La musique, 1 janvier 1922, octobre
4e Année — No 46 Octobre 1922 La Musique Revue mensuelle SOMMAIRE : Schumann.H.MARECHAL Musique et musiciens à Québec : L’Union Musicale.N.LeVASSEUR Musique d’église : Lettre à un maître de chapelle.Leon GAUTIER L’Art du chant, ALBERT VALMOND Glanes musicales : Les origines de Chopin Echos et Nouvelles.— Concerts.Variétés.Abonnement : $2.00 par année Le numéro 15 sous )mstm marnat Parait le 15 de chaque mois LA MUSIQUE Revue mensuelle Publiée sous la direction de Orner Létourneau et Hector Faber Secrétaire de la rédaction: Jos F.de Belleval Administration : 20, Côte de la Montagne, Québec Téléphone 6349 Adresser toute correspondance i\ l’administration.Un an .*, ft(1 (Canada, Etats-Unis ot Union Postalol abonnement part do janvier et est navnhl.d avance, es numéros parus sont envoyés aussitôt inscription.La collection des années 1919 /, il,, se vend *1.50 Ipar la poste, $1.60) chacune 1921 èrière de (aire remise par mandat-poste on chqu e payable au pair é Québec.ou îles ©trgues (iïasabant SONT CÉLÈBRES # Au delà de 900 ont été construites par la .MAISON CASAVANT FRÈRES, Ltée dont 65 à quatre claviers, 197 à trois claviers, 538 à deux claviers, etc.y # ~ CASAVANT FRÈRES, Ltée FACTEURS D’ORGUES SAINT-HYACINTHE, Que.QUEBEC FRUIT & FISH EXCHANGE ltée IMPORTATION — EXPORTATION Vente en gros: Fruits, Légumes, Poissons frais, gelé, salé, fumé, Huîtres, Tabac, Amandes, etc.Fabrique de Limonades gazeuses 116, ru© Dalhousie Québec. lAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAàAAAà] oaaaaaa kÂAAAAAAAAAAAAAAAAAf,fI.« ************ aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaq Raison ÿît JWkmhauÜ 0 1 La maison ARCHAMBAULT, sise au centre de la métropole, est l’endroit tout indiqué pour vos achats de musique vocale et instrumentale.Vous y trouverez un choix complet des œuvres des maîtres classiques et des compositeurs modernes.Cette maison fait en outre un commerce considérable de pianos et de phonographes les plus recherchés des artistes et des amateurs de musique.C’est également dans cette maison qu’est établi le comptoir de musique religieuse du BUREAU D’ÉDITION de la SCOHLA CANTORUM de Montréal, rendez-vous habi tuel des organistes et des maîtres de chapelle.312 a 316-esi, rue ^te-âMjmne AUnitrcal.®plcpt[ijne list 3299 et 1S42 orvvvwvwvwwvwwvwwwvwww WWW' Hermann ffionrctfeanc ^'“(Albert (Sanni (ianfrm Sc (Jlmirdi t'site Pianos — Orgues — Violons — Musique en Feuilles — Victor-Victrolas Disques ^ ictor Musique Classique et Populaire — Musique ReligieuS( Editions Européennes et Américaines 252, rue Tïl.4626 QUEBEC.142, rue J&tfJenn Tel.4345 Lavigueur & Hutchison SEULS REPRÉSENTANTS DES CÉLÈBRES PIANOS HEINTZMAN & CO.(E FAVORI DES ARTISTES) Distributeurs des Grafonolas COLUMBIA et des merveilleux BRUNSWICK, reproduisan a la perfection tous les disques de n’importe quelle marque CONDITIONS DE PAIEMENT DES PLUS FACILES 81, RUE ST-JEAN Succursale : 54, rue St-Joseph Téléphone 1163j ROCH LYONNAIS Maison fondée en 1822 Fils LUTHIER Réparation d'instruments de musique en bois et en cuivre It rue des Fossés, OUVRAGE GARANTI St-Roch, Québec. ème onnéc — No 46 Octobre 1922 LA MUSIQUE SCHUMANN Avec Mendelssohn et Chopin, Schu-ann représente ce qu’on appelle le omantisme en musique.Parmi ces trois ontemporains de la Renaissance de 830, au moment où carillonnait 1 'Alle-nia de leur vingtième année, Schumann urtout paraît tout d’abord déterminé jeter pardessus bord tout ce qui l’a récédé.C’est le propre de la jeunesse t il est excellent qu’il en soit ainsi.Le romantisme, c’est l’indépendance près la prison.C’est la liberté dans la ormule, rompant enfin avec les menot-es que les pédants de tous les temps rétendent imposer à un artiste au nom es exemples de génie laissé par les aniens ; c’est enfin la langue avant la rammaire.L’avantage du romantisme est de ne ogner les ailes à personne.Son danger est de laisser croire à ous que l’absurde même est une forme ’’art ; car, sur son terrain le sublime et e grotesque se coudoient si étroitement u’il faut énormément de savoir, d’étu-es, de tact et de goût pour ne pas fran-hir la frontière à peine visible qui les épare tout de même.Or, sous une apparence révolution-aire, le romantisme aboutit exac-ement aux mêmes résultats que le lassicisme : chez un artiste d’élite hacun des points de départ, leur fusion ême, peut fournir une admirable flo-aison ; dans les natures moins douées* ous deux, isolés ou réunis, donneront n même fruit inutile.*** Le piano occupe un grand rôle dans le bagage de Schumann ; et, malgré les qualités géniales qu’on rencontre en ses partitions d’orchestre, c’est peut-être dans l’oeuvre pianistique, dans la musique de chambre et dans les mélodies que se trouve le plus pur de ce génie inégal et fantasque dont la haute personnalité est .un enchantement quand elle n’est pas une déception ! Jamais l’aphorisme célèbre: «Le style c’est l’homme >, ne s’est appliqué plus plus exactement à un musicien qu’à Schumann; et l’histoire de sa vie, qui se lit dans tous les dictionnaires, donne la clef de bien des pages énigmatiques.C’est sans doute à l’état particulier de Schumann que son oeuvre d’ensemble doit d’être celle d’un très grand maître.de second plan.Son aversion des classiques lui permit de donner libre cours à sa fantaisie en des oeuvres de peu d’étendue.Dans celles ci il est exquis.— Mais quand il s’aventure en de vastes conceptions comme Faust, Le Paradis et la Péri, sans le viatique dont se munissaient les Maîtres, il semble parfois perdre pied.Ici et là, certes, un éclair traverse ces ténèbres volontaires, mais ne suffit pas à donner à l’ensemble la portée obtenue par des modèles1, reniés si témérairement.*% Dans la facture d’orchestre, mêmes qualités, mêmes défauts ; et ceux-ci semblent trop souvent l’emporter.A côté de beaucoup de trouvailles heureuses, l’instrumentation de Schumann n’a ni la limpidité de Mozart, ni la plénitude de Beethoven, ni l’élégance pittoresque de Mendelssohn, ni surtout l’é- 154 LA MLSIQUE clat de Weber, un pur romantique aussi celui-là pourtant ! Schumann est vraiment créateur dans la manière dont il traite les rythmes.— Avec lui, temps forts ou faibles se confondent eu un parti pris de syncopes si fréquentes quelles finissent par donner naissance à un trosième type à à côté du « binaire » et du « ternaire * d'antan ! Cela paraît tout simple aujourd’hui, nous en avons entendu bien d'autres ! mais, il y a cinquante ans, l’oreille privée de point d’appui accoutumé en était horripilé ! C’est pourtant bien par là que Schumann, si légitimement admiré de nos jours, se montre réellement novateur et que sa musique se reconnaît entre toutes.Il taillait beaucoup de talent pour écrire le Quintette, il fallait du génie pour en concevoir Y Adagio si poignant et si dramatique ! Il fallait une très grande sensibilité pour écrire ces Mé'odie* dont plus de la moitié sont de véritables chefs-d’oeu-vie.Il fallait enfin une âme d’artiste et de penseur pour écrire dans la Symphonie Rhénane ce curieux morceau où des tenues en grandes valeurs peignent musicalement, et avec tant de bonheur, l’audacieuse architecture de la cathédiale de Cologne ! * * * Comme pour Chopin, comme pour Mendelssohn, on interprétera d’autant mieux Schumann qu’on y mettra de soi-même.Ceci paraît être une de ces vérités à La Palice applicable à tous les maîtres de la musique.Cependant il en est qui gagnent plutôt à être joués selon la lettre écrite, et dont on dénaturerait le style en y apportant d’autres qualités que la sérénité de la notion rigoureuse.Il en va tout difteremmemt avec Schumann ; comme pour ses frères en romantisme, l’exactitude abosolue des mouvements passe au second plan ; et, si l’on ressent quelque émotion en l’interprétant on a de grandes chances de le traduire fidèlement.Henri MARECHAL (Souvenirs d'un musicien) ¦MH Mm On fête M.Joseph Vézina M.Joseph Vézina, le vénéré doyen des musiciens québécois, a célébré, le 26 septembre, le cinquantième anniversaire do son mariage.Nos musiciens ont profité de la circonstance pour lui apporter le témoignage de leur vive admiration.t’ne messe solennelle, chantée en l’église de Saint Jean-Baptiste, commença cette journée Puis eut lieu le diner de famille et, dans l’après-midi, réception des nombreux