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Titre :
Reflet de société /
En 2004, Le Journal de la rue adopte le nom Reflet de société, nom qui convient mieux à un magazine. Il poursuit sa mission de prévention et de sensibilisation auprès des jeunes marginalisés.
Éditeur :
  • Montréal :Journal de la rue :2004-
Contenu spécifique :
Août - Septembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Journal de la rue
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Références

Reflet de société /, 2005, Collections de BAnQ.

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Se se iser pour mieux vivre nal de la Rue Vo! 13, No 6, août / sept.2005 Eléonore Mainguy Genèse des gangs de rue • Les bénévoles QUAND LA CROUPIÈRE S'EN VA-T-EN GUERRE sas > 20 IMSmunosnnnjB Z l'mutcOti ! irassar™ TESTS ÉLECTROS lURGCftS W^SACUW î trousse « BiAficr- 1 US DENTS ARTISTE PfîOC.M>J fR6 thQUi *SB"A*U' J JH i YVES P-ETTES | PELLETIER TEST | QIMAT6EURS | téléphonie ÉCONOMISE > fQRfMTS POU» cellulaires jgmm >$su £m I ,[IOT0« WJ*?, Vol.13.6 Août-Septembre 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com Photo Valérie Larmère ¦ ¦ ¦ SAVIEZ-VOUS que QUAND ON JOUE À DES JEUX DE HASARD ET D’ARGENT : ¦ IL FAUT SE FIXER DES LIMITES Chaque fois que l’on joue, on a avantage à se fixer une limite de temps et un montant d’argent à ne pas dépasser.Il faut établir cette somme en fonction de son budget et avoir toujours en tête que l’argent misé est une dépense de divertissement.Après tout, le hasard reste toujours le maître du jeu.¦ IL FAUT JOUER POUR SE DIVERTIR Le jeu doit rester une source de divertissement.S’il devient un refuge, un recours pour fuir les tracas ou pour se sentir mieux, c’est une autre histoire.Il est souhaitable d’avoir d’autres activités pour se détendre et d’autres ressources quand ça ne va pas.Autrement, on risque de tomber dans un cercle vicieux et, plutôt que d’oublier ses problèmes, de s’en mettre davantage sur le dos.¦ IL FAUT GARDER LA TÊTE FROIDE L’ambiance générale durant le jeu peut nous faire oublier où nous en sommes rendus.On mise, on perd, on joue, on gagne.et on ne sait plus où on en est.Le meilleur moyen de faire le point, c’est de prendre le temps de s’arrêter et de vérifier si nos limites de temps et d’argent ont été dépassées.Un petit 5 $ par-ci, un petit 20 $ par-là, c’est si vite oublié! ¦ IL FAUT SAVOIR DIRE NON Lorsqu’une occasion ou une envie de jouer se présente, il faut parfois savoir dire non! Si l’on est incapable de résister à l’envie de jouer et de miser, c’est peut-être que le jeu a pris trop d’importance.Si de telles attitudes vis-à-vis du jeu surgissent, il serait pertinent de s’interroger plus sérieusement sur ses comportements.Si le jeu n'est plus un divertissement.1 866 SOS-JEUX ____ 1 767-S38»__ JEU AIDE ET RÉFÉRENCE «ISt SUR TOI P" .7 M ' % .jtâ ^ *L-£*r‘ Historiquement, le gouvernement a créé Loto-Québec pour supprimer la mainmise des groupes criminalisés sur les jeux de hasard.Le gouvernement de l’époque réagissait à la loterie du maire de Montréal, Jean Drapeau, qui commençait à faire de l’aigent pour financer Terre des hommes (Expo 1967) et le métro.Il y avait de l’argent à faire, pas question de laisser les municipalités en prendre le contrôle.Mais notre société amorçait un dérapage qui nous fera perdre la maîtrise de la gestion du jeu.Même si peu de machines ont été saisies, on évalue que les groupes criminalisés avaient placé un maximum de 25 000 machines de jeu au Québec, selon Serge Chevalier, sociologue à la Direction de santé publique J Quand une croupière s’en va-t-en guerre Loto-Québec a retiré le contrôle du jeu des mains du crime organisé.Pourtant, la descente aux enfers des joueurs compulsifs s’aggrave.L’ex-croupière Éléonore Mainguy lève le voile sur les stratégies douteuses de Loto-Québec.PAR RAYMOND ViGER / photos de Patrick Alleyn de Montréal.Loto-Québec les a remplacées par 14 000 appareils de loterie-vidéo dans les bars et 6 000 machines à sous dans les casinos.Mais gare aux apparences: Loto-Québec a augmenté l’accessibilité et le rendement du jeu.Lorsque les machines sont devenues légales et disponibles partout, plusieurs catégories de personnes sont devenues des joueurs compulsifs alors qu’elles ne l’auraient jamais été avec les machines du crime.Selon des sources qui ont requis l’anonymat, les revenus d’une machine illégale tournaient autour de 40 000$ par année.Selon le rapport annuel 2004 de Loto-Québec, les appareils de loterie vidéo rapportent en moyenne 78 979$ chacune.Le double du crime organisé! Loto-Québec a créé un département de marketing pour nous vendre l’illusion et le rêve.Publicité, promotion du jeu, techniques de fidélisation des joueurs, contrôle de l’environnement pour garder le joueur le plus longtemps possible, voyages organisés pour les groupes, spectacles, pressions^ur les détaillants pour qu’ils atteignent des quotas de vente de loteries (s’ils veulent, par exemple, une machine pour valider les billets de certains tirages), accessibilité démesurée du jeu partout où l’on va.Tout est mis en œuvre pour répondre à la gourmandise du ministère des Finances.Nous ne sommes plus à vouloir tasser les groupes criminalisés.Nous sommes à vouloir gagner le plus grand bénéfice pos- REFLET DE SOCIÉTÉ > 13.6 Août-Septembre 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com Caricature Journal ce la rue GAMBLING 4'" sible.Loto-Québec, une société d’État, est devenue une grosse machine qui s’emballe et dont nous avons perdu les rênes.Cela fait contraste avec le crime organisé.Avez-vous déjà vu une pub de criminels pour attirer les joueurs?Loto-Québec ne s’en gêne pas.Des chercheurs nous montrent des chiffres qui devraient nous alarmer.Des joueurs partagent leur calvaire dans les méandres des jeux gérés par Loto-Québec.De nouveaux témoins se lèvent et révèlent un côté obscur de Loto-Québec.Des gens entraînés pour détrousser des joueurs craquent et témoignent.Des employés de cette «vénérable» institution dénoncent leur employeur.Eléonore Mainguy a été croupière pendant près de quatre années au Casino de Charlevoix.Elle partage avec nous la sombre réalité des casinos mis en place par notre gouvernement.«J’ai été entraînée à identifier les besoins du joueur pour le mettre en confiance, lui donner l’illusion qu ’il contrôle le jeu.A-t-il besoin que je lui parle?Que je passe les cartes plus lentement?Quand je change l'argent, est-ce qu ’il a besoin de petites coupures pour jouer plus longtemps ou de grosses pour s’emballer?.», relate Eléonore Mainguy.«Il y avait un lexique de mots que nous ne pouvions pas utiliser: “je vous reviendrai plies tard —je ne peux pas — je ne sais pas Tout devait être fait instantanément pour satisfaire le joueur.C’était une prise en charge complète de ses besoins», explique la jeune femme de 25 ans.Complice du Joueur Mme Mainguy travaillait à Charlevoix, une petite communauté où tout le monde se connaît et se parle.«J’ai eu à participer aux menteries que les joueurs contaient à leur famille.A l’épicerie, quand je croisais la femme d’un de nos bons joueurs, je restais vague sur mes réponses ou je devais carrément être complice du joueur: “non madame, je ne me rappelle pas avoir vu votre mari.Je ne saurais vous dire s’il a perdu.” On nous entraîne à être des “dignes ’’représentants du Casino 24 heures sur 24.» «Cette illusion que nous vendons, nous la subissons nous-mêmes dans nos vies et notre quotidien.» Cette représentation va beaucoup plus loin que de simples sourires, décrit Mme Mainguy.Les employés doivent subir la vio- lence des joueurs sans broncher et sans faire réagir les joueurs.«À force de sefaire traiter de “petite garce” ou de “petitecr.”, çafinit par te peser sur les épaules, dit-elle.Un joueur régulier passe par toutes sortes d’émotions que nous devons subir sans nous plaindre, sans pouvoir mettre nos limites.Des joueurs deviennent agressifs, frustrés, envahis par des émotions intenses et extrêmes.Nous ne pouvions pas leur dire de se calmer.Il nous fallait subir ces agressions avec le sourire, même quand le joueur est malheureux et dépasse ses limites de jeu — des agressions verbales, psychologiques, presque physiques à l’occasion.» «Les barmaids dans les clubs ont la responsabilité de refuser de servir de l’alcool à quelqu ’un qui dépasse ses limites.Au Casino, en aucun temps, un croupier peut suggérer d’arrêter de jouer!», dénonce Mme Mainguy.Juste avant le suicide S’il y a intervention, elle ne se fera qu’à la toute dernière limite, juste avant que le joueur craque, raconte-t-elle.«À la limite de la dépression et de la folie, on laisse le joueur s’en retourner.» À Montréal, par exemple, certains se sont suicidés dans le stationnement du casino, d’autres ont marché jusqu’au pont Jacques-Cartier, situé tout près.Qui a tué le Colonel Moutarde?(§/M/ec une machine à sous.Québec isnos e eumoeui ©un 09A O0Q3^O Visiter le: www.journaldelarue.com 13.6 Août-Septembre 2005 < REFLET DE SOCIÉTÉ «t - IR*-*#' ¦ «Des croupiers auront été les dernières personnes à parler à ces gens avant leur suicide.Sachant le désarroi et la détresse qui habitent une personne dans les instants précédant son suicide, même inconsciemment, cette énergie peut devenir un boulet à traînerpour le personnel du casino», se rappelle l’excroupière, encore troublée par son expérience.Ligne 1-800 bidon Face à tout cela, avec un service à la clientèle qui se veut hors pair pour faciliter le jeu, on peut supposer que le Casino traite aux petits oignons ses employés se trouvant aux premières lignes.«Non, tranche la jeune femme, il n ’existepas vraiment de service d’aide aux employés, sauf une ligne 1-800 bidon.Même si j’ai travailléprès de 4 ans au Casino, je n ’avais pas le droit de l’utiliser, car j’étais considérée comme une employée occasionnelle.Seulement ceux qui ont un statut de temps plein et régulier y avaient droit.» «Nous avions des cours conçus par des psychologues pour reconnaître les pulsions des joueurs, afin de profiter d’eux, mais rien pour nous aider à passer à travers tout le stress que nous vivions.» «Quand un joueur a tout perdu à ta table, il te fait sentir coupable.Loto-Québec fait de même: tout est comptabilisé et tu es toujours espionné.Si tu donnes plus de gain à ta table que la moyenne, tes patrons te font sentir que ce n ’estpas normal.“Une chance que tu nepaies pas comme ça tous lesjours! ”, te disent-ils.Si, comme le prétend Loto-Québec, le jeu est un hasard, pourquoi nous culpabiliser quand des joueurs gagnent?Ils savent que le facteur humain peut être contrôlé et ils mettent tout en place pour y arriver.» Aux casinos, il n’y a aucune horloge: on fait perdre aux joueurs la notion du temps.Croupiers compulsifs Mme Mainguy a observé que plusieurs croupiers développent eux aussi des problèmes de jeux.«En tant qu ’employé de Loto-Québec, tu n ’as pas le droit de jouer au Québec.C ’estpourquoi nous retrouvons des employés qui s’installent des tables de jeux chez eux.» «D’autres ont des problèmes d’alcool ou encore de cocaïne.Beaucoup pleurent et ont des signes physiques du stress que nous subissons.La durée de vie des croupiers avant de craquer est de 3 à 4 ans en moyenne.» En bout de ligne, tout le monde y perd et nous sommes tous victimes: le joueur, sa famille et son entourage, le croupier.La société aura plus tard à ramasser les pots cassés.L’argent amassé par Loto-Québec n’est qu’illusion, croit l’ancienne croupière.Aurons-nous les moyens de payer les effets pervers de cet argent pompé sur le dos des joueurs, des familles et des employés de Loto-Québec?demande-t-elle.Milliards de profits et 20 millions pour le jeu compulsif.Sur les milliards et milliards de profits, est-ce responsable de redistribuer seulement 20 millions par année en intervention et en prévention auprès des joueurs compulsifs?Eléonore Mainguy partage un de ses rêves.