Journal de l'instruction publique, 1 décembre 1871, Décembre
ÉËàc-Sl Volume XV.Québec, Province de Québec, Décembre 1871.No.12.RAMM A TR R TjtttIïraturh—Poésie i Aux Mères» par A.do Beaucbesne.8°™e telle page, Jul™ Simon.-Préjugé.-PsvCHOLOGiKB® courage s apprend-il ?—Prosrès de la science : Le premier Bateau à vapeur.Educatio.Bibliothèque.populaires en Suisse.-PEDxGuOia tude.—Neuf principes en matière pédagogique.-Difficultés gram .es _ «tmn“dan^rnoBééooîL.-44méeConférence de l’assomation des mstituteurs Publique.- Bulletin Thivierge.—Dictionnaire généalogique.—Nouveau cour* de langue anglaise.—Nouvel abrégé de géographie moderne.LITTERATURE POESIE AUX MB'RES.r Quelquefois, j'entends dire : “ II gate ses enfants.Le moyen de ne pas gâter jusqu’à deux ans! Je me défie un peu de ces esprits revêches, Qui, toujours ferraillant, montent à toutes^brèches.| Exigeant d’un enfant aveugle, à peine né, Ce que l'âge et l’étude à nous n’ont point donné.D’inutiles clameurs je fais grâce à l'enfance, Mais, prescrite une fois, je maintiens ma défense.Je réclame fort peu ; mais, d’un cœur résolu, Je veux obstinément le peu que j’ai voulu Oh I qu’ils devinent bien, ces chers petits espiègles, Quand du commandement s’assouplissent les règles Guettant dans un regard, dans un sou de la voix, Les mouvements de l’âme et du cœur aux abois, Et calculant alors si l’arrêt qui les blesse Soutiendra sans faiblir l’assaut d’une caresse.O mère, faites-vous un courage aguerri.Car vos flancs ont conçu, votre sein a nourri : Vous êtes plus que nous portée à la faiblesse.Armez-vous, armez-vous, comme une forteresse, Contre des assaillants si sacrés, et si doux ! Que votre ûmejivec eux^conspire contre vous.Gardez-vous du bonheur de céder la victoire : Un succès usurpé reste dans leur mémoire ; Et la guerre civile évitée un moment, Dans les concessions prend de l'acharnement.] L’enfant émancipé hardiment se démène : Si vous ne le menez, il faudra qu’il vous mène.A vos sages conseils s’il n’obéit, c’est vous Qui devez obéir à ses caprices fous.Quand votre autorité s’endort inattentive, D’un pas furtif et prompt sa tyrannie arrive.De ce que vous cédez il ne vous laisse rien ; Votre pouvoir à terre est aussitôt le sien.Joignez à la douceur la volonté paisible, Toujours affectueuse et toujours inflexible^ Ferme dans vos décrets, tendre dans vôs discours, Ayez la main de fer dans le gant de velours.Si futile qu'il soit, cet avis salutaire S’adresse également aux princes de la terre, Et je viens de plaider leur intérêt ici, Car on sait que le peuple est un enfant aussi.A.de Beadchesne.Livre des Jeunes Mères.Une belle page.Nous extrayons des journaux français la péroraison du magnifique discours prononcé devant l’Institut de France par M.Jules Simon, ministre de l’instruction publique, ancien professeur de philosophie au collège de France et à l’école normale : , „ _ , ii Qu en était la France au lendemain de Waterloo r Quand on apprit que nous rendions toutes nos conquêtes et même une partie des places que nous possédions avant 1780 ; que les fortifications d’Hunino-ue allaieut être rasées; que le sol français serait occupé par une°armée de cent cinquante mille hommes pendant une duree de cinq ans ; quand on vit 110s soldats, ces mêmes soldats qui avaient occupé toutes les capitales de l’Europe, contraints de se retirer tout frémissants derrière la Loire, on crut, et on eut raison de croire que notre ruine était consommée.L’indemnité de guerre ne fut fixée qu à 700 millions ; mais on ne comptait pas par milliards à cette époque; qui eût osé rêver un emprunt de deux milliards et une souscription de cinq milliards, quand le.recettes de 1815 étaient évaluées par le baron Louis, dans son rapport au Roi, à la somme de 618 millions?On nous prenait, outre notre argent, la plupart de nos chefs-d œuvre.“ Le pillage de nos musées autorisé par une simple note de Lord Castelreagb, consacrait notre abaissement et mettait le comble à notre humiliation.Voilà de quel prix nous avons payé la gloire du premier empire._ _ _ n Cependant, messieurs,—jugeons les âges sans passion, la r rance ruinée, désarmée, mutilée, parut-elle si amoindrie dans les trente années qui suivent ces désastres ?Etait elle, comme ses ennemis i a-vaient espéré, sans influence sur le monde ?Allait-elle chercher au dehors ses idées et ses inspirations ?Se sentait-elle découragée de penser, d’écrire, de combattre, de donner son sang pour l’indépendance des peuples et pour sa propre liberté?N’avait-elle pas dans les lettres,—je ne parle que des mort3 et je ne me rappelle que des plus grands,—Chateaubriand, Lamennais, Lamartine; dans les sciences, George Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Arago ; dans les arts, Boiëldieu, Hérold, Auber, Gros, Gérard, Géricault, David d’Angers, 4784 162 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Ingres, Henri Scheffer, Horace V»rnet, Paul Delaroche, Eugène Delacroix ; dans la philosophie, Royer-Collard, Maine, de Biran, La Romiguière, Jouffroy, Victor Cousin.de Maistre, de Bonald ; dans les luttes du barreau et dans la tribune, le général Foy, Berryer ; Armand Carrel dans le journalisme ; Lainé de Serre, le baron Louis, de Villèle, Martinac, Casimir Perrier, dan3 l’administration et la politique?i.Derrière cette élite, une jeunesse ardente remuait des idées, se passionnait pour la liberté, et se passionnait aussi, ce qui est.le signe des grandes époques, pour une théorie ou pour une école.Fallait-il engager sa responsabilité, son nom, risquer sa vie pour une grande cause?On allait.Fallait-il de longs travaux ?On les entreprenait avec courage, on les poursuivait avec persévérance.Chaque journal était sûr de la fidélité de ses rédacteurs et de ses lecteurs, parce qu’on se serrait, parce qu’on vivait Qu’était-ce que le Globe * Une école.Qu’était-ce que le National ?une armée.La France victorieuse sans combat, recommençait à' mener le monde.Qui aurait pu croire, après le traité du 20 novembre 1815, qu’elle se relèverait sitôt et avec tant d’éclat.La génération paraissait épuisée par la guerre et par une longue dictature.“ Il en est de même aujourd’hui.Il faut regarder de haut et voir loin pour retrouver l’espérance; et il fautnous voir tels que nous sommes, et nous juger sans pitié pour découvrir le remède.“ Nous avons à déplorer, à côté des désastres matériels, bien des ruines morales.Cette grande fièvre qui poussait les esprits aux résolutions mâles, est bien tombée depuis vingt-cinq ans ! Nous avons fait un bien autre usage de notre activité 1 Nous avons remplacé la gloire par l’argent, le travail par l’agiotage, la fidélité et l'honneur par le scepticisme, les luttes de partis et de doctrines par des compétitions d’intérêts, l’école par des clubs, Méhui et Lesueur par des chansonnettes.“ Absoudre ou glorifier les mauvaises mœurs, faire une royauté aux femmes perdues, remplir nos yeux de leur luxe, nos oreilles du récit de leurs orgies, nos esprits de leur démence, nos cœurs de leur vaines passions.“ Aider dans leurs manœuvres les voleurs publics, les applaudir tout au moins : leur prodiguer tout ce que le monde peut donner; le plaisir, la renommée, le pouvoir ; “ Se rire de la morale, la nier, ne plus croire qu’au succès, ne plus aimer que le plaisir, ne plus adopter que la force ; “ Remplacer le travail, l’étude sérieuse et profonde par je ne sais quelle fécondité d’avortement qui supprime les œuvres; “ Parler avant d’avoir pensé, préférer le bruit à la gloire ; “ Calomnier les actes et les doctrines pour se dispenser d’admirer, d’obéir et de croire ; ‘‘ Eriger en système le dénigrement, faire du mensonge une institution ; “ Est-ce bien le spectacle que nous avons vu?Est-ce bien la société que nous avons été?Et s’il en est ainsi, ne devons nous pas confesser, malgré les héros et les martyrs de la dernière heure, que nous étions vaincus avant Sédan.“ Oui, nous portions en nous la cause de défaite.Oui, nous avons été presque aussi coupables que malheureux.Oui, nous avons à guérir l’âme même de la France.“ Après l’avoir constaté, rappelons-nous aussitôt l’étendue de nos ressources.Qu’est-ce dans l’histoire, qu’une période de vingt années ?Une nation peut subir l’influence fatale des évènements sans cesser d’être au fond ce que la nature, les lois, les traditions l’ont faite.C’est une étrange manie des révolutions de vouloir toujours qu’un peuple ne commence à vivre qu’à partir du moment où elles se sont saisies de lui.93 changeait notre calendrier.Il disait: l’an premier de la République.Il effaçait les fleurs de lys.Plus tard, on a abattu la colonne Vendôme.Soyons plus fiers; gardons: Charlemagne.Henri IV, les grands souvenirs de la première république.Nous devons être justes envers le passé, et nous le pouvons sans crainte, l’histoire n’est pas mauvaise pour nous.Deux jours n’effacent pas dix siècles, il serait désastreux de nous faire illusion sur nos fautes: mais il le serait aussi de méconnaître cette puissance de transformation et cette indomptable vitalité qui, tant de fois, et tout récemment, dans ce siècle même nous ont préservés de la déchéance.“ Notre génération, si cruellement éprouvée, peut laisser d’elle une noble trace, si elle commence un peuple.“ Soyons comme un voyageur tombée dans le précipice, qui ne perd pas le temps à gémir et à se désespérer, mais commence sur le champ à remonter vers la lumière, marchant, marchant sans cesse, indifférent à sa fatigue et à ses blessures, décidant avec sang-froid et promptitude sur le parti qu’il doit prendre à chaque pas, renversé peut-être par un obstable, se relevant aussitôt pour bannir le découragement, et ne comptant que sur la justesse de son esprit et l’inébranlable fermeté de son cœur.“ Messieurs, c’est une victoire morale à gagner, une victoire sur nous-mêmes.Ce que nous avons été, nous pouvons, nous devons le redevenir.L’histoire des quatre derniers mois démontre que nous le pouvous.“ I! semblait, il y a quatre mois, qu’il ne s’agissait plus que de bien mourir.Mais, Dieu soit loué ! 11 s’agit aujourd’hui de renaître, — et de refaire un peuple, à force de bon sens, de travail et de probité." Préjugé.— Cette femme qui trottine là-bas sur ses hauts talons, à quoi pense-telle?que peut-il y avoir dans ee cœur et dans cette cervelle là?me disais-je en traversant, sous un soleil tropical, la place d’Armes de Versailles.Mes réflexions furent interrompues par un choc assez rude.-— Prenez donc garde I m’écriai-je d’un ton quelque peu impatient.— Pardon, Monsieur, répondit une voix douce et lente, c'est que je suis aveugle.—Ah! repris-je confus et portant la main à mon chapeau, comme si l’aveugle avait pu me voir.En y pensant, je n’étais pas très-sûr d’avoir été heurté par lui; c'était peut-être bien moi qui l’avais heurté, distrait que j’étais par ma mauvaise humeur contre la dame.Elle continuait à marcher lestement, venant vers nous et ne paraissant nullement se douter de mes critiques.Elle était jeune, jolie, et portait avec une désinvolture toute moderne son petit chapeau chargé de fleurs et de plumes, et sa robe relevée à la façon des bergères de trumeaux.Au moment où elle arriva près de l’aveugle, que j’avais dépassé, mais vers qui je me retournais de temps en temps, car il m’intéressait, eu raison sans doute du tort que j’avais eu envers lui, le pauvre homme était bien embarrassé.Il était arrivé à l’angle de l’avenue de Paris, et tâtait dans le vide avec son bâton, ne trouvant plus le mur de la caserne, qui lui avait jusque-là servi de guide.La jeune femme s’arrêta, hésita, fit quelques pas lentement, retourna la tète, et enfin, paraissant prendre une grande résolution, elle revint arec vivacité vers l'aveugle.Elle lui parla un instant ; puis, sans souci du contraste que sa brillante toilette formait avec les habits râpés du vieillard, elle passa son bras sous le sien, et se mit à marcher près de lui tout doucement, dirigeant ses pas et écartant du bout de sa petite bottine les cailloux qui obstruaient le chemin.Tout eu marchant, elle se penchait vers lui et lui parlait d’une voix douce.Je m’étais rapproché : je me promenais pour mon plaisir, je n’avais rien à faire ; je pouvais bien contenter ma curiosité.Je me mis à les suivre ; ils ne s’en aperçurent pas, et je pus écouter leur conversation.J’appris que l’aveugle avait soixante-dix huit ans; qu’il avait été bon ouvrier, mais que l’âge et son infirmité le forçaient au repos; que, d’ailleurs, ses enfants prenaient soin de lui, et que sa petite-fille Lise le conduisait tous les jours à la promenade, mais que ce jour-là elle était un peu malade, et qu’ii avait cru trouver son chemin tout seul.Il s’était perdu, et n’avait rencontré aucun passant, excepté un monsieur qui lui avait parlé trop rudement pour qu’il osât lui demander de le remettre sur sa route.Je commençais à être très-mécontent de moi-même.La jeune dame lui répondait ; elle lui faisait des questions sur l'âge de ses petits-entants, sur leur caractère, leurs goûts; promettait au vieux d'alier les voir et leur porter des joujoux ; s’informait de leurs études ; parlait de donner à l'aîné, qui lisait déjà couramment, de belles histoires qu’il pourrait lire à son grand-père, les soirs d’hiver au coin du feu, ou bien l’été dans quelque allée déserte du parc, où l’air est si frais et si doux à respirer, et où les petits oiseaux chantent si bien dans les grands arbres.J’entendis aussi quelques paroles plus basses sur Dieu, la lumière de l'âme, et sur le soleil de l’autre vie, qui saurait faire oublier aux yeux mortels le soleil d’iei-ba6.L’aveugle écoutait, souriait ; la paix se répandait sur son visage, il finit par répondre avec un accent pénétré : — Oh! oui, vous avez raison ; dans l’autre monde et même dan» celui-ci, il y a encore bien des joie3 pour un pauvre aveugle.Nous étions arrivés dans la rue de la Paroisse.La jeune femme s'arrêta, entra dans une maison, monta un escalier, conduisant le vieillard.J'entendis frapper i une porte qui s’ouvrit, et des exclamations de surprise, de joie, de remerciments chaleureux, accueillirent l’aveugle et sa conductrice.Puis elle redescendit vivement, regarda à sa montre, parut effrayée de l’heure, et partit près pie en courant dan» la direction de la place d’Armes.— Eh bien, nie dis-je tout contrit, elle était pressée, et elle s’est détournée de sou chemin, cette créature frivole et capricieme, sans JOURNAL DE L’INSTRUCIION PUBLIQUE.163 tête et sans cœu", pour condii'.e un vie’’ aveugle, pour lui due de douces paroles, pour lui meue ians l'aine un peu de courage et de joie; et moi, qu> moralisais si sévè eraen; à son sujet, je me suis conduit de façon à ôter au pauve homme l’envie de me demander un service 1 Cela p’ouveune fois de plus que l’habit ne fait pas le mo’ne, et qu’il ne faut pas juger l’arbre su" l'écorce.Je n’ai plus envie de me promener; je crois que ce que j'ai de m’eux à fa:re, c’est de :en-trer chez moi, d’ouvrir l'Évangile, et de méditer la parabole de _la paille et de la poutre.