Journal de l'instruction publique, 1 août 1861, Août - Septembre
Volume V.Montréal, (Bas-Canada) Août et Septembre 1861- Nos.8 et 9 SOMMAIRE.—Littérature.—Poésie : Donnacona.par P.Chauveau.—Aventures c t malheurs de la Senora Libarcma dans le Grand-Chaco, (suite et fin).—Science : Compte-rendu du Cours (l’Histoire du Canada de M.Ferland à l’Université Laval, (suite).—Education : Conseils aux Instituteurs, (suite) ; X.Influence de l’instuti-teur.usage qu’il en doit faire; XI.Des succès et des disgrâces, par Th.Barrau.— Exercices pour les Elèves des Ecoles : Exercices de Grammaire.—Problèmes d’algèbre et de géométrie.— Solution des problèmes de la livraison précédente.— Avis Officiels : Erections, séparations et annexions de municipalités scolaires.— Nominations de Commissaires d’écolcs.— Diplômes accordés par l’Ecole Normale Laval.— Diplômes accordés par les Bureaux d’Examinateurs.— Dons offerts au Département de l’Instruction Publique.— Instituteurs disponibles.— Editorial: Examens et distributions de prix dans les Collèges.Académies et autres maisons d’éducation ; visites du Surintendant.—Rapport du Surintendant de l’Instruction Publique pour 1860, (suite et fin).—Treizième conférence de l’Association des Instituteurs de la circonscription de l’Ecole Normale Laval.—Note sur la résidence en Canada de S.A.R.le Prince William Henry’ et de S.A.R.le Prince Edouard.—Bulletin des publications et des réimpressions les plus récentes, Paris.Bruxelles, Londres.New-\ ork.Nouvelle-Orléans, Québec, Montréal.— Petite Revue Mensuelle.—Nouvelles et Faits Divers : Bulletin de l’Instruction Publique.—Bul- ; letin des Lettres.—Bulletin des Sciences.—Distributions de Prix : Petit Séminaire de Québec.—Collège de Montréal.—Collège Sle.Marie, à Montréal.—Collège de Ste.Thérèse.—Collège Industriel de Varennes.LITTERATURE.Cependant il avait la menace à la bouche, Ils se tournait fiévreux snr sa brûlante couche, Le roi Donnacona ! Dans un demi-sommeil, péniblement écloses, Voici, toute la nuit, les fatidiques choses, Que le vieux roi parla : II “ Que veut-il l'étranger à la barbe touffue ?Quels esprits ont guidé cette race velue, En deçà du grand lac ?Pour le savoir, hélas, dans leurs fureurs divines, Nos jongleurs ont brûlé toutes les médécines, Que renfermait leur sac! “ Cudoagny se tait ; les âmes des ancêtres Ne parlent plus la nuit ; car nos bois ont pour maîtres, Les dieux de l’étranger ; Chaque jour verra-t-il s’augmenter leur puissance ?J’aurais pu cependant, avec plus de vaillance, Conjurer ce danger.POESIE.DONNACONA.(1) I “ J’aurais pu repousser, loin, bien loin du rivage Le chef et son escorte, et châtier l’outrage Par leur audace offert.Mais de Cahir-coubat ils ont toute la grève, Et déjà l’on y voit un poteau qui s’élève, D'étranges fleurs couvert.Stadaconé dormait sur son fier promontoire ; Ormes et pins, forêt, silencieuse et noire, Protégeaient son sommeil.Le roi Donnacona dans son palais d’écorce Attendait, méditant sur sa gloire et sa force, Le retour du soleil.La guerre avait cessé d’affliger ses domaines, Il venait de soumettre à ses lois souveraines, Douze errantes tribus.Ses sujets poursuivaient en paix dans les savanes, Le lièvre ou la perdtix ; autour de leurs cabanes, Les ours ne rôdaient plus.(1) L’auteur a puisé cette inspiration dans le récit du second voyage de Jacques Cartier.—Il nous représente, d’abord.Donnacona, agobànna on chef de la bourgade de Stadaconé, dormant dans son ouigouam • son Sommeil est agité, il rêve aux conséquences qu’auront, pour sa race et Pour son pays de forêts, l’arrivée des terribles étrangers; conséquences que ses jongleurs et ses interprètes lui ont décrites sous des couleurs .n sombres.—Puis on assiste au départ du vieil Agobanna sur les narres du découvreur ; départ qui demeura sans retour, excepté pour J ombre du vieux Sachem que le poète fait planer au-dessus du promon-tmre, des clochers et des dômes de Québec, évoquant les âmes des cnets et des guerriers dans une ronde des esprits.Les mots sauvages et presque tous les détails sont fidèlement reproduits du texte même de t artier.—Aole de l'Editeur des Soirées Canadiennes.“Ils ont dû tressaillir dans la forêt sacrée Les os de nos aïeux ! Ma poussière exécrée N’y reposera pas.Les fils de nos enfans, bien loin d'ici peut-être, Dispersés, malheureux, maudiront un roi traître, Qu’on nommera tout bas.“ Taignragny l’a dit : l'étranger est perfide, Ses présents sont trompeurs, et la main est avide Qui nous donne aujourd’hui: Elle prendra demain mille fois davantage, Mon peuple n’aura plus, bientôt, sur ce rivage, Une forêt à lui.“ Taiguragny l’a dit : de ses riches demeures, Où, dons les voluptés, il voit couler ses heures Leur roi n’est pas content.11 lui faudrait encore et mes bosquets d’érables, Et l’or qu’il veut trouver caché parmi les sables De mon fleuve géant.Jeunes gens, levez-vous et déterrez la hache, La hache des combats ! Que nulle peur n’arrache, A vos coeurs un soupir ! Comme un troupeau d’élans ou de chevreuils timides, Tous ces tiers étrangers sous vos flèches rapides,* Vous les verrez courir.^ 13 4 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.“ Mais inutile espoir ! Leur magie est plus forte, Et son pouvoir partout sur le nôtre l’emporte, Leur Dieu, c’est un Dieu fort ! Quand il fut homme, un jour, dans un bien long supplice De ceux dont il venait expier la malice, Ce Dieu reçut la mort.“ Domagaya l'a dit : les tribus de l’aurore, Ni celles du couchant, plus savantes encore, N’ont jamais inventé De tourments plus cruels ; mais, chef plein de vaillance, Le Dieu des étrangers a souffert en silence, Puis au ciel est monté.” III Ainsi parlait le roi dans son âme ingénue ; Et lui-même bientôt sur la flotte inconnue, Il parlait entraîné.Ses femmes, se3 sujets hurlèrent sur la rive, Criant Agouhanna I De leur clameur plaintive, Cartier fut étonné.Et prenant en pitié leur bruyante infortune, Le marin leur promit qu’à la douzième lune, I.s reverraient leur roi.Des colliers d’ésurgni scellèrent la promesse, Cartier les accepta ; puis ils tirent liesse ; Car il jura sa foi Douze lunes et vingt, et bien plus se passèrent, Cinq hivers, cinq étés lentement s’écoulèrent ; Le chef ne revint pas.L’Etranger de retour, au sein de la bourgade, Du roi que chérissait la naïve peuplade Raconta le trépas.IV.Vieille Stadaconé ! sur ton fier promontoire, Il n’est plus de forêt silencieuse et noire ; Le fer a tout détruit.Mais sur les hauts clochers, sur les blanches murailles.Sur le roc escarpé, témoin de cent batailles, Plane une Ombre la nuit.Elle vient de bien loin, d’un vieux château de France, A moitié démoli, grand par la souvenance Du roi François premier.Elle crut au Dieu fort qui souffrit en silence Au grand chef dont le cœur fut percé d’une lance, Elle crut au guerrier ! Donnacona ramène au pays des ancêtres, Domagaya lassé de servir d’autres maîtres, Aussi Taiguragni.Les vieux chefs tout parés laissent leur sépulture, On entend cliqueter partout comme une armure, Les colliers d’ésurgni.Puis ce sont dans les airs mille clameurs joyeuses, Des voix chantent en chœur sur nos rives heureuses, Comme un long hosanna.Et l’on voit voltiger des spectres diaphanes, Et l’écho sur les monts, dans les bois, les savanes, Répète : Agouhanna I P.J.O.Chauveau.Soirées Canadiennes.tvculures et Malheurs de la Senora Libarona dans le Grand-Chaco.(Suite et Fin.) IV Don José, surpris en me voyant, pleura d’abord de joie.Il comprenait bien que la force seule de mon affection avait pu m enhardir à affronter ainsi tout danger et à oublier sa défense.1 étais, du reste, si affaiblie, que j’avais peine même a lui parler.Pendant la nuit, les moustiques et les vinchucas nous assaillirent; ie me levai avec ma petite fille : nos deux visages étaient monstrueusement enflés.La nourriture était aussi bien insuffisante et insalubre Mou mari ne cessait de me supplier de retourner vers ma familie, disant qu’il était plus tourmenté que je ne pouvais le croire d’être témoin des privations et des misères de toutes sortes que j’avais à endurer.Il y avait huit jours que j’étais prés de Don José, lorsque le bruit courut que les Indiens se rassemblaient et ne tarderaient pas à venir nous attaquer.Alors mon mari insista avec une vive tendresse pour m’obliger à partir.Enfin, il prononça ces paroles, et ce furent celles qui firent le plus d’impression sur moi : “ Seul, me disait-il, je pourrais fuir, mais comment échapper aux Indiens avec toi et notre enfant?” Il m’eut été impossible en effet de supporter une très-longue course à cheval.Je retournai donc à Santiago del Eslero, mais en gardant au fond de mon cœur la conviction que je reviendrais plus tard partager la solitude de mon mari.Les Indiens ne parurent pas cette fois au Bractio.Ibarra, trouvant sans doute que le sort de Don José et des autres proscrits n’était pas assez malheureux, donna ordre de les chasser plus avant dans le Chaco, à moins de distance des Indiens et à un des endroits du désert 'es plus infestés par les moustiques, les vinchurias, les abispas et autres insectes qui vivent de sang.Ce séjour était si affreux que Don José entra dès lors dans un grand désespoir.Il songea sérieusement à fuir, et il lui vint le désir de m’avoir près de lui.Il m’écrivit pour me demander si je consentirais à l’accompagner : il me prendrait en croupe et essayerait de traverser le Chaco en évitant à la lois les soldats d’Ibarra et les Indiens.J’étais craintive sans doute, et je tressaillais de douleur à la pensée d’abandonner mes deux petites filles peut-être pour toujours ; cependant je n’hésitai pas un instant.Je répondis à Don José que j’étais surprise de son doute, puisqu’il n’ignorait pas que ma volonté n’avait jamais changé, et que je souhaitais ardemment vivre et mourrir avec lui.Je m’attendais à recevoir de lui, aussitôt après, l’ordre de mon départ: je restai sans nouvelles.J’étais étonnée, inquiète ; je visitai incessamment les familles des proscrits, et, par hasard, je découvris, dans un entretien chez une parente d’Ünzaga, que mon mari avait renoncé au projet de m’appeler vers lui.En lisant ma lettre, il s’était écrié avec larmes : “ Pourquoi abuser de cette iorte volonté et de cette tendresse ?Ne sais-je point, moi, ce que c’est que de braver et souffrir la mort ?Ce serait une barbarie que d’exposer Agostina à de si grands périis !” Ensuite une profonde tristesse s’était emparée de lui ; il était tombé gravement malade, et il avait recommandé que ni moi ni ma famille n’en lussions avertis.Le jour même, malgré toutes les supplications de mes parents,je partisse voyageai jour et nuit; je traversai, sans m’arrêter, Mata-ra : je pénétrai dans le désert.V En entrant sous la hutte de mon mari, je m’élançai les bras ouverts : mais lui, Don José, se recula et me regarda avec une froide indifférence ! son regard était fixe, terne ; sa pâleur, sa faiblesse étaient extrêmes ; j’avais sous les yeux, hélas ! un être privé de raison ! .Epouvantée, je voulus parler .Unzaga me fit un signe.Je réprimai mes cris, non mes larmes ! Le plus doucement possible, j adressai quelques paroles d’affection à mon mari : il me répondit, avec calme, des extravagances.Je ne sais comment je ne suis pas morte sur-le-champ de douleur.J’interrogeai Unzaga.La maladie avait continence par une fièvre lente.“Je veillais toujours prés de lui, disait Unzaga, excepté aux heures où il me fallait sortir pour aller chercher un peu de nourriture.Il m’avait fait jurer de ne pas vous avertir.Je lui devais tant que je ne crus pas pouvoir désobéir à ses ordres.D’ailleurs j’étais loin de supposer qu’il fût en danger de mort ni de de-mence.” * J’étais atterrée.Mes jours et mes nuits ne devaient plus se passer que dans les angoisses et les larmes.La fièvre de Don José ne se calmait pas.Je persuadai, non sai s difficulté, à un chasquis de se rendre à Santiago del Estera pour en ramener, à tout pn*> un médecin, filais les médecins, quelque somme qu’on leur offrit, refusèrent tous de venir.Ils se contentèrent de m’envoyer des ordonnances, quelques médicaments et des conseils sur les moyens de les appliquer.J’aurais voulu ailer moi-même me jeter au pieds de l’un deux ; mais comment abandonner mon mari?Il pouvait mourir pendant mon absence.Un jour je faisais prendre un bain à mon malade; j’avais grand peine ; dans sa folie, il me résistait.J’essayais de l’envelopper d’une couverture pour le garantir du veut sous notre petite cabane convene d’herbes et soutenue par quatre pieux, lorsqu’une Indien- JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 135 ne, une China, entra précipitamment en disant que les Indiens allaient arriver, qu’ils n’étaient plus qu’à cinq lieues.Il fallait fuir.J’entraînai mon mari dans le bois, au milieu d’un tuurbillon de vent d’une violence extrême.Les habitants des autres cabanes taisaient comme nous.Mais il s’agissait de fuir plus loin.Je proposai une forte somme pour acheter deux chevaux.Je ne parvins à en obtenir qu’un seul.Je plaçai mon mari dessus, et je montai en croupe : dans cette position je ne pouvais diriger le cheval ; il s’en allait de côté et d’autre à son caprice.Unzaga s’était senti trop souffrant pour nous accompagner.Nous entrâmes bientôt dans un sentier si étroit, que les branches des arbres épineux déchirèrent ma robe et la mirent eu lambeaux Presque à chaque pas nous étions exposés a nous blesser ou à tomber.J’étais désolée de ne pas savoir guider le cheval ; on ne m’avait pas habituée à l’équitation.Lorsque dans nos jours heureux mes parents m’emmenaient à notre quinla, c’était toujours en voiture.Quand la nuit vint, je fis descendre mon mari.Je m’assis pies de lui, sans pouvoir dormir.Il souffrait cruellement.Le lendemain, un des fugitifs m’apprit qu’on n’avait plus rien à craindre des Indiens, et nous retournâmes à notre cabane.J’avais envoyé de nouveau un chasque vers les médecins de la ville.La seule recommandation qu’il me rapporta fut d’avoir soin de baigner le malade plusieurs fois par jour.Je parvins à faire fabriquer une sorte de baignoire en cuir, et heureusement l’eau ne nous manquait pas.Mais tout à coup Ibarra envoya l'ordre de nous faire amener plus loin encore dans le Grand-Chaco ; aussitôt on nous mena de force dans un lieu entièrement privé d’eau.On n’en pouvait trouver qu’à près de quatre lieues de la.Dès ce moment je dus aller souvent moi-méme chercher à une si longue distance cette eau qui nous était indispensable.Sur la route j’étais brûlée par Je soleil et dévorée par les insectes.La fatigue, les privations, la douleur m’anéantissaient.Homme cruel, infâme Ibarra! crois-tu que le ciel n’a pas mesuré nos souffrances ! VI Souvent, lorsque je priais mon mari de se laisser mettre dans ie f’tdn, il entrait en fureur, me mordait et m’égratignait.Une lois je m’évanouis.Il arrivait aussi à Don José de s’élancer hors du bain, et à la suite de ces accès sa maladie empirait.Je n’avais d’autres soulagements que mes prières à Dieu et mes pleurs.Les soldats venaient de temps à autre commander à mon mari des corvées impossibles : c’était un moyen île tirer de moi de l’argent.J’avais fait remplacer notre misérable cabane par un rancho qui, du moins, nous protégeait un peu contre le vent et Ja pluie.On me dénonça, et le commandant Fierro écrivit à Ibarra’ pour l’informer que nous vivions dans le luxe.Peu de jours après arriva un nouvel ordre de nous transporter encore plus loin.Les soldats nous poussèrent donc devant eux et, parvenus à un antre lieu désert, nous laissèrent à l’ombre d’un arbre.Nous y restâmes quinze jours sans aucun abri que le feuillage.Une temme charitable des environs nous donna un peu de blé et de maïs.Il me restait de l’argent.J’en dépensai une partie pour faire construire un autre rancho.Il fut très-difficile de trouver îles ou-viiers parmi la population indolente de celte localité.J’y parvins cependant.Je préparai ensuite une couche aussi commode que possible à mon mari, et, après avoir payé le silence d’un îles soldats, je retirai les fers qu’on lui avait mis aux pieds.Mes parents m’écrivaient lettre sur lettre pour m’exhorter à revenir.Pendant les nuits, la pensée que mes pauvres petites filles pounaient bientôt être orphelines de père et de mère me torturait e cœur.Mais je restai fermement résolue à ne pas délaisser mon mari.v Un des médecins m’avait écr t que la seule chance de guérir i°n José de sa folie était d’employer des vésicatoires.Je les ap-p tquai à Don José; mais dés qu’il en ressentait les biûiures, il voulait les arracher, et, comme je m’efforçais de m’y opposer, il me battait cruellement.Une fois il me traîna par les cheveux ; sa tireur était telle que je crus que j’ai lais laisser ma vie entre ses mains.^Unzaga était aussi très-malade; son corps, couvert d’ulcères, n était qu une plaie d’où s’exhalaient les odeurs les plus fé-H es.Je faisais les pansements qui lui étaient nécessaires.Il était notre compagnon, notre ami.Mon devoir était de lui donner aussi tous mes soins.Un matin, au lever du soleil, on signala de nouveau l’approche ues indiens.Je pris mon mari entre mes bras : Unzaga, tout faible quil fût, m’aida à le porter, et nous cherchâmes un refuge dans le bois.Don José poussait des cris inarticulés et me frappait: j’étais harassée, blessée, et si désespérée que plusieurs fois je me roulai à terre.Ah ! je dis ici toute la vérité! j’aurais préféré en ce moment la mort à de si grandes tortures ! Sans le souvenir de ma mère, de mes enfants, sans le sentiment de mes devoirs envers mon mari, je crois que je me serais suicidée ! Pendant notre fuite, les Indiens pillèrent notre rancho et le réduisirent en cendres.Ils tuèrent près de là plusieurs personnes.Je regardai comme un miracle qu’ils ne nous eussent point découverts; car nous n’étions pas bien éloignés.Ils auraient dû même entendre les cris de Don José, s’ils n’eussent été étourdis par leurs propres clameurs, leur sifflements et les piétinements de leurs chevaux.Nous n’avions donc plus d’asile.Pendant vingt jours nous restâmes sous un amas de branches.Puis nos gardes nous ordonnèrent de nous remettre en marche et nous chassèrent toujours plus loin vers un endroit où l’on avait à redouter, outre les attaques des fndiens, celles des jaguars.Là, un effroyable aguacero vint fondre sur nous et dura six jours.Je défendis Don José de la pluie comme je pus, à l’aide de quelques morceaux de cuir étendus sur des morceaux de bois ; malgré cela il était souvent mouillé et grelottait à faire peine.VII Je ne savais, le jilu» souvent, comment me procurer de la nourriture.Un jour j’allai à une lieue de distance, et j’offris aux habitants d’un petit hameau de leur payer très-cher un cabri : tous refusèrent de me vendre aucun aliment.Je revins les mains vides.Unzaga, de plus en plus soufflant, mêlait ses cris à ceux de Don José.Je ne recevais plus ni nouvelles ni secours de ma famille : je demandai la permission d’envoyer un chasque à Santiago.Le commandant la refusa.J’appris que, d’après les ordres d’Ibarra, il avait précédemment fait arrêter un de ces messagers qui m’apportait des médicaments, des vivres et de l’argent.Pour surcroit de misère, on m’enleva le fusil de mon mari, dont Unzaga se servait quelquefois pour chasser.Le commandant ne dissimula point qu’on voulait m’obliger à abandonner Don José qui, resté seul, n’aurait pas tardé à mourir de faim.Je fis répondre qu’on ne briserait pas ma volonté et que je saurais mourir près du malheureux proscrit.Un matin, on plaça mon mari sur une litière, et l’on continua de marcher dans la forêt.Je le suivis à pied ainsi qu’Unzaga.Les soldats nous insultaient.Ils donnaient méchamment à la litière des secousses qui arrachaient à chaque pas des gémissements au malade.Il y eut un moment où, transportée d’indignation, je voulus modérer leur mouvement et j’étendis la main vers l’un des brancards: un soldat me donna sur la joue un coup de poing qui me jeta à terre.Enfin on s’arrêta.Notre misère était encore plus grande qu’au-paravant.L’argent ne pouvait plus servir à rien dans ces lieux sauvages.Ma santé s’était de plus eu plus affaiblie.J’avais froid pendant la nuit : Don José, qui ne me connaissait plus, ne voulait pas me supporter, même au pied de sa couche.Sa folie était affreuse : pendant toute une année il ne prononça pas une seule fois mon nom.A peine sortait-il de sa bouche une parole intelligible, et qaund je ne répondais pas, il s’élançait sur moi.Je ne comprends pas qu’il ne m’ait pas tué! Il fallait cependant trouver de quoi vivre.Je reconnus que je serais encore en état de nourrir un nouveau-né avec le lait que la nature avait destiné à ma petite Lucinde : j’allai aux hameaux voisins, et je découvris une China qui, étant malade, ne pouvait allaiter son enfant ; elle voulut bien me laisser donner le sein à son enfant, et j’obtins chaque fois, en échange de ce service, une tasse de bouillon pour mon pauvre mari.Je dévorais mes larmes en regardant cette petite créature indienne qui buvait avidement ; je refoulais avec force mes préjugés, mais je ne pouvais m’empêcher de comparer ce misérable état où j’étais réduite avec ma vie de bonheur et de luxe d’autrefois.L’Indienne était dure pour moi et me traitait comme une servante ; je me fis humble.Un jour, un Chino étant entré tandis que je nourrissais l’enfant, me proposa de lui tailler une jaquette pour son usage.Jamais je n’avais taillé aucun vêtement d’homme ; cependant j’eus le bonheur de réussir, et l’Indien satisfait me donna quelques morceaux de charque.D’autres Chinos vinrent le lendemain m’apporter des étoffes et me faire des commandes de vêtements.Je laissai alois le nourrisson parce que la mère était méchante, et je me mis à coudre malgré de vives douleurs de poitrine.Grâce à ce travail, le maïs ne nous manqua pas, mais l’eau