Le Courrier de St-Hyacinthe, 7 janvier 1911, samedi 7 janvier 1911
[" ~r S6e Année Mo 70®® fSBlB COMPLETE J an vier^lQll No 42 SAMEDI, 7 Nos Institutions,\u2014Notre Langue,\u2014Nos Lois.ü GBiirier ûe Saisl-Hyaciillm N oc es D\u2019O R SxuHYAOINTHB, 7 JANVIER 1911 Elections \u201c\t' lundi matin a en lien la mise en Domination des candidate an conseil de ville de St Hyaointhe.Cioq éclievina sortaient de charge : HM.Lome P»yan, manufacturier, quartier No 1 ; Joa.Hnette, entre-preneor, qnHrtler No 2 ; Blie Bonr-bean, professeur à l\u2019Ecole d\u2019indne trie Laitière, quartier No 3 ; G.A.Charpentier, agent de la Presse, quartier No 4 et Aimé Amyot, manufacturier, quartier No 5.Les candidats n\u2019ayant pas en d\u2019opposants ont tous été élns par acola mation.Parlement Provincial Lu dernier noméro de la Gazette officielle de Quéàec, annonce quo la flexion proviuolale s'ouvrira mardi prothnin, 10 janvier.Le Parlement se réunit beancoup pins tôt que de coutume car ses tra vaux devenant de pins en pins importante, le gouvernement a voulu les accomplir avant l\u2019arrivée des chaleurs.Comme par le passé nous tiendrons dos lecteurs an courant des débats.LA LOI LAVEKGJE Ou .sait que cette loi qni oblige toutes les compagnies d\u2019ntilité pu blique do la province de Québec à Imprimer eu anglais et en français leurs documents, billets, connaisse® sements, horaires, avertissements, etc., est devenue applicable le 1er janvier 1911.Or aucune de nos grandes compagnies ne .s\u2019y est enoore soumise et les voyageurs ont pu constater qu\u2019aucno changement n\u2019avait été fait dans les billets et horaires de chemins de fer, entièrement im primés en angtais comme par\\le passé.Qu'elles déclarent franchement qn\u2019elles refusent d\u2019appliquer la loi ou que comme le Paoiûque Canadien, elles prennent un moyen détourné eu déclarant qnVlles se serviront de formules bilingues lorsqu\u2019elles auront épuisé leurs stocks, qui pen veut être inépuisables, leur mauvaise volonté à toutes et leur intention bieu arrêtée de ne pas se soumettre,, sont manifestes.Elles prétendent que cette loi de*, vrait émaner du .Parlement Fédéral et non du,,Parlement Provincial, qu\u2019on ne.peut, à moins ,de,,donner aux formules une grandeur démesurée et d\u2019on maniement difficile, faire sur la même feuille l\u2019impression anglaise et française, et qu\u2019elles seraient de pins inutilisables en de-, hors du territoire canadien.Ancon de oes arguments ne tient debout.Oe qui prouve irréfutablement que le système des formates bilingues est possible, c\u2019est qae deux pays euro péeos, la Suisse et Ja Belgique, l\u2019ont adopté depuis longtemps, pour l\u2019intérêt des compagnies et la commodité des étrangers qui visitent oe* P»ys.Et dans oes deux nations leq voyageurs n\u2019ont pas besoin de pren-, dre un supplément de bAggage poor transporter lenrs billets imprimés en anglais et en français.Eu France même, la plupart des avertissements aux voyageurs, dans les gares et dans les compartiments de chemins de fer, sont imprimés eu deux et même trois langues.Mieux que cela, chez nos voisins des Etats-Unis, les formules bilio-Roea sont couramment employôfS,oar la morgue de noa amis les yankees «\u2019incline ,devant leur» intérêts bien entendus.AJnsl voilé plusieurs pays, n\u2019ayant qu\u2019une langue cffioielle, qui pratiquent couramment le système bilinfit chez nous où le français a le même droit de cité que l\u2019anglais,dans une province française, des compagnies que noos