L'art musical, 1 décembre 1898, Décembre
L’ART MUSICAL REYUE MENSUELLE PARAISSANT LE 10 DE CHAQUE MOIS, Vol.III MONTRÉAL, DÉCEMBRE 1898.No 3 L.E.N.PRATTE, - - 1670 Rue Notre-Dame.Directeur Téléphone “ Main 1080." \\ C.0.LAMONTAGNE, -^ 1615 Rue Notre-Dame.Rédacteur Téléphone “Main 3172." CHARLES LAMOUREUX.[Pour L’Aiit Musical] Revenant sur une détermination regrettable, M.Lamoureux reprend, cette saison, la direction de l'orchestre symphonique qu’il fonda, il y a dix-huit ans ; aussi, croyons-nous d’actualité, au moment où M.Colonne célèbre brillamment le Jubilé des Concerts du Châtelet, de rappeler à grands traits quelle fut la carrière laborieuse de son éminent émule.Ainsi que MM.Taffanel et Colonne, Charles Lamoureux est né à Bordeaux, le 2S septembre 1834, précédent le premier de dix années et le second de quatre.C’est dans sa ville natale qu’il fit ses premières études musicales avec M.Beaudoin, violon-solo du Grand-Théâtre, aux côtés duquel il jouait à l’orchestre dès l’âge de 12 ans.Venu à Paris, en 1850, il entra aussitôt au Conservatoire, dans la classe de Girard (G, un maître qu’affectionnèrent vivement tous ceux qui reçurent ses précieux conseils.Aussi, profitant de ces excellentes leçons, le jeune Charles obtenait un second accessit de violon en 1852, et les deux années suivantes le second, puis le premier prix, tout en complétant son instruction artistique avec Tolbecque pour l’harmonie, Leborne pour le contre-point, Chauvet et Fissot pour la composition.Après avoir fait partie de l’orchestre du Gymnase, Lamoureux passe à celui de l'Opéra en qualité de premier violon et consacre les loisirs que lui laisse sou service et les leçons à la diffusion de la musique de chambre, ayant pour partenaires de sou parfait quatuor : Colonne, Adam et Régnault.A la Société des Concerts dont il était également devenu membre, après avoir joué aux Concerts Populaires, Lamoureux est élu second chef en 1S72.C’est alors que, hanté par le souvenir des grands festivals d’Allemagne et d’Angleterre, il rêve de réaliser en France de magistrales exécutions des chefs-d’œuvre de Bach et de Hændel.Confiant ses projets au Comité de la Société des Concerts, il demande que “chaque année, en dehors de son local et de ses concerts habituels, la Société, dans un but artistique et patriotique, donne une ou plusieurs auditions des grands oratorios de Bach et de Hændel, eu s’adjoignant le personnel nécessaire à l’exécution de ces chefs-d’œuvre”.On lui répondit par deux oui contre six non, ce qui provoqua sa démission (juillet 1873).Plus entêté que jamais dans son idée, Lamoureux constitue aussitôt un orchestre et des chœurs nombreux qu’il réunit sous le titre de l’Harmonie sacrée et le 19 décembre suivant il donne pour sa première séance le Messie de Hændel.Les soli étaient confiés à Mlles Belgirard, Armaudi, MM.Vergnet et Dufriche, (1) Narcisse Girard qui était chef d'orchestre de l’Opéra depuis 18 U» et de la Société des Concerts depuis 184!), avait été nommé professeur de violon au Conservatoire en 1847.—(Voir, pour plus de détails: La Société des Concerta dn Conservatoire de IS.tSà IS'.C)—les Cmmls Concerts Symphoniques, par A.Dandelot.alors élèves au Conservatoire ; Henri Fissot tenait l’importante partie d’orgue.Subjugué par la splendeur de ce magnifique oratorio, l’ampleur de l’orchestration et la puissance des masses chorales, le public, entassé dans la vaste arène, fit un colossal succès au promoteur de ce régal artistique.La fête eut de nombreux lendemains et l’empressement 11e fut pas moindre lorsque la Passion selon Saint-Mathieu, de J.S.Bach fut inscrite au programme, exécutée pour la première fois en P’rance dans son intégralité (31 mars 1874).Mais Charles Lamoureux comprit qu’il fallait laisser place dans ses concerts aux productions modernes de nos auteurs nationaux et le jeudi 4 février 1875, il donna une très belle audition de Gallia, l’émouvante lamentation de Gounod.Quelques jours plus tard il offrait à ses habitués la primeur d’une œuvre nouvelle de Massenet : Eve, mystère en 3 parties.Malheureusement les frais de cette entreprise étaient énormes et le vaillant chef d'orchestre dut y renoncer.Mis en relief par de tels efforts artistiques, Lamoureux fut chargé de la direction musicale des fêtes organisées à Rouen (à l’instigation de notre confrère et ami A.Pougin) pour célébrer le centenaire de Boïeldieu (juin 1875).Le 14 août 1S76, Léon Carvalho qui venait d’être nommé directeur de l’Opéra-Comique, substitue Lamoureux à M.Constantin au pupitre de chef d’orchestre, mais cette place ne convenait guère à un homme aussi jaloux de son indépendance.Le 3 mai IS77, à la veille de la Première de Iiathyle (1), Lamoureux ne parut pas au théâtre et ce fut M.Vaillard qui dut conduire, au pied levé, la représentation de Cinq-Mars.Appelé à l’Opéra par M.Halanzier pour succéder à Deldevez (5 juillet 1877), Lamoureux n’y fait qu’un bref séjour, pour des motifs analogues.L’entreprenant musicien avait d’autant plus besoin de sa liberté qu'il s’était mis en tête de reconstituer un orchestre symphonique.E11 1S81 les Nouveaux Concerts inaugurèrent leurs séances au théâtre du Château-d’Eau, puis vinrent s’installer à l’Eden, le 8 novembre 1885.Devenus les Concerts Lamoureux et assurés de la plus complète réussite ils s’établirent enfin dans leur local actuel, au Cirque d’Eté (30 octobre 1887).C’est à la tête de cette excellente phalange que Charles Lamoureux révéla complètement sa rare valeur.Par ses qualités d’endurance, de ténacité, de fermeté, par son profond savoir musical, il a placé son orchestre au premier rang et s’est formé des auditeurs aussi fidèles que passionnés pour Part véritable.Nul ne songerait à contester que c’est à Charles Lamoureux que le public parisien doit, pour la plus grande part, son initiation au répertoire waguérien.Louables furent les efforts de Pasdeloup, luttant pour imposer Wagner ( 1) Œuvre de William Chamnet qui avait remporté le prix crescent au concours de 1875. L'HRT MUSIOHL 2(5 à la foule, mais par leur perfection même ceux de son successeur devaient avoir un meilleur résultat.Cependant, l’éminent chef d’orchestre ne voulut pas se consacrer exclusivement au maître allemand et il est juste de rappeler qu’il inscrivit souvent sur ses programmes des pages intéressantes signées de musiciens français : Chabrier, Lalo, Saint-Saëns, Massenet, Th.Dubois, G.Fauré, V.d’Indy, G.Charpentier, Alex.Georges, Boëllmann, entre beaucoup d’autres, mettant ainsi en pratique sa juste théorie: “ .je suis de ceux qui veulent le libre-échange du progrès et de la lumière, sans oublier pour cela les intérêts sacrés de la patrie”.Cette ligne de conduite fut aussi celle de M.Camille Chevillard, le gendre de M.Lamoureux (i), lorsqu’il fut appelé par un vote unanime des musiciens de l’orchestre du cirque à prendre l’intérim de la direction, durant la saison 1S97-98.Fils du remarquable violoncelliste François Chevillard, élève de G.Mathias pour le piano, compositeur de mérite.M.C.Chevillard se révéla promptement un habile capellmeister et, récemment encore, suppléant M.Lamoureux indisposé, il remporta de beaux succès personnels aux concerts de novembre, avec deux des principales scènes du Crépuscule des Dieux.Pour en revenir à Charles Lamoureux, il nous faut encore mentionner sa création si désintéressé du Théâtre-Lyrique, à l’Eden, où il monta Lohengrin, le premier à Paris, mais ne put, par suite de pénibles évènements et de sottes manifestations, jouer le chef-d’œuvre de Wagner qu’un seul soir ! (3 mai 1S77).Naturellement, lorsque MM.Ritt et Gailhard voulurent, à la fin de leur période de direction, représenter Lohengrin à l’Académie Nationale de Musique, ils firent appel au concours de Charles Lamoureux et grâce aux soins de ce dernier, la soirée du 3 septembre 1891 assura complètement le succès de cet opéra.Cependant, lorsque M.Bertrand, le 1er janvier suivant, devint à son tour maître des destinées de l’Opéra, il crut devoir s’adjoindre M.Colonne comme directeur de la musique et M.Lamoureux put de nouveau se consacrer entièrement à ses concerts.C'est non-seulement à Paris qu’il triompha, mais soit eu compagnie de son orchestre ou en entraînant des musiciens étrangers, il se fit acclamer souvent aussi en Belgique, en Hollande, en Russie, en Angleterre, etc.Bien des projets ont été prêtés à M.Lamoureux, on a parlé principalement de la fondation d’un nouveau théâtre de musique, nous ne savons si tel est son plan, mais ce qui est certain c’est que nul ne serait plus apte à réaliser le Théâtre-Lyrique tant désiré qui permettrait à nos compositeurs français de donner la mesure de leur très réel talent.A.Dandelot.