était saumâtre, terreuse, nauséabonde ; quand j’avais 136 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.bien soif, je la faisais passer à travers une toile et je me bouchais les narines.Pour ajouter aux petits profits que me procurait mon métier de tailleuse, j’imaginai de teindre de diverses couleurs, à l’aide de certaines herbes, une vieille chemise de Don José et de fabriquer des fleurs.Je me servais d’une palme pour support en guise de fil de laiton.Mes fleurs n’avaient qu’un pétale.Mais ces imitations grossières paraissaient des merveilles aux habitants de ces pays sauvages, et ils me payaient ma peine avec des provisions de blé.Encouragée, je fis de petits reliquaires (des cœurs, comme disent les Indiens) et je mis à l’intérieur de petits objets auxquels ils attribuent la vertu de chasser le mauvais air qui s’élève des marécages.Tout mon art ne réussit pas cependant à obtenir des Chinos leur secou s pour la construction d’un rancho bien nécessaire à mes deux malades.J’essayai d’en construire un moi-même.J’avais remarqué à une assez longue distance deux petits arbres qui s’étaient joints et s’embrassaient étroitement ; en les élaguant un peu et en couvrant les branches supérieures, ils pouvaient du moins défendre le lit de mon mari contre le soleil et la rosée.Je me mis à l’œuvre.Eu deux jours, je coupai une grande quantité de l’herbe totora et j’en couvris les rameaux.Je filai ensuite la laine d’une petite peau d’agneau et j’en fabriquai une natte entremêlée de minces baguettes et de longues herbes.De cette manière je réussis à faire une toiture assez impénétrable.Je n’eus pas la force ou le talent de construire les parois ; mais enfin nous nous installâmes sous cet abri ; nous y étions mieux.Les jaguars erraient souvent aux environs de notre cabane.Il y en avait un surtout qu’on disait très-avide de chair humaine; on racontait l’histoire de plusieurs personnes qu’il avait dévorées.Une nuit, accablée de fatigue, je m’étais endormie sur l’herbe à une centaine de pas de notre misérable réduit.Le tigre passa près de moi ; on l’avait vu s’arrêter, puis se retirer ; ses traces étaient marquées sur la te rre.Je frémis et remerciai Dieu qui m’avait préservée.Le même jour, à trois lieues de là, ce tigre se jeta sur une femme qui dormait près de son mari et de sa petite fille.Il dévora l’enfant et fit des morsures dangereuses au père, qui, réveillé en sursaut, s’était saisi de sa lance.Ce fut la pauvre femme elle-même qui, fuyant et presque folle de terreur, nous raconta en passant cette scène de carnage.VIII Quelle fin pouvais-je prévoir à nos tourments ?Je n’espérais plus sauver mon mari.Si du moins, pensais-je, la raison lui revenait avant de mourir, il saurait combien je l’ai aimé et ses dernières paroles me consoleraient de toutes mes souffrances.De grandes sécheresses survinrent; il n’était plus possible de trouver une goutte d’eau : nous humections nos lèvres avec de l’herbe pour tromper notre soif: quelquefois j’allais chercher au loin des endroits bas et ordinairement humides, et je m’y roulais sur la terre pour ressentir un peu de fraîcheur.Mes yeux étaient épuisés de larmes ; ma vue se troublait.Une dyssenterie horrible mit le comble aux maux de mon mari et à mes épreuves.Un jour où je traînais derrière moi une charge de bois à l’aide d’un laço, une branche me frappa violemment à la poitrine : je perdis connaissance et je restai longtemps étendue sans mouvement.Quand je me relevai, il faisait nuir, et j’eus beaucoup de peine à me traîner jusqu’à notre abri.La peau me tombait des jambes, du visage et des épaules.Je n'avais plus d’autres vêtements que ceux qui me couvraient depuis quatre mois, et j’ai honte de le dire, faute de savon, je ne les avais pas lavés.J’étais révoltée de cette malpropreté.Un matin, dans le bois, me croyant bien seule, je voulus ôter mon linge pour le laver, en m’enveloppant de la couverture de Don José.J’étais déjà presque entièremeni déshabillée lorsque, par hasard, Ur.zaga apparut, sans bruit, tout à coup.Sa vue me fit une telle impresssion et j’éprouvai une si grande honte, que je me mis à pleurer amèrement.On ne parlait plus de nous changer d’exil.Je me dis qu’il fallait songer à l’avenir.Je défrichai un petit espace de terre, et je travaillai pendant plusieus jours à y faire des semailles.Je me plai sais à penser que je pouvais faire venir du maïs, des zapallos et des caroubes.Mais les soldats vinrent et bouleversèrent le sol, dispersant ou arrachant tout ce que j’avais semé ou planté.Ils prétendirent qu’ils agissaient ainsi par l’ordre d’Ibarra.Ce n’était point d’ailleurs notre dernière étape dans le désert.On nous transporta bientôt à un endroit où deux chemins se rencontrent et qu’on nomme l’Encrucijada.Il ne se trouvait près de là qu’un bois, trop petit pour nous sévir de refuge contre les In-liens.Le sol était plus stérile, l’eau introuvable, et les rares habi-tans du voisinage étaient inaccessibles à toute pitié.Un jour où j’allai chercher au loin de l’eau dans ma cruche, je fus attaquée par un chien ; il m’avait déjà mordue et il déchirait mon vêtement, lorsqu’un Chino vint à mon secours.Je poursuivis ma route, et à mon grand effroi, je rencontrai bientôt un homme étrange, une sorte de monstre.C’était un sang mêlé, fils d’un sauvage du Chaco et d’une blanche.Sa figure était prodigieusement énorme en hauteur et en largeur; son nez était si épaté, qu’il touchait presque de chaque côté à sesoreilles ; ses lèvres ressemblaient à deux bourrelets ; à peine voyait-on ses yeux, qui rappelaient ceux du sanglier.Ses mains, ses pieds, ses mollets étaient d’une grosseur effroyable.Je m’arrêtai stupéfaite, glacée ; je ne savais en présence de quelle créature je me trouvais.Je recueillis cependant mes forces pour lui demander comment je pourrais me procurer un peu d’eau.Il parlait : il me répondit rudement que je n’avais qu’à aller à los Uanados, à quatre lieues de là, puisqu’il y allait bien lui-même, et il s’éloigna en murmurant.Un instant après, je fis une rencontre plus heureuse.Une femme, à l’aspect de mes vêtements en lambeaux, de ma pâleur et de l’épuisement de mes forces, sauta de son cheval, m’embrassa et me demanda où j allais.Elle était à la recherche de chevaux au’on lui avait volés.Quami elle m’eut écoutée, elle m’aida à monter en croupe, me conduisit à un endroit où elle me fit donner de l’eau, deux petits fromages, un peu de farine, et me ramena non loin de ma retraite, mais en me priant de ne rien dire de ce qu’elle avait fait pour moi, tant le seul nom d’Ibarra inspirait de terreur ! Un orage nous surprit un jour dans un bouquet de bois épais où j’avais transporté mon mari.L’obscurité devint profonde ; le tonnerre éclatait tout autour de nous.Le soir vint, et la pluie ne cessa point de tomber.Je n’avais aucun moyen de faire du feu.A notre gîte ordinaire, j’avais de petites bougies que je fabriquais moi-même : je roulais des chiffons sur de petits bâtons et je les enduisais de la cire du miel que je découvrais de loin en loin dans le désert ; mais cette fois, il fallut passer la nuit au milieu de l’inondation, dans les ténèbres et la terreur.Vers l’aube, une calandre, cachée sous le feuillage même de l’arbre qui nous couvrait, se mit à chanter : Unzaga me dit que c’était un petit oiseau qui ressemblait à l’alouette : son chant était si doux, si mélodieux, mêlé de cadences si riches et si variées, que je l’écoutais tout émue avec enchantement et comme soulagée: en ce moment il me semble l’entendre encore.De jour en jour, la difficulté de satisfaire notre faim et notre soif augmentait.Au mois d’octobre, nous n’eûmes plus d’autre ressource que des épis de froment verts.Je les faisais rôtir; puis je les pilais et les mêlais à une eau saumâtre ; cette nourriture nous causait d’horribles souff rances d’entrailles ; il fallut y renoncer.J’appris que mon frere, informé de toutes mes souffrances, avait voulu venir vers nous : au moment où il se préparait à partir, Ibarra lui avait fait défendre avec menaces de donner suite à son projet.J’avais oublié de dire qu’au temps où nous avions encore quelques provisions et un rancho, la femme d’Ungaza, Dona Rafaela Carol, avait passé onze jours avec nous ; mais, ne pouvant endurer plus longtemps nos souffrances, elle était repartie en maudissant le jour où elle avait mis le pied dans le désert.Je ne puis m’étonner assez de ne pas avoir été victime de la férocité des Indiens.Un matin, je trouvai sur la lisière du bois une de leurs flèches, à peine longue d’une demi-toise, et terminée par trois pointes aigues faites d’un bois très-dur.Je la pris et me sauvai toute tremblante sous notre toit.Quelques instants après, il me fallut sortir pour aller chercher de l’eau, et, à moins de cinq cents pas, je me heurtai, glacée d’horreur ! contre une tête sanglante, celle d’un homme du voisinage que nous connaissions; à quelques pas gisait le cadavre de sa petite fille percée de coups de lance.Les soldats qui veillaient sur nous à distance, quoique bien armés, ne redoutaient pas moins que nous ces sauvages.Un soir le sersrent vint me demander si je savais où étaient les Indiens.Il me raconta qu’ils avaient surpris une dame d’un bourg situé à quelque distance, l’avaient dépouillée de ses vêlements maigre ses cris, et enlevée.Je lui dis que si jamais il me voyait exposée au même péril, je le suppliais en grâce de m’envoyer une balle de son fusil, bien persuadée que la nouvelle de ma mort affligerait encore moins ma famille que celle de mon enlèvement.—“ Certainement non, répondit cet homme avec un affreux regard ; je n’aurais garde de faire ce que vous demandez : an contraire, si je le pouvais on si j’osais, je vous garrotterais bien, et j’irais vous vendre à quelque riche habitant de Montevideo.” JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.137 Depuis ce jour, je ne pouvais plus voir ce misérable sans elfroi.Je me cachais dés que je l’apercevais, comme aux moindres bruits lorsque je croyais entendre les Indiens.Dans une de ces heures d’angoisses, exténuée et mourant de faim, la pensée me vint de prier ma famille d’envoyer quelqu’un pour me sauver et me ramener près d’elle : Ibarra ne s’y serait point opposé; mais presque aussitôt je repoussai celte tentation comme une lâcheté criminelle, je m’indignai contre moi-même, je me prosternai, je priai Dieu de me pardonner et je m’appliquai avec plus d’ardeur à donner des soins à mon mari, à le soulager, à chercher les moyens de prolonger son existence.Hélas! je ne pouvais me faire d’illusions.Il était visible que sa fin ne devait pas être très-éloignée.IX Que dirai-je de plus ?La plainte des malheureux est monotone.Don José devint plus malade encore.Chaque jour il était pris d’attaques nerveuses et s’évanouissait souvent.Le II riu mois de février, vers les deux heures de l’après-midi, il tomba dans des convulsions terribles.J’étais seule, loin de tout secours.Unzaga venait de recevoir du sergent un ordre qui l’avait contraint à s’absenter.Que faire?que devenir?Je serrai mon mari dans mes bras, je le penchai sur mon sein, je le soulevai, j’es-sajai de comprimer ses soubresauts violents ; mais j’étais impuissante à le calmer; alors, désespérée,je m’éloignais,je marchais à grands pas, je poussais de grands cris dans cette solitude, je revenais, je l’embrassais, je le regardais avec terreur, je me détournais _ nouveau, cherchant une sorte de soulagement dans l’excès meme de mes clameurs! Je sentais bien que mon mari allait mourn ; je me rnis à genoux près de lui et je priai Dieu avec ferveur; je posai encore sa tête sur mon sein ; mais, épuisée par cette lutte effroyable, je me sentis peu à peu m’affaiblir, mes yeux ne distinguaient plus rien, je frissonnai et je perdis connaissance.J ignore combien tie temps je restai inanimée, entre la vie et la mort y lorsque je sortis de cette léthargie, le corps de Don José, à moitié couché sur moi, était déjà glacé.Que n’avais-je expiré en meme temps que lui ! Je me souviens qu’en ce moment suprême je ne versai pas une larme ; j’étais immobile de stupeur.Mille pensées traversaient à la fois mon esprit, et toute ma vie passée me revint à la mémoire comme dans un tableau.Etait-ce bien moi qui étais là, en haillons, dans ce désert, devant le cadavre de mon mari ! J’avais dix-neuf ans.Une année auparavant j’étais heureuse, entourée d’affections, de bien-être ; tout souriait à mes espérances ! Unzaga revint : il baissa la tète tristement en voyant le pauvre moit, et essaya de balbutier quelques paroles d’encouragement.Hiesque aussitôt un soldat vint le chercher encore, et l’entraîna sans lui laisser le temps de me donner un conseil.Je passai la quit seule, près du corps de mon bien-aimé Don José.Des biuits que je n’entendais pas ordinairement, des cris d’oiseaux nocturnes, le cacuy, le quilipé, des miaulements de jaguars se mêlaient aux gémissements du vent.Il y eut un moment où je crus distinguer des rumeurs confuses, des voix humaines, rauques, sau-vages ; je ne doutai pas que ce ne fussent celles des Indiens.Je me sauvai dans le bois, courant tout au travers, en dehors des sentiers, tremblante et pleine d’effroi, sans oser m’arrêter ni écou-tei Avançant toujours, j’arrivai haletante à une éclaircie (ce que nous nommons un pajal) ; an delà il n’y avait plus qu’un fourré impenetrable de ronces et d’épines.Je me jetai à terre, épuisée ; il y avait bien longtemps que je n’avais rien mangé : la soif me brûlait ; mais j’étais sans force pour me relever et chercher.Je demeurai là, étendue sur le sol, incapable de mouvement et c e le leste de la nuit, le jour suivant et l’autre nuit encoie.Le bruit s’était répandu que les Indiens m’avaient enlevée.Seul, un homme du voisinage dont j’avais pansé le bias (c’était le mal-teureux qui avait combattu contre un jaguar) s’était mis à me cher-chei.Ayant par hasard reconnu l’empreinte de mes pieds sur une fouimilliére, il suivit mes traces, et après les avoir souvent perdues et retrouvées, il arriva jusqu’à moi.J’étais sans voix et à peu près inaminée.Il me souleva, me coucha sur son dos, et me porta pies du corps de Don José.Dès que j’eus repris un peu de force, je priai ce brave homme de me procurer des chevaux et une voiture, afin qu’il me fût possible de conduire les restes de mon mari jusqu’à la cure de Matara.H partit, mais il ne revint que deux jours apres : il avait été otligé de faire vingt lieues pour trouver deux chevaux.On devine ce que j’eus à endurer d’angoisses de toutes sortes pendant son absence ; je renonce à les décrire.J’avais peur de lester avec mon pauvre mort après l’heure des prières ; je m’éloignais, puis je revenais dans la crainte qu'il ne devînt la proie des betes féroces.Quand le moment fut venu de placer le corps sur le char, on me dit que cela n’était pas possible.Les membres se séparaient ; les chairs tombaient par lambeaux.Il fallut me résigner.Je donnai la sépulture à mon mari près du lieu même où il avait expiré Deux hommes le descendirent dans une fosse.Je priai Unzaga, qu’on avait enfin laissé revenir pies de moi, de mettre un signe à cette place pour que plus tard il me fût, du moins, permis de recueillir les tristes restes de mon bien-aimé et de les transporter en terre bénie.Unzaga se lamentait: “Que vais-je devenir?s’écriait-il.Qui voudra maintenant soigner mes plaies ?Je mourrai seul, ici, sans secours! Adieu, senora ; adieu, vous qui étiez ici notre soutien et notre consolation !” Pauvre homme ! sa plainte me déchirait l’àme.Mais que pouvais-je faire ?Je me hâtai d’aller à Matara et je priai aussitôt le curé de célébrer un service.Le commandant eut le couraue de me faire demander le grilhet» (les fers qu’on avait mis aux pieds de mon mari) Je n’avais plus de patience.Je lui fis répondre qu’il n’avait qu’à envoyer ses soldats le chercher au désert.Notre chariot n’avançait que lentement.Je passai quatre nuits en route sans pouvoir dormir.Lorsque j’arrivai devant notre maison de Santiago, une de mes sœurs, Eulogia, dit en me voyant : “ Agoslina revient : Libarona est mort !” Et moi je criai : “ Mes enfants ! mes enfants !” Ma mère et ma sœur Isabelle accoururent et mirent dans mes bras Elisa et Luoinde ! Chers enfants ! avec quels transports je les embrassai ! J’étais saisie de leur ressemblance avec leur père!.Le docteur Monge se trouvait dans la maison ; mes yeux étaient injectés de sang ; il ordonna qu’on me fit coucher sans délai.Ma famille vit alors de combien de plaies mon corps amaigri était couvert.Je ne m’étais pas déchaussée depu 6 un an, afin d’être toujours prête, pendant les nuits, à soigner mon mari ou à fuir les Indiens.Je restai longtemps malade.Il m’arriva plusieurs fois de m’élancer, la nuit, hors de ma couche, en jetant des cris de terreur : j’étais en proie aux rêves les plus horribles : je croyais entendre les Indiens ou les jaguars ! Dès que je fus rétablie, nous abandonnâmes tout ce que nous possédions à Santiago, et nous retournâmes au Tucuman.Peu de temps après, j’eus la douleur d’apprendre la déplorable fin d’Unzaga.Réduit à se nounir de racines, il avait voulu fuir ; mais s’étant égaré, il avait cédé au découragement et s’était arrêté à la malheureure pensée d’aller se jeter aux pieds d’ibana.Le monstre, en voyant ce corps à peine vêtu de haillons et couvert d’ulcères, avait froidement appelé quatre soldats et leur avait ordonné de tuer à coups de lance notre pauvre compagnon d’infortunes.Après douze années d’inutiles supplications, j’ai enfin obtenu la permission de faire transporter les restes de mon mari à Salta, et je lui ai élevé un tombeau.Depuis la mort d’Iharra (1), son honorable neveu, le noble général D.Antonio Taboada, pendant une de ses expéditions dans le désert, a voulu voir l’endroit où Don José avait rendu le dernier soupir, et il y a fait construire et dresser par les soldats mêmes qui avaient été les instruments de nos tortures, une grande croix de bois portant sur ses bras eette inscription : 1I0MMAGF.DE L’AMITIÉ A UN MARTYR DE LA TYRANNIE.Extrait de l’espagnol par M.Ferdinand Denis.(Le Tour du Monde.) SCIENCE.HISTOIRE UT CANADA.COMPTE-RENDU DU COURS DE M.L’ABBÉ FERLAND, A l’uNI-VERSITÉ LAVAL.XXV.(.Suite.) M.Aubert de Lachenaye, dans un mémoire publié bien des années après la mort de Champlain, fait de lui, d’après les rapports (1) Ibarra est mort «n 1847. 138 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.de ceux qui avaient connu ce grand homme, un magnifique éloge.On ne croit pas qu’il reste de portrait authentique de Champlain : les gravures qu’on a publiées semblent peu correspondre avec les portraits écrits qu’on a.Champlain était un homme robuste, au teint coloré et portant dans tout son extérieur les signes de la force et de la santé ; or les portraits peints qu’on a de lui semblent ne correspondre qu’à demi à cette description.Champlain n’a point laissé de famille et ses héritiers les plus directs étaient des cousins.Sa famille s’éteignit avec lui et les deux familles qui sont connues dans le pays sous le nom de Champlain n’ont aucune relation de parenté avec lui.Les seigneurs du lief Champlain, près les Trois-Rivières, étaient des Latouche qui prirent le nom de leur seigneurie.La famille des Volant de Champlain ou plutôt de Champlain, qui habite les paroisses du bas du Fleuve, est aussi étrangère au fondateur de la colonie de la Nouvelle-France.Les biens que Champlain avait laissés en France, il les avait donnés à Madame de Chamolain par soncontrat de mariage : ceux qu’il possédait en Canada et les parts qu’il avait dans les sociétés de traite, il les légua à la colonie pour des objets de bienfaisance et de charité.La cupidité des survivants ne respecta cependant pas les volontés de l’illustre mort.Un cousin de Champlain disputa en France la succession à Madame de Champlain, qui, pour avoir la paix, abandonna ses droits ; les mêmes parents firent un procès à propos des legs canadiens ; mais ce procès fut décidé en faveur de la colonie et contre les prétentions de ceux qui voulaient profiter, au détriment des pauvres et des sauvages, de biens qu’ils n’avaient point amassés.Après la mort de M.de Champlain, le P.Lejeune communiqua aux fonctionnaires de la colonie des lettres qui nommaient le Sieur Marc Antoine Bras-de-Fer de Chateaufort, lieutenaut-général de la colonie.Le nom de ce gouverneur, dont il est fait mention dans l’ouvrage de Ducreux, dans les relations des Jésuites, dans un acte de foi et hommage prêté par le Sieur Giffard, acte qui a été retrouvé par M.Faribault, dans deux autres actes publics trouvés au Greffe de Québec par M.Fisette, jeune, le nom de ce gouverneur de la Nouvelle-France avait échappé à quelques anciens historiens ; mais il a été ressuscité par M.Faribault et restitué à la liste des gouverneurs par M.le Commandeur Jacques Viger.M.de Chateaufort étant aux Trois-Rivières en 1637, tomba malade et on voit dans les “ Relations” que ce fut le Père Lejeune qui lui adminstra la sainte-communion.Ce personnage gouverna la colonie pendant le court espace de temps qui s’écoula entre la mort de Champlain et l’arrivée de M.de Montmagny.Il était encore aux Trois-Rivières en 1638.Ce fut le 11 juin 1636 qu’arriva M.de Montmagny à Québec.Avait-on eu le temps et les moyens de faire parvenir en France la nouvelle de la mort de M.de Champlain arrivée dans le mois de Décembre précédent, ou M.de Montmagny avait-il été nommé dans l’attente de la mort de Champlain : on n’en sait rien.M.de Montmagny se montra digne de succéder à Champlain.C’était un homme distingué, chevalier de l’Ordre de Malte, plein de courage, de persévérance, de dévouement et d’abnégation ; il était avec cela un excellent chrétien et par conséquent un bon français.On Je voit plus tard résister, malgré la faiblesse numérique de ses troupes, aux terribles