Lectures, 1 octobre 1953, octobre
¦ FIDES LECTURES REVUE MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le Service Je Bibliographie et Je Documentation Je EIDES organe Ju Service Jes Lectures Je l'Action catholique Ju diocèse Je Montréal.Direction : Paul-A.MARTIN, c.s.c., aumônier du Service Jes Lectures.Rédaction : Jean-Paul P1NSONNEAULT, secrétaire Ju Service Jes Lectures.NOTES : 1.La revue est publiée mensuellement, de septembre à juin.Les dix livraisons Je l'année constituent un tome.Le dernier numéro du tome (soit celui Je juin), comprend une table méthodique des sujets traités ainsi qu’une table alphabétique des ouvrages recensés pendant l'année.2.Les références bibliographiques sont rédigées d'après les règles île la catalographie.Les cotes morales en usage sont les suivantes : TB — Livre pour tous TB-S —Livre pour tous mais spécialisé TB-A — Livre pour tous, de nature à intéresser certains adolescents B —Livre pour adultes B?—Livre appelant des réserves plus ou moins graves, i.e.à défendre d’une façon générale aux gens non formés (intellectuellement ou moralement) A — Livre pour adolescents (15 à 18 ans) J — Livre pour jeunes ( 10 à 14 ans) E — Livre pour enfants (6 à 9 ans) PnbUi.it/on approutit par l'Ordinaire CANADA le numéro $0.35 Abonnement annuel $3.50 Etranger $3.75 EIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 *PLateau 8335 FRANCE Abonnement annuel .900 francs *C.C.P.PARIS 7262.50 Société EIDES, 120, boulevard Raspail.Paris (Vie) *I.ittré 7385 Autorisé comme envoi postal de deuxième classe, Ministère des Postes, Ottawa.-SOMMAIRE- Le centenaire Je René Bazin .Jean-Paul Pinsonneault 49 DOCUMENTS Mémoire des évêques sur la littérature obscène Card.Paul-Emile Léger 52 Julien Green (1ère partie) .55 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Littérature étrangère .62 i PANORAMA DU LIVRE Choix d'ouvrages .80 Liste des fiches Je catalogue publiées en juin, juillet et août 1953 85 BIBLIOTHECA Programme du 9e congrès annuel de I A.C.B.F.89 Psychologie de l'enfant et de l'adolescent et bibliothèques scolaires | Denis Tremblay 92 1 lin couverturt René Bazin par Edgar Maxence. ULl 1S53 Le centenaire de René Bazin DANS un monde enclin à déifier les héros et à authentiquer les gloires usurpées, le centenaire de René Bazin risque de passer inaperçu, car le romancier angevin demeure un de ces types d’hommes ennemis irréductibles du maniérisme, de la surenchère et du cabotinage.Au regard d’une société déliquescente, René Bazin prend aisément figure d’écrivain fade, impuissant et plat, et les personnages de condition modeste dont il peuple son univers romanesque, celle de hérauts frustes et ridicules du conformisme chrétien.Et pourtant rien n’est plus injuste que ce reproche à l’adresse d’un romancier dont le mérite fut d’incarner sa foi dans ses héros et de se garder de verser malencontreusement dans l’apologétique.Quant à cette fadeur que des aboyeurs notoires imputent à Bazin comme un péché irrémissible, il n’est pas étonnant qu’elle constitue, au goût d’une clientèle repue de nourritures terrestres fortement épicées, une tare honteuse.Les maîtres-cuisiniers de la littérature contemporaine se sont appliqué avec un tel art et une telle science de l’abject à dresser l’infect menu des lettres d’aujourd’hui qu’il semble que le lecteur en soit venu à vomir toute œuvre saine, sous prétexte que des marmitons sans conscience lui ont fait l’estomac à l’excrément.D’où la disgrâce dans laquelle sont aujourd’hui tombés des artistes de la trempe d’un Louis Mercier, d’un Louis Le Cardonnel et d’un René Bazin.L'homme.René Bazin, arrière-petit-fils d’un officier de Stofflet, naquit à Angers de souche paysanne, le 26 décembre 1853, et mourut à Paris, le 20 juillet 1932.Il fit ses études au lycée de sa ville natale et prit sa licence en droit à Paris.Muni de son doctorat, il devint professeur de droit criminel à l’Université catholique d’Angers.Bazin débuta dans la littérature en 1880 par une étude sur Joseph de Maistre.Son premier roman, Stépbanette, parut dans le journal YU won en 1883.Les autres qui s’échelonnent à intervalles réguliers, figurèrent presque tous dans des journaux ou des revues de l’époque (Journal des débats, Revue des deux mondes, Correspondant, etc.) avant de paraître en librairie.Au printemps de 1904, l’année de la parution de l’Isolée, Bazin fut reçu à l’Académie par Ferdinand Bru-netière ; il y occupa le fauteuil laissé vacant par le décès d’Ernest Legouvé.Dans un article paru dans les Etudes au lendemain de la mort de l’écrivain et signé Louis de Mondadon, René Bazin nous est présenté comme un chrétien franc et droit, un compagnon avenant, un causeur délicat appliqué à ne prononcer aucune parole que de bon ton, remarquable par la distinction innée et l’élégance de ses manières, la grâce de son accueil et la finesse de ses propos.Ce portrait cursif du romancier dont l’œuvre fit les délices et I enchantement de notre adolescence, évoque assez fidèlement cet autre portrait du romancier peint par Edgar Maxence et où l’Angevin, sous son masque d’officier de cava- octobre 1953 i 49 - lerie, conserve quelque chose de l’aristocrate qu’il fut par la hauteur et la qualité de ses sentiments.et l’œuvre L’oeuvre de René Bazin est celle d’un écrivain catholique, absorbé par les problèmes de la morale intérieure et par ceux de la vie collective.Dans une langue simple et robuste, limpide et naturelle, il a traité des questions sociales et politiques sous un angle traditionna-liste et chrétien.A l’instar de François Mauriac et Henry Bordeaux, l’auteur de Donatienne et de Davidée Birot s’est penché sur les âmes individuelles et sur l’âme sociale pour ausculter, pour peindre, et il l’a fait en juge en même temps qu’en observateur.De là la vérité profonde de ses personnages et de leurs sentiments, cet amour presque palpable des êtres humbles dont il évoque le drame intérieur avec une indéniable puissance de pénétration.Bazin a vécu l’âme collée à la terre natale, dans une communion quotidienne et nourricière.Le peuple obscur, laborieux et fidèle qu’il peint est celui-là même dont il a senti palpiter, souffrir et lutter en lui l’âme fraternelle.Toussaint Lumineau, le métayer de la Fromentière, c’est le cœur du marais vendéen, l’amour fort et généreux de l’écrivain pour la glèbe française.Dans les Oberlés, qui appellent naturellement une comparaison avec Colette Baud oc be et Au service de l'Allemagne, de Barrés, qui ne perçoit l’inquiétude du romancier sur l’issue du confit ethnique en Alsace annexée ?On a beaucoup épilogué sur l’art de René Bazin et cela en des termes et sur un mode où la vérité objective trouve assez rarement son compte.Tout de limpidité et de rythme, de naturel et de discrétion, d’observation méticuleuse et de chaude tendresse, l’art de Bazin porte le signe du plus authentique génie français.A l’harmonie de ton qui est la marque distinctive du véritable artiste s’allient, chez lui, une sensibilité délicate et le goût de la sobriété.Peintre des sentiments et des passions, l’auteur de Magnificat recourt aux éclairages discrets, aux clairs-obscurs et aux demi-teintes.Ses paysages aux contours nets et aux masses harmonieuses, peints en nuances fines et rares, ont une âme.Ainsi qu’on pourrait être tenté de le croire, René Bazin n’a jamais sacrifié à la délicatesse de sa sensibilité la force de l’invention et de l’expression.Il n’est que de lire la Terre oui meurt, les Oberlé et Davidée Birot pour goûter chez lui son sens de la composition, la vie et le naturel de ses personnages.Aussi est-ce à juste titre que M.Teillard-Chambon écrit de Bazin dans Manuel de la littérature catholique eu France de 1870 à nos jours : « Depuis George Sand, nul n’avait su nous donner des types de paysans aussi vrais dans des récits sans fadeur, et qui ne dissimulent pas les tares et les misères de l’homme de la terre.Cette œuvre d’amour reste une œuvre de vérité plus profonde que les contes normands de Maupassant et que la Terre de Zola.» Si, en cette veille du centenaire de la naissance de René Bazin, nous croyions nécessaire d’exonérer le romancier angevin du blâme 50 LECTURES dont Je chargent de nos jours encore, en l’accusant de fadeur et de platitude, la critique officielle et un public appâté par des œuvres faisandées, nous n’aurions qu’à invoquer l’autorité de Louis Chaigne.Dans son Anthologie de la renaissance catholique, ce critique impartial a consacré a l’écrivain méconnu et souvent même décrié un éloge frappé au coin d'une admiration non équivoque « On a mis, et avec raison, écrit-il, l’accent sur la quaiité spirituelle de l’œuvre de Bazin et sur sa haute valeur sociale.Mais trop souvent on a négligé de situer l’artiste à sa vraie place.Il était né dans une famille de peintres et dans un pays favorisé de souveraines grâces naturelles.Scs premières années s’étaient déroulées sous le ciel immortalisé par Du Bellay et où fleurit le clair sourire de la France.Par les voyages, il connut peu à peu l’harmonieuse et abondante variété du monde.Pour lui, un paysage n’était pas un vague état d’âme ni le fugace reflet de ses rêves, de ses aspirations ou de ses humeurs, mais la figuration imparfaite et tout de même splendide des plus hautes réalités invisibles.Ses Notes d’un amateur de couleurs nous initient à la longue patience de sa formation.{ } Nous devons à René Bazin nos Gcorgiques françaises.Ouvrir un de ses livres, c’est sentir une forte et vivifiante odeur de bonne terre.Le sûr relief du dessin, la justesse et l’appropriation des couleurs, la transparence et sobre clarté de la langue, l’aisée et heureuse composition de chaque chapitre font de chacun de ses romans une œuvre bien de chez nous, pleinement expressive du plus authentique génie français.» Si nous avons tenu à marquer d’une pierre blanche le centenaire d’un romancier dont l’œuvre, certes, ne possède pas toutes les rutilances de celle d’un Balzac ou d’un Proust, ce n’est pas que nous ayons l’intention de jouer les camelots ou les iconoclastes.Tout simplement, nous avons voulu rendre hommage à la mémoire d’un des écrivains les plus purs que la France ait produits, au mérite d’un homme qui sut faire œuvre d’art sans renier sa foi ni abdiquer ses dons de poète.Aux mille et un avantages que lui offrait la foire aux vanités, René Bazin préféra la joie sereine et sans remords d’une œuvre accordée aux exigences de sa foi incorruptible et de son cœur chrétien.Il demeure un des témoins les plus émouvants et les plus sincère de la conscience littéraire, un des modèles les plus purs du romanciet catholique.Jean-Paul Pinsonneault Un numémo spécial de “MES FICHES" en octobre Une intéressante documentât-on sur JDUH DU SEIGNEUR JOUR DE JOIE! • le dimanche: son sens et son histoire • les loisirs qui occupent nos dimanches Ce numéro se vend $0.15 (par la poste $0.20) FIDES — 25 est, rue Saint-Denis, Montréal — PL.8335 OCTOBRE 1953 51 DOCUMENTS Mémoire des évéçues sur la littérature obscène LE President du Conseil d’Administration de la Conférence Catholique Canadienne de l’Episcopat, Son Eminence le Cardinal Paul-Emile Léger, archevêque de Montréal, au nom des évêques canadiens a fait parvenir au Comité Sénatorial d'enquête sur la vente et la distribution de la littérature indécente un mémoire dont vous trouverez le texte plus loin.Le document a été envoyé à l'honorable Sénateur John Caswell Davis, o.b.e., m.e.i.c., de St-Boniface qui a succédé au Sénateur J J-ll.Doone, récemment décédé, comme président du Comité sénatorial d'enquête sur la pornographie.Voici le texte de ce mémoire.13 avril 1953 A l'honorable John Caswell Davis, o.b.e., m.e.i.c., Président du Comité spécial sur la vente et la distribution des publications ordurières et indécentes, Au Sénat, Ottawa (Ontario).Honorable Monsieur, La Conférence Catholique de l’Episcopat se préoccupe depuis longtemps de la marée montante d’imprimés immoraux qui déferle sur notre pays.Sans aucun doute, ainsi qu’en témoigne abondamment l’histoire, la littérature malsaine constitue l’un des plus sûrs agents d’altération de la conscience publique et privée, d’empoisonnement des sources vives d’où notre jeunesse tire son perfectionnement physique, intellectuel et moral, et enfin de mise en péril du développement d’une vraie culture.Or ce problème se pose au moment précis où s’établissent les fondements de l’avenir du Canada.Alors que la question atteignait un point de crise, on a pu noter avec joie l’unanimité qui s’est faite autour de la loi « Fulton » (1949).Et c’est aussi avec une satisfaction accrue que l’on constate l’attention considérable que l’on a donnée au « Comité Sénatorial » spécialement constitué pour faire enquête et rapport au sujet de l’ensemble du problème que constitue la « vente et la distribution des publications ordurières et indécentes» en notre pays.Désireux avant tout de collaborer dans la plus large mesure possible avec nos concitoyens de toutes les appartenances religieuses ou politiques, à la lutte contre cette menace qui s’attaque aux principes mêmes de notre civilisation, la Hiérarchie catholique du Canada soumet respectueusement à votre considération les propositions suivantes.52 LECTURES 1.Quels que soient les remèdes adoptés, ils devraient être facilement applicables au pays tout entier, avec la collaboration des gouvernements fédéral et provinciaux et des municipalités.2.Vu l’importance et la délicatesse des problèmes en jeu, le Comité Spécial du Sénat devrait poursuivre son activité en tant qu’orga-nisme permanent jusqu’à ce que prenne fin la crise et jusqu’à ce que les mesures législatives éventuellement adoptées commencent à fonctionner avec souplesse et efficacité.3.A notre avis, le terme « obscène » se prête facilement à une définition juridique convenable qui puisse faciliter sérieusement la suppression d’imprimés malsains qu’on cherche à faire passer pour des revues sérieuses, médicales, artistiques ou d’éducation sexuelle.4.Il faudrait inviter l’industrie de l’édition elle-mêne à rédiger un code, avec l’aide de nos chefs religieux et politiques ou de nos éducateurs.Ce code servirait de guide à un office constitué au sein même de l’industrie, office semblable à ceux qui sont en vigueur aux Ltats-Unis, avec succès, auprès des industries de cinéma et de la télévision.5.L’adjonction au Code criminel d’un nouvel article au terme duquel serait passible d’amende ou d’emprisonnement, ou des deux à la fois, celui qui, d’une façon ou d’une autre, transporterait, à des fins de vente ou de distribution, tout imprimé ou écrit obscène.6.Avec nos concitoyens, nous partageons une répugnance naturelle à l’endroit de la censure sous toutes ses formes, mais compte tenu des résultats obtenus en ce domaine grâce à l’intervention d’une commission compétente en ce qui concerne le cinéma, nous ne voyons vraiment pas pourquoi on n’obtiendrait pas des résultats comparables grâce à la création d’une commission analogue, nommée précisément pour assurer la suppression des publications obscènes, sous la responsabilité du Parlement.S’il est vrai que nous n’imposons pas à nos citoyens l’obligation légale d’aosorber tel ou tel aliment physique, nous n’hésitons pas cependant à les protéger par des règlements sanitaires ou des lois d’hygiène alimentaire.De même, si nous respectons sans peine la grande liberté de choix dont nos citoyens bénéficient en ce qui concerne leur nourriture intellectuelle, nous n’estimons pas moins que certaines restrictions sont non seulement légitimes, mais indispensables, si on songe que Je poison des écrits malsains est injecté de propos délibéré à notre jeunesse par des mercantis sans scrupules ou par des « minus habens ».7.Il faudrait que le Comité Spécial prenne les mesures qui s’imposent pour créer et maintenir une opinion publique éveillée et éclairée, en recourant à cette fin aux services des associations de octobre 1953 53 parents et d’élèves, du Conseil National des Eglises, de la Fédération canadienne des maires et des municipalités, des associations de scouts ou guides, des clubs et des groupements analogues, non seulement afin d’aider au travail nécessaire de prévention, mais encore afin de favoriser, de toutes les manières, la diffusion de la saine littérature.Comme la presse joue un rôle énorme dans la formation de l’opinion publique, sa collaboration sincère favoriserait singulièrement la solution du problème.Les parents seuls ne peuvent plus défendre leurs enfants, comme il convient, contre les fournisseurs de malpropreté.Je vous souhaite, Monsieur le Président, ainsi qu’aux Honorables Membres de votre Comité, tous les succès possibles dans la grande tâche que vous vous efforcez si consciencieusement de mener à bien au nom de la population canadienne, à l’avantage particulier de notre jeunesse.Je vous pris de me croire Votre tout dévoué dans le Christ, (signé) : f Paul-Emile Cardinal LEGER, Archevêque de Montréal, Président du Conseil d’Administration de la Conférence Catholique Canadienne.AU RAYON DES BIOGRAPHIES : JEAN-FRANCOIS BITTNER (Novice “Père-Blanc” et Aviateur-bombardier) par l’abbé Paulin Giloteaux Novice missionnaire devenu par la force des événements aviateur-bombardier, Jean-François, à la fois méditatif, artiste, poète, gai et enthousiaste, se donne à Dieu et au prochain comme le prouvent les extraits de son journal dans cette prenante biographie.138 pages — $1.25 (par la poste $1.35) LE GRAND MARQUIS (Pierre de Rigaud de Vaudrcuil) par Guy Frcgault 187 pages — $3.50 (par la poste $3.60) LE FRERE ANDRE (Format livre de poche) par R.P.H.