— Magasin Pittoresque.Psychologie.LE COURAGE S’APPREND-IL ?La chimie pari age les corps en deux classes ; les corps simples et les corps composés.Les corps simples sont des corps formés d’un seul élément, et par conséquent réfractaires à tout essai de décomposition chimique.En vair.les soumettez-vous à l’analyse la plus sévère : vous pouvez les briser, les fragmenter, vous ne les décomposez pas, tous les morceaux étant absolument identiques entre eux, et chacun d’eux conservant la substance constitutive du corps dans son entier.Les corps composés sont, au contraire, des corps formés d éléments différents.Soumis au creuset, ils se divisent eu plusieurs ce ps distincts qui ont leurs qualités propres; le lien qui les unit a’est, si je puis parler ainsi, qu’un lien fédéral: l’analyse dissout la fédération, et chacun reprend son autonomie.Le même fait, la même loi, se produit dans le domaine de l’âme, et la psychologie, en empiuntant le langage delà chimie, peut diviser les qualités en corps simples et en corps composés.Je voudrais en citer deux exemples.La bonté est un corps simple.Analysez-la, examinez-la sous tous ses aspects, dans toutes ses manifestations, vous ne découvrez en elle qu’un seul élément, la bonté.Il y a plusieurs degrés de bonté, il n’y en a pas plusieurs espèces : aussi l’éducation peut-elle diriger, régler, discipliner la bonté ; mais la créer, non.Car on ne compose pas plus un corps simple qu’on ne le décompose; il est ou il n’est pas.La bonté ne saurait être un produit, car elle existe par elle-même, et par elle seule ; ce qui se résume, en fait d'éducation, par ce mot : La bonté ne s’apprend pas (1).En est-il de même du courage ?Non.Le courage est pvesque toujours un corps composé.Il y a très peu de cou-ages où il n’entre que du courage.Analysez les actes courageux qui vous sont connus, vous découvrirez presque toujours un ou plusieurs éléments étrangers.’amour-propre, l'espoir d'une récompense, le sentiment du devoir, l’humanité, le dévouement, une grande tend esse, y jouent leur rôle, et ont soutenu le courage défaillant ou complété le cou âge insuffisant.Ou sait le beau mot de Turenne un jour de bataille.Au premier coup de canon, il se mit à trembler de tous ses membres ;— Tu trembles vieille carcasse, dit-il en regardant son corps ; tu tremblerais bien plus si tu savais où je vais te mener.Il résulte de ces faits que le courage, n’étant pas une qua’ité une et.purement native, mais une qualité complexe, formée souvent d'éléments différents, soumise û notre volonté, sujette à des défaillances, ayant besoin de soutiens étrangers, est une qualité qui rentre forcément dans le domaine de l’éducation ; elle peut s’acquérir.Je ne dis pas qu’on pourra faire un héros avec un couard ; mais si les héros sont rares, les couards le sont aussi.La moyenne des hommes reçoit de la nature un petit fonds de courage, pas bien grand, pas bien riche, mais qui, cultivé avec intelligence et fertilisé par de vigoureuses substances étrangères, finit par produire sa moisson régulière de bonnes résolutions et d’actes virils.Que les parents ne désespèrent donc pas s'ils voient en leur enfant des germes de pusillanimité.Une âme craintive peut devenir une âme courageuse : développez en elle Injustice, le sentiment du devoir, l'honneur, la d’gaitc.la piété, et vous verrez toutes ces belles qualités, au moment du pé;il, venir au secours de ce pauvre petit courage un peu défaillant, et l’aider à dompter son mortel ennemi, la peur.Je le répète, on ne fait pas des héros avec l'éducation ; mais on peut produire des hommes de devoir, et le sentiment du devoir peut produire le courage.Ces réflexions me sont venues à propos d'un petit fait de funille dont j’ai été témoin, et qui n’est pas indigne de remarque.Un de mes amis a un fils de d'x ans L’enfant est bon, sincère, affectueux, consciencieux, mais craintif.Une de ses dents s'étant gâtée, il fallut le conduire chez le dentiste.Le père s’en chargea; mais au bout d’une demi-heure ils revinrent tous les deux, aussi pâles l’un que l’antre, pleurant tous les deux.L'enfant, saisi de peur, avait protesté contre l’opération nécessaire par ses cris, par ses (1) Est-ce bien sûr?Nous reviendrons sur ce sujet.larmes, même par ses efforts de résistance, et le père le ramenait en déclarant qu'il lui était impossible ni d’imposer un tel supplice à son fils, ni d'y assister.La mère plus vaillante, se leva pour reconduire immédiatement l’enfant chez le dentiste.Le grand-père l’arrêta en lui disant tout ba6 :—Reste, et laisse-moi faire.: Le père remonta dans sa chambre, et l’enfant se remit à sa table de travail.Il avait la tète basse, et peu à peu la honte succédait à la peur sur sa figure.Le grand-père lui laissa digérer cette honte salutaire.Le soir venu, il le prit à part:—Tu as passe une bien mauvaise journée, n’est-ce pas?—Oh! oui!—Tu es bien mécontent de toi, et tu t’es dit bien souvent depuis ce matin : “ Quel malheur que je ne me sois pas laissé arracher cette vilaine dent I ce serait fini maintenant.”—Oh! oui!—Eh bien, si tu veux, je vais te donner le moyen d’aller toi-même te la faire ôter, et avec plaisir.—Avec plaisir?dit l’enfant en relevant vivement la tête.— Le mot est peut-être un peu fort, reprit le grand-père en souriant; mais du moins de ton plein gré.Ecoute-moi bien.Il y a quelqu’un à qui il faut toujours s'adresser quand on est dans l’embarras, c’est le bon Dieu.Eh bien ce soir, en te couchant, raconte-lui ta journée ; dis-lui ta peur, ta honte et ton chagrin.car je suis sur que tu t’en veux bien d’avoir tant affligé tes parents.—Oh ! oui.—Eh bien, dis.tout cela à Dieu; puis supplie-le de tout ton cœur, de toutes tes forceB, de te donner du courage ; et tu verras 1 —Comment! tu crois que le bon Dieu.—Essaye.Au bout de deux jours, le grand-père entre le matin chez l’enfant : —Eh bien, cela vient-il 1 —Un peu.—Continue ; car tu sais qu’un remède ne guérit pas en une fois.Trois jours après, nouvelle question:—Eh bien?—Il me semble que cela vient.—Quand je te le disais !.Voyons !.interroge-toi Quel jour crois-tu que tu me demanderas d’aller chez le dentiste ! car nous n’irons que quand tu me le demanderas.—Demain 1 répondit l’enfant avec résolution.—Tu seras prêt ?—Oui.En effet, le lendemaiu, à huit heures, ils entraient tous deux chez le terrible opérateur.L’enfant s’assit de lui-même sur le terrible fauteuil, ouvrit la bouche, et se laissa arracher sa dent sans jeter un cri.Le dentiste était stupéfait.Les parents furent radieux, et le grand-père se dit tout bas :—Le courage s’apprend.—Magasin Pittoresque.Progrès de la Science.LE PREMIER BATEAU A YAPEÜK.Il y a soixante-quatre ans, une foule immense se pressait sur la rive occidentale de l'Hudson à New York, pour assister à la plus audacieuse tentative que le génie de l’homme pût concevoir à cette époque.Il s'agissait d’une expérience invraisemblable.Un bateau, construit pour la navigation fluviale, devait, sans le secours de la voile et de la rame, et contre le courant, faire la traversée de New-York à Albany, un parcours de soixante lieues.Cette embarcation, qui différait peu, d’ailleurs, de nos bateaux à vapeur actuels, mais qui, précisément à cause de cela, changeait radicalement toutes les conceptions nautiques adoptées jueque-là, avait été surnommée la Folie Fulton.C'était ainsi que l’Amérique accueillait alors l’invention de l’homme dont elle est si justement hère, de cet illustre Fulton que l’Europe avait méconnu aussi, malgré le succès de sa torpille et de son bateau plongeur, dans les rades de France et d’Angleterre.Un seul homme, le chancelier Livingston, avait eu confiance en son compatriote, et c’était grâce à son concours que Fulton avait pu construire son bateau qu'il avait appelé le Clermont, du nom de la propriété que son associé possédait sur les bords de l’Hudson.Comme ils avaient craint de manquer de fonds au dernier moment, ils avaient offert d’accorder un tiers dans les bénéfices de l’entreprise à celui qui leur apporterait le capital jugé nécessaire.Nul n'avait répondu à cet appel.Il ne se trouva également personne pour courir le risque de se confier à ce bateau fantastique, qui devait, sans force motrice apparente, naviguer sur un fleuve houleux comme une mer, et remonter son rapide courant.Quelques minutes, et l’événement allait prononcer entre Fulton et ses détracteurs ; décider s’il y avait insanité ou conception sublime dans cet esprit tourmenté qui luttait depuis tant d’années. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.La majorité de l’assistance, anxieuse et profondément émue, sentait vaguement que quelque chose de grand et de mystérieux pouvait se révéler, mais un certain nombre de sceptiques et d'incrédules, comme en renferme toute importante agglomération d'hommes, plaisantaient au sujet de la prétendue découverte, riaient et se moquaient du spectacle et des spectateurs.Les cris st les lazzis redoublèrent quand on vit Fulton, monté seul sur le pont du Clermont, donner le signal du départ à quelques ouvriers dévoués et intrépides, qu'on n’apercevait pas, cachés qu’ils étaient par les flancs du navire.Tout à coup un jet de fumée sortit delà cheminée du Clermont; elle grossit rapidement et devint un nuage noir ; le long bâtiment s ébranla, ses larges roues frappèrent l’eau qui rejaillit en écume et sa proue fendant l'Hudson, s’avança en glissant sur les flots.Une commotion électrique secoua la foule, un murmure confus s’éleva, quelque chose d’étrangli et de formidable sortit de vincrt mille poitrines haletantes.puis les hourras et les cris se firent jour, un enthousiasme et un délire universel éclatèrent, portant au cœur de Fulton une minute d’indicible ivresse, qui le payait de dix années de lutte et de souffrance.La traversée s’accomplit régulièrement, eomme l’avait annoncé le programme affiché la veille, mais elle fut accompagnée d’incidents dont on se rendra facilement compte, en songeant au spectacle saisissant que devait présenter cet étrange navire pour les voyageurs et les matelots des bateaux qui passaient autour de lui.Quand°la nuit vint et que le Clermont apparut de loin, avec sa cheminée lançant une fumée incandescente qni lui faisait un panache enflammé, et avec ses aubes dont les palettes, comme d’immenses nageoires de fer, soulevaient et faisaient tourbillonner les flots, les" habitants du rivage fuyaient épouvantés et les bateliers du fleuve se cachaient au fond de leurs barques.A son retour d’Albany, Fulton fut plus heureux qu’à son départ de New York ; un voyageur se présenta.Fulton n’avait naturellement ni employé pour donner des billets ni receveur pour en toucher le prix, et ce fut à lui-même que le confiant passager paya les six dollars (30 francs) demandés pour le passage de la traversée.Fulton regardait les six dollars et paraissait absorbé dans cette contemplation.— Oh ! répondit le grand inventeur, en levant les yeux, dans lesquels brillait une larme, je songeais, en considérant cet argent, que c’est ma première recette, et j’aurais voulu, pour vous en remercier, vous offrir un verre de vin de France, car j’ai reconnu en vous un habitant de ce pays que j’ai habité et que j’aime, mais je suis trop pauvre aujourd’hui pour me donner cette joie.Ce Français s’appelait Andrieux.Us se retrouvèrent plus tard.La gloire et la fortune avaient illustré et enrichi Fulton; mais il accueillit avec un bonheur véritable son premier passager.Eh bien ! en voyant le Magenta, la Couronne et le Rochambeau sortir de nos ports pour aller affronter les tempêtes ou les combats songeons à leur premier ancêtre, le Clermont, qui leur a ouvert la voie il y a soixante-quatre ans.—Journal Officiel.EDUCATION.Bibliothèques populaires de la Suisse.En Suisse, les bibliothèques populaires abondent.Elles sont fondées par des sociétés privées, et soutenues au moyen de souscriptions annuelles.Quelques-unes font payer aux lecteurs un très-modique abonnement, mais la plupart sont gratuites.Les membres du comité-directeur président tour à tour à la distribution des livres, aux jours et heures où le local est ouvert.Il y en a dans les villages comme dans les villes, et l’on cherche à répandre autant que possible le goût de la lecture.A cet effet, dans les cantons de Vaud, Genève, Neuchâtel, par exemple, des cours gratuits sont donnés le soir, en hiver, sur les sujets qui paraissent le plus propres à intéresser la population soit rurale, soit industrielle.Quelquefois, lorsque la commune se compose de hameaux épars, des colporteurs, choisis et rétribués par la société, font chaque semaine une tournée pour éviter aux paysans la peine de venir chercher ou échanger les livres à la bibliothèque.Les ouvrages qui forment ces bibliothèques sont toujours choisis avec soin, en vue de répandre des idées saines, des principes salutaires et des notions utiles.Quoique jouissant d une entière liberté, les comités qui les dirigent se montrent à cet égard très-scrupuleux.Aucun d’entre eux, jusqu’ici, n’a prétendu faire de cette institution un moyen de propagande pour des doctrines dangereuses et subversives.Mais ils ne perdent point de vue non plus la nécessité de rendre la lecture attrayante.Dans ce but donc, aux traités moraux et religieux, aux livres instructifs de science, d'art, d histoire, de voyages, ils joignent volontiers des oeuvres littéraires empreintes d' un talent honnête, pur, élevé.—Magasin Pittoresque.PEDAGOGIE.PREMIÈRE PARTIE.DE L’HABITUDE.On appelle habitude la disposition à faire certains actes, lorsqu’on les a souvent répétés.Ce que nous avons déjà fait, nous sommes portés à le faire encore.C’est comme un pli formé, que l’on n’efface pas aisément.Les mouvements d’une machine deviennent plus faciles, si elle fonctionne d'une manière continue; de même le travail de nos organes est favorisé par la répétition.Mais, tandis que les rouages s’usent par les frottement, nos organes se fortifient et se développent par l’exercice, à moins qu’on ne le pousse jusqu'à la fatigue, qui entrave, si elle est momentanée ; qui détruit, si elle se prolonge.L’habitude est un des ressorts les plus efficaces que l’on puisse employer en éducation.Elle est véritablement une puissance qui agit constamment sur nous, et dont on retrouve partout les effets.C’est un moyen de nous affermir dans le bien ; mais souvent aussi elle nous lie au mal, comme par une chaîne dure et pesante La manière dont les habitudes se prennent et se fortifient doit donc être l’objet de toute la sollicitude de l’instituteur.Les enfants qu’il est appelé à diriger peuvent d’autant mieux céder à l’influence qu’il exerce, que leurs hahitudes ne sont pas encore formées.Us ont sans doute des penchants et des désirs plus ou moins vifs, parfois même impétueux; mais rien chez eux n’est encore bien arrêté.Leurs sentiments et leurs tendances sont comme la vague qui va, vient et s’écoule ; mais cette mobilité fera bientôt place à une manière d’être plus décidée et plus stable.C’est donc le moment le plu* propice pour agir, et le maître doit apprécier, d’un côté, la facilité que lui donne cet âge impressionable et flexible; et, de l’autre, profiter, sans retard, de cette période favorable, qui ne doit plus se représenter dans l’avenir.L’influence de l’habitude se fait sertir dans toutes les classes de la société, dans celles qui sont le plus cultivées et dans celles qui le sont peu.Toutefois, les classes moyennes et inférieures en éprouvent plus particulièrement les effets, soit parce que les personnes qui les composent réfléchissent peu, soit parce que le cercle de leur existence et de leurs affaires est très-borné.Changer les habitudes des hommes du peuple, c’est comme une montagne à remuer.L’immobilité semble être leur partage.Si donc leurs habitudes ont pris une direction fâcheuse, le mal est presque sans remède.Si, au contraire, on réussit à leur imprimer une direction favorable, il en résulte un bien solide et permanent.Cette considération est de nature à réveiller et à soutenir le zèle de tout instituteur qui a quelque conscience et quelque amour pour l’enfance.LOIS DE L’HABITUDE.1° Les hahitudes se forment souvent d’une manière tout à fait insensible.La répétion de certains actes, auxquels on n’attache ni importance, ni plaisir, peut devenir une attache dont on ne se débarrasse qu’avec peine. