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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
novembre
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1912-11, Collections de BAnQ.

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BULLETIN DES RECHERCHES HISTORIQUES Vol.XVIII LEVIS-NOVEMBRE 1912 No.Il ANDRE THEVET Anré Thevet naquit à Angoulême en 1502.Xos recherches, dans sa ville natale, sur sa famille et ses premières année n’ont pas abouti.Il est probable néanmoins qu’il était d'origine modeste et qu’il ne reçut qtt’assez tard une éducation fort superficielle : car il porta toute sa vie le fardeau de son ignorance native, et, malgré ses efforts pour se donner les apparences de l’érudition, le bonnet dont le coiffa si libéralement le malin Rabelais, il laissa toujours passer le bout de l’oreille, A défaut de la science qui lui manquait, Thevet avait une extrême curiosité, une véritable passion de connaître, qui s’étendait à tout, aux livres, aux médailles, aux monuments, aux plantes et aux animaux.Il aimait les SiNGiRAi.iTfes, pour employer son langage, non pas seulement les objets extraordinaires, mais plus encore les objets rares ou peu connus.Ce fut un collectionneur de haute volée.S’il eut vécu de nos jours, if aurait été possé lé de la manie du bric-à brac.On peut lui refuser k discernement, mais non ce goût des recherches patientes, cette admiration lia- 322 — tïve pour les œuvres artistiques de toutes les époques, cet enthousiasme de bon aloi pour les savants et pour la science, qui font d'André Thevet un personnage, dont on pourra médire, mais qu’on aura pas le droit de dédaigner.Thevet prit de bonne heure l’habit de Cordelier et étudia la théologie II 11e paraît pas que la scholastique et les argumentations de l’école aient eu pour lui beaucoup d’attraits,ni même qu’il ait toujours fidèlement observé les règles de l’ordre ; car il lui arriva certain jour, en Espagne, une mésaventure, qu’il nous raconte lui-même : 1 Quant à ces inquiétudes de la foi, ils sont (côme semble) un peu trop spéculatifs en première instance, sans ouyr le plus sou verities défenses d’aucun.Et ne dy ceci sans cause : attendu que estant à Seville, certains imposteurs, soubs pretexie que Ion me trouva au lict, jour de Sainct Thomas, me menèrent lié et bagué devant un d'iceux, crians que j’étais Luthérien, et que ce jour je n’avais esté à la messe, sans avoir egard que j’estais arrivé le soir au-paravant'en la dicte ville, fasché et rompu de la teni-peste et ondes marines.Yray est que, comme estant prest à partir, pour estre conduit en la prison obscure, j’eusse devant la compagnie tiré un agnus Dei, enchâssé en or, et une petite croix de bois rouge, faite à la greccpie que j’avais apportée de Jérusalem, cela fut occasion de ma délivrance, moyennant aussi le dit agnus Dei, que me print ce gentil inquisiteur, qui me commanda de vuider bientost la ville, sur peine d’es-tre attaint du crime,, dont l’on m’accusait.” Thevet ne fut donc jamais un théologien de profession.Lorsque le vice-amiral de Bretagne, Yillegaignou, l’emme- 3^3 — na avec lui au Brésil pour essayer d’y fonder une France américaine, notre Cordelier eut grand soin de ne jamais se mêler aux discussions religieuses, qui compromirent si rapidement les destinées de notre colonie, et même, dès qu’il comprit qu'il allait être forcé de se prononcer, il demanda à regagner la France.Ce n'était pas en effet aux tournois théologiqnes que se complaisait Thevet : non pas qu'il ait jamais jeté le froc aux orties, ou qu’il ait témoigné pour la religion une indifférence, que ne comportaient ni sa robe, ni son caractère, mais les voyages l'intéressaient bien autrement.A vrai dire, il ne trouvait tenir en place.Il avait hâte de connaître par lui-même les villes et les pays dont il lisait la description.Ses supérieurs eurent le bon sens d’utiliser cette humeur voyageuse.Au lieu de le confiner dans un de leurs cloîtres, ils lui injoignirent de courir le monde pour la plus grande gloire de l’ordre : seulement, comme ils n étaient iras riches, ils l’avertirent qu’ils le soutiendraient de leur influence, mais non de leur bourse.Thevet ne demandait rien autre chose : il se mit aussitôt en marche et partit pour 1 Italie.Il eut 1 heureuse chance d'être présente a Plaisance au cardinal Jean de Lorraine, et sut