Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 juin 1901, juin
ÉOLISE SAIOT-JE AN-BAPTISTE.pîîiS gpgp ij BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES TOL.7 JUIN 1901 No.6 SAINT-JEAN-BAPTISTE DE QUÉBEC Saint-Jean-Baptiste de Québec est un démembrement do la paroisse de Notre-Dame do Québec.Et de 1849 à 1880, l’égliBe Saint-Jean-Baptiste n'a été qu’une succursale do l'église cathédrale de Notre-Dame do Québec.C’est M.Charles-François Baillargeon, curé de Notre-Dame do Québec, plus tard archevêque de Québec, qui a jeté les bases de cette desserte destinée à subvenir aux besoins spirituels des fidèles des quartiers Saint-Jean et Montcalm, en dehors des murs, et c’est lui qui a obtenu de Mgr l'archevêque Turgoon, l’autorisation de placer cette desserte sous le vocable de Saint Jean-Baptiste, nom qui était déjà donné à la rue et au quartier Saint-Jean.Commencée en 1847, sous la direction de l’architecte CharleB Baillargé, la première église qui mesurait 180 par 80 pieds, fut bénie le 25 juin 1849, par le grand-vicaire Alexis Mailloux, en présence d une foule immense et déplus de soixante prêtres.L’église Saint Jean-Baptiste fut desservie pendant un an par le curé de Notre-Dame de Québec et ses vicaires, surtout M.David Martineau qui était desservant d’office.Le premier chapelain ou desservant résidant fut M.David Martineau, en juin 1850.Il prit sa résidence dans l’une des sacristies en attendant la construction d’un presbytère.Il laissa cette desserte on octobre 1853, pour aller prendre la cure de Saint-Joseph de Beauce. 1(Î4 — Le deuxième chapelain fut M.Antoine Racine.Rendant vingt-et-un uns, M.Antoine Racine a dirigé la succursale Saint-Joan-Baptiste.Doué d'une belle intelligence et animé d’un zèle éclairé et inépuisable, il sut faire marcher l’œuvre (pii lui était confiée dans la voie du progrès matériel et spirituel.Le presbytère a été construit, 1 église s’est couronnée de doux clochers dans lesquels trois magnifiques cloches furent installées ; à l'intérieur deux orgues (fabriquées l’un par Walker, de Londres, et l’autre par Mitchell, de Montréal) se faisaient entendre, et les murs étaient ornés île tableaux sortis des ateliers tie notre artiste canadien, Antoine Plamondon.Une société d’artistes s’était formée sous le nom A' Union Musicale et rehaussait, par des chants choisis et harmonieux, l’éclat des cérémonies du culte, à la grand’messe et à l’Archiconfrérie du dimanchesoir.Et tous les ans—comme elle le fait encore—V Union Musicale célébrait la fêle de sainto Cécile, sa patronne, en exécutant, avec orchestre, une messe des grands maîtres.M.Racine était aimé et vénéré de son troupeau et il aurait pu encore exécuter de grandes choses pour le bien dos âmes dans sa desserte, lorsque la voix de Dieu l’appela ailleurs.Le 18 octobre 1874, il devenait le premier évêque de Shorbrooke.Il reçut la consécration épiscopale dans son église Saint-Jean Baptiste qu’il aimait tant.Le troisième chapelain de l’église Saint-Jean-Baptiste fut M.François-Xavier Rlamondon.Son administration a été signaléo par des événements importants ; mentionnons les suivants : lo Le grand incendie du faubourg Saint-Jean qui détruisit l’église, le presbytère, l’Ecole dos Frères et plus de 600 maisons, laissant après un ravage d’une nuit—le 8 juin 1881 —9>îus de 1600 familles sans abri.2o La reconstruction de l’église, du presbytère, de l’Ecole des Frères, etc.L’église dont les plans furent confiés i\ far- chitoclo J .