amis qui vin rent saluer les jubilaires.Le soir, fête musicale.La Société Symphonique et la musique des Cadets de Saint Jean-Bap tiste ont rehaussé l’éclat de cette belle fête.Puisse M.Vézina continuer longtemps encore sa carrière déjà si remplie et si féconde, qui se confond avec le développement fie l’ait musical cir 7 nous.M.Joseph Vézina LA MUSIQUE 155 Musique et Musiciens à Québec Souvenirs d’un amateur - P AK - H.LeVASSEUR Collige fragmenta ne pereant ! A cette époque, le Quatuor Vocal fut fondé, et quelques membres do l’Union Musicale en firent partie.Quelqu’un s’étant formalisé de ce fait,comme pouvant être préjudiciable à l’Union Musicale, les membres présents à une assemblée de cette dernière association, le 25 mars 1879, adoptèrent une résolution approuvant la fondation du Quatuor Vocal et la participation des membres de l’Union Musicale.Le 20 avril 1879, on invita Calixa Lavallée, organiste à l’église S.Patrice, pour l’exécution par 1 Union Musicale d'une cantate de sa composition en l'honneur du Marquis de Lome et de la Princesse Louise, à l’occasion de leur visite à Québec, invitation que Lavallée accepta.A une séance du 19 octobre 1879, Geo.Hébert proposa la ré-admis -sion de Petrus Plamondon, comme membre actif de 1 Union Musicale.Après délibérations, à une autre séance, le 20 octobre, la proposition fut refusée ; ou allégua que les devoirs professionnelsobligeaient 1 applicant à des absences trop fréquentes et trop longues de la ville.Le curé Plamondon qui tenait a la réinstallation de M.Petrus Plamondon et autres dans 1 Union Musicale, se trouva très offensé de cette décision, et il s’en suivit des as-semllées et correspondances assez orageuses, au cours desquelles, M l’abbé Plamondon exposa «es prétendus griefs contre l’Union Musicale, et où cette dernière crut devoir défendre ses droits de liberté d action en une telle circonstance.Après de tels incidents, à la 133e séance, le 28 octobre 1879, M.For-tunat Gauvreau, appuyé par Félix Gauvreau, déclara que les paroles du desservant avait été suflisantes pour décider l’Union Musicale à ne plus occuper la tribune de l'orgue de S.Jean-Baptiste et à ne plus donner gratuitement ses services à cette église, mais que la Société demeurait unie, et qu’il présentait une motion à cet effet laquelle fut adoptée à l’unanimité.Cette année-là, sur l’invitation de M.1 abbé Geo.Côté, de l’archevêché, et chapelain de 1 église de N.-D.des Victoires, l’Union Musicale célébra la fête de Ste-Cécile en cette église.Le soiron donna enconcert à la salle Victoria, la messe de Sainte-Cécile de Gounod, sous la direction de Calixa Lavallée.L’Union Musicale ayant quitté l’église de S.Jean-Baptiste, les PP.Rédemptoristes de S.Patrice avaient eu l’obligeance de mettre la grande salle de l’Institut S.Patrice à sa disposition pour les répétitions.Le choeur de l’église S.Patrice se joignit à l’Union Musicale à l’occasion.^ Il s’en suivit de nombreuses invitations de participer ici et là à des solennités religieuses, à b.Patrice, à S.Roch, au Bon-Pasteur, etc.La Société prit aussi part à l’exécution de la messe en plein air sur les buttes à Nepveu le 24 juin 1880.A la séance du 26 novembre 1880, Aldolphe Hamel, organiste à S.Patrice, fit part de l’invitation des Rédemptoristes à l’Union Musicale, de chanter tous les dimanches à cette église avec offres d avantages, pii- 156 LA MUSIQUE vilèges, etc., invitation que l’Union Musicale jugea à propos de 11e pas accepter.A la 152e séance, le 8 mars 1882, M.le curé Plamondon proposa à 1U-nion Musicale de remonter à l’orgue de S.Jean-Baptiste, avec les privilèges dont elle jouissait auparavant, Clod.Delisle comme maître de chapelle et Sec.Hébert comme directeur.M.Fortunat Gauvreau proposa, appuyé par M.N.Langlois, que l’Union Musicale de Québec acceptait avec bonheur et plaisir la proposition qui lui était faite par MM, Ephrem Dugal et Clodomir Delisle, au nom du desservant de l’église Saint-Jean, de reprendre ses droits et privilèges au jubé de l’orgue de 1 église Saint-Jean, et qu'en conséquence elleretirait sa démission qu’elle avait donnée entre les mains du dit desservant, le 28e jour d’octobre 1879.Motion acceptée.La célébration de la fête de Sainte-Cécile, le 22 novembre 1891, coïncidait avec le vingt-cinquième anniversaire de la fondation de l’Union Musicale.La Société marqua cet anniversaire par un grand banquet à l’hôtel Florence, trois jours après ia célébration religieuse, c’est-à-dire le 25 novembre.A la fête religieuse le 22, l’Union Musicale avait donné une messe d’Ambroise Thomas avec grand orchestre.La célébration du cinquantième anniversaire de la fondation prit encore plus de solennité au point de vue musical.L’Union Musicale exécuta, à l’occasion de lafête de Ste Cécile, le soir du 22 novembre 1915, à léglise S.Jean-Baptiste, l’oeuvre magistrale de César Franck, Les Béatitudek.Le public avait été, par le menu détail, mis au courant delà pari-tition, par toute une série d’articles de presse.En sorte que la foule qui envahissait le temple put suivre avec vif intérêt l’exécution des diverses parties de l’oeuvre.Comme toute fête bien ordonnée se termine par un exploit gastronomique, le lendemain soir, lundi 23 novembre,il y eut grand banquet àl’Au-ditorium et force discours.M.l’abbé Beaudoin, curé de S.Jean-Baptiste, était à la table d’honneur, et parmi les fondateurs de l’Union Musicale, on remarquait S.H.le recorder, feu Elzéar Déry, feu Edouard Gauvreau, Louis Leclerc et Hector Drolet; aussi l’ancien président de la Société de Sainte-Cécile, Céréal Dugal, frère de feu Ephrem Dugal.En résumé, ce fut une fête mémorable au grand honneur de l’Union Musicale, de l’oeuvre de César Franck.des citoyens de S.Jean-Baptiste et du public québécois.La partition des Béatitudes est loin d’être la seule importante du répertoire de l’Union Musicale.Elle en a maintes autres à son crédit, comme exécution ou à l’exécution desquelles elle a pris part : Le Désert, Christophe Colomb, La Perle du Brésil, de Félicien David, le Stabat Mater, Moïse en Egypte de Rossini, Le Paradis perdu de Dubois, Jérusalem de Kerveguen, Gallia de Gounod, La Vierge de Massenet.Puis viennent les grandes messes qui ont été, la plupart du temps, exécutées avec orchestre, depuis cinquante-six ans.La Ire, 2e et 3e, dite Impériale de Haydn.La 3e du Sacre de Charles X et la 4e de Cherubini.La 2e et 3e de Hummel.La messe solennelle de Ste Cécile et celle dédiée au pape Pie IX, de Gounod.La messe de Schubert en mi bémol.La messe, de Noël de Perrault.La messe de Ste Thérèse de Von La Hache.La messe en sol de Weber.La messe en do de Beethoven.Une messe d’Adolphe Adam, d’Ambroise Thomas, de Fauconnier, d’Alexandre Guilmant, etc. LA MUSIQUE 157 Les directeurs de l’Union Musicale de Québec, depuis sa fondation, ont été: Directeur honoraire, M.Ernest Gagnon, I860 à 1876.Directeurs organistes, MM.Gustave Gagnon 1864 à 1870; J.Otten, 1870 à 1878; G.Hébert, 1878 à 1917.Maîtres de chapelle, MM.Cl.Delisle, 18/9 à 1887; Eph.Dugal, 1887 à 1905.Edgar Dugal, 1905 à 1909 ; A.Robi-taille, 1909 à 1911; Henri Dugal depuis 1911.