lui plaire par sa naïve curiosité.Le cardinal était libéral et généreux.Il résolut de faire un heureux, et fournit à Thevet les moyens de visiter l’Orient.Ce dernier s'embarqua à Venise, et commença une longue série de peregrinations, qu il a racontées dans le premier de ses ouvrages, la Cosmographie du Levant, et sur lesquelles il est revenu plus tard dans sa Cosmographie t ni\ i-.ksei.lk.On ne sait à quelle époque Thevet avait quitté la 324 - France pour visiter l’Orient.Mais comme nous lisons clans sa Cosmographie universelle que ses “lointaines navigations furent continuées dix-sept ans ou environ,” et comme cl’un autre côté, nous savons qu’il était r s venu en 1554, puisque c’est en 1554 que parut à Lyon, chez Jean de Tournes et Guillaume Gazeau, la première édition de sa Cosmographie du Levant, n’avons-nous pas le droit de conclure qu’il commença ses voyages dix-sept ans auparavant, c'est-à-dire en 1537 ?Cette absence paraîtra peut-être un peu longue : mais Thevetne se contentait pas de passer d’un lieu à un autre.Il faisait parfois de longs séjours.Ne nous a-t-il pas appris qu’il demeura deux mois à Chio, deux ans à Constantinople,neuf mois à Jérusalem et trois à Chypre ?A peine de retour en France, une magnifique oc-casioniui fut présentée de satisfaire encore sa curiosité en visitant le nouveau monde.Villegaignon se disposait en effet à partir pour le Brésil, et faisait appel à tous les volontaires.Lors de son séjour à Malte, The-vet avait entendu parler de ce remuant personnage, qui passait pour un des plus braves chevaliers de la milice chrétienne.On lui avait vanté son courage, son intelligence et son activité.Le cardinal Charles de Lorraine, le neveu de son premier protecteur, était un des plus chauds partisans de Villegaignon.Il crut lui rendre service, et en même temps faire plaisir à Thevet en le lui donnant comme aumônier.I/un et l’autre acceptèrent avec empressement cette proposition, qui leur convenait à tous deux, et c’est ainsi que Thevet monta sur la petite flotte qui conduisait au Brésil nos nouveaux colons. Le spectacle grandiose qui se déroulait à ses yeux frappa 1 lievet d’admiration.Il ne se lassait pas de contempler l’Océan et ses menvilles encore inconnues Les forêts vierges du Brésil, ses animaux et ses tribus barbares achevèrent de l'émerveiller.Il se mit à ramasser fiévreusement des notes, et commença une belle collection d’oiseaux, d’insectes, de plantes, d’armes et d ustensils, dont il se promettait bien de faire l’ornement de son cabinet,quand il retournerait en U rance.Cette occupation parait l’avoir absorbé, car il ne semble pas avoir joué un rôle actif lors des premiers jours de notre occupation.Uniquement adonné à la contempla ion des Sixgui.aritks de la nouvelle France, il ne se mêlait pas aux discussions qui commençaient déjà et allaient bientôt entraîner la ruine de la colonie ; mais poussé par une insatiable curiosité, il faisait partie de toutes les reconnaissances opérées dans l’intérieur du pays, ramassant ce qu’il rencontrait, interrogeant les indigènes, non seulement sur les productions du sol, mais aussi sur leurs mœurs, leur langue et leurs traditions.I! n’hésitait pas à s’aventurer fort loin dans le pays C’est ainsi qu’il accompagna quelques matelots envoyés à la découverte par Villegai-gnon dans la direction de la Plata.Ce fut même dans cette expédition qu’il faillit devenir la victime des Pa-tagons.Il était malade et attendait sui la grève le retour de ses compagnons, quand il fut assailli par les sauvages qui le dépouillèrent de ses vêtements et se disposaient à l’enterrer vivant dans le sable du rivage.Par bonheur survint un Ecossais, qui l’arracha aux mains des sauvages et le transporta à bord.Cette mésaventure, les fatigues de ses excursions, — 326 et surtout la crainte des discordes qu'il prévoyait, engagèrent Thevet à solliciter congé.Aussi bien, il avait fait une ample ni- isson d'observations et de curiosités, / n'aspirait qu'à re.îtrer en France pour en faire part à ses amis.Yilleg dgnon à ce moment cherchait sa voie ; il hésitait entre le catholicisme et la réforme.Il venait d'écrire à Calvin p.ur lui demander des colons et des ministres, li s im -.gina que Thevet.protégé dn cardinal de Lorraine pourrait devenir un témoin embarrassant.et lui octroya le congé demandé.Thevet revint -ans encombre en Europe.On s'occupait alors iieauc mp du Brésil.Plusieurs négociants s’apprêtaient y envoyer leurs navires, et de nombreux colons demandaient à s'y établir.Thevet fut très entouré, trè- interrogé : On le pria même, afin de satisfaire la curb .