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Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
juillet
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
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Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1927-07, Collections de BAnQ.

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LE BULLETIN DES VOL.XXXIII LEVIS —JUILLET 1927 No 7 LE SEIGNEUR JOSEPH DRAPEAU Le seigneur Drapeau! C’est le qualificatif que toute la population de File d’Orléans donnait à cet homme extraordinaire il y a cent vingt-cinq ans.Encore aujourd’hui, les vieux insulaires, lorsqu’ils veulent parler d’un homme riche, disent : riche comme le défunt seigneur Drapeau.Joseph Drapeau était né à Saint-Joseph de la Pointe-Lévy le 13 avril 1752, du mariage de Pierre Drapeau et de Marie-Josephte Huard dit Désilets.Comme il n’aimait pas la terre, il ne resta pas longtemps à la maison paternelle.Après avoir appris tout ce que le maître d’école du village pouvait lui enseigner, il traversa le fleuve pour tenter fortin ne dans la capitale.Le jeune homme s’engagea d’abord comme commis chez un marchand de provisions.Actif, débrouillard, d’une honnêteté scrupuleuse, Drapeau s’établit bientôt a son compte dans une maison de la basse-ville de Québec située à 1 endroit où se trouve aujourd’hui l’hôtel Blanchard ou Cloutier.Le Canada vendait alors une quantité considérable de grains à l’Angleterre, Les Antilles nous fournissaient la mêlasse, le sucre, les eaux-de-vie.Pour transporter le grain en Angleterre, pour apporter au Canada les denrées des Antilles, il fallait des vaisseaux.Drapeau se fit armateur et construisit des navires de quelques centaines de tonneaux 8449 9821 - 386 qui ne lui coûtaient pas très cher et qu’il vendait à bon profit.Il ramassa une fortune considérable.“ Aujourd'hui, écrivait M.J.-Edmond Roy en 1899, le négociant enrichi, venu nu de son village, songe à bâtir un palais luxueux dans le quartier fashionable, à avoir de beaux équipages et à frayer parmi le grand monde.Il y a cent ans, alors que le régime féodal était encore dans toute sa splendeur, la suprême ambition du boutiquier était de devenir propriétaire de seigneurie, d’avoir manoir, moulin banal et pigeonnier.Quelles délices que de pouvoir s’asseoir à 1 église a la première place sur un banc réservé, d’y recevoir l’encens, l’eau bénite et le pain bénit de préférence à tousles rudes travailleurs de la terre.’’ Joseph Drapeau, l’humble fils de cultivateur de Saint-Joseph de la Pointe-Lévy, eut-il ces idées de parvenu ou, connue on dit de nos jours, de nouveau riche?Nous ne le croyons pas.I,e grand marchand garda toujours des goûts modestes.11 vécut confortablement, fit donner une excellente éducation a chacune de ses six filles, mais il n’éblouit ni ne choqua ses contemporains par un luxe déplacé.Toute son ambition était de laisser du bien à sa famille, et s’il acheta des seigneuries c’est qu’il considérait ces acquisitions comme des placements de toute sûreté.M.Drapeau pensait juste puisque aujourd’hui, après un siècle et quart, cinq ou six de ses seigneuries sont encore entre les mains de ses descendants._ Eh relations et rapports d’affaires avec la plupart des seigneurs de la région de Québec, M.Drapeau connaissait leur état de fortune, leurs dépenses, leurs besoins.Quand un seigneur venait en difficultés financières, le riche négociant lui avançait de l’argent ou des marchandises et, quelques années plus tard, 1 imprévoyance ou la nécessité forçait le débiteur a abandonner son bien à l’obligeant prêteur.La première seigneurie achetée par M.Drapeau fut celle de Champlain.Il en fit l’acquisition de Jean-Baptiste Pesard de Champlain, le 21 février 1789 (1).Cn an et quelques mois plus tard, le 17 août 1790, M.Drapeau devenait propriétaire de la seigneurie de Lessard, 1789 ^^ Greffe (le Deschenaux et PliiRuet, notaires il Québec, 21 février çyo&uià -:-j) «/ ans, fréquentant alors le Jésuites il Québec.collège des (2) Mots Illisibles dans l’original.(3) François-Louis Chartier de Lotbinière, die (1716-84) ne fut pas toujours un modèle Voir Mgr Têtu Les Evêques de Québec, p.289.en religion frère Eustace régularité religieuse. — 393 — certainement le porteur de ma réponse.J’ai été trop flatté de votre souvenir pour ne pas saisir la première occasion de vous en marquer ma reconnaissance.Heureusement qu’il s’en présente une autre aujourd’hui dont je me hâte de profiter.C’est M.de Meloise qui me la fournit et Mde de Léry qui me la procure.Sans que le porteur de cette lettre en soit instruit elle veut bien la mettre dans la sienne pour éviter les tentations que la curiosité pourrait exciter si certaines gens me savaient en correspondance avec vous.Elle se fait sous une adresse étrangère comme un commerce de bonne fortune, — mais j’ai cru devoir prendre cette précaution pour vous exposer, Monsieur, que vous devez être bien tranquille sur toutes les choses dont vous me confierez le secret et auxquelles vous joindrez vos observations et vos réflexions.Je n’en ferai qu’un usage prudent et je ne vous compromettrai assurément pas.J’ai gardé un profond silence sur ce que vous me marquez au sujet des forts Duquesne et Choua-gen.Si le rapport qui vous a été fait au sujet du premier est exact on doit s’attendre sans doute à une pronte reddition d’une forteresse resputable.Que de millions vont être ensevelis sous peu de ruines! A peine y en aura-t-il assez pour les couvrir.Je m’imagine que les protecteurs et les entrepreneurs de cet établissement redoutent également sa perte, parce qu’il sera aisé de juger par le peu de résistance qu’y pourront faire ceux qui la défendent, de la faiblesse de cette misérable redoute.Cet évènement ouvrira peut être les yeux — et ceux du nouveau ministre sont très clairvoyants.J’ai un plan qui pourra justifier auprès de lui ceu\ qui auront été contraints de rendre le fort mais ce ne peut être qu’en accusant ceux qui ont abusé de ce terme.Les préparatifs que font les Anglais et les mesures qu’ils prennent pour la conservation de Chouaguen rendent nos entreprises sur ce poste aussi douteuses que les leurs paraissent assurées sur tous ceux des nôtres qu’ils jugeront à propos d’attaquer.Voici un moment de crise pour cette colonie, qui demande bien de l'activité, de la fermeté, du secret et des ressources de la part de celui qui la gouverne.La fusée est difficile à demêler, je souhaite qu’elle se dévide heureusement, comme bon citoyen et comme un homme qui prend un intérêt particulier à ce pais.Au surplus, votre position en tout — 394 — ceci ne peut (|u’étre agréable.Si vous échouez, les mesures ont été si mal concertées que l’événement ne peut retomber que sur ceux auxquels on fait faire votre métier.On ne saurait trop tôt faire exécuter les chaloupes que vous avez proposées parce qu’il faut nécessairement les opposer aux corvettes que les Anglais ont fait construire.Ceux qui ont du canon sont toujours redoutables à ceux qui en manquent.Continuez, Monsieur, je vous en supplie, à me faire part de tout ce que vous saurez d’intéressant,—je vous le répété, je n'en abuserai point et vous me mettrez eu état de répondre au ministre s’il me fait des questions—et même de les prévenir.Si je me chargeais de l’instruire de tous les détails qui m’ont été faits en secret ici par des gens qui gémissent et — qui m’ont cru à portée de les secourir—j’en aurais pour longtemps à l’entretenir.Vous pourrez m’adresser vos lettres sous le couvert de Aide de Léry qui le permet.Elle aura la bonté de me les remettre ici au cas que j'v sois encore ou de me les faire passer par les navires qui partiront après l’escadre.11 n’y a encore rien de moins décidé que le temps de son séjour dans cette rivière.Il parait que AI.Dubois La-motte veut attendre les nouvelles de France et de Louisbourg avant d’en sortir.Dans ce cas les choses pourront traîner en longueur et nous mener à l’arrière saison—les jours alors sont plus courts et les vents plus forts.Ce sont les plus grands obstacles que nous puissions opposer avec des vaisseaux désarmés, à qui en ont quatre fois plus de bien armés.Aime de Lotbinière ainsi que tous ce qui vous appartient jouit d une très bonne santé—mais j’ai des plaintes à vous faire ; il y a aujourd’hui huit jours que je donnai une espèce de fête aux dames à laquelle il n’v a pas eu moyen de la déterminer à venir,—je vous en demande justice.Si je reviens dans ce pais, comme je vous avoue que je le souhaite fort, j’espère qu’elle me donnera ma revanche et (pie les choses seront alors assez tranquilles pour (pie j’aye plus