Iroquois.M.de Montmagny fut reçu avec joie par les habitants de Québec : on alla le recevoir en grande pompe au port et dans le trajet qui conduisait à l’église on se dirigea tout d’abord pour remercier Dieu par le chant du Te Deum.M.de Montmagny rencontra une croix qui paraît avoir été placée au sommet de la côte actuelle de la Basse-Ville ; à cette vue le pieux gouverneur se prosterna et fit sa prière, rendant ainsi, comme premier acte public, hommage au signe vénéré de la rédemption.Cet incident fit une profonde sensation sur les colons et sur les sauvages piésents dans ce concours.M.de Montmagny amenait avec lui plusieurs pères jésuites.Bientôt il se rendit à Trois-Rivières pour y rencontrer les Durons qu’on attendait.Bientôt ils arrivèrent et avec eux le Père Daniel qui alla jusqu’à Québec pour y conduire trois petits sauvages, les seuls qu’il avait pu obtenir qu’on envoyât au collège.Le Père Lejeune peint le costume du pauvre père Daniel qui arrivait l’aviron à la main pour en avoir usé pendant tout le voyage.Ce pauvre missionnaire était pieds nus et n’avait pour tout vêtement que sa vieille soutane et les lambeaux d’une dernière chemise.Les pères et M.de Montmagny firent leur possible auprès des Hurons pour les engager à envoyer leurs enfants au collège de Québec.M.de Montmagny traça de suite le plan de la ville et du tort de pierre qu’il voulait construire aux lieu et place du vieux fort de bois qui tombait en ruines.Sur ce plan étaient marquées les rues de la Grande Allée, de la Fabrique et autres.Il semble qu’une partie de la rue Saint Louis actuelle n’occupe pas tout à fait l’emplacement primitivement fixé ; elle semble dans l’origine avoir abouti directement au milieu du Rond-Point de la Place d’Armes et n’avoir été changée de local plus tard que lorsque les Récollets construisirent leur église.Quelques navires qui suivaient celui de M.de Montmagny amenèrent dans le pays deux familles nobles, de vieille noblesse normande, puisque l’origine en remontait au Xllème ou XlIIème siècle.Ces deux familles étaient celles des Repentigny et des La Poterie.Les Repentigny ont joué un grand rôle dans nos guerres, leur nom était LeGardeur et on distingue dans nos annales : les LeGardeur de Repentigny, les LeGardeur de Tilly et les LeGardeur de Saint Pierre ; ils guerroyèrent aussi à Saint Domingue et en Louisiaue et laissèrent le pays, semble-t-il, en 1759; cette famille existe encore aujourd’hui en France.La famille LeNeuf eut trois branches en Canada ; les LeNeufde la Poterie et les LeNeuf du Hérisson et les LeNeufde la Vallière; ils ont aussi quitté le pays, à la suite de la conquête, paraît-il.La plupart des grandes familles du Canada ont servi dans les Iles et à la Louisiane ; car le Canada passait pour fournir des hommes lortement constitués et capables par le courage et la vigueur de servir sous tous les climats.Le Père Lejeune remarque qu’il se fit à cette époque un changement considérable : la population augmentait rapidement et le bon Père parle avec joie de l’aspect nouveau de Québec où le tambour, le canon et la mousquetterie se faisaient sans cesse entendre comme dans une place forte.La diane qui battait tous les matins semblait mettre tout le monde en bonne humeur et pour renouveler la face extérieure de la petite ville, les habitants se mirent à rebâtir leurs maisons dans des proportions plus considérables et dans un genre plus recherché.Chez les Hurons, tout n’était pas si bien: ce peuple semblait concevoir de mauvaises dispositions contre les missionnaires.Les Iroquois et les Hurons bien qu’en paix se faisaieut la petite guerre qui se cachait sous le motif de vengeances particulières et personnelles ; mais en 1636 les Iroquois levèrent le masque et ce fut le signal d’une guerre d’extermination qui eut bientôt été fatale aux Hurons s’il në s’était rencontré chez eux plusieurs français bien armés et déterminés à les aider contre leurs trop nombreux adversaires.Ces français avaient engagé les Hurons à se construire quelques petits forts et bien leur en prit; car ainsi ils purent résister à l’invasion de 1636 et forcer les Iroquois à se retirer.En 1637, les Iroquois avaient envoyé 500 guerriers qui s’embusquèrent à l’embouchure de la Rivière Richelieu et dans les îles du lac St.Pierre, pour y guetter le passage des Hurons venant à Québec pour la traite.Heureusement que la nouvelle de cette formidable embuscade arriva à temps à Québec, et M.de Montmagny envoya des français qui réussirent à refouler les Iroquois dans l’intérieur de leur pays.XXIV.Pendant que la Nouvelle France progressait, mais lentement, la Nouvelle Angleterre se peuplait rapidement et un auteur dit que dans une période de dix années, probablement de 1627 à 1637, il arriva à peu près 20,000 immigrés, venant d’Angleterre.Ces colons venaient en Amérique dans l’intention d’améliorer leur sort matériel, dans l’intention de fuir les persécutions de l’Eglise établie d’Angleterre.Les Français n’avaient pas les mêmes raisons d’emigrer : le peuple était moins souffrant en France qu’en Angleterre, la tolérance véritable, depuis la fin des guerres de religion, y était pratiquée ; puis le français est attaché au sol de sa patrie et ne le laisse pas volontiers.La plupart des colons canadiens y venaient, soit par amour des aventures, soit pour seconder la conversion des sauvages au catholicisme, soit enfin pour venir vivre loin du brouha-ha^le la civilisation : on conçoit dès lors qu’ils ne devaient pas être excessivement nombreux.Cependant la colonie se peuplait petit à petit et on y amenait en assez "rand nombre les choses nécessaires à la culture, entre autres chose.?des bestiaux et parmi ceux-ci des ânes ; mais on a toujours observé que les ânes ne réussissent pas bien ici.Vers 1634 on commença à construire des navires dans la Nou-velle-Ar.gleterre et en 1639 on y apporta une presse avec laquelle l’on imprima des psaumes et des livres de piété.Le nombre des émigrés anglais augmentait et en 1638 C halles lei rendit un édit qui empêcha plusieurs navires montés par des emigrants de partir, crainte de dépopulation ; chose curieuse à constater, parmi les émigrés ainsi retenus forcément en Angleterre étaient Cromwell et Hampden, tous deux alors assuz obscms bourgeois. 139 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Le gouvernement des colonies anglaises de la Nouvelle Angleterre était en partie entre les mains des ministres protestants qui se conformaient, dans leurs lois et édits, autant que possible aux dispositions de la loi mosaïque.Le Père Druillétes parle avec estime d’un de ces ministres qu’il rencontra à Boston et qui paraît avoir été un brave homme et un homme instruit, il se nommait M.Cotton.Tout ministie ou laïc qui était convaincu ou même quelquefois soupçonné fortement de n’être pas de l’opinion religieuse de la majorité était ou maltraité ou chassé de l’établissement.C’est ainsi qu’en 1634 Rodger Williams, ministre à Salem, fut obligé de partir et alla d’abord dans la colonie de Plymouth, puis chez les sauvages où il fonda Providence, et jeta les bases de l’etat du Rhode Island.Rodcer Williams chassa lui même à son tour Samuel Gorton pour cause d’hétérodoxie.Les colons anglais eurent à soutenir en 1638 et 39 une guerre assez sérieuse, mais dans laquelle ils triomphèrent, avec les sauvages Pequods, commandés par le chef Sassacus : ces sauvages étaient peut-être les mêmes que ceux que les français nommaient Soknlciois.Une femme, Anna Hutchinson, qui paraît avoir fondé une secte connue sous le nom de familislique, fut encore vers cette époque chassée de Boston : elle alla donc d’abord dans le Rhode Island, puis chez les Hollandais dans l’Etat actuel de New-York, où sa famille fut cependant presque toute massacrée par les sauvages.Les annales américaines de 1638 sont pleines des récits effrayants d’un tremblement de terre qui fut ressenti dans la Nouvelle-Angleterre pendant 20 jours à dater du 1er juin.Les maisons étaient ébranlées par les secousses qu’annonçait un bruit semblable à celui du tonnerre lointain ou au bruit du roulement des carosses sur les pavés de Londres.Les annales du Canada nous signalent aussi le même tremblement de terre ressenti a Québec le 11 juin; mais qui, bien que très-fort, ne parait pas avoir été comparable à celui de la Nouvelle-Angleterre en intensité, ni en fréquence.On est surpris de voir la fréquence des voyages qui se taisaient entre Québec et le pays des Huions, malgré les difficultés de l’éloignement et des moyens de transport.Chaque année il venait plusieurs fois des canots et non pas des canots isolés, mais des fiotilles de 20, de 25 et même de 100 canots.C’est par le moyen de ces caravanes que les Missionnaires donnaient et recevaient des nouvelles et qu’ils se procuraient les choses nécessaires surtout pour la célébration des sacrements.Les Pères furent cependant quelquefois obligés de se servir pour les h i i ies de blé qu’ils avaient semé et pour le saint sacrifice de vin confectionné avec la vigne du pays.En 1637, ou établit une nouvelle mission chez les Hurons au village d’Ossossané qu’on appelait LaRochelle.Il est curieux d’étudier les faits étonnants que racontent tous les voyageurs et qui ont trait au pouvoir surnaturel de jongleurs.Voici un de ces faits constatés chez les Hurons par le Père Pijard qui en fut témoin oculaire pendant qu’il faisait bâtir la chapelle d’Os-sossané.—Un malade soumis à la médecine des sueries et des jongleries continuait à devenir de plus en plus mal et les jongleurs résolurent alors de faire ce qu’ils appelaient brûler le malade.Un brasier fut allumé et le malade couché dans la cabane des sortilèges.Les jongleurs prirent alors des charbons ardents dans leurs dents et les portèrent ainsi sur le malade ; comme cela ne paraissait pas réussir, les jongleurs firent rougir des cailloux de la grosseur d’un œuf de poule et, .es prenant ainsi rouges à belles dents, allaient les déposer sur le patient: ni le patient ni les jongleurs n’en ressentaient la moindre atteinte, bien que le Père ait constaté que les cailloux étaient bien véritablement rouges.Dans toutes ces pratiques ries |ougleurs, il y avait bien du charlatanisme ; mais il est certain qu’il se passait des choses qu’il est impossible d’expliquer naturellement.Aux Hurons, les Pères étaient sans cesse menacés, et le P.Bre-beuf s’attendait tellement à être tôt au tard massacré qu’il avait pris toutes ses précautions pour que les vases sacrés ne fussent pas profanés.La cause de cet esprit d’hostilité et de toutes ces menaces était l’apparition de la maladie de la Petite Vérole qui ravageait les villages sauvages.Il n’y avait pas jusqu’à une girouette placée sur la cabane des pères qui ne fût jrour eux suspecte de répandre l’épidémie aux quatres vents.Les chefs avertissaient les Pères, et le Père Brebeuf qui assistait aux conseils des sauvages voyait assez clairement dans quel éminent danger ils se trouvaient.C’était une coutume constante chez les sauvages de donner le repas de ta mort; c’est-à-dire que celui qui s’attendait à mourir invitait un plus on moins grand nombre de convives pour fêter sa mort.Le Père Brebeuf donna son repas à la veille d’un Grand Conseil dans lequel les pères au nombre de 7 à 8 pensaient bien être condamnés à la mort.Cependant il n’y eut pas de décision de prise dans ce Conseil.Au sortir de la Salle du Conseil, (c’était le soir, car Jes sauvages disent que la nuit porte conseil) un sauvage abattit sa hache sur la tête d’un autre sauvage qui était immédiatement voisin du Pere Brebeuf et lui fendit la tête.Le Père crut qu’il ne devait la vie qu’à une méprise qui avait causé la mort du malheureux sauvage et il demanda au meurtrier si le coup lui était destiné:—“Non, dit le sauvage, tu n’es pas sorcier toi, mais lui c’est un sorcier.”— C’est ainsi qu’on traitait chez les sauvages ceux qu’on soupçonnait adonnés à la pratique des maléfices et des sortilèges.On fut bien inquiet à Québec pendant l’hiver de 1638 et au printemps on expédia un canot monté par de jeunes hurons du séminaire pour aller chercher des nouvelles des Pères.Tout était dans le même état, les menaces continuaient ; mais on ne s’était pas encore porté à des voies de fait.(A continuer.) EDUCATION.C'ouseils aux Instituteurs.(Suite.) X INFUENCE DE L’INSTITUTEUR.—USAGE Qu’lL EN DOIT FAIRE.En général, les hommes dont vous élèverez les enfants et avec qui vous êtes destiné à vivre appartiennent aux classes laborieuses de la société.Vous serez considéré par | eux tous à peu près comme étant à leur niveau : car ce que j plusieurs d’entre eux peuvent avoir au-dessus de vous par - la richesse, vous le regagnez par la supériorité de vos connaissances ; et ce que vous pouvez avoir au-dessus des autres, à quelque titre que ce soit, se compense nécessairement par la dépendance où vous placent vos fonctions.Mêlé à presque toutes les affaires religieuses et civiles comme secrétaire du maire et acolyte du pasteur, vous serez pour les habitants de votre commune un lien qui les unira à ces trois grands pouvoirs, l’Etat, l’Eglise,la science.Cette position vous assurera auprès d’eux un crédit considérable ; et, si vous savez à la fois élever votre caractère à la hauteur de vos devoirs et le plier aux exigences de votre position, il vous sera facile d’obtenir leur bienveillance en même temps que leur estime ; ils vous accorderont, presque sans y songer, une confiance que souvent ils refusent à l’homme que sa position sociale ou sa haute instruction place au-dessus d’eux.Avec lui, ils se tiennent sur la réserve ; il leur semble même trop souvent que ses intérêts, s’ils ne sont pas hostiles aux leurs, en sont tout à fait distincts.Mais ils savent bien que leurs intérêts sont aussi les vôtres ; et la supériorité de vos lumières, qu’ils se plaisent à reconnaître, les dispose à se laisser diriger par vous.Vos conseils, vos entretiens, vos exemples exerceront donc sur eux un véritable ascendant.Que cet ascendant ne vous enorgueillisse jamais, ayez même l’air de l'ignorer ; mais profitez-en pour aider au triomphe de toutes les sages idées, de tous les nobles sentiments.Tâchez surtout de répandre le goût des bonnes lectures.Pourquoi, grâce à vos efforts, ne formerait-on pas, peu à peu, à l'aide de contributions volontaires, une bibliothèque dont les livres iraient tour à tour charmer dans chaque famille le loisir des jours de fête ?Tantôt le père lira tout haut lui-même ; tantôt il voudra qu’un de ses enfants, prenant le livre à son tour, fasse voir comment il a profité de vos leçons.Tous les membres de la famille écouteront avec une attention profonde.Tout en s’instruisant lui-même, le père jouira de leur admiration naïve, il se fera un plaisir de répondre à leurs questions empressées : les heures couleront, douces et rapides.Charmé de cet emploi des jours de loi- 140 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.sir, il se promettra bien de ne pins les perdre dans l’impure atmosphère des tavernes, au milieu des grossières plaisanteries, des querelles et des blasphèmes.Pourquoi (j’ajouterai ceci en passant) la pureté du langage ne serait-elle pas aussi l’objet de vos soins?C’est une chose réellement morale que de donner partout à l’expression de la pensée la noblesse et la pureté qui contribuent à la dignité de l’homme.Il faut que, par l’influence des instituteurs, on voie insensiblement disparaître ce jargon odieux auquel les habitants des campagnes, et ceux même des faubourgs dans un grand nombre de villes, se montrent obstinément attachés.Le croirait-on ?l’art du jardinage est presque ignoré dans un grand nombre de communes rurales éloignées des villes.Les arbres fruitiers y sont rares et greffés sans intelligence ; parmi les plantes potagères, plusieurs sont à peine connues de nom.La vie matérielle est privée de mille agréments qui semblent cependant devoir être plus particulièrement l’apanage des campagnes.L’instituteur qui saura les procurer à sou village en sera le bienfaiteur.Pourquoi n’aspireriez-vous pas à cette gloire innocente ?Le pays que vous habitez vous en deviendra plus cher, et vous deviendrez vous-même plus cher au pays.Les arbres qui, sous votre direction intelligente, auront été plantés ou greffés dans les enclos du village, seront pour vous comme des amis que vous ne pourrez voir avec indifférence ; toutes vos promenades seront pleines de charme.Un savant célèbre, Jussieu, avait importé du Pérou en Europe une fleur peu brillante, mais d’une odeur infiniment suave, connue sous le nom d héliotrope.On dit que toutes les fois qu’en passant dans les rues de Paris il apercevait cette fleur sur quelque balcon, il éprouvait un tressaillement de joie.Telles seront les douces émotions que vous éprouverez, en voyant autour des maisons du village une riante enceinte où tout ce qui verdit et fleurit sera dû à vos soins, à vos exemples, à vos conseils.Vous vous ferez aussi un devoir de propager les habitudes de propreté scrupuleuse que l'école normale vous a appris à pratiquer et à aimer.Dans un trop grand nombre de communes, les enfants des deux sexes, pendant tout l’été, marchent sans chaussure ; leurs pieds ne connaissent point les bas ; j’ose à peine ajouter que, pour eux, un mouchoir serait du luxe.Que faudrait-il cependant pour leur en donner ?Ensemencer en chanvre quelques centiares de plus.C’est ce que les plus pauvres gens peuvent faire ; c’est ce qu’ils feront, si l’instituteur, tout en observant une sage réserve, se montre exigeant pour la répression de cet abus.Ce n’est pas tout : que d’observations ne pourrez-vous pas adresser aux chefs de famille ! La malpropreté produit l’insalubrité, et réciproquement.Presque partout, les maisons des villageois ont été construites dans la position la moins aérée ; c’est déjà un inconvénient.Mais pourquoi y en joindre tant d’autres ?Pourquoi, à leurs portes et sous leurs fenêtres, ces amas de fumier qui se décompose, ces mares infectes, ces immondices qu’on abandonne à la fermentation, et qui révoltent tous les sens à la fois?Pourquoi, dans l’intérieur des habitations, cette odieuse négligence : ici, des laines qui s’échauffent ; là, des objets de sellerie humides ; plus loin, des vêtements imprégnés de sueur, qu’on néglige d’assainir : ailleurs, des eaux de savon croupies, ou des amas de récoltes d’où s’échappent des gaz insalubres?Vous déclarerez la guerre à tous ces abus.C’est au nom de la santé des enfants que vous recommanderez aux chefs de famille d’utiles réformes: ces enfants deviendront hommes à leur tour, et mettront en pratique vos leçons- Mais c’est surtout en faveur des saines doctrines que votre influence devra s’exercer.Sans dogmatiser, sans prêcher, vous pourrez, par de simples conversations, faire aux hommes avec qui vous vivez un bien infini.Tandis qu’on cherche imprudemment à les dégoûter de leur existence modeste, vous tâcherez, vous, de la leur rendre de plus en plus estimable et chère.Vous parlerez avec attendrissement des bienfaits que Dieu répand sur une vie innocente et cachée ; vous plaindrez, sans les blâmer, ceux qu’attirent de la campagne à la ville, et de la province à Paris, les illusions d’une ambitieuse espérance.Sans nier les rares et brillants succès de quelques-uns, vous demanderez s’il est prudent de s’avanturer sur une mer signalée par tant de naufrages.Vous parlerez du travail comme d’une chose sainte aux yeux de Dieu, honorable aux yeux des hommes, source de la richesse, sauvegarde de la santé, gage assuré du bonheur.Il existe dans la belle cité de Nîmes un homme que le ciel a doué d’un talent extraordinaire pour la poésie française ; il a composé des vers que l’Europe entière sait par cœur.Cet homme est boulanger ; du reste, plein de connaissances et de distinction.Quelle croyez-vous que soit sa manière de vivre?Ecoutez.Au lieu de sortir de sa condition modeste, de recueillir des applaudissements dans les salons, et de poursuivre à Paris la fortune et les honneurs, il travaille comme un ouvrier, il fait du pain ; il éleve sa famille à la sueur de son front, dans le travail et pour le travail ; et il ne demande à son talent et à ses livres que de charmer ses courtes heures de loisir.Aimez à citer de tels exemples ; c’est ainsi que vous contribuerez à calmer cette fièvre cupide qui fait aujourd’hui tant de ravages.Il est une autre maladie, non moins funeste, dont notre siècle est attaqué : c’est la haine des supériorités qu’elles qu’elles soient.Rappeler au respect des supériorités de tout genre les hommes avec qui vous vivez, et, pour cela, ramener au culte île leurs devoirs ceux qui se préoccupent trop exclusivement de leurs droits, c’est là un des grands services que la société attend de vous.Ce respect, dans un pays qui, comme le nôtre, jouit de tous les bienfaits de la liberté, honore d’autant plus celui qui le professe, qu’il est le résultat de sa volonté éclairée, et qu’aucune force matérielle ne peut le lui imposer.Mais quelle exécrable démence que de prendre un homme en aversion parce qu’il est revêtu d’une autorité quelconque ou possesseur de quelque fortune ! Vous combattrez cette folie, moins par des leçons expresses, que par de sages réflexions et par des avertissement indirects.Grâce à vous, on comprendra que les citoyens doivent répondre par une soumission éclairée à la sollicitude de leurs magistrats et de leurs chefs : les haines jalons s et mesquines feront place à cette bienveillance générale qui s’étend à tous les enfants de la même patrie, qui respecte les dons de Dieu partout où il lui a plu de les répandre, et qui fait que l’homme, à quelque rang qu’il se trouve sur l’échelle sociale, au lieu d’envier la place des autres, tâche d’honorer la sienne.Puis-je le dire sans douleur?les supériorités naturelles elles-mêmes, celles que Dieu a créées en instituant la famille, semblent aujourd’hui moins respectées.Jadis les enfants redoutaient leur père et ne l’en aimaient pas moins.Sous la garde de l’obéissance filiale se conservaient la crainte de Dieu, la sainteté des mœurs, et le respect des lois.En est-il de même aujourd'hui ?Si, en prodiguant vos soins, vos exhortations, vos efforts, vous ranimez ce feu sacré là où il semblait près de s’éteindre ; si les élèves que vous aurez formés conservent jusqu’au dernier moment une respectueuse et tendre condescendance pour la volonté paternelle, les hommes n’ont point de récompenses qui soient dignes de vous ; il n’y a, qui puissent dignement vous payer, que votre conscience et le ciel. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.141 XI DES SUCCÈS ET DES DISGRACES.Quelquefois l’instituteur est heureux en tout : la docilité des enfants, la sage coopération des pères de famille, le bon esprit dont la commune est animée, sèment de fleurs sa rude carrière.Lorsque tout semble vous sourire, et que le succès couronne vos efforts, remerciez la divine Providence ; mais demandez-lui des forces nouvelles.Car le succès inspire trop souvent aux jeunes maîtres une sécurité fatale.On attribue à son propre mérite ce qui n’est dû souvent qu’à un favorable concours de circonstances.On s’endort dans la confiance qu’on s’inspire à soi-même.On ne demande plus de conseils, et bientôt l’on s’égare.D’ailleurs, quand on réussit, on ne voit guère autour de soi que des visages riants ; sans cesse, partout, on reçoit des félicitations : la malveillance se cache ou emprunte, pour mieux réussir plus tard, les dehors de l’adulation.Comprenez tout ce que les succès ont d’étourdissant et de dangereux.Soyez-vous à vous-même un censeur sévère.Lorsque vous serez généralement reconnu comme un maître habile, consciencieux, irréprochable, astreignez-vous aux mêmes efforts que si vous étiez encore un instituteur novice, dont la réputation et l’existence seraient à la discrétion du premier venu.Grâce à cette inquiète attention sur vous-même, votre prospérité sera durable, ou, si quelque événement inattendu vient à la troubler, votre conscience restera tranquille.Redoublez de zèle, surtout si des mentions honorables et des médailles, décernées par l’autorité, viennent jeter de l’éclat sur votre modeste existence.N’attribuez pas ces succès à votre mérite, mais à la bienveillance de vos juges.Regardez-les moins comme la récompense de ce que vous avez fait, que comme un encouragement à faire mieux.Songez qu’on attend de vous davantage, depuis qu’on vous a ainsi assigné une position exceptionnelle au-dessus de vos émules.Mais autant je vous engage à être modeste dans le succès, autant je vous recommande la fermeté dans les ennuis et dans les disgrâces, presque toujours inséparables de votre profession.Quelquefois ces ennuis sont bien amers.Vos intentions sont méconnues, vos efforts ne sont pas secondés, l’autorité vous abandonne, les parents vous contrarient, les enfants sout indifférents ou même rebelles à vos soins.Vous êtes sans cesse en mouvement, et rien n’avance ; vous êtes de feu, et autour de vous tout est de glace.Vous vous demandez tous les soirs, toutes les semaines, tous les mois : “ Qu’ai-je obtenu 1” et votre conscience vous répond avec douleur : “ Rien.” Sans doute, cela est pénible ; mais gardez-vous bien de vous décourager.Le découragement provient toujours ou de petitesse d’esprit ou de faiblesse d’âme ; le découragement ôte à l’instituteur toute l’énergie dont il a besoin, et le renferme dans un cercle fatal dont il ne peut plus sortir.Il se décourage parce qu’il ne réussit pas, et il 11e peut réussir parce qu’il est découragé.Il n’est rien dont ne vienne à bout une volonté forte ; c’est à la persévérance qu'appartient la palme.A force de patience et de courage, vous dissiperez les préventions, vous vaincrez la paresse, vous lasserez le mauvais vouloir ; et plus votre triomphe vous aura coûté, plus il sera honorable.Une plus dure épreuve vous est peut-être réservée.Quelquefois, sur des prétextes assez légers, et souvent même étrangers à la manière dont l’instituteur remplit ses fonctions, une partie des habitants de la commune lui déclarent une guerre injuste.La malignité de ses ennemis va jusqu’à la fureur.Us contraignent, par toute sorte de moyens, les gens paisibles de s’associer à leurs complots ; ils se mettent en état d hostilité avec quiconque protège l’instituteur.La discorde fait tous les jours des progrès.Les amis, les voisins, les parents se brouillent.Les invectives sont rapidement échangées ; la médisance les propage, la calomnie les envenime.Il n’est pas de ressort qu’on n’invente.Pour faire croire que l’instituteur a perdu la confiance des familles, les parents, par un hiver rigoureux, envoient chaque matin leurs enfants à quelque école bien éloignée, au milieu des neiges.On fouille et on calomnie son passé pour détruire sou avenir.Un léger mouvement de vivacité, oublié depuis vingt ans.est représenté comme un acte de férocité brutale ; les actions les plus innocentes deviennent l’objet des imputations les plus graves.Dans cet état d’irritation, on ne sait aucun gré à l’instituteur de sa conduite, quelle qu’elle soit ; il a tort, s’il se tait ; il a tort, s’il parle.Se défend-il, on se plaint avec emportement, comme si c’était lui qui attaquait ; reste-t-il tranquille, se repose-t-il de tout sur la justice du préfet et du conseil départemental, on en conclut qu'il se reconnaît coupable, et on prétend que son silence est un aveu.On lui impute tout le bruit qui se fait à son occasion, et on l’accuse de tout le désordre qu’on a soulevé pour le perdre.“ Il est incroyable, dit-on, que pour un seul homme toute une commune soit en feu.” Si ses juges reconnaissent son innocence, on accueille cette décision avec des cris de fureur, et l’on espère qu’à force de renouveler les dénonciations, on finira par les faire triompher.A de telles attaques, vous opposerez une patience et une douceur inaltérables.Mais si elles se prolongent, que ferez-vous ?Persisterez-vous à vous maintenir dans une commune où votre présence est une cause incessante de divisions?.Il est des cas où vous devez rester.Si votre moralité est attaquée par la calomnie, céder serait un acte de faiblesse : vous auriez l’air de vous reconnaître coupable.Mais s’il ne s’agit que d’incompatibilité de caractère, et si de sages amis vous conseillent de céder à la circonstance, croyez-les, demandez à l’autorité de vous placer dans une autre résidence où votre repos puisse se concilier avec l'accomplissement de votre devoir.Sans doute, il en coûte de renoncer à des liaisons honorables, de s’arracher à des lieux qu’on aime, de voir se dissiper de doux rêves d’avenir : la séparation est cruelle ; mais après l’amertume de ce premier moment, on jouit avec délices du calme qui succède à l’orage ; le nouveau séjour qu’on a choisi s’embellit des charmes de l’ancien, et n’en reproduit ni les ennuis ni les dangers.Partout où vous irez, Dieu sera avec vous, si votre âme reste digne de sa présence.Partout où l’honnête homme peut remplir avec succès une tâche honorable, il ne doit pas se croire exilé.Sa véritable patrie est partout où l’on sait apprécier sa vertu et où il peut la rendre utile.Th.Barrau.(4 continuer.') Exercices pour les Elèves des Ecoles.EXERCICES DE GRAMMAIRE.Compléments des verbes.Dictée.—O11 dit que les planètes sont en conjonction, quand elles passent l’une devant l’autre de manière que la plus éloignée disparaisse à nos yeux en ce moment.Les trois planètes Mercure, Vénus et Mars se trouvent extrêmement voisines l’une de l’autre.Elles sont en même temps, peu éloignées de Jupiter ainsi que du soleil; et, le 17 février, la lune, à son tour, viendra les rejoindre.Malheureusement, ces divers astres, devant se coucher avec le soleil, le phénomène de leur conjonction ~c\o sera guère visible poulies gens du monde qui regretteront de ne pouvoir, contempler ce curieux spectacle. 142 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Dans l’antiquité et dans le moyen âge, on attribuait aux conjonctions planétaires, d’après l’opinion des astronomes eux-mêmes, des influences très-considérables sur notre globe.Vers la fin du Xlle siècle, par exemple, en 1186, on s’attendait à voir arriver la fin du monde à la suite d’une conjonction de planètes, analogue à celle qui a lieu en ce moment et qui devait, croyait-on, produire un bouleversement universel.L’année tant redoutée passa cependant comme celles qui l’avaient précédée, sans amener les maux qu’on redoutait.Exercices.Quels sont les verbes qui ont des compléments?—Ce sont disparaître, trouver, rejoindre, coucher, contempler, attribuer, attendre, voir, produire, précéder, ramener, redouter.Dites le complément de disparaître, et quel est- il ?— C’est nos yeux, dans qu’ei/e disparaisse ci nos yeux.Le complément est indirect.Quel est le complément de trouver ?—C’est se dans les trois planètes.se trouvent ; c’est un complément direct.Quel est le complément de rejoindre ?—C’est les dans la lune viendra les rejoindre.Ce complément est direct.Pourquoi est-il devant le verbe?—Parce qu’on met devant le verbe les compléments directs exprimés par des pronoms.Quel est le complément de coucher ?—C’est se dans ces astres devant se coucher.C’est un complément direct.A quoi reconnaissez-vous qu’il est direct ?—Parce que se coucher est pour coucher soi.Le complément est direct puisqu’il n’y a pas de préposition avant lui.Donnez un exemple où se serait complément indirect.—On se demande, c’est-à-ctire on demande à soi.Quel est le complément de contempler ?—C’est ce curieux spectacle ; c’est un complément direct.Quel est le complément de attribuer ?—Il y en a deux ; on attribuait lo.des influences considérables ; -o.aux conjonctions planétaires.Le premier est direct, le second est indirect.Quel est le complément de attendait ?—C’est se dans on s’attendait ; il est direct.Quel est le complément de voir ?— C’est la fin du monde dans on s’attendait à voir arriver la fin du monde.Il est direct.Pourquoi ne dites-vous pas plutôt que la fin du monde est complément d’arriver qui la précède ?—Parce que arriver est un verbe intransitif ou qui ne prend pas de complément dans ce sens.Aussi la construction est celle-ci : On s’attendait à voir la fin du monde arriver.Quel est le complément de produire ?—C’est un bouleversement universel ; il est direct.Quel est le complément de précéder?—C’est la dar s (/ui l’avaient précédée, c’est-à-dire qui avaient précédé elle (cette année.) Quel est le complément de amener ?—C’est les maux dans sans amener les maux.Il est direct.Quel est le complément de redoutait?—C’est que dans qu’on redoutait.Il est direct.Pourquoi est-il placé devant le verbe ?— Parce qu’on place les formes de l’adjectif conjonctif qui, que, dont, au commencement de la phrase.A quoi reconnaissez-vous que ce complément est direct ?—Parce qu’il est pour lesquels, on redoutait les quels maux, et qu’il n’y a pas alors de préposition après le verbe.je retiendrai ; venir, devenir, je deviendrai ; circonvenir, je circonviendrai ; survenir, je surviendrai.Qu’est-ce que devant dans devant secoucher?—C’est le participe présent du verbe devoir.Quels en sont les temps primitifs ?—Devoir, devant, dà, je dois, je dus.Ce verbe a-t-il un passif?—Oui : mais ce passif n’est guère employé qu’à la troisième personne, cet somme est due, cent francs étaient dus par nous, etc.Pourquoi n’est-il pas employé aux deux dernières personnes?— Parce que ces personnes désignent presque nécessairement des hommes ou des femmes, et que la qualité d’être dû ne peut s’appliquer qu’à des choses.Qu’est-ce que voir?est-ce un temps primitif?—Voir est l’infinitif présent de voir, voyant, vu, je vois, je vis.C’est un temps primitif, mais les temps qu’il forme, le futur et le conditionnel, ne sont pas réguliers ; on ditye verrai et non pas je voirai.Quels sont les composés de voir ?—Ce sont les verbes entrevoir, revoir, pourvoir et prévoir.Comment se conjuguent-ils ?—Entrevoir et revoir se conjuguent exactement conâme voir ; prévoir et pourvoir font au futur je prévoirai et je pourvoirai ; ce dernier fait de plus, au prétérit simple, je pourvus.PROBLÈME D’ALGEBRE.Deux horloges sonnent l’heure en même temps, et l’on entend en tout dix-neuf coups.Déduire de là l’heure qu’elles marquaient, sachant que l’une retarde sur l’autre de deux secondes, et que les coups de la première se succèdent à trois secondes, et ceux de l’autre à quatre secondes d’intervalle ; on admet enfin que l’oreille ne perçoit qu’un seul coup lorsque les deux horloges sonnent dans la même seconde.T.D.PROBLEME DE GÉOMÉTRIE.On demande la hauteur d'un gallon, sachant que le fond est de h plus grand que l’ouverture et que sa hauteur est double du diamètre de la hase, et qu’enfin sa capacité est de 231 pouces cubes ?T.D.SOLUTION DES PROBLÈMES D’ARITHMÉTIQUE DE LA DERNIERE LIVRAISON.I.7 robes, prenant chacune 7^ verges, exigeront en tout 524 verges.Comme la pièce contenait 7 robes moins 24 verges, on aura donc dans la pièce 52^ — 2^- = 50 verges.Le prix de la verge sera 170 : 50 = 3s.-Qd.Le prix de chaque robe sera : 3s.4£d.x 74 = 25s.6d.A.Lamy.II.En remplaçant dans la formule générale les lettres par les valeurs tirées du problème, on a : Récapitulation des regies précédentes.A quel temps est disparaisse, et d’où se forme-t-il ?—11 est au présent du subjonctif, et se forme du participe présent disparaissant.A quel temps est se trouvent ?—Il est au présent de l’indicatif, à la troisième personne du pluriel.Est-ce un temps primitif?—Le présent de l’indicatif est un temps primitif au singulier seulement.Le pluriel se forme du participe présent.A quel temps est rejoindre?est-ce un temps primitif?quels temps s’en forment?—Rejoindre est au présent de l’infinitif: c’est un temps primitif qui forme le futur de l’indicatif je rejoindrai, et le conditionnel présentée rejoindrais.Ce verbe est-il simple ou composé.Il est composé de re et de joindre.A quel temps est viendra?— Il est au futur de l’indicatif, et à la troisième personne du singulier.Le futur se forme-t-il régulièrement île l’infinitif présent ?—Non ; dans les verbes venir et tenir et leurs composés, le futur est irrégulier.Tenir, je tiendrai ; venir, je viendrai.Citez quelques composés de ces verbes, et dites leurs futurs.— Tenir, contenir, je contiendrai ; soutenir, je soutiendrai ; retenir, A = 650 (l + TS„ )12 - 650 (^1,03 y" 1,03 élevé à la douzième puissance, c’est-à-dire multiplié douze fois par lui-même, est égal à 1,42576, d’où A = 650 x 1,42576 = 926,744 Et l’intérêt = 926,744 — 650 = $276,744 A.Lamy.SOLUTION DU PROBLÈME D’ALGÈBRE DE LA DERNIÈRE LIVRAISON.Soit x le nombre de 30 sous et y celui des 15 sous, on aura : 11 x + 9 y — 164 c’est une équation indéterminée, car elle contient plus d'inconnues que d’équations ; on voit immédiatement que cette équation peut être satisfaite d’un grand nombre de manières ; mais pour chaque valeur de x, y prend une seule valeur déterminée.Pour connaître la relation qui lie ces deux inconnues, on cherche leur JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE 143 valeur en fonction d’une troisième inconnue, à laquelle on donne des valeurs propres à satisfaire aux conditions du problème.Ainsi 9 y + 11 x = 164 9 y = 164 — 11 x 164 — 11 x y = —o— En faisant t = = 18 — x + = 18 —x + t De là on a x = 1 — 4 t — ^ = 1 — 4 t — t ' En supposant t' = -f D’où t = 2 t ' En remplaçant t par 2 t' on a: x = 1 — 9 t' y = 17 + 11 t' Toutes les valeurs que nous pouvons donner à t' sout propres à satisfaire l’équation ; mais comme le nombre de 30 et de 15 sous doit être positif, on devra avoir x = 1 — 9 t' > 0 Et y = 17 + 11 t' > 0 D’où t ' < à Et «'>— H Les seules valeurs de t ' qui peuvent remplir les conditions du problème sont donc 0 et — 1, qui donnent Pour t - 0 y = 17 x = 1 Pour t — 1, y = 10 x = 6 SOLUTION DU PROBLEME DF, GÉOMÉTRIE DE LA DER- i NIÈRF, LIVRAISON.Désignons par R le rayon de l’ouverture, par r celui du fond et par h la hauteur latérale.Comme la terrine est un tronc de cône, la quantité de ferblanc qu’elle exigera sera égale à la surface latérale du tronc de cône, plus celle de sa petite base.La surface de la petite base est exprimée par % r2, et la surface latérale par fl-à (fi + 'O- La surface totale S sera donc S = fth (R "t- r) 4 x*’2 Ou S = x 0^ ~T 2’) L r2) D’où S = 3,1416 (7 (4 + 2) + 4) = 144,5136 pouces carrés La capacité de la terrine n’est autre chose que le volume du tronc de cône, lequel est exprimé par la formule suivante : V= \ x H (R- + r2 + Rr) H désignant la hauteur verticale qu’on ne connait pas, mais qu’on peut déterminer en remarquant que la hauteur latérale est l’hypo-thénuse d’un triangle rectangle dont l’un des côtés est //, qu’on cherche, et l’autre la différence des rayons R— r.On a donc par la proposition du carré de 1 hypothénuse h2 = H2 + (R — r)2 D’où II = *Jlit—(R—ry Et II = V49 —4 = V45 = 6,7082 Mettant cette valeur de II dans la formule ci-dessus, et remplaçant les lettres par leurs valeurs, on a V = J x 3,1416 x 6,7082 x (16 + 4 + 8) = 196,69 pouces cubes.A.Lamy.ERRATA DE LA LIVRAISON DE JUILLET.Solution du second problème de géométrie :— 1° Au lieu de h2 et h, lisez h'1 et b, et vice versa.2° Au lieu de x = 105479,6 pieds, lisez 5479,6.AVIS OFFICIELS.ERECTIONS, SEPARATIONS ET ANNEXIONS DE MUNICIPALITES SCOLAIRES.Son Excellence, le Gouverneur Général, a bien voulu, par minute en Conseil en date du 22 d’août courant : 10 Eriger en municipalité scolaire l’isle du Cap-aux-Meules, celle de la Magdeleine et la Grosse-Isle, dans le comté de Gaspé, sous le nom de municipalité scolaire de la Magdeleine.2o Eriger les Isles d’Amheist et d’Entrée, dans le comté de Gaspé, en municipalité scolaire distincte, sous le nom de municipalité scolaire d’Aubert.3o Donner à la municipalité scolaire de Notre-Dame de la Victoire, dans le comté de Lévis, les mêmes limites, sur le fleuve St.Laurent, qu’à la ville de Lévis.11 a plu à Son Excellence, le Gouverneur Général, par minute en Conseil en date du 19 courant : lo Séparer de le.municipalité scolaire du Coteau St.Louis le Village St.Jean-Baptiste, dans le comté d’Hocbelaga, et l’ériger en municipalité scolaire séparée, avec les limites suivantes : bornée, au nord, par la municipalité du Coteau St.Louis, ou par le grand chemin qui conduit du Mile-End anx Tanneiies, en droite ligne depuis la Montagne jusqu’au Chemin Papineau : au sud, par la cité de Montréal ; à l’est, par la Montagne de Montréal, et, à l’ouest, par le Chemin Papineau.2o Eriger le village du Coteau St.Louis, dans le comté d’Hocbeloga, en municipalité séparée, avec les limites suivantes : bornée, au nord, par la paroisse de St.Laurent ; au sud, par la municipalité du village St.Jean-Baptiste ; à l'ouest, par la Montagne de Montréal, et, à Test, par le Chemin Papineau.3o Séparer de la municipalité scolaire de St.Antoine-Abbé, pour les réunir à celle de Franklin, dans le comté de Cliâteauguay, les lots Nos.17, 18, 19, 20 et 21, dans le 2e rang du township de Franklin, et les lots 17, 18 et 19 dans le 3e rang de ce même township.4o Annexer la partie ci-après décrite de la municipalité scolaire de St.Jean-Port-Joli, dans le comté de l’Islet, à celle de St.Aubert, savoir : Cette partie du haut du second raDg, qui, courant du fronteau de la troisième ligne, se trouve enclavée dans la circonscription de St.Aubert, ainsi que les habitants qui demeurent sur le haut du second rang susdit, à partir de François Fortin jusqu’à Elie Cbouinard, inclusivement.Oo Réunir à St.Marc la partie ci-après décrite de Belœil, dans le comté de Verchères, qui déjà y est annexée pour les fins religieuses et les autres fins civiles, savoir : Au sud-ouest, depuis le chemin de ligne, dit Chemin du Moulin Seigneurial de Belœil, pour la concession de la Rivière-Richelieu ; depuis Joseph Hébert inclusivement, en la troisième concession ; depuis Josaphat Guertin inclusivement, à un bout, et Augustin Pigeon inclusivement, à l’autre bout, en la quatrième concession ; depuis Calixte Préfontaine inclusivement, en la cinquième concession ; depuis Dame de Montenack iuclusivemeut, en la sixième concession ; depuis la ligne de séparation des paroisses de Belœil et Ste.Julie pour les autres concessions ; et, eu profondeur, à l’ouest, depuis le trait-quarré de la paroisse de Verchères.NOMINATIONS.COMMISSAIRES D’ECOLE.Son Excellence, le Gouverneur Général, par minute en Conseil en date du 22 courant, a bien voulu approuver les nominations suivantes : Comté d’Iberville.—St.Athanase : M.Pierre Landry.Comté de Gaspé.—Magdeleine: MM.Louis Tbériault, Nelson Arse-nenu, Guillaume Leblanc, James McCallum, Dick Delany, et Edouard Pâquet, secrétaire-trésorier.Comté de Gaspé.—Aubert: Messire Charles N.Boudreault, Piètre, MM.Isidore Vigneau, Edmond Chevrier, Charles Ed.Chiasson, Evée Bourgeois, et Alexandre Cormier, Ecuyer, secrétaire-trésorier. 144 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Comté d’Arthabaska.—Arthabaskavilie : Messire P.H.Suzor, Prêtre, A.Stein, Ecuyer, N.A.Baudette, Ecuyer, MM.Louis Dion, et Isaïe Pouliotte.Comté d Arthabaska.—Stanfold : MM Joseph Poisson et Louis Prince, fils d’Hubert, Son Excellence, le Gouverneur General, par minute en Conseil en date du 19 courant, a bien voulu approuver les nominations suivantes : Comté de Rimouski.—Ste.Flavie de Lepage : MM.Gédéon Dumais et Moïse Beaulieu.Comté d'Hoclrelaga.— Village St.Jean-Baptiste: MM.André Roy, Frédériek Tessier, F.X.Caron, Jos.Paris, et Pierre Cérat.Comté de Rimouski.—Rimouski : MM.François Coutu, et Olivier Pinault.Comté d’Hoclrelaga.