La revue trimestrielle canadienne, 1 janvier 1929, Juin
V.GU S MAR 1 BIBLIOTHEQUE MONTRÉAL Juin 1929 année 'N TR’Êt Canadienne Art de l’ingénieur—Economie politique et sociale—Mathématiques Législation—Histoire—Statistique—Architecture—Sciences Hygiène—Industrie—Forêts—Finances—Transports.SOMMAIRE Tages 113— I.Le Vol de l’Avion.130— II.Finie, la Paix des Végétaux?.153— III.Propos sur le Romantisme .170— IV.L’Enseignement secondaire.178— V.Le Malaise alsacien:.187— VI.La Législation et l’Administration des Eaux, 198— VII.French Canadian Co-operation — PIERRE FRANCK ANTONIO BARBEAU JEAN BRUCHESI JEAN FLAHAULT ULRICH METZGER A.-B.NORMANDIN III Intellectual.EDOUARD MONTPETIT 214—VIII.Revue des Livres.218— IX.Vie de l’Association et de l’École.ASSOCIATION DES ANCIENS ÉLÈVES ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL COMITE DE DIRECTION : Président: Mgr J.-Vincent Piette, Recteur de l'Université de Montréal.Membres : MM.Aurélien Boyer, Principal de l’École Polytechnique.Augustin Frigon, Directeur de l’École Polytechnique.Arthur Amob, Chef du service hydraulique de la Province de Québec.Victor Doré, Professeur à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales.Alfred F yen, Professeur à l’École Polytechnique.Léon-Mercier Gouin, Avocat.Théo.-J.Lafrenière, Professeur à l’École Polytechnique.Olivier Lefebvre, Ingénieur en chef, Commission des Eaux courantes.Olivier Maurault, p.s.s.Curé de Notre-Dame.Édouard Montpetit,Professeur à l’Université de Moutréal Antonio Perrault, Professeur à l’Université de Montréal.Arthur Surveyer, Ingénieur Conseil.L.Brunotto, Bibliothécaire de l’Ecole Polytechnique.Armand Circé, Professeur à l’École Polytechnique, Secrétaire de l’Association des Anciens Élèves.COMITÉ D’ADMINISTRATION ET DE RÉDACTION : Président : Arthur Surveyer.Membres: MM.Édouard Montpetit, Arthur Amos, Augustin Frigon, Olivier Maurault, Théo.-J.Lafrenière, Antonio Perrault, Olivier Lefebvre, Léon-Mercier Gouin.Rédacteur en chef: Édouard Montpetit.Secrétaire de la rédaction : Léon-Mercier Gouin.Secrétaire Général: Augustin Frigon Trésorier: AuréËen Boyer PRIX DE L’ABONNEMENT ANNUEL Le Canada et les États-Unis S3.00 — Le numéro .75 cents Tous les autres pays $4.00 — Le numéro $1.00 La Revue Trimestrielle Canadienne paraît quatre fois l’an: en mars, juin, septembre et décembre.La Revue est accessible à la collaboration de tous les publicistes, spécialistes et hommes de profession; mais la Direction n'entend pas par l’insertion des articles assumer la responsabilité des idées émises.Tous les articles insérés donnent droit it une indemnité calculée par page de texte imprimée ou de graphiques.Les manuscrits ne seront pas rendus.La reproduction des articles publiés par la Revue est autorisée, à la condition de citer la source d'où ces article' proviennent.Il sera rendu compte de tout ouvrage dont il entra clé envoyé un exemplaire à ta Rédaction.Adresser toute communication pour les abonnements, publicité, collaboration etc.directement à : La Revue Trimestrielle Canadienne 1430, rue Saint-Denis, LAncaster 9208 Montréal LIVRES l n local moderne aménagé avec grand soin en vue du niaxi muni do confort pour le public, d’innombrables rayons chargés des meilleurs ouvrages connus, l’ensemble des livres français le plus considérable qu'il soit possible de contempler en Amé rique, telle est notre nouvelle installation Notre fonds de librairie est constamment augmenté des dernières nouveautés La disposition pratique de notre étalage vous permet de "Bouquiner” tout â votre aise.HAYON DES LIVRES FRANÇAIS Nouveautés.Romans, Littérature, Poésies, Critique, Auteurs Classiques, Sciences, Histoire, Géographie, Beaux-Arts Livres d’Utilité pratique, Cartes et Guides pour Automobilistes, Mécanique Automobile, Livres spécialement destinés aux