L'ordre, 18 septembre 1934, mardi 18 septembre 1934
y < ! # RÉDACTION ET ADMINISTRATION TARIF DES ABONNEMENTS 180 est, rue Sainte-Catherine, Montréal Téléphone : PLateau 8511* 1 an 6 mois 3 mois En ville, par la poste.$9.00 $4.75 $2.50 Canada (hors de Montréal), Royaume-Uni, France et $6.00 $3.25 *1.75 Espagne .Etats-Unis et Amérique du Sud $6.50 Autres pays S a Administrateur .Secrétaire de la Rédaction ., .LUCIEN PARIZEAU • • .PIERRE ASSELIN & *3.50 $1.85 $8.00 $4.25 $2.25 On est prié d'envoyer toute correspondance à la case 4018 de l Hôtel dos Postes en mentionnant sur l'enveloppe le service (Rédaction ou Administration) auquel on veut s'adresserI Quotidien de culture française et de Directeur-fondateur i OLIVAR ASSELIN renaissance nationale L’abonnement est payable d’avance par mandat-poste ou chèque affranchi, accepté et payable au pair à Montréal.Un ordre imparfait vaut mieux que le désordre.Le numéro: 5 sous Première année — No 160 Montréal, mardi 18 septembre 1934 permanence du national-socialisme, à la nécessité d un réarmement intensif de l’Allemagne et.enfin, à l’Anschluss.Le fait que la Pologne et la Yougoslavie opèrent un mouvement tournant du côté de Berlin n'arrangera pas les affaires de 1 Europe et du monde.Mais la diplomatie française n’est pas en-c.ore.^ bout de ressources, même si 1 opération politique qui consiste à faire rentrer la Russie dans son réseau d’alliances est une grave erreur de psychologie politique, comme certains le croient.La grève du textile américain ' pour le consacrer au règne de la foi, et cette terre resterait le royaume de la fidélité chrétienne.Une victoire du bon sens .• < ?•'* - N ' * * * * L’étudiant avait élargi le cercle de ses connaissances ' et de ses lectures.Il s’était amplement informe de l’incurie du pouvoir royal.La phrase odieuse sur « quelques arpents de neige » avivait sa colère et sa tristesse : une si belle province de perdue ! Mais « le miracle français au Canada » se révélait aussi, enchâssé dans un ostensoir qu’ornait la fière devise: : Je me souviens ».Mieux que les livres, des rencontres et des expériences directes ancraient le jeune homme dans une admiration sans réserve pour ses frères canadiens.Un sacristain, robuste sonneur de cloches en une paroisse angevine, lui fournissait l’élément de poésie rustique qui manquait à sa conception de la vie canadienne.Ce Breton, après quelques années de service dans un séminaire sulpi-cien, avait acquis une concession et s’était fait défricheur.Il contait ses aventures, son retour en France, nanti d’un rondelet pécule.Sa parole simple, semant les détails curieux, contenait en germe toute la grâce terrienne de Maria Chapdclaine.Devenu journaliste, l’ancien étudiant débutait dans la carrière par le compte rendu d’une conférence sur la persistance des moeurs françaises' au Canada, donnée par M.Arnould, professeur à l’Université de Poitiers : il l’avait rédigé avec une sympathie qu’on avait trouvée touchante.Plus tard, la rencontre imprévue d’un chanoine de Montréal, promu depui à un poste éminent, l’initiait, au cours d’un trajet de quelques heures sur la ligne du Nord, au délicat problème des relations franco-canadiennes ; lui apprenait que l’âme canadienne a reçu aussi dans l’ambiance britan-| nique des qualités qui ajoutent à son originalité ; que l’intelligence et le coeur des Français doivent tenir compte de cet effort pour juger les choses et les gens, les frères et les cousins de là-bas.Mais le chanoine s’exprimait avec distinction, fraternisait avec son interlocuteur : aucune différenciation de race ne se trahissait entre eux deux.Il mit le comble à l’amabilité en chantant à mi-voix une vieille romance importée de France, ravissante en son parfum archaïque.Un autre chanoine de Montréal arrêtait un jour sur un boulevard un Parisien, pour lui demander son chemin.Une conversation s’en suivait.Ët je le quittais ému de la ferveur avec laquelle il m’avait dit son attachement à la mère patrie.La prononciation gardait quelque menue trace provinciale, et c’était un charme.Une circonstance m’avait mis en relation avec une toute jeune femme canadienne.Son esprit, sa délicatesse, son exquise sensibilité, sa grâce spontanée, sa discrétion enjouée, fleurissaient en sa prose alerte et toute française qui n’avait rien à envier à celles de chez nous.Ignoré-je encore quelque chose des réserves, sentiment et raison, que cache le cœur des Canadiens?* * * Canadiens, ô frères, vous avez l’âme haute et grande.Votre fidélité indomptable, votre moralité ombrageuse, votre ferveur religieuse, sont de précieux exemples que nous exploiterons^ Votre histoire, je veux la mieux connaître et la répandre, car, par elle, c’est le cœur de ma patrie bien-aimée qui s’est dilaté.Tant de métèques l’ont envahie ! Tant de faux citoyens s’efforcent à la déshonorer ! Tant de bandits, à piller ces trésors de vertu qui vous ont enrichis de gloire.Tous, Bretons, Angevins, Tourangeaux, Picards, Saintongeais, Normands.du Canada, priez pour que la Croix fleurdelisée se dresr« à nouveau à nos carrefours, pour que notre race commune reste fidèle aux traditions qui maintiennent les peuples énergiques et purs.Z.' 3 1 s Un industriel américain nous rapportait dernièrement un fait qui aidera peut-être à comprendre la tournure prise dès le début par la grève du textile aux Etats-Unis.Il assistait il y a quelques mois à une réunion privée où était également convié un des chefs les plus éminents du syndicalisme américain.Interrogé ce qu’il pensait de la situation sociale des Etats-Unis, celui-ci répondit très franche- #%$ E" 4 C’est presque avec un soupir de soulagement que l'on enregistre la défaite socialo-communiste aux élections fédérales australiennes.Les résultats sont réconfortants.Les groupes de gauche et d’extrême-gauche, malgré une propagande intense et des promesses inimaginables, ne sont pas arrivés à regagner du terrain.C’est à peine si quelques mécontents ont voté rouge en signe de protestation.Les travaillistes ont enregistré quelques gains, ce qui est simplement normal dans tous les cas puisque, par définition, l’exercice du pouvoir use toujours un parti, fût-il le meilleur au monde.Les modérés ont parfaitement maintenu leurs positions et le parti « coalitioniste » (en définitive, le Parti-Uni australien n'était pas autre chose) n'a subi qu’un recul modéré qui lui permettra de rester au pouvoir avec l'aide des agrariens.Cela constitue une victoire pour les éléments d'ordre, car à la suite de la triste expérience socialiste du ministère Scullin, le cabinet Lyons a été obligé de prendre des mesures qui n’étaient pas toutes populaires, loin de là.Les résultats sont réconfortants, parce qu'ils prouvent que, malgré une longue pratique du système électoral, la population n’a pas encore entièrement perdu le sens des réalités.La bataille a été chaude.Le gouvernement Lyons est parvenu pourtant à conserver la majorité au Sénat.A la Chambre des Représentants, le Parti-Uni laisse, aux premiers résultats du scrutin, une dizaine de membres sur le carreau: 28 députés sont élus contre 38 précédemment.Les agrariens restent au nombre de M, les socialistes de droite, groupe Scullin.gagnent deux sièges (16 contre M).Les extrémistes, nuance Lang, n’ont pour ainsi dire été élus dans la Nouvelle-Galles du Sud où, par suite de l’influence encore sensible des socialistes-communistes, ils sont arrivés à enlever trois sièges de plus qu'aux dernières élections.Evidemment, la restriction des dépenses, les amendements apportés aux lois sur le travail et quelques autres mesures du même genre, ne pouvaient pas ne pas assurer quelques gains aux mécontents.Mais il ne faut pas leur attribuer une importance qu’ils n'ont pas.Il reste huit sièges non encore attribués.Pour le moment, il ne semble pas qu’il doive en tomber aucun entre les mains des ultra-communistes qui, afin de ne pas effrayer le public, se font appeler partisans du « Douglas Credit Party ».On pouvait craindre, en raison des coups de bascule extrêmes qui peuvent se produire pendant une élection australienne, que les « douglasistes s'emparassent de quelques sièges.Fort heureusement, il n’en fut rien.Il faut noter toutefois que les extrémistes à la Douglas sont arrivés à réunir un nombre relativement important de votes, ce qui montre bien, comme je le faisais remarquer dans un précédent article, que l'électeur australien ne recule devant aucune théorie, si fantastique qu'elle soit.Rien ne dit qu'aux prochaines élections H.C.Douglas ne passera pas avec quelques-uns de ses partisans.Le gouvernement Lyons reste donc au pouvoir : mais comme il n'a plus la majorité absolue, il sera obligé de rechercher l'appui des agrariens.C’est une excellente chose, parce que le parti de M.Page est très modéré et qu’il ne pourra qu’exercer une influence bienfaisante sur la politique gouverne* mentale.En l’espace de trois ans, les « restaurateurs » ont accompli une œuvre considérable et