faisons vivre de nêtre urgent refuseraient l\u2019a sage de, nôtre langue et tiendraient pour noneve-uuet nue loi votée par le Parlement Provincial 1 ff*0» «spérona que la presse en-uôreprotestera contre eette illégalité Qui s\u2019est rien moins qu\u2019une inanité 4* l*»gM française.L\u2019hon.M.et Mme P.Boucher de le Bruère ont célébré mardi leurs noces d\u2019or en notre ville.M.Pierre Boncher de Ja Bruère est né à St Hyacinthe le 5 juillet 1837, dn mariage de M.Pierre Boucher de Sa Brnère, médecin, avec Mlle M.H.Boucher de 1a Broqnerle.Il descend de Pierre Boucher de Boucherville, ancien gouverneur de Trois-Rivières.Parmi ses souvenirs de famille il a encore des drapeaux donnés an bataillon de son giand père, René B.de la Brnère, par la princesse Charlotte d\u2019Angleterre an coors d* la gn*rr« de 18]2 13 et nne médaille de Châteauguny, dé cernée à son grand-père par la reine Victoria en 1837 pour la part qu\u2019il avait prise à cotte bataille.Après avoir fait ses études au séminaire de 8t Hyaointhe il ertra dans le bureau de M.de Boucherville è St Hyaointhe, puis dans celui de Sir Geo.Etienne Cartier, à Montréal et suivit les coors de droit de l\u2019Université Laval de Québec.Il exerça sa profession en notre ville durant quelques années, fut ensuite nommé protonotairo et eufin se consacra an journalisme.Après avoir été rédacteur au COURRIER DE ST HYACINTHE avec fen Honoré Mercier, il en deviut propriétaire de 1875 à 1895.Nommé conseiller Jégisîatif en 1877, il fat dorant hait ans prési \u2022 dent de ce conseil et occupa ce po?te jupqu\u2019à mai 1889 ; à l\u2019avènemnnt dn gouvernement de Boucherville il reprit la présidence qu\u2019il conserva jusqu\u2019à 1895, époqne à laquelle il remplaça l\u2019hon.Gédéou Ouimet comme surintendant de l\u2019Instruction Pabllqoe.\t.Le 8 janvier 1861 il avait épous ê Melle Marie Viotorioe Alice Leolèie, fille dn notaire Pierre-Edouard Leclère de St Hyaointhe.De leur mariage naquirent quinze enfants dont neuf sont vivants : Pierre-Eiouard, do Goaticook ; Marie Louise, épouse de Joseph Bergeron, de Boston ; Alice, époase du Dr René Fortier, de Québec ; Mon-tarville, rélacteurau Devoir ; An-gélioa, épouse de M.Louis Lussier, avocat à Saint-Hyacinthe ; La Bro* qnerie de la Broère, dentiste, à Bid-deford, (Maine) ; Augustine, épouse dn Dr L.N.Lemieux, dentiste à Québec ; Montbruu, de Lawrence, Mass., et Aljne, épouse du Dr Georges Pinault, de Oampbelltown, N.fî.Trente sept petits-enfants, sont nés de ces divers mariages, et trente-deux sont vivants.Durant sa longue carrière l\u2019hoo.i P.B.de la Brnère a participé à ton.tes les grandes lottes politiques et an mouvement économique de la province.Il fut l\u2019un des membres fondateurs de ,1a (Société 8t-Je.au Biptislo de Sherbrooke en 1858, et, en 1882 de la Société d\u2019industrie Laitière dont il fat le président jusqu\u2019en 1890.\t* Depuis qu\u2019il oocupe les fonctions de surintendant de l\u2019Instruction Publique il a fait bénéficier de son expérience, de son érudition et de son tact cet important servioe.de nôtre administration.Il a été le meilleur des chefs pour tous ses employés qui dans une touchante adresse lni ont exprimé leurs sentiments d'affection et de respect.Les noces d\u2019or ont été célébrées mardi matin à Saint Hyacinthe, à l\u2019Eglise de Notre«Dame du Rosaire.A dix heures les jubilaires suivis de leur nombrenso famille pénétraient dans l\u2019église absolument remplie.La grand\u2019messe fat chantée par Mgr A.X.Bernard et le