-P.Bergeron, c.s.c.191 pages — $0.35 (par la poste $0.45) JACQUES-ALBERT SEIGLET (Officier français mort au champ d’honneur) par Marthe Wolfrom 344 pages — $1.50 (par lt.poste $1.60) FIDES — 25 est, rue Saint-Denis, Montréal — PL.8335 54 LECTURES Julien Green LE 6 septembre 1901, vers les sept heures du matin, un heureux père de famille réveillait ses trois petites filles : « Mesdemoiselles, clama-t-il, je suis si heureux ! si heureux ! Savez-vous pourquoi.Votre maman a un garçon ! J’ai un fils ! Oh ! je suis si heureux !» (Anna Green, Mes jours évanouis, p.210).L’heureux événement qui, une fois de plus, bouleversait le calme de la petite maison parisienne, était la naissance du futur romancier, de celui qui, cinquante ans plus tard, devait recevoir le grand prix de Monaco.Les délicieux souvenirs de sa Julien Green sœur Anna, qui nous a rapporté ce tableau pittoresque, nous renseignent abondamment sur les malheurs et les joies de la famille Green et, nous permettent de comprendre bien des allusions du Journal de Julien.Julien Green naquit à Paris, dernier enfant d’une nombreuse famille, qui, depuis 1893, avait quitté les Etats-Unis pour s’établir en France.La guerre de Sécession avait dévasté les vastes plantations de coton des ancêtres ; plus encore, elle avait marqué du signe indélébile de la défaite ces « Sudistes » convaincus, qui ne prirent jamais totalement leur parti de l’état de choses consacré par le triomphe des « Nordistes ».Des spéculations malheureuses compromirent, vers 1890, la situation financière d’Edward Green, rêveur quelque peu instable doué d’un incorrigible optimisme.« Une occasion se présenta.Green accepterait-il d’aller en Europe, en France, au Havre s’occuper d’une agence de coton ?Il connaissait le français ; il connaissait !e coton ; c’était tout à fait son affaire jusqu’à ce qu’il reprit pied.La proposition fut acceptée tout de suite.» (Anna Green, op.cit.p.90).Edward, sa femme Mary et leurs cinq enfants s’embarquèrent pour Le Havre ; après quelques mois, ils seront à Paris, que les parents ne quitteront plus et où ils mourront, multipliant, jour après jour, les prodiges pour rétablir, avec une fantaisie et un humour que rien ne pourra altérer, une situation financière longtemps précaire.1.Cet article est paru dans la Rctue des Cercles d'études d'Angers, 12e année, déc.1951 et janv.1952.OCTOBRE 1953 55 Julien, né en France, ne connaîtra qu’en 1917, au cours d’un rapide voyage, le pays de ses ancêtres, qui l’accueillera durant les années de l’occupation.Alors que sa mère ne parvint jamais à parler très correctement le français, notre langue fut toujours et demeure sa « langue maternelle » : il n’écrit que difficilement en anglais : « J'ai beau avoir appris l’anglais dans mon enfance et n’avoir jamais cessé de le parler depuis, je ne puis écrire en cette langue sans me dire que j’essaie de mettre un vêtement qui n’est pas fait pour moi ; ce vêtement me gêne et j’ai conscience de le porter moins bien qu’il ne faudrait.C’est un vêtement qui me serre.Ma robe de chambre, mon costume de tous les jours, celui dans lequel je me sens heureux et libre, c’est le français» (Journal, II, p.185).Et il dira que « la France l’a aidé à établir une sorte d’équilibre entre les éléments contradictoires » de son hérédité, où il retrouve « une proportion de sang irlandais, écossais et anglais.» (id., II, p.169-170).Il fit ses études secondaires au Lycée Janson de Sailly ; en 1916, i' se convertit au catholicisme (sa famille était protestante, et sa mère, très pieuse, lui fit lire très tôt la Bible).En 1917, il s’engage dans l’armée américaine, et à sa démobilisation, il a une grave crise spirituelle, discrètement évoquée dans son Journal à la date du 30 mars 1941 : «Il est une seconde où notre destinée toute entière se dessine, mais cette seconde est le fruit d’une longue série d’actions dont nous ne voyons pas qu elles sont liées entre elles par un secret enchaînement.Je vois bien, ou je crois voir, le moment qui a décidé mon sort.C’était il me semble, en avril 1919, par une belle après-midi tiède, alors que je revenais d’un salut.En remontant l’escalier de la crypte (de la chapelle de la rue Cortambert) je me suis arrêté un instant sur une marche, le cœur débordant de tristesse à l’idée du monde que j’allais quitter, ainsi que tout ce qu'il aurait pu me donner et que je refusais pour me retirer dans un monastère.Dieu sait ce qui se passa en moi à cette minute.Tout à coup, je sentis se formuler en moi le « grand refus » qui devait prêter à ma vie un aspect si particulier.Un poids immense me fut ôté au même instant : c’était le poids de la croix.» (III, p.83-84) Désormais la vie de Julien se confond avec son œuvre tandis qu’il compose péniblement et lentement au prix de mille reprises et de douloureuses hésitations, ses sombres romans, il note, au jour le jour, ses impressions dans un « Journal » dont il publiera de larges extraits.Nous pouvons ainsi, par une série de recoupements très curieux, suivre sa pensée et son évolution, journal et romans se prêtant un réciproque éclairage.Du point de vue spirituel, il semble que Green, de 1920 à 1935, sans jamais renier le catholicisme, à qui il s’est donné, « une fois pour toutes, en 1916, sans esprit de retour» (Journal V, P.130), 56 » LECTURES ait vécu dans une indifférence assez libre ; l’influence de Gide, à qui le lie une amitié qu’il ne reniera jamais, n’y est sans doute pas étrangère.Vers 1935, Green est très tenté par le Bouddhisme ; mais il se remet à lire la Bible (reprenant l’étude de l’hébreu pour étudier l'Ancien Testament dans la langue originale), et commence alors, aidé par l’affection des Maritain et de quelques religieux dont il fait ses amis, une lente évolution spirituelle, qu’accentueront les événements de 1940 : « je revins lentement à l’Eglise » a-t-il écrit, et il date d’avril 1939 cette «conversion» (Journal III, p.71-73) : «Je suis passé d’un plan à un autre, ou plutôt j’ai franchi une porte (au printemps 1939).Peut-être vue de l’extérieur, ma vie n’a-t-elle changé en aucune façon — et c’est ce qui rend la chose si difficile à comprendre — mais par le dedans je suis devenu autre.Je fais les mêmes gestes, mais ce n’est plus la même personne qui fait ces gestes.Ma responsabilité est plus grande» (III, p.115).Il confiera encore : « A partir de 1928, je ne priais presque plus.J’essayai, sans y réussir, en 1933, puis, avec plus de succès, en 1937» (III, p.149).Peu avant l’armistice, Green quitte la France envahie et gagne les Etats-Unis, par Bordeaux, Irun et Lisbonne.Il passera les années d’occupation à Baltimore, chez des parents, pensant sans cesse à Paris occupé.En 1942, il est quelques mois mobilisé ; mais l’armée américaine ne sait trop quoi faire d’un soldat si différent des autres ; le 31 décembre 1942, il est renvoyé dans ses foyers.A la fin de septembre 1945, il retrouve Paris « comme on retrouve la maison de ses parents.» (IV.p.229).Peu d’œuvres littéraires sont aussi révélatrices de leur auteur que celle de Julien Green.Une lecture attentive de son Journal et de ses romans permet une étonnante connaissance — l’expression « pénétrer dans l’intimité » n’est pas de trop — de cette âme délicate et inquiète.Au point qu’il devient presque gênant d’en parler ; on se sent lié comme par une confidence.Non que son journal, soigneusement revu avant d’être livré à l’impression, tombe dans cet « exhibitionnisme» que Green réprouve justement chez nombre de contemporains.Mais parce que le journal donne la clef des romans en même temps qu’il révèle l’étrange et morbide climat psychologique où ils ont été conçus.D’où le mot de Green : « Mon vrai journal est dans mes romans» (V.p.212).Car ces romans, où étrangement l’auteur est mené par les personnages qu’il crée au point de ne pouvoir décider d’avance ce qui arrivera et d’être obligé de renoncer au plan qu’il s’est d’abord tracé, nous livrent la vie intime de leur auteur.«Je ne puis écrire que ce qui est en moi.C’est là ma faiblesse et ma force» (V.p.63).Et d’une façon plus claire encore : « Pour ma part, je n’ai jamais pu me servir dans mes romans de ce qu’on trouve dans mon journal.Il n’y a que ce que je passe sous silence qui s’exprime dans mes romans (c’est même pour cela que mon vrai journal se trouve enfoui dans ce que j’invente) » (V.p.70-71).OCTOBRE 1953 57 N’en concluons pas — ce serait hâtif et injuste — que le journal nous livre un visage, composé et factice, une sorte de Green idéal, tandis que le* romans, seuls, trahiraient l’authentique personnage.La vérité est autrement complexe : c’est l’univers morbide et affreux où se débat Green que nous révèlent ses romans, tandis que son journal nous dit ses réactions d’homme et de chrétien aux prises avec cet univers.Le drame où il se débat, et qui, parfois, le conduit aux limites du désespoir, à ce « cauchemar de la neurasthénie » dont il parle quelque part (V.p.187) nous est révélé dans sa noirceur et son déséquilibre par les romans ; le journal le suppose toujours, sans se hasarder à le décrire autrement que par de fugitives allusions — trop claires, hélas ! pour qui a lu ses romans.Car, on n’en peut douter, il y a un drame dans la vie de Green.11 a écrit, tout récemment, ces deux passages qui, rapprochés l’un de l’autre, nous aideront à le préciser : « Entre mes grands parents et moi, pendant toute mon enfance, il y a eu l’espèce de barrage que faisaient mon père et ma mère, qui menaient une vie admirable.C’étaient, à leur manière, des saints.Ils me protégeaient, me cachaient à moi-même.Eux morts, j’ai été livré à l’être que je suis devenu, et cela n’est pas fini, parce qu’on n’arrive jamais à bout de se découvrir.II y a eu, à un moment, une sorte d’interruption massive de l’hérédité dans mon être.Manie religieuse et le reste.Je suis l’aboutissement de tous ces instincts.A certains jours une sensation d’être écrasé.Dieu sait tout cela, a permis tout cela» (29 mars 1950 — V.p.353) « Je crois que tous mes livres, si loin qu’ils puissent paraître de la religiosité ordinaire et reçue, n’en sont pas moins religieux dans leur essence.L’angoisse et la solitude des personnages se réduisent presque toujours à ce que je crois avoir appelé l’effroi d’être au monde sous toutes ses formes» (29 octobre 1949 - V.p.312).Cet « effroi d’être au monde », n’est-ce pas ce que l’éducation très affectueuse de sa famille a caché à Julien Green, et qu’il a subitement découverc à l’âge de 20 ans ?Sentiment complexe, fait d’angoisse métaphysique et de crainte physique, dont une des composantes fut sans doute la prise de conscience d’une hérédité chargée.Nous avons cité la note révélatrice du 29 mars 1950 ; le 9 janvier 1947, Julien avait été plus net encore, et plus brutal dans la confidence : « J’ignore à peu près tout de mes arrière-grands parents ; mes grands parents mêmes n’ont rien livré de leurs secrets (ils en avaient, nous en avons tous).Entre ces inconnus et moi mes parents qui étaient d’une bonté exceptionnelle formaient une sorte de barrage moral, mais, derrière eux, assez loin derrière eux, que de neurasthéniques murés dans leur idée fixe, parlons plus franchement, que de fous ! Souvent pensé que j’ai gardé mon équilibre en écrivant mes histoires» (V.p.86).Un tel texte, rapproché de celui qui est mentionné « le cauchemar de la neurasthénie » suffit à expliquer l’atmosphère des romans de Green.Il faut analyser avec quelque détail, — mais quelle délicatesse est requise en pareille matière ! gardons-nous d’oublier la profondeur 58 LECTURES du sens métaphysique, la délicatesse de sensibilité, l’exquise finesse du sentiment religieux de cet auteur, qui est notre contemporain.On ne livre pas à la brutalité du psychiatre les confidences murmurées dans une chambre de prêtre ! — cet « effroi d’être au monde » pour comprendre l’œuvre de Green.11 comporte d’abord, avec la terreur du lendemain incertain, la hantise de la mort.Green parle quelque part du « charme de la mort» (I.p.122); mais ce charme est celui d’une douleur lancinante qu’on sait impossible à éliminer.« Du jour où, vers ma vintgième année, je me suis rendu compte que la mort viendrait me chercher à mon tour, ma vie a été comme empoisonnée.Il m’a semblé la voir à chaque tournant de route, rôdant autour de ce que je chérissais le plus» (III, p.112).Cette découverte de la mort « comme un événement auquel il n’échapperait pas » fut pour Green une espèce de révélation intérieure dont « il pense ne setre jamais remis » : il en a noté le lieu précis : dans le jardin de son oncle en Virginie (III, p.160).Cette «terreur de la mort» hante les personnages de Green, et constitue le climat de ses romans, qui, tous, se terminent par un assassinat ou un suicide : Adrienne Mesurât tue son père ; Emily, de Mont-Cinère, après avoir voulu tuer sa mère et la petite fille de Frank, se suicide en mettant le feu à la maison ; et l’on sait comment se termine Moira : tous ces gestes de fous sont comme une explosion irrépressible d’une hantise de mort et de destruction.Mais, en contre-partie, ce sens de la mort comporte un émer-\cillement devant l’existence, un émoi de tout l’être devant la beauté d’un visage, devant un rayon de soleil, une feuille qui remue, ou plus simplement ces explosions de joie irraisonnée qui ifradie, sans cause apparente, le visage et le cœur : « Quelquefois je me sens si heureux d'être en vie que je chante tout seul» (V.p.294).Et Green nous a fait confidence de certains de ces éclairs de joie : « Hier, par le plus beau temps du monde, je me suis promené dans la rue de Passy.Je me sentais heureux d’une façon tout à fait déraisonnable, c’est-à-dire que je ne m’expliquais pas d’où venait cet étrange bonheur qui me donnait envie de rire tout seul.En passant devant la maison que nous habitions autrefois, je me suis souvenu de mes nuits de terreur, alors qu’il sortait quelque chose du réduit qui se trouvait dans notre chambre et que ce quelque chose d’indescriptible faisait le tour de mon lit» (I.p.212).Ou encore: «Avant-hier, en traversant la rue du Bac, j’ai éprouvé pendant une ou deux secondes, pas plus, cette indescriptible sensation de bonheur dont j’ai parlé.Le monde s’est aboli autour de moi et avec le monde le temps, ce cauchemar.Je me demande quelquefois si ce n’est pas là comme un avant-goût de la vie éternelle, une sorte d’irruption de l’éternité dans le temps.» (V.p.219).Ces explosions irraisonnées de joie révèlent, en effet, à celui qu’accable la caducité de ce monde qui passe, de cette vie qui s’écoule et qu’un rien suffirait à anéantir, « la proximité d’un autre monde » octobre 1953 59 (II, p.47).A la place de l’éphémère qui déçoit, le stable qui demeure.Green est sans cesse tendu vers Dieu, qu’il aime à nommer, de son nom biblique, l’Eternel.Et dans la Bible qu’il relit sans cesse, il s’attache à cette immutabilité de Dieu, vers laquelle il aspire, dans un complexe élan d’authentique espérance et d’équivoque négation du monde : « Ce nom d’Eternel est le plus beau qu’on ait donné à Dieu.On peut y réfléchir jusqu’à perdre le sentiment du monde extérieur et je crois que, d’une certaine façon, il est en lui-même une voie qui mène à Dieu.Si nous cherchons l’Eternel dans le monde sensible, nous voyons s’évanouir à nos yeux toutes les manifestations de la matière, ce qu’il y a de plus solide avec ce qu’il y a de plus ancien, jusqu’à ce que nous arrivions aux limites de l’imaginable dans tous les domaines possibles.Quand j’étais encore enfant, je réfléchissais quelquefois au sens de l’expression for ever anil ever que les Protestants ajoutent à la fin du Pater, et ces mots finissaient par me donner une sorte de vertige mental, comme si, à condition d’aller toujours plus loin dans ce sens, on arrivait à quelque chose d’inexprimable, quelque chose qui n’existait pas et dans lequel on tombait.» (II, p.106-107).Expérience « mystique » ou crise pathologique : il y a sans doute de l’un et de l’autre, inextricablement mêlé, dans de tels états de conscience.Car ces crises d’cflroi ou ces joies inexplicables retentissent profondément sur le psychisme et la sensibilité nerveuse de Green.De l’hvperémotif, on retrouve en lui les traits connus : penchant à l’évasion, tendance à s’échapper du présent pour se réfugier dans le rêve, imagination très développée et parfois délirante d’angoisse et peur panique, solitude, crises cyclothymiques de dépression.