-Ferdinand Peachy, fut rebâtie plus grande (2154 par 87 pieds), plus élevée et aussi plus Vielle que I ancienne ; elle a été bénie, le 27 juillet 1834, par Mgr Antoine Racine, évêque de Sherbrooke, et les cloches, au nombre do quatre, ont été bénies, le 23 mai 1836, par le cardinal K.-A.Taschereau, archevêque do Québec.3o L’érection canonique de la parois-e Saint-Jean-Baptis te, le 24 mai 1886, par le cardinal archevêque de Québec, et l’érection civile, par acte du Parlement sanctionné le 21 juin D86.(49-50 Victoria, chapitre 44).D’après cet neto, la paroisse de Saint-Jean-Baptiste est séparée de la paroisse de Saint-Sauveur et de celle deSaint-Roch par la cime du coteau Sainte-Geneviève, de la paroisse do Notre-Dame de Québec par le milieu de la rue Saint-Eustacho et le milieu de lu Grande Allée jusqu’au chemin du Belvedère, et sur le chemin Sainte-Foye, la paroisse Saint-Jean Baptiste s’étend jusqu’au delà du couvent de Bellevue.La fabrique de la paroisse de Saint-Jean-Baptiste de Québec fut organisée et M.Plamondon cessa d'être chapelain pour devenir le premier curé de la nouvelle paroisse.La nouvelle fabrique lit terminer l’intérieur de l’église, y plaça deux orgues fabriquées par M.Napoléon Déry.de la mémo paroisse, construisit des perrons en pierre et M.Plamondon pouvait espérer prendre un repos mérité, après les commotions du grand incendie et les travaux nécessaires pour faire sortir de lours ruines l’église, lo presbytère et l’Ecole des Frères, lorsque sa sauté, fortement ébranlée, l’avertit de se préparer i laisser cette vie.11 décéda le 15 juin 1894, â l’âge de 69 unset 3 mois, dans son presbytère, et il fut inhumé dans un caveau, sous la «hapelle do Notre-Dame de Lourdes, dans cotte église pour laquelle il a beaucoup travaillé.Un marbre commémoratif, placé dans la chapelle de Notre-Dame de Lourdes par les marguilliers le rappelle au souvenir de ses paroissiens.Le second curé do la paroisse Saint-Jean- Baptiste—le cure uctuel M.Benjamin Deniers, a pris possession de sa cure le 1er juillet 1894, et dans l’administration de cette paroisse qui compte 11,579 âmes (Canadiens-Français), dont 8,919 communiants, il est assisté par quatre vicaires.Dans Saint-Jean-Baptiste, à part l'église paroissiale où les offices se font régulièrement, les fidèles ont libre accès dans plusieurs chapelles disséminées sur les principaux points de la paroisse, k savoir : les chapelles du Patronage, côte d Abraham ; du Bon Pasteur, rue Lachevrotièro ; dos Franciscaines, Grande Allée; de l’Asile Sainte-Brigitte, Grande Allée ; et de Manrèse, chemin Sainte-Foye.L’a b hé Benjamin Demers L’EGLISE SAINT-J HAN-BAPTISTE C est une des plus vastes et des plus monumentales de Québec.Elle a plus de deux cents pieds do longueur, et le clocher a la même mesure on hauteur.Perchée au sommet du la montagne dont le faubourg Saint-Jean couvre le versant nord, elle s’élève à près de quatre conts pieds au-dessus des faubourgs Saint-Roch et Saint-Sauveur.Sa façade, qui regarde l’ouest, se compose à sa baso d’un large perron de pierre, sur lequel s’avance un spacieux portique, formé do trois arcades romanes, qui supportent une plate-forme.Les piliers de ces arcades sont massifs et sans ornements ; mais le premier et le dernier sont creusés on niches, et portent les statues des deux évangélistes qui n’étaient pas apôtres, saint Luc et saint Marc.