«Je refuse d’endosser les patterns préétablis par nos gouvernements sous prétexte qu ’ils existent depuis déjà longtemps», affirme-t-elle.Oui, on est là pour changer ce monde qui se ternit au rythme des aberrations de notre système.» «Loto-Québec doit arrêter de faire l’autruche et de miser sur la faiblesse des gens.Qu ’ils s’assument et qu ’ils arrêtent de mentir à la population!», conclut lajeune femme, déterminée à poursuivre son combat sur toutes les tribunes.Pour contacter Éléonore Mainguy: EleonoreMainguv@jeu-compulsif.info REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.6 Août-Septembre 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com GAMBLING Loto-Québec ne se reproche rien Le personnel du casino, même les concierges, surveille la détresse des joueurs; la violence verbale n’est pas tolérée; les croupiers sont bien traités: Loto-Québec contredit Éléonore Mainguy.Jean-Pierre Roy, porte-parole de Loto-Québec, contredit les dénonciations d’Eléonore Mainguy.S’il affirme qu’un croupier peut s’adresser aux joueurs sans utiliser un vocabulaire bien précis, il concède que le rôle du croupier n’est pas de discuter ni de régler les problèmes.«Il y a des patrons derrière lui, des chefs de table, des chefs de quart, des chefs de parti.Autrement dit, le croupier ne règle pas la situation lui-même.Il s’adresse à son patron.Et son patron règle la situation soit par son observation personnelle ou en retournant aux caméras de surveillance», explique le porte-parole.Dans certains cas, dit-il, le croupier peut demander aux joueurs d’attendre, le temps de régler un problème.«C’est pas très long habituellement», dit Jean-Pierre Roy.Les croupiers doivent-ils endurer la violence verbale des joueurs, comme le raconte Eléonore Mainguy?Selon M.Roy, la réponse est non.S’il demeure poli, le croupier peut d’abord demander au joueur de baisser le ton.Sinon, il peut également demander à son supérieur de venir chercher le joueur colérique pour un entretien privé.«Si le joueur hausse le ton, le supérieur du croupier interviendrait immédiatement.» Aucune formation pour détecter la détresse Le représentant de Loto-Québec est clair: tous les employés, même les concierges, doivent surveiller les signes de détresse des joueurs et en aviser leurs supérieurs.Ces derniers prendront les mesures nécessaires, comme référer une personne à la Maison Jean-Lapointe.Jean-Pierre Roy avoue cependant qu’aucun employé n’a reçu de formation pour détecter les signes de détresse des joueurs.Quant à l’obligation pour l’employé de demeurer un digne représentant du casino 24 heures sur 24, M.Roy estime que le croupier ne devrait pas parler à la famille du joueur, non par obligation envers Loto-Québec, mais en raison d’un manque de connaissances.«Le croupier n’a pas toutes les données en main.Comme il travaille une heure à une table, prend une pause de 15 minutes, revient s’installer à une autre table, il n’est jamais avec les mêmes joueurs.Il ne peut savoir si le joueur a perdu beaucoup.», explique le porte-parole qui considère l’exemple purement théorique.A sa connaissance, ce ne serait jamais arrivé.«Il faudrait que la famille du joueur se plaigne pour que le casino le sache», raconte-t-il.Sur la durée de vie des croupiers, M.Roy assure qu’ils demeurent au casino bien plus longtemps que ne le prétend Mme Mainguy.«Au 10e anniversaire du casino de Montréal, 90% des croupiers du début étaient toujours là», dit-il en rajoutant que d’autres ont quitté leur emploi en raison d’une promotion à l’interne.- Dominic Desmarais Des joueurs réguliers confirment la démesure du service Nous avions pris contact avec des croupiers du Casino pour obtenir leur version des faits.Leur employeur a eu vent de notre projet et exigé qu’ils annulent l’entrevue.Le personnel du Casino n’est pas autorisé à nous donner d’entrevues.Nous avons ensuite rencontré des joueurs réguliers du Casino de Montréal.Ils ont demandé l’anonymat.Ceux-ci ont confirmé que le personnel du Casino offrait un service démesuré.Plusieurs ont même voulu tester les limites du personnel.Un des joueurs avait exigé que ses souliers soient nettoyés, cirés et réchauffés avant qu’il ne les enfilent.Pas de problème! Un autre, sous prétexte d’être superstitieux, avait exigé de changer de salle en passant par des portes verrouillées dont l’accès était défendu aux clients.Il a réussi à se faire ouvrir les portes.Ces joueurs avaient toutes sortes de caprices, racontent-ils, et n’ont essuyé aucun refus.Un dernier joueur avoue avoir été verbalement violent.Le croupier n’a jamais bronché.Ni le chef de table, ni le chef de quart, ni le chef de parti n’est intervenu.- Raymond Viger TÉLÉCHARGEZ LE SONDAGE AIDEZ-NOUS À MIEUX VOUS AIDER PARTICIPEZ EN GRAND NOMBRE! www.iournaldelarue.com Tel: 514-256-4467 m Visiter le: www.journaldelarue.com 13.6 Août-Septembre 2005 < REFLET DE SOCIÉTÉ GAMBLING Le Casino de Montréal quitte son Ile Reflet de Société encourage à signer une pétition Aujourd’hui, c’est Montréal.Demain, ce pourrait être ailleurs.Bien que tous les Québécois ne soient pas concernés directement, le déménagement du Casino de Montréal, de Pile Notre-Dame au quartier résidentiel de Pointe St-Charles, est l’affaire de tous.Oublions le «pas dans ma cour» et réfléchissons à ce problème de choix de société.La question est simple: voulons-nous, oui ou non, faciliter l’accès du Casino au plus grand nombre, avec tous les inconvénients que ça suppose?Faut-il privilégier les coffres de l’État plutôt que le bien-être des citoyens?Le gouvernement Charest veut déplacer le casino, jugé trop petit et trop isolé.Pourtant, le choix de son emplacement fut justement son côté isolé, plus facile pour la police à surveiller.Ne nous leurrons pas.Pour la plupart d’entre nous, le jeu demeure un amusement, comme RESSOURCES pour les joueurs compulsifs JEU: Aide et Référence (514) 527-0140 McGill {514) 398-1391 Centre Dollard-Cormier (514) 385-0046 Maison Jean-Lapointe (514) 288-2611 Pavillon Foster (anglais et chinois) (514) 486-1304 Orientation Praxis (514) 723-2585 www.youthgambling.com www.centredollardcormier.qc.ca www.gam-anon.org www.gamblersanonymous.org www.jeu-compulsif.info www.tel-jeunes.com l’alcool ou la drogue ne causent pas problème à la grande majorité.Faut-il pour autant se draper dans notre insensibilité et se dire «c’est leur problème?» Le jeu qui créé l’endettement, mène au suicide, ça ne me regarde pas?L’endettement qui pousse des gens bien ordinaires au vol, au détournement de fonds, ça ne me préoccupe pas?Le crime organisé qui rôde autour d’un quartier résidentiel, quoi de plus banal?Il ne faut pas le voir seulement comme un combat contre le Casino de Montréal.Non.Il est grand temps de reprendre ce qui nous revient de droit, notre bien-être.Seuls, nous n’y parviendrons pas.Collectivement, tout est possible.Lors de l’ouverture du casino, nous ne connaissions pas tous les effets pervers et l’ampleur que l’accès au jeu pouvait occasionner.Maintenant, nous sommes davantage en mesure d’évaluer les coûts sociaux reliés au jeu compulsif.Le gouvernement ne peut plus faire l’autruche.Pouvons-nous accepter que Loto-Québec, pour vendre son projet, ait acheté des pleines pages de publicité couleur en mettant de l’avant la présence du Cirque du Soleil?Est-ce acceptable de dépenser l’argent des contribuables pour favoriser les projets de Loto-Québec?Est-ce acceptable que Loto-Québec se cache derrière le Cirque du Soleil pour acheter notre conscience?Appuyez les résidents de Pointe St-Charles en signant la pétition de la coalition Action-Gardien contre le déménagement du Casino.Demain, c’est peut-être vous qui aurez besoin d’aide.Faites vos choix, rien ne va plus! Vous pouvez envoyer une lettre d’appui à: Action-Gardien de Pointe St-Charles, 1955, rue Centre, Montréal, Qc, H3K 1 JL Action-Gardien donnera la pétition aux parlementaires de la province.Envoyez vous aussi une lettre à votre député dénonçant le déménagement du Casino à Pointe St-Charles.Jeu et vie de couple Recherche de candidats pour une étude L’impact du jeu sur la vie conjugale et sexuelle d’un couple fait l’objet d’une étude de l’UQAM.Les docteurs Gilles Trudel et Richard Boyer recherchent des couples dont les partenaires se fréquentent depuis au moins un an, habitent ensemble ou se côtoient au moins trois fois par semaine.Les couples récemment séparés à cause du jeu sont acceptés.Les candidats passeront une courte entrevue téléphonique.Ensuite, ils auront une entrevue à F UQAM et répondront à des questionnaires.Un montant de 15$ est alloué au déplacement.Les participants bénéficieront de deux cours d’enrichissement conjugal gratuits, donnés par des psychologues.Environ 1% des Québécois sont reconnus comme joueurs excessifs, alors que 75 000 autres risquent de le devenir.Les personnes à risque ont vécu l’expérience de gagner un gros montant et jouent pour se détendre ou socialiser.Elles jouent fréquemment sans conséquences graves.Mais parfois, des répercussions, telles que des conflits dans le couple, apparaissent peu à peu.Si vous êtes intéressés à participer à l’étude, contactez Alisson Poirier-Arbour et Pascale Harvey au (514) 987-3000 poste 6725.14 REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.6 Août-Septembre 2005 Visiter le: www.journaidelarue.com CULTURE De la violence à la musique Dominic Desmarais Roberto Mayer a écrit un livre, Jours de Nuit.L’homme voulait tuer.La poésie l’a plutôt conduit à la musique, aux spectacles, à un disque.on gars se faisait battre par son beau-père.Je voulais le tuer.Mon ex a fait faillite et m’envoyait ses factures.Je voulais la tuer.Quand j’en suis arrivé là, je me suis rendu compte que ce n’était pas moi.» Roberto Mayer n’a pourtant pas l’allure d’un homme violent.Avec ses petites lunettes, sa taille normale, ses cheveux gominés bien coiffés, il ressemble davantage à l’image du bon fils de famille.Le sourire suspendu aux lèvres, la voix calme et posée, en le voyant on s’imagine mal que sous ce masque se cachait autant de rancœur destructrice.Il a pensé au meurtre.Il a pensé au suicide.Comme bien d’autres, l’écriture l’a définitivement sorti de son enfer.Son livre de poésie, Jours de Nuit, fut sa thérapie.Roberto ne pensait pas que son recueil l’amènerait vers la musique.Pour promouvoir son livre, il organise des spectacles où il récite ses poèmes.«Pour que ce soit plus varié, pas seulement de la poésie, j’ai demandé à Olivier de m’accompagner.» Olivier est un ami de son frère.Musicien depuis sa tendre enfance, il s’est inspiré des textes du poète au fil des spectacles pour composer des chansons.«C’est ma musique, dans l’univers de Roberto, dit Olivier.Je cherchais des textes et comme c’est de la poésie, ça ajoute en profondeur, ça rajoute de la couleur.On s’est assis ensemble, j’étais au piano.J’ai fait 3 ou 4 chansons.» D’où l’idée d’enregistrer un album.Cadeau à son frère Si la musique adoucit, les textes, eux, abordent des thématiques lourdes.