« Seul à Stockholm, écrit-il le 24 août 1938, j’ai eu une crise de neurasthénie (quel autre nom lui donner ?) qui m’a rappelé l’angoisse que j’ai soufferte à Naples, il y a trois ans, alors qu’en plein bonheur je me suis senti envahi tout à coup par un absurde et indescriptible désespoir.Dans ces moments-là, je n’ai d’autre ressource que de marcher à travers la ville jusqu’à ce que la fatigue ait raison de moi » (II, p.148).Les personnages des romans de Green présentent les mêmes signes pathologiques : inoccupés et rêveurs, ils sont sujets à de brusques crises de tristesse ou de joie, vivant ces sentiments avec un paroxysme et une soudaineté inexplicable : « Et maintenant, malgré son inquiétude et la frayeur qui la faisait regarder autour d’elle dans sa chambre mal éclairée, (Emily) éprouvait une joie étrange qui grandissait au fond de son cœur» (Mont Cinère, p.52).Leur solitude développe ce goût dangereux de la rêverie, qui, souvent, sous des apparences amorphes, s’exalte en irrépressibles désirs ou en passion qui occupe tout le champ de la conscience.« Le désir de posséder la chambre de sa sœur domina la jeune fille d’un seul coup et tout entière, et, par une absurdité de ce cœur qui s’était formé dans l’ennui et s’affolait subitement, elle fut possédée de ce désir à un tel point qu’elle 60 LECTURES en venait parfois à perdre de vue ce qui faisait qu’elle voulait cette chambre et qu’elle passait la journée sans songer à Maurecourt» (Adrienne Mesurât, p.30).Parfois une crise subite éclate, sous l’impulsion violente de l’instinct, et c’est le geste homicide : Adrienne Mesurât précipitant son père, Joseph étranglant Moira, Emily se jetant sur l’enfant de son époux : « Brusquement, elle baissa la tête et vit l’enfant sur les genoux de Frank.Son visage changea.Avant qu’on eut le temps de l’en empêcher elle se laissa tomber sur la petite fille et lui étreignit la gorge de ses mains » (Mont Cinère, p.268).Nous sommes dans un univers de cliniques psychiatriques.(A suivre) COLLECTION “REVE ET VIE" Dernier paru : LE CALVAIRE DE G.de Francheville Un roman à thèse: le mariage mixte au Canada 150 pages $1.25 (par la poste $1.35) Déjà parus : RISQUES D'HOMMES, R.Legault, 248 pages, $1.50 (par la poste $1.60) AICHA, L’AFRICAINE, J.Hébert, 150 pages, $1.25 (par la poste $1.35) PIEDS NUS DANS L’AUBE, F.Leclerc, 242 pages $1.25 (par la poste $1.35) DIALOGUES D’HOMMES ET DE BETES, F.Leclerc, 228 pages, $1.50 (par la poste $1.60) THEATRE DE VILLAGE, F.Leclerc, 200 pages, $1.50 (par la poste $1.60) ALLEGRO, (fables), F.Leclerc, 200 pages, $1.50 (par la poste $1.60) ADAGIO, (contes), F.Leclerc, 200 pages, $1.50 (par la poste $1.60) ANDANTE, (poèmes), F.Leclerc, 200 pages, $1.50 (par la poste $1.60) LA PLUS BELLE CHOSE DU MONDE, M.Le Normand, 198 pages $1.00 (par la poste $1.10) LE MYSTERE DES TROIS ROCHES, A.Ber, 176 pages, $1.50 (par la poste $1.60) LES BREVES ANNEES, A.Thério, 173 pages, $1.25 (par la poste $1.35) FIDES — 25 est, rue Saint'Dcnis, Montréal — PL.8335 OCTOBRE 1953 61 3157 NOTICES BIBLIOGRAPHIQUES Littérature étrangère RELIGION Spiritualité SHEEN (Mgr Fulton J.).Dépassons-nous ! Lift Up Your Heart.Traduit de l’américain par l’abbé L.Brevet.Mulhouse, Editions Salvator, 1953.318p.h.-t.20cm.$1.55 (par la poste $2.60).TB Dépassons-nous ! de Mgr Sheen que le public américain connaît bien, n’a pas la limpidité et la clarté d’un ouvrage de théologie, de philosophie ou de mystique émanant du cerveau et de la plume d’un Français ou d’un Latin.Il n’a pas non plus l’aisance percutante des écrits de Wiseman ni de ceux d’Hilaire Belloc qui vient de mourir.L’auteur est d’avis que de nombreux contemporains de bonne volonté adhéreraient à l’Eglise, à ses dogmes et à ses enseignements s’ils connaissaient la vie personnelle du Christ, son magistère et sa doctrine.Une note publicitaire précise que «ce sont les étapes de cette ascension que décrit Dépassons-nous ! en des pages exaltantes, mystiques et pratiques, optimistes et réalistes ».Cette « synthèse de l’idéal chrétien, vu et présenté par un prélat américain qui connaît son temps et parle la langue de son temps » n’est pas dans le ton habituel des écrits de Mgr Sreen : il est beaucoup plus philosophique que les autres.L’auteur y traite longuement de l’existence en chacun de deux personnalités qui se combattent, s’entraident et se neutralisent tour à tour : le « je » et Mgr Fulton J.Sheen le « moi ».Le « je », ajoute-t-il, est en nous l’enfant gâté ; le « moi », notre personnalité créée à l’image et à la ressemblance de Dieu.L’auteur définit ensuite ces deux tendances, traite des ater-noiements du « je » et en peint les déchéances.Le cinquième chapitre, intitulé la Philosophie du plaisir, est d’un réel intérêt.Suivent d’autres chapitres de haute mystique, où la note humaine s’insère en filigrane.Les démonstrations se font alors plus lumineuses et les exemples sont pris dans la vie quotidienne.Le dernier chapitre vaut à lui seul tout le bouquin.Il s’intitule : le Lévrier du ciel.62 LECTURES Ces pages constituent une magnifique synthèse de la pensée de l'auteur.Mgr Sheen y cite abondamment le poète Francis Thompson et émaillé son texte d’exemples frappants.L’ouvrage, traduit par l’abbé L.Brevet, l’a été avec une haute compétence.En notre Amérique tourmentée et pragmatique, il fait bon rencontrer un pécheur d’hommes de la trempe de Mgr Sheen.A l’heure où les formules publicitaires sont mises au service de toutes les idéologies et de toutes les faussetés, il est consolant de voir l’effort de l’auteur et de son équipe pour faire pénétrer la doctrine catholique dans les milieux anglo-saxons ou tout au moins dans les divers milieux américains anglophobes.Lnfin, il est réconfortant de constater que le zèle, l’esprit d’initiative et le talent de ce héraut du Christ qu est Mgr Sheen produisent déjà des fruits.Rodolphe Lapi.ante LITTERATURE Ecrits divers CHATEAUBRIANT (Alphonse de).Fragments d'une confession.Paris, Desclée de Brouwer £c 1953}.119p.17cm.TB Les pages intitulées Fragments d'une confession font partie du Journal méditatif qu’AIphonse de Chateaubriant rédigea entre les années 1945 et 1951, année de sa mort, et qui, sous le titre Itinera-rium ad lumen divinum, constitue le tome second de la Lettre à la chrétienté mourante, parue chez Bernard Grasset.En écrivant ces pages, l’auteur a voulu raconter en détail l’évé- nement spirituel bouleversant qui, en janvier 1915, fut à l’origine de cette marche difficile et douloureuse qui allait conduire l’écrivain jusqu’aux certitudes du Dogme.Alors qu’il traversait l’Ar-gonne à la tète d’un petit détachement, Alphonse de Chateaubriant fut gratifié d’une apparition céleste qui lui dit : « Tu t’oublies aujourd’hui plus que tu ne t’oubliais autrefois.Mais tu ne t’oublies pas suffisamment encore.Tu t’oublieras davantage.puis encore davantage.Puis quand tu te seras oublié toujours plus et toujours plus encore tu finiras par trouver l’amour.Et quand tu auras trouvé l’amour, tu aimeras toutes choses sans distinction, car il n’y a pas de distinction entre les choses : tu aimeras jusqu’à cette boue dans laquelle tu marches.» L’écri- Livre-film LA FILLE DES MARAIS (Maria Gorctti) (Co-édition Fidcs-Mamc) 88 pages — 35 photos $1.35 (par la poste $1.40) FIEES 25 est, Saint-Jacques Montréal — PL.8335 OCTOBRE 1953 63 vain confesse avoir mis vingt-cinq ans à pénétrer le sens profond de ces mots et avoue que l'histoire de sa vie est l’histoire des années pendant lesquelles il dut suivre heure par heure exactement le chemin qui le menait à l’explication du sens de ces paroles.On ne saurait lire pages plus émouvantes et d’un art plus achevé que celles où le grand converti a consigné les étapes de son ascension vers la Lumière.Le long et rude travail de déblaiement qu’il a dû assumer pour se désem-combrer l’esprit de tout le fatras d une science orgueuilleuse représente un admirable effort de fidélité à la Voix intérieure et un exaltant exemple de sincérité envers soi-même.Pierre Villeneuve GAUTHIER (Emmanuel).Le génie satirique de Louis Veuillot.Lyon, Emmanuel Vitte, s.d.478p.22.5cm.TB Un éditeur nous déclarait un jour que Louis Veuillot n’était plus actuel et qu’on ne pouvait pas recueillir de lui quelques centaines de pages permanentes.Cet éditeur se mit en frais de colliger pour fins d’édition une anthologie de l’œuvre immense du célèbre fondateur de l’Univers.Il nous avoua ultérieurement qu’il était débordé par les belles pages dont l’actualité et la fraîcheur ne s’étaient aucunement altéré avec le temps.M.Emmanuel Gauthier publiait récemment un splendide ouvrage consacré à Louis Veuillot, en s’appuyant sur les œuvres complètes de ce dernier, colligées par son neveu, M.François Veuillot, qui vient de mourir.Rares sont les etudes critiques aussi objectives de l’œuvre du grand polémiste.Certains l’ont honni, vilipendé et ont tenté de le rapetisser ; d’autres, allant jusqu’au fanatisme, l’ont exalté de façon dithyrambique et c’est d’eux qu’on a pu écrire qu’ils constituaient la phalange des veuillotistes.Il ne faut pas oublier pour autant que des critiques sagaces ont rendu hommage à Veuillot et, parmi eux, Jules Lemaître qui était alors incroyant.II écrivit un jour: « Quelle sorte d’homme suis-je donc pour aimer à la fois et peut-être également Voltaire et Louis Veuillot?» Mais, à l’exception de Lemaître, peu d’écrivains non catholiques contemporains de l’auteur des Parfums de Rome surent rendre hommage au talent et à la verve de l’écrivain.Depuis lors, le temps a fait son œuvre.L’école de Louis Veuillot est morte ou quasi.Son œuvre est aujourd’hui décantée et seul le monument reste.Le grand mérite de l’ouvrage de Gauthier est d’initier les jeunes avec impartialité et bienveillance à l’œuvre du Maître, tout en les invitant à se placer dans la perspective et sous l’angle de la vérité.M.Gauthier est, croyons-nous, l’un des premiers critiques catholiques qui ose formuler des réserves sur les outrances commises par Louis Veuillot.Nous terminons la lecture de ce volume convaincu du talent génial du journaliste, mais rassuré de ce qu’un écrivain bienveillant ait eu le courage de souligner quelques-unes des erreurs de jugement du satiriste catholique, certaines attitudes discutables, certains jugements controuvés.Louis 64 LECTURES Veuillot dont la formation première fut assez sommaire demeure cependant un classique et, comme l’écrivait Paul Bourget, il a «la perception instinctive et comme infaillible de la valeur exacte des mots ».M.Gauthier étudie d’abord la pensée politique de Veuillot.Il montre l’attitude de l’écrivain devant le régime libéral, les critiques qu’il en fit et les louanges qu’il lui décerna.Veuillot eut une tendance à l’absolutisme ; il fut tour à tour partisan de la monarchie et de 1 Empire de Napoléon III.Les expériences de la république auxquelles avait assisté l’auteur l'avaient rendu sceptique sur la viabilité de cette forme de gouvernement.Il lança épigramme sur épigramme contre la république et crut de bonne foi que ce mode de gouvernement était tabou.Veuillot exerça aussi sa satire contre la science, contre le progrès industriel.Il défendit la noblesse, lui roturier, comme pas un noble ne l’avait fait.Il était partisan des classes sociales tranchées.Il condamna le théâtre avec une implacable sévérité.II aima la critique littéraire et regretta toute sa vie de ne pouvoir s’y adonner.Il défendit la langue française.M.Gauthier prétend que Veuillot fut injuste et dur pour beaucoup d’écrivains français, entre autres Victor Hugo et Lamartine.Veuillot n’était l’homme d’aucun compromis.II ne voyait que l’Eglise, sa mission, ses hérauts.Il fut sévère pour ses adversaires qui le lui ont bien rendu.Mais il a atteint dans beaucoup de ses jugements à une valeur d’universel que les catholiques ne devraient pas ignorer.Nous avons cru de- voir, à larges traits, délimiter le contenu de l’ouvrage de M.Gauthier.On sera frappé de la sincérité, de l’objectivité et de l’impartialité de l’auteur qui a su dégager de l’œuvre considérable de Veuillot les scories qui la déparent, nous en souligner certaines contradictions, quelques outrances.Le lecteur du Génie satirique de Louis Veuillot concevra pour le grand défenseur de l’Eglise une admiration nouvelle et mieux informée.Que ceux qui, en 1953, croient désuète l’œuvre de Veuillot lisent le magnifique ouvrage de Gauthier et ils seront entraînés à prendre connaissance des œuvres de cet écrivain dont beaucoup n’ont pas vieilli, même si ses Mélanges, recueil d’articles de journaux, sont trop exclusivement d’une époque par les personnages qui y participent.Rodolphe Lapi.ante MOURRE (Michel).Charles Maurras.Paris, Editions Universitaires [c 1953}.144p.h.-t.17.5cm.(Coll.Classiques du XXe siècle, no 5).B?Comme il le dit expressément dans son Introduction, M.Michel Mourre n’a pas voulu écrire une critique de l’œuvre maurassienne.Une lecture, même hâtive et superficielle de son étude, suffirait d’ailleurs à nous en convaincre.Ce qu’il a dit du vieux « Socrate français», il l’a dit avec le seul souci de ne pas atténuer les fortes passions de son héros qui furent celles de la Vérité, de l’Ordre et de l’Etre.Malheureusement, ce que tait l’auteur, c’est son dessein de concilier l’inconciliable, en tentant une interprétation catholique — assez maladroite et subjective, il octobre 1953 65 (Photo Ariane Mourre) Charles Maurras va sans dire — des principes de base du maurassisme.A la lumière de citations habilement choisies, M.Mourre a beau jeu de prouver en un tournemain que le nationalisme maurassien — dont Bernanos a institué la critique morale — n’est point « une déification de la race, mais la reconnaissance d’une commune hérédité historique et spirituelle».Que Charles Maurras, au début de ce siècle, ait voulu défendre les éléments et les protecteurs de la dignité humaine, qu’il ait été animé par une haute et farouche passion de la liberté, qu’il ait lutté héroïquement contre le romantisme dont l’abandon à « la vie » représentait à ses yeux un renoncement à l’intelligence désormais réduite au rôle de « simple adjuvant de la sensibilité», nous en convenons volontiers.Mais que la mission platonicienne que se donna Maurras ait été beaucoup plus qu’un rêve utopique et son combat politique autre chose qu’une série de gestes incendiaires destinés à rétablir la hiérarchie et la logique, voilà qui est difficile à admettre.Le grand mérite de l’auteur de Quand les Français ne s'aimaient pas est d’avoir été, comme l’écrit Henry Bordeaux dans la préface, « un de ces maîtres qui, pour la France, se sont désintéressés des ambitions, des profits et des honneurs ».Quant au rêve de Maurras de rallier les hommes de l’intelligence à une pensée commune pour restaurer la cité et préparer le retour du chef légitime, le roi, il ne manqua pas de grandeur.Richard Varin ROBICHON (Jacques).François Mauriac.Paris, Editions Universitaires £c 1953J.148p.h.