Lectures, 1 mai 1959, vendredi 15 mai 1959
LECTURES Nouvelle série Vol.5 —No 18 Montréal, 15 mai 1959 Document Préparer des publications catholiques de valeur, c'est être des apôtres Rome (CCC) — Dans le discours prononcé, le quatre mai, en présence des participants au congrès national de la presse catholique italienne, Sa Sainteté Jean XXIII a notamment déclaré : «Vous les journalistes, vous devez, par conscience professionnelle, être au service de la vérité pour que celle-ci, si souvent trahie par les moyens d’information, puisse triompher».Le Pape a ajouté que les instruments au service desquels étaient ses auditeurs devaient être non seulement une arme de la vérité, mais aussi une arme de la charité afin d’élever les esprits et de répandre le bien.Le Saint-Père a reçu, dans la salle du Consistoire, l’important groupe de journalistes.Apres avoir écouté une adresse d’hommage du professeur Gedda, président général de l’Action catholique italienne, Sa Sainteté a prononcé en italien un discours dont voici la traduction.«Nous vous souhaitons cordialement la bienvenue, journalistes et collaborateurs de la presse et de l’édition catholiques d’Italie, venus à Rome pour le IIIc congrès national.Ce congrès s est déroulé pour ainsi dire sur deux plans: le plan technique et d’organisation et le plan spirituel et d’apostolat.Nous n’entendons pas vous entretenir sur le premier, bien qu’il ne soit pas étranger à Notre attention.Nous en comprenons très bien l’importance.11 suffit de réfléchir que, peut-être à cause d’une moindre sollicitude accordée par le passé à ce secteur, la presse catholique en général n’a pas eu sur l’opinion publique l’emprise qu’ont exercée d’autres journaux, techniquement bien faits et par conséquent véhicules plus faciles d’opinions et d’orientations pas toujours conformes à la doctrine catholique.En parcourant le programme de vos travaux qui se sont déroulés ces jours-ci, Nous avons noté la variété et l’importance des thèmes traités relatifs à cette question; Nous en sommes heureux et Nous vous engageons à être en cela sainement modernes.Ceci dit, Nous aimons constater que toute l’organisation de votre congrès est empreinte d’un vif désir de conquête et d’élévation; Nous vous en félicitons.Mais pour que votre apostolat soit efficace pour la cause de Dieu, de l’Eglise et des âmes, il est nécessaire de toujours vous rappeler la fin pour laquelle vous employez les instruments de votre profession.Ce sont avant tout arma veritatis.La défection de la part de la pensée moderne à l’égard de la philosophia perennis a causé chez beaucoup une négligence de la vérité divine, comme si elle n’était pas l’objet approprié de l’intelligence humaine.Le relativisme philosophique moderne répète la question sceptique de Pilate : Quid est veritas ?(Jo 18.38).Mais vous savez bien que Dieu est la Vérité par essence : «Le Christ est Vérité* (Jo 14, 6) : «L’Esprit Saint est Esprit de vérité* (Jo 16,13).Le reflet de cette lumière divine, dirait Dante (cf.Paradis, 1, 2-3), «dans l’univers pénètre et resplendit — davantage dans une partie et moins ailleurs* — mais il pénètre surtout au plus profond de l’esprit humain qui est fait pour la connaissance de la vérité et pour l’amour qui en dérive: Quid anima desiderat, s’écrie saint Augustin nisi veritatem?C’est donc le devoir de tout homme et encore plus de tout chrétien de rendre témoignage à la vérité.Dans un monde tout à fait particulier, vous devez, vous les journalistes, par conscience professionnelle, être des hérauts de la vérité, afin qu’elle, qui est souvent violée et trahie par les moyens d’information, puisse triompher.(Suite à la page 274) LECTURES REVUE BI-MENSUELLE DE BIBLIOGRAPHIE CRITIQUE publiée par le SERVICE DE BIBLIOGRAPHIE ET DE DOCUMENTATION DE FIDES Direction: R.P.Paul-A.Martin, c.s.c.Rédaction: Rita Leclerc Abonnement annuel: $2.00 Etudiants: $1.00 Le numéro: $0.10 FIDES, 25 est, rue Saint-Jacques, Montréal-1 — UN.1-9621 Autorisé comme envoi postal de la deuxième classe.Ministère des Postes, Ottawa.