•-été générale, de composer le récit de son voyage, et de décrire cette France américaine qui hantait le- imaginations.Thevet s.exécuta de bonne grâce et.t ut eu -urveillant la double réimpression de sa CesMook u’hif.nr Levant Anvers, 1556 Lyon.155 .comj sa -on nouvel ouvrage.Afin d'a- jouter plu- de crédit à ses descriptious.il voulut les accompagner de .at tires reproduisant les scènes étranges, dont il .it été le témoin, ou les objets curieux qu'il rapportait avec lui.Les Si ni,; tarîtes de la France antarctique excitèrent à leur apparition 155s une vive curiosité.On lisait alors avec avidité tous les récits de voyages relatifs au nouveau monde, et Thevet parlait d’un pays sur lequel 1 Attention publique s'était portée dans ces derniers tcraps.Sans doute Yillegaignou, Barré.Cointa et le-autres chefs de l'expédition avaient — 327 — donné de leurs nouvelles à leurs amis et parents, et leurs lettres passaient de ni un en main, mais personne encore ne s'était adres-.au public pour lui décrire les nouvelles de cette I-’rance nouvelle.La première (édition fut si rapidement enlevée, (pie Thevet dut en donner presque aussitôt une seconde.Ce fut à Anvers qu’elle parut.Mlle dût tre composée hâtivement, car les fautes d’impression sont assez nombreuses.Il est visible que l’imprimeur était pressé par l’impatience publique, et que sou travail de correction en souffrit.Le succès de Thevet ne s'arrêta pas à la frontière.Son livre fut lu à l’éti r et tellement apprécié qu’un certain Guiseppe llorologgi le traduisit en italien.Les ouvrages de Thevt i sa réputation de voyageur, et surtout la candeur et 1 uneiiite de son caractère lui valurent des protect- urs et des amis.Le cardinal Charles de Lorraine, qu: intéressait à lui.conti- nua de lui témoigner une pro ietise bienveillance.1 n autre cardinal, l'archevêque ¦ v Sens Jean Bertrand, garde des Sceaux depuis i v accepta la dédicace de son livre, et sans doute tmu i le moyen de lui témoigner sa gratitude.Nous - us, en effet, que lhe\et fut nommé successivement uniioniei de la reine Catherine de Médicis, histurû uphe et cn-unographe du roi.C’étaient deux sine- nr qui assuraient son existence matérielle, ep tout ( lui donnant un certain relief, lui permettaient de i iilinuer es travaux favoris.Il est probable que ce tu nt ses deux protecteurs qui lui valurent cette doubn barge.Nous le trouvons peu après pourvu d’un uouv .u titre garde des curiosités du Roi.On ne sait au uste en quoi consistaient /— 328 — ces fonctions, mais elles n’étaient pas purement honorifiques.Tlievet parle à diverses reprises, dans ses autres ouvrages, des collections dont il avait la garde, et des visiteurs qu il initiait à la connaissance de ses trésors.C’étaient surtout des plantes et des animaux, quelques pierres précieuses, et aussi des médailles, et ce que nous nommerions aujourd'hui des antiquités.Il avait lui-même ramassé la plus grande partie de ces curiosités, et cherchait à les augmenter avec un zèle louable.Les divers rois qui se succédèrent si rapidement en h rance depuis Henri II jusqu’au moment de sa mort en 1592, honorèrent Thevet de leur faveur.L un d'entre eux, tout porte à croire que ce fut Charles IX, lui donna même une abbaye en Saintonge, celle de Masdiou.Il 11e semble pas y avoir beaucoup résidé, mais, ainsi que beaucoup d’autres abbés de l’époque, il en percevait régulièrement les revenus.Aussi bien, sur la fin de sa vie, Thevet semblait avoir oublié qu il faisait partie de la milice de saint François.Il 11e portait même plus la robe de cordelier, si du moins nous en croyons le beau portrait, en tête de sa Cosmo-gkaphie universelle, où il est représenté en costume du temps, front découvert, barbe majestueuse, te nant une sphère qu’il mesure de son compas.Des amours, chargés des attributs de la navigation,servent d encadrement au portrait et à l'inscription suivante : Andreae fuit haec Thevetis imago, Toto qui impiger ambulavit orbe, huroponque, Asiam, Africamque, partes In quas scinditur orbis uni versus, Lustravit, simul et plages remotas, Antarcto positas polo sub