sermon de circonstance prononoô par le R.P.Hage, supérieur général des PP.Dominicains.Le chanoine O\u2019Donnell qui avait marié les jubilaires, leur donna la bénédiction.Les RR.PP.Hage et Hamel, M le chanoine Senéca), curé de la ca thédrale, M.le chanoine O\u2019Donnell, M.le chan.C.P.Choquette, supérieur du séminaire et le Rôv.M.Houle, onrédeSte Madeleine étaient dans le chœar.Il y eut au cours de la cérémonie do chant et de la musique et l\u2019office se termina par le Te Deam.A midi un grand banquet réunissait la famille à l\u2019Hôtel-Dieu.cadeaux de leurs parents et amis, des employés du ministère de Plus* truction publique et de nombreuses institutions d\u2019enseignement de la province.A.R.ANGERS (Suite) J\u2019aime à oiter Ici une page publiée en 1878 dans le Canadien par un biographe anonyme : \u201c C\u2019était en septembre, 1865.Je revenais d\u2019une promenade dans le golfe dn Saint* Lan rent, à bord dn Lady Head, nne machine lente mats ?ûre.Nona étions alors entre R'tnonskl et la rive dn nord, où le fleuve ressemble presque à nne mer.Il pouvait être vers les neuf heures de 1a matinée ; nn vent d\u2019est froid et sombre sonf fiait avec violence ; de gros nuages couraient au-dessus des vagues êcu mantes, lorsque tout-à-coup, à nne petite distance à notre droite, nous apparat nn yacht do faible dimension, portant des ris dans les quelques voiles qu\u2019il livrait à l\u2019impétuosité du veut.Sa course était la nôtre, et sa marche, aussi rapide.Il ressemblait, par sa coque effacée et à l\u2019allure de ses voiles blanches, à nn grand oiseau rasant les flots et défiant l\u2019abîme.Au milieu des élé meute déchaînés, tout semblait calme sur le petit navire.A l\u2019arrière, nn jeune homme ù la figure énergique, an teint brun, nn peu hàlé par le soleil et les flots, portant un grand pardessus et coiffé d\u2019une casquette en drap, tenait la barre dn gouvernail.An dessus des vagnea sonie* vées, nu milieu des vents violents, co jeune homme était calme et imperturbable comme le Destin.44 Le capitaine du Lady Headt M.Davidson, un vieux loup de mer, none apprit qae ce yacht était la Mouetto% et celai qni tenait la barre, M.Augers, qui venait prendre l\u2019air dans cette région no pen lointaine.! Il ajouta qu\u2019il n\u2019y avait qn\u2019nn tel marin ponr s\u2019aventurer ainsi dans nne pareille coquille, par oe temps de chien, mais qu\u2019il lni faudrait gagner au plus vite un bâvre quelconque, rie crainte d\u2019accident.Mais fa Mouette continua sa route comme noun, enjambant les flots, se courbant parfois «our les grands coups de vent, mais se relevant toujours avec fierté et grâce, nous escortant et finissant par nons dépasser, vers Saiut-Jeau Port Joli, où on léger accident força le Lady Head à éteindre ses fenx et à ne voguer que sur sa toile.\u201d Tous les étés, après de longs mois de travail au palais ou dans le cabinet de consultation, M.Angers s\u2019em-harqnait, aveo quelques amis, et partait ponr la côte du nor ), pour le golfe, pour le Labrador, relâchant où fTyouW\u2019**.faisant la chasse et la pêche! humane l\u2019air libre de plages inhab c h, respirant à plains poumons l âere parfum des brises maritimes, faisant provision de force vitale ponr les labeurs sédentaires dn barreau, où il venait se replonger ensuite avec nn regain d\u2019énergie, d\u2019activité et d\u2019intelligence.Ce furent là de belles et paisibles années dans la carrière de M.Angers, et je sais sûr que, dans sa mémoire fidèle, il y a nne place d\u2019honneur