L'art musical, 1 octobre 1898, Octobre
L’ART MUSICAL REVUE MENSUELLE PARAISSANT LE 10 DE CHAQUE MOIS, Vol.III MONTREAL, OCTOBRE 1898.No 1 L.E.N.PRATTE,.Directeur C.O.LAMONTAGNE,.Rédacteur 1676 Rue Notre-Dame.Téléphone “ Main 1080." ^ 1615 Rue Notre-Dame.Téléphone “ Main 8172." ARTHUR COQUARD.Nous extrayons de différentes revues, particulièrement de la “ Revue d’ArtDramatique ” et des Profils d’Artistes Contemporains (Hugues Imbert), les notes suivantes : Arthur Coquard est né à Paris, le 26 mai 1S46.Dès la première enfance, les dispositions musicales se manifestèrent.Il n’eût aucun maître, apprit seul ses notes, et à seize ans, ignorant les premières notions de l’harmonie et même du solfège, il écrivit pour sou collège de province une graude fantaisie pour musique militaire qui fut sou premier succès.C’est en 1862 qu’il fit la connaissance de César Franck dont il devint l’élève, et qui exerça une si vive influence sur son avenir musical.De 1866 il 1870, il s’abstient de tout travail d’harmonie ou de composition, se livre à des études approfondies de littérature, d’histoire.se fait recevoir docteur en droit en juin 1870.Pendant la guerre de 1S70, il fait la campagne sons les murs de Paris, assiste aux combats du Bourget, de Buzenval et mérite d’être porté pour la médaille militaire.Au lendemain de la guerre, en mai 1871, lisant les chœurs (VEsther, il se trouve attiré à nouveau vers l’art musical.Il écrivit les deux premiers chœurs et les montra à César Franck qui depuis plusieurs années n’avait rien vu de lui, et fut surpris des tendances qui se manifestaient chez sou élève.Son début, comme compositeur, date de janvier 1876, aux Concerts Colonne, avec le Chant des Epées, ballade pour barytou et orchestre, dit par Lassalle avec un vif succès.Eu 1875, il s’était fait attacher à la Bibliothèque où il resta jusqu’en 1881 ; puis il épousait Mlle Auffray) la sœur de l’éminent avocat à la Cour de Paris.A partir de cette date, nous voyous apparaître Hêro, graude scène dramatique, chez Pasdeloup (1880) ; Ossian, symphonie (1882) ; Cassandre, drame lyrique ; diverses mélodies au nombre desquelles il faut placer Haï Luli, qui valut ù l’interprète, Mlle Marcella Pregi, un succès mérité ; la Noce au Village, églogue ; une Légende, pour violon et orchestre ou piano, jouée souvent par Marsick, puis quelques pièces de musique de chambre.En dehors de ses travaux de composition, Arthur Coquard fait de la critique musicale au journal la Vérité, et dans la revue la Quinzaine.Nous rappellerons sou étude sur César Franclc parue eu brochure et l’ouvrage couronné par l’Académie : De la musique en France depuis Rameau.La Jacquerie, drame lyrique en 4 actes, a peine commencé par Edouard Lalo qui n’avait pas même terminé le 1er acte, a commencé à porter au grand public le nom d’Arthur Coquard.Œuvre de passion et de grandeur tragique, la Jacquerie fut uu grand succès d’abord à Monte-Carlo, puis à Lyon, Aix, Toulouse, Lille, Angers, Nancy, etc., enfin ù Paris, à l’Opéra-Comique (1875-76).L’auteur de la Jacquerie a terminé un autre drame lyrique Jahcl, dont on annonce la prochaine exécution ù Paris et (pii le montrera, disent ceux qui connaissent l’ouvrage, sous son vrai jour.LISTE DES ŒUVRES DE M.ARTHUR COQUARD.La Jacquerie, drame lyrique.—Clueurs d'Esthor.— Andrmnaquo, scène lyrique.- Le mari d’un jour, opéra comique.Le chant des épées, pour baryton.— Légende, pour piano et violon.Menuet, pour piano.— Gavotte, pour piano et pour orchestre.—Pliiloctète, musique de scène.— Haï Luli, pour soprani.— Recueil de 12 mélodies.Clueiir pour enfants (petit enfant, petit, oiseau).— lléro, scène dramatique.— (ne noce au village, scène avec chœurs.—Sérénade, pour piano et violoncelle.— Les Adieux de Jeanne d’Arc.— Quatre mélodies: Chanson Madgyare ; Lune de miel; Aubade; Nocturne.Plaintes d'Ariane, mélodie.— Chrisplie Colomb, scène lyrique.— Le Gaulois captif, mélodie.— Quatre mélodies : Souvenir ; Fleur de Cadix : A l'Absente ; Chanson de Molière.— Recueil de Musique d’Eglise.—Litanies de la Suintu-Viergc.— Ave Maria.— Sub tuum.— (.) Satutaris.— Jeanne d’Are.SP>flGLES ET DIVERTISSEMENTS POUR LES PflUVRLS Dans le quartier le plus pauvre tie Londres, vers White Chapel Road, s’élève un superbe édifice appelé le Palais du Peuple, destiné aux ouvriers de la ville.La construction est haute, spacieuse, bien éclairée et aérée, décorée des statues de toutes les reines d’Angleterre.Ou y voit un grand orgue, une scène et d’amples galeries.Chaque soir la salle est pleine.Un soir on y donne, par exemple, le Messie de Hændel, un antre soir, le Trouvère, un autre soir, un concert, une conférence avec projections, etc.Pendant les entr’actes, le populaire se répand dans un foyer digne de n’importe quel théâtre et où se trouvent îles palmiers et des fleurs à profusion.Et pour ajouter à ces délices: musique, chant, couleurs, lumière, verdure, on ne paie que trois pence (6 centins environ).En dehors de ces divertissements, on trouve au Palais du Peuple une école, un laboratoire, une infinité de choses instructives.M.JEHIN-PRUME.Le célèbre viohmiste qui est en Europe depuis