-t.17.5cm.(Coll.Classiques du XXe siècle, no 7).TB On a déjà beaucoup écrit sur l’œuvre de M.François Mauriac et la récente attribution du Prix Nobel à l’auteur de la Pbarisienne n’est pas de nature à bâillonner le chœur fervent des admirateurs du romancier.A la suite de beaucoup d’autres, la voix de M.Jacques Robichon tente d’inocculer à un vaste public le virus d’une admiration qui, fort heureusement, n’a rien de l’emballement aveugle, si déplorable lorsqu’il s’agit de hisser sur ie pinacle un écrivain dont le christianisme ne fut jamais de tout repos et dont les mobiles restent discutables.Mauriac avoue quelque part qu’il écrit pour se délivrer de ses poi- 66 LECTURES François Mauriac ^ WMF sons.Pareil mobile, on en conviendra, s’il est unique, demeure nettement insuffisant.Et il n’est pas étonnant que M.Robichon ait cru devoir appliquer au roman mauriacien ce que le romancier lui-même écrivit du monde charnel et païen de Colette, à savoir que l’œuvre de Mauriac fait penser à « ces égouts des grandes villes qui, tout de même, se jettent dans le fleuve et, confondus avec lui, atteignent la mer.».L’auteur de cette septième étude de la collection Classiques du XXe siècle met l’accent sur l’ascendance romantique de M.François Mauriac.Il écrit dans 17;//ro-duction : « Ce classique par la démarche et par l’esprit, intime de Biaise Pascal et de sa sœur Jacqueline, élève de Fénelon quand il s’agit de l’éducation des filles et de Bossuet pour traiter de la concupiscence en 1930, est en réalité le dernier des romantiques français par le cœur et l'inspiration, héritier — par l’entremise de Charles Baudelaire, Rimbaud et Barrés — du monologue de Chateaubriand, de Rousseau et des Méditations.Le sentiment de la nature, l’idée de destinée chez l’homme, celle de la nature déchue et rédimée, la fin de la vie qui est la fin de la nuit : tout un romantisme à forme chrétienne baigne l’œuvre mauriacienne, l’alimente et, sans lui, sa galerie, ses paysages, ses odeurs, ses arrière-plans ne s’imaginent pas.» (p.12) A l’instar de plusieurs autres critiques, M.Robichon met le doigt sur l’impuissance de Mauriac à peindre l’âme restaurée par la Rédemption et à évoquer les cheminements obscurs de la Grâce.Les Anges noirs où l’engagement chrétien est très clairement posé, G ali gai et le Feu sur la terre sont les romans que le critique retient comme pièces à conviction.Et il conclut que « l’engagement selon Mauriac n'est pas plus rentable que l’engagement selon Jean-Paul Sartre ».A en croire M.Robichon, Mauriac est un romancier inexorablement voué à la peinture de l’homme-monstre qu’il a apprivoisé, et irrémédiablement « hanté par une race insatiable, orgueilleuse et cruelle».Nous présumons que cette opinion rencontrera assez facilement l’assentiment du créateur de Thérèse Desqueyroux et que ce dernier saura gré au critique d’avoir tenté la justification d’une aussi noire peinture de l’homme.Daniel Rivard octobre 1953 67 *** Vu maître d'aujourd'hui : J eau Calvet.Paris, J.de Gigord £1952}.221p.22.5cm.TB A l’occasion de son double jubilé de sacerdoce et de professorat, Mgr Calvet se voit gratifié d’une généreuse guirlande d’hommages et de souvenirs.Que ce soit de la part du Saint-Père ou de ses nombreux amis, grands écrivains, confrères ou même simples étudiants, tous les témoignages consignés dans ce bouquin sont autant de reflets de la personnalité vraiment marquante du jubilaire.Mgr Calvet, en tout temps et sans défaillance, a compris que son rôle de prêtre-professeur était éminemment sacerdotal.On nous présente tour à tour le prêtre et l’homme de cœur, l’écrivain, l’orateur et le savant capable d’un travail intense et méthodique malgré une précoce cécité et les tâches onéreuses de doyen des Lettres et de professeur à l’Institut Catholique de Paris sous l’occupation.Inévitablement, dans une pareille présentation, nombreuses sont les redites et les louanges, que n’excuse que la ferveur d’une juste admiration, semblent excessives.Certaines pages valent la peine d’être soulignées : celles de G.Venzac, traitant de l’unité de vie sacerdotale chez Mgr Calvert, ou de G.Bernoville et L.Chaigne dont chaque ligne est dictée par une amitié et un enthousiasme bien sentis.Mgr de la Serre nous décrit ce « maître d’aujourd’hui » comme l’humaniste chrétien qui a tenu sans cesse ses antennes ouvertes sur tout ce qui fait l’hon- V v-.-H Mgr Jean Calvet (Portrait gravé par Decaris) neur de l’humanité, et note qu’il fut non seulement un auteur, mais plus un homme (il est à remarquer que le mot n’est pas attribué ordinairement à La Bruyère, mais plutôt à Pascal !.).Jean Morien-val, dans l’analyse qu’il fait de l’ouvrage au titre trop discret de Mgr Calvet, les Livres au jour le jour (1908), explique de la façon la plus heureuse comment l’illustre professeur de lettres entendait l’art de « renouveler les choses connues et de vulgariser les choses neuves ».Egalement lumineux l’article d’André Combes : l'Historien de la littérature religieuse.Et c’est ici, à notre avis, que Mgr Calvet a vraiment fait figure de novateur : il a introduit, en particulier par ses études approfondies sur Bossuet et Vincent de Paul, la littérature religieuse dans l’enseignement de la littéra- 68 LECTURES ture française.Ce faisant, il indiquait qu’il est impossible de connaître et d’apprécier adéquatement la pensée française si l’on se refuse à y inclure des théologiens, des spirituels, voire des saints.Rol.-M.Charland, c.s.c.Romans BARBIER (Elisabeth).Julia I ernet de Mogador.Roman.{Paris} René Julliard {c 1953}.637p.20.5cm (le Cercle du Livre de France).$3.85 (par la poste : $4.25) B?Nous vivons en des temps difficiles.Le monde moderne semble abandonné à la violence et, à la racine même de cette violence, l’on découvre le désespoir et la révolte contre Dieu.Cette tendance a certainement envahi le monde des lettres où les héros se présentent comme des complexes d’instincts impérieux et d’émotions violentes.Le personnage typique du roman moderne est traqué par la peur, criminel, couard, lassif.L'homme se trouve dépouillé de tout ce qu'il a de meilleur en lui ; il est seul en face de lui-même et de son destin.Evidemment, le caractère fondamentalement tragique de notre nature ne peut pas être nié.La souffrance et les épreuves sont inévitables parce que le mal est inhérent à la condition humaine.Pourtant on ne doit pas se laisser dérouter par ce mal qui pès-e si lourdement sur nous.Saint Paul et maints autres après lui ont toujours insisté sur la sérénité qui devrait caractériser notre pèlerinage terrestre.Tout en luttant contre ce monde nous appartenons à un autre ; à travers l’enfer de cette terre nous approchons des frontières du ciel.« Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ ».Ainsi nous avons tous le devoir de marcher vers notre destin avec la joie de l'espérance.II est réconfortant de faire connaissance avec les écrivains qui se placent dans une telle perspective ; ceux qui ne trahissent pas la cause qu’ils ont choisi de servir.Elisabeth Barbier est de ceux-là.Son dernier roman infuse un peu de fraîcheur dans la littérature désenchantée de notre temps.Julia Vernet de Mogador est l’histoire d’une jeune Provençale du XIXe siècle qui préféra quitter sa famille et s’abandonner totalement aux risques du mariage avec l’homme qu’elle aime plutôt que de céder à la volonté d’un père désireux de lui imposer un mari de son choix.Julia apprend alors que l’amour — et surtout l’amour noble et digne — est fondé sur la souffrance.Il n’y a pas de place pour les sentiments idéalistes dans sa vie avec Ru-dolphe ; le véritable amour est éprouvé au creuset de l’existence quotidienne.Rudolphe, bien que généreux et sincère, est souvent impétueux et pas toujours le meilleur époux ; il y a aussi les enfants avec les soucis qu’ils donnent, les maladies, une atmosphère de désarroi politique et la mort.Ce roman ne révèle rien d’extraordinaire, mais il y règne un authentique climat cîe grandeur.La langue de la romancière est limpide et pittoresque, son style passionné et puissant.Avec les faits les plus ordinaires recueillis octobre 1953 69 dans la vie de chaque jour, Elisabeth Barbier sait façonner une œuvre d’art de la plus pure qualité.Une œuvre magnifique dont la lecture fait du bien.Bernard G.Murchland, c.s.c.BRASILLACH (Robert).Six heurts à perdre.{Taris} Plon £c 1953}.262p.20.5cm.(le Cercle du Lit re de France).B?En 1943, au retour de sa captivité en Allemagne, Robert Brasillach dont le nom évoque l'un des drames les plus tragiques de notre temps, brossa dans Six heures à perdre un extraordinaire tableau de Paris sous l’occupation.Ce roman posthume, que le Cercle du Livre de France présente aujourd’hui à ses lecteurs, constitue un témoignage émouvant sur les misères de la guerre.Un prisonnier de guerre français rentre dans sa ville natale.Il arrive à Paris et il a six heures à perdre dans cette ville qui fut celle de sa jeunesse.II tente d’y retrouver une jeune femme dont son meilleur compagnon de captivité, Bruno Berthier, lui a souvent parlé.Bruno a rencontré Marie-Ange Oliver au début des hostilités, à l’occasion d’une permission dans la Capitale.Le souvenir qu’il a conservé de cette femme s’est peu à peu transfiguré dans la solitude du camp de captivité, au point meme de devenir en lui le symbole des jours heureux.A la libération de son ami, Berthier charge ce dernier de porter de ses nouvelles à celle qu’il aime toujours.A Paris, l’ancien prisonnier retrouve une Marie-Ange toute différente de celle dont lui parlait Bruno.A l’instar de beaucoup d’autres, la jeune femme doit vivre d’expédients dans ce monde baroque et inquiétant de l’occupation.Divorcée de son mari, elle a revu cet homme dur et méchant et a vengé sur lui la mort de son enfant.Cette intrigue dépouillée et directe n’est pour Robert Brasillach qu’un prétexte.A travers le drame d’une petite femme énergique, obstinée et lucide, c’est la tragédie d’une époque violente que ressuscite le romancier dans un style d’une incomparable pureté et avec un sens très éveillé de la psychologie.L’existence misérable et tourmentée de Marie-Ange a été commandée par la confusion et la misère du temps présent.Comme celle d’une multitude de Français, la déchéance de l’héroïne a été l’œuvre d’un monde sans âme, voué à un banditisme sans aveu et à un idéalisme dévoyé.Et c’est ce monde transformé en antre que Brasillach décrit avec une vérité hallucinante dans des pages qui portent la marque du « sang quotidien » qu’une nation fut appelée à répandre en des jours de colère dont la terrible leçon ne semble pas devoir porter fruit.Jean Champagne CAVIEZEL (F.W.) Oui.pour toujours.Un problème d’actualité : Amour et Religion.Roman.Traduit par Robert Stival.Mulhouse, Editions Salvator, 1952.323p.19cm.$2.50 (par la poste $2.65).B Autre roman à thèse dans la tradition inaugurée par Bourget, Oui.pour toujours constitue un plaidoyer en faveur de l’indissolubilité du mariage.On pourrait reprocher à l’auteur d’avoir alour- 70 LECTURES di certaines pages de son récit par des dialogues artificiels et d’avoir conservé un sous-titre par trop révélateur de son intention moralisatrice.A la décharge du romancier notons pourtant que ses personnages sont bien campés, ses descriptions soignées et l'ensemble de son livre d’une écriture élégante.Pourquoi M.Cavieze! cède-t-il au besoin de nous rendre ses héros franchement odieux ?Il semble bien que dans les cas de mésentente conjugale, surtout lorsque surgit le désir de séparation, les torts ne soient pas tous du même côté.Et cette mésentente peut naître, se développer, aboutir à un état de crise sans que la partie coupable soit nécessairement un monstre.L’intention évidente de l’auteur de O tu.pour toujours est de montrer que le mariage entre catholiques et même entre chrétiens, lorsque validement contracté et dûment consommé, exclut toute possibilité d’annulation du lien ou de divorce.Fort tie ce principe, le romancier évoque le drame d’un phtisique que son épouse abandonne et veut divorcer.En dépit de la banalité de l’intrigue, ce roman est naturel et fort émouvant.Ces pages font honneur à l’auteur par la portée morale du récit, la richesse des descriptions et la profondeur de l’analyse.La langue est exquise, le dialogue vivant et, à l’exception de quelques longueurs assez superficielles, le texte convaincant.M.Caviezel souligne avec pertinence les inconvénients d’ordre moral et familial du divorce et les perturbations sociales et na- tionales qu’il entraîne.Nous recommandons la lecture de ce roman à ceux qu’un récit simple, propre et utile peut intéresser.Rodolphe Laplantb DELLY.Given, princesse d'Orient.Paris, Tallandier [c 1953].254p.18.5 cm.TB L'orpheline de Ti-Carrec.Paris, Tallandier {c 1952}.253p.18.5 cm.TB On a beaucoup daubé le romanesque échevelé et puéril de Delly.Nous croyons sincèrement que l’on fut trop sévère.Mieux vaut, pour beaucoup, lire du Delly que d’absorber une littérature faisandée ou païenne, que de se meubler l’âme de phantasmes où prévaut le divorce et domine l’adultère.Que dire cependant de Given, princesse d'Orient et de iOrphe-line de Ti-Carrec ?Ils sont l’un et l’autre franchement décevants par la haute fantaisie de l’invention, l’invraisemblance du sujet et l’irréalité des personnages.Çes deux romans où triomphe le caprice d’une imagination débridée sont un défi à la logique.Il faut cependant convenir qu’ils ne présentent aucun danger moral même si, par le romanesque é-bourifïant qu’y étale la romancière, ils sont de nature à minimiser, dans les esprits peu informés, les périls du mariage mixte.R.L.DEM A IS (Jean).Papa belle-époque.Paris, Tallandier {c 1953}.252p.18.5cm.TB Papa belle-époque est un roman pouvant être mis entre toutes les octobre 1953 71 mains.Il s’apparente en tout point à ces ouvrages de fiction qui, parce qu’ils ne sont pas naturels ou du moins parce qu’ils ne tiennent pas compte de la vraisemblance, deviennent une invitation à la lecture d’ouvrages moins propres mais peuplés de personnages réels et vivant à notre époque.C’est l’histoire d’un professeur retiré, vieux jeu, démodé et routinier qui vit dans une petite ville de province avec son épouse et sa nièce-filleule adoptive.Un beau jeune homme surgit dans le pays, y croise accidentellement son ex-professeur est invité à dîner.Le coup de foudre se produit.Le nouveau venu invite la petite famille à faire un séjour au bord de la mer avec ses parents.Le jeune homme, il va sans dire, est fort riche.Or sa mère, après un premier mouvement de cordialité, se rend compte de l’amour naissant dans le cœur des deux jeunes gens et décide d’éloigner son fils, hile crie à la mésalliance parce que la jeune fille est sans dot.Mais — ô bienveillance de la Fortune! — le professeur gagne le gros lot à la loterie nationale et sa fille devient plus riche que son prétendant.Un beau mariage dénoue cette bluette.Papa belle-époque est un roman propre, mais nous croyons du devoir des critiques catholiques de dénoncer l’invraisemblance de toute cette littérature qui risque de dégoûter le lecteur.Il ne s’agit plus ici de la vie réelle, de personnages faits de chair et d’os, mais de peinture à l’eau de rose.Nous demandons grâce et prions les romanciers de prendre exemple sur Berthe Ber-nage dont l’œuvre demeure un modèle de santé et de réalisme.R.L.FROL.Les voies impénétrables.