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.165 2° Tandis que nos impressions passives s’affaiblissent par la répétition, l’habitude jointe à l’activité rend facile ce qui parais sait d’abord très-difficile.C’est comme un levier puissant, qui de jour en jour nous donne de nouvelles forces.Chaque exercice est un progrès.3° L’influence de l’habitude se fait sentir dans toutes les sphères de l’activité humaine.4° Les actes d’habitude peuvent être accompagnés d’un travail d'esprit et de réflexion ; ou bien ces actes, à force d’être répétés, peuvent être accomplis sans réflexion.Ce dernier cas se présente surtout dans les arts mécaniques.L’ouvrier fait son travail avec facilité et rapidité, sans que son esprit soit obligé à un grand effort.L’intelligence surveille seulement le travail d’une manière générale, et se tient prête à agir activement dès que cela sera nécessaire.Dans les autres genres de travaux, l’action de l’intelligence, jointe à celle de l’habitude, porte rapidement l’œuvre de l’homme à son plus haut point de perfection.Cette actiou combinée est le vrai moyen de tirer le meilleur parti possible de nos fatuités.La facilité dépend surtout de l’habitude.La perfection est le fruit de l’intelligence.5° Pour que les habitudes se forment, il faut que les actes soient répétés régulièrement et, autant que possible, journellement.Toute interruption diminue promptement la facilité acquise et oblige à des efforts nouveaux et considérables.6° La fatigue amène la négligence dans les actes et nuit aux bons effets qui résultent de l’habitude.Il importe donc de conserver aux facultés toute leur énergie, pour que leurs produits gardent leur excellence.7° Les habitudes se prennent de la manière la plus facile et la plus avantageuse dans l’enfance, parce qu’à cet âge on n’en a point contracté encore, et que toutes les facultés ont un degré remarquable de souplesse.Les années amèneront plus tard un élément de solidité et de fermeté ; les bonnes habitudes prises dans l’enfanoe se maintiennent pendant le reste de la vie.On sait que, même dans la vieillesse, ce qui a été acquis dans le premier âge se retrouve toujours.8J Pour qu’il y ait harmonie entre nos habitudes des divers ordres, il faut que l’esprit conçoive promptement et selon la vérité ; que la conscience dirige nos pensées selon les lois éternelles de la justice et de la charité ; enfin, que le corps, comme un serviteur vigilent, puisse exécuter avec aisance et précision ce qui a été conçu par l’intelligence.C’est ainsi que l’homme sera un être aussi complet qu’il peut l’être dans son état actuel.9» L’habitude du bien se prend comme celle du mal.Seulement on n’arrive à la première qu’avec beaucoup d’efforts, de vigilance et de prières.10° L’habitude du mal se forme rapidement, parce qu’elle est d’accord avec notre inclination naturelle.L’inclination rend le vice aimable et nous entraîne ; l’habitude, qui n’est autre chose que l’iclination fortifiée, nous enferme comme dans une prLon dont elle mure la porte, pour ne nous laisser plus aucune sortie.De telle sorte, que le malheureux qu’elle domine fait de vains efforts pour échapper à sa captivité honteuse.Toutefois, avec du courage, de la persévérance et le secours d’en haut, il n’est aucune habitude mauvaise qui ne puisse être déracinée.Ce que demande notre nature faible et impuissante, c’est ce que la Grâce lui offre pour se réformer.—Journal d'éducation de Bordeaux.(La suite au prochain numéro.') ]VTcuf bons principes en matière Pédagogique.1.Rendez aussi attrayants que possible les exercices do la classe; mettez y de l’animation et de l’entrain.2.Montrez que vous y prenez intérêt, et traitez tout ce qui se rattache à l’école avec la dignité qua réclame l’importance du sujet.3.Pour les jeune* élèves, les exercices de la classe ne doivent pas durer plus longtemps que l’intérêt qu’ils y prennent.4.Evitez l’oisiveté avec le plus grand soin.Dans une école bien réglée, il est indispensable d’avoir un programme de leçons et d’études qui puisse remplir chaque session sans aucune interruption.5.Il faut apporter un grand soin dans la manière de donner les leçons à apprendre ; si elles sont trop longues, elle découragent l’élève.6.L’émulation, employée avec discrétion, est un excellent moyen que l’on peut varier presqu’à l’infini.7.Pour arriver au but, il vous faut des efforts patients, persistants, vous rappelant toujours que l’éducation a une croissance graduelle dans laquelle le temps entre comme partie essentielle.8.La bonne humeur et la confiance sont des feux qui brillent et répandent autour d’eux l’animation et l’activité, tandis qu’un caractère irritable fait naître chez les autres la contrainte et l’impatience.9.Des menaces fréquentes de punition et l’habitude de trouver faute en tout obtiennent rarement de bons résultats.(Traduit du Maine Journal of Education.) Difficultés grammaticales.Première Question.Je vous demanderais l'étymologie du mot ESPIÈGLE que j'ai cherchée en vain dans plusieurs dictionnaires.Dans le journal Le Temps.du 8 juin 1870, M.Schérer, ren dant compte du Dictionnaire étymologique que venait de publier M.Brachet, nous apprenait que “ le français que nous parlons aujourd’hui doit à l’allemand environ 450 mots, termes militaires et de marine, noms d’institutions politiques et judiciaires, noms des quatre points cardinaux.” Or, espiègle, dont l’origine a été découverte par Ménage, est du nombre de ces mots étrangers.Un bouffon du pays de Saxe, nommé Tiel Ulenspiegel, qui vivait vers 1480, à cette époque où l’Allemagne était si gaie, s’était rendu célèbre par les mille tours, les mille farces qu’il jouait à tout le monde.Sa vie, composée en allemand, passa le Rhin, fut traduite en français, et le petit volume qui la contenait, imprimé pour la première fois à Troyes, eu 1699, sous le titre de Vie de Tiel Ulespiègle ; de ses faits merveilleux, de grandes fortunes qu'il a elles, lequel par aucunes fallacts ne se laissa surprendre ny tromper.M is en français, le livre se répandit parmi nous.Pendant quelque temps, nous conservâmes tout entier le nom de son héros, ainsi que le montre la citation suivante des Caquets de VAccouchée : C’est la farce de Ulespiègle, dit une dame qui avait lu les romans.(Page 227, éd.elzévir.de Jaunet.Paris, 1858).Mais ce nom se présentant probablement le plus souient dans la fonction de régime avec la préposition de, comme dans la phrase citée, ce qui faisait d'ulespiègle, on fut naturellement porté, ignorant sou origine, à convertir la première syllabe du en de, et à voir dans le reste du mot l’article le, élidé devant un substantif.On écrivit en conséquence, et espiègle était créé.Telle est l’origine du mot en question.Quant à sa signification, si vous désirez la savoir, je puis aussi vous la dire.En allemand, Ulenspiegel signifie littéralement miroir des hibous (eule, hibou, et spiegel, miroir), ce qu’on ne peut manquer d’apprendre, du reçte, en lisant le dernier chapitre de la vie de l’ingéuieux et fourbe personnage: Et ils laissèrent Ulespiègle en cette façon tout droit au Sepulchre et mettant sur le dit Sepulchre une pierre sur laquelle estoit grave’ un Chahuanl, ayant un miroir sous ses ongles, qui fait la devise de son nom ” JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.Deuxième Question.Dans un article publié dernièrement dans les journaux, il.Edouard Fournier disait que le mot obus doit se prononcer OBüse.Etes-vous du même avis ?Le mot obus se prononce de trois manières différentes: obuce, comme dans ce quatrain que le Gaulois mettait dans la bouche d’un collégien au moment “ psychologique” : Sur nous pleurent les obus ; De son Krupp de Motle abuse ; Le Parisien s’en amuse.Finis coronat opus.Puis ôbu, comme dans cet autre quatrain publié par la Saison (de Boulogne) le 19 juillet dernier : Et pourquoi ces milliers de bombes I Pourquoi ces perfides obus! Ces balles qui s’envont par trombes ?Voyez, les Français sont vaincus.Et enfin obuze, qui a la préférence du savant auteur de Paris démoli.Maintenant, laquelle de ces trois manières est la bonne ?La finale us a deux sons actuellement dans notre langue, mais n’en a pas davantage : u long, dans les mots qui ne sont pas lutins, comme abus, refus, intrus, talus, verjus, etc., et uce, dans ceux qui appartiennent à la langue latine, comme omnibus, ore-mus, angélus, hiatus, mordicus, etc.Or, obus est il un mot latin ?Nullement; l’obus ayant été inventé parles Anglais et les Hollandais (les premiers que l’on ait vus en France furent pris a la bataille de blerwinde, gagnée par le maréchal de Luxembourg sur les alliés en 1693), son nom ne pouvait être latin ; il fut emprunté ou à l’allemand pur haubitz (de hauben, coiffer avec un bonnet), ou au hollandais houvitser, qui est le mot allemand corrompu.Obus doit donc, pour la prononciation, être rangé, dans la catégorie de refus, intrus, etc.Pour la versification, la conséquence de la prononciation préconisée par M.Edouard Fournier, serait d’empêcher obus de figurer jamais à la fin d’un vers, parce qu’il n’existe pas dans notre langue de mot en us qui pût rimer avec lui.Nouvelle raison pour que je maintienne l’opioion que je viens d’émettre! Tant qu'on ne m’aura pas démontré que j’ai tort, je prononcerai obu, avec un accent circonflexe sur l’o, pour rendre le son au de haubitz ou bien le son ou de houvitser, et avec un u long, pour me conformer à une règle que je crois sans exception en français.* * Troisième Question.D’où tirez-vous Cordonnier ?Ce mot veut-il dire un homme qui a fait jadis des CORDONS ?Ce n’est guère probable.Depuis Voiture, qui se vantait un jour d’avoir fait accroire à un “ bieD honnête homme” que les cordonniers étaient ainsi appelés parce qu’ils donnent des cors (cor, donner), on a cherché sérieusement d où vient le nom de ces utiles artisans.Plusieurs l’ont dérivé de cordon (petite corde) parce qu’on faisait autrefois des souliers en cordes, comme on en voit encore en Espagne et dans le midi de la France; d’autres lui ont donné la même origine, mais pour une autre raison : parce que, disent-ils, les souliers s’attachaient avec des cordons, comme des sandales.Mais il n’y a rien là qui puisse vous satisfaire, et j’ai à vous offrir quelque chose de mieux.Pendant le moyen-âge, nous tirions de Cordoue, ville d’Espagne, une espèce de cuir qui, en vertu de l’usage assez fréquent dans notre langue de désigner un produit parle nom de l’endroit où il se fabrique (mousseline, tulle, barége, etc.,) était appelé cordouan: S’il vesnoyt, c’estoyent botines de cordouan.(Rabelais, éd.Charpentier, p.391).Terre à terre sur mes jambes avec mes sabots et mes semelles de corde, si je n’ai pas le moyen d’avoir des souliers de cordouan, disait Sancho.(Dans Ménage, cité par Lémon, étym.anglais).De cordouon, on fit naturellement cordovannier, pour désigner celui qui faisait des chaussures, ce qui est attesté par ces exemples : Il y a six ou huict t arletz cordouanniers qui se sont plaintz en la cour de céans de ce qu'il faut maintenant mettre aux pointes des souliers qu’on fait trop de bourre.(Martial d’Auvergne, Arrêts d’amour).Nus cordouaniers de Paris ne puet euvrer de cordouan qui soit tannez, car l’euvre seroit fause, et doit estre arse.(Livre des Métiers, p.228.) J’ay grand paour que toute reste entreprinse sera semblable à la farce du pot au laict ; duquel ung cordouanier se faisoit riche par resverie, puys, le pot cassé, n’eut de quoy disner.(Rabelais, éd.Charpentier, p.60).Enfin, ce dernier se transforma en cordonnier à une époque qui remonte au moins à la seconde moitié du XVIIIe siècle, puisque cordoucinnier se trouve encore dans le dictionnaire de Trévoux, édition de 1771.Ainsi cordonnier ne vient ni de cor, ni de corde, ni de cordon ; c’est tout simplement la corruption de cordovannier, fait de cordouan, lequel s’est formé de Corduba (Cordoue) par la chute du b.Quatrième Question.Je vous prierais de vouloir bien décider la question de savoir si l’on peut dire une statue Pédestre; je suis certain d’avoir lu quelque part que cette expression est mauvaise.“ Le Dictionnaire nous enseigne qu’il est d’usage de dire une statue pédestre pour désigner celle qui représente un homme à pied.“ Qui d’entre les littérateurs piésents et passés s’aviserait ou s’avisera d’écrire dans un journal ou dans un livre qu’il a vu une statue pédestre ?“ On dit une course, un voyage pédestre ; encore ne l’écrit-on guère.Les auteurs qui, depuis quelques années, ont abusé du mot, et parlent de voyages pédestres, de touristes pédestres, n’ont pas un sentiment bien fin de l’euphonie et des grâces du langage.“ Les mots en estre et en esque sont d’ordinaire assez désavantageux.” Voilà en quels termes M.Fr.Wey s’exprime sur cette question ; il repousse statue pédestre au nom de l’euphonie et des grâces du langage.Voyons si, après examen, je croirai devoir infirmer ou confirmer la sentence de ce premier juge.On distingue deux sortes de statues: les unes à cheval, les autres à pied.Or, les premières sont dites équestres, de l’adjectif equestris, qui signifie en latin à cheval, de cheval.Pourquoi les autres ne s’appelleraient-elles pas pédestres, de pedestris, qui veut dire, dans la même langue, à pied, qui est à pied ?Cette expression, du reste, s’est employée autrefois, car j’ai trouvé : Statue pédestre de Louis XIV élevée dans la place des Victoires.(Traité de la police, IV, Table).Il y a dans l’Hôtel-de-Ville d’Arles, une statue pédestre de Louis XIV.(Trévoux).La statue de la place des Victoires est pédestre ainsi que celle de 1 Hotel-de-Ville ; les trois autres qui sont ù Paris sont équestres.(Idem). JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.1G7 Voilà donc déjà deux bonnes raisons, ce me semble, en faveur de l’adjeetif qu’on voudrait proscrire.Maintenant, en quoi ce mot est-il plus “ désavantageux ” que alpestre, terrestre, équestre, orchestre, semestre, séquestre, bour-guemestre, vaguemestre et trimestre, que 1 auteur des Remarques sur la langue française ne se sentirait aucune répugnance à placer dans le plus beau de ses discours?Comment! les écrivains qui font usage de pédestre n ont pas “ un sentiment bien fin de l’euphonie et des grâces du langage ! Mais ceux qui ont introduit et fait accepter les neuf mots de même finale que je,viens d'énumérer, n’en avaient pas un meilleur, et cependant M.Fr.Wey ne les critique pas.L’usage, tant ancien que moderne, et l’analogie permettant l’emploi de pédestre appliqué à une statue, j’en tire la conclusion que l’expression de statut pédestre est irréprochable à tous les points de vue.* Cinquième Question.Comment le mot BAS, qui est un adjectif, a-t-il été amené à signifier ce tricot qui sert à vêtir les jambes et les pieds ?On lit dans le Dictionnaire historique de Chéruel : “ Parmi les innovations que présente le costume de cette époque (le XVIe siècle), on ne doit pas oublier l’usage des bas de soie qui date du règne de Henri II.Ce roi en porta, dit-on, le premier en 1559.Les classes aristocratiques l’imitèrent, tandis que les classes inférieures conservèrent l'ancienne mode des chausses et des hauts de chausses tout d’une pièce.” Ainsi, autrefois, le vêtement qui va des pieds à la ceinture ne se composait que d’une pièce.La partie supérieure s’appelait haut de chausses, comme cela ressort de la citation que je viens de faire, et la partie inférieure s’appelait bas de chausses, ce qui est prouvé par les citations suivantes: Panurge, comme ung boucq estourdy, sort de la soutte en chemise, ayant seullement ung demy bas de chausses en jambeB.(Rabelais, Pant.IV, p.67).De quelque lieu qu’elle soit venue, je trouve quil y a de l’excès en une telle permission, qui est donnée par cette police, quant au pris de ces bas de chausses.(H.Estienne, Deux dial.p.190).Avant que je sortisse de France, on enstesté merveilleusement estonné d’ouir parler d'un bas de chausses d’un si grand pris.(Idem, p.189).Mais l’expression bas de chausses s'abrégea successivement de deux manières : d’abord, on n’y conserva que le mot chausses, comme cela est mis en évidence par ces exemples: La toque où flottait une plume et qu’ornaient des perles et des diamants, le pourpoint tailladé et surmonté d’une fraise en dentelles, un manteau court et dont l’étoffe précieuse était enrichie de broderies, les hauts de chausses ou culottes bouffantes rattachées au pourpoint par des aiguillettes, les chausses garnies de rubans ou canons, des soulliers chargés des mesmes ornements, composoient le costume des seigneurs de l’époque.(Chéruel, Diet, hist., I, p.619).Je me fis transporter des chausses de velours cramoisi couvertes de passements d'or et fort découpées.Je pris le pourpoint tout de même, etc.(Mém de Montluc).J’ai ouï dire que, pour un premier jour de mai, un caporal de la colonelle (première compagnie) comparut le matin à la messe, habillé tout de satin vert, et ses bandes de chausses toutes rattachées de doubles ducats, d'angelots et de nobles, jusques à ses souliers.(Brantôme, Capit.franç.).Plus tard, par un procédé tout contraire, on enleva le ternie qui jouait le rôle de complément, ce qui réduisit cette expression à bas.Or, c’est cette dernière forme qui a été adoptée par l’usage moderne ; et voilà comment le mot bas, dans l’origine adjectif, en est venu, avec le temps, à désigner le tricot qui sert à vêtir les pieds et les jambes.