pour les soirées maritimes de la rue Charlevoix, ponr la Mouette et les lointaines croisières du golfe.Mais un brusque changement de décor allait se produire dans sa vie.L\u2019heure de l\u2019action politique sonnait pour M.Angers.Il était prêt.Contrairement à ce qne font de nos jours an grand nombre de jeunes gens, il ne 6\u2019était pas jeté hâtivement dans le tourbillon électoral et dans la fournaise dos luttes de parti.Il avait consaoré les années propices de sa jeunesse aux labeurs féconds qui préparent les fruits de l\u2019âge mûr.Son intelligence s\u2019était enrichie, développée ; son jugement s\u2019était affermi ; son talent s\u2019était assoupli et fortifié dans l\u2019exercice de la profession légale et daus les joûtps do barreau.Il avait acquis la science du jurisconsulte, l\u2019expérience des affaires qne l\u2019homme de loi est forcé souvent d\u2019ôtndier à fond.La lecture et les voyagea avaient orné son esprit des connaissances les plus variées.Et, en même temps, il avait suivi la politique d\u2019assez près pour ne pas être pris an dépourvu quand U serait forcé d\u2019y entrer.Quatorze ans s\u2019étalent écoulés depuis son admission an barreau.En février, 1874, M.Angers avait trente-six ans.Ce fut à oe moment que les portes de l\u2019assemblée législative s\u2019ouvrirent devant lui.Le double mandat veuait d\u2019être aboli, et M.Caochou, dépoté de Montmorency ponr la chambre locale et dépoté de Québec-Ceutre poor la chiimbredes Communes, avait opté pour la chambre des Communes.lies électeurs de Mootmoreucy jetèrent les yenx sur le brillant avocat dont nn grand nombre d\u2019entre eux avaient su apprécier déjà lea éminentes qualités! et M.Angers fat éla unanime- ment dépoté à l\u2019assemblée législative.Le parti conservateur, tout en saluant avec joie cette éleotlon, ne ho doutait pas encore de l\u2019immense acquisition qne venait do faire sa phalange législative.On applaudissait an succès du nouvel élu, on se réjouissait de ce comté conservé au drapeau sans coup férir, eu cet instant critique où l\u2019anoieu député, M.Cauchou, passait à l\u2019ennemi et où le règne des libéraux s\u2019inaugurait triomphalement à Ottawa ; mais qni eût pu prévoir qne, dix huit mois plus tard, le jeune député serait lo chef reconnu, le leader acclamé et victorieux de son parti dans l\u2019assemblée législative t Oe fut cependant ce qni arriva, M.Angers n\u2019avait pas encore siégé en chambre, quand l\u2019affaire des Tanneries éedata, à la fin d\u2019août, 1874.Il y avait moins d\u2019un an qne le cabinet de Sir John Macdonald avait sombré sur cet écueil connu dans notre histoire parlementaire sous le nom du 41 scandale du Pacifique.\u201d A quelques mois de distanoe, cette nouvelle machine infernale, éclatant sous les pas dn parti conservateur, émut violemment l\u2019opinion publique.Habilement exploitée par une presse ardemment hostile, cette affaire des Tanueries donna, un moment, aux libéranx l\u2019espérance de s\u2019emparer du pouvoir à Québec comme à Ottawa.L\u2019houorablo M.Ouimet, qui u\u2019avalt pourtant prévariqué eu rieo, non plus que ses collègues, crut pins sage et plus digue de se démettre, et M.do Boucherville fut appelé à former uu cabinet.Mais l\u2019embarras était de trouver des hommos à la hauteur des circonstances, et des hommes nouveaux.Le cabinet Ouiiuct compreoait presque tous les chefs conservateurs de l\u2019assemblée.Dans ces conjouotureB, le premier ministre fut admirablement avisé en offrant un portefeuille au