La presse, 4 septembre 2013, Cahier A
[" MON CLIN D\u2019OEIL STÉPHANE LAPORTE «Ça s\u2019appelle la rentrée, pourtant on est incapable de rentrer à Montréal.» \u2014 Un automobiliste.Venez voir mon blogue ! www.lapresse.ca/laporte L-V 6 21924 98765 1 129e année No 254 46 pages, 5 cahiers 1,00$ taxes en sus \u2013 Édition provinciale 1,10$ Le prix peut être plus élevé en régions éloignées PHOTO DOMENICO STINELLIS, ASSOCIATED PRESS PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE 70e MOSTRA DE VENISE CEMONDE ÉTRANGE.MARC-ANDRÉ LUSSIER ARTS Scarlett Johansson prête ses traits à un extraterrestre dans le dernier film de Jonathan Glazer, Under the Skin.PHOTO ARCHIVES LA PRESSE UNENOUVELLESAISON.Le tournoi de golf annuel du Canadien lance les préparatifs de la prochaine campagne de hockey.SPORTS LES TÉLÉCOMSEN LIESSE Les entreprises canadiennes de télécommunications se réjouissent du désintérêt du géant américain Verizon pour le marché canadien de la téléphonie cellulaire.AFFAIRES EXCLUSIF DESBACTÉRIES QUIONT LAVIEDURE PAGE A4 LEMARCHÉ DU TRAVAIL, L\u2019ÉDUCATION ET LES FEMMES STÉPHANIEGRAMMOND AFFAIRES INTERVENTION AMÉRICAINE EN SYRIE OBAMA REÇOIT DES APPUISDUCONGRÈSPAGE A13 YVESBOISVERT ONNE TROUVEQUE CEQU\u2019ONCHERCHE PAGE A3 PHOTO FRANK GUNN, LA PRESSE CANADIENNE CONFIANCE RETROUVÉE SPORTS Les Alouettes l\u2019emportent 20 à 9 sur les Argonauts de Toronto et s\u2019approchent à deux points du premier rang.Montréal mercredi 4 septembre 2013 Le plus grand quotidien français d\u2019Amérique COMMISSION CHARBONNEAU SOMMAIRE Amusez-vous ! VOYAGE 10 Astrologie du jour VOYAGE 6 Bourses AFFAIRES 8 CV AFFAIRES 7 Débats A 14 et A 15 Décès VOYAGE 6 Horaire télévision ARTS 4 Loteries A13 Monde A 12 et A 13 Petites annonces AFFAIRES 4 VOYAGE 5 Sudoku AFFAIRES 4 Météo Averses de pluie en après-midi, maximum 20, minimum 9.VOYAGE 5 VOUS AVEZ UNE NOUVELLE À NOUS TRANSMETTRE?nouvelles@lapresse.ca UN COMMENTAIRE SUR NOTRE JOURNAL?commentaires@lapresse.ca Après Montréal et Laval, c\u2019était au tour de la Québec et de Gatineau d\u2019être au centre des travaux de la commission Charbonneau à la reprise des travaux, hier.Les témoignages de deux cadres d\u2019une firme de génie ont révélé que des systèmes de partage des contrats existaient aussi dans la deuxième et dans la quatrième ville du Québec.LACOLLUSIONRÉGNAIT ÀQUÉBEC ET GATINEAU Des personnes décrites comme des acteurs-clés de la collusion ne seront pas entendues par la commission Charbonneau en raison de l\u2019agenda extrêmement chargé de l\u2019enquête publique, a indiqué la procureure en chef Sonia LeBel.À la reprise des audiences, hier, celle-ci a expliqué que malgré le prolongement du mandat de la Commission jusqu\u2019en avril 2015, elle n\u2019avait pas « le luxe de retourner chaque pierre ».Sans nommer l \u2019ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt, elle a confirmé que la Commission n\u2019entendrait pas toutes les personnes montrées du doigt pour leur implication dans la collusion.« Nous ne faisons le procès de personne », a rappelé Me LeBel.La commission Charbonneau se penchera cet automne sur l\u2019infiltration du crime organisé dans le milieu syndical, a précisé Me LeBel.Il sera notamment question d\u2019intimidation et d\u2019extorsion sur les chantiers.Aux États-Unis, plusieurs études ont été réalisées sur l\u2019infiltration des syndicats pour permettre au crime organisé de contrôler l\u2019industrie de la construction, a-t-elle souligné.La Commission entendra notamment le sergent Alain Belleau, de la Sûreté du Québec, spécialiste des groupes de motards criminels.\u2014 Pierre-André Normandin «NOUS NE FAISONS LE PROCÈS DE PERSONNE» PIERRE-ANDRÉ NORMANDIN Après 10 semaines de pause, la commission Charbonneau a repris ses audiences publiques hier en entendant deux ingénieurs de la firme de génie AECOM, anciennement appelée Tecsult.Patrice Mathieu et Marc-André Gélinas ont tour à tour affirmé que les contrats des villes de Québec et de Gatineau ont été victimes de collusion.Le partage des contrats à Québec s\u2019est mis en place en 2005, a relaté Patrice Mathieu, ex-vice-président génie urbain et transport pour l\u2019est du Québec chez AECOM.Après plusieurs années de vaches maigres pour les firmes de génie, la capitale québécoise a lancé en 2004 un imposant chantier de 100 millions pour améliorer la qualité de l\u2019eau de la rivière Saint-Charles, qui se déverse dans le fleuve Saint-Laurent.P l a n i f i é e n v u e d u 400e anniversaire de Québec, le projet prévoyait l\u2019aménagement de cinq bassins de rétention des eaux de pluie pour mettre fin aux fréquents débordements d\u2019égouts dans la principale rivière traversant la capitale.Un premier appel d\u2019offres a été lancé en octobre 2004, mais la Ville a annulé le tout, soupçonnant de la collusion en raison des prix élevés.C\u2019est lors de la deuxième vague d\u2019appels d\u2019offres que les firmes se sont entendues pour maintenir des prix élevés, a affirmé le témoin.