le mois du juin, doit revenir au Canada d’ici à quelques jours.M.Pruine a passé l’été en France et en Belgique dans 1 intérêt de sa saute qui était fort compromise à son départ, ses nombreux amis apprendront avec plaisir, qu'il est aujourd'hui dans un état très favorable.M.Prumo a profité de son séjour en Europe pour éditer deux volumes de mélodies.Vol.I, six mélodies.Vol.III, trois mélodies religieuses: Trois morceaux de violon, I Scherzo de Concert, Il Berceuse No II, 111 Etude Caprice.M.Erasme Johin-Prume, sera de retour avec son frère, lu 1er octobre. L’HRT 7VYUSIC7ÎI- O CHRONIQUE MUSICALE Il est bien connu qu'au Canada le nombre des orgues l’emporte de beaucoup sur celui des organistes.A quelques exce ' s près, les fabriques de nos paroisses rurales engagent des pianistes n’ayant aucunes notions du style de l’orgue et tie la tonalité grégorienne, mais possédant, en revanche, dans leur répertoire les airs d’opéras et de danses les plus en vogue.C'est ainsi, qu’au dire de touristes en villégiature dans une paroisse des environs de Montréal, les fidèles auraient été régalés de valses et de galops, en guise de graduels et d’offertoires.Il n’y a pas lieu de s’étonner de pareils abus que confirment, d’ailleurs, l’ignorance du véritable role de l’orgue à l’église, l’imposition de préférences musicales d’un goût douteux et, surtout, la situation faite à la plupart des organistes dans cette province.Un instrument laissé, par excès d’économie, dans un état de délabrement à compromettre la réputation la plus solide : une tâche, ou trop peu rétribuée ou, parfois, arbitrairement accrue sans rémunération additionnelle; l’oubli des services gratuits rendus par l’organiste, de son concours, par exemple à quel-qu’office extraordinaire, le dédain même qu’on lui témoigne en le traitant comme un valet, la chose de l’église, un accessoire de l’orgue.Tout cela n’est guère propre, comme on le voit, à relever la profession dans l’estime des artistes, à favoriser les études et les vocations sérieuses.Joseph De Maistre a dit quelque part : *' Les arts ne vivent “ que d’honneurs et d’encouragements ; il ne suffit pas qu’ils “ soient payés par les hommes riches, il faut encore qu’ils “ soient respectés par ceux que l’on respecte.” (Mélanges inédits).Quel art est plus digne de respect que celui de l’organiste alternant avec le prêtre à l’autel et coopérant avec le chant à la solennisation de la messe ?Après cette revendication des droits et de la dignité de l’organiste catholique, il est agréable de signaler des exceptions prouvant qu’en certains quartiers on a le culte de l’art et le respect des artistes.En 1896, l’abbé Ch., un dilettante entendu celui-là,avec de plus le cœur sur la main, m’invitait à l’accompagner dans une visite à l’un de ses anciens condisciples, religieux chez les Dominicains de St-Hyacinthe.Là, nous fûmes présentés au Père prieur d’alors, un fin connaisseur en musique, entr’autre de musique d’orgue.Ce n’est pas lui, certes, qui aurait toléré la moindre réminiscence de théâtre ou de bal durant les offices.“ Nous sommes heureux, nous dit-il, de la prédilection de l’organiste pour les maîtres de son instrument et l’encourageons de notre mieux à persévérer dans cette voie.Respectant a I égal du chant les pièces qui en tiennent lieu, nous évitons, à l’offertoire, par exemple, d’interrompre une phrase commencée, quitted avertir l’exécutant de préparer sa péroraison dans le ton du morceau.” Ayant ainsi quelque temps causé de musique et de musiciens, entr’autres de Widor, l’organiste de St-Sulpice que le bon Père a personnellement connu, nous fûmes priés de monter à la tribune de l’orgue pour y rencontrer l’organiste, jeune musicien aveugle de beaucoup de promesses qui nous fit entendre sur un instrument en parfait ordre des fugues do Bach ainsi que d’autres compositions de Dubois, Gigout et Salomé, le tout interprété avec goût, intelligence et cet aplomb que donne a 1 executant Incertitude d’être compris et apprécié.Heureux organiste ! Si tous ses confrères recevaient une direction aussi éclairée jointe à d’aussi sympathiques encouragements, quel zèle ne déploieraient-ils pas pour se rendre dignes de leurs éminentes fonctions ! R.O.P.CREATION D’UNE MAITRISE A LA “SCHOLA CANTORUM” DE PARIS La Schola Gantorum, dont nous étudierons prochainement l’organisation et le but, vient d’être mise à même grâce à la généreuse initiative d’une bienfaitrice anonyme, de fonder sept boursei annuelles de 800 francs pour l’entretien et l’éducation de sept jeunes garçons de dix à douze ans, doués d’une voix étendue et timbrée, et capables de chanter les parties de de sus dans la maîtrise de l’église catholique anglaise de Saint-Joseph des RR.Pères Passionnistes de l’avenue Iloche, à Paris.Le but de la fondation étant d’aider à la création d’une maîtrise modèle dans cette chapelle, les enfauts devront donc en retour prêter leur concours aux offices dominicaux de l’église Saint-Joseph.Leur admission à la Schola sera donc absolument gratuite quant à l’instruction musicale, l’entretien, la nourriture, le logement, le blanchissage, l’éclairage et