Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Domaine public au Canada

Consulter cette déclaration

Titre :
Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /
Éditeur :
  • Lévis :Pierre-Georges Roy,1895-1968
Contenu spécifique :
avril
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
quatre fois par année
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1930-04, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
DES LE BULLETIN Recherches Historiques VOL.XXXVI LEVIS — AVRIL 1930 No 4 .LOUIS JUCHEREAU DE SAINT-DENYS Louis Juchereau de Saint-Denys a joué dans notre histoire un rôle important et qui est à peine connu de nos historiens.Les écrivains de la Louisiane et du Mexique ont beaucoup parlé de sa carrière aventureuse.Mais tous ont erré à son sujet.Les uns l’ont confondu avec son frère Charles Juchereau de Saint-Denys.Les autres en ont fait à tort un Français de la vieille France.Juchereau de Saint-Denys était Canadien, et bien qu’il ait vécu presque toute sa vie à la Louisiane et au Mexique, nous avons le droit de le réclamer comme une de nos gloires nationales.Né à Québec le 17 septembre 1676, il était fils de Nicolas Juchereau de Saint-Denys, seigneur de Beauport, qui fut anobli pour sa belle conduite au siège de Québec en 1690, et petit-fils de Jean Juchereau de Maur qui, avec Robert Gif-fard, amena dans la Nouvelle-France cette admirable immigration percheronne qui fut si utile au pays.Louis Juchereau de Saint-Denys passa fort jeune en Louisiane.Dans son second voyage au Mississipi, à bord de la Renommée, en 1099-1700, d’Iberville se fit accompagner par Louis Juchereau de Saint-Denys en qualité d’officier bleu (1).Ayant débarqué à l’embouchure du fleuve Saint-Louis, tandis que les premiers colons s’installaient sur les bords de ce fleuve, Juchereau de Saint-Denys en remonta le cours, parcourut les pays environnants, s’aboucha avec les (I) Un officier bleu, en termes de marine, est un officier qu’un capitaine de vaisseau crée à son bord, pour y servir, faute d’officier-major. — 194 — naturels dont il apprit l’idiome, et se concilia à tel point leurs sympathies, par son intelligence, sa bravoure, sa justice, son énergie et sa loyauté, qu’ils le reconnurent pour un de leurs grands chefs.Charlevoix nous dit à ce propos : “La Louisiane,Jorsque M.d’Iberville en partit au mois d’avril de l'année 1700, n’avait d’habitations françaises que celles de quelques indiens établis aux Illinois, un fort assez près de l'embouchure du Mississipi, lequel ne subsista que jusqu’en 1705, et un autre au Biloxi sur le bord de la nier.M.de Sauvole commandait dans ce dernier, qui était le quartier général.1) fbetville avait confié la garde du premier à M.de Bienville, son frère, et au sieur Juchereau de Saint-Denys, oncle de sa femme, lequel était fort aimé des sauvages et parlait assez bien la langue de plusieurs nations ” (1).M.de Laniothe-Cadillac, qui était gouverneur-général de la Louisiane, \oulant établir des relations de commerce avec le .Mexique, fit choix de Juchereau de Saint-Denys pour commander l’expédition qu’il y envoyait par terre.Il lui donna pour dix mille francs de marchandises et convint avec lui qu il les laisserait en dépôt chez les Natchitoches.M.de Saint-Denys avait fait alliance avec ce peuple en 1701, et quelques-uns de ces sauvages étaient venus depuis quelques années s établir sur le Mississipi, près de Calapissas., JihIui eau de Saint-Denys partit de 1 ile Dauphine le 23 août 1714.Arrivé au village des Natchitoches, situé dans une de de la Rivière-Rouge, à quarante lieues de son embou-1 nue dans le Mississipi, il y bâtit quelques maisons pour des français qu il avait dessein d’y laisser.Il leur distribua ensuite des outils propres à cultiver la terre et des grains pour 1 ensemencer.Buis, accompagné de douze Français et de quelques Sauvages ,1 prit sa route à l’ouest.Après vingt jours de marche, il arriva chez les Assinaïs, où il renouvela la prise de possession faite par de la Salle en 1684.Il prit dans ce vil-age vingt-cinq sauvages pour l'accompagner à la mission de Saint-Jean-Baptiste, a deux lieues à l’ouest de la Rivière-clu-Nord et a cent vingt-six lieues des Assinaïs.condîpagfS™ *c '« Xo,nclle.France, tome se- — 195 Le gouverneur de cette mission espagnole, le capitaine don Remon Sanche de Navarro, donna avis au duc de Linares, vice-roi du Mexique, de l’arrivée de Juchereau de Saint-Denys.Le vice-roi ordonna au gouverneur d’envoyer l’officier canadien à Mexico, où il arriva le 5 juin 1715.Le vice-roi, après avoir regardé ses lettres de créance, le fit jeter en prison.11 y resta plus de trois mois.Heureusement pour lui, quelques Français qui étaient au Mexique au service des Espagnols et qui connaissaient bien d’Iberville, dont Juchereau de Saint-Denys était l’oncle du côté de sa femme ( 1 ), parlèrent en sa faveur au vice-roi.Celui-ci, le faisant venir une seconde fois, l’engagea à servir le roi d’Espagne, en lui offrant une compagnie de cavalerie.Juchereau de Saint-Denys lui répliqua qu’il avait fait serment de fidélité au roi de France et qu’il ne quitterait son service qu’avec la vie.On avait déjà rapporté au vice-roi que, pendant le temps qu’il avait demeuré à la Rivière-du-Nord, Juchereau de Saint-Denys avait fait la cour à la fille du capitaine don Remon Sanche de Navarro.Le vice-roi lui dit, pour le déterminer, qu’il était plus de la moitié naturalisé espagnol, puisqu'il devait à son retour se marier à doua Emmanuelle, la fille ai née de don Remon Sanche de Navarro.“Je ne vous cèlerai pas, Monseigneur, repartit Juchereau de Saint-Denys, que j’aime dona Emmanuelle, puisqu’on l’a dit à Votre Excellence, mais je ne me suis jamais flatté de mériter de l’épouser.” Le vice-roi lui assura qu’il pouvait compter que, s’il acceptait l’offre qu’il lui faisait d’une compagnie de cavalerie au service du roi d’Espagne, don Remon serait ravi de lui accorder sa fille en mariage.Puis il le remit en liberté.Juchereau de Saint-Denys resta encore quelque temps à Mexico.Lorsqu’il fut sur le point de partir, le vice-roi lui fit cadeau d’une bourse bien remplie et d’un très beau cheval bai de son écurie, puis il lui proposa, en s’en retournant, de conduire neuf missionnaires aux nations Adayes, Ayches, Nacocodo-chy, Inay et Nadaco.Le jeune Canadien se chargea avec plaisir de cette mission et partit de Mexico avec les prêtres le 26 octobre de la même année.Après s’être acquitté de cet office, (1) D’Iberville avait épousé Marie-Thérèse de la Combe i’oeatière, dont la mère, Marie-Anne Juchereau de Saint-Denys, était la soeur du père de Louis Juchereau de Saint-Denys. il séjourna plusieurs mois dans les villes et bourgs de Saint-Louis de Potosi, Saint-Louis de La-Paz.Charcas, Saltille, Bocade-Léon.Puis, il se dirigea vers la mission Saint-Jean-Baptiste, à la Rivière-du-Nord, où il fut l'hôte du gouverneur don Remon Sanche de Navarro.Juchereau de Saint-Denys était depuis une semaine environ chez don Remon, lorsqu’arriva un événement qui eut une curieuse influence sur sa destinée.Laissons la parole à l’historien de la Louisiane (i)." Quatre villages de sauvages, qui étaient de la domination de 1 Espagne, prirent résolution d’abandonner leurs habitudes et de s en aller chercher à s’établir hors du territoire des Espagnols.Ils chargèrent tout ce qu’ils avaient de leurs meilleurs effets et de leurs grains sur leurs bateaux, et se mi-ient en marche pour s en aller du côté des Cadodaquioux, qui sont à près de cent lieues de là.Le senor don Remon en fut t°ut aussitôt avertit, et il en était fort chagrin, étant en partie cause de cette défection, pour avoir donné trop de liberté à ses cavaliers, qui étaient toujours chez les sauvages, à les pil-K i et a les chagriner sans cju ils osassent se défendre.Don Remon ne savait comment s’y prendre pour arrêter ce départ, attendu que personne n’osait aller trouver les indiens parce due leurs quatre villages réunis formaient plus de mille hommes armés d arcs et de flèches.De Saint-Denys, voyant son embarras, lui offrit, s’il voulait lui permettre d’y aller seul, de faire en sorte de les faire revenir.Don Remon, l’embrassant, lui répondit qu il n osait pas l'exposer ainsi, parce que deux nations de ces villages, les plus méchants sauvages qu’on pût trouver ne manqueraient pas de le poignarder.Mais de .Saint Denys ne s’embarrassa pas de cela.Il monta à cheval suivi de Jalot, son valet de chambre, et alla vers eux.Il attacha un mouchoir au bout d’une baguette, qu’il leur montra de loin en signe de paix, et, en les abordant, il leur parla en espagnol, langue qu ils entendaient bien, leur disant de revenir et qu on leur accorderait tout ce qu’ils voudraient, et il leur promit de la part du capitaine don Remon qu’on ne les inquiè- (1) I’éniciuit fait erreur quand il donne à la femme de Juchereau le •uelte LX "" authentiques, i,nient En,™- — 197 — ferait plus dorénavant.Puis il leur remontra que hors des terres d’Espagne ils seraient exposés à être tous les jours en guerre avec les Assinaïs ou les Cadodaquioux, qui font mourir cruellement tous ceux qu’ils prennent.11 ajoutait que l’on ferait défendre à tous les soldats de mettre jamais le pied dans leur village pour aller les inquiéter sur peine de la vie, et qu ils n avaient qu a le suivre, qu ils entendraient eux-mêmes faire cette défense tout haut aux soldats.Suivant le conseil de M.de Saint-Denys, don Remon fit assembler tous ses cavaliers et fit publier un ban tout haut en présence des chefs des sauvages, par lequel il était défendu aux cavaliers d’aller dorénavant chez les sauvages les piller ni les chagriner en aucune manière, sous peine de la vie, et ensuite il exhorta ceux-ci à s en retourner à leurs villages, qu ils n’ont jamais quittés depuis.“Ce petit service, que de Saint-Denys avait rendu au capitaine don Remon, avança son mariage avec la senora dona Emmanuelle, sa fille, il se fit, deux mois après, dans l'église du village, qui est desservie par sept pères cordeliers espagnols.Quand les articles du mariage furent signés de part et d autre, don Remon alla à Caoitil pour y acheter des habits de noces.De Saint-Denys y envoya avec lui Jalot pour y faire pareillement plusieurs emplettes qu’il rapporta au bout d’un mois quand il revint avec le senor don Remon.Six ou huit jours après leur retour, le mariage se fit avec pompe.De Saint-Denys avait donne a chacun des cavaliers espagnols trois piastres, une cocarde et un ruban jaune pour mettre à leur chapeau.Il fit présent a sa femme d un assez beau diamant qu’il avait apporté de France.La noce dura trois jours, pendant lesquels les soldats espagnols firent bombance et les décharges de leur mousqueterie ne furent pas ménagées.” Juchereau de Saint-Denys, après son mariage, resta encore huit mois dans la maison de son beau-père, au bout desquels il partit avec le frère de ce dernier, don Juan de Navarro, pour aller chez les Assinaïs.De la, il se rendit auprès de Lamothe-Cadillac pour lui rendre compte de son voyage.Le 25 août 1/ 16, il était de retour a Mobile, après une absence de trois années.Quelques semaines après son retour, il proposa aux sieurs Graveline, de Léry, de La Fresnière, Beaulieu et Der- — 198 — biinne de s associer avec lui pour aller faire le commerce avec fcLpdsde'a^ièredu-Nord, Ils achetèrent pour 4., JH livres (le marchandises et partirent de Mobile le 10 oc- 'hh u/16‘nLe l5 .nOVTL;mbre suivant- j|s arrivèrent aux Nat- SaiJt-Denys prit seul les devants avec les deux tiers des marchandises.Le 24 décembre, il était rendu aux Assinais, ou il trouva les Espagnols.Le 6 avril 1717 il ttait parvenu au I residio du Nord.Là, ses marchandises furent saisies par les Espagnols.Il se rendit alors à Mexico pour se les taire remettre.Après bien des démarches, il put W ™" ' les,v?"d,t un bl”i Prix.Enfin le 24 mars 1719 1 ta" de retour aille Dauphine.Cette fois, son voyagé avait dure deux ans et cinq mois.