{Paris} Bonne Presse {1953}.189p.20.5 cm (Coll, le Ruban bleu, no 71).$1.00 (par la poste $1.15).TB Les voies impénétrables est un bouquin sans prétention, écrit avec simplicité et correction, et d’un constant intérêt.Une jeune enfant, à la suite d’un accident, est disgraciée.La mère humiliée confie l’éducation de la fillette à une parente qui l’élève dans des sentiments de noblesse et de grandeur d’âme.Un artiste s’éprend de la malheureuse et, oubliant sa disgrâce physique, songe à le demander en mariage.Il projette même de recourir à la chirurgie plastique, mais entre temps, un rival séduisant lui ravit son amour.Ce roman sort de la banalité ; il est frais et reposant.Moins conventionnel que la plupart des ouvrages de ce genre, il retiendra l’attention par la vraisemblance du récit.Ii s’adresse à tous, mais nous le recommandons particulièrement à ceux qui s’occupent de bibliothèques paroissiales, familiales ou scolaires.R.L.FIOLLE (Jean) .Hommes au bistouri.Les débuts du Docteur Castel.Roman.Paris, Segep {c 1952}.2 vol.19cm.(Coll, le Caducée).D Ce roman, écrit sous forme de récit autobiographique, raconte 72 LECTURES les débuts du Docteur Pierre Castel.L’auteur accompagne son héros à partir de son entrée à l’Ecole de Médecine jusqu’à son agrégation comme chirurgien des hôpitaux.L’étudiant veut vivre pleinement sa vie ; c’est du moins son idéal.Il fait preuve d’une ardeur au travail et d’une conscience professionnelle aussi admirables qu’exemplaires.Malheureusement, la vie morale du personnage n’a rien de très reluisant.Toutes les semaines, il s’accorde une bonne débauche : c’est prévu d’avance dans son programme ! Et les filles faciles ne manquent pas dans le milieu où il vit.Avec d’autres compagnons, il tente même de corrompre un jeune homme et le romancier ne perd pas l’occasion de rendre la chasteté ridicule.Le père du garçon porte plainte, mais un médecin âgé se fait le défenseur des libertins et du vice lui-même.On se fera donc un devoir de s’abstenir de la lecture de ce roman assez sordide et dangereux.Léon Baron, c.s.c.GIONO (Jean).Le moulin de Pologne.Roman.Illustré par Lomer Gouin.{Paris} Gallimard {c 1953}.268p.ill.20.5cm.(le Cercle du Livre de Prance).B L’on se rend compte que Giono affirme désormais une discipline plus assagie de ses facultés romancières.Lentement, il s’est désisté de certaines de ses idées chères qu’il exploitait jusqu’en ces derniers temps, idées d’ailleurs en partie trop utopiques que lui inspirait sa fantaisie livrée aux lubies du mythe et de la précio- Jean Giono sité.Aussi, a-t-il enfin maîtrisé sa plume au point de ne plus lui permettre de déverser cette pléthore de poésie qu’il dépensait avec prodigalité dans des descriptions successives et par trop luxuriantes.Telle est l’attitude actuelle de ce romancier élu dont la souplesse et la vivacité de talent peuvent autoriser de semblables évolutions dans la manière de concevoir et d'écrire un roman.Le Moulin de Pologne, son dernier, accuse donc une inspiration à la fois plus posée et plus dépouillée sans être pour cela moins puissante, et un style qui n’a rien perdu de son allégresse et de sa rutilance.Nous lui en savons gré\.C’était un tour de force que de »enir en si peu de pages la longue chronique des événements mal- octobre 1953 73 heureux dont le Destin accable le veuf Coste et sa descendance, jusqu’à la troisième génération.En effet, le Destin, personnage muet et invisible, torture ces familles d’Amalécites : elles ont beau s’en moquer, le défier ou le mépriser, toujours il a son heure sinistre où il multiplie inexorablement les accidents ou les morts tragiques.M.Joseph, le riche aristocrate « dans le bel âge et d’une salubrité attirante » — le héros type de Giono — manœuvre avec toutes les ressources d’une psychologie magique de façon à enrayer définitivement les maléfices du Destin : il enlève de nuit l’unique descendante de la famille Coste, la silencieuse et triste Julie déjà marquée par les forces du mal.Apparemment, il a barre sur le Destin, mais en réalité, il se ruine en raisons d’espérer jusqu’à la mort, et puis le destin des Coste reprend son importance historique.Des deux enfants qui restent à Julie, l’un se suicide et l’autre disparait sans retour causant à sa mère une peine qui la marquera davantage du signe fatal.Histoire d’une race traquée, pourrions-nous résumer d’un mot.Nous sommes ici en face d’un roman de valeur par cette intensité dramatique que Giono a su mettre tout au long de son ouvrage.Mais, il faut bien l’avouer, toutes ces marionnettes livrées au malheur semblent ignorer lamentablement tout de la conception chrétienne de la Providence.L’ancêtre Coste agrée les services de Mlle Hortense, une marieuse experte qui en est à son deux centième mariage, lui demandant d’unir ses filles à des gens auxquels Dieu ne pense pas, qu’il a laissés dans quelque coin et qu’il a totalement oubliés, avec lesquels il ne pensera jamais à faire quelque chose, « suivant sa méthode ».Ainsi, si l’on parle de Dieu et de son intervention dans les événements, il s’agit toujours d’un Dieu qui s’acharne à combler d’épreuves certaines personnes.Et aucun personnage du roman ne vient relever l’erreur ou pallier 1’aspect blasphématoire de semblables brimades.C’est le trait noir du tableau, le climat pessimiste qui baigne le livre.Non pas qu’il faille déceler ici une thèse délibérément fataliste, mais il y a dans ces pages, en filigrane, un thème réellement hallucinant et des plus morbides au point de vue chrétien.Pour Giono, on le comprend, la fatalité présente le danger permanent, et n’est-elle pas elle-même une sorte de fontaine de Jouvence qui permet à l’individu i’affrontement et la chance de sa libération parfaite ?Compte tenu de cette réserve, on reconnaîtra comme toujours en Giono le conteur ravissant qui expose toute une galerie de personnages bien campés en évoluant dans une ambiance de légende où planent le mauvais génie des Coste, et Giono lui-même, l’incurable « déplacé » à qui le train du monde actuel ne permet plus l’innocent romanesque.Rol.-M.Charland, c.s.c.GROUSSARD (Serge).La tille de joie.Roman.Paris, Gallimard £c 1952}.350p.20.5 cm.(le Cercle du Livre de France).M Histoire joliment entortillée et scabreuse.Un malin pourrait lire : la Fille de joie, et ce serait tout 74 LECTURES un ! Coudreau idolâtre Lucienne Fatibault, une aide-secrétaire de Mme Frank chez Me Pagnoux, veuf de quarante-huit ans qui nourrit une secrète passion pour la même Lucienne.File et lui rivalisent d’habileté et de ruse, se servent de l’un et de l’autre comme paravent pour sauver leur situation.Dans les jours qui précèdent le fameux mariage, Mme Frank risque la tentative de tamponner de sa voiture celle de Pagnoux que Lucienne accompagne.L’attentat a partiellement raté, et la police de faire enquête.Mais l’avocat ne veut rien ébruiter ; il intervint et fait arrêter toute enquête policière.A son tour, Coudreau s’introduit par la force chez le couple ; Me Pagnoux croit pouvoir facilement évincer le jeune homme en lui offrant une copieuse rançon pour le réduire au silence.Ce dernier refuse, accable d’outrages Lucienne et Pagnoux qu’il assomme dans le feu de la colère, s’empare de la somme d’argent qu’on lui avait offerte et s’enfuit à Paris cacher son identité.On le voit dans la capitale, cultivant nerveusement ses peurs, se sentant toujours traqué par les gens qu’il rencontre.Quelques racoleuses expertes de cafés l’exploitent tant et plus, et il tente de noyer son désespoir dans l’alcool et les plaisirs de toute sorte.Coudreau apprend enfin que Pagnoux a échappé à la mort.Alors, pour éviter le pire, il s’exile en Belgique, et c’est là qu’il rencontre un compagnon de sa trempe, La Mothe, un as du tennis, qui lui a jadis rendu mille services.Pagnoux une fois encore, étouffe toute enquête par peur du scandale.Coudreau commence une nouvelle existence ou plutôt il continue de vivre son aventure.Strictement parlant, le roman de Groussard n’offre vraiment rien de très original dans le thème et l’écriture.Chasses à l’homme, crises de panique, scènes de séparations brutales, enquêtes nocturnes bien romantiques, etc.absolument rien de neuf.Cependant le romancier a terminé sa période d’apprentissage et il a assez de métier pour renouveler le genre policier et tous ses ressorts dramatiques grâce à son don inné de susciter le pathétique, de créer la vie.De fait, c’est là l'unique encouragement qui soit donné au lecteur.Notons que son Coudreau est particulièrement bien dessiné, peut-être trop bien, au point de faire pâlir ses comparses dont la psychologie semble quelque peu linéaire.Quant au rythme du roman, disons qu’il est habile, qu'il nous enlève par ^on allure cinématographique, par ces rétrospectives qui s’entremêlent à la course du temps et des incidents, enfin qu’il y a là une impression réelle de vie qui s’exprime.A l’exception de quelques personnages au rôle effacé, tous ceux qui sortent de la plume de notre auteur sont imbus des principes douteux de l'Ars a nuit or ia d’Ovide et en vivent à leur gré : ils connaissent le « bonbon », pour parler comme l’un d’eux.Nous n’affirmons pas que le romancier soit un écrivain pornographe, mais qu’il est incontestablement un risque-tout en matière de morale.« Après tout, s’écrie Coudreau au terme de ses perpétrations passionnelles, je suis en train octobre 1953 75 de vivre une aventure.» Triste aventure en réalité que la sienne toute livrée aux impulsions de l’instinct ! Lui, qui pourtant fustige sans pardon les conciliations intéressées de Me Pagnoux, en commet une plus grande par sa lâcheté morale.« A propos.Comment va Lucienne ?» sont les derniers mots de Coudreau se rappelant celle qui fut la maîtresse de trois hommes en deux mois ! Evidemment, il y a amour et amour.Bref, mises à part quelques ficelles bien classiques, la trame ici demeure vraisemblable ; seulement l’un des buts de la littérature, comme des arts en général, n’est-il pas de nous enseigner avant tout à bien vivre ?Autrement, quel pauvre viatique de l’esprit nous offriraient les romans si, répondant à ce besoin d’évasion si nécessaire en notre siècle mécanisé, ils ne faisaient que nous distraire de nous-mêmes et des réalités première du Vrai et du Bien ! Rol.-M.Charland, c.s.c.* * ?Histoires interdites.Tre storie prohibite.D’après le film de Au-gusto Genina.Préface du R.P.Richard, o.p.[Paris} Marne [c 1952}.126p.21cm.(Coll.Livre-film, no 6).B?A l’instar de tous les auteurs de films italiens, Augusto Genina s’est appliqué à nous donner une peinture fragmentaire de la vie sociale de son pays.Dans Histoires interdites, le cinéaste bien connu raconte l’histoire de trois jeunes filles aux prises avec la solitude, à cette époque de l’anonymat, de l’indifférence et de l’intérêt qu’est la nôtre.Eleonora Rossi Drago, interprète du rôle de Gianna Renata, Annamaria et Gianna, hospitalisées à la suite d’un accident, se racontent leur histoire.La première, encore enfant, a été victime des violences d’un odieux personnage et cette aventure l’a vouée à l’isolement total.La seconde a épousé un riche héritier, étrange, misanthrope et égoïste.Condamnée à la réclusion par le caprice de son mari, elle devient prisonnière d’une insupportable solitude.Quant à Gianna, jeune fille promise à un avenir heureux, et obéissant à l’emprise d’un étudiant aux allures louches, elle sombre dans une solitude morale qui la tue.Si Renata et Annamaria trouvent enfin une solution qui dénoue le drame de leur tragique existence, Gianna, elle, n’est délivrée du mal que par la mort.76 LECTURES D’aucuns reprocheront à Geni-na son pessimisme dans cette étude sociale du milieu romain et lui feront grief de n’avoir proposé qu’une solution primaire et inadéquate au cas exposé.C’est oublier une vérité que le préfacier des Histoires interdites rappelle fort à propos.« Le rôle de l’artiste de cinéma n’est pas d’imaginer un nouveau Code Napoléon », mais d’amener le corps social tout entier à prendre conscience de la blessure qu’il porte en lui et à trouver les remèdes de sa guérison.Alain Mercier DARTOIS (Yves).Mademoiselle Lilas de Mer.Paris, Ed.Gauthier-Languereau [1952}.255p.20cm.(Coll.Bibliothèque de ma fille).$1.50 (par la poste $1.60).TB Roman frais et relevé d’une petite pointe de mystère puisqu’on y cherche un trésor dans des souterrains.L’héroïne, Lilas de Mer, ou plutôt Cécile de Saint-Rouet a épousé en secret le jeune Olivier Montfort, pour ne pas déplaire à un vieil oncle du jeune homme.L’oncle a mine rébarbative et il défend à son neveu Olivier, qui travaille chez lui, de convoler, mais.c'est déjà fait.La jeune épouse est gardienne d’enfants dans les environs.Un visiteur surgit dans le patelin.Il a connu et aimé la mère de Lilas de Mer.Il cherche le trésor au profit du jeune couple.Péripéties nombreuses, complications résultant de la situation équivoque des uns et des autres.L’oncle qui a été abusé, oh, sans malice, devient quasi impotent.Mais il pardonne.Et le bonheur dans la paix retrouvé brille à nouveau pour mademoiselle Lilas de Mer, son mari, l’oncle et le protecteur ami : M.Jumièges.Ce roman peut être mis entre toutes les mains.L’intrigue en est simple, un peu fantaisiste, mais plaisante.R.L.MAUGER (Gilles).Beatrix.Roman.Paris, Nouvelles Editions Latines [c 1952}.187p.18.5cm.B Les bons petits romans deviennent difficiles à analyser.11 ne faut pas décourager les auteurs soucieux de morale ni les lecteurs qui le sont autant.Et pourtant la critique intégrale même catholique garde bien quelques droits.L’intéressant roman de Gilles Mauger intitulé Beatrix peut être lu sans danger, mais il pèche par trop contre la vraisemblance.Il y a encore ici un château, un châtelain ruiné ou presque et qui le sera tout à fait par sa mort accidentelle.Des deux enfants, l’aînée, Béatrix, est courageuse, hautaine, de caractère revêche, mais honnête, loyale.La famille de son fiancé la repousse parce que pauvre.Elle rompt et se débat contre la misère.Elle refait sa vie.Le protecteur de son jeune frère lui offre un mariage de raison qui est accepté.Après quatre ans, le fiancé infidèle réparait, mais Béatrix repousse toute tentative de rapprochement.Le mari l’apprend.Il ne saurait croire à la liaison coupable de sa loyale épouse mais se demande où en sont les sentiments de Béatrix.Il offre le divorce.Quant à moi, dit-il en substance, mes convic- OCTOBRE 1953 77 1- Gilles Mauger tions religieuses s’opposent à mon remariage, mais vous pourrez attendre le divorce de votre exfiancé et le divorce avec moi, puis.Voyons ! Comment un époux victime d’un mariage blanc, peut-il libérer sa femme en lui offrant le divorce et tout en déclarant que lui, étant catholique pratiquant, ne peut accepter le remariage ?Comment une telle hypothèse peut-elle germer dans le cerveau d’un écrivain catholique ?Oh ! certes, tout cela tombe et le couple accepte enfin toutes les implications du mariage.Ce n’est là qu’incidente accessoire, mais bien propre à montrer comme beaucoup de ces petits romans sont invraisemblables et comme ils donnent raison aux détracteurs de romans propres.Le roman vivant et intéressant de Mauger ne mérite ni cette longue recension ni ce commentaire d’un divorce qui n’est qu’ac-cessoire au récit.Avons-nous été assez précis ?Ce n’est pas l’éventualité du divorce envisagé pour corser le récit que nous condamnons, mais c’est de faire dire à un héros de conduite irréprochable : « Ma femme, je vous offre le divorce.Allez vers votre ex-fiancé déjà marié.Qu’il divorce lui aussi mais moi je ne puis convoler de nouveau : ma foi plus vive que la vôtre s’y oppose.» Illogisme de haute fantaisie ! Cependant le roman, tout simple, ne mérite pas d’être condamné.11 peut être lu sans danger par les adultes.De grâce, que les bons récits restent propres, mais plausibles.On abuse de l’ébouriffant, de la superfétation, de l’emphase.Faisons humain comme Berthe Bernage.Faut-il enfin relever l’emploi des mots anglais : pullover, bifteacbs (sic), shake-bands?Non car quelques écrivains français n’accepteront jamais que certains vocables anglais doivent être bannis.Pourtant la langue française est riche, a un mot pour tout.Rodolphe Laplante SAINT-ANGE.Le seuil interdit.Paris, Tallandier [1953}.253p.18.5cm.TB Le seuil interdit est un récit agréable et vivant où l’auteur a voulu faire dramatique et romanesque.II y a réussi à souhait, et ce, sans verser dans le grotesque et l’invraisemblable.L’héroïne est charmante, pieuse, simple ; la marâtre conventionnelle.Il n’y a dans ces pages rien 78 LECTURES Je complique.Le héros possède toutes les qualités et le prétendant, qui disparaît de façon tragique, tous les défauts.Le roman de Saint-Ange demeure pourtant de lecture agréable et distraira les lecteurs habituels de ce genre d’ouvrages.La langue de l'auteur est correcte et le mariage qui dénoue le livre, contracté entre gens de même race et de même culte.R.L.BIOGRAPHIES RETTE (Adolphe).Quand l'Esprit souffle.Récits de conversion : Huysmans, Verlaine, Claudel.Nouvelle édition augmentée d’un avant-propos de F.Martin d’Auxois.Paris, Ld.Messein, s.d.406p.19cm.TB Dans un monde où, de plus en plus, on entend parler de conversions, il est intéressant de revenir quelques années en arrière en compagnie d’un grand converti, Adolphe Retté.Avec lui, nous assistons à l’évolution de la vie de la grâce dans l’âme de J.