«C’est vrai qu’il y a une souffrance.C’est la libération.Ça fait mal, se libérer.Je ne peux pas rejoindre les gens qui ont des problèmes si je leur dis que tout est beau.Je suis passé par là, je leur parle de mon cheminement.» Une des chansons, Vers toi, parle de pardon.«C’était par rapport à mon frère, nous dit Roberto.On était des inconnus.Quand nos parents se sont divorcés, moi je suis allé avec mon père, lui avec ma mère.J’avais 12 ans, lui 4.Il me demandait pardon et moi aussi j’avais des choses à me faire pardonner.Dans la chanson, on est deux voix à dire pardonne-moi.Mon frère et moi.La chanson, c’est pour lui faire un cadeau.Dans le spectacle, j’explique mon vécu.Je me sentais jugé par lui, je le jugeais.» La voix de Roberto devient émotive.Le trémolo dans la gorge, il raconte: «Lors d’un spectacle, j’ai demandé à mon frère de choisir un poème dans mon livre.N’importe lequel.Il a choisi Vers toi, que j’avais écrit pour lui.Il l’a lu en pleurant.» Lorsqu’il raconte cette histoire, Roberto donne l’impression qu’elle se joue là, devant nous.Le frisson monte, les yeux sont humides.Que dire de ces vers à l’endroit de ses parents?Je vous laisse mourir; vous que j’ai tenté de faire revenir; en vous menaçant d’en finir.L’album est un douloureux voyage.Le message se veut positif.Le titre, La Force d’y croire, est assez évocateur.C’est cette force qui a permis aux deux comparses de concrétiser leur idée.Roberto a puisé dans ses économies pour produire le disque: 11 000$.Une bagatelle! Des amis d’Olivier, musiciens, ont donné un coup de pouce.L’ancien chanteur, Franck Olivier, connu pour Amoureux de vous madame et le thème du dessin animé Albator, les a guidés tout en mettant son studio d’enregistrement à leur disposition.Roberto ne s’est pas trop cassé la tête pour l’aboutissement du projet.«Dans la vie, faut s’écouter.C’est un peu ça, la Force d’y croire.» Lui qui ressassait des idées meurtrières est devenu un homme qu’aucun obstacle n’effraie.A le voir aller, on a envie d’y croire aussi.La Force d'y Croire, le CD de Roberto Mayer et Olivier Côté.17.95$ (taxes et frais de poste inclus).Roberto Mayer, Jours de Nuit, un livre de poésie sur son cheminement 12,95$ (taxeset frais de poste inclus) Disponible par la poste au Journal de la Rue ou par Internet : www.journaldelarue.com JOURS Visiter le: www.journaldelarue.com 13.6 Août-Septembre 2005 < REFLET DE SOCIÉTÉ ENVIRONNEMENT Itois femmes dans la bataille de l’environnement Sylvie Daneau De jeunes femmes ont choisi l’environnement comme cheval de bataille de leur vie.J’ai rencontré trois d’entre elles.Chacune m’a confié la cause qui lui tient le plus à cœur, sa principale inquiétude, ses souhaits et conseils.loana Cotutiu (Greenpeace Canada) Agée de 31 ans, loana Cotutiu est responsable de l’administration et de la gestion chez Greenpeace Canada.Roumaine, elle immigre au Canada en 1999 et devient membre active de Greenpeace en 2001.Elle étudie en santé environnementale.I : ¦ ¦ ' L’agriculture industrielle est la cause qui la tracasse le plus: «Les gouvernements canadien et québécois permettent la culture et la commercialisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) sans connaître leurs impacts à long terme sur notre santé et l’environnement.au mépris de la volonté de la majorité de la population et les recommandations de la Société royale du Canada.Ils refusent même d’imposer l’étiquetage obligatoire.Résultat: nous ne pouvons même pas choisir d’en manger ou pas», dénonce-t-elle.: l® Lajeune femme se préoccupe également des changements aux climats, causés par la pollution: «Les gouvernements doivent développer les énergies alternatives comme l’éolien (énergie du vent) et le solaire, au lieu des centrales au gaz, comme celle de Bécancour.» J «Pour préserver la beauté naturelle du Québec, explique la Québécoise d’adoption, il suffirait de ne pas chercher à la transformer: prospections gazières et pétrolières || dans le golfe du Saint-Laurent, coupes à blanc dans la forêt boréale.» Les gens peu-* vent agir ici même, croit loana: «Il ne faut I pas nécessairement embarquer sur un bateau de Greenpeace et aller au bout du monde I pour sauver la planète.» Doris Hamelin (Équiterre) Dans la quarantaine, Doris Hamelin est adjointe à la coordination générale pour Équiterre.La bachelière en comptabilité a connu cet organisme québécois par son pro- gramme d’agriculture soutenue par la communauté, liant les fermes biologiques aux citadins.Elle voulait y participer pour obtenir des paniers de fruits et légumes biologiques, apportés en ville par les fermiers.Native de Normétal, un village de l’Abitibi-Témiscamingue, elle a vu les ravages causés à l’habitat naturel par l’exploitation minière (Noranda) et forestière.«D’une forêt que j’ai vue lentement se vider de ses arbres, je trouve aberrant qu’une poignée de personnes profitent de ces richesses-là», opine-t-elle.Les gestes quotidiens préservant la nature lui tiennent à cœur.Doris vient en aide aux Mexicains en achetant du café équitable, et aux agriculteurs du Québec en se procurant ses paniers biologiques.Des gens laissent le soin aux organismes, comme Greenpeace et Équiterre, de monter aux barricades», se désole-t-elle.On peut agir comme consommateur, croit-elle.D’ailleurs, Équiterre prône le slogan «Acheter, c’est voter», popularisé par sa co-fondatrice Laure Waridel.Mais Doris nuance le pouvoir de la consommation: il faut l’agencer avec la pression du public sur les gouvernements.«Voter, c’est le premier devoir du citoyen», rappelle-t-elle.Caroline Voyer (RQFE) Caroline Voyer coordonne le Réseau Québécois des femmes en environnement (RQFE).À 30 ans, elle est aussi vice-présidente de l’organisme Environnement Jeunesse.En 2000, la situation planétaire la préoccupait tellement qu’elle a quitté son emploi pour se joindre au mouvement écologiste.Elle trouve insupportable qu’on contamine l’air, provoquant des maladies respiratoires chez les enfants, comme l’asthme et les allergies.«Ces situations, dit-elle, sont prises à la légère par les gouvernements.» L’accès à l’eau potable la mobilise également, les fuites d’eau, le gaspillage.«Je trouve dommage de traiter l’eau pour la perdre par la suite.» «Au Québec, on est champion mondial des déchets! Ces montagnes de détritus ont un impact sur notre sol, notre eau, notre air et notre santé.Faudra-t-il une catastrophe pour provoquer des changements?», interroge-t-elle.Leurs messages Les trois femmes engagées souhaitent voir les gens s’informer, appuyer (au moins) une cause, un organisme.Elles suggèrent: loana: Moins d’espaces verts transformés en stationnements ou en chantiers de construction.Dons: Pour réduire l’usage de l’automobile, plus d’autobus et de services pour nous emmener à la montagne ou à la forêt.Caroline: Suivre l’exemple de Londres, qui diminue l’accès des voitures à son centre-ville, pour améliorer la qualité de l’air.loana: Économiser l’eau et l’énergie, acheter du papier recyclé, éviter les produits toxiques.Si l’utilisation d’une auto est indispensable, en acheter une consommant moins d’essence, idéalement hybride (dotée d’un moteur électrique alternant avec le moteur à essence, par exemple).Doris: Suivre le programme d’efficacité énergétique d’Équiterre pour l’isolation des intérieurs.Caroline: Acheter des fruits et légumes en vrac, pour éviter le gaspillage des emballages.• Greenpeace (514) 933-0021 / www.greenpeace.ca • Équiterre (514) 522-2000 / www.equiterre.org •RQFE (514) 840-2747 / www.rqfc.org [JS REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.6 Août-Septembre 2005 Visiter le: www.jOurnaldelarue.com Nouveau local pour le Journal .«g IN D’AIDE Le toit coule au Journal.Le Café Graffiti se fait encore expulser.Aidez-nous à acquérir un toit permanent en achetant des briques à 1$.1992 - Le Journal de la Rue est fondé.Deux travailleurs de rue s’impliquent bénévolement, le père André Durand et Raymond Viger, pour accompagner des jeunes marginalisés.1997 - Pour répondre aux besoins des jeunes, le Café-Graffiti est créé.Un milieu de vie où le jeune peut s’exprimer par les arts et la culture.2002 - Les activités du Café-Graffiti continuent à prendre de l’ampleur.Le Journal de la Rue doit quitter le local pour laisser toute la place aux jeunes qui commencent à se prendre en main.2003 - Face à une fièvre spéculative qui risque d’expulser les organismes communautaires d’Hochelaga-Maisonneuve, le Journal de la Rue prépare un projet de logement social pour les jeunes marginalisés.Devant l’ampleur des demandes de plusieurs centaines d’organismes communautaires, le Journal subit plusieurs refus de subventions.Mars 2005 - Les réaménagements commerciaux débutent.Un bureau de médecins et un bureau de poste viennent s’implanter.Malgré un bail, le Café-Graffiti se fait expulser à 3 semaines d’avis du local qu’il occupe depuis 1997.Avril à juin 2005 - Pendant trois mois, beaucoup de travaux sont effectués pour J'achète____briques à 1 $ chaque J’en profite pour me réabonner à Reflet de Société ! an: 6 n^s :0ur 23.7CS + :< f4 46S) - 341E$ 2 ans: '2 pou -4 253 + tx (6 3:S)- 50 30S 3 ans: '& nos :our 29.953 + tx (S 313) = 68.EE3 s’>e rénover le nouveau local du Café-Graffiti.Coût: plus de 30 000$.Début juillet 2005 - Le local du Journal de la Rue s’écroule de désuétude.Trois dégâts d’eau majeurs dans la même semaine.Le toit, sur 3 étages, laisse passer des quantités phénoménales d’eau qui aboutissent dans les locaux du Journal.6 juillet2005 - Le propriétaire du nouveau local du Café-Graffiti nous avise qu’il vend l’immeuble et que le nouveau locataire va occuper la place du Café-Graffiti.Cette annonce a l’effet d’une douche froide.Les membres, les bénévoles et le personnel autant du Café-Graffiti que du Journal de la Rue sont découragés.Tant d’efforts ruinés encore une fois.Le Journal de la Rue est dans un local désuet qui se meurt.Le Café-Graffiti se fait expulser pour une 2e fois en moins de 4 mois.Assez, c’est assez.) P'ârom.Adresse.Vi le______ Cede pesai Carte r‘ TO'AL > International- 39.00$ Cad.1 an Chèque ou mandat à Tordre du: Journal delà Rue, 4277, rue Ste-Catherine E.Montréal, Qc, HIV 1X7 tél.: (514) 256-9000 Le Journal de la Rue et le Café-Graffiti veulent exercer leur clause de premier refus et rester dans les nouveaux locaux.C’est-à-dire acheter le nouveau local du Café-Graffiti.Nous ne pouvons accepter que la | spéculation pousse sans arrêt le | communautaire.Nous ne pouvons accepter ( de rénover et d’entretenir des locaux que nous perdons dès que l’économie s’emballe.Pour permettre à l’organisme et à ses différents projets de pouvoir rester en place Pour permettre de sécuriser les loyers a payer et éviter la flambée spéculative des augmentations de loyer à venir.Pour § permettre au Journal de la Rue de revenir cohabiter dans le même local que le ( afe-Grafïïti.Aidez-nous à acquérir un toit permanent.Nous vous offrons d’acquérir symboliquement des briques de ce nouveau H local.Des cartes postales réalisées par des jeunes ayant fréquenté le Café-Graffiti sont mises en vente au coût de 1$ chacune (taxes et frais de poste inclus).Douze modèles sont disponibles.Nous sommes plus de 425 000 lecteurs du magazine Reflet de Société.Nous vous demandons d’acheter une seule de ces briques symboliques.Les jeunes, les bénévoles et les travailleurs du Journal de la Rue et du Café-Graffiti vous remercient à l’avance pour votre aide et soutien.