(Suite de la pafte 273) En outre, les journalistes, les écrivains et les collaborateurs de ce secteur sont appelés à une responsabilité encore plus haute.En effet, leurs instruments ne sont pas seulement ceux de la vérité, mais aussi de la charité: arma carita-tis, c'est-à-dire visant à élever les esprits, à réaliser le bien, à faire rayonner les vertus dans les âmes.Nous ne voulons pas Nous attarder à tracer un tableau, qui serait triste, du mal qu'une certaine presse cause par son immoralité et par sa malice.Et c'est avec un esprit vraiment affligé et angoissé que Nous considérons les immenses dommages provoqués par cette presse au moyen des paroles et encore plus des images, dans tant de consciences, surtout celles de la jeunesse.Dieu veuille que soient peu nombreux les parents qui ne sentent pas le grave devoir qu’ils ont de ne pas devenir des complices de la ruine de leurs enfants.En effet, Nous savons qu'une dangereuse menace est constituée par les quotidiens et les magazines illustrés qui présentent un mélange séduisant de sérieux et de profane, parfois même de choses indécentes, sous le prétexte de l’information ou de la publicité.C'est précisément dans le but de se substituer dans les familles chrétiennes à une telle presse, innoffensive en apparence et par conséquent encore plus dangereuse, qu'est nécessaire le développement organique et technique de l'édition catholique, ce qui devient ainsi une question fondamentale.Il y a en réalité une certaine presse qui pèche gravement contre la vérité et contre la charité, en mentant pour inspirer la haine; une presse qui semble avoir pour unique programme: conduire à la perdition les âmes simples; chaque jour dénaturer la vérité, interpréter dans un sens inexact toute expression du Magistère de l'Eglise et atteindre l’Eglise pour supprimer l’amour du Christ; combattre Jésus-Christ pour combattre Dieu même.Et cela souvent sous l'apparence menteuse de hâter la solution des problèmes qui tourmentent les travailleurs, les faibles et ceux qui sont sans défense.IA suivre dans le prochain numéro) Index des auteurs recensés dans ce numéro *** Bayard, p.285 *** Bernadette, p.285 BLAINE (J.), p.285 BONSIRVEN (J.), p.279 BORGAL (p.48).Pour M.Prévost, est catholique, ou du moins chrétien, tout roman où se livre la lutte éternelle entre Dieu et Satan, entre le péché et la grâce, entre la chair et l’esprit; dans l’esprit, entre la science (biologie, histoire, archéologie) et la foi, entre les exigences de la société actuelle et le traditionnalisme de l’Eglise, entre la croyance aux dogmes et la conduite morale, entre la crainte de la Justice divine et la confiance en la divine Miséricorde.Est encore catholique, ou du moins chrétien, tout roman où l’auteur brode sur la communion des saints, celle des « damnés de la terre >, le salut des pécheurs opéré par les saints ou la réversibilité des mérites, la mort des enfants innocents, le mariage, le divorce, la doctrine sociale de l’Eglise et le rôle du prêtre dans la vie paroissiale ou le monde ouvrier, les vertus dites actives et l’éducation chrétienne.Du roman catholique ainsi compris le père serait Barbey d’Aurevilly, dans la « préface incendiaire » d'Une vieille Maîtresse (1858).Dès lors, « le roman catholique a cent ans », au moment où paraît la vue à vol d’oiseau de M.Prévost (1958).Cette randonnée à travers une histoire centenaire aboutit à cette constatation, qui clôt le volume: « Ce qui à bon droit excite notre admiration, c’est qu’un siècle de roman catholique apporte tant d’œuvres valables, ouvre tant de perspectives: que la richesse du fond ne soit pas épuisée, loin de là; que sur un sol tant de fois moissonné naissent de nouvelles récoltes et de nouvelles promesses » (p.217).Cette revue, qui s’étend à 5 ou 600 ouvrages d’une centaine d’écrivains différents, conduit l’auteur, si nous ne nous méprenons pas, à quatre conclusions principales.Du point de vue de l'influence, tous ces romanciers se rattachent à deux lignées: celle de Barbey d’Aurevilly, directement ou indirectement par l’intermédiaire de son plus brillant disciple Bernanos, compte entre autres Léon Bloy et Karl Huysmans (Durtal); celle de Balzac, où figurent en particulier, même s’ils s’en défendent, René Bazin, Paul Bourget, Henry Bordeaux, Louis Bertrand, François Mauriac, Emile Baumann, etc.