*** Sixième Qaestion.Pourquoi dit-on UN AVOCAT CONSULTANT?R me semble que c'est une mauvaise expression puisque l'avocat ainsi désigné est consulté par quelqu'un.Il y avait autrefois trois sortes d’avocats, comme l’apprend, à la page 127, un ouvrage intitulé : Harangues et actions mémorables des plus rares esprits de notre temps, imprimé en 1609, et que j'ai eu le plaisir de découvrir à la bibliothèque de Tours pendant nlon exil sous la Commune.Ce sont: “ les Escoutans, les Plaidans et les Consultons.” Cette qualification, dont l’existence remonte ainsi à 260 ans, au moins, n’est point mauvaise comme elle vous le semble, et il me sera facile de vous le prouver.En effet, le verbe considéré, qui avait pour fréquentatif con-sultare, nous a donné, par le moyen de ce dernier, le verbe consulter avec le sens ordinaire que vous lui savez, et de plus, celui de donner un avis, un conseil, qu’il avait dans la langue latine : Tun’ consulis quidquam ?(Diet, de Quicherat).(Donnes-tu jamais un conseil ?) Or, le latin ayant été longtemps étudié en France, grâce au droit romain dont, au XIIIe siècie, on s efforça de faire pénétrer les principes dans la législation féodale (Chéruel, p.2.9), le verbe consulter a dû naturellement s’employer parmi nous dans ce sens absolu, et donner consultant pour signifier qui donne des conseils.—Courrier de Vaugelas.Phrases à Corriger.CORRECTIONS DU NUMÉRO PRÉCÉDENT.lo.Mettez quoi que en deux mots;—2o.Au pluriel, gentil homme prend une s après gentil ;—3o.Fleurette veut une s dans l’expression Conter fleurettes ;—4o.Le verbe transiger requiert sur ou avec après lui; il n'est jamais actif;—5o.On dit éprouver, ressentir un chagrin, et non recevoir un chagrin ;—6o.Autrement qu’ils ne l'ont, etc., avec la négation ; —7o.Substituez malgré qu'il en ait à quoique ;—8o.On ne dit pas qu’on est frappé d'une impression ; on dit qu’on ressent qu’on subit une impression ;—9o.Ou dix heures et un quart, ou dix heures un quart; mais un est indispensalle ;—lOo.Polygonique ne se trouve dans aucun dictionnaire ; mettez polygonales ;—ilo.11 faut : on allait provisoirement nous déposer.(Courrier de Vaugelas').PHRASES A CORRIGER.lo.J’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien faire >-ayer mon nom sur la circulaire qui doit être imprimée et distribuée.(Le Journal des Débats du 5 janvier).2o.L’Assemblée, une fois élue, se trouvera bon gré malgré par la force des choses, l’héritière de tous les pouvoirs détenus provisoirement par le gouvernement du 4 Septembre.(Le Temps du 7 février).3o.L’idéal, ee serait d’ouvrir un appartement par malade ou par blessé, de soigner chacun d’eux à domicile.Mais il est de cet idéal comme de tous les autres.(Idem).4o.Tous les habitants électeurs de la ville de Meudon sont convoqués pour remplir leur droit électoral, pour le mercredi 8 février courant, rue Turbigo, 44.(Idem). 16S JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.5o.Je suis persuadé, Monsieur le Maire, qu’il me suffira de vous signaler cette injustice pour que, connaissant votre équité vous la fassiez cesser immédiatement.(La Liberté du 8 février.) 60.M.Ilémory exhiba un reçu constatant qu’il avait payé lui-même les deux porcs qui ornaient son étale douze cent quinze francs.(Idem).7o.MM.Duchatel, de Castellane, L’Ebraly et Paul de Rémusat sont désignés à raison de leur âge, comme secrétaires provisoires.(Le Figaro du 26 février).Courrier de Yaugelas.( Let corrections au prochain No.') Phénomène de Pliysiqne.POURQUOI LA POUSSIÈRE FLOTTE DANS L’AIR.Pourquoi les particules d’une substance dure—comme, par exemple, le granit,—flottent-elles dans l’air, au lieu de tomber de suite sur le sol, tandis qu’un bloc de la même substance et composé d un plus grand nombre de ces mêmes particules tombe aussitôt lourdement ?La réponse ordinaire est que chaque atome ayant plus de surface, proportionnellement à son volume, que la masse dont il provient, est ainsi soulevé, supporté par la résistance de l'air.Le moindre mouvement imprimé à l’atmosphère donne à ces atomes une force d’impulsion assez grande pour surmonter leur gravité spécifique et les promène çà et là suspendus comme les milliers de molécules qu’on voit passer dans un rayon de soleil.Prouvons par des chiffres la vérité de eette assertion et prenons, comme point de comparaison, deux balles dont l’une aura un diamètre trois fois plus grand que celui de l’autre.Soit 3x le diamètre de la 1ère.“ a; “ “ “ 2de.En multipliant la diamètre par Pi (3.1416) nous aurons la circonférence : 3x x 3.1416 = 9.4248x, circonférence de la 1ère balle.x x 3.1416 = 3.1416x, “ “ 2de “ La circonférenoe multipliée par le diamètre donne la surface : d’où, 9.4248z x 3x=* 28.2744X1, surface de la 1ère balle, et 3.1416a: x 3.1416x’, “ “ 2de “ La surface multipliée par A du diamètre donne le volume, d’où 28.2744xJ x ?îou-ï.= 14.1372x’, volume de la 1ère balle.6 2 3.1416x’ x - = ,5236xs, “ “ 2de “ 6 En divisant la surface de la 1ère balle par celle de la seconde, ( 7—L-:—= 9 ), nous trouvons que ces surfaces sont comme V 3.1416X J 9 et 1 ; En faisant la même opération pour les volumes /J4.1372x^ _ £ A V 5236a; / ’ nous trouvons que ces volumes sont comme 27 et 1 ; Ainsi, tandis que les surfaces sont entr’elles comme 9 est à 1, les volumes sont entre eux comme 27 est à 1.D’où il suit qu’un grain de poussière dont le diamètre est 1 présentera à la résistance de l’air une surface trois fois plus grande, relativement au volume, qu’une petite pierre dont le diamètre serait 3 fois plus grand que le sien.Une plus grande différence dans les diamètres rendrait la différence des surfaces encore plus sensible.(Traduit du Mount Auburn Index.') Pensées et Maximes.—Si tu veux que ton secret reste caché, ne le dis à personne ; car pourquoi un autre serait-i) plus discret que toi-même dans tes affaires ?La confidence est déjà pour lui un mauvais exemple et une excuse.—Les choses communes font regretter le temps qu’on met à les lire.—Quand la démagogie a construit un édifice, la dictature vient l’habiter.—Le printemps, heure des fleurs, se passe à désirer les fruits, et 1 automne, heure des fruits, se passe à regretter les fleurs.—Les avis sincères sont une denrée dont on a de la peine à trouver le placement, bien qu’on la donne au lieu de la vendre.— Le hasard n’est qu’un effet dont nous ignorons les causes.—Les falsifications et les contrefaçons dans le domaine de l’intelligence et dans le domaine de la matière ont pris de telles proportions que nous croirions avoir obtenu une grande et heureuse réforme si les historiens consentaient à mettre un peu d histoire dans leurs fictions et les cafetiers un peu de café dans leur chicorée.—On pardonne souvent à un homme d’être voleur et dissolu; on lui pardonnera rarement d’être pauvre.AVIS OFFICIELS Ministère de l’instruction publique.NOMINATIONS.Québec, 29 novembre 1871.Le Lieutenant-Gouverneur a bien voulu, par ordre en conseil, en date du 28 du courant, nommer M.Louis Moyse Laplante, inspecteur d’écoles pour les comtés de Nicolet et d’Yamaska, en remplacement de Bonaven-ture Maurault, Ecr., démissionnaire.P.J.O.Chauveau, Ministre de l’instruction publique.Le Lieutenant-Gouverneur a bien voulu, par ordre en conseil, en date du 13 du courant, faire les nominations suivantes de commissaires et de syndics d’écoles.COMMISSAIRES D’ÉCOLES.Comté d’Artbabaska, St.Christophe : M.Pierre Lambert, en remplacement de M.Moïse Couture.Comté de Chicoutimi, Harvey : M.L.Boivin et M.Louis McKay, en remplacement de M.Auguste Laforest et de M Jacques Bolduc.Comté de l’Islet, St.Jean Port Joly : Le Révd.Joseph Lagueux, en remplacement du Rév M H.Gagnon.Comté de Montmagny, St.Paul de Montminy : M.Michel Rousseau,en remplacement du Révd J.B.Vallée.Comté de Rimouski, Ste Félicité: Le Rév.Louis Napoléon Bernier, en remplacement du Rév.Luc Rouleau.Comté de Rimouski, St.Germain de Rimouski : M.Damase Lebel, en remplacement de M.Olivier Gagné.SYNDIC D’ÉCOLES.Comté de Bagot, St.André d’Acton : M.N.E.Godfrey, en remplacement de M.J.E.Harvey.Le Lieutenant-Gouverneur a bien voulu, par ordre en conseil en date du 20 du courant, faire la nomination suivante de commissaire d’éeoles.Comté de Rouville, Notre-Dame de Bonsecours : M.Sabin Archambault, en remplacement du Rév.Joseph Prosper Dupuy.Le Lieutenant-Gouverneur a bien voulu, par ordre en conseil, en date du 22 du courant, faire la nomination suivante de commissaire d'écoles.Comté de Bagot, St Dominique : M.Mizaèl Gauthier de Landreville, en remplacement de M.Joseph Octave Beaudry.ANNEXION A ST.LAMBERT (LÉVIS).Québec, 14 décembre 1871.Le Lieutenant-Gouverneur a bien voulu, par ordre eu conseil, en date JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.169 du 12 de ce mois, annexer formellement à la paroisse de St Lambert dans le Comté de Lévis, les deux Iles de la rivière Chaudière qui sont situées vis-à-vis les paroisses de St.Etienne et de St.Lambert, et qui, sans se trouver incluses eu termes formels dans l’une ou dans l’autre de ces municipalités, ont toujours été censées faire partie de la dernière.DIPLOMES OCTROYÉS PAR LES BOREAUX D’EXAMINATEURS BUREAU CATHOLIQUE DE MONTRÉAL.Ecole modèle, 1 ère Classe, (F) :—Mlle Emma Dorval.Ecole élémentaire, 1ère Classe, (F) : Mlles Euphrosine Bergeron, Mathilde Brière, Parmélie Dupont, Arzélie Ctsarie Foisy, Louise Archange Gareau, Angèle Henriette Laforce, Odile Laurin, Ida Préfontaine, Elisa McDuff, Marguerite Meunier, Alida Messier, Adeline Pesant, Pbilo-mène Quesnel, Almaide Tétreaull et Mary Bannon (A).Ecole élémentaire, 2de Classe, (F) : M.Charles Bouthiller, Mlles Vi-taline Oardin, Ross Messier, Joséphine Racette et Adeline Robert.7 Novembre, 1871.F.X.Valade, Secrétaire.BUREAU DE GASPÉ.Ecole élémentaire, 1ère Classe, (A) : Mme Alice S.Watson.Ecole élémentaire, 1ère Classe, (A et F) : Mlle Emma E.Hamon.7 Novembre, 1871.Philip Virert, Secrétaire.BUREAU PROTESTANT DE WATERLOO ET SWEETSBURG.Ecole élémentaire, 1ère Classe, (A) : M.Hermon A.Parsons.7 Novembre, 1871.Wm.Gibson, Secrétaire.BUREAU DE BEAUCE.Ecole élémentaire, 1ère Classe, (F) : Mlles Célanire Bisson, Eléonore Carrier et Emma Boldmc.7 Novembre, 1871.J.T.P.Proulx, Secrétaire.BUREAU DE CHARLEVOIX.Ecole élémentaire, 1ère Classe, (F) : Mlles Justine Simard et Aglaé Lavoie.7 Novembre, 1871.Charles Boivin, Secrétaire.BUREAU DES TROIS-RIVIÈRES.Ecole modèle, 1ère Classe, (F): Mlles M.Célina Bergeron, Julienne Duval, Marie R.Désilets, Joséphine Gulbrandson.M.Appolline Gouin, Georgina Laforce, Mathilde M.A.Hébert et Marie Vincent.Ecole élémentaire.1ère Classe, (F) : Mlles M.Délia Ayotte, F.Elise Baril, M.Mélanie Beauchêne, M.Célénie Deshayes, M.R.Anne Deueet, Marie Lucie Geoffroy, M Léocadie L’Heureux, Marguerite Lampson, M.Olive Lemire, Victorine Lamothe, M.O.Virginie LeBlanc, M.Esilisse Mailhot, Julie Proulx, M Amabila Provencher et M Victoria Provencher.Ecole élémentaire, 2de Classe, (F) : Mlles Marie Sophie Bâcon, MG-Georgina Bélanger, M.Rose de Lima Bourque, Arméline Bergeron, M.E-Cédilie Courchene, M.Evélina Décoteau, Marie R.Désilets.Marie P.Lemay, M.Jessé Martel, Marie Anne St.Ouge et M.J.Célina Trudel.2 Mai, 1871.J.M.Désilets, .Secrétaire.BUnEAU DES TROIS-RIVIÈRES.Ecole élémentaire, 1ère Classe, (F): Mlles M.A.Corinne Cottlombe, M.Vitaline Déruisseau, M.E.Eléonore Germain, M.L.Anne Lupien et Mélanie Verville.Ecole élémentaire, 2de Classe, (F| : Mlles M.Flore Brisson, Elizabeth Emma Caya, M.Caroline Deshayes, M.L.Azélie Grenier, M.Victorine Levasseur, M.Joséphine Morissette, M.Eléonise Marchand et M.Etienne Dostaler.1er août, 1871.J.M.Désilets, Secrétaire.BUREAU DES TROIS-RIVIÈRES.Ecole élémentaire, 1ère Classe, (F) : Mlle Marie Dalia Désilets.Ecole élémentaire, 2de Classe, (F): Mlles il.Virginie Béliveau et Marie Agnès Bergeron.7 Novembre, 1871.J.M.Désilets, Secrétaire.bureau d’ottawa.Ecole élémentaire, 2de Classe, (A) : Mlle Catherine Kelly.7 Novembre, 1871.John R.Woods.Secrétaire.BUREAU PROTESTANT DK MONTRÉAL.Académie, 2de Classe, (A et F) : MM.James Arthur McKay et John L.Walton.Ecole élémentaire, 2de Classe, (A) : Mlle Agnes Turner.7 Novembre, 1871.T.A.Gibson, Secrétaire.BUREAU DE STANSTEAD.Ecole élémentaire, 1ère Classe, (A) : Hiles Ida Bodwell et Flora E.Cushing.1er août, 1871.C.A.Richardson, Secrétaire.BUREAU DE STANSTEAD.Ecole élémentaire, 1ère Classe, (A) : Mlles Loella McCabe, Mary Ann Broderick et Julia E.Murpby.Ecole élémentaire, 2de Classe, (A) : M.James Gardner.8 Novembre, 1871.C.A.Richardson, Secrétaire.BUREAU DE BONA VENTURE.Ecole élémentaire, 1ère Classe, (A) : Mlles Sarah Manderson et Elizabeth Nash.Ecole élémentaire, 2de Classe, (A) : William Maxham Newton.7 Novembre, 1871.George A.Corbin, Secrétaire.JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.QUEBEC, PROVINCE DE QUEBEC, NOVEMBRE, 1871.Amélioration» dans nos Ecoles.Il y a déjà longtemps que nous constatons avec plaisir les progrès sérieux et importants accomplis à l’académie des frères de la doctrine chrétienne, rue St.Stanislas, Haute-ville.Les professeurs de cet établissement viennent de faire un nouveau pas dans cette voie de progrès en introduisant dans leur cours d’études l’enseignement pratique de la sténographie.Le système adopté par les frères est celui de la sténographie et de la phonographie combinées et simplifiées.Nous avons pu juger par nous-même des résultats obtenus, et ces résultats sont extrêmement satisfaisants, si l’on considère que cette étude n’est commencée que depuis quelques semaines.Plusieurs des élèves écrivent couramment et suivent facilement une personne qui parle, pourvu qu’elle parle lentement.Nous sommes persuadé que, dans peu de temps, on pourra compter, à l'académie, plusieurs sténographes habiles et prêts à se mettre à l’œuvre.Les occasions ne leur i 70 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.manqueront pas pour faire valoir leur talent et ils comprendront plus tard que les moments qu’ils consacrent à oette étude si utile sont loin d’être des moments perdus.Nous devons aussi mentionner la classe de solfège établie à l’école du faubourg St.Jean, parmi les élèves.C’est une classe sérieuse et bien suivie.Pour donner une idée des résultats obtenus, il suffira de dire que lors des exercices pour la fête de Ste.Cécile, le 22 novembre, une messe de Haydn ayant été mise à l’étude, à la première répétion, les parties en ont été chantées ensemble dès le début, sans que le directeur fut obligé de les faire apprendre séparément, sauf aux endroits excep tionnellement difficiles.Cette étude du solfège est très-impor.tante, et nos écoles normales elles-mêmes y mettent beaucoup de soin.Nous aimons à signaler ces changements en mieux apportés de temps en temps dans notre système d'instruction qui va toujours se rapprochant de plus en plus des véritables besoins du pays.Car notre époque est une époque pratique, et les études qui préparent la jeunesse pour les carrières doivent s’en ressentir Il nous reste à espérer qu’avant longtemps l’étude de la télégra! phie, si patriotiquement inaugurée par M.George Desbarats, à Montréal, sera adoptée par quelqu’une de nos grandes maisons d’éducation.Les nombreux appareils de physique et de chimie que possèdent ces maisons les mettent en mesure de faire étudier cette branche avec des chances de succès aussi grandes qu’elles seront peu coûteuses.C’est là véritablement de la science ap.pliquée.Nous publions aujourd’hui en tête de notre journal une jolie pièce de vers de M.Beaucbêne, sur l’édacation des enfants Quoique les conseils de l’auteur s’adressent plus spécialement aux mères de famille, les instituteurs peuvent cependant en faire leur profit ; ils y trouveront une excellente règle de conduite pour beaucoup de circonstances, et plusieurs principes pédago.giques aussi sages que clairement exprimées.Nous reviendrons sur ce sujet dans un prochain numéro.Quarante-quatrième conférence de l’association des instituteurs de la circonscription de l’école normale-Laval, tenue le 26 août 1871.Présents : l’Hon.P.J.O.Chauveau, ministre de l’instruction publique; le