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Titre :
Le journal de la rue
Le Journal de la rue regroupe des textes d'information et des témoignages touchant des sujets souvent occultés par la société tels la toxicomanie, la prostitution, la violence et la criminalité, tout en proposant des ressources utiles.
Éditeur :
  • Montréal, Qç :[Le journal de la rue],1993-2003
Contenu spécifique :
Octobre - Novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
six fois par année
Notice détaillée :
Lien :

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Références

Le journal de la rue, 1998, Collections de BAnQ.

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.\QURNALj)p La rue i üiiiifi ¦ :! :: ' ¦ |||||lllll|||i % ¦ i.iiilffftillÉfttHirtitiniiiit jpliilhjip! mi i *r K1* m LHHMüftftt.l^if* -U[{f^tin|niinnnn ¦pqpH i: i:!i!iiî.a 1 jum ¦¦¦>¦.JIjÜi x UNE SUBVENTION DE 103 OOOf POUR LES JEUNES DU JOURNAL DE LA RUE Éditorial Luc Dalpé EE! 6n effet, le député iRéal cMénard a accordé en juillet dernier une subvention de 103 000S dans le but de former dix jeunes sans emploi et leur donner une %ÆÊ expérience de travail en art visuel, en informatique et en communication.Un beau projet des plus ambitieux.Pouvez-vous vous figurer le genre d’effort qui doit être mis en place pour faire travailler des jeunes qui n’ont aucune idée de ce qu’ils veulent faire de leur vie (le savions-nous à leur âge?).Laissez-moi vous dire que vous avez besoin de vous lever de bonne heure! Parlez-en à un de nos nombreux bénévoles! Notre premier cuisinier qui a dû faire un stage de décompression en psychiatrie à Louis H.Lafontaine ou encore son successeur qui après deux rechutes majeures a dû aller en thérapie.Quant aux préposés au service aux tables qui, en commençant, avaient l’enthousiasme pour s’impliquer, mais au bout de trois semaines devenaient eux-mêmes des gens en besoin d’intervention.Je me rappelle aussi des regards des gens qui voulaient bien s’impliquer pour l’amour de la cause, mais qui exaspérés par le comportement des jeunes, préfèrent les ignorer.Autrement dit, travailler au Café-Graffiti comme intervenant ce n’est pas de la tarte! Il faut bien comprendre la ligne fragile sur laquelle nous marchons.Par exemple, si on était une entreprise privée, lorsque le jeune ne travaille pas ou paresse sur les lieux de travail, il serait facile de le mettre à la porte.Une façon de rejeter un jeune et de le voir retomber dans ses habitudes de délinquants.Puisque nous sommes du communautaire, nous avons choisi de nous asseoir avec le jeune, voir si quelque chose ne va pas dans sa vie, pourquoi tel travail lui déplait et lequel il aimerait faire, lui faire prendre conscience de ses goûts et de ses préférences, ses forces et ses faiblesses, faire valoir son talent naturel, canaliser le tout positivement.Tout ça ne se fait pas du jour au lendemain.Je connais des gens de trente ans qui ne savent pas ce qu’ils veulent faire dans la vie.Alors.Et puis, il ne faut pas oublier que prendre le temps de s’asseoir avec quelqu’un, saisir un moment de sa journée pour être à son écoute, c’est bien beau, mais multiplié par 25 personnes, le gars qui est à l’écoute, à la fin de la journée risque d’avoir les oreilles enflées et un sérieux mal de bloc.Ce gars-là existe et c’est Raymond Viger, coordonnateur du projet Jeunesse Canada au travail pour le Journal de la rue.C’est un intervenant de crise et c’est une qualité essentielle pour coordonner ce genre de projet.Nous sommes arrivés à la moitié du projet qui se termine en janvier.À l’heure décrire ces lignes, les rénovations du Café-Graffiti sont pratiquement terminées, les travaux ont été exécutés par les jeunes de peine et de misère.Les différentes expériences vécues par les jeunes leur permettent de commencer à préciser l’idée qu’ils se font du travail, de l’engagement et de l’implication.Maintenant, Serge Bergeron devra impliquer les jeunes dans la construction de l’arrière-boutique (la cuisine) et Danielle Simard va développer avec les jeunes les produits dérivés qui vont les représenter.Je tiens à féliciter tous les autres bénévoles qui mettent l’épaule à la roue pour favoriser le développement des jeunes.En terminant, j’aimerais préciser que ce sont les jeunes qui ont obtenu la subvention distribuée sous forme d’allocations de formation et que c’est par le bénévolat et l’implication des gens qui croient en notre jeunesse que nous pouvons gérer ce genre de projet.2 Vol.5, N°5 • 9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ Le Journal de la rue Café-Graffiti 4265 Ste-Catherine Est Montréal, HIV 1X5 TéL: (514) 256-9000 Fax (514)256-9444 www.moulinternet.qc.ca/ graffiti Mission: Favoriser, supporter et développer des projets novateurs permettant au milieu de retrouver son pouvoir d’action et son autonomie.Aider et favoriser le développement et l’auto-nomie des jeunes souvent marginalisés en leur offrant des activités créatrices et formatrices.Défendre et promouvoir les intérêts des jeunes en sensibilisant, informant et éduquant la popu-lation sur les besoins de nos jeunes et sur la façon d’être un adulte responsable et significatif.Promouvoir le développement d’une société plus humaine, sensibili-ser aux différents phénomènes sociaux et faciliter les relations entre les différents acteurs et partenaires.MEMBRES: AITQ AMECQ AQS AVDA Association des intervenants en toxicomanie du Québec Association des médias écrits communautaires du Québec Association Québécoise en suicidologie Distribution assermentée "P U "1 O Fédération professionnel des ¦T rjii journalistes du Québec RPM Réseau placement média Volume 5 numéro 5 Octobre - novembre 1998 Tiré à 5000 exemplaires Publication bimestrielle Coordination èt rédaction Raymond Viger Design et infographie Danielle Simard Révision et correction Lorraine Pominville Collaboration Luc Dalpé Serge Bergeron Francis Ennis Duy Tran Gilles Meloche Danièle Carrier Michel D.J.Harvey Gaétan Jean-Simon Brisebois Serge Garde Le groupe Etchetera Merci à tous nos bénévoles La reproduction totale ou partielle pour un usage non pécunier des articles est autorisée, à la condition d’en mentionner la source.Les textes et les dessins apparaissant dans Le Journal de la rue sont publiés sous la responsabilité exclusive de leurs auteurs.Nous aimerions recevoir vos commentaires, votre vécu.Ne vous gênez pas pour nous écrire: textes, dessins pour une publication éventuelle.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada SOMMAIRE Editorial 2 Sentence à vie /^S.4 Donner un sens à sa souffrance 5 Lettre à un ami 6 La violence attire la violence, même sur la route 7 Les ordinateurs, la voie de demain?8 Faire du “Squeege” ou du graffiti?9 Nos différences sexuelles 10 Entre danseuses et leurs chauffeurs, ça chauffe! il Le respect u Les nouvelles du Café-Graffiti 12 Courrier du coeur de minuit 13 L’élève mf stère 14 Trouve* l’erreur, les boys! 14 Prophet 13th alias Francis 15 Fraude dans les loteries?16 Le monde du sondage: illusion ou réalité?17 Le théâtre Denise Pelletier 18 f^a vie et le temps 20 En affaires, dans la vie ou sur la rue.20 Changement spirituel 21 Bastien, douze ans, as du “skate-board” 22 SE SENSIBILISER POUR MIEUX VIVRE ÊTRE JEUNE\ ORIGINAL ET DYNAMIQUE CEST APPUYER LE JOURNAL ABONNeZ-VOÜS! G NÜHïéROS PAR A Ai POÜ R ÏO* Nom:___ Adresse: Ville:_ Téléphone! .Code Postal: .Fax:________ Nom de F organisme:.Chèque ou mandat à l’ordre du Journal de la rue 4265 Ste-Catherine Est Montréal, (Québec) HIV 1X5 Tél: (514) 256-9000 Fax: (514) 256-9444 Toute contribution supplémentaire pour soutenir notre travail est bienvenue Envoi de Poste-publication-Enregistrement n°07638 Vol.5, N°5 • 9 oct.1998 Le Journal de la rue • 4265 St-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ 3 Sentence à \/\e ' ifSt rn I mi?ï Ann?IjrpAjLILS IVlJE/LjvIv^txlL Uw-^te’ 1*;=.>T «njgiUîlf.