Le Courrier du Canada : journal des intérêts canadiens, 29 mars 1887, mardi 29 mars 1887
Pleine Année TVo ^40'Edition quotidienne—lOèine Année Mardi Mars 8S&V JOUKNAL DES INTERETS CANADIENS JE CROIS, J’ESPERE ET J'AIME.1110 MAS CHAPA IS Rédacteur en Chef.France Parie, 10 mars.Paul Féval qui vient de mourir à la maison des Frères de St-.Tean-de-Dieu rue Oudinot, s’était survécu à lui-même.11 y a six ou sept ans, en pleine force, en plein travail; en plein succès, il lut mortellement frappé par la maladie.Dès ce jour il fut mort pour le monde, sauf, bien entendu, pour les nombreux amis qu’il avait gardés et qui allaient souvent le visiter dans sa chambre de malade, sûrs de trouver l’accueil charmant et confiant des beaux jours d’autrefois.La dernière fois que j’ai vu M.Paul Ferai avant la foudroyante visite de sa maladie, c’était au journal où j’écrivais et où il venait doucement réclamer an sujet d’un article publié sur un de ses anciens romans L’article était pourtant très sympathique à l’auteur et à l’œuvre; mais il s’agissait d’une œuvre de jeunesse qui, bien que remaniée et au fond parfaitement honnête, ne laissait pas que d’aborder la peinture de sentiments qu’il est inutile, sinon dangereux, de développer dans les imaginations drs jeunes personnes.C’était uniquement là-dessus que portait la reserve de l’article.M.Paul Féval s’en montrait malheureux au delà de toute expression.Il admettait bien que la mission du journal chrétien lui faisait un devoir d’avertir loyalement les familles de ses lecteurs du moindre danger offert même par un livre recommandable à bien des égards.Mais li n’admettait pas qu’on pût trouver dans son œuvre la moindre apparence de danger.Ce ne pouvait être mon avis que je lui donnai très discrètement et, je peux le dire, très affectueusement.Bref, nous nous quittâmes comme nous nous nous étions revus, les meilleurs amis du monde.Nous étions d’ailleurs, je dois le dire, d anciennes connaissances.Et j’ai quelque part dans un de mes vieux tiroirs sans doute une lettre de lui, lettre ou il me disait en termes charmants toute sa reconnaissance pour un article ou, de mon mieux, j’avais croisé la plume contre un vétéran de la critique qui, dans un accès de mauvaise humeur, s’était montré injuste pour 1 illustre romancier converti.A propos de cette conversion, j ai lu dans les feuilles libres penseuses de vilaines insinuations contre le caractère de Paul Féval et contre la sincérité de son retour aux pratiques religieuses.Les gens hantés de vilains calculs sont les plus enclins à en prêter ù autrui.Je crois pouvoir dire que jamais convention n’a été plus entière, plus ardente, plus joyeuse que celle du pauvre Paul Levai.Il était impossible de le voir et de l’entendre sans être remué de sa sincérité et de sa simplicité.le dois ajouter que, malgré les lrivolités et les légère lès de ses œuvres mondaines, comme de son existence littéraire, s’il parut longtemps en indifférent, ce ne fut jamais un ennemi de l’Eglise.Quand le malheur le terrassa et qu’aux prises avec le chagrin et le désespoir, il retrouva la foi, ce ne fut pas comme un Saul qui pleure d’avoir persécuté et calomnié les serviteurs do son Dieu, mais comme un vn»i Breton qui, après un long exil sur la terre étrangère, retrouve tout d’un coup avec le toit paternel les joies et les epérances de ses jeunes années.Paul Féval a raconté lui-mê me dans les Etapes d une conversion le chemin que lui fil faire la grâce de Dieu.Mais il n’a pas tout raconté.Dieu le traita comme il a traité tant de saints, par les épreuves, par des douleurs qui eussent peut être découragé un tiède serviteur et qui ont conduit Paul Fcval rayonnant et triomphant dans la voie du sacrifice héroïquement subi.Sa fortune reconstruite à force de labeur et d’énergie fut une seconde fois engloutie dans la déconfiture d’un homme à qui il avait eu le malheur de se confier.11 perdit la courageuse femme qui, apres l’avoir gardé (et au sens chrétien du mot vous entendez ce que je veux dire) dans la prospérité et les succès du monde, veilla sur lui dans l’adversité et le ramena à Dieu.Mais avant cette cruelle douleur et d’autres épreuves de diverses sortes, Paul Féval avait déjà connu l’inexprimable chagrin d’être frappé dans son art, dans ses facultés,dans cette source jaillissante qu’il sentait en lui et qui tout, d’un coup s’arrêta lui laissant toute ta tête, tout son cœur, et.une plume désormais stérile.De nombreux amis Boni accourus ce matin à Saint-François-Xavier pour prier autour du cercueil de Paul Féval et pour accompagner sa dépouille au cimetière Montparnasse.C’est là que dort maintenant en attendant la résurrection le pauvre illustre écrivain qui a couronné pieusement par une fin de martyr une conversion commencée dans de si joyeuses larmes.J’ajoute que l’écrivain mort pauvre a laissé au Sacré Cœur une aumône royale.Il avait jadis offert pour la construction de la basilique de Montmartre une brochure, Pierre Blot, qui aujourd’hui, frais d’éditeur payés, a déjà rapporté plus de 100,000 francs ! N.Les mauvaises lectures Un nouveau crime, dont le récit s’étale au long dans les journaux du matin, met «à nu la plaie qu’ont signalée dès longtemps tous ceux qui observent les causes générales du développement de la criminalité, il s’agit c-tte fuis d’un jeune homme de vingt ans, nommé Ducret, dont les parents, concierges de l’hôtel Fould, étaient liés avec d’autres domestiques, les époux Chauvillier, très anciennement au service de Mme Fould.Ceux-ci passaient pour avoir quelque fortune fruit de leurs économies.Le jeune Ducret ne l’ignorait pas et, profitant du moment où la femme Chauvillier était retenue dans sa chambre par la maladie, pendant que 6on mari dînait à l’oilice avec les autres domestiques, il l’a surprise et assassinée.Puis, ayant vainement tenté de fracturer un meuble où il supposait que l’argent devait être, il s est entui, n’ayant pu emporter qu’une petite somme contenue dans le porte-monnaie de sa victime.Tels sont en subtance les détails matériels du crime.Mais les premières investigations du juge ont fourni une indication qu’il est bon de noter.Le Temps dit ce qui suit : 44 L’instruction a établi que Ducret avait Vimagination exaltée par la lecture de romans de Gaboriau et de Ponson du Terrai).Lui-même se piquait de littérature, et la perquisition pratiquée dans sa chambre a