Revue du Québec industriel /, 1 janvier 1938, Été
Revue du Numéro d’été NORTHERN ELECTRIC COM PAN Y LIMITED Québec Industriel Vol.in Le Congrès Eucharistique National No 2 DU CANADA l’K rf=A v, V‘- •£>\ C'est par une impressionnante messe pontificale, au reposoir monumental des Plaines d’Abraham, que s'ouvrit le 22 juin, la série des manifestations extérieures en /’honneur du Dieu de I"Eucharistie.Cette cérémonie était la première qui avait lieu au reposoir.Le cardinal légat g assistait, ainsi que les membres de sa suite, un clergé nombreux et des dizaines de milliers de fidèles.Publiée par la Compagnie Northern Electric Limitée Québec MONTRÉAL Sherbrooke mms.' -j w* * **5K% :¦ V->'A.i ¦ * f- DV*-»C*V.a i" V*n > /.w.v-.' I :>i ' .r-V£.=’-t f'rj Photo C.P.R.Le reposoir érigé sur les Plaines d’Abraham, immédiatement en arrière de V Anse-au-Foulon, fut le centre de toutes les cérémonies en plein air au cours du Congrès eucharistique de Québec.C’est là que les fidèles, au nombre de près de 100,000, se réunirent pour assistera la messe pontificale qui eut lieu dimanche matin, le 25 juin, le dernier jour du Congrès.Avant-propos Dans ce numéro de “La Revue du Québec Industriel”, nous faisons exception au programme que nous avons suivi jusqu’ici en présentant l’histoire des villes les plus importantes de cette province et l’exposé de leur développement industriel.Nous offrons à la place une description, accompagnée de nombreuses illustrations, des cérémonies grandioses qui ont eu Québec pour théâtre lors du mémorable Congrès Eucharistique National qui s’est tenu dans la vieille cité de Champlain, du 22 au 26 juin dernier.Nous espérons que ce numéro spécial saura évoquer, chez ceux de nos lecteurs qui ont eu l’avantage d’assister à ces inoubliables manifestations eucharistiques, des souvenirs qui auront longtemps une place dans leur mémoire.Même pour les autres, cette relation d’un événe- ment unique dans l’histoire religieuse de ce pays sera, nous en avons la conviction, hautement appréciée.La Northern Electric se considère très honorée d’avoir pu contribuer, si modestement soit-il, au succès de cet extraordinaire ralliement religieux, qui a réuni dans la ville de Québec plus de 300,000 personnes.Président.Droits réservés 1928 REVUE DU QUÉBEC INDUSTRIEL 3 + Le 8 septembre 1937, Son Eminence le Cardinal Villeneuve, archevêque de Québec, publiait une lettre pastorale annonçant à ses diocésains la tenue d’un Congrès eucharistique national canadien, dans sa ville épiscopale, du 22 au 26 juin 1938.A cet appel du primat de l’Eglise canadienne répondirent avec enthousiasme l’épiscopat, le clergé et les fidèles de tout le pays.C’est dans l’harmonie et la joie que tous collaborèrent à cette grande oeuvre.Aussi les témoins des assises eucharistiques qui viennent d’avoir lieu ont-ils été émerveillés de la splendeur des cérémonies, de la piété des foules, de la munificence des décors.Pendant des mois, organisateurs, artistes, groupements de jeunesse et autres ont travaillé ensemble à la préparation de ces fêtes religieuses.Sur le vaste terre-plein des Plaines d’Abraham, on érigea un élégant reposoir de cent vingt-cinq pieds de hauteur, formé de quatre colonnes supportant une croix lumineuse; tout autour, on disposa des sièges pour plus de 100,000 pèlerins.A l’arrière du reposoir, se trouvait une grande scène à l’acoustique soigneusement étudiée, pour les orgues et les chorales.Dans les rues de la ville, on construisit des arcs de triomphe très artistiques, dédiés aux provinces ecclésiastiques du Canada.Et dans tout Québec, les maisons les plus riches comme les plus humbles furent décorées aux trois couleurs du Congrès: blanc, rouge et jaune.Mais il fallait prévoir le logement et l’alimentation de milliers de visiteurs.Toutes les maisons ensei- Photo C.P.R.î$(ÊÊÈÊ& 'W&M - s/1 -•.V&WSBSk-Ni V Le Congrès Eucharistique National r\ i« gnantes ouvrirent largement leurs portes aux centaines de prêtres et de religieux, aux nombreuses sociétés et ligues qui accoureraient de toutes les provinces canadiennes.Dans les parcs et aux abords de la ville, de véritables villages de tentes surgirent; rien ne manquait pour le confort des jeunes.Et tout se passa comme on l’avait prévu! Québec, la ville canadienne-française par excellence, prouva que ses qualités d’hospitalité restaient toujours bien vivantes! Québec, berceau de la foi au Canada — Eglise-mère d’où se détachèrent successivement une cinquantaine de diocèses — s’était donc préparée avec soin à recevoir les catholiques de tout le Canada qui étaient venus retrouver la terre où le sacrifice de la messe fut offert pour la première fois en Amérique! Quels plus beaux souvenirs pouvaient illuminer ces réunions eucharistiques! Tout en évitant la sécheresse du simple compte rendu, essayons de raconter en quelques lignes ces impressionnantes cérémonies qui, toutes, se sont déroulées dans un ordre impeccable.Le Souverain Pontife a voulu y présider en la personne d’un légat et il désigna pour remplir cette grande fonction Son Eminence le Cardinal Villeneuve, archevêque de Québec.Et afin de s’unir plus spécialement à ces fêtes, le Saint Père a donné, comme nous le verrons plus loin, la bénédiction apostolique par radio au cours de la cérémonie de clôture.Son Eminence le cardinal Villeneuve, adressant la parole à la foule immense, après la messe pontificale, le dernier jour du Congrès.3164 4 NUMÉRO D’ÉTÉ Deux cérémonies mémorables, l’une religieuse et l'autre