le chauffage.Les parents n’auront à fournir que le linge, l’habillement et livres d’études.L’éducation musicale qui leur sera donnée à la Schola comprendra l’étude du chant grégorien, du clavier (orgue et piano), du solfège, de l’harmonie, du chant (pose et gymnastique de la voix), sans compter les répétitions d’eusemble du répertoire de la maîtrise.Au moment de la mue de la voix, les jeunes garçons qui présenteraient des dispositions musicales deviendraient boursiers de la Schola et seraient admis à suivre les cours supérieurs de l’école, que leur donneraient les maîtres MM.Guilmaut et d’Indy, etc., afin de devenir maîtres de chapelle et organistes élevés dans le respect de leur art et de la liturgie.Les places seront gaguées au concours.Afin de faciliter le recrutement et éviter aux intéressés un déplacement coûteux, le concours aura lieu simultanément, pour la France, à Bordeaux, à Pau, à Toulouse, à Valence (Drôme) et à Dijon ; pour la Belgique, à Bruxelles ; pour la Suisse, à Fribourg ; et pour l’Espagne, à Saint-Sébastien et à Barcelone.M.Ch.Bordes se rendra dans chacune de ces villes au cours des vacances, et, assisté de plusieurs maîtres de chapelle ou organistes locaux, présidera au concours qui sera annoncé préalablement par les journaux de la région et des départements voisins.Les enfauts seront tenus de savoir le solfège et devront posséder une voix étendue et timbrée.Les concours s’étendront également aux places de chanteurs ténors et basses pour la même maîtrise et une autre chapelle de la capitale, en tout huit emplois, trois ténors et cinq basses ou barytons, s’il se trouvait en province des sujets désireux de venir se fixer à Paris.Les uns et les autres devront faire partie des Chanteurs de Saint Gervais, ce qui leur procurera un casuel appréciable qui viendrait s’ajouter à leurs appointements.Les personnes qui fout du bruit en entrant dans une salle de concert devraient être mises à la porte sans hésitation.Aucun bon musicien, quelque soit son talent, ne sera réellement ni sincèrement apprécié dans son pays.Il aura toujours à redouter la jalousie de ses concurrents, souvent moins bien doués, qui mettront tout en œuvre pour le démolir.15 L’HRT 7UÎUSIC7ÏL 3 L’ART MUSICAL Revue Mensuelle iîoite Postale 2181 TELEPHONE MAIN 1080” La Cie de Piasos Pratte, propriet ire _________lliTfi, mo Notre-Dnmc.CONDITIONS D’ABONNEMENT (PAYABLE D’AVANCE) : Canada et Etats-Unis .$1.00 Montreal (livraison a domicile) .1.15 Etranger .1.25 Le Numéro.10 Cts On demande des agents dans toutes les parties du Canada et des lîtats-Unis, pour la vente au numéro, les abonnements et les annonces de 17Art Musical.S’adresser au No 1615 rue Notre-Dame, ou écrire à L’Art Musical, Boîte Postale 21S1.M.C.O.Lamontagne a pris la redaction de L’Alix Musical.Le prix de l’Airr Musical, au numéro, est maintenant de dix cents.Le mois dernier, notre tirage a été de 5,000 exemplaires et l’édition en est déjà à peu pics épuisée.Certains faits récents nous ont porté, à réfléchir bien sérieusement sur la façon dont on traite les artistes, dans notre pays,et nous venons faire part,à nos lecteurs, du résultat de ces réflexions, espérant ipi’il suffira de mettre le doigt sur la.plaie pour qu’il s’organise sans retard une campagne active contre un état de choses déplorable.On adore chez nous fui redo la bonne musique.çji atis et pro Deo, et on se pique d’être connaisseur dans cet art ; mais s’il est question d’engager à bons écus sonnants un chanteur, un pianiste, un instrumentiste quelconque, vite, on rentre scs goûts, on s’indigne contre ces misérables qui osent réclamer une rémunération, ne sachant ou ne voulant pas faire de l’art pour l’art, et l’on croit avoir fait preuve de bonne volonté, avoir bien mérité de la patrie, en cherchant à organiser, sans frais, une soirée musicale.Le même procédé est en vogue lorsqu’il s’agit de concerts ; si l’entrée est gratuite, le public s’y jette avec un empressement des [dus louable,; s’il faut payer, au contraire, 011 oublie sans regret cette belle passion qu’on aime tant à vanter.Ce qui précède nous amène tout naturellement à dire ceci : il est peu délicat, pour 11c pas dire plus, de demander à un musicien de donner ses services sans compensation, et on a tellement abusé de la chose que c’est pour ainsi dire entré dans nos mœurs aujourd’hui.Eli bien, nous allons attaquer ce traversât le déraciner, si possible ; ce sera le salut de ce qui pourra devenir un jour notre art national 1 Croyez-vous encourager un artiste (pii a fait des sacrifices dans le but de se perfectionner, des dépenses pour se procurer des professeurs capables, en le requérant à titre d’ami, ou autre,de bien vouloir prendre part à un concert d'adieu, à une cérémonie de mariage, à une soirée musicale, à mille autres fonctions dont 011 ne se fait pas d’idée ?Est-ce par ce moyen qu’on engagera les nôtres (pii étudient en Europe à venir se fixer parmi nous ( Alors surtout (pie sur le vieux continent 011 les habitue à des procédés de délicatesse extrême en ces matières [ Qui de nous ira, pour prendre une comparaison terre à terre, demander à son