^ b de l /kivièr /~t' de 3° ans‘ T1 est en état de servir, I parle la langue huronne, et l’outaouaise: mais il s’en fait trop a croire sur son mérite, qui n’est pas encore connu quoi- qu il ait avancé d avoir été dans une action qui étoit vigoureuse, ce qui par la suite s est trouvé faux.Le sieur du Vivier fils, âgé de 25 ans.Il a bien de la bonne volonté et sa conduite est fort régulière.Le sieur Bélestre, âgé de 45 ans.II a très bien servi : niais il est devenu un peu infirme cependant il est toujours de bonne volonté et de bonne vie et moeurs.Le sietu Bailly, âgé de 55 ans.Il est de bonne volonté pour le service.Le sieur chevalier de Cabanac, âgé de 20 ans.Il est de bonne volonté et est en état de servir.Le sieur de Langloizerie, âgé de 27 ans.Il est fils de feu Mr de Langloiserie, lieutenant de Roy de Québec.Il est en état de servir, ne manque pas de bonne volonté et il ne paraît pas qu’il ait aucune mauvaise qualité.Le sieur Le Gardeur, âgé de 24 ans.Il est en état de servir et de bonne volonté et il est d’ailleurs fort sage.Le sieur de Méloise, âgé de 32 ans.Il est en état de servir, et de bonne volonté.Il a de l’esprit et une bonne conduite.La Chauvinerie, âgé de 50 ans.Il est très bon officier.1 seit avec beaucoup de zèle et d’appliquation en qualité d’in-terprette pour les Iroquois parmi lesquels il a du crédit._ Le sieur Senneville fils, âgé de 27 ans.11 est en état de bien servir, a esté pages de Mde la duchesse de Bourgogne et a fait trois campagnes dans les Mousquetaires du Roy, il est de très bonne volonté pour le service, et il est homme de bonnes moeurs., Le sieur Chartrain, âgé de 60 ans.Il est bon officier et n’a aucune mauvaise qualité., s]eur Lintot, âgé de 40 ans.Il a très bien servi et est en état de servir encore.Tl est détaché au Détroit où il sert sous le sieur de Tonty.' Le sieur d’Assigny, âgé de 22 ans.Tl est fils de Mr de Longueuil et de très bonne volonté, mais quelqu’incommodi-te l’empesche d’agir comme il le souhaiterait.C’est un très bon sujet.Be s'eur Belval, âgé de 60 ans.Il est peu en état de servir.Le sieur Châtelain, âgé de 25 ans.Tl est sage et en état de servir. — 216 — Le sieur de Croisille, âgé de 40 ans.Il a très bien servi pendant la guerre.Il est encore en état de bien servir et il n’a aucune mauvaise dualité.Enseignes en second Le sieur de Plaine d’Amour, âgé de 50 ans.C’est un très bon officier qui a donné des preuves de sa valeur pendant la guerre â la prise de plusieurs places angloises dans l’Isle de Terreneuve sous le command1' de Mr d'Iberville et dans l’exécution des ordres que je luy ay donnez pour maintenir les sauvages de l’Accadie dans nos intérests.Il est triste pour luy de demeurer toujours dans le même employ.Le sieur Pommeroy, âgé de 35 ans.C’est un officier de bonne volonté et de bonne conduite.Le sieur Moras, âgé de 35 ans.C’est un bon officier qui a bien servi pendant les guerres tant contre les Anglois fine contre les Iroquois et qui est encore en état de rendre service, sa conduite est fort réglée et il n’a aucune mauvaise qualité.Le sieur de Niverville, âgé de 35 ans.Il est en état de servir.Il est fort honnête homme et n’a aucune mauvaise qualité.Le sieur Moncours Hertel, âgé de 30 ans.11 est très bon officier qui a très bien servi dans plusieurs parties contre les Anglois et il mérite d’être avancé.Le sieur Dusablé, âgé de 30 ans.Il est bon officier.Il a bien servi dans la guerre contre les Renards et n’a aucune mauvaise qualité.Le sieur Du Burron, âgé de 35 ans.Tl est en état de bien servir dans les occasions où il pourra être employé et je ne luy connois aucune mauvaise qualité.Le sieur Douville, âgé de 60 ans.1T n’est plus en état de marcher en campagne il a donné au roy cinq garçons qui sont dans le service et qui sont de bons sujets.^' C()iumande depuis deux ans et j'en suis très content; le sieur de \ illedonné est allé le relever cette année.Le sieut Hertel, âgé de 50 ans.Il a bien servi et sert actuellement pour gouverner les sauvages de St.François et les maintenir dans nos intérests.Le sieur I icard, âgé de 60 ans.Il a toujours donné des marques d’un bon officier.Le sieur Richerville, âgé de 58 ans.Il a servi lorsqu’il ci etc* commande.Il est de bonnes vie et moeurs.Le sieur Ferrière, âgé de 30 ans.Comme il n’est officier que depuis trois ans je ne connois pas bien ses bonnes qualités par rapport au service.Il me paroist cependant qu’il est en état de bien servir ne luy voyant aucune mauvaise qualité.sieur Beaulac Hertel, âgé de 30 ans.11 est bon officier très capable de bien servir; dans le tems qu’il 11’étoit pas officier il n’a pas négligé d’aller dans tous les partis qui se sont faits contre les Anglois pendant la guerre dernière où il a donné des preuves de sa valeur.Il est d’ailleurs fort réglé dans sa conduite et dans ses moeurs.Le sieur de la Morandière d’Amour, âgé de 40 ans.C’est un bon officier dont je ne puis assez dire du bien.Tl a dès sa jeunesse donné des preuves de sa bravoure dans tous les partis qui se sont présentez et l’avant détaché pour aller faire un prisonnier â un fort que le sieur Neglesson avait eslevé au bout de lac Champlain il y réussit et enleva un Anglois dans la pallisade et cela en revenant d’un autre party où il avoit été blessé il mériterait que le Conseil voulut bien avoir égard à — 218 ses services estant un des officiers le plus capable pour commander des partis si nous avions la guerre.Le sieur Philbert, âgé de 45 ans.Il est fort bon officier en état de servir et qui mène une vie fort réglé.Le sieur Marin, âgé de 30 ans.Il est bon officier fort vigoureux et en état de bien servir.Il est détaché à Chag-vamigon sous le sieur de St.Pierre après l’avoir été à Missi-limakinac.Le sieur Yieuxpont, âgé de 38 ans.11 est un bon officier bien réglé et en état de bien servir, de bonnes vie et moeurs.Enseignes en second qui ont remplis les pinces de petits enseignes qui étoient vacantes Le Sr.Il s’cst rendu à Québec et a été reçu.Dugué.Il n’a pas passé en Canada.Raimond.Il n’a pas passé en Canada.Costebelle.Il a été reçu et est en état de servir.Catalongne.II a été reçu, et est en état de servir.La Martinière.Il a été reçu et est en état de servir.La Corne.II a été reçu et est en état de servir.Enseignes en second Oui n’ont point de places Le terrier, Sabrevois, Lignery.Ils continueront de servir en qualité de cadets jusques à ce qu’il y ait des places qu'ils puissent remplir.Le sieur Rev Gaillard, commissaire d’artillerie, âgé de 70 ans.Il a fort bien servi et sert encore, mais son esprit a fort baissé et il n’est plus en état d’agir comme autrefois, 1 estime qu il serait à propos de luy donner un second qui pût le remplacer après sa mort.Le sieur de Boishébert, lieutenant dans les troupes, remplirait fort bien cette place de second, en luy donnant une commission de lieutenant d’artille-ne sails appointements.Il en ferait les fonctions jusques à ce que le sieur Gaillard vint à manquer et luy succéderait apres sa mort.Lait à Québec le 26 octobre 1722.Vaudreuil. — 219 — LA RECEPTION DE MGR LE VICOMTE D’ARGENSON” ‘ * let ,£« g0UVerneUr cl'Arffens°n arriva à Québec le i r juil- veai6|anPreSC,Ue T ™ Ct demi après sa nomination.Le nou- rane m’Ïvin ^ T" t0US Ies honneurs dûs à son ang par M.dAilleboust, administrateur de la colonie.de latravenseTnSTe T ?-P3S lon^temPs des fatij-i.es cie la traversée.Le lendemain meme de son arrivée au mo] Tt 0U '( alIa,t sf n,ettre à table, on vint lui apprendre que tours T Ouébef PrCSenC?3Vait été si^naIée Sis les alin-murs de Quebec, venaient de tuer une femme montaenaise A |/^ai leyia"S "" ™ perdit pasT?“ ant.A la tete de deux cent cinquante hommes il se mit à h poursuite des lâches assassins.Mais, ceux-ci,’ averds ‘ aî Ont Vol,O11'8' Sent°nCe7"î dans la forét ^ l’expédition re-x,nt a Quebec sans coup ferir.Ce fut le 28 juillet, quelques jours seulement après la surprise causée par les Iroquois, que les élèves du collège de Quebec donnèrent une réception solennelle au vicomte d’Ar-genson.L estrade avait été dressée dans le jardin du collège à „ ™)rf ,dune haie v,ve d°ot les branchages touffus protégeaient les spectateurs contre l’ardeur du soleil.Toute la de Québec put Se placer sur les bancs nS^ues disposes en hémicycle.Les fauteuils des invités étaient au nulieu de 1 enceinte champêtre.L ajournai des Jésuites nous donne un bien pâle comnte-rendu de cette réception qui, sans doute, fut très imposai A la date du 28 juillet 1658, le Père De Quen note “ M le gouverneur nous fit l’honneur, avec M l’abbé Queylus de dîner chez nous, où il fut reçu par la jeunesse du pays d un petit drame en français, huron et algonquin, dans • 7 Jardin’ a ,a Yue de tol,t ,e peuple de Québec.Le dit S eu’ gouverneur témoigna etre content de cette réception ” 'Lc COmI?te-rendu du Journal des Jésuites est sobre, trop sobie, mais, heureusement, ce petit drame en trois langues a Ue conserve.Il nous fait connaître en même temps les jeu- nés écoliers qui montèrent sur les planches ce jour-la.Cotaient Pierre Duquet, qui représentait le génie universel de la Nouvelle-France ; René Chartier, qui représentait le gcme des forêts, interprète des étrangers; Ignace de Repentigny, [ean-François Buisson, Charles Sevestre et Denys Masse, personnages français; Charles Denys, qui représentait le sauvage Huron; Jean-François Bourdon, qui représentait.l’Algonquin ; Guillaume Brassard et Paul Denys, qui représentaient les étrangers, l’un du sud, l'autre du nord; et enfin Jean-Baptiste Morin et Jean Poupart qui représentaient, le premier un captif Huron, et 1 autre un eapti! nez-perce.Le génie universel de la Nouvelle-h rance (1 'en e ^u-quet) présenta ainsi au gouverneur d’Argenson les différents personnages de la pièce : “ Monseigneur, le bruit et la renommée de vos grandeurs, de vos vertus et de vos mérites avait déjà passé les mers et retenti jusques ici aux oreilles du hrançais, ayant qu'ils eussent l’Honneur de vous voir en ces contrées; mais le bruit de vos canons tirés à votre arrivée s étant fait entendre partout sur terre, on a amassé toutes les nations lesquelles venant de fort loin et par des chemins très fâcheux, on ne doit pas s’étonner, Monseigneur, si j ai différé si longtemps a vous les présenter en qualité de génie universel de ce nouveau monde.” Chaque personnage fit ensuite son compliment au gouverneur dans sa propre langue.Les quatres hrançais, plus policés que leurs frères luirons, algonquins et nez-percés, parlèrent en vers.C’était plutôt de la prose où les vers s’étaient mis.Qu’on en juge par les premiers vers ; Après mille morts évités Enfin, malgré le mauvais sort, Vous venez, Monseigneur, par un heureux transport.Pour favoriser ces contrées.Que de voeux nous avons offert ! Qu’importe ! M.d’Argenson dût être content de cette réception.Il y voyait la valeur de l’effort.P.