L'ordre nouveau, 20 novembre 1938, dimanche 20 novembre 1938
[ORDRE NOUVEAU Un inonde s’écroule, un ordre nouveau s’élabore.Il faut les catholiques laissent mourir ce qui doit passer et qu’ils aident à créer ce qui mérite de vivre.- LUS EVEQUES DE FRANCE.que ORGANE DES SEMAINES SOCIALES Montréal, 20 novembre TROISIÈME ANNÉE, No 4 Prix: 5 sous; l’abonnement: $1.00 L’ACTION CORPORATIVE Les allocations familiales Le groupement fondé récemment pour travailler à l'établissement d'un ordre corporatif au Canada n’est pas resté inactif.Son premier travail a dû se faire dans le silence et l'obscurité.Car c'est sur une base doctrinale solide que doit s'élever l'ordre nouveau.Mais cette opération préliminaire, assez difficile, fut vigoureusement menée.Elle s'achève actuellement, grâce aux réunions hebdomadaires qui se sont tenues depuis le jour de la fondation et où collaborèrent juristes, sociologues, économistes, ainsi que des représentants de nos principales professions.Notre prochain numéro contiendra des précisions utiles et d'importantes directives.par le R.P.Léon LEBEL, S.J.A Les allocations familiales ne sont pas un salaire ou un sursalaire, versé comme rémunération du travail; elles ne sont pas non plus une aumône, une pure charité, faite au père de famille parce qu'il est dans la nécessité ou dans la misère.Elles sont la rémunération de services éminents rendus à la société et employeurs; services qu'on n'avait pas songé à rémunérer jusqu'ici, mais que les conditions spéciales de l'économie présente forcent la société à reconnaître et à récompenser.Déjà, dans d'autres ordres, la société verse des honoraires pour des services nécessaires à son existence et qui pourtant ne sont pas rendus pour de l'argent.Ainsi les ministres d'un pays ne gouvernent pas la société pour de l'argent; cependant, parce qu'ils rendent un service indispensable à l'existence de la nation, on leur verse des honoraires, afin qu'ils soient à même de remplir dignement Nos lecteurs continuent de répondre Messes leurs fonctions; de même, le juge n'administre pas la justice pour de l'argent; généreusement à l'appel des Lettres de Communions l'officier ne se bat pas et ne se fait pas tuer pour de l'argent, à tant l'heure; mais Rome.La croisade de prières pour Chapelets, les services que tous ces gens rendent sont indispensables au bon ordre et à l'exis- l'extinction du communisme s'amplifie Prières fence de la société; voilà pourquoi la nation leur paie des honoraires qui les de mois en mois.Voici la liste des of- Sacrifices mettent en état de rendre ces services.De la même façon, les pères de famille frandes que nous avons reçues jusqu'ici.Heures de travail nombreuse rendent à la société le service primordial d'assurer son existence et , Nous rappelons que les derniers rapports Heures de souffrances .sa prospérité : nous l'avons déjà démontré.Ne se doit-elle pas de reconnaître ! doivent nous parvenir pour Noël : Oeuvres diverses.ces services et de mettre les pères de famille en état de les rendre comme il convient, c'est-à-dire en donnant à la nation des enfants robustes et instruits et qui ne soient pas aigris contre la société ?Les allocations familiales pourraient aussi être considérées comme une juste compensation pour le surcroît d'impôt que le chef de famille est obligé de payer à l'inverse de ce qu'exigerait la justice distributive.Les Etats modernes, en effet, Que l'abus des boissons alcooliques ait grandi depuis quelques années dans tirent une grande partie de leurs revenus au moyen de taxes imposées sur les la province de Québec, il n'y a pas à se le cacher.Et parmi les causes princi-objets de consommation; impôt commode, de perception facile et que le consom- i pales de ce grave désordre il faut signaler cette publicité harcelante, tapageuse, mateur paie sans s'en apercevoir, mais qui grève injustement le chef de famille; mensongère qui se glisse partout et pénètre même dans les meilleurs milieux', car plus celui-ci a d'enfants à sa charge, moins il a de moyens de contribuer Gardien de la moralité publique, notre épiscopat a cru devoir élever la voix.La au bien général et cependant plus il doit payer d'impôts de consommation.Les lettre collective qu'il vient de publier est un exposé lumineux du mal dont nous allocations remédieraient au moins en partie à cette situation anormale.souffrons et des remèdes qui s'imposent.Nous aurons à revenir sur la campagne Les allocations familiales ne sont pas une utopie.Elles ont déjà été réalisées à entreprendre.Dès maintenant nous voulons y participer en diffusant cet en-et même généralisées en Belgique, en France et en Italie; des pays britanniques, i seignement épiscopal, en aidant à son étude, à sa pleine compréhension.L'Ecole comme la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Galles du Sud, les ont adoptées depuis Sociale Populaire publiera cette semaine même, dans sa collection de brochures plusieurs années.Le général Franco,, qui pourtant semblait en avoir plein les mensuelles, la lettre de l'épiscopat, accompagnée de plans d'étude el d' Lxas ues Lucas de la yuerre, a Louve le temps et le moyen de les organiser, il y abondante bibliographie, a quelques semaines, dans tout le territoire soumis à son gouvernement._____________________ aux L’extinction du communisme .66,712 60,340 237,273 618,019 .317,453 272,836 .62,746 15,545 POUR LA TEMPERANCE une Semaine syndicale patronale L'idée des allocations familiales n'est pas nouvelle au Canada.L'on se rap- j pelle qu'il y a un peu plus de dix ans, une campagne avait été entreprise dans S**!