«iRHÜ» unBHrtü* ÊaiHa^B fie suis né dans un milieu défavorisé, comme si fêtais destiné à finir dans un pénitencier, cMais non, à 19 ans, favais gravi tous les échelons de la réussite sociale.Ce standing, je ïai acquis très durement car je n étais pas bien né.Ce fut un combat de titan et de chaque instant pour me hisser au premier rang, fie me suis quand mime retrouvé dans ces maudits pénitenciers car l’alcool et la drogue mont fait dégringoler jusqu’au bas fond.Une première sentence que je n’ai jamais complétée, m’a initié à ce monde nouveau.Une nouvelle planète avec ses règles, ses codes et son langage particulier.Une bit, une job, un morceau.Des mots qui ont une signification différente de ce que je connaissais jusque-là.Par la suite, de retour devant le juge, le couperet est tombé et la sentence-vie fut prononcée, une sentence à perpétuité.Désormais, ma sentence n’aura jamais de fin jusqu’à ce que je m’éteigne moi-même.Il n’y a pas de fin mandat, il n’y a pas de fil d’arrivée.Ça prend du temps pour s’en remettre car cette sentence-là est toujours accueillie avec horreur, frustration et déprime.prise.Ce fut long! Même si très tôt j’entendis parler de «vivre et laisser vivre», on ne m’avait pas donné de mode d’emploi pour ça non plus.Je m’en suis fait un.Depuis que j’ai décidé d’être heureux, j’évite toute situation qui pourrait faire renaître la révolte en moi et tout ce qui pourrait nuire à ma paix intérieure, même si chaque jour apporte son lot de frustrations.C’est ma façon d’accueillir ces petits tracas qui a changé, de sorte que je ne me laisse plus envahir d’aucune frustration.J’évite également toute illusion et tout ce qui pourrait me causer de la déception.Le choc passé, je me suis cherché une raison de vivre dans ce qui est devenu mon lot où le temps n’existe plus, dans une vie sans vie! Le passé et l’avenir ont été banni de ma vie.Il fallait quelqu’un ou quelque chose pour m’accrocher à la vie, il fallait une façon d’être utile, de trouver des points d’intérêts et faire en sorte d’utiliser tout ce temps-là.Je n’ai aucun pouvoir de décision quant au jour de ma sortie, alors je n’édi-fie aucun projet en ce g sens-là; à quoi ça servi- ! rait.D’ailleurs, le temps | ne me presse plus.Mais, S j’ai le devoir de profiter | pleinement du moment *’ présent.Mais j’avais beaucoup à faire et à apprendre pour faire en moi un grand ménage, identifier chaque élément, chaque composante de cette boule de souffrance que j’avais au creux de l’estomac, ce grand volcan qui bouillonnait.Il fallait que je trouve le moyen d’être bien dans ma peau et, pour se faire, je n’avais pas de manuel d’instruction.J’y ai mis du temps et des années et j’avoue que le programme Alcooliques Anonymes m’a aidé.Cela ne résout pas tout car je dois vivre au milieu des contraintes, de mon environnement, de l’oisiveté et des obsessions.Je dus donc apprendre l’acceptation et le lâcher- Évidemment, l’injustice et la stupidité me frustre encore, j’évite désormais de les regarder de trop près afin de ne pas troubler ma paix.Il y a un monde de différence entre passer quelques mois en prison et passer 18 ans à la même enseigne sans espoir de sortir.Je me suis habitué à mon un et demie et mes quatre murs sont devenus mes amis! Désormais, je vois la vie avec les yeux du coeur! Je suis plus sensible à ce qui s’passe à l’extérieur! Gerry Boulet 4 Vol.5, N°5 • 9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ PONNeR ÜN SeNS À SA SOÜFFRANCe Raymond Viger On peut vivre beaucoup de choses dans la vie, même désagréables lorsqu’elles ont un sens, une raison d’être.Jües agressions que nous subissons, même si elles n’en demeurent pas moins déplacées, désagréables peuvent s’accepter plus facilement lorsque nous pouvons nous en servir comme moteur pour nourrir notre créativité.À travers tout événement, aussi souffrant soit-il, il est important de trouver un sens à notre souffrance, de trouver quelque chose de positif à celle-ci.Ce sens à cette souffrance devient notre raison de vivre et de continuer * à grandir.Suite au suicide de sa fille, Lise Mondor a créé un organisme de prévention du suicide pour les adolescents sur la Rive-Sud.Suite au meurtre crapuleux de Mélanie Cabay, sa mère a créé la Fondation Mélanie Cabay pour aider les autres familles victimes de telles agressions.Les parents du petit Durocher qui est décédé à cause de l’explosion d’une bombe ont créé la Fondation Durocher pour aider les organismes communautaires.La soeur d’une des victimes de la tuerie de la Polytechnique a réussi à faire changer des lois sur le contrôle des armes.Le suicide de plusieurs de mes proches m’a amené à devenir un intervenant de crise, un travailleur de rue.Quel est le sens que tu peux trouver à ta souffrance?En plus de l’action pour favoriser un changement social, la créativité favorise l’expression de notre souffrance.Une personne, qui a perdu son bébé avant de le mettre au monde, est devenue peintre.Elle a consacrée toute une collection à son bébé.Un autre a peint le deuil de sa mère, d’autres l’ont écrit, dansé, chanté.Derrière chaque souffrance, tu peux créer quelque chose de positif.Les changements sociaux se créent à partir de nos souffrances, des injustices dont nous sommes victimes ou témoins.Les artistes ont toujours créé leurs plus grandes oeuvres dans les instants de grandes déprimes.ARTOTHEQUE DE MONTREAL André Rue St Exposition à venir au sud de Rosemont (Métro Rosemont) ï JE* JL Iv JrtIkjiYI.lL ART ET (2e édition) les mercredis à 20h30 PLACE AUX POETES http://www.mlmk.net/gaiion/aitotek/ 21 octobre: José Acquelin, L’orange vide Nous vous accueillons du Stéphane Despatie, Les crimes du hasard mercredi au vendredi: 12h30 19h00 28 iétobre Découvertes, Poésie, Jeunesse et le-samedi: llhÛOà 17h00 Anne Bujol< Laurent Cauchon, Caroline Ateliers libres de dessin, modèle vivant.Sonia Ritter, Yves Lavoie (duo).Haurie.prochain atelier: le vendredi, 2 Octobre.Lafrance, Anna Rompré, Chantale Suzanne English, Marbic, François Pilote et Eric heures, 5 contingenté, 2 Vol.5, N°5 • 9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ 5 LeTTRe À Un am/ pli «'il jjjjl • » 1 || lllilli! ¦¦Bill 1111111111 11!!!!!!! !,ni; II 1111 illlllliliil II il il.' pt i Ijpjppjpii;!!!;;; iiliitiiiiii : 41$' UilllUl Il RAYMOND VIGER ffai perdu beaucoup Samis que j’aimais bien.Certains se sont suicidés, incapable de donner un sens à leur vie, à leur souffrance.Vautres se sont tués dans des accidents d’autos, de motos et d’avion.Un accident ou plutôt le résultat d’un comportement téméraire et agressif.Comme s’ils se croyaient au-dessus de tout, que c’était impossible que rien ne leur arrive.J’ai perdu d’autres amis plus sournoisement.La drogue, l’alcool a su leur jouer toutes sortes de tours.Ma vie n’est qu’une série de pertes et de deuils.Aujourd’hui, chaque personne que je rencontre me ramène à revivre ces malheureux incidents.Quand tu me dis que tu ne files pas, que c’est sûrement ton dernier repas qui ne passe pas.Une fois ça peut arriver, mais pourquoi ça t’arrive si souvent?Quand tu prends des engagements mais que tu t’inventes les meilleures raisons du monde pour ne pas respecter ta parole, es-tu si malchanceux que ça?J’ai beau te voir avancer dans ton travail et tes revenus augmenter, mais que tu dois encore emprunter de l’argent pour te rendre à ta paye, encore et encore.Qu’est-ce qui te coûte si cher, toi qui n’a ni auto, ni maison, ni rien que je puisse voir?Quand tu me dis que tu dois être stressé, que tu files un mauvais coton et que tes repas ne passent plus, plusieurs de mes amis m’ont déjà dit la même chose, le foie engorgé par trop d’alcool.Quand tu t’inventes des rendez-vous pour t’absenter du travail et que tu ne te présentes pas à ces rendez-vous, plusieurs de mes amis m’ont déjà conté tout ça.Incapables de passer une journée sans consommer, ils devaient se créer un monde de mensonges pour aller consommer en cachette.Ceux dont je n’ai pu percer le monde de mensonges dont ils s’entouraient ont tous fini au cimetière.Les seuls que j’ai pu garder sont ceux qui ont pu admettre qu’ils avaient un problème.Tu es important pour moi.Je ne voudrais pas te perdre comme j’en ai déjà perdu beaucoup d’autres.Je peux te questionner, te confronter, t’apporter des hypothèses de réflexion, des outils de travail.Mais je suis impuissant devant ta maladie.Seul toi peut accepter qu’il y ait un problème à régler.Sans ton acceptation, je ne peux rien faire d’autre que d’être présent dans ta vie et espérer qu’un jour tu puisses t’ouvrir à la vie.De belles choses s’offrent à toi.Juste devant toi.Tu n’as qu’à t’arrêter un instant, humblement en restant toi-même.Ne me présente plus l’image d’un homme qui a le contrôle de sa vie, accepte pour un instant que tu l’as perdu.Tu as perdu le contrôle de ta vie, mais tu n’as pas encore perdu cette vie qui est si précieuse.Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.J’ai espoir que tu ne finiras pas comme tant d’autres que j’ai connu.J’ai espoir que tu seras différent d’eux.Je suis là à tes côtés et je t’attends.Si la gêne ou une autre raison t’empêche de t’ouvrir à moi ou à toutes les personnes autour de toi qui t’aiment et qui s’inquiètent pour toi, tu connais bien les ressources qui peuvent t’aider.Les lignes d’écoute, Alcooliques Anonymes, les maisons de thérapie, un bon médecin de famille.Tu sais que tu n’es pas seul.C’est plein de ressources qui n’attendent qu’un geste de ta part.Sois honnête envers toi-même pour quelques instants.Juste quelques instants.Prends le temps de t’aimer comme nous t’aimons tant.Au revoir mon ami, je t’aime et je prie pour toi tous les jours.Guide dfintervention de crise auprès dyune personne suicidaire 'k'k'k'k'k'k'k'k'k'k'k'k'k Pour les aidants naturels, parents et intervenants.Un guide simple et pratique pour démystifier le suicide, les deuils, les signes précurseurs, la crise et le processus suicidaire, notre rôle et notre responsabilité dans l’intervention et les limites de celle-ci.Au coût de 5 $ plus 1,25 $ pour les frais d’envoi.'fc'kiziï'k'k'kitcfc'k'k'k'k Communiquez avec Le Journal de la rue 4265 Ste-Catherine Est Montréal, Québec HIV 1X5 Tél.: (514) 256-9000 Fax: (514) 256-9444 6 Vol.5, N°5 • 9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ LA VIOLENCE ATTIRE LA VIOLENCE, NIÊNIE SU R LA ROUTE : .' ." : Selon la fondation de la recherche sur les accidents de la route, chacpie comte, au Canada, plus de 3000 personnes meurent dans des accidents d*auto et plus de 200 000 y sont hlesstes.80 à 90% de ces collisions sont dues au comportement des conducteurs.jCa manière dont on conduit peut avoir un effet significatif et rtel sur le riscpue de se retrouver dans un accident.jCes imprudences et Tagressivité des conducteurs rendent la route dangereuse.En tant que société, nous pouvons mettre toutes sortes de limites ou de contraintes, celles-ci ne sont que des balises.Nous sommes les seuls responsables et maître d’oeuvre de notre sécurité.Quê la limite de vitesse soit fixé à 70 ou à 100 km/heure, le risque d’accident n’est pas cette limite qui nous est fixée, mais la courtoisie entre conducteurs.40% des accidents surviennent aux intersections et le fait de ne pas céder le passage est l’une des principales causes! L’agressivité qui nous envahit quand on ne veut pas céder le passage, l’obsession d’être le premier et que la route n’appartient qu’à soi, la fureur de vouloir montrer à l’autre comment conduire, lui montrer qui est le “boss”.Toute une série de comportements qui amènent, tôt ou tard, à faire partie des statistiques.Il y a des aberrations à raconter tout ce que l’on peut voir ou entendre sur la route.En changeant de voie, peut-être sans avoir vu l’autre véhicule, un auto-mobiliste en coupe un autre.Le deuxième, frustré, revient à la charge et le coupe violemment en espérant l’envoyer dans le décor.Quelqu’un klaxonne derrière vous, vous vous mettez à freiner violemment pour le corriger et lui faire peur.Un automobiliste, accélérant sur une lumière jaune manque de frapper un piéton; celui-ci se met à crier et lui montre son doigt.L’automobiliste freine, recule, sort et lui donne une baffe! Régulièrement, on peut voir deux automobilistes furieux qui s’engueulent tout en conduisant leurs véhicules côte-à-côte.J’ai connu quelqu’un qui, frustré de s’être fait couper, est revenu chercher l’autre et a sorti son revolver! Les risques routiers ne se limitent pas seulement à la neige et à la glace.Notre caractère et notre comportement influencent notre société.Ce n’est pas la faute des autres automobilistes si vous avez passé une mauvaise journée au bureau ou si votre blonde vous a trompé.Trouvez-vous des trucs pour vous défouler ailleurs que sur la route.Mettez de la musique, chantez ou criez votre désespoir.Si vous êtes trop frus- tré, ne prenez pas la route, arrêtez-vous quelques instants au café du coin et respirez par le nez.Même si l’alcool et le volant sont très dangereux, la frustration est bien pire.Aurons-nous la chance d’avoir un jour un «frustromètre» pour donner une limite à notre comportement agressif?80 à 90% des accidents sont dûs au comportement des conducteurs.Pour les 10 à 20% qui restent ça se limite à une distraction provenant d’une araignée qui nous tombe sur le nez, une guêpe qui nous pique la joue, le cellulaire qui prend toute notre attention, une jolie demoiselle en mini-jupe sur le coin de la rue, une chicane avec notre blonde qui a remarqué que nous regardions la fille en mini-jupe ou encore parce que notre blonde nous démontre trop son affection.Souvenez-vous de ce qui est inscrit dans les autobus: ne me parlez pas, toute mon attention est requise pour la conduite sécuritaire de ce véhicule.Je me souviens de ce qu’une de mes “ex” me disait: «plus jamais je n’achèterai d’auto rouge».Le rouge étant une couleur qui excite notre agressivité, les autos de couleur rouge qu’elle a eu lui auront valu plusieurs accidents.Dessin de Francis Ennis Un truc pour faire descendre le stress et l’agressivité.Je suis un intervenant de crise.Il m’arrive d’être confronté à des situations de stress énorme.On m’a fait remarqué que lorsque j’étais confronté à des situations tendues je commençais à siffler.Toujours le même refrain.Inconsciemment je me suis créé une façon de me détendre rapidement en plein de l’action.Au lieu de laisser la situation jouer du violon sur mes nerfs, je siffle pendant quelques instants cet air qui me calme.En apprenant à découvrir notre comportement dans les situations tendues, nous pouvons tous nous créer une façon de décompresser.Vol.5, N°5 • 9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ 7 35573666817141^13^ LES ORDINATEURS, LA MO\E DE DEMAIN?Raymond Vigcr It.esr MîNuîr 3e suis devant (.e amener AuroMAriôue ma cAiere esr D£MA£N/eri5ee.Dessin Francis Ennis Le lendemain, je me retrouve à la caisse de l’épicerie: le terminal ne peut prendre ma carte avant une quinzaine de minutes: la banque est en train de faire un “back up” dans son système.J’appelle au bureau du Centre Travail Québec pour mon chèque d’assurance sociale qui n’est pas encore entré.Ils ne peuvent me répondre, leurs ordinateurs ne fonctionnent pas ce matin.Quand une difficulté électronique ne me permet plus de toucher à mon argent, à qui puis-je parler pour essayer de résoudre mon problème?Avez-vous remarqué que c’est toujours la veille d’aller à l’imprimerie que l’ordinateur décide de planter.Aux petites heures du matin, il n’y a pas toujours un réparateur disponible.Les données sont juste là, à quelques pouces de votre nez, mais impossible d’y avoir accès.Je prépare des documents importants pour une rencontre avec de futurs partenaires.Il aurait fallu que je devine que l’ordinateur a ajouté quelques passages un peu bizarroïdes en plein milieu du texte/ grand luxe d’un nouvel ordinateur d’une nouvelle génération.Par malheur, les programmes que nous avions ne sont plus compatibles avec cette nouvelle génération et nous devons renouveler les logiciels.Cette réflexion tourne dans ma tête au moment où je zig-zag avec mon véhicule à travers les trous des rues ] de Montréal.Quand on nous parle d’autoroute électro- | nique, j’espère qu’on l’entretiendra mieux que nos rues j garnies de nids de poule! Ma confiance dans toutes ces boîtes de composantes informatiques est fortement j ébranlée par toutes les épreuves que j’ai eu à subir., i Il est vrai que les ordinateurs peuvent nous apporter d’immenses avantages.Mais quand un ordinateur corn- j mence à me niaiser, jusqu’où peut-il me mettre en boîte ( ?L’ordinateur n’est qu’un accessoire pour aller plus ( vite et nous simplifier la vie.Jamais il ne pourra remplacer la sensualité de mon crayon qui valse et se déverse sur mes feuilles blanches ou le bon vieux livre que l’on tient entre ses mains au coin du feu.Aucune boîte de métal, aussi intelligente soit-elle, ne pourra remplacer tout cela et donner un sens à ma vie.Trop souvent j’ai vu un ordinateur planter et perdre toutes ses données.Un ordinateur c’est rapide, jusqu’au moment où, bêtement, il décide de ne plus avancer.Qu’à cela ne tienne, nous allons nous payer le luxe d’augmenter ses performances.Il fallait s’attendre à ce que ces ajouts nous amènent des “bugs” et des incompatibilités quelques part dans ce cerveau électronique surchauffé.Je refais les budgets et on se paye le très Le problème vient-il de l’ordinateur ou de l’attitude que les gens ont face à cet outil de travail?Certains perçoivent que l’ordinateur possède la solution à tout et que c’est la voie de l’avenir.D’autres qui ont perdu leur emploi à cause de l’informatisation de leurs postes de travail peuvent se questionner sur cette nouvelle mythologie que nous avons créée.Nouvel Age Galeries Rive-Nord Tours Triomphe St-Denis Brien 2512, Daniel-Johnson Laval, (Québec) Montréal, (Québ|||| 1 (Québec) 68110636 844-1779 Wfs 8 Vol.5, N°5 • 9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherien Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ FA/f?