(pp.24-45, 46-89, 90-143).Qu’ils descendent de l’un ou de l’autre de ces deux chefs, tous ces romanciers se partagent en deux catégories ou Ecoles: les optimistes qui envisagent, pour l’Eglise en marche, le triomphe définitif sur les passions exacerbées; les pessimistes, pour qui « les forces du mal sont près de tout submerger » et de conduire le monde, entraîné par le poids de ses crimes, à sa destruction finale (p.67-68).Beaucoup d’entre eux, au lieu de « parler chastement des choses qui ne le sont pas » (Bazin), insistent sur le péché et le décrivent avec une crudité qui inspire le dégoût, non pas malheureusement de la faute, mais de leurs descriptions (v.g.Julien et Graham Greene); la plupart toutefois corrigent cette crudité en montrant l’infiltration de la grâce dans les âmes les plus désemparées; mais tous s'accordent à ne pas vouloir séparer les corps des âmes, à peindre l'homme tout entier.Enfin, « la querelle du roman catholique se réduit à une discussion sur l’art et la technique.Mais, pas plus qu’il n’y a une seule technique, il n’y a qu’une seule vérité; un genre de roman ne saurait l’exprimer tout entière.Ce sont des aspects de la vérité catholique que telle œuvre éclaire: celle-ci met l’accent sur la Foi, celle-là sur l’Espérance, une autre sur la Charité » (p.217).A ces observations fondamentales ajoutons la réflexion si juste qu’inspire à l’auteur la si douloureuse question des prêtres-ouvriers: « Ces prêtres saints qui vont en enfer (Cesbron, 1951) ne sauraient sans danger épouser la condition prolétarienne.Une vie de prière est leur raison de vivre et leur soutien; viennent-ils, par souci d’efficacité, à faire un bout de chemin avec les marxistes, ils ne savent bientôt plus de qui ils sont.» (P.180) On le voit: à qui lira ce livre dense, ce n’est pas le sérieur de la matière qui manquera non plus que la gravité des appréciations portées 275 par le critique.Ses mises en garde, contre le roman noir surtout, éclaireront beaucoup de snobs séduits par la « littérature de l’absurde ».Seulement, en vue de consultation ultérieure, on aurait voulu que l’ouvrage se terminât par deux tables: l’une, contenant les noms d’auteurs (on en compte 21 dans le seul chapitre final); l'autre, rassemblant les titres des romans étudiés ou mentionnés.On s'étonnera de n'y pas trouver, à propos du modernisme (p.74-89), une allusion au moins à La Colline inspirée de Barrés et à ses abbés Baillard.L'ouvrage a dû paraître assez tôt en 1958, car on n’y trouve ni Combat contre l’invisible de Henri Queffélec (pp.151, 188) ni Les Argonautes Je Brandebourg d’Elisabeth Langgaesser (non Langgiisser, p.167).Par contre, les Canadiens seront reconnaissants à M.Prévost de n'avoir oublié ni Maria Chapdelaine (p.71-72) ni Gabrielle Roy dont il dit le plus grand bien (pp.72, 191).Les noms de Ferdinand Fabre (p.213) et de Anne-Marie Lormont (p.214) sont seulement cités, la dernière avec un unique roman.La meilleure appréciation est peut-être celle qui juge Le Saint d’Antonio Fogazar-ro (p.72-78).Emile CHARTIER, p.d.(1) PREVOST (Jean-Laurent) LE ROMAN CATHOLIQUE A CENT ANS.Paris.Arthème Fayard [19581- 217p.20cm.(Coll.Bi-bliothèque Ecclesitt, no 48) $2.40 (frais de poit en plus) Pour tous ‘ les croisés modernes »> Aux yeux de l’histoire, les Croisés sont ceux qui, aux Xle et XIle siècles, rangés sous l'étendard du Christ, s’en allaient reconquérir, avec le tombeau et la croix du Crucifié, la Palestine et sa ville sainte, Jérusalem.Pour M.André Germain, les Croisés, ce sont ceux qui en France « confondent dans une même vénération le trône et l’autel » (p.8).Jusque vers 1700, l'immense majorité des Français faisait partie de cette armée.Mais, elle fut mise en déroute par la faiblesse de trois rois successifs: Louis XIV, Louis XV et Louis XVI (p.9-10).La Restauration « tenta de relever les autels brisés * (p.10).Trois générations s’attelèrent à cette tâche: a) de Bonaid.Donoso Cortès et Joseph de Maistre; b) Veuillot, Barbey d’Aurevilly, Ernest Hello et Blanc de Saint-Bonnet; e) les Croisés modernes (lisez: récents): Villiers de l'Islc-Adam, Karl Huysmans, Léon Daudet.Léon Bloy, Edouard Drumont, Charles Maur-ras, Maurice Barrés et Georges Bernanos.De cette troisième génération écartez les deux premiers (cf.pp.f57 et 183 note) et vous aurez les six biographies qui constituent ce livre de M.André Germain.De ce livre il faut dire d'abord qu’il est tout fait d’aventures vécues et de souvenirs