** chômage était encore inconnu.C'était le temps où, dans certains métiels, l'on dermer' M,'ls alm de m,eDX Pour' 9ra"des gagnait des salaires de $1.25 l'heure; le reste était en proportion.Dans tous les pays, ce fut une ruée des campagnes vers les villes; les cultiva- ! leurs, déjà atteints par la baisse des produits agricoles, — car il faut se rappeler que la crise agricole a précédé la crise industrielle et financière, c'est même celle-là qui a déclenché celle-ci, — se sont laissé séduire par le sort brillant que paraissaient présenter les villes.Il était devenu impossible de garder à la terre les fils de cultivateurs.Des milliers de familles émigrèrent en bloc; dans certaines paroisses, des rangs entiers furent vidés.Si l'on avait alors institué dans les villes des allocations pour les familles nombreuses, on aurait couru le risque de déclencher la débâcle et de produire ; Toutes les difficultés de restauration une catastrophe nationale.j ou d'instauration corporative se Irouve- Aujourd'hui, les circonstances ont complètement changé.La crise a abaissé ront accumulées dans le secteur indus-le niveau des salaires; avec la perspective du chômage et la misère du secours triel, parce que le travail humain y a pris direct, les villes n'exercent plus sur les agriculteurs le mirage attrayant d'au- les formes les plus opposées à l'ordre trefois., naturel, en même temps que le système D'autre part, on a enfin trouvé la formule pratique qui permet la généra- capitaliste y installait le règne empoi-lisation complète des allocations familiales, en les étendant même à la classe sonné de l'argent.C'est là qu'il faudra agricole.tout innover, pas à pas, sans quitter un Le temps semble donc arrivé de reprendre le projet et de le réaliser le plus instant le contact des réalités existantes tôt possible.Toutefois, un projet de cette envergure ne saurait s'improviser.Il faut : appellent, d'abord que l'opinion générale du pays soit saisie de la question et qu'on en sera con- nu Les approches d un régime corporatif LE SECTEUR INDUSTRIEL de laquelle tous participent; il s'agit d'aider, de servir les entreprises, de leur assurer un ordre économique, dont les hommes et les foyers profiteront; il ne s'agit que de cela.Quant aux voies pratiques et comme il s'agit d'abord et avant tout d'ordonner une production commune, d'assurer sa prospérité d'abord, pour donner à tous des profits à répartir, de les bien répartir enfin, on pensera que la métallurgie française, en son Comité des Forges, a organisé depuis longtemps une régulation corporative, quoique uniquement patronale, de la grosse métallurgie.Mais on n'oubliera pas que la plupart des hostilités et critiques, opposées à une restauration corporative, prennent leur source au puissant et riche Comité des Forges.D'où on peut déduire que la restauration ne commencera vraiment qu'avec une énergique mise au pas du capitalisme industriel, autrement dit, et réserve faite des mesures préparatoires qui peuvent être prises çà et là, que le premier pas décisif consistera, pour un pouvoir politique digne de ce nom, à briser cette oligarchie ou à la remettre à sa place.ni la claire vision des réformes qu'elles Encore est-il qu'on ne devra pas com-comprenne bien la nécessité.De plus, il serait nécessaire de former le personnel pliquer inutilement et dangereusement compétent requis pour organiser les allocations familiales sur des bases solides le problème en y introduisant Ta priori et en assurer le bon fonctionnement.de systèmes fallacieux.Il s'agit d'or- Le moyen le plus efficace d'obtenir rapidement ces deux résultats, — moyen donner les libertés économiques, de qui est immédiatement réalisable, — serait que quelqu'un prenne les devants et leur donner forme institutionnelle donne le branle et l'exemple au reste du pays.Ce rôle, à notre avis, revient de porative, sans oublier que le travail des droit au gouvernement de la province de Québec.Les allocations familiales sont hommes ou l'activité économique relève une création des patrons français et catholiques; n'appartiendrait-il pas au gou- de la liberté des personnes, naît de leurs vernement français et catholique de Québec, qui est le principal employeur de la initiatives, et donc que ce caractère de province, d'être le premier à donner des allocations à ses fonctionnaires pères liberté appelle la règle librement édictée de famille ?Il pourrait compléter son action en imposant aux soumissionnaires par des communautés autonomes, sous des travaux publics l'obligation de verser des allocations familiales au personnel le contrôle unifiant de la puissance pu-qu'ils emploieront, pour l'exécution de leurs contrats.blique et non la chiourme corporative Ce serait ensuite le tour des grandes municipalités d'entrer dans la même qui asservirait les entreprises voie.Nous sommes persuadé qu'il suffirait de voir fonctionner le régime chez vernement ou au capitalisme une classe de salariés pour qu'il soit désiré et réclamé par le reste du pays.Et si trueux de prétendus Conseils corpora-jamais la généralisation des allocations devenait une réalité, la solution presque tifs.Les entreprises doivent rester libres complète du problème matériel des familles serait trouvée.; de leurs mouvements, dans les cadres On aurait ainsi arraché aux communistes leur arme la plus puissante.d'une règle qui les sert et à la définition cor - au gou-mons- (Suite à lu fmvs I) 1.Nous détachons ce passage d'un article sur la restauration corporative on France paru dans «Credo». Pour une action corporative Le syndicalisme a-t-il vécu?par le P.Orner GENEST, S.J.Les