fait découvrir une collection de récits d'exécutions capitales, plusieurs monuscrits de romans intitulés : Histoire de ma vie.Histoire de mes vopages, A Josc-phine, Histoire vraie, etc.” La Gazette des Tribunaux confirme ce détail et dit qu’il 44 lisait avec avidité les romans dramatiques.” Voilà donc, saisie sur le vif, la détestable influence des mauvaises lectures sur les jeunes imaginations.11 est bien difficile, en tout état de cause, d’échapper à cette influence ; mais conçoit on ce qu’elle devient lorsqu’elle a opéré sur des imaginations qui n’ont pas été sauvegardées par une éducation chrétienne et qui offrent, par suite, un champ naturel et tristement fécond à cette action pernicieuse ! C’est le danger que dénonçait naguc-res très opportunément Mgr l’évêque de Ni mes, en avertissant à nouveau ses diocésains du péril tant de fois signalé par l’épiscopat à propos (les mauvaises lectures.44 On a cherché au fond des convoitises de l’homme, dit l’éloquent prélat, ce je ne sais quoi de vil et de grossier que l’on n’osait pas s’avouer et qui n’avait pas été satisfait jusqu’à nos jours.Une école nouvelle s’est formée pour répondre à ce besoin de la bassesse humaine.La peinture, au lieu d’idéaliser les traits, les ravale jusqu’au ridicule ; la sculpture, au lieu de pétrir l’ivoire, le marbre et l’airain d’une main délicate, les a rendus odieux à l’œil et rudes au toucher.La prose lutte avec la poésie pour se hérisser d’images grotesques, de mots crus, de tours abruptes.Tout autre qu’un homme corrompu ne supporterait pas une telle lecture et jetterait le livre au feu.C’est le langage du bagne mêlé à celui de la taverne.C’est l’argot des joueurs, des virognes et des courtisanes.C’est le dernier degré de la bassesse et de l’avilissement.“ Mais de toutes les lectures, la plus commune, la plus dangereuse, la plus perfide, c’est celle du mauvais journal.C’est par la curiosité que le journal s’impose, il s’impose à tout le inonde, tout le monde veut le lire, et c’est pourquoi il n’est presque personne que le journal ne séduise et ne peide.“ Celui-ci, de la première ligne à la dernière, n’est qu’un long tissu de blasphèmes et de scandales.Tl commence sous la rubrique du calendrier révolutionnaire et il se termine par des offres de débauche.Là, tout est monsonge et calomnie : l’article sorti de la plume de la rédaction, dans lequel l’Eglise est déchirée et mise en pièces ; les nouvelles, entre lesquelles on donne une place distinguée à tous les faux bruits répandus contre le clergé, les couvents, les écoles chrétiennes ; le feuilleton, roman honteux, dont on no saurait lire une page sans souiller 6on âme des plus sales images ; les faits divers, où il n’y a plus de diversité que celle du vice ; la chronique des tribunaux et des cours d’assises, qui donne au crime le relief séduisant delà célébrité.Tout, jusqu’aux annonces, est une grossièreté, d’une audace, d’un cynisme qui auraient révolté, en d’autres temps, le goût le moins délicat.Mais ! on s’est accoutumé au poison, on le J boit à longs traits, et on ne sent pas 1 les atteintes mortelles qu’il donne à la i conscience jusque dans les profon- ! deuis de l’âme.LEGER BROUSSE AUy Editeur-Propriétaire.habilité leurs desseins criminels et s’assurer d’avance comment ils pourront échapper à la justice.Ce qu’on a vu en cour d’assises, ce qu’on a lu dans les journaux, on le reproduira sans honte et sans remords.Mauvaise lecture! mauvaise école! Nous ne sommes plus ce peuple que le spectacle d’un homme ivre dégoûtait de l’intempérance, et qu’on amenait au pied de l’échafaud pour former sa rire le mot qu’on attend.Si la France est toujours la terre qui enfante des hommes, je crois que la force des choses, plus forte que toutes les coalitions, amènera â Ja Chambre prochaine une nouvelle génération autrement virile, autrement hardie, et assez bien organisée intellectuellement pour regarder les questions en face.Si quelques Français las de se traîner dans tous h s .- .| r—*¦' uauo luuo x» a conscience en contemplant le chati- mensonges, dans toutes les ransorlies, mont mi o.riminm Lorrimn n’insnîrA i_____________•»___ __ .* “ A côté des petits journaux qui se vendent par millions, voici les grands qui distillent d’une plume plus savante l’immoralité et l’irréligion.Les lecteurs choisis qui forment leur clientèle veulent bien être pervertis, mais avec plus d’art et de mesure.Souvent ils plaignent l'Eglise, quelquefois même ils la vantent ; mais si son passé est glorieux, ' elle est sans crédit dans le présent, et l’avenir ne lui appartient pas.La ; science l’a tuée ; l’humanité aflran- ; chie ne la supporte plus ; il faut ; cependant la laisser mourir tranquil- ¦ lement et lui faire de belles obsèques.| Quant à la morale, une fois sortie des mains de l’Eglise, elle n’aura plus de règle certaine.Qui sait si tel vice n’est déjà pas une vertu ; si telle vertu n’est déjà pas un corn-1 mencement de vice ?Le jeu, le duel, ; le suicide, le divorce, l’adultère sont tantôt excusés avec habileté, tantôt glorifiés avec audace.Le vo! excite ! encore quelque aversion, et l’assassi- j nat quelque horreur ; mais déjà ! cette aversion diminue, cette hor- ! reur s’affaiblit.On veut bien se dé- j fendre contre les voleurs et contre les assassins, le jour où ils menaceront nos biens et notre vie ; mais le récit de leurs prouesses a de l’intérêt, on leur reconnaît une certaine habilité, meme une certaine grandeur, et tant qu'ils ne s’en prennent qu’à notre prochain, nous faisons de leurs j exploits nos plus chères délices.