° — 167 — Au-dessus de la plate-forme, s’allonge, en guise do frise toute une galerie de statues, logées dans treize niches, et, représentant Jésus-Christ au milieu de ses douze apôtres, l’uis vient un étage de fenêtres, stylo renaissance.Au-dessus s’ouvre un grand œil-de-bœuf ; et du fronton triangulaire qui le domine, s’élance un clocher roman d'une hardiesse et d'une sveltesse rares.Aux angles supérieurs do ce portail, aux lignes sévères mais élégantes, se creusent encore deux niches, où se tiennent saint Jean-Baptiste et saint Joseph.L’église a la forme d’une croix latine, dont 1 extrémité supérieure et les bras se terminent par des ronds-points, do façon qu’à l’oxtérieur, l’abside et les transepts ont l’aspect d’un donjon colossal, flanqué de deux tours.l)eux autres tourelles b lisent l’uniformité des murs, et contiennent à l’intérieur les escaliers qui conduisent aux galeries.i,a décoration intérieure est de style roman.La grande nef centrale est séparée des nefs latérales, en bas, par des piliers qui soutiennent les galerios, et en haut, par descolonnes fuselées.Les colonnes du sanctuaire sont carrées.Les trois voûtes sont romanes, avec des arcs surhaussés.Au-dessus des galeries, des arcades s’arrondissent entre les colonnes et soutiennent les voûtes latérales.Les murs, les pilastres, les colonnes avec leurs chapiteaux, les balustrades du jubé et dos galeries, et tous les ornements n’ont quo deux couleurs : blanc et or.11 en est de même des autels temporaires, qui sont en bois.C’est l’extérieur de cette église qui ost surtout remarquable.Il est imité des églises de Saint-Augustin et de la Trinité, a Paris , et son architecte, AI.Peachy, a droit d etre fier do son (ouvre.A.-B.Routuiku — 168 — LES CHAPELAINS ET CELÉS DE SAINT-JEAN-BAPTISTE DE QUÉBEC M.DAVID MARTINEAU.CHAPELAIN, 1850-1853 M.David Martineau naquit à Saint-Michel de Bollecha8.su, le 31 mai 1815, du mariage de Joseph Martineau et de Marie-Françoiso Dallaire.Il fut ordonné prêtre dans sa paroisse natale le 24 août 1841.D abord vicaire J Notre-Dame de Québec, il fut, en juin 1850, chargé do la desserte de l'église Saint-Jean-Baptiste avec le titre de chapelain. — 100 — hn octobre 1853, M.Martineau était appelé à la euro do Saint-Joseph de Beauco.Trois ans plus tard, en 1850, il devenait curé non décourag , il sç remit immédiatement àl'œuvre.et avec lu concours que scs paroissien» nu lui ont jamais marchandé, il sut mener à bonne lin les travaux commences en 1881 Dieu lui ménagea mémo la satisfaction d’ufl voir le complet parueli¦'•veinent et dVu jouir quelque pou Dans I intervalle, il s'occupa < le l*un ‘ctioii eanoni(|iie et civile dosa paroisse et en 1886, ce projet qu'il ruminait depuis quelques minces, devenait un fait accompli.La lin de la carrière do M.Platnondon a pour ainsi dire coïncidé avec lo couronnement de ses travaux.Ils étaient à peine terminé-! lorsqu'il commença à ressentir les premières atteintes du mal qui La conduit au tombeau.Il n’était pourtant pas encore un vieillard, mais lu ministère des villes use vite et a bientôt raison de la plus forte dos constitutions. — 175 — M.Plamondon comprit tout do suite la conséquence in '-vi -table de la dépression qui s’accentuait graduellement.Aussi, à partir de ce jour, sa préparation i\ la mort tut plus prochaine, et la pensée des années éternelles no le quitta plus.Lorsqu’il mourut, le 15 juin 1894, non seulement il ne redoutait plus ce moment suprême, mais il l’appelait