dirigeants de ces unions, — sans doute parce qu'ils en ont reçu l'ordre des chefs américains, — rejettent le corporatisme et ses plans d'entente.Ils préfèrent maintenir le régime de luttes interminables qu'ils se plaisent à soutenir contre les patrons et les autres organisations ouvrières; habitués à ce genre de sport, ils ne veulent pas y renoncer.Nous enregistrons leur refus du corporatisme, refus que font naître des idées fausses, des préjugés, peut-être l'intérêt, sûrement des influences étrangères.Pourtant, nous ne croyons pas ce refus définitif.Les unions internationales n'ont qu'à le vouloir pour être admises dans la corporation.D'abord, quoiqu'il leur en déplaise, il faudrait bien qu'elles acceptent l'incorporation légale; prenant la responsabilité juridique de leurs actes, elles inspireront davantage confiance et fourniront de meilleures garanties de loyauté.Une association peut-elle décemment signer un contrat si elle n'existe pas devant la loi?De plus, les unions devraient cesser d'être de simples filiales de l'American Federation of Labour ou du C.I.O.Ce spectacle humiliant a-t-il assez duré ?Des ouvriers canadiens dans une province catholique, jalouse de son autonomie, seront-ils toujours guidés par des hommes qui reçoivent leurs directives, leurs mots d'ordre, la règle de leur conduite de chefs américains, étrangers à leur foi et à leurs aspirations nationales?Les représentants ouvriers dans le conseil corporatif devront être bien maîtres de leurs décisions, dont ils n'auront à rendre compte qu'à leurs seuls mandataires, les ouvriers canadiens.Enfin, les unions renonceront aussi à certaines de leurs méthodes, parfois guère honnêtes; une volonté de collaboration et d'entente remplacera l'ambition dominatrice et belliqueuse.Les infiltrations communistes se font une large trouée dans leurs rangs '.Une candide dénégation ne saurait suffire; une purge s'impose et une réaction aussi et un esprit nouveau.A ces conditions fort raisonnables, les unions mériteraient de prendre place dans la corporation.Pour réaliser le corporatisme, il s'agit de faire évoluer, de porter à leur maximum de rendement les organisations professionnelles déjà existantes.Les associations de patrons et d'employés se placent parmi les éléments qui serviront à édifier la corporation.Les syndicats ouvriers soulèvent des difficultés particulières.Et la question s'est posée : auront-ils un rôle dans la corporation de demain ?Incontestablement.unanime et constante chez tous les sociologues qui, depuis cinquante ans, ont élaboré la doctrine corporative.¦ Un texte d’encyclique faussé Cependant, d'aucuns ont peur.Ils prétendent que le syndicat, organisme de classe et de lutte, n'a pas droit de cité dans un régime corporatif.Pour justifier leur opinion, ils citent de Quadragesimo anno le passage qui flétrit les oppositions vives entre les classes, le combat acharné entre capital et travail : Cette réponse affirmative, on la trouve A ce grave désordre qui mène la société à sa ruine, tout le monde le comprend, il est urgent de porter un prompt remède.Mais on ne saurait arriver à une guérison parfaite que si, à ces classes opposées, on substitue des organes biens constitués, des ordres ou des professions qui groupent les hommes non pas d'après la position qu'ils occupent sur le marché du travail, mais d'après les différentes branches de l'activité sociale auxquelles ils se rattachent h La pensée du Pape est claire, disent les antisyndicalistes.Les classes ne doivent plus se grouper séparément; mais la corporation désormais unira sans distinction tous ceux qui se rattachent à une même branche de l'activité sociale.Alors, la paix régnera entre les hommes et l'harmonie entre les classes.Pourtant, deux paragraphes plus bas, l'encyclique déclare que les employeurs et les employés ont des intérêts particuliers, que les parties doivent délibérer chacune de son côté sur ces objets et prendre les décisions que comporte la matière -.En condamnant les syndicats, Pie XI aurait renié les approbations qu'il leur avait données souventes fois, et l'enseignement de ses prédécesseurs.Dans le passage brandi contre les syndicats, le Pape demande simplement de substituer à un régime troublé par les luttes de classes, un ordre social basé sur la collaboration organisée.Ce régime, les syndicats sont appelés à l'instaurer et à s'y intégrer.L'encyclique elle-même leur trace cette mission ;1.¦ Les syndicats survivront Aux rêveurs d'une corporation élevée sur les ruines des unions ouvrières, M.Jules Zirnheld, président de la Confédération française des Travailleurs chrétiens, adresse ce sage conseil : « II serait imprudent, dans l'attente d'un palais dont les matériaux ne sont pas même à pied d'oeuvre, de démolir aujourd'hui le toit, modeste mais solide, qui nous protège *.» M.Mihaïl Manoïlesco, professeur d'économie politique à Bucarest, montre dans son livre: le Siècle du Corporatisme, que le syndicat, association homogène, est à la base de l'organisation de la profession industrielle - : Grouper séparément les patrons et les ouvriers, c'est le premier acte de toute organisation sociale de l'économie.Les mettre en contact pour les faire collaborer, c'est le second.Voilà comment les syndicats ouvriers et patronaux arrivent à « s'intégrer » dans la corporation.M.Paul Chanson, un patron, a mis en regard les Droits du Travailleur et le Corporatisme.Dans un chapitre intitulé « Le syndicat », il rappelle la légitimité de celui-ci, son rôle et les raisons de ce rôle dans la corporation.Il conclut: Il ne s'agit donc point de méconnaître les vertus du syndicalisme chrétien.Pas davantage, de minimiser leur importance ou de comploter je ne sais quel « torpillage » du syndicalisme sous le pavillon d'un corporatisme antisyndicaliste.Les vrais corporatistes ne seront jamais antisyndicalistes, et ce qu'on demande, en contre-partie, c'est que les vrais syndicalistes ne deviennent jamais anticorporatistes .