“Voilà pourquoi les chroniques des cours d'assises sont des pages recherchées, et quand les médecins se contredisent sur la responsabilité des: criminels,quand les avocats s’enflam-’ ment pour les défendre jusqu’à nier | leur liberté morale, les assassins se drapent en victimes, la mauvaise presse les rend intéressants en décrivant leur costume, leurs allures, leur air qui semble un ironique défi àl’hon-nêteté publique.On les plaint plutôt qu'on ne les blâme, en dépit de leur culpabilité bien démontrée, et dans cette foule immense de lecteurs qui va repaître ses yeux du spectacle de cette cour d’assises, il y a des jeunes gens qui s’exaltent au point de se persuader qu’il vaut mieux se faire un nom par le crime que de vivre ignoré dans la pratique de la vertu ; il y a des femmes que ce spectacle enivre jusqu’à la folie; il y a des scélérats précoces qui viennent écouter les débats pour préparer avec ment du criminel.Le crime n’inspire plus d'horreur ; plus on l’étale, plus on lui donne d'imitateurs et de complices.” Exagération, auraient peut-être été tentés de dire bien des gens qui s’accordent à eux-mêmes cetto déplorable liberté de tout lire.Eli bien le crime de la rue de Trévise est là pour répondre en accusant les dramaturges et les romanciers de nos jours.Voilà les premiers coupables, car trop souvent, c’est dans leurs œuvres que les criminels, en quête de moyens propres à satisfaire leurs passions ou leurs vices, prennent l’idée de faire le coup qui les désigne pour une triste célébrité.Auguste Roussel.dans toutes les ornières, se groupent pour essayer quelque chose d’utile, de généreux, d’humain, de conforme aux principes éternels de la justice, et qu’on me propose d’en être, j’en serai trèâ volontiers.Jusque-là, j] faudra attendre et laisser se former l’atmosphère d’idées qui rendra tout possible.Ce travail se fait plus vite qu’on ne se l’imagine.Veuillez agréer, mon cher confrère, l’assurance de mes sentiments bien dévoués.Edouard Dru mont.Edouard Drumont L’autre jour, Figaro annonçait qu’il était question de la candidature à Paris de M.Edouard Drumont pour remplacer le feu député radical Cantagrel.Le directeur de l'Evénement, s’étant adressé à M.Edouard Drumont pour être exactement renseigné à ce sujet, en a reçu la lettre suivante : 157, rue de l’Université 10 mars 1887.Mon cher confrère, La nouvelle donnée par le Figaro, C6t absolument exacte.Uii grand nombre de personnes appartenant aux opinions les plus différentes m’ont demandé de me porter candidat à Paris.Je ne vous cache pas que je considère cette manifestation comme prématurée et que je suis à peu près décidé à décliner cette offre trop bienveillante.Tous mes amis savent que je n’ai aucune ambition politique et que je regarde l’action de l’écrivain et du remueur d’idées comme infiniment plus féconde que celle du député.En admettant qu’on me laissât parler—ce qui est douteux—la Chambre actuelle, qui d’ailleurs est déjà à moitié morte, ne comprendrait rien à mes idées.Csnservateurs et républicains y sont également hostiles à toute discussion sérieuse de la question sociale, qui est simplement pour eux une fantôme opportun.Leur réve à tous serait de rester tranquilles avec l’attitude qu'ils ont prise dans la vie et sans toucher à quoi que ce soit qui les dérange.Profondément séparés en apparence, ils se tiennent comme les cinq doigts de la main ; ils feignent de ee combattre pour contenter l’électeur ; mais, au fond, ils sont tous d’accord pour ne rien faire et pour ne jamais dire sans Agriculture CHEVAUX DE TRAIT.Les chevaux de trait ou de labour doivent avoir tous les caractères do la force, être haut do taille, avoir les membres forts, présenter un large poitrail, un col renforcé, la tête doit être porportionnéo au corps ; ces chevaux doivent avoir les veux clairs et sans tache ; leur croupe doit être ronde, la panse bien développée ; ils doivent être hauts de taille sans être trop allongés, bien placés sur jambes : elles doivent être fortes, les jarrets forts, bien déliés ainsi que les jointures ; le tout doit être net, sans engorgements, sans pustules ni tumeurs sur aucune partie du corps ; tous les membres, toutes les parties du corps doivent être renforcées ; la sabot doit être gros, bien fait et d’une bonne corne : rien n’est plus onéneux et plus incommode qu'un cheval dont la corne du pied est mauvaise.Les chevaux de trait doivent avoir le pas allongé, attendu que c’est leur allure ordinaire ; en marchant, ils ne doivent rencontrer ni leurs sabots ni leurs jarrets : lVxcês contraire est un défaut plus grand encore ; enfin le cheval bien fait plait, est agréable à la vue, quelle qu’en soit d’ailleurs la race, l’espèce, la variété.Source de la richesse nationale.—La plus importante des industries est sans doute l’agriculture, puisque c’est d’elle que nous viennent les matières premières qui alimentent les autres industries, et que c’est elle qui est la mère nourricière de l’humanité et de tout ce qui a vie.Eh bien, nous le demandons, cette source inépuisable de richesses estelle au niveau de son importance Y l’agriculture ne laisse-t-elle rien à désirer Y Peut-on dire qu’elle est sans besoins, que Ion satislait à toutes ses nécessités et même aux plus urgentes Y Ne serait-il pas possible en l’aidant, quoique faiblement, d’augmenter ses produits Y De faibles secours soit pour le défrichement de Feuilleton du COURRIER DU CANADA 29 Mars 1887—No 2S ROSA TREVERN (Suite) .—En admettant que ce lut exact, ne croirais pas devoir en faire l’ex-îrience quand il s’agit d’une ques-)n aussi personnelle, ” répondit-le froidement.° D’ailleurs, je con-itérerais comme une folio de sa part épouser une lille pauvre.—Une lille pauvre ! Rosa n’est pas lis dot, ses tantes sont là.—Ah ! rien n’est moins sur ; on aime pas à se dépouiller de son vaut pour des parents inconnus, et osa n’est pour elles, après tout, l’une ‘étrangère.—Elles la doteront, vous dis-je.en suis certain ! n —Et comment le savez-vous ! M.de Salbeuve prit dans sa pocho n portefeuille, et en tira une^ lettre u’il tendit «à sa lésine.Elle la êplia ; c’était un papier très mince, ouvert d’une encre blanchâtre, et ui n’avait rien de commun avec le élin légèrement parfumé dont on î servait dans le mondo do Mme do albeuvo.Elle lut à demi voix : regarda 44 Monsieur, 44 Vous vous adressez à moi en 44 exprimant, comme ami de mon 44 pauvre frère, dites vous, un intérêt 44 très vif à l'égard de notre nièce.44 Vous croyez entrevoir la possibilité “ de préparer pour elle un mariage 44 qu’eût approuvé son père, et vous 44 désirez savoir si elle aura une 44 dot.” Mme de Salbeuve s’interrompit et 6on mari avec un air moqueur.