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Titre :
Le parler français
Organe de la Société du parler français au Canada qui y publie des études de linguistique et des réflexions sur les conditions de l'évolution de la langue française au Québec et au Canada.
Éditeur :
  • Québec :Société du parler français au Canada,1914-1918.
Contenu spécifique :
Pourquoi ai-je refait l'histoire de l'Acadie?
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Bulletin du parler français au Canada
  • Successeurs :
  • Nouvelle-France ,
  • Canada français
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Le parler français, 1916-01, Collections de BAnQ.

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POURQUOI AI-JE REFAIT L’HISTOIRE DE L'ACADIE ?0> Le travail que nous entreprenons n'a jamais été fait.Que le lecteur ne s’étonne pas trop de cette assertion à l’emporte-pièce, car elle repose sur une excellente raison, à savoir : que les Archives se rapportant à la partie la plus importante de cette histoire ont été ou enlevées, ou détruites, ou simplement perdues.Nous verrons plus tard laquelle de ces alternatives est la plus vraisemblable.Un écrivain américain 1 (2), traitant le même sujet, a donné pour titre à son ouvrage : Acadia — A lost chapter in American History.L’auteur ne possédait pas les documents nécessaires pour recomposer ce chapitre en entier ; cependant, avec son jugement sûr et sa grande impartialité, et en faisant bon usage des pièces qu’il avait sous la main, il nous a en quelque sorte laissé entrevoir ce qui se cachait dans la partie des archives qui est disparue.Or, ce « chapitre perdu », nous croyons l’avoir rétabli dans ses formes essentielles.Et le lecteur jugera si le titre que nous avons choisi convient à l’ouvrage que nous avons l’honneur de lui présenter.Avons-nous donc eu l’avantage de découvrir des archives qui étaient demeurées jusqu’ici introuvables ?Oui et non.Il est probable qu’une portion considérable de ces documents évanouis ne reverra jamais le jour.Pourtant, une chance heureuse en a mis sur mon chemin des fragments en quantité suffisante pour jeter la lumière, sinon sur les détails secrets de cette histoire, du moins sur ses points principaux, ses plus grandes lignes.Le reste est le (1) Nous sommes heureux d’offrir à nos lecteurs cette primeur.C’est la Préface d'Acadie, qui va paraître dans quelques semaines à Québec, publiée par les soins de notre collaborateur Henri d'Arles.Le titre que nous avons donné à cette préface n’est pas de l'auteur, mais il exprime assez justement sa pensée.Acadie est le texte original, refondu et annoté, de Acadia publié, en 1895, par Edouard Richard, ancien député à la Chambre des Communes d’Ottawa.L’ouvrage, qui est un récit dramatique et documenté des malheurs des Acadiens, fit grande sensation, surtout chez les lecteurs de langue anglaise.Il parut en anglais.Le texte français original ne fut jamais publié, et c’était grand dommage : beaucoup de lecteurs français ne purent connaître cet important travail.— Henri d'Arles a eu l’excellente idée de mettre au jour ce manuscrit.Il lui a fallu, cependant, le remanier, et le mettre au point des recherches historiques les plus récentes.L'œuvre sera renouvelée.Nous remercions notre collaborateur d’avoir bien voulu nous permettre de publier la Préface d'Acadie..Hawthorne et Conolly, dînant un soir chez Longfellow, firent ce récit au poète, qui en tira Evangéline.M.Paul Morin dresse ensuite la nomenclature des sources certaines et des sources possibles de ce poème, et il conclut : Haliburton — avec son ouvrage An Historical and Statistical account of Nova Scotia, Halifax, 1829, 2 vols., — fut la source principale de la première partie (I, 665), William Darby—avec son ouvrage A geographical description of the state of Louisiana, Philadelphia, 1816, — de la seconde (666-fin).Puis vient l’analyse détaillée du poème, selon l’ordre des vers : l'on nous montre tout ce que Longfellow doit aux auteurs cités précédemment, au point de vue de l'histoire, de la légende, de la géographie, de l’ethnologie, etc.