député de Montmorency.L\u2019heure était solennelle et pleine de gravité.Fier, à juste titre, des succès éclatants remportés dans l\u2019arèoe fédérale, le parti libéral mou tait à Passant de l\u2019admiuistration, à Québec, avoo l\u2019enthousiasme, l\u2019iu-trépidité, l\u2019élan d\u2019une armée sûre de valnore.Au contraire, le découragement et l\u2019inqniétnde régnaient dans le camp conservateur.A tout instant, 1* s anciens ministres, sous le coup d\u2019nne enquête, pouvaient se croire peivécutéa par leurs supers seers et mettre en péril le nouveau cabinet, qne l\u2019oppositiou, de son côté, accusait de jouer la comédie an profit do son prédécesseur.Le tea-der du gouvernement à l\u2019assemblée, l\u2019honorable M.Mailhiot, n\u2019avait accepté ce poste difficile qu'avec répu-gnaooa et temporairement.Excellent avocat,\u2014devenu,depuis, mn*ia trat distingué, \u2014ses goûts l\u2019éloignaient des couflitH violents où il se trouvait jeté, et il comptait surtout sur sou jeune collègue, le solliciteur-général, pour l\u2019aider à porter le poids dn jour.M.Angers ne trompa pas l\u2019espoir qu\u2019ou avait placé en lui et se jeta tète baissée dans la bataille.Eu pen de temps, il deviut le champion reconnu du ministère.Cette première session lai fut précieuse.Il apprit la taotique parlementaire, la langue politique, les différences essentielles qui distinguent la harangue dn plaidoyer.Lorsqu\u2019il avait fait sou maiden *peecht il avait prononcé un discours écrit soigneusement d\u2019avance, et s\u2019était senti * paralysé par oe texte appris de mémoire.L\u2019effet n\u2019avait pas ré pondu à l\u2019attente du public, quoique le discours Imprimé fût très bon.L\u2019orateur ne se découragea pas.Il profita de l\u2019expérience et, quelques jours après, il remporta un succès dn meilleur aloi dans nn débat où il parla d\u2019abondanoe.On pent dire qu\u2019à la fin de cetto sessiou, M.Angers était déjà l\u2019un des hommes politiques les plus eu vue de la province.Mais l\u2019arène électorale s\u2019ouvrait.Le terme de la législature était expiré, et le cabinet de Boucherville allait, pour la première fôis, subir le feu des hustings et l\u2019épreuve du scrutin.On avait à combattre l\u2019influence puissante dn gouvernement Mackenzie, et le parti ministériel manquait on pen de cohésion.M.Angers paya glorieusement de «a personne.Il se prodigua et révéla les plus brillantes qualités de lutteur et de chef.On le vit sur tous les points menaoôs.Dans deux ou trois assemblées, il rompit des lan-oes aveo M.Letellier, ministre fédéral, qni n'avait pis hésité à descendre sur le champ de bataille provincial.Etait-ce an présage ?Le résultat des élections fut un triomphe pour M.de Boucherville et son cabinet, un prestige et nue popularité éclatante pour le solliciteur général Augers.A la réuuiou des Chambres, et» novembre, 1875, il était leader de l'assemblée et remportait le succès oratoire dont j ai rappelé le souvenir au début de oette esquisse.Ce n'est pas loi le lieu de raconter la carrière du premier cabiuet do Boucherville.J'ai toujours pensé qu\u2019il a été l\u2019uu des meilleurs gouvernements que la proviuce ait eus depuis 1867, Sou chef,que des évéue-meats récents ont appelé à la tôte de Jlï.Elle Champagne, de Woonsocket, R.L, souffre pendant des années de Mauvaise Digestion, il prend sno Quantité de Remèdes, mais les PILULES MORO seules le Guérissent.Quelques Conseils aux Hommes Dyspeptiques.Hommes qui souffrez de dyspepsie, mangez lentement, mastiquez