ont presque remis sur pied le malade, c'est à dire l’Australie.Il reste beaucoup à accomplir avant que la tâche de M.Lyons soit terminée.Les résultats déjà obtenus montrent ce que l’on peut faire en matière économique et financière, sans avoir besoin pour cela de recourir à des méthodes de charlatans ou de démagogues.it.: vs a ¦¦i i « m n Il y a un grand nombre d'autres facteurs extrêmement complexes qu'il faut considérer si l’on veut apprécier objectivement la politique internationale.Nous ne nous aventurerons pas dans ce domaine interdit aux profanes.Bowman sait, bien mieux que nous, éclaircir les données nombreuses de la vie politique internationale.Contentons-nous de nous demander ce que ferait le Canada en cas de conflit.M.Bennett demanderait-il des instructions à Downing Street avant de décréter la mobilisation générale ?Il est que nous n avons pas de politique étrangère.Ne serait-il pas urgent de prendre position dans la politique internationale.ailleurs que dans les palabres interminables de Genève?L’avenir politique et économique de notre pays dépend plus qu’on ne le croit généralement.de notre politique étrangère.sur | j ment: « Au fond, la question me laisse maintenant indifférent.Nous, les modérés, nous sommes débordés par les radicaux.Pendant longtemps, les réclamations du syndicalisme ouvrier ont porté uniquement sur la durée du travail et sa rémunération, et chaque fois les demandes restaient dans les limites du raisonnable.Depuis la révolution russe, ce qui trotte dans l’esprit des masses ouvrières, c’est l’idée inconsciente que les patrons de l’industrie sont tous des parasites et que les moyens de production appartiennent à l’ouvrier.Le président Roosevelt, en posant que la réglementation de l’industrie, particulièrement quant à la durée du travail et au salaire, est surtout l’affaire du pouvoir législatif, est venu confirmer l’ouvrier dans la conviction que par l’exercice du suffrage il pourra s’emparer de toute la propriété industrielle.» Les journaux, les hommes publics, ne se rendent pas compte que depuis quinze ans les masses ouvrières des Etats-Unis ont glissé à leur insu dans le munisme.Le gouvernement conserve encore assez d’autorité pour permettre aux politiciens de tirer quelques carottes en modifiant à leur profit le régime monétaire ou les conditions d’exploitation de certaines industries; mais le maintien de Tôrdire social n’est plus qh’une appa-rence : au premier choc entre les forces d’ordre et le communisme, la victoire de celui-ci s’affirmera.Les grévistes du textile américain réclament entre autres choses la semaine de 30 heures avec le salaire qu’ils gagnaient précédemment en 40 heures.Par cette exigence, on jugera du caractère général des revendications.Un confrère qui a habité jusqu’à ces dernières années les Etats-Unis fait observer que la population ouvrière de la Nouvelle-Angleterre se compose en grande partie de Franco-Américains, et de fait les dépêches sont remplies de noms qui nous sont familiers.La grève dans cette région n’en présente pas moins le même caractère de violence que partout ailleurs.Quand je pense que dans la gentille ville de Woonsocket où j’ai passé quelques années, et où on ne pouvait éternuer dans la rue après 9 heures du soir sans se faire remarquer, les grévistes ont saccagé la propriété, pillé les magasins d’armes et de munitions.La population de la Nouvelle-Angleterre est en grande partie ouvrière.Peut-être devra-t-elle une fois de plus respecter le prestige traditionnel de certaines formules d’ordre.Mais tout le monde se rend compte que dorénavant, à ses yeux, la puissance du capital est morte et le patron de l’industrie — fripouille ou honnête homme, peu importe — est voué au seul tort qu’il mérite: la ruine matérielle et un jour ou l’autre une mort Sanglante et sans honneur.LA 'Pftunty t 4* reconnu ï Mussolini BILLET PARISIEN Comment j’ai appris à connaître et à aimer le Canada Jean-Marie NADEAU L’éloquence des chiffres : Depuis quelques jours, les journaux de de longs mois sans craindre le dégel ! Pre-Paris et de la province — et j’en lis du mière impression élémentaire et décisive.Nord, du Centre et du Midi — sont remplis Bientôt les romans de Fenimore Cooper des ovations qui accueillent au Canada les n’eurent pas de client plus friand que mon membres de la Mission française, parmi les- petit écolier.A suivre les « visages pâles » quels je compte trois amis et quelques con- et les « sauvages Indiens » à travers les naissances.J éprouve une joie intime de plaines et les forêts immenses ou sur les cette communion des cœurs canadiens et grands lacs, il était enthousiaste.Il tournait français.L exaltation des ancêtres fameux, les pages avec un frisson d’héroïsme et de leurs vertus, des qualités de leur tempé- prenait contact avec l’âme épique des habi-rament entreprenant, audacieux et tenace, a tants.La hache et l’épée, les flèches et le pour objet, en fin de compte, le génie de mousquet, la croix et la charrue : autant de mon pays et de ma race, aux aspects mul- symboles qui resteraient à jamais réunis en liples et divers, comme les visages de nos faisceau sacré, dans la mémoire de l’ado-provincesv Je -ressens "quedque^iierté d’appar- '1 alias Sir Henry Wootf mousquetaire et celui-ci, l’épée aussitôt à la main, balafre le visage cje ion contrâdic-téur.On sépara les deux hommes et Pradon, sifflé et battu pour l’amour de lui-même, 4 en alla se faire pansèr, assez content malgré tout d’avoir trouvé un si chaucj partisan.Le compositeur et chef d’orchestre Sir Henry Wood vient «Je jouer un bon tour 4 ceux de ses contemporains pour lesquels rien n’existe en dehors de la musique exotique.Sir Henry, agacé de l’enthousiasme délirant avec lequel étaient accueillies aux concerts dirigés par lui certaine; étrangères, russes notamment, alors que les ouvrages des compositeurs anglais étaient froidement reçus, imagina le stratagème suivant.Contré l’envahissement des sables fa' h Lorsque vous Irez A Québec par affaires, retirez-vous à Certaines régions des Etats-Unis sont en voie de se transformer lentement en déserts de sable.Pour remédier à celte situation, des savants américains étudient des projets tendant à transformer en prairies et en forêts les régions consacrées jusqu’à présent à la culture et qui ont été ravagées par la sécheresse.Un groupe de géologues va i même, paraît-il, se rendre en Extrême-Orient pour étudier la flore du désert de Gobi et s’efforcer de découvrir des herbes, des arbrisseaux, des arbres, au besoin des légumes qui, transplantés dans les régions arides des Etats-Unis, pourraient arrêter l’envahissement des sables.On fait remarquer, à propos de cette exploration, que beaucoup de fruits cultivés actuellement dans les le « génial compositeur » : plaines des Etats-Unis, comme par exemple les pêches, les prunes, les abricots et les mu- | « noix anglaises » de Califomiè, proviennent ' dès régions d’Extrêmé-Orient.m 15 œuvres VHôtel Victoria où vous trouverez le confort et un service courtois.ill EXIGEZ LE CIGARE m $18 Y serait un nouveau coup porté au caractère ™ m Puritanos * V L.O.GROTHÉ LIMITEE — Maison canadienne et indépendante fil 8 gap isi y" I __I__________1___ m#^Nm§ Bag “L’ORDRE Montreal, mardi 18 septembre 1934 3 LA PENSÉE ÉTRANGÈRE » t * i ï Les Canadiens-Français) Deux pionniers de la Nouvelle France :| De Monts et Poutrincourt amateur, pour son plaisir ou pour son instruc- I tion.Un premier contingent de seize colons | fut porté à Tadoussac; mais on négligea d’y mener des missionnaires, sinon des ministres huguenots.Enfin Chauvin mourut bientôt après avoir fait un commerce fructueux de pelleteries et négligé complètement la colonisation et l'évangélisation.Le Crucifix du rabbin Bloch Une grande leçon de courage, de volonté et de sagesse (De Havre-Éclair) (De l'hebdomadaire Je Suis Partout du lcr septembre) Un acte d'admirable dévouement était commémoré à Taintrux (Vosges) le 2 septembre.M.Rivollet, ministre des Pensions, était venu inaugurer un monument élevé à l’emplacement précis où tomba le grand rabbin Abraham Bloch, tué par un obus le 29 août 1914, dans des circonstances particulièrement émouvantes.Les Allemands venaient d’incendier une grange qui servait d'ambulance.On évacuait rapidement les blessés lorsque l ue d’eux, qui était dans un état très grave, s’adressa au grand rabbin de Lyon, Abraham Bloch, qu’il prenait pour un prêtre catholique, et lui demanda un crucifix pour l’embrasser avant de mourir.Le rabbin chercha ce que lui demandait le malheureux, et, au moment où il approchait le crucifix des lèvres du mourant, un obus éclata près de lui et le tua.Le monument qui célébrera ce geste a été élevé par des Français de toutes les confessions religieuses.Un des plus célèbres films de guerre a, du reste, illustré ce geste singulièrement émouvant et suggestif non seulement d# fraternité humaine mais, aussi et surtout, de fraternité en Dieu.Quelle admirable leçon