longtemps que cette fois le plaisir de vous voir et de vous assurer de l’inviolable et très parfait attachement avec lequel.Monsieur, J’ai l'honneur d’être Votre très humble et très obtnt serviteur Choiseul Graslain 395 Montréal, le 2t septembre 1757 Je réponds.Monsieur, cà toutes vos lettres.J’ai toujours oublié de vous faire part de la lettre de M.le Chevcr de Vou-tron au sujet de ce que vous lui devés; comme M.de Léry me dit l’an dernier que cette affaire était finie, j’écrivis en conséquence à M.de Voutron, mais il me marque qu’il n’en a pas été question, je vous prie' de terminer cette affaire cette année sans y manquer et de me faire part des arrangements que vous prendrez à cet égard afin qu’en lui répondant je puisse l’en informer.Je consens que M.de la Milice n’hiverne point à Carillon dès que vous jugez que sa présence 11’est pas nécessaire, mais je vous recommande de charger une personne sur qui vous puissiez compter de suppléer à son défaut et de lui donner des instructions sur tout ce qu’il sera possible de faire pendant 1 hiver.A 1 égard des baraques que vous pensez qu’il faudrait abattre vous en conférerez avec M.de Bourlamaque.Je recevray avec plaisir votre projet pour la campagne prochaine, mais vous pensez bien qu’il ne m’est pas possible et qu il ne conviendrait mes-me pas de vous faire passer en France dans les circonstances présentes.Il est d’ailleurs de votre propre intérêt de finir le fort que vous avez commencé.Je n ay pas vu le plan que M.de Crêvecoeur a fait de l'attaque du fort George.Tout ce que vous m’avez demandé dans vos précédentes lettres vous sera exactement envoyé.Le nommé Cazo ni la Morliè-re n’ont nu vendre de boissons et vous auriez dû demander leur renvov dès que vous vous en êtes apperçu, il doit en être de même de tous ceux qui contreviennent a mes défenses.Il n’est pas possible de faire faire des huttes a St-Jean, cet expédient serait plus nuisible qu’utile, attendu que le transport de ces huttes occuperait nos bateaux qui ne sont pas même suffisants pour nos vivres et les autres trains de campagne.Vous conférerez aussi avec M.de Bourlamaque sur le parti que vous pensez qu’on pourra tirer des hôpitaux d été etc.J’ai réglé hier la garnison de Carillon à 350 hommes.Les canadiens qui ont fait le foin descendront avec les troupes, ils 11e peuvent revenir plutôt parce qu’il faut garder des canadiens pour conduire les batteaux.Madnic de \ audreuil est très sensible à votre souvenir, elle nie charge de vous faire bien des compliments de sa part.Je suis très sincèrement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur, Vaudreuil Montréal, le 7 8bre 1757 J ai reçu, Monsieur, la lettre que vous m’avez fait l’amitié de m’écrire le 11 du mois dernier au sujet de l’inexécution de la parole que le munitionnaire vous avait donnée et de ce qui s’est passé à ce sujet.Comme M.Péan était alors parti de Montréal lorsque j’ai reçu votre lettre il ne m’a pas été possible de remplir vos désirs.Il faut nécessairement différer jusqu’à votre arrivée à Québec.Vous pensez bien que je vous rendray tous les services qui dépendent de moy.j envoie par cette occasion ordre à M.de Bourlamaque pour le déblayement de l’armée qui se fera le 20 de ce mois.Te suis bien persuadé qu’alors vos ouvrages seront bien avancés par 1 application et 1 exactitude que vous y aurez porté.J’ay destiné M.Debécour, capitaine au régiment de la Reine à commander a Carillon.Je lui donne ordre d’avoir attention à ce que le Sr La Milice ou telle autre personne que vous aurez destiné pour les ouvrages à faire cet hiver fasse constamment travailler les ouvriers qui vous seront absolument nécessaires pour l’hiver,—car je donne ordre à M.de Bourlamaque de renvoyer tous les Canadiens a l’exception de ces ouvi iers.11 faut aussi que vous chargiés de vos ordres une personne sur qui vous puissiez compter et que vous leur donniez des instructions sur tous les ouvrages qu’il sera possible de faire cet hiver.Je vous préviens aussy que je donne ordre à M.Debécour de tenir la main, à ce que le vin qui scia \endu a la cantine ne le soit pas à plus haut prix auquel il a été taxé par mon ordre—ainsi il faudra que votre cantinier y ait attention.Vous pourrez partir de Carillon lors du délia) ment de 1 armée après toutefois que vous aurez mis en regie tout ce qui concerne votre partie.Je suis sur mon dé-pai t poui Québec, je serai bien daté de vous y voir et de vous assuiei des sentiments avec lesquels je suis, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur, Vaudreuil — 397 J’oubliais de vous marquer que vous ne pourrez garder aucun Canadien ouvrier qu’autant qu’il aura été engagé par le Rot et que le ternie de son engagement ne sera pas fini.J’écris cependant à M.de Bourlamaque de vous accorder les ouvriers de bonne volonté qui pourront se trouver dans les troupes de terre.Vaudreuil A Monsieur Monsieur de Lotbinière, Ingénieur à Carillon A Versailles, 23 Xbre 1782 Je suis très sensible, Monsieur de Lotbinière, à la part que vous témoigné prendre à la grâce que le Roy m’a faite en m’élevant au grade de Maréchal de France.Votre amitié pour moi ne me permet pas de douter que vous ne partagiez toute ma satisfaction.Je vous prie d’en recevoir mes remercimens et d’être bien persuadé des sentiments que vous me connaissez pour vous et avec lesquels j’ai 1 honneur d’être, mon cher Monsieur de Lotbinière, votre très humble et sincère serviteur.Le Maal de Lévis A Versailles, 23 Xbre 1782 En conséquence de ce que vous m’avez fait 1 honneur de me mander, Monsieur, j’ai fait prendre au bureau de la guerre les informations relatives à la demande d’une place a l’Ecole Militaire pour M.de Juchereau.Il est inscrit sur la liste des aspirants—aussi M.l’Intendant de Corse a effectivement envoyé les papiers nécessaires pour prouver qu’il est susceptible de cette grace.Mais il ne peut 1 obtenir que dans deux ans, parce que ce n’est qu’alors qu il aura atteint 1 age requis par les règlements.Avant cette époque toute deman de en sa faveur serait prématurée.J attendrai le moment favorable et j’en profiterai avec beaucoup de plaisirs.Xe doutez pas du désir que j’ai de vous donner des preuves de l’intérêt que je prends à tout ce qui vous touche.J’ai l’honneur d’être très parfaitement, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur, De Vergennes Lettre du marquis Michel E.G.de Chartier de Lotbinière à M.de Lérv, Garde du Roi, son neveu. Paris, ce lundi avant midi, 30 janvier 1786 Je sors à l’instant de chez M.de Savernay, mon cher Léry, jugeant (|ue votre présence ici est absolument nécessaire et lui ayant demandé si c’était absolument nécessaire d’obtenir pour vous un permis pour vous rendre ici, il m’a dit que c était nullement pour objet de service mais seulement pour y passer vos quartiers comme vous le pourriez partout ailleurs.11 n’était question pour vous que de prévenir votre brigadier que vos affaires vous appellent sans perte de temps à Paris et qu’étant ici on vous ferait expédier un permis en règle dans le cas de nécessité.Vous ferez toujours bien de vous munir d'un écrit de votre brigadier qui prouve votre règle vis à vis de lui d’après ce que je vous marque; ainsi, aussitôt cette présente reçue perdez le moins de temps possible pour vous rendre de suite ici, apportant avec vous toutes les lettres que je vous ai écrites et tous papiers d’ailleurs qui pourraient vous être de quelque utilité pour ce que vous savez.11 n’y aura pas même grand mal (pie vous vous fassiez accompagner de tout votre équipage ou vous êtes — au moins du plus précieux que vous puissiez y avoir, ne sachant pas et ne pouvant prévoir le temps que vous serez forcé d’y rester pour qu’il ne soit plus ensuite, question de cette maudite affaire et qu’elle soit entièrement tarie jusques dans sa source.Veuillez descendre chez moi et vous trouverez très près une chambre pour vous recevoir à coucher.Je n’ai fll,e le temps de vous exprimer que je suis toujours votre bon oncle et ami, Le mis de Chartier de Lotbinière Adresse: A Monsieur de Léry, garde du Roi, Compte de Villeroy.A Chalons sur Marne QUESTION Juste à 1 entrée du bassin de Gaspé, une pointe porte le nom de Fort Ramesay.Ce nom rappelle-t-il le souvenir de l’ancien gouverneur de Ramezay ou de son tils, le lieutenant de roi à Québec en 1759?X.X.X. L’HONORABLE FREDERIC-AUGUSTE QUESNEL Fils cadet de Joseph Quesnel, poète et écrivain, natif de France, et de Marie-Joseph Lalande, et frère de l’honorable Jules Quesnel, Frédéric-Auguste naquit à Montréal le 5 février 1785.Après avoir terminé ses études au collège de Montréal, il lit son