—Coteau St.Louis : MM.Joseph Bélanger, Dominique Dupré, fils, et Césaire Leclerc.Comté de Rimouski —Village de Rimouski : Messire Michel Forgues, Prêtre et Curé, Joseph Magloire Hudon, André Elzéar Gauvreau, Edouard Martin, Ecuyers, et M.Pierre Ringuet, et Joseph Théophile Couillard, Ecuyer, secrétaire-trésorier.ECOLE NORMALE LAVAL.M.David Plante a obtenu un diplôme l’autorisant à enseigner dans les écoles académiques.MM.Prudent Houde, Philias Lessard, Joseph Michel Ahern, Charles Têtu, J.Bte.Audet dit Lapointe; et Déliés.Elizabeth Bacon, Alvine Turgeon, Julie Anger, Paméla Fournier, Anne Enright, Marie McManus, Julienne Boulé, Elizabeth Côté, Célina Lefebvre, Anne McDonald, Olympe Forgues et Marie Anne Couture ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles modèles.MM.Edouard Hector Rouleau, Narcisse Trachy, Frs.-Xavier Pagé, et Frs.Didier Couture; Déliés Vitalii.e Morin, Philomène Couture, Zélie Desharnais, Virginie Couette, Laure Dumais, Hélène McGolrick, Hélène Gnay, Philomène Bélanger et Délima Guénard ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires, les 2 et 5 juillet 1861.BUREAU DES EXAMINATEURS PROTESTANTS DU DISTRICT DE MONTREAL.M.William Wright et Delle.Susane Kyte ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.A.N.Rennie, Secrétaire.BUREAU DES EXAMINATEURS DE L'OTTAWA.MM.P.Grégoire Aubry et David Evans ont obtenu des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.John R.Woods, Secrétaire.BUREAU DES EXAMINATEURS DU DISTRICT DE KAMOURASKA.M.Octave Martin, et Déliés.Léocadie Paradis, Claire Langlais, Desanges Raymond, et Victoria St.Onge ont obtenu, le 8 juin 1861, des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoies modèles.Déliés.Marie Blanche Chrétien, Marie Pelletier ; Dme.Louise Bérubé (veuve Ed.Hudon) ; Déliés.ADgèle Dupuy, Marie Louise Rivard, Marie Georgina Sansterrc, Marie Geneviève Devost, Marie Joséphine Pelletier, Marie Célina Soucy, Marie Desneiges St.Pierre, Marie Emi-lienne Garon, Marie Joséphine Roy, Philomène Langlais, Sophie Rioux, Marie G.Plourde, Alpbonsine Bouchard, Adèle Devime, Modeste Anctil, Philomène Lévêque, Emma Jacques dit Vézina, et Dme Célina Gagné (Mme J.B.Lebel) ont obtenu, en mars et juin 1861, des diplômes les autorisant à enseigner dans les écoles élémentaires.P.Dumais, Secrétaire.DONS OFFERTS AU DEPARTEMENT DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Le Surintendant accuse, avec reconnaissance, réception des dons suivants : De S.E.le Gouverneur Général : “ Flora Hongkongensis, a description of the plants and ferns of the island of Hongkong, by George Bentham, published under the authority of Her Majesty’s Secretary of State for the Colonies.” De John Bruce, Ecuyer, Inspecteur d’Ecole : Grammaire Abrégée de la Langue Française, par M.Lucien Leclaire, 2 vols.; Grammaire (Eléments) de la Langue Française, par le même, 2 vols.: Grammaire Complète, par le même, 2 vols.; Grammar of English Tongue, par Hyde Clarke, 1 vol.; Grammar made Intelligible to Children, par George Darnell, I vol.; English Grammar and Analysis of Sentences, 1 vol ; Cassell's Lessons in English, 1 vol.; A Guide for all who wish to Speak and Write Correctly, 1 vol.; The Child’s Grammar, par le Rév.Edward Thring, M.A., 1 vol.; An Abridgment of Hiley’s English Grammar, 1 vol.; The Child’s Rational Grammar, 1 vol.De MM.Dawson et Fils, libraires, de Montréal : Carthage and her Remains, par Dr.N.Davis, F.R.G.S., etc., 1 vol.; History of Margaret of Anjou, par Jacob Abbott, 1 vol.; Primary Object Lessons for a g-a-duated course of development, par N.A.Calkins, 1 vol.; Second English Readiug Book, 1 vol.; The First English Reading Book, 1 vol.; Harper’s Greek and Latin Texts : C.Julii Cæsaris Commentarii, 1vol.; T.Ln-creti Cari de Rerum Natura, 1 vol.; Cicero, de Senectute, de Amicitia 1 vol.De M.G.W.Lawler, Professeur à l'Académie Protestante des Trois-Rivières : Œuvres de Shakspeare.De MM.D.et J.Sadlier et Cie., New-York: First Reader; Second Reader ; Metropolitan Third Reader ; Speller and Definer ; The Metropolitan Illustrated Speller; Metropolitan Fourth Reader; The Golden Primer.De MM.Swan, Brewer and Tileston, Boston : Worcester's Comprehensive Dictionary ; Worcester’s School Dictionary.De Messire J.Rézé, de l’Académie de St.Laurent, près de Montréal’ Cours de Tenue des Livres en partie double et en partie simple, divisé en trois parties, 1 vol.INSTITUTEURS D1SP0NIELES.M.Alphonse Dumais, de l’Ecole Normale Laval, muni d'un diplôme pour école modèle, enseigne l'anglais, Kamouraska.M.Sévérin Dumais et Delle.Honorine Dumais, munis de diploma pour école modèle, enseignent l’anglais, Kamouraska.Delle.Laure Dumais, de l’Ecole Normale Laval, munie d’un diplôme pour école élémentaire, Kamouraska.M.Pierre Guay, résident à Montréal, muni d’un diplôme pour école élémentaire.S’adresser au Bureau de l'Education.M.Joseph Bourgoin, rue Visitation, No.101, Montréal; muni d’un diplôme d'école élémentaire, peut enseigner les éléments de la langue anglaise.JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.MONTRÉAL, (BAS CANADA), AOUT f.t SEPTEMBRE 1861.Examens Publies et Distributions de Prix dans les Collèges, Académies, et autres Maisons d’Educa-tion.—Visites du Surintendant.Chaque année la presse politique du pays voit à l’époque où nous sommes, ses larges colonnes encombrées par de longues listes de prix et des comptes-rendus détaillés des exercices publics qui ont lieu dans toutes nos institutions d’éducation depuis l’Université et le collège jusqu’à l’école élémentaire.Forcé par les conditions dans lesquelles se publie notre journal de nous borner à une lapide revue de ces mêmes exercices, nous commencerons par les deux plus anciennes institutions du pays.Le Séminaire de Québec et l’Université Laval ont célébré conjointement l’ouverture des vacances par la distribution solennelle des prix aux élèves de la première de ces institutions.Elle a eu lieu dans la grande salle de l’Université.Immédiatement après, M.le Recteur, entouré des Professeurs et des Docteurs de l’Université en grand costume, a remis aux heureux candidats dont suivent les noms les diplômes qu’ils avaient respectivement obtenus.M.Alfred Lachaine, diplôme de licencié en médecine çavec distinction).MM.Régis Gosselin, Narcisse Hamel, Charles Lindsay, Félix Rainville, et Alexandre Seers, diplôme de bachelier en droit.M.Apolinaire Grenier, diplôme de bachelier en médecine.M.François Thérien, diplôme de bachelier-ès-arts.M.le docteur Landry a prononcé le discours de fin d’année.Le savant professeur s’est efforcé de faire ressortir la dignité et la responsabilité de la profession médicale.Le Courrier du Canada a publié son discours également remarquable pour le londs et pour la forme.Les Ursulines de Québec ont eu leurs examens publics ies 8 et 9 de Juillet ; les exercices qui ortt précédé la distribution des prix, ces deux jours, ont prouvé que cette ancienne institution se maintient toujours au niveau de sa haute réputation.L’examen oral sur la grammaire, la littérature, l’histoire, la botanique, la physique, l’astronomie, la mythologie, a fait le plus grand honneur aux jeunes éléves.Les arls agréables ont eu leur tour, et la musique vocale ainsi que la musique instrumentale (harpe, piano, harmo- JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.145 nium) ont prouvé mie fois de plus qu’il existe chez la jeunesse du pays des dispositions remarquables, qui malheureusement sont rarement cultivées avec assez de persévérance ; on est trop facilement satisfait, et l’on ne fait point d’études assez sérieuses.C’est du moins ce qui nous disent tous les professeurs de cet art charmant et utile, dans l’éducation, à bien des égards.La distribution îles prix a été précédée de la représentation de trois diames, dont deux avaient été composés ou arrangés pour la circonstance.C’était la Fille Blanche chez les Abénaquis, Polyeucte (en anglais.), et Ste Elizabeth de Hongrie, sujet emprunté au magnifique ouvrage de M.de Montalembert.Outre les nombreux collèges classiques ou industriels qui l’entourent, pour ainsi-dire, Montréal possède dans son centre même trois grandes institutions qui pourraient rivaliser avec les meilleures des autres pavs.Les catholiques ont le collège de Montréal, dirigé par les Sulpiciens et fondé dans les premiers temps de la colonie, et le collège Ste.-Marie, beaucoup plus récemment établi et dirigé par les Pères de la Compagnie de Jésus ; les protestants ont l’Université McGill.Nos lecteurs trouveront dans notre journal anglais tout ce qui concerne cette dernière institution.Les examens du collège de Montréal ont été présidés par M.Biilaudelle, ancien supérieur.M.Alphonse Hébert, un des éléves, fit lecture d’une thèse très-bien écrite et très-bien pensée sur la Providence, et sur son action évidente dans les destinées des- peuples et des individus.M.B.Seymour, dont nous avons plus d’une lois admiré la chaleureuse éloquence, prononça un excellent discours en anglais sur l’éducation.Puis vint une discussion littéraire pleine d’intérêt ; elle consistait dans un triple parallèle de Dérnos-thènes, Cicéron et Bossuet.MM.Prunevault, Charbonneau et Beaubien s’acqnittèient d’une manière très-remarquable de cette lâche difficile.La partie musicale de la séance fut, comme elle l’est toujours au collège de Montréal, un succès complet.Après la distribution des prix, qui consistèrent seulement en un portrait de SS.Pie IX pour chacun des élèves, M.Biilaudelle expliqua que ces derniers avaient fait le sacrifice des livres qu’on devait leur donner, la somme destinée annuellement à cet objet devant être ajoutée a celle qui a été souscrite pour la cause du Souverain Pontife, et il félicita, en même temps, les éléves sur cet acte d’abnégation.Il y eut, pour couronner le tout, une oérémonie religieuse dans la chapelle du collège où M.Lenoir, le directeur, prononça une touchante allocution.La distribution des prix au collège Ste.-Marie fut précédée cette année de quatre discours composés et prononcés par les élèves.M.Charles Falardeau avait pris pour son sujet la Société, M.Mercier, l’Autorité, M.de Lorimier, la Famille, et M Para lis, l’Education.“ Sous le rapport littéraire et sous le rapport philosophique, dit la Minerve, ces quatre discours ne méritent que des éloges.Il est consolant de voir la jeunesse inculquer dans son âme d’aussi saines doctrines sur les grands principes qui forment la base même de toute société.” Au collège Ste.-Marie, comme au collège de Montréal, un auditoire distingué et nombreux témoignait de l’intérêt que le public porte avec droit à ces deux institutions.Les deux grands pensionnats et le demi-pensionnat des Sœurs de la Congrégation à Montréal, n’ont pas eu de séance publique cette année ; les élèves ayant aussi fait le sacrifice de leurs prix pour la cause du Souverain Pontife.Le pensionnat des Dames du Sacré Cœur au Sault-aux-Récollets, ceux des Religieuses des SS.Noms de Jésus et de Marie à I.ongueuil, celui des sœurs du même nom à la Pointe Lévy, et une foule d’autres institutions du même genre ont eu de brillantes séances, dont les comp'es-rendus ont paru dans les journaux.Quoique situé en dehors des limites du Bas-Canada, le collège des Pères Oblqts à Ottawa est tellement sur la frontière, il est, du reste, ainsi que cette ville elle-même, tellement identifié avec ie Bas-Canada, que nous ne saurions nous dispenser d’en dire un mot.La liste des prix porte un grand nombre de noms français et fait voir toute l’utilité de cette institution pour les populations parlant cette langue qui se portent sur les deux rives de l’Ottawa et s’y accroissent rapidement.Un long drame en langue anglaise a été représenté par les élèves avec le plus grand succès, et de manière à faire voir que ceux d’origine française avaient triomphé de tous les obstacles qui s’opposent pour eux à la prononciation si difficile de cette langue.C’est là un grand point d’obtenu ; mais il n’eût pas été mauvais que le même avantage eût été accordé aux élèves de la langue anglaise, et que leur succès dans la langue française eût été constaté de la même manière.En donnant, du reste, toute la séance à l’une des deux langues, ne pouvait-on point craindre que les élèves ne vinssent à en conclure qu’elle est ou la plus noble ou la plus importante des deux ?Le couvent des Sœurs de la Charité à Ottawa a eu, lui aussi, sa séance publique, dont le compte-rendu publié par le Courrier d’Ottawa nous a également intéressé.Ces deux institutions acquerront tous les jours une nouvel le importance avec la ville florissante qui va devenir la capitale du pays, et le grand nombre île familles du Bas-Canada, qui devront s’y établir lors de la translation du siège du gouvernement, ne pourront jamais trop remercier le digne évêque et les autres zélés amis de l’éducation, qui les ont fondées, dans des circonstances aussi difficiles et au prix de tant de sacrifices.C’est un dévouement du même genre et couronné du même succès qui a fait établir le collège eJ le couvent de Sherbrooke, institutions qui répondront bientôt aux nombreux besoins des populations françaises et catholiques des cantons de l’est.Les efforts nécessaires pour les soutenir sont d’autant plus considérables que le diocèse de >St.Hyacinthe possède déjà deux autres collèges, celui de la ville même, qui est un des plus grands établissements de ce continent, et celui de Ste.Marie de Monnoir.Nonobstant les conditions défavorables dans lesquelles a été établi ce dernier collège, il a vu augmenter notablement le nombre de ses éleves et développer son cours d’etude, circonstances qui ont justifié une augmentation de la subvention, qui lui est accordée parle Département de l’Instruction Publique.Près de Sherbrooke se trouve l’Université de Lennoxville, appelée Bishop’s College; cette institution est pour bien dire le grand séminaire de l’église anglicane dans le Bas-Canada.On y' a aiouté, il y a deux ans, un high school ou petit séminaire.Elle est située dans un endroit des plus pittoresques, il s’y est tait récemment des constructions et des améliorations considérables ; la bibliothèque et les autres collections s’augmentent rapidement.L’on s’est appliqué depuis peu, d’une manière toute particulière, à l’enseignement de la langue française ; et l’on a fait snbir à la fin de l’année aux classes de français une inspection partieulié:e, dirigée par M.Devismes, professeur ordinaire de l’Ecole Noimale Jacques-Cartier, délégué par le Surintendant à la demande du Conseil Uni-versitaiie, pour cet objet.Les examens du collège de St.Hyacinthe ont été, celte année, précédés d’une cérémonie touchante et imposante.La ville et le district tout entiers ont témoigné de leur-respect et de leur reconnaissance envers la mémoire du Rév.M.Girouard, fondateur de cette institution, dont les cendres ont été transportées de l’église paroissiale au séminaire.Des membres du clergé des différents diocèses du Bas-Canada et une foule immense de citoyens étaient accourus pour assister à cette cérémonie.Les diverses associations de la ville, le clergé et les citoyens formant une imposante procession, partirent, vers neuf heures du matin, le 17 de juillet, de la cathédrale, où reposaient les lestes du pieux ecclésiastique, et, défilant par les mes Ste.Anne et Girouard, se rendirent au collège.On lisait sur le fronton de l’édifice cette inscription : Qu’à l'église, à l’état, cette œuvre de ton zèle, Comme toi puisse offrir un service fidèle.Au séminaire, l’évêque de St.Boniface de la Rivière Rouge, Mgr.Taché, venu à St.Hyacinthe pour la circonstance, et lui-même ancien élève de la maison, officia, et Mgr.l’évêque de St.Hyacinthe, ancien supérieur de l’établissement, fit l’absoute.Sur le catafalque érigé pour la circonstance était écrit ce qui suit : Pastoris ovibus dediti, Oivis de patrià optirne meriti, Juventutis benefactoris amantissimi, Virtutum rairantem, Muneribus gratum Memoriæ fidelem Parochiani, concives, alumni Animum gerentes XXIX annis postôbitum Veneratas reliquias Sacro in hoc prædio Scholastics prolis Posuerunt.Honestavit ilium in laboribus et complevit labores illius.Sap.X, Io.La distribution des prix fut précédée d’un éloquent panégyrique de M.Girouard, par M.Raymond, supérieur du collège.Le Courrier de St.Hyacinthe fait à ce sujet les réflexions suivantes : “Que les citoyens de St.Hyacinthe étaient heureux en ce jour solennel, de témoigner toute leur gratitude à cette grande âme t.Qu’était, en effet, cette ville, lorsque M.Girouard laissa la cure de la Pointe aux Trembles pour venir ici, en septembre 1805, exercer son zèle apostolique ?si ce n’est quelques maisons réunies près de l'église, et tout autour une forêt immense.L’on se convaincra des difficultés qu'eut à surmonter ce pas- 146 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE tcur, lorsque nous rappellerons à nos lecteurs qu’il avait déservi une paroisse s’étendant depuis la paroisse de La Présentation jusqu’à Stan-stead, et que depuis, de la seule paroisse de St.Hyacinthe, indépendamment des missions des townships, 15 autres ont été formées et renferment aujourd hui une population riche et nombreuse.C’est en 1832 que mourut M.Girouard, plein de confiance en l’avenir, et après avoir vu prospérer les maisons d’éducation que son cœur avait fondées au sein du petit village de St.Hyacinthe, car déjà le Collège comptait 20 ans et le couvent 16 ans d’existence.S’il était permis aujourd’hui à M.Girouard, de se lever de sou tombeau et de contempler le résultat de son œuvre, oh ! que son âme serait heureuse en voyant un peuple prospère, instruit, une nationalité forte et puissante et son collège semant partout le germe des saines doctrines et d’une haute éducation morale et intellectuelle!” Les collèges de Ste.Thérèse de Blainville, de l’Assomption, de Ste.Anne la Pocatière, et de Notre-Dame de Lévis, le nouveau collège des Trois-Rivières, les collèges industriels de St.Michel de Bellechasse, de Terrebonne, de Rigaud, de Varennes, de Laval, l’académie industrielle de St.Laurent, etc., ont aussi eu leurs solennités littéraires.Invité chaque année à assister a tous ces exercices qui ont lien a peu près dans le même temps, le Surintendant de l’Instruction Publique est nécessairement forcé d’en choisir un petit nombre, en s’efforçant de voir successivement les différentes institutions.N’ayant pas encore eu l’avantage de visiter le collège de Nicolet, une des plus grandes et des plus anciennes maison d’éducation du Bas-Canada, il a été heureux de se rendre cette année à l’invitation qui lui était adressée par les directeurs de cet établissement.Il est difficile d’imaginer un lieu mieux choisi pour un collège.Situé sur les bords d’une jolie et sinueuse rivière aux îles verdoyantes et ombragées d’ormeaux, Nicolet a été plus d’une fois célébré par des poètes dont il a vu éclore les talents.Le vieux collège et la vieille église donnent au village un aspect d’antiquité, qui contraste agréablement avec le vaste et noble édifice, qui s’élève à quelque distance.L’église est curieuse et belle à notre goût, comme sont tous les temples témoins de la foi et de la ferveur de nos pères, et qui disparaissent bien trop rapidement de la surface de notre pays.On y remarque les tombes de M Leprohon et de M.Raimbault, l’un ancien cuvé, l’autre ancien directeur du collège.Près du vieux collège, qui en 1838 servit de casernes sont encore les restes d’un bocage de pins qui furent autrefois l’honneur et les délices de l’établissement.Eclaircis par les tempêtes et en partie dépouillés par les années, ils luttent courageusement contre le grand destructeur de toutes choses.Une aveuue vraiment prinoière, conduit au grand perron au centre de la principale façade du nouvel édifice.Deux jardins, l’un placé en avant et l’autre eu arrière de la maison, fournissent aux élèves 1 occasion de se familiariser avec la botanique et avec l’horticulture.Dans ce dernier endroit on a ajouté une ingénieuse leçon d’astronomie.Sur des piédestaux placés à des distances pioportionnées les uns des autres se trouve élevé un système planétaire complet.Le soleil y est représenté par une boule de plusieurs pieds de diamètre, Mercure y est de la grosseur d’urt pois.En arrière de ce jardin et du jeu-de-paume, vrai modèle du genre, s’étend une petite forêt de pins, d’érables, de hêtres, traversée en tous sens par des sentiers qui conduisent à un pavillon rustique où se tiennent sous un dôme de feuillage les séances de la jeune académie du collège.A l’abri des ardeurs du soleil, les futurs orateurs de la chaire, du barreau et du parlement s’y exercent à la déclamation.Ou ne voit point ce petit cénacle littéraire, sans se rappeler que le collège de Nicolet a déjà produit un grand nombre d’hommes remarquables dans les fastes de l’éloquence canadienne.Le collège a de grands appartements parfaitement éclairés, de larges corridors et de magnifiques escaliers.Le cabinet de physique est bien monté et la bibliothèque, qui par une disposition ingénieuse s’étend tout autour de la jolie chapelle intérieure, renferme un beau choix d’ouvrages sur les sciences et la littérature.Du dôme de l’édifice, on apperçoit les nombreux replis de la rivière Nicolet, le fleuve St.Laurent, la ville des Trois-Rivières et une vaste étendue de belles et fertiles campagnes aux champs diaprés de toutes les nuances du jaune et du vert.La séance de la distribution des prix fut présidée par Mgr.l’évêque des Trois-Rivières ; on remarquait dans l’auditoire un grand nombre d’hommes distingués, anciens élèves du collège, et une réunion imposante du clergé.M.Prendergast ouvrit la séance par un discours qui fut vivement applaudi.Une sorte de lournois oratoire eut lieu entre quelques élèves, chacun déclamant un morceau de sa composition ou de son choix ; lesyugès du camp étant choisis dans l’auditoire.La palme fut décernée à M.Prendergast, non cependant sans quelqu’hésita-lion, tant