(1) M.Lamoureux épousa en première noces la tille du docteur Pierre et de cette union naquit une fille qui est devenue Mme Chevillard.Devenu veuf, il s’nst remarié en 1S9IJ avec Mme Brunet-Latleur.CARNET MONDAIN Lv comte Eugène d’Harcourt, directeur-fondateur des concerts d’Harcourt, a épousé dernièrement Mlle Pierre de Bernis.Nous apprenons aussi le mariage de M.Jacques Bourgault-Ducoudray, lieutenant au 102e régiment d’infanterie, fils de M.L.A.Bourgault-Ducoudray, professeur au Conservatoire, avec Mlle Armelle de Keyser.CHRONIQUE Voici la saison d’hiver, et aussi la saison mondaine.Thés de cinq heures, réceptions vont se suivre de près, apportant le même cortège de formalités, d’allées et venues, de présentations, de conversations plus ou moins.fri volts, peut-être.Voilà le tourbillon du monde, où les très jeunes apportent la fraîcheur de leur enthousiasme ; où les moins jeunes, c’est-à-dire les blasés, manœuvrent avec adresse, donnant à ces distractions l'importance de réelles préoccupations.Sans doute ceci a toujours été, et sera toujours, le rôle des salons.Et après tout, nous les aimons quand même ces salons, surtout ceux de notre pays, si hospitaliers, si sympathiques malgré l’étiquette.—Mais nous les aimerions davantage s’ils nous donnaient parfois une note moins frivole, s’ils nous conviaient plus souvent à des impressions d’art.Jusqu’ici, à part quelques exceptions, on s’est préoccupé de la musique dans nos réunions, mais simplement pour engager un petit orchestre, lequel sert à stimuler la conversation.C’est ainsi que les invités sont reçus au son de la valse de Faust, qu’ils causent entre eux au milieu de l’entrain d’une marche de Sousa, ou qu’ils abordent le buffet aux accents de Y Intermezzo de Mascagni.Ceci, j’en conviens, de même que la musique pendant les grands dîners, est chose reçue ; et j’aurais mauvaise grâce en m’élevant aujourd’hui contre une coutume si universellement consacrée.Mais ceci est le côté misérable, c’est là un emploi accidentel de la musique.Il y a autre chose; il y a l’art.Et les salous peuvent lui donner parfois l’hospitalité.Rien de plus charmant que ces soirées musicales où, au plaisir de la société et de la conversation, viennent s’ajouter les délicates impressions d’une musique bien choisie, exécutée par des artistes que l’on aura invités pour se faire entendre.Sans doute, il se fait parfois de jolies soirées d’amateurs, et nous 11e saurions trop louer ceux qui eu prennent l’initiative.Pourquoi 11e pas continuer cette excellente idée, mais avec le concours d’artistes?C’est là un précieux moyen de prouver à ceux-ci en quelle estime ou tient leur talent, et aussi une occasion de les encourager dans leur carrière,—pourvu, bien entendu, que l’on n’oublie pas, à leur égard, le principal, le pabulum vita.Ces auditions intimes, dans un cercle nécessairement restreint, ont, je dirais, un charme que n’ont pas les concerts.Un concert c’est le billet pris en location, c’est une soirée à programme fixe ; c’est la banquette à laquelle vous êtes rivé pendant deux heures.Bref, c’est le prévu dans tout ce qu’il peut avoir de plus complet.Une soirée de musique, c’est au contraire l’imprévu, la variété ; la musique y alterne avec-la conversation.Et puis l’échange des appréciations, l’enthousiasme communicatif de l’auditoire inspirent également les artistes et leurs auditeurs, et crée au milieu d’une réunion cette atmosphère artistique si favorable aux émotions d’art.Nous voyons depuis quelque temps se produire parmi nous un certain mouvement littéraire, et nous sommes les premiers à nous eu rejouir.Toutes les manifestations de l’intelligence, du beau sous ses formes diverses se doivent donner la main.Et quel puissant auxiliaire à la belle littérature, aux réunions intellectuelles, que l’adjonction du plus idéal de tous les arts : la musique ! Car la musique, ainsi que l’a si bien dit un philosophe français, M.Elie Péeaut, ‘‘ est un langage que nul autre ne remplace.Analytique, précise, par cela même bornée, la parole laisse a la musique le rôle d’exprimer l’inexprimable.” Nous souhaitons donc,—et pour cela nous nous adressons particulièrement à nos aimables lectrices,—que la musique prenne parfois un rôle artistique dans nos réunions mondaines' Nos artistes^ trouveraient là un encouragement précieux, et notre société montréalaise travaillerait ainsi, de la façon la plus aimable, à répandre le goût de la bonne musique.Dui.ciank. 27 L'HRT MUSICHL L’ART MUSICAL Revue Mensuelle Boite Postale 2181 TELEPHONE " MAIN 1080 - L.ClE oE P,Ahos Pr„tE, pRop»,Et.,„e __________ lOTli, nie Xotrc-Dame.CONDITIONS D’ABONNEMENT (PAYABLE D'AVANCE) : Canada et Etats-Unis .$•, 00 Montreal (livraison a domicile) .Etranger .1 '25 Le Numéro.10 Cts On demande des agents dans toutes les parties du Canada et des Etats-Unis, pour la vente au numéro, les abonnements et les annonces de L’Art Musical.S’adresser au No 1615 rue Notre-Dame, ou écrire à L’Art Musical Iloîte Postale 2181.LA RÉDACTION DE L'ART MUSICAL J’ai entendu récemment des remarques qui sont de nature à faire tort au journal, et, comme elles 11 ont pas leur raison d’être, je tiens à faire cesser, une fois pour toutes, ces observations non fondées.J’ai pris la rédaction de L’Art Musical ayant la ferme conviction que je puis remplir cette charge avec toute l’impartialité requise, et 11e suis pas, comme certains semblent le croire, lié à aucunes personnalités ayant une influence prépondérante sur ma ligue de conduite, ou pouvant m’empêcher d’être juste envers tout le monde.Je n’ai rien fait qui puisse autoriser cette présomption qui semble cependant exister.Si mes relations avec nos musiciens, si le soin et l’intérêt avec lesquels j’ai suivi le mouvement musical depuis bientôt vingt ans n’ont pas suffi à me donner une base d’opérations nécessaire à la direction d’une revue musicale, je 11’avais pas qualité pour remplir cette charge que j’aurais dû refuser.Les marques d’approbation reçues de quelques-uns de nos plus distingués musiciens me suffisent à croire que je n'ai pas eu tort de l’accepter.L’Art Musical a été fondé dans le but d’aider les musiciens, en développant le goût et le sentiment artistiques de notre population ; il doit être ouvert à toutes les opinions, à toutes les discussions, et je compte bien lui faire suivre cette ligne de conduite.Le jour où quelqu’un ou quelques-uns auraient le pied a l’etrier chez nous et pourraient empêcher la voix des autres de se faire entendre, notre journal n’aura plus sa raison d’être.Ce sera un journal de coterie.Ces feuilles n’exercent jamais une influence considérable.Je regrette d’avoir été ainsi forcé à parler de moi et j’espère qu’après cette déclaration catégorique ou attendra que je m’incrimine avant de m’accuser de jouer le rôle qu’on voudrait me prêter.C.O.Lamoxtaonk.L’indélicatesse dont on fait preuve dans les salles de concert et surtout dans les salons pendant que 1 on fait de la musique est inconcevable ; nous avons souvent remarqué, dans des soirées, que le temps pendant lequel on cause plus haut et davantage est celui de l’exécution de morceaux.U11 prie un des invités de bien vouloir se faire entendre, il a un si beau talent, un si joli répertoire, et, dès les premières notes, on commence à parler avec une volubilité qui augmente ou décroit en raison directe des crescendos ou des diminuendos de l'œuvre jouée ou chantée.Ceci prouve au moins que les auditeurs.non, que les invités ont le sentiment musical développé au point de distinguer un forte d'un piano.C est un commencement.Nous commencerons dans notre prochain numéro la publication d’un Rapport sur l’organisation de VEnseignement du Chant dans les Ecoles ” de M.L.A.Bourgault-Ducoudray, adressé par l’auteur au directeur de L’Art Musical.Nous avions songé d'abord à en faire le résumé, mais le sujet nous a paru tellement intéressant, et de nature à être mis en pratique un jour ou l’autre dans notre pays, que nous le reproduirons in extenso.Nous sommes toujours disposés à être agréables à nos abonnés en leur fournissant des renseignements, ou en écoutant les suggestions qu’ils pourraient nous faire au sujet du journal ; toutes les questions qui nous seront posées relativement à la musique seront soumises aux musiciens les plus compétents dont nous reproduirons les réponses le plus tôt possible.La circulation de L’Art Musical augmente sensiblement et nous ferons tout en O notre possible pour développer cette croissance dont nous nous félicitons.L’Art Musical n'a pas été fondé dans le but de faire concurrence aux marchands de musique.Les numéros parus, autres que ceux du mois courant, ne sont pas en vente; ceux qui désirent les posséder doivent s’abonner ou acheter une série de six mois ou d’un an.Il nous reste encore quelques collections complètes.Nous enverrons à ceux qui nous en feront la demande la liste de la musique et des portraits publiés depuis la fondation de notre journal.Monsieur Maurice Kuffcrath termine dans le Guide Musical, une critique de L’or du Rhin, de R.M agner, c'écuté dernièrement a Bruxelles, par ces mots : “ Il y a beau jour qu’on aurait pu inscrire au fronton du théâtre de la Monnaie : Ici, l’on défait les chefs-d’œuvre.” Nous devons à la plume autorisée de M.A.Ihmdelot, secrétaire de la rédaction du Monde Musical de Paris, la biographie de M.Lamoureux dont le portrait paraît en première'page.C’est un honneur pour nous et nous présentons au distingué écrivain tous nos remerciements pour sa gracieuseté. 