Bulletin des recherches historiques : bulletin d'archéologie, d'histoire, de biographie, de numismatique, etc. /, 1 mars 1940, mars
LE BULLETIN DES RECHERCHES historiques VOL.XLVI LÉVIS, MARS 1940 QUELQUES LETTRES DE Mgr DE LAVAL Lettre de Monseigneur de Laval au roi Louis XIV (12 novembre 1682) Sire, L honneur que votre Majesté m a fait de m’écrire que Mr De Meules a ordre de conserver ici avec moi une parfaite intelligence en tourtes choses, et de me donner toutes les assistances qui pourront dépendre de lui, est une marque si sensible de la bonté qu elle a pour cette nouvelle église et pour 1 évêque qui la gouverne, que je me sens indispensablement obligé d en rendre à Vostre Majesté ma très humble reconnaissance.Comme je ne doute pas que ce nouvel Intendant dont elle a fait choix ne fasse avec plaisir ce qu elle lui a ordonné, je puis aussi assurer Vostre Majesté que de ma part j aurai toute la correspondance que je dois avoir avec luy, et que je feray toute ma vie ma plus grande joye d entrer dans les intentions de Vostre Majesté pour le bien général de ce pays qui faict partie de vos états.J écris a Monsieur de Seignelay le détail des choses qui regardent mon ministère pour en rendre compte à votre Majesté, et j espère qu elle me fera la justice de croire que je suis avec un profond respect et une entière soumission, Sire, de Vostre Majesté, le très humble, très obéissant et très fidel suiet et serviteur.françois evesque de Québec.(1) Québec, le 12 novembre 1682.(1 Archives de I Archevêché de Québec, Copie de lettres, vol.I, Mgr de Laval 1659-1705 p.207.Copie d'apres original conservé au Séminaire de Québec. Lettre de Monseigneur de Laval a M.de Seignelay a Paris (12 novembre 1682) Monsieur, J’ay receu par les mains de Monsieur de Meules la lettre du Roy et la votre sur le changement de Gouverneur et d’intendant de ce pays, et je suis persuadé que nous (devons) à votre crédit et à votre piété l’ordre que sa Majesté a donné à l’un et à l’autre de vivre avec moi en parfaite intelligence et de m’appuyer de leur autorité en tout ce qui pourra dépendre de leurs fonctions.On ne peut être plus reconnaissant que je le suis de cette nouvelle marque de votre bonté, Monsieur, et je tascheray de contribuer de ma part tout ce 3ui me sera possible pour agir de concert avec ces Messieurs ans les choses qui regardent mon ministère.Nous avons déjà conféré plusieurs fois ensemble sur les moyens de rendre nos cures fixes, mais ces Messieurs attendent à se déterminer qu’ils aient pris par eux-mêmes la connois-sance exacte de l’état des dîmes.Cependant le secours que Sa Majesté nous donne de la somme de six mille livres pour ayder à la subsistance des curés est absolument nécessaire iusques à ce que le pays puisse les faire subsister, autrement les peuples demeureraient sans pasteurs et les enfants seraient élevés dans l’ignorance des choses les plus essentielles.On a aussi examiné la proposition que j’avais faitte de bâtir une chapelle succursale dans l’emplacement du vieux magasin qui a été entièrement bruslé par le dernier incendie, ces Messieurs n’y trouvent pas beaucoup de difficultés, et ils croient que quand bien même Sa Majesté voudrait réédifier le magasin, il y aurait assez de place pour construire la chapelle dont la ville basse a fort grand besoin.Je suis surpris qu’on ait osé dire, Monsieur, que je refuse la permission de dire la messe dans les églises qui ne sont que de bois ; il est de notoriété publique que je permets qu'on la dise dans toutes sortes de bâtiments pourveu qu’ils soient un peu séparés des maisons des habitants et qu’on y puisse célébrer avec décence nos saints mystères.Je vous supplie, Monsieur, d’avoir la bonté de suspendre un peu votre juge- — 67 — ment lorsqu on in imputera de certains faits qui paraîtront déraisonnables, je serai toujours prest à vous rendre raison de ma conduite.Nous rendons très humbles grâces à Sa Majesté de la gratification qu elle nous a accordée de quinze cents livres pour le clocher de Quebec, comme le dernier incendie a mis les habitants hors d'état de contribuer à cet ouvrage, il ne nous sera pas possible de 1 achever à moins que vous ne nous obteniez, Monsieur, si vous le jugez à propos, quelque augmentation l’année prochaine.Il est arrivé cette année plusieurs