-K.Huysmans, Paul Verlaine, Pn"l Loewengard, Paul Claudel et de trois autres convertis moins connus.Ces pages sont vraiment révélatrices et montrent la grande bonté de Dieu.Roland Germain Un événement historique ! Une édition entièrement canadienne du NOUVEAU TESTAMENT Traductior sur le texte original grec par un groupe d’exégètes canadiens membres de l’Association catholique des Etudes bibliques au Canada.Traduction réalisée à la demande de l’épiscopat Edition format de poche à bas prix ($0.60) Edition reliée, cuirettc souple à prix populaire ($1.00) Edition officielle de la Société catholique de la Bible La seule édition à comporter d'aussi nombreux commentaires et explications Broché : $0.60 l’unité, $ 6.48 la douz $48.le cent Relié : $1.00 l’unité, $10.00 la douz.$75.le cent FIDES • 25 est, rue Saint-Denis, Montréal PL.8355 OCTOBRE 1953 79 PANORAMA DU LIVRE Choix d’ouvrages PHILOSOPHIE Humanisme DUBARLE (D.).Humanisme scientifique et raison chrétienne.{Parais} Desclée de Brouwer {c 1953}.141p.18.5 cm (Coll.Textes et études philosophiques).TB-S L’auteur, théologien et philosophe, s’interroge sur l’avenir de l’humanité.Il examine tour à tour les perspectives de l’évolution scientifique et ses incidences sur la condition humaine.Ces études nous permettent de prendre conscience des vraies question qui dominent notre temps et nous obligent à prendre position, car elles nous montrent que, dans le di-leinne posé par les techniques modernes et les problèmes de la civilisation chrétienne, notre responsabilité de chrétiens est en-gagée.RELIGION Morale COULET (Paul), s.j.Les problèmes de la fécondité humaine.Paris, Spes {1952}.220p.18.5cm.B Dans cette nouvelle série de conférences, le P.Coulet aborde résolument tous les problèmes délicats et complexes que pose à la conscience humaine l’observation des lois auxquelles demeure soumis le développement de la fécondité humaine, de par la volonté même du Créateur.Toutes les questions actuellement à l’ordre du jour, du contrôle des naissances, de l'avorte- ment thérapeutique ou eugénique, de la fécondation artificielle, sont traitées avec le souci que doit avoir le théologien d’éclairer les consciences, mais aussi de garder la réserve que lui imposent le respect des âmes et le caractère sacré de sa mission.Ecriture Sainte Le cantique des cantiques.Nouvelle traduction française par André Chouraqui.Introduction et notes du R.P.Lucien-Marie de Saint-Joseph, o.c.d.{Paris} Desclée de Brouwer {c 1953}.112p.17cm $0.75 (par la poste $0.85).M.André Chouraqui jouit à un tel point du sens de la poésie hébraïque qu’il réussit ici à en rendre sensible le mystère à un lecteur français.Aussi, un vrai sens du rythme et le respect jaloux des moindres nuances originales font-ils de cette traduction un document qui fera autorité.La magnifique introduction du R.P.Lucien-Marie de Saint-Joseph, o.c.d.suppose la connaissance des travaux d’exégèse moderne sur le sujet, comme aussi la fréquentation de la théologie traditionnelle.Le moindre mérite de ces pages n’est pas l’intégration des données de la psychologie des profondeurs.Il y a là une doctrine dense, exprimée de façon personnelle.Ce livre constitue une source de joie pour l’esprit et pour l’âme.VERMEERSCH (A.), s.j.Méditations sur la Sainte Vierge.2 vols.Bruges, Editions Ch.Beyaert, 1953, 21cm.$6.50 (par la poste $6.65).TB 80 LECTURES Tête de la Vierge par D.Gbirlandajo Ce livre se divise en trois parties principales.Le premier contient des médita-fions pour les fêtes de la Sainte Vierge, avec une courte introduction sur l’origine et le sens de chacune d’elles.Marie dans l’Evangile, tel pourrait être le titre de la seconde partie, destinée au mois de mai.En effet, l’auteur étudie la Mère de Dieu et des hommes dans les traits que le Nouveau Testament rapporte de sa vie.L’idée fondamentale de la troisième partie fut suggérée par la prédestination de l’auguste Mère de Dieu : cet admirable plan de la Providence divine élisant Marie, et la conduisant ensuite sur la route splendide des grâces et des vertus, au faîte de la gloire créée.Spiritualité COURTOIS (Gaston).Mon Chemin de la Croix.Illustrations de Henri Neveu.Paris, Editions Fleurus £1952}.s.p.ill.13cm.(Coll.Prière et jote, no 5).E L’auteur « présente » chaque station à l’enfant, lui permettant ainsi d’accompagner Jésus tout au long du chemin du Calvaire.Il l’encourage ensuite à chercher l’application, dans sa vie personnelle, de ce qu’il a contemplé.GODINOT (Chan.M.).Faire face.1ère série.Quoi qu’il en coûte ! Paris, Editions Fleurus £1952}.45p.15cm.(Coll.Haut les cœurs !) A Exalter auprès de la jeunesse d’aujourd’hui la vaillance, le courage, l’énergie, la conscience professionnelle, le sens de l’effort, l’esprit de sacrifice, n’est pas chose aisée.Cependant, les lecteurs découvriront en parcourant ces pages aimables et d’une lecture facile, que, «si l’on n’a pas tous les jours l’occasion d’être un héros, on a tous les jours celle de ne pas être un lâche » et qu’en attendant le grand exploit, l’occasion de faire quelque chose qui compte, « on peut être héroïque en s’appliquant à être, au fil des jours, tout simplement à la hauteur de l’humble tâche quotidienne.» LONGPRE (Anselme).Les exercices spirituels de saint Ignace.Montréal, l’Oeuvre des tracts, janvier 1953, no 395, 15p.19cm.SO.15 (par la poste $0.20).TB Etude sérieuse qui mérite d’être lue par tous ceux qui s’intéressent à leur progrès spirituel et veulent octobre 1953 81 répondre aux directives pontificales dans un vigoureux effort de redressement moral.RAHNER (Karl) et NI EL (Henri), s.j.Prières pour être dans la Vérité.Paris, Spes £1953}.92p.18.5cm.TB Appel angoissé de l’âme qui interroge Dieu sur tout ce qui la heurte et qu'elle ne comprend pas en elle, chez les autres, en Dieu lui-même surtout, interrogation hardie, n’essayant pas d’adoucir, d'esquiver ou de masquer la condition humaine, mais n’exigeant pas non plus de Dieu des réponses lénifiantes, ces prières orientent vers la vérité, c’est-à-dire l’acceptation de ce qui est.Eglise catholique THEAS (Mgr).L'évêque dans l’Eglise.Toulouse, Apostolat de la Prière £1953}.46p.15.5cm.TB Ce qu’est l’évêque dans l’Eglise et ce que, pour l’évêque, doivent être les fidèles, tel est le sujet que S.Exc.Mgr Théas traite avec son autorité et son esprit apostolique.LITTERATURE TRESE (Léo).La journée d’un curé.Traduit de l’américain par l’abbé M.Grandclauchon.Mulhouse, Editions Salvator, 1953.14 lp.19cm.S1.25 (par la poste $1.35).TB Pour la première fois, un prêtre nous raconte sa journée.Dans un style plein de fraîcheur et d’humour, le P.Trese nous emmène avec lui tout au long de sa journée.Nous le suivons depuis son réveil jusqu’à son coucher.Nous assistons à ses travaux, à ses visites, à ses réflexions.Il nous fait pénétrer dans sa personnalité, en pensant tout haut devant nous.Ce livre très vivant intéressera au plus haut point les laïques autant que les ecclésiastique et mérite de trouver ici le succès considérable rencontré dans tous les pays de langue anglaise.BIOGRAPHIES BERNARD (P.).Saint Bernard et Notre-Dame.Etude d’âme, textes authentiques et traduction.£Paris} Desclée de Brouwer, Abbaye de Sept-Fons, 1953.427p.ill.19cm.TB Cet ouvrage veut être un hommage filial au Chantre de la Vierge à l’occasion du huitième centenaire de sa mort.Le lecteur y trouvera d’abord, en cinq chapitres, une étude sur la personne du saint qui fut, comme chacun sait, adversaire irréductible de l’hérésie et du schisme, conseiller des rois et des papes et prédicateur de la croisade.La seconde partie de l’ouvrage groupe les textes en une suite de chapitres précédés chacun d’une courte introduction : Homélies Supper Missus est, sermons de Y Aqueduc et des Douze étoiles, puis les autres sermons et fragments divers classés selon l’ordre chronologique de la vie de Marie.MERTON (Thomas).Quelles sont ces plaies ?Vie d’une mystique cistercienne : sainte Lutgarde d’Aywières.£Paris} Desclée de Brouwer £c 1953}.192p.20cm.TB Dans ce livre, son premier, Thomas Merton retrace la vie de 82 LECTURES Saint Bernard (Vitrail de Jean Huet) sainte Lutgarde, une sainte cistercienne du Xlle siècle.L’auteur ne se perd pas ici dans une recherche historique, dans une critique des textes, mais il vit en communion étroite avec l'immense effort de sainteté de notre Eglise.Sainte Lutgarde pratiqua certaines vertus à un degré héroïque.El ce sont là des vertus dont l’exemple nous est aujourd’hui un bien précieux entre tous.* * * Saint Bernard, homme d’Eglise.{Paris} Desclée de Brouwer { 1953}.259p h.-t.19.5cm.(Témoi g nage s — Cahiers de la Pierre-(j ni-vire).TB Ce beau volume richement illustré évoque la mission de l’abbé de Clairvaux, son rôle véritable dans l’Eglise du Xlle siècle, et le mystique secret de ses réussites.Si Bernard, artisan de l’unité et de la grandeur de la chrétienté médiévale, a réussi à opérer un tel miracle, c’est qu’il ne prêchait pas seulement l’unité, il la rayonnait.Cet hommage à la mémoire du saint qui vécut écartelé entre la retraite du monde et l’accablement des affaires « internationales », est un des plus beaux et des plus éloquents qu’on puisse recueillir.11 est à la mesure de ce géant de Dieu.LIVRES POUR LES JEUNES ANJOU (François d’).L’ombre sur la maison.Illustrations de Marie-Madeleine Bourdin.Paris, Ed.Fleurus (1952).123p.ill.18cm.(Coll.Ames vaillantes).J Colette a été accueillie par la famille Rubon.Mais, dans cette nouvelle maison, la vie pour Colette est si peu agréable qu’elle projette de s’enfuir.Un événement inattendu, qui bouleverse la vie paisible de la famille Rubon, l’empêche de mettre son projet à exécution et lui permet, par son courage et sa douceur, de devenir I’« Ange gardien » de sa nouvelle famille.BOURRON (Edmée).Le trésor de la montagne.Illustrations de Robert Rigot.Paris.Ed.Fleurus (1952).124p.ill.18cm.(Coll.Ames vaillantes).J Qui a bien pu pousser dans le ravin Calixte Savinien, le vieux berger de l’alpage ?Telle est la question qui occupe les esprits des habitants de V'alsane.Roland Favergt*.jeune garçon de la ville, p!ei« * d’au Jace et de courage, vient d’êt c engagé comme berger par Faustin Davaix et octobre 1953 83 va se trouver rapidement au centre du drame.Il arrivera à découvrir le véritable assassin et la précieuse cassette.BROSSES (Jean des).Le Vengeur.Illustrations de |ean Droit.Ouvrage couronné par la Ligue Féminine d’Action Catholique.Paris, Editions Fleurus, Ed.Gautier-Languereau, 1953.127p.ill.18cm.(Coll.Jean- François).) Au temps épique où la marine du Roy lutte contre les corsaires, l’équipage du Vengeur est amenée à chercher refuge sur un bateau-pirate dont il finit par s’emparer livrant bataille, avec ses propres armes, au terrible Sang-de-Feu.Tous les garçons qui aiment la mer et rêvent d’aventures seront captivés par ce récit mouvementé, coloré, vivant, admirablement conté et illustré par un crayon spirituel.DENIS-FRANÇOIS Enigmes en héritage.Illustrations d’Alain d’Orange.Paris, Editions Fleurus, Ed.Gautier-Languereau, 1953.124p.ill.18cm.(Col 1.Jean-François).J Les conditions d’un testament dressé par un oncle mystérieux imposent à Stéphane Morand de passer deux mois loin de sa famille dans un coin perdu du Limousin.Là, il doit affronter les inquiétants trophées que son oncle a rapportés de ses voyages aux « Pays Etranges ».Une succession de faits inexplicables assaillent Stéphane dès son arrivée.Mais un jour il trouve la clé du mystère dans la découverte du coupable.Un roman frais, excitant et plein de mystère.En compagnie de Steff et de ses jeunes voisins sympathiques, les jeunes vivront une aventure merveilleuse.DUVERNE (René).La petite fille Je Nouméa.Illustrations de Noël Glœsner.Paris, Ed.Fleurus {1952}.125p.ill.18cm.(Coll.Ames vaillantes).J La famille Blanchard recueille une petite nièce orpheline, Dominique.Son caractère farouche, insociable et indiscipliné s’adapte mal à l’existence qui lui est offerte.Au cours de vacances dans les Alpes, un accident survient à la petite Josette.Dominique s’en croit responsable et en est bouleversée.C’est le début d’une évolution qui rapprochera son jeune cœur de son entourage et l’apaisera enfin.RENAUD (Denyse).Perdus dans la savane.Illustrations de Alain d’Orange.Paris, Ed.Fleurus (1952).125p.ill.18cm.(Coll.Ames vaillantes).E A travers la forêt vierge et la savane désertique, Nicolette recherche son frère.Sa vaillance, sa persévérance, sa générosité ne l’abandonnent pas un instant au cours des aventures qui l’attendent dans ce pays sauvage, semé d’embûches, peuplé d’indiens farouches.Elle parviendra à retrouver Pierre et à payer la dette d’Eustache Level.SIMON (Boris).Passage de P homme-chat.Roman.Illustrations de Igor Arn- 84 LECTURES stain.Paris, lid.Alsatia (1952).181 p.19c.m.(Coll.Signe tie piste).A A Nancy, quatre garnements ont formé la bande des « Chasseurs de Panthères».Ces garçons pourchassent et tuent les chats de la ville et vendent les peaux à un chiffonnier nègre.Charles, un ancien scout, intervient et les Chasseurs de Panthères, devenus scouts, abandonnent leurs cruelles activités pour être les protecteurs des chats.Les fiches de catalogue Liste des fiches publiées en juin, juillet et août 1953 Ldition de juin 1953 53-241 Achard, Eugène.53-242 Achard, e.53-243 Archambault, P.53-244 Botrei., T.53-245 Bousquet, Jean.53-246 Charles, P.s.j.53-247* Charlier.H.53-248 Danemarie, J.53-249 Daniel, Frère.53-250 Daudet.A.53-251 Daudet, A.53-252 DesNoyers, G.-M.O.F.M.53-253 Dumas, A.Père.53-254 Eroi.53-255 Gauvreau, J.-M.Lit dame blanche du Cap Diamant (0.25) E La grenouille verte (0.25) l^a famille, œuvre d'amour (1.25) B Chansons de Boire! pour l'école et foyer (0.60) TB-J Lacordaire TB La prière de toutes les heurts (2.75) TB* Peinture, sculpture, broderie tl vitrail (1-50) TB* Au Canada arec Marg.-Bourgeoys (1.75; TB-A* La Sainte famille.pour nos /.(0.50) TB Lettres de mon moulin (0.90) B* Le petit Chose (0.90) B?Le trésor des trésors (la messe) (1.50) TB-A La tulipe noire (0.75) B?Les voies impénétrables (1.00) TB Secrets et ressources des bois du Québec (1.50) TB-S 53-256 Gay, Fr.Canada XXe siècle.(1.25) TB 53-257* Geneviève Sr.Conseils et souvenirs de Ste Thérèse (1.75) TB* 53-2SH Glorieux, P.Chan.Sois f.er ouvrier (0.75) TB* 53-259 Hiral.A.