Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 juin 1922, juin
BULLETIN DIS RECHERCHES HISTORIQUES VOL.XXVIII IEAUCEVIUE — JUIN 1V22 Ntt MIGRATIONS DU CHOLERA ASIATIQUE REMARQUES PRELIMINAIRES Tout profane que je sois en pareille matière, les professionnels me permettront sans doute d’en causer, en faisant abstraction du point de vue scientifique.D’ailleurs, la science elle-même n’a pas encore réussi à dénicher le microbe de cette maladie.Ses symptômes et ses ravages sont évidents, mais son principe vital est encore inconnu.L’humanité reste donc désarmée contre cet implacable torpilleur de la machine humaine.C’est pourquoi tout mortel peut en causer, puisque le choléra est un sujet toujours actuel.PASSAGE ACTUEL DU CHOLERA EN RUSSIE Présentement, il fait son tour en Russie, semant les morts et peuplant les cimetières.Cette nouvelle invasion dans ce malheureux pays n’est pas la première, mais, cette fois, sa marche favorisée par la famine est vraiment triomphale.Ce fléau délivrera peut-être ce peuple d’un mal encore plus redoutable, le bolchévisme.En effet, si le premier tue les corps, celui-ci empoisonne les intelligences et tue les âmes.Le Canada verra-t-il comme en 1832, 1834, 1849, 1851, 1852 et 1854 cet importun visiteur débarquer sur ses rives ?C’est le secret île Dieu qui, seul, peut l’empêcher de se faufiler à travers les cordons sanitaires. 162- son BERCEAU Le nom de cet indésirable — CHOLERA ASIATIQl E — indique clairement que son berceau est en Asie, non pas sur le site du Paradis terrestre d’Adam, mais entre l’Himalaya et l’indus.Cette zone que des pluies diluviennes transforment en marécages est son foyer national.Il y règne en permanence, passant la saison d’été dans les petits villages groupés sur le bord des fleuves, et réintégrant son domicile aux premières fraîcheurs.Il aime aussi faire route avec les caravanes humaines et la famine.Ce microbe est d’autant plus redoutable qu’il s’est dérobé jusqu’à présent aux recherches scientifiques.Cependant, les symptômes qui annoncent sa prise de possession sont infaillibles.SYMPTOMES DU CHOLERA Il débute le plus souvent par une période d’incubation variant de trois à sept jours, foudroie rarement, mais terrasse fréquemment ses victimes en quarante-huit heures, et, parfois, plus rapidement.En fait, il manoeuvre indépendamment, toute tactique raisonnée, à la manière des guérillas.¦ S’en méfier est donc prudence.Une diarrhée prémonitoire est presque l’équivalent d’une carte de visite du choléra.Si elle n’est immédiatement contrôlée, elle est bientôt accompagnée de vomissements, de crampes et d’une soif ardente.Alors la physionomie du malade accuse les traits suivants : les yeux sont caves, les joues creuses, les ongles bleus, le nez effdé, les mains et pieds sont glacés, et sa température baisse de 10 à 12 degrés au-dessous de l’ambiante.Si, à ce moment, il ne se produit pas une réaction, la victime ne tarde guère à rendre l’âme.Il est conseillé de répondre à cette carte de visite en mandant immédiatement le médecin.On court ainsi la double chance de guérir ou de souffrir moins longtemps.LE MEDECIN CHINOIS Le médecin chinois, s’il est appelé, répond invariablement à la carte de visite du choléra par une piqûre d’aiguille sur la partie supérieure de l’estomac.Immédiatement, un fdet de sang empoisonné dans lequel nage le microbe commence à filtrer, et lorsqu’il tarit, la guérison du malade est l’affaire de quelques heures. —163 Ce renseignement, je le tiens d’une Soeur Franciscaine, Missionnaire de Marie, revenue au monastère de la Grande-Allée, après avoir séjourné vingt ans en ( hine, dans le district où le choléra a sévi plusieurs fois.Ce traitement, simplifié au superlatif, mérite donc d’être noté.INFECTIEUX ET CONTAGIEUX Enfin, le choléra est-il infectieux et contagieux ?.“Scinduntur doctores”.l'n ancien médecin de Québec, le docteur Painchaud, dans une conférence à l’Institut canadien en 1848, lui déniait la deuxième uote.Comme preuve, il alléguait le fait que le choléra, en 1832, n’avait emporté que deux médecins et pas un seul membre du clergé de Québec.Cette preuve n’est peut-être pas sans valeur, mais je jiersiste à croire que cette immunisation est plutôt le fait d’une protection spéciale.Quoiqu’il en soit, contagieux ou non, il procède comme s’il l’était.Plût au ciel, du moins, qu’à l’instar des éruptions volcaniques, le rayonnement cholérique ne s’éloignât guère du milieu où il se survit ! Malheureusement, ce microbe, “auteur de tout le mal”, a l’humeur voyageuse, il est trop facile de le démontrer.PREMIERE MIGRATION Il y aura un siècle en 1923, que le choléra fit sa première apparition en Europe.Eveillé en 181 T, il gagna la Chine, les Moluques, les Philippines, Maurice, la Réunion, le Cap; puis, en compagnie de troupes anglaises venant de ports indiens infestés, il apparut sur les côtes de l’Arabie et du Golfe Persique, toucha la Perse, et, se divisant en deux courants, atteignit d’une part la Turquie, les côtes de la Syrie, Alexandrie, Smvrne; et d’autre part, entra par l’Afghanistan et l’Astrahkan en Russie où s’éteignit l’épidémie.DEUXIEME MIGRATION Cette nouvelle incursion se fit par voie de terre, et dura sept ans.Partie du Bengale, l’épidémie traversa l’Afghanistan, la Perse, la Russie, la Pologne, l’Autriche, la Hongrie, la Prusse, la Finlande, l’Angleterre, la Belgique, la France en mai 1832, les Etats-Unis et le Canada en 1832, l’Espagne en 1833, l’Algérie, la France de nouveau, via Marseille, l’Italie en 1836 et 1837, la Russie d’Asie ainsi que la Russie d’Europe, l’Egypte, la Régence de Tripoli, l’Algérie encore, où elle cessa ses pérégrinations —164— Cette fois, le microbe du choléra avait découvert l’Amérique du Nord, et après avoir remonté