^ _ Entre membre actif d’une société chorale ou instrumentale, donne en général au bon public, le nôtre surtout, l’impression de quelque chose d’honorifique, d’un fait par lequel on reconnaît qu’un tel ou une telle chante ou joue d’un instrument de musique quelconque.Le bon public, à 1 audition d une pièce, d'une oeuvre, jouit, admire ou critique, mais ne se figure pas la somme de travail qu’exige la préparation de telle oeuvre ou de telle pièce, le temps qu’il a fallu consacrer à son étude, les frais encourus, et en plus, l’exécution, d’une heure, deux heures et même de trois heures et plus de durée.Quant au chef, directeur ou conducteur de pareille société, s’il est parvenu, sans le moindre froissement, à diriger pendant, disons une année, deux années seulement, il est né pour la diplomatie, et vraiment il mériterait qu’on lui décernât d’emblée un certificat de diplomate.Nepas oublier quelesmombresd line société musicale ont leurs occupations, un état à remplir pour l’assurance du pain quotidien, et que le travail qu’ils s’imposent, gratuitement cela va sans dire, entame une bonne partie de leurs loisirs.Chez nos amateurs, la préparation d’une pièce dure bien de six à huit semaines, à raison de trois répétitions par semaine, de deux heures au moins chacune.Mais voyons un peu le travail que comporte le rôle de membre actif d’une société chorale comme 1 limon Musicale.Je prends une année au hasard, celle de 1890, dont j ai pu établir le bilan.Il servira à donner une idée assez exacte de chacune des autres._ _ 0 janvier 1890 — L’Epiphanie.Messe royale harmonisée.9 février — La Purification.12e messe de Mozart dans la chapelle des Congréganistes de la Haute-â ille.Chant au salut solennel dans 1 après-midi.Ire semaine du Carême.Neuvaine de S.François-Xavier à la Basilique.Chaque jour, au salut solennel du soir, exécution de 2 ou trois morceaux de chant.L'Inflammatus du Stnbat Mater de Rossini, un 0 Saluta-ris de Leprovost avec solo de soprano obligé, le Pater noster de Nieder-meyer avec solo de baryton oblige et plusieurs autres pièces d un grand mérite sont données avec beaucoup de succès et font les délices de 1 organiste et des fidèles qui assistent aux offices.3e semaine du Carême.Neuvaine de S.Joseph à l’église St-Jean-Baptiste.A chacun des exercices du soir, le salut solennel s ouvre par le joyeux hymne Itc Joseph que 1 Union Musicale chante harmonisé, avec entrain et précision.Puis un morceau au S.Sacrement et un Tantum ergo.30 mars — Dimanche des Rameaux.Chant sans accompagnement des grands choeurs de la Rasion par Vittoria avec MM.les abbés Lessard, Bouffard et L.-A.Paquet représentant, le premier, la synagogue, le second, 1 historien et le troisième, le Christ; a 1 offertoire, chant sans accompagnement d’un choeur intitulé In memoriam passio-nis.4 avril—Vendredi saint.Pendant l’adoration delà Croix, on donne les 158 LA MUSIQUE Impropriiÿ de Palestrina,sans accompagnement.6 avril — Pâques.Messe de Farmer en si bémol.A l’office de l’ar-chiconfrérie, le grand Regina coeli de Dessane.3e dimanche après Pâques.Messe de Farmer, cette fois avec orchestre formé du Septuor Haydn et d’autres amateurs de la ville.Chaque soir du mois de mai, salut du mois de Marie — .18 mai.Sacre de Mgr Blais, évêque de Rimouski, à la Basilique.2e messe de Haydn, avec orgue et orchestre, et l’aide d'amateurs.Dimanche de la Ste-Trinité.Messe de S.Thérèse de LaHache.1er septembre, lundi.Messe du second ton harmonisé, pour demander les bénédictions du ciel sur les travaux du parachèvement de l’église qui devaient commencer cette semaine-là.Dimanche, 28 novembre—Célébration delà fête de Ste-Cécile.Exécution de la Ire messe de Haydn avec orchestre, aide du Septuor, etc.2-5 décembre — Noël.Messe du jour, messe de Perrault avec orchestre formé par le cercle Albaui.Aux vêpres solennelles, plusieurs psaumesharmonisés,chant d'un noël entre chaque psaume, le Magnificat de Lambillotte et le salut.L’Union Musicale a aussi donné dix saluts solennels à la chapelle des congréganistes aux grandes fêtes.pendant l’année écoulée.Tous les dimanches de l’année, elle a chanteaux saints solennels de l’achiconfrérie à Saint-Jean.A chacun de ces offices, elle a donné trois morceaux en musique.L’offertoire aussi de la messe des dimanches a toujours été remplie par un choeur.* * * Plusieurs solistes étrangers, dames et messieurs, sur invitation de l’U- nion Musicale, lui ont prêté dans différentes circonstances leurs précieux concours.Entr’autres, Mmes D.Samson, E.T.Paquet, P.Chouinard, Mlle Dufrene, de S.Thomas, etc., MM.H.A.Bédard, P.Laurent, Mercier, Lamontagne, etc.Les officiers de l’Union Musicale pour 1921-22 sont MM.P.-E.Larocque, président, Alphonse Chassé, vice-président, Arthur Denis, secrétaire, Alphonse Robitaille, trésorier, Henri Dugal, maître de chapelle, P.Bernier, P.Leclerc, J.Gosselin H.Langlois, directeurs.M Arthur Bernier, l’organiste actuel de S.Jean-Baptiste, a débuté comme organiste à l’église Saint-Sauveur, puis a occupé l’orgue de l’église Jacques-Cartier et enfin est, monté h l’orgue de l’église S.Jean-Baptiste en 1917 en remplacement de Geo.Hébert.M.Arthur Bernier est un organiste de grand talent, d’une virtuosité remarquable, qui a fait de fortes études.Il a aujourd’hui sous les doigts un orgue qui lui permettra de déployer toutes ses ressources, car l’église S.Jean-Baptiste vient d’être dotée de nouvelles orgues que l’on compte parmi les plus considérables qui existent au pays et dont l’inauguration ooincidaien t avec la célébration de la Sainte-Cécile, le 27 novembre 1921.Les facteurs des nouvelles orgues sont les MM.Casavant de S-Hya cinthe.Elles comportent 107 jeux distribués sur quatre claviers et un pédalier.On compte 18 jeux au grand orgue, 17 au récit, 13 au positif, 12 au solo, 15 à la pédale et 32 aux accouplements.L'instrument est pourvu d'une série de combinaisons ajustables, représentées par nombre de boutons, d’accouplements de combinaisons, de boutons à double action, de pédales à bascule. LA MUSIQUE 159 Le pédalier est radiant et l’orgue est mû par l’électricité.Le buffet occupe la largeur de la tour et est imité en acajou.L’inauguration de ces grandes orgues donna lieu à un grand déploiement musical, dont M.Arthur Bernier, son fils Conrad et l’Union Musicale firent les frais.Comme pièce d’ouverture, Tu es Petrus de Th.Dubois fit ressortir les brillantes qualités de 1 instrument.Au cours d’un programme de plus de deux heures de durée M.Arthur Bernier eut l’occasion de mettre en plein relief sa haute maîtrise de l’orgue, dans une pièce de grande difficulté, une fugue de Liszt sur les lettres du nom de Bach.A son tour son fils Conrad prouva qu’il avait hérité du talent du père dans l’exécution du Prélude et Fugue en ré de Bach.L’Union Musicale interpréta avec beaucoup d’effet une cantate de F.de la Tombelle et un extrait d’une oeuvre canadienne inédite.Jeun le Précurseur, de feu Guillaume Couture.Au salut M.A.Bernier fit chanter un 0 Stdutaris de sa composition pour quatre voix mixtes.M.Roméo Faguy chanta avec grand effet un Ave Maria de la Tombelle.Puis le choeur et la maîtrise donnèrent un Tantum Ergo h huit voix.Les voix d’enfants, d’un fort joli timbre, y firent merveille.Je termine ici l'esquisse historique du labeur de la doyenne des sociétés chorales sinon du pays, du moins de la province de Québec, labeur gratuit de chacun de ses membres, consacré au temple et à la scène.L’Union Musicale est dans le deuxième lustre de la seconde moitié de son futur siècle.Cette société est devenue, pour ainsi dire, une institution nationale, car depuis sa fondation, du point central qu’elle occupe, elle eut un rayonnement étendu d’activité dans la province.Si, comme toute oeuvre humaine, elle a eu des difficultés, elle n a pas eu à combattre d’esprit hostile.Bien au contraire, on s’est plu à lui rendre hommage, et l’un de nos poètes, le regretté Pamphile Lemay, le lui disait dans un poème qu’il lui dédiait, le 24 juin 1887, à l’occasion de la célébration de la S.Jean-Baptiste ainsi que dans un autre poème qu il lui décerna lors du 25e anniversaire de sa fondation.Comme des pièces d’artillerie qui lors de la dernière guerre, lançaient bombes et boulets à des distances incroyables, l’esprit des fondateurs de l’Union Musicale, et surtout du principal d’entre eux, feu Ephrem Dugal, a dû avoir une singulière force de projection, pour que cette société de chanteurs volontaires existe plus forte et plus vaillante que jamais.Cet esprit, fait de désintéressement, de sacrifices et de dévouement, anime toujours 1 b nion Musicale en la vivifiant merveilleusement.Pareil esprit, n’hésitant pas devant le travail et le sacrifice, est la condition essentielle de la durée d’une oeuvre, et nombreuses et lointaines sont les vibrations qu’il engendre.En restant fidèle à ses vieilles traditions, il n’y a pas déraisons pour que l’Union Musicale ne complète pas un siècle d’existence et n’en inaugure pas magistralement un autre.C’est le souhait que je lui adresse au nom de toute la population canadienne.(à suivre) N.LeVASSEUR. 160 LA MUSIQUE m BUE \m\ JT f T TCTOl” TT71 T NU kfc w liai nmnai Lettre à un Maître Vous m’avez quelquefois reproché mon zèle exagéré pour le plain-chant; mais vous savez que je n'ai pas un amour moins ardent pour toutes les œuvres des maîtres, depuis Palestrina jusqu’à Gounod.