civile, ont marqué, le 22 juin, l’ouverture du Congrès eucharistique national canadien.A 4 heures, eut lieu à la Basilique de Québec la réception liturgique du légat papal.Dix archevêques, quarante-quatre évêques, de nombreux prélats, des prêtres et des notables se rendirent processionnellement à l’archevêché, en passant par les rues Desjardins, Sainte-Anne et Du Fort; ils avaient à leur tête Son Excellence Mgr Orner Plante, auxiliaire de Québec et président du CoDgrès, et Son Excellence Mgr James McGuigan, archevêque de Toronto et président de la section anglaise.Après avoir salué au Palais cardinalice le légat papal et sa suite venue spécialement de Rome, le cortège refit en sens inverse le parcours jusqu’à la Basilique.Arrivé à la porte de l’église-cathédrale, Son Eminence, après s’être agenouillé, vénéra le crucifix puis bénit la foule.Ce n’est que rendu à l’autel principal qu’il donna la bénédiction papale.Un des membres de sa suite lut alors, en latin, en français et en anglais, le bref nommant officiellement Son Eminence le Cardinal Villeneuve représentant de Sa Sainteté au Congrès.Le cardinal légat répondit ensuite dans les deux langues aux hommages qui lui avaient été présentés.A l’issue de la cérémonie, le légat prit place dans une auto spécialement construite pour lui et retourna en grande pompe au Palais cardinalice.A 8 h.du soir, une brillante séance d’ouverture réunissait dans la salle des exercices militaires tous les hauts dignitaires ecclésiastiques et les représentants du pouvoir civil.Cette soirée était sous les présidences de Mgr Orner Plante, évêque de Dobéro et auxiliaire de Québec.Après l’exécution de la Deuxième marche pontificale, de Gustave Gagnon, par la Société Symphonique de Québec, le président prononça une allocution de bienvenue.Puis Son Honneur Lucien Borne, maire de Québec, l’honorable Maurice Duplessis, premier ministre de la Province, l’honorable Ernest Lapointe, représentant du premier ministre du Canada, offrirent tour à tour les hommages des différents gouvernements au légat papal.Son Eminence y répondit en faisant ressortir les bonnes relations qui existent, au Canada, entre l’Eglise et l’Etat.Cette belle cérémonie se termina par l’exécution de l’oratorio “Christus R ex”, texte français de Charles Martens et musique de Joseph Ryelandt.Tous ceux qui ont entendu cette œuvre grandiose ont été touchés par la noblesse, la dignité, la perfection de la musique religieuse.Nous devons féliciter vivement les artistes qui en ont assuré le succès, car cet oratorio exige une solide maîtrise du sens musical.Faute d’espace, nous ne parlerons ici que des principales manifestations du Congrès.Pour être complet, il faudrait mentionner les communions générales, les messes solennelles, les séances d’études, les cérémonies spéciales, les heures saintes, les conférences et autres articles du programme qui groupèrent des milliers de personnes à la fois en différents endroits de la ville.On a là la preuve que c’est bien la piété, et non la simple curiosité, qui a amené au Congrès ces milliers et milliers de fidèles.C’est jeudi que Son Eminence le cardinal légat inaugura la partie religieuse du Congrès.A 10 h., au repo-soir des Champs de Bataille, fut célébrée par le légat une messe pontificale.L’immense foule, silencieuse et recueillie, fut fortement impressionnée par la majesté du cérémonial et par les allocutions des deux orateurs.S.Ex.Mgr Georges Gauthier, évêque coadjuteur de Montréal, parla en français, et S.Ex.Mgr James McGuigan, archevêque de Toronto, J».AJ* ï ^ ili.pSUü ».> 0i t rr &LM 7» ¦ La foule se pressant devant la basilique de Québec au moment du départ de la grande procession qui marqua la fin du Congrès, le dimanche après-midi, 26 juin.Les photos de cette page sont dues à la gracieuseté du C.P.R.De nombreux membres de l’épiscopat canadien et des milliers de prêtres de toutes les parties du Canada s’étaient rendus à Québec, pour assister aux cérémonies du Congrès.A la messe pontificale, ce clergé occupait des places d’honneur, immédiatement autour du reposoir.i r.r t REVUE DU QUÉBEC INDUSTRIEL adressa la parole en anglais.Des haut-parleurs habilement disposés permirent à tous d’entendre distinctement toutes les paroles du célébrant et des orateurs.Aussi, on avait l’impression que toute la foule participait au saint sacrifice de la messe.Mais il faut insister sur la grande démonstration nocturne au Parc des Champs de Bataille.Par une nuit d’une incomparable beauté, une foule estimée à cent mille congressistes Son Eminence le cardinal Villeneuve, légat du Pape au Congrès eucharistique national de Québec, est ici photographié au moment où il sort du Château Frontenac, escorté de deux membres de sa suite: le comte Rocca di Corneliano, garde-noble pontifical (à gauche) et de Mgr Marco Martini (à droite).Les autorités du Château Frontenac avaient gracieusement mis à la disposition du légat, pour la durée du Congrès, une suite de somptueux appartements.envahit de bonne heure l’estrade; des confesseurs dispersés dans la foule entendaient les confessions pendant que le R.P.Leblanc faisait réciter le chapelet à la multitude.Un peu avant onze heures, les cloches et les orgues éclatèrent joyeusement alors qu’arrivaient par l’allée centrale des archevêques et évêques accompagnés de leurs gentilhommes, des personnalités laïques et des chefs de communautés.Presque aussitôt, Son Eminence le cardinal légat et les membres de sa suite gravirent les