ses concurrents s’étaient distingués.Un drame dont le sujet était tiré de l’époque de l’expulsion des Maures et de la renaissance chrétienne en Espagne, fut joué par les élèves avec un très-grand succès.La distribution des prix fut suivie d’allocutions de M.le Surintendant et de M.le grand vicaire Laflèche, supérieur du collège.En revenant de Nicolet, le Surintendant visita l’école-modele de St.Thomas de Pierreville et y assista à la représentation d’un drame tiré d’un ouvrage de Mgr.Wiseman, “ La lampe du Sanctuaire,.” Les enfants s’acquittèrent de leur tâche de manière a montrer que leur intelligence avait été remarquablement bien cultivée par leurs instituteurs.Tout est nouveau à St.Thomas de Pierre-ville, église, presbytère, école et village, et tout fait le plus grand honneur au zèle du curé et des paroissiens.Le coup-d’œil qu’offre la rivière St.François en cet endroit où l’ancien village de St.François, d’un côté le nouveau village île Pierreville, et le village sauvage des Abénaquis de l’autre ne réunissent pas moins de quatre églises dans un petit espace, est quelque chose de bien pittoresque.Les exercices publics du collège de Ste.Aune ayant eu lieu le même jour que ceux de Nicolet, le Surintendant a cru cependant devoir visiter aussi la premiere de ces deux institutions ainsi que l’école d’agriculture et la ferme-modèle qui y sont maintenant adjointes.Sur une de ces gracieuses petites montagnes, qui paraissent avoir été semées dans la vallée du St.Laurent depuis St.Rocli jusqu’à la Rivière du Loup, s’élèvent aujourd’hui des édifices qui feraient honneur à nos plus grandes cités et que l’œil du voyageur est agréablement surpris de découvrir dans un site aussi agreste.L’église et le collège de Ste.Anne sont, en effet, des monuments qui font le plus grand éloge du zèle et du bon goût des habitants de cette partie du pays, et c’est avec un légitime orgueil qu’ils les montrent loin à l’étranger.Nous donnerons une assez bonne idée de l’un de ces édifices, à nos lecteurs du district de Montréal, en leur disant qu’il offre une assez grande ressemblance avec le collège Ste.Marie, en supposant terminée, une des deux ailes qui doivent compléter ce dernier.Il est situé à mi-côte et et; arriére se trouve un monticule couvert de bois et sur lequel on a élevé un monument couronné par une statue de la Ste.Vierge.Des jardins et des bosquets qui s’étendent eu arrière du collège, un vaste jeu de paume, et de jolies tonnelles de verdure complètent le coup-d’œil de ce côté ; à moins que l’on ne s’avance au bord du coteau, alors on y découvre une vaste plaine parfaitement cultivée et où se trouve la ferme-modèle.Du côté du fleuve le coup-d’œil est tout ce que l’on peut imaginer de grandeur calme et sereine, de variété gracieuse et pittoresque, de fraîcheur et de limpidité délicieuses, au voisinage du grand fleuve bleu, sous le beau ciel de notre pays.La pointe de la Rivière Ouelle, qui forme une anse vaste et profonde, ne borne cependant point l’horizon de ce côté, car, au delà s’étend le fleuve, et sur la côte la suite de villages, de montagnes et de champs cultivés qui le bordent à perte de vue.Et immédiatement sous vos pieds, des champs aux couleurs variées, semés de blanches maisons, glissent par une pente douce et onduleuse jusqu’à la grève, où le fleuve, large et glacé, semble un lac borné par les hautes montagnes de la rive Nord.A son tour, vue du fleuve ou du chemin, la petite montagne qui porte sur son flanc le collège et l’église offre un ravissant aspect.Les deux édifices, pressés l’un près de l’autre, la flèche de l’un s’élevant tout auprès du dômede l’autre, semblent, par une pensée juste et profonde, se prêter un mutuel appui.Sur la façade principale de l’édifice se trouve une inscription commémorative de sa fondation et de son généreux et courageux fondateur, M.le curé Painchaud.Dans le principal vestibule se trouvent aussi les obituaires de plusieurs bienfaiteurs de l’institution.La double pensée de la mort et de la reconnaissance qui accueillent l’étranger au seuil de cette maison, a quelque chose de grand et de touchant.La distribution intérieure du collège offre de grands avantages sous le rapport des études et sous celui de l’hygiène.Les nouveaux dortoirs sont munis d’un appareil de ventilation aussi ingénieux qu’excellent.La bibliothèque et le musée occupent une grande salle à galeries qui réunit deux étages de la maison.Parmi les curiosités du musée se trouve une lettre autographe de Chateaubriand, au fondateur de l’institution.L’école d’agriculture est installée dans un édifice séparé et nouvellement érigé.On y trouve déjà une petite bibliothèque agricole, des cartes, tableaux, etc.Le livre de comptabilité de la ferme-modèle, renferme tous les détails que l’on peut désirer; il est tenu à tour de rôle par les élèves.La terme-modèle a des étables, une porcherie, une bergerie, un pou-1 ailler, et une laiterie, construits d’après des plans fondés sur les améliorations les plus récentes, en autant qu’elles peuvent convenir au pays.Un champ pierreux à été nettoyé, et l’on a fait tout autour JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.147 d’excellentes clôtures en pierres, qui ont déjà été imitées par quelques cultivateurs des environs.Un autre champ, marécageux, a été egouté au moyen d’un système de drainage simple et facile, qui pourrait être imité avec avantage.La ferme possède déjà plusieurs races d’animaux importées, qui commencent à sc répandre dans toute la côte du sud.On a commencé aussi à former uri musée d’instruments d’agriculture, qui ne manquera point d’être de la plus grande utilité.On voit que rien n’est négligé pour donner à cet établissement naissant toute l’efficacité désirable.Il est à regretter que tant d’efforts n’aient pas été jusqu’ici mieux récompensés, et que l’école d’agriculture n’ait encore eu que très-peu d’élèves.Ce résultat est d’autant plus étonnant qu’il y a des années que l’on demande à grands cris l’établissement d’écoles d’agriculture.Près de cet édifice se trouve l’école-modèle de la paroisse.Elle est installée dans un local assez spacieux, dirigée par deux excellentes institutrices, et contient pour ces dernières un logement convenable.Tout cet ensemble d’institutions d’enseignement est situé à une liés petite distance d’une des stations du chemin de fer (irand-Tronc, qui le fait ainsi communiquer facilement avec tous les grands centres de population.Le Surintendant a profité de cette occasion pour visiter un bon nombre d’académies, d’ècoles-modèles et d’écoles élémentaires dans les paroisses de la Rivière Ouelle, de St Paschal, de St.Louis de Kamouiaska, de la Riviere du Loup et de Cacouna.Les pensionnats des Sœurs de la Congrégation à la Rivière Ouelle et à St.Louis de K'amouraska, ceux des sœurs de Charité à Ca-conna et des Sœurs du Bon Pasteur à la Rivière du Loup, occupent des édifices nouvellement érigés, qui font le plus grand honneur au zèle et à l’intelligence des habitants de cette partie du pays.Ils sont entretenus avec cette propreté, disons-même avec cette élégance, qui caractérisent partout aujourd’hui, cette classe d’institutions.On a aussi bâti à la Riviere du Loup une maison pour une école-modèle de garçons qui par ses dimensions et l’élégance rie sa construction, mérite des éloges.On se propose d’y placer un instituteur formé à l’Ecole-Normale.Les écoles-modeles de garçons de la Rivière Ouelle et de St.Paschal, sont dirigées avec succès par d’anciens élèves de l’école normale Laval.Ce qui a pu être jugé défectueux dans les écoles élémentaires qui ont été visitées, a été signalé à l’attention de MM.les Commissaires et de MM.les curés.La propagation du système d’enseignement simultané-mutuel, le seul rationnel et le seul qui soit économiques applicable au pays, ainsi que l’introduction des leçons de choses, du calcul de mémoire, de la lecture raisonnée et de l’enseignement oral et cathé-chistique, rencontrent malheureusement dans les préjugés des parents des obstacles auxquels MM.les Commissaires et MM.les instituteurs eux-mêmes cèdent trop facilement.L’emploi de moniteurs, auquel quelques parer.ts semblent très-opposés, est le seul moyen de diriger une école convenablement, sans perte de temps, et de tenir tous les éleves occupés.Il n’y a pas une mère de famille qui ne s’en serve à la maison, et qui n’emploie une jeune soeur un peu plus âgée à conduire et à instruire plus ou moins ses petites sœurs.On ne peut qu’en apparence obvier aux inconvénients des autres systèmes, et cela seulement en multipliant les écoles ou en multipliant les sous-maîtres et les sous-maîtresses, manière d’agir ruineuse pour les municipalités, lorsqu’elle ne l’est point pour les instituteurs, ce qui malheureusement arrive plus souvent.Le système simultané-mutuel est, du reste,celui que suivent avec un très grand succès dans nos grandes villes, les Frères des Ecoles Chrétiennes, si justement populaires.Leurs examens publics ont été comme d’habitude à Québec, à Montréal et aux Trois-Rivières, de véritables fêtes.Le Surintendant a pu assister aux deux séances française et anglaise, qui ont eu lieu au Cabinet de Lecture Paroissial à Montréal.La vaste salle de cet édifice était chaque jour encombrée d’auditeurs.Les enfants, dans l’une et dans l’autre séance, ont fait preuve des plus grands succès.On a remarqué avec plaisir un bon nombre d’élèves dont la langue anglaise est la langue maternelle parmi ceux qui ont été couronnés à la séance française et vice versa.La déclamation, la musique vocale et la musique instrumentale, l’arithmétique mentale n’ont rien laissé à désirer.La séance française était présidée par M.BinVuidelle, et la séance anglaise par M.Dowd, du séminaire de fit Sulpice.Ces deux messieurs, ainsi que le Surintendant, ont pris la parole ; le second jour, M.Dougherty, avocat, s’est joint à eux pour féliciter les bons frères et les parents sur )es résultats de l’année.Rapport du .Surintendant de l’Instruction Publique du Bas-Canada pour l’année 1860.(Suite et Fin.) Le grand tableau synoptique rte toutes les statistiques scolaires est du nombre de ceux que l’assemblée législative a jugé à propos de publier chaque année.Le nombre total des écoles en opération sous le contrôle des commissaires et des syndics a été 2,730, augmentation sur 1859 :—53.Le nombre total des écoles primaires, tant sous contrôle qu’indépendantes, a été de 3,076, le nombre des eléves de 144,905, augmentation, 3,372.L’augmentation est loin d’être aussi considérable que l’année dernière.Un certain nombre d’écoles ont été fermées par suite du refus qui a dû être fait de payer la subvention à des municipalités qui employaient des instituteurs non munis de diplômes.Si le département n’avait point montré d’indulgence encore cette année envers quelques localités éloignées et qui avaient fait tout leur possible pour se conformer à la loi, il est probable qu’il y aurait eu une diminution assez considérable dans le chiffre des élèves fréquentant les écoles sous contrôle.Je n’ignore point ce qu'un tel résultat peut avoir Je pénible sous plusieurs rapports ; mais les avertissements n’avaient pas été épargnés aux autorités locales et il était temps que la loi reçût sa pleine exécution dans plusieurs paroisses oû l’on semblait ne point vouloir s’y conformer.Le nombre d’instituteurs et d’institutrices munis de diplômes qui ont enseigné dans l’année est de 2,344: augmentation, 280.Le no Tibre de ceux et de celles qui ne sont point munis de diplômes est de 971 ; diminution, 180.On voit que si l’insistance du département à l’égard des diplômes n’a pas encore obtenu tout son effet, elle n’a pas été non plus sans résultats appréciables.Le petit tableau suivant montrera le progrès qui a été fait depuis cinq ans dans cette direction.ANNÉE.1856 1857 1858 1859 1860 Instituteurs et institutrices munis de diplômes, enseignant 752 1632 1894 1964 2344 Instituteurs et institutrices non munis de diplômes, enseignant 2018 1120 1033 1141 971 Le chiffre de l’augmentation des instituteurs et des institutrices munis de diplômes est de 1,592, c’est-à dire de 211 pour cent; tandis que celui des instituteurs et des institutrices non munis de diplômes a diminué de 1,047; ou de 107 pour cent depuis cinq ans Les chiffres ci-dessus comprennent bon nombre d’instituteurs d’écoles indépendantes, d’assistantes-institutrices dans des écoles sous contrôle, et de membres de communautés religieuses qui sont exempts par la loi de l’obligation de posséder un diplôme.Le chiffre des instituteurs et des institutrices laïques dirigeant des écoles sous le contrôle des commissaires et des syndics sans être munis d’un diplôme ne s’est pas élevé cette année au-delà de 519.Le nombre d’instituteurs recevant moins de $100 est de 39, il était de 97 l’année dernière ; diminution, 58; le nombre de ceux qui reçoivent de S100 à $200 est de 478 ; il était de 487 en 1859 ; diminution, 9; le nombre de ceux qui reçoivent de $200 à $400 e.xclusrvement est de 327 ; il était de 341 en 1859 ; diminution, 14 ¦ enfin le nombre de ceux qui reçoivent $400 et au-dessus est de’ 65 ; il était de 51 en 1859 ; augmentation, 14.Le nombre des institutrices recevant moins de $100 est de 989 ; diminution 11 ; le nombre d’institutrices recevant île S100 à $200 exclusivement est de 1,207; augmentation, 185; le nombre recevant de $200 à $400 exclusivement est de 109; augmentation, 3 • une seule institutrice reçoit au delà de $400.Il est à observer que les instituteurs et les institutrices qui reçoivent les‘plus petits salaires sont assez souvent des assistants ou des assistantes qui sont payés par le maître ou par la maîtresse à la tête de l’école, et reçoivent aussi quelquefois la pension en sus du traitement sans qu’il en soit tenu compte.De même aussi, je dois ajouter que ces sommes ne comprennent point le loyer et' le bois de chauffage, accordés dans beaucoup de municipalités.Les rapports des inspecteurs ne contiennent point d’autres observations, r.i d’autres suggestions que celles qui ont été à plusieurs reprises signalées dans leurs rapports et dans les miens. 148 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Les lois qui ont trait à l’instruction publique ayant été refondues et mises en ordre, il sera plus facile de corriger plus tard ce qu’elles peuvent encore avoir de défectueux.Les changements qui y ont été faits depuis quelques années, ont en général des résultats favorables.La disposition de la loi qui donne aux instituteurs le droit de demander à ce département une indemnité à déduire de la part de la subvention, lorsqu’ils sont injustement congédiés par les commissaires d’école, a donné au corps enseignant une protection efficace et crée pour lui un tribunal d’un accès facile et peu coûteux.L’exécutif a assimilé à une destitution injuste le refus de renouveler l’engagement, lorsqu’on n’avait point donné l’avis de trois mois, prescrit par un sage règlement de mon prédécesseur, que j’ai cru devoir confirmer.Ce renouvellement tacite de l’engagement est absolument dans l’esprit de nos lois et personne ne j saurait contester l’équité de la doctrine qui l’applique à une classe \ d’hommes aussi utiles et qui en général ont à lutter contre tant et i de si grandes difficultés.Dans l’adjudication de ces indemnités, le département a dû être I très-modéré et très circonspect, et je suis heureux de dire, que tout en rendant justice aux instituteurs, le montant total dont ont été privés jusqu’ici les fonds locaux des municipalités est seulement de $363.Les municipalités suivantes se sont vues condamner à payer des indemnités variant depuis $10 à $80, savoir : Soiel, St.Alexandre d’Iberville, St.Thomas de la Rivière du Sud en 1S57 ; la Côte des Neiges, le Coteau St.Louis, Bécaucour, Yamachicheet St.Thomas de Joliette en 1858; la Présentation et St.Jérôme en 1859; St.Lazare de Bellechasse et St.Germain de Rimouski en 1861.J’ai tout lieu d’espérer que ces exemples donneront une sanction suffisante à la loi et au règlement, et qu’à l'avenir les commissaires d’école éviteront de donner lieu à de semblables plaintes.Quelques uns ont cru pouvoir éluder l’injonction du département en donnant au commencement de l’année, sans raison aucune et sans avoir pu même se rendre compte deieur aptitude, avis, à tous leurs instituteurs, qu’ils n’eritendaient point continuer leur engagement.Ils ont été informés que le département ne tolérerait pas une telle conduite et ne tiendrait aucun compte d’avis donnés de cette manière.D’autres ont stipulé, avec les instituteurs, une exemption de cette formalité.Bien que les instituteurs qui consentent à une telle stipulation, soient coupables d’enfreindre ainsi un reglement qui est leur protection et celle de leurs confrères, tel est cependant le peu d’indépendance et la condition pénible dans laquelle se trouvent un grand'nombre d’entr’eux, que j’ai cru devoir les protéger même contre leur propre imprudence et insister sur l’abandon de ce nouveau mode d’éluder les instructions du département.Les commissaires auraient d’autant plus mauvaise grâce à se plaindre de l’opération de ce règlement, qu’il ne les empêche point de destituer en" tout temps les instituteurs qui remplissent mal leur devoir ; et qu’ils ont de plus à l’égard de ceux dont la conduite est immorale le droit de faire révoquer leurs diplômes parle conseil de l’instruction publique.L’objet de ce règlement est donc simplement d’empêcher qu’à la dernière heure on ne mette au rabais le traitement de l’instituteur en le forçant de s’engager aux taux qu’accepteraient des concurrents peu capables et souvent non munis de diplômes.Je regrette d’avoir à ajouter que cette tendance à diminuer les salaires des maîtres d’école, semble, en quelques endroits, difficile à combattre, et il y a surtout dans quelques municipalités une malheureuse jalousie "parmi les contribuables des autres arrondissements, contre l’école modèle de la paroisse.J’ai dû, dans plusieurs circonstances, recommander l’érection de l’arrondissement dans lequel se trouve l’école modèle en municipalité et dans tous les cas je suis heureux de dire que le gouvernement est décidé à employer tous les moyens en son pouvoir pour maintenir les écoles-modèles, là où elles existent et pour les faire établir là où elles devraient exister.L’école-modèle, ou pri-maire-superieure, est destinée à répandre dans le pays une éducation vraiment utile au commerce et à l’industrie, et a mettre notre jeunesse, sous le rapport des connaissances, au niveau de celle des autres pays.Il suffit de comparer nos statistiques scolaires avec celles du Haut-Canada, pour voir combien malgré les progrès incontestables que nous avons faits depuis quelques années, nous avons encore a lutter pour que l’instruction publique atteigne à sa base, c’est-à-dire dans les écoles primaires, le plein développement indispensable à un pays doué d’un gouvernement représentatif, à un pays dont les ressources matérielles sont si grandes et dont la p ospérité pourrait recevoir une si vive impulsion de la diffusion générale de connaissances utiles, et d’une forte éducation pratique.Il est indubitable que le progrès a dû rencontrer et rencontre encore tous les jours dans le système électif qui s’applique à la nomination des commissaires d’école les plus grands obstacles.Ces obstacles diminueront cependant à mesure que grandira la génération qui a reçu une éducation élémentaire, car il n’y a guère plus de dix à douze ans que l’on peut considérer notre système d’instruction publique comme généralement établi dans le pays, et même les premières couches des générations qui ont pu en profiter ne sont pas encore arrivées aux affaires dans la plupart des municipalités.Cependant ce qui a été "acquis sous l’empire du système électif est déjà si considérable qu’il est maintenant hors de question d’y renoncer.Ce sera même plus tard un sujet d’orgueil pour le peuple du Bas-Canada, que de s’ètre élevé de ses propres mains à une époque où l’éducation élémentaire était si peu répandue, et cela sans presqn’aucune mesure coërcitive, un vaste ensemble d’écoles dont le nombre, l’organisation et l’efficacité s’accroissent graduellement.Un tel résultat n’aurait pas pu s’obtenir d’un peuple qui, à défaut de l’instruction de l'école, n’aurait pas eu une excellente éducation domestique et de fortes et saines traditions, comme le prouve du reste la moralité du Bas-Canada, constatée'par la statistique criminelle de ce continent.L’action du clergé et les maisons d’éducation, tant indépendantes que subventionnées, qu’elle a multipliées dans le pays ont surtout donné l’élan ; les amis de l’éducation ont trouvé dans ces puissants auxiliaires les moyens de vaincre la résistance qu’opposaient en quelques endroits l’avarice et l’ignorance aidées de perfides conseils.Cette résistance cependant n’a point complètement disparu; mais elle a changé de terrain.Il est aujourd’hui admis partoul qu’il faut des écoles ; s’il n’est point d’endroit, pour bien dire, qui veuille s’en passer, si même la loi a pu faire de la perte de la subvention une des clauses comminatoires les plus redoutées dans le cas d’infraction à ses autres dispositions, et aux règlements du département ; d’un autre côté il est bien certain que l’élévation du traitement des instituteurs et les diverses réformes nécessaires dans l’enseignement rencontrent encore beaucoup d’opposition.Et cependant elles sont de la plus haute importance, même au point de vue de la diffusion plus générale de l’éducation élémentaire dans le pays.L’apathie des parents, leur négligence à envoyer leurs enfants régulièrement à l’école, seront surtout vaincues par les bons résultats que pourra donner l’éducation reçue par les enfants qui les fréquentent.Or les résultats obtenus