__________ 'loi________________________ - Powlnce ____________________ __________Tel ( ).Dale :'expiral3n L Sigiaus_________________ C) ÜÜÜÜ 1 H 11! j k< ' Visiter le: www.journaldelarue.com Vol.13.6 Août/Septembre < REFLET DE SOCIÉTÉ 17 Des jeunes patrouillent les parcs, une polyvalente engage un ancien policier comme médiateur.des solutions se mettent en place pour affronter les gangs de rue.Mais les moyens sont dérisoires.«Si c’était si simple, ça ne ferait pas 20 ans qu’on y réfléchirait.On est pas arrivé à une solution.» Le verdict tombe comme un coup de massue.De la part d’un poids lourd de la lutte contre le phénomène des gangs de rue, l’impact fait mal.Chantal Fredette est criminologue au Centre jeunesse de Montréal.Avec 3 collègues, elle a rédigé en 1998 un rapport sur les gangs de rue, commandé par la police de Montréal.Les chercheurs ont découvert que les jeunes solidement attachés à leurs parents, à leur école, à des amis et à leur communauté risquent moins d’adhérer à un gang de rue.D’où la nécessité d’impliquer tous les acteurs de la région concernée, police, écoles, familles, ville, gouvernement, milieu judiciaire, milieu communautaire, CLSC.Ensemble, ils peuvent combler les besoins d’appartenance, de valorisation et de protection que certains vont chercher dans les gangs.«La solution aux gangs, ce n’est pas juste la responsabilité de la police mais de tout le monde.Du citoyen au premier ministre du Québec», plaide Mme Fredette.«Pour l’instant, chacun rame de son côté.On est pas encore rendu à la perfection, mais c’est en train de s’améliorer.Il y a 6 ou 7 ans, c’était n’importe quoi», note Harry Delva, coordonnateur de la Maison d’Haïti, un organisme communautaire offrant des activités aux jeunes.M.Delva constate une ouverture récente des différents acteurs.«Les écoles et les CLSC acceptent le partenariat.On se dit que oui, c’est vrai, on intervient avec le même jeune.» La criminologue Chantal Fredette n’est pas aussi optimiste.«On a pas encore trouvé une façon de travailler ensemble.On a pas les moyens de nos ambitions.On tire partout.La patrouille de rue de la Maison d'Haïti arpente parcs et écoles.Photo: Harry Delva et Shermond Absence, coordonnateurs, et Wilnie Alexandre, patrouilleuse.On fait n’importe quoi.Ça m’inquiète, s’emporte-t-elle.Les gangs, ça touche 10% des jeunes.Il faut aborder la pauvreté, pas juste les gangs.» Elle propose de contrer l’attrait des gangs en prenant de front plusieurs problèmes sociaux.«Ce qui marche pour les gangs va marcher pour le taxage, la drogue, la violence, le décrochage scolaire, la prostitution.Pourquoi alors financer des problématiques plutôt qu’un programme dirigé sur le jeune?», demande-t-elle, dénonçant cette pensée à court terme.«On est dans la mode.C’est tendance de parler gangs.Mais l’an prochain, on ne va parler que d’hypersexualisation.Pas de gangs.Et on ne fera pas de liens entre les autres problématiques comme la faible estime de soi et la prostitution.», déplore Mme Fredette, découragée.Mais son enthousiasme ressurgit aussitôt.La battante refait surface.«Ce qui me réconcilie, c’est que je suis en contact avec des intervenants extraordinaires qui ont la volonté de changer les choses.» Une approche concentrée sur le jeune?Harry Delva n’est pas tout à fait contre.«C’est sûr que ce serait intéressant de REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.6 Août/Septembre 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com GANGS DE RUE Pour Jean Baraby, inspecteur-chef de la police de Montréal, les parents ont un rôle important à jouer auprès de leurs jeunes.pouvoir Taxer sur le jeune.Mais qui dit jeune dit famille.Il faut un projet qui peut aider le jeune dans la famille.» L’inspecteur Jean Baraby, de la police de Montréal, interpelle les parents, facteur le plus susceptible d’empêcher le jeune d’adhérer à un gang.«Intéressez-vous à vos enfants.Dites-leur “t’es important pour moi.” Valorisez les études!» Bien qu’il ne veuille pas minimiser le J phénomène des gangs de rue, l’inspecteur g Baraby tient à rappeler que, malgré la | visibilité des gangs de rue dans les médias, il ne faut pas voir derrière tout jeune un membre de gang.«On a des énergies à mettre dans la lutte contre les gangs, mais il y a toujours bien 99% des jeunes qui fonctionnent bien.» La polyvalente Henrl-Bourassa relève le défi des gangs Au début des années 1990, l’école Henri-Bourassa, située à Montréal-Nord, souffrait d’une épidémie de violence.Les gangs de rue gangrenaient l’institution au point de faire fuir la clientèle.Pour sécuriser les parents, élèves et professeurs, l’administration a pris le taureau par les cornes.En 1992, la direction participe à un comité anti-violence où siègent policiers, psychoéducateurs, étudiants, parents.Forte de ce brassage d’idées, la direction augmente son personnel de sécurité, ajoute des caméras et transforme les lieux de façon à restreindre les endroits isolés.La mentalité change.«On a analysé que les événements tragiques, les meurtres, les tentatives de meurtres, les batailles, partaient de rien.Les profs ont été mis à contribution.Ils nous disent ce qu’ils savent et on intervient.» Le commentaire vient de Richard Vandal, policier à la retraite.Trop jeune pour se retirer de la vie active à 48 ans, il prend les rênes de la sécurité de l’école en 1994.Dès qu’un conflit couve, M.Vandal intervient.Juste en favorisant la communication, il désamorce des crises aux proportions inimaginables, comme cette fois où un jeune haïtien et un latino se sont bousculés.«Les deux ont des frères, des cousins, des amis plus vieux dans l’école et à l’extérieur.Les téléphones étaient déjà faits pour qu’il y ait un grand rassemblement après les cours.Ils se sont parlés et rien n’est arrivé par après.» L’école conserve les numéros des casiers et, une fois Tan, l’escouade canine vient flairer cet espace de rangement.De plus, la polyvalente Henri-Bourassa, pour éviter toute marque associée aux gangs, a éliminé les casquettes et les bandeaux.L’école va même jusqu’à fournir les sacs à dos afin d’empêcher les jeunes d’amener des armes.«Ici, c’est une belle aventure de vouloir aider les jeunes.Ce ne sont pas toutes les écoles qui ont cette ouverture», dit Alain Clément, policier de Montréal-Nord impliqué dans la prévention à l’école et ancien élève de l’institution.Et malgré le bon vouloir de tous, du citoyen au premier ministre du Québec, le jeune a un gros mot à dire.«Tant que le jeune n’a pas décidé par lui-même de quitter le gang, il n’arrivera rien», observe Harry Delva.Un argument de plus pour concentrer les ressources sur le jeune?Un partenariat réussi entre la Maison d’Haïti et la police Shermond est coordonnateur de la Patrouille de rue de la Maison d’Haïti dans Saint-Michel, à Montréal.Il supervise 9 jeunes haïtiens dont la tâche est de prévenir les conflits dans le secteur, particulièrement ceux créés par les gangs.La patrouille travaille étroitement avec la police de la ville.«On fait du bon travail ensemble», avoue le jeune homme de 22 ans.L’entente est simple.Avant de débarquer à un endroit, la police prévient Shermond.«Ils peuvent arriver et faire une descente, recourir à la force.Ils ne le font pas.C’est ce que j’aime.Ils font appel à nous avant pour qu’on règle le problème», raconte le jeune homme.Son alliance avec la police renforce son pouvoir de prévention et évite des arrestations.«Si on était séparés, ça n’aurait pas le même impact.Les personnes qui raisonnent bien vont se dire que c’est mieux de nous écouter parce que sinon la police s’en vient.» A Saint-Michel, la patrouille assure la sécurité à l’intérieur des événements, la police, à l’extérieur.Les jeunes se sentent moins contrôlés.L’alliance bénéficie à tous.«S’ils vont dans un spectacle et que la police est là, les jeunes n’entreront pas avec des armes.Ils vont le faire si elle n’est pas là.» Pour Shermond, l’association avec la police est un exemple de partenariat qui fonctionne.Visiter le: www.journaldelarue.com 13.6 Août/Septembre 2005 < REFLET DE SOCIÉTÉ GANGS DE RUE Genèse des gangs de rue Dominic Desmarais Le phénomène des gangs de rue s’amplifie à Montréal, touchant 10% des jeunes.Apparus dans les années 1980, ces groupes partent désormais à la conquête de la province.Ils attirent des jeunes rêvant de pouvoir et de richesse.Le visage fraîchement rasé, les cheveux coupés courts, la chemise soigneusement repassée, l’inspecteur-chef Jean Baraby, de la police de Montréal, ressemble au bon père de famille typique.Seule la présence d’une attachée de presse dans son bureau rappelle la délicatesse du sujet.Le phénomène des gangs de rue, c’est du sérieux.De sa voix chaleureuse, le policier transmet ses connaissances: «Dans les années 1980, c’était des ados.C’était des batailles en dehors des écoles, dans les parcs.Il n’y avait pas d’activités criminelles.Si je fais un parallèle, dans les années 1960-1970, les francophones se battaient contre les anglophones.» Une carrière Alain Clément est également policier.Depuis cinq ans, tous les mercredis, il se rend à l’école secondaire Henri-Bourrassa pour prévenir les élèves de secondaire I des méfaits d’adhérer aux gangs de rue.«Avant, tu pouvais trouver un gang qui volait des voitures.Ils ne faisaient pas d’argent.Ils se sont rendus compte qu’il y avait de l’argent à faire et ont dit aux plus jeunes comment faire.» Mais voilà, ces jeunes de la première génération ont vieilli, se sont endurcis.Ils ont emprunté la voie de la criminalité, offrant de nouveaux modèles pour les jeunes frères, les cousins.«Maintenant, tu peux faire carrière dans les gangs de rue.Il y a des modèles.Les plus jeunes regardent ça et se disent “wow, je peux faire comme eux!”, explique l’inspecteur Baraby.: Le rappeur 50 cents, modèle des jeunes.Les jeunes se réunissaient par besoin de valorisation, par désir de constituer une famille.Les intervenants pouvaient alors combler leur besoin d’affection.Les choses ont évolué, le roi dollar a pointé le bout de son nez.«La valeur, aujourd’hui, c’est l’argent.Lejeune a tout ce qu’il veut dans la vie.Il est millionnaire.Il a les filles, la drogue.Comment dire au jeune qu’il est un mauvais modèle?», explique Harry Delva, coordonnateur des projets jeunesse à la Maison d’Haïti depuis 13 ans.L’homme en connaît un rayon.Il s’occupe d’un projet de patrouilleurs de rue composé de jeunes dont certains ontflirté avec des gangs.Ils essaient de conseiller leurs pairs dans le quartier Saint-Michel à Montréal.M.Delva reconnaît qu’il est aujourd’hui plus difficile de ramener les membres de gangs dans le droit chemin.«Entre 1997 et 2000, des jeunes, qui ne faisaient pas nécessairement partie de gangs, se sont enrichis avec des fraudes.Ils ont encouragé nombre de jeunes ayant envie d’adhérer à un gang.Maintenant, ces jeunes ne cherchent plus une famille mais une richesse, explique M.Delva.En voyant des jeunes qui ont réussi, les gangs se sont dit qu’ils pouvaient y arriver.» Les jeunes à risque Quel jeune éprouve le besoin de s’intégrer à un gang?