£ P U "Sqüee&e" OÜ p U graffiti: Raymond Viger Dessin Duy Tran comment être Un bon travailleur autonomie Que ce soit un jeune qui fait du “squeege” sur le coin de la rue, un graffiteur qui cherche un mur pour exercer son art, une prostituée à la recherche d’un client, un agent d’immeuble ou d’assurance, ils ont tous un point en commun: ils sont tous des travailleur autonome à la recherche d’un client pour gagner leur croûte.créatif, être attrayant dans ce que l’on dit, ce que l’on fait et ce que l’on est.LE BOUCHE À OREILLE Le bouche à oreille peut être la meilleure publicité qu’il puisse obtenir et, en même temps, son pire ennemi si les services qu’il offre ne sont pas de qualité.Le bouche à oreille a cependant le désavantage de prendre du temps pour être efficace.C’est pourquoi un entrepreneur doit être patient et stucturé.Les avantages peuvent être attrayants: travailler quand bon nous semble, ne pas avoir l’impression d’être exploité par quelqu’un qui s’enrichit sur notre dos, vouloir faire plus d’argent.Cependant, nous ne devons pas fermer les yeux sur les désavantages: pas de sécurité d’emploi ou de salaire, souvent un travailleur autonomes soit besogner plus que s’il était un employé, parfois les rentrées d’argent ne sont pas aussi rapides que prévu.Parfois, la consommation de drogue ou d’alcool tentera d’étouffer la fatigue, la gêne ou d’autres désagréments.Un travailleur autonome peut vivre au jour-le-jour, au gré de ses premiers contrats, mais qu’adviendra-t-il de son commerce si la réglementation change autour de lui, si sa clientèle n’apprécie plus ses services?Il ne peut pas toujours dépendre des conditions de la vie, il doit apprendre à s’organiser et à se structurer s’il veut vraiment percer dans les choix qu’il a fait.UN CLIENT SATISFAIT EN ATTIRE UN AUTRE Si j’offre un bon service à mon client, si j’apprends à aimer travailler avec lui et le rencontrer, mon client sera heureux de revenir me voir.Même et surtout quand mon client n’est pas satisfait de mon service, il est important de prendre du temps pour régler l’ambiguité ou la difficulté avec mon client.C’est souvent à partir d’une difficulté avec un client que ma réputation va pouvoir commencer à se créer.Si mon client en sort satisfait, il aura confiance en moi et le dira à son entourage.Au contraire s’il ne l’est pas, il le criera sur tous les toits et cela, c’est encore plus dérangeant.Un client satisfait va le dire à 2 ou 3 personnes, mais un client insatisfait va le dire àlO! NOTRE COMPORTEMENT, NOTRE CARACTÈRE LES QUALITÉS D’UN BON TRAVAILLEUR AUTONOME Etre un entrepreneur peut sembler facile et attrayant à première vue.Il faut cependant développer différentes qualités pour rester en affaire: patience, persévérance, être à l’écoute de son client et répondre à son besoin, être original, ponctuel, ordonné, aimable et poli, être Pour avoir une longue vie dans un commerce, quel qu’il soit, un bon service et de l’entre-gens sont des qualités essentielles.En art, le client achète 50% l’oeuvre qu’il voit et 50% la personnalité de son auteur.Le caractère que nous affichons et le comportement que nous aurons se refléteront directement sur nos ventes.Respecter ses clients, son travail et le produit que nous vendons est la base de notre réussite.Vol.5, N° 5 • 9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtf, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ 9 No£ ciicÆ/eren^es sexue//e£ Danièle Carrier Jla différence entre les hommes et les femmes est bien réelle.INous ouons à apprendre à vivre et à se connaître à travers ces différences.Identité sexuelle Rôles sexuels Bien assumer son identité c’est avoir une émotion positive face à soi-même, autant dans sa peau que dans sa sexualité, son langage, sa culture.C’est apprendre à s’accepter inconditionnellement dans la connaissance de soi, à travers les jugements de la société, quels qu’ils soient.Même si nous constatons que nous ne correspondons pas à l’idéal de nos souhaits, nous avons l’avenir devant nous pour nous épanouir et pour nous dépasser.Lorsque nous avons une bonne assurance de notre identité sexuelle, nous y découvrons une souplesse dans notre expression et une facilité à s’ajuster en fonction d’une situation.Notre identité sexuelle se créera par nos choix, nos décisions et notre volonté.Une identité sexuelle bien assumée permettra aux hommes et aux femmes de reconnaître qu’ils se comportent différemment, qu’ils parlent différemment mais qu’ils peuvent se compléter, s’harmoniser, se comprendre en interaction et former un équilibre.Chacun reconnaîtra sa particularité plutôt que de vivre en dualité.Réal Ménard, député Hochelaga-Maisonneuve 4036, rue Ontario Est Montréal, (Québec) H1W1T2 Tél.: (514) 283-2655 Tél.: (514) 283-6485 Nos rôles sexuels sont souvent influencés par la pression sociale.Pour bien paraître, plusieurs deviendront artificiels et superficiels, pour obtenir une accréditation sociale.Nous nous forçons à correspondre à certains critères pour être accepté des autres parce que nous avons peur du rejet.Nous pouvons nous renfermer dans des rôles qui nous sécurisent, que nous avons appris à découvrir.Est-ce que vos rôles sexuels sont vraiment l’expression de votre identié sexuelle?En fait, dans ces rôles, vous devez retenir qu’une personnalité plus ouverte aura plusieurs composantes.Même si on se situe principalement dans un style sexuel, il arrive souvent que notre personnalité se partage entre deux ou trois styles différents.Aussi, certains rôles peuvent se modifier ou s’accentuer dans le cheminement de votre vie.Il est normal que nos styles se modifient au fur et à mesure de notre évolution.Pour ma part, ces changements, que je considère très positifs, je les dois à la complicité et à la bonne communication dans mon couple ainsi qu’à la maturité qu’on acquiert en vieillissant.On va au-delà de soi-même que par la passion Andrée Maillet Louise Harel Députée de: DdoelicPngn^tlairjonneiu/e, ^WinisfAe d’éfat de P’êwpPoi et de Pn OoPidnAifé, oWinfctAe DroponenbPe de Pn Condition Oéminine et de Ponction CommunnutniAe Autonome et ^UintetAe DeoponsnbPe de Pn Dégion OenfAe-dtt-Qué- 3831, Ontario Est Montréal (Québec) Tél.: (514) 872-9309 Téléc.: (514) 873-5415 10 Vol.5, N» 5 • 9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ ENTRE PANSeUSeS et LEURS CHAUeeeURS, ÇA CHAUEEE! Une collaboration spéciale de Michel Jlu a toujours deux côtés à une médaille.Les différents qui opposent les danseuses et les chauffeurs, ces temps-ci, deviennent de plus en plus fréquents.Des chauffeurs qui se plaignent des filles et des filles qui se plaignent des chauffeurs.Que se passe-t-il au juste?que se reproche-t-on exactement?Les chauffeurs en ont assez des filles qui ne paient pas leur transport, qui boivent dans leur char, qui consomment et bouffent en laissant tout traîner.Les filles se plaignent que les chauffeurs ne font pas la distinction entre les filles correctes et celles qui abusent du service.Elles n’aiment pas que les chauffeurs leur manquent de respect en