bibliothèques paroissiales et scolaires, Albums et Livres d’images pour enfants, Grands Ouvrages (je Bibliothèque, Collections de livres reliés, Editions de Luxe, Pièces de Théâtre RAYON DES LIVRES CANADIENS Toutes les nouveautés du Terroir ainsi que les meilleurs ouvrages de fonds.RAYON DES LIVRES RELIGIEUX Le plus grand choix de Littérature Religieuse en Amérique Philosophie, Théologie, Ecriture Sainte, Ascétisme, Hagiographie, Biographie, Liturgie.DEMANDEZ NOS CATALOGUES GRAINGER FRÈREi La plus importante librairie et papeterie française du Canada tDMvND-J.MAS ICOTTE Il REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Ecole de Pharmacie Université de Montréal L'Ecole de Pharmacie donne l'enseigne* ment de toutes le» «clence» pharmaceutiques et qualifie en tout point l'étudiant pour la licence ainsi que pour les grades de bachelier et de docteur en pharmacie.Son programme comprend In matière médicale, In toxicologie, la botanique, 1a pharmacie théorique et pratique, la phyil-que, la chimie minérale, organique et biologique, théorique et pratique ; travaux de laboratoire : analyse», essais, titrages, Identification», etc.A.J.LAURENCE, Directeur.Pour vous tenir au courant du mouvement scientifique FACULTE DE CHIRURGIE DENTAIRE UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL (Canada) Membre de l’Association nationale des Facultés dentaires américaines Cette Faculté est la seule en Amérique donnant l’enseignement dentaire en langue française.On y reçoit en 4ème année des diplômés étrangers, désireux d’obtenir le doctorat en chirurgie dentaire (D.D.S.).L’Université vient de consacrer une somme de trois cent mille dollars pour une nouvelle installation de l’enseignement dentaire en rapport avec le progrès de la dentisterie moderne.Pour prospectus et informations, écrire au Doyen, Le Dr EUDORE DUBEAU 380, rue ST-HUBERT, Montréal, Can.Université de Montréal I isez les articles documentés de “LA SCIENCE MODERNE” Revue Mensuelle illustrée L’hôpital de l’Ecole Vétérinaire est ouvert tous les jours de 8 h.du matin à 4 h.de l’après-midi.paraissant en France, en Belgique, en Suisse et au Canada.ABONNEMENT: J3.50 • Chez DEOM FRÈRE 1247 St-Denis, Montréal CLINIQUE GRATUITE Tous les mardis et vendredis, de 8 h.à 12 h.du matin, (entrée $0.25).Sous la direction du professeur F.T.DAUBIGNY, M.V.Entrée générale 75, RUELLE PROVIDENCE ou aux bureaux de la Revue 365, ST,HUBERT, - - MONTRÉAL Téléphones /Hôpital Est 4005.\Ecole Est 7129 K^VTJE TRIMESTRIELLE CANADIENNE III Ecole des Hautes Études Commerciales Affiliée à l'Université de Montréal Préparant aux Situations Supérieures du Commerce, de l’Industrie et de la Finance.Bibliothèque Economique.Musée Commercial et Industriel.Décerne les diplômes de Bachelier en sciences commerciales, Licencié en sciences commerciales, de Docteur en sciences commerciales, et Licencié en sciences comptables.Ce dernier diplôme donne droit d’admission dans l’Association des comptables agréés de la province de Québec (G.A.), l’Institut des comptables et auditeurs de la province de Québec (L.I.C.) et la Corporation des comptables publics de la province de Québec (C.P.A.) BOURSES DU GOUVERNEMENT _ Cours spéciaux réservés aux avocats, aux notaires et aux ingénieurs.COURS LIBRES DU SOIR : comptabilité théorique et pratique, opérations de banque, opérations d’assurance, correspondance anglaise et française, mathématiques financières, économie politique, droit civil, droit commercial, langues étrangères: italien, espagnol, allemand.Cours spéciaux, préparatoires à la Licence en sciences comptables.COURS PAR CORRESPONDANCE : comptabilité, français et anglais commercial, économie politique, droit civil, droit commercial, algèbre, etc.Pour tous renseignements, brochures, prospectus, inscriptions, etc., s’adresser au directeur: Coin avenue Viger et rue.St-Hubert, MONTREAL Jième VOMGE L UNIVERSITÉ de MONTRÉAL du 6 au 27 Juillet C .W" V.'