le St-Laurent, il était à Québec, le 8 juin 1832.Le choléra de 1832 et de 1834, à Québec, avait fait la traversée de Dublin à Québec à bord d’un deux mâts chargé d’émigrés.Retenu pour bonne et valable raison au lazaret de la (îrosse-Isle, le voilier fut désinfecté pendant que les émigrés étaient descendus à terre, puis on lui permit de continuer sa course.Malheureusement, à peine entré dans le port de Québec, un de ses passagers succombait à une attaque de choléra asiatique, dans une maison de pension de la rue Champlain, tenue par un nommé Roche.Le sort de cette première victime confirmait la rumeur que le choléra était aux portes de la capitale.Détail piquant, presqu’à la même heure, le secrétaire du Bureau de Santé, après enquête préalable, disait-il, informait Québec qu’il n’y avait aucun cas do choléra à la Grosse-Isle, et c’était strictement vrai puisqu’il était déménagé et rentré à Québec, armes et bagages.Le même jour, le “Canadien” précisait davantage et rassurait ses lecteurs en affirmant que le choléra n’était pas à Québec.Celui-ci répondit au “Canadien” dès le lendemain en inscrivant sur son nécrologe plusieurs nouveaux noms.Le lendemain, il dépassait ce chiffre, allant crescendo jusqu’au 15 juin, qui se clôtura par une hécatombe de cent quarante-trois victimes.Ce fut sa journée maxima.Après s être maintenu quelques jours, au-dessus de la centaine, le thermomètre cholérique commença à baisser inégalement.Lorsque l’épidémie prit lin à l’automne, 3,851 noms au moins étaient inscrits sur le registre mortuaire, et Québec comptait un nouveau “champ des morts” que l’on appelle le cimetière des cholériques.SITE DE CE CIMETIERE Il est ainsi dénommé parce que la majeure partie de sa population est composée de victimes du choléra, bien que les typhoides y soient aussi largement représentés.Cet ossuaire, qui rappelle le lamentable souvenir des victimes du choléra à Québec, ainsi que celles du typhus en 1847, il est aisé de le localiser.Au sud, il longe la Grande-Allée; au nord, la bordure de la rue Maisonneuve; a l’ouest, la rue de Salaberry; à l’est, un immeuble vacant qui le sépare du monastère des Franciscaines. — 165 La superficie circonscrit!» à l’est et à l’ouest par un nuir de pierre haut de dix pieds et large de deux, mesurée à l’oeil, est d’environ 1.10 pieds sur 400 pieds.La moitié sud était réservée à l’élément irlandais, et la moitié nord à l’élément eanadien-français.Cet arrangement était de nature à assurer l’entente cordiale.Abstraction faite des murs que je viens de mentionner et qui restent debout malgré la pluie et la neige, les seuls vestiges de sa destination primitive sont quelques pierres tombales couchées sur l'herbe, et la voûte mortuaire découronnée de son toit, mais dont les quatre pans ont défié jusqu’à présent les outrages du temps.En termes plus concis, c’est sur le site de cet ancien cimetière que sont érigés l’asile Ste-llrigitte, la nouvelle église et le palais scolaire de St-Patrice.Ce dernier est précisément sur la moitié réservée aux Canadiens-français.Si l’on tient compte de la population québécoise de cette époque, il est évident que le choléra n’avait pas chômé pendant son séjour dans la capitale.D’ailleurs, il fit en même temps son tour du Canada.Deux jours après son arrivée à Québec, il prenait possession de Montréal ; puis, traversant la rivière Outaouais, il poursuivait sa promenade à travers les villes d’Ontario.Il est trop aisé de se représenter la physionomie des Québécois qui n’avaient pu prendre la clef des champs, continuellement menacés par cette épée de Damoclès, dont le choléra était le sempiternel thème de conversation; le bilan des mortalités, la principale nouvelle du matin ou du soir, le défilé des cadavres alignés sur ces longues voitures affectées autrefois au transport des sacs de farine; le spectacle journalier, le va et vient des médecins et des prêtres, Yunique distraction ; les lamentations un concert presque ininterrompu.Que ces mois durent paraître longs à ceux qui les vécurent ! Aussi, ils n’en perdirent jamais le souvenir.Même après la sixième visite à Québec du choléra asiatique, celui de 18.12 semble être resté ineffaçable, et ses successeurs n’étaient mentionnés qu’en passant.Il est vrai qu‘il a été le premier en tête et le plus homicide.En tout cas, une ville au pouvoir du choléra me semble plus infortunée qu’une ville sous le feu des canons.Dans celle-ci, ses habitants ont au moins la ressource extrême de se terrer dans les caves et les souterrains, tandis que le microbe cholérique circule incognito, pénètre partout sans être arrêté par aucun obstacle, opère sournoisement et ne révèle sa pré- — 166 — senee que lorsqu’il est trop tard ! Le docteur Marsden, un contemporain du choléra de 1832, a publié une intéressante brochure sur cette épidémie.Le choléra de 1832 disparut sans faire ses adieux sur la fin de l’automne.Cette impolitesse ne présageait rien de bon.Aussi, Québec ne fut guère étonné de son retour le 7 juillet 1834.Cette fois encore il entra par la voie du St-Laurent, et lorsqu’il repartit à l’autonme 2,50!) Québécois manquaient à l’appel.Arrivé un mois plus tard qu’en 1832, il ne put couver ni aussi longtemps ni aussi efficacement.C’est pourquoi il n’eut pas le même succès que son prédécesseur.Les seuls bénéficiaires du choléra de 1834 furent les élèves du Petit Séminaire de Québec, qui furent congédiés un mois plus tôt et les examens lurent ajournés à l'automne.TROISIEME MIGRATION Cette invasion, partie de la Perse en 1847, suivit l’itinéraire des précédentes, et ne tarda guère à encercler l’Europe.Aucun pays ne fut épargné, et après avoir sévi dans l’ancien monde pendant les années 1847 et 1848, il traversa l’Atlantique et visita les