grands maux de la traite des boissons chez les Sauvages, mais j’espère que Monsieur notre nouveau gouverneur et Monsieur l’Intendant feront observer exactement à l’avenir les ordonnances sur ce point, et que vous aurez la bonté de vous en faire informer avec tout le soin que mérite l'importance de cette affaire.Il est aussi fort important qu'on ne donne point d’atteinte a 1 edit du Roi qui défend aux Huguenots de s’établir en ce pays, surtout qu'on ne le souffre pas dans l'Acadie à cause de la proximité des Anglais et des Hollandais.Monsieur de Meules par l'application qu'il a au bien de cette église naissante juge à propos que ie fasse venir de-France au plustôst quatre prêtres, n’en ayant pas encore assez ici pour desservir nos cures, et il me fait espérer que Sa Majesté voudra bien leur faire fournir ce qui leur sera nécessaire avec les frais de leur passage, si vous avez la bonté de luy représenter le besoin que nous en avons.Enfin je vous supplie, Monsieur, de ne vous lasser point de nous donner votre protection.J’ai tant de confiance en votre vertu que je m’adresserai toujours très volontiers à vous en toutes occasions, si vous voulez bien me le permettre, et je serai toute ma vie avec autant de reconnaissance que de respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur, A Québec, le 12 novembre 1682.(1) (1) Archives de 1'Archevcché de Québec.CofieJt Itttns, vol.I, Mgr de Laval 1659-1705, p.209.Sur l'original conservé au Séminaire de Québec. — 68 — Lettre de Mgr de Laval a M.de Seignelay a Paris (12 novembre 1682) Monsieur, J'ai reçu par les mains de M.de Meules la lettre du Roi et celle que vous m'avez fait l’honneur de m’escrire.Le pays vous est extrêmement obligé des soins que vous avez la bonté de prendre pour son accroissement et d'avoir bien voulu informer Sa Majesté de son état et de ses besoins.Il en ressent les effects et il est redevable à votre ministère des bienfaits qu'il en a reçus cette année et spécialement de la grace que elle lui a faite d’y envoyer M.de la Barre pour gouverneur et M.de Meules pour intendant.Ils s'appliquent tous deux, depuis le premier jour d’octobre qu’ils sont arrivés, avec beaucoup de soin et de vigilance à tout ce qui regarde le bien du pays, et particulièrement à tâcher de détourner la guerre des Iroquois qu'il parait manifestement qu’ils ont dessein d’entreprendre contre la colonie.M.de la Barre a pour cet effet dépêché aussitôt un canot vers cette nation duquel il ne peut attendre la réponse que sur les glaces.J’ai eu le bien de communiquer plusieurs fois avec ces Messieurs sur tout ce qui concerne l’état de l’Église et spécialement sur les dimes et l’établissement des cures, mais quelque connaissance que j’aie pu leur donner sur cette matière, ils ne peuvent pas en avoir de suffisante que par un transport dans tous les lieux, après quoi ils pourront porter un jugement plus solide et remarquer la différence qu’il y a entre les établissements de cette colonie et ceux de l’ancienne France.Je puis vous assurer que j’auray toujours tout le respect et la soumission que je dois aux ordres du Roi et que j’agirai avec ces Messieurs en toutes choses avec l’intelligence que Sa Majesté et vous pouvez désirer.Ils peuvent l’un et l’autre vous rendre témoignage de ma correspondance en tout ce qui est de mon ministère et qu’ils jugent à propos.Monsieur de Meules travaille avec assiduité et une affection particulière, et je me joins volontiers à ses soins pour trouver les moyens de rendre les curés fixes et sédentaires en chaque lieu.L'ordre que vous me faites l'honneur de m’écrire que Messieurs de la Barre et de Meules ont reçu d’examiner conjointement et avec soin ce qui regarde l'établissement 69 des dimes nécessaires pour la subsistance des dits curés me donne d’autant plus de sujets d’espérer que cette affaire aura un bon succès, que ces Messieurs y doivent coopérer de concert et d'union et que je n’y épargnerai rien de mon côté.Les deux mille écus que vous avez eu la bonté d’obtenir du Roi pour partie de la dépense à faire pour leur entretien est un secours qui contribuera beaucoup à faire réussir ce pieux dessein.Je puis vous dire avec vérité (et je le dois par le devoir de ma charge, Dieu m'ayant commis le soin de cette Église) que c'est une chose d'une nécessité