-M.OEM.Marie et l’Eucharistie (1.00) TB 53-260 Hœsl, P.L’âme ardente des jeunes (1.15) A* 53-261 JAMET, A.O.S.B.Marguente-Rourgcoys TB* 53-262 Jean-Pierre.Le feu dans les roseaux (1.00) TB-A 53-263 Van Ammers- Le dauphin perdu (1.25) B Kuller, J.53-264 Lafond, M.J.E.C.et éducation (0.50) TB-A 53-265 Laforti/NE, A.PrRE Le secret de la ritière perdue J.53-266 Laviolette, G.Jean de Brébeuf (0.40) J.53-267* Levack, D.Catéchisme du mariage chrétien (0.25) B* 53-268 Mariani, C.Primauté de St-Joseph (1.75) TB-S* 53-269** Montessori, Maria, Pédagogie scientifique (l’enfant) (1.75) 53-270 Morin, E.Puce (1.50) B * après le numéro d'ordre, indique une série de 6 fiches, ** après le numéro d'ordre, indiquent une série de 7 fiches, **v après le numéro d’ordre, indiquent une série de 8 fiches, ATTENTION : les prix indiqués sont sujets à changement sans avis.S.V.P.Indiquer à droite des numéros, s’il s’agit de fiches (f.) ou de séries.OCTOBRE 1953 85 53-271 MYONNE 53-272 MYONNE 53-273* Pie XII 53-274** Pie XII 53-275 Parvillez, A.DE 53-276 Plus, R.-A.s.j.53-277 Plus, R.-A.s.j.53-278 Raymond, A.s.m.53-279 Roland, E.Ptrh 53-280 Roussel, J.53-281* Scott, W.Sir 53-282 Smet, F.Gaudet 53-283 Toupin, L.E.53-284 Villeneuve, J.-M.-R.53-285 Villeneuve, J.-M.-R.53-286 Vinay, M.-P.53-287 Viol let, J.53-288 Viollet, J.Demoiselles à marier (1.00) TB-A Menou, mariée (1.00) TB-A Un monde à refaire (0.25) TB-A Artisans d’un monde nouveau (1.00) TB-A Le livre au serv.du Christ TB-A Face à la vie (filles) (0.85) TB-A Face à la tie (garçons) (0.85) TB-A Saint Noël Chabanel (0.75) TB Sexe et psychologie (1.00) B Charles Péguy TB-A* Ivanhoé (1.25) B** Heures d'amour TB La bibliothèque à l’école (0.40) TB Le baptême TB* La confirmation (0.45) TB* Qui est Jeannette ?(2.60) TB-A Education de la pureté et du sentiment (1.25) B Relations entre jeunes gens et jeunes filles (0.95) TB-A Edition de juillet 1953 53-289 AC HARD, E.53-290 Achard, E.53-291 Achille, Frire.53-292 Arsenault, E.Ptre 53-293 Barbeau, C.-M.53-294 Bernard.53-295* Boucher, T.53-296* Brassard, E.-M., esc.53-297 Cerbelaud-Salagnac, G.53-298 Charles, P.sj.53-299 Chesterton, G.-K.53-300 Coupal, M.-A.53-301 Cousineau, A.-F.csc.53-302 Dagenais, P.53-303 Delabays, J.53-304 Deseorets, B.53-305 Desmarais, M.-M.53-306 Des Ormeaux, D.53-307* Desranleau, P.arch.53-308 Farley, P.-E.csv.53-309 Frémont, D.53-310 Gagnon, E.sj.53-311 Glass, M.53-312 Girard, R.53-313* Harrer, H.53-314 Lachapelle, P.ptrb 53-315 Lachapelle, P.ptre 53-316 La Ferrière, P.53-317 Langevin, Fr.P.53-318 *** 53-319* Lesage, G.omi.53-320 Magnan, J.-C.53-321 Maillet, Andrée.53-322 Maxine.53-323**‘McGrath, W.C.53-324 Monestier, M.Georges VI, roi du Canada.(0.50) J La grande aventure de Jean Cousin.(0.25) E La oellc darne de Fatima.(0.40) J Les loisirs d'un curé de campagne.(3.00) TB Grand’mère raconte.(0.40) J Annette ou messe mystique.(0.90) TB-A Mauricie d’autrefois.TB Le mois de saint Joseph.(0.50) TB* Aux mains des Iroquois.(0.90) J La prière de toutes les choses.(1.50) TB* L’homme à la clef d’or.(4.50) TB* Les jumelles de Casteldoré.(0.90) E La location, question d'amour.(0.35) TB-A* Contes de la pluie et du beau temps.(2.50) B?Lit destinée tragique d’un monarque pacifique.(1.50) TB* Un sillon dans la forêt.(0.90) J L’amour à l’âge atomique.(1.00) TB* Martyrs du Christ.(0.90) J La chaire de Mgr Desranleau.(2.00) TB* Jean-Paul.A* Les secrétaires de Riel.(1.75) TB-S Louis d’Ailleboust.(0.60) TB* Le chemin de Damas.(1.45) TB Marie Calumet.(1.50) B?* Sept ans d’aventures au Tibet.(3.55) TB* La résurrection dis corps.(1.25) TB Serge Fromentin.(1.75) TB Le démon.B ?Mere Marg.d'Youville.(0.50) TB-A Les Actes de la V.AI.M.de l’Incarnation (.50) TB-A « Capitale d’une solitude » (1.50) TB-A Sur les routes d’Haiti.(3.00) TB Profil de l’original.(1.50) B Le saut du gouffre.(0.90) J Fatima ou le suicide mondial.(0.50) TB* Le grand docteur blanc.(2.75) TB* 86 LECTURES 55-325* Neider, C.53-326 PERREYVE, H.ETRE.53-327 Pineau, H.pb.53-328 St-Maurick, F.de 53-329 Sébileau, F.53-330 Suenens, L.-J.53-331 Tardif, H.53-332 Testore, C.sj.53-333 Thério, A.53-354 Valois, G.53-335 Van der Meersh, M.53-336 Villeneuve, J.-M.-R.Les grands naufrages.(2.75) TB-A* La journée des malades.(1.25) TB Et èque, roi des brigands.TB L'amiral du brouillard.(0.50) J Claire Fontaine.(1.25) A Que faut-il penser du réarmement mardi.TB-S La victoire du nouvel Adam.(2.00) TB La trahison du bonze.(0.50) J Les brèves années.(1.50) TB Minutes retrouvées.(2.50) TB Corps et âmes.(5.50) B?* Le sacrement de l’Ordre (0.45) TB* UditioH d'août 1953 53-337 Achard, E.53-338 Archambault, J.s.j 53-339 Barbeau, M.C.M.53-340 Beaudet, N.-M.ofm 53-341 Bergeron, H.-P.c.s.c.53-342 Bernard, H.53-343* Bernier, R.s.j.53-344 Bousquet, J.o.p.53-345 Brousseau, J.-H.S.S.S.53-346 Bruneau, J.53-347 *** 53-348 Charensol, G.53-349 Chevalier, M.-T.53-350 Conseil des œuvres, Mtl.53-351 Daniel-Rops 53-352 Daveluy, M.-C.53-353* Desrosiers, L.-P.53-354 Faucher, de St-Mau-rice.53-355 Fleury, S.53-356 Folliet, J.53-357 Frison-Roche, R.53-358 Hébert, Frère, é.c.53-359* Hogue, H.53-360** La Rivière, A.53-361** La Rivière, A.53-362 Legendre, P.53-363 Lemelin, R.53-364 Leroy, A.53-365 Longpré, L.53-366 Lory, M.-J.53-367 Roy, M.A., o.f.m.év.53-368 Marie-France 53-369* Merton, T.o.c.s.o.53-370 Migeo, M.53-371 O’Reilly, P.53-372 Pallascio-Morin, E.53-373***Panneton, G.Chan.53-374 Rey, E.Les contes de la lune et du vent.E Présences de Dieu.TB-A Il était une fois.J Catéchisme du Saint-Esprit.TB* Le Frère André.TB-A* Le roman régionaliste aux Etats-Unis.TB-S La roue et la croix.TB-S Sainte Catherine de Sienne.TB* Le Sacré-Cœur médite au pied du T.S.Sacrement.TB Amours, délices et orgues.B Chansons du vieux Québec.TB-A* René Clair et les Dtlles-de-Nutt.B Le chemin qui mène a Dieu.TB-A Répertoire des oeuvres sociales Mil.TB-S Notre inquiétude.TB-S* Le Richelieu héroïque.J Iroquoisie.TB-S* Le fantôme de la roche.J Défilé de héros et de marionnettes.Tb L’avènement de Prométhée.TB-S* La piste oubliée.TB* Pensées d'un éducateur.TB* Perspectives 1953.TB-A* Hélas, parents, je vous accuse.TB La névrose, maladie trop peu comprise.TB-S Pète au village.TB* Fantaisies sur les péchés capitaux.B?Elisabeth U et la famille royale anglaise TB La magie des ruines.B La pensée religieuse de Léon Bloy.TB* Quand Dieu imite ou la vocation religieuse.TB Ataman.J Semences de contemplation.TB* La vie de Maryse Bastié.TB-A Pèlerin du ciel: François Luneau.Je vous ai tant aimé.B Le diocèse de Trois-Rivières.TB L’Aïeule du Christ, sainte Anne.TB* OCTOBRE 1953 87 53-375 Salvaneschi, Nino.Soeur Claire.TB* 53-376 Sheen, F.J.Év.Dépassons-nous ! TB* 53-377* Sheen, F.J.Év.La paix de l’âme.TB** 53-378 SOU PAU LT, R.DR.Alexis Carrel, VRGC-VTDD TB* 53-379* SUENENS, L.J.ÉV.Vue heroine de l'apostolat, Edel Al.Quinn.TB-A* 53-380 Tremblay, L.o.m.i.Dialogue des êtres.E 53-381 Van der Meersch, M.Pêcheurs d’hommes.B?* 53-382 Vandeur.E.o.s.b.Pour aide r à faire oraison.TB* 53-383 Vercel, R.l'isage perdu.B 53-384 VlLLARET, E.S.J.La congrégations mariales.TB-A Vedettes déjà offertes au CU, “Je, Sbeu, Jàures J,.flU ” —L'Extrême-Orient en feu, Jacques Hébert, 232p.prix $1.75.—La Famille des chanteurs Trapp, M.-A.Trapp, 314p., prix $2.50.—L'Inde aux mystères, Jacques Hébert, 224p„ prix $1.75.—Cri des profondeurs, G.Duhamel, 246p., prix $1.50.—L'Asie musulmane, Jacques Hébert, 248p., prix $1.75.—Autour des Trois Amériques, Jacques Hébert, 256p., prix $2.00.—Les Années d'illusion, A.-J.Cronin, 254p., prix $1.90.—Testament de mon enfance, Robert de Roquebrune, 245p., prix $1.75.- Le Sanglot sous les rires, M.-A.Grégoirc-Coupal, 127p., prix $0.80.—Henri Guillaumct, Malcel Migeo, 252p., prix $1.90.—Comme le feu du ciel, Paula Hoesl, 345p., prix $2.75.—Le Vrai Staline, Yves Delbars, 440p., prix: Tome I, $2.50 * Tome II: $2.75.—La Plus belle chose du monde, Michelle Lenormand, 200p., prix $1.00.—Initiation, R.H.Benson, 500p„ prix $2.00.—Neuf Filles pour un garçon, Michel Duchemin, 202p., prix $1.50.—César Franck, Maurice Kunel, 260p., prix $2.10.—Te Grand docteur blanc, Marianne Monestier, 240p., prix $2.00.—Né à Québec, Alain Granbois, 208p., prix $1.50.—Le Miroir vénitien, Saint-Bray, 187p., prix $1.50.—Sur les routes d'Haïti, J.-C.Magnan, 187p., prix $3.00.—Sept ans d’aventures au Tibet, H.Harrer, 278p„ prix $2.50.—Le Calvaire de Monique, B.Potvin, 200p., prix $1.25.—Les Abeilles du Plessis, C.et L.Droze, 256p., prix $1.25.—Oeuvres et disques de Beethoven, René Girard, 226p., prix $2.50.—Le Mystère des trois roches, André Ber, 176p., prix $1.50.—600 Milliards sous les mers, H.E.Rieseberg, 318p., prix $2.25.—Jacques-Albert Sciglet, Marthe Wolfrom, 344p., prix $1.50.—Vczinc, Marcel Trudel, 264p., prix $1.25.- Les Cloches de Nagasaki, Paul Nagai, 196p., prix $1.60.—Les Engagés du Grand Portage, Léo-Paul Desrosiers, 207p., prix $1.25.—Toscanini, Howard Taubman, 334p., prix $2.50.-Les Brèves années, Adrien Thério, 176p., prix $1.25.FIDES — 25 est, rue Saint-Denis, Montréal — PL.8335 88 LECTURES BIBLIOTHECA Programme du 9e Congrès annuel de VA.C.B.F.Thème général : Choisir les livres SAMEDI MATIN, le 10 octobre 9b.: Réunion du conseil.9h.30 : Inscription des congressistes.10h.: ASSEMBLEE GENERALE ANNUELLE : première partie.1.Allocution d’ouverture et présentation du thème : «Choisir les livres ».M.Raymond Tanghe, Président de l’A.C.B.F., conservateur-adjoint de la Bibliothèque nationale.2.Rapports administratifs de l’année 1952-53 : a) Rapports des secrétaires : Mlle Claire Audet, Bibliothécaire à l’Université de Montréal.Mlle Alvine Bélisle, bibliothécaire à la Bibliothèque scolaire Saint-Jean-Baptiste.b) Rapport du trésorier : M.Irénée Sauvé, p.s.s., professeur au Grand Séminaire de Montréal, llh.: CHOIX DES LIVRES « Nature et importance primordiale de ce département de la bibliothèque ».R.P.Auguste-M.Morisset, o.m.i., bibliothécaire de l’Université d’Ottawa et directeur de l’Ecole des Bibliothécaires d’Ottawa.12h.: DEJEUNER Réunions préliminaires des groupes suivants : Conseil de la Section des jeunes : Mlle Marguerite Johnson, bibliothécaire à la Bibliothèque des Jeunes de Trois-Rivières.Comité de législation : R.P.Edmond Desrochers, s.j., vice-président de l’A.C.B.F.et bibliothécaire de la Maison Bellarmin.Comité des Bibliothèques d’hôpitaux : Sœur Lefebvre, r.h., bibliothécaire de l’Hôtel-Dieu de Montréal.SAMEDI APRES-MIDI 2h.: ASSEMBLEE GENERALE ANNUELLE : deuxième partie.1.Rapports des Comités : a) Bibliothéca : M.Raymond Tanghe.b) Fiches : R.P.Paul-A.Martin, c.s.c., directeur général de Fides.c) Législation : R.P.Edmond Desrochers, s.j.d) Bibliothèques paroissiales : R.P.E.Desrochers, s.j.octobre 1953 89 2.Rapports des présidents de section : a) Section de Québec : M.Lucien Montreuil, bibliothécaire de la faculté de commerce de l’Université Laval.b) Section de Sherbrooke : Révérend Frère Adelphe, f.s.c., bibliothécaire de l’Fcole Supérieure des Frères du Sacré-Cœur.c) Section des Jeunes : Mlle Marguerite Johnson.REPOS 3h.: SECTION DES JEUNES 1.Affaires de la Section : Mlle Marguerite Johnson.2.Littérature canadienne-française enfantine : a) « Les écrivains pour la jeunesse », M.Guy Boulizon, Président de la Société des Ecrivains pour la Jeunesse.b) « Les besoins des enfants », Mlle Gisèle Bonenfant, directrice des Bibliothèques juvéniles de Verdun.3h : Rencontre d’un comité spécial de l’A.C.B.F.et des représentants des éditeurs et des libraires.3h.: SECTION DES ADULTES Président : M.Gérard Martin, bibliothèque des Archives de la province de Quéebc.Formation et accroissement des collections : Mgr Albert Tessier, P.D., archiviste, visiteur en chef des Instituts familiaux de la province.SAMEDI SOIR 7h.: BANQUET DU 10e ANNIVERSAIRE, au Cercle Univer- sitaire, 515 est, Sherbrooke.Sous la présidence de M.Raymond Tanghe.DIMANCHE MATIN, le 11 octobre 8h.30 : MESSE dans la chapelle de l’Ecole Normale Jacques-Cartier.9h.30 : Petit déjeuner.Réunion du Conseil.10h.: SYMPOSIUM SUR « ACHATS DE LIVRES ».Président : M.Raymond Tanghe.1.Le point de vue de l’éditeur-Iibraire : R.P.Joseph-Arthur Granger, o.p.2.Le point de vue des bibliothécaires : Mlle Juliette Chabot, Conservateur-adjoint de la Bibliothèque municipale de Montréal.Mlle Hélène Grenier, directrice des bibliothèques scolaires à la Commission des Ecoles Catholiques de Montréal.3.Le point de vue des administrateurs : M.Laurent Paradis, président du Comité de la bibliothèque des Trois-Rivières.12h.30 : DEJEUNER : Président : R.F.Adelphe, f.s.c.«LA SITUATION DIFFICILE DE L’ECRIVAIN AU CANADA-FRANÇAIS » : M.Rex Desmarchais, écrivain, directeur de la revue « L’Ecole Canadienne ».90 LECTURES DIMANCHE APRES-MIDI 2h.: SEANCE PLENIERE : Président, M.Théophile Bertrand, gérant de « Periodica ».« LA CRITIQUE LITTERAIRE AU CANADA FRAN ÇAIS » : R.P.Pierre Angers, s.j., Docteur és lettres de l’Université de Louvain, professeur à la faculté des lettres de l’Université de Montréal.REPOS 3h.30 : I.—SECTION DES JEUNES.Présidente, Mlle Marguerite Johnson.« Lecture des jeunes et formation du sens critique aux points de vue culturel, littéraire et moral » : R.P.Edmond Desrochers, s.j.3h.30 : II.—SECTION DES ADULTES A) Bibliothèques publiques.Présidente : Mlle Juliette Chabot.« Choix des documents publics », Guy Forget, bibliothécaire au Parlement d’Ottawa.B) Bibliothèques universitaires.Président : M.Lucien MontreuiL 1.«Choix de livres pour la bibliothèque générale», M.Antonio Drolet, de la bibliothèque générale de l’Université Laval.2.« Choix de livres pour les travaux de recherche et les thèses des étudiants », M.Joseph Leduc, conservateur de la Bibliothèque de l’Université de Montréal.C) Bibliothèques (Vhôpitaux.Présidente : Sœur Lefebvre, r.h.lORL'M sur «la bibliothèque des malades».DIMANCHE SOIR 6h.30 : RECEPTION DE L’A.C.B.F.AVEC LA CONTRIBUTION DE LA VILLE DE MONTREAL, à la Bibliothèque municipale, sous la présidence de M.Jules Bazin, conservateur.8h.: Présentation de films documentaires sur la cinémathèque municipale.LUNDI MATIN, le 12 octobre 9h.; REUNION DU CONSEIL : Election des secrétaires et du trésorier.9h.30 : SOCIETES NATIONALES ET CULTURELLES.Présidente : Mlle Claire Godbout, directrice de la Bibliothèque des Trois-Rivières.1.La Société Saint-Jean-Baptiste.2.« Les prix littéraires, critère de choix de livres » : M.Guy Sylvestre, critique littéraire au journal «Le Droit ».octobre 1953 91 11 h.: «Nouvelles de la Bibliothèque Nationale»: M.Raymond Tanghe.12h.: VŒUX et Proclamation du nouveau conseil, lh.: DEJEUNER Président 1953-54 : R.P.Edmond Desrochers, s.j.« Projets pour l’année ».LUNDI APRES-MIDI 2h.: Visite de la nouvelle bibliothèque de l’Université McGill, grâce à l’aimable collaboration de son conservateur M.Richard Pennington.Psychologie de l’enfant et de l’adolescent et bihliothèqaes scolaires ' UNE meilleure connaissance de la phychologie enfantine a fait faire à la pédagogie des progrès énormes depuis les débuts du XXe siècle.Jamais comme à notre époque on ne s’est appliqué avec autant de sollicitude et de méthode à étudier les modalités du développement de l’âme de l’enfant et de l’adolescent, et ces études ont donné des résultats qui ont eu pour effet de révolutionner les méthodes pédagogiques en certains pays et d’amener partout tout au moins des changements d’attitude de la part des éducateurs à l’endroit de ceux qu’ils ont à charge d’élever, d’éduquer et d’instruire.£.} Aujourd’hui, on ne considère plus l’enfance comme une infirmité, un état d’infériorité, mais l’enfant est déjà regardé comme une personne, un être autonome qui se développe suivant les lois de la nature, suivant le plan de ses activités personnelles.C’est par ses activités à lui qu’il se développe au point de vue sensoriel, qu’il progresse au point de vue intellectuel et moral, et qu’il devient l’être accompli que nous nommons l’adulte.A chaque étape de ce développement, l’enfant normal est parfaitement adapté aux circonstances et au milieu qui lui sont propres et n’éprouve aucun malaise du fait de son jeune âge, de sa maladresse ou de son ignorance.L’enfant, au contraire, est un être qui possède en lui-même les puissances nécessaires à son développement.II est en voie d’évolution rapide, et ces puissances lui permettent de s’assimiler les éléments de la culture et de s’adapter au milieu familial et social avec une grande facilité.Mais ce développement a besoin d’être guidé.A chaque âge correspond des aptitudes particulières dont l’éducateur doit tenir compte pour en faciliter l’épanouissement.£.