-'- Par train spécial de luxe du Pacifique'Canadien DIRECTION PERSONNELLE DE M.HENRY LAUREYS Directeur de l'Ecole des Hautes Etudes Commerciales LES GRANDS LACS LES ROCHEUSES L’OUEST CANADIEN LA COTE DU PACIFIQUE tous frais compris pour ?Uv lit-bas.Aussi lit-haut.Compartiment, salon-lits.Séjour dans les hôtels et camps de chalets du Pacifique Canadien.Le voyage de vacances idéaL Pour renseignements complets, s’adresser à l'Université de Montréal ou aux agents du PACIFIQUE CANADIEN Revue Trimestrielle Canadienne MONTRÉAL JUIN 1929 LE VOL DE L’AVION.I — FONCTIONNEMENT DE L’HÉLICE Pour coin prendre dans quelles conditions vole un avion, il faut (jiie nous étudiions comment se fait sa propulsion.Elle se fait par l'intermédiaire de l’hélice, qui tourne dans l’air.Fig.1.— L’IIélice.“ 1 = a 111 «S» a',; O |A'.=0A i ; (I.AUoA, 0A2=20A,; O ,A 11 =20 2A 11 OM = A 1 ,AI = A 1 ;M ' 2 114 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE Cotte hélice est toile quo lo contre do gravité do toutes ses sections est placé sur une même ligne, qui est la “fibre neutre”.La corde de la section est tangente à la courbe hélice (pie décrit le centre de gravité de la section quand (die tourne et avance en même temps.Tous les points de l’hélice avancent de la même quantité quand elle fait un tour.Par conséquent, le pas de toutes les courbes hélices doit être le même.1 Or nous savons (pie, si nous développons le cylindre qui porte l’hélice décrite (fig.1) par A i sur un plan tangent, l’hélice se développe suivant une droite O ,A11, dont l’angle a' , avec la base O iA ', est égal à l’angle a ,.Si nous cherchons de même l’angle aI2 = a2 en A -, tel (pie 0As = 20Ai, nous trouvons un angle a2 plus petit (pie a,, donc la corde de chaque section fait avec le plan de rotation de l’hélice un angle qui décroît du centre à l’extrémité.Si l’avion avance de la longueur du pas d’une telle hélice dans le temps où elle fait un tour, elle ne va rencontrer dans l’air aucune résistance autre (pie la résistance de frottement.Elle ne produira aucun travail et ne servira à rien.L’avion va donc ralentir, et l’hélice, qui avancera dans l’air moins vite (pie ne le demanderait son pas, chassera de l’air en arrière, produira du travail et fera avancer l’avion.On conçoit que, dans le premier cas, le rendement de l’hélice était nul, et qu’il n’est plus nul dans le deuxième cas.Pour un nombre de tours déterminé de l’hélice, son rendement dépend donc de la vitesse de l’avion.11 peut même arriver que le rendement soit négatif; c’est le cas où, en descente, l’hélice tournant doucement, l’avion avance plus vite (pie ne le permet le pas de l’hélice.L’air agit alors sur l’hélice pour la faire tourner plus vite, et elle joue le rôle de frein.Nous aurions pu.pour obtenir que l’hélice fasse du travail, ne pas attendre que la vitesse de l’avion diminue, et augmenter le nombre de tours.Le rendement de l’hélice quand l’avion a une vitesse constante, dépend donc du nombre de tours.En fait, il dépend aussi du diamètre D de l’hélice et il varie comme le facteur Y .mD L’hélice, en tournant, développe une force fie traction T, et un couple résistant Q (pii ont pour valeur: 1 En réalité, on fait dos hélices dont lo pas varie lo long de la pale, mais nous n on parlerons pas, afin de ne pas compliquer la question. LE VOL DE L’AVION* 115 T = -b n 2D4 Q = pb n :D5 La puissance est : W = y_5 n3D5 ot le rendement, y = ~ V 7.nD p et 7 sont des facteurs (|iii dépendent uniquement de V = Y On les détermine expérimentalement, et on trace les courbes de leur valeur en fonction de Y.Avant d'étudier l’action de l’air sur l’avion, il faut encore définir l'angle d’attaque.C’est l’angle