absolue, et que sans cet établissement il est assuré que les peuples s’élèvent dans une si grande ignorance de leur salut que quelques soins et fatigues que l’on puisse prendre pour leur instruction, il y a tout sujet de présumer qu'il n’v resterait à la suite du temps que fort peu de teinture du Christianisme, ainsi Sa Majesté ne saurait faire une dépense plus utile et plus nécessaire pour la Colonie, ni vous, Monsieur, coopérer à une oeuvre plus digne de votre piété.Le Roi continuera autant qu’il lui plaira ce bienfait signalé à ce Christianisme, mais vous me permettrez de vous dire qu’il n’y a pas d'apparence que cet ouvrage se puisse soutenir si Sa Majesté ne l’appuye de ce secours, tant à raison de la distance des lieux les uns des autres que de la pauvreté d'une grande partie des peuples.Lorsque ces Messieurs auront reconnu les choses par eux-mêmes, ils jugeront mieux de ce que peuvent valoir les dimes et de ce que nous pourrons faire en conséquence.Monsieur de Meules m’a témoigné qu’il serait (d'avis) de faire venir quatre ecclésiastiques de France, voyant que ce qu’il y en a ici ont autant de travail et plus qu’ils n’en peuvent faire.Celui qui prend soin des affaires de cette Église aura l'honneur de vous le représenter.J’ai entretenu Messieurs de la Barre et de Meules de ce que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire de l’emplacement appelé le vieux magasin dans la vue d’y pouvoir édifier une chapelle pour le soulagement de la Basse-Ville, l’incendie arrivé ayant con-summé tout ce qui en pouvait rester, n’a laissé que le terrain duquel ils m’ont témoigné qu’ils ne jugent point à propos de disposer jusqu’à ce qu’ils vous aient informé du besoin qu'ils croient qu’il y aurait de réédifier un autre magasin sur le même emplacement, et que au cas que le Roi ne voulut pas faire cette dépense, ils ne trouvent aucun inconvenient de le remettre pour y pouvoir construire une chapelle et — 70 — jugent même qu’il y a assez de terrain sur cet emplacement pour exécuter l’un et l'autre dessein si Sa Majesté l'a pour agréable.L on n a point pu écrire avec vérité que j’aie jamais fait la moindre difficulté de permettre de dire la messe dans les églises de bois, puisqu’il n'v a pas de moyen dont je ne me serve pour faire en sorte qu'il y ait au moins quelque réduit pour petit qu’il puisse etre (qui soit séparé des maisons) pour y pouvoir dire la sainte messe, et n'être pas nécessité comme je suis de permettre de la célébrer dans les maisons des habitants dans lesquelles, à cause de la petitesse et pauvreté des lieux ils ont souvent tout proche de l'autel que l'on y dresse la marmite au feu, et où les volailles et autres animaux causent la derniere indécence, ce que je ne pourrais pas permettre en conscience, si je ne m’y voyais obligé par l'extrême nécessité où l’on se trouve pour le salut des pauvres gens.La grâce que je vous supplie très humblement de m accorder est de ne point adiouter foi à ce qui peut vous estre mandé a mon insu jusqu à ce que j’aie eu l’honneur de vous éclaircir de la vérité.Je vous rends mes très humbles actions de grâces pour la gratification qu il a plu à Sa Majesté de nous accorder par vostre moyen pour le clocher (de l’église) de Québec, lequel n étant que de bois s'est trouvé entièrement perdu et ruiné par les neiges et la rigueur des saisons de ce pays et ne se peut aucunement réparer, ce qui fait que l’on se voit dans la nécessité d’en construire un qui soit de pierre.L’incendie de la Basse-Ville ayant réduit les habitants de Québec à n’y pouvoir aucunement contribuer à moins que le Roi n’ait la bonté de vouloir nous accorder encore quelque grâce je ne vois pas qu il soit possible de l’entreprendre, cependant il y a déjà plus de dix-huit mois que 1 on n'ose sonner les cloches de crainte que le clocher ne tombe sur l’Église dont il fait une partie.Si j osais prendre la liberté je vous supplierais très humblement de nous obtenir cette grâce.François, evesque de Québec.