astro, Ignotasque dédit videre primus. — 329 — Ces charges de cour et ces honneurs, au lieu de l’endormir, surexcitèrent l'activité de Thevet.Il se crut obligé de prouver qu'il n’était pas indigne de la bienveillance royale, et, jusqu’à la fin de sa vie, ne cessa de composer de nombreux ouvrages.Nous avons de lui un Discours df.la bataille de Dreux avec le portrait d’icelle (1563), et surtout une Cosmographie UNIVERSELLE ILLUSTRÉE DES DIVERSES FIGURES DES CHOSES LES PLUS REMARQUABLES VUES PAR L’AUTEUR, ET INCOGNEUëS DE NOS ANCIENS ET modernes (1575).U Cosmographie n’eut jamais les honneurs d’une seconde édition, mais, en 185», le prince A.Galitzin en détacha tous les fragments relatifs à la Russie et en composa sa Cosmosgrapiiie moscovite, qu’il enrichit de commentaires et de précieuses notes.Nous citerons encore de Thevet plusieurs cartes dont la plus curieuse est I’Univërs réduit en fi fur DE LYS, 1583, et enfin son grand ouvrage mü-S LES VRAIS PORTRAITS ET VIES DES HOMMES illustres, Grecs.Latins et pa yens, anciens et modernes ( .584).I-R K*K fut 'tSTct côS: 1671 avec de nombreuses augmentations et correc tions' sous le titre d’HiSToiRE des plus illustres et savants hommes de leurs siècles.* Telles sont les œuvres imprimées de 1 hevet : Il en laissa beaucoup d’autres, manuscrites, et Po»r la plu^ part inédites.M.Galitzm écrivait, en 1X58, dans la préface de sa Cosmographie moscovite, que la bibliothèque impériale possédait une quantité de pièces le concernant Bien que les recherches ne soient pas toujours faciles dans l’énorme accumulation de documents entassés àla rue Richelieu nous avons, en effet, cons ^ 330 - taté l’existence de divers manuscrits de Thevet.En voici l’indication exacte : 10.Le grand Insulaire et Pilotage ; 20.Description de plusieurs isles ; 30.Histoire de Thevet ou relation dé deux voyages par lui faits aux Indes australes et OCCIDENTALES ; 40.SECOND VOYAGE DANS LES MEMES PAYS ; 50.yUINZIÈSME LIVRE DE LA NATURELLE FT GÉNÉRALE DESCRIPTION DES INDES ; 60.TkADUGTION DE L’ITINÉRAIRE DE BENJAMIN DeTüDELE; 70.DESCRIPTION DE TOUT CE QUI EST COMPRIS SOUS LE NOM de Gaule.Malgré ces labeurs incessants, Thevet trouvait le temps de ne pas oublier ses amis.Nous citerons parmi eux le président Bourdin, qui devint plus tard procureur général, et auquel on doit de savantes observations sur l’ordonnance de Moulins.C’était un bibliophile distingué, et Thevet, qui éprouvait pour les beaux livres la même passion que pour les autres raretés, s’estima fort heureux d’être admis dans sa bibliothèque.Deux professeurs au collège de France, Gilbert Genebrard, l’hébraïsant, et Jean Dorât, l’helléniste et le poète, furent également ses amis.Le premier lui dédia deux poèmes hébraïques qu'il imprima en tête de ses ouvrages, et le second lui adressa plusieurs pièces latines et grecques, qu’il eut grand soin de conserver.Ce fut encore Dorât qui le mit en rapport avec les poètes de la Pléiade.Parmi eux Joachim du Bellap, Ltienue Jodelle et Baïf, composèrent en son honneur des odes et des épitres.Guy Lefevre de la Borderie lui dédia un véritable poème avec neuf strophes, neuf antistrophes et neuf épodes.Ronsard enfin, — 331 “le maître du chœur”, ne tarit pas en éloges sur son compte.Thevet n’eût pas que des amis fidèles ou de faux amis il eût également des ennemis acharnés.Nous citerons parmi eux Jean de Léry 1 auteur du Voyage AU Brésil, qui ne perd pas une occasion de tourner eu ridicule et même d'attaquer dans son honneur 1 auteur des Singularités.Fumée, dans son Histoire des Indes, et Belleforest, dans ses Additions a i.a cosmographie DE Munstkk.ne l’ont pas épargne I érv et Fumée, par jalousie de metier, Belleforest.par ingratitude, avaient attaqué Thevet .On comprend moins racharnement de Thou.A 1 entendre, Thevet u'aurait eu ni talent, ni conscience : I s ap- pliqua, dit-il, par uneridiculevanité accrue deslivres, qn’il vendait à de misérables libraires : apres avoir compilé des extraits de différents auteurs .1 y ajoutait tout ce qu'il trouvait dans les guides des chemins et autres livres semblables qui sont entre les mains du peuple.Ignorant au-rleià .le ce qu'ou peut nn.gmer le faux pour le vrai, avec «ne assurance et,.mante.A part le reproche ,1 ' ignorance, ou tout au mo us de fj” érudition, rien next moins fondé que cette VP Xte attaque.Au lieu d