À en croire l’inspecteur Baraby, tous les jeunes sont susceptibles d’être recrutés.Chantal Fredette, criminologue et spécialiste des gangs de rue au Centre jeunesse de Montréal, apporte des précisions.Les plus à risque viennent de familles dont l’un des membres fait déjà partie d’un gang.Une très grande majorité des jeunes qui ont déjà des problèmes y trouvent leur niche, explique la chercheure.«Le défi, c’est d’identifier, parmi les jeunes des gangs, les 10 à 20% qui vont constituer le noyau dur, qui sont très criminalisés.Un des facteurs, c’est la précocité.Celui qui fréquente tôt les gangs, par exemple à neuf 26 REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.6 Août-Septembre 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com '-'•-'¦GANGS DE RUE ans, va être plus à risque.Le 10% du noyau dur a la perception que la vie est dangereuse, qu’il y a deux côtés: les gagnants et les perdants.Pour gagner, il faut imposer», s’exclame la jeune femme tout en gesticulant.«Pour une minorité de jeunes au Québec, en 2005, le gang de rue offre une meilleure perspective de vie que tout autre chose», constate la criminologue qui a rencontré une trentaine de ces jeunes pour rédiger un rapport sur le sujet.Violence extrême «L’univers des gangs est extrêmement violent, a observé Chantal Fredette dans ses recherches.Il faut être tolérant à la violence pour supporter ce climat.Il y a un 20% des jeunes qui ont cette tolérance», note-t-elle.Dans ses visites à la polyvalente Henri-Bourrassa, le sergent Alain Clément a senti lui aussi l’apparition de ce problème: «Depuis les 5 dernières années, je constate autant d’événements, mais ils sont de plus en plus violents.» L’accès facile aux armes expliquerait l’intensité des altercations.«C’est plus facile pour eux d’acheter une arme qu’un paquet de cigarettes», dit Harry Delva d’un ton détaché de celui qui a tout vu.Les jeunes ont les moyens de s’outiller.D’autant plus qu’ils ont un réseau de drogue, de prostitution, d’extorsion à protéger.«Ça ressemble au temps d’Al Capone.Ce qu’on voit, ce sont des règlements de compte entre gangs pour un territoire.Maintenant, ils sont partout.Parce que les motards ont libéré certains secteurs, les gangs de rue décident d’occuper et d’agrandir leurs territoires.Quand ils se rencontrent au centre-ville, ils se tirent dessus», décrit M.Delva.Accroupi, les coudes sur les genoux, il se relève, esquissant une mimique d’impuissance.Attirés par le gain, les gangs de rue reluquent les territoires délaissés par les motards, affaiblis à la suite de l’opération policière Printemps 2002 qui a permis de mettre derrière les barreaux plusieurs Hells Angels et Rock Machines.Libérés de cette concurrence, les gangs s’exportent.«Ce qu’on constate, c’est que les membres de gangs s’installent en périphérie de Montréal et vont faire des activités plus éloignées comme le trafic de stupéfiants, la prostitution juvénile.On en a retrouvé en Gaspésie, au Lac St-Jean, en Outaouais et à Sherbrooke.Ils ne sont pas encore rendus à s’y installer», avoue l’inspecteur Baraby, qui rajoute du même souffle la mise sur pied d’une escouade de choc.Pour contrer cette expansion, la Police de Montréal, de Laval, la Sécurité du Québec et la GRC ont uni leurs forces.Cette nouvelle union policière sera-t-elle suffisante pour contrer le phénomène?Probablement pas, de l’aveu de l’inspecteur.«Tant qu’il y aura l’appât du gain, il va toujours y avoir des jeunes qui vont s’y Qui sont les membres de gangs ?Âge: entre 10 et 25 ans.Espérance de vie: 30 ans au Canada, 21 aux États-Unis.Types de jeunes: manque d’encadrement familial; milieu défavorisé; violence familiale.Raisons d’adhérer: valorisation, appartenance, protection, pouvoir, argent, s’amuser.Noyau dur: les leaders.Particulièrement violents, les plus criminalisés.Influencent le gang.Ont quitté les institutions comme l’école.Noyau mou: périphérie.Plus influençables.À la fois dans le gang et à l’école.Problèmes de comportement et d’intégration scolaire.Aspirants.Tournent autour du gang.Voudraient y participer, mais possible d’éviter leur adhésion.Source: Jeunesse et gangs de rue, Centre Jeunesse de Montréal.intéresser.On a pas la prétention de penser qu’on va enrayer le problème.Comme la prostitution, on travaille fort, mais on peut pas l’empêcher.» Réaliste, le coordonnateur de la Maison d’Haïti n’en pense pas moins.«C’est un phénomène qui est là pour rester, croit-il.Autour, on a la vente de drogues, la prostitution.C’est de l’argent facile.Ça fait partie de notre société.Mais on peut baisser ça, prévenir, diminuer le nombre de gens qui entourent les gangs.» Le gangster rap, le modèle de l’argent facile Les chanteurs américains appréciés des jeunes donnent une image positive des gangs de rue.Avec de tels modèles, la lutte contre le phénomène est inégale.«Les gangs, c’est devenu une mode qui suit le gangster rap du Hip Hop.Quand tu vois les vidéos, tu vois les beaux chars, les pitounes, les bijoux.C’est ce que les jeunes recréent.C’est dur de passer à côté.Même les jeunes québécois de souche cèdent sous le charme.Tout le monde écoute le Hip Hop.Tant que ça va rester populaire, les gangs vont rester.Si le rappeur 50 Cents change d’image, là on va voir un changement dans la société pour cette problématique», observe Harry Delva, coordonnateur des projets jeunesse à la Maison d’Haïti.Chantal Fredette, criminologue au Centre jeunesse de Montréal et spécialiste des gangs de rue, tient le même propos.«Avant, on s’identifiait à Madonna.Aujourd’hui, c’est les gangs de rue.Tupac, 50 Cents.On s’habille comme eux.Au primaire, on joue au gang de rue.» «Quand on va sur le site de 50 Cents, il y a l’image d’une balle tirée.Tous les jeunes trouvent ça cool.Il n’y a pas un gouvernement qui peut supporter la compétition, rajoute M.Delva.Tupac s’est fait tirer par un gang adverse.On en a fait un héros.Comment veux-tu te battre contre ça?» Visiter le: www.journaldelarue.com 13.6 Août-Septembre 2005 < REFLET DE SOCIÉTÉ 21 CONSOMMATION Peut-on annuler un contrat?Jean-Jacques Préaux, Office de la protection du consommateur La rumeur veut que l’on puisse annuler n’importe quel contrat dans un délai de 10 jours.Ç’est faux, sauf dans certains cas d’exception.Parmi les contrats que l’on peut annuler, on trouve les contrats conclus par un commerçant itinérant, de services à exécution successive (tels les cours de langue, de danse, les services de garde, les forfaits des studios de santé), le contrat d’achat de sépulture, de services funéraires, de crédit (tels la vente à paiement différé et le prêt d’argent) et, enfin, le contrat de location à long terme d’un bien (tel une voiture) avec valeur résiduelle garantie.Commerçant itinérant Ce type de contrat, signé au domicile du consommateur à la suite du démarchage d’un commerçant, peut être résolu à l’intérieur d’un délai de 10 jours.Le commerçant doit remettre les sommes perçues du consommateur alors que celui-ci devra remettre le bien au commerçant.Évidemment, le bien doit être dans le même état qu’à sa livraison.À certaines conditions, notamment l’absence de permis du commerçant et la non-conformité du contrat, le délai de résolution peut aller jusqu’à un an.Studio de santé Ce contrat, d’une durée maximale de 12 mois, peut être résilié à l’intérieur d’un délai n’excédant pas un dixième de sa durée totale.À l’intérieur de ce délai, le commerçant doit accepter l’annulation faite par le consommateur.Le consommateur pourrait devoir payer une pénalité représentant 10 % du prix total du contrat.Services à exécution successive Ce contrat peut être résilié à n’importe quel moment par le consommateur.Il devra acquitter les services qui lui ont été fournis.De plus, il devra payer, à titre de pénalité, la moins élevée des sommes suivantes: 50$ ou une somme représentant 10% du prix des services non fournis.L’achat de sépulture ou d’arrangement préalable de services funéraires Il faut d’abord prendre en compte l’endroit où a été conclu le contrat.Le contrat d’arrangement préalable de services funéraires signé dans une résidence funéraire ou à la place d’affaires du vendeur, peut être résolu en tout temps.Par ailleurs, le contrat d’achat de sépulture signé à la place d’affaires du vendeur ou dans une résidence funéraire ne peut pas être annulé.Par contre, il existe un délai d’annulation tant pour les contrats d’arrangement de services funéraires que pour les contrats d’achat de sépulture qui sont signés ailleurs qu’à la place d’affaires du vendeur ou que dans une résidence funéraire.Ainsi, à l’intérieur d’un délai de 30 jours suivant leur signature, l’un ou l’autre de ces contrats peut être résolu de plein droit dès l’envoi d’un avis au commerçant.Après ce délai de 30 jours, seul le contrat d’arrangement préalable de services funéraires peut être résolu.Le contrat de crédit Un contrat de prêt d’argent ou un contrat d’achat assorti d’un crédit peut être résolu dans les deux jours suivant celui où les deux parties ont en leur possession une copie du contrat.Cette annulation est faite sans frais ni pénalité pour le consommateur.La remise du capital net, dans le cas du contrat de prêt d’argent, est considérée équivalente à l’envoi de l’avis écrit.Location d’un bien à long terme Dans le cas d’un contrat de location d’un bien à long terme avec valeur résiduelle garantie, il peut être annulé dans les deux jours qui suivent celui où les parties ont en leur possession une copie du contrat, sauf si le consommateur a déjà pris possession du véhicule automobile neuf.Notons que ce type de location semble se faire de plus en plus rare.La location simple, souvent avec option d’achat, est aujourd’hui beaucoup plus courante.Dans ce cas, le consommateur a le droit de résilier le bail en tout temps mais il pourrait avoir à payer des dommages et des intérêts au locateur.Le profil du commerçant Il est préférable de connaître le profil du commerçant.Vous voulez savoir si un commerçant a déjà fait l’objet de plaintes?Et si c’est le cas, de quel type de plaintes il s’agit, ou encore s’il détient le permis requis par l’Office de la protection du consommateur dans certains secteurs d’activité?Consultez www.opc.gouv.qc.ca ou téléphonez au 1 888 OPCALLO (672-2556).- T a ' Vx' - ; ' j^ 'ÿ ''j .' - ' lllliililillilllll O!, Hj : éléph Télécop Courriel: menarr 22 REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.6 Août-Septembre 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com SANTÉ Le Depo-Provera : '- une contraception qui met votre santé en péril Mélanie Tremblay Le contraceptif Depo-Provera, donné par injection aux femmes, est efficace à 99,7%.Mais il cause la dépression et rend les os plus fragiles.Des spécialistes s’alarment des effets nocifs du produit.J’ai utilisé le Depo-Provera.Nausées, maux de tête, de ventre et fatigue sont apparus après 3 semaines seulement! Par la suite, ballonnements, chutes de pression, étourdissements remplissaient mon quotidien.Trois mois après ma première injection, ma balance m’envoie un message déplaisant: j’ai pris 10 livres.Je poursuis le traitement.Neuf mois et 26 livres de gains plus tard, les effets secondaires s’aggravent.J’ai tout arrêté.15 jours après, les symptômes disparaissaient.Le contraceptif par injection Depo-Provera a été longtemps refusé par les pays développés.Administré par injection aux 12 semaines, l'efficacité du produit est de 99,7%, mais il cause des effets secondaires importants sur la santé des femmes.Devant le refus des pays du Nord, les sociétés pharmaceutiques s'étaient tournées vers les femmes des pays en voie de développement.Mais au Canada, le gouvernement a autorisé le Depo-Provera en 1997.Fracture des os En 2000, la Fédération du Québec pour le planning des naissances publie une brochure sur les risques et effets secondaires liés au Depo-Provera: L’injection contraceptive ou Depo-Provera, est-ce pour vous?Les plus importants risques décrits sont: diminution de la densité de masse osseuse, gain de poids, dépression, perte de cheveux, augmentation ou diminution de la pression artérielle, nervosité, étourdissements, saignements menstruels irréguliers, fatigue, affaiblissements, maux de tête, ballonnements, nausées, vomissements, acné, taches sur la peau, augmentation des poils et jusqu’à deux ans d’infertilité après l’utilisation du produit.