Etats-Unis et le Canada en 184!).Sur la fin d'octobre 1850, au moment où l’épidémie paraissait éteinte en tout pays, elle renaît plus maligne que jamais dans cette Sibérie que l’on se dispute à l’heure actuelle, parcourt l’Europe entière du nord au sud et de l’est à l’ouest, fait la guerre de Crimée avec les troupes anglo-françaises, s’embarque pour la République américaine et le Canada; puis, pour la première fois, visite les petites ré " _ ;s de l’Amérique du sud.En résumé, on peut dire que de 1847 à 1855, le choléra se promena en Europe presque sons interruption.11 n’est donc pas étonnant que durant cette .période, il ait visité Québec et le Canada à quatre reprises.LE CHOLERA A QUEBEC EN 1849, 1851, 1852 ET 1854 Il semble, en 184!), avoir fait son apparition à Kingston, venant cette fois des Etats-Unis où il sévissait depuis quelques semaines.La première victime à Québec fut un nommé McGill, cantonnier, rue Champlain, décédé le 4 juillet, après quelques heures de maladie.De la rue Champlain, il sauta bientôt au Petit Séminaire de Québec, car alors et longtemps après les vacances ne commençaient qu’après le passage de la vague de chaleur.6193 — 167 — On lit en effet dans le “Journal” du séminaire de Québec : “Le “ 11 juillet, le I)r Naud dit que le nombre des morts hier soir était de “ 14.Le 11 juillet, Lucien Moraud, élève de Rhétorique, tombe malade “ vers une heure de l’après-midi, et meurt vers deux heures, le lendemain “matin.Le 11 juillet, Roméo Lamontagne, élève de Troisième, tombe “ malade et meurt le soir.” “Le 12 juillet, Philippe Gauvreau et Narcisse Vanderheyden en meurent.Le Séminaire fut fermé le jour même de la mort du jeune Moraud.” En somme, l’épidémie de 1849 fut, à Québec, moins désastreuse que celles de 1832 et 1834 puisqu’elle ne dépassa guère 1,185 victimes.Commencée dans les premiers jours de juillet, elle prit fin dans la dernière semaine de septembre.La quatrième épidémie de choléra au Canada eut lieu en 1851, et fut transmise par les Etats-Unis.Commencée en août et éteinte au commencement d’octobre, elle avait duré deux mois.Québec lut sa dernière station.Le choléra s’y arrêta cinq semaines environ et y fit 280 victimes du 26 août au 2 octobre.La première fut un pensionnaire de l’hôtel St-Louis, rue Ste-Anne.La cinquième visite du choléra à Québec eût lieu en 1852; dura de la fin de septembre à la deuxième semaine de novembre et ne fit que 133 victimes.La première qui lui paya tribut fut un débardeur déchargeant la cargaison de Y Advance, expédiée de New-York.Cette apparition du choléra en plein automne démontre qu’il peut sévir même dans cette saison.Son court séjour à Québec, son arrivée tardive, et le petit nombre de ses victimes sont probablement la cause qui le font passer sous silence.Le choléra de 1854, après avoir passé quelques jours à la Grosse-Isle, débarqua à Québec vers le 20 juin.S’il en eût été autrement, on pourrait presque crier au miracle.Les faits suivants, relatés dans le rapport des docteurs Landry et Jackson, en sont la preuve.Vers la mi-juin, deux navires partis de Liverpool chargés d’émigrés, jetaient l’ancre à la Grosse-Isle.L’un avait perdu pendant la traversée plusieurs cholériques, et l’autre des malades de la rougeole, malgré les deux médecins d’office.Les malades furent hospitalisés au Lazaret, et après avoir stationné là deux ou trois jours, les navires furent autorisés à conduire leurs passagers à destination.Arrivés à Québec, le 17 juin, — 168 — l’inspection médicale ne constata rien d’anormal.Le coupable ne lui avoua pas qu’il avait couvé pendant son arrêt à la (Jrosse-Isle, et il fut permis aux passagers de circuler à Québec, de retourner prendre leurs repas et coucher à bord des navires.On devine aisément ce qui arriva.Le 20 juin, le choléra éclatait à la fois dans les deux bâtiments en rade.Kn un clin d’oeil, l’Hôpital de la Marine fut envahi par les malades, et l’épidémie commença sa promenade à travers Québec et les paroisses voisines.Le choléra suivit l’itinéraire des immigrants.Le 22 juin, il était à Montréal; le 23 à Hamilton; le 25 à Kingston et à Toronto, avant même que la population fut eu contact réel avec les émigrés.Caprice du choléra, ou impopularité du bagne de Kingston, je ne sais trop, il n’y entra que le 12 juillet après s’être attardé dans la ville près de trois semaines.Mieux que cela, soit distraction ou une pitié dont il n’est pas coutumier, il n’arrêta pas à Brockville que traversèrent pourtant les immigrants.Lorsque la campagne du choléra de 1854 prit fin, vers la mi-septembre, le bilan de ses victimes était de 803 pour la région de Québec et de 3,84G pour le Canada.Ces statistiques, on le soupçonne naturellement, doivent être acceptées sous bénéfice d’inventaire.Les chiffres mentionnés ne peuvent être qu approximatifs, car si toute statistique est affaire délicate, à plus forte raison celle qu’on recueille en temps d’épidémie.Une preuve, entre autres, c’est (pie pas une des trois brochures que nous avons sous les yeux ne concorde sur ce point.Les fonctionnaires publies dont l’imprévoyance avait en quelque sorte donné carte blanche au choléra ne furent ni fusillés ni même destitués.On peut du moins se féliciter du fait qu’ils attendent encore leur monument.Le choléra, on le conçoit, leur témoigna sa reconnaissance en les ignorant pendant son séjour à Québec.QUATRIEME MIGRATION De 1855 à 18G5, l’Europe respira à l’aise.Mais à la fin de cette décade, le choléra la menaça de nouveau.Importé de l’Inde à la Mecque, de la Mecque à Suez et Alexandrie, après avoir fait escale dans tous les ports de la Méditerranée, il se faufila à travers les cordons sanitaires et, une fois de plus, il fit son tour d’Europe.En soixante jours, il fit 4,000 victimes à Alexandrie.Affolée, la population s’enfuyait comme les caravanes russes à l'heure actuelle, semant le microbe cholérique sur son passage.Cette invasion, comme — 169 — l’occupation allemande du nord de la France en 1914, s’acclimata tellement biôn en Russie, pays de prédilection du choléra, qu’il partit de là en 186!) pour aller encore moissonner en Europe.Québec attendit donc le choléra en 1865, puisqu’il traversait invariablement 1 Atlantique après chacune de ses tournées en Europe.11 en fut quitte pour la peur cette fois, mais la fameuse visite fut définitivement annoncée pour la fin de juin 1866.C’est pourquoi le Conseil du séminaire de Québec décida, le 26 mars, que l’examen du baccalauréat aurait lieu les 4, 5 et 6 juin.