personnels.Ces souvenirs font revivre six écrivains qui tous furent des exagérés ou des exa-gereurs, quelques-uns même des exaspérés, parce que « ils ont enveloppé, du nuage de leurs passions éphémères, les vérités éternelles qu’ils prétendaient servir» (p.11-12).Dans l'expression de leurs quatre convictions —- catholicisme, antisémitisme, royalisme et nationa-lisme —, ils ont appliqué, en vue de s’attirer des fidèles, non pas le procédé de la persuasion, mais les méthodes mêmes des Inquisiteurs et des bourreaux d’autrefois.Après les avoir ainsi décrits, M.Germain ne se gêne pas pour les accuser d’avoir « fait au christianisme à peu près le même tort que lui firent jadis» (p.12) ces tortionnaires.Il se gêne moins encore pour leur mettre sous le nez leurs erreurs les plus grossières, provoquées par ce qu'il appelle « leurs idées-fixes ».Ainsi il reproche à Daudet d’avoir, malgré les instructions si claires de Léon XIII (1892), confondu la République ou forme républicaine avec les vampires qui l'exploitaient à leur profit personnel.Il blâme Maurras d'avoir mêlé au « miasme syrien la sainte fumée qui s'élevait des purs asiles de Jéhovah » et injurié les protestants en les accusant de « biblomanie » (p.57).Il n'a pas assez de dégoût pour l'odieux Drumont et sa France juive, qui ont rendu la France folle et même hystérique (p.94).Et 276 enfin ii en veut à Bernanos de ce que sa « frénésie d'indignation » lui ait inspiré l’illogisme révoltant, la palinodie déconcertante, dont il fait preuve, à l’occasion de la crise espagnole, dans Les Grands cimetières sons la lune (p.238).Et cependant, malgré les réserves constantes que lui dicte sa foi romaine à leur égard, v.g.à propos du duel (p.110), M.Germain n’éprouve que de l’admiration pour les bonnes intentions de ces apôtres laïcs mal inspirés et mal embouchés.On perçoit qu'il ressent pour eux, au lieu d’une colère qui serait parfaitement justifiée, une véritable pitié.Il va même jusqu’à confesser à deux reprises qu’il fut lui-même leur victime, une victime du paganisme de Maurras (p.57-58), une victime aussi des écrivains prestigieux qui illustrèrent l’année 1926 (p.213-215).talement tarés ! Mais leurs passions, découlant de leur tempérament, n’expliquent ni leur caractère ni leurs écrits ni leur activité politique.Mais alors en quoi les dissertations sur les égarements de ces enfants de « la fille aînée de l’Eglise » peuvent-elles bien les servir ?N’exposent-elles pas le lecteur à considérer, comme une tare nationale, les vices contre nature d’un André Gide, ou, pis encore, d’un Marcel Proust ?Et que devient alors à l’étranger le prestige de « la France éternelle » ?Nous laissons l’auteur réfléchir là-dessus.Emile CHARTIER, p.d.( I ) GERMAIN (André) LES CROISES MODERNES ( De B toy à Bernanos).Paris.Nouvelles Editions Latines [1959].252p.18.5cm.En dressant ce procès, M.Germain se trou ve à évoquer quelques-unes des pages les plus tourmentées de la récente histoire de France: crise du Panama, Affaire Dreyfus, condamnation de Y Action française, première et deuxième guerres mondiales, participation des Français au phalangisme espagnol, etc.L'exposé de l’Affaire Dreyfus en particulier — l'auteur y revient quatre fois à propos de Daudet, Maurras et Barrés, mais surtout Drumont (p.98-108) — est si complet et d'une limpidité telle que ce drame, impensable en dehors d'une tête de Français, devient d'une parfaite intelligibilité.Que si l'on veut savoir jusqu’où M.Germain pousse l'art du développement, on n’aura qu’à lire soit la page sur le double trio Bloy-Riche-pin-Bourget et Bloy-Villiers-Huysmans (p.159) soit la broderie qu'il tisse autour de ce thème: « De nos jours, les souffrances ne sont pas nécessaires pour forger l'armure des véritables Croisés » (p.183-184).Au milieu de ses appréciations, les unes très dures, les autres éminemment sympathiques, il est un sujet que M.Germain aurait pu et dû, nous semble-t-il, épargner à ses lecteurs.A quoi bon nous faire savoir que presque tous ses héros et beaucoup de ceux qui évoluèrent dans leur orbite, vécurent une vie privée absolument irrégulière ?Qu’avons-nous besoin de connaître les accointances de la sexagénaire marquise de Lhoynes avec Léon Daudet et Jules Lemaître; l'aventure sénile de Paul Bourget