Rév.M.P.Lagacé, principal; MM.F.E Juneau et Ed.Carrier, inspecteurs d’écoles ; MM.Ant.Légaré, F.X.Toussaint, N.Laçasse, J.B.Cloutier, J.Létourneau, C.Dufresne, J.B.Dugal, B Pelletier, G.Labonté, F.Declercq, P.Ant.Roy.P.Fortin et D.Potvin.Le secrétaire étant absent, M.N.Laçasse fut appelé à le remplacer.Le procès-verbal de la dernière assemblée fut lu et adopté à l’unanimité.Il fut tout de suite procédé â l’élection des officiers de l’association et des membres du comité pour l’année courante, et le résultat fut comme suit : M.J.Létourneau, président; J.B.Cloutier, vice-président; M.N.Laçasse, secrétaire; M.G.Labonté, trésorier; MM.Ant.Légaré, F.X.Toussaint, J.B.Dugal, C.Dufresne, D.Mc.Sweeney, B.Pelletier, P.Ant.Roy, Frs.Pagé etD.Potvin, membres du comité de régie.M.F.Declercq lut un easat intitulé : “Le grand horloger de l’univers.” Cette composition mérita des éloges à son auteur tant par la profondeur des pensées qu’elle renfermait, que par la manière dont elle fut déclamée.Puis les deux questions suivantes furent discutées : lo.Jusqu’à quel point peut-on enseigner l’anglais dans les écoles uniquement composées de canadiens-français ?2o.Dans quelles écoles peut-on enseigner cette langue ?MM.F.X.Juneau, F.X.Toussaint, J.Létourneau, J.B.Cloutier, C.Ducharme et N.Laçasse, entre autres, traitèrent ces questions.L’hon.ministre de l’instruction publique voulut bien faire connaître ses idées sur ce sujet si important; il démontra la nécessité qu’il y a d’enseigner l’anglais dans les grandes institutions et les écoles commerciales de ce pays, vu l’importanoe si graude que la connaissance de cette langue a déjà donnée à un bon nombre de maisons de commerce canadiennes.Le résumé suivant fut adopté comme renfermant les principales idées émises pendant la discussion.1° En général, dans les écoles élémentaires composées d’élèves canadiens-françai», l’enseignement de l’anglais peut être un grand obstacle à celui du français, surtout lorsque les enfants n assistent pas régulièrement ou ne fréquentent pas assez longtemps les écoles.2Q Dans les écoles-modèles, si les Commissaires désirent que l’anglais y soit enseigné, les instituteurs doivent le faire aussitôt que les enfants épellent passablement le français ; et, lorsque ceux-ci lisent couramment l’anglais, ils doivent les faire traduire fréquemment pour leur faciliter l’étude et l’intelligence du français.3° Dans les hautes institutions, telles que les collèges, les éooles normales et les académies, l’anglais doit s’enseigner presque autant que le français, et être parlé très-souvent, dans les pensionnats, pendant les récréations.M.F.X.Toussaint présenta à l’Association une copie de la 2e édition de son “ Petit abrégé de géographie,” et une autre du même ouvrage traduit en anglais.En conséquence, des remercîments furent votés à M.F.X.Toussaint.Sur motion de M.J.B.Dugal, secondé par M.F.Duclercq, des remercîmenls furent votés aux officiers et aux membres du comité sortant de charge.M.B Pelletier, secondé par M.G.Labonté, proposa et il fut résolu—Que des remercîments sont dus à Thon, ministre de l’instruction publique pour avoir honoré de sa présence cette séance de l’association, et avoir pris une part active au sujet de discussion.Et 1 assemblée s’ajourna au dernier samedi de janvier prochain.J.Létourneau, Président.N.Laçasse, Secrétaire.Revue Mensuelle, Le mois de Décembre a été lin mois de poignantes inquiétudes pour tousles sujets britanniques; la maladie terrible qui a tenu pendant si longtemps le prince héritier aux portes de la mort a eu son contre-coup dans toutes les classes de la société, mais, si la famille royale a été rudement éprouvée, du moins a-t-elle pu constater aussi l’étendue et la sincérité des sympathies que ses douleurs ont provoquées de toutes parts.Aujourd’hui, grâce à Dieu, tout danger imminent semble écarté, l’espoir renaît et la convalescence fait des progrès soutenus.L’anxiété causée par cette maladie avait, depuis quelque temps, gêné et même interrompu les affaires dans presque tout le Royaume ; aujourd’hui, la con-Sance est revenue et le commerce reprend son cours.Cettë heureuse issue de la maladie du prince va probablement sauver l’Angleterre de bien des troubles et peut-être de bien des désastres; les partis extrêmes s’agitaient déjà, et l’on craignait que la mort du Prince ne fût suivie de l’abdication de la Reine et d’une régence orageuse.Un parti républicain venait de se former ; mais la tournure qu’ont pris les événement lui ôte ses dernières chances de succès.L’affliction de la famille royale, en excitant les sympathies, a fait taire bien des rancunes ; les sentiments hostiles d’un grand nombre se sont fondus dans la douleur commune et sont maintenant, sinon complètement effacés, du moins oubliés pour quelque temps Car si le peuple est prompt dans ses haines, il est aussi prompt dans ses retours de tendresse et sou cœur est bon.Il est rare qu’il voie les larmes sans s’émouvoir et sans s’arrêter sur la pente de ses désordres.Ainsi, cette maladie du prince, après avoir causé tant JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.m d'appréhensions, ra devenir un gage de tranquilité pour l’Angleterre ; ) car, il ne faut pas s’y tromper, la position était critique et s’empirait de < jour en jour.En France, l’état de calme relatif qui s’était établi depuis quelque ¦ temps semble sérieusement menacé.Le Président de la république a hésité longtemps à soumettre son message aux chambres parce que ce message est quelque peu hostile aux princes d’Orléans qui ont insisté à venir prendre leurs sièges dans l’Assemblée, malgré l’espèce d’entente qu’il y avait eu entre eux et M.Thiers à cet effet.D’un autre côté, on annonce que des projets de loi restituant à ces princes leurs biens confisqués et leur rendant tous leurs droits de citoyens français vont être déposés devant l’Assemblée.L’extrême gauche, à son tour entend proposer une amnistie générale rendant la liberté à des milliers de commu-muneux prisonniers sur les pontons ou ailleurs.On conçoit la position délicate du Président en pareille circonstance Cette position se complique encore par les mouvements des impérialistes qui commencent à inspirer des craintes sérieuses, au point qu’ordre a été envoyé aux arsenaux de Cherbourg et de Brest de tenir des navires prêts à croiser le long des côtes de France dans l’appréhension d un nouveau retour de Pile d’Elbe.Deux journaux impérialistes, le Pays et VAvenir liberal, ont en outre été supprimés pour avoir publié un compte-rendu inexact des troubles qui ont eu lieu à Ajaccio.On considère cette mesure de rigueur comme une grande faute de la part de Thiers.C’est en effet tenir, vis-â-vis de la prçsse, une conduite comme celle qui a valu à Napoléon III tant de déboires et tant de haines On s’apercevra peut-être à la fin que le peuple français n’est pas un peuple comme les autres et que son chef, fût-il un homm de la trempe de M Thiers, peut subir les uk mes épreuves, essuyer les mêmtrs revers que l’empereur déchu.On ne comprend bien les dangers, les difficultés de la position que lorsqu'on y est, et les révolutions seraient beaucoup moins fréquentes si le peuple pouvait juger d’un peu plus près Quoiqu’il en soit on discute déjà h succession de M.Thiers, et l’on sait qu’en France, un pouvoir discuté est déjà à demi tombé.Suivant la rumeur, Thiers, forcé par les circonstances, se démettrait de la présidence- en faveur du duc d’Aumale Cette décision aurait pour effet de mettre de côte, implicitement, l*»s prétentions du cou te de Chambord.11 n’est pas à supposer, cependant que d’Aumale se résignera à la simple présidence d’une république, lui fils de roi, à moins qu’il ne veuil.e s’en servir comme d’un marchepied pour arriver à la royauté.En présence des évènements qui se préparent, il ne serait peut-être pas sans intérêt pour plusieurs de uos lecteurs de connaitre exactement la position de chacun des prétendants au trône de France, du côté des Bombons.La branche aîDée n’a qu’un seul représentant qui est le comte de Chambord il est cousin de Louis Philippe et petit fils de Charles X, c’est par conséquent lui qui a les droits les plus sérieux à la couronne.La branche cadette, qui a régné avec Louis Philippe, est plus nombreuse.Elle se compose, 1 du comte de Paris et du duc de Chartres représentant feu le duc d’Orléans, leur père, fils aîné de Louis Philippe et mort par suite d’un accident vers 1843 ; 2* du duc de Nemours, du prince de Joinville, du duc d’Aumale et du duc de Montpensier, les quatre autres fils de Louis Philippe Le duc de Nemours est reutré dans la vie privée et le duc de Montpensier vit en Espagne où il a épousé une sœur d’Isabelle, ex reine de ce pays.Le duc de Chartres est à l’armée II ne reste donc que quatre prétendants qui, d’après les lois îles successions doivent être rangés dans l’ordre suivant : 1° le comte de Chambord, 2° le comte de Paris, 3° le prince de Joinville.4° le duc d’Aumale.S’il faisait valoir ses prétentions, le duc de Nemours aurait le pas sur d’Aumale et de Joinville ; d’un autre côté, le duc de Chartres passerait a\ant ces trois derniers.Le comte de Chambord est cependant le seul, quant à présent, qui puisse, sans usurpation monter sur le trône ; les autres ne peuvent y arriver légalement que par la mort ou par l’abdication de tous ceux qui les précèdent.Les internationaux tiennent à ce qu’on ne les oublie pas, et de temps à autres, de Fi ance ou de l’étranger part une fusée destinée à faire rentrer le monde en lui-même La derniere est partie de Londres où Bergeret publie un journal qui se nomme le Qui Vire! Voici ce que l’on trouve dans l’un des derniers numéros : “ Apprenez que nous n avons plus au cœur que l’idée d’une vengeance et nous la voulons terrible exemplaire.Un jour viendra, vous le savez où nous serons de nouveau maîtres de la place II n’y aura plus de grâce, plus de merci pour les tueurs de juin 1848 et de mai 1870 Nous faucherons vos têtes, seraient-elles couvertes de cheveux blancs, et cela avec le plus grand calme Vos femmes, vos filles nous n’aurons plus pour elles ni respect ni pitié; nous n’aurons que la mort! la mori, jusqu’à-ce que votre race maudite ait disparu à tout jamais A bientôt, messieurs les bourgeois 1” Ainsi l’Internatiouale a fait faire un pas de plus au système.Autrefois la moisson de têtes ne se taisait que dans les rangs de la noblesse ou du clergé; aujourd’hui voilà la bourgeoisie suspecte et menacée, demain, la dénonciation et le meurtre se mettra dans le cœur de l’Internationale elle-mîme Malgré ces menaces, cependant, et l'état encore incertain de la constitution, les affaires reprennent leur cours et les institutions littéraires et scientifiques reviennent peu à peu à la vie et à leurs anciennes habitudes Ce réveil se faisait sentit l’autre jour à l’Académie à l’occasion de la réception de Jules Janin Le célèbre ou plutôt le fameux critique doit occuper le siège laissé vacant par la mort de M de Ste.Beuve Le jour de la cérémonie, il était trop faible pour prononcer son discours que M.Camille Doucet a dû lire.Le duc d Aumale était présent.L’académie française a été en butte à bien des critiques et de fait, comme au temps de Piron, bien des gens affectent de ne point la prendre au sérieux II faut avouer qu’elle n'apporte pas dans le choix de ses membres le discernement qui pourrait produire un changement d’opinion en sa faveur.La Russie, qui depuis quelque temps était sur un pied de guerre, vient de réduire considérablement l’effectif de son armée II e3t il remarquer que cette réduction a singulièrement coïncidé avec la réception d’une note diplomatique que l’Aulriche a adressée à toutes les puissances, leur faisant part de ses intentions pacifiques Les complications sérieuses qu'on avait cru entrevoir dans les relations de ces deux puissances existaient donc réellement ?La réponse est peu importante pour le moment, puisque le danger est éearté.Un autre incident qui n’a pas vu de portée d’ailleurs, mais qui aurait pu cependant amener des suites assez graves, c’est la conduite de JI.Catacazy, ministre russe à Washington M.Catacazy s’était rendu personnellement et officiellement désagréable au gouvernement ; son rappel a été demandé ; mais, pour des raisons encore inconnues, l’affaire atiainé et menaçait de s’aggraver quand heureusement l’arrivée du grand duc Alexis est venue jeter cet incident dans l’ombre et l'a fait oublier.M.Catacazy en attendante été rappelé.La réception du grand duc aux Etats-Unis a été très-brillante.Il a été partout accueilli avec une pompe extraordinaire et on dirait que le Président Grant a voulu mettre tout en œuvre pour montrer il son illustre visiteur que la grandeur et l’éclat ne sont pas l’apanage seul des régimes aristocrates, mais qu'un gouvernenent fondé sur les principes égalitaires peut bien aussi, dans les circonstances, avoir ses magnificences et son prestige.Le passage du prince a été signalé par plusieurs incidents qu il est intéressant de noter Au bal donne en sou honneur à Philadelphie, on aurait, parait-il, refusé une carte d’invitation à un homme de couleur ; celui-ci a écrit au grand duc une lettre fort extraordinaire dans la quelle il se plaint amèrement de cette conduite et exprime l'espoir que le prince n’y est pour rier, On ne dit pas ce que ce dernier a répondu A New-York, le grand duc a fait distribuer quinze cents piastres pour les pauvres de la ville et généralement sa conduite officielle et privée a donné partout une haule idée de son earaeti-re noble et philantropi )ue.Le duc est, en outre, non seulement un grand prince, mais encore un homme fort distingué par son instruction solide et ses connaissances variées II est aussi grand admirateur des arts : il peint bien et plus d’un virtuose ambitionnerait 'la réputation brillante qu’il s’est faite en musique.Le grand duc est le troisième fils de l’Empereur des Hussies et est âgé d’environ vingt ans.Plusieurs personnes voient un signe des temps dans cette visite du représeniant de la tyranie absolue au peuple qui est censé posséder les institutions les plus libres du monde.Pour nous, nous n’y voyons qu'un Empereur qui désire étendre ses relations, tout en rendant une politesse, et un peuple qui désire en tirer le meilleur parti possible.Nous n’avons pas parlé de la visite du grand duc parmi nous pareeque cette visite n’a eu aucun caractère officiel et s'est faite presque incognito Un sentiment de délicatesse qui honore le fils d'Alexandre lui a fait refuser toute démonstration de fête sur le territoire britannique à cause de la maladie du prince de Galles.A Montréal, il a lunché seulement avec quelques invités chez le maire de la ville, et à Ottawa, il a été l'hôte du Gouverneur général II est maintenant parti pour St.Louis où M.Catacazy qui l’escorte jusque-là, doit le laisser et céder sa place au nouveau m nistre, son successeur.Sensible cependant à la bonne volonté des Montréalais il a expédié mille piastres au Maire pour les pauvres de la ville.Au milieu de ces fêtes, les agitateurs ne restent cependant pas inactifs, et 1 Internationale—car il faut encore parler d’elle,—fait des siennes à New-York.Des démonstrations ont été organisées par cette société, à l’occasion de l’exécution de Rossel.Les autorités out fait quelques arrestations mais la tranquilité n’ayant cependant eu rien à souffrir, les prisonniers ont été relâchés et tout est rentré dans l'ordre, en apparence du moins.A la Nouve le-Orléans, l'état de la ville, suivant les journaux, est horrible.Ou y tue impunément et eu plein jour, et le verdict d’acquittement n’est plus qu’une question d’argent.Des courtiers ad hoc, assure-t-on, toujours au courant de la composition des jurys, se chargent de vous dire à l’avance, ce qu’il vous en coûtera pour vous debarrasser de voire ennemi.On préteud trouver la cause de cet état de choses dans la d ffusion et la pratique trop générale de cette maxime qui contient tous les crimes en principe : Make money, honestly if you can, but make money" Cette maxime a reçu une autre application qui pour être moins coupable, n’eu est pas moins inconven inre, de la part du général Schenck, agent diplomatique