-G.R. 221 CHANSON DE MATAMORE L’ancienne chanson de fanfaron ou de matamore qui s’apparente à la chanson de mensonge n’a guère laissé de trace parmi nous.Le seul échantillon que nous avons recueilli doit remonter en France, au l(>e siècle, car il y est question d’un dicton populaire depuis longtemps oublié, au su jet d’une cloche fameuse de la cathédrale de Rouen, bénite par le cardinal Georges d’Amboise, entre 1494 et 1498.Il nous paraît que cette chanson a été apportée par quelque soldat normand qui en nous en faisant cadeau, tenta de lui ajouter une touche locale, afin de la rajeunir ou d’en augmenter l’intérêt.Quoi qu’il en soit, notre version vient de feu j.-A.Richard, mort septuagénaire à Montréal, il y a quelques années.Nous l’avons déjà dit, le sieur Richard avait la toquade intéressante de retenir surtout les chansons qui lui paraissaient avoir quelque valeur historique.Or, comme il possédait le répertoire de son père, de son oncle et de sa mère, lesquels étaient nés avec le XIXe siècle, il a pu nous fournir plusieurs chants dont il sera fait état, un jour.Le matamore Avant qu’il soit le mois d’avril, Moi seul, je veux prendre Paris, Quand je marche, la terre tremble, C’est moi qui conduis le soleil, A-t-on jamais vu, dans le monde, Un homm’ qu’a trouvé mon pareil ?— 2 — Les Iroquois sont mes enn’mis, J’en ai bien tués dedans ma vie, Avec que mon grand sabre d’or.Quand je le tir’ de son fourreau, Il tranch’ de sept lieues à la ronde, Sept ou huit nations à la fois. — 222 — — 3 — En revenant du pays Jersais, J’rencontre nu capitain’ français, De mon bras vaillant je le jette, Tl ne fut pas demi tombé, Son corps n'était plus qu une carcasse, I ,es mouches l’avaient tout mangé.— 4 — De là, je m’en vais à Rouen, C'est pour y voir tous mes parents, Aussi la cloch’ de Georg’ d’Amboise, Si elle est bell’ comme on l’a dit, Cela me serait bien commode, Pour me faire un bonnet de nuit.— 5 — Hélas! mon plus grand embarras, C’est de me battre avec les chats, Je me renfV, je deviens superbe, Je fais peur au plus gros matou, Toute chatt’ qui va au fromage, Mérite mon juste courroux.Le dernier couplet détonne.Il contraste péniblement avec les précédents.On dirait qu’il n’est pas de la même veine et qu’il provient d’un autre morceau, sinon d’un autre parolier.E.-Z.Massicotte REPONSE Le Rapport de M.Michel (H, p.8) —Le Rapport de M.Michel sur les mines d’or de la Beauce se trouve dans une brochure officielle publiée à Ottawa en 1866 sous le titre de Gold region of Canada.Report of Mr A.Michel and Dr Stcrry Hunt. REPONSE Le Monument Wolfe à New-York fl, i>.47)—Au cours d’une fouille que je fis l’an dernier dans la bibliothèque de la Société Historique de New-York, j’eus le plaisir de jeter un coup d’oeil sur des documents qui m’ont appris que le général Wolfe, qui est tombé vainqueur ou vaincu sur les plaines d’Abraham, à Québec, a eu aussi son monument dans la ville de New-York.Ce monument s’élevait à l’endroit où la Quatorzième rue fait jonction avec la Huitième avenue, à l’heure où j’écris ces notes.Le chemin qui y conduisait se nommait l’allée du monument (Monument Lane) ainsi qu’on le trouve indiqué sur la carte géographique de la ville, de Ratzer, 1766-67.Sur le plan de la Cité de New-York (Plan of the City of New-York and Its Environs), dressé en 1766 par l'ingénieur anglais, le C apitaine John Montressor, ce monument est indiqué comme étant sur un terrain appartenant à Olivier Delancey, à l’entrée duquel un écriteau portant l’avis : “ Chemin de l’Obélisque ” pouvait être facilement lu.Près du monument on pouvait également lire sur une tablette de marbre : “ Obélisque érigé à la mémoire du Général Wolfe et autres.” Ceci était quelques années avant la Révolution.Ce monument disparut tout à coup, et jusqu’à présent on n’a pu en déterminer la cause, mais la légende veut que le général Olivier Delancey, qui avait épousé la cause du Roi au début de la Révolution, le fit abattre avant que ses terres fussent confisquées.M.Wall, le bibliothécaire de la Société Historique de New-York, a découvert récemment un article du Middlcscx-Journal and Evening Advertiser d’Angleterre, en date du 15 octobre 1776, qui établit sans conteste que William Alexander, populairement connu comme Lord Sterling, et l’un des principaux officiers de la cause américaine, érigea ce monument au héros de Québec en 1759.L’article se lit: “ It is somewhat remarkable that Mr Alexander, commonly called Lord Sterling, zvas the first and principal person who promoted the design of erecting a statue to Lord Howe, as also of a monument to the memory of General Wolfe, near Ncw-York.” — 22 4 — William Alexander était l’un des plus riches citoyens de New-York dans la période coloniale.Il naquit dans la.ville en 1721» et mourut à Albany, dont il avait le commandement, en 17X3, juste cinq ans avant que les préliminaires du traité de paix fussent signés.En 175/ il lit valoir ses droits au duché de Sterling devant la Chambre des Lords, en Angleterre, mais sa pétition resta sans réponse, ce qui n empêcha personne de toujours le saluer connue Lord Sterling, tant on était convaincu ([lie ce titre lui appartenait.Ln 1761 il épousa la fille de Philip Livingston.Il était membre du Conseil Provincial, Intendant Général et Secrétaire Colonial de l'Etat de New-York.Dans ses recherches pour “ l’élusif monument de Wolfe ” comme il l’appelle, M.Wall, découvrit^une annonce du New-York Mercury en date du 12 juillet 1762 : “ This is to inform the Gentlemen and Ladies of this City, that there is just brought to Town and to be disposed of by H ay of drawing Tickets, at the house of the It idow Alstinc, next door to Mr Rutherford's near the Bowling Green, a most curious piece of work representing a County Seat with the Chapel, Summer House, Flower Gardens and Grottos belonging to it ; also a monument m memory of General IVolfe, on the top of which is an image of Fame, below which are the Ensigns bearing the English Standards; in the Body of the piece is the Corps on a Couch, at the foot of which is Minerva weeping, at the head is Mars, pointing at a small distance, as meaning Behold a Irving Hero, with other Pieces too tedious to mention.'The zvholc is inclosed in a Glass Case.” Après la lecture de cet avis, on ne peut plus douter de l’existence du monument de Wolfe, sur le domaine de la famille Delancey, et nous donne un assez bon aperçu de ce qu’était ce monument (Léon Bossue dit Lyonnais, Le Canadien-français ).- UN MOT DE PLINE LE JEUNE Ne serait-ce pas une indignité qu’on ne pût admirer à son aise, tout haut, un homme digne d’admiration, parce qu’il nous arrive de le voir, de le connaître et de le posséder parmi nous.Pline le Jeune — 225 LETTRE DE LOUIS DE SALABER R Y A SIR JAMES CRAIG Monsieur le Général, Votre Excellence m’a fait l’honneur de m’informer des recommendations particulières qu’Elle a reçues pour moi du Duc de Kent.Cela confirme les détails que Son Alesse Royale m’en a données dans les lettres dont Elle m’a honoré par les mains de Votre Excellence.— Je suis assuré qu’un Général de services distinguées, apprendra avec plaisir que le Duc s’intéresse pour un ancien et loyal serviteur du Roi son père.Veuillez donc me permettre, Monsieur le Général, un rapprochement succint de mes services.— Dans l’été 1775 j’ai été blessé à St Jean, et encore très dangereusement le 1er novembre même année: Etant rétabli de mes blessures, et libéré des mains de l’ennemi, ou j’étais demeuré prisonnier, je continuai à servir jusqu’à la paix de 178.1.Dans la dernière guerre, après avoir été capitaine au R eg* R.V.Canadiens, j’ai été fait major du premier Bataillon, par Lord Dorchester en 1796.Réformé en août 1802, sans demi-paie.Heureusement j’avais été commissionné Surintendant des Sauvages en 1799, par S.Alesse Royale le Duc de Kent, qui connaissait mes services.Je me ressens peu de mes blessures; si ce n’est d’une contusion à la poitrine, qui m’a laissé une oppression dont heureusement je ne souffre pas toujours : de sorte que je ne suis pas encore hors d'état de servir.Je m’offre donc à mon Roi et à son Représentant, aussi cordialement (pie quand j’étais jeune.D’après ce que Votre Excellence m’a fait l’honneur de me dire, de la manière la plus parfaitement honnête, je dois me dispenser de la fatiguer par des sollicitations.Je ne voudrais pas ajouter à celles auxquelles Vous êtes probablement exposé.Je m'en remets entièrement à Votre Excellence et avec confiance, ce qu’elle décidera sera reçu avec respect et gratitude.— Ce qui a contribué, Monsieur le Général, a adoucir l’état peu fortuné d’a-présent après avoir joui d’un sort plus prospère, qu’il me reste toujours le bonheur de voir mes quatre fils dans les armées de Sa Majesté.J’espère qu’ils y — 2 if — suivront toujours les voies de l’honneur et de la gloire.Je demande pardon de ces détails.J’ose espérer que Votre Excellence voudra les bien accueuillir en considération de Son Altesse Royale.J’aurais dû être plus concis; mais il fallait bien exposer la vérité.Je la dirai toujours avec candeur, tel qu’il convient éternellement : et sur-tout par rapport au respect dû au Représentant de mon Souverain, et à vos qualités personnelles.En souhaitant bien sincèrement à Votre Excellence un prompt et perdurable rétablissement, j’ai l'honneur de lui offrir l'hommage des sentiments très-respectueux avec lesquels je suis, Monsieur le Général de Votre Excellence, Le très-humble et très-obéissant serviteur L.de Salaberry A Québec le 6me Décembre 1807 (1).LES DISPARUS Jacques fabric — Né à Saint-Charles de Bellechasse le 4 janvier 1784, du mariage de Jacques Nanti dit Labrie et de Marie-Louise Brousseau.Ses études classiques terminées, Labrie alla étudier la médecine à Edimbourg d’où il revint en 1808 avec un diplôme du Royal College of Physicians of Edinburgh.Il s’établit à Saint-Eustache, comté des Deux-Montagnes, oû il ne tarda pas à avoir une influence considérable.Il fut député de \ ork puis des Deux-Montagnes de 1827 a 1830.Le docteur Labrie décéda prématurément à Saint-Eustache le 26 octobre 1831.En 1827, M.Labrie avait publié à Montréal Les premiers rudiments de la constitution britannique, traduits de l’anglais de M.Brooke.Il avait aussi laissé en manuscrit une Histoire du Canada assez considérable.La Chambre d'Assemblée, en 1831, avait voté une somme importante pour la publication de cet ouvrage.Malheureusement, M.A.-N.Morin, chargé de cette publication, ne se pressa pas assez et le manuscrit fut détruit lors du sac et de l'incendie de Saint-Benoit en 1838.