épicier, fut-il son meilleur ami, de lui fournir gratuitement sa farine, son sucre, ou toute autre marchandise \ Le cas du musicien est anatomie ; son talent, son savoir, c’est son capital, son gagne-pain, et cependant on ne se gêne guère de lui en demander (/mt-uitemenf une partie.Corrigeons-nous ! Sachons apprécier pratiquement (pécunaircment) nos artistes, habituons-nous à les considérer au point de vue mercantile et l'on verra bientôt se développer, parmi nous, un centre musical d’où émergeront des musiciens dont nous pourrons nous glorifier.Nous serions heureux de voir s’accentuer davantage, dans notre société montréalaise, le goût des soirées musicales, autrement dit irritais, telles qu’011 en donne continuellement dans les salons, à Paris et à Londres.Au lieu de donner un bal, on engage quelques artistes, on prépare un concert d’œuvres choisies, et les invités s’instruisent tout en s'amusant.La portée d’un pareil mouvement serait considérable dans une ville comme la nôtre ; ce serait un puissant aiguillon pour ceux qui se consacrent à l’étude de la musique, et cela créerait une rivalité qui finirait par produire des résultats heureux.Certaines personnes sont venues se plaindre à notre bureau qu’un agent aurait perçu des abonnements pour un journal dont elles n’auraient pas encore reçu d’exemplaire, depuis deux mois (pic le fait s’est passé.Nous ne pouvons que demander au public de ne pas laisser surprendre ainsi sa bonne loi sans savoir si les propriétaires sont responsables ou non.bans le.cas de.doute, il serait préférable de ne pas effect uer de paiement avant la livraison du journal pendant un temps donné.Quant à L’Aiit Musical on peut, obtenir des renseignements sur son compte de n’importe quel curé1 ou communauté religieuse.Dans le Mondiî Musical, du 30 août dernier, M.A.Mangeot, le distingué rédacteur de cette revue, a attaqué vigoureusement, sous le t itre DA et Musical aux Etats-Unis, l’attitude insensée du Musical Couiuhk, de New-York, qui considère cette ville comme un centre artistique égal aux grands centres de l’Europe.Nous espérons que ce dernier a pris en sérieuse, considération les remarques de son confrère européen. 4 L'ÏÏRT 7UÏUSIC7Ï1- II n’y a pas longtemps encore on chantait, dans nos principales églises, les œuvres de Lambillobte, Concone, Battmann et tutti frutti ; de nos jours les inaîtres-de-cha-pelle sont plus éclectiques : ils nous ont rendus familiers les noms de Rheinberger, Liszt, Dubois, Saint-Saëns, Riga, Rousseau, Xidermeyer, Lennnens, Cherubini, dont nous entendons les œuvres aux divers leles de l’année.L’art progresse dans notre pays.On devrait, dans tous nos collèges et couvents, instituer des classes de solfège obligatoire; ce serait servir l’art et préparer une génération capable de se mettre à la hauteur du mouvement musical contemporain.Les commissaires d’écoles avaient inauguré ce mouvement, ils l’ont malheureusement laissé tomber.pour le moment, espérons-le.Les Canadiens, qui étudient la musique actuellement en Europe, font honneur à notre nationalité et sont une preuve edu talent qui existe dat*.notre population et que le gouvernement devrait aider : Mlle Cartier, qui nous arrive de Paris : Mlle LaPalme, au Royal College of Music de Londres ; M.Rodolphe Plamondon, Paris -et à Londres ; le jeune Rosario Bourdon, à Gaud ; MM.Emilien Renaud et Kelsen, en Allemagne, nous font connaître avantageusement.AuS'i, ceux qui les suivront seront-ils accueillis avec empressement par les principaux professeurs de ces différents pays, comme étaut des sujets très favorables.Nous attirons l’attention de nos compositeurs canadiens sur le fait que M.Goulet est tout disposé à leur fournir l’occasion de se faire entendre.Il fera jouer dans le cours de sa série de concerts d’orchestre, les œuvres originales dont on lui fera parvenir la partition et les parties d’orchestre.et nous espérons que plusieurs des nôtres profiteront de cet avautage que l’on réclame eu vain dans les pays d’outre mer pour les jeunes.L’ORCHESTRE “ SYMPHONY ” L’orchestre, dontM.J.J.Goulet a pris la direction l’an dernier, reprendra ses séances le 2S octobre courant pour se continuer chaque 2e et 4e vendredis du mois jusqu’à ce que la série de 12 douze concerts soit terminée.C’est dans la salle Windsor, comme par le passé, qu’auront lieu les concerts et nous engageons nos lecteurs à les suivre autant que possible ; la musique d’orchestre est plus apte que toute autre à développer le goût artistique et les parents dont les enfants ont des dispositions musicales feront bien de les y envoyer ; ils en retireront de grands avantages.An nombre des musiciens, qui feront partie de l’orchestre cette année, sont : MM.Duquette, Roy, Silverstou, Ratto et Zimmermann, violonistes ; Milo et Gruenwald fils, altistes; Charbonneau et Leriche, violoncellistes; Plamondon et Hardelin, contrebassistes ; Gingras, Caster, V he, Arnold, Foucher pour les instruments de bois; La Casinière, Robert, Larose, Laliberté, Lacroix et Renaud pour les instruments de cuivre.Nous ne citons que les plus connus, étant donné que l’orchestre comprendra une