de philosophie! Mon âme de grincheux est plus que sceptique en matière de progrès humain.Je crois néanmoins qu’en voilà un d’indéniable.J’imagine mal le geste du rabbin Bloch aux anciens âges.Je ne voudrais faire à quiconque une peine même légère, mais il me semble entendre déjà certains murmurer: « Un progrès, comme vous y allez! C’est tout le contraire qu’il faut dire.II est bien sûr qu'aux vieux temps, l’on s’en fût bien gardé.Les convictions étaient autrement fortes et, quelque pitié qu'on éprouvât, n'eussent point permis au fidèle d’une croyance de rendre un indirect mais formel hommage à l’erreur ».Mes bons amis, ne blasphémez pas! Permettez à la foi de n'être plus intolérante; et s’il faut encore que sur le plan terrestre, le plan des intérêts de maison, de clocher ou de frontières, l'homme ne puisse éviter d’être un loup pour l’homme, qu’au moins, sur le plan supérieur où il s’évade quand il rejoint l’au-delà, il lui soit permis de ne plus connaître que des frères.Si tous nous n’avons pas sucé le même lait ni eu même mère, n’avons-nous pas tous un seul et même père, de quelque nom qu’en nos idiomes divers nous l’appelions ?J’ai l'air de faire un prêche.Dieu lui-même m’en garde! Mais, puisque l’occasion nous en est donnée qui n’est point si fréquente, admirons, dans une de ses plus sublimes expressions, la fraternité humaine.Et que ce soit le juif qui tende le crucifix au mourant, le pasteur qui lui passe aux doigts le chapelet ou bien l'aumônier catholique qui, sur son agonie, égrène quelque» versets de la Bible, comprenons la splendide leçon de l'idée s’effaçant toute devant l’amour.A l’heure où tout nous quitte et où nous quittons tout, il n’est plus besoin de chercher ni de nous instruire, puisque aussi bien tout à l’heure nous saurons à ne plus pouvoir douter : le .tout est que le dernier souffle soit amour pour cela même qui fut tout l’idéal de notre vie.Et celui-là qui nous y aide jusqu'à oublier qu’il ne pense ni ne croit comme nou» est un très beau et très noble exemplaire d’humanité.Si simple, si naturel que cela vous semble, réfléchissons qu’il faut la mort et qu’il a fallu la guerre pour qu’on le voie.Ce serait pourtant si beau que ce soit I toujours et partout comme cela.Je sais des gens qui admirent le rabbin encadree par le Saint-Laurent à l’Est, le Abraham Bloch d’avoir risqué la mort pour lac Saint-Louis au Sud, le lac des Deux- consoler un mourant.Je l’admire bien plus Montagnes au Sud-Ouest et la rivière des 1°* avo'r tendu la Croix du Golgotha.Le Canada célèbre par de grandes fêtes I le quatrième centenaire du jour où le breton Jacques Cartier entra dans le golfe du Saint-Laurent, et débarqua sur la côte de Gaspé, Accordons à quelques publicistes anglais que Cartier n’avait pas quitté Saint-Malo spécialement pour découvrir la Nouvelle-France —• il cherchait, comme tant d'autres, le passage du nord-ouest — et que d’autres navigateurs avant lui, notamment le Vénitien Sebastien Cabot, au service du roi d’Angleterre, avaient frôlé la côte dienne.Le fait acquis est que, le 24 juillet 1534, Cartier prit pied sur le rivage, y éleva une grande croix, ornée de l’écusson de François 1er et des fleurs de lys.et qu’il y inscrivit ces mots: Vive le roy de France! Deux cent vingt-neuf ans plus tard, le traité de Paris transférait définitivement à la couronne anglaise le Canada, « l’Acadie » (Nouvelle-Ecosse) et leurs dépendances.Pourtant, ce qu’en deux siècles les Français avaient fait là.ce qu’ils y avaient dépensé de génie, de foi et d'héroïsme ne devait pas pose, cette divergence n'est aucunement incompatible avec un régime fondé sur le respect mutuel et l’égalité des confessions.Il y a bien eu, même à une époque assez récente, certains débats passionnés sur la question scolaire, notamment dans le Manitoba, où les catholiques estiment, aujourd’hui encore, que le compromis intervenu il y a près de quarante ans ne garantit pas d’une manière efficace le droit du père de famille de faire donner à son enfant l'instruction religieuse de son choix.Dans l’ensemble, le Canada ignore la plaie des discordes confessionnelles.La dualité religieuse n’en titue pas moins, entre les deux grandes races, une séparation très marquée.Enfin, il reste la langue, véhicule des rapports sociaux et de la culture intellectuelle.On a dit un C’est alors qu’un ancien huguenot, Aymar de Chaste, grand maître de l’Ordre de Saint-Lazare, gouverneur de Dieppe, forma une Compagnie dans laquelle entrèrent des marchands dieppois, rouennais et autres; il se fit nommer Lieutenant général pour la Nouvelle France où, au dire de Champlain, il comptait se rendre en personne et y passer le reste de sa vie « au ‘service de Dieu et à celui de son roi ».Il requit les services de du Pont-Gravé et d’un jeune capitaine Sain-tongeois, Samuel Champlain, fervent de la navigation, qui avait fait un voyage de deux ans au Mexique avec la flotte espagnole Pierre du Guest, sieur de Monts marin (Revue des questions historiques de septembre 1934) Couvernemenl du Canada dédie respectueusement ce monument en face de son établissement.A.D.1904.Genus immortale MANET, la race immortelle survit.Le prénom Timothée attribué à de Monts est peut-être faux.Ce serait une usurpation faite sur le capitaine Timothée qui commandait le navire de de Monts.Une généalogie de la maison de Monts, dressée par « le chef du nom et des armes », fait remonter la famille au douzième siècle.D’origine languedocienne — il y eut un de Monts capitoul de Toulouse — la race de Monts se serait illustrée dans plus d’une croisade, dans la chevalerie de Malte, dans la Religion et, naguère, dans l’ordre de la Légion d’honneur.Elle a essaimé en Dauphiné, en Vendée, en Touraine, en Prusse, sur le Rhin.Pendant tout le cours du XVIe siècle une nuée de pêcheurs fréquentait chaque année les eaux du Grand Banc, les côtes de Terre-Neuve et la terre franciscane ou de François 1er.Il paraît bien que nos pêcheurs bretons fréquentaient ces parages longtemps avant les découvertes de Christophe Colomb , ( 1492) et de Jacques Cartier (1534): des pêcheurs de Bréhat déclaraient, en 1514, payer depuis soixante ans, soit depuis 1454, une dîme sur les poissons pêchés tant en Bretagne qu’en Islande et à Terre-Neuve.M.de la Roncière, qui a plus d’une fois rapporté ce fait, sur la foi d’un article des Annales de Bretagne, fait encore allusion (dans l'Histoire des colonies françaises, d'Hanotaux et Martineau, p.6) à une obligation qui était imposée en 1511 à l’explorateur espagnol Agramonte, d’emmener pour guides à Terre-Neuve deux pilotes bretons, ce qui marque une confiance particulière qu’on avait dans l’expérience que les marins bretons avaient de ces parages.Si l'on en croit André Thevet, géographe d’Henri II, on allait, déjà de son temps, vers 1545, aux Terres Neuves « par fantaisie », c’est-à-dire en curieux, en touristes.Henri IV, comme ses prédécesseurs, rêvait d’établir au Nouveau-Monde une Nouvelle-France et de gagner au christianisme toutes les nations de ce nouveau continent.Il y a toujours l’esprit des croisades au fond de toutes les grandes entreprises françaises outremer.Ce projet donnait de l’ombrage à tout le-monde.Les pêcheurs malouins, basques, rochellois et normands, depuis un temps immémorial, tiraient de considérables revenus de la pêche à la morue; les négociants et armateurs de Dieppe, Rouen, Saint-Malo, Bayonne ou Saint-Jean de Luz trafiquaient librement des pelleteries qu’ils allaient chercher aux terres neuves; enfin les Souverains dont les sujets fréquentaient à la fin du XVIe siècle les memes parages, les souve- Qn y débarque un canon et on construit rains du Portugal, de Espagne, de 1 Angle- ^ forti des habitations et quelques communs, terre, des Pays-Bas, ambitionnaient de s eta- Champlain nous a laissé une vue cavalière de blir en maîtres dans ces dits parages.Une ce pjed.