28 L'HRT MUSICHL PHILIPPE HEBERT Au moment où notre statuaire national va exécuter deux magistrales commandes, à Paris, faisons lui un bout de biographie.C'est le 27 janvier 1S50 que Philippe Hébert naquit, à Ste-Sopliie d’Halifax, comté de Mégautic.Il 11e fréquenta que l’école paroissiale et, quand il eut appris tout ce que pouvait enseigner la “maîtresse,” il fut destiné au commerce parses parents.Cette région est un centre d’affaires ; plusieurs industries y prospèrent ; l’exploitation minière est menée sur une large échelle.Donc, rien que de fort simple de voir le père du jeune Philippe tourner les yeux de ce côté-là pour lui.Mais il se sentait à à l’étroit dans ce village perdu ; il prit sou envolée vers les Etats-Unis, d’où il ne revint qu'en 1S70, juste à temps pour se joindre à un détachement de zouaves pontificaux.Rome fut sou chemin de Damas, si nous pouvons nous exprimer ainsi.En visitant les musées si riches, les places publiques si fécondes en monuments, Hébert trouva sa voie, seutit s’aviver eu lui ce qui couvait depuis sa plus tendre jeunesse : il comprit qu’il était artiste.Le Corrège 11e découvrit pas autrement sa vocation ; et c’est en face d’un tableau de Raphaël qu'il s’écria : ‘‘Moi aussi, je suis peintre !” Audi' io son pittore ! Au village, Hébert avait déjà eu le goût de son art dont il ignorait même le nom.Les “ bonnes gens ” qui le surprenaient sans cesse à tailler, fouiller, façonner des bouts de bois, l'avaient surnour mé : le gosseux.Un jour,voyant la bonne et joyeuse figure de Béranger, il s’empara d’un moignon de belle entournure et le métamorphosa en une tête qui rappelait fort bien celle du chantre du Bon Dieu des pauvres gens.Il la possède encore.A son retour de Rome, Hébert, sans prendre haleine, entra dans l’atelier de sculpture de M.Bourassa, l'auteur bien connu de Jacques et Marie.Il y passa sept ans à armer et aguerrir son talent, à étudier non seulement la matérialité de l’art, mais encore et surtout à préparer son envolée vers les hautes sphères, par les études apparemment accessoires, mais si indispensables au véritable artiste : les maîtres, leurs œuvres, l’histoire, l’ethuo-logie, l’auotomie, l’évolution du vêtement, de l’armure et de tout ce qui s’ensuit.Le grêle enfant d'école de Ste-Sopliie était devenu l’homme élancé, robuste, à physionomie attrayante que l'on connaît.Il subissait cette transformation que le véritable feu sacré et de lougs tête-à-tête avec des chefs-d’œuvre amènent presque infailliblement.Et aujourd’hui, le plus parfait étranger, en le voyant, comprendrait qu’il est en face de quelqu’un qui plane au-dessus du terre-à-terre.En 18S1, Hébert se sentit assez sûr de lui pour avoir son propre pignon sur rue.Successivement lui vinrent les commandes des statues de Sala-berry (Chambly), Cartier (Ottawa), et d’une douzaine d’autres destinées à la façade du palais législatif de Québec.Les travaux d’ordre particulier abondèrent aussi.Le papillon était complètement sorti de sa chrysalide : Hébert était dans le "grand genre.” Déjà il acquérait le droit au titre de “ statuaire national.” Ayant pareils clients et, de plus, la mission de préparer la statue de Sir John, pour Ottawa, il plia sa tente, alla la replanter à Paris, et y passa sept ans dans un travail d’où sortirent tant d’œuvres de premier ordre.Il serait oiseux de mentionner tout ce qu’il a produit de remarquable comme conception et comme exécution ; nous nous bornerons à exprimer la croyance qu’il n’aurait que son Maisonneuve à son crédit, c’en serait assez pour consacrer sa réputation.Il entre encore bien moins dans notre intention d’analyser ces beautés multiples et de genres si variés.Louis Fréchette et d’autres plus autorisés l’ont déjà fait, le premier surtout dans un superbe article à la suite d’une visite à l’atelier du statuaire.Il eu a rapporté une description qui nous a prouvé combien est grande l'activité de l’homme, combien précieuses ses réserves, ses ébauches, ses collections.C’est un insondable fouillis.Chaque fois qu’une idée, qu’une inspiration point, vite l’argile est en main, la métamorphose commence et s’accomplit, selon les loisirs ou le besoin, en entier ou à moitié ; mais rien n’est perdu.En 1S95, lors de cette visite, il y avait là, entre autres œuvres en cours, une statue de la Religion qui devait être coulée en bronze et placée sur le tombeau de la famille Lussier.Après en avoir signalé les beautés tout à fait virginales, M.Fréchette se livrait à ces réflexions que tous ont dû et doivent encore trouver de note fort juste : “ Ah ! combien 110s cimetières seraient plus intéressants, si la dispen-“ dieuse banalité des monuments traditionnels s’effaçait un peu pour “ faire place à des œuvres d’art comme celle-là ! Pourquoi aime-t-on à “ élever un tombeau digne d’eux à ceux qui nous ont été chers?Pour ‘‘rappeler leur mémoire aux passants, 11'est-ce pas?Eh bien, qui se " détourne pour une simple croix, pour une colonne, pour un obélisque, “ fussent-ils en plus pur marbre de carrare?Si, au contraire, il s’agit 1 ’ d’une tombe ornée de quelque œuvre de maître, vous êtes sûr que tout “ le monde s’arrêtera pour admirer, pour “ se souvenir et même pour prier ; pourquoi pas?Si cela était bien compris, “ nous aurions comme en France, des “ cimetières splendides; et nos artistes se ‘‘ multiplieraient, au grand honneur du “ pays et de la nation—sans faire le moin-” dre tort aux tailleurs de pierre.” Philippe Hébert est essentiellement un artiste canadien, du terroir.La couleur locale, la vérité et le “ vrai ’’ de la forme historique—si cela peut s’écrire dans ce cas-ci—dominent dans son œuvre.Son pays est un livre ouvert où il lit et s'inspire constamment ; il semble s'imprégner de l’air ambiant avant de passer le doigt, sur la niasse informe qu’il veut symboliser.Ses groupes 11e semblent si vécus, si “ connus” de tous, que parce qu’ils sont l’exacte traduction de notre passé, de nos mœurs, de 110s attitudes à nous, de nos coutumes, risquons le mot : de notre quin-tescence ethnologique.Ses compositions indiennes sont on 11e peut plus “ nature.” Il en a vraiment la spécialité.Il reste artiste jusque dans les moindres choses qui sortent de ses mains.Ainsi, par exemple, qui n’a admiré les dessins exquis dont s’enjolivent les caisses des pianos de la Compagnie I’ratte, dont il a été président ?Bref, le voilà de nouveau à Paris, dans un milieu où il a depuis longtemps une excellente cote, une enviable réputation.Il va préparer pour le gouvernement du Canada les deux statues eu pied de la reine et de feu McKenzie, commandes qui lui ont été vainement disputées par de nombreux confrères d’ici et de l’étranger.Avant son depart, il a été l’objet de démonstrations bien chaleureuses et bien éloquentes.Nous n’avons rien à ajouter à l’intensité de ces témoignages qui ont été tous spontanés, préférant laisser la parole à M.Gonzalve Desaulniers, auquel ce départ inspirait les vers suivants lus dans un banquet d’intimes, à l’Hôtel Viger: O mer de novembre, effroi du marin, Dont l'écume blanche aux récifs se brise, Sois de tous côtés, pour le pèlerin, Bonne dans ta vague et douce en ta brise.Dans ton sein calmé, sous un jour serein, Ouvre un sillon d'or où l’ombre s’enlise Pour son lourd vaisseau dont les flancs d'airain Se tordent au vent qui les brutalise.Fuyant les rigueurs d’un ciel boréal Pour s’en aller vers l'art et.l'idéal Dont son rêve vêt les grands plis sévères, 11 s’en va, sculpteur de gloire altéré, Suivi, sur tes flots, par l’éclat doré Des rayons jaillis du choc de nos verres.viÂ'fL.V: a'-TE v .- À ¦ * : T 'a PHILIPPE HEBERT, ¦xi' -du¦ mmm - y r* L’HRT 7VÏUSICHL 29 L’ELOGE ET LA CRITIQUE On a bien raison de dire que, dans la critique,—comme en tout, du reste,—le juste milieu, le tact, la mesure, sont choses difficiles à obtenir.Cette difficulté d’atteindre la note juste, l'expression adéquate, est bien l'une des raisons qui peuvent expliquer en effet les écarts qu’il arrive à des esprits sérieux et cultivés de commettre, comme à leur insu.Mais l’art d’apprécier avec justesse, d’exprimer ses idées dans un style correct et digne, constitue-t-il tout le problème?Hélas ! mille fois non ! Il reste encore, pour celui qui veut faire de la critique, à détacher entièrement sa personnalité des points qu’il veut traiter.Là est l’essentiel.Sinon, pas de jugements vrais, tout devient parti pris; dithyrambe pour les uns, dénigrement pour les autres.Il est, dès lors, impossible à un critique, n’ayant pas mis hors de cause et sa personnalité et son amour propre, de savoir même faire un éloge mérité, de s’exprimer avec sérénité et bon sens.En prenant la plume, involontairement ses rancunes endormies montent à la surface, ses antipathies longtemps étouffées renaissent de leurs cendres.La chance est trop belle en effet ; l’occasion, l’herbe tendre, et aussi je suppose.quelque diable le poussant, et voilà notre critique à la tâche, édifiant d’un côté, démolissant de l’autre ; maniant d’une main