quarantaine de musiciens.Avec ces éléments nous pouvons nous attendre à des exécutions d’autant supérieures qu’elles seront plus encouragées ; si les recettes le permettent, le nombre de répétitions pour chaque concert sera augmenté.NOTES DIVERSES.Mlle Sviai.Sandkksox est en bonne voie de guérison, il Paris.Le monument de Richard Wagner, il Berlin, s’élèvera sur la Lutzow Place.Le virtuose voyageur va partout: Ysayo et Jean (lérardy ont joué en concert au Manitoba cet été.L’Opéra nouveau de M.Eugène d’Albert, le Depart, sera joué prochainement à l’Opéra Royal de Munich.Juliel, do M.A.Coquard, sera donné prochainement à Rouen ; il est aussi question de donner Lu 7laine de limitée.Mm h Sc.u.cui donnera, avec le concours d’autres artistes, une série de concerts, aux Etats-Unis, commençant en octobre.Jkax de Reszké prétend que l’usage modéré de la bicyclette est excellent pour les cordes vocales.“ Je trouve, dit-il, qu’une course au grand air produit un bon efl'ot sur la gorge.Mon frère est du même avis que moi.” Rosenthal, le pianiste, donnera son premier concert il New-York, dans la Salle de musique Canieipe, mercredi, le 2(> octobre courant.Il y a deux ans, sa tournée a été interrompue par une espère de paralysie dont il a été atteint eu arrivant eu Amérique.M.Benjamin Constant vient d’achever le plafond qu’on lui avait commande pour le nouvel Opéra-Comique ; cette toile représente, dans un ciel de nuit étoilé, une Gloire, une Jeunesse jetant des couronnes et des Heurs à la farandole des opéras-comiques qui passe.Le nouveau chef d’orchestre du Metropolitan Opera House, à New-York, est M.Schalk.On pourra voir qu'il a encore à se créer uno réputation par le fait que son traitement est, paraît-il, do §0,000, alors que celui de Seidl était de 820,000.Quelques-uns des prix payés à Londres pour des récitals chez des particuliers : Paderewski, 82,500 ; Melba.81,500.A New-York : Nordic», 8000 ; Sembrich, 81,250, et Calvé, 81,000.Jean de Reszké a toujours refusé d’accepter ces engagements.M.Cam roi, R Saint-Saëns passera l’hiver prochain, comme d’habitude, à Las Palmas; il parait que le climat des Iles Canaries lui convieut à merveille et qu’il compte dans le pays de nombreuses et solides amitiés, ce qui lui permet de passer une saison paisible et agréable.Monsieur Ovide Musi.v, qui a pris la place de directeur des classes de violon, au Conservatoire de Liège, vient d’ouvrir une école de violon il New-York.Il enseignera six mois durant à Liège et six mois durant à New-York, ayant dans cette dernière ville un corps d’enseignement choisi.Paderewski a fait l’acquisition d’un superbe château, sur le lac de Genève, où il travaille au parachèvement de son opéra.Aucun visiteur n’est admis, et un écriteau, bien en évidence, portant les mots “ Prenez garde aux chiens ” avertit les passants qu’fis ne doivent pas se risquer dans le parc.M.Saint-Saexs n'kst cas Juif .— Le Musical Courier, de New-York, ayant insinué récemment quo M.Saint-Saëns est d’extraction sémitique, MM.A.Durand & Fils, représentant le célèbre compositeur français, ont protesté énergiquement contre cette assertion, demandant une rectification : ils attiraient (pie l’auteur deSum.wn est sincèrement catholique, ayant été, on plus, pendant vingt ans organiste de la Madeleine.La maison fondée par Yerdi pour les musiciens vieux et pauvres, nommée officiellement Cctsu di Ri posa per Musieisti, est terminée.Il y aura place pour cent personnes—soixante hommes et quarante femmes.La superficie totale du terrain est de cinq mille verges carrées environ ; il comprend un grand jardin pour les hommes et un plus petit pour les femmes.Dans l’établissement so trouvent une salle do concerts, deux terrasses, une chapelle et une infirmerie.On prétend que Verdi travaille actuellement à un nouvel opéra dont lo titre serait “ Néron.” Celui qui veut faire de la critique musicale sérieuse doit, avant tout, se demander s’il possède plus que des notions élémentaires de musique.5205 6944 L'HRT MUSICKL 5 ALEXANDRE GUILMANT EN VACANCES, On croit généralement que les grands compositeurs passent leurs vacances dans l’oisiveté.M.Guilmant n’est certainement pas de cette catégorie, car il n’est jamais inactif.Nous l’avons vu à l’œuvre l’Hôtel Windsor, travaillant pour la Schola Cantomm, entre deux visites, une pièce d’orgue qu’il nous joua le soir même après son récital à l’église St.George.C’était une composition d’un archaïsme délicieux.Pendant les vacances qu’il vient de passer à Meudon, M.Guilmant a écrit plusieurs œuvres, entr’autres un “Grand Chœur” pour l’orgue, composé le samedi et joué le lendemain à “La Trinité,” dont les fidèles goûtent souvent de pareilles aubaines.Le maître a aussi fait publier une nouvelle édition de sa .1ère Sonate en ré mineur, à laquelle il a fait plusieurs changements, y ajoutant aussi des indications pour la pédale.Une “ Marche Nuptiale ” (No 2), paraîtra prochainement, et il est à espérer que M.Guilmant fera mettre sous presse une transcription pour violoncelle et orgue faite, fila demande de sou frère, un violoncelliste, de la “Méditation,” extraite de la (ime