(l) (}) ^rchivcs de I Archevêché de Québec.C.optc Ji lettres, vol.I, Mgr de Laval 1659-1705 p.21 î.Sur 1 original conservé au Séminaire de Québec. — 71 Lettre de Mgr de Laval au Roi Louis XIV (10 novembre 1683) Sire, Les troupes que vostre Majesté nous a envoyées cette année pour nous défendre contre les Iroquois, la place que elle nous a accordée pour faire la chapelle succursale de la paroisse de Québec et les fonds qu’elle nous a fait donner tant pour commencer à rebâtir le clocher de la cathédrale que pour aider à la subsistance des curés dans tout le pays sont de nouvelles grâces qui m’obligent indispensablement à en faire de très humbles remerciements à Vostre Majesté et qui me font espérer qu’elle voudra bien continuer ses bontés royales à notre Église et à toute la colonie.Elle sera sans doute bien aise d’apprendre que je conserve avec grand soin toute la bonne intelligence possible avec M.le Gouverneur et M.l’Intendant qui paraissent contents de ma conduite.Comme Vostre Majesté m’ordonna dans mon dernier voyage en France de m’adresser à Monsieur l’Archevêque et au Père de la Chaise dans les affaires spirituelles j’écris à l’un et à l’autre pour me plaindre d'un nouvel établissement que les Récollets ont fait dans cette ville contre les intentions de vostre Majesté, contre mes défenses et contre le bien public de ce pays.J’envoie sur cela un mémoire exact à Mr de Seignelay qui en rendra compte à V.M., aussi bien que du détail de toutes nos autres affaires ; celle-ci vous paraitra sans doute, Sire, une entreprise aussi téméraire qu’elle est préjudiciable a l’Église et j’espère que Vostre Majesté aura la bonté de donner ses ordres à ces Religieux pour les faire désister.Je demande tous les jours à Dieu au’il verse de plus en plus toutes sortes de bénédictions sur la personne sacrée et sur la famille royale de votre Majesté, et je suis avec un très profond respect, Sire, _ de Votre Majesté le très humble, très obéissant et très fidèle sujet & serviteur, françois evesque de Quebec.(1) (1) Archives de l'Archevêché de Québec.Copit Jt hurts, vol.I, Mgr de Laval 1659-1702, p.241.Sur l'original conservé au Séminaire de Québec. - 72 Lettre de Mgr de Laval a M.de Seignelay, a Paris (10 novembre 1683) Monsieur, J ai receu les deux lettres que vous m'avez fait l’honneur de m écrire cette année et je ne puis assez vous témoigner la jeue qu elles m’ont donnée quand j’y ai lu que S.M.était satisfaite de la bonne intelligence que je conserve pour les interets de son service avec Monsieur le Gouverneur et Monsieur 1 Intendant., .Monsieur le Gouverneur a passé tout l'esté au Montréal ou il a connu a fond les désordres que cause le commerce des boissons enivrantes chez les Sauvages, ce qui l’a obligé de hure des ordonnances très sevères, qui arresteront le mal pourvu qu on les exécute.Il a aussi eu dans ce même lieu 1 adresse et le bonheur de suspendre jusqu’à présent, l'exécution du dessein que les Iroquois ont de nous déclarer la guerre, pour laquelle vous avez eu la bonté de nous envoier déjà quelques troupes, dont nous sommes obligés à votre crédit Auparavant ce petit voiage il m’avait remis de la part de ba Majesté suivant vos ordres l'emplacement du vieux magasin pour y bâtir une chapelle succursale de la paroisse.Je vous dois sur cela des remerciemens particuliers Monsieur 1 Intendant a parcouru en personne la pluspart des habitations de ce pays pour y connoître mieux à quoi peuvent aller les dîmes, et il s'est emploié partout avec succès a pacifier les différents et a rémédier aux désordres Ces deux Messieurs se sont appliqués avec tout le soin et toute 1 exactitude possible durant tout le cours de cette année a trouver les moiens d’établir des cures fixes dans ce pays, ht apres plusieurs conférences que nous avons tenues ensemble nous avons dressé un estât qu’on vous envoie sirné de nom trois, ou vous verrez, Monsieur, qu’à cause de°la pauvreté des peuples il est impossible fi subsister les curés f ™01ns cluc ^a Majesté ne donne le petit supplément que nous vous marquons.” M Nous lui sommes infiniment obligés de la bonté qu'elle a de nous accorder ce qui est nécessaire pour fi passer de iusnnVC^Uatre EccJesiasncîues- Je n’en ai fait venir aucun jusqu a present qui ne m ait coûté quatre cents francs tant — 73 pour son passage que pour le voiage de Paris à la Rochelle pour la dépense jusques au jour de l’embarquement et pour un calice et des ornements d’autel, sans parler des livres dont un missionnaire doit être pourveu.Il me paroit important d’établir une cure au Port Roial situé en Lacadie et afin dy maintenir les habitans