(1) Bibliothèque Saint-Sulpice, à Montréal. LA MESSE AU PALAIS DE L’INTENDANCE Au mois de septembre 1713, Louis XIV, en veine de générosités, accordait une somme de 3000 livres par an au chapitre de Québec.L’édit du roi disait : “.Nous avons donné et donnons au chapitre de l’église cathédrale de Québec la somme de trois mille livres, à prendre par chacun an sur le domaine (pie nous [>ossédons en la Nouvelle-France ; laquelle somme nous voulons être employée année par année à commencer du premier janvier de l’année prochaine, mil sept cent quatorze, sur l’état des charges du dit pays, sous le nom du dit chapitre, pour en jouir par lui à perpétuité ” Le roi donnait d’une main et enlevait de l’autre.Par le décret de fondation du chapitre de Québec du 6 novembre 1684, Mgr de Laval s'était réservé la nomination de tous les bénéfices.Le roi, en accordant au chapitre une rente annuelle de 3000 livres, enleva à l’évêque de Québec pour les accorder à lui-même les nominations aux bénéfices du doyenné et (le la chanterie.Le grand monarque transportait donc dans le nouveau monde les abus de la vieille France.Là-bas, depuis bon nombre d’années, les bénéfices ecclésiastiques tous sous l’autorité royale, allaient non pas aux plus dignes et aux plus méritants mais aux fils de famille et à ceux qui avaient des influences.Ce passage de l'édit de septembre 1713 explique pour quelle raison les doyens et grands-chantres du chapitre de Québec furent presque toujours des prêtres nés en France.Les évêques de Québec auraient plutôt choisis des fils du pays.Ceci ne veut pas dire (pie les prêtres français nommés par le Roi n’étaient pas dignes de remplir les charges de doyens et de grands-chantres, mais les fils du pays n’étaient pas des ilotes et ils avaient droit, eux aussi, il nous semble, aux charges honorifiques et aux prébendes tous comme leurs confrères de la vieille France.Le même édit de septembre 1713 disait encore : “ Voulons, en outre, que le dit chapitre soit obligé de faire dire messe par un des chanoines tous les jours en la chapelle de notre palais de Québec, et déclarons que faute d’exécution des conditions portées ci-devant le don qui est — 228 — fait par nous au chapitre de l'Eglise cathédrale de Québec, par ces présentes, sera et demeurera nul.” L’édit du roi fut enregistré au Conseil Souverain de la Nouvelle-France le 30 juillet 1714.C’est donc à partir de juillet ou août 1714 que la messe commença à être dite par un chanoine, chaque jour, au Palais de l’Intendance.Il en fut ainsi jusqu'à la fin du régime français.L’édit du roi obligeait à faire dire cette messe par un chanoine.Or, en 1730, le Chapitre songea à faire acquitter cette obligation par un Récollet.L’intendant Hocquart écrivait au ministre à ce sujet, le 23 octobre 1730: ' Un des chanoines de l’église de Québec m’a insinué que le Chapitre était dans le dessein de faire acquitter par un Récollet la messe que le dit Chapitre est tenu de faire dire au Palais par un des chanoines, ainsi qu’ils y sont obligés par les lettres patentes du mois de septembre 1713, et cela sous prétexte d’avoir un plus grand nombre de chanoines dans le temps de l’office; comme ils pourraient vous eu écrire, j’ai l’honneur de vous en prévenir.Il convient que le Chapitre remplisse une si petite obligation eu égard au don de mille écus que Sa Majesté leur a fait par les mêmes lettres patentes.11 est bon (pie vous soyez informé, Monseigneur, que j’ai réglé le temps de la messe à neuf heures du matin et que j ai attention dans les mauvais temps de l’hiver d’envoyer une cariole à 1 ecclésiastique qui vient au Palais pour y dire la messe.” Il est probable que le ministre rappela au Chapitre qu’il était obligé d’acquitter la messe quotidienne au Palais de l’Intendance par un de ses propres membres puisqu’il ne persista pus a vouloir la faire dire par un Récollet.LA RELATION DU VOYAGE DE MAGELLAN Je présentai à Sa Sacrée Majesté Don Carlos non de l’or ni de l’argent, mais des choses qui étaient bien plus précieuses a ses yeux.Je lui offris, entre autres objets, un livre écrit de ma main, où, jour par jour, j’avais marqué tout ce qui nous était arrrivé dans notre voyage.Pigajeta LE PREMIER ENFANT NE DE PARENTS NON CATHOLIQUES A MONTREAL A la page 116 du Bulletin des recherches historiques de 1928, on pose la question qui fait le sujet de ces quelques lignes.Si l’on s’en rapporte au volumineux ouvrage du Révérend J.Douglas Borthwick, History ami Biographical Gazetteer of Montreal to the year 1892, le premier enfant issu de parents britanniques, à Montréal, après le changement de régime, se nommait John Jones et il naquit dans un logis de la petite rue Saint-Jacques en 1761.John Jones père, gallois d’origine, était quartier-maître d’un régiment qui passa de New-York à Montréal où il séjourna durant une semaine.Ce fut durant cet espace de temps que madame Jones mit au monde un héritier.Celui-ci grandit dans sa ville natale, devint inspecteur de potasse, même colonel de milice et demeura longtemps sur l’emplacement sis à l’encoignure nord-ouest des rues Saint-Pierre et Saint- Jacques.Le Colonel Jones mourut en 1842, âgé de 8r ans.* * * Ce renseignement est-il d’une exactitude rigoureuse ?On peut dire oui, on peut dire non, depuis que les archives de Montréal se sont enrichies d’une copie de registre qui pourrait, à ceux qui aiment discuter, permettre de susciter des concurrents au titre dont on a gratifié l’honnête colonel “po-tasseur”.Officiellement, les registres de l’état civil, pour les nori-catholiques, commencent, dans le district de Montréal, avec ceux qu’a tenus le Rev.D.Chabrand Delisle, de la Christ Church, entre 1766 et 1787.On savait qu’un premier registre était dû au Rev.J.O’Gilvie, chapelain de régiment, mais on ignorait ce qu’il était devenu.Au début de l’an 1925, M.G.H.W.Birch, de Montréal-Ouest, nous apprit que son frère demeurant aux Etats-Unis, avait constaté que le registre O’Gilvie se trouvait à la Trinity-Church, de New York, où il avait été déposé par le pasteur lorsqu’il prit charge de la congrégation New Yorkaise.En ayant obtenu le permis des autorités, nous avons fait faire — 230 — copie des pages concernant le district de Montréal, et à notre étonnement, nous avons recueilli 150 actes de baptêmes, enregistrés au cours des années 1760 à 1764.Or, d’après le registre du chapelain O’Gilvie, voici les trois premiei s enfants qu’il baptisa : —Verchères, in Canada Nov.23, 1760.Ann, Daughter of John & Sarah Carr.Mother’s Maiden name, Sarah Moore.—Montreal February 2, 1761.Margaret Daughter of Peter c'r Ann Sinnott, Mother’s Maiden name, Ann Brown.—Feb.12 1761, John, son of Donald & Margery Morrison.Mother’s Maiden Name, Margery Cahoon.Arrêtons-nous là, d’autant plus que le nom du personnage cité par l’historien Borthwick, n’apparait pas dans les 150 actes du Rev.O’Gilvie.Reste maintenant à savoir si le père Jones ne faisait pas partie d’jun régiment dont le chapelain n’a pas laissé de registre.Quoiqu’il en soit, l’addition qui vient d’être faite aux archives de l’état-civil de Montréal, constitue une réponse "partielle à la question que posait notre collègue, l’archiviste de la province, M.P.-G.Roy, dans le Bulletin de 1925, p.564: "Les registres protestants de l’état civil tenus dans la province de Québec de 1759 à 1768 existent-ils encore ?Où sont-ils ?” E.-Z.Massicottk LES DISPARUS R.P.Zcphirm Lizâe — Né à Montréal le 18 juin 18S6, du mariage de Zéphirin Lizée et de Louise Bibaud.Il prononça ses premiers voeux d’Oblat à Lachine le 8 septembre 1881.Ordonné prêtre dans l’Ouest le 24 mars 1885, le Père Lizée consacra sa vie aux Indiens.Tour à tour a Lucas, au Lac Sainte-Anne, à Hobbema, à Stony I lain, et enfin à la Rivière-Qui-Barre, son dernier poste, il a travaillé pour eux.C est lui qui commença la publication du premier journal cris.Décédé à Edmondon le 28 janvier 1928. UN DOCUMENT DE MGR DE LAVAL INSTRUCTION POUR NOS BIEN A Y MHZ EN NOS-TRE SEIGNEUR CLAUDE TROUVE ET FRANÇOIS DE SALAGNAC, Pires.AERANTS EN MISSION AUX IROQUOIS SITUEZ EN LA COSTE DU NORD DU EAU ONTARIO i.Qu ils se persuadent bien qu'estant envoyez pour travailler à la conuersion des Infidelles, ils ont l’employ le plus important qui soit dans 1 Eglise, ce qui les doit obliger Pour se rendre dignes instrumens de Dieu, a se perfectionner dans toutes les vertus propres d’un Missionnaire apostolique, méditant souvent à l’imitation de St.Franços Xavier le Patron et 1 idée des Missionnaires ces paroles de l’Evangile, — Quid prodest hommi si universiim munditm Incrctur, animae vero suae detrimentum patiatur.IL Qu’ils taschent d’éviter deux extremitez qui sont a craindre en ceux qui s’appliquent a la conuersion des âmes, de trop esperer, ou de trop desesperer; ceux qui esperent trop sont soutient les premiers a desesperer de tout a la veue des grandes clifficultez qui se trouuent dans l’entreprise de la conuersion des Infidelles, qui est plustost l’ouvrage de Dieu que de l’industrie des hommes.Qu’ils se souuiennent que la semence de la parole de Dieu — fructum offert in patientiâ — Ceux qui n’ont pas cette patience, sont en danger après auoir ietté beaucoup de feu au commencement de perdre enfin courage, et de quitter l’entreprise.III.La langue est nécessaire pour agir avec les Saunages, c’est toutefois une des moindres parties d’un bon Missionnaire, de mesme que dans la france de bien parler françois n’est pas ce qui fait prescher avec fruit.IV.Les Talens qui font les bons Missionnaires, sont.io.Estre remply de l’Esprit de Dieu, — cet Esprit — doit animer nos paroles et nos coeurs.E.r abtm-dantiâ cordis os loquitur.20.Auoir une grande prudence pour le choix et l’ordre des choses qu’il faut faire soit pour esclairer l’entende- ment, soit pour fléchir la volonté; tout ce qui ne porte point la sont paroles perdues.30.Auoir une grande application pour ne perdre pas les moments du salut des âmes et suppléer a la négligence qui soutient se glisse dans les Cathecumenes, car comme le Diable de son costé, circuit tanquam Ico nigicns quor rens quctn dcrorct, aussy faut il que nous soyons vigilans contre ses offorts auec soin, douceur et antour.40.X’auoir rien dans nostre vie et dans 110s moeurs qui paroisse démentir ce que nous disons, ou qui mette de l’indisposition dans les esprits et dans les coeurs de ceux qu’on veut gagner à Dieu.50.11 faut se faire aymer par sa douceur, sa patience, et sa charité et se gagner les esprits et les coeurs pour les gagner a Dieu ; soutient une parole d'aigreur, une impatience.un visage rebutant détruiront en un moment ce qu’on auoit fait en un longtemps.60.L’Esprit de Dieu demande un coeur paisible, re-cueilly.et non pas un coeur inquiet et dissipé.11 faut un visage ioyeux et modeste,-il faut euiter les railleries et les ris dereglez et généralement tout ce qui est contraire a une sainte et oveuse modestie.modestia vestra nota sit omnibus hominibus.V.Leur application principale dans l’estât present où ils se trouuent, sera de ne laisser mourir autant qu’il sera possible, aucun Saunage sans baptesme; qu’ils prennent garde néantmoins d’agir touiours avec prudence et reserue clans les occasions a l’égard des baptesmes des adultes, et tnesme des enfans hors des dangers de mort.VI.Dans le doute qu’un adulte aura esté autrefois baptisé, qu’il le baptise sous condition et pour asseurer d’auantage son salut, qu’il luy fasse faire en outre une confession generale de toute sa vie, l’instruisant auparauant des moyens de la bien faire.