“Cet examen, dit le “Journal”, a été avancé d’un mois cette année, par la crainte que le choléra ne force les élèves a déguerpir avant le temps.” Une autre conséquence de cette visite redoutée et redoutable fut la suppression du concert du JO avril.On lit à cette date dans le “Journal” du Séminaire.“C’est aujourd’hui l’anniversaire de la naissance de Mgr de Laval.On n’a fait cette année aucune chose extraordinaire de peur de distraire les écoliers de leurs études, vu qu’ils se préparent à l’examen plus tôt.” 1 endant les mois d’avril et de mai, la communauté ne cessa de solliciter Dieu de vouloir bien empêcher le fléau de traverser l’Atlantique.Messes, neuvaines, lampes devant l’autel de la Congrégation, promesses, en un mot toutes les armes de l’arsenal spirituel furent mises à contribution et nous assiégeâmes le Ciel avec tant de foi et de persévérance que le pestiféré renonça à faire son tour d’Amérique.Si je me rappelle bien, des prières ont été récitées aux mêmes intentions dans la plupart des églises paroissiales du diocèse de Québec.Elles sont en définitive le seul cordon sanitaire efficace, et se concilient très bien avec les précautions que conseille la prudence humaine.Cela fait, on se confie en la Providence qui règle tout pour le bien des hommes, comme le dit Jean-Charles Taché, ancien sous-ministre tie l’Agriculture, dans un “Mémoire” sur le choléra publié en 1866.CINQUIEME MIGRATION km 1883, venant toujours de l’Inde, le choléra se montrait à Damiette et couvrait rapidement toute l’Egypte, où il causait, officiellement, 28,000 décès.En juin 1884, il sévissait terriblement à Toulon, frappait Marseille et se répandait dans tout le Midi de la France, puis les années suivantes, en Algérie, en Italie, en Autriche, en Espagne, qui toute entière fut visitée et ravagée, puisqu’on compta plus de 80,000 décès. — 170 — En 18!K>, court réveil de l’épidémie en Espagne, avec plus de 4,000 victimes.En 1802, de l’Inde par la Perse, en deux mois, le choléra envahit la Russie, où il frappe (11 provinces et fait plus de 200,000 victimes, l’Allemagne, la Belgique, l’Autriche-Hongrie, la France, où il fait en quelque sorte sa jonction avec une epidemic de petite envergure, relativement du moins, partie de la maison départementale de Nanterre à peu près à la même époque et ayant touché déjà, outre Paris et la Seine, un certain nombre de points du territoire français.Depuis, le choléra est resté fixé en Europe, renaissant de ses cendres ici ou là, avec une intensité plus ou moins grande.De 1000 à 1901, l’épidémie, épidémie d’importation de l’Inde, comme les précédentes, s’étend à toute l’Asie, à l’Egypte, pénètre en Russie, et fait même une incursion en Allemagne.Réveillée en 1907, dans le sud de la Russie, cette épidémie s’accentue l'année suivante, s’étend en 1909 à tout le territoire russe où l’on compte, en 1910, 180,000 cas, se butte aux frontières de l’Allemagne et de l’Au-t riche, mais parvient à pénétrer en Italie.“Le nombre des victimes du choléra est inimaginable et il est même impossible de se faire une idée exacte de ce qu’il a pris à la France.D’après des statistiques certainement infidèles, la première épidémie qui toucha la France en 1832, 1834, 1837, lit plus de 100,000 victimes; ce chiffre fut dépassé encore en 1847, 1850; dépassé de beaucoup encore en 1851, 1855 où l’on note 70 départements envahis, 5,364 communes et près de 150,000 décès.” “Ce sont les plus gros chiffres.Les dernières épidémies furent de beaucoup moins meurtrières.En 1865, 15,000 décès, autant l’année suivante; en 1884, près de 8,000; en 188.), près de 4,000; en 1892, enfin, 4,500 environ.” CONCLUSION Le choléra de 1854 n’a pas eu de successeurs au Canada.Dieu en soit béni et puisse-t-il n’en jamais avoir ! Cependant ce fléau reste dans l’ordre des choses possible, d’autant plus que les pays du monde entier ne sont plus que des “vases communiquants”.Il sévit actuellement en Russie, et comme le fléau de la guerre semble plutôt avoir accru la folie humaine, qui sait ce que l’avenjr nous réserve ! Chanoine GOSSELIN — •171 LES SOURCES IMPRIMEES DE L’HISTOIRE DU CANADA FRANÇAIS LA REVUE CANADIENNE (1864-1921) Histoire de la Coutume de Paris en Canada, par D.-1I.Senécal (vol.de 1864, p.163).Vie politique de sir Louis-H.LaFontaine, par Joseph Royal (vol.de 1864, pp.477, 551).Holland House, par J.-M.LeMoine (vol.de 1865, p.232).L’abbé Ducharme, orateur, par l’abbé Xante 1 (vol.de 1865, p.484).Les dernières années de la domination française en Canada, par J.-M.LeMoine (vol.de 1866, p.163).Esquisse historique de l’instruction en Canada, par B.de LaBruère (vol.de 1866, p.538).Les Seigneurs de Frontenac, par Alfred Carneau (vol.de 1867, p.136).Les Récollets en Canada, par S.Lesage (vol.de 1867, p.303).Le R.P.Félix Berey, par E.Lef.de Bellefeuille (vol.de 1867, p.364).Où est mort Montcalm, par J.-M.LeMoine (vol.de 1867, p.630).Le Régiment des Montagnards Ecossais (Fraser’s Highlanders) devant Québec en 1759, par J.