degrés du reposoir aux acclamations de la foule: “Vive le légat papal!” Après l’exposition du Saint Sacrement, la puissante chorale entonna des cantiques auxquels la foule répondit avec un ensemble admirable.d’Ottawa, monta au grand autel pour la célébration de la messe: les lumières électriques s’éteignirent et des milliers de flambeaux s'allumèrent; le reposoir semblait flotter sur une mer d’étoiles; l’on n’entendait plus que les paroles de l’officiant et les réponses de la chorale qui montaient dans la nuit! Pendant la messe, cent cinquante prêtres distribuèrent la communion aux assistants, et cela sans aucun désordre, dans un recueillement parfait.Le vendredi fut aussi une journée bien remplie.D’abord le matin, à 7 h.30, messe et communion générale pour les enfants dans toutes les églises de la ville.Dans l’après-midi, à 2 h.30, une touchante cérémonie groupa tous les enfants au Parc des Champs de Bataille.Québec s’était parée d’une façon extraordinaire pour les fêtes eucharistiques.Les maisons étaient pavoisées de drapeaux, banderolles et oriflammes et, le soir, elles étaient brillamment éclairées par des milliers d’ampoules électriques multicolores.Dans les rues, des arcs nombreux, offerts par les différents diocèses du Canada, avaient été érigés sur le parcours de la grande procession.Mais la principale manifestation de vendredi fut la messe dialoguée.Les jeunes, qui étaient alors à l’honneur, bravèrent le vent et la pluie pour entendre jusqu’au bout cette admirable messe dialoguée célébrée par Mgr Umberto Mozzoni, chargé d’affaires de la Délégation apostolique d’Ottawa; la foule participa à l’office en dialoguant avec un chœur le commun de la messe, tandis qu’un lecteur lisait le propre de la messe “Cibavit”.La direction des chœurs et de la foule ainsi que le rôle du lecteur avaient été confiés à M.Maurice Montgrain; Son Eminence le cardinal légat prononça une allocution sur la grandeur et les beautés de la messe.Et Mgr Mozzoni, avec une éloquence convaincante, fit un vibrant appel à la jeunesse.Le programme indiquait pour samedi plusieurs manifestations du plus grand intérêt.Malheureusement, l’inclémence de la température a forcé de modifier l’ordre des cérémonies.Dans l’après-midi, S.Ex.Mgr Papineau, évêque de Joliette, et S.Ex.Mgr McGuigan, archevêque de Toronto, devaient prononcer, pour les dames et les demoiselles, un sermon sur “Marie, modèle de vie eucharistique” Mais les congressistes purent entendre, grâce à la S.Ex.Mgr Philippe Desranleau, évêque auxiliaire de Sherbrooke, parla en français de “l’Eucharistie et l’Action catholique”; Mgr J.D.Curry, délégué de l’évêque d’Halifax, traita le même sujet en anglais.A minuit exactement, pendant le sermon de Mgr Curry, les messes commencèrent aux dix autels latéraux.Mais le spectacle devint véritablement féerique lorsque S.Ex.Mgr Joseph-Guillaume Forbes, archevêque G NUMÉRO D’ÉTÉ radio, ces allocutions et les cantiques chantés par un chœur composé de plusieurs chorales.M.l’abbé Achille Demers dirigea cet ensemble avec une autorité digne des plus grands éloges.On dut aussi remettre la représentation du “Mystère de la Messe’’, d’Henri Ghéon, qui devait être donnée ce soir-là au Parc des Champs de Bataille.Il était sept heures quand on apprit que cette séance ne pouvait avoir lieu.Aussitôt, les membres du clergé préposés à la direction des jeunes organisèrent spontanément une manifestation d’hommages au cardinal légat.Plus de douze mille jeunes gens accoururent à la salle des exercices militaires et montrèrent une telle vénération pour le primat de l’Eglise canadienne que celui-ci ne put retenir ses larmes.On lui présenta un superbe drapeau blanc portant cette inscription: “Le Pape est notre chef.A.C.J.C.” Les divers groupements entonnèrent leurs chants particuliers et la manécanterie exécuta un chant italien.Ces deux heures vibrantes se terminèrent par des ovations au Pape et à son représentant, le cardinal légat.Le dimanche, 26 juin, jour de clôture du Congrès, restera inoubliable tant par le faste des cérémonies que par les foules immenses qui y ont assisté.On a calculé que ce jour-là la population de la ville avait doublé! A dix heures du matin, environ 125,000 personnes étaient rendues au reposoir pour assister à la messe pontificale.L’impressionnante liturgie, la sérénité du ciel bleu, les milliers de fleurs du reposoir, les vêtements somptueux des hauts dignitaires ecclésiastiques, tout concourait à donner à cette messe une impression presque céleste.Son Eminence le Cardinal Villeneuve était l’officiant, assisté de Mgr Eugène Laflamme, curé de Ce livre ornait les pelouses, devant l’hôtel de ville de Québec.Sur ses pages, aux gigantesques proportions, on pouvait lire l’invocation suivante à Jésus Eucharistie: “Nous nous joignons aux milliers de Congressistes venus en notre ville de Québec, pour vous adorer.Répandez sur eux et sur nous de fécondes bénédictions.” Notre-Dame; il était entouré de tous les membres de la Mission pontificale: Mgr Sylvio Sericano, Mgr Marco Martini, le commandeur Augusto Milani, le commandeur Filippo Spada, le comte Carlo Nasalli-Rocca di Cornediano, Mgr Giuseppe Ferretto.La messe dite, Son Eminence, d’une voix brisée par l’émotion, remercia les congressistes de l’esprit de foi qu'ils manifestaient.Soudain, à midi, la voix de l’annonceur de Radio-Vatican se fit entendre.Et l’immense foule de fidèles, très émue par cet instant solennel, écouta avec un pieux respect la parole auguste