ou la déconfiture lamentable du général Boulanger; les turpitudes de Gabriel Syveton avec sa belle-fille ou la liaison de Léon Maurras avec Mme Souday; les trois maîtresses de Léon Bloy avant son mariage avec la danoise Molbech ou les trois « parfums orientaux * de Barrés, etc.?Si encore ces révélations expliquaient quelque chose de ces êtres sentimen- pour adultes — Nouveautés pour les jeunes Collection Alfred Des récits très vivants qui feront la joie des jeunes.Les héros, des garçons et des filles comme on en rencontre tous les jours, débordants de vie, pleins d'imagination, avec leurs jeux et leurs rêves, leurs joies et leurs peines, leurs qualités et aussi.leurs défauts.Volumes de 64 p.21cm.ill.Couv.vernie, semi cartonnée, ill en coul.$0.50 chacun (par la poste $0.55) Gisèle Théroux TI-PUCE DANS SA (AMILIE US EXPLOIIS DE II-PIICE Rappel Gisèle Théroux Ti-Puce chez les scouts Alec Leduc et Pauline Lamy Journal de bord d'Alfred Alfred le découvreur Alfred et l’île des cinq Lili, soeur d'Alfred -Chez FIDES Notices bibliographiques Littérature canadienne Littérature (8) CAILLOUX (André) EREDONS ET COUPLETS.Illustrations de Fred Back.Montréal, Beauche-min, 1958.80p.19cm.SI.50 (frais de port en plus) Pour tous Il est toujours difficile de définir une poésie: la poésie ne s'analyse pas, elle se goûte tout simplement ! Ce qui reste au fond du cœur après la lecture attentive de chacun des Fredons et Coupletsr, c'est la fraîche vision d’un enfant émerveillé par les multiples facettes de la beauté du monde, c’est le doux cri plaintif de celui qui se sait en exil sur terre et qui rêve de contempler dans Tailleurs « .la Splendeur entrevue » ici-bas.Le poète fait de ses enchantements, de ses craintes, de ses déceptions mêmes, de ravissants bouquets et nous les offre avec la grâce naïve du troubadour moyenâgeux.Une seule tache dans ce joli bouquet, l’amertume du dernier poème que l’auteur n’a pas su étouffer au fond de lui-même, et que nous mettrons sur le compte d'un jour d’orage ballottant plus que de raison le trois-mâts dans lequel le poète nous a tous embarqués avec lui.« Il faut qu’un grand amour nous lie, Nous débarquons au même port » (p.25).Aimer, n'est-ce pas quelquefois donner le bénéfice du doute ?D.HOULE Biographie (92) MITCHELL (Soeur E.), s.g.m.ELLE A BEAUCOUP AIME.Vie de la Bienheureuse Marguerite d’Youville, fondatrice d s Soeurs de la Charité.Montréal, Fides.335p.ill.(h.-t.) 21.5cm S2.50 (frais de port en plus) Pour tous manqué à Mère d'Youville.L œuvre de Sœur Mitchell s’inscrit dans la catégorie des biographies romancées, c’est-à-dire de ces œuvres qui, tout en étant nourries des plus authentiques données historiques, font cependant appel aux ressources de l'imagination pour rendre moins abstrait, plus vivant, le récit qui en est fait.Les historiens font généralement la moue sur ce genre de publications, et il est difficile de leur donner complètement tort.Par ailleurs, il faut reconnaître que ce procédé rencontre la faveur populaire, et qu'il facilite à beaucoup 1 abord de grandes figures qui, sans ce genre d'œuvres, ne seraient connues que d'une élite.Comme le faisait remarquer Sa Sainteté Jean XXIII, lors des fêtes grandioses qui viennent d’avoir lieu à Rome, avec la béatification de Mère d'Youville, « c’est la première fois qu'une fleur de sainteté éclose sur le sol même du Canada s’épanouit sous les voûtes de St-Pierre ».Or, cette bienheureuse qui fait la gloire de l'Eglise canadienne, la connaissons-nous bien ?Bien peu sans doute ignorent qu’elle fut la fondatrice des Sœurs Grises, mais leurs connaissances s’arrêtent là.Aussi doit-on se réjouir de tout effort tenté pour mettre en lumière la figure de Marguerite Dufrost de Lajemme-rais, née à Varennes en 1701, morte à Montréal en 1771, après une vie marquée du signe de la croix et vouée, en majeure partie, au service des membres souffrants de l’Eglise du Christ.Dans la préface qu'il écrivait pour l’œuvre de Sœur Mitchell, le R.P.Pouliot, s.j.faisait remarquer que la Mère d’Youville « a livré au monde un double message: par sa vie, toute de dévouement auprès des pauvres, elle a rendu visible, en quelque sorte, l’amour prévenant de Dieu pour les hommes.Par sa confiance filiale, son abandon total à Dieu le Père, elle a enseigné aux hommes la réponse qu'ils doivent apporter à tant d’amour.» C’est ce message que veut transmettre, à un vaste public, le livre Elle a beaucoup aimé.Ecrit d'une plume alerte et enjouée, il plaira tout particulièrement à nos grandes adolescentes.Les biographies de tous genres n'ont pas A.COTE 278 Littérature étrangère Religion (2) BONSIRVEN (Joseph), s.j.VOCABULAIRE BIBLIQUE.Paris, Lethielleux [1958].185p.20cm.