Sonate.v GEORGES ENESCO.Un jeune compositeur—presque un enfant—s’est révélé pendant la dernière saison musicale à Paris; il a obtenu un succès considérable aux Concerts-Colonne avec une œuvre symphonique intitulée : “ Poërne roumain.” Georges Unesco est né en août 18S2, daus un modeste village de Roumanie; ses parents sont des cultivateurs aisés.A l’fige de douze ans, il avait suivi depuis 5ans les cours du Conservatoire de Vienne, son père le conduisit à Paris où il fut admis dans la classe de M.Massenet pour la composition et dans celle de M.Marsick pour le violon.M.Masse net, le premier, fut littéralement ébloui par les aptitudes de son élève : “Il est né symphoniste, disait il ; —il a douze ans à peine et il orchestre déjà comme un maître.” Les œuvres produiles par lui jusqu’à ce jour indiquent des tendances très marquées pour la musique de chambre et la sympho.nie.M.Gabriel Fauré, son maître actuel, qui ne fut jamais lui-même attiré par la scène, a reconnu en lui les mêmes aptitudes.M.Saint-Saëns, à qui il fut présenté, lui lit le plus chaleureux accueil : “ Je croyais voir un enfant prodige, et je me trouve en présence d’un artiste de tout premier ordre.” Sa mémoire est prodigieuse - on l’a vu exécuter sur le violon des passages entiers d’œuvres qu’il n’avait fait qu’entendre.L’année dernière, par suite d’une blessure assez grave au doigt, il n’a pu prendre part au concours de violon au Conservatoire.Son jeu est d’une belle amplitude; le style est excellent; les difficultés n’existent pas pour lui.G.Enesco a aussi composé une Sonate pour piano et violon ainsi qu’un Quintette pour piano et cordes.(Le Guide Musical).Notre point faible est précisément celui où nous nous croyons fort._____________ Il y a bien des manières d'enseigner la théorie de la musique.Seul le vrai génie n’en recommit aucune.LORENZO PEROSI.UN JEUN K PRÊTRE ITALIEN.La réputation d’un jeune prêtre italien, nommé Lorenzo Pc rosi, a traversé l'océan et se répand à l’heure actuelle par l’univers entier.On l’acclame davantage de jour en jour en Italie et ses compatriotes sont en passe de l’aduler comme un héros.“ La Passion du Christ,” un oratorio dont la première audition eut lieu à Milan le printemps dernier, le fit d'abord connaître en Amérique.Des rapports subséquents ne firent que grandir sa réputation et il obtint les mêmes succès dans plusieurs villes d’Italie.Venise surtout le chérit.C’est là qu’a été donnée sa “ Trilogie Sacrée,’’ formée de trois oratorios nommés respectivement.: “ La Passion du Christ,” “ La Transfiguration de Jésus-Christ,” et, “ La Résurrection de Lazare.” Chaque œuvre se compose de deux parties et est relativement indépendante des autres.Suivant la tendance de notre époque les oratorios sont courts.Ricordi, le célèbre éditeur italien, a fait l’acquisition de ces œuvres et a demandé immédiatement au jeune compositeur de lui en écrire une quatrième qui aura pour titre “ Le Saint Sépulcre.” Lorenzo Perosi est né à Tortonc, dans la province d’Alexandrie, le20 décembre IS72.A l’Age de 18 ans, il fut nommé organiste au Mont Cassin.Grâce à une riche famille milanaise enthousiasmée du talent de ce jeune homme, il put suivre les cours du Conservatoire de Milan et, plus tard, voyager en Allemagne où il développa ses connaissances musicales.En 1S94, il devenait maître de chapelle à Imola, et peu de temps après était nommé organiste de l’église St Marc, à Venise.Sa piété était telle qu’elle attira l’attention du clergé de la cathédrale et, après des études t.héolngiques poursuivies avec grand succès, il fut ordonné prêtre en 1895.Ses compositions musicales comprennent, douze messes, dont trois ont été chantées à St Marc, et plusieurs œuvres de moindre importance, toutes écrites pour le service religieux.Il dirigea lui-même la Trilogie à Venise et souleva un enthousiasme indescriptible.On le dit modeste au point, d’être timide.Ses œuvres portent l’empreinte de liach, bien qu’elles soient toutes personnelles.HYMNE A LA FRANCE.La .'il) août dernier, lit (î.-inlc Républicaine exécutait, au Concert des Tuileries, uu Hymne à lu France, composition de M.Kttg.(liront, le renommé organiste de Saint-Augustin.Cette onivru a été écrite poulies fêtes do Nancy, il l’occasion de la visite du Président L'arnot, eu IS'.lg.Elle a été conçue, écrite, transcrite pour harmonie par Al.Jossel, un des brillants élèves du AI.Kug.Gigout, et apprise par les musiciens do quatre régiments d'infanterie, en huit jours! C’est un record.MUSIQUE DE CHAMBRE Un typo de Montréal, occupé à composer un article sur la musique, rencontre l’expression “ Musique de Chambre.’ ’ Horreur ! pense-t-il, voilà qui n’est pas convenable, et hardiment il remplace le mot Chambre par celui de Salon ! Le correcteur d’épreuves a failli en faire une maladie. 