-M.LeMoine (vol.de 1867, p.850).La bataille de Carillon, par le R.R.Martin (vol.de 1868, p.549).Les Sauvages à la bataille de Carillon, par Joseph Tassé (vol.de 1868, p.664).L’hon.Chs-Miehel de Salaberry, par Fennings Taylor (vol.de 18G8, p.801).Histoire du Montréal, par Dollier de Casson (vol.de I860, pp.103, 196, 262, 353, 417).Etymologie du mot Outaouais, par Benjamin Suite (vol.de 1869, p.241).Les Edits et Ordonnances Royaux et le Conseil Supérieur de Québec, par E.-Lef.de Bellefeuille (vol.de 1869, p.246).Abrégé de la mission de Kenté, par AI.Trouvé (vol.de 1869, p.426). — 172 — Journal du voyage fait par deux frégates du Hoi, la Badine, commandée par M.d’Iberville, et le Marin, par M.Chevalier de ’Surgères, 1698 *(vol.de-1869, pp.508, 626, 721).Joseph Holette, par Joseph Tassé (vol.de 186!), p.561).Le nom des Trois-Rivières, par Benjamin Suite (vol.de 186!), p.641).Une page d’Ilistoire parlementaire (La lutte contre les juges à la Chambre d’Assemblée), par Joseph Tassé (vol.de 186!), p.737).Duberger et le colonel By, par Joseph Tassé (vol.de I860, p.801).Notes de voyage de Québec au Cap-Rouge, par J.-M.LeMoine (vol.de I860, p.8!)!)).L’abbé Picquet, par Joseph Tassé (vol.de 1870, pp.5, 102).Notes de voyage : Les Bostonais à la Beauce, par J.-M.LeMoine (vol.de 1870, p.81).Le crucifix outragé: Un procès de sorcellerie à Montréal en 1742, par Faucher de Saint-Maurice (vol.de 1870, p.!)2).Le capitaine Frédéric Rolette, par Joseph Tassé (vol.de 1870, p.161).Mouvement de la population française au Canada, par A.Legoyt (vol.de 1870, p.171).Journal des opérations de l’armée américaine lors de l’invasion du Canada en 1775-76, par J.Badeaux (vol.de 1870, pp.186, 267, 329).Le Canada en Europe, par Faucher de Saint-Maurice (vol.de 1870, p.277).Louis Veuillot et les Zouaves canadiens, par 1).Gérin (vol.de 1870, p.28!)).Salomon Juneau, par Joseph Tassé (vol.de 1870, p.321).Ii’île Manitouline, par Chs de LaMorandière (vol.de 1870, p.346).Droits politiques des Juifs en Canada, par Joseph Tassé (vol.de 1870, p.407).Les miettes de l’histoire, par Benjamin Suite (vol.de 1870, p.426).Les fêtes patronales des Canadiens-Français, par Hubert LaRue et Benjamin Suite (vol.de 1870, p.485).Spencer-Wood, résidence des lieutenants-gouverneurs de Québec, par J.-M.LeMoine (vol.de 1870, p.497).Les lépreux de Traeadie, par E.Lef.de Bellefeuille (vol.de 1870, p.545). — 173 — l'n épisode de la guerre de 1812: le capitaine Ducharme, par Josepli Tassé (vol.de 1870, p.753).Notice biographique sur Mgr Baillargeon, archevêque de Québec, par l’abbé Benjamin Paquet (vol.de 1870, p.798).La Compagnie des Cent Associés, par J.-O.Dion (vol.de 1870, p.847).Livres et bouquins, par Benjamin Suite (vol.de 1870, p.920).Vital Guérin, par Joseph Tassé (vol.de 1871, p.81).Joseph Rainville, pur Joseph Tassé (vol.de 1871, p.101).Louis Provençalle, par Joseph Tassé (vol.de 1871, p.171).Causerie historique, notes de voyages de Québec à Rimouski, par J.-M.LeMoine (vol.de 1871, p.183).• Julien Dubuque, par Joseph Tassé (vol.de 1871, p.241).P.-X.Aubry, par Joseph Tassé (vol.de 1871, p.401).Lettres de Mgr de Pontbriaiul et autres (vol.de 1871, p.434).L’expédition militaire de Manitoba, par Benjamin Suite (vol.de 1871, pp.500, 580).Causerie historique : la Malbaie, Pointe au Pic, Cap à l’Aigle, etc, par J.-M.LeMoine (vol.de 1871, p.659).Antoine Leroux, par Joseph Tassé (vol.de 1871, p.664).Joseph Larocque, par Joseph Tassé (vol.de 1871, pp.816, 898).Louis Joliet, par P.Margry (vol.VIII, p.931; vol.de 1872, pp.61, 121, 205).Le Journal des Jésuites, par Benjamin Suite (vol.de 1872, p.108).Pierre Falcon, par Joseph Tassé (vol.tie 1872, p.175).Jacques Fournier, par Joseph Tassé (vol.de 1872, p.342).Les Varenne de Verendrye, par Pierre Margry (vol.de 1872, p.362).Les Archives du Canada, par Benjamin Suite (vol.de 1872, p.472).Des noms et des familles canadiennes, pur l’abbé Cyprien Tanguay (vol.de 1873, p.119).Le Canada en Europe, par Benjamin Suite (vol.do 1873, pp.198, 279, 341).La race française au Canada, par E.Rameau (vol.de 1873, p.296).Sir Georges-Etienne Cartier, par Benjamin Suite (vol.de 1873, p.425).Louis Riel Père, par Joseph Tassé (vol.de 1873, p.437).Lettre du Père Paul LeJeune, supérieur de la mission de la C'om- ? — 174 — pagnie de Jésus dans la Nouvelle-France, 1634-1635 (vol.de 1873, p.527).Iroquois et Algonquins, par Lettres tie M.de Frontenac (vol.de 1873, pp.623, 683).Suite (vol.de 1873, p.606).M.de Colbert, M.de Seignelay, etc Les (iaultier de Varennes, par Benjamin Suite (vol.de 1873, pp.781, 848, 935).La profession d’avocat et de notaire au Canada, par Gonzalve Doutre (vol.de 1873, p.840; vol.de 1874, pp.58, 134).Eloge funèbre de Mgr Guigues, évêque d’Ottawa, par Joseph Tassé (vol.de 1874, p.186).Les miettes de l’histoire : La Potherie ; Le Cap à l’Arbre, par Benjamin Suite (vol.de 1874, p.185).Le Frère Pacifique Duplessis, par N.C.(vol.de 1874, p.434).La prise de Deerfield en 1704, par M.-E.Ethier (vol.de 1874, pp.458, 542).Noël Levasseur, par Joseph Tassé (vol.de 1874, pp.467, 612).Deuxième centenaire de l’érection du siège épiscopal de Québec, par Joseph Marmette (vol.de 1874, p.750).Souvenirs historiques, les Récollets, etc, par Hubert LaRue (vol.de 1874, p.755).Discours prononcé par Mgr Antoine Racine dans la basilique de Québec le 1er octobre 1874 (vol.de 1874, p.765).Pierre Bisaillon, par Joseph Tassé (vol.de 1874, p.824).Paul Mallet, par Joseph Tassé (vol.de 1874, p.834).Origine des Acadiens, par Pascal Poirier (vol.de 1874, pp.850, 927; vol.de 1875, pp.71, 110, 216, 310, 462, 524).Le canon de bronze, par Benjamin Suite (vol.de 1874, p.898).Lettres de la Mère Marie-Anne Regnard Duplessis de Ste-IIélène (vol.de 1875, pp.41, 105, 182, 289, 384, 458, 529, 603).Le colonel Pierre Ménard, par Joseph Tassé (vol.de 1875, p.126).Le bas Saint-Maurice, par Benjamin Suite (vol.de 1875, p.133).Nos archives, par Edmond Lareau (vol.de 1875, pp.208, 295, 346).L’ancien régime au Canada, par l’abbé II.