¦ Les syndicats catholiques et nationaux Reste à savoir maintenant si les syndicats, chez nous, par leur esprit, leur activité, le caractère de leurs chefs, ne se sont pas rendus irrémédiablement inaptes à ce rôle dans la corporation.Pour les syndicats catholiques et nationaux, la réponse est claire : les principes, les constitutions qui les régissent, leur fidélité à la doctrine sociale chrétienne, la volonté de leurs directeurs, leur influence et leurs actes depuis vingt-cinq ans, tout cela constitue non seulement une promesse, mais une solide garantie.Ils ont à lutter contre certains patrons férus de libéralisme économique, arrogants et têtus; à lutter contre des politiciens étroits qui cherchent à écraser toute force indépendante; à lutter contre des unions rivales qui ne reculent devant aucun moyen pour dominer notre classe ouvrière.Malgré ces circonstances défavorables et excitantes, les syndicats ont déployé des efforts héroïques pour imprégner leur action de l'esprit chrétien, de justice et de charité.Dans la crise du textile, par exemple, si une succursale du C.I.O.ou de l'A.F.L.avait embrigadé les 10,000 ouvriers, victimes de la plus honteuse exploitation, de quelles scènes violentes n'aurions-nous pas été témoins ?Nous ne pensons pas que tout et tous dans les syndicats soient parfaits et irrépréhensibles.Mais ils sont perfectibles.Au lieu de les critiquer, de les combattre, de travailler à les diminuer et à les détruire, mieux vaudrait collaborer à leur amélioration, à leur renforcissement.Telle est la seule attitude admissible chez ceux qui désirent réellement et sincèrement le bien des travailleurs et l'avènement prochain du corporatisme.La corporation industrielle ne se montera pas aisément si Ton veut lui donner des cadres tout neufs.Au contraire, l'utilisation des forces syndicales hâtera sa réalisation.¦ Au delà du syndicalisme Le seul groupement parallèle des effectifs ouvriers et patronaux creuse davantage le fossé entre employeurs et employés.Pour le combler et prévenir ainsi des conflits pernicieux, il faut créer des institutions qui unissent, mais sans les confondre, tous ceux qui exercent des activités connexes, complémentaires, et qui ont par le fait même des intérêts communs.La rencontre permanente de leurs représentants dans le conseil corporatif détruira les causes de heurts et de frictions, mettra de Tordre et de la discipline là où triomphaient l'individualisme anarchique, la concurrence farouche et les luttes incessantes.A bas le syndicalisme pur qui groupe pour Mais vivent les syndicats dans la Dans les conclusions adoptées unanimement à la fin de la Semaine sociale d'Angers, on lit : Dans l'ordre des faits existent maints éléments qu'on peut appeler précorporatifs, en particulier les syndicats professionnels si divers, qui ont été, après l'ère purement individualiste, les gouvernements provisoires des sociétés professionnelles en mal d'organisation.Il convient, non de briser ces éléments préexistants, mais de les utiliser comme les pierres d'assise de l'édifice nouveau.Le syndicat et la corporation, loin de s'exclure, se complètent1.mieux opposer, corporation, organisme de paix, de collaboration et de justice sociale.g Leur rôle dans la corporation Mais voici un texte encore plus convaincant.Il est tiré du Code social publié par l'Union Internationale d'Etudes sociales, qui a été fondée à Matines, en 1920, sous la direction de S.Em.le cardinal Mercier.Cette Union, qui groupe des sociologues de presque tous les pays du monde, a rédigé, après des années d'études et de discussions, une synthèse de la doctrine sociale catholique.Le chapitre consacré à la Société professionnelle comporte ce paragraphe : g Vers la cité harmonieuse Le nombre de ceux que l'idée corporative a conquis et qui espèrent en ses riches promesses augmente de jour en jour.Plusieurs, hors de toute politique, dépensent leurs efforts à rénover ainsi notre économique et nos conditions sociales.D'autres s'occupent de politique active sans appartenir au même parti.D'aucuns, en plus de leur sympathie pour le corporatisme, prêchent le crédit social, ou désirent une dictature, ou prônent diverses réformes d'ordre politique.Ces divergences peuvent être néfastes.Il faudrait pourtant nous habituer à chercher d'abord ce qui rapproche avant ce qui sépare.Il faudrait que les problèmes sociaux, économiques, nationaux soient envisagés et résolus en dehors de toute parti-sanerie politicailleuse.A ce point de vue, y aurait-il aussi une triste régression ?Nous nous obstinons à ne le pas croire.Bientôt, tous les amis du corporatisme vont s'unir pour promouvoir avec une prudente audace un bel ordre corporatif.L'Action corporative, récemment fondée, cherche à délimiter un terrain d'entente, à préciser les principes de base qui peuvent et doivent être admis par tous les fervents de cette restauration.D'un coeur unanime, alors, il s'agira de réaliser.Foin des chimères et des grands rêves utopiques et des désirs stériles et des divisions fatales ! Ils réussissent toujours ceux qui savent ce qu'ils veulent et qui le veulent décidément.De l'action, oui, mais action réfléchie, méthodique, poussée jusqu'au bout, pour établir enfin dans notre catholique