de la corde tie l’aile avec la direction des filets d’air.L’action tie l’air sur l’avion se décompose comme l’action tie l’air sur l’aile, clans la traînée et la poussée.Supposons que, sur l’aile seule, la résistance et la poussée soient: Dans une première approximation, nous pouvons admettre cpie l’aile seule est porteuse et, par conséquent, que Fy est le même pour l’avion que pour l’aile.Par contre la présence du fuselage et de tous les éléments de l’avion crée une résistance à l’avancement tpii peut s’écrire: S étant la surface totale de tous ces éléments.C* étant un facteur fixe qu’on considère pratiquement comme indépendant de l’angle d’attaque.Si bien que la résistance totale de l’avion est: nD II —POLAIRE DE L’AVION 5 SV1 en posant C* ^ = C * C1 4-0° = r ' X > v X V X Nous obtenons les forces agissant sur l’avion" 11G REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE La polaire de l’avion se déduit de celle de l’aile en la décalant de C'x dans le sens de l’axe des X.Ayant la polaire de l’avion, nous pouvons étudier son mouvement.Supposons d’abord qu’il se déplace horizontalement, à altitude constante.Nous allons rechercher quelle traction doit produire le moteur pour obtenir ce résultat.Puis nous verrons quelle est la vitesse et quel est l’angle d’attaque.En vol horizontal la traction T fait équilibre à la traînée Fx, et la poussée FT fait équilibre au poids P (fig.2).III — VOL HORIZONTAL ¦> & Fig.2.— Équilibre en vol horizontal.P =CV So V2 (1) T=CXS5Y2 (2) Etudions les variations de V et T.C'v S 5 LE VOL DE L’AVION 117 Ainsi, si on applique à l’avion la même force de traction et qu’on ait le même angle d’attaque, la vitesse augmente avec l’altitude comme la racine carrée de la densité de l’air.Ce résultat est des plus importants; on estime que si l'on arrive à maintenir constante la traction de l’hélice jusqu’aux grandes altitudes, on y obtiendra des vitesses considérables et certains pensent que l’avenir des transports aériens est, pour cette raison, dans la haute atmosphère.T Cx P Cv La traction nécessaire pour soutenir en l'air un certain poids est la même à toutes les altitudes, pourvu que l’incidence reste constante.Cx = tga C’v Quand T et I* sont déterminés, a est déterminé; d’où A et B (fig.3).A chacun des points A et B correspond un angle d’attaque auquel on peut voler.Pratiquement, on n’utilise que le plus petit, nous verrons ultérieurement pourquoi.Af Fig.3.— Variation de la traction avec l’incidence.ii = angle optimum, lequel correspond ci Cx minimum.ci/ lis REVUE trimestrielle canadienne La traction la plus faible est obtenue pour OM tangont]à la polaire, c’est-à-dire pour le minimum de—\ L’angle^d’attaque correspondant est l'angle optimum.I a puissance necessaire pour entretenir le vol est: ïï, = T Y (3) ou W„ = C'x S5 V3 (4) La formule (3) montre qu’à incidence constante, la puissance 1 ., nécessaire au vol augmente avec l’altitude comme-—puisque la v ô traction ne change pas et que à' augmente.Lille varie en raison inverse de la racine carrée de la densité de 1 air.ISS AN CE DÉTERMINÉE, EN FONCTION DE L’INCIDENCE.A une altitude déterminée, on peut construire la courbe de la puissance nécessaire au vol en fonction de l’incidence (fig.^4). LE VOL DE L’AVION 119 On peut aussi construire la courbe des puissances nécessaires au vol en fonction de la vitesse.A chaque point de cette courbe correspond une incidence déterminée.Les incidences diminuent quand la vitesse augmente (fig.5).V .Fig.5.