— Il est très intéressant de constater la part de réalités objectives qui se mêle à la fiction du poète, et de voir comment celui-ci a transformé et s’est assimilé les divers éléments qu’il avait puisés de côté et d’autre.A la fin de son étude, M.Morin établit que c’est à tort que l’on a (( fréquemment comparé Y Evangéline de Longfellow à Y Hermann et Dorothée de Gœthe.Les deux idylles n’ont que fort peu en commun.Dans Hermann et Dorothée ce sont les personnages qui parlent le plus souvent, les héros excitent également l’intérêt du lecteur, les caractères sont clairement décrits, les descriptions nettes et vigoureuses, enfin, et surtout, Gœthe épuise ses situations et les soutient avec habileté jusqu'à la fin ; le poème américain semble au contraire être « récité » par son auteur, et Evangéline y occupe la première et, pour ainsi dire, l’unique place.Gabriel passe pres-qu’inanerçu, et nous ne nous en faisons qu’une idée assez vague, Longfellow s’interrompt lui-même pour introduire de longues descriptions dans son texte, et ces raccords sont infiniment nuisibles à l’harmonie générale.)) L’on sait que notre « poète du terroir », Pamphile Lemay, a traduit en vers français Y Evangéline de Longfellow.Le 2 juillet 1902, Richard envoyait de Paris une préface pour une édition nouvelle de cette traduction, laquelle n’a paru qu’en 1912, à Montréal, chez J.-Alfred Guay. 200 LE PARLER FRANÇAIS atteint chacun des membres de chaque famille ; pas un cœur qui n’en ait été torturé ; pas un muscle qui n’en ait tressailli.Si nous ne pouvons nous dire que le châtiment infligé à nos pères fut, même pour une part, mérité, du moins la conviction que la métropole n’avait pas décrété officiellement ce crime a apporté comme un adoucissement aux pensées amères qui hantaient notre esprit.Non ! Le gouvernement anglais n’a jamais ordonné cette déportation ; et nous voulons croire qu’il n’en a jamais entretenu la pensée sous la forme odieuse qui a été adoptée (1).Cet ouvrage fournira la preuve indiscutable qu’au moment même où le gouverneur Lawrence, se couvrant indignement du nom de Sa Majesté, mettait à exécution ce dessein depuis longtemps nourri, on lui adressait de là-bas des ordres condamnant en termes énergiques le projet pourtant atténué, la mesure adoucie, qu’il avait soumis aux Lords of Trade.Chose étrange, et qui montre avec quelle légèreté s’écrit parfois l’histoire : aucun des historiens anglais ne cite un seul des documents qui établissent ce fait si important, les uns pour des raisons que nous expliquerons au cours de ce récit, les autres parce qu’ils ont aimé mieux suivre le sentier battu que de s’ouvrir un chemin à travers la brousse.Nous n’entendons point, dans une préface, indiquer, fût-ce brièvement, sur quoi s’appuie notre ouvrage, quelles en sont les substructions.Cela nous entraînerait trop loin.Que ceux qui prennent un sincère intérêt aux choses de l’histoire soient seulement assurés de trouver ici de quoi satisfaire pleinement leur légitime curiosité.Nous osons même nous flatter que notre ouvrage leur donnera la solution de l’énigme qu’ils cherchaient depuis longtemps : nos explications mises à part, l’enchaînement progressif des faits à la lumière des nombreux documents inédits que nous apportons, — voilà ce qui sera surtout de nature à leur plaire.Dans l’esprit de nos lecteurs va sans doute s’élever une foule de préventions, que nous espérons voir tomber une à une, et se dissiper tout à fait bien avant le dernier chapitre de notre livre.Loin de nous étonner de ces préventions, nous les comprenons parfaitement : comment en effet se défendre de l’impression que celui qui décrit des événements auxquels tous ses ancêtres ont été si douloureusement mêlés ne puisse les envisager avec le calme et l’impartialité nécessaires à l’historien ?