exploiter.There, lu •« contraire, et cela toute sa vie.plus qu'cxpkntc .roté, Comme il avait beaucoup voyagé, beaucoup e u beau comme h , , u était d’une inépuisa- rarement lus- “ce.Lui qui.quoique e» * Tbou, poussa., lus- qu'au scrupule la délicatesse littéraire, lui qui citait toujours avec empressement ses autorités, combien de fois fut-il indignement pillé ! De temps à autre il en riait, et se moquait de ceux qui profitaient de ses labeurs “soubs prétexte de mendicité et repues franches”, mais le plus souvent il s’en indignait.Sur lafin sa vie il était tellement habitué à ces plagiats qu’il s’étonnait naïvement quand, par hasard, ou le citait : ‘‘J’en envoiay, écrit-il, à ce docte allemand Gesnerus, qui confesse avoir reçu de moy, snans user d’ingratitude, comme plusieurs autres ont fait de mon temps, s’estans servi de mes labeurs”.Le plus impudent et, pour Thevet, le plus regrettable de ces plagiats, fut commis par Jean Nicot de Villemain, ambassadeur de France en Portugal.Ce diplomate passe pour avoir introduit le tabac en France.Il reçut, il est vrai,d'un négociant flamand qui revenait d'Amérique, des graines de cette précieuse so-lanée, et les donna comme un présent de grande valeur, à la régente Catherine de Médias,au grand prieur, et à plusieurs grands personnages.Mais Thevet, bien avant lui, en avait apporté des plants en Francs.Dès 155s- Thevet avait fait connaître le tabac à ses ingrats compatriotes : il considérait même comme un titre d’honneur pour lui d’avoir introduit cette plante eu France, et, dams sa Cosmographie universelle, il eut grand soin de protester contre les prétentions de Jeaa Nicot.Le passage est curieux : "Je me puis vanter avoir esté le premier en France, qui a apporté la graine de cette plante, et pareillement semée, et nommé la dite plant ! herbe Angoumoisine.Depuis un quidam, qui ne feit muais le voyage, quelque dix ans après que je fus de retour de ce pais, luy donna son nom”.La légitime revendication'de Thevet ne fut jamais écoutée.On ne voulut pas accepter cette denomination d'HEKBK AUOOVMO: sin’K qu’il avait pourtant le droit de lui imposer, et l'oublieuse po-iterite continua et continue encore à rendre grâces a Nicot d un bienfait dont elle ne lui est \ ts redev tble.Qu’il nous soit du moins permis de nous inscrire en faux contre cet inique jugement, et de proclamer bien haut que c’est à Thevet et rien avait publiés sur les plaisirs champêtres .O maison de Voltaire et non pas d’Epicure, Vous renfermez une tête à 1 envers, Qui, sans connaître la nature, Veut la célébrer dans ses vers, Plutus est le Dieu qu’il adore, C’est pour lui seul qu’il a vécu ; Il donnerait Potnone et Flore Pour un écu.“Non, dit-il, le parfait bonheur Ne se trouve point sur la terre ! Pour le trouver, divin Voltaire, Sais-tu qu’il faut avoir un cœur ?Grand philosophe sans morale, Toi qui fais un Dieu de l'or, Oses-tu chanter encor Les douceurs d’une vie innocente et frugale ?pas non lança pins d’un trait qui le fit écumerde rage.JOSEPH TASSE “343 Une canadienne du temps passé G!était sous le règne militaire, et l'usage de la vapeur n’était pas encore appliqué à la locomotive, ni sur mer ni sur terre.Les mouvements des troupes anglaises s’effectuaient par le grand chemin de la rive nord, entre Québec et Montréal.Un jour d'été, vers les huit heures du matin, deux officiers anglais s’arrêtent chez mon grand’père, à Vamachiche, attachent leurs chevaux aux arbres de l'avenue, et trouvant la mère seule à la maison, (c’était au temps de la moisson) l’un d'eux, parlant français tant bien que mal, lui demande si elle ne pourrait pas leur donner quelque chose à manger.Ils n'avaient pas déjeûné, n’avaient sur leur route aucun hôtel, et ils étaient fatigués d’une longue course sans repos.—Je n'ai, répond la mère, que les produits de la ferme, du lait, des œufs, du lard, du beurre et du pain, puis du thé ou du café ; si cela vous suffit, messieurs, je vous ferai volontiers une omelette au lard.—Très bien, madame, nous pas demande mieux.