(Coll.Théologie, pastorale et spiritualité.Recherches et synthèses, t.Ill) S2.60 (frais de port en plus) Pour tous Les œuvres exégétiques du P.Bonsirven l'ont fait connaître comme un auteur très compétent en son domaine.Son vocabulaire biblique, que Ion vient de publier, rendra de précieux services au lecteur moderne de la Bible, qui est souvent dérouté dans sa lecture par les différences qui existent entre son langage habituel et celui des auteurs originaux des Livres Saints.Ces derniers, en effet, étaient tous des Sémites, quelle que fût la langue dans laquelle ils ont écrit: hébraïque, araméenne ou grecque; ils avaient donc une mentalité, des conceptions, des expressions et des termes qui leur étaient propres.De plus, les écrits de l'Oriental ont moins de précision rationnelle que ceux des Occidentaux, à cause d'un jeu beaucoup plus large accordé à l'imagination.Encore faut-il tenir compte que la Bible ne fut pas écrite en une seule fois et de façon méthodique; néanmoins, cela n'enlève rien à la continuité de la Révélation divine, bien que l’économie actuelle de la Rédemption comporte des compléments doctrinaux et moraux qui lui donnent une plus haute valeur que l’Ancien Testament.En fournissant les nuances relatives à certains vocables, l’auteur n’a voulu offrir que l’essentiel; cependant le lecteur moyen trouvera toutes les précisions susceptibles de résoudre les problèmes courants qui peuvent se poser à son esprit.Ovila MELANÇON, c.s.c.SOUBIGOU (Mgr L.) PRECHONS ET MEDITONS LES EPURES.Paris, Lethielleux {1958}.299p.20cm.S4.80 (frais de port en plus) quer aux fidèles les épitres de l'année liturgique, d'abord parce que les commentaires sont beaucoup plus rares que pour les Evangiles, et aussi parce que leur caractère fragmentaire les retranche d'un contexte doctrinal parfois très difficile.Pour chacune des épîtres de l’année liturgique, l'auteur a donc voulu offrir un texte continu qui explique ces passages et qui est susceptible d'être adapté par le prédicateur à son auditoire.Ce livre peut aussi servir, tant aux prêtres qu’aux fidèles, pour la méditation de ces thèmes scripturaires.Ovila MELANÇON, c.s.c.NEWMAN (Cardinal) CHOIX DE PENSEES extraites de ses œuvres.Traduites et présentées par Denys Gorce.Paris, P.Lethielleux [1958].156p.20cm.(Coll.Théologie, Pastorale et spiritualité.Recherches et synthèses, II) $2.40 (frais de port en plus) Pour tous On s'accorde à dire que le cardinal Newman fut un homme de génie et un des plus •rands « spirituels ».Le docteur Gorce l'appelle même « le Père de l’Eglise du XIXe iècle », dans ce Choix de Pensées.Le docteur Gorce, qu’on a surnommé « le !aïc théologien », s’est spécialisé dans l'étude de la pensée de Newman.Il précise cependant on intention dans sa note au lecteur: il ne veut pas jouer au spécialiste, il veut monnayer, endre le plus accessible possible l’objet de on étude.Il ne se fait pas d’illusions: rares, pense-t-il, sont les lecteurs assez tenaces pour oénétrer la vigueur de pensée d’un génie tel que Newman.Aussi veut-il nous apprivoiser par ce choix de pensées maîtresses qu’il a, par un • ravail laborieux, apprêté pour nous.Son livre :st une initiation.Pour tous L'auteur présente la pensée du Cardinal dans un groupement systématique qui com-II est difficile pour un prédicateur d'expli- prend les principales questions de l'ordre sur- 279 naturel.Voici les titres de ce florilège: le monde invisible, Dieu, les anges, l’Ecriture, l’Eglise, les Pères, la religion, le chrétien, la foi, les idées maîtresses, le péché; le renoncement, la prière, l’Eucharistie, la sainteté, la dévotion à la Vierge, l'éternité.Il ne faut évidemment pas s'attendre à des arguments bien développés dans ce choix de pensées.Il faudrait recourir pour cela au sermon ou à l'œuvre d’où sont tirés les extraits; leur provenance est toujours clairement indiquée.