des Etats-Unis en Angleterre.Le général, malgré sa haute position, a cru pouvoir inscrire son nom dans une société commerciale, et faire marcher de front le négoce et la diplomatie L’opinion publique s’en est profondément émue, et les journaux anglais ont vertement censuré cette manière d’agir, la qua ifiant d’insulte gratuite à leur gouvernement.Le Président des Etats-Unis a désavoué la conduite de Schenck qui sera probablement rappelé.On annonce aussi l’arrivée de Jules Ferry avec la charge de ministre de France près le cabinet de Washington.Cette nomination, accueillie d’abord avec assez de réserve, semble maintenant rencontrer toutes les J approbations.Cuba parait vouloir se pacifier un peu.Un grand nombre d’insttrgés, i dégoûtés par les excès de leurs co-révolutionnaires dont la majeure partie 1 appartient à l'espèce nigre, ont fait leur soumission au gouvernement i i Espagnol.Le document qui contient cette soumission est signé de 172 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.plusieurs grands noms et par beaucoup d’hommes influents, ce qui fait qu ou le regarde, avec raison peut-être, comme le coup de grâce de 1 in-surrectiou cubaine.La partie du message du Président des Etats-Unis qui a trait à cette île avait d'abord créé une forte sensation en Espagne et on en appréhendait des troubles sérieux.Les choses se sont expliquées depuis, cependant, et les relations des deux puissances n’en souffriront pas.Au Mexique, les généraux rebelles font des progrès inquiétants et Cortina, commandant-en-chef des forces du gouvernement.se trouve paralysé dans ses mouvements.On prétend d’ailleurs qu’il fait secrètement cause commune avec les insurgés, ce qui expliquerait son inaction.Ses troupes, en effet, jusqu'à présent, n’ont offert qu’une molle résistance aux menées des révolutionnaires.A cause de cette impression, ou peut-être pour d’autres raisons, la demande d'un emprunt de §60,000, faite au commerce de Matamoras a rencontré de la part des négociants tant mexicains qu étrangers, un énergique refus.La défiance est générale et l’on ne s attend pas à voir de sitôt la fin des désordres qui pèsent depuis si longtemps sur ce malheureux pays.Au milieu des troubles qui désolent certaines parties de notre continent et qui en menacent d’autres, il nous est agréable, en reportant un regard sur notre pays, d’y rencontrer partout l’ordre et la tranquillité.Ce résultat, chez un peuple comme le nôtre, composé de diverses nationalités naturellement antagonistes, a de quoi surprendre lorsqu’on y réfléchit sérieusement, et, si nous considérons notre position actuelle par rapport à ceux qui nous entourent, loin d’avoir à nous plaindre, il semble que nous avons toutes les raisons possibles de nous estimer heureux.Notre condition est actuellement prospère et, quoiqu'on en dise, nous faisons de réels et solides progrès.Il nous reste à espérer, en terminant cette année, que cet état de choses se continuera, et que la Providence nous sauvera, pendant longtemps encore, des malheurs que nous avons à déplorer pour un si grand nombre d’autres pays.Notre seul regret est d’avoir à inscrire, en tête de notre bulletin nécrologique les noms de deux de nos jeunes concitoyens emportés à la fleur de luge et à qui l’avenir semblait encore promettre de longs et heureux jours.Le premier est le regretté aide-de-camp de S.E.le Lieutenant-Gouverneur, M.Arthur Taschereau, chevalier de l’ordre d’Isabelle la catholique.Il a succombé à l’âge peu avancé de 31 ans.M.Taschereau comptait un ami dans chaque membre de la jeunesse canadienne dont il était un des types les plus aimables et des plus distingués.Sa mort laisse un grand vide dans la jeune société de Québec.William Duval, écuyer, greffier de la paix pour ce District, l’a suivi dans la tombe quelques jours après, encore dans toute la force l’âge ; il n’rvait que 38 ans.M Duval s’était fait une position enviée dans le barreau, et ses fonctions au greffe de la paix lui avaient fourni l’occasion de révéler son mérite réel sous un autre jour.C’était un jeune homme d’une science reconnue et à qui ses talents pouvaient faire ambitionner un brillant avenir II laisse des regrets sincères chez tous ceux que ra position a mis en rapport avec lui.Il était beau-fils de l’Hon.Jean Duval, juge-en-chef de la Cour d’Appel de cette Province.La famille du Solliciteur-Général, déjà si sensiblement affligée par la perte du Col.Irvine, vient d’éprouver une nouvelle et poignante douleur par la fin prématurée des deux demoiselles Irvine, que la mort a frappées près de la tombe à peine refermée de leur père.Elles ont été toutes deux emportées par ces fièvres terribles qui ravagent notre ville depuis le commencement de l’hiver.Nous avons aussi le regret d annoncer la mort de madame Agathe Perreault, veuve de M Maurice Nowlan, lieutenant au 100e régiment de Sa Majesté.Madame Nowlan s'est éteinte à sa résidence, à Montréal, à l’âge patriarcal de 85 uns.Nous trouvons à son sujet, dans un journal de Montréal les lignes suivantes que nous aimons à reproduire : Avant le Libéra, le Rév.M.Fabre monta en chaire et d’une voix émue retraça la vie et les vertus de la défunte.Il choisit pour texte de son discours les paroles de l’apôtre St.Paul ; “ Il faut honorer les veuves qui font le bien.” II raconta les bonnes actions de celle dont nous regrettons tous la mort, montra sa charité et sa perfection chrétienne.Peu de vies ont été mieux remplies que celle de la défunte ; lorsque la mort vint la priver d’un époux dévoué, son existence et sa fortune furent consacrées aux malheureux.Toutes les institutions religieuses trouvèrent en elle une généreuse bienfaitrice ; l’Asile de la Providence, dont sa cousine, Mme.Gamelin, fut la fondatrice, gardera longtemps son souvenir.Son zèle éclairé ne reculait devant aucun sacrifice ; elle a pourvu aux frais d’éducation d'un nombre considérable d’orphelins ; beaucoup d’entre eux sont aujourd’hui prêtres ou religieuses, tous les autres occupent une honorable position.Le Révd M.Fabre termina son oraison funèbre en faisant ses adieux à la défunte au nom de sa famille, et au nom des pauvres, des veuves et des orphelins, dont elle fut toujours la bienfaitrice et dont elle fit sans cesse l’édification.Mme.Nowlan, en quittant la terre, emporte les regrets de tous ; elle appartenait à cette race de femmes courageuses et dévouées, qui traversent la vie sans s’y arrêter, sem’ant le bien sur leur passage.NOUVELLES ET FAITS DIVERS.BULLETIN DE L’tNSTRUOTION PUBLIQUE.—Keconnaissance.—Nous lisons dans la Minerve : La France a tenu à prouver qu’elle n’a pas été indifférente aux sympathies que le Canada lui a manifestoes d'une manière tangible pendant la guerre.Dernièrement, M.l’abbé Chabert, l’un des professeurs de l’école de dessin tenue par la chambre des arts et métiers, est allé, dans un voyage à Paris, revoir ses anciens professeurs, les hommes les plus éminents du monde des beaux-arts.Il eut l’occasion de rencontrer le ministre de l’instruction publique et des beaux-arts et de parler avantageusement des dispositions naturelles des canadiens pour les beaux-arts.Son Excellence lui donna alors à entendre qu elle serait flattée de mettre à la disposition de son école quelques uns des trésors que le gouvernement français possède dans ses musées et ses bibliothèques pour l’enseignement du dessin et de la sculpture.M.l’abbé Chabert dut revenir à la hâte à Montréal et quelques jours après son arrivée, il recevait la lettre suivante qui parle par elle-même : f Ministère de l’instruction publique, ! des cultes et des Beaux-Arts, Direction des Beaux-Arts, (_ Paris, 5 oct.1871.Monsieur l'Abbé, J’ai l’honneur de vous annoncer que M.le ministre vient d’accorder à votre Ecole de Dessin, fondée à Montréal (Canada! : lo.Une collection de modèles en plâlre, moulés sur les originaux appartenant au Musée du Louvre.2o.Dix exemplaires de l’ouvrage de M.Leroy : fac simile de dessins des grand maîtres, Ire.2e et 3e parties.3o.Un exemplaire composé de six livraisons de l’ouvrage de M.Ravais-son, “ Modèles pour l'enseignement du dessin.” 4o.Quatre exemplaires de l'ouvrage de M.Chabel-Dussurgey, ouvrage composé de 26 lithographies représentant des fleurs et des fruits.5.Quatre exemplaires du cours élémentaire de dessin (deux cahiers de fleurs et feuillage) par M.Chabel-Dussurgey.6o Quatre exemplaires du traité de gravure à l’eau forte, par M.Maxime Galanne.7o.Quatre exemplaires de: Lettre sur les éléments de la gravure à l’eau-forte, par M Potémont.M Duago, mouleur du Louvre, a été invité à se tenir à votre disposition pour le choix des modèles accordés à l'Ecole de Dessin de Montréal.Recevez, Monsieur l’Abbé, l’assurance de ma considération très-distinguée, Le Directeur des Beaux-Arts, Membre de l’Institut, Charles Blanc.Cette lettre annonce en d’autres termes que le gouvernement français met à la disposition de M.l'Abbé Chabert pour les artistes et artisans de Montréal, des objets d’art valant de §6,000 à §8,000.La collection de modèles comprend des modèles de dimensions colossales et d’autres de proportions naturelles, des groupes, des bustes, tous objets du plus grand prix.—Les écoles déguenillées à Londres.—Parmi les nombreux établissements d’instruction publique qui se trouvent dans la ville de Londres, on compte les écoles déguenillées (ragged schools.) Les premières écoles de ce genre ne remontent pas au delà de 1842.Elles furent établies dans les quartiers les plus misérables de Londres.Pendant longtemps, les efforts tentés pour l’amélioration des enfants de3 rues, furent complètement vains.Les chambres d’école étaient malpropres ; l'air y était vicié ; les maîtres ignorants, les élèves tellement tapageurs, qu’on désespérait presque d’en faire quelque chose de bon.Peu à peu, des progresse réalisèrent: de nos jours, les chambres d’école sont convenables, l’ordre y règne et les élèves apprennent.Des écoles industrielles se sont annexées depuis aux ragged schools.Le nom suffit pour indiquer le personnel fréquentant ces classes, c’est ce qu’il y a de plus pauvre et de plus obscur dans la ville.A la sortie des classes ces enfants sont enrégimentés dans une association de décroteurs et de balayeurs.Ils gagnent en moyenne deux shillings par jour.Quand ils ont acquis une somme assez considérable, on leur trouve une place, ou bien on les expédie en Australie comme colons.Souvent les élèves des ragged schools forment des associations très-puissantes et encore aujourd’hui, le métier de shoe-black est sous le contrôle de cette bohème.On rapporte que durant le temps de la dernéère exposition internationale, tenue à Londres, les jeunes shoc-blacks nettoyèrent 100,000 paires de chaussures et reçurent pour leur peine 500 louis sterling. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.173 Le nombre des écoles déguenillées de Londres s’élève aujourd'hui à plus de 100, comptant 30,000 élèves.D’autres écoles déguenillées sont destinées aux jeunes gens de seize à vingt-deux ans.Telle estl’.école industrielle deDevil's acre.On n’y reçoit que les vagabonds et les voleurs qui veulent changer de vie et apprendre quelque métier honnête.Pour distinguer les jeunes gens sincères dans leur désir de réforme de ceux qui voudraient simplement jouir de quelques jours de repos dans l’établissement, chaque pétitionnaire est soumis à une rigoureuse épreuve.Dans le premier étage se trouve une chambre étroite garnie seulement d’un lit de paille ; en dehors de ce grabat, pas un vestige d’ameublement.C’est la chambre d’épreuve, où le jeune homme doit passer quinze jours, seul, au pain et à l’eau, avant d’être définitivement reçu dans l’institution.Sa ration est d’une livre de pain, qu’il peut manger comme il l’entend, en un seul ou plusieurs repas Pendant les heures de classe, il descend dans la chambre d’école, où il prend sa leçon avec les autres, puis il remonte dans son réduit solitaire.Sur dix pétitionnaires, neuf refusent de se soumettre à cette épreuve et se rebellent avant de la tenter : d’autres tiennent bon un ou deux jours, mais un petit nombre seulement de ceux qui ont consenti à la séquestration temporaire résistent jusqu’à la fin.On les rend alors à la liberté et on les fait jouir de tous les avantages de l’établissement, qui sont des vêtements propres, une nourriture saine et l’instruction élémentaire.L’intelligence de ces jeunes gens, développée par une vie de larcins, est ordinairement très-remarquable.Mais les écoles des pauvres, les plus fréquentées, sont sans contredit, les écoles du dimanche (Sunday schools) Elles sont au nombre de 800 environ et reçoivent plus de 100,000 élèves.Elles ont été fondées pour donner aux pauvres enfants employés pendant toute la semaine dan3 les manufactures, une occasion d’apprendre, au moins une fois tous les sept jours.Les instituteurs accompagnent les enfants à l’église et s’engagent à les visiter chez leurs parents et à veiller jusqu’à un certain point sur leur conduite.Indépendamment des écoles dotées par des compagnies, des paroisses ou de riches citoyens, od compte actuellement à Londres plus de 6,000 écoles particulières où sont élevés 200,000 enfants: plus de la moitié reçoivent une éducation entièrement gratuite.Et cependant ces efforts sont loin de pourvoir à tous les besoins; on assure que plus de 100,000 enfants restent encore complètement privés de toute instruction La loi de 1870, concernant l’enseignement primaire, a cependant fait disparaitre bum des obstacles et petit à petit, les efforts des législateurs unis à ceux des philanthropes finiront par inculquer un peu l’instruction dans les sombres et populeux quartiers de Londres.—Voici le tableau de l’instruction à Berlin : La ville possède 14 établissements supérieurs pour garçons, à savoir : 6 gymnases, 4 écoles rurales, 2 écoles industrielles et 2 écoles civiles, qui contiennent ensemble 8,000 élèves avec 383 professeurs ; pour les tilles, il n’y a que 2 écoles supérieures avec 1,600 élèves et 48 professeurs.Le nombre des écoles communales, pour garçons et filles, est de 53 avec environ 800 professeurs des deux sexes et 38,000 enfants ; 19.500 garçons et 18,500 filles.Dans les écoles privées patronnées par la ville se trouvent 18,000 enfants.Il y a donc 60,000 écoliers à Berlin, sur une population de 800,000 habitants, 50,500 sont instruits aux frais de la ville Les écoles de la ville coûtent par an un million soixante mille thalers.C’est là une statistique dont Berlin peut être le plus fier.L’université n’y est pas comptée ; n’y sont pas comptés non plus plusieurs académies et des établissements privés.—Les écoles en Russie.—Le Messager officiel annonce que le zemstvo du gouvernement de Moscou avait voté pour l’exercice 1870 une somme de 30,000 roubles devant servir à la fondation et à l’installation d’une école pour former des instituteurs primaires.L’assemblée provinciale avait en outre résolu de répartir comme suit une somme votée pour le même objet en 1869 et restée sans emploi: 25,000 r.pour la fondation d’un capital destiné à assurer le sort des instituteurs et des institutrices des écoles primaires; 1,200 r.pour les écoles préparatoires des jeunes garçons devant entrer à l’école des instituteurs primaires, et 2,320 r.pour l’e +retien de 20 boursières du zemstvo à l’école des institutrices primaire de Mmc Tchépelevsky, l’excédant de l’allocation de 1869 devant être consacré à l’achat du matériel d’étude nécessaire pour les écoles des campagnes.Le zemstvo a fondé en outre une bourse au premier gymnase de Moscou.Toutes les dépenses de l’assemblée provinciale pour le développement de l’instruction publique s'élevaient donc en 1870 à 60,000 roubles.Les dépenses des zemstvos de district pour le même objet ont été, pendant la même période, de 50,950 r.40 c., ce qui fait que le total des dépenses de ce genre faites par les zemstvos réunis du gouvernement de Moscou se sont élevées à 110,050 r.40 c.En 1869, on n’avait dépensé dans le même but que 70 000 r.Le nombre des écoles dans le gouvernement de Moscou, sans compter celle de la capitale, était de 423 et le nombre des élèves de 15,434, ce qui donne une moyenne de 36 à élèves par éeole.En 1869, le nombre des écoles était de 898 et celui des élèves de 15,909.