6 L'HRT T^USICHL.UN INTERVIEW AVEC MADEMOISELLE CARTIER.Mlle Cartier, l;i gracieuse artiste canadienne, est arrivée à Montréal, le mardi, II) septembre, à bord du steamer Yorkshire, de la ligne Dominion, après un séjour de deux ans en Europe.I n représentant de l’Aitr Musical a eu une longue conversation avec, notre estimée compatriote, et nous nous faisons un plaisir d’en reproduire une partie pour nos lecteurs.La traversée, dit-elle, a été excessivement orageuse — tous les passagers ont été malades durant les six jours qu’a duré la tempête.Quant il moi, je suis libre de m’être portée très-bien, comme un excellent marin, •le me demande comment on peut avoir le mal de mer quand on ne rent ¦pus !— Bravo ! voilà qui est digne de votre illustre ancêtre ! — A propos, je suis heureuse de vous apprendre que l’on a organisé à Rennes et à Saint-Malo, un comité de souscription dans le but d’ériger, dans cette dernière ville, une statue à Jacques-Cartier.M.Herbette, l’ami dévoué des Canadiens à Paris, est très sympathique à cette œuvre et a bien voulu promettre son précieux concours.Si les Canadiens veulent faire quelque chose de leur côté, j’ai tout lieu d’espérer que l’inauguration de la statue projetée pourra avoir lieu en lilOO.M.Bourgault-Ducoudray doit, à l’occasion do cette inauguration, composer une cantate qu’il me fera l’honneur de me dédier.J’ai été reçue à Saint-Malo avec une cordialité extrême ; on m’a fait cadeau d’un autographe du célèbre navigateur, d’un morceau du bois du vaisseau sur lequel il a navigué et do divers autres souvenirs d’une grande valeur.J’ai étudié l’orgue, le plain-ohant et l’harmonie sous la direction de M.Eug.Gigout, le renommé orgarniste de Saint-Augustin — que je vous souhaite d’entendre un jour ! Mon Maître a eu l'amabilité d’écrire à mon intention une très Originale et très spirituelle rapsodie sur des airs canadiens, laquelle plaira beaucoup, j’en suis sûre ! Je la donnerai en première audition au Concert d’inauguration de l’Orgue de Saint-Louis de France.M.Delaborde, du Conservatoire, a été mon professeur de piano.J’ai tenu à travailler spécialement au point de vue du professorat et on m’a prédit beaucoup de succès dans cette carrière.J'ai eu l’honneur de rencontrer plusieurs artistes, entr’autres M.Théo.Dubois, le distingué directeur du Conservatoire ; M.Bourgault-Ducoudray, le savant érudit, professeur d’Histoire de la Musique au Conservatoitre ; M.Arthur Coquard, critique musical et compositeur très réputé ; M.Charles Lamoureux, le sympathique directeur-fondateur des célèbres Concerts Lamoureux, etc.etc., lesquels m’ont toujours témoigné une grande bienveillance.J’aimais beaucoup à entendre converser et discuter sur les questions d’art.J’en profitais pour apprendre et pour me renseigner sur cet important sujet.J’ai entendu quantité de musique (et de l’excellente !) aux Concerts Lamoureux, Colonne, d’Harcourt, puis aux Salles Erard etPleyel.J’allais souvent aussi a l’Opéra et à la Comédie Française (où une loge était gracieusement mise à ma disposition jmr Mme Jules Claretie).J’ai été heureuse de rencontrer durant mon séjour à Paris, plusieurs de nos éminents compatriotes : le regretté Mgr Fabre et son digne successeur Mgr Bruchési; Sir Wilfrid et Lady Laurier ; l’Hon.M.Taillon, M.Beaugrand, M.Guillaume Couture, M.Chaput, marguiller en charge de l’Eglise St Louis de France et M.Charles Labelle.Des nouvelles des Artistes Canadiens 1 Nielle Bernadette Dufresne, de Trois-Rivières, étudie le piano avec M.Delaborde, lequel la déclare élève intelligente et studieuse et des mieux douée comme pianiste.Son talent m’est tout-à-fait sympathique et vous aurez grand plaisir à l’entendre à son retour (probablement fin d’octobre).M.Suzor Côté travaille ferme et a remporté plusieurs prix et distinctions.M.et Mme Dubé sont très appréciés dans le monde artistique ; certaines maisons de publication américaines ont même obtenu le droit do reproduire quelques-unes de leurs œuvres.J’ai entendu dire, et telle est aussi mon opinion, que Rodolphe Plamondon possède une des plus belles voix qu’il y ait on Europe, et de plus une véritable nature d’artiste ; il est le favori dessalons mondains do ia capitale.L’impression que je rapporte de mon séjour en France ?Oh ! excellente sous tous rapports.Je suis enchantée de notre incomparable mère-patrie et de nos chers et si aimables compatriotes de là-bas! Ce (pic j’ai admiré le plus particulièrement à Paris, c’est le sérieux do la vie (ipii oserait dire que les Français sont légers?), l’ardeur au travail, la sincérité des convictions et le charme des relations — fait surtout de grâce, de distinction, de cordialité et de politesso exquise.La bienveillance dont 011 a fait preuve à mon égard à titro de canadienne, m’a vive- ment touchée; les critiques.vous savez qu’ils n’ont pas été du tout terribles envers moi ! Vous me demandez quels sont mes projets ?Jo mo propose de donner quelques concerts, et me consacrer ensuite complètement à l’enseignement ; je m’occuperai spécialement dos élèves (pii se destinent au professorat ainsi que des toutes jeunes.J’organiserai des classes pour les enfants, d’après un système que j’ai étudié là-bas, et je suis convaincue que ce système réussira, car il n’y a rien de semblable ici et le champ est vaste.Madame Ilortense Parent a fondé une école de ce genre il y a quarante ans à Paris, et elle a une grande expérience de la chose.J’ai eu plusieurs conférences avec