traitant toutes les filles comme si c’était des voleuses ou des profiteuses.Il est vrai que quelques filles n’ont pas eu une conduite exemplaire.Il est également vrai que toutes les filles ne sont pas nécessairement malhonnêtes ou cochonnes parce qu’elles pratiquent le même métier.Le chauffeur gagne sa croûte avec les frais de transport.et laissez- moi vous dire les filles, que ce n’est pas si cher si on les compare aux taxis, autobus ou avions.Le chauffeur mérite son salaire.Quand une fille danse, elle s’attend à être payé et quand un gars transporte, il s’attend, lui aussi, à être payé.Un peu de tolérance et de respect des deux côtés régleraient bien des problèmes.Les filles, ayez votre argent en mains ou la certitude que le club va payer.Une automobile, c’est pas une piquerie, une taverne ou un fast-food.Les chauffeurs, n’oubliez pas que les filles sont vos principales clientes.La plupart sont bonnes, ne les traitez pas toutes sur le même pied.La job d’un chauffeur, c’est également d’assurer la sécurité de la danseuse, être certain qu’elle arrive à bon port.Si tout le monde se respecte il n’y aura plus de problèmes.Et le respect ça commence au moment où on prend le temps de comprendre l’autre.Raymond Viger Le PeSPecT Le respect est la base de toute relation.Quelle soit une relation de travail, d’amitié ou amoureuse, sans le respect, il n’y a aucune notion de relation.Si je ne respecte pas la personne devant moi, je cherche à prendre contrôle sur ce qu’elle fait et ce qu’elle est.Si je ne me respecte pas, je me laisse contrôler et manipuler.Une relation égalitaire commence par le respect de soi et de l’autre.Le respect c’est aussi d’éviter de prendre l’autre pour acquis.Les gens qui nous entourent ne sont pas nos esclaves, ils ont le droit de se sentir libre tout comme nous.Le droit de s’exprimer, même si leur opinion est différente de la nôtre, le droit de voir les choses différemment de nous.La différence entre deux êtres est réelle et doit être respectée.C’est par le respect de différences que nous pouvons nous enrichir et créer de nouvelles relations ensemble.Vol.5, N°5 • 9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ 11 LeS HOÜNeLLeS PU c/\ff-&r/\ffiTi cyprès un été chaud, plein d'événements et d'activités, l'automne nous amène ses nouvelles couleurs tripantes.Me journal de la rue a fêté ses 6 ans d'existence, le projet graffiti, deux ans et le Café-jjraffiti sa première année! Ca fait beaucoup de fêtes en même temps, bonne fête à tout le monde et à notre public, jj'ai sûrement engraissé de 10 livres avec toutes ces fêtes.Un comité a été mis sur pied pour préparer la “Journée Internationale du Graffiti” pour 1999 et pour l’an 2000.Oui, vous avez bien lu, toute la gang du Journal de la rue est déjà à préparer le changement de millénaire.Ils nous en prépare toute une, parole de DJ Harvey.Les jeunes graffiteurs du Café-Graffiti ont bricolé fort tout l’été un nouveau “look” pour le Café.Le plafond, les murs et les toilettes sont graffités, un nouveau plancher a été posé.Au moment où vous lirez ces quelques lignes, l’installation de l’eau chaude devrait être terminée (enfin de l’eau chaude) et toutes les toiles du groupe revenues sur les murs d’exposition.Je peux vous dire que les “boys” ont travaillé fort et d’arrache-pied pour donner ce nouveau “look” de l’an 2000.Si vous avez un contrat de plancher à faire, n’appelez pas au Café, la gang ne veux plus voir de tuiles pour un bon bout de temps! Il y a eu beaucoup d’éleetneité dans l’air, au point où Abel et Martin ont fait des flamèches ensemble.C’est pas toujours l’amour fou entre graffiteurs, mais on essaye de les aider à gérer les crises qu’ils peuvent vivre ensemble.Vu qu’on parlait de fête, il ne faut pas que j’oublie qu’en septembre, c’était la fête à Serge et octobre celle de Mathieu.Serge nous a promis que pour sa fête il parle- Toile de Mathieu Boucher rait un peu moins.C’est à voir! Il avait avisé ses voisins d’être compréhensif pour son party de fête et on les remercie.Ce sont les voisins, à 2 rues de là, qui ont appelé la police pour terminer la fête! La prochaine fois, on fera un party de quartier.L’automne nous montre les nouvelles couleurs de Montréal.Cette année, près de 30 murales ont été réalisées par de jeunes graffiteurs.Bravo à tout le monde.C’a été formidable de vous voir à l’oeuvre sous la musique Rap qui inonde le monde du graffiti.Le graffiti, au Café-Graffiti, influence l’art jusqu’en Russie.Notre ami, Victor Panin, qui nous arrive du Kazacstan, commence à faire des toiles du Café et des jeunes graffiteurs.Tout en gardant son style et sa palette de couleurs, il nous livre toutes les émotions du Café.Avis aux collectionneurs, les toiles de Victor Panin vont grimper de prix rapidement, premier arrivé, premier servi.En venant admirer les oeuvres de Victor, au Café-Graffiti, vous pouvez ramener quelques Dalpé chez vous, ces nouvelles oeuvres vous feront découvrir un nouveau Luc Dalpé qui peint avec tout son coeur et ses tripes.Vu qu’on parle de Russie, savez-vous comment les Russes se débrouillent pour faire du “airbrush”?En utilisant le compresseur de leur frigo! Faut le faire! Quand on est artiste on se débrouille avec ce qu’on a.12 Vol.5, N°5 *9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ La murale “Baby Blue” est revenue de Belgique après avoir représentée Montréal dans le cadre de l’événement “Banlieues du monde”.Les jeunes nous demandent encore quand ils pourront aller en Europe eux aussi.La présence de cette murale en Europe nous a permis de recevoir quelques lettres de jeunes.C’est grâce à cela que le Journal de la rue peut partager avec vous un article dans ce numéro sur un jeune “skater” de France.La dernière arrivée, Suzanne, a beaucoup d’expérience du côté internationale.Elle a eu des contrats de gestion •de projets dans différents pays en voie de développement à travers le monde.Elle nous affirme qu’elle en a vu des organismes mal équipés à travers le monde, mais jamais comme celui du Journal de la rue.Elle est étonné de voir tout ce qu’on fait avec le peu d’équipement et de ressource disponible.Ce qui me ramène à citer le directeur: “Ici on fait des miracles avec des “peanuts”, on apprend à se débrouiller avec pas grand chose”.Avis aux commanditaires; les pays sous-développés d’Afrique sont mieux équipé que nous.Le tiers-monde n’est pas nécessairement au bout du monde! Il vous en coûtera moins cher de frais d’envoi pour faire des dons à Montréal.Les coordonnés du Journal de la rue se retrouvent dans tous les bas de page! Nos contacts internationaux ne cessent de croître.Des chercheurs d’une université d’Amérique du Sud sont venu passer une journée au Café-Graffiti pour apprendre comment on travaille avec les jeunes.C’est notre ami Victor Puenté qui nous a aidé à faire un brin de causette.Victor parle couramment l’espagnol.Ils nous ont promis de nous envoyer des photos et un texte de leur événement graffiti.Victor nous en fera la traduction pour le prochain numéro.La réputation du Journal de la rue commence à faire le tour des rues du monde.Moi j’ai hâte d’aller voir Skippy en Australie ou de rencontrer Flipper en Californie.Au plaisir de me faire lire et ne vous gênez pas pour continuer à m’écrire.Vous pouvez nous écrire en français, en anglais, en italien, en russe, en espagnol, en grec, en vietnamien.On est multiculturel ou on ne l’est ''¦a / V pas.coümer pu coziJr pe minuit UNÇ' COLLABORATION SPÉCIALE DE GAÉTAN TR0É> jXioux IS^on chum àstj^loux, pis pas à peu près.Le pire, c’est Ht! qüèç’est.lui qui1 m’a suggéré de danser pour arrondir nos finale mois.Au début cela ne m’intéressait pas vraimen^itfais je me suis faite de bonnes amies et le métier de danseuse me plaît de plus en plus.C’est justement ce qui fait grimper dans les rideaux mon chum.il dit que je prends trop de plaisir à mon travail.C’était correct quand j’y allais de reculons, mais maintenant il me fait une scène à chaque fois que je vais travailler.il me tombe sur les nerfs.Karyn, 22 ans.Chère Karyn, Il est évident que ton chum s’aperçoit qu’il a fait une erreur, mais cela n’est pas ton problème.Tu as découvert quelque chose qui te rend heureuse, tu n’as pas à changer car c’est ta vie à toi.Est-ce que les choses iraient mieux si tu étais mal dans ta peau?Je ne crois pas.Tu lui en voudrais et votre couple serait voué à l’échec.Il doit t’accepter telle que tu es comme toi tu l’acceptes comme il est.MAUDITE DROGUE Ça fait trois ans que je suis prisonnière.J’essaie de m’en sortir, mais je ne suis pas capable.J’ai essayé toutes sortes de thérapies.Je me suis jointe aux Alcooliques Anonymes et aux Cocainomanes Anonymes.