-T-Veuillez bien, messieurs, vous asseoir quelques instants, et vous serez servis.La mère, qui n’était pas encore vieille, se met tout de suite à l’œuvre, jette un peu de bois sur un brasier fumant encore sous les cendres de l'âtre ; et, un instant après, tout le nécessaire est sous sa main • les ustensiles indispensables, les œufs, le lard, le beurre, la farine, la farine, le pain, etc.Pendant ce temps-là les deux officiers avancent une petite table et des chaises en vue de la cuisine, — 344 — sous le prétexte d’adresser en français quelques paro les fort honnêtes et fort gentilles à leur hôtesse de circonstance, qui travaille pour eux.Puis, ils font semblant de cousulter des papier déployés devant eux, tandis que leur conversation n'a trait qu'à ce qu ils voient dans la maison.Les chapelets, les images, les médailles accrochées aux murs, sont 1 objet de quolibets formidables pour des oreilles papistes.Rien n’e-chappe à leurs observations saugrenues, ni la personne de la mère, ni sa toilette, qui n’était point sans doute à la dernière mode d’Angleterre.Nous allons bien voir, s’étaient-ils dit, si elle va laver sa poêle, et si les Canadiens sont aussi propres qu'on le dit, etc.Quand tout fut apprêté, la mère, impassible, invita les deux officiers à prendre place, l'un vis-à-vis de l’autre, au centre de la table, tenant elle-même 1 un des bouts, pour les servir.Ils avaient vraiment faim et parurent trouver l'omelette délicieuse.Cela ne les empêchait pas pour- tant de continuer la causerie, et de manger en même temps du canadien-français, du redoutable PAP’jSH CLERGY et de beaucoup de ROMISH SI PERSTI-TIONS.usant de la plus complète liberté de pa"ler sms aucune gêne, l’un et l’autre et croyant bien n’avoir d’autre auditeur que son compagnon.Enfin, en prenant le café, celui qui parlait un peu 1» français, dit à la mère : —Madame, je vais essayer de vous expliquer ce que mon ami me racontait tout à 1 heure ; puis il commenced baragouiner une toute autre histoire que cel e qu'elle venait d’entendre en anglais.Elle lui fait perdre contenance aussitôt, en lui disant : — 345 — Monsieur, ne vous donnez pas la peine de répé-tei votre conversation, je l’ai parfaitement comprise.Comment, Madame, vous savez l’anglais et vous ne nous l’avez pas dit ! \ ous ne me l’avez pas demandé.-THEN WE MUST BE ASHAME OF OURSELVES AND APOLOGIZE FOR OUR DISPARAGING REMARKS.Nous sommes tout à fait confus, et vous demandons pardon pour toutes nos paroles malséantes.Ne croyez pas que nous voulions vous o.Tenser ou blesser vos sentiments, pendant que vous etiez assez bonne pour nous rendre un si grand service, etc.-^Tout cela n est pas nécessaire, messieurs, vous n- m’avez pas étonné ; je connaissais d’avance le mépris des Anglais pour les Canadiens et leur religion ; je n'en suis pas émue, comine vous le voyez.J’en ai la preuve une fois de plus, voilà tout.Qui que vous soyez, vous aviez faim, et je ne pouvais lias vous refuser la nourriture.Ces messieurs, après avoir déposé deux pièces de monnaie sur la table, se hâtèrent de reprendre leurs montures et de s’éloigner au train rapide.Us étaient pressés, très pressés ! bien plus pressés, qu’avant leur déjeune'- ! ! RAPHAEL BELLEMARE — 346 — Une lettre inédite dn gouverneur Duquesne Daquèsoê au ministre.10 octobre 1754.Monseigneur.J’ai l'honneur de vous témoigner ma satisfaction de ce que vous avez jugé à propos de différer le remplacement qu'il y avait à faire dans cette colonie, ce qui me donne aujourd hui occasion de ne proposer que des sujets bien connus et dont la plupart se sont distingués à la rivière Oio (Ohio).Sur ce que vous m'avez fait l'honneur de me mander l'année dernière de vous proposer un sujet pour remplacer la lieutenance de Roy des 3 Rivières et ayant quelques raisons de me contenter de la conduite du sieur de Céloron.je l'ai relevé ce printemps pour remplir la majorité de Montréal qui devait vacquer par l’avancement du -ieur de Xoyon.et la raison qui m a fait presser de faire revenir ce major commandant au Détroit a roulé en partie sur le peu de confiance que j avois en cet officier pour les momements dont son poste devenait susceptible par le passage du détachement au portage de la demoiselle.Comme il me fallait au Détroit un commandant sur lequel je puis compter, je me félicite d’avoir fait choix du sieur De Muy, qui est le meilleur officier de cette colonie et à qui je connaisse plus de valeur, de talents, le probité et plus de capacité pour un établissement de cette importance.Je veux bien croire que le sieur de Céloron aurait exécuté mes ordres, mais son exemple de désobéissance vis-à-vis feu Monsieur le marquis de la Jonquière — 347.