de tous ses vœux.Sans exceller en aucun genre, M.le curé Plamondon réunissait un ensemble de qualités qui lui permettaient de s acquitter parfaitement dos différentes charges du ministère paroissial, et de géror sûrement los intérêts spirituels et temporels de sa paroisse., L’abbé David (iosski.in M.BENJAMIN DEMERS, CURÉ, 1894-1901 M Benjamin Demers est né û Saint-Romuald d Etchemin.comté de Lévis, le 9 octobre 1848, du mariage de Benjamin Demers et do Félicité Carrier.Sa famille est l'une des plus anciennes et des plus estimées du district, Son premier ancêtre venu dans la Nouvelle-France, Jean Dumets ou Demon était originaire de Saint-Jacques de Dieppe.Dès lGu-il était établi à la côte de Lauzon.Après de brillantes et solides études au séminaire de t^u.bec,-M.Demers fut ordonné prêtre le 7 décembre 187-4, * ' immédiatement nommé vicaire do Saint Raymond.L’année suivante, on lui confiait la charge importante de préfet des études au collège de Lévis.En 1875, M.Demers était vicaire à la Pointe-aux freintes ¦ en 1876, vicaire à la Baie Saint-Paul ; en 1877, vicaire à Saint-Denis de Kamouraska ; en 1879, desservant de la Grossc-llo, et, la même année, vicaire ô Saint-Elzear ,1e Beauce. - i Te h" lHS0> 11 Pettit sa première cure à Saint-Gilles de Hea u rivage, U’ 1er octobre 186(1.M.Demers laissait Saint-Gilles pour flwemr cor,' de Saint-François «le Jleauce, C’est pendant as honneur.L’évêque lui répondit qu’il ne (allait pas s’affliger outre mesure.“ Los jeunes gens commandés n’ont pas obéi ; quoiqu’il se soit trouvé plusieurs royalistes en Saint-Roch, til no laissait pas cependant que d’y avoir une certaine quan- — 180 — tité de Bostonnaia, co sent sans-dotte ceux-là qui ont étcf-commandés.Il n'est pas surprenant qu’ils n’aient pue obéi.“ Ne mo parlez pas, mon cher patriote, de misère ; vous ne mo persuaderez pas.Je crois bien tout co yje vous me marquez de la situation de votro paroisse, des travaux à fairo, et de la cherté des choses, mai» vous croire réduit à 1 indigence et à la mendicité, c’est ce que je ne puis me persuader.Vous me dispenserez de vous en détailler les raisons." il.de la Valinièro fut nommé curé do Suinte-Anne- de la Pocatière en 1778 et il n’y fut pas plus heureux qu’à Saint-Uoch-dcs-Aulnaios, car je lis ce qui suit dans une petite brochure écrite par feu l’abbé Odilon Paradis : u Ce monsieur (M.de la \ alinière) eut du chagrin à Sainte-Anne, car on trouve la note suivante dans la reddition do compte qu'il fit avant de partir.Après avoir énuméré, divers articles dont il faisait présent à lu fabrique, le secrétaire ad hoc ajoute : “ desquels articles il ne demande aucun paiement, et il en eut fait ou ferait bien d'autres, si «>u n'eut pas déjà commencé et si on no continuait à le payer d’ingratitude.” (lj .M.de 1a Valinièro quitta le pays au mois d’octobro 1779 et ce sur l’ordre lormel du gouverneur.II raconte lui-mÊmo à .M.de Castries, secrétaire d'Etat au département de la marine, les persécutions auxquolloi il ;i été en butte durant son séjour au Canada et les grands services qu il y a rendus à 1 Eglise.J» n'en cite qu'un extrait ; Après avoir parlé de son procès avec 1 évêque, il continue en ces termes : “ Il arriva donc qu’en 177ti, les insurgens, (i) " Notes historiques sur la paroisse et les curés de Sainte-Anne de la Po-calibre.” — 181 — nommas en Canada les Boutonnais, ayant pris le pays ot assiégé Québec, pondant tout l’hivor jugèrent à