Ça sert à rien.Dès que je me remets à danser, que je me retrouve dans un club, l’envie est plus forte que moi.Si j’arrête de danser, je deviens folle.as-tu une idée pour moi?Julie, 22 ans.Chère Julie, J’ai bien envie de te répondre: deviens folle! À toi de choisir de devenir folle ou droguée.C’est rare que je conseille à une fille de lâcher le métier, mais visiblement, dans ton cas, le métier ne te convient pas.D’ailleurs, tu le sais très bien.Va régler ton problème de drogue.Tu n’es pas assez forte pour résister à la tentation.vas te chercher des armes ma chouette.Vol.5, N°5 »9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherlne Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ 13 ÙELèVe MYSTÈRE Luc Dalpé, directeur artistique du Café-Graffiti Dl peut s agir de ri importe qui et de personne.JOobjectif est de partager avec vous certaines anecdotes du Cap-Graffiti.Dl ri est pas opportun de vous identifier le jeune.Cette semaine, l’élève mystère a des problèmes de concentration.Ça se voit dans son tableau.Raymond, qui l’avait remarqué, me demande: - Luc, penses-tu que ce tableau est terminé?- Non Raymond, mais j’ai beau lui parler, il ne suit pas mes conseils, ça lui entre par une oreille et ça lui sort par l’autre.Pendant trois jours, j’ai observé un va et vient entre Raymond, l’élève mystère et moi.Sans arrêt, lui rappelant tout son talent (et je suis sincère), écoutant ses différentes difficultés.Après ces trois jours, je commence à me demander si le problème ne m’appartient pas en partie.Dessin de Duy dans cette expérience.C’était pour moi fantastique de constater à quel point j’aime de plus en plus être au Café-Graffiti.Peu importe si ce n’est qu’un moment dans le temps, je sais qu’il y en aura beaucoup d’autres.Plus tard dans l’après-midi, même si je n’étais plus derrière lui, j’ai vu cet élève peindre beaucoup plus rapidement qu’avant, allant chercher dans la vitesse d’exécution l’intensité dont il a besoin pour nourrir son intérieur.Bien sûr, on pourrait arrêter l’histoire ici et croire que le rétablissement du jeune est coulé dans le ciment.Le lendemain, tout était à recommencer.Un changement de comportement est une série de haut et de bas.Dans son ensemble, cette montagne russe remonte, lentement mais sûrement.Je devais trouver une manière de faire débloquer cet élève.Finalement, le quatrième jour, je me suis planté directement derrière lui et je le guidais dans chaque centimètre de la toile.Je l’obligeais à ne plus réfléchir, à ne plus philosopher sur ses problèmes.Je le guidais tellement rapidement que le gars est devenu heureux.Je pouvais le sentir.Il y a eu tellement de joie pour moi TROUVEZ CeRReUR, LES BOYS! Multipliez cette situation par un groupe de jeunes et vous avez rapidement un intervenant qui est devenu un intervenu.Le découragement nous guette facilement.Il est important de partager avec les autres ce que l’on vit et ressent si on veut continuer à aimer son travail.La philosophie du Journal de la rue est claire et importante.Si tu veux pouvoir aider quelqu’un, tu dois accepter aussi d’être aidé.C’est un travail d’équipe et on ne travaille jamais seul sur le terrain.Tous les jeunes qui fréquentent le Café-Graffiti ont vu le film “Les Boys”.Ils l’ont loué et reloué, l’ont regardé en groupe et seul.En résumé, ce film est vite devenu une mode, un classique au Café-Graffiti.Tous les matins, les boys du Café-Graffiti se racontaient l’une ou l’autre des séquences du film tout en rigolant.La journée de travail commence et ils se mettent à parler l’un contre l’autre et à chialer.Le midi, ils reparlent du film “Les Boys” et ils mentionnent à quel point ils aimeraient faire partie d’une gang comme celle-là.La journée de travail recommence et ils se remettent à parler l’un contre l’autre et à chialer Trouvez Terreur! 14 Vol.5, N°5*9oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ PROPHET I3TH ALIAS FRANCIS Je m’adresse à votre inconscient, au conscient, aux têtes fortes ou faibles, à tous ceux qui disent non et ceux qui disent oui, aux dames, demoiselles, aux hommes, aux femmes, enfants et grand-parents, aux dieux, au monde.à toi.Entre dans un nouveau monde, un monde parallèle au nôtre, où évolue un groupe fort spécial dans une atmosphère Hip Hop sans pareil, un monde sans limites, ni frontières, où y’a pas de couleur, mais des êtres au sang rouge, des frères.Aujourd’hui n’est pas aujourd’hui, c’est peut-être demain ou hier.Mais la vie est douce, la vie est belle.Le 13e Prophet est “chill”, “cool”, relaxe, se joue des mots pendant que d’autres s’obstinent à pisser dans un violon en se créant des conflits de la taille d’une puce au régime.De conflits à niaiseries, aux enfantillages partent des enfants voulant être grands.Panique, pendant ce temps rien n’avance.D.J.Harvey supervise la bombe.La bombe c’est nous, le groupe E.T.C.une bombe H à retardement qui éclate pour tout et pour rien.La paie est bonne, personne ne bouge sauf les autodidactes, qui eux-mêmes ralentissent par perte d’intérêt.Les contrats affluent et notre niveau d’habileté augmente de jour en jour.On veut être meilleur pas des “loosers” et pour ce, merci au staff de l’équipe de Bourque, Nicole, Anie et Pierre.Merci! Côté musique, voici quelques titres dignes d’attention.Stomy Bugsy \ le calibre qu’il te faut \ Rap Monica \ The boy is mine \ R’n’B Blues Brother 2000 \ Sound track K \ Blues Taxi \ Sound track \ Rap Passi \ Les tentations \ Rap Film à voir \ Usual suspect \ suspect de convenance \ Blade Le 13e Prophet vous dit A+ Dessin Francis Ennis tMjVigv Le beau temps accouche.Quand un homme accou- Un roman humoristique, une façon de dédramatiser les évènements de la vie.Torn devient un ami, mais aussi un thérapeute qui me ramène constamment à la réalité.Une communication authentique traitant de la relation à soi et à autrui.che.Torn Après la pluie., le beau tempsjçxies à méditer seul Vendu par: Le Journal de la rue en téléphonant au (514) 256-9000 ou en écrivant au: Le Journal de la rue, 4265 Ste-Catherine Est Montréal, Qué.HIV 1X5 9,95 $ chacunajouter 1,50 $ pour les frais de poste.ou à discuter en groupe.Derrière chacun des textes se retrouvent des émotions que j’avais oubliées de vivre, que j’avais refoulées.Si un jour de pluie, une seule de ces petites phrase remonte en toi, elle aura mérité d’être lue.Vol.5, N° 5 • 9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ 15 fraupf paa/S LeS LOTmeS BUREAU D’ÉTHIQUE COMMERCIALE http://WWW.BBB.ORG Clientèle visée: les personnes âgées, une fraude de grande envergure est en cours.^Des gens se font passer pour des représentants des douanes américaines.Jles fraudeurs annoncent à leurs victimes quelles ont gagné 100 000$ ou plus à une loterie.Giles doivent cependant verser un pourcentage, généralement 7%, pour acquitter des droits ou impôts sur le gain.Les escrocs demandent un chèque au porteur qui est envoyé à une case postale.Pour plus d’informations, appelez le Bureau d’éthique commerciale ou le 1-800-BE-ALERT et demandez le Bureau des affaires internes des douanes américaines le plus proche.Un rappel du Bureau d’éthique commerciale: avant d’envoyer de l’argent, prenez le temps de bien vérifier avec qui vous transigez, demandez des informations écrites, ne divulguez pas votre numéro de carte de crédit par téléphone, n’envoyez pas de mandat-poste, d’argent liquide ou de chèque au porteur par le courrier.Soyez vigilant et restez les deux pieds sur terre! COIS CITO' bus sotmes tous OaSécocs / INFORMATION BUREAUX RÉGIONAUX DE COMMUNICATION-QUÉBEC ou 1 800 465-2445 www.mrci.gouv.qc.ca PARTAGER s PASSIONS ENRICHIR SON MONDE DU C AU 13 NOVEMBRE 1998 B Gouvernement du Québec Ministère des Relations avec les citoyens et de rbnniigration SL Québec a a 16 Vol.5, N°5 *9 oct 1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ LE NiONPE PU SONPftGrE: ILLUSION OU REALITE?RAYMOND VIGER Une firme de sondage sérieuse et reconnue a fait une enquête sur l'émission de télévision “cBleu nuit” où l'on présentait des films pour un public adulte.Jl enquête consistait en un questionnaire écrit destiné au public sur la programmation.jCes résultats ont révélé une côte d'écoute de 60 000 spectateurs.Une autre firme avait installé directement sur le téléviseur un appareil permettant de comptabiliser les émissions réellement écoutées.Jles résultats ramenaient la côte d'écoute à 204 000 spectateurs! jusqu'où ces enquêtes peuvent-elles être fiables et réalistes?LE SEXE ENCORE TABOU Malgré l’anonymat du questionnaire écrit, les gens semblent avoir une certaine difficulté à dire la vérité sur leurs petits secrets intimes.Malgré l’émancipation, sommes-nous encore gêné, avons-nous peur que quelqu’un identifie nos réponses ou essayons-nous de faire croire que nous sommes plus “correct” que la réalité?La sexualité semble être encore un sujet tabou.Si devant l’anonymat d’une feuille de papier nous ne sommes pas capables d’être nous-mêmes et honnêtes, comment pouvons-nous espérer l’être entre amis et devant les autres?SONDAGE OU JUGEMENT La compilation des questionnaires exige des réponses claires, nettes et précises ressemblant à des jugements formels comme oui, non, peut-être, jamais.Il n’y a pas beaucoup d’espace pour des commentaires plus exhaustifs et encore moins pour amorcer une réflexion.Impossible d’avoir plus d’information sur le sujet demandé.Je te questionne et tu réponds, point à la ligne.Si je questionne sur des choses simples comme savoir si tu regardes “Bleue nuit” ou non, je suis censé avoir une réponse simple.Malgré la simplicité de ce test, la vérité est bien différente de ce que les résultats nous donnent.SONDAGE ET POLITIQUE Certains gouvernements sont très friands de ces sondages.Nous n’avons qu’à penser au gouvernement de Robert Bourassa dont l’orientation dans ses prises de décisions était grandement influencée par les sondages multiples qu’il commandait.D’un côté, cela peut sembler très démocratique de toujours consulter la population, mais jusqu’à quel point ces sondages sont assez complets et précis pour devenir un aviseur politique?Le sondage peut permettre de connaître le niveau de compréhension et les besoins d’une population, pas pour gérer.Nous n’avons pas tous la même information sur un sujet donné, nous n’avons pas toujours le temps d’apporter une réflexion complète sur les sujets sondés et les réponses que nous voudrions fournir sur la gestion politique ne se limitent pas toujours par un simple oui ou non.Lorsqu’une firme de sondage nous approche, nous ne savons même ce qu’ils essin Francis Ennis veulent mesurer.VALIDITÉ DES SONDAGES L’être humain est changeant et complexe.Les questionnaires que nous créons ne seraient-ils qu’une simple photo ponctuelle et partielle de ce que nous sommes et pensons?La validité de ces sondages ne serait-elle pas limité aux quelques instants qui suivent la fin du questionnaire?Le temps de compiler les résultats et l’opinion publique est possiblement déjà rendue ailleurs.Pour diriger une communauté, nous faudrait-il, en plus d’une conscience démocratique, avoir une vision d’un avenir meilleur?Vol.5, N° 5 • 9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ 17 L£ THÉAVRE VENISE-PELLETIER J2e théâtre rDenise~(J?elletier offre une saison complète de spectacle fort intéressant.JOouverture delà saison 98-99 s est fait avec lMo-Hère: J2es fourberies de Scapin.Gst-ce que le théâtre peut encore rejoindre les jeunes?^îour répondre à cette question, nous avons rencontré quelques jeunes qui ont pu assister à cette pièce.“Même si je m’attendais que ça soit plate et ennuyant, j’ai trouvé ça super et j’ai ri tout le long.J’ai le goût d’y retourner.” ’ “J’ai le coeur qui a carrément flanché.J’ai eu le goût de pleurer en voyant les planches de cette superbe salle.C’est bizarre à décrire.J’ai le trac juste à m’imaginer être sur cette scène devant les 900 spectateurs”.“Le spectacle est drôle et attrayant avec un langage adapté et compréhensible.J’aime le style de cette salle, j’ai l’impression qu’elle est vivante et qu’elle pourrait nous en raconter longtemps”.“Molière est un très grand artiste qui sait nous rejoindre à travers les siècles.Tu t’imagines j’ai aimé une pièce écrite il y a plus de 400 ans!” “Je trouve ça le fun que le théâtre Denise-Pelletier ouvre ses portes aux jeunes et aux écoles.Le théâtre Denise-Pelletier est un lieu d’expression ouvert et proche de son public de tout âge.” Avec ces commentaires, ai-je vraiment quelque chose à ajouter?Le théâtre Denise-Pelletier est l’ancien théâtre Grenada, l’une des dernières anciennes grandes salles de Montréal.Juste son architecture a de quoi vous émouvoir.Bon spectacle et amusez-vous bien! i Scapin Martin Héroux LES FOURBERIES DE SCAPIN DE MOLIÈRE Que diable allait-il faire dans cette galère 1 Olivier Aubin, Stéphane Bellavance Sophie Bourgeois, Chantal Deslauriers, Mathieu Gaudreault Sébastien Gauthier, Maude Nantel, Patrice Robitaille Claude Tremblay et Jennie-Anne Walker concepteurs Marie Bellemare, Yannick Bocquet, Julie Charland Claude Cournoyer, Pierre Voyer du 30 septembre au 24 octobre jeudis et vendredis à 20 h, samedis à 16 h mise en scene Joseph Saint-Gelais 7 fmm Billetterie * 514 253-8974 Bit LETS 514 790 1245 1 800 361 4595 THÉÂTRE— DENISE-PELLETIER 22% de réduction les samedis - — — 4353, rue Sainte-Catherine Est, Montréal —- £3 Papineau ou Viau, autobus 34 ^2 Pie IX, autobus 139 com@denise-pelletier.qc.ca www.denise-pelletier.qc.ea • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ 18 Vol.5, N°5 »9 oct.1998 URS 19-22 NOV.98 EXPOSITION-VENTE AU MARCHÉ BONSECOURS Gouvernement du Québec Ministère de la Culture et des Communications Gouvernement du Québec Ministère des Relations avec les citoyens et de l'Immigration Hydro K Québec Ville de Montréal Vb) Desjardins EXPOSITION-VENTE DANS LE CADRE DE LA SEMAINE QUÉBÉCOISE DE LA CITOYENNETÉ MARCHÉ BONSECOURS: 300.RUE ST-PAUL EST.VIEUX-MONTRÉAL [»] CHAMP-DE-MARS ENTRÉE LIBRE - RENSEIGNEMENTS: NOUS TOUS UN SOLEIL (maître d'oeuvre) 514 279.1366 Vol.5, N° 5 • 9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ 19 LA Vie eT Le Temps JEAN-SIMON BRISEBOIS Cette vie que je n’ai pas choisie c’est celle dans laquelle j’ai grandi, celle qui m’a permis de devenir la personne que je suis.Cette vie assombrie m’a trahis, j’y fais face car je l’ai compris avec les années durement passées.Malgré ces années passées, c’est là que mon caractère s’estforgé.Je ne l’ai pas oublié car le passé est passé et il faut l’oublier, car pour évoluer et partir du bon pied, il faut faire face à la réalité et je le sais.Il ne faut jamais se laisser influencer, ni se laisser décourager, car si tu ne laisses pas tomber tout peut se réaliser.' en Affaires, pans la Vie OU SU R LA R Ue: arprenpre a RÉSOUDRE nos problèmes ensemble Une relation gagnant-gagnant! Cette phrase peut sembler absurde.Pourtant, si nous pouvions tous gérer nos petits différents sans qu’il y ait un perdant ou un gagnant, notre société serait beaucoup moins violente et incohérente.S’il y a un différent, au travail, à la maison ou sur la rue, et que nous essayons tous les deux de montrer à l’autre qui a raison, qui a tort, nous sommes en face d’un conflit où seul un gagnant et un perdant en sortiront.Même si nous en sortons gagnant, nous aurons perdu quelque chose et nous aurons investi beaucoup d’énergie dans ce conflit.Si le conflit dégénère et si j’écrase mon adversaire, il peut y avoir des conséquences à ma victoire; il cherchera peut-être à se venger, à me nuire et ma réputation peut en souffrir.Si, au contraire, je peux trouver une solution qui ne Dessin Francis Ennis Raymond Viger fait ni gagnant, ni perdant, une solution qui va me satisfaire et satisfaire l’autre personne.Ce sera une façon de pouvoir travailler ensemble à améliorer nos relations et notre environnement.Le conflit produit une tension énorme qui se ressent autour de soi, qui nous envahit.Il n’est pas rare de voir qu’un conflit prenne toute notre énergie et nous distrait de l’essentiel Pendant ce temps, nous