dans l'obéissance deüe au Roi parce qu’ils sont éloignés de Québec et tout proches des Anglois ; Il y a sept ans qu’un de mes ecclésiastiques travaille utilement à ce dessein, en même tems qu’il est chargé par commission du soin des âmes ; mais comme l’habitation a près de vingt lieues d’étendue, et qu elle est la plus peuplée de Lacadie il y faut encore un prêtre pour aider celui qui y demeure depuis si longtems.Cet ecclesiastique m a donné avis qu’il est passé en ce lieu là des hérétiques de la Rochelle qui prétendent s’y établir sous prétexte de pesche, et qui ont déjà trop de communications avec les Anglois de Boston, je vous supplie très humblement, Monsieur, de ne pas souffrir ce désordre dont vous voiez bien les suittes.La place que je tiens ici m’oblige de vous représenter en faveur des communautés du pays qu’il serait de la piété et de la bonté du Roy, et si j ose le dire, en quelque façon de sa justice, de leur accorder pour toujours l’exemption du dix pour cent sur les boissons qu’elle font venir de france, en Canada, pour leur usage.Le mémoire que je prends la liberté de vous envoier et que je vous fis présenter dès l’an passé par mon Grand Vicaire résidant à Paris, vous instruira parfaitement du fond de cette affaire qui ne diminuera rien de la ferme 1 " ' , ” it, sans mouvement cette grâce aux communautés dont je parle et qui sont sans difficulté le principal soutien de la colonie et des missions auprès des Sauvages.Le secours que vous nous avez obtenu de S.M.pour contribuer au rétablissement du clocher de ma cathédrale est une nouvelle marque et une protection dont je vous suis sensiblement obligé.Nous allons commencer cet ouvrage sans aucun retardement, y ayant déjà quatre années que l'on ne sonne point de cloches, la dépense sera bien plus grande que l’on avait prévu, et si je ne craignois point de vous être trop importun, je vous prierais très humblement de repré- diminution au prix üe leur bail tont dé|à de leur propre icnter i ; M uu a raisoe.ce la pauvreté des habitans l'ouvrage demeurera impartait a moins que par sa piété elle ne cctinnoe de nous secourir.Gemme Messieurs ne la Barre et de Meules m'ont té-mot zne eu Ls vous exposent - ers et l’autre la pauvreté de notre hôpital ce Quebec, t me joins à eux pour vous dire que coco estant la pension annuelle que le Koy lui donne, il est s: charge ce malades et Ce debtes que sans des secours extraordinaires il tact qu'il succombe.Et vous savez.Monsieur, de ocelle consequence il est de le soutenir.Le 'mer Bourdon, chirurgien cue Mr de la Barre a amené avec Ici rend ce crânes services a cet hôpital et à tout le pays.C est en cette consideration que je vous supplie de lui procurer quelque era mica non de S.M.j a: ’men ia déplaisir ce me voir obligé a vous faire des plaintes sur la conduite ces Récollets à l'occasion d’un hospice qu :1s veulent établir ici mairre moi sur le pied de tous leurs acmes r.spices c Europe Je leur avais accordé par respect poux les lettres patentes eu Roy.qui leur avait donné l’emplacement Ce la séneschaussée et par le désir sincère de leur témoigner mon affection.1a permission de bâtir sur cet emplacement une infirmerie pour leurs malades quoyque je sceussc men eu elle ne leur était pas nécessaire et que je craignisse Ces lors eu iis n a cessassent de cette grâce ; c a cor: il; avaient paru contents de cette infirmerie sans se plaindre vertement du refus que je leur faisais de souffrir en hospice auquel toutes .es communautés de ce pays et les véritables intérêts ce la relie:on et de la politique s’opposent.Ma:; il; r.en: ta:: que dissimuler le dessein secret qu’ils ont firme ce taire un second établissement dans Québec et q_: n a eue trop éclaté depuis par la chapelle qu'ils ont bâtie et - .eme p«.ur r leurs fonctions contre nos défences réitérées lis ne t nt point de difficultés de faire de ces sortes c entreprise cans I espérance d’être soutenus quand elles sont laites et leur ressource au cas qu’ils y trouvent trop d'opposition, est de promettre tout ce qu’on veut, pourvu e ue h or.conserve les hâtimens qu'ils ont fait, parce qu'ils sc promettent que avec le temps ils trouveront des conjonctures favorables pour consommer leurs desseins, sans avoir égard au bien public : je vous conjure Monsieur, de Ere av ec quelque application le mémoire que j'ai dressé sur cette affaire.;e n'y ai rien mis d'inutile et je puis vous pro- 75 — tester que je cherche le bien sans passion.On croit icyt que le plus court et le meilleur moien de terminer l'affaire en esprit de paix c'est d’entrer dans la proposition que Monsieur l’Intendant m’a faite d’acheter la place et le nouveau bâtiment des Récollets, quoique je ne sois guère en état de f" cette dépense.Et pendant que je fais de ma part plus que je ne puis pour agréer cet expédient, j’espère que vous ferez connoistre au Roy la nécessité qu’il y a de donner aux Récollets un ordre de S.M.