-R.Casgrain (vol.de 1875, p.256).Les rues de Québec, par J.-M.LeMoine (vol.de 1875, p.269).François Ménard, par Joseph Tassé (vol.de 1875, p.355).7899 — 175 — Jean-Baptiste Beaubien, par Joseph Tassé (vol.de 1875, p.481).La chanson do Moore, par Benjamin Suite (vol.de 1875, p.580).Michel Branamour Ménard, par Joseph Tassé (vol.de 1875, p.744).Pontgravé, par Benjamin Suite (vol.de 1875, pp.817, 888).Mgr Alexandre Macdonell, évêque de Kingston, par Z.(vol.de 1876, pp.8, 94, 176, 352, 411).De la féodalité en Canada, par Edmond Lareau (vol.de 1876, pp.188, 271, 320).Le marquis de Montcalm et la perte du Canada, par Chs de Bonne-chose (vol.de 1876, pp.822, 906; vol.de 1877, pp.31, 93, 173).Louis-Vital Baugy, par Joseph Tassé (vol.de 1877, pp.240, 321).Joseph Bobidou, par Joseph Tassé (vol.de 1877, p.440).Chronique triiluvienne, par Benjamin Suite (vol.de 1877, pp.834, 881 ; vol.de 1878, pp.7, 85, 165, 165, 245, 325, 405, 485, 565, 645, 725, 805, 922; vol.de 1879, pp.1, 85, 182, 245, 325, 410, 485).Le capitaine Dominique Dueharme, par Pantaléon Hudon (vol.de 1878, pp.420, 531).Sir William Phips, par l’abbé N.Caron (vol.de 1878, p.933; vol.de 1879, p.10).L’administration de la justice sous la domination française, par F.-B.Mignault (vol.de 1879, p.105).L’astrolabe de Champlain, par A.de B.(vol.de 1879, p.258).Etude biographique et historique de M.de Maisonneuve, par J.Bou-tillier-Trudel (vol.de 1879, p.588).Le Camp Volant de 1649, par Benjamin Suite (vol.de 1881, p.159).Une paroisse eanadienne-française au dix-septième siècle, par A.-D.De Celles (vol.de 1881, p.227).Octave Crémazie en exil, par l’abbé 11.-R.Casgrain (vol.de 1881, pp.323, 391, 476).Champlain et la Verendrye, par Benjamin Suite (vol.de 1881, p.342).La découverte du Mississipi, par Benjamin Suite (vol.de 1881, p.385).La France et le Canada, par Benjamin Suite (vol.de 1881, p.451).Vieilles horloges, par Benjamin Suite (vol.de 1881, p.579).Une lettre de Bienville, fondateur de la Louisiane (vol.de 1881, p.598).Procès criminels à Québec au XVIIe siècle, par T.-P.Bédard (vol.de 1882, pp.65, 140, 216). — 176 — Le drapeau de Carignan, par Ernest Gagnon (vol.de 1882, p.128).L’abbé Faillon, par Edmond Lareau (vol.de 1882, p.202).La tenure seigneuriale, par Benjamin Suite (vol.de 1882, pp.437, 449).Colbert et la Nouvelle-Eranee, par .1.Desrosiers (vol.de 1882, p.607).Poutrincourt, par Benjamin Suite (vol.de 1882, p.621).Les centenaires, par Benjamin Suite (vol.de 1882, p.675).Antoine de Lamothe-Cadillac, par T.-P.Bédard (vol.de 1882, p.680).La duchesse d’Aiguillon, par J.Desrosiers (vol.de 1882, p.735; vol.de 1883, ]>.27).Cn prêtre patriote dans l’Ouest, Pierre Gibault, par T.-P.Bédard (vol.de 1883, p.3).Cne lettre de M.Rameau: Centenaire; Recensements; Lamothe-Cadillac (vol.de 1883, p.13).La justice criminelle sous la domination française, par Edmond Lareau (vol.de 1883, p.65).Le mariage de Lamothe-Cadillac, par T.-P.Bédard (vol.de 1883, p.104).Les syndics d’habitation sous la domination française, par Edmond Lareau (vol.de 1883, p.129).Notes historiques sur Lamothe-Cadillac, par E.Rameau (vol.de 1883, p.403).Le R.B.Dalmas, assassiné (1693), par T.-P.Bédard (vol.de 1883, p.555 ).Notes sur la famille Lambert-Dumont, par A.-C.de Léry Macdonald (vol.de 1883, pp.633, 739).L’abbé de Queylus, par Pascal Poirier (vol.de 1883, p.673; vol.de 1884, pp.56, 65).Cn petit point d’histoire: le juge de Saillv, par A.-C.de Léry Macdonald (vol.de 1883, p.760).Le château de Vaudreuil, par A.-C.de Léry Macdonald (vol.de 1884, pp.1, 69, 165).Cn gouverneur du Canada inconnu, par T.-P.Bédard (vol.de 1884, pp.113, 129).La famille LeFebvre de Bellefeuille, par A.-C.de Léry Macdonald (vol.de 1884, pp.168, 235, 290). 477 - Lettres inédites (le dctüté Créthdsde (vtil.de 1884, p.486).Feu l’honorable Joseph Cauchon (vol.de 1885, p.177).idatlOietiiie httblfssé dii CaiMldë, pftf Behjartdh Suite (vol; de 1883, pp.298, 341; 896, 486, 548).Joseph LaFrance, par L.-A.Prudhomme (vol.de 1886, pp.6, 88, 135).* trh vOtage à la Kttütellè-Fïflneë en 1784; për Benjamin Stilte (vol.de 1886, {J.45).Jeail Nicdlet, interprète-Voÿëgeur au Cnlthdë (vol.(le 1886; p; 671; Le ('bien d’or, sou Oflgitife; stth histoire; par J.->t.LeMoiüê (vol.de 1886, p.84).Quelques ilotes sur les premiers nilftslwitiâlres dtl Nord-Ouest,, par L.-A.Frudhomme ( VOl.- de 1886; p; 110); Salht-François dit Lac, pat Behjainin finite (vol.de 1888; pp.129, 196, 5164, 396, 534; 696; 649; t0l: de 1887; pp: 147, 365, 683).Antoine Uérin-Lajüie et Jeah Hitatd; par Chs-M.DücHattne (vol.de 1886, pp.204, 286).Les Knistineatix, par L;-A: HfudhottlWie (vol; de 1880, p.219); Démonologie et les Sauvages du Canada, par L.-A.Prudlioiiutie (vol.de 1886, pp.276, 334, 387).Les Chepetwans, phr L.-A: PriitlhOtntiie (vol.de 1886; p; 452).Les “Histoires du Canada”; liât Benjamin Suite (vol: de 1886, p.453).llelévê historique; par .L-Herhiâs Chitrland (vol; de 1886.p.439).Jeitn-Bàptisfe DeSàutels dit Lapoiilte père, )iar L.-A; Prudhomme (vol: de 1880, pp; 314; 608).dean-Baptiste Desautels filé; par L.-A: Ptudhtifnihe (vtd.de 1886, p.642): La traite nü Notd-Oùêst et quelques notes sur la compagnie de la llaie tl’iludsoii, par L.-A.Prtitlhohitite (voh de 1887, pp= io, 94).Le bittmmirb Uthtàlêfâüe! par l’aUbë J;-B.proult (vol: de 1887, Pp.m, m.¦ Souvenirs militaires, paf L:-A.Phidltotnme (vol: de 1887, p.136); Les Aeadletis après letir dispersion; par l’ftbbé H;-«: Casgrain (vol.de 1887, pp.139, 237, 280, 413, 459).