\ II.Qu’ils ayent un grand soin de marquer par escrit les n< ms des baptisez, des penes et meres, et mesme de quelques autres parens, le iour„ le mois et l’année du baptesme.VIII.Dans les occasions < 111 ’i 1 s escriuent aux Peres Jésuites qui sont employez dans les missions Iroquoises pour — 233 la resolution de leurs doutes et pour receuoir de leur longue experience les lumières necessaires pour leur conduite.IX.Ils auront aussi grand soin de nous informer par toutes les voyes qui se présenteront de l’estât de leur mission et du progrès qu ils feront dans la conuersion des anus.X.Qu’ils lisent souuent ces aduis et les autres mémoires des Instructions des Iroquois, vous ne devez pas manquer en pareille occasion d’accompagner le Sr de Denonville pour donner ordre à tout ce qui regarde la subsistance des troupes, à ce qui peut faciliter le succès de l’entreprise, et faire les autre> fonctions d’intendant, et afin que le pais ne souffre point de vostre absence, vous devez choisir un homme à Montréal capable de faire les fonctions de subdelegué dans la partie méridionale de Canada.Je resoudray l’agrandissement que vous proposez de faire de la basse ville de Quebek lorsque ledit Sr de Denonville l’aura examiné sur les lieux avec vous, et les principaux ha-bitans, qu vous m'en aurez envoyé des plans, devis, estimation et un mémoire des moyens les plus convenables pour pourvoir à cette dépense.J’approuve la proposition que vous avez faite de bastir dans la maison du Sr Talon un auditoire pour le Conseil, un magazin pour les munitions de guerre, un autre pour les poudres, et un logement pour vous, mon intention est que vous y fassiez travailler incessamment, et cpte vous y employez le fonds destiné pour vostre logement, Je seray bien aise d’estre informé de la disposition que vous voulez donner a ces edifices.Puisque vous estimez necessaire d’avoir un magazin a Montreal pour les vivres et munitions de guerre, vous pouvez continuer de louer celuy dont vous vous servez a present jus-ques a ce que vous en ayez fait bastir un, c’est a quoy il faudra travailler 1 année prochaine.J’ay accordé a la veufve du Sr Sorel la gratification de 1683 qui estait destinée a feu son mary, et mon intention est que vous donniez les ordres necessaires pour la faire payer.Je veux bien taire recevoir tous les ans deux gentilshommes de Canada dans les gardes de la marine, et vous pouvez dire aux Srs de la Durantaye et de Beccancourt d’envoyer leurs fils a Rochefort pour servir en la dite qualité suivant les ordres que je vous envoyé cy joincts.Le Sr De la Salle estant party de ce port sur un de mes vaisseaux de guerre pour faire un establissement dans le gol-le de Mexique, mon intention est que vous restablissiez dans le fort de St Louis celuy qui est chargé de ses affaires en son absence, et que vous luy fassiez rendre justice sur le fort de Frontenac, en cas qu'il soit necessaire de le prendre pour mon service.Je vous recommande tousjours l’execution de mes ordonnances comme le poinet essentiel, et sans lequel la colonie ne jouira jamais du repos que je veux luy procurer, surtout prenez garde que l’on ne se relasche point de la sévérité des édits concernant les duels, je vous ay assez expliqué mes intentions sur ce qui peut regarder en ce cas, et dans les autres, les fonctions du Gouverneur et celles de l’Intendant, et je veux bien encore vous répéter que c’est au Gouverneur a con-noistre des affaires de poinet d’honneur, et que les crimes des soldats et des officiers doivent estre jugez par le Conseil de guerre où le Gouverneur preside, mais pour les affaires civiles c’est au Conseil Souverain a les terminer.Tenez la main a ce que la justice soit bien et promptement administrée à mes sujets et par ce qu'il m’a paru par vos lettres qu’il vous reste quelque difficulté dans l’esprit sur le fait des recusations de juges, je vous envoyé une declaration par laquelle vous verrez (pie lorsque les parties ont des parens au Conseil l’affaire doit estre jugée par l’intendant assisté de six juges tels qu’il voudra choisir.J’approuve le projet d’ordonnance que vous m’avez envoyé sur les fonctions des officiers de justice, vous le trouverez cy joinct reformé suivant mes intentions, et vous devez la faire executer soigneusement partout.Je fais escrire fortement au Procureur General d’agir de concert avec vous dans tout ce qui regardera mon service et le bien de la colonie, a quoy je ne doute point qu'il ne satisfasse, et qu’il ne tienne une autre conduitte que celle qui a donné lieu aux plaintes que vous m’en avez faites.J’ay accordé 300 11.de gratification au Lieutenant des Trois Rivieres en consideration de la grande estendue de son ressort, et de ce qu’il decide des procez sans interest.Et la survivance de greffier en chef du dit Conseil pour le fils de celuy qui l’exerce.Les archers des prevosts des mareschaux ne doivent estre employez qu’a ce qui regarde mon service, soit par le - 238 - (ii nut incur, ou par l’Intendant, et quand vous irez visiter les lieux de vostre departement, vous pouvez sans difficulté vous faire suivre d'une partie desdits archers.Ce qui a esté fait a l’esgard du vaisseau anglois amené a Quebek par le nommé Radisson n’est point conforme a mes intentions, et il falloit observer que ce bastiment ne pouvant estre considéré que comme une prise bien, ou mal faite, c’es-toit au Conseil Souverain de la juger.Je m’estonne de ce que connoissant combien j’ay a coeur l’augmentation de cette colonie, vous ayez laissé passer toute l’année derniere sans m'nvoyer un rescensement pour m’informer de l’estât auquel elle est, vous ne devez pas manquer de m'en envoyer un chaque année qui contienne tout le detail que je vous ay demandé.Par les lettres du dit Sr De la Barre, il paroist que les congez qu’il a donnez ne l'ont point esté pour la traitte, mais pour porter des ordres concernant la guerre, et que tous les autres ont esté visez de vous.Sur quoy je n’ay rien autre chose a vous faire sçavoir, sinon qu'il faut restablir l’ordre que la facilité, ou l'interest peuvent avoir interrompu a l’esgard de ces permissions, et suivre ce qui a esté prescrit par mes or donnances.Lorsque je vous recommande de donner aux fermiers du Domaine la protection nécessaire pour la perception de mes droits, je ne pretends pas qu’ils en abusent pour faire des vexations aux habitons pour lever d’autres droits que ceux qui ont esté cy devant payez en Canada, ny pour establir de nouveaux bureaux sans vostre permission.L’ordonnance rendue par ledit Sr De la Barre pour em-pescher les cabaratiers de débiter des vins et eaux de vie est contraire a la mienne du 24e may 1679, qui deffend seulement d en porter dans les bourgades des Sauvages esloignées des habitations, et je vous donne pouvoir de la révoquer.I ay veu 1 arrest qui a esté rendu par le Conseil Souverain pour fixer le prix des boissons, Et comme il est très prejudiciable a la colonie, j av estime a propos de le faire casser pai celuy que vous trouverez cy joint portant deffenses audit Conseil de faire des Reglemens sur la police generale, qu’en presence du Gouverneur et de l’Intendant. 239 — Je vous envoyé la requeste qui vous a esté presentee par les habitans de Montreal sur le commerce que quelques particuliers font au bout cle la dite Isle au prejudice des autres habitans, C est un abus auquel il est important de remedier au plustot, et je veux que pour le faire cesser vous rendiez une ordonnance par laquelle vous interdisiez ce commerce, et que vous restablissiez la foire a Montreal.J ay esté informé que le commerce de Canada pourrait estre considérablement augmenté si les gentilshommes qui y sont establis pouvitient s’y adonner sans crainte de déroger.Dans cette veue je leur permets de le faire mesme en detail et afin de leur oster tout sujet de craindre d’en estre inquiétez.Vous ferez connoistre mes intentions sur cela par la publication de 1 Arrest que je vous envoyé à cet effet.f Je vous ay fait sçavoir le 10e avril dernier a l’esgard de rétablissement du nommé La Chesnaye dans les rivières du l’>ic et du Loup, que vous deviez examiner s’il est prejudiciable a la traicte de I adoussac, et en ce cas l'obliger de l’abandonner conformément à l’Ordonnance dudit jour, et je veux que vous teniez la main a son execution.J ay donné ordre au Sr de Denonville de voir avec vous Kl qualité du commerce de la Raye d’Hudson, de bien peser les raisons pour et contre, et de prendre l'advis des principaux habitans du dit pais sur 1 advantage de cet establissement, afin de le maintenir et d empescher que les pelleteries de Nord n’aillent aux Anglois.Le visite que vous proposez de faire de l’Acadie ne peut estre que très utile si elle est bien exécutée, Et il est important que vous vous y appliquiez fortement, que vous choissis-siez pour cela des gens capables de donner une connoissance exacte de ce qu ils auront veu, d’en rapporter des cartes et des plans, s il est possible.Je veux bien que vous employez a cette depen.se les 3 M 11.qui vous restent du fonds fait en 1682 pour les mariages des filles fies Sauvages.J’accorde les 1,000 11.que vous demandez pour l’entretien des ouvriers qui monstreront aux filles des Sauvages a travailler, et vous pouvez congédier celles qui vous ont esté envoyées de la Rochelle et les faire marier dans le pais.Appliquez-vous a perfectionner cet establissement, et a iaire en sorte d establir l’usage des mariages entre les fran- — 240 — çob et les filles des Sauvages, outre la dite somme il vous en sera encore remis une pareille une fois payée pour leur acheter le til et la laine dont elles ont besoin pour travailler et leur donner moyen par la de sen fournir elles mesmes par la suit- te._ J’approuve que vous distribuiez aux habitans les 200 fusils que vous avez aux prix qu’ont cousté en France ceux qui ont esté envoyez, et je donne ordre de vous en envoyer 900 autres plus longs que les premiers.J'ay appris avec plaisir que l’abondance des bleds estoit telle en C anada qu’il n’estoit plus necessaire d’y faire passer des farines de France pour la subsistance des troupes qui y sont entretenues.J’ay donné ordre de n’y en plus envoyer, mais de vous remettre a l’advenir les lgd qui estaient retenus aux soldats pour cette dépense, et il ne leur sera plus rien deschut pour cela sur le fonds de la solde.Elle vous sera envoyée doresnavant en espece, et non en lettres de change.Vous ne pouvez rien faire de mieux que de vous appliquer a tout ce qui regarde la culture de la terre, a voir quelles semences viennent mieux en un temps, et en un endroit qu’en un autre, et a faire en sorte que les habitans en retirent tout l’avantage possible, puisque vous estimez qu’ils pourroient faire un profïit considerable en y semant du chanvre, il vous en sera envoyé la quantité de cinq ou six barriques.Sur ce je prie Dieu etc.LES DISPARUS R./*'.Patrick Corcoran — Né à Saint-Patrice de Raw-don, le 7 mai 1851, du mariage de John Corcoran et de Adèle Desrochers.Il entra au noviciat clés Clercs Saint-Viateur, à Juliette, le 41 janvier 1868, et enseigna au collège de Juliette, a Saint-Jean-llaptiste de Montréal et au collège Saint-Joseph de I ierthier.Décédé à Outremont le 29 septembre 1899.P avait publié — Méthode de langue anglaise (Montréal, J 884) ; Cois et J ormes commerciales à la portée de tous (Montréal, 1887); Pc secrétaire commercial, anglais et français (Mile-End, 1894); l.c secrétaire commercial canadien (Montréal, 18(94). — 241 — LA FAMILLE MASSICOT .depuis que j ai publié la généalogie de la famille Massicot te en 1902, il ni a été procuré et j’ai moi-même relevé diverses pièces qui modifient ou complètent des assertions que j exposais au cours de mon étude liminaire.Comme il ne sera pas publié de nouvelle édition de l’ouvrage en question, qu il me soit permis de faire les corrections et additions nécessaires dans le Bulletin, afin que les chercheurs puissent les retrouver facilement, au besoin.Lors de son passage a Paris, en 1921, un ami m’obtint un document qui offre quelque intérêt à cause d’une rencontre de noms qui se renouvelle trente ans plus tard.Il s’agit de Mgr de Saint-Vallier et de la famille Massicot.