l’encensoir et de l’autre le stylet.El le pauvre lecteur, guidé par un tel écrivain, se promène pendant un long article au milieu des potins et de toutes les animosités professionnelles.De grâce, peut-on appeler cela de l’appréciation ou de la critique ! Quel bien peut-il bonnement résulter de pareils écrits ?Aucun assurément.On a maintes fois déploré les dissensions qui existent entre nos artistes.D’où viennent ces dissensions, sinon de ceux qui, pour pontifier à leur aise au milieu d’un cénacle d’admirateurs zélés, décrètent pour les autres, avec des gestes de mélodrame, le ‘‘ non dignus intrare ” ?Il va sans dire que le public, eu parcourant cette prose ne manque pas de lire entre les lignes qu’il s’agit de rivalités professionnelles.Et les ignorants, que l’on ne nomme pas, et que l’on confond, à dessein, avec les artistes de mérite, ne sont nullement atteints.Ceux là, soyons-en sûrs, seront toujours les moins émus de ces sortes d’attaques, et leur béatitude paisible et satisfaite n’en sera jamais troublée.Quant à ceux-ci, cette littérature parfois d’un haut comique, ne peut manquer de les divertir.Et puis.c’est tout ! Voila le bilan de cette critique.Le résultat, en somme, est assez nul ; les idées sur l’art n’avancent pas d’un pas, et, au lieu d’instruire le public, ceux qui le pourraient faire, se contentent de l’initier aux petites misères de leur profession, non pas de celles qui sont utiles à connaître en vue du progrès artistique, mais de celles qui concernent uniquement la vanité de quelques-uns.En vérité, quelle chose absorbante que le métier ! Placide.NECROLOGIE Nous avons appris avec in profond regret la nouvelle du décès de Mme Veuve Léon Boëllmann et nous présentons à M.Gigoult l’expression de nos plus sincères sympathies dans ce nouveau deuil qui le frappe si cruellement.NOTES DIVERSES.Mascaoni dirigera un grand orchestre à Paris, pendant l'exposition do 1Î100.Mme Adeeina Patti épousera le Baron Cederstrom au mois tie février.Ce sera son troisième mariage.Richter, Motti.et Sieckiued Waonrk seront les chefs d'orchestre de la prochaine saison musicale à Bayreuth.Mme Teresa Carre.no s’embarquera le 2(5 décembre pour l'Amérique ; elle donnera son premier concert à New-York le 10 janvier.Puccini, dont “ La Bohème ” est toujours en grande vogue, a retiré jusqu’à présent environ 100,000 dollars de ses couvres.Mi.ee Bi,anche Makot vient de signer son engagement avec la direction de l’Opéra-Comique.Cette très gracieuse cantatrice est élève d’un de nos meilleurs confrères, M.Julien Torehet.M.Sic*Esmond Sto.iowski, l’excellent pianiste-compositeur, vient de remporter le premier prix de mille roubles institué à Leipzig par Paderewski pour une œuvre symphonique.Le jury était présidé par Nikiseh, le célèbre chef d’orchestre, et le compositeur Reinccko.Grand émoi, ces jours derniers, à la Monnaie de Bruxelles, pendant une répétition du Hhrinijuhi.Les dames du corps de ballet s'exercaient à faire les “ lilies du Rhin".Attachées par la ceinture à un til do fer et hissées à une hauteur d'environ deux mètres, elles nageaient consciencieusement dans les airs, lorsque tout à coup l'appareil qui les retenait se rompit, et les danseuses (elles étaient douze) tombèrent lourdement sur le sol! Heureusement, elles en furent quittes pour quelques légères égratignurcs ; mais la répétition a dû être interrompue.L’appareil avait pourtant été préalablement essayé quelques jours auparavant.Mme Sarah Bernhardt a fait sa rentrée a son théâtre de la Renais sauce, le 25 octobre, dans Màlo\ tragédie en trois actes de Catulle Mondes, dont la musique a été écrite par M.Vincent d’Indy.Antoine Dvorak est en train de terminer la composition d’un opéra intitulé le Diable et In Fille Saurage, qui sera joué au théâtre national de Prague après Noël.Le sujet est emprunté à une vieille légende tchèque.Mme C'aevé ne viendra pas en Amérique cette année ; les parisiens vont bénéficier de ce fait et ils comptent profiter amplement des occasions d’entendre cette célèbre artiste.MAURICE GRAU Le célèbre imprésario qui fournit à Londres et à New-York l’occasion d’entendre un groupe d’artistes comme on n’en voit nulle autre part a fait ses débuts sous la direction de son oncle Jacob Grau, après avoir fait scs études de droit.Par suite de la paralysie de Grau ai né, pendant un voyage eu Europe où il avait fait des arrangements avec Rubinstein et Wieniawski, son neveu accepta la tâche moyennant une certaine somme que celui-ci se procura avec l’aide de William Steimvay.Ce fut une tournée mémorable que celle de Rubinstein et Wieniawski avec Maurice Grau.Plus tard, ayant fait des arrangements avec l’orchestre Thomas, une série de cou certs eut lieu dans les principales villes avec ces deux artistes comme solistes.Vinrent ensuité Salvini et le “ Clara Louise Kellogg English Opera Co.’’ Cette dernière troupe visita Montréal.En 1876 le plan projeté pour une série de concerts avec Offenbach comme directeur tomba à l’eau, mais en 1879 l’imprésario infatigable emmenait en Amérique une Troupe d'Opéra Français dont le succès fut colossal.Depuis ce temps Monsieur Grau continua à diriger cette dernière troupe jusqu’en 18S6, époque à laquelle il s'associa M.Henry E.Abbey et depuis lors l’entreprise n’a fait que progresser et maintenant Maurice Grau manœuvre 1 a Metropolitan Opera House et Coven/ Garden par suite du décès de .Sir Augustus Harris. L'ÏÏRT MUSIOHL 30 HISTOIRE DE LA MUSIQUE Il n’y a aucun doute que la musique est née avec le inonde.Chanter sa joie est aussi naturel à l'homme que pleurer sa douleur et les premiers hommes ont chanté à leurs fils les bonheurs et les souffrances de leurs pères et les leurs ; les livres sacrés de chaque peuple : la Bible, les Yédas des Hindous, les Sagas Scandinaves, les Epopées homériques, les récits druidiques, etc., ne sont pas autre chose que l’histoire des peuples, des religions, que des rhapsodes, des bardes chantaient de tribus eu tribus, de pays eu pays, pour que les enfants apprissent le passé glorieux des ancêtres, et que des poètes ont ensuite mise en poèmes auxquels leurs noms sont restés attachés.Après le chant sont venus les instruments et la musique a précédé ainsi l’histoire et la poésie écrite.Quelle pouvait bien être cette musique des hommes préhistoriques, quel était le chant de l’âge de pierre, de l’âge de fer?Quelque chose d’analogue, sans aucun doute, à ceux des peuples primitifs de notre Amérique : une mélopée presque toujours unitonique, variant, quelques fois, à une tierce mineure, et se terminant par un cri décroissant, quelque chose comme un sanglot.Le premier livre historique, qui parie de la musique, est la Bible.Nous lisons dans la Genèse, IV, 20-21, que ‘‘ Ada (femme de Lameeli, arrière petit fils de Caïn) enfanta Jabel .etc.; son frère s'appelait Jubal, et il fut père de ceux qui jouent de la harpe et de l’orgue.” Ces instruments devaient être des plus rudimentaires, mais enfin le premier pas était fait.LA MUSIQUE CHEZ LES HÉBREUX, LES ASSYRIENS ET LES ÉGYPTIENS Le déluge arrive, le passé s’efface, Noé reste seul avec sa famille pour conserver l’histoire de l’homme.Peu à peu, les peuples augmentent ; à la tour de Babel, les langues se forment, les races se séparent, et chacune aura désormais son histoire, ses mœurs, sa poésie, ses arts.Il 11e nous reste pas de documents écrits, mais les sculptures, les peintures murales, nous font connaître les instruments en honneurs chez les peuples anciens.Les bas-reliefs trouvés dans les ruines de Babylone nous montrent des grandes harpes de trois à vingt-deux cordes, des lyres, des guitares à trois et quatre cordes, des tambours de toutes les formes et de toutes les dimensions, des sistres (instrument ayant la forme d’une lyre grecque dont les branches montantes étaient traversées de petites tiges d’acier qu’on faisait vibrer avec un marteau), des clochettes, des crotales, des cymbales, des flûtes simples et doubles, des trompettes droites, recourbées, etc., etc.Il est assez curieux de remarquer, que les instruments de musique de l’Egypte offrent beaucoup de îessemblauce avec ceux de l’Assyrie, et les Hébreux, placés entre ces deux pays, asservis tour à tour par leurs rois, adoptèrent la plupart de leurs instruments.Là s’arrête notre connaissance de leur musique ; le Talmud, qui nous donne, avec tant de soins, les détails du culte et de ses accessoires est muet sur le chant des hymnes et des cantiques.Et cependant, nous voyons dans l’Exode, que Miriam, sœur de Moïse, célèbre le passage de la Mer Rouge et l’engloutissement de l’armée égyptienne dans un cantique dont la magnificence est vraiment inspirée.Les chants avec accompagnement d’instruments abondaient dans le culte des Juifs.David, l’immortel poète des Psaumes, chantait en dansant devant l’arche en s’accompagnant sur sa harpe, et quelques années plus tard, à la dédicace du temple, Salomon, d’après Josèphe, faisait fabriquer deux cent mille trompettes, et quarante mille autres instruments d’or et d’argent pour accompagner les Psaumes de son royal