— ne m’avait point du tout tranquillisé sur les opérations délicates qui devaient rouler sur lui.D’ailleurs, le Détroit me paraissait si bouleversé par les plaintes que je reçus de toute part que, quand même je n'aurais pas espéré qu’il fut placé à Montréal j’aurais été forcé de le relever en attendant vos ordres, au lieu que le calme y règne à présent et qu'en vérité le sieur De Muy y a fait des prodiges.Je croirais, Monseigneur, manquer à la délicatesse de mes sentiments si après avoir instruit des défauts du sieur de Céloron, je vous laissais ignorer toutes les parties que cet officier possède et que j’av remarquée en ltty dans les questions que je luy ai fait : (1) —«Il connaît Iparfaitement la colonie et il est ce qu’on appelle officier.(2) —Son esprit et son expérience le mettent en état quand il le voudra de bien instruire un général.On s'est aj>erçu que la leçon qu’il vient d’essuyer a beaucoup diminué de la hauteur de son esprit, contre lequel il m'a promis d’être en garde le reste de sa vie, ce qui m’engage à vous demander pour luy l’expectative de la première majorité du gouvernement vacante et comme il est tojours payé en qualité de Major, je vous prie de vouloir bien accorder le brevet de major commandant du Détroit au sieur De Muy, et eu cas que cette augmentation d'appointements forme un obstacle, ce dernier 11e jouira des appointements de Major que lorsque le sieur de Céloron sera placé.Tous les capitaines que je vous propose sont fort bons et s'il y avait’eu une compagnie de plus à donner j’aurais été charmé de la procurer au sieur deCarque-ville qui a si bien servy dans ces deux campagnes que — 34» — je m'engage à vous demander une expectative pour luv.Le sieur de la Martinière qui commandait à la Pointe, à Beauséjour, avec toute la distinction imaginable en est arrivé impotent, à ne pouvoir plus espérer être jamais de quelque utilité au service du Roy, Ce Capitaine qui est reinply d’honneur et en vénération dans cette colonie, m’a témoigné beaucoup de délicatesse d’occuper une place qu’il n'est plus en état de remplir., Je n’ai pu m'empêcher d’admirer ses sentiments pour vous demander eu grâce, Monseigneur, de luy accorder sa retraite avec ses appointements en entier, vu la nombreuse famille dont il est chargé.Et je suis de plus si satisfait de la manière dont il a monté le poste de la Pointe à Beauséjour, non seulement dans la régularité du service, mais encore dans la plus exacte économie, que je n’hésite pas’de vous demander une grâce qu’il mérite si justement par sa façon de servir peu commune et l’état déplorable où l’a réduit ce même, ce qui ne peut tirer à conséquence parce que son état est tel que je vous le définis.Quant aux officiers subalternes que j'ay l'honneur de vous proposer, Monseigneur, j’ay choisy tous ceux qui se sont distingués dans les deux campagnes consécutives qu'ils viennent de faire.J’v en ai compris quelques-uns de ceux qui se comportent le mieux dans les postes et qui ont,par devant eux l’ancienneté.Il n’y a plus moyen de garder dans le service le sieur Chevalier de Billy qui m’a envoyé sa démission — 349 que je joins icy pour avoir la liberté de faire un mariage crapuleux.Vous me faites défense, Monseigneur, de vous demander des croix de Saint-Louis, mais le moyen de pouvoir exécuter votre ordre avec toute l’exactitude et la soumission dont je suis capable dans les circonstances où je me trouve d'avoir mené cette colonie sur le ton de la parfaite obéissance et la régularité du service.Quoique je ne sois parvenu à remplir tous ces objets que par l’impression de la crainte, sera-t-il dit, Monseigneur, que vous ne m’avez envoyé icy que pour châtier de droite et de gauche et que je n’obtiendrai jjas de grâce pour faire sentir à cette colonie que si j’ai puni sévèrement, je me suis attaché à connaître le vrav mérite pour en faire une distinction.Ce n’est pas, Monseigneur, que je cherche le suffrage du Canadien qui naturellement est ingrat mais c’est pour couronner la justice et l’équité avec lesquelles je l’ay toujours mené, que je vous supplie de donner faveur à mes demandes.Si je vous demande une croix de Saint-Louis pour le sieur de Contrecœur, elle lui revient non-seulement par son ancienneté, mais vous verrez encore combien j’avais jugé de sa capacité et de sa ’prudence qui |luv ont valu le commandement