\ oici le texte de la première pièce.( "Je pierre fougeron recognois que le sr Louis Massicot m a remis ès mains, trois lettres de la part de monsieur Arnold, Intendant général de la marine, lesquelles je promets délivrer a Québec, en Canada, savoir une pour monsieur le marquis des Nonville (sic) gouverneur et lieutenant général pour le Roy en Canada, une pour monsieur de Mule (sic), intendant audit lieu, l’autre pour mons’r de St.Vallier aumônier du Roy, nommé à levesché de Kebecq.A La Rochelle, ce 1 ie may 1686.P.Fougeron.” * * * En 1908, le regretté archiviste de Québec, Philéas Gagnon, m’avait signalé que si Jacques Massicotte est le seul du nom qui ait fait souche au Canada, il n’a pas été le seul à avoir quitté l’ancienne mère patrie pour venir en Amérique.Il appuyait son assertion sur deux actes qui sont dans les archives de la vieille capitale.Dans le premier, qui est un contrat de mariage dressé par le notaire Normandin le 9 février 171Ô entre François Baril et Marie Charlotte Cailloux, on remarque la présence de Jacques Massicot, beau-frère du futur, puis de Claude-Rasturel Massicot qui signe d’une belle écriture.Ce Claude-Rasturel Massicot était-il parent de Louis Massicot, mentionné dans l’écrit de 1686 et aussi de Jacques Massicot, ancêtre des Massicotte du Canada ?On peut le présumer.Que faisait-il en notre pays ?11 semble avoir été au service de l'Hôpital général de Québec et en relations avec l’évêque de la Nouvelle-France, car il signe, en qualité de témoin, le to août 1716, au bas d’une procuration, que Mgr de Saint-Vallier envoyait à Alexandre Hanicque de Saint-Se-noch ( Indre et Loire).Que devint Claude-Rasturel Massicot après 1716 ?Est-il mort à Québec, est-il retourné en France ?* * * En 190-, j'entretenais l’opinion que les Massicotte de la première génération née au pays n’avaient pas, comme la plupart des fils de colons du temps, cédé à la tentation de voyager dans "les pays d'en haut”, soit comme nautonniers, soit comme traiteurs.Le volumineux répertoire des milliers de contrats d’engagements pour l’Ouest, dressés à Montréal entre 1670 à 1770.démontre le contraire.Tout comme les autres, les jeunes Massicot ont cherché à gagner quelque argent dans 1 industrie de la fourrure, avant de se consacrer définitivement à l'industrie agricole.Joseph Massicot, fils du colon, partit s’engager à Montréal le 26 mai 1730 pour aller au Détroit (Greffe Adhé-mar).Le 27 mai 1731, il s’engageait de nouveau pour Missili-makinac.Mais la vie de “voyageurs” ne lui fut pas propice, car il revint mourir dans son pays natal en 1734, âgé de 24 ans.Jacques, frère de Joseph, s’engagea également le 27 mai j731 • A cette date il était marié depuis deux ans et il ne séjourna pas longtemps là-bas, puisque, après 1732, il apparaît chaque année dans les registres de Sainte-Geneviève-de-Ra-tiscan.Jean, frère aîné de Joseph et de Jacques, ne s’engagea qu en 1736 pour se rendre “au poste de Pontchartrain du Détroit.(Greffe LePallieur).Il était âgé de 3^ ans, marié depuis onze ans en premières noces, depuis cinq ans en secondes et père de quatre enfants. — 243 — Ce Jean avait convolé à Sainte-Anne-de-la-Pérade et son contrat de mariage fut rédigé par Monmerqué, notaire ambulant, qui parcourait la cote nord du Saint-Laurent entre Montréal et la région de Québec.Dans ce contrat ( 14 juillet 1731 ), le futur signe très bien Jean Masicot.E.-Z.Massicotte LES DISPARUS A acaire-Nicolas Olivier — Né à Saint-Nicolas, comté de Lévis, le 19 décembre I860, du mariage de Polycarpe Olivier et de Olive Deniers.Admis au barreau en 1888, il s’établit à Québec où il se fit une jolie clientèle.Il fut un des fondateurs de YUmon liberale, journal de combat très bien rédigé.Aux élections générales du 8 mars 1892, M.Olivier fut candidat dans le comté de Lévis mais il fut battu par M.Angus Baker.Le 22 décembre 1897, il remplaçait M.François-Xavier Lemieux, nommé juge, comme député de Lévis à la législature de Québec.Décédé subitement à Québec le 2 mai 1898.11 était à sa mort président de l’Institut Canadien de Québec et professeur de droit romain à l’université Laval.Auteur de Cremanie, conférence faite à l’Institut Canadien ( 1888) et De la nullité des contrats, thèse de doctorat( 1889).A.P.John Larkin — Né à New-Castle-on-Tyne le 2 février 1801, il fut ordonné prêtre le 26 août 1827, et arriva à Montréal la même année.Il fut professeur au collège de Montréal jusqu’à son départ pour les Etats-Unis, le 23 juillet 1840.Il y devint Jésuite et décéda le 11 décembre 1858.M.Larkin avait publié, à Montréal, en 1837, Grammaire grecque à I usage du collège de Montréal et Morceaux choisis de mythologie.Michel Caron — Né à Québec le 15 janvier 1763, du mariage de Michel Caron et de Josephte Parant.Son père alla s’établir à Yamachiche en 1783 sur une terre de 800 arpents qu d avait achetée de madame Wilkinson.Il v amenait ses dix garçons.C’est en 1804 que Michel Caron fut élu député de Saint-Maurice.Il siégea à la Chambre d’Assemblée jusqu’à 1814.Michel Caron décéda à Yamachiche le 28 décembre 1831 (L'Echo de Saint-Justin). — 244 LA CRUAUTE DES SAUVAGES Le sieur Le Beau assista dans un village algonquin au supplice qu’on fit subir à un Iroquois et en donne une narration terrifiante dans ses Aventures, ou Voyage curieux et nouveau parmi les Sauvages île VAmérique Septentrionale : “ Ma jeune Sauvagesse, dit-il, sa mère et ses frères n’a-voient été arrêtés et conduits par force à ce village, que par-ceque les Algonkins qui les avoient aperçus, ne les connois-sant pas, les soupçonnèrent de servir d’espions à quelques Iroquois, qui avoient voulu depuis peu de jours leur enlever leur esclave.Ce prisonnier étoit un Sauvage Renard, que ces Algonkins, qui ne sont guère sédentaires, avoient attrappé par hazard en chemin faisant.Il y avoit déjà près de trois mois qu ils le tenoient parmi eux en esclavage, à dessein de le faire mourir avec plus d éclat, lorsqu’ils auroient joint le gros de leur nation.Mais la tentative de quelques Iroquois, qui avoient voulu leur dérober cette capture, fut cause qu’ils précipitèrent la mort de cet infortuné, de peur qu’il ne leur échapât.( J arrivai ou plutôt on me porta dans ce village, la veille de 1 expédition fatale de la sentence de mort prononcée con-tie ce malheureux.Je dis bien de la sentence de mort; puis-qu il avoit déjà le visage tout mattaché quand je le vis : car la coutume des Sauvages étant de peindre de diverses couleurs le visage de celui (pie l’on doit mettre à mort et cette cérémonie s observant toujours la veille ou le jour même de 1 execution, ce mattachement devoit produire sur celui-ci la même impression, que fait en Europe, à un criminel la lecture de sa sentence.“ J’étois à converser avec ma chère Marie, quand le cri de mort de ce pauvre misérable se répandit par tout le village Cependant on m’aporta un peu de bled d’Inde, pour me don-nei des forces et environ sur les neuf heures du matin, plusieurs jeunes Algonkins bien fardés, vinrent me soulever par dessous les bras, pour m aider à marcher vers le lieu où on al-lo’t Produire aujour la scène du monde la plus capable de fai-ie trembler la nature.J’avoue que la pensée seule m’en fait encore frenur ,aujourd’hui, et qu’il m’est aussi désagréable que difficile d en bien décrire toutes les particularités.Né- — 245 — anmoins, pour donner nu lecteur une idée de la barbarie énorme des Sauvages en général, voici à peu près ce qui s’est passé sous mes yeux.Quand on m’eut conduit dans ce lieu fatal on me fit asseoir entre ma jeune Sauvagesse et sa mère.Cet esclave avoit tout au plus cinq pieds et quatre pouces de taille.Il étoit déjà entre deux poteaux, lié par le milieu du corps à une barre de traverse, sur laquelle il avoit le dos appuyé.Les deux poteaux entre lesquels étoit ce misérable faisoient le soutien d’une grande cabane très délabrée.Tous les Sauvages et Sauvagesses tant jeunes cpie vieux, étoient assis ou couchés autour de cette espèce de masure, les uns fumant lent pipe, les auties conversant ensemble, et tous d’un aussi grand sang froid, qu’on n’eut jamais cru qu’il s’agissoit d’une aussi horrible tragédie que celle qu’on alloit exécuter.L’esclave même attaché, les regardoit tous d’un oeil aussi fier et aussi assuré, que s’il n’eût dû attendre rien moins que les cruels suplices auxquels il se voyoit exposé.En un mot il chanta sa chanson de mort, d’un air aussi riant qu’eût pu faire chez nous un bon buveur à table.Ce malheur eux ainsi attaché eut a peine fini sa chanson oe mort, que deux Algonkins, qui dévoient être ses premiers bourreaux, s approchèrent de lui ; car chacun devoit avoir son tour pour le martyriser, et le droit de commencer aparte-noit à ceux-ci, comme étant les deux premiers qui Pavoient pris.Ces deux bourreaux donc ayant mis un genou en terre devant ce misérable, ils lui prirent chacun un pied duquel ils arrachèrent tous les ongles avec leurs dents, et d’une telle manière que s’ils eussent eu des tenailles, ils n’auroient pas mieux réussi : à chaque coup de dent chaque ongle partoit.Deux autres bourreaux leur succédèrent qui en firent autant aux mains, mais d’une manière bien plus lente; car ceu-ci, ayant arraché l’ongle des pouces et de quelques autres doigts, lui enfoncèrent ces mêmes doigts dans le foyer de leur pipe pour les lui fumer.