à-terre historique.Les navires étant Compagnie obtenait-elle le monopole de la déchargés, on songe déjà à aller plus traite et de la colonisation, qu aussitôt les Du pont-Gravé se rembarque sur un commerçants faisaient des remontrances a la des navir„ ct rcnd à VI|e Percée, dans Cour et mettaient tout en œuvre pour en faire lc golfe de Saint-Laurent, à peu près au abroger la charte.D autre part, les reli- point où atterrissait Jacques Cartier en 1534.principalement les Jésuites — qui Quatre nouveaux « contrebandiers » — des s étaient lances a la conquête spirituelle de Basques — sont saisis.D’autre le seront.1 Asie et de 1 Inde, revalent d évangéliser aussi le Nouveau-Monde.Ils inspirèrent au Roi l’esprit de prosélytisme et d’apostolat qui les animait.On fit valoir à Henri IV que telle était la politique traditionnelle du royaume.On était au lendemain de l’Edit de Nantes (1598).Le Roi souhaitait que catholiques et protestants s’unissent dans le même amour de la patrie et le même zèle pour la conversion des infidèles.C’est pourquoi on vit tant de Huguenots s'engager à propager au Nouveau-Monde la foi catholique.Ainsi, après la tentative infructueuse de colonisation des nevèux de Jacques Cartier, Jacques Noël et La Jaunay-Chaton (1588), après l’insuccès du marquis dé la Roche, gouverneur de Morlaix, qui, ayant débarqué cinquante remis de justice dans l’ilot de Sable (sis au large de la côte acadienne), fut forcé de les abandonner, poussé qu’il fut par un vent violent jusqu’aux côtes de France (1598), ce fut sur l’initiative d’un armateur de Saint-Malo, du Pont-Gravé, que le Roi accorda à une Compagnie formée par du Pont-Gravé et le capitaine calviniste Pierre Chauvin, de Honfleur, le monopole de la traite aux terres neuves, à condition d’y établir cinq cents colons, d’y construire des fortifications et de favoriser la conversion des iauvageS par les missionnaires catholiques.Du Pont-Gravé, aussi bien que Chauvin, connaissait l’estuaire du Saint-Laurent pour l’avoir .fréquenté et y avoir pratiqué le troc.Le premier départ fut fixé au printemps de 1600.Le sieur de Monts se joignit à son coreligionnaire Chauvin et fit le voyage en Pierre du Guast, sieur de Monts ( 1 ), à la mémoire de qui le Gouvernement canadien a élevé un monument, en 1904, sur 1 emplacement du fort du sieur d'Aulnay, à Port-Royal (aujourd’hui Annapolis, Nouvelle Ecosse), était originaire de la Vendée.Sur un socle imposant on a placé le buste avantageux d’un beau gentilhomme, coiffé d’un chapeau à larges bords, relevé sur l’oreille gauche et orné d’une opulente plume d’autruche retombante; l’ensemble évoque le souvenir du Capilan, de Jacques Callot.On lit sur une des faces de la stèle: A la mémoire de l’illustre Lieutenant général Timothée Pierre du Cuasl, sieur de Monts, pionnier de la civilisation en Amérique du Nord, qui a découvert et exploré le fleuve adjacent, en /604, et établi sur ses rives le premier poste européen au nord du golfe du Mexique, le cana- cons- (1599-1601).Le premier voyage eut lieu en 1603.De Chaste mourut cette année-là même; et, à son retour, après être allé jusqu’à l’île de Montréal (2), Champlain fut sollicité par de Monts, successeur de Chaste dans le gouvernement de Dieppe, qui venait d’obtenir des Lettres patentes lui accordant pour dix ans le monopole du commerce en Acadie et au Canada (novembre 1603), de l’accompagner au Nouveau-Monde, ce qu'il accepta avec plaisir.De Monts obtint même le titre de Vice-Roi et Capitaine général « tant en la mer qu’en la terre au pays de la Cadie, du Canada et autres terres de la Nouvelle France, du 40° au 46° de latitude ».Outre Champlain, de Monts emmena avec lui Jean de Biencourt, baron de Pou-trincourt ( 1557-1 615), de qui je parlerai plus loin, l'abbé Nicolas Aubry, un ministre calviniste, quelques gentilshommes (Orville, Champdoré, Beaumont, Fougeray, etc.) et cent vingt colons et artisans.Cinq bâtiments formaient l’escadre de cette civilisation française qui venait s'implanter au Nouveau-Monde: deux de Saint-Malo, deux de Rouen et le cinquième, un baleinier fourni par le pays basque.L'Acadie d’alors s’appelle aujourd’hui la Nouvelle-Ecosse.C’est une presqu'île de plus de 500 kilomètres de longueur siîr 125 de largeur.En arrivant, la Compagnie de Monts saisit quelques bateaux de traite venus de France selon une coutume séculaire: le Vice-Roi entend profiter de son monopole et mettre fin à la « contrebande ».Après quoi, on contourne la pointe méridionale de ce beau pays: on découvre une baie immense que de Monts appela la baie Française (auj.Fundy), et, échelonnés tout autour de cette baie, comme des festons aux reflets d’argent et de verdure, un chapelet de gracieux bassins, en forme d’anses, qu’on appela Port Royal, les Mines, Beaubassin (ou Chignecto), Passamaquoddy, Sainte-Croix.En face de ce dernier bassin, lequel était un estuaire, se trouve une petite île qu’on appellera Ile Sainte-Croix.Ce sera là le Latium de notre moderne Enée.La civilisation et le Christianisme s’implanteront ici pour rayonner ensuite sur.le reste du continent.peu trop souvent que les Canadiens-Français continuaient de parler le français du XVIIIe et même du XVIIe siècle.Quelques mots perdus chez nous et sauvés là-bas, quelques tournures savoureuses parce que désuètes ne suffisent pas à justifier cette allégation, peut-être admirative dans son principe, mais qui suggère l’image totalement inexacte d’un rameau pétrifié.Il n’est pas jusqu'à la rapide altération ou évolution — comme on voudra — de la langue française à laquelle nous assistons à cette heure, dans la métropole même, qui n’ait son symétrique chez nos congénères canadiens.Tout cela considéré, quel hommage ceux-ci ne méritent-ils pas pour avoir maintenu vivante une langue depuis si longtemps éloignée de sa source.entièrement périr.Le roi de France perdait des sujets, parmi les meilleurs, la France laissait des témoins.En 1763, combien étaient-ils ?100.000 peut-être.On les re- (i) Bibliographie.Sources manuscrites : Arch.Nat.Colonies C i id vol.i (Acadie.Corresp.gén.1603-1685).— Id.Colonies C 1 id 10 (Acadie, Corresp.gén.1605).— Id.Colonies C 1 ia 1.— Id.Marine Ai liasse 3.— Id.Y.132 (ff.180-181).— Id.Colon.F3.3 (ff.98, 100, etc.).•— Id.H.1964.— Id.V6, cartons 10, xi, 15, 18, 23, 29, 30, etc.(v.le repertoire des Archives du Canada).— Id.Conseils du Roi (Finances) E vol.5a (f° 248), 6b-7a (f° 207), 8a (f° 37), 14 a (f° 71), 24A (f° 17) 34A (f° 331), 36b.38a, 39B, 42A, 43b, etc.(V.le dépouillement fait pour les Archives du Canada).Archives du Service hydrographique de la Marine (13, rue de l’Université, Paris) : Grand portefeuille, n° 116 (passim).— Portefeuille 1.— Manuscrit 4044b.Archives du Depot des Fortifications (Ministère des Colonies), Carton 2 (p.61).Bibliothèque Nationale.MSS.Fr.15,452 (passim), 14,265 (f° 162), 8290 (ff.152, 472, 478), 15,777 (ff.336, 342, etc.), 15,578 (f° 50, 56), 7,108; 7,109; 18,173 (f° 194), 18,176 (f* 4), 4,518 (f° 52), 4,925 (fos 15, 18), 18,592 (f 98), 8,022 (f° 81.passim), 17,329 (f° 215), 4,519 (f 153).— Collection des Cinq Cents Colbert, vol.203 (ff.188, 193).— Cabinet des titres : D'Hozier, etc.(pour Siencourt de Poutrincourt).Archives de la Charente-Inférieure à La Rochelle ; arch, départementales et arch, notariales (v.répertoire des Archives du Canada).Ministère des Affaires Etrangères (Archives) : Mémoires et Documents, Amérique vol.4; 24.— Id.Correspond.Polit.Angleterre, vol.43; 44; Archives départem.de la Somme : Rég, B.passim.Imprimés : Marc Lescarbot : Hist, de la Nouvelle France.Paris, 1609; voir aussi l’éd.Grant et Biggar faite pour la Champlain Society, Toronto, vol.I, VII, XI.—- Samuel de Champlain : Voyages de la Nouvelle France, de 1603 à 1629, Paris, 1632 (V.aussi l'éd.de Biggar pour la collection de la Champlain Society, vol.XIX, XXI, XXII, XXIII).— Maxim, de Béthune, duc de Sully : Mémoires des sages et royales acconomies d’estât.Amsterdam, 1638, T.II.— Le P.Chrestien Le Clercq : Premier établissement de la Foy dans la Nouvelle France, Paris 1691.— Mercure de France, T.XIV, 1627-1628, partie II, pp.232-267.—Mémoires des Commissaires du Roy et de ceux de S.M.Britannique sur les possessions et les droits respectifs des deux Couronnes en Amer., 3 vol., Paris, 1755.— H.P.Biggar : Early Trading Companies of New France, Toronto 1901.— Relations des Jésuites (Jesuit Relations), éd.Thwaites, Cleveland (E.-U.), 1894-1901.Vol.1, 2, 3, 4 (pour de Monts), et 1, 2, 3, 28, 71 (pour Poutrincourt) ; (cf.Index formant les vol.72 et 73).— Marié-Louis Alain, Cte de Mons de Savassc : Tableau généalogique de la maison dé Mons ou de Monts comprenant la filiation de trois branches de cette famille, 1922, s.n.d.1.— Nicolas Denys : Description gèograph.et hist, des côtes de l’Amér.septentr., 2 vol., 1672.— M.Moreau : Hist, de VAcadie française de 1598 à 1755, Paris, 1873.— Emile Lauvrière : La Tragédie d’un Peuple (Hist, du peupl.acad.de ses orig.à nos jours), Paris, 1924, 2e éd.(On trouvera dans cet ouvrage une utile bibliographie.) — Hackluyt : The third and last volume of the Voyages.America or the West Indies.Londres, 1600.— Ch.de la Roncière.Hist, de la marine française, T.IV, Paris.— M*8 de Belléval : Nobiliaire de Ponthieu et de Vimeu, Paris, 1876, et du même %uteur : Chronologie d’Abbeville (pour Poutrincourt).— Voir les Mémoires du temps, entre autres Lestoile, Maimbourg, Prarond ; La Ligue à Abbeville.— Gabriel Marcel : Factum du procès de Jean de Biencourt.et les PP.Biart et Massé, Jésuites, Paris, 1887.— Georges Goyau : Les origines religieuses du Canada, Paris, 1924.(On trouvera dans le 1er ch.des réflexions critiques solides sur Lescarbot.) — Adrien Huguet : Jean de Poutrincourt, fondateur de Port Royal en Acadie, vice-roi du Canada, 1557-1615.(Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie.) Amiens et Paris, 1932, trouve 225.000 en 1812, 630.000 en 1841.Ils sont aujourd'hui 3 millions.Ce sont ces amis, ces frères que nos délégué- vont saluer aujourd'hui.