province un ordre social chrétien.Des sacrifices s'imposeront, et des efforts ardus et des volontés tenaces.Mais la maison a besoin d'un bon ménage et qui 1 habitent ne devraient pas se refuser à la tâche.Parce que demain la maison sera propre, belle, heureuse, et que tous y auront une place plus confortable.A l'intérieur d'un même corps professionnel, il peut arriver que les intérêts de ceux qui le composent soient divergents; tels sont notamment les intérêts particuliers des employeurs et des employés.L'organisation corporative doit alors garantir à chaque partie la possibilité de délibérer séparément, afin de sauvegarder ses intérêts légitimes et de prévenir les abus que l'autre ferait de sa supériorité3 4 5 6.Les syndicats sont le plus généralement composés soit d'employeurs seuls (syndicats patronaux), soit d'employés seuls (syndicats d'employés et d'ouvriers).La profession comprend tous ceux qui coopèrent à l'exercice d'une même profession.Le parallélisme des syndicats d'employeurs et d'employés se justifie par l'existence d'intérêts particuliers n.¦ Les unions internationales Les accusations qui pèsent sur les unions dites internationales sont autrement lourdes de vérité.Certes, nous ne contestons pas les effets heureux de certaines de leurs réclamations et les avantages qu'elles ont acquis aux ouvriers.Mais il suffit d'un rapide coup d'oeil sur la vie sociale chez nous depuis quarante ans et sur les difficultés, les misères qui la troublent, pour constater combien S.Em.le cardinal Villeneuve avait raison d'affirmer que ces unions, dans leur conception même, et nonobstant la valeur morale ou la bonne foi d'un bon nombre de ceux qui y sont encadrés, sont des syndicats de force et d'opposition, non pas des syndicats de collaboration sociale \ Les sociologues canadiens partagent cette manière de voir.Nous pourrions multiplier les témoignages.Quand S.Em.le cardinal Villeneuve parle de corporatisme, c'est pour demander aux associations professionnelles, aux syndicats ouvriers de se développer, de grandir en perfection pour réaliser enfin la corporation.Cette attitude est la seule réaliste.Dans les pays où existent aujourd'hui des corporations, partout elles sont à base syndicale lorsque la complexité de la profession l'exige.une 1.« L'Organisation corporative », compte rendu de la Semaine sociale de France, 1935, p.342.2.Mihaïl Manoïlesco, « le Siècle du Corporatisme », éd.Félix Alcan, 1936, ceux p.250 1.« Quadragesimo anno », éditions Spes, No 90.2.Ibid., No 92.3.Ibid., No 94.4.Allocution prononcée à la Semaine sociale de Sherbrooke, le 27 tembre 1938.3.Paul Chanson, « les Droits du Travailleur et le Corporatisme », p.170.4.¦ L'Organisation corporative », Semaine sociale do Franco, 1935, p.557, 5.« Code social », aux Editions Spes, 1934, article 67, p.37.6.Ibid., article 112, p.61.sep- " L'Ordre nouveau », 20 octobre 1938, p.3.2 (14) L’ORDRE NOUVEAU 20 novembre 1938 En Russie soviétique Sous le régime de Staline Au dire de certaines agences prosoviétiques, la nouvelle constitution de l'U.R.S.S.devait modifier le sort des croyants de ce pays dans un sens favorable.Cependant, le nouveau texte ne changeait en rien celui de la constitution de 1928 : la propagande antireligieuse est autorisée, la propagande religieuse est interdite.En fait, non seulement la lutte contre la religion n'a pas cessé, mais au contraire nous pouvons constater aujourd'hui que la religion doit subir un nouvel assaut.L'Antireligieux (n 3, 1938) publie la résolution du quatrième plénum élargi du Comité central de l'Union mondiale des sans-Dieu militants, réuni le 4 février 1938.En voici le contenu et quelques extraits : « L'édification du régime socialiste, est-il précisé dès le début, signifie qu'en U.R.S.S.les racines sociales les plus profondes de la religion ont été complètement liquidées (sic).« Au vingtième anniversaire du décret qui a institué la séparation de l'Eglise et de l'Etat, nous voyons avec fierté que des dizaines de millions de travailleurs de la ville et de la campagne, des jeunes et des vieux, des femmes et des hommes, ont rompu avec la religion pour toujours; l'influence de l'Eglise et des diverses organisations ecclésiastiques ou sectaires, jadis si fortes, a été sapée.1 L'Union des sans-Dieu militants de VU.R.S.S.est une organisation de masse bénévole et publique, qui met en pratique le droit de libre propagande antireligieuse prévu par le paragraphe 124 de la Constitution.Ceci dans le but de libérer complètement les croyants de l'influence réactionnaire de la religion et des organisations religieuses.L'Union des sans-Dieu instruit ses membres dans l'esprit communiste et explique avec patience la nocivité des préjugés religieux aux travailleurs qui n'ont pas encore rompu avec la religion.L'Union les aide à acquérir une conception matérialiste, marxiste-léniniste de la vie.Avec toute les autres organisations de la Russie soviétique, l'Union des sans-Dieu militants prend une part active à l'édification de la société communiste.Elle est une section de l'Union mondiale des libres-penseurs.Le Parti communiste Après avoir énuméré les moyens de propagande puissants et divers mis à la disposition de l'Union des sans-Dieu militants, les statuts indiquent 3, 1" partie) que « l'Union des sans-Dieu militants poursuit son activité sous la direction du parti communiste en étroit contact avec les organisations des Jeunesses communistes, avec les syndicats et les autres organisations soviétiques ».La devise de l'Union des sans-Dieu est : « La lutte contre la religion est la lutte pour le