“ Ce qu’il y a de remarquable en tout ceci, c’est que ce pauvre patient ne fit aucun cri, pas même la moindre grimace.Bien plus, voyant que plusieurs de ses bourreaux, assis autour de la cabane, ramassoient ses ongles pour les fumer en sa présence, ma jeune Sauvagesse me dit, que ce misérable — 246 — dcmandoit lui-même à en fumer un; niais qu’on ne vouloit lias lui donner ce soulagement.Néanmoins un moment après, je vis un de ces barbares qui fit rougir dans le feu le gros bout de sa pipe, et y ayant inséré un peu de cendres chaudes avec un de ces ongles arrachés, il lui enfonça ce même bout de pipe dans la bouche, en lui demandant : comment il trouvoit ses ongles ?Mais ce malheureux cassa bien vite cette pipe entre ses dents et la crachant au nez de ce bourreau, il lui répondit en secouant la tête : qu’il les trouvoit fort mauvais, et qu’il en avoit autrefois fumé des Algonkins, qui étoient beaucoup meilleurs que les siens.Ceci fut cause que tous ces barbares se mirent à le tourmenter d’importance.“ Pour cet effet, tandis (pie les uns lui coupoient les doigts des pieds, jointures par jointures et avec un méchant couteau, afin de le faire souffrir plus longtems, d’autres lui appliquoient, sur les mêmes incisions, des tisons ardens, qu'ils tiroient d’un feu (pii étoit à la porte de la cabane.Car il ne faut pas s'imaginer que le feu soit toujours sous les pieds de l’esclave quand on le veut brûler.Ce feu ne sert ordinairement tpi a faire rougir les haches, les couteaux, les canons de fusils et en un mot tous les ferremens qui doivent servir à martyriser le condamné." Ce fut pour lors que mon Renard se mit à insulter vivement ses ennemis, en leur reprochant qu’ils n’étoient (pie des lâches; (pi ils ne savoient pas leur métier; (pie s’il les tenoit en sa puissance, il les tourmenteroit bieh autrement, et il leur dit encore cent autres invectives de cette nature.Mais ceux-ci voulant lui faire connaître qu’ils n’étoient pas des aprentis bourreaux, lui tirent voir bientôt après, qu’ils étoient même des plus habiles.C est pourquoi, les ayant assez cruellement brille les pieds ou il n’y avoit plus de doigts, ils en vinrent a ses mains qu’ils lui décharnèrent aussi nettement avec leurs dents, que s ils se fussent servis de couteaux, d’autres enfin pour rafiner sur cette dernière barbarie lui brisè-i eut entre deux pierres tous ses os décharnés.I out ceci n étoit encore (pi une espèce de prélude des af-treux tourmens qu’ils lui préparoient.Après l’avoir laissé respirer environ un quart d’heure dans cet état, ils recomnten-ceient tout de nouveau, en lui décharnant premièrement un peu les jambes jusqu aux cuisses et ensuite les bras jusqu’aux — 247 épaules, et cela seulement pour lui en découvrir les nerfs.Ce tut pour le coup que je vis la cruauté du monde la plus inouïe; edi ces bourreaux lui entrelassant de petits batons, en forme de tout niquets dans ses nerfs découverts, ils les lui tortillèrent à toute outrance.“ 11 y a voit déjà longtems qe je demandois à ma Sauvasse qu elle me lit sortir hors de cette cabane, pour ne pas voir un si horrible spectacle: mais ce dernier trait de barbarie me lui fit redoubler mes prières.Cependant malgré mes instances, je fus contraint de rester et même de paroitre content de tout ce qu on faisoit souffrir à ce pauvre malheureux.Autrement j’aurois risqué de devenir moi-même ennemi de ces Sauvages, si par un trait d’humanité j’eusse paru sensible aux souffrances de leur esclave.Car s’il y a quelques uns d’entre les spectateurs de pareilles tragédies, qui plaignent intérieurement le sort de 1 infortuné, (ce qui ne laisse pas d’arriver quelquefois) ceux-la, dis-je, sont obligés d’étouffer en eux-mêmes les sentimens de compassion, (pii pourroient naître dans leur coeur, de peur qu’on ne leur fit un crime d’être touchés de pitié polir un homme ennemi de leur nation." Ce misérable prisonnier, que l’on martyrisoit donc en ma présence, n’avoit encore jet té aucun cri ; mais à ce dernier trait de barbarie, il fit des grimaces et poussa deux ou trois hurlemens épouvantables.Ce fut aussi pour lors qu’il implora le secours de quelques amis dont il nomma les noms et qu’il prétendoit devoir le venger un jour à venir.Mais ses bourreaux, encore plus acharnés sur sa peau que jamais, lui firent sentir de plus en plus mille suplices si différais et dont l’exécution étoit si confuse, par rapport aux hommes, aux femmes et au en fans qui s’en mêloient, qu’il m’est tout à fait impossible d’en pouvoir donner une relation exacte.“ Tout ce que je puis en dire, c’est qu’ils lui arrachèrent toutes les dents avec de petits ferremens rougis dans le feu, avec lesquels ils lui coupèrent ou plutôt déchiquetèrent le nez, les joués, le menton.Après cela ils lui cernèrent la peau de la tête, arrachèrent cette peau de dessus le crâne sur lequel ils lui répandirent premièrement une pluye de feu ou de cendres rouges et ensuite lui versèrent sur ce même crâne découvert de l’eau bouillante,-qui se répandant par dessus tout son corps, y formoit des pustules, que les femmes encore plus ingénieu- ses que les hommes à le faire souffrir, lui augmentaient et crevaient avec des haches ardentes, après quoi elles en fai-soient sucer la matière à leurs enfans." h.n un mot, après lui avoir hrisè les os des jambes et des bras entre deux grosses pierres, en donnant en même tenus coup contre coup, sur tout aux bras, parce que le patient n’était qua moitié renversé par terre : après dis-je l’avoir brû- lé, brisé, et déchiqueté, de façon que tout son corps ne faisoit qu’une seule place, deux hommes enfin lui donnèrent le coup de grace, en tenant chacun par un bout une corde à noeuds, dont ils lui scièrent le ventre, pour en faire sortir les boyaux, ht c est ainsi que rendit lame ce malheureux prisonnier, après avoir souffert, durant l'espace de plus de trois heures, des suplices horribles et continuels, sans néanmoins en avoir proféré, pour ainsi dire, d’autres plaintes, que celles de se moquer de ses Bourreaux."Telle fut donc la fin de cette sanglante tragédie pendant laquelle je ne sai si 1 on doit être plus surpris de l’excès le la brutale férocité de ces Algonkins, (pii traitèrent avec tant de ci milite ce pauvre esclave qu ils avoient amené de si loin et (pii subit pour sa nation, un crime dont il était peut-être imn cent: ou je ne sai si l’on ne doit pas plus admirer la constance de ce même esclave lequel, au milieu des tourmens, couse na une grandeur d unie et un héroïsme (pii a quelque chose qu’on ne peut comprendre.Cet héroïsme est réellement l’effet d’un courage grand et noble et ce Renard n’est pas le seul qui 1 ait lait paraître : car il est commun à presque tous ces peuples barbares.Il semble même qu’ils s’y préparent dès leur tendre jeunesse.” LES DISPARUS R’abbé Jean-Denis Dattlc — Né à Paris le 16 août 1766, • UtiÏ!""n ,,retrc le 21 mars 1790 et arriva à Québec le 26 jum U)4.Il se retira d’abord au séminaire de Québec puis chez les Jésuites.( uré des Ecureuils de 1795 à 1806, il fut ensuite chapelain des Ursulines de Québec jusqu’en 1832.Tl accéda a l.Ancienne-Lorette le 16 novembre 1852 II était aveugle depuis plusieurs années.C’est en 1819 qu’il publia son Recueil de cantiques à l'usage du diocèse de Québec 249 — MEMOIRE POUR LE SIEUR PATOULFT COMMISSAIRE DE MARINE A PENTAGOUET Paris, 30 mars 1671.¦ Le sieur Patoulet doit observer que, ayant esté chargé par le sieur alon, intendant de la justice, police et finances en Canada, de taire 1 achat de toutes les denrées nécessaires pour 1 entretien et l’augmentation de la colonie de ce pays-là il importe qu’il prenne ses mesures dans ce voyage de sorte qu 11 puisse arriver au plus tard à Québec dans le mois d aoust ou septembre prochain, afin de pouvoir rendre compte de sa conduite au sieur Talon avant le départ des vaisseaux qui retourneront en France l’année prochaine.Il ^ estre informé que, Sa Majesté estimant qu’il importe au bien de son service et à l’avantage de ses sujets de la Nouvelle-France de rechercher les moyens les plus commodes et les plus faciles d’establir la communicatio neutre les ha, tans de Québec et ceux de l’Acadie, il n’y a rien de si grande consequence, dans ce voyage, que de s’appliquer à recon-noistre les lieux par lesquels le chemin doit estre conduit, et ce qui se peut pratiquer pour le rendre plus court et plus àvsé à tenir dans toutes les saisons de l’année.Mais, auparavant que de prendre ses éclaircissemens, lorsqu il sera arrivé audit pays, il examinera avec soin de quelle nation sont les habitans qui composent la colonie qui v est establie, et, pour cet effet, il fera une description la plus exacte qu il luy sera possible de toutes les habitations ; du nombre des familles; combien il peut y avoir d’âmes de l’un et 1 autre sexe; à quoy particulièrement les habitans s’appliquent; en quoy consiste leur commerce; les moyens qu’ils ont de subsister et d’élever leurs en fans.Comme la principale chose qu’il faut examiner pour la manutention et l’augmentation de la colonie est le défrichement des terres, il observera soigneusement quelle estendue de pays est habitée par les François et autres nations qui sont sous 1 obéissance du roy; s’ils sont unis dans leurs demeures; si la distribution des terres s’y est faite de proche en proche ou de loin en loin au gré du colon, ou s’il est resserré dans un corps de communauté ou de village; si toutes les concessions -5° — sont défrichées et de quelle qualité sont celles incultes qui se trouvent entre les habitatinns.I,e sieur I'atoulet s’appliquera de plus à connoistre les productions de la terre, pour juger de l’utilité que l’on peut attendre de l’Acadie; Si le froment, l’orge et les autres grains ou légumes de l’Europe (|ite l’on y sente y viennent bien; Si le chanvre et le lin y croissent; Dans quelle saison l'on sème tous les grains, dans quelle autre on en fait la récolte, ce qu’il est très-nécessaire de sça-voir afin de pouvoir juger ce (pie l'on peut attendre dudit pays, tant pour le bien et l’avantage des sujets du roy qui y sont habitués, que pour l’establissement du commerce qu’ils peuvent faire en France et aux isles Antilles de l’Amérique.Les pesches sédentaires ayant beaucoup contribué à rendre florissante la colonie des Anglais establie à Boston, le sieur I’atoulet étudiera avec soin et application la conduite qu’ils ont tenue et tiennent encore pour ’augmentation des pesches qu’ils ont establies aux environs de Pentagouët et du Port-Royal ', afin de prendre les mesures les meilleures et les plus convenables qu’il sera possible pour celles qui doivent estre faites autour de l’isle Percée.Il fera une description exacte du nombre des ports et havres qui se rencontrent dans l’estendue des costes; S’il y a dans ledit pays plusieurs bestiaux, comme boeufs, vaches, brebis et chevaux, et si l’on pourvoit les faire passer par terre à Québec, en cas de besoin; Si les pasturages y sont bons; Si les bois sont propres à la construction des vaisseaux, et s’il s’y en rencontre de propres pour toutes les différentes pièces qui y entrent ; S il est vray qu'il se trouve audit pays une fort grande quantité d arbres d’une hauteur extraordinaire, dont l’on pourrait faire des masts pour les navires du plus grand port que le roy avt à la mer.Il examinera aussy quel commerce on peut establir entre ce pays-là, le Canada et l’ancienne France. Le sieur Patoulet observera avec prudence, et sans que le che\alier