du successeur de saint Pierre.De sa résidence d’été de Castelgandolfo, le Saint Père déclara: “Par dessus tout, Nous vous félicitons sincèrement de Nous avoir procuré l’occasion de voir fleurir une fois de plus et si splendidement, aujourd’hui parmi vous, la foi héritée de vos ancêtres, et de vous voir pratiquer leur piété chrétienne.” C’était la première fois, dans l’histoire de notre pays, qu’un souverain pontife s’adressait directement à la nation canadienne assemblée! Aussitôt que le Saint Père eut donné sa bénédiction, toute la foule répondit d’une seule voix: “Amen”, puis le cardinal légat s’approcha du microphone pour faire acclamer le Christ-Roi et son Vicaire sur la terre.Le propre de la messe des Anges et la première partie des alternances furent chantés par la chorale du Congrès sous la présidence de M.le chanoine J.R.Pelletier; la deuxième partie des alternances fut chantée par la foule que dirigeait M.l’abbé Jules Rancourt; à l’orgue, M.Félix Bertrand, organiste à la cathédrale de Chatham.Le premier Congrès eucharistique national se termina dans une apothéose de foi et de lumière.C’est au soleil couchant, sous un firmament d’une douceur émouvante, que le Saint Sacrement, porté par Son Eminence le cardinal légat, s’avança majestueusement au milieu de la multitude de fidèles qui l’avaient précédé au Parc des Champs de Bataille.La procession qui avait précédé ce triomphe final restera célèbre dans les annales religieuses du Canada.Sur un parcours de 3 milles, de la basilique-cathédrale au reposoir, plus Au nombre des milliers de personnes qui défilèrent dans la procession qui clôtura les fêtes du Congrès, le dimanche après-midi, 26 juin, on remarquait un groupe imposant de Chevaliers du St-Sépulcre et de Photo l’Ordre de St-Grégoire le Grand, de Montréal et de Québec.Ces derniers C.p.r.défilèrent en groupe, revêtus de leurs somptueux costumes d’apparat.i n ! XCM-*’ de 60,000 personnes ont défilé entre deux haies compactes de congressistes, dans un décor d’une majestueuse beauté.A trois heures moins dix, les cloches des 23 églises de la ville sonnèrent à toute volée.A trois heures précises, le cortège s’ébranla: groupements spécialisés, Holy Name Society, Ligueurs du Sacré-Cœur, de nombreuses congrégations laïques, cinquante et une congrégations de reli-(Suite à la page 11) Photo C.P.R. REVUE DU QUÉBEC INDUSTRIEL 7 Origine et histoire des congrès eucharistiques 4- A l’occasion du récent Congrès Eucharistique National, il convient de rappeler l’origine de telles manifestations religieuses et l’importance qu’elles ont prise au Canada français.D’abord les congrès eucharistiques internationaux.Au siècle dernier, une pieuse personne de Tours (France), mademoiselle Tamisier, se faisait remarquer par son attachement tout particulier à l’Eucharistie.Disciple à la fois et du bienheureux Père Eymard, fondateur de la Congrégation du Très Saint Sacrement, et de l’abbé Antoine Chevrier, fondateur du Prado de Lyon, elle songea à organiser des pèlerinages aux endroits de France où furent opérés des miracles eucharistiques.Conseillée par le Père Chevrier, elle fit choix d’Avignon comme lieu du premier pèlerinage, en juillet 1874.Mais c’est le Père Eymard, écrira-t-elle plus tard, “qui m’a donné les idées eucharistiques qui ont dirigé toute ma vie”.En 1875, cinquante mille personnes se rendaient à Douai, sur l’invite de mademoiselle Tamisier, pour vénérer une hostie miraculeuse.“Des Belges s’y rencontrèrent avec des Français, et, aux cérémonies religieuses, se joignit une réunion d’études.On était bien sur la voie qui devait conduire aux congrès eucharistiques interna- tionaux”.(Cf.Dictionnaire Pratique des Connaissances religieuses).Dès lors, les esprits étaient préparés à réaliser le grand projet de mademoiselle Tamisier: grouper les nations autour du Christ-Roi.Après de nombreuses tergiversations dues à la situation politique en Belgique et en France, il fut enfin décidé que le premier congrès eucharistique international aurait lieu à Lille, en juin 1881.“Immédiatement, dit François Veuillot, on se mit à l’œuvre.Il réussit pleinement: les cérémonies religieuses en furent splendides; les études, sérieuses, élevées et fortes.Un millier d’adhérents avaient répondu à l’appel hâtif des organisateurs.Cinq nations européennes unissaient leurs délégués aux représentants de la France.Des habitants du Mexique et du Chili, de séjour en Europe, apportaient le premier appoint du Nouveau Monde”.L’élan étant donné, on voulut apporter à ces manifestations un caractère périodique: un Comité fut constitué pour poursuivre le but assigné.Les résultats furent splendides.Quatorze congrès eurent lieu sous le pontificat de Léon XIII; onze sous Pie X; de 1914 à 1922, alors que Benoit XV gouverna l’Eglise, la tenue de ces assemblées internationales devint forcément impossible.Tour à tour, l’Europe, l’Asie, l’Amérique, l’Océanie et l’Afrique ont vu ces grandes démonstrations religieuses.Et voilà qui en affirme suffisamment Une photographie d’un grand intérêt historique.Prise devant le palais archiépiscopal, elle fait voir les plus hautes personnalités qui honorèrent de leur présence le Congrès eucharistique tenu à Montréal du 7 au 11 septembre 1910.On y remarque tout particulièrement, en plus des dignitaires ecclésiastiques, les deux personnages alors les plus en vue de la politique et de l’industrie au Canada: Sir Wilfrid Laurier, premier ministre du Dominion (en haut, à droite) et Lord Shaughnessy, président de la compagnie du Pacifique Canadien, (en haut, à gauche).Au centre est assis Son Eminence le Cardinal Vannutelli, légat du Pape au Congrès, avec, à sa droite, le cardinal Gibbons, de Baltimore et, à sa gauche, le cardinal Logue, primat d’Irlande.A côté de Sir Wilfrid Laurier se tient sa Grandeur Mgr Bruchési, l’inspirateur et l’âme dirigeante des grandes manifestations eucharistiques de septembre 1910 à Montréal.