à ce qu’ils aient à se désister de tout établissement dans Québec (leur couvent de Nostre Dame des Anges étant plus que suffisant pour tous leurs besoins) ; et qu’ils n’entreprennent point à l’avenir de se bâtir des maisons (comme ils le veulent faire au Montréal, aux Trois-Rivières et à l’Ile Percée) sans la permission expresse de S.M.et de l’evêque : Je ne puis m'empêcher en finissant de vous dire une chose que je n’ai pas voulu mettre dans mon mémoire, pour épargner davantage le nouveau Supérieur, dont j’ai d’ailleurs tout sujet d’être assez content, il m’a déclaré depuis huit jours que si je leur défendais sous peine de suspence de dire la messe dans leur hospice prétendu, je serois moi même excommunié par leurs privilèges.Pardonnez-moi, Monsieur, la longueur de cette lettre.Je crois n’avoir dit que le nécessaire.Je vous demande la continuation de vos bontés pour moi et de votre protection pour notre église et tout le pays.Personne ne vous honore plus que je ne le fais et je suis avec autant de reconnaissance que de respect, Monsieur, votre très humble et très obéissant serviteur, A Québec, le dixiè.novembre 1683.(1) Lettre de Mgr de Laval au Roi Louis XIV (4 juin 1684) Sire, Mr le Marquis de Seignelay informera vostre Ma*- de la guerre que les iroquois ont déclaré à vos suiets de la nouvelle france, et de la nécessité pressante en laquelle on se trouve de dépescher une barque pour lui en donner advis et la supplier très humblement d’avoir la bonté d’y envoyer (1) Archives de l'Archevêché de Quebec.Copie de lettres, vol.I, Mgr de Laval 1659-1702, p.243.Sur l’original conservé au Séminaire de Québec. 76- un secours qui soit capable de résister et de détruire s’il se peut cet ennemy qui s’oppose depuis tant d’années à l’établissement de cette colonie et à la conversion de toutes les nations iniidelles de ce pays, lesquelles ne pouvant recevoir la foy et la lumière de l'Évangile uniquement que par vos suiets, nous avons tout suiet de croire que la providence de Dieu a réservé à vostre Ma"’ très chrestienne, fils ainé de la Sainte Église, la destruction de ce peuple qui sert d'un si puissant obstacle à l'accroissement du christianisme.Puisqu’il a plu a vostre Ma"’ me choisir pour le gouvernement de cette Église naissante, je me sens obligé plus que personne de lui en représenter les besoings.Les soins paternels qu elle a toujours eu d’y pourvoir ne me laissent aucun lieu de douter quelle ne donne les ordres nécessaires pour le plus prompt secours quil sera possible sans lequel ce pauvre pays serait exposé à un péril très grand de sa ruine estant nécessaire de les prévenir, tous nos suiets espèrent quelle aura cette bonté assurant vostre Ma": qu’ils prient Dieu incessamment pour sa conservation et la prospérité de ses armes, et moy particulièrement qui suis avec tout le respect que je dois De vostre Majesté le très humble et très obéissant sujet et serviteur, (françois Evesque de Québec) (1) Lettre de Mgr de Laval a Mr de Seignelay (4 juin 1684) Monsieur.\ ous apprendrez plus particulièrement par les lettres de Mrs de la Barre et de Meules que les Iroquois ont déclaré la guerre et les actes d'hostilité qu’ils ont attenté en divers temps et différents lieux sur les Français, ce qui oblige de depescher une barque pour en donner avis à Sa Majesté et la supplier avec toutes les instances possibles d’envoyer les secours necessaires pour s’opposer à cet ennemi qui n’omettra rien de tout ce dont il est capable pour empescher rétablissement de cette colonie laquelle a tout suiet de l'appréhender Archive* de ; Archevêché de (ÿaèbcc Oftt it ntru, vol.I, Mgr de Laval 1659-1702 P '5* Sur '< crig.r.a.