père.Ces chiffres sont peut être exagérés, cependant même réduits, ils nous donnent à penser de l’importance de la musique dans le culte hébraïque.Les Juifs cependant 11e faisaient que changer de maîtres, et chaque peuple qui les conquérait devait mettre son empreinte sur la musique.Aussi un peu avant Jésus-Christ, de même qu’on ne parlait plus l’hébreu, mais l’araméen, de même la musique a-t-elie dû devenir grecque de génie et d’allures.Ered.Pelletier.DON PEROSI Le jeune prêtre italien dont nous avons parlé récemment continue à remporter des brillants succès en Italie et surtout à Bologne eù l’on a chanté la “Résurrection de Lazare ” sous sa direction et avec les artistes créateurs des principaux rôles de l’œuvre : Kaschmann, Reschigliau et Amalia Fusco.Le quatrième oratorio que nous avons également mentionné “Le Saint Sépulcre et la Résurrection de Jésus-Christ”, commencé le 16 août a été terminé le 2S septembre; les parties les plus saillantes sont paraît-il, un quatuor de soldats qui veillent sur le tombeau ; un deuxième quatuor des femmes saintes ; un duo d’anges plus un dialogue entre le Christ et la Madeleine ainsi qu’un grand chœur final.On cite aussi les préludes d’orchestre.Don Perosi a l’ambition d’écrire douze oratorios et croit pouvoir les terminer avant la fin du siècle.MEMOIRES D'ARTISTES Les artistes et particulièrement ceux du théâtre, ont la manie d'écrire leurs mémoires et l’on a remarqué souvent que l’habitude de la scène où tout est trompe-l’œil transforme singulièrement la mémoire des autobiographes.C’est ainsi qu’on a pu reprocher à certain ex-sociétaire de la Comédie-Française d'avoir malmené quelque peu la vérité dans des pages sensationnelles.Mais rien de ce (pii a été fait 11e saurait donner une idée de l’esprit inventif de Mme Melba que les lauriers de ses prédécesseurs empêchaient de dormir.Cette diva, dont le renom est associé à des aventures bruyantes, vient de faire paraître des fragments de ses souvenirs dans une Revue anglaise.Elle y raconte complaisamment son enfance à Melbourne, ses premières soifs d’art théâtral, et décrit en termes poétiques sa jeunesse passée dans une magnifique résidence urbaine.Belle, jeune et fortunée, elle aurait quitté son heureuse résidenco pour se vouer aux luttes de la vie artistique.C’était là mérite assez rare et ses admirateurs de s’extasier.Malheureusement, les Melbournois ont la mémoire longue.Ils s’inscrivirent en faux contre les élucubrations de la chanteuse australienne et déclarèrent tout net que Mme Melba était née dans un quartier excentrique et que ses admirables résidences d’hiver et d’été se résumaient en une chaumière en bois et une petite bicoque forestière ! Il n’y a pas de mirage qui tienne ! Mme Melba vient d’apprendre à ses dépens que les “châteaux en Espagne ” ne sont point habitables.—( La Monde Artiste.) MYRTO La délicieuse romance que nous publions dans ce numéro : Myrto, poésie de Armand Sylvestre, musique de G.de Sa-lelles a été donnée en supplément par Le Monde Artiste.MM.Quiuzard & Cie, Paris, en sont les éditeurs. MYRTO O— Poésie d'Armand SILVESTRE.Musique de G.de SAEELLES .PIANO.Allegretto.p simplement avec une nnanee.de mélancolie.iMi> ¦ —| — mm CP A'JÊ =t "A -K_ rb -j -Fr—1 y=i —¦ 1.0- » Myr.to.lie sait pas de ehaii- i s ~rk r:::gg sons.Les fil _ les Y ?it Y la trou-vent sau h va - 50.i El.le fuit i A.Quinzard &.Cie, Editeurs, Paris.Supplémenta L’ART MUSICAL . au pas.sa S’as-seoir près de la mer im .men va, loin des mai.sons, Myr .ne sait ne sait de chan. de £rla No _ cl sons M=tfEê On danse au.tour du l'eu (jm ÇOU5 P N N - K—K a r W3 Ütf# poco vit.Nul nin.vi _ x te la pau.vre lil Nul nin.vi _ te la pau.vre w p valient.V ==s=t=- =- -F== fF| ¦^iV T -$—*=* V • =1 ZZI ^ ne sait pas de chan.p valient.I p h; \'\ u y r Ê a tempo.p avec un sentiment profond et une exaltation progressive.SEE -r—~ # i :F=rc zr SU IIS Mais cl.le sait le chant ans _tè iè V p a tempo Z len _ ci .eux viore au cœur si Mb *1 W W =3C -J-U-U-U4- r-7^- C?'£$ iff ï .cou.te pas la ter .re Mv r.to sait la chanson des eieux, .1 suivez.Mb .cendo e appassionato./ allargando.£ Myr .to, jp Ê Myr.to sait achan_sondes cieux! ¦0- Mr suive V V J.IVANOVICI.PolkarMazurka.Introduction.mi 20- M» i h N =±=3E^i: - « ^ ?T at* 0 & t>5>- Polka-Mazurka.i tempo Supplémenta L'AKT MUîICA' 4 r r u r r 8 9 ‘"I , ë^* 0 % *t—^— 4 ¦frf» 4 -2 - K -1—^— • «s // I t—t gi I /A 8 4 a.‘4 K k k 8 ¦h—^-|—i- - .0 f-dV—k—k-i K'Jf iLTJ 'V, id dr—(^z; [Wh fc= m H 1 4 -é 4- fen 4j é i * * _{ j w*h4 SSffiE -#—i L— /I VfifrffiE ¦ ¦ ¦ ¦ vj 1 1—0— L ~v^- —« md E.~i düU W r .?irs\:K,.d;Tr^h«.-A—a~-< — \ - 2‘ * — iz 1 e—Sr- |§> 'si ‘si'!\ yfrf f J * pfn 7^»7( Tu viendras me voir, u’est-ce pas ?tu viendras bientôt! Et bon courage, encore une fois ! Cinquante-huit ans auparavant, l’organiste de la petite ville étant mort, un concours avait été ouvert pour le remplacer.On en avait publié les conditions aussi bien qu’on avait pu : chacun des candidats aurait à se produire deux fois, dans un morceau classique et une improvisation sur un thème donné.A la date fixée, on s’était trouvé en présence de quatre concurrents.Trois d’entre eux étaient d’àge mûr et apportaient de sérieuses recommandations.L’autre était un tout jeune homme, que personne ne connaissait.On eût trouvé naturel qu’il se désistât, n’étant certainement pas de force à entrer en lice ; on s’était permis de le lui faire entendre ; enfin, comme il s’obstinait, on lui avait assigné le dernier tour, par acquit de conscience ; mais, de sa part, quelle singulière prétention que d’oser lutter contre des organistes de talent et d’expérience ! Ceux-ci, très sûrs d’eux-mêmes, avaient exécuté les morceaux exigés.Le choix serait difficile, car ils se valaient à peu près.Dans le chœur, en un groupe plein d’animation, les juges discutaient, dix membres du conseil des bourgeois, à qui appartenait, de par un ancien privilège, le droit d’élire l’organiste de la cathédrale, et avec eux quelques experts appelés des villes avoisinantes.A peine s’aperçut-on que l’étranger était monté à l’orgue.Et, tout à coup, les juges s'arrêtèrent de parler et se regardèrent, stupéfaits.Lejeune homme jouait une page de Hændel.Et avec une incomparable maîtrise, une technique si accomplie, une expression à la fois si simple et si pénétrante qu’on ne pouvait pas n’être point saisi.Les juges restaient bouche bée; la mine dédaigneuse des trois concurrents avait fait place à un effarement comique.Fini le morceau de Hændel, l’inconnu était devenu un personnage.Les thèmes sur lesquels il s’agissait d’improviser avaient été tirés au sort.Il était tombé sur un lied populaire, très ancien et d’une touchante mélancolie.Et ce qu’il broda là-dessus était admirable—tout un poème d’une clarté et d’une intensité qui portèrent au comble la surprise du jury et mirent en déroute les espérances des trois concurrents.Pendant une demi-heure, sa fantaisie se déroula, infiniment variée et toujours d’un haut style.Quand il redescendit de la galerie, ses rivaux s’étaient éclipsés.On le complimenta, on lui serra les mains, il fut nommé par acclamation, sans qu’on songeât même à lui demander où il avait étudié et s’il possédait quelque diplôme : l’avoir entendu suffisait.Il ne dît rien que son nom, son lieu d’origine—un coin perdu de la Poméranie—et qu’il était seul au monde.Le jour même, il avait loué une maisonnette dans une ruelle écartée, et s’y était installé sommairement, avec une valise et quelques meubles achetés d’occasion.Et pendant trente années, il y avait vécu sans domestique, à midi se faisant apporter son repas de la plus proche hôtellerie, pour le reste nourri de lait et de pain.La différence était grande entre l’aride et grise Poméranie et ce joli pays d’eaux jaillissantes, de fertiles campagnes d’ombreuses forêts.Tout de suite, Conrad Waldmann s’était attaché à lui , au bout de six mois de séjour, il l’aimait comme un fils aime sa mère, et pour son charme actuel, et pour ce que les livres lui apprenaient de sa destinée.Elle avait eu sa période brillante, sa minuscule principauté ! Au gentil temps des minnesinger, on y vivait dans les fêtes, aux tournois succédant des joutes poétiques, que suivait un concours entre peintres ou orfevres.Cour, noblesse, et boui-geoisie rivalisaient de goût pour les arts, et les artistes le savaient bien, qui y accouraient de tous les points de l’Allemagne, des Flandres et de l’Italie même.Tous y étaient reçus avec honneur, assaillis de commandes et, en échange de cette intelligente protection, de cette hospitalité généreuse, prenaient à cœur de doter la ville d’œuvres achevées, celui-ci une sculpture sur bois, celui-là une lampe d église en argent repoussé, tels autres un poème, une toile ou quelque beau morceau d’architecture.Des siècles s’envolèrent, le bruit des canons remplaça les chants joyeux.La principauté connut des jours d’épreuve, souffrit sous le talon de conquérants barbares, vit ses maîtres légitimes partir en exil ou îéduits au rang de simples vassaux.Elle devait pourtant leur revenir, à