droit et fut admis au barreau le 5 octobre 1807.Doué d’un jugement sûr et travailleur infatigable, il ne tarda pas à faire sa marque au barreau, et il se créa bientôt une honnête aisance.Il fut l’un des fondateurs et des premiers présidents de la Banque du Peuple.Le 16 mai 1821, l’élection de M.Quesnel comme l'un des commissaires pour la commune de Boucherville fut confirmée par le gouverneur.Il fut aussi nommé commissaire enquêteur, à Montréal, le 1er avril 182g; commissaire pour la construction et la réparation des églises, presbytères, etc., le 29 mars 1830, et commissaire pour l’érection d’une prison à Montréal le 26 juillet de la même année.M.Quesnel fut créé Conseil du Roi le 5 avril 1831.11 fut membre de l’Assemblée législative comme représentant du comté de Kent, du 25 juillet 1820 au 2 septembre 1830, et du comté de Chambly, du 26 octobre 1830 au 9 octobre 1834.Défait aux élections de cette année à cause de son vote contre les “ 92 Résolutions”, il ne reparut plus en chambre jusqu'à l’Union.M.Quesnel fut membre du Conseil exécutif du 22 août 1837 au 10 février 1841.Le 8 avril suivant, il était élu représentant du comté de Montmorency à l’Assemblée législative du Canada-Uni, et il fit partie de la députation jusqu’au 23 septembre 1844.Le 8 septembre 1848, M.Quesnel était nommé conseiller législatif; il occupa ce poste jusqu’à sa mort arrivée le 28 juillet 1866.M.Quesnel était un de ces gentilshommes de In vieille école (pii favorisaient le lien anglais plutôt que l’annexion à la république voisine; c'est parce qu’il voyait que la politique de Papineau aboutirait à celle-ci, qu’il s’y opposa fortement.Le point d’honneur et le devoir étaient ses guides ; c’était un honnête homme dont on aimait à demander l’avis.Le discours qu’il prononça en Chambre, lorsqu’il s’opposa aux ” 92 Résolutions ” vaut la peine d’être lu et médité.Il ne respire que l’honneur et le plus pur patriotisme. M.Quesnel fit aussi partie de la milice.En 1812, il était capitaine au cinquième bataillon, qui devint le bataillon des Chasseurs Canadiens en 1814.Il fut promu major au quatrième bataillon de Montréal le 1er mai 1830.M.Quesnel fut président de la Société Saint-Jean-Rap tiste de Montréal en 1860-61.Francis-J.Audrt UNE EXPEDITION AUX ILES DE LA MADELEINE EN 1706-1707 Le 2 octobre 1706, Joseph Juchereau du Fargy, capitaine commandant de la barque la Sainte-Anne, Jean Rin-fret dit Malouin, Antoine Parent, \ incent Rodrigue et Pierre Provost, tous de Beauport, et Charles Fortier, de Saint-Laurent de File d’Orléans, faisaient le marché suivant avec Joseph Riverin, marchand de Québec.Ils s’engageaient à partir immédiatement sur la Sainte-Anne pour aller hiverner aux îles de la Madeleine et, comme dit le notaire Chambalon qui reçut le marché, “là estant arrivés y faire la chasse et tuerie de loups marins et vaches marines et toutes autres choses qu’ils verront pouvoir trouver au profit du dit sieur Riverin et aux leurs tant à l’égiard des pelleteries qui proviendront de la chasse qu’ils pourront taiie et des peaux de loups marins et vaches marines que des huiles et autres choses qu’ils pourront faire et recouvrer sur les costes provenant tant débris naufrage et eschouement des balennes, marsouins et toute autre chose généralement quelconque.” , Le mai ché était fait a la charge que tous les profits de l’expédition seraient divisés en trois portions égales.Deux devaient levenir au sieur Riverin, qui faisaient tous les risques du voyage, et 1 autre partie aux membres de l’équipage.Le sieur Joseph Juchereau du Fargy, le commandant de 1 expedition, était né à Beauport le 30 mars 1685.Son voyage aux îles de la Madeleine lui donna l’idée d’en demander la concession.En 1717, il passa en France et obtint en partie ce qu’il demandait par un brevet du Roi en date du r8 août 1717.Juchereau du bargy décéda a Québec le 1er avril 1720, Il ne s’était pas marié. — 4qi LA FAMILLE McDOUCîALL La famille McDougall, célèbre dans l’histoire des Trois-Rivières au dernier siècle, est originaire d'Ecosse.L'ancêtre aborda sur nos rives en ichoisit les alentours des Trois-Rivières comme lieu d'établissement.Il amenait avec lui sa femme et deux enfants: un garçon et une fille.Son nom était John McDougall.Il s’établit sur une terre près du pont, là même où est aujourd’hui bâti Yl'ninn Hat/.En 1842.il était commerçant, ayant ouvert une t/roccric au coin des rues du Platon et du Fleuve.Ses affaires prospérèrent.Il lit bientôt un commerce considérable de gros et de détail avec Sherbrooke et le comté de Nicolet.Plus tard, son magasin fut transporté rue des Forges, à l’emplacement où sont aujourd’hui les magasins Cyrille Lai telle & Cie, et Larue.Ses entrepôts furent construits, rue Alexandre.K11 1870, cette maison était connue sous la raison sociale de John McDout/all Sons, marchands de liqueurs, épiceries, produits, ferronneries.En 1862, John McDougall acquit les forges St Maurice, et celles de 1'Islet situées à deux milles et demi des premières sur la rive gauche du St-Maurice.Sous son administration, les Forges reprirent vie.Les contrats qu’il obtenait étaient considérables et le prix de la fonte, produite aux Forges, était alors de vingt-huit dollars la tonne.En 1872, un petit chemin à lisses fut construit des Vieilles Forges à l’Islet et cet important ouvrage terminé, eut lieu l'inauguration, laquelle fut une fête remarquable, et par le nombre des invités joyeux et par les discours prononcés à cette occasion.Les principaux citoyens des Trois-Rivières y avaient été invités et une soixantaine avaient répondu à l'appel.La famille McDougall était alors la plus nombreuse et la plus en vue des Trois-Rivières.John, le fondateur, avait été maire des Trois-Rivières de 1855 à 1857.C’étaient des gens aimables et bons s’arrangeant le mieux du monde avec leurs concitoyens canadiens français.Ce bon accord entre les Ecossais et les Canadiens français, particulièrement aux Trois-Rivières, a toujours été remarquable.A l’occasion donc de l’inauguration du chemin à lisses des Vieilles Forges à l’Islet, les principaux orateurs furent — 402 MM.William McDougall, avocat, député des Trois-Rivières au parlement fédéral, H.Gérin-Lajoie et Joseph-Wenceslas Bureau.Ces deux derniers avaient été récemment appelés au Barreau, et jouissaient d’une remarquable renommée comme orateurs.Le thème des discours fut : la fécondité et la prospérité de la famille McDougall qui comptait sept garçons et trois tilles: Robert, David, Georges, Alexander, James, Torn, William.James et Torn étaient banquiers; Alexander s’occupait des Forges de l’Islet, David, Georges et Robert, de celles du St-Maurice; William était avocat en société avec Houliston.Ils avaient leur bureau sur la rue du Platon.Comme on le voit les membres de cette famille tenaient le haut commerce des Trois-Rivières.Ln 1872, la famille McDougall comptait déjà 75 membres.Que sera cette famille dans trente ans, disaient les orateurs.-' Cette journée fut belle et elle est restée mémorable.C hose qui illustre bien la vanité fréquente des espérances humaines, les dix années qui suivirent 1872, furent désastreuses pour la famille McDougall.Dans ces dix années, tous les membres de cette famille disparurent des Trois-Rivières, soit par mort, soit par émigration ailleurs.Les anciens se rappellent bien cette époque (pie l’on a appelée les ounces noires.L’ne dépression économique intense fit con-na'tre a nos populations la gêne et la misère.La fonte que les MM.McDougall retiraient des Forges tomba de vingt-huit dollars, à douze dollars la tonne.M.William McDougall fut appelé en 1878 à la magistrature de la Cour Supérieure du district d’Ottawa dont le chef-lieu était alors la ville d’Aylmer.Le nouveau juge était marié a Agnès Henderson.Leur fils John-Malcolm, naquit a*Jx J rois-Rivières, en 1858, où il lit ses études classiques au Séminaire St-Joseph et ses études légales à l’Université McGill.11 tut reçu avocat en 1879- En 1881, il avait épousé Corinne Turcotte, fille de l’honorable J.