propos de tenir deux prêtres prisonniers à Sorti ; alors notre missionnaire (M.de la Vulinière parle do lui-même) étant le seul qui pftt s’expliquer en anglais, crut devoir faire quoique effort pour les délivrer ; il fut donc à Soul et eut le bonheur au moins d’on retirer un qu’il amena avec lui.Mais sa demande ne tarda pas à être rendue suspecte au gouverne ment anglais, ' ' après trois ans de persécution extrême, lo fit ontin partir subitement, lo 25 octobre 1771*, ot 1 envoya à Portsmouth avec défense de le mettre à terre sau» 1 agrément du ministère.Il a donc été li sept mois et demi, à bord des vaisseaux avec seulement les deux tiers de la ration d’un soldat, puis encore vingt jours prisonnier également contro le droit des gens à Alesford, d’où, avec un passeport, il est venu comme il a pu par Ostende.Mais pour comble de malheur, ayant mis ce qui lui restait dans un coffre à bord d'un vaisseau pour être conduit à Nantos, le vaisseau a fait naufrage.Pour lui, étant venu par torro à Paris, il prit à son arrivée la liberté de demander par écrit uuo audience è M.de Sartino qui sans doute n eut pas le temps de l'honorer d’un mot île réponse.” 11 termine en de mandant la protection du gouvernement et en ollrant ses services.Itevenu en Canada en 1792, il mourut d’une chute de voiture, à l’Assomption, le 29 juin 180Ü, K lngc de soixante et quinze uns.Il fut inhumé à Saint-Sulpice.Mou Henri T4rr “Mont Johnson” (Vil, Y, 805).—L’appellation do 11 Mont Johnson ” attachée aujourd'hui, dans lo langage des postes, à la paroisse do Saint-Crégoire-lo-Grand (comté d’Iberville), lui vient de Sir John Johnson, quatrième titulaire do la seigneurie do Monnoir, dans les limites do laquelle 35 - 182 — Cetto paroisse est toute entière comprise.Sir John est devenu seigneur de Mounoir en 1704 et le demeura jusqu’en 1S26.Il succédait aux de Ramezay ; il eut pour successeurs les Rollnnd.kn 1704, la jiartiedo la seigneurie qui forme la paroisse actuelle de Saint-Grégoire était encore très peu habitée.Le seigneur Johnson paraît y avoir fait beaucoup do concessions.Aussi, quand, après avoir quitté sa résidence do la Pointe-Olivier (Saint-Mathias), il vint so fixer dans sa seigneurie de Mounoir, (1), se crut-il le droit du donner son nom à la montagne Sainte-Thérèse : cotte “ montagne isolée " dont parle Bouchettedans sa Topographie du Canada, et qui est sise" presque au milieu do la seigneurie”.La petite montagne en question est renfermée dans la paroisse du Saint-Grégoire.—'Son titre de Johnson n’a jamais réussi à s'imposer complètement.Il n’a jamais ou déplacé dans l'appellation ollicielle do la paroisse.Celle-ci, à l’époque de son érection par Mgr Signay en 1836, s'intitula Baint-Raymond-Nonnat ; puis, les paroissiens de Saint Raymond se plaignant de ne pouvoir pas se sentir de dévotion pour leur titulaire, Mgr Lartigue substitua on 1838 à Saint-Raymond-Xonnat Saint-Grégoire-le-Grand.Les décrets d’autorité civile ont consacré ce vocable, et le vrai titre de la paroisse est Saint-Grégoire-le-Grand-de-Monnoir —Mont-Johnson n’a pu trouver grâce que devant le ministère des [KrsteS ! J ai mont-Johnson s’appelait auparavant Sainte-Thérèse, 11 avait été baptisé de ce nom en 1665, parco qu’il se trouvait en vue du fort construit à l’automne do cette année par M.de Salières, lequel (fort) “ a esté heureusement achevé le mois d’octobre, au jour de sainte Thérèse, d’où il (i; Sur le vers;tutesi ife la monta'ne Sainte - rhéréie, où so.i corps fut dépose en 183* dans un tombeau de famille quM y avait fait ériger. — 183 — a tiré son nom ”, ainsi qu'on peut lire dans les Relations de 1605.