(1) Vous n’ignorez pas que je suis un enthousiaste du motet et de l'oratorio; vous m’avez vu, le jour où l’on a chanté ia Passion de Bach, vous m’avez vu tout en larmes et vous avez été forcé de calmer une effervescence qui vous paraissait excessive et se trahissait par de véritables transports.Je n’ai donc jamais eu l’idée saugrenue et barbare de bannir de nos églises des œuvres si profondément chrétiennes.Je n’ai pas dit à Haendel et à Bach : "Restez dehors” et si quelqu’un le disait devant moi, je l’estimerais coupable ou sot.La musique chrétienne, la musique extraliturgique (2) est une des gloires de l’Eglise de Dieu.C’est elle, mon ami, c’est elle qui a dicté ces fugues de Palestrina, ces psaumes de Marcello, et les œuvres même de ces Bach et de ces Haendel qui se croyaient protestants, mais qui avaient des traditions et un génie véritablement catholiques.Les plus belles, les plus nobles œuvres musi-calesquiont retenti ici-bas, sont sorties de l’âme et des lèvres de l’Eglise, et il n’est pas de répertoire comparable à celui de la musique chréi ienne durant les quatre derniers siècles.Dédaigner de telles œuvres et les laisser dans l’ombre, ce serait, encore un coup, une sottise que je ne veux pas commettre.(3) (1) — Ne pas oublier la date de ces écrits : 1879, c’est-à-dire la fin d’une période de vingt années de recherches et de discussions sur le chant grégorien, sa nature et son exécution, ainsi que sur le véritable caractère d; la vraie mus que 1 turgique.(2) — L’auteur entend ici la musique qui n’est p 'S composée en vue des offices de l'Eglise, mai; plutôt pour des concerts spirituels, ou pour des cérémonies autre que la me s ¦ et 1 s vêpres.(3) — Ces observations doive t être lues avec le correctif que l’aut ur y met parle mot "extraliturgique,” c’est-à-dire en dehors descérémonies de la liturgie Pie X a tout mis au po:nt en 19(14.de Chapelle (Suite) Et je formule à cet égard toutes mes conclusions en ces quelques lignes : “Si le chant unanime convient à toutes les paroisses d’un diocèse et surtout aux paroisses rurales, il est nécessaire que les grandes traditions de la musique sacrée soient activement perpétuées dans les grandes villes, mais surtout dans la maîtresse église : dans l’église cathédrale.” Voilà qui est clair.* * * Entre le palais épiscopal et la cathédrale il y a souvent une maison de belle apparence et qui s’appelle d’un nom charmant : “la Psallette”.De grandes cours où l’herbe pousse un peu trop librement, un cloître presque monastique, des escaliers immenses, de longs corridors sombres On y serait volontiers disposé à la mélancolie (ce qui est mauvais) ou au recueilhment (ce qui vaut mieux), si l’on entendait tout à coup un chœur de vingt ou trente voix d’enfants partir en l’air comme un feu d’artific; joyeux.Vous entrez dans la grand; salle qui est ornée de portraits de vieux maîtres, et vous y voyez des enfants, m:nes fraîches et regards éveillés, qui sont groupés autour du maître de chapelle et répètent un Kyrie ou un Sa.nctus fugué.Après quoi, il y aura leçon de latin et leçon d’histoire : car on orne de science l'intelligence de ces enfants qu’on ne condamne pas à la seule musique.Il en est parmi eux qui seront prêtres de Jésus-C! rist, et d’autres pour qui le bâton de maître d> cfa-pelle sera le bâton de maréchal En att ndant, ils sont heureux et vivent sdencieusement dans le commerce des grands musiciens de tous les temps.Telles sont les “psallettes” que j’ai vues ; telle sera la vôtre.Tous les dimanches, vous aurez, à neuf heures, une messe qui sera chantée par tout le peuple chrétien, et une autre messe, à onze heures, qui sera chantée par votre seule maîtrise.Durant le Salut, ces deux chœurs, l’artistique et le populaire, alterneront leur c' ants qui plairont également à l’oreille de Dieu, et le jour de Noël, après que tout !e peuple aura chanté l'A.(leste, la psallette chantera le chœur admirable de Haendel ; ‘Ah! parmi nous l’Enfant est né.” LA MUSIQUE ICI Jusqu’ici tout va bien; mais, pour l’amour de Dieu, soyez sévère dans la composition de votre répertoire et .n’accueillez que de la musique véritablement sacrée.Chassez, d’une main indignée et vigoureuse, les compositeurs d’opéras qui ont bien l’audace de se présenter parfois à l’entrée de nos sanctuaires et font volontiers écrire des paroles pieuses sur leurs airs les plus sensuels et les plus dévergondés.J’ai entendu, l’autre dimanche, un chœur du Comte Ory (4) à l’Offertoire, et j’ai dû savoir quelque gré au maître de chapelle qui ne l’avait pas fait chanter au moment de l’Elévation.J’ai horreur de toutes ces paroles nouvelles que l’on adapte, un beau jour, à telle ou telle phrase mélodique pour laquelle elles n’ont pas été faites (5).J'estime qu’il doit y avoir, et il y a réellement, je ne sais quel rapport intime et nécessaire entre une mélodie et les paroles dont on l’a tout d’abord accompagnée.Il arrive souvent qu’en entendant à l’église tel ou tel morceau emprunté au dernier opéra, ma mémoire s’éveille et que mon imagination est transportée au théâtre.Je sais bien ce que vous m’allez répondre, et beaucoup de nos cantiques ont été empruntés à des chants d’amour ou à des bergeries: je le regrette pour nos cantiques, mais ils ne sont pas pour me faire changer d’opinion, et je persiste à croire qu’un chant d’église doit être exclusivement composé pour l’église.Jésus-Christ, ce me semble, vaut bien la peine que l’on travaille pour lui seul et sans mélange, et l’Eglise n’est pas faite pour ramasser les petites miettes musicales que les gens de théâtre daignent laisser tomber de leur table.(6) Soyons plus fiers, vive Dieu! et passons-nous de ces musiciens qui veulent servir deux maîtres à la fois! sorte d’horreur fébrile ; "Les répétitions dans 1 église et le chant des femmes.” Il est absolument inconvenant de transformer nos temples en salles de concert, pour y répéter la messe du lendemain, le Stabat du Vendredi saint ou l’Ofille du jour de Pâques.J’ai assisté parfois à ces spectacles qui avaient toujours quelque chose d’attristant.On enten dait à l’orgue ces roulades d’essai que font les chanteurs pour se mettre en voix, et les voix aiguës des femmes qui serpentaient au travers-Quelques auditeurs privilégiés se prélassaient dans la nef.On parlait politique à gauche, opéra à droite.C’était brouhaha inexprimable et révoltant.Quant au chant des femmes, je le pourrais encore tolérer dans un chœur; mais il n’en saurait être de même pour la dame, pour la belle dame, qui vient, durant le mois de Marie, nous roucouler "une mélodie suave” après laquelle on entend, dans l’église, les connaisseurs murmurer à demi-voix : “Très bien, très bien!” Non, non, je ne saurais accepter cette charmante personne dont je me plais, d’ailleurs, à reconnaître la bonne volonté et à saluer le beau talent.Mais ce n’est pas liturgique, et ce n’est pas chrétien.(7) Je sais bien qu’en ces derniers temps on a chanté la messe des morts à l’Opéra-Comique et transformé le théâtre en église ; mais ce n’est pas une raison pour prendre notre revanche et faire de nos églises autant de théâtres.Nous sommes assez riches pour nous passer de toutes ces pauvretés.Je ne saurais trop le répéter: Soyons plus fiers.* * * J’ai encore d’autres suppliques à vous adresser, et vous m’aimez peut-être assez pour me la sser encore la parole.Donc, il s’agit, en mon esprit, de deux scandales que je voudrais vous voir éviter avec une (4) Opéra de Rossini, déjà bien oublié.(5) Il n’y a pas si longtemps que cette pratique abusive a c:ssé en ce pays, si tant est qu elle soit abolie, (G) Bravo! Voilà le langage du bon sens le plus élémentaire; il fait noblement écho n celui c'e la foi.Et pourtant combien longtemps méconnu ! Les opéras de Gounod, Wagner, Mass?net, etc.ont fourni de ces regrettables transformations.J'ai prononcé tout à l’heure le mot ‘‘cantiques’ et il ne m’en coûte pas d’avouer qu’il en est de médiocres, de plats, et même de tout à fait ridicules.Cette campagne que j’ai faite jadis contre “certaines images”, je la pourrais aisément recommencer, je la recommencerai contre “certains cantiques”.Il serait temps d’y songer, et de composer de nouveaux Recueils où l’on utiliserait surtout les belles traductions que Corneille et Racine ont données de toutes les hymnes du Bréviaire romain.A vrai dire, le type de nos cantiques français, ce sont les hymnes de saint Ambroise et de saint Grégoire : on ne fera jamais rien de plus profond, ni de plus simple, ni de plus beau .