bien vos vivres; plus vous serez de temps h table, plus vite \\otre digestion se fera.Mangez sec; en général les dyspeptiques digèrent mieux les solides que les liquides.Evitez les mets trop chauds ou trop froids; la nourriture devrait être de la même température que lo sa/jg.Restez sur votre faim; ne mangez pas plus qu'il vous est nécessaire, surtout si votre digestion se fait très difficilement; ce n\u2019est pas ce que vous mangez qui vous donne des forces, mais bien ce quo vous digérez.Evitez de prendre des exercices trop violents Immédiatement avant et après vos repas.Ne mangez pas plus souvent que trois fois par jour, lo repas du soir devant être léger; un grand nombre de dyspeptiques ne devraient manger mémo que ideux fois.Ne maflgez jamais entre les repas, non plus quand vous êtes fatigués ou affaiblis par lo surmenage; les repas pris dans des moments d'inquiétude ou de nervosité se digèrent aussi très mal.Ne mangez que des mets faciles à digérer; évitez les plats compliqués et très riches et ne prenez pas plus que deux ou trois sortes d'aliments à chaque repas.Votre repas fini, prenez deux Pilules Moro pour les hommes et f&ites-les suivre d'une tasso do thé ou d\u2019un verre d\u2019eau chaude, et vous verrez qu\u2019en suivant co régime avec soin l\u2019état de votre estomac s'améliorera très vite et que vous guérirez de votre dyspepsie.'i M.EUE CHAMPAGNE, 02 rue Pond, Woonsocket, R.L \u201cl\u2019n médecin me traitait pour la dyspepsie depuis assez longtemps et je restais toujours aveo les mêmes malaises: qaz, manque d'appétit, douleurs d'estomac.Purfois j\u2019étais même si mal que je no pouvais me rendre à mon ouvrage.J'ai employé les Pilules Moro suivant la direction indiquée; j'ai suivi, au sujet do l'alimentation, les conseils do la circulaire qui est jointe aux Pilules Moro, et j\u2019ai obtenu de co traitement plus do satisfaction que de tous les autres remèdes pris précédemment, «l'aurai encor© certainement recours aux Pilules Moro si Je redeviens malade.\u201d EUE CHAMPAGNE, 92 me Pond, Woonsocket, R.L Les Médecins de la Compagnie Médicale Moro donnent des consultations gratuites à tous leë hommes malades qui s'adressent à eux.Leurs bureaux, au No 272 rue Saint-Denis, Montréal, sont ouverts tous les jours, excopté le dimanche, de 9 heures du matin à 8 heures du soir.Les hommes malades qui ne peuvent s'y rendre, sont invités à écrire à ces médecins.Les Pilules Moro sont en vente chez tous les marchands de remèdes.Nous les envoyons aussi, par la poste, au Canada et aux Etats-Unis, sur réception du prix, 50o une boîte, ?2.50 six boîtes.Toutes les lettres doivent être adressées: COMPAGNIE MEDICALE MORO, 272 rue Saint-Denis^ Montréal, l\u2019administration, était une des plue belles ^figures de notre monde politique.La noblesse de sou caractère, son intégrité sans tache, sa fermeté iuvincible, son désintéressement ab soin, son amour du bieu publie, la sûreté de ses principes et l'élévation de ses idées le désignaient au respect universel et faisaient de son nom on drapean ce qni est le saprômo bon-neui et la glo re la plus incontestable d'un homme pnblic.Après le premier ministre, M.Angers était l'âme du cibinot, Sa puissance de travail, ses grandes facultés oratoires, hou énergie intrépi le, sa loyauté et sa franchise, son honorabilité inattaquable, l'éclat de son talent, lui avaient acquis nue influence et au ascendant immeuses dans la législature et la province.Depuis 1876, il occupait le poste important de procureur général.Et