-reserve au Séminaire de Québec. — 77 — si l’on ne les prévient et que l’on aille dans leurs pays avant qu’ils puissent se répandre dans toutes les habitations françaises dans lesquelles ils apporteraient une grande désolation ; n’estant pas en état de se secourir à cause de l’éloignement où elles sont les unes des autres dans l’espace de plus de cent lieues.Ce pauvre pays ayant reçu l’an passé par vos soins et protection un secours considérable de Sa Majesté a tout lieu d’espérer que vous n’aurez pas moins de bonté cette année pour lui procurer celui dont il a plus besoin que jamais dans la nécessité pressante où il se trouve réduit.La conversion d ’un si grand nombre d’infidèles à laquelle ces barbares s’opposent depuis tant d’années est un motif assez puissant pour y exciter votre zèle et votre piété.Le rang que je tiens m’oblige par le même motif plus étroitement que personne dy prendre intérêt et de vous supplier autant qu’il m'est possible d'avoir compassion de ce christianisme qui est dans un péril très grand de sa ruine s’il n’est puissament et promptement secouru de Sa Majesté.C’est ce que nous attendons de la continuation de vos soins, vous assurant que je suis avec bien du respect, Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur, françois Evesque de Québec (1) Lettre de Mgr de Laval a M.de Seignelay (1687) Monsieur, Ayant appris de Monsieur de S1 Vallier que vostre intention estoit que iattendisse le retour du Roy pour prendre une dernière résolution sur mon départ ie vous prie de trouver bon que sans attendre la lettre que vous lui avez diet que vous me feriez l’honneur de mescrire sur cela ie vous représente avec respect que le tems du départ des vaisseaux presse et que ie vous demande avec confiance la grace de finir le plus tost que vous pourrez cette affaire vous pouvez aisément en parler au Roy durant le voyage et me faire savoir ses ordres afin que ie prenne mes mesures ie puis vous protester Mr que (1) Archives de l'Archevêché de Québec.Copie de lettres, vol.I, Mgr de Laval 1659-1702, p.259.Sur l’original conservé au Séminaire de Québec. — 78 — si dans la maiiicrc dont ie nie suis comporté avec vous îavois manqué en quelque chose ien aurois un sensible déplaisir et je vous prie destre bien persuade que si ie retourne ce nest uniquement que pour y achever de finir mes iours en repos et avoir la consolation de mourir dans le sein de mon Eglise, iespere que bien loin dy mettre par occasion le moin-die obstacle a la paix j y serai un moyen de parfaite union comme vous le connoistrez dans la suitte ayez donc la bonté de maccorder vostre protection iattends unne response favorable et suis etc .(1) Lettre de Mgr de Laval a Mr de Denonville (20 novembre 1690) A Québec ce 20e novembre 1690 Je vous suis bien obligé, Monsieur, de l intérêt que vous pienez a ma santé qui est si inutile en toute manière à ce pays il me semble néantmoins que la volonté est bonne, mais'je ne suis propre a rien, vous avez bien raison de qualifier ce pays cy du nom d un pays de miracles, jamais Dieu na fait plus paroistre sa puissance que cette année sur lui.Nous y avons eu depuis vostre départ une famine presque-uni vei selle, et par sa miséricorde il ny est mort personne de faim.Nous y avons veu en mesme temps une armée navale Anglois, mettre le siège devant Québec, avec trente deux-voiles quelques uns disent trente quatre.Ils ont sommé a ville de se rendre, et tout le pays ; n’ont donné qu’une heure de temps a délibérer, après quoy ils passeroint tout par Je m de 1 espée, et mettroint a feu et a sang tout le reste, h-t en effet ils commencèrent a vouloir foudroyer la basse et haute ville a coups de canon, dont ils ont tiré a ce que on dit bien deux mille coups.Nous avons eus recours a Dieu, a sa S"- mère, à tous les bons anges et à tous les S'» latrons de cette pauvre Église affligée en toutes façons, et le plus grand déplaisir qu'eurent les ennemis fut d’entendre pendant le siège, le service divin sonner à l'ordinaire, d’où ils inferoint que nous n’avions pas grande peur d’eux, quov-que fa pluspart fussent fort consternés.' P- (1) Archives de rArchevêché de Québec.Copie de lettres, 341.Sur I original conservé au Séminaire de Québec.vol.I, Mgr de Laval 1659-1702, 79 - Toutes les Pelleteries et les meubles de la basse ville estoint presque