travers beaucoup de luttes.Mais, autres temps, autres mœurs : le gai passé ne ressuscita pas.Maintenant la petite ville était toute tranquille, comme assoupie autour de son bijou de palais, sur les bords de sa rivière smaragdine.Ceux qui recherchaient avant tout du mouvement, des divertissements la disaient ennuyeuse.Ceux à qui plaisaient le calme, une nature plantureusement verdoyante, le prestige des souvenirs, s’y arrêtaient volontiers, et y revenaient.Les ç/e/aVs citaient son petit musée, deux de ses fontaines,—pour leurs statues de saint Michel et de saint Georges,—le retable de sa cathédrale, cette cathédrale elle-même, tiavaillée comme une dentelle de Bruges.Dans le cadre agreste de ses molles collines, sous un ciel relativement doux, la petite ville ressemblait à celles qu’on voit dans les anciennes gravures.Sur ses façades couraient des inscriptions naïves, se découpaient des écussons, des fleurons, des arabesques : quelques-unes avaient l’air d’enluminures de missel.Une multitude d’auvents, de pignons, de beffrois, lui faisaient la plus bizarre silhouette.A ses fenêtres, aux vitres rondes rondes ou en losanges serties de plomb, s’enroulaient des pois de senteur, s’alignaient des pots d’œillets et de romarin, arrosés, le matin, par de mignonnes filles aux guimpes blanches.Un peu d’animation lui venait des étudiants deson université,—deux ou trois cents à peine,— qui, à des jours et des heures réguliers, remplissaient ses rues étroites des notes allègres du gaud cam us ii/Hur.A l'ordinaire, elle sommeillait et rêvait.La place d’organiste étant mal rétribuée et Conrad Waldmann n’ayant pas un sou de fortune, il avait dû se mettre en quête de leçons.Elles ne lui avaient jamais manqué ; mais cela aussi ne rapportait guère, et sa situation matérielle était demeurée médiocre.D’ailleurs il avait peu de besoins, fuyait le monde, ses seules distractions consistant en promenades dans les champs et les bois.u Un original, qui repousse toutes les avances qu’on lui fait, et dont on ne réussira pas à vaincre la sauvagerie!” Cette opinion devenue générale, on la'ssa Waldmann à la solitude qu’il semblait affectionner par-dessus tout.Maison l’estimait fort, pour son rare talent, que l’étude développait d’année en année, et pour l’absolue honorabilité de ses mœurs, sur lesquelles la calomnie eût vainement cherché où mordre.Eu cette vie d’apparence si paisible, si uniforme, quelques-uns affirmaient pourtant—à mots couverts et sans avoir la moindre preuve à fournir—que le roman avait trouvé place : une virginale idylle tragiquement dénouée.Cela remontait loin.Conrad Waldmann donnait des leçons à la fille unique du prince régnant.Fraîche comme un rameau de lilas blanc, avec la gracilité et le charme mystique d’une sainte de Hem-ling, elle chantait d’une voix splendide.Conrad, disait-on, s’était éperdument épris, et elle n’avait pas dédaigné cette passion.On les avait vus se promener dans les jardins du palais, des jardins à la française, copie réduite de ceux de Versailles, plantés d’ifs et de buis taillés, semés de pièces d’eau et de statues mythologiques.C’étaient même ces promenades qui les avaient trahis : une telle clarté brillait dans leurs yeux qu’on ne pouvait s’y méprendre.Puis, tout à coup, on avait appris que les médecins ordonnaient le Midi à la princesse Eisa, prétendue malade : et un jour était paitie une grande berline armoriée, et, derrière les vitres, les gens racontaient avoir aperçu le délicieux visage de la jeune fille noyé de larmes.La princesse douairière l’accompagnait, et leur absence avait duré trois mois, au bout desquels avait été proclamé le mariage d’Eisa avec un sien cousin, mariage qui scellait une réconciliation entre la branche ainée et la branche cadette.Mais dix-huit mois après, le drapeau hissé en permanence sur la tour principale du palais était mis en berne : la petite sainte d’Hemling ava:t entrepris un nouveau voyage, vers un pays où la raison d’Etat ne contrarie pas les mouvements du cœur.Fille laissait derrière elle une fillette au berceau qui serait l’héritière de la principauté, le prince régnant n’ayant pas d’autres enfants et n’étant plus eu âge de reprendre femme., Adolimiiî Riüaux.(La /ni au prochain numéro.) Nous apprenons de source quasi-olHcielle l’achat d’un terrain situé sur la rue St-Denis pour l’érection d’un Théâtre Français dont les plans sont sur le métier.L'an prochain à cette date l’opéra français sont en pleine opération artistique. 34 L'KRT musiohl EPHEMERIDES 14 octobre 1800.—Giacomo Meyerbeer, âgé de neuf ans, paraît pour la première fois en public clans un concerta Berlin et se fait entendre comme pianiste virtuose avec un tel succès cpie le fameux professeur démenti s’offre à lui donner des leçons.17 octobre 1729.—Naissance de Monsigny, compositeur français, dont le chef-d'œuvre est le Déserteur.17 octobre 184c;.—Mort de Chopin, le célèbre pianiste et compositeur, né près de Varsovie en 18 io.15 octobre 1817.—Mort de Méliul, l’auteur du Chant du dé hart et de Joseph.iS octobre 1752.—Première représentation du Devin du village de J.J.Rousseau, œuvre qui marqua une sérieuse évolution musicale.22 octobre 1S11.—Naissance de Liszt, célèbre pianiste et compositeur hongrois, qui, vers 1850, devait, avec Wagner et Schumann former une trinité d’esprits de premier ordre, luttant pour l’indépendance de Part musical.26 octobre 1819.—Première représentation du Barbier de Séville à Paris, au théâtre Louvois.29 octobre 1788.—Première représentation, à Prague, du Don Juan de Mozart.L’illustre maître avait trente-deux ans.LA DANSE AU PAYS DE L’OR Une jeune danseuse russe, Mlle Freda Maloff, est eu train de faire fortune au Kloudyke, non en cherchant des pépites, comme tant d’autres, mais simplement en exerçant devant le monde cosmopolite des mineurs son métier de ballerine.Ceux-ci paraît-il, se montrent fous de la danse et rétribuent avec générosité l’artiste qui leur procure ce spectacle.On assure, en effet, qu'eu moins de trois mois Mlle Freda Maloff a amassé 62,000 dollars.Voilà qui va faire réfléchir les ballerines que des voyages en Amérique n’ont pas suffisamment enrichies.Le théâtre des Arts, de Rouen, prépare, sous la direction de M.Bruinent, une saison qui promet d’être intéressante.Il voudrait faire revivre cette belle réputation artistique de Rouen qui a donné, avant Paris, Samson et Dalila et Lohengrin.Il s’est adressé d’abord à M.Arthur Coquard, l’auteur applaudi de la Jacquerie, en collaboration avec Lnlo, qui lui a donné sa Jahel.grand drame lyrique en quatre actes, construit sur le saisissant poème de Mme Simone Arnaud, tes fils de Jahel.La créatrice sera Mlle Renée Vidal, le contralto qui fut à l’Opéra.MONTREAL ADELE AUS DER OHE Le concert donné par la célèbre pianiste Ans der Ohe, la 2Û novembre au Windsor Hall, doit être considéré comme une des meilleures soirées que nous ayons eues depuis quelques années.Mlle Aus der Ohe, comme madame Carrono, était déjà connue et hautement appréciée de notre public.Ses concerts précédents avaient laissé parmi nous une impression excellente, et nous sommes allés la réentendre avec confiance.Après avoir joué la Sonate de Schumann, en sol mineur, avec un rythme plein d’énergie et une clarté superbe, Mlle Aus der Ohe nous a dit deux de ses compositions : Mélodie et Sarabande, œuvres d'une excellente facture ; puis un nocturne (do dièze mineur op 27), trois études, la Polonaise en la bémol de Chopin, et, finalement, la Rhapsodie No 12 de Liszt.Grâce, légèreté, technique merveilleuse dans les études de Chopin.Dans la polonaise en la bémol nous aurions souhaité plus de clarté et un rythme plus vigoureux, il faut dire cependant que le programme, quoique intéressant, n’était pas composé avantageusement pour le talent de la grande pianiste ; Mlle Aus der Ohe parait vouloir lutter sur le même terrain que les artistes masculins.Son style a plus d’envergure qu’au-trefois et la sonorité de son jeu paraît s’être accrue.Espérons que cette nouvelle orientation "lui sera favorable,—quoique, dans notre humble opinion, le génie féminin gagne toujours à rester lui-même.Mlle Sara Anderson, dont la voix est fraîche et bien timbrée a chanté d’une façon intéressante plusieurs mélodies de l’école française, de l’école allemande, et du compositeur américain MacDowell.Au piano, Mrs.Shaw, de Montréal.Félicitons en terminant le “Ladies’ Morning Musical ” qui a pris l’initiative do ce concert.A.L.L’ORCHESTRE “SYMPHONY” Le troisième concert d'orchestre n’avait attiré qu’un auditoire restreint, étant donné le concert du même soir organisé par le “ Ladies’ Morning Musical Club ” avec Mlles Aus der Ohe, pianiste, et Sara Anderson, soprano.Il nous semble pourtant que le public devrait de préférence encourager cette entreprise locale où M.Goulot a réuni à peu près les meilleurs éléments artistiques de notre ville ; 011 11e se doute pas des sacrifices que le directeur s’impose pour nous faire entendre des œuvres symphoniques et, apparemment, la perte financière pour lui sera considérable à la fin de la