son rôle com-uio leader do l\u2019assemblée législative devenait de pins en pins brillant.Elle était composée d\u2019hommes bien remarquables, cotte chambre do 1875 à 1878.Il me semble la voir encore.Sur les pi ornières banquettes de la droite, MM.Angers, Church, Oha-pleau, Robertson ; sur la seconde rangée, derrière les ministres, toute une pléiade de députés dignes de l\u2019être: MM.Lorang**r, Tiillon, Mathieu, Wurtele, Beaubien, Alleyn, etc.; à gauche, eu première ligne, MM.Joly, Bichaod, Marchand, puis MM.Préfontaine, Watts, Bolling bam, Liframboise, etc.La droite était évidemment plus forte en talents.Parmi les députés indépendants, on remarquait MM.A.Chauveau, Lynch et Oamerou.La presse était représentée principalement par M.Tarte, à droite, et par M.Marchand, à gauche.Au milieu do cette députation si brillante, M Ang-r< jouissait d'une autorité incontestable et incontestée.Il était le chef, non seulement de nom, mais de fait.Trois années de travaux parlementaires avaieut suffi pour le placer à ce hiut rang.Si parole aussi avait grandi.E\u2019ie était devenue plus facile, plus naturelle, plus abondante, plus rnouve meutée, plus éloquente.Ou me permettra sr J.dr L.Taoué domicilié eu la dite Cité, de SU Hyacinthe.ABONNEMENT 91*00 P*r «n» Canada et Etats-Unis.Vnbonnorrunt date du l«r et du 16 de chayu mois Tout année commencés ee paie en entier (Suite de la 1ère page) ceux de MM.Ohaplean et Church, qui avaient, conjointement avec lui, signé un factum pour demander au gouverneur général en conseil la démission de M.Letellier.Je touche ici à un point délicat, et Je pressens les critiques qui vont élever la voix pour me dire : 44 Mais vous devriez glisser sur le coup d\u2019Etat, do M Letellier, sur l\u2019indignation do M.Angers, sur la démission du lieutenant-gouverneur en 1879 : tout cela n\u2019est il pas la condamnation des événements qne Tannée 1891 a vu so dérouler à Québec 1 \u201d En réponse à ce conseil, je crois utile d\u2019anticiper un pen et de placer ici ce que je devrais naturel lament dire plus loin.Il serait inconvenant, dans cette galerie de por traits, de faire de la politique irri tsuto.Mais il me faut nécessaire ment aborder n**tte question, et je crois pouvoir la toucher de manière, non pas à faire approuver p«r les amis do M.Mercier l\u2019acte du 10 dé oembre, 1891, mais à faire oompren dre que deux actes, semblables eu apparence, peuvent différer dans leurs mobiles, daus leur nature, dans leurs résultats, La Couronne, ou lo représentant de la Couronne, a incontestablement le droit de démettre un ministère, d\u2019après la constitution.Mais il est admis par tout lo monde que l\u2019exercice de oo droit est entouré des restrictions les plus multiples et ne peut avoir lieu que dans les circonstances les plus graves, les plus extraordinaires.La raisou d\u2019Etat, la raison de salut public seule peut justifier un renvoi d\u2019office, sous le régime parlementaire te! qu\u2019il est pratiqué depuis Vère victorienne, suivant l\u2019expression des historiens contemporains de la Grande Bretagne.Il y a eu nu renvoi d\u2019office en 1878 ; il y a eu un renvoi d\u2019office en 1891.Ces deux renvois d\u2019office se sont ils produits dans des circonstances bien tiquas î LA est toute la question* Peut-on dire que le cabinet de Bon cherville, en 1878, apparaissait A l\u2019opinion sous le même jour que lo Cabinet Mercier en 1S91 î La même raison d\u2019Etat qui a été invoquée en 1891 pouvait-ello raisoninibloment être invoquée eu 1878 