la directrice qui a bien voulu me donner tous les détails du fonctionnement de son institution qui est des plus pratique et apte à développer rapidement les jeunes intelligences.Mademoiselle Cartier donnera dans le cours du mois d’octobre deux concerts d’orgue, dont l’un à Montréal et l’autre à Sorel.Aussi un concert de piano vers la fin de novembre.Ces concerts seront consacrés aux œuvres de l’Ecole Française Moderne.Elle reprendra ses fonctions d’organiste, à Saint-Louis de France, le 1er novembre prochain.11 est rumeur que la paroisse Saint-Louis de France, doit faire l’acquisition d’un orgue pneumatique-eloctriquc à trois claviers et quarante jeux avec toutes les ressources de la facture d’orgue moderne.PADEREWSKI Dans le numéro de septembre dn Sandows' Magazine, Paderewski écrit ce qui suit au sujet de l’influence de la constitution physique sur le jeu du pianiste : “ Il est indispensable pour arriver à la perfection, d’avoir des muscles bien développés, un fort système nerveux et eu général d’avoir la meilleure santé possible.“ On peut estimer que la pratique du piano en elle-même apporte l’accroissement nécessaire des muscles et de l’endurance.Les muscles principaux qui fonctionnent effec tivement sont ceux de la main, de l’avant-bras, du coude, un peu du dos et des épaules.Ces derniers entrent seulement en jeu pour frapper fortement les accords lorsque les bras et les mains sont énormément soulevés des touches.Dans le jeu détaché ce sont les poignets qui font la grande partie du travail, c’est-à-dire que ce sont les muscles de l’avant-bras qui soulèvent et rabaissent les doigts.“ Ce n’est pas tant, qu’une plus grande force de muscle donnera une plus grande puissance, mais le muscle étant en bonne condition, Parti rte pourra exprimer son talent artistique avec un effort moindre.Jouer pendant longtemps est souvent très pénible et un excès peut causer un trouble connu sous le nom de “ crampe du pianiste ” qui peut tellement affaiblir les muscles et les nerfs que le malheureux artiste ainsi affligé se trouve dans l’impossibilité de travailler.“ J’oi souvent remarqué que malgré une surcharge de travail pour mes muscles, je n’avais éprouvé aucun trouble, mais après, la réaction s’étant opérée je n’ai ressenti aucun épuisement des épaules et des coudes mais j’ai souffert de fortes névralgies affectant les nerfs communiquant les impulsions du cerveau aux muscles.” Quelqu’un qui avait appris la musique avec Paderewski affirme qu’il est en même temps le plus exact, le plus aimable, le plus patient des professeurs, avec une force de persuasion qui vous rend aussitôt convaincu que ce qu’il dit doit être la vérité.Il critique sévèrement, mais il n’épargne pas les chauds encouragements, remplissant ainsi l’élève du plus fort enthousiasme pour le travail.Dans s;> méthode particulière, il insiste sur l’émission d’un son BONJOUR SUZON! J.FAVRE.Allegro con sprrrto.a - » K«.fa?*art Don - jour.Su - zon.ma fleur des bois ! Es tu tou- jours la plus jo-Good day Su- saune, my %wüd- wood flow'r! Thou art the sweet-est in the Supplément àU-'ART MWSICAL h h ~\rrfr=& te ES ta -li Jai fart des vers, jai fait la - mour, l'ic marie up ifiymrs,lie been in love,.jai fait fa ad.lib.Animatn.a tempo.te?Mais que t’mi - por noiv?but what of that - te?Je pas - se col canto.y- y-y ad lib.Bon - jour ta por zon ! canne' ou- vre thy door o - pen col canto. Je far vue au temps des lr - tas -Ton cœur jo I saw thee when the li - Inès bloom ft, Thy heart so (1rs : je ne veux say: I am not pas, je ne veux pas Qu’on in amie en -(loom'd, / am not doom'd To be be- ÉZH 3 Mczzzk Et tu î nd thou didst a tempo. (Qu’as tu fart de - purs mon de - part?1 float fhy yuan y heart yet found its mate'.Qui part trop itôt, revient troj Who leaves ton soon ar-rives too Qui part trop Who leaves too pEE*EE$EE$ (tôt re-vient trop tard J soo?i ar - rives too late.à.rail.l.^ ml lib.a tmP°- k k lr-a r h ^ H-n a * p ^ « !' » 1’ -« ^ rmro r 1 J—Vr n n ; F\ 9 L1 J.U ‘ " ' x7 —v —\ J —]/— /Mais, que ni'iin - por te, mais que m’ini, - por i Hitt ivh at of that now, but what of that a rs a tempo.—tr- , —— 1— Æ M.L H L 4— y—v- -y- - N- TK T / K 7 K —» 1—- 4— —L A—L fV— P ii n-i t U.U- /C\ «a * * j ¦i^ «T—y { —.-if- t t » # ./L i> r » 7 J — Ammato.r é j ( mmm .L k te?Je pas se de - rant ta mai - son, Ou-vre ta por no iv?I'm here be-fore thy hal - low'd door, So o- pen quick É s £ ¦N -y col canto.m * rail.I £ f I /•nr//./ rzr/ //6.1 ?S=* =F te, X - .£ ! te, Ity.ou - vre SO 0 ta pen por quick ou - vre o - ven ta por \ thy door,_____ te?(Î h- ——1 siaryanno.-53=] 1 D -* \ «J rail.N f Ÿ i $1 i N r * *r col canto.—1 — 1-— -9r * —6 —^ 6 ET 7— -*h4—1— ?"'Ci — 9 W b* ' ! ~ 1 4J =é -H5 — Iton Good zon ! sanne! t i CURIOUS STORY.STEPHEN HKLI.KII.Mol to vivace.(• r I8-1.) /«, .v '* ’> i n ¦ ¦ ¦ v : ip U 4 'l *< r • V ^ — * *;A / i> 4- —.»• » L .TJ1 TT •>1 ' " £ */ f « .•; * - •?H 7 * R:ih l r«—> « L i L ¦ 1 j L ¦ * /JL .1 VT?Tk21 .-iff- **»¦ 7 -4 rrrsr îJ~»Be Supplémenta L'ART MUSICAL / jj l 7-C- 'r*g£ ^ÜJ ¦[- •* 1 -"""¦ VA I9 Lff' l^iVr • • 1
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