«J’ai rencontré une femme qui avait engraissé de 50 livres et une autre de 80 livres, c’est très nocif pour la santé!», déplore Claire Dubé, coordonnatrice et infirmière au Service d’information en contraception et sexualité du Québec.Or, Madame Dubé affirme que le risque le plus dangereux est la perte de la densité de masse osseuse.Les os deviennent alors de plus en plus fragiles.«Si cet effet secondaire n’est pas “corrigé”, il pourrait y avoir une augmentation importante du taux de fractures des os», prévient le Dr Suzanne Bisaillon, professeure à la faculté de pharmacie de l’Université de Montréal.Le fabricant du Depo-Provera, Pfizer Canada, lançait un avertissement sur cet effet en novembre 2004 seulement, par le biais d’une lettre envoyée à Santé Canada.«C’est très choquant que le fabricant émette un avertissement en 2004, alors que le produit est autorisé depuis 1997 au Canada», commente Barbara Bourrier-Lacroix, porte-parole du Réseau canadien pour la santé des femmes.Dépression et fatigue Autres effets secondaires: la dépression et la fatigue.Une étude a permis d’observer la présence de dépression et de fatigue chez 35% des adolescentes.Ces symptômes se sont aggravés, chez celles-ci, avec l’utilisation du Depo-Provera, selon un rapport d’un comité de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada.Selon ce rapport, toutes les utilisatrices connaissent des changements menstruels.Environ 50% d’entre elles n’ont plus de menstruations après un an et 68% après deux ans.25% des utilisatrices ont des saignements irréguliers et fréquents.Et Santé Canada?Comment se fait-il que depuis 1997 aucun avertissement important n’a été lancé par le ministère fédéral de la Santé, afin d’informer le public?Plusieurs médicaments sont autorisés et par la suite nous apprenons leurs graves effets secondaires.«On peut se rendre compte que le processus d’approbation des médicaments ne permet pas d’identifier tous les effets indésirables», conclut le Dr Jean-Pierre Grégoire, professeur à la Faculté de pharmacie de Y Université Laval.«On pourrait investir davantage dans les études, afin de mieux évaluer les risques associés aux médicaments.» Le 30 juin dernier, Pfizer Canada envoyait une autre lettre à Santé Canada.Après des études cliniques, le fabricant conclut que les femmes utilisant Depo-Provera «pourraient subir une baisse notable de la densité minérale osseuse.La perte osseuse observée, qui est proportionnelle à la durée du traitement, pourrait ne pas être entièrement réversible.» Pfizer précise que le contraceptif «doit être réservé aux situations où les autres traitements ne conviennent pas, et la période d’utilisation doit être la plus courte possible.» Pfizer prie les utilisatrices de consulter leur médecin.Pour renseignements: Pfizer Canada: 1 800 463-6001 Santé Canada: 1 866 243-2345 (sans frais) ou cadrmp@,hc-sc.gc.ca Visiter le: www.journaldelarue.com 13.6 Août-Septembre 2005 REFLET DE SOCIETE ICTTC OvJL/ILZ 1 tz Champ de mines en vue! Raymond Viger Le gouvernement du Québec veut permettre aux organismes communautaires d’émettre des parts sociales à des actionnaires: une mise à mal de notre gestion démocratique et une porte ouverte aux plus belles fraudes.Je me souviens d’une histoire qui est arrivée à un de mes proches.Il travaillait pour une entreprise où il était un cadre important.L’entreprise voulait faire une restructuration majeure.Son ancienneté empêchait l’entreprise de le mettre à pied.En lui faisant miroiter que l’entreprise voulait l’aider à faire encore plus d’argent, ils l’ont convaincu de partir à son compte pour ouvrir un magasin.C’était un coup fourré et il faisait face à la faillite en peu de temps.Le gouvernement du Québec est-il en train de faire la même chose avec le communautaire?Le gouvernement veut se désengager du financement du communautaire depuis un bon bout de temps.Il cherche des idées pour se débarrasser de ses obligations sociales.Les lois régissant le communautaire étant nombreuses et désuètes, il veut faire une réforme.Est-ce là une belle occasion pour se laver les mains?nouvelles normes rendent de plus en plus compliquée la gestion quotidienne d’une entreprise publique.On doit tout vérifier, contre-vérifier, on crée de la paperasse, on rend la vie impossible.Ce n’est pas normal que la paperasse représente 7 à 10% du chiffre d’affaire.» M.Lemaire envie aujourd’hui les entreprises qui sont demeurées privées et qui n’ont pas vendu d’actions.De l’autre côté, on se souvient des fraudes telles qu’Enron.Pour satisfaire l’appétit des actionnaires, les administrateurs ont trafiqué les bilans de leur entreprise.Finalement, on se souvient aussi du questionnement sur les salaires faramineux des administrateurs d’entreprises.C’est à coup de millions qu’il faut les payer pour en trouver un capable de satisfaire les besoins de rendement court terme des actionnaires.Et tout ça se fait souvent au détriment de l’entreprise Dans la révision des lois existantes, le gouvernement veut donner aux organismes communautaires un nouvel outil de financement: l’émission de parts sociales.Mais attention! Est-ce vraiment pour le bien du communautaire?Dans une entrevue au Journal de Montréal, le 2 juillet dernier, M.Bernard Lemaire, président de Cascades, mentionnait: «On est en train de tuer le capitalisme.Les nouvelles règles comptables et les Vote des actionnaires ou des démunis C’est là que le gouvernement veut pousser le communautaire?!?D’une part, dans une gestion démocratique, peut-on parler d’actionnaires et de rendement sur le capital?Dans une gestion sociale, veut-on donner un droit de parole et un droit de vote aux plus démunis ou à ceux qui ont les moyens d’investir dans un organisme?Le rendement demandé par les actionnaires se fera-t-il au détriment de la mission de l’organisme?Parfois je me pose de grandes questions qui demeurent sans réponses.A quoi peut penser notre gouvernement quand il avance de tels projets?Quelles sont ses intentions réelles derrière ces beaux discours?Vendre une action, c’est donner un droit de parole, de gestion et un rendement sur le capital à un actionnaire.Vendre une action, c’est aussi se créer une dette et des obligations face aux actionnaires.Nous avons présentement des obligations dans notre charte d’organisme communautaire.S’il y a des surplus, il doivent être réinvestis dans la mission, non pas à des actionnaires.En cas de fermeture de l’organisme, les actifs doivent être redistribués à un autre organisme communautaire ayant une vocation similaire.Si ce projet de loi passe, en cas de dissolution d’un organisme, les actionnaires pourront se diviser les actifs! La porte est ouverte pour les plus belles fraudes que nous n’ayons jamais vues.J’ai déjà déposé un mémoire au gouvernement demandant la création d’un ombudsman communautaire, parce qu’il y a déjà trop de fraudes qui demeurent impunies.Et voilà que le gouvernement veut miner le terrain.C’est à n’y rien comprendre.Drôle de hasard que ces questions se posent dans un numéro basé sur le bénévolat et l’implication des citoyens.Va-t-on continuer d’intéresser des gens à s’impliquer bénévolement, sachant que des actionnaires empochent les surplus?Galeries Rive-Nord Tours Triomphe Plaza St-Hubert 1 "VU 100, bvd.Brien 2512, bvd.Daniel-Johnson 6330, rue St-Hubert Kajj LXIl Repentigny (Qc) Laval (Qc) Montréal (Qc) v (450) 581-9892 (450) 682-0636 (514) 274-2870 24 REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.6 Août-Septembre 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com Y’a rien la, c’est juste une ligne de coke! Dominic Desmarais La vidéaste Sonia Langlois dénonce la banalisation de la drogue chez les jeunes de l'Abitibi.Son film AmosWa, Réalité souterraine a provoqué des pluies d'appels dans les CLSC.^"’essayais de leur dire: j’ai des JJ I Problèmes de drogue; mais y W pensaient à autre chose.» Les parents de Josée, une jeune adolescente qui s’ouvre le cœur dans le documentaire Amos Wa, Réalité souterraine, ne sont pas les seuls à s’enfouir la tête dans le sable lorsqu’il est question de consommation de stupéfiants.surtout lorsqu’il s’agit de leur progéniture.A croire que le fléau ne sévit que dans les grandes villes.Le documentaire de Sonia Langlois a donné une grosse claque au visage des gens de l’Abitibi.«Les adultes ont eu peur.Ici, c’est très très caché.Dans les sous-sols, le bois, les partys.Ce n’est pas comme à Montréal.Les adultes ont eu de la misère avec le documentaire parce qu’il ne présente pas un beau visage.» En rentrant à la maison après trois ans à étudier l’art et la scénarisation à Laval et à Montréal, Sonia Langlois fait la rencontre de jeunes qui consomment régulièrement.«La banalisation que les jeunes se faisaient de la drogue m’a donné l’idée du documentaire.Je voulais montrer que la drogue n’a pas de pitié.» Beaucoup d’overdoses En s’installant au centre-ville d’Amos, Sonia rencontre ses futurs témoins.Elle jase avec eux, gagne leur confiance.«C’était facile de trouver des jeunes, parce que beaucoup d’entre eux ont eu des overdoses.Ils voulaient dire aux autres que c’est dangereux, la drogue.» Les mots sortent de sa bouche à vive allure.La jeune abitibienne en a long à dire! «Les jeunes font trop confiance à la drogue.Y’a rien là, c ’est juste une ligne de coke, de mescaline.Ils s’accrochent beaucoup à ce plaisir-là.Ils s’en font une amie.» Son projet, elle l’a fignolé pendant un an: rencontrer les jeunes, tenter de convaincre la police à parler devant sa caméra, recherche, questions, montage.«Le plus long était de trouver quelle partie garder.J’ai filmé pour 28 heures!» Cousine héroïnomane De l’aveu même de la réalisatrice de 23 ans, une motivation bien personnelle l’a poussée à concrétiser son projet.Sa cousine, qui participe à AmosWa, est tombée dans l’enfer de l’héroïne.«Elle s’en est sortie toute seule.Aujourd’hui, elle a une maison, un chum.On ne dirait pas qu’elle est passée par là!», raconte-t-elle, admirative.«Je voulais montrer qu’il y a des problèmes de drogue même dans une petite ville.Montrer à la population le visage de la drogue.Montrer qu’il y a plus de désavantages que d’avantages.» Son message atteint la cible.À la suite de la présentation d’Amos Wa, les CLSC de la région sont inondés d’appels de parents.«Tant mieux si les parents ont été fâchés, inquiets», claironne la jeune femme.Malgré le bouleversement de certains adultes, Sonia précise que son film fut bien reçu.