du détachement de la Belle Rivière et vous en avez des preuves par sa conduite qui parle en sa faveur.Je vous prie, Monseigneur, de regarder le sieur Beau, comme le grand ressort qui a fait agir mes entreprises. C’est lui qui a eu toute la peine des arrangements et des précautions pour tous les transports.C’est par conséquent luy qui a coopéré à la réussite de mon entreprise, par la célérité des secours qu’il a fait passer au fort Duquesne.Il a été,de plus, chargé du commandement du détachement qui a fait la tournée du Détroit et de Missi-limakinack, qui a fait un effet merveilleux dans l’esprit des Sauvages.J’ai lieu d’espérer, Monseigneur, que vous ne vous refuserez pas à procurer la-même décoration au sieur de Villiers, aprèe l’action brillante qu’il vient de faire dans la Rivière d'Oyo (Ohio), que tout militaire aura peine à croire dans un pais où l’on né connaît que les guerres de surprise.Vous aurez vu dans un journal la sagesse et la prudence avec laquelle ce brave officier s’est conduit malgré son ressentiment de l’assassinat de son frère, car s’il n’avait sn contenir les sauvages et les canadiens, li n’aurait pas échappé un anglais à la fureur de leurs corps.Je n’avais pas 'remarqué que le sieur de Sermon-ville, ayde- major de Montréal, est plus ancien que quelques capitaines qui ont la croix de Saint-Louis.C’est un sujet fort attaché au détail de son employ et qui mérite qu’on le |favorise de cette décoration.Je ne puis me refuser de vous demander une pension de 150 livres pour la veuve de feu Monsieur Morin,qui est mort par trop de zèle pour suivre le projet dont je l’avais chargé.La veuve du sieur Villiers de Jumonville, ensei- 35i - gne en pied, qui était un sujet des plus distingués clans son grade, mérite comme la veuve de Monsieur Morin.A mon arrivée dans cette colonie, j'eus l’honneur de vous rendre compte des services que venait de rendre le sieur de Langlade qui, à la tête des Saulteux et Ottawa de Missilimakinack et par ordre de feu Monsieur le Marquis de la Jonquière, avait marché pour aller châtier les Miamis, leurs frères, s'était acquis une si bonne réputation de la réussite de ce coup que je vous demandais pour lui une pension de 150 1.mais comme j’ai jugé par votre silence que vous na-viez point envie de luy accorder cette grâce et que c’est un sujet à ménager par le pouvoir qu il a sur l’esprit de ces sauvages, agréez, je vous supplie, que je vous demande une commission d’enseigne en second reformé pour luy, ce â quoi il se borne pour exiter son zèle, lorsqu’on aura besoin de luy.Quoique je me sois réfusé à l’empressement de bien des officiers pour passer en h rance, parce que je suis sur mes gardes avec les Anglais,le sieur de Béranger, des services duquel je peux bien me passer, m’a communiqué les affaires importantes qui l’appellent auprès de ses parens, ce (pii m’a engagé à le luy perd mettre.e Je suis, avec un profond respect, Monseigneur, Votre très humble et très obéissant serviteur Signé : DUQUESNE QUEBEC le 10 octobre 17.S4. - 352 — Cavelier de La Salle M.l’abbé Hermas Langevin, curé d’Hochelaga, écrit de Rouen, à la date du 15 septembre, à son frère, Mgr Langevin, archevêque de Saint-Boniface, au sujet de l’illustre découvreur Robert-René Cavelier de La Salle : "Rouen est la patrie de Cavelier de La Salle, le découvreur des bouches du Mississipi.Dans l’une des chapelles latérales de la cathédrale, on a placé une tablette en marbre noire sur le mur ; et sur cette tablette est gravé le médaillon de Cavelier de La Salle.Au-dessus du médaillon est l’inscription suivante que j’ai copiée très exactement : A la mémoire de Robert Cavelier de La Salle baptisé à Rouen le 22 novembre 1643, en la paroisse de Saint-Herbland.Aujourd’hui réunie à l’église cathédrale de Notre-Dame.Anobli le 12 mai 1675 par Louis XIV, en récompense des services rendus à son pays.Mort le 19 mars 1687, après avoir découvert et exploré les bassins de l’Ohio et du Mississipi, et pendant vingt années du Canada au golfe du Mexique.Fait connaître aux Sauvages de l’Amérique la religion chrétienne et le nom français.Ce monument consacré à honorer son patriotisme et sa piété a été érigé par les soins de Monseigneur Thomas, archevêque de Rouen.Primat de Normandie, l’an mil huit cent quatre-vingt-sept.
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