«On s\u2019est parlé, on a fait la collusion.C\u2019était la première fois », a reconnu Patrice Mathieu.Le témoin a également expliqué que la collusion a pu s\u2019enraciner dans la capitale en raison d\u2019une soudaine augmentation des budgets d\u2019infrastructures en 2006.À l\u2019époque, les gouvernements provincial et fédéral ont mis en place un nouveau programme pour faciliter le financement des chantiers municipaux.Du jour au lendemain, Québec a pu augmenter ses budgets d\u2019infrastructures de 60 à 150 millions.Mais du coup, la collusion a pu s\u2019imposer, a expliqué M.Mathieu.Un candidat de Labeaume montré du doigt Les r évél a t ions de l a Commission ont d\u2019ailleurs copieusement éclaboussé un candidat de Régis Labeaume aux élections de novembre.François Paulhus a ainsi renoncé à briguer les suffrages quand son nom a rebondi dans le partage des contrats.à Gatineau.En plus de Québec, la Commission s\u2019est longuement intéressée hier à la collusion qui a sévi à Gatineau grâce aux propos de Marc-André Gélinas, directeur général en Outaouais de la société AECOM.Lors de son témoignage, il a affirmé que son interlocuteur chez Génivar pour truquer les contrats de Gatineau n\u2019était nul autre que François Paulhus.Quatre firmes citées Marc-André Gél inas a expliqué hier que quatre firmes de génie se sont partagé les contrats de 25 000 $ à 500 000$ à Gatineau entre les années 2003 et 2008.Selon l\u2019entente, Cima+ devait obtenir 40% des mandats de la Ville, Génivar 27%, Tecsult 22% et Dessau 11%.Les parts de marché ont été réajustées en 2007.Les plus hauts cadres de ces firmes se sont d\u2019abord rencontrés à Gatineau dans une chambre d\u2019hôtel pour se partager les contrats.Et pour éviter qu\u2019ils aient à se réunir trop souvent, Marc-André Gélinas a fini par élaborer un complexe système de codes pour faciliter le partage des contrats au téléphone.La collusion à Gatineau a néanmoins laissé des traces, puisque les firmes concernées gardaient en note dans un fichier électronique les contrats truqués.Ceux-ci étaient sauvegardés sur des clés USB.Marc-André Gélinas assure que personne à l\u2019hôtel de ville de Gatineau n\u2019était au courant, que ce soit le maire ou les fonctionnaires.«Notre système ne laissait pas d\u2019indice», a expliqué le témoin.Même s\u2019il assure ne jamais avoir corrompu de fonctionnaires ou d\u2019élus, le témoin a reconnu avoir offert des cadeaux à ceux-ci de 2005 à 2008, comme des cartescadeaux et des invitations à des parties de hockey.Patrice Mathieu a expliqué que la collusion a pu s\u2019enraciner à Québec en raison d\u2019une soudaine augmentation des budgets d\u2019infrastructures en 2006.PHOTOS LA PRESSE ET LA PRESSE CANADIENNE Patrice Mathieu (à gauche) et Marc-André Gélinas, deux ingénieurs de la firme de génie AECOM, anciennement appelée Tecsult, ont témoigné hier devant la commission Charbonneau.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll A 2 L A P R E S S E M O N T R É A L M E R C R E D I 4 S E P T E M B R E 2 0 1 3 www.cartier.com ©2013 Cartier COMMISSION CHARBONNEAU On croyait detenir une sorte de record nordamericain de la corruption municipale, mais les nouvelles en provenance de la Floride sont assez claires : on a des croutes a manger, des terrains a dezoner et des routes a asphalter.Dans la seule Floride, entre 2000 et 2010, 781 dirigeants municipaux ont ete traduits en justice pour divers actes de corruption.Trois maires de la banlieue de Miami ont ete arretes depuis.un mois.Certes, lfEtat a une population de 19 millions dfhabitants .contre 8 millions pour le Quebec.Mais toutes proportions gardees, cfest comme si plus de 300 dirigeants municipaux avaient ete arretes au Quebec.Au rythme ou vont les accusations, on y parviendra peut-etre, mais on est encore loin du compte.Il nfy a pas vraiment de quoi se rejouir