* * * L'histoire des Canadiens-Français sous la domination anglaise — disons maintenant sans amertume: sous l'allégeance britannique — est une grande leçon de courage, de continuité, et de cette volonté de rester soi-même qui est la meilleure défense des groupes ethniques.Ajoutons quelle est aussi une leçon de sagesse politique.En cent cinquante ans, une seule rébellion, celle de 1837, très justifiée, et d’ailleurs très limitée, peu approuvée par les pasteurs du précieux troupeau.Il y eut deux guerres anglo-amcricainés (1774 et 1812) où les Etats-Unis firent des offres séduisantes.Elles furent repoussées.Sans les Canadiens-Français, il ne fait aucun doute que le Canada vivrait aujourd'hui sous la bannière étoilée.Le Canada français avait choisi sa voie, celle du loyalisme et de la légalité.C'est sans s’écarter dé cette voie que, sous des chefs dignes de lui — les Papineau, les Lafontaine, les Etienne Cartier — il a maintenu son identité et maintenu ses droits, jusqu'à cet « Acte de l’Amérique du Nord britannique » (1867), par lequel le premier en date des Dominions fut reconnu par son souverain pour un pays anglo-français; et doté d'une constitution qui sanctionnait cette dualité.Ainsi deux races très différentes, mais relevant l’une et l’autre d’une civilisation supérieure, n'avaient pas attendu le XXe siècle et sa Société des Nations pour régler humainement, inter pares, le statut de la minorité.De là à l’assimilation, il y avait d’ailleurs, et il y a encore, un abîme.Une des forces qui contribuent le plus directement à préserver l’autonomie ethnique des Canadiens-Français est leur vigoureuse fécondité.Le taux des naissances dans la province de Québec est l’un des plus élevés du monde entier parmi les peuples de race blanche.Le dernier recensement a montré que, de 1921 à 1931, la population canadienne-anglaise avait augmenté de 10 pour 100, et la cana-dienne-française de 20 pour 100.Et tandis que, relativement à la population totale, la proportion des Britanniques avait décliné, celle des Français était passée de 27,91 pour 100 à 28,22 pour 100.Même dans la province de l’Ontario, où l’élément anglais compte une écrasante majorité (2,500,000 sur 3,400,000), en dix ans la population française s'est accrue de 50,000 unités.Quant à la province de Québec, elle compte 2,270,000 Français contre 430,000 Britanniques.Il y a une littérature canadienne-fran-çaise.Elle compte des poètes, des essayistes, des romanciers.Elle a eu ses cénacles, ses librairies-chapelles.Le nom et les oeuvres des poètes Crémazie, Lozeau, Nelligan, de l’historien Carneau, des conteurs folkloristes Honoré Beaugrand et Louis Fréchette, et surtout des romanciers Antoine Gérin-Lajoie, auteur de Jean Riüard (1862), et Philippe de Gaspé, auteur des Anciens Canadiens (1863), mériteraient beaucoup mieux qu’une rapide mention.Cette littérature, généralement très éloignée de ce qu’évoque pour nous le Canada, à base de « grand silence blanc », des Jack London, Louis Hé-men ou Frédéric Rouquette, est d'une forme à tendance le plus souvent classique et d'une inspiration à la fois nationale, aristocratique et populaire.Aucune trace d’« aventure ».Quant à la génération contemporaine, elle présente de délicats poètes, les René Chopin, les Loranger, les Paul Morin, presque tous en rupture avec la civilisation optimiste, et mécanique.Mais c’est peut-être en-marge-de la-pure littérature d’imagination que se manifeste la plus ardente activité des intellectuels canadiens-français.M.l’abbé Groulx, avec son oeuvre si vaste, historique et sociale, est un représentant typique de cette agile curiosité qui se porte en même temps vers les événements du passé et les problèmes du présent.La défense de la langue française, la lutte contre son abâtardissement ou son abandon est menée dans le public par de brillants journalistes, qui ont de la conviction et du mordant.La vivacité des controverses sur la meilleure méthode pour maintenir et répandre le français, pour bannir de l’usage courant les incorrections et les usages vicieux, apporte à cet égard un témoignage caractéristique.On discute les bienfaits et les méfaits du bilinguisme.On invoque l’exemple des Flamands et leur victoire linguistique.L'influence canadienne-française à Ottawa ne paraît pas suffisante.Le classement des hommes politiques selon la ligne des partis a trop souvent pour résultat que les représentants de l’élément français sacrifient les intérêts spéciaux de leur race.Vaut-il mieux leur imposer des engagements fermes, et poursuivre la lutte au centre de la confédération, ou, au contraire, se ramasser sur Québec et y défendre le particularisme contre les empiétements de la puissance fédérale ?Voilà les questions qui occupent des colonnes dans lei organes, très informés et très vivants, de la presse canadienne-française.Ce serait du reste favoriser une illusion que de représenter cet effort de culture française comme gravitant nécessairement et exclusivement vers la France.D’une génération à l’autre, il devient plus essentiellement autonome.Il doit compter aussi avec l’américanisme, pris dans les deux sens : conscience du continent américain, et influence des Etats-Unis.C’est un fait notable que la province de Québec déversé la généreuse surabondance de sa population beaucoup moins vers l’ouest du Dominion que vers les Etats-Unis, principalement chez ses voisins immédiats, les Etats-Unis de la Nouvelle-Angleterre.Cette attraction exercée par la grande république est un phénomène général au Canada, et l’élément canadien-français n’y a pas échap- V m f -y al: 9 45- Edmond BURON (A suivre) (2) De même que l’Ile-de-France est un territoire entouré de cours d'eau, à savoir la Seine, la Marne, l’Ourcq, l’Aisne et l'Oise, Montréal ou, plus exactement, l’Ile-de-Montrcal est une étendue de terre : On se ferait donc une idée entièrement fausse de leur situation actuelle si l’on se représentait les Canadiens-Français comme Une race en voie d’extinction.Peut-être serait-ce le lieu de mettre en garde contre une autre erreur, de nature historique, celle-là, et qui tfcuche à l’origine des colons canadiens-français.L’ancien régime avait-il peuplé la Nouvelle-France de filles galantes ét de mauvais garçons î Pure, ou plutôt impure légende, qui ne repose sur aucun témoignage digne de foi.Par contre, d innombrables documents d’archives publiques et privées montrent que seuls des sujets honorables des deux sexes étaient acceptés dans la colonie, parmi lesquels maints cadets de petite noblesse, et aussi des jeunes filles pauvres, élevées dans les couvents, et à qui le roi octroyait une modeste dot, pour qu’elles allassent au-delà des mers fonder des foyers français.Relativement à l’ancien régime, c étaient des éléments de classe moyenne, et *n tout cqs essentiellement sains.De là peut-être l’énergique perpétuation de leur descendance.Prairies à l’Ouest et au Nord-Ouest, René GISSY VALEURS SOLIDES ¦ '{ i Les obligations de nos principaux services publics représentent, après, comme pendant et avant la crise, un placement d’une garantie indiscutable pour le capital et les intérêts.De plus, elles assurent un revenu relativement élevé.Les services publics constituent, en effet, l’ossature économique même du pays./ Nous offrons • i Obligations 4*4%—1959 POWER CORPORATION OF CANADA LTD.Prix: au marché, rendement env.6 o/o.e Nesbitt, Thomson pé.* * * Hj- and Company Limited Le gouvernement canadien a voulu que, dans les fêtes de Cartier, une partie du pro-eût un caractère anglo-franco-amé- ï RENE CHENBVERT, C.R.AVOCAT — PROCUREUR Edifice Insurance Exchange 276 ouest, rue Snint-Jncqucs Montréal Un autre élément qui, au cours des générations, a fortement soutenu la conscience ethnique du Canada français, est son attachement à la religion catholique.Dans la lutte contre l’asservissement d’abord, contre 1 assimilation ensuite, on.trouve toujours au service de l’idée canadienne-française le Prestige de l’Eglise, la persévérance de ses desseins et la modération de ses méthodes.Aujourd’hui encore, si étrange que le fait puisse paraître, vu d’une Europe où les oppositions nationales, à l'extérieur, politiques *t sociales, à l'intérieur, dominent tous les conflits, la divergence religieuse resterait, *u Canada, le suprême obstacle à la fusion, *i celle-ci était en voie d’accomplissement, $e qui n’èst pas le cas.Comme on le sup- •X 355 ouest, rue St-Jciccjues •— —— — Bureaux dans les principales villes du Canada.Montréal i gramme ricain.Trinité symbolique des inimitiés passées et des amitiés présentes, et où est appelé à s’inscrire le destin futur du Canada français.Les formes qu’il prendra sont complètement imprévisibles.Elles se rattacheront, pour une large part, au développement général du Dominion, et à l’évolution de l’Empire Britannique et du continent américain.Elles dépendront surtout de la vitalité des Canadiens-Français eux-mêmes.Si les fils sont dignes des pères, rien n’entamera leur personnalité ethnique et leur indépendance