saison.Nous l’avons déjà dit et nous le répétons : rien 11e saurait aider le développement des connaissances musicales comme l'orchestre et nous conseillons à tous ceux qui le peuvent de suivre ces auditions intéressantes et peu dispendieuses.L’attrait particulier était une partie, les deux premiers mouvements, de la symphonie Pastorale (fie) de Beethoven, et, malgré les difficultés dont elle est hérissée, son exécution a été très acceptable.On nous promet cette œuvre au complet pour le mois de janvier et, comme les musiciens auront eu le temps de la répéter davantage, nous pourrons l’entendre dans de bonnes conditions.L’ouverture de Mvjiwn, toujours bien accueillie, la Mari d’Aase jouée avec une belie sonorité par les cordes et bissée, et la Danse d’Anitra de la 1ère suite de Grieg Peer Gijnt, ainsi que le Carillon Nuptial de Laconie, furent donnés avec beaucoup d’entrain et d’humonr.Une bonne nouvelle dont nousnous réjouissons à l’avance c’est l’addition probable d’un second corniste, M.A.G.Plamondon, à l’orchestre.Ce sera un complément nécessaire aux cuivres.Mlles A.Moss et L.Lavigne (celle-ci la fille de M.Emery Lavigne) nous ont fait entendre la fugue en mi mineur de Bach, jouée à l'unis-sun sur deux pianos d’une façon charmante, et une tarentelle en la m ineur de Thomé pour deux pianos a 4 mains.Nous aurons probablement 1 occasion d’entendre prochainement dans une œuvre concertante, Mlle Lavigne dont on vante le grand talent ; ce sera un véritable début.LE TRIO HAYDN Nous concevons difficilement l'apathie que le public témoigne pour la musique et le peu d’encouragement qu’il donne à ceux qui cherchent à faire connaître les plus belles compositions des maîtres.Voici trois artistes, MM.Goulet, Dubois et Lavigne, qui s’unissent pour donner des concerts de musique de chambre ; nous ne pourrions pas trouver à Montréal trois musiciens capables de nous faire entendre des trios d’une façon plus correcte.Ils se mettent à l’œuvre et répètent conciencieusement pendant six semaines, désirant interpréter avec un grand fondu et une grande perfection de détails les trios portés au programme ; ils font des dépenses d’annonces, de location de salle, etc., et se trouvent le 17 novembre au soir devant un auditoire désespérément minuscule.N’empêche qu’au point de vue artistique le concert du Trio Haydn a été un beau triomphe, ot nous sommes fiers de compter à Montréal une semblable association, capable de jouer brillamment et intelligemment des œuvres comme le Trio op.(ifi, de Mendelssohn, et celui de Beethoven, op.7*1 No 1.Le Concerto en rc mineur de Lalo a fourni à M.Dubois l’occasion de se faire valoir ; en trois mouvements, dont le premier un peu long, ce L'ÏÏRT MUSICHL 35 concerto est colossal et requiert de grands moyens d exécution ; le violoncelliste a sur.uv o jc ces difficultés et s est fait applaudir avec enthousiasme, et donna un rappel la Prière du Soir, de Schumann.L'Adagio reliyioso de Vieuxtomps, extrait du .5Le concerto, joué par M.Goulot avec un beau style, a été des plus goûté et celui-ci dut, pour satisfaire l’auditoire, jouer la Ma-.urha Caprice, de Wieniaswki.Mlle L.Graham dont la voix est bien timbrée et bien égale complétait ce programme intéressant et judicieusement choisi.“ Les Vieux d’un Amant ’ de \V.Rendait et “ If thy lilue eyes ” de (J.Rohm, ce dernier surtout, firent constater la chaleur et le joli tempérament artistique gu’ello possède.“ Mignon " par Guy d'Harde-lot, récompensa le zèle de ses admirateurs qui désirèrent la réentendre après “ If thy blue eyes ” de Bohm.Le public musical a [tordu en cette circonstance l’occasion d’encourager une entreprise méritoire et du goûter une soirée musicale des plus artistique.LA MESSE DE MINUIT DANS NOS EGLISES On chantera : A la Cathédrale : la Messe il 4 voix d’hommes de W.Tschirch.A Notre-Dame : la Messe Solennelle d’A.Thomas, écrite pour voix mixtes, avec orchestre.Au Gksii : la 2e Messe Solennelle de S.Rousseau, à voix mixtes.A St-.Lacques : le Kyrie, de Dietsch ; Ch win et Credo, de la Messe do Noël, Fauconnier ; Sand ux, de la Messe Stu Cécile de Gounod ; Aqnm, de la xme Messe do Nicou-Choron.A St-Louis dk Franck : la Messe de Noël, de Fauconnier, à voix d’hommes.A St-Patrick : une Messe écrite par M.J.A.Fou ler pour les Dames du Sacré-Cœur, à 2 voix égales.M.Fou ler a ajouté une .'le partie (basse) et a orchestré cette œuvre pour cette occasion.A I’Immaculée Conception' : la Messe brève de Th.Dubois, [tour soprano, ténor et basse, et le Credo de la Messe de Ste-Césile (Gounod) ARION MUSICAL CLUB Il y a eu dernièrement dans les belles salles du la Compagnie de Pianos Pratte, rue Ste-Cathërine, une assemblée de dames, qui ont formé une association dans le genre du “ Ladies’ Morning Musical Club ”, sous le nom ci-dessus.Les réunions auront lieu d’ici au mois de mai le second mardi de chaque mois, Les dames dont les noms suivent ont été élues: Mlle Marguerite Sym, présidente ; Mlle Annie Hoivard, vice-présidente ; Mlle Sargent, secrétaire et tréso-rière.Au comité de régie : Mlles Willet, Ada Moylan et Russell.M.G.Couture a reçu les parties d’orchestre et les partitions vocales des Sept Paroles du Christ de Th.Dubois.Les répétitions de cette œuvre importante sont commencées et le public montréalais en aura une audition remarquable.C’est probablement dans le mois de janvier que sera chanté Eve de Massenet, par la Société Choraie.M.Arthur Letondal donnera un concert d’élèves pendant le mois de janvier.Au concert d’éleves de M.Achille Fortier on n’entendra que des œuvres françaises.La daœ de l’audition du Messie de Handel, par la Société Philarmonique est lixée au 22 décembre.UouucUes rtc partout EU RORE Alu.).Éppfj.GRAND OPERA DE PARIS.PRIAIS Paris, 1er Décembre IS'JS.A L’OPÉRA.- Le répertoire du mois : Dim Juan ; Faust ; la 1 Yalhyrie; Riijulelto, la Midadetla ; le Prophète; la Cloche du lîhin, Coppe’lia; les Huguenots; Lohengrin.Le programme actuel de l’Opéra ne porte que Gantier d’Aquitaine, Joseph, la Prise de Troie, Rriséis, et les reprises de la Juice, de Y Africaine et de Guillaume Tell.Quant à la prochaine œuvre de Wagner, on a parlé de Tristan cl Yseult, et l’on y a renoncé, il cause du cadre de la scène ; puis il a été question de Siegfried et enfin de Parsifal, mais rien n’a été décidé.Aucune décision non plus n‘a été prise encore pour Vlferodiade de Massenet.Knlin, pour le Roi d’Ys de Lalo et l’Ascunio de M.Saint-Saëns, aucune date n’est fixée.-A propos d'Armide rappelons que ce n’est pas d’aujourd’hui que la Direction de l’Académie Nationale de Musique a pensé à remettre à la scène ce chef-d’œuvre de Gliick.Au mois de juillet 1870, il y a vingt-huit ans de cela, M.Gcvaert, l’illustre directeur du Conservatoire de Bruxelles, se rencontrait avec M.Perrin, qui tenait alors en ses mains la destinée de l’Opéra ; et le liut de l’entrevue était la reprise dblnmVe.On convint de prendre pour interprètes Marie Susse, Villaret et Dcvoyod ; et le quatrième acte, ce merveilleux quatrième acte dont les acteurs ne paraissent guère plus de vingt minutes devant le public, devait être chanté par Faure et Colin, par Mmes Miolan-Carvalho et Nilsson.La guerre éclata.Annule ne fut pas reprise à l’Opéra.Et, ce qu’il y a de plus grave, c’est que les parties originelles de l’œuvre de Gliick— qui avaient été prêtées pour un concert à la Maison do l’Empereur devinrent la proie des flammes à l’époque de la Commune.Par bonheur, M.Gcvaert savait la partition par cœur, et il la reconstitua de mémoire.Le savant compositeur est, on ne l’ignore pas, une véritable encyclopédie vivante.—La partition de Joseph, a été distribuée, a MM.Delmas, Vaguet et Noté, et à Mlle Akté ; mais l’œuvre de Méhul ne passera pas avant le mois do mars 18!)!!.—A L’OPÉRA COMIQCE.—En attendant le bon plaisir de M.Bernier, l’architecte de la nouvelle salle Favart, M.Albert Carré a fait la réouverture de l’Opéra-Comique là-bas, là-bas, de l’autre côté de la Place de la République, et avec un succès merveilleux.La tentative était hardie : elle a réussi au-delà de toute espérance et nous en sommes très heureux pour le directeur, pour les artistes et aussi pour notre deuxième scène lyrique dont l’avenir semblait vraiment menacé par la coupable négligence des pouvoirs publics.M.Albert Carré a sauvé de la misère tout un petit personne! do choristes et de machinistes pour lequel nos gouvernants semblaient n’avoir qu’une sympathie très minime ; mais il a fait plus, il est allé bravement conquérir un public, et rallier des admirateurs aux productions de notre Ecole Française, il a joué et fait applaudir Carmen, Mignon, Mireille, par un auditoire plus habitué aux grosses émotions de Royer la Houle qu’aux troublantes séductions dos musiques de Bizet, de Thomas, de Gounod et de Massenet.Aux trémolos du mélodramme, il a substitué les idylles musicales et les vibrantes chansons d’amour ; aux complaintes larmoyantes des orphelines désolées, il a fait succéder les douleurs et les joies des amants et des amantes de notre très beau répertoire lyrique.Parmi les débutants que M.Carré a produits, nous citerons Mme A.Thierry dont la voix et l’excellente méthode ont été fort appréciées ; M.Beyle, un ténorino que nous avons eu l’occasion d'applaudir à l’Opéra, et M.Vieillie, une basse chantante au timbre métallique, et M.Delvoye, et Mme Tclma.