«Dans les écoles qui ont présenté le documentaire, ç’a bien marché.Je pense que certains ont peur.» Peur de voir des jeunes s’intéresser de trop près à la drogue.Pourtant, le message du documentaire en montre clairement les effets néfastes.«La plupart des jeunes, dans le documentaire, ne consomment plus.Leur image d’eux-mêmes est meilleure.» Jeunes discriminés après le film Les préjugés ont le bras long.Des employeurs de la région ont refusé d’engager des jeunes participants après le visionnement du film.La réalisatrice lève le ton.«On n’a pas laissé ça de même.On est allé voir Radio-Nord.On a fait un reportage pour dénoncer.» Un employeur n’a pas voulu d’une jeune fille dans son commerce sous prétexte qu’elle a avoué consommer de la drogue devant la caméra de Sonia.«Souvent on associe drogue avec méchanceté.Il faut briser les préjugés.» L’aventure aura soudé les liens entre les jeunes et la réalisatrice.«On s’est fait bien du fun.Ç’a été stimulant et motivant.» Une motivation à s’ouvrir les yeux, à cesser de consommer.Sonia en rajoute.«Ce n’est pas parce que tu consommes de la drogue que tu es mauvais.Si quelqu’un autour de toi consomme, il ne faut pas le juger mais l’écouter.Les parents, baissez jamais les bras!» A attendre son pep talk, on se dit qu’il en faudrait davantage, des Sonia Langlois.Tant pour les parents que pour les ados.À défaut de l’originale, peut-être son documentaire apporterait des réponses aux questions.Si c’est bon pour Amos, c’est certainement bon partout au Québec.Vous pouvez contacter Sonia Langlois pour acheter son documentaire au coût de 32$ incluant les frais postaux: soniasonia21 @hotmail.com Visiter le: www.journaldelarue.com 13.6 Août-Septembre 2005 < REFLET DE SOCIÉTÉ ABITIBI-TEMISCAMINGUE ABJTI Bl - TEMISC AMI NGU E FAUN! CS'ALBAN tr La mort de Madame Beauchemin Alain Martel Madame Beauchemin est morte.C’est ma mère qui me l’a dit.Ma mère se fait un devoir de me dire ces choses-là.Ça me permet de garder un lien avec mes racines abitibiennes et de me rappeler le bon vieux temps.En se parlant, je ressentais une espèce de vide.J’avais de la peine.J’arrivais pas à comprendre ce sentiment-là.Ça doit faire trente ans et plus que je ne l’ai pas vue.Pas même entendu parler d’elle.Madame Beauchemin est morte.Je me suis finalement décidé à partager mon sentiment avec ma mère.Elle ressentait aussi ce sentiment.C’est comme si une partie de mon enfance avait soudainement disparue.Ma mère s’est mise à me raconter des ,J anecdotes.Comment, à trois ans, j’avais gribouillé sur un morceau de papier, j’étais allé à l’épicerie de j Madame Beauchemin afin d’avoir i des bonbons.Madame Beauchemin | avait appelé ma mère en rigolant.Et j alors, j’ai compris.Voilà pourquoi je ressentais tout ça.Madame et Monsieur Beauchemin étaient les épiciers du coin.Juste en bas de la côte, sur la rue Cardinal-Bégin.Je passais devant leur magasin chaque jour pour aller à l’école.Je jouais au baseball, bien maladroitement d’ailleurs, dans leur cour avec des copains.Je me rappelle y être allé souvent et, chaque fois, j’étais reçu comme si j’avais été un vrai client.temps plein.Qu’en fait, son vrai travail était de remonter les femmes qui venaient d’accoucher, pas de jouer à la bobonne.Que ces familles reconnaissaient son travail et c’est pourquoi elles la recommandaient aux autres.C’était la façon des gens du quartier d’accueillir les nouveaux et de les inclure.Alors, ça m’a bien épaté.J’étais tellement habitué à me rappeler les différentes façons qu’on avait Madame Beauchemin (à gauche) dans son épicerie la rue Cardinal-Bégin.Ma mère me disait que, à son arrivée à Rouyn-Noranda, elle faisait des ménages.C’est ainsi qu’elle avait connu les Beauchemin.Elle passait de famille en famille.Un mois, quelques semaines et elle changeait de famille.Je me demandais bien comment elle avait pu passer au travers de tant de rejets sans perdre confiance en la vie.Elle m’a répondu que j’avais tout faux.Que personne, en ce temps-là, ne pouvait avoir une bonne à utilisées pour m’exclure que je ne me rappelais pas celles pour m’inclure.Dans l’analyse des phénomènes sociaux jeunesse, on regarde l’état de la famille.On déplore les divorces, les familles reconstituées.Le manque de modèle.L’absence de rites initiatiques.La perte des points de repères.Mais est-ce que la famille est l’unique responsable de la situation?Est-ce dans la famille uniquement que tout cela se passait?Je ne suis pas sûr.L’épicerie de Madame Beauchemin était un lieu de rencontre, de socialisation pour les gens du quartier.On y voyait des hommes régler le sort du monde en prenant une liqueur ou encore quelques femmes se raconter les événements de leur quotidien en attendant que Monsieur Beauchemin, tout sourire, finisse de couper leur viande.Les gens du quartier s’intéressaient aux autres, pas toujours de façon saine mais l’humain étant ce qu’il est.C’est ça que nous avons perdu avec la venue des magasins à grande surface.Combien de temps pourriez-vous passer chez Provigo, IGA ou Métro à discuter sans acheter quelque chose?Les considérations économiques sont passées avant les considérations humaines.L’esprit de corps qui ; régnait à l’époque, qui faisait que les l gens se réunissaient autour de ceux \ qui avaient subi un grand malheur, qui faisait que des gens en aidaient \ d’autres, même à leurs dépends quelques fois, eh bien, on en entend plus parler, sauf comme étant «le bon vieux temps.» Peut-être que j’idéalise tout ça.Bien sûr que la vie n’était pas rose et qu’il y avait des tonnes de difficultés.On ne peut pas arrêter le progrès.Encore faut-il savoir évaluer ce progrès.La planète est devenue un grand village.Je déplore pourtant que nous n’ayons su garder les avantages sociaux qui étaient de mise dans les villages d’antan.Ai-je tort?Sais pas.Je ne tiens pas à le savoir.Mais si vous preniez quelques instants pour y réfléchir, je serais grandement satisfait.de REFLET DE SOCIÉTÉ > 13.6 Août-Septembre 2005 Madame Beauchemin est morte.Je ne pensais pas qu’elle avait été aussi importante dans ma vie.Je ne savais pas que je l’aimais autant.Merci pour tout Madame Beauchemin.J’ai su qu’il y avait des abonnés à Rouyn-Noranda.Je vous salue bien bas.Visiter le: www.journaldelarue.com 50 ans d’implication Dominic Desmarais En feuilletant le dictionnaire, la surprise est totale.Sous la définition de «bénévole», nulle mention de Louis-Philippe Tremblay.Celui qui, depuis 50 ans, a redéfini l’art du don de soi, aurait mérité meilleur sort.ASt-Félicien, au Lac Saint-Jean, Louis-Phillipe Tremblay est de toutes les causes.Jeunes, loisirs, tourisme, aînés, sports, santé; tout l’intéresse.«Pour ma ville de St-Félicien, sans le bénévolat, ça coûterait trop cher», avoue celui qui, avant de prendre sa retraite de Bell, travaillait jour et nuit pour concilier travail et bénévolat.L’histoire débute dans les années 1950.«J’ai commencé comme pompier volontaire.Il n’y avait pas de brigade d’ambulanciers St-Jean.J’ai décidé d’en former une», explique-t-il avec simplicité.Signe de sa réussite, de Dolbeau et Roberval, on vient le voir pour son savoir-faire.M.Tremblay ne s’arrête pas en si bon chemin.Co-fondateur du CLSC de sa ville, il préside l’Association québécoise de judo pendant quatre ans et ouvre trois écoles pour travailler avec les jeunes.«Ils n’avaient pas de discipline, alors j’ai commencé ça.» Le bénévole de St-Félicien interrompt la conversation.Il questionne son épouse sur ses implications à lui.Sa feuille de route, en 50 ans, est impressionnante.Il ne se souvient plus de tout.«J’avais une petite roulotte.J’ai parcouru tout le Canada.Mais je trouvais qu’il manquait un club dans la région.Un regroupement de gens, de familles.» Aussitôt qu’une idée germe dans sa tête, M.Tremblay passe aux actes.Pour combler ce besoin, il fonde le Club camping-caravaning Saguenay.«Aujourd’hui, il y a 200 à 250 membres.» De partout dans la région, on l’appelle à la rescousse.La Coop de la Solidarité, un organisme de 90 employés aidant les démunis, accumulait les déficits.De l’ordre de 50 000 à 60 000$ selon le bénévole.M.Tremblay redresse la barre.«Aujourd’hui, nous avons un surplus de 100 000$», dit- il fièrement.La Fondation Chanoine Lanoie, une des premières popotes roulantes de la province, avait des difficultés?«Ils sont venus me voir.J’étais libre.On s’est dit qu’en donnant un bon repas par jour, on pouvait prolonger le séjour à domicile chez les personnes âgées et celles qui sortent à peine de l’hôpital.En même temps, en les visitant à tous les jours, on voyait si elles avaient des problèmes.» Les presbytères se vident?«On m’a demandé d’aider.J’ai eu une autre idée.Je voudrais faire un musée touristique sur q» 71 Le super bénévole l’histoire de St-Félicien.» L’homme ne connaît pas de répit.Le conseil de la ville l’a nommé pour représenter St-Félicien pour les Archives de Roberval.Sa réponse?«Je trouvais que c’était une bonne idée.» Rapidement, M.Tremblay est victime de son succès.Reconnaissant son implication, les gens de son quartier lui demandent de les représenter.Il deviendra président de quartier pour ensuite exaucer le vœu de ses pairs: se présenter au poste de conseiller de la ville.Fonction qu’il occupera plus de 20 ans.«En 22 ans, j’ai eu deux élections seulement.» Personne n’osait se mesurer à cet homme apprécié de tous.Père absent M.Tremblay s’est dévoué corps et âme, aux dépens de sa santé et de sa famille, reconnaît-il.«Il y a des périodes, dans ma vie, où j’avais de 300 à 325 réunions dans une année.Ma santé s’en ressent un peu.Une chance que j’ai une femme compréhensive, parce que partir à tous les soirs.» La phrase est dirigée vers son épouse.Un signe de reconnaissance ou une demande de pardon?«C’était pénible de toujours laisser ma femme et ma fille.Ma femme m’a aidé beaucoup.C’est une épouse en or, d’avoir enduré tout ça.Mais j’ai pas vu grandir ma fille.» La voix trahit sa culpabilité.Difficile de réussir dans tout, même pour un surhomme.Pourtant, Théréza, qui habite en Outaouais, marche dans les pas du paternel.«Elle fait beaucoup de bénévolat.Avec les jeunes de la rue, elle tient quasiment une auberge de jeunesse.» En dépit de ses absences prolongées, M.Tremblay a transmis sa fibre bénévole à sa progéniture.T( Lotfg! L'Economie social* ça parle D'argent et de valeurs humaines.CHANTIER DE L’ÉCONOMIE SOCIALE www.chantier, qc.ca Visiter le: www.journaldelarue.com 13.6 Août-Septembre 2005 < REFLET DE SOCIÉTÉ SAGUENAY-LAC-ST-JE AN MAURICIE Nemiscau -"V tec RËSFEVE FAUNIQUE'' DES LACS-ALBANÈL-l tassini-etwac^J lac i mpi & ON REFLET DE SOCIETE Visiter le: www.journaldelarue.com Août-Septembre 2005 Vol 13.6 Face à face avec l’hépatite C France-R.Lemelin, Le Tour d’y voir IMP R : ENTREPRISE D’ÉCONOMIE SOCIALE Laurent Pontbriand se bat pour les victimes de l’hépatite C, contaminées comme lui par transfusion sanguine.¦ "" 1 n 1990, j’ai été victime d’un JJ l“H accident d’automobile et j’ai W-L^dû recevoir une transfusion sanguine.Malheureusement, le sang que l’on m’a donné contenait le virus de l’hépatite C (VHC).C’est seulement six ans plus tard que j’ai appris que j’avais le virus, ce qui explique les malaises et la fatigue que j’ai vécus durant toutes ces années.» Tels sont les propos de Laurent Pontbriand, de Cap-de-la-Madeleine, un homme engagé dans son milieu.Ce qui nous attire chez Laurent, c’est sa bonne humeur contagieuse.C’est un homme sympathique, chaleureux et franc.Son engagement inconditionnel et son empathie à l’égard des autres font de lui un être attachant avec qui il est agréable de converser.Ces quelques années de souffrances et d’inquiétudes avant le verdict fatal l’ont propulsé vers une maturité et une compréhension de la vie comme jamais auparavant.Que s’est-il donc passé après le choc de l’annonce de la mauvaise nouvelle?