—Les professeurs en Russie —Les professeurs manquent en Russie dans les universités et les gymnases (collèges^.Voici quel était l’état des chaires occupées ou non occupées au l,r janvier 1871 : Université de Saint-Pétersbourg, chaires occupées, 61 ; inoccupées, 14 ; Université de Moscou, chaires occupées, 72 ; inoccupées, 19 ; Université Kharkow, chaires occupées, 46 : inoccupées, 45 ; Université d» Kasan, chaires occupées, 53 ; inoccupées, 38 ; Université de Darpat, chaires occupées, 47 ; inoccupées, 7 ; Université d’Odessa, chaires occupées, 31 ; inoccupées, 27 ; Université de Varsovie, chaires occupées, 61 ; inoccupées, 10.Ce qui fait, pour les sept Universités russes, 420 chaires occupées ot 202 chaires vacantes.Pour les professeurs de gymnase, les vacances sont à peu près de 10 p.100.—L'instruction publique à Chicago.—Au moment même où éclatait l’incendie de Chicago, une revue anglaise publiait un résumé du rapport annuel du conseil d’éducation de eette ville sur la situation des écoles.L'Office de publicité extrait de ce résumé des renseignements intéressants.Nous reproduisons quelques passages de l’article qui les contient : Il a été décrété que tous les enfants qui vivent dans les limites de la cité, et âgés de plus de six ans, auront le droit de fréquenter les écoles publiques, et, en conséquence, on s’est mis à l’œuvre en vue de construire des écoles et de former des instituteurs en nombre suffisant On choisit des endroits favorables pour l’établissement des écoles, et de manière à pouvoir les agrandir à mesure que la population augmente.En 1864, elles étaient au nombre dix-huit.Il y en avait trenle-six en 1870, et toutes construites dans des proportions inconnues ailleurs.Quelques-unes étaient appropriées de façon à recevoir quotidiennement 1.300 éleves, et le chiffre total de ceux-ci s’élevait, en 18 70, à 40,000, représentant le septième de la population.On ne compte pas dans cette statistique les élèves des écoles privées, des séminaires et des institutions libres de tout genre, qui se développent sans aucune entrave.On estime à plus d’un million de dollars les sommes consacrées à ce* édifices depuis l’origine de la cité, et l’on consacre annuellement 607,396 dollars, soit plus de trois millions de francs, aux traitements des instituteurs et aux frais d’eDtretien.Pas d’économie sur ce chapitre, si ce n’est pour éviter tout luxe inutile.La somme consacrée au frais d’inspeetion et de direction bureaucratique n’atteint pas le vingtième du budget total, et les traitements des inspecteurs et des secrétaires, au lieu d’être cinq ou six fois plus élevés que ceux des instituteurs, n atteignent jamais le double de ceux-ci.Le système d’éducation établi à Chicago s’étend à toutes les catégories sociales, et ne fonctionne pas, comme dans d’autres pays, exclusivement pour les pauvres.Les écoles primaires fournissent tous les éléments d’une éducation solide, et les élèves passent de celles-ci, après examen, dans une école supérieure également défrayée par l’Etat, où on leur enseigne les humanités, les mathématiques et les langues modernes.C’est la principale ambition de ces grandes cités de l’Ouest, de procurer à tous les enfants indistinctement le moyen de parcourir le grand chemin de la vie, sans établir une d stinction blessante entre les classes ouvrières.A Chicago, l’enfant, lors de son entrée, est placé dans la classe qui répond à son degré d’instruction, à ses aptitudes, et aussitôt qu’il a réalisé des progrès suffisants, il passe dans une classe plus élevée, jusqu’à l’école supérieure, d’où il peut entrer à l’université et se préparer à une carrière libérale.L’élève intelligent peut ne rester que deux mois dans une classe, tandis qu'on laisse les paresseux ou les incapables végéter quinze mois dans le même cours.Appelé à donner l’instruction aux enfants de toutes les classes, l’instituteur doit être non-seulement un homme capable, mais en même temps un homme du monde.On ne le choisit plus dans les régions inférieures de la société, et comme on lui fait une position digne d’envie, les bons maîtres ne sont plus réservés exclusivement aux classes élevées.Or c’est en cela que réside tout le secret de l’instruction des peuples : *• Donnez-moi de bonnes finances, disait un homme d’Etat, et je vous ferai de bonne politique.” De même on peut dire: ‘ Donnez-moi de bon* maîtres, et je vous ferai de bons élèves.” Or, c’est une manie chez nous de toujours se préoccuper de la partie externe de l’enseignement, d’attacher une énorme importance à des vétilles, à des détails absolument accessoires, et de se plaindre de l’abaissement du niveau des études, sans se dire que pour réformer les études, ce qu’il faut réformer avant tout, ce sont les professeurs.Les bâtiments d’éeole dons lesquels on élève nos enfants, dit le président du conseil, doivent être convenables, confortables, agréables et attrayants.Les écoles qui ne conviennent pas pour l’éducation des enfants des riches, ne conviennent pas non plus pour les enfants des pauvres.Les écoles sont construites sur un plan des plus modestes, en briques et sans aucun des ornements parasites qui font ressembler certaines écoles de villages à des manoirs gothiques.Les instituteurs en chef louchent 2,200 dollars, soit 11,000 fr.par an, et il n’y a pas de sous-instituteur qui reçoive un traitement de moins de 3,000 fr Par contre, ils sont tous soumis à une discipline sévère, et il leur est absolument interdit de percevoir des bénéfices illégaux par la vente de livres d’école ou de fournitures d’aucun genre.I Le budget de l’instruction publique est constitué à l’aide des revenu* 174 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE de propriétés communales affectées à cet objet, et d’un impôt d’éducation qui, en 1870, produisait 2,250,000 françs.soit 7 f-, 50 par habitant.Sn Angleterre, le coût moyen de l'instruction primaire par élève est de 37 fr.50.A Chicago, il est de 125 fr.Il est défendu de payer sur les revenus publics aucune école confessionnelle 11 est de règle que les leçons du matin commencent par la lecture d’un passage de la Bible, sans aucun commentoire, et ces lectures peuvent être suivies par la récitation parlée ou chantée de l’oraison dominicale.Mais tout chef de famille peut être, sur la demande écrite de son conseiller spirituel, autorisé à retirer ses enfants de l'école, pendant un certain temps, pour leur donner l’éducation religieuse.L’éducation est entièrement gratuite pour tout le monde.Les enfants ne payent pas d’écolage Mais ils doivent acheter leurs livres.L’enseignement n’est pas obligatoire.Tous les enfants ont le droit de fréquenter l’école ; aucun n'est tenu d’y aller.L’annuaire établit que la population des écoles représente 96 p.100 du chiffre des élèves en âge d’école.—Journal Officiel.BULLETIN GÉOGRAPHIQUE.—La mer libre du pôle Nord.—Ce que le génie de Franklin avait entrevu par delà la barrière de glace qui enserre la mer du Pôle Nord, ce que le célèbre Cane, Bent, et d autres explorateurs assuraient au monde incrédule avoir vu de leurs yeux, ce qu’enfin le télégraphe affirmait l’autre jour jour avec hésitation est désormais un fait acquis, confirmé et certain.Une expédition d’explorateurs allemands, partie l’année dernière a la découverte de la mer Arctique vient de publier son rappoit officiel.Il existe autour du Pôle Nord une mer immense libre de glace, d’une température modérée et parcourue en tous sens par d’innombrables troupeaux de baleines.A cinq cents milles du point du Pôle se trouve une muraille de glaces éternelles d’environ cent milles d'épaisseur.Mlle forme comme la couronne du globe, et sa circonférence comprend le bassin de la mer dont nous parlions C’est cette barrière de glace que Franklin n’a pu passer, et que l’expédition allemande a eu le bonheur de franchir.Voici la clef de ces prodigieuses découvertes.Cnacun connaît ce que les marins appellent Gulf stream.Ce sont deux grands courants d’eaux réchauffées par les feux des tropiques qui, traversant les deux océans, atlantique et pac fique, courent du Sud au Nord comme deux fleuves géants dont chacun d’une largeur plus grande que celle de toutes les rivières du globe réunies roule-ses eaux chaudes jusqu’aux montagnes de glaces du Nord, dissout ces barrières et va former la merveille de la mer tempérée du Pôle C’est en s’abandonnant au “Gulf stream” de l’Atlantique que les derniers explorateurs Pray et Weyprecht sont arrivés à leur découverte.—Nouveau-Monde.— Un journal publie le paragraphe suivant : Une importante découverte vient d’etre faite dans l’Océan Arctique.On a trouvé que la mer de Kara située entre la Nouvelle-Zemble et les côtes n rd de la Sibérie, est, contrairement à l’opinion scientifique qui a jusqu ici prévalu, pa faitement navigable.Plusieurs navires norvégiens ont, sans de trop sérieuses difficultés, réussi à trouver le moyen de pénétrer dans les eaux de la Nouvelle-Zemble, et mime de faire un voyage de circonvallation autour de l’ile.Ces navires sont arrivés jusqu'au 75e degré de latitude nord Lette d couverte a été un puissant stimulant du désir longtemps manifesté d’explorer les grandes rivières sibériennes l’Obe et l’Yenise que l’on avait jugées jusque-là inaccessibles en raison de ce qu’elles versent ?eurs eaux dans les glaces de la mer de Kara.Le gouvernement russe s’est emparé du sujet et organise des expéditions scientifiques, à propos desquelles il sollicite le concours du monde commercial Nous appr nons aujourd’hui qu’un riche propriétaire de Sibérie s’est offert pour construire à ses propres frais un vaisseau destiné à l’exploration de l’Obe, sur les bords duquel est situé Tobolsk, la capitale sibérienne.Si la navigabilité de ces fleuves est suffisamment démontrée sur leur parcours tont entier, il est à supposer que le commerce de la Sibérie occidentale sera développé sur une échelle considérable.Tobolsk est, en effet, la ville à travers laquelle passent les grandes caravanes de Chine, et où sont transportées toutes les fourrures destinées à la Russie d’Europe.___Question du débarquement de Colomb en Amérique.—Le géographes, comme on sait, ne sont pas d accord sur l’endroit où Christophe Colomb débarqua en Amérique.En 1793, Munoz soutint que la première île découverte par Colomb, et nomméé par lui San Salvador, est 1 île qu’on appelle actuellement Watling.Navarrette (1825) prétendit que c’était Tile Turk.Washington Irving ( 1828j appuyé par Humboldt, prit parti pour Cat Island qui, selon l’opinion commune, a toujours passé pour l’ile à laquelle Colomb donna le nom d« San Salvador Enfin, en 1864 et 1869, M de Varnhagen s’eit prononcé de la manière la plus formelle pour l’ile Mnyaguana ; c’était, sHon lui le véritable endroit de débarquement de Christophe Colomb.Mais eu 1856, l’ile de Watling avait trouvé un nouveau défenseur en la personne du capitaine Beleher Uu des bibliothécaires du British Museum, de Londres, qui a déjà rendu bien de» services à la cause géographique {il est à la tête de la section des cartes au British Museum), M R II.Major, croit pouvoir affiraser de la façon la plus certaine, d’après des recherches récentes, que Iss prétentions de l’ile Watling sont fondées C’est dit 1 ’Athenæum, en comparant la carte des îles Bahama par Herrera avec les cartes actuelles qu’il a acquis cette conviciion ; seulement, le point sur lequel il ne s’accorde pas avec le capitaine Belchor, «’est la position de l’endroit où Colomb d barqua dans l’ile Watling et sur ses mouvements ultérieurs; il est d’avis que le grand navigateur, à son arrivée au nouveau monde, jeta la première fois l’ancre à la pointe sud-est de l’île.—Journal Officiel.BULLETIN DES SCIENCES.— La mort par le froid n’est pas due, comme on le croyait, h la stupéfaction du système nerveux ; elle est due à l’altération du sang, qui, en rentrant dans la circulation au moment où la partie gelée se réchauffe, y déteimine la décomposition immédiate de toute la masse du sang.L’importauce de cette découverte, «‘est que par elle nous est indiqué le moyen de rappeler à la vie ceux 4ont un membre a été gelé.Ainsi, dans bien des cas de congélation partielle, lorsque le retour à la vie est possible, le sang, dans la partie atteinte, étant décomposé, si l’on réchauffe trop promptement le malade, rentrera dans la circulation et y causera un véritable empoisonnement.Il faut donc que le réchauffement se fasse avec assez de lenteur pour que le sang décomposé ne rentre qu’imperceptiblement dans l’organisme.— M Holden, P inventeur des allumettes.—Le Pall Mall raconte la manière dont fut inventée l’allumette chimique.Dans le principe, l’allumette n’eut qu’un sirnp e caractère d’utilité pour l’Angleterre ; aujourd’hui elle est devenue l’un des grands besoins du monde, bien que son emploi présente toujours des dangers.L’idée est sortie “comme une étincelle” du cerveau de M.Isaac Holden p ur employer l’expression dont il se servit lui-mème devant la commission des brevets lorsqu’il établit la preuve de la découverte faite par lui M.Holden, se levant tous les jours à quatre heures du matin pour travailler à ses études de chimie, trouvait de grands inconvénients à être obligé chaque jour de frapper le briquet pour obtenir de la lumière.A cette époque il faisait un cours de chimie dans une grande académie A l’une de ses leçons, parlant de la future allumette, il dit: “ Je sais bien, comme le savent tous les chimistes mes confrères quelle est la matière explosive nécessaire pour produire une lumière instantanée; mais il est fort difficile d’arriver à obtenir de la lumière sur du bois à l’aide de cette même manière explosive L’idée m’est venue de placer sur ce bois, au-dessous do la mixture explosive, une mixture de souffre.J’ai de suite mis mon idée à exécution, et j- l’ai fait connaître à mon cours suivant, en ayant soin d’en faire la démonstration pratique à ses élèves.Dans 1 • nombre de ces derniers se trouvait un jeune homme dont le père était chimiste à Londr s.Il *ui écrivit immédiatement sur ce q l’il venait de voir, et, peu après les allumettes Lucifer faisaient leur apparition sur les marchés anglais et ne tardèrent pas à faire le tour du monde.— La Télégraphie en Angleterre.—Il existe actuellement en Angleterre 3,800 bureaux télégraphiques, dont 1,800 sont installés dans les stations de chemins de fer, et 2,000 en sont indépendants.Ces deux catégories de bureaux forment deux branches parfaitement distinctes de l’administration.Les premiers sont desservis par des employés des compagnies de chemins de fer, les seconds le sont par des employés postaux, mais tous pour le compte de 1 Etat et relevant d’une direction unique.An commencement de 1871, l’administration comptait 4 913 employés, dont 3,378 hommes et 1,535 femmes, non compris les porteurs à domicile.La tendance actuelle de l’administration anglaise est de donner la préférence aux femmes pour les emplois télégraphiques.Un rapport très-étudié, et dont les conclusions ont été agréées par le ministre compétent, déduit les très-nombreuses et excellentes raisons de cette préférence.Voici encore quelques renseignements statistiques sur la télégraphie en Angleterre, après la fusion récente des télégraphes et des postes en une administration unique.Dans la première semaine de cette fusion, le nombre des dépêches expédiées n’a été que de 128 872.Il s’est élevé en moyenne par semaine, durant le dernier trimestre 1870, à 203, 572 II dopasse 209,000 pour le premier trimestre 1871.C’est donc une augmentation de 69 et 62 p.100.Sur ce total, 91 p.100 proviennent des bureaux postaux propre-ments dits et 9 p.100 des bureaux spéc’aux établis aux gares des chemina de fer. JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE.175 Aux moments de crise il se fait dans certains bureaux de véritables tours de force.Ainsi lors de la déclaration de guerre franco-prussienne le bureau central de Londres a expédié, dans la journée du 18 juillet 1870, 20 592 dépêches.Avant la fusion postale télégraphique les grands journaux de Londres louaient pour la nuit les (ils de certaines lignes à raison de 20 à 25,000 fr.par an.Aujourd'hui la poste leur rend le même service pour le prix uniforme de 12,500 fr.l’an Ce système d’abonnement est très-répandu en Angleterre dans la presse politique.En résumé, la fusion de3 postes et des télégraphes a produit en Angleterre tous les résultats qu’on en attendait : économie, amélioration du service, simplification des rouages, augmentation du nombre des dépêches.