gâchons toute relation autour de soi, nous vivons dans la crainte ou dans l’obsession.Notre objectif est-il de détruire tout ce qui nous entoure ou d’apprendre à construire des choses positives sur un terrain qui n’est peut-être pas facile?I Même quand je gagne, la haine est une énergie, une tension qui détruit tout, moi le premier.20 Vol.5, N°5 • 9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ CHPiNCrENlENT SPIRITUAL Enchaîné, je Vêtais au passé, Délivrance, tu m’as perdu, Vivre avec l’ivresse de l’oubli, Pour qui ne recherche rien, Tu peux m’inspirer comme un fou, Perdu dans une autre vie, Décadence d’une vie, Assume conséquence, Jeunesse désabusée, r Etranger à une vie, Tu passes, tu prends, Tu pars sans regret, Souffrance qui m’habitait, Créait ma défense en tout temps, Toujours là pour me guider, M’a amené à une perte mortelle, Jamais je n ’aurais cru que sans elle, Je serais si perdu un jour, Comme un homme sans pied, Ne peut s’ancrer à l’intérieur de moi, Je n ’aurais jamais cru un jour, Etre content d’avoir tout lâché, Ne peut m’offrir le luxe de perdurer, Le vertige de l’avenir, Si peu pertinent envers moi, J’abandonne rien, j’oublie, Ne peut laisser tomber, Ce qu ’on a jamais vraiment eu, Rêver, c’est quand on dort, S’éveiller, on doit vivre pleinement, Plus de mystère pour moi, l’inspiration, me fait tout jeter en bloc, Ne reste plus rien sauf que, Pour moi seul, ce style est fade, Seul peut me toucher, le vraie qui reste, Encore inconnu de moi, Devant moi, il est grand, L’avenir est parsemé de mon passé, Le passé reste pour moi, d’un froid mortel, Disparu, Mon cœur plein de chaleur, Je suis là pour qui le veut.% % .ill® nouvelle ÿwrf L’homme est vite prêt à exercer un art lorsqu’i possède vraiment le di Thomas M; La beauté qui est cachée au plus profond de mon âme ne plut être vue qu’avec les yeux de mon coeur lise Bourbeau Vous pouvez vous procurer ce livre par l’entremise du Journal de la rue (19.95$ plus 2.50 pour les frais de poste) ou dans toute les bonnes librairies.Édition TNT 240 pages dont 8 photos couleurs de graffiti.La vie belle et utile est celle oh l’action et la pensée soutiennent incessamment l’une par 1’ Opération graffiti donne le droit aux jeunes d’être vu, entendu, de montrer leur désaccord et surtout leur différence, d’être payé pour leur travail et reconnu comme artiste professionnel.Opération graffiti donne le droit de rêver, de rendre le rêve vivant et de le réaliser; l’école de la vie où le goût d’apprendre est un avenir rempli de couleurs et d’intensité.Un livre rempli d'amour pour une vision des jeunes.Vol.5, N° 5 • 9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ 21 BbSTieN, POUZe ANS, AS PU "SKfiiTe-80fiiRPu.Collaboration spéciale de Serge Garde du magazine «Humanité Hebdo» de St-Denis, France *T)u haut de ses douze ans, bastien observe les juges.Dl vient de comprendre.^De plaignant, il devient coupable.Jla présidente du tribunal qualifie de «tonique et pédagogique» le coup de pied que (Bastien a reçu dans les testicules, à terre, en marge d'un cours de français, le 28 novembre 1997, au collège ^MarcA-DHagnol.Jüe professeur tapeur explique que ^Bastien chahutait, ce que l’enfant ne conteste pas.cMais l’enseignant va plus loin.Dl revendique son geste: «C’est dans ma logique d’agir comme ça».Récidiviste, c’est la seconde fois qu’il est poursuivi pour avoir frappé un élève.Bastien entend la substitut du procureur regretter que «beaucoup des jeunes jeunes qui passent au tribunal n’aient pas reçu plus de coups de pieds aux fesses».Le certificat médical établissant le traumatisme de Bastien est qualifié de «complaisant».Bastien serre les dents.Le professeur tapeur est innocenté.Le 4 mai 1998, au mépris du droit national et international, le tribunal correctionnel de Toulon a relégitimé les châtiments corporels à l’école.Et cela n’émeut personne.Bastien sort dignement de la salle d’audience, avec sa mère.On apprend vite, à douze ans, quand on est noir et qu’on vit dans le Var (quartier de France).Non, il ne fera pas appel.Non, il ne ressent pas de haine.La vraie vie, elle est ailleurs pour Bastien Salabanzi, troisième garçon d’un couple franco-congolais.Pour lui, la vie est une course.Elle existe sur quatre roulettes.La veille du procès, Bastien avait conquis un titre de champion de France de “skateboard”.Dessin de Duy Tran Sa chambre s’encombre peu à peu de trophées.L’an passé, il s’est classé deuxième au championnat du monde amateur, la Van’s Cup à Los Angeles, la Mecque du “skate”: «J’étais le plus jeune, les autres compétiteurs avaient entre seize et vingt ans.J’étais heureux de représenter la France sur le podium».Depuis, les commanditaires lui font la cour.Sa petite taille et sa témérité lui assurent les faveurs du public: «mais en compétition, les juges ne me font aucun cadeau.Mes victoires, je les dois à mon travail».Douze heures d’entraînement par semaine en période scolaire, six heures par jour pendant les vacances.«J’ai découvert le “skate” par hasard.Je me promenais et j’ai vu des jeunes pratiquer sur le «skatepark» de Marseille.Je n’en croyais pas mes yeux.Ils faisaient des sauts incroyables et j’avais l’impression qu’ils avaient la planche collée aux semelles.Quand tu fais du “roller”, c’est fixé aux pieds.Mais ceux-là, comment faisaient-ils?J’ai tout de suite voulu essayer».22 Vol.5, N°5 • 9 oct.1998 • Le Journal de la rue • 4265 Ste-Catherine Est, Mtl, Qc HIV 1X5 • Abonnement 20$ Le “skate” est un sport de glisse et d’équilibre à part entière.Chaque erreur se paie comptant.Malgré les'protections en plastique, les pantalons épais, l’apprentissage meurtrit les chairs et l’égo.Il suffit d’observer les innombrables cicatrices qui garnissent les genoux et les coudes des “skateurs” pour s’en rendre compte.«Avec toutes les gamelles que tu prends au début, tu te décourages vite si tu n’es pas super motivé.Moi j’ai la tête dure.J’en voulais et j’aime les sensations fortes».En effet, quatre années seulement séparent le débutant du champion.Au début, il ne pouvait pas s’endormir sans enlacer sa planche: «C’était comme une amie.Le “skate” est vivant».pétition.Tu as 45 secondes ou une minute pour accomplir un maximum de figures réussies.Évidemment, si tu tombes.» Planche aux pieds, Augustin décompose les mouvements de base: «Là, tu tapes un “ollie”.Le “flip”, c’est une rotation en vrille de la planche».Démonstration efficace.Il faut dire que le “skate” exige de solides notions d’anglais et un effort pour les parents qui veulent comprendre la passion de leurs enfants.«À Toulon, on trouve quelques endroits où on peut pratiquer tranquille».En arrivant à Toulon, après un déménagement familial, Bastien redoutait le racisme: «En fait, les gens t’accusent de dégrader la ville.Ils ont peur du skate.Les propos racistes viennent après».La place du “skateur” n’est pas acquise dans l’univers urbain.Parfois, cela se traduit pas des confrontations avec la police.«L’idéal, c’est qu’on puisse s’entraîner sur un équipement approprié, un “skatepark”».Et quel spectacle! Avec une infinie patience, à plusieurs reprises, Bastien Salabanzi et son frère Augustin (8e au championnat de France) ont tenté de m’initier, de m’expliquer les figures et les différentes épreuves: «Le “street”, c’est des figures au sol.Autrement, il y a la rampe: tu évolues sur une piste relevée en demi-cercle.Le “run”, c’est la com- Dessin de Duy Tran Peuxième Après avoir changé de collège pour cause d’incompatibilité de caractère avec le professeur tapeur, Bastien a terminé une excellente sixième année.Il aime “skater” les mots et les idées dans ses rédactions.Il s’éclate en dessin, en musique.Fan de “skatecore”: «C’est comme du hard rock, en plus mélodique».Avec la complicité du voisin du dessous: «Il est sourd et il m’aime bien!» il se lance dans d’intenses solos de batterie dans sa chambre.Puis, il redevient sérieux: «On m’a proposé de devenir “skater” professionnel.Je me trouve encore jeune.Et puis il y a l’école.Je veux acquérir les bases, le bac.Ensuite.» étonnant gamin au regard parfois adulte, souvent espiègle, qui vous annonce gravement: «Je veux prendre tout mon temps pour grandir».«âwiii/ersâire /e
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