(La suite daflli ià Hfnellftiâê ÜVf&isèri) — 178 — LA BIBLIOTHEQUE de Louis de Villeray, premier conseiller au Conseil Souverain de la Nouvelle-France AI.Aegidius Fauteux, dans son érudit travail Les bibliothèques canadiennes, a établi que sous le régime français les livres n’étaient pas des choses inconnues dans notre pays.Un chercheur qui se donnerait la tâche de relever les inventaires des notaires de l’ancien régime y trouverait des listes de livres qui prouveraient que nos ancêtres, malgré leur éloignement de la France et la rude vie qu’ils menaient, n’étaient pas insensibles aux beautés de la littérature française.Le catalogue de la bibliothèque de Louis de Villeray, premier conseiller au Conseil Souverain de la Nouvelle-France, que nous offrons en primeur aux lecteurs du Bulletin des Recherches Historiques, est tiré de l’inventaire de la communauté de biens (pii avait existée entre AI.de Villeray et sa première épouse, Catherine Sevestre, dressé par le notaire Becquet le 28 mars l(i?(): “Et advenant le vingt-troise jour de novembre g b y c soixante quinze, après-midy, à la requeste de Monsieur Aire Louis Rouer, Escuyer, sieur de Villeray, premier conseiller du Roy au Conseil Souverain de ce pais, ey-devant nommé, au nom et comme tutteur des enfans mineurs de luv et de deffunte damoiselle Catherine Sevestre, Romain Becquet, notaire royal en la Nouvelle-France, résidant en la ville de Quebecq, et tesmoins soubz.se seraient transportés au lieu dit la Cardonnière appartenant au sieur de Villeray, où estant en la présence du sieur Jacques Sevestre, subrogé tutteur des d.mineurs, le dit sieur de Villeray a dit et déclaré que lorsqu’il fut procédé à l’inventaire ey-dessus, il jugea que tous ses livres ne devaient estre employés dans le d.inventaire prétendant qu’ils luv appartenaient en propre, mais comme depuis peu il a pris avis sur ce sujet, et qu’on lui a conseillé de les y employer, ce que désirant faire il m’a monstré et représenté les livres cy-après déclarés qui ont esté prisés et estimés aux sommes cy-après par l’huissier Levasseur, nommé cy-devant: Premièrement La bibliothèque du droit français, en trois tomes in-folio, prisé à la somme de vingt-cinq livres. — 179 — Item Les arrêts de Louet, in-folio prisé à la somme de onze livres.Item Les ordonnances commentées par Néron, avocat, in-folio, prisé à la somme de huit livres.Item Les oeuvres de Baquet, in-folio, prisé ;i la somme de huit livres.Item Les oeuvres de Loiseau, in-folio, prisé ù la somme de sept livres dix sols.Item Les recherches de l’asquier, in-folio, prisé à la somme de dix livres.Item Titte-Live, Histoire romaine, en deux tomes, in-folio, prisé à la somme de vingt livres.Item L’Histoire du concile de Trente, in-folio, prisé à la somme de cent sols.Item Le catéchisme de Grenade, in-folio, prisé à la somme de trente sols.Item La cité de Dieu, in-folio, prisé à la somme de vingt sols.Item un Coutumier de Taris de Fortin, in-quarto, prisé à quarante sols.Item Les plaidoyers de Monsr.LeMaistre, in-quarto, prisé à là-somme de quatre livres.Item Les plaidoyers de Jean LeBon, in-quarto, prisé à trente sols.Item La pratique civile et criminelle du Brun, in-quarto, prisé à quarante sols.Item Les oeuvres de Leschassier prisé a trente sols.Item Les vies des saints illustres, en deux tomes, prisé à la somme de quatre livres.Item L’office du saint sacrement, en deux tomes, prisé à la somme de quarante sols.Item Le mémorial de la vie chrétienne, en deux tomes, prisé à la somme de quarante sols.Item un livre intitulé Nouvelle méthode, en deux tomes, prisé à vingt sols.Item Concile de Trente, estimé à trente sols.Item Quintescence de la vie d’Alexandre, prisé à vingt sols.Item Coutume de Paris de Tournet Jolly et L’abhé, prisé à vingt sols.Item Grammaire de Oudin, prisé à dix sols.Item Abrégé de l’histoire de France, prisé à dix sols. — iâd — I té hi/ Sût air è dk IWii-rf quatre, prisé à dis sols.Item Institutes de JaMinikn, en deux toine?, prisé à la soifiine de dix sols.I {eût Phllippiques de Cicéron, prisé à dis sols, itëih A poloijPtiquvs de Tè.rtulièn; prisé à dis sols.Item JCoffice .suinte, prisé à dix sols.Item Justin; prisé à dix sols.Item Sévère S , prisé à dix sois.Item Le ministre d'Etat; eu deux tonies, prisé ù la Somme de vingt sols.Item Homélies académiques, prisé A dix sols.Item Oeuvres du Sr DuVer, prisé à vingt sols, item Lu l'ibalsac, premier tome, estimé à dix sols.Item Le protocole des notaires, prisé à dix sols.Item Institutes coutumiers de Loisel, (irisé à dix sols, item Plaidoyers de Marion, prisé à dix sols.Item Philippe de Com mines, prisé il dix sols.Item Maison académique, prisé à einq sols, item Le vrai usage des Pères, (irisé ;i dix sols.rëponsè Une tare sur lès aidès dès notaires (XXVH * ji.93):—LéS actes ridtürlëfc olit-llS tléjil été taxés ail I.'aiiAlla?.le trouve la réponse dans un mémoire de la commission tie legislation r1ë lit Clutltilire déS Notaires de la jlfdvinOé de Quéiléé en date de mai 1892: *‘F;n 1 S()8; (jùilntl il fut quëstion dé répatfef lé eliâtfeàtl Saint-Lbuis, à Québec, le parlement, pour rencontrer les dépenses, tléeféta que leS abtës dés nOtairéS SefaiOnt Sujets A un dfoit H’iitt elieliii : chaque copie fut également frappée d’un impôt de six deniers.Les notaires percevaient l’impôt et faisaient rapport dotix fois l’ah ati HéceVëut-Qéhéral: Afin de rend ré i’iili|int plus jirodlibtlf, mi statua qiiP thus léS aétOS devaient néOéSSaileiHfeiit être tfeçtis jint les iliitaites: “Cet impôt ne rencontra ni les vues des gouvernants ni celles dés gouvernés et une loi de f8l£ l’findlit:^ #.-G: P.91 LA COMPLAINTE DE LA FEMME BRULEE Au cours d’une matinée du nipiij île mars l)iH, j|ans la paroisse de Saint-Narcisse, comté de ('lmmplain, sp produisit up événement qui jeta la population daps la friafessje.