—Le Fort Sainte-Thérèse fut construit sou» le marquis de Traey, la mémo année (pie ceux do Sorel et de Chatnbly, pour protéger la colonio contre les incursions des Iroquois, qui avaient coutume do pénétrer dans laNou-vello-Frunce par la rivière que l’on appelait alors de leur nom et qui est devenue notre rivière Richelieu.L’abbé Isidore Dbsnoyïrs Le titre d’“ecuyer”.(Ill, 111,307.) -Ou a bien discuté autrefois sur l'origine du titre “ écuyer ” qu’on donne à pou près à tout le inonde dans notre pays.Les uns prétendaient que “ écuyer était tout simplement la traduction do l’anglais " esquire et qu on avait raison de 1 employer puisqu’on s’en servait profusément on Angleterre.Le mot “ écuyer ”, affirmaient les autres, est d’origine française et conséquemment, nous no devons pas 1 employer puisque là-bas on ne le donnait qu’aux nobles.L’ordonnance suivante que nous croyons indite semble donner raison aux partisans de cette dernière opinion : “ Lo Roi étant informé que plusieurs habitants du pays de Canada ou Nouvelle Franco, s’ingèrent de prendre la qualité à'Ecuyer dans les actes publics ou judiciaires qu’ils liassent, ce qui est contraire à l’usago observé dans le Royaume, où il n’y a que les véritables Gentilshommes qui puissent prendre cette qualité.A quoi Sa Majesté voulant pourvoir, Sa M.étant en son Conseil a tait très expresses défense» aux habitons du dit pays do Canada ou Nouvelle Franco île quelques qualité et condition qu’ils soient de prendre la qualité d’Ecuyer dans tous les actes publics et autres qui seront par eux passés qu’ils ne soient véritable ment Gentilshommes et si comme tels suivant leurs titre» qui seront par eux représentés par devant le Sieui Le - 184 — Meulles Intendant de Justice, Police et Finance du dit pays, à peine do cinq cens livres d'amende appliqua blés aux hopi-taux des lieux.Knjoint sa dite Majesté au dit Sieur Jdo Meulles, de tenir la main ù l'exécution du present arrest, qu’elle veut être lu, publié et affiché, afin qu'aucun n'en prétende cause d’ignorance.Fait au Conseil d’Etat du Roi, Sa Majesté y étant tenu it Versailles le quinzième d'Avril, mil six cent qualrevingt-quatre.(Signé,) COLBKRT— suit : Louis, par la Grace de Pieu Roi de France et de Navarre : à Notre Cher et bien Amé Conseiller à nos Conseils, Intendant do J ustice, Police et Finances en notre pays de Canada, le Sieur l)e Meullos—salut.Nous vous mandons et ordonnons par cos présentes signées de notre main que l’arrest dont 1 extrait est cy-attaehé sous le conlroscel de notre Chancelier ce jonrd'hui donné en notre Conseil d'Etat,nous y étant, vous fassiez exécuter de point en point selon sa forme et teneur et icelui faire publier et afficher partout où besoin sera.Commandant au premier notre Huissier ou Sergent sur ce requis do faire pour l'exécution d’ieclui tous actes et exploits nécessaires, sans pour ce demander autre permission, car tel est notre bon plaisir : demi' à Versailles le quinzième d’Avril, mil six cent quatrevingt-quutre, et de notre règne la quarantu-uhi me, (Signé) Louis, et plus bas par le Roi (Signé) Colbert, et scellé en queue de cire jaune —suit ; Nous Jacques De .Meuiles, Chevalier, Seigneur de la Source, Conseiller du Roi en ses Conseils, Grand Bailli d’Of