(7) C’est l’appréciation que méritent ces exhibitions aux “grandes funérailles”, et aux messes de mariages fashionables. 162 LA MUSIQUE Bien des essais ont été déjà tentés pour la rénovation de nos cantiques, et plusieurs ont réussi.Je lisais ces jours-ci que l’Union des Œuvres ouvrières venait d’ouvrir un concours pour la meilleure tragédie, la meilleure comédie et la meilleure chanson.Sans être téméraire, il est permis de croire que l’on pourrait ouvrir aussi de ces concours et de créer de ces prix “pour le meilleur cantique”.Nous en avons besoin.Puis après avoir écarté certaines objections l'auteur conclut par ces belles paroles : Il en est ainsi de cet étonnement que vous m’avez témoigné le jour de votre départ, alors que je me promettais devant vous d’attaquer un jour certains abus dont mon âme est véritablement attristée : «Mais, disiez-vous, vous allez donner des armes aux ennemis de l’église !» Eh ! mon ami, qui dira la vérité / si nous nous taisons ?Qui la dira comme il la faut dire, en exposant la doctrine et sans attaquer les personnes?Qui la dira, avec une simplicité absolue et une absolue miséricorde ?Ayons l’âme plus large, et respirons un peu dans les hauteurs.Léon Gautier Glanes Musicales MOZART Dès l’âge de trois ans, Mozart exprimait sur le clavecin, par de simples mais justes harmonies, ses rêves confus.Durant l’automne de 1762, le comte Palfy, grand chancelier de Bohême, se rendit à Schœnbrun pour la saison des chasses.Le chancelier était considéré, à la cour de Marie-Thérèse, comme une manière d’oracle en matière de peinture et de musique.Elève de l’illustre musicien Fucho, il jouait agiéa-blement du clavecin.Aussi ne tarda-t-on pas cette année-là, comme les précédentes, à lui demander de jouer quelque ariette de Wa-gensiel, le compositeur alors en vogue.Mais cette fois, le gentilhomme tchèque se récusa.— Je ne me mettrai plus jamais au clavecin! dit-il.Et comme l’on se récriait : ENFANT » — J'aurais honte, à mon âge, de me sentir mille fois moins bien jouer qu’un bambin de six ans.Et il conta qu'en passant à Linz, il avait rencontré le couple de virtuoses le plus étrange qu’on eût jamais entendu.C’était une fillette de douze ans, et son frère, lequel pouvait bien avoir sept ans au plus.Tous deux jouait du clavecin : la petite fille avec une virtuosité précise, d’une surprenante maturité, et dont la technique semblait être le fruit de toute une vie d’étude.Mais on l’oubliait bien vite lorsque son frère le petit Wolfgang, se penchait à son tour sur le tabouret et posait ses petites mains sur le clavier, qui le parcouraient frêles et rapides comme des araignées.C’était, à l’écouter, le ravissement de l’inattendu. LA MUSIQUE 163 L’ART DU CHANT (Extraits d'une étude publiée par M.Albert Valmond dans le "Courrier Musical" de Paris) Au nombre des problèmes de l’art oubliés pendant la guerre et que l’ère nouvelle de paix et de tra.ail propos: à notre activité, se trouve la « question de l’art du chant » ou « question de la voix ».Quoique de nombreux professeurs et médecins lui aient consacré jadis d’importants ouvrages et qu’elle ait été le sujet d’ardentes polémiques, cette question est loin d’être résolue.C’est, par conséquent, un devoir'pour tous ceux qui s’y intéressent de travailler dans le but de lui apporter un peu de lumière jusqu’au jour où les efforts réunis des chanteurs et des physiologistes auront réussi à faire reposer l’art du chant sur des bases solides, reconnues exactes et admises par tous.L’on entend dire de tous côtés qu’il n’existe plus aujourd’hui de c’-anLurs comparabl-s à ceux d’autrefois, qui unissaient à des voix exceptionnelles une virtuosité transcendante.C’est un fait, qu’à part de rare exceptions, les derniers représentants de ce merveilleux art vocal ont disparu, et que l’art du chant est tombé dans une regrettable décadence.Bien entendu, nous ne voulons pas dire par cela que l’on ne rencontre plus aucun maître ou artiste digne de ce nom.Nous connaissons d’excellents professeurs qui ont formé des élèves remarquables et nous pourrions citer maints grands art stesqui méritent toute notre admiration, mais ceux-ci, en général, brillent plus par un sens artistique affiné et une interprétation intelligente des oeuvres que par l’exécuticn vocale et nous n’exaeé-r on s pas en disant que les virtuoses du chant sont devenus une rareté.Depuis quelques années, des chanteurs soucieux de leur art et des médecins spécialistes de la gorge se sont inquiétés de cet état de choies et enont recherché lis causes.Ils découvrirent que la plupart des méthodes de chant reposent sur de graves erreurs de physiologie, luttèrent dans le but de détruire les fausses théories et tentèrent de mettre l’art du chant d’accord avec les données actuelles ce la science.Ils ne furent pas toujours encouragés et ont recontré de vives oppositions dans le monde des professionnels.Cependant, les campagnes qu’ils ont entreprises ont étran’é la confiance qui régnait en des tradition-, erronées et nous ne devons pas désespérer de voir renaître un jour une ère de prospé-iité pour l’art du chant, actuellement si négligé Professeurs et médecins, jusqu’à ce jour, ont presque toujours été en contradiction ; les uns préconisent des systèmes reposant sur le seul empirisme et nient toute utilité pour le chanteur de s’embarrasser de science ; les autres, au contraire, réclament comme indispensable à une bonne éducation vocale l’étude de l’anatomie et de la physiologie.Aussi est-il temps que de jeunes chanteurs, qui n’ont pas les mêmes raisons que des professeurs enseignant depuis de nombreuses années, pour s’insurger contre les idées révolutionnaires, acceptent enfin la vérité scientifique, sans craindre qu’elle aille à l’encontre de la réussite artistique.Il n’y a pas incompatibilité entre l’art du chant et les lois de la physiologie, au contraire.L’étudiant chanteur qui s’appliquera à travailler sa technique en se basant sur ces lois, verra sa voix se développer de toutes manières, et s’il possède en outre une bonne instruction musicale et cultive sa sensibilité, il deviendra un artiste à coup sûr et aura sur ses collègues la supériorité de savoir ce qu’il fait et comment il le fait.Cela lui évitera bien des accidents et la triste nécessité d’avoir re cours, pour rééduquer sa voix abîmée, à ces rebouteux qui font plus de mal que de bien! enseignant l’art du chant, parce qu’ils l’ont ignoré charlatans aux méthodes excentriques qui ont fait trop de victimes.Est-ce à dire que nous condamnons l’empirisme.le considérant comme un mauvais moyen d’enseignement.Non.Les grands maîtres d’autrefois n’étaient que des empiriques et ils ont formé des chanteurs admirables.Mais la science a fait depuis de grands progrès et nous ne devons pas rejeter aujourd’hui son aide éclairée.Il nous semble raisonnable de ne conserver de l’empirisme, que ce qui fut son origine : la méthode expérimentalequi se sert de l’expérience, mais en la dirigeant tandis que l’empirisme s’y asservit.Mais n’anticipons pas., * * * Une des causes importantes du manque de belles voix qui se fait sentir depuis un quart de siècle, réside dans le fait que les études ne sont plus faites logiquement comme dans le passé.Le désir de se faire rapidement une situation empêche les élèves qui se destinent au théâtre ou au concert d’étudier jusqu’à ce qu’ils soient en 164 LA.MUSIQUE possession c’une solide technique.On voit fréquemment des chanteurs débuter après deux ou trois ans de travail.Ils ont appris les principaux rôles de leur répertoire ou savent chanter quelques airs et s’imaginent pour cela être des artiste.Les malheureux ! Ils ne tarderont pas à s’apercevoir de leur erreur.Le succès, s'ils possèdent un bel organe, leur sourira peut-être pendant quelque temps, mais la fatigue ne tardera pas à se faire sentir, avec son cortège de troubles amenant peu à peu la perte de la voix.Combien de carrières qui s’annonçaient brillantes ont été entravées pour cette raison.