| - » 44 Ah ! j’aime à retrouver en vous l’homme pratique, ” dit elle d’un ton incisif sous sa gaieté.41 Vous avez eu soin, avant de vous lancer à pleines voiles dans le sentiment, avant d’égarer Fred dons le pays de Tendre, de traiter en sourdine une question plus sérieuse.Bravo ! jo vous en fais mon compliment ! ” M.de Salbeuve se mordit les lèvres.j 44 Vous vous méprenez sur le motif qui m’a poussé à prendre ce renseignement, ” dit il avec froideur ; 44 jo f ne pouvais pas songer plus que vous faire épouser à Fred une femme tementdes intérêts légitimes.Voulez vous continuer, je vous prie ?” Mme de Salbeuve reprit sa lecture : u U U (( U (( it (( “ Je dois commencer par vous dire que notre intention est de nous 44 occuper nous-mêmes de l’avenir de 44 notre jeune parente, et de ne nous 4‘ en remettre à personne du choix 44 d’un mari.Cependant, si le jeune homme dont vous parlez nous convenait en tous points, nous consentirions à voir se nouer cette affaire, et, en ce cas, nous serions disposées 44 à faire à notre nièce une pension de trois mille francs ; elle est, d’ailleurs, noire seule héritière, et elle héritera après nous de tout ce que 4 nous possédons.44 Voilà, Monsieur, quelles sont 44 nos intentions à cet égard.Peut être me trouverez-vous bien provinciale si j’ajoute qu’il me semble quelque peu choquant de voir trai-44 ter avant tout le reste une question qui a bien son importance, mais qui ne devrait passer qu’en seconde ligne.44 Recevez, etc.” a luire epouser a rreü une lemrnc j 44 Une vieille fille confite au vinai-absolument dénuée de fortune ; il a gre ! ” dit sèchement Mme de Snides habitudes trop coûteuses pour beuvo en posant la lettre sur la faire un sacrifice aussi complet, et, • cheminée.44 Et cette rente do trois quelque désir que j’eusse de faire mille francs veus a donc assez ébloui pour la fille ce que je me reproche- pour que vous désiriez si vivement rai toujours de n’avoir pas fait pour le conclure ce mariage ?’ père, je ne pouvais négliger complè-1 —La rente est très peu dt chose ; K ii U (I (( mais, étant donné un sentiment vrai de la part de Frédéric, elle suffirait à la rigueur.—Et seriez vous flatté de présenter à nos amis cette respectable tante qui écrit sur du papier Bath et qui signe votre servante Y Le seul défaut de Rosa n’est pas son manque de fortune, c’est aussi une absence totale de relations de famille.Qui sait ce que deviendra plus tard notre lils Y S’il désirait entrer sérieusement dans la vie active !.—Lui ?.Il C6t trop paresseux pour cela ! —Ou embrasser une carrière politique !.” continua Mme de Salbeuve.44 Oui, c’est juste; de nos jours, quiconque est avocat, et surtout avocat sans causes, se croit des droits imprescriptibles sur toute l’administration, et des titres non moins indiscutables au mandat de député ! —En ce cas, ” reprit sans s’émouvoir Mme de Salbeuve, 44 les relations de sa femme pourraient lui être d’un grand secours ; ce sont des étais dont il est prudent d’entourer sa vie.—Les Trévern sont d’une bonne famille.—Bourgeoise ! ” acheva t elle avec un petit ricanement.44 La mère de Rosa était d’origine aristocratique.—On me l’a dit.Mais d’où sortait elle Y Dans quelle gentilhommière en ruine# son arbre généalogique tombait il d’épuisement Y Allez, mon cher, de nos jours, la seule aristocratie est celle dont le blason est resté doré.Mme Trévern était sans fortune.—Alors, vous tous prononcez contre mon projet ?—Que vous êtes étrange et entier dans vos conclusions, mon ami.Je ne me montre ni hostile ni favorable à vos idées.Si tous le voulez bien, nous nous en remettrons à Fred lui-même ; il est, après tout, le plus intéressé dans la question.—Fred n’est pas sentimental.—Heureusement ! 11 s’épargnera la plupart des maux imaginaires dont vous prétendez souffrir ! ” murmura t elle avec ironie.44 Mais il aime Mlle Trévern, et, si vous ne le combattez pas, il l’épousera.—Je ne le combattrai pas.Faites le venir tout de suite, si vous/voulez.Je serai muette, ou même, pour peu que vous le désiriez, je lui donnerai à l’avance mon consentement.—Ce que vous dites est-il sérieux, Carry ?—Très sérieux, ” répondit-elle, réprimant un sourire et saisissant le cordon de la sonnette.Son mari lui prit la main.44 Merci, ” dit il d’une voix émue ; 44 vous ne vous en repentirez pas ; vous trouverez en cette enfant une nature malléable et douce, et nous rajeunirons peut-être en voyant sou# nos yeux leur idylle.Est-ce pour moi que vous consentez, Carry ?— Mais sans doute ; si vous étiez moins injuste, vous reconnaîtriez que je ne vous fais jamais deposition systématique, pas plus que je no vous garde rancune pour vos boutades.” il la regarda un instant d’un air indécis, puis se pencha rapidement et lui baisa la main.4* Ah ! Carry, si vous vouliez !.’’ murmura t il avec un soupir.A ce moment, un valet de chambre parut pour prendre les ordres de sa maîtresse.44 Mon fils est il chez lui Y —Je crois que oui, Madame, mais je vais m’en assuier.—Dites lui que je le prie de venir immédiatement ici.” Il y eut.un instant de silence M.de Salbeuve avait repris sa promenade, et sa femme inclinait la tète sur son livre pour cacher le sourire involontaire qui venait de temps à autre à se6 lèvres.* Le domestique entra do nouveau.44 Monsieur demande si Madame est seule et n’attend point do visites.—Non, non, qu’il vienne ! ” dit-elle avec impatience.(A suivre) Le Courrier du Canada, Mardi 52B Mars 1887 DÛT nos terres, sont pour nous apprendre à mieux cultiver et nous faire par là aimer davantage notre culture et finiraient par la rendre prospère.La prospérité de l’agriculture serait non-seulement dans l’intérêt des masses, mais aussi dans celui du trésor public qui aurait contribué an bien-être de la classe agricole.PATURAGE CONVENANT AUX BÊTES À CORNES.Les bêtes à cornes ne sc content pas, comme les montons, d’une herbe line et rase ; les bêtes à cornes, à cause de la corformation de la bou cae, dont une seule mâchoire est gar nie de dents, demandent un pâturage abondamment fourni de grandes herbes,qu’ils paissent sans nuire atu nouvelles pousses de la prairie, pendent que la dent meurtrière de» moutons, celle même des chevaux, la détériore grandement, si toutefois elle ne la détruit pas.SOMMAIRE ï rance Les msuvaises lectures Edouard Dru mont Agriculture i .r.u-ri N.—Rosa Trevwa L’hon.M.Blake et la photographie de la Justice Les reptiles Vieille connaissance Lethe Gazette Notes politique* Chronique religieuse Dépêches générale* Echos h- nouvelles doute que M.Blake suivra Sir Char- roux, et les fobs rénovateurs, les.Après tout, ce serait peut-être Ah ! la bonuo comédie ! La ii le meilleur acte de sa vie.