tous dans le séminaire et bon nombre de familles qui s’y estoint retirées, jusqu’à celle de M.l’Intendant.Cette maison n’a pas pu refuser dans une nécessité semblable tous les offices de charité qui estoint possibles, au dépens d’une grande partie des provisions que Ion y avoit.Les soldats et autres y ont pris et consommé bien cent cordes de bois, plus de quinze ou seize cent planches qui ont esté brûlées et rompues, bref en bestiaux et autres dommages la perte du Séminaire ira bien à mil escus, mais il faut dans des occasions de cette nature prendre patiance et faire tout le bien que Ion peut, sans avoir esgard aux besoins ou Ion est.Les ennemis firent une descente entre Québec et Beauport de plus de deux mille, ils ont fait plusieurs efforts pour s’estendre devers Québec, afin de l’enfermer, deux gros vaisseaux estant montés dans la rivière jusqu’à moitié chemin de St Michel, pour joindre ceux qui l’entoureroint, par terre, et pour favoriser la venue d’une armée qui devoit venir d’Orange et de Manatte composée d’Anglois et de Sauvages Loups et Iroquois, au nombre, disoit-on, de quatre mille, à laquelle armée ils avoint donné rendes vous pour se trouver dans le temps quils ont assiégé Québec.Si l'armée navale fut venue huit jours plus tost, et que Dieu lui eust permis, elle se serait infailliblement emparé de Québec, où il ny avoit pas 150 hommes y comprenant tout ; vous pouvez bien juger quils n’auroint pas eus de peine, n’estant aucunement fortifiée comme vous scavez.L’on envoya nouvelles sur nouvelles à Montréal ou M.de frontenac et M.l’Intendant estoint et toutes les troupes, attendant quoy on ramassa comme 1 on put quelques habi-tans, et enfin mon d.Sr de frontenac arriva, et M.1 Intendant avec des soldats.L’on a mis quelques batteries de canon en divers endroits, qui ont assez endommagé les vaisseaux des ennemis qui furent obligés de s esloigner de la portée du canon, et ne perdirent pas néantmoins la résolution de continuer leur siège, en sorte que Québec estoit assiégé doublement d’ennemis et de famine, et sans que les habitans de Beaupré de Beauport et de 1 Isle d’Orléans se sont signalés en courage en les attaquant dans leur camp, il y a apparence qu'ils auroint demeuré plus de temps à terre, et qu ils au-roint réduit tout le monde qui estoit dans Québec à la dernière extrémité.Ils les obligèrent a se rembarquer la nuit 80 — en confusion, ayant laissés dans leur camp cinq pièces de canon et un drapeau, dont les habitans s'emparèrent à la faveur des coups de fusil qu'ils tirèrent aux ennemis qui n osèrent approcher avec leurs chaloupes pour les enlever et ensuite par une protection particulière de Dieu qui mit la consternation dans leurs esprits ils se sont retirés, a quoy ils ont este forcés en partie par les mauvais temps, qui ont este fort extraordinaires eu esgard à la saison ; mais en quoy Dieu a fait paroistre une protection plus particulière et toute miraculeuse, ça esté dans la venue de trois de nos navires qui venoint dans le temps que les ennemis se retiroint a leur rencontre, et n cust esté qu'ils furent avertis à la baye b laul, ils seroint tombés entre leurs mains.Ils ne purent neantmoins si bien faire quils ne fussent apperceus des ennemis qui les virent entrer dans la rivière du Saguenay n'ayant point d autre refuge, et comme les ennemis les poursuivoint pour y entrer après eux, le vent qui avoir esté favorable aux nostres, se changea en un moment, et s’estant eslevé une brume et un tourbillon de neige ils furent rejettés du Saguenay, 1 entree duquel ils tentèrent jusqu’à quatre fois cinq jours durant, sans en pouvoir venir à bout ; et enfin une maniéré de tempeste et poudre de neige survint qui les obligea de quitter prise, et de disparoistre.Ces trois navires sSnt le St françois Xavier, le Glorieux et une frégate chargée de farine et de lards, et dans les deux premiers estoit tout l’argent que le Roy envoyé en ce pays cy, se montant a deux cent tant de nulle livres en espece.Lon estime que la perte de ces rois navires n auroit esté guère moins d'un million, qui aurait réduit le pays dans la dernière extrémité de misère et ^UV,T 1 yn CnCOn; SCpt navires derrière, dont on na point eu de nouvel es et desquels a moins d'une protection
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.