dans des ecoles inférieures, mal tenues par ries maîtres mal rétribués, ne sauraient avoir cet effet.Le meilleur moyen d’augmenter le nombre des élèves est donc l’amélioration de l’école, et par conséquent l’amélioration de la condition de l’instituteur.C’est pour cet objet que ceux qui ont déjà lutté avec tant de courage, et ceux qui veulent marcher sur leurs traces, doivent lutter aujourd’hui.Il est bien vrai qu’à raison de la configuration particulière de nos établissements, de l’éloignement où sont les maisons les unes des autres et de la longueur des rangs ou concessions; à raison aussi de la rigueur du climat, et de la pauvreté de bien des localités, il ne sera jamais possible d’obtenir qu’une aussi forte proportion des enfants fréquente l’école que dans le Haut-Canada et dans l’état de Massachussets; mais il ne doit pas nous suffire que cette proportion soit déjà plus élevée que dans d’autres pays, qu’en Angleterre et en France par exemple ; dès qu’il est évident, (et cela n’est contesté par personne) qu’un bien plus grand nombre pourrait et devrait les fréquenter, il est certain qu’un grand mal existe et qu’aucun effort ne doit être épargné pour y remédier.Dans le Haut-Canada, bien que les rapports du Surintendant montrent une très-forte proportion d’enfants fréquentant les écoles, on discute cependant divers moyens de forcer les parents à les y envoyer d’avantage.Des amendes et même l’emprisonnement sont employés dans quelques états de l’Europe; mais, outre que l’application d’un tel remède serait difficile dans ce pays et répugnerait à nos institutions, j’ai l’espoir que ceux que j’ai déjà indiqués suffiront: comme cette réforme est une de celles qui requièrent le concours de toutes les volontés et de tous les dévouements, on ne saurait trop y appeler l’attention publique.Le prélèvement de la rétribution mensuelle, laquelle est exigible, comme on le sait, pour les enfans qui ne fréquentent point les écoles, tout aussi bien que pour ceux qui les fréquentent, est un puissant moyen d’engager les parents à les y envoyer assidûment.On a tenté, à plusieurs reprises, de faire disparaître cette disposition de la loi ; je crois qu’au contraire cette rétribution devrait §tre prélevée plus rigoureusement que par le passé, et que tout en admettant gratuitement, comme la loi le permet, les enfants des indigents dans nos écoles, on devrait insister surtout à faire payer les JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.149 parents qui négligent de procurer à leurs enfans l’instruction que l’état a si libéralement mise à leur portée.Dans un bon nombre de paroisses où la rétribution mensuelle était difficile à prélever, on a doublé la cotisation et on a cessé d’exiger la rétribution ; dans quelques endroits, on s’est ainsi procuré des sommes plus considérables que celles qu’eussent données la simple cotisation obligatoire et la rétribution.Je n’ai pas jugé à propos, dans ces circonstances, de faire intenter contre les commissaires les poursuites auxquelles ils s’exposent en ne prélevant pas la rétribution mensuelle.Ceux cependant dont les écoles ne sont pas bien fréquentées seront amenés, je l’espère, à rétablir la rétribution mensuelle tout en maintenant le nouveau laux de cotisatiôn qu’ils sont heureusement parvenus à établir.Dans quelques paroisses où j’ai pu obtenir ce résultat, les commissaires s’en sont bien trouvés, et sous le rapport des finances qui leur ont permis de se procurer de bons maîtres, et sous le rapport du nombre et de l’assiduité des éleves.Il y a lieu d’espérer que leur bon exemple sera suivi partout où cette mesure sera nécessaire.J’ai l’honneur d’être, Monsieur, Votre très-humble et obéissant Serviteur, P.J.O.CHAUVEAU, Surnt.de l'Education.Treizième Conférence de l’Association des Instituteurs de la Circonscription de l’Ecole Normale Laval, tenue le 25 Mai, 1861.Furent présents : Le Rév.Messire Jean Langevin, Pire., Principal de l’Ecole Normale Laval, M.l’abbé N.Fortier, F.E.Juneau, écr., Inspecteur d’Ecole, M.Dalaire, délégué de l’Association Jacques-Cartier, M E.Sirnays, membre de l’Association de Montréal ; MM.J.C.L.Lafrance, Président de l’Association Laval, N.Laçasse, F.X.Toussaint, A.Doyle, J.IL Cloutier, N.Thibault, C.Dufresne, A.Legendre, Fis.Fortin, C.B.de Guise, E.Noël, James Donnely, Cléophe Côté, Ls.Lefèbvre, A.Esnouf, G.Tremblay, P.Bourassa, Cyp.Gagné, L.Dumas, Joseph Létour-neau et les élèves-maîtres de l’Ecoie Normale.Le Secrétaire donna lecture des procédés de la dernière séance, lesquels furent adopiés.M.le Président, C.L.L.Lafrance, continua l’histoire du Canada sous la domination anglaise, et il parla des divers évènements arrivés depuis la conquête.M.N.Thibault traita la question suivante: L’enseignement est-il une profession ?Ce monsieur sut prouver que l’enseignement est véritablement une profession, et que comme telle, elle a droit à la protection et aux égards accordés aux autres professions dites libérales.M.C.Dufresne entretint l’Association sur le “ Progrès.” M.le Principal J.Langevin parla sur la nécessité et l’importance de la lecture ; il expliqua comment on doit lire pour tirer tout le profit désirable de ses lectures, indiqua quelles espèces d’ouvrages on doit lire de préférence et celles dont la lecture toujours nuisible est souvent dangereuse.Proposé par M.N.Thibault, secondé par M.N.Laçasse, et Résolu,—Que cette Association renvoie pour le moment à une époque indéterminée la question de la fixation du minimum du salaire des instituteurs, et que le surintendant veuille bien refuser une allocation spéciale aux écoles n’accordant point à leurs maîtres un salaire suffisant.La résolution suivante, passée le malin au conseil, fut adoptée.Proposé par M.James Donnely, secondé par M.N.Thibault, et Résolu.—Que les essais lus à l’association soient réunis dans un cahier pour être conservés.M.F.X.Toussaint informa l’association que des circonstances imprévues l’empêchaient de se rendre à Montréal, comme délégué de cette association auprès de l’association Jacques-Cartier.En conséquence.Sur motion de M.N.Thibault, secondé par M.Jos.Létourneau, il fut Résolu,—Que cette association nomme actuellement M.C.J.L.Latrance, comme son délégué auprès de l’association Jacques-Cartier.Proposé par M.N.Laçasse, secondé par M.N.Thibault, et Résolu,—Que cette association a appris avec une profonde douleur la mort prématurée de Joseph Lenoir, écr., bibliothécaire du département de l’éducation et assistant-rédacteur du Journal de l'Instruction Publique, et qu’elle partage vivement le regret qu’éprouvent tous les amis de l’éducation de la perte sensible que cette mort cause à la littérature canadienne.Ensuite, M.Dalaire, délégué de l’association Jacques-Cartier, exprima le plaisir qu’il ressentait de se trouver parmi les instituteurs du district de Québec et peignit dans quelques paroles bien senties la nécessité pour le corps enseignant d’une union étroite entre les deux associatians, faisant de plus ressortir les résultats immenses qui découleraient pour l’avenir du pays d’une forte organisation qui réunirait tous les instituteurs par un lien commun.M.le président répondant aux paroles amies de M.le député de Montréal, félicita l’association Jacques-Cartier, d’avoir acquiescé à la demande de l’association Laval en députant auprès d’elle un délégué, et exprima l’espoir de voir par l’union complète des instituteurs de Québec et de Montréal, s’ouvrir une ère nouvelle de progrès et de force pour la classe enseignante.M.E.Sirnays parla ensuite sur les services que les instituteurs peuvent rendre au pays en s’occupant activement de colonisation, en faisant comprendre aux populations au milieu desquelles ils vivent, l’obligation de s’emparer du sol.Sur motion de M.X.Toussaint, secondé par M.J.B.Cloutier, il fut Résolu,—Que les membres de cette association voient avec plaisir la présence à cette conférence de M.Dalaire, député de l’association Jacques-Cartier, ainsi que celle de M.Sirnays, et prient ces messieurs d’accepter leurs remercimenls les plus sincères pour les paroles bienveillantes qu’ils leur ont adressées.La discusion du sujet : “Jusqu’à quel point on peut enseigner la politesse dans les écoles,” fut remise à la prochaine séance.L’association discutera aussi à sa prochaine séance le sujet suivant : “Quels services les instituteurs peuvent-ils rendre à la colonisation du pays ?” MM.F.X.Toussaint, J.C.L.Lafrance, C.Dufresne, N.Thibault, C.B.de Guise voulurent bien promettre de traiter chacun un sujet à la prochaine réunion.Et l’assemblée s’ajourna au dernier samedi du mois d’août prochain.(Signé,) C.J.L.Lafrance, Président.Jos.Létourneau, Secrétaire.Note sur la résidence en Canada de S.A.R.le Prince Edouard et de S.A.R.le Prince William Henry.I La relation du voyage de S.A.R.le Prince de Galles, accueillie avec une grande faveur par nos lecteurs, nous a engagé à faire quelques recherches dans les papiers-nouvelles du temps, sur ce qui avait pu se passer à l’occasion de la présence dans les colonies de l’Amérique du Nord de deux autres Princes du sang royal, dont l’uu fut le père de notre gracieuse Souveraine, et dont l’autre fut son prédécesseur immédiat le roi Guillaume IV.Le Prince William Henry, troisième fils du roi George III, (1) était né en 1765 ; il n’avait conséquemment que 22 ans lorsqu’en 1787 il vint en Canada.Il était alors capitaine de la frégate Pégasus, après avoir débuté par être simple aspirant en marine (midshipman) et avoir passé par tous les autres grades.Parti de la Jamaïque il arriva en quinze jours de passage à Halifax, le 28 juin.Il y débarqua au bruit de l’artillerie au milieu d’un grand concours de peuple, les troupes de la garnison formant la haie.On n’avait pas encore inventé les processions dans le genre de celles dont nos lecteurs ont vu tant de descriptions.11 n’est point non plus question de hurrahs qui auraient pu se comparer plus tard avec ceux qui devaient être poussés à Québec et à Montréal et donner la mesure exacte de la vigueur relative des poumons, sinon de la fidélité et du dévouement des citoyens de ces diverses villes à cette époque, comme les journalistes et les correspondances des journaux étrangers ont eu soin de le faire dernière- (1) George III avait sept fils : lo George Auguste Frédérick, Prince de Galles; régent en 1810 et souverain en 1820 sous le non) de George IV ; 2o Frédérick, duc d’York et d’Albany, mort en 1827.3o William Henry, duc de Clarence, qui régna en 1831 sous le nom de Guillaume IV; 4o Edouard, duc de Kent, père de S.M., qui mourut en 1S20; 5o Ernest Auguste, roi de Hanovre et duc de Cumberland, mort en 1851 ; 6o Auguste Frédérick, duc de Sussex, mort en 1843 et 7o Adolphe Frédérick, duc de Cambridge, mort en 1850.George IV n’eut, d’enfant que la Princesse Charlotte, mariée à Léopold, aujourd’hui roi des Belges, laquelle mourut étant l’héritière présomptive du trône, le (3 novembre 1817, à l’âge de 21 ans.Guillaume IV, n'ayant point d’etifant, Victoria, fille unique du quatrième fils de George III, monta sur le trône en 1837. 150 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.ment : “ mais la satisfaction répandue sur tous les visages, dit le journal d’Halifax, traduit par la Gazette de Québec, manifestait grandement la loyauté et l’affection que les habitants d’Halifax portent à Sa Majesté très-sacrée et à son illustre fils.” (.1) A son entrée dans la maison du gouvernement, S.A.R.reçut l’adresse du Gouverneur et du Conseil et y répondit : “ Son Altesse Royale fut traité par le gouverneur et après diner on but plusieurs santés loyales dont chacune fut accompagnée d’une décharge de l’artillerie rangée devant la maison du gouvernement.La soirée finit par un bal que donna le gouverneur.Toute la ville lut bruyamment illuminée : en un mot tout avait un aspect de joie et de plaisir.” Le mardi suivant, il y eut grande revue, après laquelle S.A.R.se rendit avec S.E.le gouverneur l’arr à la maison du gouvernement où il lui fut présenté une adresse de la part des habitants, à laquelle elle fit une bien gracieuse réponse.L’arrivée du Prince à Québec fut précédée par celle d’une partie de l’escadre du Commodore Sawyer qui montait lui-même le Leander, vaisseau de 50 canons, (capitaine i.Berclay').Il était accompagné du Ressource, commandant Paul Minchin, et de VAriadne, commandant Osburu.Il y avait de plus dans le port de Québec le Tlasbé, commandant Coffin, venant d’une croisière, et quatre vaisseaux qui avaient été nolisés comme tranports pour amener à Québec partie des 5e, 26e et 54e régiments.Un de ces navires avait nom le “ Lord Mulgrave.” Guy Carleton, Lord Dorchester, était alors gouverneur de la province de Québec qu’il administrait en vertu de l’acte du parlement impérial dit “Acte de Québec, ou de 1764.” Les lois ou ordonnances étaient faites par un Conseil Législatif dont les membres étaient nommés par la couronne, et sanctionnées par le gouverneur.Le gouverneur Carleton qui avait été aide-de-camp de Wolf, se montrait juste et bienveillant envers les nouveaux sujets de Sa Majesté comme on appelait alors les franco-canadiens et il était universellement aimé (2).Le mardi, 14 août, de grand matin, le Pégasus mouilla devant Québec.Le major Beckwith et le capitaine de St.Ours, deux des aides-de-camp de S.E., allèrent à bord “savoir le plaisir de S.A.R.au sujet de son débarquement.” Le lendemain, à onze heures, le Prince se rendit de son vaisseau au Leander qui portait le pavillon du commodore ; on déploya à bord de ce vaisseau l’étendard royal et on tira une salve de 21 coups Je canons.“ Peu après, cinq berges, celle du Prince, précédant les autres et ayant l’étendard royal, celle du commodore portant la grande flamme, et celles des capitaines Coffin, Osborne et Minchin, portant les leurs, partirent en procession du Leander, qui réitéra une salve royale.Son A.R., en passant le long de la ligne des quatre autres navires, fut saluée de même de 21 coups de canon ; les hunes et vergues étaient garnies de leur monde, ainsi que les vaisseaux marchands, transports, qui, à mesure que la procession passa, saluèient le Prince de trois acclamations, de manière que rien ne pouvait excéder l’ordre, la régularité et le bel aspect de cette première partie de la cérémonie.“ En débarquant sur la grève, près de la place du marché de la Basse-ville, S.A.R.fut reçue par l’honorable Brigadier général Hope, lieutenant-général de la province, les membres du conseil, les divers corps du clergé, de la justice et de la noblesse ; et, dès qu’il eût mis pied à terre, on le salua de 21 coups de canon tirés de la grande batterie.” De là, S.A.R., précédée des officiers qu’on lui avait donnés pour aides-de-camp, parmi lesquels se trouvait le Capt.St.Ours, passa par les rues bordées par les trois régiments de la garnison, et les corps de milice britannique et canadienne.Le premier de ces corps se composait des anciens sujets ou colons anglais, parmi les (1) Les passages que nous donnons entre guillemets sont textuelle" ment copiés de la “ Gazette de Québec.” Cette feuille, la plus ancienne du pays puisqu’elle commence en 1764, se publiait alors en anglais et en français.Elle était d’un format un peu plus grand que celui de la Gazette du Canada ; mais n’avait que quatre pages et rarement un supplément.Elle contenait principalement des annonces officielles, et un sommaire des nouvelles d’Europe.Nous devons à l’obligeance de Sir L.H.LaFontaine,qui possède une des rares collections complètes de ce papier-nouvelle, d’avoir pu le consulter.(2; Les Conseillers Législatifs étaient à cette époque : les honorables Henry Hope, Lieutenant gouverneur, William Smith, juge en chef, Hughes Finlay, Thomas Dunn, juge, Edouard Harrison, John Collins, Adam Mabane, juge, J.G.Chaussegros de Léry, George Pownall, Picotté Bellestre, John Fraser, juge, Henry Caldwell, William Grant, Paul Roch de St.Ours, François Baby, Joseph de Longueuil, Samuel Holland, George Davison, Sir John Johnson, Baronet, Charles de La-naudière, R.A.de Boucherville, et Recompte Dupré.officiers desquels, cependant, nous remarquons plusieurs noms français, des huguenots sans doute ou des Guernesais.“ Lorsqu’il arriva sur la Place d’Armes, quatre pièces d’artillerie, qui y étaient placées, tirèrent un autre salut royal.Lorsque Son Altesse Royale entra dans la cour du Château, où la garde, commandée par un Capitaine avec un pavillon, était prête à le recevoir, elle fut rencontrée par Son Excellence Lord Dorchester, Gouverneur General, accompagné de sa suite et des officiers majors, qui la conduisit dans la maison du roi.Là le lieutenant-gouverneur et les membres du Conseil de Sa Majesté eurent l’honneur d’être introduits et de présenter à Son Altesse Royale l’adresse suivante : A SON ALTESSE ROÏALE LE PRINCE WILLIAM HENRY, L’humble adresse du Lieutenant-Gouverneur et des membres du Conseil de Sa Majesté de la province de Québec, Si Votre Altesse Royale veut bien le permettre, Nous prenons la liberté de présenter à Votre Altesse Roïale nos compliments sur votre arrivée en cette province, pénétrés des sentiments les plus sincères de reconnaissance et de joie en voyant parmi nous, en qualité d’officier de marine, un Prince de votre Roïale et illustre famille.Vraiment sensibles aux avantages dont nous jouissons sous le gouvernement sage de Sa Majesté et attachés avec zèle à sa personne sacrée et à sa famille, pendant que l’attention paternelle du Roi est tournée sans relâche à la prospérité et au bonheur de son peuple, nous ne pouvons nous taire sur la sûreté future que Votre Altesse Roïale procurera aux sujets de Sa Majesté en cette province conjointement avec les autres parties de l'empire, en se dévouant dès le commencement de votre carrière à l’étude difficile et à l’exercice pénible d’une profession d’où dépend la principale défense de tous les Etats de Sa Majesté.Et c’est avec la pins vive satisfaction que nous prévoions, par une confiance bien fondée, I epoque où l’expérience et les connaissances qu’aura acquises Votre Altesse Roïale augmenteront la force de la nation et jetteront un nouveau raïon de gloire sur la maison de Brunswick.Signé : HENRY HOPE.A laquelle le Prince fit la réponse suivante : Messieurs, C’est avec la satisfaction la plus sincère que je reçois dans la province de Québec si utile (texte anglais, so highly beneficial) à la couronne de la Grande Bretagne, cette adresse du Lieutenant-Gouverneur et des membres du Conseil de Sa Majesté pour cette province, remplie de tous les sentiments de loïauté et d'affection possibles pour la personne très-sacrée de Sa Majesté.Je profiterai avec plaisir de la première occasion qui se présentera d’exposer au Roi la sincérité et la reconnaissance de ce corps respectable envers leur Souverain, et combien tous les sujets de Sa Majesté dans cette colonie étendue sentent le prix des grâces et des bienfaits dont ils jouissent sous son sage et doux gouvernement.Il m’est impossible, Messieurs, d’exprimer avec (une) force (suffisante, ma reconnaissance) des égards dont vous jugez à propos de m’honorer dans cette adresse.11 est bien flatteur pour moi d’avoir été, quoique jeune encore d’âge, dans le service de Sa Majesté, si distingué par mes co-sujets dans les colonies.Heureux si je pouvais me persuader d’avoir mérité ces marques répétées d’indulgence oue je regarde comme un des motifs le plus fort qui m’engagera de suivre avec ardeur et un zèle sans relâche la profession que Sa Majesté a jugé à propos de me choisir afin que dans les guerres futures, lorsque je me trouverai dans l’occasion, je puisse me montrer digne de la confiance et du commandement, et prouver ma reconnaissance de3 distinctions qu’on a eues pour moi dans ma visite aux colonies sans les avoir méritées Signé: WILLIAM.“ Après quoi les Officiers des divers corps de la garnison et de l’Etat Major avec les Officiers des milices Britannique et Canadienne, le Clergé, les gens de justice, etc., eurent l’honneur d’être admis à présenter leurs respects à Son Altesse Royale.“ Le Prince dîna au Château avec le Commodore et les Capitaines de l’escadre, le Lieutenant-Gouverneur et ies membres du Conseil, le L eutenani-Colonel Hastings, commandant de la ville, et les Officiers commandants des différents corps.Le soir l’artillerie des diverses batteries, les troupes et les milices, qui bordaient les remparts de la vil i e et de la citadelle, tirèrent un teu de joie J et le tout fut conclu par une générale et brillante illumination.¦“ Le temps était toul-à-fait injavorable d cause de la pluie, mais partout se manifestoient la joie et la gratitude causées pat la visite de ce Prince.“ U ne faut pas omettre que les fenêtres des maisons, sur les rues par lesquelles passa Sou Altesse Royale, depuis le débarquement jusqu’au Château, étaient remplies de dames, ce qui augmentait de beaucoup la splendeur de cette perspective.