— Puissances néce S AIRES AU VOL A UNE ALTITUDE DÉTERMINÉE, EN FONCTION DE LA VITESSE.ij = angle du minimum de puissance.0 =angle optimum, tga', =Ptga., ; i,>i , Les coefficients angulaires sont l’inverse de ceux de la polaire multipliés par P, puisque W» = PC* V c, La tangente OM (fig.5) nous permet de retrouver l'angle optimum i, et la droite AB, l’angle i.du minimum de puissance.Celui-ci est plus grand que l’angle optimum.La puissance utilisable est égale à la puissance du moteur multipliée par le rendement.Or ce rendement qui dépend de l’hélice est fonction de V,(—¦— ) ; la puissance utilisable est donc aussi fonc- 120 REVUE TRIMESTRIELLE CANADIENNE tion de V.On peut la calculer, et on trouve la courbe de la figure 6.Rapportons aux mêmes axes la courbe de la puissance nécessaire, et la courbe de la puissance utile (fig.7).Leur intersection nous indiquera à quelles vitesses ces deux puissances sont égales.Fig.G.— Puissance utilisable a une altitude déterminée, MOTEUR PLEIN GAZ.Ainsi, pour voler horizontalement à l’altitude qui nous intéresse, nous pourrons adopter deux puissances correspondant à A et B qui nous donneront chacune une vitesse différente et un angle d’attaque différent.Pratiquement, on adopte l'angle i qui donne la plus grande vitesse et correspond au point A.La raison en est qu’en A, l'équilibre c*t stable.En effet, si l’angle d’attaque diminue, la vitesse augmente, la puissance nécessaire augmente, la puissance disponible diminue: la vitesse tend donc à diminuer et le point de fonctionnement est ramené en A.Fi l’angle d’attaque augmente, la vitesse diminue, la puissance nécessaire diminue et la puissance disponible augmente, la vitesse tend à augmenter et le point de fonctionnement à revenir en A.Il est facile de voir qu’en B, l’inverse se produit, (pie l’équilibre est instable et (pie, si on y augmente l’angle d’attacpic, on se met en perte de vitesse.C’est pourquoi on ne vole pas à l’angle d’attaque i Ainsi, à une altitude donnée, avec toute la puissance du moteur, on vole horizontalement avec un angle d’incidence i sans aucun danger.On peut réduire le moteur progressivement en augmentant l’angle d’attaque.La courbe Ws’abaisse jusqu'à devenir tangente à Ws; 0 LE VOL DE L AVION' 121 - Possibilité dc vol horizoxtal a uxe altitude détekmixée.j =vol plein gaz; i 1 —vol moteur réduit; i > -vol angle optimum; ij =vol minimum de puissance; i Fig.12.— Équilibre en virage.v_ r Dans ce cas, la traction du moteur fait équilibre à la traînée, et la résultante OR est équilibrée par la poussée.Les équations d’équilibre sont donc: LE VOL DE L AVION' 120 JL =CV S 5 Vj eos ^ T = CX S 5 Vo Soit Y la vitesse horizontale rectiligne à la mémo altitude Y ; = ' V cos £ Fa vitesse en virage est plus grande èju'cn vol horizontal.Nous avons vu que la puissance nécessaire au vol horizontal rectiligne était: \YS.=CX 6 S Y '1 Si \Y;S- est la puissance nécessaire au vol horizontal en virage, nous avons: - C’est-à-dire que la puissance necessaire au vol en virage est Supérieure à la puissance nécessaire en vol rectiligne horizontal.Les conséquences de ce fait sont très graves.Si un pilote qui est en vol rectiligne horizontal se met en virage horizontal sans accélérer son moteur, la puissance utilisable devient inferieure a la puissance nécessaire, la vitesse diminue, l'avion se met en perte de vitesse, et, comme il est généralement incliné à l'intérieur du virage, il glisse et tombe de côté.Si le pilote est haut, il peut manoeuvrer et rétablir l’équilibre.Mais -'il est près du sol cet accident est toujours fatal, ("('st pourquoi il est toujours imprudent de faire un virage après avoir décollé, avant d’etre a une altitude suffisante.Car il suffit (pie fi' moteur faiblisse dans ce virage pour provoquer un malheur.En développant la formule qui donne 1\ x en fonction de on démontre (pie la puissance nécessaire Wÿ est.d’autant plus grande qui' le rayon de virage est plus court.Comme la puissance disponible \Y,.est limitée, le plus court virage qu’on pourra faire sera celui (pii exige cette puissance, en sorte qu on pourra faire un virage d’autant