— On remarque encore dans ce groupe distingué Mgr Farley, archevêque de New-York; Mgr O'Connell, archevêque de Boston; Mgr Bourne, archevêque de Londres et plus tard cardinal; Mgr le prince de Croy, membre de la suite du Légat papal; le chanoine Georges Gauthier, aujourd’hui archevêque coadjuteur de Montréal; l’abbé J.E.Donnelly, curé de la paroisse St-Anthony de Montréal; l’abbé G.J.McShane, curé de St-Patrick; Mgr Tampiera, secrétaire de feu le cardinal Merry del Val et membre de la suite du légat. NUMÉRO D’ÉTÉ L.Giroux Les trois figures dominantes du memorable Longres eucnarisnque i«t«f/wuuuut tenu à Montréal, du 7 au 11 septembre 1910.De gauche à droite: Son Eminence le cardinal Gibbons, de Baltimore; Son Eminence le cardinal Vannutelli, légat papal au Congrès de Montréal, et Son Eminence le cardinal Logue, primat de toute l’Irlande.le développement prodigieux: au premier congrès international de Lille, en 1881, cinq nations étaient représentées; à celui de Manille, en 1936, il y en avait cinquante.Le Congrès de Budapest, qui s’est réuni du 25 au 29 mai, fut le trente-quatrième; les organisateurs l’avaient fait coïncider avec la célébration du neuvième centenaire de la mort de saint Etienne, premier roi de Hongrie.Malgré les persécutions et les guerres, ce pays compte, à l’heure actuelle, une population catholique de 67 pour cent.Revenons maintenant au Canada.Jamais l’Eglise canadienne n’a vu de fêtes plus glorieuses qu’en 1910 alors que Montréal eut l’honneur d’accueillir le vingt et unième Congrès Eucharistique International.Le légat du Saint-Siège, Son Eminence le cardinal Vannutelli, arrivé à Québec le 1er septembre, inaugura le Congrès le 6, en l’église cathédrale de Montréal.Pendant cinq jours, un programme très chargé permit à tous les états et à toutes les classes de la société de rendre hommage à l’Eucharistie.On estime à 500,000 le nombre des étrangers venus assister au Congrès.La valeur des séances de travail éleva ces assises eucharistiques bien au-dessus des précédentes: la section sacerdotale vit plus de 2,000 prêtres réunis en l’église des Peres du Saint Sacrement et fit entendre des orateurs aussi éminents que le cardinal Vannutelli, l’abbé Tellier de Ponche-ville et de nombreux prélats et théologiens; quant à la section d’études générales, d’une portée plus pratique, elle tint ses séances au Monument National et à l’Université pour les auditeurs de langue française, à l’hôtel Windsor pour les congressistes de langue anglaise.Mais il faut rappeler de façon toute particulière les assemblées générales à l’église Notre-Dame, transformée pour la circonstance en salle de conférences.Dans ces réunions plénières, sous la présidence du cardinal Vannutelli, des orateurs laïques et les plus hauts représentants du pouvoir civil traitèrent des questions religieuses, de concert avec les plus grands personnages de la hiérarchie ecclésiastique.Signalons aussi la présence à ce congrès de M.Pierre Gerlier, président de l’A.C.J.F., futur cardinal de l’Eglise de France.Il importe de mentionner aussi les trois imposantes réunions particulières réservées aux dames, aux jeunes gens, aux hommes.Nous ne pouvons non plus passer sous silence les belles réceptions civiques dont le Cardinal-Légat fut l’objet, de même que les multiples cérémonies religieuses : messe de minuit à Notre-Dame, procession des enfants et, surtout, la messe en plein air qui vit grouper au pied de l’autel près de 100,000 fidèles et un chœur de 800 voix.De l’avis de tous les témoins, la procession du S.Sacrement, qui clôtura le Congrès, fut d’une magnificence insurpassée.Treize arcs de triomphe monumentaux, des colonnes et des obélisques fleuris, les maisons et les édifices pavoisés.C’est dans ce décor merveilleux et entre deux murailles de 500,000 personnes que défila le cortège; ce dernier était en marche depuis quatre heures lorsque le S.Sacrement, porté par Son Eminence le cardinal Vannutelli, quitta 8 l’église Notre-Dame; il était précédé de 1,200 enfants de chœur, de plus de 2,000 prêtres, de 100 archevêques et évêques; à sa suite, venaient les cardinaux Logue et Gibbons, des prélats, les plus hautes personnalités civiles et politiques, etc.La cérémonie se termina au parc Jeanne-Mance, où des centaines de milliers de fidèles entouraient le gigantesque ciborium blanc et or qui élevait à 109 pieds du sol sa croix lumineuse.Ce fut une véritable apothéose! De nombreux congrès eucharistiques ont attesté, par la suite, de la fécondité d’une telle manifestation.Dès 1913, à Montréal encore, un congrès diocésain groupait 300 prêtres.Deux ans plus tard, la métropole du Canada était de nouveau le théâtre d’un congrès sacerdotal mais, cette fois, tout le clergé canadien était représenté: plus de 2,000 prêtres ayant à leur tête le cardinal Bégin et 21 évêques.En 1925, Québec eut sa première réunion eucharistique exclusivement sacerdotale, due à l’initiative du regretté Mgr Paul-Eugène Roy.Mais depuis longtemps les congrès paroissiaux s’étaient multipliés.Ceux qui s’intéressent à ces