-E.Turcotte.Il avait pratique sa profession avec son père aux Trois-Rivières, d’où il était parti pour s’établir à Aylmer puis à Hull, en 1892.Il fut bâtonnier du barreau d’Ottawa, en 1901.Conservateur en politique, John-Malcolm McDougall a sans succès brigué les suffrages dans le comté d’Ottawa, aux élections générales de 1891 ; dans le comté de Wright aux élections générales de 1896, de 1897 et de 1905; enfin dans le comté d’Argenteuil à une élection partielle tenue en 1908 pour l'Assemblée législative de Québec.En 1911, il fut question de lui comme ministre dans le cabinet Borden.C’est en cette année qu’il fut nommé juge de la Cour Supérieure du district de Hull.11 avait pris sa retraite en 1922.11 est décédé à Montréal, le 5 août 1924.Ses funérailles eurent lieu à Aylmer, en l’église Saint-Paul ( R.L., dans le Bien Publie, des Trois-Rivières, 25 novembre 1926).LEVIS, PRES DU POLE NORD On sait que le gouverneur Murray, pendant son séjour au Canada, lit l'acquisition de plusieurs seigneuries.Il garda ces domaines pendant plusieurs années, puis, à son retour en Angleterre, constatant que ses seigneuries, administrées par des agents, ne lui rapportaient pas de gros revenus, il songea à les vendre.Feu J.-Edmond Roy nous apprend dans son Histoire de In Seigneurie de Lançon, qu’il y avait alors à Londres un riche anglais, lord le Despencer, qui désirait faire des acquisitions de biens-fonds dans la colonie.Les anciennes seigneuries avaient ses préférences.Le général Murray lui offrit sa seigneurie de Lauzon.Lord le Despencer écrivit à ce propos à Hugih Finlay, établi au Canada depuis plusieurs années, pour avoir des informations.Le 10 août 1773.Finlay donnait au lord anglais la description des seigneuries de Lauzon, Mascouche, Terrebonne, Laprairic, Lachenaie, Longueuil et Beloeil.Il lui avouait que ses préférences personnelles allaient à la seigneurie de Longueuil.Il ajoutait, toutefois, qu’il y avait au Canada tant de seigneuries à vendre qu'il n’avait que l’embarras du choix.La réponse de lord le Despencer à Hugh Finlay a été conservée.Elle mériterait d’être encadrée.Dans une lettre du 29 août 1773, lord le Despencer écrivait qu’il était frileux et qu’il croyait que la seigneurie de Lauzon était trop près du pôle nord.Il demandait de nouvelles informations sur la seigneurie de Longueuil plus éloignée du pôle. — 404 — LA PERTE DE LA FLUTE DU ROI “LE CAMELEON ” AU SAULT DE LA CHAUDIERE EN 1754 Québec, 25 8bre, 1753 Monseigneur, J’ay l’honneur de vous rendre compte que c’est au Sr Le Vasseur à qui l'on doit l’épreuve que nous faisons d’hiverner le T ujre au Sault de la Chaudière.On ne pouvoit mieux choisir qu’un vaisseau condamné pour voir l'effet que feront les glaces, et si elles ne luy font aucun dommage comme il y a lieu de l’espérer ; ce sera une resource inaprétiable pour le commerce de la colonie et en temps de guerre on pourrait même faire sortir des vaisseaux frais carénés pour la course.J’attends avec beaucoup d’impatience le succès de cette épreuve pour vous en informer.Je suis avec un profond respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur, Duquesne ( 1 ) Québec, 8e 8bre, 1754 Monseigneur, J’ai l’honneur de vous informer combien j’ay été touché en descendant de Montréal de voir le vaisseau Le Caméléon perdu sur la pointe du sud ouest du sault à la Chaudière et après avoir mûrement examiné toutes les manoeuvres que Ion a fait pour le conduire dans cet endroit, il n’en est pas une seule qui ne fut à propos comme vous l’aurés vû par le compte que vous en a rendu le Sr.foucault, j’ay même remarqué qu on s est servy de tous les expédients imaginables et qu il n est point de justes mesures qui n’ayent été prises pour prévenir un si fâcheux accident.Ce considéré, Monseigneur, je puis vous assurer que personne n est reprehensible de ce naufrage, puisque le premier accident n est arrivé cpie par des anchres rompues et le second par des amarres qui ont cassé par la violence du courant.Cet exemple et celuy que j’ay à vous citer des deux anchres que le Sr de Voutron perdit en rivière lorsqu’il m’amena icy avec la Seine et qui rompirent toutes deux à la (1) Correspondance générale», vol.09. — 405 — verge à un piçd du jas doivent vous engager, Monseigneur, à rechercher de très près le fournisseur sans quoy le Roy se-roit exposé à perdre tous les vaisseaux qui ne peuvent se dispenser de mouiller souvent sur des fonds durs, je défierois au plus habile marin de se parer du naufrage lorsqu’il y aura de si mauvaises anchres.Je ne dois pas vous laisser ignorer, Monseigneur, la bonne conduite que Mr Foucault a tenu après la perte de son vaisseau dont il a été consterné, il n’en est sorty avec ses officiers et son équipage que par mon ordre, et après avoir presque tout sauvé ainsi qu’il vous en informe.Je n’ai pû m’empêcher d’admirer l'arrangement avec lequel il a envoyé tous les effets de ce navire aux magasins du Roy et c’est à cette sage précaution que l’on doit tout ce qui s’est sauvé.Comme je n’ay pu descendre que très tard de Montréal où j’ay hiverné, je me suis fait informer si le T'ujrc n’avoit pas été incommodé par les glaces, on m’a assuré que cet hy-vernage seroit fort bon, mais que l’entrée du sault à la Chaudière étoit fort délicate en ce que la marée y est d'une violence extraordinaire et qu'il n’y a qu’un petit instant d’é-talc dont on peut profiter quand on ne sera pas pressé par une voye d’eau comme on l'a été du Camcicon, nous sommes convenus avec Mr Bigot qu’on le brûleroit afin d’empêcher que les glaces, dont l’effort est presque incroyable ne le portent dans quelque endroit où il pourroit nuire.Je suis avec un profond respect, Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur, Duquesne ( i ) Québec, 25 7bre, 1754 Monseigneur, Je n’ai pus rendre compte plustot à Votre Grandeur sur le malheur arrivé à la Hutte le Caméléon au sault de la Chaudière, où j’ai été continuellement occupé jusqu’à ce jour pour sauver les effets et agrès du vaisseau; Votre Grandeur a déjà sceut par les procès verbaux, les lettres de messieurs de Bigot, intendant, et Foucault, commandant le Caméléon, tous les différents accidents qui luy sont arrivés jusqu’au dix (1) Correspondu lice jiéncriile.vol.!*!». — 406 — de septembre où nous avons manoeuvré pour l’entrée dans le dit sault.Après avoir porté plusieurs ancres a toué tribord et bâbord de la rivière, une autre pour croupiere afin de le contrevenir dans le chenaille, et des aussieres debout pour le aller en ligne droit sur le Tigre, cette manoeuvre ayant été un peu longue a faire nous remimes cette operation au lande-main mais, monseigneur, lorsque Votre Grandeur apprendra que le soir la voie d'eau augmenta avec tant de violence que touttes les pompes, et la force de nos bras nv pouvoient suf-fir dans ce triste état, nous avons été forcé pour sauver le vaisseau et la vie à plus de deux cent hommes de passer sur l’ordonnance; pour y parvenir nous profitâmes de l’étal du soir de notre manoeuvre de midy avec des fanaux sur les balises, ce qui auroit parfaitement bien réussy si deux de nos retenus du côté nord-est n’eussent point rompus, dans un instant le flot jetta le vaisseau sur la batture du sud oist à tribord, sans perdre espérence nous reportâmes de nouvelles amares pour nous retirer, mais la violence des courants rendit tous nos travaux infructueux.C’est pourquoi, monseigneur, j’insiste auprès de Votre Grandeur pour qu’elle voulut bien ordonner qu’il ne fut envoyé des ports du roy en ce pais quç de bon cordage, nayant icy que des manoeuvres durs et difficiles à faire par la violence des courants de cette rivière.Nous n’avons déjà que trop éprouvé l’année dernière la défectuosité de ses cordages puisque tous nos franfunins manquèrent les uns après les autres en mattant Y Algonquin, nous avons également depuis quelques années la douleur de voir le vaisseau de cette colonie en risque par la mauvaise qualité des ancres.Je n’expose là, Monseigneur, rien que de vrai et suis persuadez que Votre Grandeur sera convaincus par les te-moynages qui luy seront rendus, du zèle et de la probité avec laquelle je travail.J’ai l’honneur d’être avec un très profond respect.Monseigneur, votre très humble et très obéissant serviteur, Dailleboust de Cerry ( i ) (1) Correspondance Kônfrnle, vol.99. — 407 — TROIS ACADIENS, “CONGREGANISTES” “ En 1776, dit M.Raphaël Bellemare, quelques Acadiens d'Yamacliiche (de la Grande Acadie), Publiant que les habitants des colonies anglaises de l’Amérique avaient toujours été les pires ennemis de l'Acadie et du Canada français, s’enrôlèrent dans l’armée américaine, sous Montgomery venu pour prendre Québec et nous entraîner dans le mouvement révolutionnaire contre leur mère patrie, l’Angleterre.“ Les injustices et les abominables traitements reçus des mains du gouverneur anglais de la Nouvelle-Ecosse (Lawrence) avaient nécessairement laissé dans l’esprit des Acadiens des impressions ineffaçables.Ils redoutaient de nouvelles perfidies de la part des Anglais du Canada, et voyant arriver une armée puissante pour les chasser d’ici, un certain nombre d’entre eux crurent l’occasion favorable pour venger leurs griefs.Ils se crurent justifiables d’offrir leur assistance à cette armée ennemie." 