} La curiosité de l’enfant est insatiable.Son intelligence interroge le monde, et, comme il n’en reçoit pas toujours la réponse espérée, il harcelle ses parents et ses maîtres de questions.Cela peut devenir de la manie, mais l’enfant qui interroge manifeste un besoin de savoir qui révèle le développement de son intelligence.1.Nous sommes heureux de présenter à nos lecteurs de larges extraits d’une causerie prononcée à un carrefour de la section de l'A.C.B.F.de Sherbrooke, le 18 avril 1953.92 LECTURES ht vous savez comme à partir tie quatre ou cinq ans on capte 1 attention des enfants quand on leur raconte une histoire ou qu'on leur montre un beau livre d’images.C’est leur premier contact avec le monde merveilleux de l’imagination, avec la fable, l’aventure.On dirait même que les enfants, par l’imagination, vont plus loin encore que l’histoire que vous leur contez et qu’ils la recréent à leur façon dans leur esprit {.} Comme le nôtre, leur esprit a besoin d’évasion, de merveilleux, et ils éprouvent une grande joie à l’évocation d’un monde où tout est possible.Ce serait grand dommage que les enfants soient privés de ces joies, car toute la vie d’adulte reste influencée par le climat de ce monde enchanteur de l’enfance quand on eut la chance d’y baigner.[.} Dans bien des familles les enfants sont privés de ce bonheur et je dirais même de cette nourriture intellectuelle importante, soit que les parents n’en comprennent pas la portée éducationnelle ou pour toute autre raison.Et dans nos écoles primaires, qui toutes sont pourvues de bibliothèques je crois, il semble que ce soit celle des petits (5 à 8 ans) qui ait le moins de livres.Cependant, si l’on veut inculquer aux jeunes le goût de la lecture, c’est bien à cet âge qu’il faut commencer.Dans certaines écoles, les maîtres font la lecture aux plus jeunes.Cela se pratique largement dans les jardins d’enfance et dans les écoles primaires en Europe et aux Etats-Unis.Je sais qu’on le fait dans quelques écoles ici à Sherbrooke, et c’est une belle initiative, car les commençants ne réussissent pas à lire assez vite pour bien comprendre ou pour que l’intérêt soit soutenu.Mais dès que l’enfant sait lire avec assez de facilité, qu’on le laisse se débrouiller tout seul.« On reconnaît que l’enfant a besoin de lecture comme il a besoin de nourriture».(Je cite ici Guy Boulizon : De fuies Verne à Tarzan.) «Cet intérêt pour les livres, dit-il, cette curiosité insatiable est, dans la grande majorité des cas, la marque d’une intelligence éveillée.» A chaque âge du développement intellectuel et moral doit correspondre un genre de lecture approprié.Certains psychologues américains prétendent que dans les différentes étapes de son développement l’enfant passe successivement par des périodes qui correspondent aux étapes de l’évolution de l’humanité.Aussi, suivant cette hypothèse, aux premiers temps de l'humanité auraient correspondu une période mythologique, puis, une période où la chasse et la guerre furent les principaux centres d’intérêts ou d’activité, suivie d’une époque pastorale et agricole pour arriver à l’âge moderne qui est celui de l’industrie, des inventions mécaniques et de la recherche scientifique.Il en serait de même, dans les grandes lignes, pour les attitudes et les centres d’intérêt successifs des enfants.Cette hypothèse s’apparente d’assez près à l’idée d’Auguste Comte, avec sa loi des trois états suivant laquelle l’humanité, prise dans son ensemble, aurait passé par trois états ou utilisé successivement trois octobre 1953 93 méthodes dans la façon de raisonner : soit d’abord la méthode théologique et mythique, ensuite la méthode métaphysique et enfin la méthode positive ou scientifique.Le père du Positivisme eut le tort de méconnaître ou de mésestimer la valeur des deux premières méthodes pour arriver à la connaissance de la vérité : de rejeter la Révélation et de douter de la valeur de la métaphysique.Il reste vrai cependant que l'humanité a d’abord centré son attention sur les problèmes religieux et philosophiques avant île se lancer à la conquête et à la domination du monde matériel.Ainsi, l’observation démontre que chez les tout-petits des sept premières années, c’est le royaume magique, celui des contes de fées qui l’emporte.Plus tard, de sept à neuf ans, ce sont les aventures héroïques, les romans scouts, les récits missionnaires, Robinson Crusoë, Tarzan, etc.A dix et douze ans, l’intérêt se porte surtout sur les récits de voyage et d’aventure scientifique, les romans-policiers, les romans d’espionnage.L’enfant aime les récits palpitants et mystérieux.Puis, vient l’adolescence.Tandis que l’enfant demeure parfaitement adapté au milieu familial et que l’adulte le sera plus ou moins au milieu social où il devra vivre, l’adolescent traverse une période d’inadaptation, de transition et de crise.Les habitudes enfantines se sont désagrégées pour faire place à de nouveaux intérêts qui témoignent d’un désir d’élargir les horizons de la vie.A cet âge, l’enfant éprouve un besoin d’émancipation, d’indépendance et d’autonomie, et prend conscience de sa personnalité par la réflexion personnelle : il a ses idées à lui.L’adolescence se caractérise par l’affirmation du moi, par le besoin d’indépendance, par une susceptibilité souvent excessive, une imagination très vive et une grande émotivité.Cependant, chez le jeune homme, on note une certaine pudeur des sentiments qui va jusqu’à l’indifférence et l’insensibilité affectées, voire à la dureté de cœur.L’imagination tient ici une aussi large place que l’affectivité, mais la confusion est parfois très forte entre l’être réel et ce qu’il laisse paraître.Heureux les parents et les éducateurs qui savent garder la confiance des jeunes à cer âge difficile.Le problème des lectures devient plus complexe et d’autant plus important que l’adolescent s’enthousiasme assez facilement pour les personnes et les idées qui exercent une forte impression sur sa personnalité instable.Il importe que les lectures soient enrichissantes, formatrices, à cet âge où le jeune homme et la jeune fille sont en quête d’une vocation ou du moins commencent à s’en préoccuper.Il faut qu’elles les aident à mettre de l’ordre dans leurs idées et à analyser leurs sentiments.Mais, surtout avec les jeunes garçons, il faut éviter les histoires trop ostensiblement moralisantes, les histoires de bons petits garçons, car ils délaisseront ces livres et vous en voudront secrètement d’avoir voulu leur faire la morale sous le couvert d’une lecture soi-disant intéressante.Il faut que la morale ne soit pas trop évidente, qu’elle soit insinuée habilement.Cela tient aux sentiments d’indépendance, 94 LECTURES au désir de liberté et d’émancipation dont je parlais tout à l’heure.L adolescent éprouve le besoin d’une inorale qu’il acceptera en toute liberté parce qu’il en aura compris la beauté et la nécessité, non d’une morale imposée par la contrainte et la pression extérieure du milieu.En résumé les exigences intellectuelles et sentimentales de l’adolescent doivent déterminer le choix des lectures qui lui conviennent et qui sont susceptibles de lui faire du bien.L’influence des lectures que l’on fait à cet âge peut avoir des conséquences sur toute la vie.{.] Dans la littérature enfantine et pour adolescents, comme d’ailleurs dans celle pour adultes formés, il y a beaucoup de déchets, de livres insignifiants, insipides, plutôt propres à dégoûter les jeunes de la lecture qu a les y stimuler.Il y a aussi une littérature malsaine, si l’on peut appeler littérature certains « comics » dont les jeunes sont souvent friands.Il existe d’excellents guides bibliographiques où les ouvrages sont classés suivant les groupes d’âge et le sexe des jeunes lecteurs.M.Guy Boulizon en a dressé une liste dans son intéressant opuscule intitulé Nos jeunes liront, publié par l’Ecole des parents du Québec.Je vous conseille aussi l’ouvrage du même auteur intitulé De fuies Verne à 'l arzan où le problème des lectures pour les jeunes est étudié au point de vue psychologique.En appendice du livre île Madeleine Daniélou l'Education selon l'esprit vous trouverez une liste très bien faite des lectures qui conviennent aux adolescents : livres de culture générale, de moralité et spiritualité et livres de distraction.Cette liste est progressive, c’est-à-dire que les premiers titres s’adressent aux lecteurs de 13 ou 14 ans tandis qu les derniers conviennent à ceux de 18 à 20 ans.Evidemment ce choix s’adresse à de jeunes français, lesquels sont habituellement plus précoces que les jeunes canadiens français.On ne saurait, je crois, trop insister sur la nécessité de la lecture pour les jeunes.C’est pendant l’enfance et l’adolescnce que l’on construit sa personnalité, que l’on acquiert des principes de vie, des habitudes de penser et d’agir.C’est surtout pendant l’adolescence que certains livres peuvent exercer une influence qui marquera toute la vie de son empreinte.D’où, à cet âge, l’extrême danger des mauvaises lectures comme le bienfait des lectures formatrices, enrichissantes.N’oublions pas que c’est vers l’âge de 18 et 20 ans qu’on est le plus exposé à perdre la foi par l’influence des livres.On doit voir comme une chose possible sans doute, mais aussi peu probable cependant, qu’un adulte formé, ayant reçu une bonne éducation chrétienne, possédant une connaissance même moyenne des dogmes et de la doctrine, mais pieux et s’efforçant de vivre chrétiennement, se laisse influencer par ses lectures au point d’en venir à perdre la foi.Cependant, il n’en va pas de même pour l’adolescent dont la nature ardente, impressionnable, est plus facilement influencée par les idées et les doctrines.octobre 1953 95 * * lit maintenant, pour revenir aux bibliothèques des écoles primaires, je dirais que même si nous étions pourvus de bibliothèques publiques importantes où les jeunes pourraient trouver tous les livres qui leur conviennent, la bibliothèque scolaire n’en demeurerait pas moins une nécessité de première importance.Car il faut mettre les livres à la portée des enfants à l’école même.De plus, le fait que dans les familles, surtout dans les familles pauvres, les livres sont une rareté, milite en faveur de la bibliothèque scolaire.C’est à l’école primaire qu’il incombe de procurer l’instruction et la culture à nos enfants en suppléant à la famille.C’est l’école primaire, à défaut des parents, qui doit fournir à la jeunesse l’aliment indispensable de la littérature enfantine.Ici, nous nous posons la question : Est-il nécessaire qu’il y ait dans chacune de nos écoles une bibliothèque autonome, pourvue de tous les livres nécessaires ?Je ne le crois pas.Mais chaque école peut avoir un certain nombre d’ouvrages qui lui appartiennent en propre, et peut être alimentée régulièrement par les volumes d’une grande bibliothèque centrale ou dépôt de livres, lesquels circuleraient d’une école à 1 autre.Cela coûterait moins cher en empêchant d’avoir un grand nombre de volumes semblables, surtout pour les plus coûteux, et cela permettrait aussi de renouveler régulièrement la bibliothèque de chaque école.Je sais qu’il y a dans chacune de nos écoles primaires une bibliothèque plus ou moins garnie.Vous savez mieux que moi ce qui manque et ce qui devrait être fait pour combler les lacunes et les carences.Mais peut-être quelques-uns d’entre vous ignorent-ils ce que le Gouvernement de la Province fait pour les bibliothèques des écoles primaires.Il faut d’abord que la Commission scolaire fasse sa part.Elle doit fournir les armoires-bibliothèques convenables, et s’engager, pour dix années, à fournir pour chaque classe $5.00 de volumes, (elle doit passer une résolution à cet effet et la faire parvenir au Département de l’Instruction publique.) De son côté, le Département de l’Instruction publique s’engage, sur réception d’un rapport favorable de l’Inspecteur d’écoles à l’effet que la Commission scolaire a rempli les conditions exigées, à fournir annuellement : la première année, un noyau initial de 30 volumes reliés pour chacune des classes ayant une bibliothèque et chacune des dix années suivantes, un nombre de volumes supplémentaires représentant une valeur de $5.00 par classe.« Aussi, conclut la lettre du Département de l’Instruction publique où je puise ces renseignements, il sera possible d’organiser dans chaque école une ou des bibliothèques bien appropriées aux besoins des élèves».je ne puis vous dire dans quelle mesure la Commission scolaire de Sherbrooke se prévaut de cet avantage, mais il est évident que le Gouvernement fait sa part quand les Commissions scolaires font la leur.Denis Tremblay 96 LECTURES Genet iète de Franchi t Hit LE C/1LV/1IRE DE La famille île Monique s'exile des quartiers français île la ville pour s'installer à Westmount où elle croit que le voisinage "anglais facilitera, avec la connaissance de cette langue, sa réussite matérielle.Et voilà la porte ouverte au drame religieux qui entre par le mariage mixte de Monique.COLLECTION "REVE ET VIE" 200 pattes — Si.25 (par la poste — S 1.35) ^yJmvfiorrz iri/i tire lilfiollipatii1 BIBLIOTHEQUES EN ACIER Permanentes.Faites d'acier extra fort recouvert d’émail cuit au four.Demandez nos prix.Evitez tout désappointement: commandez maintenant.Prompte livraison.MANUFACTURING ELECTRICAL co., limited Claude Rousseau, prés.MONTMAGNY, Qué.TABLE ALPHABETIQUE DES NOMS D’AUTEURS ANJOU (F.d), 83 BARBIER (E.).69 BERNARD (P ).82 BOURRON (E.), 83 BRASILLACH (R ), 70 BROSSES (J.des), 8-1 * * Le cantique des cantiques.80 AVIEZEL (F.W), 70 HATEAUBRIANT (A.de), 63 OUI.ET (P ).80 OURTOIS (G.), 81 >ARTOLS (V.), 77 >ELLY, 71 DEMAIS (J.), 71 DENIS-FRANÇOIS, 84 DUBARLE (D.), 80 DUVERNE (R.), 84 EROL, 72 FIOLLE (J ), 72 GAUTHIER (E.), 64 GIONO ( |.).73 GODINOT (M), 81 GROUSSARD (S.), 74 *** Histoires interdites, 76 LONG PRE (A).81 MAUGER (G ), 77 MERTON (T ), 82 MOURRE (M ), 65 RAHNER (K.) et NIEL (H ), 82 RENAUD (D ), 84 RETTE (A.), 79 ROBICHON (J), 66 SAINT-ANGE, 78 *** Saint Bernard.homme d'Eglise.83 SHEEN (Mpr F.J.).62 SIMON (B ), 84 THE AS (MkO.82 TRESE (L ).82 *** Vu maître d'aujourd'hui: Jean Call et.68 VERMEERSCH (A ).80 6974 DEVENEZ MEMBRE DU CLUB ^ed deux Ccuted du mold SELECTION D' OCTOBRE "MA COUSINE RACHEL” par Daphné Du Maurier Ceux ciui ont aimé Rebecca retrouveront ici l'énigme et la femme fatale qui fit le succès de ce ruuian.1.‘action >«• situe en Angleterre sers 183(1.I.‘oncle du jeune héros, au cours d'un voyait?» Italie, épouse une veuve intriitante et vénale et meurt d’une façon mystérieuse.I.e neveu s’éprend de la même femme; mais soupçonnant sa culpabilité il la laisse aller à une mort traitique.Le lecteur est tenu en suspens jusqu'à la lin comme dans les autres romans «le Daphné Du Maurier.4011 pattes.Formai fl x 514."AICHA L'AFRICAINE" par Jacques Hébert Dix-huit petits c«iutes d'Afrupie «pii illustrent aussi les pays continus: 1 anger.Gibraltar.Maroc.Algérie.Afrique «lu Sud.Basutoland.Egypte.La vérité des anecdotes perce à travers la fable et l'on sent que l'auteur a rencontré ses personnages ou en a recueilli ht légende au cours «le ses pérégrinations.|5fl pattes.Format 7% x 514.EN NOVEMBRE TEMPETE SUR LA CHINE par R.De Jaegher et I.Corbally Kuhn, 298 pages JEAN-FRANCOIS BITTNER par Abbé Paulin Giloteaux, 189 pages OAfstSct 0L- MAUCtt MA COUSINE RACHEL ' » 1 Veuillez m'inscrire dans votre club “Les deux livres du mois” et me faire parvenir les «leux livres vedettes «l'oc-t«>bre.Je m'engage à acheter, au cours des prochains douze mois, au moins quatre des sélections mensuelles, offertes pendant cette même période.Veuillez m'envoyer gratuitement, votre lettre mensuelle aux membres du Club.NOM .ADRESSE I VILLE.I_______ PROV.1 I I I I I I I I I I I I [ ] ci-joint $2.50 pour les vedettes d'octobre.¦ [ ] ci-joint $10.00 pour les vedettes I des 4 mois à venir.[ ] ci-joint $28.00 pour les 12 mois I à venir.| [ ] Je paierai après réception de cha- I que envoi.i Les deux livres du mois FIDCS 25 est, rue Saint-Jacques •PLateau 8335 MONTREAL I I I I I I
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