léans, Intendant de Justice, Polie* et Finances de la Nouvelle France, certifions que la présente copie est conforme à 1 original que nous avons entre les mains.En foi de quoi nous avonssigné le présent, à icelle fait opposer le sceau de nos armes, fuit contresigner parmi de nos Secrétaires : fait — 185 à Québec ce cinquième Octobre, mil six cent quatrovingt-cinq (Signé) De Meulles.” Il est malheureux pour nos hôpitaux que cette union nance ne soit plus eu force 11 y aurait uno belle moisson â taire peureux parmi les nombreux geais qui redonnent, ou se font donner de l’écuyer sans v avoir droit.P.(i.IJ.Le sieur de La Mollerie.(VII, V, 808.)-Jacques de Mallerav de Noiré, sieur de La Mollerie, enseigne, coin mandait à Lucliinc en Itüll) et 1701.Il appartenait à une famille illustre, étant le fils de la duchesse de La Mollerie, et, pour cette raison, eut moins de difficulté à recevoir le pardon do plusieurs homicides qu'il commit tant eu France qu’au Canada.Le 10 octobre lliüô, il demandait I'enregis trement au Conseil Supérieur de lettres île grâce du lîoi pour l'homicide, eu France, de Jean Caillot, sieur de La Forest, dans lesquelles Sa Majesté déclare que La Mollerie '• s’est distingué) dans toutes les occasions qui se sont pré sent ci s coati e les Anglais cl les Iroquois, du mémequedanK e commandement des fort» qui lui ont été confiés.Plus lard, d’un coup d’épée, il tua en plein jour dans une des rues de Québec, le nommé Charles .lustel de poissons, qui l’avait injurié, mais lui avait fait excuse.Il eut son pardon du Conseil Supérieur de Québec.Cue vie de crimes, si indigne d’un gentilhomme, devait avoir une tin tragique, lin 17 15, il fut tué dans un duel par d’Aillebousl d’Argen leuil, aussi enseigne, appartenant a une ancienne famille noble, d’origine allemande.Son ancêtre avait été le médecin de François 1er.(Jutjcuirut.s et ilchbérittions fin Conseil S'ni eeiuiin, 111, 1058, ltliio.Idtid ; t'oeresjiondiinee jtnérale, IV, 5fi ; XLI, 144).DÊSIKÉ (iiauUAKD Les “ Reserves du cierge (Vil, V, 8u:s.)— Une nouvelle constitution fut octroyée :ui Canada en 171) 1.La province tut divisée en deux parties, le Bus-Canada et le-Haut-Canada, ayant chacune son gouvernement.La nouvelle loi constitutionnelle contenait plusieurs dis positions concernant l'Eglise et la religion.Une d’elles arrêtait qu’aucun ministre du culte ne pourrait siéger dans la Chambre d’Assemblée.Cotte défense visait, à n’en pus douter, le clergé catholique que l’on sauvait presque omnipotent dans la province et que l’on craignait en conséquence.Une autre, beaucoup plus importante, décrétait l’établissement, dans les deux Canadas, d’un clergé protestant et pourvoyait à son entretien par la création des “ réserves du clergé ”.Celte question des réserve* forme l’un des chapitres les plus importants de l’histoire du clergé protestant des doux provinces.Après avoir vainement essayé, pendant plus d’un quart de siècle, d’enrayer la libre expansion de l’Eglise catholique dans cette province, et, au mépris des traités qui nous garantissaient le libre exercice de notre religion, s’être illégalement approprié une partie des biens religieux de ses nouveaux sujets, le gouvernement britannique, commençant il s'apercevoir que la force brutale n’y pouvait rien, changea do tactique.Cependant, le jour était encore éloigné où, voyant l'inutilité de ses efforts, l’Angleterre prendrait le sage parti de laisser les Canadiens professer librement leur religion et se gouverner eux-mêmes.Elle n’abandonnait point encore l’idée d’anglifier ot do protest an tiser le pays -, mais elle crut devoir essayer des moyens moins violents, sinon moins oppressifs, et pensa que la persuasion réussirait peut-être là où la tyrannie avait échoué.