11 y a dans les vieux documents du congrès des Etats-Unis quelques pages où figurent les noms de trois cultivateurs de la Grande Acadie qui avaient servi dans cette armée.La récompense qu’ils reçurent du gouvernement américain 11e parait pas avoir été prompte ni généreuse.“ Les trois Acadiens dont nous parlons sont nommés dans les rapports en langue anglaise du Congrès, Gregory Strachan, Joseph Green et Paul Landrcc.Il faut traduire ces noms par Grégoire Trahan, Joseph Grigne (alias Melan-çon) et Paul Landry, orthographe française de ces noms.Ils étaient tous les trois résidants sur des terres de la Grande Acadie d’Yamachiche avant l’arrivée de l’armée américaine dans le Bas-Canada ”.Dans son ouvrage Les buses de l'histoire d 1 onto chiche, M.Raphaël Bellemare donne une traduction des documents qui furenf soumis au Congrès des Etats-L nis par Grégoire Trahan, Joseph Grigne et Paul Landry (pages 169 et seq). — 408 — ALEXANDRE MENUT De la cuisine du Château Saint-Louis au Parlement provincial, voilà le joli pas franchi par ce Vatel canadien venu au pays en qualité de cuisinier du gouverneur James Murray et qui remplit aussi pendant quelque temps les mêmes importantes fonctions chez le général Guy Carleton.Ayant obtenu, en 1768, un permis de vendre des liqueurs spiritueu-ses et des vins, il ouvrit, “ à l’enseigne de la Couronne, rue du Parloir, au-dessus de l’Evêché, à la Haute Ville”, une taverne où les clients étaient assurés “ d’être servis exactement, et de la meilleure façon Anglaise et Françoise au nouveau goût, à un prix raisonnable.” M.Menut allait aussi servir à domicile “ petit ou grand repas, Club ou Mess ”, Quittant temporairement ses marmites vides et ses bouteilles pleines à cause de la guerre qui mettait un lien à la bourse sinon un frein à l’appétit des Québécois, M.Menut échangea la cuiller à pot.contre un fusil et il prit part à la défense de la ville assiégée durant l’hiver de 1775-76, comme simple milicien dans la compagnie numéro 2 de la milice canadienne de Québec.11 obtint plus tard un octroi de terre dans le canton de Simpson en remerciement de ses services militaires.M.Menut représenta le comté de Cornwallis à l’Assemblée législative, du 20 juillet 1796 au 13 juin 1804, mais il semble avoir quitté la ville au printemps de 1803, pour n’y pas revenir.S absenta-t-il aussi du pays' Où et quand est-il mort?Voila trois questions cpie nous n’avons pu résoudre.M.Menut était français de langue, sinon de nationalité, et protestant.Il avait épousé Marie Deland.La Gazette de Oucbcc du 13 janvier 1825 annonçait le décès, “à Simpson, rivière Saint-François, le 9 décembre 1824, de dame Mai ie Menut, veuve de feu Alexandre Menut, ci-devant membre du Parlement provincial pour l’île et comté d’Orléans ”, C’est la veuve du député de Cornwallis.11 n’y eut pas de député Menut à Pile d’Orléans.Voici maintenant deux intéressants extraits de la Gazette de Québec au sujet du sieur Menut. .— 409 “ Québec, le 8 Janvier 1778.“ Mercredi de la semaine dernière, jour de l’anniversaire de la victoire remportée sur les rebelles dans leur attaque de cette ville en 1775.les Messieurs qui ont servi dans la garnison pendant cet hiver mémorable, ont donné le bal le plus splendide et le plus élégant souper à la taverne de Me-nut; la compagnie de plus de deux cent trente personnes tant Dames que Messieurs faisoit le coup d’oeil le plus brillant, la joie et la gaieté y régnèrent ensemble toute la nuit.— Vers les six heures et demie du soir Son Excellence Messi-re Guy Çarleton, Chevalier du Bain, notre digne Gouverneur et notre heureux Général, avec l’uniforme de la Milice (relevé du Ruban et de l’Etoile) ainsi que tous les Messieurs de ce corps qui ont servi sous lui pendant le Siège, entra dans la chambre du Bal, accompagné de Mylady Maria, &c., &c.Le bal s’ouvrit aussitôt par Mylady Maria et l’Honorable Henri Caldwell, Ecuier, Lieutenant-colonel Commandant la Milice Britannique.On dança jusqu’à minuit et demi que les dames furent conduites dans la chambre du Souper, où le Sieur Menut montra de nouvelles preuves de ses talents supérieurs dans l’art de traiter qu’il prétend à juste droit avoir sur ses pareils.Mais lorsque nous rendons justice à son mérite, en qualité de cuisinier, nous souhaitons qu’il se renferme dans son état—la cuisine; car l’on ne peut certainement ajouter rien au repas qui fut servi aux Dames par un valet crasseux, exactement habillé comme le bourreau dans la Venise sauvée, avec la différence considérable cependant que l’un paroit toujours avec un tablier blanc et un bo-nêt et l’autre justement le contraire.La compagnie se retira vers les quatre heures du matin entièrement satisfaite de la réjouissance, et tous en bonne humeur.Puisse cette disposition continuer jusqu’au 31 Décembre prochain et les suivans et puisse chaque retour de ce jour glorieux (dont l’événement a non seulement conservé cette garnison, mais même toute la province) être célébré avec le même esprit d’union en reconnoissance de notre heureuse délivrance des embûches de nos ennemis et en remerciement des douceurs de la paix et de la tranquilité, du gouvernement et des loix dont nous jouissons maintenant par 1 heureux succès de ce jour.” — 4io — M.Menut répondit à cet article dans les termes suivants: “ Québec, le 29 Janvier 1778.“ Mr.Limprimeur Le paragraphe inséré Dans vostre gazette Du 8 janvier la Description De la fete celebrée q part Montre Lintention qua eut lauteur De Divertir et faire rire le public En me voulait tourner En ridicule je suis bien aise que Son peut De finesse n’aye pas reûsy clans Son projet Car la Comparaison et sy drôle quant vérité Cella fait plutôt pitiez que rire et très meseante pour Lislustre Compagnie qui y assistoit qui doit couvrir de confusion son propre auteur et son ouvrage et il peut aprajtdre que un Cuisinier est par son art Divin Chéri Des grands Des héros et Des belle et que.le beau D’une fete immortelle est Detre chantée en face Du festin Si Dans son art il a bien réussy Le Dieu Cornus aura Soin de Sa gloire vous confondra et auteur et grimoire et le Public Dira dieu grand merci Des vos pareil que voulez vous qu’on pense Dors En avant Lon en faira grand Cas un auteur fade est un très mauvais plat Mis a la porte Sera la recompense.“ Nous avons inséré la complainte ci-dessus non pas tant dans la vue de divertir nos lecteurs, que dans celle de les convaincre de 1 impartialité de notre Gazette: mais avant que de quitter cette matière pour toujours, nous prenons la liberté de dire a Monsieur Menut qu’au lieu de montrer le plus petit ressentiment contre nous pour avoir inséré le paragraphe dans lequel on lui faisoit allusion dans notre Gazette du (S du présent, il auroit dû le considérer sous le même point de vue que 1 auteur le donnoit, c’est a dire, comme un avis: et assurément, malgré la déclamation ci-dessus en Salmic/on-dis, nous trouvons qu’il en a profité, parce que le Lundi suivant de la publication du dit paragraphe, il se montra non seulement en chemise et en bonet blanc, mais encore avec un visage frais.“ Nous ne voulons disputer ni l’antiquité ni la divinité de 1 art de la cuisine, parce que c’est une matière trop rafinée et trop intriguée pour que nous nous en mêlions, nous ne prétendrons pas non plus arracher à Mr.Menut cet applaudissement qu’il attend de son ami Cornus; nous pensons seulement que l’art paroitroit très divin et que Cornus seroit très content si le cuisinier ne paroissoit pas tant qu’un Cy- clope.” _ Francis-J.Audet UNE JARRET DE VERCHERES Le septième jour de novembre 1807 à trois heures après midy, par nous soussigné curé de cette paroisse (omis de) Bécancourt, a été inhumé sous le banc seigneurial en cette Eglise, avec les cérémonies ordinaires, le corps de dame Marie-Charlotte de Verchère, épouse de Jean-Baptiste Drouet, de Richervi'lle, Seigneur du lieu, laquelle est décédée hier à trois heures après midy après une courte maladie, âgée de soixante et douze ans, munie de tous les secours de l’Eglise.Furent présents Bonaventure Levesque, Antoine Labady, Louis Landry, Antoine Deshays et plusieurs autres paroissiens du lieu, quelques-uns ont signé avec nous de ce requis et les autres ont déclaré ne le scavoir de ce enquis lecture faite suivant l’ordonnance.