* * * D'autre part les élèves professent souvent une trop grsnde négligence à l’égard du classement des voix.Nous avonsentendu beaucoup d’élèves et même d’artistes chanter tour à tour des morceaux écrits pour soprano, mezzo, contralto, ténor, baryton ou basse.Il est évident que le larynx le mieux constitué ne résistera pas à ce traitement.On le voit, il y a fort à faire pour tirer l’art du chant de la médiocrité où il croupit.Tout d’abord détruire une bonne fois dans l’esprit du publicles erreurs que le tempset la routine y ont accumulés, et puisque de nos jours l’homme veut absolument savoir le pourquoi des choses et tout analyser, créer des méthodes nouvelles ou plutôt une méthode nouvelle, donnant du mécanisme de la voix des explications claires et nettes basées sur des données scientifiques.Il n’est plus temps de revenir à l’enseignement de nos grands-pères, qui avaient certes raison de ne pas chercher midi à quatorze heures.La marche du progrès dont les bienfaits ne sont pas niables par ailleurs, n’a pas fait mentir en ce qui concerne le chant, le proverbe qui dit : «Le mieux en parfois l’ennemi du bien.» Des fautes ont été commises ; il faut les corriger et, pour corriger, il faut expliquer.Ne rejetons donc pas le secours de la science.Acceptons, au contraire, son aide qui nous perm ttra de comprendre le fonctionnement de la «voix» et d’établir une méthode rationnelle de «l’art du chant» Passons maintenant à quelques expl cations techniques.La plupart des accidents du travail vocal proviennent d’une mauvaise pose de voix.Mais d'abord, qu’est-ce que la po.-ede la voix.Selon Bonnier, poser sa voix, c’est rechercher l’attitude vocale qui permet de réaliser te maximum d’effet avec le minimum d'effort.Maximum d'effet ;i ,n fie que chaque son du clavier vocal donnera le plus de sonorité, c’est-à-dire de résonance et de souplesse, et minimun d’effort qu’il sera produit par un fonctionnement normal et physiologique des organes et des muscles qui concourent à son élaboration.Sitôt que la note ou plutôt le son est obtenu par une mauvaise position d’un muscle ou le fonctionnement anormal d’un organe quelconque, sa répétition fréquente entraine des accidents qui peuvent occasionner la perte de la voix.Les muscles et organes producteurs du son vocal n’étant pas visibles, on conçoit la difficulté qu’il y a à éduquer physiolog’quement une voix et surtout à donner de son fonctionnement des explications justes et, par conséquent, combien il est absurde de prétendre qu’un chanteur n’a que faire de l’anatomie, de la pliys ologie et du méd.cin.Eux seuls peuvent nous faire comprendre ce que nous faisons en chantant, par quel jeu c es muscles et des organes nous produisons le son et nous apprendre à éviter les positions dangereuses pour la voix et la santé.Mais nous touchons ici un point très délicat.Cet enseignement scientifique ne peut être utile que si celui du professeur de chant r.e va pus à l'encontre des théories enseignées par le médecin, et pour cela il faut que le professeur de chant ait lui-même les connaissances nécessaires.Or, tous les professeurs ont-ils les connaissances nécessaires ?Question importante : celle du droit d’enseigner le chant.Chacun a-t-il ce droit ?A en juger par ce que nous observons, on serait tenté de le croire.A côté de nombreux chanteurs cultivés, sincères dans l’exercice de leur art, et beaucoup d’entre eux cherchent la vérité, qui enseignent à bon droit, ne voit-on pas maints musiciens s’intituler professeurs de chant, sans avoir jamais chanté eux-mêmes, et cela uniquement parce-qu’ils ont accompag né Monsieur X.ou Madame Z.de l’Opéra ou de l’Opéra-Comique, pendant un ou deux ans, ou qu’ils ont tenté de s’assimiler par de nombreuses lectures les principes de la technique vocale.Comment de tels profess urs peuvent-ils former des artistes ?Je me le demande ; car, je l’affirme, pour bmn enseigner le chant, il faut chanter ou tout au moins avoir chanté soi-même.Si un chanteur, même excellent, dépourvu de toutes connaissances scien-fiques, ne peut se vouer à l'enseignement sun; Li s’exposer à commettre de-, erreurs graves et dan-gereus's pour la voix et la santé de ses élèves, le physiologiste le plus dintingué ne saurait en- LA MUSIQUE 165 seigner la technique vocale seulement s’il n’a pas pratiqué lui-même le chant.Il serait donc nécessaire, afin d’éviter les abus de toute nature.de fixer un programme d’études indispensables conduisant à l’obtention d’un diplôme de professeur, diplôme sans lequel nul n’aurait le droit d'enseigner.Que l’on fasse pour les musiciens comme pour les médecins, dentis- tes, avocats et autres professions! Il n’y a aucune raison pour qu’il en soit autrement.Tant que le premier venu pourra librement pratiquer l’enseignement, on n’empêchera pas un grand nombre de belles voix de se perdre annuellement, au grand d' trimtnt de l’art et souvent, de la santé.(à suivre) Albert VALMOND.Un livre précieux U y a quelques mois, notre bibliothèque nationale s’enrichissait d’un nouvel ouvrage intitulé : Dictionnaire biographique des musiciens, volume in-quarto de 302 pages avec, aux premières pages, un portrait de sainte Cécile touchant la harpe, un portrait de Pie X, et dans le texte, divisé en deux colonnes par page, des portraits de musiciens du Canada et de l’étranger.Nous avons déjà donné une idée de l’ouvrage en publiant dans notre numéro de juillet-août, la préface du volume écrite par le Rev.P.Lefebvre.Nous y joignons aujourd’hui l’appréciation que nous adresse l’un de nos collaborateurs.Il y a bien des annéss, Fétis publiait en huit volumes, un dictionnaire biographique des grands musiciens du monde entier.C’est un monument à leur mémoire.Les dames religieuses du Mont Sainte-Anne, à La-chine, viennent d’imiter pareil exemple en publiant un dictionnaire qui traite plus particulièrement des musiciens du Canada.L’ouvrage contient aussi un vocabulaire précieux de tous les termes employés en musique.L’ouvrage, pour tous ceux qui connaissent ce qu’est, règle générale, la rude et énervante carrière d’un artiste, est le plus bel hommage que l’on puisse rendre aux interprètes de l’art musical.Mais quelle grosse entreprise les révéren- des soeurs du Mont Sainte-Anne vont avoir à poursuivre.Dans une décade d’ici, que de défunts et que de nouveaux disciples de la Muse ! Tl leur faudra alors enrégistrer la disparition des uns et présenter au public les autres.Et il devra en être ainsi à différentes époques.L’ouvrage a donc un caractère qui abonde en perspectives.Le premier volume, qui s’impose comme valeur de renseignements, aux professeurs, aux étudiants, aux maisons d’éducation et aux amateurs, ne peut manquer de devenir bientôt très lare, et les bibliophiles n’ont qu’à se le dire.On peut se le procurer en maints endroits dans la province.A Québec, ceux qui veulent et qui doivent se le procurer n’ont qu à s’adresseï à la librairie Langlais, ou chez Oauvin et Courchesne, marchands de musi.que.En résumé, l’ouvrage établit notre histoire dans une des branches les plus élevées de l’activité humaine.C’est ce qui constitue sa valeur.Mes félicitations aux dames religieuses du Mont Sain te-Anne.N.LcVasscur. 166 LA MUSIQUE ÉCHOS ET NOUVELLES Les vieux théâtres de Paris L Odéon va apparaître tout transformé aux yeux de ses habitués.La rampe n’existera plus et la scène sera réunie à la salle.On connaît la mise en scène qu’affectionne M.Gémier : l’ouvrage est joué non seule, ment sur la scène mais aussi dans la salle.Ainsi le public participe, en quelque sorte, à, 1 action, et le fossé creusé entre les spectateurs et les comédiens est comblé.L éclairage a été en grande partie renouvelé de façon à, répondre aux nécessités nouvelles de la mise en scène et du décor.On sait déjà que le théâtre de la Copié-die-h rançaise a été muni d’une scène tournante perfectionnée afin de permettre les changements à vue.Un « plateau » monté sur pivot permet d équiper plusieurs décors qui se présentent successivement au public par un déplacement du plateau.Pendant qu’une scène se joue, les machinistes montent, par derrière, le décor du tableau suivant ; une seconde d’obscurité, une pirouette du plateau mouvant et le changement s’opèrent sans perte de temps.En Belgique — Bruxelles aura bientôt le palais que les artistes, peintres et sculpteurs, et les musiciens, attendent depuis si longtemps.Ce qui intéressera particulièrement les mélomanes c’est de savoir que la grande salle de concerts pourra contenir deux mille cinq cents personnes.Il y a aussi une salle plus petite, destinée aux concerts de musique de chambre et aux petics concerts.