“ Vous avez cru saluer en farce PETITE (aZKTTK De 1*Electeur : Blake l’apôtre de la justice “ do toutes applaudissemeuts des dupes.Maintenant, à table, acteurs et me,;ls ‘sont ~ les causes justes.” Ciovanco téraé-raire dont la fausseté ressort de tous j comparses ! Dépouillez le fard et les s tir pi les faits et gestes enrégistrés au débit oripeaux de la scène ! C’est le mo- leur congé.Avis à qui de «iron, de M.Blake depuis son entrée dans ' mont dn réveillon fraternel, l’arène politique.” Ripaille et bombance ! Kiel est vengé ! L’honneur national est racheté ! \J Electeur et la Justice, sont deve une précaution contre le froid on hiver et do plus un moyen de ch ts-ser les insectes en tout temps du poulailler.Donnez aux poulets, dès qu’ils sont éclos et pendant plusieurs jours, s â l’opposition.Leurs agissements t,sl im uacée.On a fait dimanche uno des œufs cuits durs et du pain de co un us : qu’ils «f .soient donc pas ; solennelle dans la cathédrale : blé-d’Inde, et le soir donnez-leur un ns si un bou matin ils reçoivent [ t .t.peu de blé.Les poules doivent avoir beaucoup CHRONIQUE RELIGIEUSE _ _ Mgr Fabre «a adressé une circulaire â est jouée ; le truc national a produit n7eniplovô» de la chambre bien son clergé lui enjoignant d’engager les son effet.Le rideau est tombe aux connus jes ministres, se mêlent ri’e.s- fidèles à prier pour que Dieu détourne pionner et de fournir des ienseigne- l’inondation dont la aille de Montréal à colt»* intention.Vos plaudite cires ! L’apôtre de la justice ! dérision vraiement.Mais ne vous souvient-il plus, M.du premier-Québec, de # cette lutte de corsaire dirigée contre ! nus ^es rcPl^os ! les pères delà politique nationale que votre homme n’a cessé d’appeler au vol légalisé (legalized robbery), une infamie ?N’y aurait-il que ce fait néfaste dans la carrière politique le M.Blake, ce serait déjà plus que suffisant pour vous imposer iesilence m du moins pour modérer l’enthousiasme de vos appréciations â l’eau de ose que vous distribuez à votre prétendu apôtre de la justice.Reste la 44 douloureuse question Kiel.” Je ne vous en parle pas, car je suis persuadé qu’à vog attendrissements de sempiternels braillards, succédera bientôt un éclair de raison qui vous ramènera dans le vrai sentier.Donc, “ que M.Blake, continue son œuvre de désintéressement, ”çà ne fait de mal à personne et çà ne vous fait aucun bien ; car, un jour ou l’autre, confrère, lorsque les évè- L'Electeur cherche tout simple-, L'Osscrvatore Ho ma no annonce que S.d’exercice.Comme moyen de provo-nient un prétexte pour faire commet- Km le cardinal Wladiinir C.ncki ayant quer cet exercice, jetez le grain pamii elque injustice au gouverne- été, eu vertu d’une ordonnance royale, l'i Pai^° ct c*lc*8 s empresseront de le nommé par Sa Majesté Trè.v ridule pro*! teneur du royaume de Portugal, Sa j tre quelque injustice I ment de son cœur.L’opposition ne cherche pas à .(chercher pour s’en nourrir.Pour que les grains que vous don-iuez à vos volailles leur soient piofi- a.‘ Sainteté a daigné, par billet de la secrM “m .\ VÔà transformer Ips pmolovés en mon » .,,P ., .¦ tables.ne leur (lonniz J as qn une ~ ^ « *• - - srrrrr .2f23H ANNONCES NOlîVELLK> Compagnie manufacturière de meuble» Drum James Thompson Publications importantes—J.A.Langlais La Banque Nationale—P.L&francc - Examens du r«e vice civil—P.Les :eur Nouvelles marchandises de printemps—Théophile Béiand Avis—N.Belanger, Pire UBStÊBSBSMUsai CANADA jUEiltC, 39 MARS 1887 » tS03 Mr«iMCC=v:- L’HONORABLE h.blake ET LA PHOTOGRAPHIE DE LA ‘‘JUSTICE VIEILLE CONNAISSANCE \j Etendard reproduit de la Gazelle du Midi les nouvelles suivantes concernant un personnage qui a fait quelque bruit au Canada : Un ancien député lépublicain de Seiue-et-Oise, le citoyen Auguste Vermont.n’ayant pas réussi à se faire élire de nouveau, avait reçu de la munificence ministérielle, à titre de compensation, le poste de résident de France aux i es Gambier.Mais, avant de partir, le citoyen Vermont avait, parait-il, oublie de régler différentes petites affaires d’une nature fort délicate, et, pendant qu’il représentait officiellement la République dans nos possessions d’outremer.le tribunal correctionnel ae Clamecy le condamnait pour escroquerie à 3 mois de Prison.Le citoyen Veimonl, Dieu qu’il eût les meilleures raisons de compter sur la clémence présidentielle, n’a pas jugé à propos de rentrer en France pour purger sa condamnation- On dit qu'il s'est enfui nements auront marché quelque peu au Canada.libéral, et à l'Electeur, qui 11’ont cessé de racoler des espions clans les bureaux publics, lorsque le gouvernant conservateur était au pouvoir.On les connait les mouchards libéraux du service civil ! à votre grande surprise, vous trouverez sous votre plume de journaliste, écrits en gros caractères, ces mots qui vous tourmenteront de désespoir et de regret : M.Blake n’était pas un politicien, encore moins un chef et pas du tout un ami des Canadiens-français.• Ce sera rude pour “ l’héritier de la famille des Gladstone qui 11e sait Ceci prouve combien le Courrier du Canada avait raison, il y a quatre ans, de protester contre le fameux banquet-Vermond.Cette ligne de conduite avait alors soulevé contre nous bien des colères.Aujourd’hui l’événement prouve combien cet étranger indépendamment de ses principes voltairiens et radicaux, était peu digne dosdémons- Uu nouveau journal vient de naître à Montréal.Il s’occupe de sciences ct il a pour titre Astronomie ct Météorologie et il est rédigé par M.Walter II.Smith- C’est un journal de huit pages.Le greffier de la cité de Montréal a transmis au gouvernement une requête pour une commission royale chargée de faire une enquête sur les accusations portées contre le Conseil de Ville.M.L.O.David présentera le bill pour amender la charte de la Cité.Dépêches générales pas faire de concessions, ’ mêineltrations ridicules qu’on a faites en /“i 1 • • aux Canadiens-Français, mais ce sera mérité.Cette fois là, M.vous aurez dit la vérité.Maintenant, vous dites que ce que vous avez écrit c’est l’opinion de MM.les nationaux.Permettez-moi d’en douter.Pensez-vous donc que tous ces bons MM.vengeurs de la nation outragée, à s’agenouiller pendant des années devant celui qu'ils ont toujours combattu ?Pensez-vous qu’ils songent même à recevoir la bénédic.tion paternelle de ce bon M.Blake 1 Naïf, va ! Non, non.confrère ; rayez cela de vos papiers Ensuite, sortez de votre maillot et lâchez de parlez comme un homme.C’est ma prescription ; elle vous sera salutaire.