dfen trouver dfautres áencore piresâ.Notons tout de meme ceci : les cas floridiens dfarrestation sont souvent le fruit dfoperations dfinfiltration.Un exemple.On soupconne qufun maire touche des ristournes lors de changements de zonage pour le developpement immobilier.Apres enquete, le FBI envoie un agent qui se fait passer pour un homme dfaffaires, ou organise une rencontre avec un vrai homme dfaffaires, et piege le politicien municipal.La preuve est irrefutable, lfelu est aussitot accuse.Tout cela est possible parce qufon a cree des escouades policieres pour combattre la corruption.En matiere de corruption, on ne trouve que ce qufon cherche.Il faut decider de le chercher : creer des escouades specialisees, y mettre les budgets, faire aboutir les dossiers.Or, au Quebec , ava nt lfUPAC, on ne cherchait pas fort, fort.Si autant dfarrestations ont lieu en Floride, cfest en partie parce que la corruption y est une sorte de tradition.Mais cfest aussi beaucoup parce qufon a decide de la combattre.Et si on a donne au gouverneur de Floride le pouvoir de suspendre les maires des qufils sont accuses devant la cour criminelle, cfest qufil y a eu tellement de cas qufa un moment donne les gens ont dit : ca va faire! ¡¡¡ Ca va faire : ce meme cri de ralliement a donne lfUPAC et la commission Charbonneau, qui a repris tranquillement ses travaux hier.Cfest ce qui nous a valu egalement la áloi 10â, qufa presentee le gouvernement Marois et qui a ete adoptee a lfunanimite.Desormais, un elu accuse au criminel peut etre suspendu des qufil est accuse.La loi vient de passer son premier test judiciaire avec succes dans le cas du maire Michel Lavoie, de Saint-Remi, petite ville de banlieue de 7600 habitants.Cette loi, conclut le juge Jean-Francois Michaud, est parfaitement valide.Lfavocat du maire, et plusieurs autres, pretendaient que la loi est trop imprecise, donne un trop vaste pouvoir au juge et fait fi de la presomption dfinnocence.Le juge a rejete ces arguments.La suspension dfun elu nfest pas automatique sfil est accuse.Il y a des balises : il faut que lfinfraction reprochee soit punissable par deux ans ou plus dfemprisonnement (donc suffisamment serieuse) ; il faut que le crime soit lie a la fonction politique ; et enfin, que lfaccusation soit de nature a á deconsiderer lfadministration de la municipalite â.Cette expression peut paraitre vague, mais on la retrouve presque a lfidentique dans la Charte des droits.Ce nfest pas tres complique : ce qui mine serieusement la confiance du public á deconsidere â lfadministration.En l isant cet te loi , les citoyens sont á raisonnablement prevenus des consequences dfune conduite interdite â, conclut le juge.Quant a la presomption dfinnocence, elle nfa rien a voir ici.On ne fait pas le proces criminel du maire, il ne risque aucune amende ni aucun emprisonnement, on nfentre pas dans les details de la preuve, et il ne perd meme pas definitivement son emploi : il est suspendu avec salaire .qufil devra rembourser sfil est declare coupable.On protege les innocents et on encourage les coupables a demissionner, en somme.Dans le ca s du mai r e Lavoie, il est accuse dfabus de confiance, de fraude et de complot dans trois dossiers municipaux.Si cette loi a ete adoptee pour á redonner confiance aux citoyens dans les institutions municipales â, on voit mal un cas plus clair dfapplication, conclut le juge avec raison.On nfaurait jamais cru une telle loi necessaire avant le cas du maire Richard Marcotte, de Mascouche, qui sfest accroche au pouvoir plusieurs mois malgre des accusations de corruption.Mais il faut dire que notre ras-le-bol collectif est encore assez recent, a lfechelle floridienne.Maintenant, on trouve.Parce qufon cherche.S Pour joindre notre chroniqueur : yboisvert@lapresse.ca On ne trouve que ce qufon cherche YVES BOISVERT CHRONIQUE Si autant dfarrestations ont lieu en Floride, cfest en partie parce que la corruption y est une sorte de tradition.Mais cfest aussi beaucoup parce qufon a decide de la combattre.PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, ARCHIVES LA PRESSE Le maire de Saint-Remi, Michel Lavoie, a ete releve provisoirement de ses fonctions la semaine derniere par la Cour superieure du Quebec.llllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllllll L A P R E S S E M O N T R E A L M E R C R E D I 4 S E P T E M B R E 2 0 1 3 A 3 #!\" !*5-
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