—Journal Officiel de Paris.BULLETIN DE L’INDUSTRIE ET DU COMMERCE —Industrie aux Etats-Unis—L’horlogerie et l’orfèvrerie sont de frappants exemples de l’activité du peuple américain.La première fabrique d’horlogerie a été fondée à Boston en 1853, mais elle n’a pris d’extension que cinq ans plus tard, sous la dénomination de American Watch Company.Cet établissement a aujourd’hui quintuplé ses affaires.En 1857, il employait déjà 800 ouvriers et fabriquait 270 mouvements de montres par jour.Depuis 1858, un demi-million de montres sont sorties de ses ateliers.Dans ces dernières années, de nombreux établissements rivaux se sont fondés, et maintenant la fabrication américaine suffit aux besoins de la population locale.Pour l’orfèvrerie, l’Amérique est devenue la rivale de la vieille Europe.Les principaux ateliers d’orfèvrerie sont à New York, Boston, Providence, Philadelphie, Saint-Louis, Chicago, Cincinnati, San Francisco.Le Benvenuto américain est M Jabel Gorham, dont la manufacture est située à Providence, dans Rhode-Island."Ses ateliers alimentent de nombreux magasins II y a trente ans, nous disent les Annulés du commerce extérieur, M.Gorham ne songeait à fabriquer que des couverts d’argent; aujourd'hui tous les produits les plus riches et les plus variés sortent de l’établissement de Providence.Longtemps M.Gorham dut se résoudre à n'employer pour matière première que des monnaies étrangères, et notamment, à cause de leur pureté, des piastres mexicaines Les riches mines d’argent découvertes à l’ouest des Mont ignes-Rocheuses lui permettent depuis dix ans, d’acheter tout le mé'al qu’il lui faut et an titre de 999 à 999 millièmes et demi, à raison de 1 doll.35 c l’once, soit 7 francs les 31 grammes.D’après le dernier compte rendu de la maison Gorham et Cie, l’établissement de Providence emploierait chaque année 18 630 kilogram m‘S de métal précieux.L’industrie locale a désormais affranchi l’Amérique de l’importation étrangère, si florissante encore il y a cinq ou six ans.(Revue britannique.) —Chemins de fer aux Etats-Unis.—La première compagnie de chemin de fer date de 1827.Elle s’organisa à Baltimore, sous le nom de “ Compagnie du chemin de fer de Baltimore à rOhio.” En 1830, elle inaugurait son premier tronçon.Ce ne fut pas toutefois la vapeur qu’elle employa d’abord, mais bien des chevaux.Aujourd’hui, elle possède trois lignes de 513 milles de parcours, avec un matériel roulant de 243 locomotives et 3,613 wagons.La construction des voies ferrées marcha si rapidement, qu’en 1835 les E.ats-Unis comptaient 1,089 railles de railways en activité.En 1848, le réseau a’vait 6,196 milles d’étendue.La découverte de l’or vint donner une impulsion nouvelle à ce mode de locomotion.C’est par milliers de kilomètres que les chemins de fer se construisent désormais el par centrâmes que les compagnies se fondent chaque année En 1849, 7,565 milles sont livrés au public.1,369 ont été construits dans le courant de l’année.En 1867, la quantité de milles exploités est de 39,444 ; 2,227 sont construits annuellement.Cet immense réseau appartient à 559 compagnies différentes Entra, anjourd hui, la locomotive court des rives de l’Atlantique, à New York, à celles du Pacifique, à San Francisco ; distance, 3 257 milles.Aux Etats-Unis, lisons-nous encore dans les Annales, les lignes tiennent leurs chartes des législatures provinciales sur le territoire desquelles elles se sont établies.La compagnie du Pacifique fait seule exception à cette règle.En raison de3 obstacles qu’elle avait à surmonter, le gouvernement fédéral a cru devoir se départir en sa faveur de la neutralité dans laquelle il s’était renfermé à l’égard de3 autres entreprises de mme nature.Par une loi du 1er juillet 1862, le congrès a décidé que 16,000 dollars seraient comptés à la compagnie concessionnaire pour chaque mille de route construite en terrain plat, tant à l’est qu’à l’ouest des Montagnes-Rocheuses et de la sierra Nevada; que ce chiffre serait porté à 48,000 dollars pour chaque mille de la portion de la voie traversant ces deux chaînes de montagnes, soit pour 150 milles, et à 32,000 dollars par mille de route intermédiaire entre la plaine et la montagne ; le total de la subvention devant être de 49 mirions 453,130 dollars et portant seulement sur l’espace compris entre le Missouri et le Sacramento.(Revue Britannique.) —Chemins de fer en Suisse.—Un correspondant de la Oazette dés chemins de Jer lu’ ^dresse les observations suivantes : En ce ornent, tous les jours, 200 locomotives travaillent en Suisse; calculées a 200 chevaux de force l’une, en moyenne, ce qui est certaine- ment au-dessous de la réalité ; elle représentent l’équivalent de 40 000 chevaux.En supposant qu’un cheval soit en état de trainer sur une route ordinaire le cinquième du poids qu’il peut traîner sur une voie ferrée, si nous n'avious pas de chemins de fer, il faudrait donc cinq fuis 40,000.soit 200,000 chevaux pour suffire aux besoins de la circulation générale actuelle.Ces 200,000 chevaux exigeraient au moins 50,000 conducteurs, tandis que 400 suffisent pour les locomotives.Ces 200 engins consomment par jour 2,000 quintaux métriques de charbon, tandis que 200,000, chevaux consommeraient, à 4 kilog.d’avoine et 6 kilog.de foin, 20,000 quintaux métriques d’avoine et fourrage.Comme nous uavuns relativement que fort peu de transit en Suisse, on se demande comment il est possible que ce pays, dont la population n’a pas fort augmenté depuis quinze ans.ait vu, pendant ce laps de temps, s’accroître dans une pareille proportion ses besoins en matière de circulai ion.Et après s’être posé cette question, le correspondant du journal que nous eitons s’adresse aux statisticiens pour avoir l’explication de ce phénomène.Nous croyons, pour nous, que la réponse est fort simple La circulation et les besoins qui s’y rattachent augmentent toujours on raison de3 moyens mis à sa portée ; c’est pour cela que le chiffre des lettres et des télégramme, par exemple, augmente avec toutes les diminution?de taxe hors de proportion avec l’accroissement de la population ou le développement de l’instruction.—Journal Officiel.FAITS DIVERS.—Le Souverain Pontife, par l’organe de la Congrégation de la Propagande, vient de constituer les missions sauvages de l’Amérique du Nord en province ecclésiastique L’évêché de Saint-Boniface est érigé en archevêché.Mgr.Taché sera le premier archevêque de cette nouvelle métropole ; il est évêque de Saint-Boniface depuis le 24 juin 1850 et a pour coadjuteur Mgr Grandin, évêque de Satalu, comme lui appartenant à la société des Oblats de Marie, qui dirigent ces missions.Un diocèse nouvellement créé, celui de Suint-Albert, et les vicariats apostoliques de Mackenzie et de la Colombie britannique sont les diodèses suf-fra gants Il y a vingt-cinq ans, deux Oblats arrivaient à Saiut-Boniface, colonie naissante de métis canadiens, assise sur lès bords de la Rivière-Rouge, dont les eaux arrosent le-^ premières terres sauvages de l’Amérique du Nord.Les missionnaires avaient à la m.iin le bâton du voyageur apostolique et la croix fixée à la ceinture.C’étaient là leurs armçs et leur bagage.Quinze cents lieues de terres à conquérir se déroulaient devant les soldats du Christ.11 fallait faire pénétrer la lumière au milieu des tribus indiennes encore plongées dans les ombres de la mort.Le sol ne promettait que des souffrances; les habitants ne pouvaient offrir que le partage de leur pauvreté et de leur misère Oa se mit à l’œuvre; les tribus furent successivement visitées, et d’étape en étape, les conquérants arrivèrent aux limites du monde habité.L’immense plaine, peut être la plus vaste du globe, l’immense plaine qui s’étend du haut des E ats-Unis jusqu’à la mer Glaciale, et du Pacifique jusqu’à la baie d’Hudson, était conquise au Christ et à la civilisation.— Journal des Villes et des Campagnes.— On 9ait que Chicago était une des merveilles de l’activité am 'ricaine si féconde en prodiges Dans cette solitude froide et marécageuse de l’Illinois, au bord du lac Michigan, il n’y avait en 1812 qu’un misérable fort en bois, le fort Dearborn, qui fut pris et brûlé par les Indiens.Il fut rétabli en 1816; mais c’est seulement une quinzaine d’années plus tard que quelques maisons ou plutôt quelques cabanes commencèrent à se grouper autour du fort Dearborn En 183î,on commençait à donuer le nom de town à cette petite réunion de cahutes, et pour la première fois un navire venait y déposer son chargement.C’est en 1837 que Chicago obtint de la législature de l’Illinois la charte qui lui donnait le titre de ville Elle avait a!ors 4,000 habitants.En 1850, elle eu comptait 28,000 ; en 1860, près de 110,000, et en 1870 plus de 300,000, avec ses faubourgs.Il n’y a peut-être pas d’exemple d’un développement aussi rapide La population de St.Louis dépasse encore un peu celle de Chicago ; mais la cité missourienne a plus d’un siècle d’existence, tandis que sa rivale compte à peine quarante années de vie.Saint Louis doit sa fortune au Mississipi et à ses magnifiques affluents, qui semblaient lui assurer pour toujours la prééminence sur toutes les villes de l’Ouest.Mais la construction des chemins de fer changea tout à coup les conditions de la circulation commerciale, et Chicago, en devenant le centre d'un réseau important, menaça bientôt d’enlever à Saint-Louis la sup ériorité que cette ville avait déjà enlevée à Cincinnati.C’est alors que les capitalistes du Missouri sortirent de leur somnolence et commencèrent plusieurs lignes ferrées, qui rattachaient leur métropole aux autres grands centres américains, et surtout celle qui devait aboutir vingt ans plus tard à l’Océan Pacifique.Malgré les efforts des Missouriens, Chicago paraissait animée d une vie plus intense ; elle faisait beaucoup plus parler de son commerce et de ses entreprises, et il semble probable qu’elle aurait dépassé Saint Louis, sans le coup qui vient de la frapper.Est-ce le coup de la mort ?Personne ne le pense.Le génie américain ne se laisse pas abattre par les revers de la fortune.—Evènement. 176 JOURNAL DE L’INSTRUCTION PUBLIQUE —Voici les traitements des rédacteurs de quelques uns de* journaux de New-York : Horace.Greely reçoit par an, à la Tribune, $7,000; Wm.Curtis, au Harpers Weekly Magazine, $7,000 Donald M tchel, au Hearth and Home, $5,000 ; et Gordon Bennett, propriétaire du New-York Herald, a offert à Frédéric Hudson un traitement annuel de $10,000 pour diriger ce journal.—Décision des Tribunaux concernant les Journaux.—1.Toute personne qui reçoit régulièrement un journal du Bureau de Poste, qu’il soit adressé à son nom ou à un autre, qu’il ait souscrit ou non, est responsable du payment.2.Si une personne donne ordre de cesser l'envoi de ce journal, elle doit payer tous les termes échus, ou l’éditeur peut continuer à lui envoyer le journal jusqu'au parfait payement de la somme totale, que le journal soit ou non réclamé au Bureau de Poste.—Le procès Tichbome.—Une des plus intéressantes causes célèbres de notre époque,—le procès Tichborne,—est revenue le 7 de ce mois, devant la cour anglaise de chancellerie, après quatre mois de suspension d’audiences Le prétendant au titre et aux biens des baronets de Tichborne fera sa rentrée par uu coup d’éclat.On se rappelle que les collatéraux auxquels il a intenté le procès nient son identité, et prétendent qu’il n’est autre qu’un ex-garçon boucher de Londres nommé Arthur Orton, établi ensuite en Australie, et dont on n'avait plus entendu parler depuis une demi-douzaine d’années.Or, le demandeur a mis le temps de la suspension à profit pour envoyer deux avocats en * Australie, où ils auraient trouvé le véritable Orton dans un pénitencier.A la reprise des débats, Arthur Orton ferait son apparition dans le box des témoins.$i les défendeurs ne prouvent pas que cet individu est un faux Orton, ils auront de la peine à continuer ù soutenir que le demandeur est un faux Roger Tichborne.La fortune attachée au titre de baronnet de Tichborne est de 750,000 francs de rente ; mais le gagnant, quel qu’il soit, la trouvera légèrement écornée : le procès qui a duré déjà quatre mois, et qui peut se prolonger indéfiniment, coûte plus de 4,000 fraucs par jour en frais d’avocats, d’avoués, de témoins et d’indemuite aux-jurés,—Pam-Jot/r/mZ.DICTIONNAIRE GE NE A! QUE DE TOUTES Avec un Fac-Simii No Les personnes qui ont loTT^p: V.nftrOi}U° ^ T11 voudraient lecevoir ce voluKdrt^a\ fa df iinfyftnvoyer le montant de leur souscriptiommjî» eW contins pour les frais de poste.CelleS(Lii(PonV^ousfcri$C)jCTL® 13 su'Tants pourront se le procurer en s’aa^^anl afTrsiS lr lA^lai coupât A J.A.LANGLAIS, Libraire, Ru^SfcQosepijfcet.Québec.J.N.BUREAU, Trois-Rivières.E L.DESPRËS, Maître de Poste, St.Hyacini JAMES W.MILLER, Maître de Poste, de Ste.Luce de Rimouski.A.GAGNÉ, Maître de Poste de Kamouraska.R OUELLET, “ “ LTslet.F.H.GIASSON, “ L’Anse h Gilles.E.LEMIEUX, Ottawa.F.X.VALADE, Longueuil.L.O.ROUSSEAU, Chiteau-Richer.Les personnes qui ont souscrit chez MM.Dcbeau & Asselin, pourroat s’adresser il M.L.M.Cremazie, Libraire, Québec.En vente chez l’Éditeur EUSÈBESENÉCAL, 10, Rue St.Vincent, Montréal.ANNO NsC E S .Madame THIVIERGE NOUVEAU COURS DE LATSTG-TTE TAISTGLAISE SELON LA.METHODE D’OLLENDORFF A L'üSAGE DES ECOLES, ACADEMIES, PENSIONNATS ET COLLEGES Ouvrage approuvé par le Con3eil de l’Instruction Publique de la Province de Québec.2de Edition, Revue et Corrigée 1 tv a! n m n ' IO Uor+nnnofro r-lAonnt I .Jma on /'llir Ouvrira le premier Mai, il St.Félix du Cap Rouge, à sept milles de Québec, un Etablissement pour l’éducation d’une classe choisie de huit ou dix jeunes demoiselles.Les études comprendront l’Anglais et le Français dans tontes lest branches enseignées dans une école modèle, la musique, le chant, les'divers genres de Dessin, la Peinture Orientale et à l’huile, et la confection des ouvrages eu cire, soit des fleurs, soit des fruits, etc.Trois institutrices seront chargées de l’enseignement.Une Dame Anglaise sera à la tète des classes anglaises; une Dame Française enseignera lA'Langne Française ; Madame Thivierge donnera elle-même des leçons de musique et de beaux arts.CONDITIONS: *# / '' Pension avec l’étude de l’Anglais et du Français.Par terme 11 semaines.$24.00 6.00 % 6.00 3.00 Un cours de leçon d’ouvrages en cire 8.00 là table sera copieusement servie, et Madame Thivierge donnera une attention particulière à la santé de ses élèves.Le Cap Rouge est admirablement situé et renommé par la salubrité de l’air.On engagera les élèves à prendre de3 exercices journaliers, et madame Thi vierge fera tout en son pouvoir pour donner satisfaction aux parents qui voudront bien lui confier le soin de leurs enfants.- Pour renseignements et plus amples details, ou pourra s’adresser a Madame Thizierge, Cap Rouge, Madame L.I.Dalkin, Cap Rouge, Révérend P.J.Drolet, Curé ; C.W.Wilson, Ecuier, Rue St.Pierre, Québec ; Robert J.Young, Ecuier, James Bowen.Fils, Ecuier, Rue St.Pierre, Québec, ou au Cap Rouge ; J.B Forsyth, Ecuier, Cap Rouge ; Edson Fitch, Ecuier, St.Romuald.Cap Rouge, 10 Mars, 1871.PRIX A LA DOUZAINE .«4.00 En vente il la Librairie de C.O.BEAUCUEMIN & VALOIS, _ Nos.237 & 239, Rue St.Paul, Montréal.Et chez tous les Libraires de la Province de Québec.AUSSI : La Clef des Exercices des ouvrages ci-dessus.Prix : 75 eta.l’exemplaire NOUVEL ABRÉGÉ DE GEOGRAPHIE MODERNE A L’USAGE DE LA JEUNESSE PAR L’ABBÉ HOLMES SEPTIEME EDITION Entièrement Revue, Corrigée et Considérablement Augmentée PAR L’ABBÉ L.O.GAUTHIER Professeur d’Histoire au Séminaire do Québec.Un Volume in-12 de 350 pages.Cartonné $4.00 la douzaine.J.B.ROLLAND & FILS, Libraires-Editeurs.En vente chez tous les Libraires et les principaux Marchands IMPRIMÉ PAR EUSÈBE SENÉCAL MONTRÉAL.
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