• Nemo.REPTILES! On lit ce oui suit dans Y Electeur a d’hier : Il a tout simplement notifié les messieurs du Canadien, du Courrier du Orna la, du Journal de Québec, et autres, de cesser de faire ces impressions pour W eomple du gouvernement et il a écrit à des imprimeurs nationaux de vouloir bien continuer ces travaux de typographie A U X M K M E S PRIX, T ER M KS Et f A ) N -DITiONS QUE LES CO NT H ATS PRÉCÉDENTS jusqu’à nouvel ordre, en attendant que le gouvernement ait con-idéré sérieusement l’octroi des contrat-définitifs.Bravo ! nous sommes enchanté de voir cette nouvelle dans les colonnes de Y Electeur ! Ces braves gens qui ont tant crié à la presse stipendiée, à la presse reptile, parce que certains imprimeurs conservateurs, propriétaires de journaux, avaient des commandes du crouvernement, ces désintéressés personnages, les voilà qui repldiscnt à leur tour.h'Electeur a du patronage ! La Justice a du patronage ! On devient journal du matin à grand format, lorsque, trois mois auparavant, on traînait péniblement une existence incertaine dans le giron d’un établissement pendard.A la crèche du gouvernement ! Ils y sont ces patriotes, dont l’âme pure 11’était pourtant alfamée que de ! justice et d’honneur national ! ! Ils croquent à belles dents l’avoine Un homme mal à Y aise dans son habit de gala, ça doit être Thon.M Blake, surtout quand il a pour four nisseur, l’incomparable tailleur de la Justice.Dans le premier Québec d’hier, on nous exhibe le grand homme, fait comme les autres, pourtant, maie* affublé d’un de ces costumes de derviches qui vous transportent du coup en plein moyen-âge.Figurez-vous M.Blake, ceint d’un turban, portant m uiteau brodé, galonné, avec collet jusqu'aux oreiilc.s un sceptre à la main, eh bien ! c’est le dieu des nationaux d'après échantillon de la Justice.Pourquoi donc étouffer cet homme ?Ami confrère, â l’ordre, écoutez.Et d’abord, ne croyez pas que tous ceux qui vous lisent et qui vous suivent sont de ces naïfs qui croient à voire foi politique : 44 Hors de M.Blake, pas de salut.” Non, il n’y a pas d’homme nécessaire et M.Blake, encore moins que tout autre, n’est pas du tout l’incarnation vivante de ce que Ton pourrait appeler la patrie canadienne personnifiée.Prenez-garde.On peut vous tomber dessus et alors vous serez obligé de cacher vos pinceaux.Pourquoi taut de clinquant, tant de brio, tant de saute-aux-yeux ?* M.Blake est un citoyen distingué, un chef lecotmu, un orateur brillant, un partisan dévoué, un libéral que vous adorez.Soi t, mais que cela soit suffisant pour en faire le sine qua non de notre temps, arrêtez ; pas tant de galon pour cinq sous.M.Blake dites-vous est “ l’homme de demain ” ; mais, quand arrivera ce demain convoité ?C’est ce que vous ignorez et c’est ce que l’avenir ne vous dira jamais.M.Blake 44 marche vers le pouvoir; ” c’est- â -dire, qu’il soupire ; ministérielle ! apres le pouvoir.Oh ! pour çà, oui ; C’était un crime, un scandale, un mais le juif errant marche depuis des honteux servage, lorsqu’il s’agissait siècles vers ce but et n’est pas encore des propriétaires de fouilles conser-arrivé.son honneur.! vatrice ! M.Blake “ est le successeur dési-, C’est ï>robablement un acte d’hé-gné d’avance de Sir John ” ; cepen- roisme patriotique, un holocauste dant vous annoncez à son do trompe généreux sur l’autel do la patrie, d’une manière éclatante, la sincérité que Sir Charles succédera bientôt à lorsque ce sont Y Electeur et la Justice du cabinet Ross dans cette question Sir John.Vous voulez dire sans qui se partagent les contrats plantu- * SOYONS JUSTE On lit dans Y Etendard du 2ô : L’on se rappelle toutes les belles protestations électorales de M.Ross et de ses collègues, touchant leur désir cl’a mender ia loi dos asiles selon le désir des Evêques.Or, mercredi, l’honorable Chef de l’Opposition a fait connaître la valeur de ce^ promesses.Le Secrétaire Provincial M.Gagnon répondant aux critiques de 1 Honorable M.Taillon touchant la commission des a-iles projette, disait que le but de cette commi-sicn était de constater en quoi la loi Ross blessait la justice, violait les contrats et portait atteinte aux droits de certaines communautés religieuses.—Que vous proposiez-vous donc de faire, vous, demanda-t-il à M.Taillon.—“ Appliquer la foi existante telle quelle, est;' répondit M.Taillon.Alors, que valaient donc les promesses de ces messieurs ?Nous assistions à la séance de mercredi, et nous affirmons que M.Taillon n’a rien dit de toi.Certains journaux ont essayé de dénaturer les paroles du chef de l’opposition et Y Etendard ne devrait pas se faire l’écho de cette falsification.M.Taillon a dit simplement qu’il n’y avait pas besoin d’une commission royale pour savoir quelles étaient les difficultés qui se sont élevées, mais qu’il suffisait de demander et de parcourir toute la correspondance qui a eu lieu, â ce sujet.L’Etendard parle de 44 protestations électorales, touchant le désir d’amender la loi selon le désir des Evêques.’’ M.Ross n’a pas fait simplement des protestations électorales.Il a écrit â Son Eminence le cardinal Taschereau, après les élections, la lettre suivante : Québec, ‘21 octobre 1886.Eminence, Dans le cours de la lutte électorale qui vient de finir, j’ai, «1 plusieurs reprises, déclaré, comme je l’avais fait antérieurement, que si l’Episcopat (le la Province désirait faire apporter quelques modifications à la loi des asiles d’aliénés de ld*5, pour ce «pii concerne les catholiques, j’y consentirai volontiers.,1e viens aujourd’hui, Eminence vous prier de faire savoir au gouvernement m l’Episcopat désire que cette loi de 1885 soitainendée, et, dans l’affirmative, quels tout les amendements, qu’il suggère.fai l’honneur d’être, des votre Eminence, Le très humble serviteur, (Signé) : John J.Ross Preini* r-Ministre Cette démarche officielle démontre, Nous apprenons avec plaisir que Sa Grandeur Mgr l’Archevêque de St-Bonilace prend du mieux, chez les RR.Sœurs Grises.Cependant sa santé 11’est pas encore rétablie entièrement.Nous faisons des vœux pour le rétablissement complet de Sa Grandeur.L an dernier M.Blake avait envoyé â ses amis sa résignation d’An- « w gleterre.M.Laurier vint la faire accepter au club libéral â Québec et désigner sir Richard comme le nouveau chef.L’affaire Kiel,de pressantes sollicitations firent revenir M.Blake sur sa décision.On voit qu’il n’est pas à ses débuts.Cette démission intermittente devient tout de même fort ridicule.m N otes politiques Le gouvernement de ia Nouvelle-Ecosse vient de nommer quatre conseillers législatifs, parmi lesquels est un acadien français, l'honorable Isidore Leblanc.Le premier acadien élevé au poste de conseiller, fut l'honorable M.Couie.au, en 1855.A sa mort, en 1863, il fut remplacé par l’honorable M.Martel.L’hono rabie M.Houdreault fut nommé quelque.