plus court (pie la puissance disponible en vol rectiligne \Y, —\YN est plus grande.Si l’on est au plafond, on ne peut virer.Pierre Franck Ingénieur en chef de l'Aeronautique Française FINIE, LA PAIX DES VEGETAUX?0) On reconnaît à la vie trois propriétés très générales: la nutrition, qui est l’apport de matière extérieure, sa transformation en substance propre à l'élément vivant, et le rejet des déchets; l’irritabilité, par quoi une substance vivante est susceptible de sentir, physiologiquement parlant, un changement du milieu extérieur et d’y répondre; l’adaptabilité, modification de structure et de fonction en vue d’une fin à accomplir.Nutrition, adaptabilité, irritabilité ne sont, elles-mêmes, que des espèces du genre mouvement: mouvement de matière, mouvement d’énergie.1 2 1 — Le mouvement en général chez les animaux et chez le-s végétaux Le sujet élémentaire, dans lequel la vie élit domicile est la cellule, composée d’une substance ordinairement amorphe, appelée protoplasme, et d’un noyau.La cellule se nourrit, s’accroît, s’adapte Le protoplasme se meut pour son compte; le noyau aussi.Entre les deux composantes de la cellule se font d’incessants échanges de matière et d’énergie.Et voilà quelques-uns des innombrables mouvements internes de la cellule.Cette cellule simple, isolée, substratum des êtres dits itnicel-lulaires, prend contact avec l’extérieur.Elle réagit par une redistribution de son protoplasme et de son noyau à l’action des différents excitants, lumière, température, pression, concentration ionique du milieu, etc.L’ensemble des excitants et les modifications d’orientation qu'ils déterminent s’appellent les tropismes.Ce sont des créateurs et des directeurs de mouvement.Sous leur influence, une amibe, pai exemple, émet tra des prolongements de son protoplasme en forme de doigts, les pseudopodes, et se déplacera.1 Conférence prononcée à la Société Canadienne d’Histoire Naturelle, à l’Université de Montréal, le 1er décembre 1928.2 Combien d’auteurs ont tenté de circonscrire la vie dans une définition.Définir pourtant c’est savoir.Et nous ignorons la nature scientifique de la vie.Aussi ces définitions sont-elles restées toutes sur le crible de la critique.Hormis une toutefois, celle qui tient compte de la propriété la plus générale retrouvée chez tous les êtres animés.La vie est mouvement immanent, c’est-à-dire ayant son terme et son objet dans un même sujet. FINIE, LA PAIX DES VEGETAUX 131 D’autres cellules subissent une certaine différenciation morphologique en vue d’un mouvement à accomplir.Telles sont les cellules ciliées.Elles sont cylindriques.A la périphérie, le protoplasme s’est transformé en fibrilles très fines, dont la réunion compose des cils minuscules.Une poussière vient-elle à tomber sur ces cils?Us répondent immédiatement à cette irritation en repoussant le corps étranger.Placerait-on un groupe de ces cellules, une portion de l’épithélium de la trachée, par exemple, sur une lame de verre, les cils touchant le verre, on constaterait un déplacement en masse de cet épithélium, causé par le mouvement des cils.C’est l’expérience curieuse de la limace artificielle de Mathias Duval.Connaissons-nous de tels faits dans la vie végétale?Oui.Les myxomycètes montent sur les troncs et les branches des arbres par des mouvements pseudopodiques analogues à ceux des amibes.Les anthérozoïdes des Mousses et des Fougères présentent des mouvements spiraux.Les Zoospores ont eux aussi des cils.Certains, tels ceux d’une algue, la Vauchérie, ont des poils sur toute leur surface protoplasmique.D’autres n’en ont (pie deux, l’un en avant cpii agit à la façon d’une rame, l’autre en arrière, qui est un véritable gouvernail: Ils servent au zoospore à se mouvoir dans l’eau.La cellule, comme l’homme, est faite pour vivre en