“ En matière de religion, comme en politique, dit Gar- meuu, l'Angleterre nttendait toujours l'impulsion des «r •constances.Tantôt elle pavait vouloir laisser les Canadiens jouir de tous leurs droits, tantôt elle cherche à les assujettir aux protestants ; et c’est cette dernière pensée, la plus cous tante, qui s’étend à tout son système colonial politique et religieux, et qui explique les oscillations qu’éprouve sans •cesse la tendance vers l'anglification et le protestantisme.’’ Cans ce but et aussi pour pourvoir aux besoins spirituels «les Anglais qui devenaient de jour en jour plus nombreux ¦dans la colonie, elle décida d’y établir un clergé protestant.A cet ettet il fut arrêté qu’un septième de toutes les terres incultes de la couronne qui seraient concédées à l'avenir, •serait réservé pour l'établissement et l’entretien de ce •clergé.Cet arrêt s appliquait également au Haut-Canada Cette décision suscita par la suite, pendant plus d'un demi siècle, bien des mécontentements et donna lieu à des discussions fort animées tant dans la législature que dans la presse du Haut-Canada, tandis que la paix régnait relativement dans notre province.I.'Bgliso anglicane demandait, en sa qualité d'JiglUt- établir du lloyaumr, tout le produit des ventes et des loyers de ces terres ; tandis que les presbytériens, les méthodistes et les autres communions religieuses réclamaient leur part du magot.Plus d’un million d’acres ayant été ainsi réservées dans le Bas-Canada, il tant avouer que, suivant le dicton 'aire, le jeu valait la chandelle.Cetto question fort épineuse et très embrouillée fut en tin résolue par la loi de 1854 qui sécularisa ces réserves dans Jesdeux Canadas.Ces fonds provenant de cette source turent donnés aux ¦ au ///Y, r{l(0 (je |euv popula- tion avec la liberté d’employer ces revenus comme bon leur semblerait.F.-.l.Audet 17 C831B rss Comtes et baronnies au Canada.(VrI, xn,: 7G.) — Duns toute notre histoire, on ne mentionne que trois-créations de baronnies : colle das Islets (1071), en faveur do ( intendant Talon (Kreetion delà baronnie des Islets en faveur du sieur Tulon lléijistri: fns.Cous.Sup.1 o'G.'i à 1082, |>- 41) celle de Port neuf, (1681), en faveur de M.de Béean-eourt (Kreetion en baronnie de la seigneurie de Portneuf— Registre lnx.*'ons.Sup.10711 à 1745, p.0) ; et celle de Lnngueuil, (1700).en faveur tie Charles Letnoyne (Krertioi» en baronnie de la terre et seigneurie de Longueiiil—llr.yis-tre Im.Cuius.Sup.1070 à 1705, j».ldi).he seul de ces trois titres qui ail surnagé sur la mer mou vante des vicissitudes et des transformations historiques, c'est celui tie baron de Longuutiil.Kt encore il est porté par un Anglais.A part Ursaiuville (Kreetion on comté sons le nom d'Or sainville de la terre (baronnie) des Islets Reyistrr Ins.l'ons.Su/i.Hi (id 5 1082.p.05) il n’y a eu qu'un autre comté d\ rigé au Canada ; c'est le comté de Saint-hau rem (île tl'Orl ans).(Lettres d’érection du comté de Saint Laurent — Jiéijistn: Ins.Cons.Sa/i.100)1 à 1082, p.75).“ La' seigneurie do 1 île d’Orléans, dit Bibuud, dans ses Institutions
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