‘¦ a cette heureuse et mémorable occasion, il a plu à Son Excellence le Gouverneur et Commaudant-en-Chef, d’ordonner que les prisonniers civils et militaires alors en prison pour aucun crime quelconque, à l’exception seulement de meurtre, soient mis on JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.151 liberté.C’est ainsi que l’on a célébré l’heureux jour auquel un fils de notre très gracieux Souverain a daigné honorer de sa présence cette partie éloignée des domaines de Sa Majesté.” Le vendredi, le Gouverneur fit une visite au Prince à bord du Pegasus et fut salué de 19 coups de canon à son entrée et sortie de bord.Le soir, il y eût au Château grande réception et grand nombre de dames eurent l’honneur d’être présentées à S.A.R.Le mardi, 21, étant un anniversaire de la naissance de S.A.'R., la flotte fut pavoisée, des salves royales furent tirées de la citadelle et de la Hotte, un feu de joie fut tiré par tous les régiments rangés sur la parade, le Gouverneur et les autorités allèrent complimenter le Prince à bord de son vaisseau ; S.A.R.vint ensuite 62 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.prix Th Freeman, 2 pr John Goodwin.Version Anglaise—1er prix R Giroux, 2 prix G Parent.Examens—1er prix ex œquo A Houle, R Giroux, 2 prix A St.Germain.Mémoire—1er prix A Houle, 2 prix J McLaughlin.GÉOMÉTRIE.Cours commun aux classes de Rhétorique et de Belles-Lettres— 1er prix Th Freeman, 2 prix J McLaughlin, 3 prix R Giroux.VERSIFICATION.Instruction Religieuse (Cours Français)—1er prix Théophile Giroux, 2 prix ex œquo Jules Larocque, Alexandre Deschamps.Instruction Religieuse (Cours Anglais)—1er prix James Mullen, 2 prix Samuel Trudel.Excellence—1er prix Daniel Anderson, 2 prix J Larocque.Vers Latins—1er prix D Anderson, 2 prix Eus-tache Prud’homme.Thème Latin-1er prix Etienne Grandbois, 2 prix D Anderson.Version Latine—1er prix L.Riel, 2 prix D Anderson.Version Grecque-—1er prix D Anderson, 2 prix J Mullen.Thème Anglais— Prix L Riel.Version Anglaise—Prix A Deschamps.Arithmétique—1er prix James Gallagher, 2 prix Hyp-polite Moreau.Examens—1er prix Etienne Grandbois, 2 prix D Anderson.Mémoire— 1er prix A Deschamps, 2 pr Zot Rascicot.MÉTHODE.Instruction Religieuse—1er pr Télesphore Dagenais, 2 prix ex œquo Quiquerand de Beaujeu, Alphonse Denis.Excellence—1er prix T Dagenais, 2 prix Octave Jannel.Thème Latin—1er prix O Jannel, 2 pr Beauchamp.Version Latine—1er pr T Dagenais, 2 prix Louis Lefebvre.Thème Anglais—1er prix O Jannel, 2 prix E Beauchamp.Version Anglaise—1er prix E Dagenais, 2 prix O Jannel.Arithmétique—1er prix O Hébert, 2 E Beauchamp.Examens—1er prix E Dagenais, 2 prix A Tremblay.Mémoire—1er prix E Dagenais, 2 prix E Beauchamp.SYNTAXE.Instruction Religieuse—1er prix ex æquo Elézar Plante, James McLaughlin, 2 prix Augustin Prévost.Excellence—1er prix A Prévost, 2 prix F Doherty.Thème Latin—1er prix F.Doherty, 2 prix A Prévost.Version Latine—1er prix A Prévost, 2 prix Henry Wight.Thème Anglais—1er prix Patrick McKenna, 2 prix J McLaughlin.Version Anglaise—1er prix A Prévost, 2 prix Elzéar Plante.Examens—1er prix F.Doherty, 2 prix A Prévost.Mémoire—1er prix A Prévost, 2 prix F Doherty.ÉLÉMENTS LATINS.—(1ERE DIVISION.) Instruction Religieuse—1er prix ex æquo Martin Collaghan, Alphonse Goujon, 2 prix Joseph Onasakenrat, 3 prix Alphonse Chauvin, 4 prix Alphonse Barret.Excellence—1er prix Joseph Dubuc, 2 prix E.Riendeau, 3 prix Timothée Kavanagh, 4 pnx A Goujon.Thème Latin—1er prix J Dubuc, 2 prix E Riendeau, 3 prix Alphonse Gagnier, 4 prix A Goujon.Version Latine—1er prix ex æquo Joseph Dubuc, T Kavanagh, 2 prix ex æquo A Goujon, D De-rome, 3 prix E Riendeau, 4 prix Eugène Donnelly.Examens— 1er prix J Dubuc, 2 prix M.Collaghan, 3 prix E.Riendeau, 4 prix A Cinq-Mars.Mémoire—1er prix M Callaghan, 2 prix J Dubuc, 3 prix E Riendeau, 4 prix T Kavanagh.ÉLÉMENTS LATINS.—(2EME DIVISION.) Instruction Religieuse—1er prix Thomas Carroll, Joseph Delorme, 2 prix Benjamin Cherrier.Excellence—1er prix ex æquo Joseph Delorme, T Carroll, 2 Clément Deschamps.Thème Latin— 1er prix T.Carroll, 2 prix J Delorme.Version Latine—1er prix T Carioll,2 prix A Tracy.Examens—Prix J Delorme.Mémoire— 1er prix J Delorme, 2 prix ex æquo C Deschamps, T Carroll.MUSIQUE.Musique Vocale—1er prix Lucien Proulx, 2 prix ex æquo Octave Jannel, Alexandre Brault.Musique Instrumentale—1er prix Charles Beaubien, 2 prix ex æquo John Barry, Joachim Allard.COLLEGE STE.MARIE DE MONTREAL.INSTRUCTION RELIGIEUSE.Philosophie—Prix J-Bte Lafleur, Ste Geneviève.Rhétorique— 1er prix Ferréol Dubreuil, Lachine, 2 prix Patrick O’Reilly, Guelph.Belles-Lettres—1er prix Garret Byrne, New-Yoik, 2 prix Francis Quinn, Longue-Pointe.Cours Supérieur—1er prix Francis Hoyt, Burlington, 2 prix Thomas Nesbitt, Québec.Cours Moyen—1er prix Thomas Tracy, Prescott, 2 prix Gaspard Lemoine, Québec.Cours Inférieur—1er prix George Gernon, St Laurent, 2 prix Joseph Paré, Montréal.Cours Elémentaire—1er prix Emile Carrier, Québec, 2 prix Edmond Brais, Montréal.Cours Préparatoire—Division Française—1er prix Richard Lafrenaye, Montréal, 2 prix Pierre Saucier, Montréal.Division Anglaise—1er prix Patrick Kirwin, Québec, 2 prix James McDonnell, Boston.COURS CLASSIQUE.—PHILOSOPHIE.Excellence—Prix Charles Falardeau, Montréal.Diligence___ Prix Charles Falardeau.Dissertation—Prix Honoré Mercier.Argumentation—Prix Charles Falardeau.Physique—Prix Charles Falardeau Astronomie—Prix Charles Falardeau.Mathématiques-Prix Charles Falardeau.Examen d’Honneur—Prix Charles Falardeau.RHÉTHORIQUE.Excellence—1er prix Napoléon Legendre, Montréal, 2 prix Ferréol Dubreuil.Diligence—1er prix Ferréol Dubreuil, 2 prix Gustave Gravel.Discours Latin—1er prix Napoléon Legendre, 2prix Ferréol Dubreuil.Discours Français—1er prix Ferréol Dubreuil, 2 prix Napoléon Legendre.Analyse Oratoire—1er prix Narcisse Rivet, 2 prix Eméry Robidoux.Vers Latins—1er prix Napoléon Legendre, 2 prix Arthur Turcotte.Version Latine —1er prix Napoléon Legendre, 2 prix Ferréol Dubreuil.Thème Grec—1er prix Napoléon Legendre, 2 prix Patrick O’Reilly.Version Grecque— 1er prix Napoléon Legendre, 2 prix Ferréol Dubreuil.Histoire— 1er prix Feriéol Dubreuil, 2 prix Arthur Laviolette.Examen d’honneur—Prix Ferréol Dubreuil.BELLES-LETTRES.Excellence— 1er prix Francis Quinn, 2 prix William Drummond, Montréal.Diligence—1er prix Francis Quinn, 2 prix William Drummond.Amplification Latine—1er prix Francis Quinn, 2 prix Alfred Larocque.Vers Latins—1er prix Xavier Vinet, 2 prix William Drnmrnond.Analyse littéraire—1er prix Edward Johnson, 2 prix Garret Byrne.Version Latine—1er prix Edward Johnson, 2 prix Francis Quinn.Thème Grec—1er prix William Drummond, 2 prix Francis Quinn.Version Grecque—1er prix Edward Johnson, 2 prix William Drummond.Histoire—1er prix Edward Johnson, 2 prix Gariet Byrne.Examen d’Hooneur—Prix Alfred Larocque.COURS SUPÉRIEUR.Excellence—1er prix Francis Hoyt, 2 pr Thomas Nesbitt.Diligence—1er prix Owen Farmer, 2 prix Francis Hoyt.Vers Latins — 1er prix Sévère Gagnon, 2 prix William Languedoc.Préceptes et Analyse—1er prix Francis Hoyt, 2 prix Owen Farmer.Thème Latin—1er prix William Languedoc, 2 prix Louis Drummond.Version Latine—1er prix William Languedoc, 2 prix Sévère Gagnon.Thème Grec—1er prix Thomas Nesbitt, 2 prix Augustus Power.Version Grecque—1er prix Francis Hoyt, 2 prix Owen Farmer.Histoire—1er prix Henri Marchand, 2 prix Hubert Paré.Examen d’Honneur—Prix Francis Hoyt.COURS MOYEN.Excellence—1er prix Gaspard Lemoine, 2 prix William Healy, New-York.Diligence—1er prix Gaspard Lemoine, 2 prix Eméry Boucher.Préceptes et Analyse—1er prix Edward Kane, 2 prix William Healy.Thème Latin—1er prix Gaspard Lemoine, 2 prix Thomas Tracy.Version Latine—1er prix Gaspard Lemoine, 2prix Alexander Delannoy.Thème Grec—1er prix William Healy, 2 prix Eméry Boucher.Version Grecque—1er prix Gaspard Lemoine, 2 prix Jean Baptiste Brosseau.Histoire—1er prix Victor Hu-don, 2 prix Gaspard Lemoine.Examen d’Honneur—Prix Gaspard Lemoine.COURS INFÉRIEUR.Excellence—1er prix John Sharpies, Québec, 2 prix Dézéry Tur-gion, do.Diligence—1er prix Dézéry Turgeon, 2 prix John Sharpies.Préceptes et Analyse—1er prix John Sharpies, 2 prix John Moore.Thème Latin—1er prix Alexis Giard, 2 prix Alfred Bros-nan.Version Latine—1er prix William Lawlor, 2 prix John Sharpies.Thème Grec—1er prix Alfred Brosnan, 2 prix John Sharpies.Préceptes Grecs—1er prix John Sharpies, 2 prix Joseph Paré.Histoire—1er prix John Sharpies.2 prix Léopold Lallamme.Examen d’Honneur—Prix John Moore.cours élémentaire.Excellence—1er prix Alfred Renaud, 2 prix Louis Comte, Montréal.Diligence—1er prix Alfred Renaud, 2 pr John Duggan.Préceptes et Analyse—1er prix John Duggan, 2 prix John McGarry.Thème Latin—1er prix Alfred Renaud, 2 prix John Duggan.Version Latine—1er prix Alfred Renaud, 2 prix Emile Carrier.H is,-. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.163 toire—1er prix John Leaton, 2 prix John Duggan.Examen d’Hon-neur—Prix Alfred Renaud.COURS PRÉPARATOIRE.—DIVISION FRANÇAISE.Excellence—1er pr Hector Barsalou, 2 pr Pierre Saucier.Diligence—1er pr Richard Lafrenaye, 2 pr George Lionais.Lecture Française—Prix Hector Barsalou.Lecture Anglaise—Prix Richard Lafrenaye.Calligraphie—1er prix Richard Lalienaye, 2 pr Alfred Belle.Géographie—1er pr Richard Lafrenaye, 2 pr Pierre Saucier.Histoire—1er prix Richard Lafrenaye, 2 pr Hector Barsalou.Examen d’Honneur—Prix Richard Lafrenaye.COURS PRÉPARATOIRE.—DIVISION ANGLAISE.Excellence—1er pr Patrick Kirwin, 2 pr James McDonnell.Diligence—1er pr Pat.Kirwin, 2 Michael McDonnell, Boston.Lecture Française—Prix Henry Muldoon.LectureAnglai.se—Prix Michael McDonnell.Calligraphie—1er pr Francis Moran, 2 pr Henry Maxwell.Géographie—1er pr Patrick Kirwin, 2 pr Jarrws McDonnell.Histoire—lerpr Wm Gorman,2 pr Patrick Kirwin.Examen d’Honneur—Prix Michael McDonnell.COURS SPÉCIAUX.—FRANÇAIS.Cours de Belles-Lettres.— Diligence—Prix Alfred Larocque.Composition—Prix Napoléon Beaudry, Montréal.COURS SUPÉRIEUR.Diligence—Prix Thomas Nesbitt.Composition—Prix William Languedoc.COURS MOYEN.Diligence—Prix Alfred Brosnan.Composition—Prix Eméry Boucher.COURS INFÉRIEUR.Diligence—Prix Edward Kane.Composition—Prix Alfred Renaud.COURS ÉLÉMENTAIRE.Diligence—Prix John Duggan.Composition — Prix Edward Johnson.COURS PRÉPARATOIRE.Diligence—Prix John Mooney.Composition—Prix Michael Larkin.ANGLAIS.—COURS DE RHÉTORIQUE.Diligence—Prix Francis Hojl- Composition—Prix Edward Johnson.COURS DE BELLES-LETTRES.Diligence—Prix William Meighan, New-York.Composition— Prix Michael McDonnell.COURS SUPÉRIEUR.Diligence-—Prix Crawford Lindsay.Composition—Piix Augustus Power.COURS MOYEN.Diligence—Prix Gaspard Lemoine.Composition—Prix John Duggan.COURS INFÉRIEUR.Diligence—Prix Arthur Prévost.Composition—Prix John Leaton' cours élémentaire.Diligence—Prix Napoléon Cormier.Composition—Prix Joseph Falardeau.COURS PRÉPARATOIRE.Diligence—Prix Michael Duggan.Composition—Frix John Morin.MATHÉMATIQUES.—COURS DE GÉOMÉTRIE.Diligence—Prix Patrick O’Reilly.Composition—Prix Patrick O’Reilly.COURS d’algebre.Diligence—Prix Herménégilde Valiquette.Composition—Prix Francis Hoyt.ARITHMÉTIQUE.—COURS SUPÉRIEUR.Diligençe—Prix Napoléon Prèfontaine.Composition—Prix Louis Diuminortd, COURS MOYEN.Diligence—Prix Gaspard Lemoine.Composition—Prix Gaspard Lemoine.COURS INFÉRIEUR.Diligence—Prix Jacques Cartier.Composition—Prix Stephens Bertrand.COORS ÉLÉMENTAIRE.Diligence—Prix Odilon Baibeau.Composition—Prix Henri Des-champs.COURS PREPARATOIRE.Diligence—Prix Adélard St.Louis.Composition—Prix Maurice Lafram boise.prix d’accessits.Rhétorique—Alphonse Gosselin 6 acc, George Grenier 10.Belles-Lettres— Daniel McKerney 5.Cours Supérieur—Joseph Jerge 8, Lawrence Kane 9, Edouard Boissy 6, Allred Laramée 6.Cours Moyen—Charles Harwood 5, John Mauntel 5, Zotique Cusson 7, Octave Marcotte 5.Cours Inléiieur—Prime Mathieu 6, John Healy 4, Arthur d’Eschambault 6, William Kennagh 7, Alfred St.Jean 4.Cours Elémentaire—Joseph Mercier 8, EJzéar Baillargeon 4, Charles Barsalou 5, Alfred Doray 2, Armand Prévost 9, Damase Sineen-nes 5.Cours Préparatoire—Division Française—Euclide Deniers 4, Gustave Gravel 4, Louis St.Louis 6, James Starnes 4.Division Anglaise—Alexandre McDonnell 4.MUSIQUE.Musique Instrumentale.—Division de M Foilenus—Piano—1er pi-Thomas Bracken, 2 pr Oskar Prévost.Violon—Prix Alfred Meunier.Division de M.Lelondal—1er Section—Prix Arthur McCallum.2ème Section—Prix George Duval.Division de M Tomngtoa-Prix Napoléon Beaudry.Division de M Dueharme—Prix John Leaton.MUSIQUE VOCALE.Soprano et Alto—1er pr Edouard Kimber, 2 pr Thomas Nesbitt-Tenor et Basse—1er pr Buteau Turcotte et Napoléon Beaudry, 2 pr Napoléon Legendre.DESSIN.Paysage avec Figures—Prix Edouard Lefebvre, Vaudreuil.Paysage Simple—Prix Buteau Turcotte.Tête—Prix Napoléon Cormier.PETIT SEMINAIRE DE STE, THERESE.CLASSE DE PHILOSOPHIE.Mathématiques— Prix Amédée Thérien ; 1er acc Octave Godin.—Physique—Prix Amédée Thérien ; Acc Octave Godin.RHÉTORIQUE.Excellence—1er pr Auguste Dagenais, 2 pr Alex Fournier.Discours Français—lerpr Auguste Dagenais, 2 pr T Brossois.Versions Latines—1er pr Auguste Dagenais 2 A Fournier.Versions Grecques—1er pr Auguste Dagenais,2 pr Samuel Racine.Thèmes Latins—1er pr Auguste Dagenais, 2 pr Arthur Valois.Vers Latins-s Prix Auguste Dagenais ; Acc Hormidas La douceur.Précente-d’Eloquence—lerpr Auguste Dagenais, 2 pr Hermile Leclerc.SECONDE.Excellence—1er pr Zéphirin Lorrain, 2 pr James O’Hara.Composition Française—Orner McMahon, 2 pr Zéphirin Lorrain.Préceptes de Littérature et Histoire Littéraire—1er pr James O’Hara, 2 pr Herménégilde Carrières.Versions Latines—1er pr Zéphirin Lorrain, 2 pr James O’Hara.Vers Latins—1er pr James O’Hara, 2 pr Gustave Laviolette.Thèmes Latins—1er pr Zéphirin Lorrain, 2 pr Alfred Sauvé.Versions Grecques—1er pr Zéphirin Lorrain, 2 pr AHred Sauvé.RHÉTORIQUE ET SECONDE RÉUNIES.Histoire du Canada—1er pr Auguste Dagenais, 2 pr Hermile Leclerc, 3 pr Alexandre Fournier.Théines Anglais—1er pr James O’Hara, 2 pr Auguste Dagenais, 3 pr Hermile Leclerc.Versions Anglaises—1er pr Thomas Brossois, 2 pr Camile Lachaine, 3 pr Auguste Dagenais.TROISIEME.Excellence—1er pr Ovide Dubois, 2 pr Hormidas Dubois.Versions Latines—1er pr Hormidas Dubois, 2 pr Herménégilde Du-conrs.Thèmes Latins—1er pr Hormidas Dubois, 2 pr Ovide Du- 164 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.bois.Versions Grecques—1er pr Hormidas Dubois, 2 prOvide Dubois.Composition Française—1er pr Achille David, 2 pr Hormidas Dubois.Thèmes Français—1er pr Ovide Dubois, 2 pr Her-ménégilde Lecours.Histoire de France—1er pr Ovide Dubois, 2 pr J B Proulx.Géographie.—1er pr Achile Dubois, 2 pr Achille David.Arithmétique—1er pr Hormidas Dubois, 2 pr Ovide Dubois.Thème Anglais—1er pr Achille David, 2 pr Ovide Dubois.Versions Anglaises—1er pr Achille David, 2 Hormidas Dubois.QUATRIEME.Excellence—1er pr Delphis Gravel, 2 pr Félix Kavanagh, 3 pr Adonias Adam.Versions Latines—1er pr Delphis Gravel, 2 pr Félix Kavanagh, 3 pr Adonias Adam.Thèmes Latins—lerpr Delphis Gravel, 2 pr Félix Kavanagh, 3 pr Adonias Adam.Versions Grecques—1er pr Delphis Grave!, 2 pr Adonias Adam, 3 pr Félix Kavanagh.Thèmes Français—1er pr Félix Kavanagh, 2 pr Delphis Grave!, 3 pr Adonias Adam.Histoire Romaine—1er pr Delphis Gravel, 2 pr Félix Kavanagh, 3 pr Adonias Adam.Géographie— 1er pr Delphis Gravel, 2 pr Félix Kavanagh, 3 pr Antoine Desloges.Arithmétique—1er pr Adonias Adam, 2 pr Delphis Gravel, 3 pr Félix Kavanagh.Thème Anglais—1er pr Delphis Gravel, 2 pr Félix Kavanagh, 3 pr Camille Laurin.Versions Anglaises—1er pr Arthur Charland, 2 pr Delphis Gravel, 3 pr Félix Kavanagh.CINQUIEME.Excellence—1er pr Aldéric Ouimet, 2 pr Joseph Mignault, 3 pi Gédéon Désilets.Versions Latines—1er pr Gédéon Désilets, 2 pr Aldéric Ouimet, 3 pr Joseph Mignault.Thèmes Français—1er pr Aldéric Ouimet, 2 pr Joseph Mignault, 3 pr George Rochon.Histoire Ancienne—1er pr Gédéon Désilets, 2 pr Aldéric Ouimet, 3 pr Joseph Mignault.Géographie—1er pr Gédéon Désilets, 2 pr.Charles Nolin, 3 pr Aldéric Ouimet.Arithmétique—1er pr Aldéric Ouimet, 2 pr Alfred Rochon, 3e pr Ferdinand Villeneuve.Thèmes Anglais—1er pr Aldéric Ouimet, 2 pr Gédéon Désilets, 3 pr André Latour.Versions Anglaises—1er pr Joseph Mignault, 2 pr Gédéon Désilets, 3 pr George Rochon.SIXIEME.Excellence—1er pr Joseph Larivière, 2 pr Philias Gauthier, 3 pr Joseph Gagnon.Thèmes Latins—1er pr Joseph Larivière, 2 pr Pierre Brais, 3 pr Philias Gauthier.Versions Latines—1er pr Joseph Larivière, 2 pr Aristide Bélinge, 3 prZéphirin Boyer.Thèmes Français—1er pr Joseph Larivière, 2 pr Philias Gauthier, 3 pr George Lebel.Arithmétique—1er pr Joseph Gagnon, 2 pr Joseph Larivière, 3 pr Zéphirin Boyer.Histoire Sainte—lerpr J Larivière, 2 pr Pierre Brais, 3 pr Pierre Filiatrault.Géographie—1er pr Pierre Brais, 2 pr George Lebei, 3pr;Joseph Larivière.Thèmes Anglais— 1er pr Joseph Larivière’, 2 pr Philias Gauthier, 3 pr Hyacinthe Brunet.Versions Anglaises—1er pr Joseph Larivière, 2 pr Philias Gauthier, 3 pr Zéphirin Boyer.CLASSE PRÉPARATOIRE.Français—1er pr Alphonse Paré, 2 pr Charles Gareau.Géographie—1er pr Charles Gareau, 2 pr James King.Arithmétique— 1er pr Robert Danis, 2 pr Edmond Latour.Agriculture—1er pr James King, 2 pr Charles Gareau.Lecture—1er pr Alphonse Paré, 2 pr Robert Daqis.Ecriture—1er pr Charles Gareau, 2pr Alphonse Paré.Anglais—1er pr Charles Gareau, 2 pr Robert Danis.Musique Instrumentale—1er pr Arthur Duval, 2 pr Robert Danis.Musique Vocale—1ère Division—1er pr Aifred Sauvé, 2 pr Herméné-gilde Carrières.Deuxième Division—1er pr Charles Nolin, 2 pr Emile Lavigne.Dessin—1er pr Arthur Charland, 2 pr Augustin Dagenais.COLLEGE INDUSTRIEL DE VARENNES.COURS SUPÉRIEUR.Religion—1er pr M Aimé Sénécal, 2 pr Séraphin Lacroix.Sagesse, croix d’honneur—1er pr J B Collette, 2 pr Aimé Sénécal.Lecture accentuée—1er pr Joseph Beauchamp, 2 pr Aimé Sénécal, 3 pr Auguste Pariseau.Calligraphie—1er pr J B Collette, 2 pr Auguste Pariseau.1ERE DIVISION.Analyse grammaticale et logique — 1er pr Joseph Beauchamp, 2 pr Aimé Sénécal.Littérature—1er pr Aimé Sénécal, 2 pr Joseph Beauchamp.Composition française—1er pr Joseph Beauchamp, 2 pr Aimé Sénécal.Histoire de France— 1er pr Joseph Beauchamp, 2 pr Aimé Sénécal.Histoire du Canada—1er pr Joseph Beauchamp, 2 pr Aimé Sénécal.Géographie générale—1er pr Aimé Sénécal, 2 pr Joseph Beauchamp.Géologie agricole—1er pr Aimé Sénécal, 2 pr Louis Lalumière.Histoire naturelle, botanique —1er pr Aimé Sénécal, 2 pr Joseph Beauchamp.Zoologie appliquée à l’agriculture—1er pr Aimé Sénécal, 2 pr Joseph Beauchamp.Météorologie —1er pr Joseph Beauchamp, 2 pr Louis Lalurr.iére.Aiith-métique générale—1er pr Joseph Beauchamp, 2 pr Aimé Sénécal.Géométrie, mesurage des surfaces et des solides—1er pr Aimé Sénécal, 2 pr Joseph Beauchamp.Dessin graphique et à vue, concours— 1er pr Aimé Sénécal, 2 pr Joseph Beauchamp, 3 pr J B Collette.Usage des cartes et problèmes géographiques —1er pr Aimé Sénécal, 2 pr Joseph Beauchamp.2de division.Syntaxe—1er pr Arthur Favreau, 2 pr J B Collette, 3 pr Auguste Pariseau.Analyse grammaticale et logique—1er pr Arthur Favreau, 2 pr Moïse Jodoin, 3 pr Adolphe Cadieux.Géographie et usage des cartes—1er pr Arthur Favreau, 2 pr Moïse Jodoin, 3 pi-Francis Laverdure.Arithmétique—1er pr Moïse Jodoin, 2 pr Arthur Favreau, 3 pr Lucien Bernard.Exercices de calcul—1er pr Auguste Pariseau, 2 pr Moïse Jodoin, 3 pr Adolphe Cadieux.Cosmographie—1er pr Arthur Favreau, 2prJ B Collette, 3 pr Louis Touchette.Leçons de choses, concours—1er pr Aimé Sénécal, 2 pr Arthur Favreau, 3 pr S.Lacroix.Chant, concours—1er pr Louis Lalumière, 2 pr Auguste Pariseau, 3 pr Alexis Champagne.CLASSE ANGLAISE—1ERE DIVISION.Lecture—1er pr Séraphin Lacroix, 2 pr Auguste Pariseau.Traduction— 1er pr Joseph Beauchamp, 2 pr Louis Touchette.Dialogue—1er pr Louis Lalumière, 2 pr Adolphe Cadieux.Calcul—1er pr Aimé Sénécal, 2 pr Joseph Beauchamp.Calcul mental—1er pi-Arthur Favreau, 2 pr Auguste Pariseau.COURS ÉLÉMENTAIRE.Religion—1er pr Adélard Jodoin, 2 Louis Jodoin.Sagesse, croix d’honneur—lerpr Charles Malo, 2 pr Azarie Choquet.Lecture—1er pr Charles Malo, 2 pr Azarie Choquet.Ecriture—1er pr Hilaire Mongeau, 2 pr Adélard Jodoin.Grammaire—1er pr Azarie Provost, Adélard Jodoin, 3 pr Azarie Choquet.Analyse—1er pr Adélard Jodoin, 2 pr Azarie Provost.Histoire Sainte—1er pr Azarie Choquet, 2 pr Xavier Choquet, 3 pr Norbert Martin.Géographie—1er pr Xavier Choquet, 2 pr Stanislas Malépart, 3 pr Isidore Julien.Arithmétique—1er pr Azarie Choquet, 2 pr Azarie Provost.Leçons de choses—1er pr Stanislas Malépart, 2 pr Azarie Choquet, 3 pr A Choquet.Chant, concours—1er pr Stanislas Malépart,2 pr Adélard Jodoin, 3 pr Louis Jodoin.Assiduité—1er pr Adélard Jodoin, 2 pr J B Charbonneau.Encouragements et récompenses—Joseph Laverdure, Euclide Bernard, Joseph Favreau.CLASSE ANGLAISE.Epellation—1er pr Azarie Choquet, 2 pr Adélard Jodoin, 3 pr A Choquet.Lecture—1er pr Xavier Choquet, 2 pr Charles Malo.Traduction—1er pr Azarie Provost, 2 pr Xavier Choquet.Dialogue — 1er pr Hilarie Mongeau, 2 pr Stanislas Malépart.Calcul—1er pr Adélard Jodoin, 2 pr Azarie Choquet.COURS PRÉPARATOIRE.Religion—1er pr Alphonse Décelle, 2 pr Louis Foisil, 3 pr Adolphe Jodoin, 4 pr Louis Gérard.Sagesse—1er pr Jean Jodoin, 2 pi-Edouard Collette, 3 pr Elie Langlois.Lecture-—1ère division— 1er pr Arthur Delisle, 2 pr Willrid Jodoin, 3 pr Louis Aimé Massue, 4 pr Joseph Charbonneau.Epellation—1ère division—1 pr Joseph Levrault, 2 pr Xavier Robert, 3 pr Joseph Joffrion, 4 pr Joseph Sénécal.Lecture—2de division—1er pr Joseph Godu, 2 pr Azarie Brunelle, 3 pr Aldéric Jodoin, 4 pr Homère Joffrion.Epellation — 2de division —1er pr Elie Langlois, 2 pr.Joseph Brodeur, 3 pr.Stanislas Savaria, 4 pr Louis Décelle.Table de Multiplication—1er pr Wilfrid Jodoin, 2 pr Joseph Sénécal, 3 pr Louis Foisil, 4 pr Pierre Bertrand.Numération et calcul—1er pr Pierre Bertrand, 2 pr Joseph Sénécal, 3 pr Wilfrid Jodoin, 4 pr Nérée Dubois.Poids et mesures—1er pr Ulric Delude, 2 pr Wilfrid Jodoin, 3 pr Louis Foisil, 4 pr Louis Aimé Massue.Ecriture—1er pr Napoléon Jodoin, 2 pr Pierre Bertrand, 3 pr Ulric Dulude,4pr Nérée Dubois.Chant-concours—1er pr Victor Petit, 2 pr Arthur Delisle, 3 pr Richemond de Martigny.Leçons de choses—1er pr Arthur Delisle, 2 pr Louis Aimé Massue, 3 pr Ulric Dulude.Assiduité—1er pr Napoléon Jodoin, 2 pr Wilfrid Jodoin, 3 pr Jean Jodoin, 4 pr Elie Langlois.Encouragements et récompenses—Francis Durand, Elie Gérard, Pierre Décelle, Adolphe Joffrion, Hilarie Fugeaire, Anthyme Brunelle, Arsène Bernard, Atcine Bernard, Elie Desrochers.Des Presses à air dilate d’Euslbe Sénécal, 4, Rue St.Vincent, Montréal.
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