société.Ermite, elle peut, sans doute, se suffire à elle-même.Pour atteindre la perfection, elle se réunit à d’autres cellules.Chacune garde plus ou moins latentes, toutes ses possibilités, mais tend de plus en plus à se spécialiser dans une fonction déterminée, apportant à la communauté sa quote-part de rendement.Les êtres qui résultent de cette association de cellules sont dits pluricellulaires.Et les mouvements qu’on y observe, s’ils peuvent être l’effet de la motilité de tout protoplasme, résultent surtout de l’action d'un ensemble de cellules plus adaptées à les produire.Des exemples de mouvements d’ensemble chez les policellu-laires?Il serait oiseux d’en donner dans la vie animale, tant il s’en présente à qui regarde, même ne sachant pas regarder.Nous en connaissons plusieurs dans le règne végétal.Personne n’admet plus la différence fondamentale (pie Linné imposait aux deux règnes: “L’animal se meut, la plante est immobile”.Les Oscillaires sont des organismes végétaux déjà assez complexes.Un long filament les compose, et ce filament est animé à son extrémité d’un mouvement pendulaire.Les Diatomées, elles, se 132 R K vu K TRIM K.vrai i:lle c a N A 1)1 EX X E meuvent en bloc clans leur carapace, comme des guerriers sous leurs armures.Autres genres de mouvements: Celui de la racine se vrillant dans la terre, de la tige et des feuilles s’orientant selon la lumière incidente.Le Trèfle, l’Oxalide et l’Onagre subissent des successions de veille et de sommeil au cours desquelles leurs aspects changent.Les modifications vont chez d'autres plantes, telles les Mousses et les Fougères de roche et murailles, jusqu'à la mort apparente.Par les temps secs, leur tige est rigide et fragile; les feuilles s’enroulent et se plissent.S'il pleut, c'est une reviviscence.Le phénomène est surtout marqué chez la Séluginellc à feuilles écailleuses que les Horticulteurs appellent Fougères de la résurrection.Dans nos bois nous avons le Polypode de Virginie qui subit les mêmes transformations.Xe réalisent-elles pas des mouvements hautement compliqués les plantes dites carnivores?d'elle cette Dionnéc at trappe-mouche, que Linné appelait le Miraculum Naturae.Ft le Droséra de nos tourbières.Fn insecte touche sa feuille, dont les lobes sont garnis de cils glandulaires.Irrités, ces cils se rabattent sur l’animal capturé et s’enroulent sur lui.L’insecte meurt lentement, digéré par les Sucs de la plante ou par des bactéries.Ft cette action puissante et synergique ne se produit que sous un excitant minime.Un morceau de cheveux, pesant quelques millièmes de milligrammes, suffit à le déclancher, alors qu’une volumineuse goutte d’eau resterait sans effet.Mais les mouvements des plantes qui ont surtout attiré l'attention sont ceux de la Sensitive.Nous y reviendrons avec force détails en analysant tout à l’heure les travaux de Pose.Nous trouvons donc du mouvement manifeste chez les Poly-cellulaires comme chez les unicellulaires et ceci dans les deux règnes.Par quel mécanisme ce mouvement se produit-il ?Tout mouvement constaté suppose l’intervention de trois processus: l’excitation, la conduction de cette excitation et la réponse.Tout protoplasme doit donc posséder les trois puissances correspondantes, la conductibilité, l’excitabilité, la responsivité.Chez les unicellulaires très simples, tels les amibes, le protoplasme est tout à la fois récepteur, conducteur, effecteur.D’autres unicellulaires se différencient déjà un pou plus en vue de la captation d’une excitation et de la production d’un mouvement.Les cellules à cils, animales et végétales nous en ont tout à l’heure fourni un exemple.Mais, à mesure que FINIE, LA PAIX DES VEGETAUX 133 los et res sp complif|iipnt, cIps groupes de cellules sp spécial isent davantage,
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