communisme.» La deuxième partie des statuts spécifie que tout citoyen soviétique non privé de ses droits publics peut être membre de l'Union des sans-Dieu militants depuis l'âge de 15 ans.Il doit avoir rompu tout lien avec la religion, se soumettre aux statuts, faire partie d'une des organisations de l'Union ol payer ses cotisations nationales et internationales.La troisième partie est consacrée à Y organisation de l'Union des sans-Dieu militants.Notons que cette Union a le droit de personnalité juridique, avantage refusé aux associations religieuses.La quatrième partie énumère les organes dirigeants de l'Union et trace leur programme d'action, qui répète tout ce qui est dit dans la résolution du quatrième plénum.La cinquième partie est consacrée aux organisations régionales; la sixième, aux cellules des sans-Dieu.dans les différentes entreprises et organisations communistes.La septième traite de l'élection aux organes centraux de l'Union; la huitième, des finances; et la neuvième, de la liquidation de l'organisation.Victoire finale de la loi Quels seront les résultats de ce vaste programme de réorganisation ?On a pu constater que les sans-Dieu échafaudent souvent de semblables projets sans les réaliser complètement.Mais ce nouvel assaut contre la religion est soutenu par la G.P.U.Et chaque semaine on apprend que de nouvelles arrestations ou exécutions de prêtres et de laïcs ont eu lieu.En général, les victimes sont inculpées de soi-disant connivence avec les trotzkistes, alors que ceux-ci ne sont pas moins antireligieux que les staliniens eux-mêmes.Les persécutions en Russie durent depuis vingt ans.Cependant, elles n'ont pas eu les résultats espérés; d'autres moyens ont alors été employés pour déraciner la religion.On a essayé de démontrer scientifiquement l'absurdité de la foi, on a tenté de la ridiculiser.On a cru que la jeunesse, élevée à l'abri des principes religieux, deviendrait résolument athée.Aujourd'hui les sans-Dieu s'aperçoivent qu'une grande quantité de jeunes ont acquis la foi.A la suite de ces échecs, les persécutions ont redoublé.Mais chaque jour s'affirme la certitude de la victoire finale de la foi démontrant qu'il est impossible de construire Etat sur des bases uniquement matérialistes.Reprise de la lutte antireligieuse Réorganisation de l’Union des sans-Dieu militants D'autres mesures à appliquer dans le plus bref délai sont ensuite énumérées : recrutement de nouveaux propagandistes et organisation de cours à leur usage; épuration des cadres des sections locales, augmentation des effectifs des cellules de sans-Dieu, nouvelles nominations au Comité central dont les membres feront, à l'avenir, des tournées en province, création d'une section spéciale pour la propagande parmi les minorités.Le Comité central semble impatient de s'assurer le concours de savants qui seront chargés de cours antireligieux, et de jeunes gens qui formeront des conférenciers.Le nombre des publications antireligieuses sera augmenté et il en paraîtra dans toutes les langues de l'U.R.S.S.Le Sans-Dieu et ïAntireligieux prendront une nouvelle importance.Déjà le journal le Sans-Dieu (qu'il ne faut pas confondre avec l'illustré du même nom—N.d.1.r.), qui avait cessé de paraître depuis un certain temps, est édité à nouveau.Il y a lieu de signaler encore l'importance que les sans-Dieu attachent à la propagande par les musées.Ils projettent de transformer la section antireligieuse de l'Académie des Sciences en un Institut antireligieux, qui dirigera les musées antireligieux de Moscou, de Léningrad et de Kiev.En outre, on créera dix musées nouveaux.Les sans-Dieu veulent aussi pouvoir compter sur d'autres collaborateurs.Ils ont besoin de l'aide des syndicats, de celle des jeunesses communistes, de l'union des écrivains, de l'armée, etc.Enfin, pour intensifier leur action parmi les ouvriers, ils proposent que des travailleurs qualifiés soient libérés de leurs occupations professionnelles pour pouvoir se consacrer entièrement à la propagande antireligieuse parmi leurs camarades.LAntireligieux publie également divers rapports d'organisations régionales de l'Union des sans-Dieu.Nous y retrouvons le leit-motiv : insuffisance de l'action des sans-Dieu et mesures à prendre pour y remédier.Ils donnent cependant quelques renseignements intéressants.Par exemple, les membres de l'Union sont parfois recrutés sans qu'ils comprennent de quoi il s'agit.Une ouvrière, nouvelle adepte, reçoit sa carte de membre et s'écrie : « O mon Dieu ! (sic) où me suis-je inscrite ?Dans l’Union des sans-Dieu ! » Ces rapports parlent de l'activité des « popes ambulants », prêtres qui vont de village en village, prêchant l'Evangile, célébrant la messe, baptisant les enfants, soutenant la foi des fidèles.Ils vivent de leur travail d'artisans et sont exposés à de multiples dangers, aux persécutions, à la mort.Mais ils ne renoncent pas à leur mission dont le peuple apprécie la valeur.Le quatrième plénum du Comité central de l'Union des sans-Dieu militants a approuvé un projet de statuts qui sera ratifié au prochain congrès de l'Union.Les buts de celle-ci y sont formulés de la façon suivante : Activité religieuse « Mais cette constatation réjouissante a entraîné de nombreux dirigeants d'organisations communistes (syndicats, komsomols, commissariat de l'instruction publique, etc.) et même ceux de l'Union des sans-Dieu, à se faire une idée tout à fait fausse de la situation : ils se sont imaginé que la religion était définitivement extirpée d'U.R.S.S., concluant à l'inutilité de poursuivre la propagande.Il en est résulté l'effondrement de la