(p.19).La réelle ou apparente corruption des services municipaux rappelle que le C hrist est bien allé chercher Matthieu derrière un guichet.Les chantiers de construction destinés le plus souvent aux riches proclament qu’on continue de mettre le Christ dans la rue.La faiblesse des tribunaux surprend moins quand on songe à ce que la justice humaine a fait de Jésus-Christ.Dans beaucoup d'usines où règne l'argent, c’est surtout par Son absence qu'on peut trouver Dieu.La course vers les plaisirs du samedi soir traduit la soif d’amour que Dieu a mise au cœur de l’homme et que Lui seul peut combler.On parle d'une béatification prochaine du cardinal Newman.Ce mouvement dans l’Eglise pour glorifier le génial professeur d'Oxford, converti de l’anglicanisme, nous fait croire à l'opportunité de ce livre du docteur Denys Gorce.Roland LITALIEN SEMPE (Pierre), s.j.DIEU EN VILLE.Illustrations de Bouchaud.Toulouse, Apostolat de la Prière [1958}.119p.ill.19cm.S1.20 (frais de port en plus) Pour tous L’Ecriture nous encourage à chercher Dieu hors des villes, dans la campagne, dans le désert, la solitude, le silence et la nuit.Or, notre civilisation s’urbanise toujours davantage.Est-ce à dire que Dieu se fera de plus en plus absent ?Non.« Dieu est présent en ville, 11 y agit » (p.7).On pouvait s’en douter.Mais comment Le reconnaître dans notre vie quotidienne de citadin ?Le R.P.Pierre Sempé tente de répondre à cette dernière question dans son livre intitulé: Dieu en ville.Il le fait avec l’œil de la foi: Credimus propterea loquimur, pourrait-il répéter.Celui qui a une foi un peu éveillée — ou qui veut s’éveiller — pourra le suivre avec facilité, plaisir et constance.D'autant plus que la pensée de l’auteur est exprimée dans un langage simple et dans des chapitres très courts, illustrés de façon amusante.Pour le R.P.Sempé, le bruit de la ville exprime sans cesse la vie de nos frères dans le Seigneur.Les transports en commun peuvent être une image de l'Eglise.L'absence de Dieu sur les affiches peut nous montrer que Dieu ne veut pas nous forcer, qu’il veut l’amour de cœurs libres, que « c'est d’abord par la vie des chrétiens qu’il veut se faire connaître * L'A.développe aussi des considérations originales sur le stade, le cinéma, les pompiers, l'hôpital, les congés, la gare, les écoles, la campagne électorale, etc.Il termine en parlant de l’église.C’est à l'église, «l’âme de la ville», que le citadin trouvera la force de s'élever vers Dieu dans sa vie quotidienne.« Au sortir de l’église, nourris du Corps du Christ, quand la porte s'ouvre sur la ville, nous sommes prêts pour cet effort.» (P.119) Cet effort, le R.P.Sempé l’a fait.Son livre nous en offre quelques fruits.Les déguster nous donne le goût de cultiver notre propre jardin.Roland LITALIEN Le livre de la béatification Elle a beaucoup aimé.par Soeur E.Mitchell, s.g.m.La vie, prise sur le vif, de la Bienheureuse Marguerite d’Youville.Une biographie animée comme un .film et captivante comme un roman historique.Préf.de Léon Pouliot, s.j.335p.21,5cm.9 hors-texte Couvre-iivre illustré en couleurs $2.50 (par la poste $2.65) -Chez FIDES 280 Littérature (8) BORGAL (Clément) ROGER MARTIN DU GARD.Paris, tuitions Universitaires.125p.(h.-t.) 17.5cm.(Coll.Classiques du XXe siècle, no 30) S 1.30 (frais de port en plus) Pour adultes Les Editions Universitaires publient la première véritable monographie consacrée à Roger Martin du Gard.Comment expliquer cette conspiration du silence ?Ingratitude ?Indifférence ?Non pas, de noter C.Borgal.Martin du Gard « lui-même, autour de son nom, a ménagé cette zone épaisse de silence ».Pas le moindre manifeste, aucune consécration académique.