— Quelques-uns des plus brillants caril-lonneurs de la Hollande ont pris part au congres de carillons de Malines.En Angleterre — S.A.R.la princesse Mary, depuis peu vicomtesse de Lascelles, a donné récemment un concert « at h ">me > où 1 orchestre, les chanteuses et le programme étaient russe.Une revue a exprimé courtoisement le souhaitquelaprinces.se veuille bien accorder cette même et gracieuse bienveillance aux oeuvres anglaises, ainsi qu'aux artistes anglais, qui «luttent vaillamment pour que la bonne musique nationale obtienne enfin la place qu’elle mérite ».En Italie — Une récente reprise de La Tosca au «Qui-rino» a été marquée par un curieux incident dès la première représentation.A peine entrée en scène, Isotte Biancioni qui interprétait le principal rôle, prise d’une subite extinction de voix, dut interrompe sa partie.En vain le directeurl’exhorta à continuer.Le rideau fut baissé et le chef d’orchestre pasa sa baguette.Mécontent, le public commençait à murmurer lorsque le régisseur parut, demandant un quart d’heure de pa tience.Ce délai à peine écoulé, le rideau se releva sur une nouvelle Tosca et les spectateurs furent informés que la chanteuse Adèle Fabieni, venue en simple spectatrice, avait accepté de remplacer sa malheureuse camarade.D’enthousiastes applaudissements récom-pensèrentcette Floria improvisée dontlejeu passionné soutint brillamment la représentation auprès du ténor Giovanni Chiaia et des autres interprètes.Une firme américaine a récemment obtenu de Puccini,pour la somme de 120,000 dollars, le droit de «jazz» sur la partition de la Tosca.En Allemagne M.Wilhelm Kienzl, le compositeur bien connu de l’Evangelimann, vient de terminer un opéra intitulé Hans, le Rêveur.— Au programme de la saison prochaine de l’Opéra de Francfort figurent le Martyre cle Saint Sébastien de Claude Debussy, la Kho-vantchina de Moussorgsky, l'Heure espagnole de M.Maurice Ravel, le Sacre du printemps de M.Stravinsky, Barite Bleue d’Offenbach, etc.— Un nouvel ouvrage de M.Siegfried Wagner doit être îeprésenté pour la première fois à Schwerin, cet automne.— Maria Jeritza, l’étoile nouveile du Metropolitan, vient d’être élue membre honoraire du groupe autrichien de la Ligue des Nations.Les LA MUSIQUE 167 Le concert est organisé par M.Ernest Lavoie, qui y prendra part ainsi que M.¦ «considérants» de cette élection attestent «que §j son talent a fait plus d'amis à l’Autriche en 1^ Amérique que n'eussent pu lui en faire tous les diplomates, tous les délégués et tous les politiciens ».Aux Etats-Unis — Durant son passage à New York, Alfred Il Cortot donnera des cours d'interprétat.on comme cjux qu’il a donné à l’Ecole Normale de Mull sique de Paris.Il est question que Mlle Berthe ; Bert, son élève, l’assiste dans ses cours.— New-York se propose d’offrir aux arts un ï: logement princier Les plans sont à peu près I arrêtés.L’emplacement est choisi dan la septie-8 me avenue.Trois bâtiments seront édifiés : l’un, Ï au centre, sera le Théâtre d'opéra, splendide, | qu’un cou oir souterrain reliera au Carnegie s Hall ; dans un autre s’installera le Comervatoi-| re lyrique et dramatique ; et les arts plastiques I seront logés dans le troisième.Le tout coûtera environ 15 millions de dollars, — Parmi les ténors qui se disputent.au Mel tropolitan, la «succession» de Caruso, il semble | bien que Benjamino Gigli tienne la tête du pelo-! ton.— Eugène Ysaye, démissionnaire, a pour successeur, comme chef du Cincinnati Symphony Orchestra, Fritz Reiner, de Budapest, ; que sa carrière musicale a mené successivement à Dresde, Berlin, Vienne et Rome.Notes brèves — Parmi les artistes engagés à l’Auditorium de Ch cago : Tito Schipa, Giacomo Rimsni, Mmes Mary Garden, Edith Mason,Claudia Muzio, Rosa Raisa et la chanteuse slave Ind Bourskaya, qui s’est récemment distinguée dans le rôle de Carmen, au cours d’une tournée de la troupe d’opera russe.S.Polacco sera premier chef d’orchestre.La direction nouvelle jouera moins d’opéras français que la précédente.S;x opéras américains seront donnés au cours de cette saison à l’Auditorium de Chicago.L’un d’eux s.ra Shanewis de Cadman.Informations — Marcel Dupré, l’un des maîtres de l’orgue, donnera un récital en la Basilique de Québec le 10 octobre.— M.Xavier Mercier et Mme Jeynevald chanterontà Prescott (Ontario) le 16 octobre Léonce Crépault, pianiste.— Le mariage de M.Xavier Chouinard, violoniste, avec Mlle Bernadette Rouil-lard, a eu lieu en la Basilique de Québec le 19 septembre dernier.Le « Musical » C’est le mercredi 13 octobre que s’ouvrira la saison du “Ladie’s Musical Club” avec le concours de Marguerite Sylva, mezzorsoprano, de l’Opéra-Comique de Paris.C’est une cantatrice de grande envergure dont on dit beaucoup de bien.Le « Musical» — dont la soirée, d’ouverture j’an dernier fut un des plus beaux concerts de l’année, —.nous ménage encore une bonne surprise.Le calendrier des concerts est fixé comme suit pour la saison qui cmmence : 13 octobre, 8 et 22 novembre 1922 : 10 janvier, 7 et 14 février, 14 mars 1923.Les sérnces auront lieu à trq^e heures de l’après-midi, sauf le récital Marguerite Sylva qui sera donné le soir.Occasion à saisir L’importateur de musique bien connu, M.Raoul Vennat.dont une liste de publications fort intéressantes parait dans la présénte livraison, adresse sur demande à tousles professeurs, religieux et laïcs, toute musique cacrée ou profane qui p;ut les intéresser.Profiter de cette offre, au début de l’année scolaire nouvelle, c’est vouloir se mettre à la page et intéresser les élèves en rajeunissant et renouvellant un répertoire dont l’attrait de la nouveauté est une des principales valeurs.Il est impossible de lutter avec l’Américanisme qui nous envahit si nous ne prenons pas à nos voisins de la 45ème une de leur raisons de succès ' le renouvellement constant du répertoire.Si nos cinémas et nos théâtres donnaient toujours le même programme, il y a beau temps que l’on aurait délaissé The Sheik, Peggy O'Neil, et Three O'Clock.Mais les Etats-Unis nous envoient chaque mois des « Hits » nouveaux, et c’est la cause de la demande constante de cette musique.Combattons avec les mêmes armes et nous réussirons comme eux, pour le plus grand avancement de la bonne et saine musique. 168 LA MUSIQUE Variétés Les origines de Chopin L'incertitude a longtemps subsisté sur la date de naissance et les origines de Chopin.Chacun sait qu’il naquit au village de Zela-zowa Wola (palatinat de Mazovie^); mais était-ce le 1er mars 1810, ainsi qu’il le croyait et l’écrivait lui-même 1 Son extrait de naissance, retrouvé en 1893 par le curé de Brochow, fixe définitivement cette date au 22 février 1810 : “Nicholas Chopyn père, âgé de quarante ans, nous a présenté un enfant du sexe masculin, né dans sa maison le vingt-deux de février, à six heures du soir”, dit le texte polonais de cette pièce.La confusion n'est donc plus possible sur ce point.Mais elle subsiste toujours quant aux origines de Chopin.Son père, né en Lorraine à Nancy, vint à Varsovie vers 1787, et y professa la langue française, dont il se servit toujours dans sa correspondance avec son fils.La thèse française le fait descendre de la famille Chopin d’Arnou ville, dont un membre aurait gagné la Pologne en 1685, à la suite de la révocation de l’Edit de Nantes.Conjecture invraisemblable, puisque les Chopin étaient catholiques.La thèse polonaise, au contraire, affirme qu’un ancêtre de Chopin aurait quitté la Pologne à l’époque où Stanistlas Leczinski vint en Lorraine, et aurait obtenu la permission d'ouvrir un commerce de vins à Nancy, après avoir fianciser en Chopin son nom de Nicholas Szop.En dépit de la défense et de la réputation des deux thèses, l’incertitude subsiste, faute de pièces officielles Ce qui est sûr, c’est que Chopin, Polonais par sa mère, représente, dans son esprit et dans son oeuvre, l’absolu caractère de cette race.Si ses affinités françaises sont incertaines, on peut dire, du moins, que la France fut sa seconde patrie, car il y trouva des éléments qui contribuèrent à sa gloire.Les débuts de Ch.Lecocq Charles Lecocq appartenait à une famille d’employés modestes.Atteint dès son jeune âge d’une coxalgie qui le contraignit à ne marcher qu’avec des béquilles, il s’exerçait pendant ses heures de récréation à jouer de la flûte Le professeur