- ar nées plus tard, i >-puis son décès ton siège était resté vacant.Au Nouveau-Brunswick, il y a un acadien-frauç iis au conseil, l’honorable A.1).Richard.L’houor.ible M.Mc8hane a pré-entô une pétition à ia Législature de la part ae MM.IlanMiaw, Dobell et.Cowan, demandant i incorporation d’une compagnie pour la construction d’un chemin d« fer Elevé â Montréal.On dit que M.Ross va donner sa démission de député de Lisgar aux communes.L’hon.1.Norquay se présenterait pour cette division, et s’il est élu, serait le représentant du Manitoba dans le cabinet de Sir John.Les libéraux du Manitoba ont tenu une assemblée le 2i à Brandon et â laquelle M.M.Greenway, chef de l’opposition â la Législature et Joseph Martin, sous-lièulenant, étaient présents.Cette assemblée avait un caractère privé.L’honorable M.Fiynn, député de Gaspé, a pris son siège, pour la première fois, hier après-midi.*** France Paris, 28.—Le comité du budget, par une vote de \\ contre L a rejeté la demande de crédits supplémentaires du gouvernement.On croit qu’une crise ministérielle est inévitable.Le Nord, organe russe, dit que tou t** tentative pour faire une alliance franco-russe sera inutile.Au sujet des relations de la France avec l’Angleterre, il dit qu’il ne surviendra probablement pas de complications.L’Angleterre abandonnera bientôt l’Egypte et ne songera plus à faire des conquêtes continentales.M.Cy roi les, commis de confiance du bureau de la guerre, a été renvoyé pour avoir iévé.lé des secrets officiels à des agents allemands.Allemagne Berlin, 28.—L’empereur étant indispose, la réception que l’impératrice a donné hier était loin d’être gaie.Mgr Galimberti, l’envoyé spécial du Pape, fut reçu par l’impératrice,qui lui tint le discours suivant : Il me semble que je vous connais depuis longtemps.Je vous prie de dire au Pape combien je prends intérêt à sa personne et que nous formons les vœux les pins énergiques pour son bien être.-Mgr Galimberti emportera à Rome une lettre autographe de l’empereur au Pape.Il est rumeur qu’il reviendra à Berlin «après Pâques où une meilleure occasion se présentera pour le téglenient des questions politiques.Le Post publie une sérié de télégrammes donnant des assurances de paix, probablement dans le but de contrebalancer l’alarme qu’il a causé dans certains quartiers.Le Ueictisahzicger dit que l’empereur a reçu 1,648 télégrammes de félicitations à l'occasion de l’anniversaire de sa naissance, dont 1,207 de differentes parties de l’Allemagne, 60 d’Amérique et â du Canada.Angleterre Londres, 28.—NV.il.Smith, le leader du gouvernement, a laissé entendre qu’il avait été décidé de demander à ia Chambre de laisser passer la seconde lecture du bill des crimes en Friande, avant de proposer les vacances habituelles de Pâques.Le gouvernement, continue M.Smith, ne veut pis faire de menaces ;\ la chnn-bre.fl ne désire qu’une chose, savoir : que ce projet de loi c‘i d’n 11 ordre vital pour le maintien de la tranquillité en iriaude.C'eM un projet de loi qui décidera du sort du gouvernement ot il est plus important que les vacances de Pâques.M.Balfour proposa alors la première lecture de ce bill.M.Parnell croit que ce bill est la plus forte mesure de coercion qu’on on jamais soumise â ia chambre.Il dit qu’il créé de nouvelles offenses.Une convention des unionistes libé raux s**ra tenue jeudi prochain à Devonshire House prour prendre en considéra tion le bill de coercion.D’après un êch mge de vu«»s dans lus couloirs de la chambré ou a constaté qu’uncertain nombre d’unionistes désapprouvaient cette mesure, mais que la masse du parti n’eu trouvait par les dispositions trop rigoureuses.Lord ilartington et Chamberlain donneront leur appui entier au bill.La desunion parmi les unionistes ne fera probablement pas perdre plus de 1U voix an gouvernement ce qui laisse ce dernier en bonne majorité.Les i\irnellistes ont convoqué une assemblée et ont dénoncé ce qu’ils appellent le caractère atroce du lull de coercion.Cette mesure, disent-ils, cachent dans ses dispositions le pouvoir de supprimer la liberté de la press » et des assemblées publiques.Les Darnel listes se rient des menaces de M.Smith, que le gouvernement va continuer le débat jusqu'après la seconde lecture du bill.Aux Communes celle après-midi, le secrétaire des colonies, M.Holland, en réponse à une question, a déclaré que le parlement du Canada possédait aucune autorité pour acheter des corsaires armés ou en diriger les opéra lions dans les eaux canadiennes, sans le consentement du gouvernement impérial.L’acte (le 18G7 donne au Canada le î cours de Tannée.Il faut, de temps à autre, en changer l’espèce.Mes poules ne pu nient pas.—U11 correspondant du Country Gentleman écrit ce qui suit â ce journal : 4i Mes poulet ont été nouriies pendant tout ÎTiiver d’aliments très variés,—pommes de terre bouillies,oignons hachés, choux, grains écrasés et échaudés, blédTude, viande hachée, de la chaux, etc., et cependant mes poules ne pondent pas.Bien peu ont la crête roture, mais le plus grand nombre des poules ont la crête d’un rouge lbncé.rfi ce défaut de.ponte est occasionné pnr la maladie, veuilb z n’en informer ct m’indiquer le remède à employer.”—Ou lui a répondu que probablement ses poules devraient être trop grasses.Echos &l nouvelle s On (lit dans les cercles politiques • pouvoir de légiférer sur tous sujets [’Ottawa quo M.le sénateur Plumb relatifs à la milice et à la défense d’Ottawa succédera à M.Miller comme président j militaire et navale, du Sénat.: -«r-»- M.Girouard, député de Drummond et Arthabaska, vient de f.iire nommer son frère garde-forestier au lieu et place de M.Deniers, qui remplissait depuis Le Poulailler LE POULAILLER .Conseils.-Ayez soin que vos pou- nombre d’années cette chargea la satis- aient du grave is à \ douté, afin faction générale.jd aider la digestion.v , Jetez de temps à autre uu morceau Le garde-forestier du comté do l’Islet (^e c^iaux noa éteinte, dans la basso-a aussi été renvoyé pour faire place à CüUr où se ti(mnent vos poulets.Cette une des créatures de M.Mercier ot de Pr^cau^on icur ecra Hês avanta- M.Dfichhio, dtp né de Tight.