— Il est vrai, le souvenir du traite- (1) Le texte primitif portait : « Le gouvernement anglais n’a jamais ordonné cette déportation, ni rien fait qui pût l'impliquer ».C’est cette version qui a passé dans la traduction anglaise : « The English Government never ordered this deportation, nor ever did anything that might imply it.» (p.7).L’auteur biffa subséquemment ce dernier membre de phrase et le remplaça par celui-ci : « et nous voulons croire qu'il n en a jamais entretenu la pensée dans la forme odieuse qui a été adoptée ». UNE PRÉFACE 201 ment infligé aux Acadiens a laissé en notre âme une empreinte indélébile ; notre cœur a saigné au récit des malheurs qui ont accablé nos pères.Et cependant cela est resté sans influence sur notre jugement, et c’est avec la plus grande liberté d’esprit que nous avons examiné un problème obscur et tenté de le déchiffrer.L education fixe souvent dès l’enfance les opinions de toute la vie.Pour le plus grand nombre, cette éducation est tout ; elle met dans leur intelligence des semences d’idées, dans leur cœur des germes de sentiments qui se développeront normalement et leur serviront à tout jamais de règles et de principes : en sorte que les choses seront toujours teintées à leurs yeux des couleurs sous lesquelles elles leur sont apparues d’abord.Mais il y a des tempéraments plus souples, plus élastiques, et aussi plus personnels, qui, tout en respectant les traditions puisées au foyer, les discutent, en pèsent la valeur, font même table rase de tout ce dont l’éducation les a chargés pour revoir les questions dans une lumière nouvelle et sous un angle plus large.Telle est, croyons-nous, la disposition de notre caractère.Les historiens n’ont pas l’habitude de faire leur propre psychologie.Quelque naïveté qu’il puisse y avoir à l’avouer, l’on nous permettra de dire que la bienveillance — trait le plus saillant de notre nature — nous a guidé dans tout le cours de notre étude.Chaque fois que cela a été possible sans compromettre trop gravement la vérité, il nous a été doux de céder à ce sentiment.Nous nous sommes gardé, encore que cela eût été facile, de suspecter la sincérité de bien des historiens ; nous avons même poussé l'indulgence jusqu’à prêter à tel ou tel des intentions honnêtes quand nos convictions nous disaient tout le contraire, pensant qu’il valait mieux nous taire ou pécher par excès de bonté que de risquer de tomber dans une sévérité outrée.Pourtant devant les efforts systématiques, bien caractérisés et sans cesse renouvelés que certaine école a tentés pour fausser l’histoire, le silence de notre part eût été une faute ; notre conscience nous faisait un devoir de dévoiler ces pratiques honteuses et d’en stigmatiser les auteurs.C’est du compilateur des Archives de la Nouvelle-Écosse et de M.Parkman que nous voulons ici parler (1).(1> Francis Parkman était le fils du révérend Francis Parkman, qui fut pendant 36 ans pasteur de la New North Church de Boston, et de Caroline Hall.Il naquit à Boston le 16 septembre 1823.L’ancêtre des Parkman en Amérique s’appelait Elias, qui venait de Sidmouth (Devon) et s’était établi à Dorchester (Massachusetts) en 1633.Francis Parkman étudia au collège de Harvard où il prit ses degrés en 1844.Sur les instances de son père, il entra alors à l’école de droit « Dane » de Cambridge, et en obtint les titres en 1846.Il ne se fit cependant jamais admettre au barreau.Il se mit à voyager dans le Nord-Ouest américain et à étudier l’ethnologie indienne.Son premier voyage The Oregon Trait (1849) 202 LE PARLER FRANÇAIS Nous regrettons d’avoir eu à traiter avec rigueur ces deux derniers historiens, mais l’évidence avec laquelle nous est apparue leur mauvaise foi nous en faisait une obligation.Comme nous n’avançons rien sans preuves, le public jugera par lui-même de la valeur des motifs qui nous ont inspiré à cet égard.Nous nous exposons sans doute à des représailles que nous sommes du reste en mesure de pouvoir repousser victorieusement.Malgré toutes nos recherches pour nous rendre maître de la question, il est possible que nous ayons pu nous tromper sur quelques points, laisser de côté certains faits secondaires ou même