spirituelle.Province de Québec l Secrétariat do la Province ÉCOLE DES ARTS ET MÉTIERS COURS GRATUITS \ -/.OUVERTS DANS LES DISTRICTS CENTRE, NORD, EST ET OUEST Dessin à main levée, modelage, solfège, le lundi 1er octobre 1934 Architecture pratique, le mardi 2 octobre 1934 X INSCRIPTION'S REÇUES au numéro 1182 boulevard Saint-Laurent (Monument National) de 10 heurés à midi ét do 2 heures à 7 heures tous les jours, A PARTIR DU 17 SEPTEMBRE R.H.J ¦¦¦¦ ' " ' L’ORDRE—Montréal, mardi 18 septembre 1934 4 LE CINÉMA Ce que M.Taschereau pourrait réformer LE THÉÂTRE L’année artistique au Stella your phrase on the cinema, « il peut syn.thétiser les arts du dessin », so true and yet so misunderstood by most reviewers of films in this country, that it is a pleasure to find that there is, at least, some intelligent criticism of the moving pictures in the French press even if it docs not exist in the English press of Canada.If you could only wean the ordinary French-Canadian away from his infatuation for Hollywood! Here in Ottaica, no theatre shows French films as a regular venture; one must cross the river to Hull in order to see one film once a week.The French inhabitants of Ottawa apparently are not interested; indeal, I am sure as many English speaking lovers of the cinema cross to Hull to see French art in the.films as do French-Canadians.As for the reviews of the cinema in the.journals and.the press of English Canada, they lack any appreciation of the film as an art of photography; they emphasize the qualities, often bastard ones, that have bean imposed upon it by the theatre and neglect the elements of visual design that should be the essence of cinematography.My speciality at present is political journalism, as I am the jiarliamentary correspondent for the weekly, The Saturday Night, of Toronto, but, even so, I have- made my one attempt at defining the cinema as an art in an article which appeared in the Queen’s Quarterly last winter, an offprint of which I enclose in case you may be interested.As a regular reader of the paper to which you contribute, I am looking forward to some more of your pertinent comments on the cinema.Yours faithfully, Donald W.Buchanan M.Buchanan a écrit dans le Queen's Quarterly une étude très fouillée sur le cinéma, synthèse des arts du dessin, dont je dirai un mot à la prochaine occasion.Quant à l’infatuation du public et de la critique pour le film de Hollywood, elle vient pour une bonne part de ce que le Canadien, d’expression anglaise ou française, n’a pas encore dépassé l’échelon primaire ni en matière de cinéma, ni en littérature, ni même en politique; elle vient ensuite de ce que notre presse est tout entière asservie aux annonciers et que la critique libre, au Canada, n’a point les moyens matériels de vivre.La presse dite de grande information a d’ailleurs choisi comme ligne de conduite de flatter le grand public au lieu de l’éduquer.The Girl from Missouri Une fille à la vertu suspecte se convertit et se lance un soir à la conquête d’un époux millionnaire, n’importe lequel, qu’elle trouve finalement après de multiples aventures toutes aussi invraisemblables les unes que les autres.Des personnages de carton-pâte, même la « girl » du Missouri.Le banquier que son pays trouve assez intelligent pour le déléguer à une conférence du désarmement est d’une honnêteté douteuse, et ses propos sont souvent ineptes.Jean Harlow, grande mâcheuse de gomme devant l’Eternel, au dire d’un confrère qui s’y connaît, est une jolie femme en « plénitude formelle »: c’est le principal mérite du film.Le 1er septembre, dans Comœdia.f d étonnement dans ce qu écrit M.Bar- T E HURON a lu avec le plus grand cuper de ce qu'il dit.Le lendemain, il M.Pierre Barlatier a consacré à Mlle latter.Son étonnement est-il que le J_j intérêt les récentes déclarations du tente de s’expliquer.Rien à faire.Il Antoinette Giroux et au répertoire du théâtre Stella ne joue que des pièces de Grand Manitou de la Province au s'agit de savoir s'il « plaide coupable Stella un article dont la Presse a déjà langue française par opposition aux congrès du Barreau.Le Huron, qui se ou non-coupable ».Il n'y a pas à sortir publié quelques lignes.Nos lecteurs li- j pièces de langue anglaise dont 1 alter- rappelle la simplicité et l'efficacité de de là.Pour terminer au plus vite et ront sans doute avec plaisir l'article nance avec des pièces de langue Iran- /a justice au temps de ses pères, n'a regagner sa liberté, le brave père de entier où ils trouveront, avec les obli- çaise sur une scène canadienne parai- pas manqué d'approuver les paroles au- famille bafouille : « Coupable.» Con-gatoires expressions de sympathie de i trait toute naturelle à un étranger ha- gustes du Grand Manitou.Ce dernier damnation : un dollar d'amende ou un la France pour le Canada français, bitué à voir, de loin, dans le Canada, avait cent fois raison quand il disait que jour de prison.Il paye et il s'en va.quelques notes sur la carrière pari- un pays surtout anglais ?Ou bien cet les lois de la procédure sont compliquées Le bonhomme était aussi innocent que sienne de mademoiselle Giroux, sur le étonnement est-il qu à côté des pièces £ dessein, que l'administration de la l'enfant qui vient de naître, mais s'il répertoire qu elle a choisi et sur les choisies dans le répertoire parisien, ne justice marche à l'aide de roues carrées avait eu le malheur de « plaider non-comédiens qu elle a recrutés à Paris.se trouvent pas d œuvres du répertoire C( qU'H faudrait procéder à la révision coupable » parce qu'il n'était pas cou- canadien ?Trente-cinq pièces françaises complète du code.Le Huron sait perti- pablc.son affaire aurait été remise à Presque en même temps que le Pour unc sa>s°n de trente-cinq se- nement que ces paroles n'auront pas huitaine ou à un mois, il n'aurait pu Champlain quittait notre pays, empor- maines.note le rédacteur de Comœdia.p/us d'effet dans la pratique que si sortir du bloc, ne pouvant offrir de tant vers l'Amérique la délégation H n existe donc pas de répertoire ca- yon rersait de l'eau sur la tête d’une cautionnement, et il aurait vraisembla-française aux fêtes de Charlottetown, nadien.a dû se dire M.Barlatier, tout grenouille pour la rendre plus pim- blement perdu plusieurs semaines de l'Ile-de-France arrivait au Havre avec, en ayant la délicatesse de ne pas pante.Le Grand Manitou le savait salaire.Alors, il a « plaidé coupable » à son bord, une toute jeune femme.' écrire.aussi et il ne s’est pas gêné pour le dire, et il a été condamné.Mlle Antoinette Giroux, qui.récemment T~'ar tous es Pa7s Qu’.empruntent a Cependant le Grand Manitou est Cette petite anecdote est édifiante, nommée directrice du Théâtre Stella France une partie de leur repertoire (m Grand Manitou.Il lui est loisible La loi est faite de telle manière qu il y de Montréal, avait décidé, renouant dramatique ont une production propre d'introduire certaines réformes dans le a quelquefois avantage à être coupable ainsi avec une très vieille tradition de a laquelle il font une place sur eurs codet a condition quelles ne diminuent plutôt qu à être innocent, son pays, de ne jouer chez elle que des scenes.La Belgique et la baisse ont une /e, revenus des K.C.ou de la he second exemple typique se pas- pièces françaises.littérature dramatique non négligeable.pcol,ince // ponrrajt, sans l’ombre d'un sait en « Cour du Recorder ».Un jeune *¦¦¦ Mme Cassive, puis entrepris différentes G.L.cinqante ans sur les moeurs de l époque.say^r ® r^n c ic^y Ul\ mais ien tournées en Egypte.Tunisie.Syrie et _________________ C'est pourquoi le Huron, après consul- 'entrer d abord dans le choux des pollen Afrique du Nord.Mlle Antoinette________________tation avec l'illustre professeur Had- cters Par C0P :e es; , ., ! Les expérience, sont concluante, à cet Un brave bougre qui réparait des tement semblable ?Parce que la loi est M,vas d‘mn,r °o rre /ou" * tLTZl lui-même le, modification, nécessaires.le panier à salade, sans plus se préoc- LE HURON Midnight Alibi Ce filin est de la même veine que le précédent.Un « gangster » sentimental assassine le frère de celle qu’il aime.Néanmoins cette dernière l’épouse sans même qu’il présente la moindre excuse.J’oubliais de dire que la police avait arrêté le « bon gangster », et qu’au procès le juge avait renvoyé l’affaire sans la soumettre au jury, après qu’une vieille dame un peu timbrée eut rendu un faux témoi- gnage.Il y a tie beaux films américains, tout le monde en convient.Cependant les studios d’Hollywood déversent sur le marché, pour l’exploitation courante, un grand nombre de films ridicules et sans intérêt.Le Capitol nous offre, cette semaine, deux films de cette catégorie.On y trouve du mouvement, tous les films américains en ont, mais rien de plus.Dollard DANSEREAU * * * Le cinéma et la critique canadienne jourd'hui directrice.Cette jeune femme blonde, aux yeux étonnés, qui rit de si bon coeur quand on l'nnpylle «Madame la