®°,n8e-.1 , .i lapissez les murs de votre poulailler av*c du papisr goudronné.CVst Université Laval l) h O I T I N T E II N A T I O N A /.Conférence par M.b* juge Routiner mercredi soir JO mars, â 8 heures.Sujet : De l’égalité entre tes nations— Préséance, étiquette, cérémonial mati-time dans les relations international - Quarante-Houres Les exercices des Quarautc-Ilcuivs, commencés %dimauche, au Couvent de la Congrégation de Saint-Ruch sont terminés ce malin.Li chapelle est décorée avec une pompe extraor lin tire.Diner L’hon.M.Garneau, ministre des terres de la couronne, a lancé des invitations à nu diner qu’il donnera ce soir-an club de la garnison.Travaux d’aqueduc La municipalité de la paroisse de Québec (Mont Plaisant! négocie en ce mo ment un emprunt de >10,006 pour Lire introduire l’eau de Taqueduc dans s^s limites,la légalité du règlementqu’elle 1 passé à cette fin ayant été confirmée pules tribunaux.Les travaux commence rent le plus tôt possible.Le steamer de la malle Le steamer de la malle, le Parisian.ligne Allan, venant de Liverpool, est arrivé à Halifax, â 3 h.a.m.lundi.Notes personnelles —M.l’abbé Gauthier de Chicoutimi qui vient de subir une m longue maladie est parfaitement rétabli ni liutenant.—L’honorable M Flynn est revenu lundi soir, do Gaspé, après avoir fait 200 milles h travers les neiges, les ponts de glace submergés, et après avoir fait des portages do 7 milles parfois.— L’hon.juge Uyrias Pelletier est d » retour d’un voyage de plusieurs semaines aux chef lieux judiciaires du golfe, où il était allé présider les tribunaux.—Le Révérend M.Renaud, second vicaire à la cathédrale de Chicoutimi pendant l’absence du R wéivnd M.Fafard,est transféré au vicariat de la Mal baie pour remplacer temporairement M.Dulaniarre auquel le médecin prescrit un repos d’une couple de mois pour cause de mala lie.Enquête A l'enquête tenue hier in ilin par M.le Coroner Relb-au, sur le cadavre de Michel Bourget,mort subitem *iit dimanche en allant puiser de l'eau â travers la glace de la rivière St-C.harles, les jurés ont rendu un verdict de u mort d’epi-lepsiu ” basé sur la déposition du Dr G ingras.Le défunt qui était âgé de 42 ans.laisse une veuve et trois enfants, ces derniers à l'hospice Ft-Joseph de la Délivrance, à Lévis.Les premières outardes Vendredi dernier, MM.Achille Le-bol, forgeron, M Jérémie Lévèque, charron.ont aliatt 1 trois outardes à Fraser-ville.Vols La semaine dernière, deux vols ont été commis la nuit, rue (l’Aiguillon, faubourg St-Jean.Calligraphie M George Bussière, Ills de M.Joseph Bussière, entrepreneur de celle ville, a reçu samedi le diplôme d’honueur quo lui a décerné le Cercle de LaSalle, pour enluminure à la plume exposée au concours provincial de calligraphie ouvert l’été dernier â l’Académie Commerciale des Frères à Québec.M.Bussière avait aussi remporté dans le même concours, une médaillé d’argent d’un travail admirable, décernée par M.l’abbé Beaudoin pour écriture artistique.L’art calligraphique a f ait ici depuis quelques années des progrès qu’on no saurait trop eucjurager.Libre Echange La réduction du revenu intérieur et lo prélèvement d’un revenu sur les « Proprietary Médecines,» ont sans doute largement bénéficié aux consomma- Le Courrier du Canada Mardi 39 Mars 18ST »’z's.'jiwuormssirv**y»»» •*.rr.Kx»-?'-j: — «t^nvMKenr^r'' -».leurs loulen soulageant lo fardeau des industriels du pays.C’est surtout le cas pour la Fleur Auguste de Green c*.le 67ro/> j Avis aux Mères Le 14 syrop calmant de Mme Winslow’ Edition de 4 heures V'r™" f »r4“ • réduction de Jb cents par douzaine,a ete .n agknn\VM tnufoa 1a« rlmiiAiim '-*V ¦' leB gencives^ apaise toutes les douleur*, - — «—•* »-«- est je meilleur remedu Vingt cinq cents la hou lib cents par ^ ^____ _______ ajoutée a l'augmentation delà dimen- guérit la colique, et est le meilleur remedo sion des bouteilles contenant ces remè- pour la diarrfiée.Vii an 0 pour la dp, donnant parla un cinquième de touille.• plus de la médecine dans la bouteille de Québec.18 mai 1886—1 75 cents.IVÎ> Examens du service civil m La presse libérale est unanime à | déclarer que M.Blake va rester à la tête de l’opposition.On parle de la candidature à l’Aca-\ demie française d'un officier de marine, très connu dans le monde de*-lettres, M.Georges Viaud, lieutenant de vaisseau, qui a publié sous le pseudonyme de Pierre Loti, de remarquables romane, tels que ilIon era Y cas et Pécheur (T Islande.Divers immortels, entres autres M.Doucet, sont disposés à faire ardemment campagne pour l’auteur du Pécheur d'Islande.Les accadémiciens de la Revue d s Deux-Mondes où Pierre Loti a écrit, sont également très bien disposés pour leur collaborateur.— o- «.«- ?L'Electeur dit ce qui suit dans son numéro d’hier : M.Casgrain tenait, paraît-il, ses renseignements de Sir A.î\ Caron, lor qu’il tuerait bien celui-ci.Si c’est le Conseil qui doit gouverner, pourquoi ne pas abolir l’Assemblée Législative / M.Casgrain n’a rien dit de tel, et il a rectifié, en Chambre, la fausse interprétation qu’on donnait à tes paroles ?-:x> -*¦ 4ï- On lit dans Y Electeur : On dit que le conseil législatif est en tièremenl entre les mains des rings de chemins de fer.Serait-on encore ?ous le régime décapité par M.Letellier ?On se rappelle que c’est M.DeBou-cherville qui avait admis à M.Letellier qu’il était contrôlé par les rings de chemin de fer.Coïncidence singulière, c’est M.De Boucherville qui se constitue au conseil le chef des obstructionistes.U Electeur calomnie le Conseil Législatif, et insulte M.de Boucherville par cet entrefilet.Le Conseil Législatif n’est pas l’instrument des rings.Quant à M.de Boucherville cet homme d'Etat intègre est très trop haut placé dans l’opinion publique, pour que les insi-minations de Y Electeur puissent l'atteindre.1 ES examens d’admission au scnice civil du J Canada commenceront à Halifax, N.L., Sair.t Jean, N.IL, Charlottetown, I.I*.E., Québec, Montréal, Ottawa, Kingston, Toronto, Hamilton, London, Winnipeg, et Victoria, t .IL, MARDI, le icc jour de MAI prochain, ;\ 9 heures a.in .Des demandes de formules d’admission îcront reçues par le soussigné jusqu’au 15 avril, ft /
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