mouvements n’ont pas oublié le congrès eucharistique paroissial tenu en 1914 à Sainte-Anne-des-Plaines, à l’occasion du 125e anniversaire de la fondation de cette paroisse; il donna lieu à d’intéressantes manifestations de foi populaire.Signalons aussi les congrès paroissiaux qui se succédèrent dans le diocèse de Nicolet, de 1915 à 1918: à Bécancour, Pierreville et Yamaska.Faute d’espace, nous devons nous contenter de n'en mentionner que quelques autres: Hull, Terrebonne, Saint-Jean-d’Iberville et Saint-Michel, en 1927; Saint-Fidèle (Charlevoix), Lac Bouchette et Saint-Rémi-de-Napierville, en 1930; Plessis-ville, en 1935.Les congrès régionaux n’ont pas été moins actifs.Celui de Sainte-Thérèse, en 1913, fut le premier du genre au Canada.Avec un égal succès, on organisa de telles assemblées eucharistiques par toute la province de Québec: à Victoriaville, Québec, Saint - Edouard, Rivière - du - Loup, Maniwaki, Verdun, Thetford - les -Mines et ailleurs.Après une si imposante série d’hommages au Dieu de l’Eucharistie, le temps était venu de montrer la puissance de l’Eglise canadienne.Aussi, ceux qui ont participé au premier Congrès Eucharistique National ont pu se rendre compte qu’en dépit des difficultés sociales et économiques, les forces catholiques du pays sont toujours vivaces.{Suite à la page II) REVUE DU QUÉBEC INDUSTRIEL 9 •J* Une des particularités les plus remarquables du Congrès Eucharistique tenu à Québec, ce fut l'accompagnement du chant grégorien ainsi que des chants en commun exécutés au cours des cérémonies religieuses, accompagnement rendu possible par l’emploi de l’orgue Northern-Hammond.La L’Orgue Northern- Hammond de penser que nous partageons l’appréciation qu’on a témoignée de tous côtés aux dignitaires ecclésiastiques à qui est due, pour une grande part, l’organisation du Congrès Eucharistique.A cause de sa facilité d’adaptation, l’orgue Northern-Hammond permet l’exécution de musique liturgique au Congrès Eucharistique splendide tonalité de cet instrument contribua à rehausser la magnificence de la liturgie en apportant à celle-ci une musique digne, grandiose, solennelle et en tout point comparable à celle des grandes orgues des basiliques.C’est là un point sur lequel nous nous permettons d’insister, car c’est la première fois, dans les annales des congrès eucharistiques, qu’on trouve une cérémonie en plein air imprégnée de cette même atmosphère de grandeur et de majesté que la musique Son Excellence Mgr Orner Plante, évêque auxiliaire de Québec, était le président général du Congrès Eucharistique national de Québec.C’est en grande partie à son inlassable activité que l’on doit attribuer le succès des manifestations inoubliables qui eurent lieu dans la vieille cité de Champlain.d’orgue apporte aux cathédrales.Alors que tout l’univers rend hommage à son Créateur dans un hymne qui réunit, à la fois, les voix célestes, celles de la nature et de l’humanité, en vérité, nous sommes fiers autant qu’heureux de constater, qu’au congrès, l’orgue joignit ses voix multiples et harmonieuses à celles des fidèles dans un témoignage unanime de gloire au Seigneur.La compagnie Northern Electric apprécie profondément l’honneur qu’on lui a conféré en employant, lors de ces magnifiques cérémonies, l’orgue Northern-Hammond.Elle est fière aussi du privilège qui lui échut, en cette occasion, d’avoir été trouvée apte à servir l’Eglise au cours de cette superbe démonstration de foi.Il est extrêmement flatteur pour nous dans des centaines d’occasions où il serait impossible d’avoir recours à l’orgue ordinaire.Donnons comme seul exemple, les cérémonies en plein air où, jusqu’ici, faute d’orgue, on devait faire appel aux fanfares ou aux orchestres.C’était une demi-solution du problème, puisque ces ensembles, de par leur nature, restent empreints d’un caractère profane.Il n'est d’ailleurs pas besoin des prescriptions du droit canon pour se rendre compte qu’aucune fanfare, aucun orchestre ne saurait apporter la dignité de l’orgue dans l’accompagnement des chants religieux.Parmi les nombreuses occasions où l’orgue Northern-Hammond a joué un rôle de premier plan, citons, outre Rev.J.A.Gauthier, Prêtre, curé de la paroisse de St Ignace de Loyola, Gif fard, P.Q.Comité d’Organisation du Congrès National de Québec.Le Congrès Eucharistique National Québec, le 5 juillet 1938 Messieurs: A titre de président du premier congrès eucharistique canadien, je ne saurais laisser passer l’occasion qui m’est fournie de vous exprimer toute ma reconnaissance pour la collaboration et la générosité que vous avez bien voulu témoigner à l'occasion de notre organisation.Veuillez croire que vos bons services ont été hautement appréciés par tous les membres de nos différents comités et par le public en général.J’aime à croire que le Dieu de l’Hostie vous rendra au centuple ce qu’avec esprit chrétien vous avez fait pour sa glorification.Votre bien obligé, J.OMER PLANTE, Ev.de Doliero au Québec.Président du Comité d’Organisation du Congrès Eucharistique National. La chorale du Congrès, sous la direction du chanoine J.R.Pelletier, est ici photographiée à côté de la console de l’Orgue Hammond, qui servit à accompagner les chants durant les cérémonies en plein air, au récent Congrès de Québec.Cette chorale se composait des membres de celles du Séminaire de Québec, desJIR.PP.Eudistes et du Saint-Sacrement.le Congrès de Québec, le Congrès Eucharistique diocésain de Windsor, Ont., l’exécution du Jeu choral de Rigaud, le