« Il est l’exemple assez rare, lisons-nous sous la plume d’Albert Camus dans la préface aux Oeuvres complètes de Roger Martin du Gard (Coll.Lu Pléiade), d'un de nos grands écrivains dont on ignore jusqu'au numéro de téléphone! * Ce prix Nobel (1937).jusqu’à présent, n’était connu que par des articles d’Arland, de Madaule, de Maurois, ou par des confidences dans les journaux de Gide ou de Julien Green.Pratiquement, l'on se prévalait d'une courte étude littéraire que René La-lou avait publiée d'abord à la Revue de Paris, puis en plaquette à la N.R.F.Quant à Martin du Gard lui-même, ce n’est qu’en 1955, à l’âge de soixante-quatorze ans, qu’il rédigea quelques Souvenir autobiographiques et littéraires, et fit paraître quelque dix ou vingt pages de son Journal.La présente étude, malgré ses dimensions restreintes, arrive donc très à propos.L’Auteur inventorie l’immense somme romanesque que ccnstituent Jean Barois et Les Thibault qui racontent le milieu bourgeois français d'avant la Grande Guerre jusqu'en 1940, au commencement de la seconde.Clément Borgal révèle de façon méthodique les linéaments biographiques de cet icognito, précise sa méthodologie romanesque, son sens de la vocation d’écrivain et son rigoureux souci de la perfection par le labeur.« Un peintre, écrivait l’auteur des Thibault, peut fatiguer sa toile; un écrivain ne fatigue pas son manuscrit: l’aisance ne s'obtient qu’à force de travail, toujours plus de travail.» A ses yeux, ont « le mal du socle » tous ces écrivains qui croient devoir descendre dans l’arène et traiter de l’actualité.Ils ne font le plus souvent que mauvaise besogne.ils se laissent aveugler par un apparent devoir immédiat; et, pour pondre des articles utilitaires dont il ne restera rien, ils négligent leur vrai devoir qui.semble-t-il, serait de poursuivre leur œuvre d'écrivain.La réflexion est discutable, mais elle a sa noblesse et sa vérité.En dépit de scs protestations, Martin du Gard exprime une philosophie proprement gidienne à travers toute son œuvre romanesque.Son anticonformisme est sans doute personnel, mais il ne laisse pas cependant d'être tout aussi réfutable que celui des Nourritures terrestres.« Banalité du personnage: garantie de sa valeur humaine.Banalité des moyens: gage de la valeur émotive du récit », c’est en ce double raccourci brûlant que C.Borgal décrit l’art de Martin du Gard.Un art dépouillé on ne peut plus.Nos contemporains ont-ils le courage de s’attaquer à la lecture de Jean Barois et des Thibault 1 ?Sans aucun doute, les lecteurs qui le feront, se donnent à eux-mêmes un brevet de patience et de réflexion, mais doivent au préalable se porter garants d'une solide maturité intellectuelle et morale ! Rol-M.CHARLAND 1.Jean Barois et la série des Thibault sont des livres dangereux.KEMP (Robert) AU JOUR LE JOUR.Paris, Albin Michel {1958}.260p.18.5cm.S2.75 (frais de port en plus) Pour tous Le journalisme, a-t-on dit, épuise jusqu'à l'éreintement l’écrivain sans enrichir l'homme.Mais il est des exceptions qui confirment la règle: Sainte-Beuve en tête, Maurras, Mauriac, et particulièrement Robert Kemp qui est entré à l'Académie sur la réputation de ses articles de chroniqueur et de critique.Brillant successeur d'Edmond Jaloux à la critique des Nouvelles Littéraires depuis 1945, Robert Kemp a été d'abord chroniqueur au journal Le Temps, de 1929 à 1940, à cette époque où il était encore naturel d'écrire « soigné », comme il le dit lui-même, et bref sans être trop pauvre.Voilà la formule qu’il a mise en valeur comme le témoignent les quatre-vingt-douze billets publiés ici sous les différents titres qui les groupent: De poésie et de littérature, de morale et de philosophie, de théâtre, de musique, de danse et de cinéma, des femmes, de la nature, de divers sujets.Notre La Bruyère n’aurait pas de difficulté à s’y reconnaître.Je refeuillette ce bouquin et je remarque qu'il n’y a pas une page qui ne soit marquée de 281 soulignes ou d'annotations qu'a fait naître la première lecture.Je constate que, sans bouder le progrès sous toutes ses formes.Robert Kemp ne peut s’empêcher cependant d’insister sur les faiblesses de notre civilisation.Blâme-t-il à bon droit cette « admirable apathie » des bibliothécaires charges de nourrir les esprits et trop peu inquiets quant au régime ?.« Les jeunes gens se jettent sur les crudités, se gavent de salade et vident les pots de pickles.» « On n’ose plus diriger, enseigner.Il semble que les adolescents soient sous le signe de l’infaillibilité.» Robert Kemp plaint ceux « qui ne sentent point gronder en eux une mer de phrases classiques.et modernes ».Mais les jeunes imberbes qui sont des dilettantes jugent les valeurs à leur dynamomètre personnel: ils exigent que poètes et philosophes « répondent à ce qu'ils ont dans l’esprit » ! Encore regrette-t-il cet
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