plupart des organisations des sans Dieu militants.Les ennemis du peuple, les trotskistes, les disciples de Boukharine, les nationalistes bourgeois, les agents du fascisme sanguinaire en ont profité pour répandre leurs théories néfastes, pour renforcer la position de leurs alliés issus de la prêtraille réactionnaire.Les organisations antireligieuses qui ont été noyautées par ces ennemis du peuple, particulièrement en Ukraine, en Russie Blanche, à Ivanov, en Géorgie, à Voroniej, à Léningrad, à Arkhangel et ailleurs, n'ont pas su découvrir ces ennemis et ont abouti à un état de désorganisation complète.Au sein même du Comité central de l'Union des sans-Dieu, les ennemis du peuple Loukatchevsky, Kobetski et d'autres ont intrigué pendant des années et ont fait à l'oeuvre de propagande antireligieuse un tort immense.Cet affaiblissement a été exploité par les ecclésiastiques réactionnaires : les organisations religieuses ont repris de l'activité.» Contre le renouveau spirituel Les auteurs de ce texte affirment que ce renouveau spirituel provient uniquement du ralentissement de la campagne des sans-Dieu.Ils reconnaissent donc qu'il suffit de la suspendre pour que le sentiment religieux se manifeste spontanément dans toute la population.Ils constatent « qu'on observe une action concertée des ecclésiastiques appartenant à différentes confessions ».Aussi le Comité central exige-t-il que des mesures soient prises immédiatement pour développer la propagande.Il faut arracher les travailleurs à la religion.Ils le demandent eux-mêmes (!?) et l'ambiance est favorable à la reprise de la lutte.On utilisera une tactique nouvelle consistant à séparer les fidèles de leurs guides spirituels : tout en traitant avec rigueur les chefs des organisations religieuses, on évitera de froisser les croyants.On ne chassera plus les ouvriers des usines sous le prétexte qu'ils demeurent fidèles à leur foi, « ce qui eut lieu à maintes reprises ».La mauvaise situation de l’agriculture Pénurie, sécheresse et désorganisation velle « conquête » de la science soviétique; le combustible liquide sera prochainement extrait de la « boue organique » qui se trouverait, comme par hasard, dans toutes les régions éloignées des sources de pétrole.Mais ce n'est pas la première fois que les bolcheviks annoncent de grandes inventions plus ou moins fantaisistes.Un autre facteur explique aussi la mauvaise récolte de cette année; il s'agit de la sécheresse qui a régné dans de vastes régions, notamment à 1 est de la Russie européenne, dans le bassin de la Volga.Les journaux soviétiques, rompant le silence habituel sur ces sujets, ont publié ce mois-ci des articles complets qui attestent cette affirmation.La Sozialisteska'ia Zemledelié (organe du Commissariat de l'Agriculture de l'U.R.S.S.) du 22 octobre 1938, parle de la sécheresse, comme d'un véritable désastre et annonce que les pluies ont été inférieures en 1938 à celles de l'année 1891, connue dans l'histoire de la Russie comme une des plus désastreuses.Dans la Pravda du 15 octobre, le directeur de l'Institut des Céréales, Itzkov, publie un article intitulé « La lutte contre la sécheresse » et prétend toutefois que la science soviétique doit triompher d'une situation qui eût été catastrophique en pays capitaliste.De leur côté, les Isvestias du 27 octobre tentent de minimiser le fâcheux effet produit par ces nouvelles et déclarent que dans huit régions du Sud-Est seulement (régions dont les Isvestias ne précisent pas l'importance), la récolte a été inférieure à celle de l'année précédente.Il est encore difficile de savoir la vérité, mais on peut d'ores et déjà enregistrer un nouvel échec de l'économie socialiste qui entraînera de fâcheuses répercussions sur les nécessités vitales des citoyens soviétiques.Les renseignements qui proviennent de l'U.R.S.S.ces temps derniers font unanimement ressortir le mauvais résultat de la récolte.Le correspondant du Times écrit dans le numéro du 25 octobre 1938 qu'à son avis la production agricole est aujourd'hui trois fois inférieure à celle d'il y a trois ans, quoique la population ait augmenté de dix millions.Les greniers sont loin d'être pleins, dit le correspondant, et il n'est évidemment pas question de songer à exporter des céréales.Pour nourrir convenablement les citoyens de l'U.R.S.S., la Russie serait plutôt obligée d'en importer.Le correspondant du Times attribue le mauvais rendement de l'agriculture en grande partie au fonctionnement défectueux des machines agricoles, constamment arrêtées par suite d'avaries ou par manque d'huile et de combustible.Les Soviets se rendraient compte eux-mêmes qu'ils ont trop poussé à la motorisation de leur armée et de leur économie agricole et n'ont pas assuré la distribution et le ravitaillement en essence, qui est attribuée en premier lieu aux moteurs de l'armée, laissant les tracteurs en panne.Inutile de dire que le gouvernement des Soviets accuse les « saboteurs contre-révolutionnaires » de tous ces méfaits et prétend y remédier par des épurations et par la terreur.De nombreux ingénieurs agronomes et des fonctionnaires de l'agriculture ont été fusillés et déportés, mais le rendement ne s'améliore pas pour cela.Les responsables des transports ont également été accusés de n'avoir pas su organiser le ravitaillement en combustible liquide des régions situées souvent très loin des champs pétrolifères de la mer Caspienne.Pour relever le moral de la population, les autorités annoncent une nou- un 20 novembre 1958 L’ORDRE NOUVEAU - (15) — 3 Les approches cT régime corporatif un L’industrie automobile pour