à la maladie.En 2001, le couple Pontbriand ouvre un bureau à Cap-de-la-Madeleine et s’entoure de personnel pour offrir des services aux personnes infectées ainsi qu’à leur famille.«Au début, la Fondation et ses ressources desservaient presqu’exclusivement nos deux régions mais, peu à peu, le territoire s’est agrandi.Il m’arrive assez souvent d’être appelé à me déplacer un peu partout au Québec.Je me suis même rendu jusqu’à Blanc Sablon, sur la Côte-Nord», de préciser Laurent.Il donne des séances d’information à des organismes, des clubs sociaux.Il se rend dans les pénitenciers.Le cœur de son message repose sur son expérience et ses connaissances sur l’hépatite C.Ceux et celles qui se déplacent pour l’écouter sont loin d’être déçus.Victoire contre les gouvernements La plus grande récompense de Laurent est sa victoire remportée après une chaude lutte contre les gouvernements provincial et fédéral, afin d’obtenir une indemnisation pour les personnes contaminées par transfusion sanguine.«Vous n’êtes plus seuls avec cette maladie de l’hépatite C, puisque la Fondation existe», de conclure Laurent en invitant toutes les personnes infectées et leurs proches à le contacter.Précisons que Laurent Pontbriand est président de la Fondation Hépatite C et coordonnateur bénévole à Hépatite ressources.On peut joindre Laurent, en composant le numéro sans frais 1-866-372-1588, ou en écrivant à: Laurentpontbriand@tr.cgocable.ca Loin de se refermer sur lui-même, Laurent a décidé de prendre les choses positivement.Il s’investit dans cette cause.«Mon épouse et moi avons décidé de mettre en place, en 1998, une fondation pour venir en aide aux personnes qui, comme nous, s’interrogent sur le virus de l’hépatite C.» Le fait de partager avec d’autres ce qu’il vit lui apporte une grande sérénité.À partir de 1998, les événements se sont déroulés rapidement.Avec le soutien de Santé Canada, la nouvelle fondation a pu faire exécuter une recherche afin de connaître les besoins régionaux du Centre-du-Québec et de la Mauricie par rapport • Conception graphique • imprimerie • Copies couleur • Distribution 950, rue Sainte-Geneviève, Trois-Rivières (Québec) G9A 3X6 Téléphone : (819) 375-2205 » Télécopieur : (819) 375-9670 Courriel : imprimage@lagazettepopuiaire.com jVgiftiscau FAUNIQUEl Des lacs-albanel-1 WMSW-et-wac \\ Xi % \ W K ) 1 u%0UPi-^?IS Le bénévolat: fontaine de Jouvence Dominic Desmarais Familles monoparentales, pertes d’emplois, population vieillissante.«Avec les besoins d’aujourd’hui, il est triste de voir des retraités qui ne s’impliquent pas», déplore André Paradis, 76 ans, bénévole de toutes les causes.homme respire la bonté.À l’image de l’endroit où il se trouve: l’église de Bromptonville.Petite boule d’énergie, André Paradis ne fait pas ses 76 ans.Entre ses activités bénévoles, il nage, court, pédale, s’occupe de ses 4 enfants, 8 petits-enfants et 3 arrières-petits-enfants.«J’ai encore le goût des défis.Je suis en forme physique et mentale», raconte-t-il d’un ton qui ne laisse aucun doute sur sa sincérité.Le don de soi, M.Paradis connaît.Depuis sa tendre enfance.L’heure de la retraite, pour cet homme engagé, n’a pas sonné.La messe est terminée, l’église est vide.Directeur de la chorale depuis plus d’un demi-siècle, M.Paradis se laisse bercer par le murmure de l’orgue, seul bruit qui perce ce dimanche matin ensoleillé.La bonne humeur contagieuse, ce jeune de cœur puise dans ses mémoires.Famille de bénévoles «Je suis né dans une famille où le bénévolat était très fort.Ma grand-mère a été organiste 50 ans dans cette paroisse.Mon grand-père était directeur de la chorale.Quand j’ai commencé l’école, à 7 ans, je connaissais toutes les réponses en latin pour servir la messe.Je ne savais pas ce que je disais!» lance-t-il, amusé.A 13 ans, il chante les messes sur semaine.«Ça fait 69 ans que je suis au service de l’église.Je chantais à l’année, 6 jours par semaine, 3 messes tous les matins.» N’allez surtout pas lui dire que c’était beaucoup demander à un jeune de cet âge.«J’aimais ça», avoue avec candeur celui qui a dirigé, l’hiver dernier, sa 55e messe de minuit.Il y a 27 ans, M.Paradis fonde les Chevaliers de Colomb à Bromptonville pour venir en aide aux plus démunis de la région.«Il n’y avait pas de mouvement pour aider les gens dans le besoin, les familles monoparentales, les gens qui ont tout perdu dans un incendie.» M.Paradis reprend à peine son souffle «Entre Noël et le jour de l’an, on reçoit les familles avec les enfants, une centaine de personnes, au local des Chevaliers.On les invite à souper avec le Père Noël.On donne du linge d’enfants, des jouets réparés.Les familles repartent les bras pleins.Quand on est témoin des pleurs de ces gens quand ils reçoivent, c’est touchant.» Sous ses lunettes, ses yeux s’illuminent.«Ça fait partie de moi, le bénévolat.C’est naturel.Je trouve bien triste de voir des gens à la retraite qui prennent un café dans un centre d’achat, qui ne s’impliquent pas.», sermonne le bénévole.Infatigable, M.Paradis poursuit sa quête.Ses causes servent ses valeurs chrétiennes.«Beaucoup de familles ne célébraient pas Noël comme les autres, faute d’argent.Alors on a parti les paniers de Noël.Ça fonctionne tous les ans depuis 27 ans.» Église rasée par le feu Il y a près de 25 ans, l’église est rasée par le feu.On lui demande alors de présider la campagne de souscription.«L’objectif était de 450 000$.On a dépassé le million.Juste par de la sollicitation.J’ai rencontré les médias.J’ai eu de la publicité gratuite.L’argent venait de partout.De Thetford Mines, Sherbrooke, des gens ayant déjà habité Brompton.» Fort de son succès, et de ses 28 ans passés à la tête de la compagnie d’assurances La Métropolitaine de Sherbrooke, on lui demande de siéger au conseil de la «J’ai toujours été sollicité.Je suis le dépanneur ici!» Fondation de monseigneur Jean-Marie Fortier.«J’ai toujours été sollicité.Je suis le dépanneur ici!» Le ton est à la blague.Cet ancien conseiller municipal repart de plus belle.«Pour moi, c’est naturel donner du temps.J’aime ça, je ne suis pas près d’arrêter.Si tu veux demander un service, demande-le à quelqu’un d’occupé.Celui qui ne l’est pas, il n’a pas le temps de te rendre service!» La mélodie de l’orgue s’interrompt.Le ton redevient sérieux.«Les besoins d’aujourd’hui sont grandissants.Avec les familles monoparentales, les pertes d’emplois, le vieillissement de la population, je souhaite qu’il y ait de plus en plus de gens prêts à faire du bénévolat, à partager leur expérience, pour soulager la misère qu’il y a autour de nous.Faire du bénévolat, c’est valorisant.» À regarder M.Paradis, 75 ans passés, le bénévolat aurait-il aussi des effets rajeunissants?Visiter le: www.journaldelarue.com 13.6 Août-Septembre 2005 < REFLET DE SOCIÉTÉ ESTRIE GASPESIE Grande première au Québec Frédéric Vincent, Journal Graffici Le Québec connaîtra des élections municipales générales en novembre 2005, une première historique.On élira tous les conseillers municipaux et maires de nos villes et villages.Dans une démocratie, il n’est pas sain que plus de la moitié des maires soient élus par acclamation sans opposition (élections de 2003).Leur rôle est devenu fondamental dans le développement de nos localités et de nos régions.Le maire du village qui veillait à l’entretien de l’éclairage du coin de la rue ou de la patinoire appartient au passé.Les tâches des élus municipaux se sont considérablement complexifiées depuis une quinzaine d’années.Les municipalités ont hérité de nouvelles responsabilités, sans forcément posséder le financement et les compétences nécessaires.Nos villes et villages ont maintenant le pouvoir d’intervenir dans des secteurs aussi diversifiés que l’économie, la culture, le logement, le transport, l’environnement.Les prérogatives des municipalités dépassent aussi les limites de leur territoire puisqu’elles interviennent, par l’intermédiaire des MRC (Municipalité régionale de comté), sur des dossiers comme le développement économique ou la gestion des matières résiduelles.Développement régional Aujourd’hui, nos élus locaux doivent travailler avec les municipalités voisines car certains dossiers sont davantage en interdépendance (gestion des déchets ou des bassins versants).Certains de nos maires jouent un rôle prépondérant dans le développement régional puisqu’ils occupent les deux tiers des sièges de la Conférence régionale des élus.Etre maire aujourd’hui, c’est gérer des dossiers variés et complexes, tout en possédant une vision de développement local et régional! Ces enjeux nécessitent donc de s’extraire de la logique des guerres de clochers.Si les tâches et les pouvoirs de nos élus municipaux ont été redéfinis, la manière de gouverner est aussi en profonde mutation.Les électeurs demandent maintenant en permanence à leurs élus de leur rendre des comptes.Il devient difficile pour un leader de s’imposer sur un simple argument d’autorité.L’ancien maire du village qui prenait les décisions seul n’a plus sa place.Exercer le pouvoir aujourd’hui, c’est concevoir les décisions politiques comme des arrangements négociés avec les différents acteurs.Un conseil municipal ne peut plus gouverner en vase clos.Ou bien il en payera un jour le prix.électoral! Pour gagner ce pari du compromis et développer une fumée noire.ils n'ont toujours pas réussi à élire un jeune maire! REFLET DE SOCIÉTÉ > Vol.13.6 Août-Septembre2005 Visiter le: www.journaldelarue.com ~ I 13.6 Août-Septembre 2005 Visiter le: www.journaldelarue.com Sauveteurs recherchés! Après plusieurs dégâts d’eau au Journal de la Rue et deux expulsions du Café-Graffiti, notre organisme communautaire œuvrant auprès des jeunes marginalisés a décidé d’acquérir un toit permanent.Vous nous aiderez en achetant des briques symboliques à 1$.Des cartes postales réalisées par des jeunes ayant fréquenté le Café-Graffiti sont mises en vente au coût de 1$ chacune (taxes et frais de poste inclus).Douze modèles sont disponibles.A voir sur notre site au www.joumaldelarue.com Journal de la Rue, 4277, rue Ste-Catherine E.Montréal, QC, H1V 1X7 514 256-9000 www.journaldelarue.com l-l nfg.vn 9 Journal de la Rue # m Né à Montréal en 1971, TIMER étudie l’art au Cégep de Joliette.Il poursuit ses études à l’Université Concordia en Studio Art.Lors d’un voyage à New York en 1990, il s’initie au graffiti.Il perfectionne son style pendant 3 ans avant de peindre dans la rue.Peu à peu, il transpose sur toile ses graffitis.Depuis 2000, le métier de tatoueur occupe la majorité de son temps.Aujourd’hui, une partie de son œuvre est représentée par les Productions Caf-ART et L’Autre Galerie.YVES LAROCHE l'autre galerie 4 St-Paul Est, Montréal, Qc H2Y 1G1 Tél: (514) 393-1999 Fax: (514) 393-7248 www.lautregalerie.com Les Productions Caf-ART coopérative de solidarité 4237 Ste-Catherine est, Montréal, Qc H1V 1X4 Tél: (514) 259-6900 www.cat eg raff iti.com
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