directrice ».sait d ailleurs parfaitement ce qu elle cc: ' et.en quelques jours à peine, sans se I cesser influencer par quiconque, elle a choisi le répertoire qu'elle emporterait là-bas et scs premiers interprètes.Car.recrutent le gros de sa troupe parmi J’ai reçu de M.Donald W.Buchanan, correspondant politique du Saturday Night de Toronto au Sénat, la lettre suivante: € r—li ) égard.Les ondes troublées Ottawa, Ontario, September 13, 1934, Lucien Parizeau, L’Ordre, Montréal.Dear Sir, (Du Figaro) J'écoutais, l'autre soir, les ondes venues compatriotes.Mlle Antoinette Gi- de Bayreuth et qui répétaient au monde toux, logique avec elle-même, veut, l’aventure de Siegfried.Les voix étaient dans des pièces françaises, ne confier nettes et le poème musical se déroulait un la r,'dettc qu à des artistes français.peu lentement, il m’a semblé, mais en re-Scn répertoire ne comprendra pas ^ouvelant.une fois encore, ses sortilèges, ruo ns de trente-cinq pieces par saison.L'oeuvre ainsi réduite à son élément sonore.celle-ci se composant de trente-cinq se- san$ sa représentation vous imposât une marnes et chaque oeuvre ne gardant Uention toujours soutenue, permettait à / affiche que sept jours.C est Liberté provisoire, l'alerte comédie, pleine de fantaisie et de jeunesse, de notre confrère Michel Duran, qui ouvrira le feu.Viendront ensuite d'autres ses LIVRES NOUVEAUX I 1 am writing to you that I may express 1 my extreme delight in an article on the cinema that you wrote the other day.La reine Christine de Suède, par la ' Napoléon III.les relations qu’Evans Your comments on the film Lac-aux- princesse Lucien Murat.— Un volu- entretenait avec lui et qui n'avaient été Dames itéré so much to the point and me in-16 jésus sous couverture illustrée d'abord que strictement professionnel- en héliogravure.Chez Ernest Flamma- les étaient peu à peu devenues franche- rion, à Paris, ou dans nos bonnes ment amicales.C'est ainsi qu'il resta librairies.| non seulement le dentiste de la Cour ! des Tuileries, mais un ami de la famille impériale, souvent convié à la table des souverains et à leurs réceptions intimes.Voilà pourquoi, en 1870, il se trouva placé dans les plus favorables conditions pour suivre de très près les graves événements qui allaient amener \ si rapidement la chute de 1 Empire.Enfin, un beanr spectacle lyrique! Quand, après le désastre de Sedan et La représentation de Carmen donnée la captivité de 1 Empereur, la révolu- dimanche soir au théâtre de Sa Majesté tion éclata à Paris, le 4 septembre, par la compagnie San Carlo est à peu près 1 Impératrice dut s enfuir des Tuileries ' ce qu’otl peut exiger de mieux d’une sans avoir put faire aucun préparatif, troupe de tournée qui s’installe dans Elle se rendit le soir même chez le Dr Evans pour lui demander aide et protection.C'est ainsi qu’elle passa dans I son hôtel la nuit du 4 au 5 et qu’au Ce drame psychologique devait P13**11 Buitta Paris avec lui.test le Dr Evans qui la conduisit a Dean- , ., .ville; c’est lui qui négocia son embar- cest entendu, mais aucune » est insuffisante et quelques-unes, celles de Thalia k, Lucien PARIZEAU l’esprit bien des voyages.Mallarmé, on le sait, a composé quelques-uns de ses poèmes en s'abandonnant à cette mer wagnérienne.Mes évasions, hélas ! n’étaient pas si fécondes.Elles s'accomplissaient dans les limites de l’oeuvre et me maintenaient dans > L’OPERA Monter sur le trône en sortant du berceau, y porter toutes les impatiences d'une âme frémissante qui se cherche et se détruit elle-même, soupirer après l’amour sans oser s'y abandonner, peut-être par impossibilité physique, tel fut le drame d’une vie qui, au XVIIe siècle, étonna l’Europe ; celle de Christine, reine de Suède.oeuvres aussi différentes l'une de l'autre que Jean de la Lune, par exemple, de Marcel Achard.et La mystérieuse Lady.Ce programme, par sa diversité même, permettra aux Canadiens de se rendre un compte assez exact de la production théâtrale française durant ces dernières années.C'est ainsi qu’au répertoire du Théâtre Stella pour 1934-35 figureront Le bonheur du jour.Mon ami Philippe, Amitié, La robe de perles.Cinq à sept.Les plus beaux yeux du monde.La couronne de carton.Mon crime.La jalousie.Décalage, etc.Quant aux interprètes engagés par Mlle Antoinette Giroux, ils témoignent, eux aussi, du goût et de la perspicacité de la nouvelle directrice, puisqu'ils ne sont autres que les deux jeunes premiers Lucien Paris et Jean Riveyre.Lucien Paris, dont on n'a pas oublié la création qu’il fit dans Marchand d’idées, à la Comèdie-Caumartin.dans la Judith de Giraudoux, montée par Louis Jouvet au Théâtre Pigalle.dans tant d'autres oeuvres à la Porte-Saint-Martin, au Théâtre de Paris, à la Potinière ou à l'Odcon.Jean Riveyre.ancien pensionnaire des Pitoëff, aux côtés desquels il créa, entre autres.Les criminels.de Briickner.Les Hommes, de Paul Vialar.Joë et Cie, de Hjaltnar Bergman et cet étonnant « Chat botté » de l'exquise Belle au Bois de Jules Super-¦ vielle.Jean Riveyre.d'ailleurs, a déjà pu être apprécié au Canada où.en 1933, il demeura plusieurs mois avec la tournée Georges Colin.C est aussi le de l’excellent comédien Paul Hu- Carmert sa pensée.Qu'est-ce qui faisait donc que je n’y prenais plus un plaisir aussi pur que celui, jadis, ressenti ?L’absence de surprise et cette loi trop humaine qui veut que la beauté elle-même use son pouvoir dans la familiarité ?Peut-être.Pourtant, entre tant de génies, Wagner est un de ceux dont le lang-je ne perd pas sa force avec le temps, qui semble au contraire se recharger sans cesse de nouvelles puissances.Non, ce qui I m’atteignait, c’était un malaise obscur, le rappel du quotidien par la l'gende sans âge, la présence de l’Allemagne d’aujourd’hui sous cette Allemagne éternelle.Siegfried, c’est ainsi déjà que les armées germaniques avaient nommé un clément de la position Hindcnburg devant Saint-Quentin, associant au carnage ce héros qui nous avait plus d’une fois enchanté.La Tétralogie fournissait des divinités à la guerre comme elle fournit aujourd’hui des parodies mystiques à Hitler.Ainsi l'ancien ouvrier peintre a lavé sa blouse dans l’Or du Rhin.Evidemment, cela ne se voit pas dans ces eaux fameuses; mais si on le sait, malgré soi, l’on y pense quand s’élève, de nouveau, le bruit de leurs ondes.Quels temps et quel personnage qui nous gâtent lentement ce que la guerre même n’avait pu altérer, qui teintent d’inquiétude tout ce qui vient d’Allemagne.« Inquiéter, tel est mon rôle », a écrit un jour M.André Gide avec une prétention qui dut être parfois déçue.J'avoue que, sans l’avoir écrit ni le vouloir peut-être, M.Adolf Hitler y réussit à merveille.pensent cela par leurs talents dramatiques; ceux dont le talent dramatique est moins développé se retranchent dans une intelligente sobriété qui dénote une parfaite compréhension du personnage.Pas de gestes foudroyants, pas de scènes fulgurantes, pas d’envolées vers le sublime, rien de faux.Spectacle soigneusement préparé par des gens qui connaissent leur affaire et son sûrs de leur métier.Peut-on demander mieux ?Inutile de revenir sur chaque personnage en particulier.C’est l’ensemble qui importe.Car, comme on l’a dit, il ne s’agit pas d’une vedette mal entourée, mais d’une troupe homogène.Elle l’est.Elle l’était du moins dipianclie, car les distributions changeront d’un spectacle à l’autre.Un regret notable cependant.C’est que Carmen n’ait pu danser.Son rôle comporte beaucoup de danse et son incapacité de danser frappait d’autant plus le spectateur que la troupe est accompagnée d’un ballet dont l’excellence faisait un contraste un peu trop accentué avec l’inaptitude chorégraphique d’Ina Bour-ksaya.C’est probablement le seul point où l’équilibre a manqué.Le tout était appuyé sur un orchestre parfaitement maître de sa partition et docile à la direction de M.Carlo Peroui.La mise en scène n’avait rien de grandiose, non plus que le décor, mais ces éléments importants était au niveau du reste de la représentation et n’allaient pas sans quelques trouvailles tout à fait heureuses.Une tro’upe permanente nous donnerait un spectacle de cette qualité que l’on serait satisfait.Pour une troupe de tournée, c’est beaucoup plus que satisfaisant.On n'avait pas encore essayé par une recherche intime d’expliquer les péripéties mouvementées de cette existence errante et de dévoiler, sous le masque royal, les secrets élans d’une nature ardente et impétueuse jusqu'au crime.:W‘ une ville pour une semaine et ne joue chaque œuvre qu’une fois.On serait à peine plus exigeant pour une troupe permanente qui jouerait dans son théâtre.lif • Toutes les voix ne sont pas fraîches, tenter le célèbre auteur de La Grande Catherine, impératrice de Russie et des Errants de la Gloire, puisque la princesse Lucien Murat s est attachée à l’étude des destinées extraordinaires.C’est un livre original, vivant, preste à l'extrême, où l’esprit court avec la plume.Combien nous apparaissent fades