l'application de la loi Le Poullen, qui réglemente déjà l'industrie de la chaussure.La corporation doit, on l'oublie trop, fournir et garantir la qualité; d'où l'établissement d'une série de marques contrôlées qui témoigneront de cette qualité.Elle doit fournir au juste prix, sans sacrifier aucun des siens : pour chacun d'eux, M.Teinturier veut une rémunération suffisante à couvrir les besoins de l'existence, des allocations familiales, des assurances contre les accidents, la maladie, une assurance-chômage, une retraite pour les vieux travailleurs.Sur tout cela, un contrôle des prix, afin qu'on ne vende pas trop cher ni à trop bas prix.Les conseils de cette corporation, à chaque échelon, comprendraient, toujours selon M.Tainturier, les représentants de toutes les professions et de toutes les fonctions : patrons, artisans, ouvriers, ingénieurs, etc.Conseils paritaires, élus au centre national au moins, un Comité de direction, nommé par le Conseil, organe exécutif restreint.A côté, constitution d'un tribunal corporatif, présidé par un magistrat de carrière.Quant au président national de la corporation, M.Tainturier veut qu'il soit fonctionnaire, Conseiller d'Etat par exemple, représentant l'Etat au sein de la corporation.Il renonce ici à la compétence et nous ne le suivrons pas.Si l'Etat préside, il est embarqué, supposé même, supposé surtout que le fonctionnaire ait acquis une expérience suffisante.Or, la puissance publique est arbitre, au-dessus.Elle doit contrôler, promouvoir ou interdire, ce qui implique indépendance.Il se peut que la présence d'un représentant de l'Etat apparaisse nécessaire, dans les Conseils corporatifs nationaux : il n'y doit être que pour surveiller et guider, non pour présider.(Suite de lu pute 1) Considérons l'industrie automobile.Elle assemble quelques constructeurs premières, qu'il s'agisse de soie natu-dautomobiles très puissants, qui assu- relleouderayonne.Laliaisons'établira rent le principal de a production,-un aussi avec la rubannerie stéphanoise, nombre décroissant de constructeurs p^ simple, plus familiale et artisanale] moyens, des fabricants de moteurs, mais qui entend avoir son orga-— des carrossiers, un nombre consi- nisation corporative propre.Schéam deraWe d entreprises moyennes et pe- encore ! Mais un voyage, un an après htes, d ateliers artisanaux qui fabriquent une première visite, donnait l'occasion des pieces detachees de tous ordres, quelquefois pour l'automobile et pour d'autres industriels, — enfin les garagistes qui comprennent trois classes : il sera nécessaire, car « il convient de modeler les institutions sur les hommes et non pas les hommes sur les institutions ».Les hommes.Tous ceux qui exercent un métier lié au cuir : patrons, artisans, ingénieurs, contremaîtres, employés et ouvriers.« On objectera que les formations syndicales actuelles ne répondent pas à cette organisation corporative; ils sont en quelque sorte constitués en classes : c'est exact, et la corporation n'a pas la prétention de supprimer les classes d'un trait de plume, mais, pour commencer, d'en atténuer leur opposition, d'harmoniser leurs rapports et de servir leur prospérité commune.L'ouvrier sera encore longtemps plus près de son camarade que de son patron et aura des intérêts spécifiquement ouvriers à défendre.» Tous les besoins satisfaits Une corporation « doit fournir ce qu'il faut, tout ce qu'il faut, mais cependant pas plus qu'il ne faut ».M.Tainturier ne donne pas dans les utopies d'abondance; il lui suffit et il suffit bien que tous les besoins soient satisfaits.La conclusion pratique est que la corporation doit pouvoir renseigner ses membres : service statistique.Elle doit connaître la capacité de production de chaque entreprise, la quantité de marchandises entrées, la quantité de produits sortis, par périodes uniformes.D'où une comptabilité permettant de fixer chaque mois les peaux en poil produites à une extrémité, les paires de chaussures consommées à une des autres extrémités et les passages intermédiaires.Nous ne pouvons entrer dans le détail; si nous étions indiscrets, nous dirions comment les pouvoirs publics se sont emparés des projets d'organisation statistique de M.Tainturier de reprendre les conversations ébauchées.Certains, à Lyon, avaient réfléchi, dans les courts loisirs d'une vie , , .difficle : ils étaient arrivés aux mêmes les grands garages, filiales souvent conclusions, ayant d'ailleurs eux-mêmes des grands constructeurs, les garages suggéré celles qui précèdent, moyens et la poussière des petits.Nous laissons de côté les fabricants de pneu- La corporation du cuir matiques, liés plutôt aux industries du Rêvons-nous ?Voici un homme du caoutchouc, pour marquer seulement la métier, vice-président du Syndicat gé-necessite ici de liaisons mtercorpora- aérai des cuirs et peaux de France, qui tives étroites avec presence consul- nous dit, sachant de quoi il parle, corn-tative de leurs délégués dans les conseils ment les industries du cuir doivent s'or-corporatiis de 1 industrie automobile et , .ganiser corporaiivement Il pense que réciproquement.^ Les garagistes peu- fa corporation du cuir doit englober vent s organiser a part, iegionalement.tous les métiers du cuir, c'est-à-dire né-Ils relevant plutôt du commerce et pour gociants et commissionnaires de cuirs eux deux ordres de corporations pa- en poil, tanneries et mégisseries, corroye-raissent necessaires.ries, négociants et commissionnaires de ., „ , .T cuir tannés, fabriques de chaussures, tivement, fabriquent 1 automobile.Les
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.