importants.Il n’y aurait rien d'étonnant à cela, puisqu’il s’agissait de reconstituer un chapitre perdu avec des fragments échappés à la destruction.Si donc des erreurs se sont glissées dans notre travail, nous sommes prêts à les reconnaître et à les corriger.Mais autre chose est ignorer un fait inédit et dénaturer ou passer sous silence une vérité que tout le monde connaît et qui s’impose à l’esprit.La plupart des historiens ont cependant tiré des conclusions peu différentes des nôtres.Tout ce qui s’est écrit sur le sujet pendant au delà de cent ans procédait à peu près du même point de vue.D'abord vint Raynal, qui écrivait vers 1780, peu de temps après la déportation (1).Son ouvrage — Histoire philosophique et politique contient le récit de ses courses et de ses observations dans ces régions lointaines.En 1851 parut sa Conspiration de Pontiac ; en 1856, il donna un essai de roman sous le titre Vassal Morton.Il avait épousé, en 1850, Catherine, fille du docteur Jacob Bigelow, de Boston.Madame Parkman mourut en 1858.Vers cette époque, Parkman eut une crise de santé qui dura longtemps et qui faillit prendre une tournure fatale : il était menacé de perdre, non-seulement la vue qu’il eut toujours très faible, mais la raison.Il alla à Paris consulter des spécialistes qui ne lui donnèrent pas grand espoir de guérison.De retour dans son pays, il se fit floriculteur et obtint en cette qualité une sorte de célébrité.Les forces lui ayant été rendues, il recommença à voyager, et à préparer le grand ouvrage qu’il méditait depuis longtemps et auquel il a donné le titre général de La France et l’Angleterre dans l'Amérique du Nord.Car Parkman s’était toujours destiné à l’histoire.Il alla plusieurs fois à Paris consulter les archives et les savants ; à diverses reprises, il visita aussi le Canada, Québec, Montréal, la Nouvelle-Écosse ; il y était allé en 1856 notamment ; il y retourna en 1873 et parcourut maintes fois la région sise entre Québec et le lac George.C’est vers la fin de la guerre de Sécession qu’il commença à donner les monographies qui ont fait sa gloire et qui toutes se rangent sous la rubrique que nous avons indiquée plus haut.Voici ces ouvrages dans l’ordre de leur apparition : The Pioneers of France in the New World (1865) ; The Jesuits in North America (1867) ; The Discovery of the Great West (1869) ; The Old Regime (1874) ; Count Frontenac and New France under Louis XIV (1877) ; Montcalm and Wolfe (1884) ; A Half Century of Conflict (1892).Francis Parkman mourut dans sa résidence de Jamaica Plains, près Boston, le 8 novembre 1893, près de deux ans avant la publication de Acadia.Cf.American Literary Masters, par Léon-H.Vincent, (Boston and New York, Houghton, Miflin and Co.1906) p.379 et seq.et surtout A Life of Francis Parkman, par Charles Haight Farnham (Boston, Little, Brown and Co 1909).(1) Raynal (Guillaume-Thomas-François), historien et philosophe, né à Saint-Geniez (Rouergue) en 1713, mort à Paris en 1796.Élève du collège des Jésuites de Pèzenas, il fut ordonné prêtre, devint desservant à Saint-Sulpice (1747), mais ne tarda pas à entrer comme rédacteur au Mercure de France et se fit bientôt UNE PRÉFACE 203 des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes — pourrait avoir quelque valeur si l’auteur avait vécu sur les lieux, ou s’il avait seulement pris la peine de les visiter et de recueillir par lui-même des informations.Faute d’avoir personnellement contrôlé ses sources de renseignements, Raynal, bien que contemporain des événements qu’il raconte, ne compte guère comme historien.Sans mettre en doute sa bonne foi, nous attachons si peu d importance à son récit que nous ne le citons pas une seule fois.Ses opinions ne sont que le reflet des idées et des sentiments qui régnaient alors en France.Ce n’est pas un écrivain sérieux, c’est tout au plus un beau conteur dans le style pompeux et ampoulé de l'époque.La peinture flatteuse qu’il fait des mœurs acadiennes est trop idéale pour n’avoir pas été enjolivée par son imagination.Néanmoins, nous avons des preuves nombreuses qu’à Halifax même, une partie de la population ne paraissait pas supposer qu’il s’éloignât beaucoup de la réalité.Haliburton, qui écrivait quarante ans plus tard, cite connaître dans le monde des lettres et des philosophes.Il publia avec grand succès plusieurs ouvrages de 1748 à 1763.Raynal conçut alors 1 idée d un grand ouvrage pour lequel il reçut de toutes mains des idées, des documents, des notes, des chapitres entiers.Il le fit paraître sous ce titre solennel : Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes.(C’est de cet ouvrage qu’il est ici question.) Des attaques contre la politique des peuples civilisateurs, contre le clergé, contre l’inquisition, en firent interdire l’introduction en France.Le Parlement, en 1781, ordonna que l’ouvrage serait brûlé par la main du bourreau, Raynal arrêté, et ses biens séquestrés.Celui-ci s’enfuit auprès de Frédéric II, puis de Catherine II.En 1787, il obtint de rentrer en France, et se retira à Toulon, chez l’intendant Malouet.Élu député aux états généraux, il se désista, à cause de son grand âge, en faveur de son hôte.Le 31 mai 1791, il adressait 1 Assemblée Nationale une lettre dans laquelle il rétractait les principes qu’il avait défendus dans son Histoire philosophique.(( L’abbé Raynal, abbé défroqué, médiocre historien polygraphe, devint tout à coup célèbre par son livre Histoire philosophique, etc., paru en 1772, et qu il ne signa qu’en 1780, dans la grande édition qui en fut donnée à Genève.11 y a dans cette histoire de l’histoire, de la géographie, des statistiques, des renseignements précis sur le commerce et les objets du commerce, entremêlés de tirades contre la guerre, la conquête, l’exploitation des indigènes, les abus du fanatisme et du despotisme.Ce furent ces morceaux d’éloquence ampoulée, où vibraient les passions du temps et les conversations de Diderot, qui firent le succès de l’ouvrage.Raynal eut l’honneur d’être comparé à Montesquieu, présenté à Frédéric II et reçu solennellement à Londres par la Chambre des Communes.Pendant vingt ans, YHistoire philosophique fut la bible des deux mondes ; elle passiona les opprimés et les rêveurs ; on en retrouve la phraséologie dans les essais du jeune Bonaparte, comme dans les harangues des assemblées révolutionnaires.» Cf.Hist.de France, par Ernest Lavisse.Tome IX, première partie.Liv.IV, c.II.La philosophie et les sciences, p.291.Voir encore sur Raynal les Causeries du lundi, de Sainte-Beuve, notamment le tome II, p.431, le tome IV, p.477-478, le tome V, p.226.Aussi Le Royaume de la Rue Saint-Honoré, par le marquis de Ségur, où l’on voit que Raynal était un habitué du salon de la célèbre Madame Geoffrin.Chateaubriand parle de cet abbé-philosophe aux tomes I et III de ses Mémoires d'Outre-Tombe, édition Edmond Biré (Paris, Garnier frères, 1904) : « Il (mon père) lisait.Y Histoire philosophique des deux Indes, dont les déclamations le charmaient ; il appelait l’abbé Raynal un maître homme.)> Tome I, livre IX, p.192. 204 LE PARLER FRANÇAIS les appréciations de Raynal en faisant observer qu’elles sont plus près de la vérité qu’on ne pourrait le croire.Cet Haliburton n’était pas un étranger, mais un enfant du sol (1).Son père, un Loyalist, s’était en effet établi en Nouvelle-Écosse, après la guerre de l’Indépendance américaine ; et c’est à Windsor, dans cette province, que naquit, en 1796, celui qui devait illustrer le nom de la famille.Thomas-Chandler Haliburton s’est élevé jusqu’au rang de juge de la Cour Suprême de sa Province ; il a laissé des ouvrages remarquables ; il a toujours joui de l’estime de ses compatriotes et a mérité d’être honoré par son Souverain.Par son caractère, son esprit juridique, sa position sociale, ses talents supérieurs et variés, il est peut-être l’homme le plus distingué qu’ait encore produit cette Nouvelle-Écosse, pourtant si féconde en natures d’élite.