(Signé) Louis Landry Antoine Labadve Labady, ptre QUESTION Le 24 octobre 1657, le Journal des Jésuites note que quelques Iroquois ont pillé deux Français à l’Arbre à la Croix.Le 16 du même mois, le même Journal avait mentionné que deux Français avaient été pillés au Cap à 1 Arbre.L’Arbre à la Croix et le Cap à l’Arbre sont-ils un seul et même endroit?Le texte du Journal laisse clairement entendre que cet endroit était près de Trois-Rivières.Quel est le site précis de l’Arbre à la Croix? — 412 — LE CHEVALIER D’AIGUEBELLE C’est au mois de juin 1755 que le chevalier d’Aiguebel-le débarqua à Québec avec le régiment de Languedoc dans lequel il servait en qualité de capitaine.Lieutenant en 1734, M.d’Aiguebelle avait été fait capitaine en 1741.Le 16 mars 1757, il était promu capitaine de grenadiers.La même année 1757 le roi de France accordait une gratification de 300 livres à M.d’Aigiuebelle.Au mois d'octobre 1757, M.d’Aiguebelle fit partie du conseil de guerre qui eut à juger MM.de Vergor et de Yil-leray pour avoir remis les forts de Beauséjour et de Gaspa-reau aux Anglais.Les deux officiers furent absous.Le jugement du conseil de guerre fut généralement critiqué, mais, au dire de Montcalm lui-même, les juges avaient jugé suivant l’information.Il n’y avait donc pas de reproches à leur faire.A la bataille de Sainte-Foy, le 28 avril 1760, M.d'Ai-guebelle se distingua par sa bravoure et son sang-froid.Il commandait cinq compagnies de grenadiers, à la gauche de 1 armée.C’est lui qui eut l’honneur de commander l’attaque contre le moulin Dumont.Ses braves grenadiers s’emparèrent d’abord de cette position importante, puis les Montagnards Ecossais la leur enlevèrent, mais M.d’Aiguebelle conduisit une nouvelle attaque de ses braves contre le moulin et cette fois il leur resta.Garneau a rendu un bel hommage a M.d’Aiguebelle et à ses grenadiers dans son Histoire du Canada.C’est sans doute pour récompenser M.d'Aiguebelle de sa belle conduite à la bataille de Sainte-Fov que le chevalier de Lévis demanda pour lui le grade de lieutenant-colonel.Le 28 juin 1760, il écrivait au maréchal de Belle-Isle: ,, .Je (leniande une augmentation de pension pour MM.1 rivier, Dalquier et de Poularies (ces deux derniers s’étant particulièrement distingués a la tête de leurs brigades, je crois qu’il serait du bien du service de leur en marquer vo-ti e satisfaction par une lettre particulière) et la commission de lieutenant-colonel pour MM.de Fouilhac, Duparquet, comamndants, et d’Aiguebelle, capitaine de grenadiers”.M.d’Aiguebelle se rembarqua pour la France avec ce qui restait de son régiment après la capitulation de Montréal.QUESTION Au cours d’une discussion, au sénat canadien, dans le printemps de 1919, un sénateur a révélé que Napoléon 1er avait un jour jeté les yeux sur la baie d’Hudson comme première prise avant de faire la conquête du Canada.L,a Presse du temps révélait ainsi ce point d histoire: Un jour, un ambassadeur anglais du nom de Mackenzie était en Suède à la cour du roi Bernadotte.Au cours d’une conversation avec cet ancien maréchal de France, ce dernier lui dit : “ Seriez-vous parent, par hasard, de M.Mackenzie qui a longtemps habité dans la région de la Baie d’Hudson, et qui est l’auteur d’un livre important sur ce pays?” “C’était mon cousin, répondit l’ambassadeur d’Angleterre, et très naturellement je connais bien son ouvrage, îl a exploré le Nord-Ouest jusqu’aux montagnes Rocheuses ”.“ Ce que vous 11e savez pas, répliqua le roi de Suède, c’est que Napoléon a fait traduire cet ouvrage en français et en a donné un exemplaire à chacun de ses généraux pour leur permettre d’étudier le territoire de la Baie d’Hudson au point de vue de la stratégie.L’empereur croyait que c’est en pénétant au Canada par cette région, qu on aurait tiouvé le moyen le plus facile de faire la conquête du pays.” L’histoire du grand Napoléon a été scrutée dans ses moindres détails.Je ne crois pas que ce rêve de prendre la baie d’Hudson ait germé dans le cerveau du conquérant.Nulle part, non plus, on voit que Napoléon ait fait traduire l’ouvrage de Mackenzie.Je serais fort curieux de connaître la vérité à ce sujet.Quelle que soit la personnalité du roi Bernadotte, sa parole en cette matière ne suffit pas.11 nous faut des faits appuyés sur des écrits pour croire à cette funambulesque idée.Prof. — 4'4 CAUXA LAVALLEE Calixa Lavallée, l’auteur de notre hymne national, O t iimufa.est né à \ erchères le 2X décembre 0X42, du mariagie de Jean-Baptiste Paquet dit Lavallée et de Charlotte-Caroline \ alentin.Voici son acte de naissance, extrait des registres de la paroisse de Saint-François-Xavier de Verchères: ' Le 28 décembre 1842, par nous soussigné, curé, a été baptiste Calixa, né de ce jour, du légitime mariage de Jean Baptiste Paquet, bis, forgeron, de cette paroisse, et de Charlotte-Caroline Valentin.Le parrain a été Jean-Baptiste Paquet, père, et la marraine, Charlotte Lalu, qui n'ont su signer.X, 01.Pruneau, Etre, curé.” La généalogie qui suit nous permet de comprendre que le parrain et la marraine furent les grands-parents de l’en-lant: Jean-Baptiste Paquet dit Lavallée et sa femme, Charlotte Lalu dit Lamontagne.La partie de la paroisse de Ver-chères où est né Calixa Lavallée est aujourd’hui comprise dans la paroisse de Sainte-Théodosie.f La famille Paquet dit Lavallée, à laquelle appartient l’auteur de notre chant national, a eu pour berceau, au Canada, la paroisse de Saint-Laurent, Ile d’Orléans.^ .L ancêtre, Isaac Paquet dit Lavallée, originaire de Saint-Jean-de-Montaigu, dans le Poitou, en France, se ma-1 ia en 1670 à Château-Richer.Au recensement de 168 r, on le tiouve établi a Saint-Laurent, lie d Orléans: sa famille se compose de sa femme, Elisabeth Meunier et de quatre enfants.\ ei s le milieu du dix-huitième siècle, un membre de cette famille, demeurant à Beaumont, alla s’établir à Ver-chères, où il eut une nombreuse descendance.Quelques-uns des descendants de cette branche abandonnèrent le nom de Paquet pour ne garder que le surnom de Lavallée.Généalogie dç Calixa Lavallée.^ m|uet dit Lavallée.Fils de Mathurin et de Marie brémillon, de Saint-Jean-de-Montaigu, dans le Poitou, I* rance.Il se maria a Chateau-Richer le to juin 1670 a Elisabeth Meunier.II—Charles, marié le ter février 1694 à Jeanne Cou-lombe, a Saint-Laurent, île d’Orléans. — 415 — III— Charles, marié le 29 octobre 1725, à Beaumont, à Marie-Charlotte Allaire.IV— André, marié le 15 février 1768, à Verchères, à Agathe dit Saint-Jean.V—Jean-Baptiste, marié le 23 septembre 1793, à Ver-chères, à Josephte Dansereau.VI—Augustin-Jean-Baptiste, marié le 6 novembre 1815, à Verchères, à Charlotte Lalu dit Lamontagne.VU—Augustin-Jean-Baptiste, marié le 5 avril 1842, à Verchères, à Caroline Valentin.VIII—Calixa, baptisé le 28 décembre 1842.Calixa Lavallée contracta mariage à Lowell, Mass., le 2t décembre 1867- avec Joséphine Gentilly.De ce mariage naquit un seul garçon, Jules-Maximilien, baptisé le 24 août 1884, à l’église de Notre-Dame-des-Victoires, à Boston, Mass.^ _ Calixa Lavallée mourut à Boston, à l’agc de 48 ans et 24 jours, le 21 février 1891.A l’époque de sa mort il était maître de chapelle à la cathédrale catholique de Boston.Des funérailles solennelles lui furent faites auxquelles assistaient Sa Grandeur Mgr Williams, archevêque de Boston, et un grand nombre de citoyens distingués.^ La carrière artistique de Calixa Lavallée, quoique brève, fut bien remplie.Après avoir fait des études préliminaires de musique, a Montréal, il alla se perfectionner aux Etats-Unis et en Europe.Tour à tour compositeur, directeur d’orchestre, organiste, et surtout pianiste, organisateur de concerts auxquels il prenait une large part, partout, il a fait preuve d’une activité dévorante et d’une grande valeur artistique.D’après le témoignage de ceux qui l’ont connu intimement, le talent artistique de Calixa Lavallee portait un cachet national, ou mieux l’empreinte de la nature grandiose et pittoresque de notre pays.On lui attribue comme premiers maîtres de musique MM.Letondal et Sabatier.Il a vécu à Montréal et aux Etats-Unis.11 séjourna deux ans à Québec, c’est-à-dire pendant les années 1880 et 1881.^ Durant son séjour à Québec, il tut organiste a 1 église Saint-Patrice et professeur de musique.C’est ainsi qu il se trouva dans la vieille capitale lors de la célébration de la fete de Saint-Jean-Baptiste en 1880. Calixa Lavallee a donne des récitais et des concerts dans les principales villes du Canada et des Etats-Unis.A la fin de l’année 1887, Lavallée, qui avait établi son séjour à Boston, eut l’honneur d'etre délégué en Angleterre pour représenter les musiciens américains au grand congrès musical qui eut lieu à Londres le 3 janvier 1888.Calixa Lavallée a laissé un grand nombre de compositions musicales, entre autres, deux opéras, un oratorio, une cantate ( 1878), 1 hymne national des Canadiens français, O Canada, composé en 1880, un grand nombre de morceaux pour piano, un offertoire (soli, choeur et orchestre, etc., un trio et deux quatuor, pour instruments à cordes, etc., etc).Pour nous, Canadiens français, l’hymne national dont il a dote notre pays, restera son oeuvre maîtresse.Elle rappellera à jamais sa mémoire au Canada.Hormisdas Magnan LES DISPARUS Romain-Octave Pelletier — Né à Montréal le 10 septembre 1843, du mariage de J -B.