—On installe en ce moment au nouvel Opéra-Comique de la place Favart, un orgue do Cavaillé-Coll dont le montage et la pose ont été commencés ces jours-ci.Cet instrument est un Ifi-pieds bouché h deux claviers.Il comprend sept jeux de fonds, dont quatre 8-pieds comme jeu de fonds, deux 4-pieds, une flûte de Hi-pieds bouché et un jeu d anches de 8-pieds.Il va do soi qu’il est du système pneumatique.Cet orgue est placé à une hauteur de cinq mètres environ au-dessus de la scène, en encorbellement sur un balcon estrade situé du “côté cour ” d’où l’organiste pourra suivre avec facilité tous les mouvements du chef d'orchestre.— Il se pourrait que Mlle Calvé reprît cet hiver le rôle de Salammbô qu’elle devait chanter l’année dernière à New-York.Tout le monde serait heureux do revoir ainsi la belle œuvre de l’éminent compositeur français Ernest Reyer (pie les abonnés n’ont pas eu l’occasion d’applaudir depuis longtemps.—L’Association des Artistes Musiciens, fondée par le baron Taylor, a célébré cette année, selon sa coutume, la fête de Sainte-Cécile, en faisant exécuter, avec le concours de l’Association des concerts Lamoureux, en l’église Saint-Eustache, le vendredi 25 novembre, a onze heures du matin, la messe solennelle do César Franck, sous la direction de M.Chevillard.Les soli furent chantés par MM.Vergnet et Alignez.Le Credo de Dumont, par M.Animez.A l’Oll'urtoire : Adayio pathétique, de M.G.de Saint-Quentin, exécuté par M.B.Séchiari, vio.Ion solo des concerts Lamoureux.A l’Elévation : Punis angelicas, de la messe do C.Franck, par M.\ ergnet.On termina par la Marche rcliyicnse d’A.Thomas, par l’orchestre, et le Prelude d Fugue de Saint-Saëns, exécuté sur l’orgue par M.Henri Dallier. L'HRT 7VÎUSI07ÏL 3 fi Il vient de se fondera Paris une société dite “ Société de propagande nuisieivle dont le but est, ainsi que l'indique son titre, la propagation de l’art musical.Convaincue que renseignement par l'ouïe est un des meilleurs, et celui dont les résultats sont le plus étendus, la Société de propagande musicale désire continuer en province l'œuvre dont Pasdeloup a été l'initiateur à Paris : elle veut donner dans les principales villes de la France des concerts populaires, et dans ee but, elle vient en aide par tous les moyens dont elle dispose aux sociétés provinciales, à qui les éléments peuvent manquer pour l'exécution des grandes œuvres symphoniques.C'est une œuvre de décentralisation.Cette société est due à l’initiative de AL Daniel Lebeuf, compositeur de musique et chef d'orchestre, et, dès son début, elle a reçu les plus hauts encouragements.Eu eti’et, le maitre Massenet en a pris la [(résidence d'honneur, et nous voyons dans son comité de patronage les noms de : üourgault-Ducoiulray, Ettg.Gigout, Ch.Lefebvre, Samuel Rousseau, Augusta Holmès, C.de lîériot, etc., etc.Placée sous de tels auspices, l’œuvre doit prospérer et nous le souhaitons vivement à cause de son but artistique.Le siège de la Société est à Paris, 5, rue du Printemps.—On sait quelle étroite amitié existait entre Louis Gallet et le maître Camille Saint-Saëns.M.Saint-Saëns, en souvenir de son collaborateur, ne s'est pas contenté de s’occuper de la partition de Ucjanire, que va exécuter l’orchestre de M.Colonne, avec Mlle Pacary et M.Gogny.11 a suivi ies répétitions du drame selon les intentions de Louis Gallet ; il a remplacé l’auteur du la pièce, il a tenu il ce que la mise en scène fût conforme aux indications de son ami ; il a pris, de concert avec le directeur de l’Odéon, une part active à la préparation de l’ouvrage dans tous ses détails, aux costumes, aux décors, aux mouvements de la très nombreuse figuration, au divertissement chorégraphique du quatrième acte, réglé par M.Cléret, de l’Opéra.11 a montré une activité infatigable.M.Saint-Saëns a laissé entendre au directeur de l’Odéon qu’il pensait, pour l’an prochain, à un autre grand ouvrage qu’it écrirait en vue du second Théâtre-Français, pendant son prochain séjour au pays du soleil, où il se rend tous les hivers.—Aux obsèques de Mme Carnot à la Madeleine, M.Camille Saint-Saëns avait réclamé l’honneur de tenir les grandes orgues de cette église et ses improvisations n’ont jamais eu, paraît-il, [dus d’inspiration et de noblesse qu’en cette occasion.Le programme musical, sous la direction du maître de chapelle, l’abbé Chérion, fut exécuté avec grand succès.Les chœurs dirent en faux-bourdon le De Profnmlis, le Requiem et le Dies Ira, le Kyrie de Niedermeyer, le Sanctus de Th.Dubois.M.Ballard, de l’opéra, a chanté le Eijo sum de Mors et Vita et M.Muratet le Pie Jesu cle Th.Dubois.L’orchestre joua Y Allegretto de la Symphonie en la de Beethoven.Le Judex de Gounod, le Libéra du Mozart et le In Panulisum de AL Fauré, complétaient ce pro gramme impressionnant.M.Théodore Dubois, directeur du Conservatoire, a remis à l’éditeur llcugel, lu manuscrit du Baptême de (.'Ions, ode on vers latins, en forme d’oratorio, en trois parties.C’est le pape Léon XIII quia composé cos vers latins, qui commencent par ces mots : Oliristus qui diligit Francos.Cet oratorio sera exécuté dans la cathédrale de Reims vers le 15 décembre, avec un orchestre de cent vingt musiciens et des chœurs mixtes de deux cents personnes.Pour cette occasion, le cardinal Langénieux a autorisé l’emploi de voix de femmes.Une copie superbement exécutée par un artiste en manuscrits sera remise clans une reliure fort belle à l'auteur des paroles, S.S.Léon XT1.GAND.—Le Mouleur belge du 2 I octobre a publié l’arrêté royal qui nomme AL Emile Mathieu, directeur du Conservatoire royal de Garni à la succession de Al.Adolphe Samuel.Cette nomination sera unaniment approuvée et nous y applaudissons de tout cœur.AL Emile Mathieu a fait ses preuves administratives et directoriales à l’Ecole de musique de Louvain.Sus preuves artistiques sont nombreuses et des [dus distinguées : au concert, ses oratorios profanes, le Sorbier et Freghir, dont on n’a pas oublié la chanson de “l’Homme au lmn ”, d’un rythme si expressif ; puis le Concerto de violon que créa Aime Irma Setlie ; au théâtre, Georges Damlin, une partition charmante qui, si elle n’a pas obtenu le succès scénique qu’en attendait le compositeur, reste un régal de lecture au piano ; la Bernoise, un petit acte d'opéra comique avec Lucien Solvay ; liichilde, un grand opéra historique qui eut cette fortune d’avoir Aime Rose Caron pour interprète du rôle principal ; l’Enfance de Roland, un opéra légendaire qui contient de belle pages ; un élégant ballet, les Fumeurs de K iff, tout cela représenté à la Monnaie.Esprit fin, lettré délicat, AI.Emile Mathieu est lui-même l’auteur do la plupart de ces poèmes.L’année dernière, l’Académie de Belgique, classe des Beaux-Arts, le nommait membre correspondant.ETATS-U N IS NEW-YORK La saison dopera au “Afe- tropolitan” s’est ouverte mardi soir, le 20 novembre, avec Tannhaiiser de R.Wagner.Le coup d’œil était féerique : les loges, les stalles, contenaient les membres les plus select, du 400, et la salle était remplie.Nous ne nous rappelons pas avoir vu une aussi grande affluence, ni un spectacle aussi brillant.Voici la distribution des rôles : Elisabeth.Aime Emma Emues Lin Hirt.Aime Meislinger Venus.Mme Nordica Tannhaiiser .AL Van Dyk Wolfram.M.Henri Albers Walther.M.Jaques Bars Heinrich.Herr Meffert Biterolf.Herr Muhlnmnn Reinmar.M.Aïeux Hermann l.M.Plançon Directeur, Signor Mancinelli.L’opéra fut chanté en allemand.Van I)yl< remporta un succès bien mérité, et M.Pol Plançon, qui soutirait malheureusement d’un enrouement, a su escamoter cet inconvénient et se faire applaudir comme par le passé.Aimes Haines et Nordica ont, toutes deux, fait de grands progrès, tant sous le rapport de l'ampleur de la voix que sous celui du la sûreté et de la maturité de leur méthode.La saison musicale éclipsera tout ce que nous avons eu jusqu'il puésent à New York.CANADA SOREL -Aille Cartier, notre sympathique concitoyenne, nous a fait apprécier, mardi le 23 novembre, le fruit de ses études musicales à Paris.C’est dans l’église St Pierre, en l'honneur de Sainte Cécile et au profit de L’Orphelinat de Borcl, qu’n été donné ee concert de musique religieuse, et la vaillante artiste dont on connaît la profonde admiration pour notre mère-patrie et pour les musiciens français avait tenu ;i jouer, de même qu’à Montréal, exclusivement des œuvres de l’école moderne française.Voici le programme de cette audition : 1.Suite Gothique.L.Boëllmann Introduction-Choral ; Menuet Gothique ; Prière à Notre-Dame ; Toccata.Alu,k Victoria Cartier 2.Hymne à Ste Cécile.Ch.Gounod AI u,k Victoria Cartier et Al.J.J.Goulet 3.(a) Ave Veruin.Th.Dubois (b) Pater Nostor.Niedermeyer AL J.N.A.Beauiuiv 4.(a) Scherzo.Eug.Gigout (b) Cantilène.Salonié (
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