et fausses, en le lisant, les inventions baroques du cinéma ! Avec une compréhension humaine, l'auteur ressuscite devant nous, dans son inquiétude comme dans sa force, une vie assez pittoresque par elle-même pour n’être pas romancée.Sans oublier l’œuvre royale de Christine, la princesse Lucien Murat s’est surtout penchée sur le cœur de son héroïne, à la source même qui l’animait ; elle nous fait ainsi comprendre, dans La reine Christine de Suède, cette femme qui, s'épuisant à la recherche du bonheur, abandonne la couronne pour vivre sa vie.préférant à tous les honneurs du monde les caprices de la liberté.quemént.Il traversa la Manche avec elle et présida à son installation à Sabameeva (Micaela) et de Dimitn Onodrei (don José) en particulier, sont de grande classe.Chislehurst, où le Prince Impérial vint la retrouver.Lui seul pouvait donc écrire le récit authentique de cette fuite dramatique et des circonstances qui l’ont accompagnée.Peu après, le Dr Evans réussit à entrer en Prusse et à rejoindre l'Empereur dnas sa captivité de Wilhelms-hohe ; il lui fit part des événements concernant sa famille dont il ne savait presque rien, ils eurent de longues conversations au cours desquelles le souverain déchu s'ouvrit à lui comme à l’ami le plus intime.Après avoir profité de son séjour en Prusse pour visiter les camps et les hôpitaux de prisonniers français, le Dr Evans retourna en Angleterre.Il ne rentra à Paris qu’à la fin de la Commune, mais il put encore réaliser son plus cher désir, celui de revoir l'Empereur et l'Impératrice, enfin réunis, et de partager pendant quelque temps leur vie d'exilés.On ne saurait exagérer l’intérêt tout spécial qui s’attache à ces Mémoires ; c’est de l'histoire vécue et de la plus tragique.Tous les lecteurs éprouveront sans doute l'impression profonde de devenir des témoins directs d’événements racontés avec tant d’émotion et de sin- Dans l’ensemble, c’est le spectacle le plus satisfaisant qu’on ait vu à Montréal depuis fort longtemps.Les reproches à faire ne portent que sur des détails et les plus importants de ces détails tiennent à l’impossibilité où se trouve une troupe de tournée d’avoir assez de figurants pour en mettre plein la scène.11 arrive donc que le chœur des enfants, au premier acte, soit chanté par les figurantes qui représentent la foule, que la même foule, au début du quatrième acte, chante les phrases des marchandes de fruits; il arrive aussi que le défilé des toréadors, picadors, matadors et autres personnages en or, au même acte, soit maigre au point qu’il faille l’interrompre fréquemment pour le faire durer aussi longtemps que la musique; il arrive encore que l’on ne voie ni Lilas Pastia dans son auberge, ni le seigneur alcade et sa petite cour à la fin du défilé.Mais on peut beaucoup plus facilement se passer du seigneur alcade et des marchandes de fleurs que d’une Carmen, d’un José, d’un Escamillo et d’une Micaela excellents, encadrés de choristes qui soient à leur hauteur et dans une mise en scèn„ soignée, le tout appuyé sur un orchestre ferme et sûr.Or nous avons eu tout cela dimanche, et le public, très nombreux, a prodigué des applaudissements largement mérités.L’ère de l’opéra où le chant primait tout est terminée depuis assez longtemps — au Canada depuis moins longtemps qu’ailleurs cependant.On exige de plus en plus que le spectacle lyrique s’adapte aux formules dramatiques, et l’on demande que même les vieux opéras à scènes détachées soient montés à la deme.Les chanteurs d’opéras doivent être en même temps des comédiens accomplis.On ne pardonne plus à l’interprète de jouer faux, même s’il a une voix toute en or.La principale qualité de la représentation de dimanche, c’est justement l’équilibre des éléments lyriques et dramatiques.Rien n’écrase, rien n’éblouit, mais tout se tient, tout est au point.Ceux dont la voix n’est pas aussi chaude qu’on pourrait le désirer com- cas bert qui.avec Mme Jane Borgos, fera de même partie de la nouvelle troupe du Théâtre Stella.— Enfin, nous confie la jeune directrice.je compte aussi plus tard faire venir à Montréal vos plus grandes vedettes.Georges Colin, que sept tournées déjà ont rendu si populaire_ chez ayant lui-même accepté d'inaugurer cette nouvelle série dès la fin de la saison.GUERMANTES * * * Avec l’Empereur et l’Impératrice.(Mémoires du Dr Thomas W.Evans).—- Un volume in-16 relié, avec 8 gravures hors-texte.Dans la « Bibliothèque historique Plon ».Personne n'a mieux connu ce que l'on peut appeler « l’atmosphère morale » du Second Empire et n'a été plus directement mêlé aux tragiques épisodes de son effrondrement que le Dr Evans.Personne n’a été mieux placé pour raconter le départ de l'Impératrice Eugénie, puisque c'est lui-même qui organisa sa fuite de la capitale et accompagna en exil.Personne n’a été à même d’apporter, en pleine guerre, à l’Empereur captif, des nouvelles plus directes de sa femme et de son fils.Enfin, personne n’a causé plus intimement avec lui, en ces heures d’angoisse et de douloureuse séparation, de la France et des siens.Quel fut donc ce Dr Evans, ce témoin qui nous a laissé de si précieux Mémoires?Il était citoyen américain et s’était établi à Paris comme chirurgien-dentiste, en 1847.Dès l’année suivante, il avait été appelé à donner des soins au Prince-Président, Louis-Napoléon.Quand, en 1852, celui-ci devint succès.L'OKMtK est édité par les Editions de l'Ordre limitée (cette bouffonne désignation est imposée par le seul gouvernement français d'Amérique) et Imprimé par la Cie de Publication de la Patrie limitée, 180 est, rue Sainte-Catherine, Montréal.nous.Georges LANGLOIS G Et Mlle Giroux de conclure : — Il me suit depuis mes débuts au théâtre et il a tenu à me donner ainsi, avec l’appui de son grand talent, preuve nouvelle de sa confiance et de son amitié.Notre confrère le Times, rendant l’autre jour hommage à la loyauté du .peuple canadien en tant que membre pluie de grenouilles.Ces batraciens, disent du Dominion britannique, faisait par ceux qui, levés de bon matin, rapportent le la même occasion remarquer combien i fa[^ feraient tombés en grande quantité sur ass?szjslz K'm I '* trouver à cela une preuve plus écla~ ; ment de petite taille et on ne signale pas tante et plus charmante à la fois que le i d’accident.voyage entrepris par cette jeune femme pour venir chercher chez nous tout un répertoire et des interprètes français ?cérité.Jules AURIC Docteur Toncrède Aa.elln.clitrurglen-den-tlste, 6064, avenue du Parc, près rue Laurleri à son bureau de 9 h.à G h, sur rendez-vous.Tél.î DO 3087.Une pluie de grenouilles une L’électrocution des insectes (r> VK5 -it A Padern, près de Carcassonne, oh vit l’autre jour, à quatre heures du matin, une A l’Opéra On vient d’gxpérimenter avec succès, en Angleterre, une nouvelle application des lampes à incandescence.Une lampe électrique est entourée d’un treillis métallique à mailles serrées dans lequel passe un courant extrêmement puissant.Les insectes, attirés par la lumière de la lampe, volent contre le filet et sont électrocutés.Ces attrape-mouches sont suspendus principalement dans des vergers et dans des serres : on rr’y a constaté que 8 à 10 pour cent de fruits gâtés par les insectes, alors que ce pourcentage s’élevait à 25 pour 100 dans les potagers où ces pièges n’étaient pas encore installés.On emploie également ces attrape-mouches dans les maisons, sur les terrasses et sur les vérandas, où ils obtiennent un vif Le succès des premières représentations de la semaine d'opéra que M.J.-A.Gauvln nous présente au théâtre de Sa Majesté est la meilleure réclame que l’on - puisse faire aux artistes de la compagnie San Carlo.La salle était fort bien garnie dimanche soir et.aux entr’actes, les spectateurs se précipitaient aux guichets pour retenir leurs places pour les spectacles suivants.Billets en vente au théâtre ou chez Archambault.Mardi soir, « Lohengrin » (en allemand) Merc, mat., « Hansel & Gretel » (en anglais) Mere, soir, « Aïda » (en italien) Jeudi soir, «Faust» (en français) Vend.soir.«La Tosca » (en italien) Sam.mat., « Roméo et Juliette » (en français) Sam.soir.« Samson et D ailla » (en français) Soirée* et mat.*nm., 50c à $2, pin* la taxe.Mat.pop.mere.50c à $1.50 tes; * ## mo- Comme il y a toujours une explication toute prête, même pour les faits les plus extravagants, les gens du pays reconnaissent comme certain que, fréquemment, des grenouilles à l’état d’œufs ou de têtards sont absorbées par l'évaporation de l’eau (Cyrano avait déjà pensé à cela !), puis éclosent ou achèvent leur métamorphose dans les nappes d'eau aériennes et retombent sur Le confrère parisien se réjouit avec raison de voir la directrice d’un théâtre montréalais aller chercher en France vedettes et répertoire.Il insiste sur le fait que le théâtre Stella ne jouera « que des pièces françaises ».Il y a une pointe le sol aux premières pluies."i B < MBEfflS— .-?— — .-.:
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