(1) Thomas-Chandler Haliburton est né à Windsor (Nouvelle-Écosse) en 1796 ; il prit son éducation au King’s College de cette ville ; il fut admis au barreau en 1820 ; fut élu député à la Législature de sa province ; se distingua comme avocat ; fut nommé en i828 juge-en-chef de la cour des plaids communs.— On appelait ainsi en Angleterre un tribunal créé sous Richard 1er, rendu sédentaire à Westminster dès le 12e siècle, composé d’un chief-justice, et de juges puisnés, primitivement au nombre de 6, réduits à 4 depuis Edouard VI.Sa juridiction qui s'étendait d’abord à toutes les actions civiles de sujet à sujet, avait été réduite en fait aux seules actions réelles.On appelait de ses jugements à la cour de l’échiquier.Le Judicature Act de 1873 l'a supprimé.— Haliburton est surtout célèbre comme humoriste et satiriste.Pour être juste dans l’appréciation de ses ouvrages, il faut tenir compte des conditions si peu favorables au travail littéraire dans lesquelles il les a composés.La Nouvelle-Écosse d’alors, petite province, sans contact avec le reste du Canada, n’était pas ce qui s’appelle un milieu « entraînant » pour l’inspiration.En politique, Haliburton fut toujours du parti conservateur.Il publia en 1829 An Historical and Statistical account of Nova Scotia, en 2 vols (Halifax).Mais ses ouvrages les plus remarquables sont des esquisses satiriques, parues d’abord sans nom d’auteur dans un journal, et publiées en 1837 sous le titre : The Clockmaker, or the sayings and doings of Samuel Slick of Slickville ; deux autres séries parurent en 1838 et 1840.Ces esquisses ont surtout pour objet de décrire les particularités du caractère yankee, elles abondent en traits piquants, en fines observations concernant ses tendances individuelles ou nationales.Il a encore publié, au retour d’un voyage en Angleterre en 1841, The Attaché, or Sam Slick in England.Ses autres ouvrages sont : The Old Judge or Life of a Colony — The letter bag of the Great Western — Rule and Misrule of the English in America— Traits of American Humour — Nature and Human nature.Ses travaux littéraires ne nuisirent pas à son avancement professionnel.En 1840, Haliburton était en effet promu juge de la Cour Suprême.Moins de deux ans après, il passa en Angleterre, et entra au Parlement comme représentant de la circonscription électorale de Launceston.Sa renommée littéraire avait fait concevoir des espérances qu’il ne tint pas comme homme politique.La pratique du droit est une pauvre préparation aux débats parlementaires, et Haliburton n’était plus d’âge à s'adapter aux exigences de son nouveau rôle.En 1865, la dissolution du Parlement mit un terme à son mandat de député, et Haliburton ne sollicita plus les suffrages de ses électeurs de Launceston.Il mourut au mois d’août de cette même année, à Gordon House, Isleworth, âgé de soixante-dix ans.— Les Haliburton seraient alliés à Walter Scott, dont la grand’mère du côté paternel s’appelait Barbara Haliburton.Ils descendaient de la famille des Newmains et Merton, d’Écosse.Un des membres de la branche cadette des Newmains qui s’étaient établie à la Jamaïque, émigra dans le Massachusetts.Ce fut le grand’père du Juge Haliburton.Le père de ce dernier s’implanta dans la Nouvelle-Écosse. UNE PRÉFACE 205 Dans son Historical and Statistical Account of Nova Scotia, Haliburton n’a sans doute pas donné la mesure de son talent d’écrivain, mais l’on y voit percer l’élévation de son caractère, sa droiture naturelle : l’on constate que l’auteur a fait de louables efforts pour se rendre maître de son sujet et pour guider le public dans la voie que sa conscience lui disait être la bonne.Il a aussi fondé l’histoire de sa province ; la législature de son pays lui vota des remerciements officiels.Encore aujourd’hui, il est l’autorité que l’on consulte et sur laquelle s’appuient ceux qui s’occupent d’histoire locale.Haliburton fut presque contemporain de quelques-uns des personnages qui avaient figuré, à un titre ou à un autre, dans l’épisode de la déportation, soit comme acteurs, soit comme témoins.Et s’il a pu en étudier l’histoire à ses sources, il a eu en outre l’immense