}£p voici |p hpef récit, d’après M.(!.Trudel, ancien cultivateur de la localité.Dame Célina fossette, épouse en premières noces d’Alexandre Tarent, alors employé dans les chantiers, était à faire bouillir de la gomme de pin dans sa cuisine, lorsque soudain le liquide déborda de la marmite, se répandit sur le poêle et s'enflamma.Machinalement, Madame Parent saisit un gobelet d’eau et le versa sur l'incendie en miniature.Aussitôt, l’imprudente fut enveloppée de H a mines ainsi que le bébé qu’elle portait dans ses liras.Deux autres enfants qui se trouvaient dans la maison accoururent auprès de leur mère atfqlée et prirent feu également.Les trois enfants succombèrent avant qu’on puf leur porter secours mais la mère ne rendit l’âme que flans l’après-piidj, après avoir reçu les derniers sacrements.Suivant la coutume, ce pénible accident fît le sujet d’un chant que composa une vieille poétesse illetrée nominee Simon, suivant les uns, et Bronsard, suivant les autres.Par hasard, l’été derpier (11)21), nous avons recueilli, a Sainte-(ienevièvc-de-Batiscan, purpisse voisine de SaintTN'arcjssc, deux versions de la rom plainte de la femme brûlée.D'une nous a été fournie par monsieur et madame Fernandez Dessureau, lu seconde provient de M.Ephretn Dessureau, rentier, âgé de 7!) ans.Ces deux versions ppescjge '' ^ es sont incomplètes.Cependant ce (pie la tradition en a conseryé [siurra peut-être servir à quelque folkloriste sinon à quelque historien.I Ecoute*, je vais vous chanter, Une complainte qu’est bien triste D’une pauvre femrpe qui a brûlé, Elle est morte dans tous les supplices EUe est bieif morte assurémentl Elle et ses trois petits enfants J bis 8483 — 182 II C’est un lundi après-midi, Que tout le monde est à l’ouvrage, Elle s’écria de tous côtés, Personne ne vient à son courage.Elle s’écria : Hélas ! mon Dieu] Il faut donc mourir par le feu J lis III Faut aller chercher le curé, Le curé de notre paroisse Pour en seul fin d’là confesser, Pour l’acquitter de son devoir-e, Bien promptement l’a confessé, 1 Pour la seule fin de l’administrer.J bis IV La pauvre femme.Elle est morte dans tous les tourments, V Ses deux petites filles à ses côtés, Son petit fils à sa tête.VI Qu’en a composé la complainte T’est une vieille du canton.Etant d’une grande compassion De voir une chose si terrible Elle a pas pu s’en empêcher] Une complainte a composé.J bis * * * Au registre paroissial les actes de sépulture de ces malheureux se relèvent comme suit: — 183 — “Ix» 2li mars 188, nous curés avons inhumé.le corps de Célina fossette, épouse d’Alexandre Parent, cultivateur, décédée le 24 de ce mois”.Même date — Sépulture de Théodore Parent, âgé d’environ un an.Même date — Sépulture d’Héloïse Parent, âgée d’environ deux ans.Même date — Sépulture de Marie Parent, âgée d’environ cinq ans.E.-Z.MASSICOTTE REPONSE La poudre alimentaire et le marquis de Montcalm (XXVII, p.93).— La poudre alimentaire ou la poudre de viande est tout simplement la conserve alimentaire de nos jours.La poudre alimentaire fut inventée ou expérimentée à peu près à l’époque où Montcalm passait dans la Nouvelle-1* rance.Les résultats obtenus dans les premières années de l’emploi de la poudre alimentaire ne furent pas merveilleux.Il y eut bien des tâtonnements avant d’obtenir une poudre alimentaire ou conserve nourrissante et inoffensive pour la vie des soldats et des marins à qui elle était destinée.Dans sa lettre au ministre du 18 avril 1758, le marquis de Montcalm écrivait: “Me permettrez-vous, Monseigneur, de vous demander si les expériences que l’on a dû faire de la poudre alimentaire ont réussi; si on y trouve aucun inconvénient pourquoi n’en pas envoyer icy?Nous pourrions quelques fois nous en servir dans les partis d’hiver pour les Canadiens et les soldats, car toute nouveauté est difficile a introduire parmy les Sauvages, peuples superstitueux.S’il leur arrivait quelque malheur, ils diraient que c’est une médecine qu’on leur a jetée.( e terme répond dans leur langue à celui de sortilège dans la nôtre.” = m = LES CHABOILLEZ UNE FAMILLE DE TRAITANTS Al 18e ET AU 19e SIECLE Entre les failli Iles montréalaises qui jadis se sont livrées au commerce des pelleteries, il en est une qui présente un intérêt particulier.Au cours dp* peut pnpées, trois générations de Chaboillez parcourent l’Ouest et trafiquent avec les trappeurs blancs et sauvages.D’échelon eu échelon, ces traitants tenaces et habiles s’élèvent jusqu’au premier rang des magnats de la fourrure, puis ils disparaissent, ne laissant que des souvenirs épars de leurs exjdpjts.Diverses publications historiques, canadiennes et américaines, ont mentionné les Chaboillez, mais aucune n’a pu donner sur eux des renseignements précis parce que la plupart des documents qui les concernent se trouvent a Montréal et n’avaient pas encore été réunis.Les pièces que nous avons recueillies depuis quelques années vont permettre de mieux connaître pue famille qui a sa place dans l’histoire de Montréal, comme dans celles de plusieurs régions de l’intérieur du continent.i’MEMjEUii GïilfliBATïOir Au commencement du XVIfie siècle vivait à Montréal un sculpteur en bois, originaire de Jg jiprpjsfie de Saipt-ftémy (]e Troyes, eq (Jliaïqpagne, patrie mai 1.01, d entre en pourparlers avec les Frères Hospitaliers tip èsaipLJqsopb de |q Ufpj*, pqeux cPHPHS spus le nopi flp Frères Fharon et qui admit,jstrsjpnt Wfptgl gétpira), c’esL-^tjire pu qsüp popr les vieillards, |es infirmes et Jes tpisérpur.L’pffiste vept se ’hlpqper”; jl a 1 ipfeptpm c|e “servir_ Pie» et les paqrrps ep fopf ce qp’j| poprra de son nrt de scnlptepr piqsi qtp) dpqs la conduite ()e |p ngmipsprie qpi se ferait
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.