-Généreux Pelletier et de .Marie Masson.Admis à la profession de notaire, il abandonna bientôt son étude pour se livrer exclusivement à la musique.Il fut choisi comme organiste à la cathédrale Saint-Jacques, à Montreal, puis vécut quelques années aux Etats-Unis.A son retour à Montréal, M.Pelletier fut nommé organiste à l’église Saint-Jacques-le-Mineur.Il devint ensuite maître de chapelle à l’église du Gésu.En 1887, il était de nouveau choisi comme organiste à la cathédrale Saint-Jacques et il n abandonna ce poste qu’en 1922.En 1919.1 uni\ersité de Montréal lui conféra le titre de docteur en musique.Décédé a Montréal le 4 mars 1927, M.Pelle-tiei était 1 auteur de plusieurs traités musicaux, entr’autres 1 Accompagnement du cliajit grégorien, ouvrage très répandu.Il composa aussi plusieurs morceaux de musique religieuse et publia bon nombre d’articles sur la musique et le mécanisme du piano. — 417 — LETTRE DU GOUVERNEUR DE Y AUD R LUI L ET DE L’INTENDANT BEGON AU MINISTRE (12 NOVEMBRE 1712) (Suite et fin) Le Sr Uegon tiendra la main à l'exécution de l’ar-rest rendu au Consel de Sa Mté en 1668 portant def-fenses aux pères et mères de s’opposer aux mariages de leurs enfants scavoir, les garçons à 20 ans et les filles a 16 et suivra exactement cette jurisprudence dans touttes les affaires qui viendront pardevant luy au sujet des mariages.Le Sr de Vaudreuil se conformera aussy sur ce sujet aux intentions de Sa Mté.Le Sr de \ audreuil suivra ponctuellement ce que vous luy prescrivez, Monseigneur, dans la distribution qu’il fera aux Sauvages des médailles de Sa Mté et leur fera valoir autant qu'il pourra ces marques d’honneur qu’il ne donnera qu’à ceux qui les auront méritées, avec toute la réserve qu il conviendra pour ne pas avilir ces graces en les rendans trop communes.Le Sr de Longueil est très sensible à la satisfaction que Sa Mté a de ses services, le Sieur de Vaudreuil continue de vous assurer Monseigneur, que le dit Sr de Longueil est un des officiers de cette colonie (pii mérite le plus des grâces de Sa Mté (1).Le Sr de Vaudreuil n’a pas manqué de faire connaître aux Iroquois le tort qu’ils ont eu de s'estre joints aux Anglais l'année dernière, ils ont voulu faire entendre au Sr de Vaudreuil que jamais leur intention n’avait esté de nous venir attaquer et que s'ils s estoient assemblés chez les Anglais, ils ne l’avaient fait que pour profiter des présens considérables que les Anglais leur ont fait et que la meilleure preuve qu’ils en pouvaient donner, estait que les Anglais leur ayant proposé de se détacher pour venir en party contre nous, ils les auraient refusé, et qu’on pouvait encore juger qu’ils n’avaient point eu de mauvaises intentions, puisqu ils ont laissé passer tous (1) Charles LeMoyne, premier baron de Longueuil, décédé fl Montréal le 7 juin 1721). — 4i8 — nos canots au Détroit qui venaient charger de pelleteries, lesquels ils auraient pu arrester s’ils avaient voulu, disant encore que si les Anglais estaient venus attaquer Montréal, ils ne seraient venus avec eux que pour estre spectateurs de ce qui s’y serait passé, le Sr de Yaudreuil qui scait: à quoy s’en tenir a bien voulu recevoir ces raisons.Les Srs de Yaudreuil et Begon ont fait assembler les négocians de cette ville pour les informer des intentions de Sa Mté au sujet des apps (appointements) du Sr Riverin auxquelles ils se conformeront ces négocians ayant consenti que sur le produit des 4% par livre sur le prix du castor que la compagnie doit commencer a payer la présente année, le Sr Riverin reçoive les six années d appointemens qui lui sont deus en qualité de député de cette colonie, mais il nous ont prié, Mr., d’avoir l’honneur de vous supplier de faire cesser cette dé-puttation en vous représentant que cette somme de 3000£ n est payée que par un très petit nombre de négocians de Montréal, qui font le commerce du castor, ce qui leur est très onéreux d’autant que ce sera aussi un prétexte pendant plusieurs années aux intéressés à la compagnie du castor de ne payer icy à leur bureau le castor a ceux qui y en aporteront qu’à raison de 30s.la livre, ce qui est très préjudiciable au commerce de la colonie et même aux interests de cette compagnie puisque les négocians ne pouvant traitter le castor avec les sauvages qu a proportion du prix qu’ils en reçoivent au bureau et ne pouvant donner en échange à ces sauvages que des marchandises à un prix excessif.Il est certain que les sauvages trouvant plus d’avantage à négocier avec les Anglais continueront de porter leur castor à Orange sans qu'on puisse les en empescher.Les Srs de \ audreuil et Begon ont remis au Sr Pi-nault 1 ordre que Sa Mté luy a accordé pour le faire jouir des exemptions de tutelle et curatelle et autres privilèges pendant le tems qu il sera employé a faire le recouvrement de ce qui est deut à la compagnie.Ils l’obligeront de leur en rendre compte année par année, ce qu’il — 419 — n’a pu faire celle cy par une indisposition dans laquelle il est tombé, et dont il n’est pas encore rétably.Le Sr Begun examinera après le départ du Héros les comptes du Sr Duplessis, les observations qui y ont esté faites, et ses répliqués, à quoy il travaillera avec une attention particulière, et s’attachera autant qu'il le pourra à éclaircir ces comptes qui luy ont paru d’une si grande discution à la première connaissance qu’il en a prise qu’il ne luy aurait pas esté possible, Mgr, de vous en rendre compte à présent, ce qu’il fera l’année prochaine, en vous envoyant suivant vos ordres un extrait avec son avis.Le Sr de Vaudreuil a réitéré au Sr Duplessis les deffenses qui luy furent faites l’année dernière de continuer ses longues écritures.Le Sr Collet procureur général a esté receu au Conseil Supérieur, les Srs de \ audreuil et Begon auront pour luy les esgards qu’il peut désirer et luy rendront service dans les occasions qui se présenteront, leur paraissant un très bon sujet.Le Sr de Vaudreuil a remis au Sr baron de St.Cas-tin le brevet de lieutenant surnuméraire qu’il a plu à Sa Mté luy accorder et luy a fait espérer en mesme temps qu’il recevrait de nouvelles graces de Sa Mté en continuant de servir avec la mesme affection, et la mesme bonne volonté qu’il a fait par le passé, le Sr Begon luy fera payer ses appointemens sur les fonds de l’extraordinaire de la guerre, suivant vos ordres, il vous su-plie, Mgr, au cas que la paix soit faiste 1 année prochaine de luy accorder un congé pour passer en France où il a des affaires de familles qui luy sont de la dernière conséquence s’agissant de tout son bien.Le Sr de Vaudreuil continue à faire fre par tous les sauvages dans le gouvernement de Baston des partis contre les Anglais, et quelques pourparlers que les Anglais ayent eu avec eux à Kasquebay cette année, y ayant attiré plusieurs sauvages pour faire des échanges et des propositions de paix le dit Sr de Vaudreuil a fait faire par des Sauvages qui luy sont affidés des coups sur les Anglais peu de jours après les échanges et propositions de paix qui avaient esté faites, et il peut vous — 4-20 — asseurer, Mgr, qu i 1 trouvera toujours le moyen de traverser les accomodemens que les Anglais proposent aux Abénakis.Les Srs de Vaudreuil et Bégon se conformeront à vos ordres pour la distribution des présens de Sa Mté a faire à ces Sauvages pour les maintenir dans nos intérêts, sur quoy ils ont l’honneur de vous re~ piésenter, que par 1 estât du Roy de la présente année il n'a esté fait aucun fond pour les présens à faire aux Sau\ ages de 1 Acadie, et vous suplient d'accorder les dix mil livres de fonds qui vous sont demandés dans le projet pour cette dépense.Il a esté fait cette année aux fortifications de cette ville la maçonnerie de deux tours bastionnées l'une dans la c«nu tine du bastion St-Jean et l’autre au dessus du palais, la charpente et la couverture des bastimens qui ferment la gorge de cette première sont faites, il a esté fait aussy une muraille de six pieds de haut et de deux d'épaisseur le long de la coste du palais depuis la re-doutte du boureau jusques à la grange de l'hospital, elle suffit de cette hauteur en cet endroit qui est fort haut et fort escarpé, il a esté