Festival de Musique de Montréal, à Saint-Laurent, le Centenaire de Sherbrooke, le Congrès National de la Société du Saint-Nom, à New-York, les pèlerinages au Sanctuaire Commémoratif de Notre-Dame des Douleurs, à Portland, Orégon.La voix de l’orgue au milieu des rochers et de la forêt de Rigaud était particulièrement impressionnante à entendre.Au Festival de Saint-Laurent et au Centenaire de Sherbrooke, l’instrument a révélé ses mérites dans l’exécution de musique profane et semi-profane aussi bien que religieuse, soit qu’il soutînt les chœurs, ou qu’il se mêlât à l’orchestre.Dans cet orgue, les sons se produi- sent par le seul intermédiaire de l’électricité.Il ne comporte ni anches, ni tuyaux, ni soufflerie, ce qui le rend insensible, de façon absolue, aux caprices de l’atmosphère.La température, l’humidité, la poussière, rien de tout cela n’a prise sur lui, en sorte que cet orgue ne peut jamais se trouver désaccordé.C’est là un trait particulier que l’on considère à juste titre comme phénoménal.On sait, en effet, que c’est l’inconvénient des orgues à vent de subir, notablement parfois, les influences de la tempé- rature.Ses sons soutenus, d’une tonalité pure et merveilleuse se prêtent admirablement à l’exécution de la musique religieuse.De conception hautement scientifique, cet instrument se révèle aussi comme une création artistique empreinte de dignité et de distinction.Ce qui rend cet orgue digne de l’attention des milieux ecclésiastiques, c’est la grande étendue de ses registres et la facilité de contrôle de ses expressions: avantage marqué dans l’accompagnement de Saint-Laurent.Ile d'Orléans.P.Q.5 juillet 1938 Cher Monsieur.Je viens de recevoir, arec vos hommages, les photographies, la vôtre et celle de la chorale que j’avais l’honneur de diriger pendant le Congrès Eucharistique National du Canada, tenu à Québec du 22 juin au 26 juin dernier.Elles sont excellentes et le cadeau que vous m'en faites, et que vous désirez de plus faire à chacun des groupes de la chorale du Congrès sera pour nous tous V un des beaux souvenirs des rapports harmonieux qui ont existé entre les Choristes et l'organiste du Congrès.Je vous prie de bien vouloir agréer l’assurance de ma sincère gratitude.Quant à l'orgue Hammond, avec son mécanisme merveilleux et l’habileté de l’organiste qui pouvait en faire ressortir tous les avantages, je crois devoir dire en toute justice qu’il a soutenu avec autant de puissance les chants de la foule (environ 100,000 personnes), qu’il a accompagné avec délicatesse ceux de la chorale, notamment le chant grégorien, pendant les cérémonies du Congrès.Je vous prie, cher Monsieur, de bien vouloir agréer l'expression de mon meilleur souvenir.JOSEPH R.PELLETIER, pire.Président.comrni»ttinn diocésaine du chant sacré ft de la musique religieuse.Giffard, le 4 juillet 1938 Cher Monsieur, Je m'excuse de n’être pas venu plus tôt vous remercier du grand service que vous nous avez rendu en mettant gracieusement à notre disposition, près du Reposoir, sur le Parc des champs de bataille, à l'occasion du Congrès Eucharistique National, l’Orgue électrique Northern-Hammond.Vous avez eu aussi la complaisance de nous faire bénéficier des services de Monsieur Félix R.Bertrand, organiste émérite, musicien délicat, gentilhomme dans le vrai sens du mot.Grand merci.L’impression créée par l’Orgue Northern-Hammond sur les milliers d’auditeurs qui l’ont entendu à Québec, est des plus favorables: pour ma part, j’ai rencontré grand nombre de confrères qui ont exprimé, en termes fort élogieux, leur grande satisfaction.Si je suis bien renseigné, plusieurs évêques canadiens de la province de Québec ont déjà béni ce merveilleux instrument de musique qu’est l’Orgue Northern-Hammond; celui que Son Excellence Monseigneur Orner Plante a béni à Giffard, le 8 décembre 1937, a réalisé les espérances que nous entretenions à son sujet.Non seulement je ne regrette pas d’en avoir fait l’acquisition, mais je dis volontiers à qui veut l’entendre qu'à mon humble avis, l’Orgue Northern-Hammond mérite tous les éloges qu’on a faits de lui, non seulement aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et surtout en France.Votre tout dévoué en N.S.J.A.GAUTHIER, pire. REVUE DU QUÉBEC INDUSTRIEL 11 la musique religieuse.De plus, comme il répond instantanément à la commande transmise par la touche, il permet de suivre avec une grande facilité les modulations des chanteurs, modulations qui sont à la fois si fréquentes et si délicates dans le chant grégorien.La richesse de ses combinaisons est quasi illimitée, ce qui fait que les sons qu’on en peut tirer sont pratiquement infinis en nombre et que leur qualité est à l’entière discrétion de l’organiste.Celui-ci est maître absolu de son instrument auquel il peut faire rendre, s’il le désire, des sons tout à fait nouveaux.C’est pourquoi certains compositeurs ont déclaré qu’il y avait là tout un champ de la musique à explorer et qu’une musique nouvelle serait bientôt écrite pour l’orgue électrique.Chez nous, nous croyons savoir que l’organiste et pianiste Paul Doyon s’intéresse particulièrement à cet instrument.Aucun autre instrument ne présente une si grande variété de sons aux nuances si riches d’expression et de sonorité.Quelles que soient les variations que le musicien leur fasse subir, les sons conservent toujours leur pureté fondamentale, qualité qui, dans d’autres instruments, est souvent fort limitée.Si l’on considère tous ces avantages en regard du prix auquel cet instrument est offert, on ne s’étonne plus de l’enthousiasme avec lequel beaucoup l’ont accueilli.Nous avons mentionné plus haut les occasions où on s’en est servi avec satisfaction et succès, mais d’une manière somme toute transitoire, citons, pour terminer quelques églises qui l’ont installé en permanence à leur tribune : l’église de Saint-Bruno, P.Q., l’église de Notre-Dame de la Défense, à Montréal, la cathédrale de Chatham, N.