille.Une petite cuillerée de la Panacée dans un verre d’eau chaude (sucrée si l’on veut,) prise au moment de se coucher, fera disparaître lin rhume, 25 cents la bouteille.Lfm malatlICH Des enfants, attribuées à d’autres eau ses sont sou vent occasionnées par les vers.Les PASTILLES VERMIFUGES DE lUlOWN.OU pastilles contre les vers, tout en tuant les vers, ne peuvent faire aucun mal a l’enfant le plus délicat.Cette très pré douse combinaison a été employée avec succès par les médecins, et reconnue absolument infaillible contre le9 vers et inoffensive pour les enfants.25 cent la boîte.Québec, 24 janvier 1880.—I an.945.Departement des Travaux Publies.DKS soumissions cachetées, adressées au soussigné «*t endsssées » Soumissions pour Poteaux «le Télégraphe seront reçues au De-parlement des Travaux Publics, jusqu'à SAMEDI, le 31 JUILLET courant, pour la fourniture de 2800 poteaux do télégraphe ou plus, pour la construction d’une ligne de télégraphe, devant s’étendre, depuis le village do la Baie St.Paul, jusqu’à la ville de Chicoutimi ; et aussi pour la fourniture de 1575 poteaux ou plus, pour une antre ligne, devant relier le village «le la Malbaie a un certain endroit, à, ou près «le l’embouchure do la Rivière Saguenay.Ces POTEAUX, devront être en CEDRE, sans écorce, et avoir les dimensions suivantes, savoir : 24 pieds «le longueur, et pas moins de G pouces de diamètre au petit bout r.[ 10 pouces de diamètre à 5 pieds «le la base.Iis devront élrc livrés le ou avant h) 31 AOUT 1880, aux endroits qui seront désignés plus tard par ce Dépajtement.Les soumissionnaires devront indiquer dans ieur soumission le prix par poteau.Paiement sera fait, après livraison complète de tons les poteaux, et sur l’estimation certifiée, «l’un officier «le ce Département qui sera nommé pour les inspecter et les recevoir.Le département ne s’engage pas à accepter la plu s basse ni aucune des soumissions Par oriire.S.CH A PLEA l , SeriV*tai«*.Dépt.«les Travaux Publics, \ Ottawa, 9 Juillet 1880.j Québec, 14 juillet 1880—31’ 1151 A partir de MERCREDI 23 J CI Ni 18NO I.“s trains partiront «'omme suit : Mixte.Maii.k.E\i*hkss.Départ «le 1 loche.ldga pour llulL.1.00 a m 8.30 a m 5.15 p m Arrivée h Hull.10 30 «* 12.40 pm 9.25 •* Départ «le Hull pour lloclielaga 1.00 •• 8.20 « m 5.Or* “ Arrivée à Horbo- laga.10 30 •• 12.30 p m 9.15 “ Départ «te Iloclie- Passager laga pour Qué- tie Nuit.be
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