1 Voilà ce qu\u2019il faut se demander avant de por ter un jugement sur l\u2019acte du lieutenant-gouverneur Angers.Evidemment, dans la pensée et dans la cous-cience du représentant actuel de I « Couronne A Québec, les circonatan-ces différaient du tout au tout.Elles différaient tellement, que le renvoi d\u2019office jugé criminel par l\u2019houoiable M.Angers en 1878 lui paraissait uu devoir impérieux eu 1891.On peut discuter sur l\u2019appréciation des cir constances, on peut souteuir que M.Angers a eu tort, en 1891, de croire le gouvernement Mercier mauvais, funeste aux intérêts publics, extra, vagaut, malhonnête, passible de cette peine extrême appelée le renvoi d\u2019office, lui qui avait protesté contre le renvoi d\u2019office «le M.do Bonchervillo en 1878.Mais ootte discussion no touche pas au point essentiel de la question.M.Angers a ern et croit encore que le cabinet de Boucherville n\u2019avait pas mérité son renvoi, et il est intimement convaincu qne lo cabinet Mercier a mérité son renvoi.Les adversaires du lieutenant gouverneur peuvent «lire qu\u2019il s\u2019est trompé dans son appréciation des clrconBtauoes ; mais ils ne peuvent attaquer sa logique ni sa sincérité.Crier au manque de logl que, dans lo cas actuel, ce serait proolamor [que, parce qu\u2019on a protesté coutro une pénalité intligée A un innooeut il y a quatorze ans, on n\u2019a pas lo droit d Mm poser cette pénalité A un coupab.e aujourd\u2019hui.Voilà ce que je voulais faire ressortir.Quant à la discussion des faits, des circonstances politiques, elle n\u2019eutre pas daus lo cadre de cette biographie.Je me suis efforcé simplement de démoutrer que l\u2019ho norable M.Augers n\u2019a pas manqué de logique, au point de vue où il s\u2019est placé.Retournons maintenant sur nos pas, pour reprendre le fil de la biographie.Tombé «lu pouvoir en 1878, M.Angers se remit Vaillamment A ses travaux d\u2019avocat, tout en suivant d\u2019un œil attentif la marche de la crise politique, au dénouement «le laquelle il contribua si puissamment.Le parti conservateur aurait souhaité ardemment lui voir reprendre son poste de leader dans Tassetu bîêe ; on parla même de lui ouvrir un comté, malgré lo danger «les circonstances* En tffit, les deux partis étaient égaux en chambre, et chaque élection partielle devenait un combat désespéré.C\u2019est, peut être pour cette raison que M.Angora ne rentra pas dans la législature.Toutefois on avait toujours les yeux fixés sur lui.En février 1889, le siège «le Montmorency A la chambre des Communes étaut devenu va oant, M.Angers fnt sollicité d\u2019ao cepter la camliduturc.Les électeurs de oe comté regrettaient cruellement la faute terrible qu\u2019ils avaient com- mO.fyftroin mise, en 187.8, en reléguant dans la vie privé»» un tcd homme d\u2019Etat.M.Angers accepta, et fut élu, par plus «b* 400 voix «le majorité, «ontr** M.«le Saint Georges, malgré les efforts «lu parti libéral.Malheureusement, M.Angers ne fit que passer aux Commun*'», où il occupa, «lès son arrivée, une place éminente.Sou intervention dans les débats, A quatre on einq reprises, fnt celle d\u2019un grand parliamentarian, dont In vn'onr est ég»ie A J* renom tuée.Mais la politique avait déjà eu pour lui trop «le déboires et, un «ieuil cruel étant venu assombrir son foyer et rendre ses enfants orphelins, M.Angers n\u2019aspira plus qu\u2019au repos et A une retrait.*» honorable.Il accepta donc, en 1880, une place sur le banc judiciaire.I)
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