de Grand-h ontaine puisse prendre aucun ombrage, si les peuples sont satisfaits de la manière dont ils sont à présent gou\ ernés.S il luy paroist qu’ils ne le soyent pas, il cherchera adroitement la cause de leur mécontentement, afin qu estant connue de Sa Majesté, elle y apporte le remède qu elle estimera convenable au bien de son service et au soulagement de ses sujets.Le Roy désirant que la religion dont Sa Majesté fait profession ayt seule son exercice dans les lieux éloignés et qui sont néanmoins sous sa domination, le sieur Patoulet remarquera quelle est celle des peuples dudit pays ; s’il y a des pres-ties qui leur administrent les sacremens; comment ils y vi-\tnt, s ils ont des lieux d assemblée; et s il y a des ministres de la religion prétendue réformée qui en fassent publiquement l’exercice.Il s’informera exactement du nombre des sauvages qu’il y a dans ces contrées qui trafiquent avec les sujets du roy; quel est leur commerce; quelles sont leurs moeurs; et, s'il'y en a (pii soyent ennemis des François, leurs forces et les lieux de leurs habitations., Il examinera aussy de quelle manière la justice se distribue à un chacun.Après avoir fait toutes ces remarques, il passera au Port-Ko\al, ou il en fera de pareilles, et ensuite il s’en ira par terre à Québec.Dans ce voyage, il fera un mémoire ou journal exact de toutes les difficultés qu’il rencontrera qui pourraient empester la communication de ces deux pays, et cherchera tous les expédiens dont on pourra se servir pour les aplanir.En chemin faisant, il reconnoistra la qualité des bois (pii couvrent la tel î (.pai où il passera; si la mesme terre est propre pour estre habitée, et si la pesche est abondante dans les rivières qu’il trouvera à son passage, afin de faciliter d’autant plus la communication.Enfin, il examinera si, par le moyen de ce chemin, 1 on pom roit avoir des nouvelles du C anada deux fois 1 année ( Arch, de la Mar.Ordres du roi hour les coiiipciemies des hides, 1671, fol.55.) ETAT DK CK QUI CONCERNE LE MONT-LOUIS DESCRIPTION DK MONT-LOUIS Le Mont-Louis est situé sur les bords du fleuve Saint-Lauieut, en\iron au milieu des Monts Nostre-Danie, à vingt; buit lieues du cap de Gaspé, en remontant le fleuve et à cent lieues au-dessous de Québec; il est à quarante huit degrés trente cinq minutes de latitude et à 314 de longitude; l’air y est bon et très sain, la terre bonne et fertile rapportant en quantité de ce qu on y seme; il y a devant une très grande anse où les batiments peuvent mouiller à six et sept brasses d eau; on peut aussy mouiller au large, à trente cinq brasses vis-à-vis le port de Mont-Louis.i°.Il y a une rivière où il peut entrer de petits bâtiments lesquels y estant entrez sont en assurance, il faut qu’ils ne tirent pas plus de neuf pieds d’eau à cause d’une barre de sable qui est a l’entrée de cette rivière.2°.A trois lieues avant dans les terres, en remontant la ri-vieie du Mont-Louis il se trouve une pinière très considéra.ou '' y «l ùes pins propres à faire des mastures pour les batiments de guerre la qualité du bois en est très bonne et du moins aussi bonne qu’à l’Acadie; ils portent communément soixante a soixante dix pieds sans branches et après cela ils ne laissent pas de porter leur grosseur, ils ont depuis deux pieds et demie de diamètre jusqu’à trois pieds; enfin ils sont les bien conditionnez pour servir aux vaisseaux du Roy.11 y a aussy de très belles épinettes qui portent soixante pieds sans branches sur dix huit à vingt pouces de diamètre; la qualité de ce bois est très bonne, il ployé plustôt ciu’il ne se queue on livrerait ces mastures et cela tardement.n aporteroit aucun re- — 253 J ay esté avec plusieurs charpentiers {jour visiter ces mats j'en ay mesme fait abattre plusieurs je les ay trouvé très droits et 'a qualité du bois parfaitement bonne 3 °- Il y a aussy beaucoup d autres bois propres au commerce les peupliers y sont d une grosseur extraordinaire, ils peuvent servir a faire des sculptures il y a aussy quantité de bouleaux extrêmement gros, des frenes, des érables, des merisiers et des cedres etc, qui sont tous bois propres à bien des usages.4°.Comme les terres sont très bonnes et que le bled et les autres grains y viennent en maturité il doit partir un directeur avec douze engagez pour défricher et ensemencer le plus de terre que l’on pourra avec les habitants du pays afin qu’on puisse par la suitte avoir bonne provision de bled, de poids etc, en faire commercé, en charger soit pour France soit pour les Isles, et ensuitte essayer si les chanvres y viendront bien., , 5°.C’est 1 endroit le meilleur du fleuve Saint-Laurent pour faire la pesche de la morue avec le plus de facilité et en assurance en temps de guerre; il y a un bastion de roches haut et fait naturellement qui deffend l’entrée de la rivière a portée du fusil et qui de l’autre face deffend toute la rade; les chaloupes de pesche en temps de guerre prennent le poisson sous le canon de ce bastion naturel.6°.Il se peut faire à quatre lieues au-dessous du Mont-Louis, à une rivière nommée la Magdelaine où il peut entrer toutes sortes de vaisseaux de quelle grandeur qu’ils puissent estre, une pesche de saumon, il y en a à ce qu’on dit une très grande quantité, le loup marin y donne aussy beaucoup et on pourrait en tuer et en avoir les huilles.7°- En cas que toutes ces choses puissent convenir au commerce comme les ouvriers sont très chers en Canada, on pourroit en faire passer de France, les employer l’hyver à couper des masts, faire des avirons, des cabestans, des planches, travailler aux autres bois nécessaires, défricher les ter- 254 res etc.et l'été à embarquer toutes ces choses et s’occuper à la pesche ainsv on trouvèrent de quoy les employer toute l’année (i).REGLEMENT I)U ROI A PROPOS DES HONNEURS kcylcmcilt entre le gouverneur général, l'intendant et les gouverneurs particuliers de Canada dans les cérémonies publiques.Sa Majesté voulant prévenir les contestations qui pour-roient arriver en son pays de la Nouvelle France entre les gouverneur général, intendant et gouverneur s particuliers dans les cérémonies publiques, Elle a ordonné et ordonne ce qui suit.Premièrement \ eut Sa Majesté que lorsque tous lesdits officiers assisteront aux cérémonies de 1 Eglise le seul Gouverneur général soit encensé et ce immédiatement après l’Evesque et avant le Chapitre.Ou en 1 absence dudit Gouverneur général cet honneur soit de Itéré a 1 Intendant avec cette différence que le clergé sera encensé avant luv.One dans les occasions de marché ledit Intendant soit à ^IFiuihe dudit Gouverneur général et précède tous les autres officiers de guerre dudit pays de quelque qualité qu’ils soient it qu en 1 absence dudit Gouverneur, le Commandant prenne la picmieie place, voulant Sa Majesté que ledit Intendant ayt toujours la seconde lorsqu’il se trouvera présent aux dites Cérémonies.Et au surplus Sa Majesté a permis de continuer usagt de saluer du (.anot des places ledit Gouverneur géné-îal seulement, taisant deffenses d’en tirer pour aucun des aunes officiers cv dessus.Mande et ordonne Sa Majesté au Sieur Marquis de Denonville gouverneur et son lieutenant gé-uual audit pays de tenir la main à l’exécution de la présente ordonnance.Fait à Versailles, le XXXIe may 1686.Signé Louis et plus has Colbert (1).(i) (O Mémoire attribué iiu sieur Uiverin, tiré Archives de lu province de Québec.des Archives d'Ottawa. 255 LES MILICIENS DE BEAUFORT EN i Compagnie du capitaine Paul Rainville: Vincent Giroux, Charles Paquet, Français Duprat, Pierre Caron, Germain Langevin, Jacques Morin, Augustin Caron, Joseph Giroux, Pierre Lafond, Ignace Rodrigue, Charles Mailloux, André Guillot lils, André Guillot père, Joseph Chalifour, [o-seph Grenier, Jean Dufresne, Baptiste Duheau, Germain Dubeau, Joseph Mailloux, Pierre Grenier, Prisque Chalifour, Ignace Toupin, Pierre Cyr, Charles Paradis, Germain Bélanger, Jacques Bélanger, Jean-Marie Bélanger, Pierre Bélanger, Pierre Chalifour, Pierre Mailloux, Germain Giroux, Nicolas Parent, Joseph Cholette, Pierre Vallée, François Giroux, Thomas Touchette, Louis Binette.Jean-Marie Marcoux, Michel Marcoux, Michel Mailloux, Joseph Parent, Alexandre Toupin, Thomas Lespérance, François Parent, Joseph Valin, Jacques Parent, François.Fran- çois Chamberlain!, Charles Béclard, Louis Lespérance, 1 )o-minique Lortie, Charles-Marie Chauret, Jacques Laurent, Siniéon Chamberland, Jean Parent père, Jean Parent t'ils, Charles Lesage.Compagnie du capitaine Sifard Parent: Vincent Grenier, Vincent Tessier, Antoine Tessier, Pierre Grenier, Pierre-Archange Grenier, Charles-Archange Grenier, François Grenier, Joseph Grenier, Paul Rainville, Louis Grenier, Jean Grenier, Pierre Grenier, Jean Giroux, Ange Bélanger, Louis Maheux, Charles Grenier, Louis Giroux, Jean Traverse, Charles Bougy, Joseph Marcoux, François Giroux, Jean Marcoux, Michel Grenier, Baptiste Lefebvre, Michel Lefebvre, Jean Maheux, Gustave Creste, Louis Vallée, François Robert, Joseph Marcoux, Dominique Lortie, Jacob Lange-vin (fermier de M.Durbesnay), Joseph Binet.Alexandre Vallée, Jacques Guillot, M.Lemaître, Charles Parent, Gustave Vallée, Joseph Vallée, Jean Vallée, André Marcoux, Louis Marcoux, Etienne Parent, François Langevin.François Paschal, Pierre Maheu, Louis Langevin, Pierre Rous-sin, Jean Langevin, Joseph Huot, Pierre Ménard, Charles Ménard, Michel Marois, Germain Giroux, Joseph Giroux, François Huot, Raphaël Giroux, Joseph Giroux, Pierre Du-prac, Louis Vachon, Louis Binet, Pierre Binet, Jean Tessier, Gabriel Binet, Jacques Quirion, Jacques Girard, Antoine Parent, Ignace Girard, Louis Dastous, François Boucher, Joseph Parent, François Potvin, François Bédard (i).LA MORT DE SAMUEL DE CHAMPLAIN Le vingt-cinquième décembre (1636), jour de la naissance de Notre Sauveur en terre, Monsieur de Champlain, notre gouverneur, prit une nouvelle naissance au Ciel; du moins nous pouvons dire que sa mort a été remplie de bénédictions.Je crois que Dieu lui a fait cette faveur en consideration des biens qu ils a procure a la Nouvelle-France, où nous espérons qu un jour Dieu sera aimé et servi de nos Français et connu et adoré de nos Sauvages: il est vrai qu’il avait vécu dans une grande justice et équité, dans une fidélité parfaite envers son roi, et envers Messieurs de la Compagnie.mais a la mort il perfectionna ses vertus avec des sentiments de piété si grands, qu’il nous étonna tous.Que ses }iux jetèrent de larmes! Que ses affections pour le service de Dieu s’échauffèrent! Quel amour n’avait-il pour les familles d ici, disant qu’il les fallait secourir puissamment pour le bien du pays, et les soulager en tout ce qu’on pourrait en ces nouveaux commencements et qu’il le ferait, si Dieu lui donnait la santé.Il ne fut pas surpris dans les comptes qu’il devait ren' ie a Dieu, il avait préparé de longue main une confession generale de toute sa vie, qu’il fit avec une grande douleur au -ulemant, qu il honorait de son amitié; le Père le se- rïinnV " -a.™aladie fl» de deux mois et demi, ne fort h™ S ',T r:|l“ la n,
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.