encore fait plus des deux tiers de la tenaille de maçonnerie (pii s’estant depuis la redoutte du cap aux Diamans jusques a celle du moulin de du I ont faisant 160 toises de long, tous ces ouvrages sont faits conformément au plan du Sr de Beaucours (pie vous avez approuvé.Monseigneur, et sur lequel vous ordonnez de faire travailler, ces ouvrages ont coûté au moins 6ooo 1.sans y comprendre les bois de charpente fer et autres munitions tirés du magasin du Roy, ainsy la dépense excède les fonds portés par l’estât du Rov de cette année de plus de 35000 1.Le Sieur de Vaudreuil a cru devoir faire pousser ces ouvrages avec vigueur sur les avis qu'il a eu de plusieurs endroits (pie les Anglais avaient encore dessein de le venir attaquer cette année, et il prend la liberté de vous représenter, Mgr, que trois raisons sont décisives pour presser les fortifications de cette ville, la première si elle estait une fois bien forti-nee les ennemis ne feraient jamais aucune entreprise sm cette colonie, cette mesme raison empêcherait les Iroquois de nous faire la guerre, parce que suivant les — 421 — apparences, ils n’entreprendront rien sur nous que par l’exemple des Anglais.La 2e est que les peuples de cette colonie ne s’y trouvent pas en seureté regardant les biens qu’ils y possèdent comme leur pouvant être ôtés d’une année à l’autre, ce qui fait qu’ils ne cherchent que les occasions d’en sortir, et les empeschent d’y faire les établissements qu’ils y pourraient faire.La 3e est que plus cette ville sera fortiffiée, et plus les peuples de la colonie auront de respect et de soumission pour les ordres de celuy qui y commande, ces raisons vous persuaderont sans doutte, Mgr, qu’il est très important d’achever promptement les fortifications de cette ville, laquelle pourrait estre fermée, et mise hors d’insulte dans l’année prochaine si on voulait faire une pareille dépense à celle qui a esté faite cette année, quoique ces raisons soient très fortes pour presser vivement ces travaux le Sr Begon a représenté cependant au Sr de Vaudreuil qu’il avait de vous, Monsgr, des ordres si précis de ne point excéder les fonds que Sa Mté a réglé par ses états que nestant pas en son pouvoir d’y contrevenir, il ne consentirait point qu’on continuast de travailler aux fortiffications de cette ville, et ne ferait payer aucune des dépenses qui pourraient estre faites sur ce sujet jusques à ce qu’il soit informé cju il aura plu a Sa Mté d’accorder un suplement de fonds pour acquitter les excédans de dépense de la présente année que le Si Begon juge fort considérables quoi cju il n ait pas pû encore en prendre une parfaite connaissance, qu’outre ceux qui sont sur les fortiffications, il y en aura encore sur les dépenses extraordinaires de la guerre des présens faits aux Sauvages, et pour les hardes qu’on n’a pû se dispenser de faire fournir depuis un an aux soldats, pout lesquels il n’est point remis de fonds, on se trouve encore à présent dans la nécessité de leur faire fournir des hardes, sans quoy ils ne pourraient pas soutenir la rigueur de l’hiver, et quelque économie qu’on puisse avoir, la dépense ira à plus de dix mille escus, comme il n y a rien dans les magasins, le Roy paye au quatruple de la juste valeur ce qu’on est obligé d acheter ce qui est le 4->2 — prix courant, les particuliers qui ont besoin des mesmes marchandises les payant sur le mesme pied, cette augmentation provient decry où sont les cartes, et est la source des excédans qui se sont faits depuis quelques années, parce que le Roy m’envoye presque rien de France, et les lettres de change sur les trésoriers n’estant point recettes dans le commerce, on ne peut avoir ce qui est nécessaire qu’avec des cartes qui tombent de plus en plus dans le mesme decry que celuy où ont esté les billets de monnaye, et les billets dans les ports sur Mrs les tiésoiieis de la Marine, ce qu’on ne peut empescher qu en en\oyant beaucoup de marchandises, et faisant ti-îer pour le surplus des fonds ordonnés des lettres de change sur Airs les trésoriers de la Marine en les faisant acquitter régulièrement pour établir la confiance.Les Srs de \ audreuil et Begon feront entretenir suivant vos ordres le rempart qui commence depuis le jardin de l’hostel Dieu jusques à celuy de Mr l’Evesque inclusivement.Le Sr de Vaudreuil peut vous asseurer, Monsei-gneui, que le fort de Chambly est l’ouvrage le plus utile qui serait encore fait en ce pays-cy puisqu’il le couvre entièrement du costé d’en haut, et peut empescher les ennemis de passer soit qu’ils voulussent pénétrer dans le fond de la colonie de Montréal ou descendre à Oué-becq en cas qu’il fust attaqué par en bas, du moins ne pourraient-ils le faire sans de grandes difficultés dès qu’on y fera camper un corps de 7 ù 800 hommes lesquels ¦i\ant un lieu seul de retraitte seraient à portée sans rien lisquei de les harceler, on peut placer dans ce fort 40 pièces de canons et 36 pierriers, 500 hommes y peuvent faire le service et 1000 y peuvent estre a couvert en cas de besoin, on y peut mettre des vivres pour la subce de ce nombre d’hommes pendant un an, et des munitions de guerre autant qu’on y en peut avoir besoin, et pour autant de tems qu on voudra, enfin, Monseigneur, ce fort doit estre regardé comme le rempart du Canada du costé d en haut.Le Sr de Vaudreuil a une joye extreme de ce (pie vous approuvez, Monseigneur, les ordres qu’il a donnés — 4^3 — et les mesures qu'il a pris l’année dernière sur les avis qu’il a reçeu que cette colonie devait être attaquée par en haut et par en bas.Il peut vous asseurer et le Sr Begem aussi qu’ils ne feront aucune dépense que celle qu’ils ne pourront se dispenser de faire pour le bien du service de Sa Majesté.Le Sr de Yaudreuil réitère toujours ses ordres aux officiers qui sont détachéz pour les convois qui se font d’un fort à un autre, ou qui vont en party de se charger et d’avoir un soin particulier de tous les canots, agrès, ustencilles et munitions qui leur sont remises et d en rendre compte au magasin à leur retour, et il peut vous asseurer, Monseigneur, que ces officiers exécutent régulièrement ses ordres et qu ils continueront de le faire a l’avenir, leur ayant fait connaître que ceux qui n'auraient pas sur cela une conduitte conforme aux intentions du Roy seraient privés des grâces de Sa Mté.Le Sr Begon aura de son côté une attention particulière en observant de ne faire délivrer aucun canot à ces officiers que sur leurs récépissé/, par lesquels ils s obligeront d en i entire compte, et de leurs ustencilles à leur retour, ou d en payer la valeur au Roy, ny ayant pas d autre moyen pour ces canots qui est considérable.Les Srs de Vaudreuil et Begon tiendront exactement la main à l’exécution des deux arrests du conseil rendus au sujet des concessions, ces arrests n ont pas encore esté enregistrés, ils le seront après le départ du Héros, le Sieur Begon aura l’honneur de vous rendre compte, Monseigneur, l’année prochaine du succès qu auront eu ces deux arrests, et des terres qui auront esté concédées aux habitans faute par les seigneurs de l’avoir fait et de celles qui auront esté réunis au domaine faute d’estre habités.Les Srs de Yaudreuil et Begon auront l’honneur de vous envoyer l’année prochaine suivant vos ordies un estât de toutes les seigneuries qui sont accordées en Canada, en haute, moyenne et basse justice, dans lequel il sera marqué celles ou les seigneurs entretiennent des offers de justice, n’ayant pû cette année avoir cet estât exactement. — 424 Les Commis de Mrs les trésoriers généraux de la Marine en ce pays ne trouvant point à tirer des lettres de change sur les fonds ordonnez, les Srs de Vaudreuil et Begon sont encore dans la nécessité de faire des cartes tant pour acquitter le restant des dépenses de cette année, rendre aux marchands de cette ville les sommes qu ils ont prêtées à Sa Mté pour les ouvrages des fortifications et autres dépenses qu’on a pu se dispenser de faire pendant la présente année que pour celles de l’année prochaine auxquelles ils ne pourront satisfaire qu’en faisant pour 400000 11.de nouvelles cartes, sur quoy ils ont l’honneur, Monseigneur, de vous représenter qu’ils ne croyent pas qu il soit en leur pouvoir l’année prochaine de se servir de ce moyen pour acquitter les dépenses qui seront ordonnées, ne leur paraissant d’autres expé-diens que celuv d’envoyer icy beaucoup de munitions et de faire acquitter les lettres de change qui seront tirées sur Mrs les Trésoriers généraux de la Marine.Quelque perquisition qu’on a faite du nommé Foulai guc.
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