-B., l’église de Saint-André, à Antigonish, N.-E., l’église de Giffard, P.Q., etc.Peu importe les dimensions de l’église, cathédrale ou temple de village, l’orgue Northern-Hammond fera l’orgueil des fidèles.Origine et Histoire des Congrès Eucharistiques (Suite de la page 8) Il faut féliciter les organisateurs d’une telle solennité.La tâche n’était pas facile de partager et de coordonner les activités, de préparer une publicité instructive et captivante, de rendre complètes les cérémonies et les séances d’étude, de satisfaire à la fois l’œil et l’esprit! Mais au pays de Québec les bonnes volontés ne manquent pas, et la foi est agissante! Le Congrès Eucharistique National Canadien (Suite de la page 8) gieux laïques et de prêtres, notables, groupements écoliers, etc., etc.Deux heures seulement après le début de la procession, le Saint Sacrement sortit de la basilique, sous un dais rutilant d’or et de soie.Le cardinal légat, malgré la fatigue causée par les nombreuses cérémonies des jours précédents, porta l’ostensoir jusqu’au repo-soir.Sous le dôme, le soleil frappait sur l’ostensoir, comme pour en multiplier l’éclat.Tout autour, des centaines de bannières faisaient une couronne de couleurs mouvantes.C’est alors que Son Eminence, au nom du Christ et du Pape, remercia les congressistes de leur piété édifiante; il remercia la ville de Québec, théâtre de cette manifestation sans précédent: “C’est à juste titre, dit-il, qu’on pourra plus que jamais l’appeler la Rome du Canada”.A la suite de Son Eminence, la foule affirma sa fidélité à l’Eucharistie.La cérémonie se termina par le chant du Te Deum et par une seconde allocution du légat.Telle fut l’apothéose finale, point culminant du Congrès eucharistique national canadien! A cause de l’inclémence de la tem- pérature, la représentation du “Mystère de la Messe”, qui devait avoir lieu le samedi soir, fut donnée le dimanche soir.Jamais dans l’histoire du Canada on n’a vu une foule si imposante à une représentation théâtrale.Malgré la fraîcheur de la température à onze heures, Son Eminence le cardinal légat avait bien voulu rehausser de sa présence cette splendide fête religieuse.C’est sur les degrés du reposoir, transformé pour la circonstance, que fut donné le “Mystère de la Messe”.Interprétée par des jeunes gens et des jeunes filles sous la direction du R.P.Emile Legault, cette œuvre d’Henri Ghéon a créé sur les auditeurs une impression très profonde.Comme le disait un critique, “Henri Ghéon a écrit, parallèlement aux différentes parties du Saint Sacrifice, un drame à la fois divin et humain qui dépasse la grandeur des tragédies antiques où la fatalité ne laisse pas de jeu à la volonté de l’homme”.C’est une synthèse historique, liturgique et mystique qui replace dans le plan des siècles et en face de l’éternité le drame du rachat de l’humanité et de sa reconciliation avec le Très-Haut par l’immolation du Christ.Pendant tout le spectacle, un chœur invisible fait entendre le Credo, le Sanctus et l’Aghus.L’officiant du Sacrifice est saint Pierre, ayant à ses côtés saint Jean et saint Paul; mais Jésus est là aussi et les paroles du Christ à la dernière Cène se fondent si bien avec celles du prêtre à l’autel que le spectateur le moins averti de la théologie et de la liturgie de la messe ne peut s’empêcher de voir l’identité entre la mort, de Jésus sur la croix et sa descente, chaque matin, sur les autels.Autant qu’un sermon ou qu’une conférence religieuse, le “Mystère de la Messe” illustre la portée de la Rédemption et montre comment les fidèles peuvent encore y participer, deux mille ans après l’ascension de Celui qui a dit: “Je serai avec vous jusqu’à la consommation des siècles.” Cortège, chants, hymnes, décorations, illumination sont des formes très expressives du culte extérieur.Par la sublimité du but, par la splendeur qui s’y est manifestée, la grande procession du 26 juin a clôturé de façon royale, pourrait-on dire, ces assises historiques.Au début du Congrès, l’oratorio “Christus Rex” avait exprimé toute la noblesse, toute la richesse de la musique religieuse; l’apothéose au reposoir éclata en une fanfare de prières et d’hommages au Dieu de toutes les harmonies.Tous les assistants eurent la certitude qu’un nouveau chapitre s’était ajouté à l’histoire de notre pays.Il y a deux cents ans, deux grandes nations avaient choisi cette plaine pour s’y mesurer les armes à la main.Pendant le Congrès eucharistique, ces deux grandes nations, aujourd’hui unies dans la paix, se sont donné la main pour y faire en commun un acte de foi et d’amour à l’Eucharistie! Cathédrale de St-Michel Chatham, N.-B.Eglise de St-André, Antigonish.N.-E.jlise paroissiale de -Bruno, P.Q.Eglise de Notre-Dame de la Défense, Montréal , ! V Eglise de St-Ignace de Loyola, Giffard, P.Q.Intérieur de la chapelle du Séminaire des Clercs de St-Viateur, où un orgue Northern-Hammond a été installé.Joliette, P.Q./ lia üii ü» m » =4> m imH|i =Ja- \ iij i.1 ta .1 vV V#' $ #v • ¦
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