de musique de l’institution dont il suivait les cours reniai qua ses dispositions, et décida ses parents à lui faire apprendre le piano.Lecocq travailla assidûment et put, ses études achevées, utiliser son talent pour gagner sa vie.Entre temps, il s’initiait à l’harmonie et se présenta au Conservatoire, où il fut ad mis en 1849 dans la classe de Bazin.Elève d’Halévy pour la composition, ii étudia l’orgue dans la classe de Benoît, encore que son infirmité lui rendit pénible la pratique des pédales.La nécessité où il se trouvait de soutenir la vieillessede ses parents le détourna de concourir pour le prix de Rome.Après être sorti du Conservatoire; il reprit son existence laborieuse, tenant le soir le piano dans un théâtre.L’occasion qu’il attendait impatiemment, d’écrire pour le théâtre, se présenta enfin : Offenbach eut l’idée d’instituer un concours entre les jeunes compositeurs.Le vainqueur devait recevoir une somme de cinq cents francs et une médaille.Le jury, composé d’Auber, Bazin et Gounod, décerna deux pi ix ex œc/uo à Lecocq et Bizet, élève, comme lui, d’Halévy.En outre, Offenbach décida que 1rs deux partitions—Le Docteur Miracle, livret de L.Halévy et Léon Batut — seraient jouées tous les deux jours, alternativement, au théâtie des Bouffes, qu’il dirigeait.Files parurent l’une et l’autre, en 1857, onze fois sur l’affiche, et la musique de Bizet fut jugée plus «bouffe» que celle de Lecocq.“J’avais à choisi) —a dit l’auteur du Petit Duc — entre deux voies : celle delà grande musique et celle de la musique d’opéiette.Bizet a pris la droite, et moi j’ai pris la gauche.Je ne regrette rien de ce que j’ai fait.J’avais eu la vision de ce qu’il me fallait faire et de la place qui restait a prendre apiès Offenbach, dont la réputation avait rempli le monde». OUVRAGES QUE TOUT MUSICIEN DOIT CONNAITRE Méthodes et études les plus aimées SCHMOLL, Célèbre Méthode en 5 parties, chacune .so SCHMOLL, 100 petites Etudes sous form ¦ de récréatifs en 5 séries, chacune.80 SCHMOLL, 80 Etudes moyennes, 4 series, chacune .$1.00 SCHMOLL, 100 Grandes Etudes, 3 séries, chacune .$1 50 SCHMOLL, Les Sylphides, 65 pièces grad ées, chacune.25 SCHMOLL, L’Ecrin Mélodique, Fantaisies sur des Opéras, pièces graduées, chacune de 4 à 25 STAUB, Méthode de Piano, très ra p de .80 VAN DE VELDE.Méthod’ Rose, texte Français ou texte Anglais .80 VAN DE VELDE, Nouv au livre de Sonatin s graduée-, 2 vo., cha- oue .75 VAN DE VELDE, Le Déliateur, cours gra lue d • mécanisme .$1.25 HANON, Le P aniste Virtuose, seule Edition permise au Canada, texte Français ou t-xte Anglais$1.25 LEMAIRE, Etudes Graduées, chaque série $1.00 et .85 VAN DE VELDE.Le Petit Paganini, Nouvelle Méthode ce violon en 3 volumes, c acun .$1.25 VAN DE VELDE, Nouvelles Etudes des Positions du violon .80 MAZ4S, Méthode de Violon, revue par Catherine, abrégée.$1 25 MAZAS, Méthode de Violon, revue, par Catherine, complète .$3.00 ABBIATE, Méthode de Vio'once!le$5 50 I.EE, Méthode de Violoncelle $3 50 DUPORT, Etudes pour Violr ncelle.Sl .50 D ' NHAUSER ou REUSCHEL, Abrégé de laTnéorie .35 DANHAUSER ou REUSCHEL, Tnéorie complète .$1.25 Les derniers ouvrages de littérature musicale ALEXANIA ', L’Enseignement du Violoncelle, établi m par ait ac-co d avec PABLO CASALS, en 2 langues : Français et Anglais ouvrare le plus nouveau.$6.50 BAZELAIRE, Ouelques notes sur la Thechnique du Violoncelle .$1 25 CAPET LUCIEN, La Technique supérieure de l’Archet.$5.50 CHANT AVOINE.L’oeuvre dramatique de C.S.Saens.40 COMBARIEU, Histoire de la musique (Nombreux textes musicaux) 3 volumes, chacun.$3.50 CROSTI, La voix des enfants.60 CROSTI, Précis de Prononciation (chant).60 DEMENY, Le Violoniste (Art, Mécanisme, Hygiène.).$1.25 DEBUSSY, Ouvrage Analytique par divers auteurs avec supplément musical “Le tombeau de Debussy”.$2.25 FAURE Une année d’Etudes (Exercices et vocalises).$2.25 FALKENBERG, Les pédales du piano .$3.50 GEDALGE, Enseignement de la mu ique par l’Education de l’oreille, 1er volume .$2.50 2e vol.Exercices.$2.(0 GREILSAMER, L'hygiène du violon .'.$1.25 GRATIA, L’Etude du piano.$1.25 ISNARDON, Le chant Théâtral.$3.00 LAVIGNAC, Education Musicale broché.$1.25 LAVIGNAC, Grande Encyclopédie de la musique de l’antiquité à nos jours par une réunion de professeurs du cons rvatore L’ouvrage le plus complet qui soit écrit dans le genre, en 5 volumes reliés, chacun .$9.00 LAVIGNAC, Musique et les Musiciens, broché $1.75, Relié.$2.25 LIEGEOIS, Le Violoncelle.$1.25 MELCHISSEDEC, Pour chanter, ce qu'il faut savoir.$1.00 MARMIER, Formation naturelle du Mineur instrumental et de tous Fs rrodfs et accords.$1.80 MARCEL, Guide du chanteur.60 MALESFIELD, La main du pianiste .$1.25 MATHEWS-LUSSY, Traité de l’expression musicale.$3.60 M ARMONTEL, Conseil d’un professeur.$1.00 PARENT.L’étude du p:ano.60 PELLE T 1ER, L’étude de la littérature du piano $1.00 PETIT.La fonction vocale de l’art du chant .$2.75 H.POTIRON, Enseignement du chant aux enfants des Maitrises ROUGNON, (Du Conservatoire) la musique et son histoire.$2.00 (Suite à la page suivante) RAOUL VENNAT, M2, rue St-Denis, MDNTRftL. ROUGNON, Petit Dictionnaire de de Musique (Termes Musicaux Usuels).60 SIMON xRD, La voix travaillée suivant les lois de la Physique.$2.00 SELVA Blanche, L’Enseignement Musical de la Technique du piano.$1.10 SELVA Blanche, Quelques mots sur la sonate.____$1.10 TIERSOT, Un demi-siècle de Musique Française 1870-1917.90 VAN DE VELDE, Nouvelle petite histo're de la musique.40 Les maîtres de la musique.Etudes d’histoires et d’Esthétique nouvelle collection des auteurs célèbres : Bach, Frank, Palestrina, Vittoria, Wagner, etc, chacun .90 DOM DAVID, Méthode pratique de chant grégorien.$15 ) GASTOUE, Méthode pratique de chant grégorien.75 Les dernières pièces pour piano ASHTON, Rêverie.40 CASTERA, Valse lente.55 CASTERA, Danse Allègre.55 FOURDRAIN, Sérénade Espagnole .60 FOURDRA1N, Poème Faunesque.55 FOURDRAIN.Sourires .50 FOURDRAIN, Pantomine.50 POURDRAIN, Bergerette.45 FOURDRAIN, Jeu de Quartes.55 FOURDRAIN, Fumerie d'opium.55 FRAGNY, Divertissement Polonais .50 FRAGNY, Impromptu.50 FRAGNY, Perrette et le pot au lait .50 FOURMENT Ruissellement.55 FLORENT SCHMITT, Parfum Exotique.50 FLORENT SCHMITT, Tziganiana 5 ) MATHIEU, 3 préludes réunis.50 PESSE, Telle une source murmurante .75 PESSE.Mouet1 es sur mer.75 PESSE, Parmi les fleurs enchantées .6 ) PESSE, Pas des Sylphes .50 PESSE, Sous les feuilles qui tremblent 50 PESSE, En souriant au passé.55 RABEY, Le Rouet .55 REY-ANDRU, Heures Languid s (3 pièces réurnes) .65 ROUGNON, 6ème Caprice.6 ) SEVERAC, Stances à Mme Pompadour .50 SEVERAC, Mlmi déguisée en marquise 50 SEVERAC, Où l’on entend une vieille boîte à musique.40 WEKSLER, Sérénade (Mendole-nata).50 Les dernières mélodies ESCLAVY, Parmi les roses.50 FOURDRAIN, L’Angélus, adopté par l’Académie de Québec.50 FEVRIER, Amitié.55 B \RBIROLLI, Je t’aime trop.50 HLTE, Dans le parc.50 LAZARRI, Le Cavalier d’Olmédo.50 LETOREY, Canzonetta .50 LE BORNE, Le Baiser volé.50 LAGOU GUE, Chanson de Grand- Père .50 LAGOURGUE, Chanson de Barbe- rme 50 LAGOURGUE, Le Gué .50 LAGOURGUE, La Plai te.50 LAGOURGUE, Minute sentimentale .50 DE LA PRESLE, Heureux ceux qui sont morts, adopté par l’Académie .55 PHILIPP, C’est l'heure exquise .50 PUGET, Les Semailles.55 SEVERAC, Ma Poupée chérie.50 SAINT SAENS, FapJlons .55 URGEL, Trois petits garçons.50 Abonnements aux revues musicales françaises Le Courrier Musical, bi-mensuel .$3.50 Le Monde Musical, mensuel.$2 40 Musique de Chambre, 6 modes différents .$19.00 $8 50 $4 50 Nos Chansons Françaises, mensuel.$2 50 Le Violoncelle, m nsuel .,.$1.8) En magasin Toutes les pièces demandées pour tous les Con ervatoires et Académies du Canada.Toutes les Publicatkns nom elles sur le Chant Grégor en, Cantiques, Messes et Motet d’ap ès le Motu Proprio.Edition Classique CRANZ.25, 50 et 75 cents mi illeur marché par volume que les Editions Amér cames.N us te ons quand même, pour ceux qui ne veulent pasde l’Edition Cranz.l’Editi n S hirmer CATALOGUE ENVOYE GRATIS SUR DEMANDE Remise aux Institutions Religieuses et à MM.les Professeurs de Musique RAOUL VENNAT 642 RUE ST-DENIS, MONTREAL Téléphone ; Est 3C65 COURS EX LEÇONS INSTITUT DE L'ART XAVIER MERCIER |le=3|for.-:".Jor_; jeoJIcez: :________ioiet
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