avantage de pouvoir recueillir les renseignements qui lui étaient transmis par une tradition encore fraîche.L’on verra que ses conclusions se rapprochent sensiblement des nôtres.Trente ans plus tard vint Rameau, avec La France aux Colonies (1859) et Une Colonie féodale en Amérique (1) ; puis en 1865, Beamish Murdoch, avec son History of Nova Scotia.Le volume des Nova Scotia Archives, commencé en 1857, fut complété en 1869.En 1873, Campbell donnait aussi une History of Nova Scotia, tandis que Moreau publiait son Histoire de l’Acadie.En 1879, parut History of Acadia, par Hannay ; en 1884, Acadia — A lost chapter in American History, par Philip H.Smith.En 1884 encore, ce fut au tour de Parkman qui, dans son Wolfe et Montcalm, traite assez au long de l’Acadie.Enfin, en 1885, l’abbé H.-R.Casgrain décrivait son Pèlerinage au pays d'Evangêline, ouvrage rempli de détails inédits, et que l’Académie Française a couronné en 1888.A l’exception de Hannay et de Parkman, et peut-être de Murdoch, qui pourtant ne se prononce guère sur les événements qu’il raconte, tous les écrivains que nous venons de citer ont donné à peu près dans le même sens que Haliburton.(1) François-Edme Rameau de Saint-Père a contribué plus que personne à renouer les relations entre la France et le Canada.Il fut le promoteur de ces études historiques qui out eu pour résultat de fixer le jugement de la postérité sur la question acadienne, en particulier.Et quel mérite il a eu de lancer son plaidoyer à travers les préjugés et les méconnaissances de cette époque ! Rameau avait de la fortune.Les loisirs que lui faisait sa condition, il les consacra noblement à cette œuvre de réhabilitation d'un peuple.Acadiens et Canadiens ont en vénération la mémoire de cet homme de bien.En 1889, nous avons entendu Rameau dans une conférence à l’Université Laval de Québec.Le diplôme de Docteur-ès-lettres de cette Université lui fut conféré à cette occasion par Mgr Hamel.Rameau est décédé le 15 décembre 1899.Une colonie féodale en Amérique a paru d’abord en 1877 en un volume et fut rééditée en 1889 : cette deuxième édition est de beaucoup plus complète que la précédente. 206 LE PARLER FRANÇAIS Ces dernières années, l'histoire de l’Acadie s’est enrichie d’une collection extrêmement précieuse qui jette un jour nouveau même sur les points restés les plus obscurs.11 est regrettable que des hommes apparemment sincères, comme Murdoch et Hannay, n’aient pas eu l’avantage de la connaître.Quant à Parkman, nous avons des raisons de croire qu’il la connaissait, encore qu’il ait paru l’ignorer.Il s’agit des papiers laissés par le révérend Andrew Brown, ministre de l’église presbytérienne, qui mourut à Edimbourg.Il était professeur de Rhétorique à l’Université de cette ville.Brown avait vécu à Halifax de 1787 à 1795, et avait profité de son séjour dans la Nouvelle-Ecosse pour réunir des matériaux relatifs à l'histoire de cette province, qu’il se proposait d’écrire.Son travail resta en cours d’exécution.La partie qui en était faite, ainsi que les pièces très précieuses que l’auteur avait découvertes et dont il se fut servi pour étayer tout l’ouvrage, après avoir été longtemps perdues, furent retrouvées par le plus grand hasard.Le British Museum s’est empressé de les acheter et de les classer.La Nova Scotia Historical Society et le Canada-Français, de Québec, ont rendu aux sciences historiques un service signalé en publiant des fragments considérables de cette collection, dont on ne peut assez hautement proclamer l’importance (1).Nous lui devons, en effet, d’avoir recomposé, à peu près en entier, notre « chapitre perdu ».Il nous manquait un historien, plus voisin de ces événements sur lesquels on avait voulu faire l’oubli, que ne l’avait été Haliburton.Grâce aux manuscrits du Dr Brown, cette lacune est maintenant comblée, et d’autant mieux que la probité de l’auteur ne laissait rien à désirer.Le volume d’archives, publié en 1869 par ordre de la Législature de la Nouvelle-Écosse, eut pour éditeur Thomas B.Akins, commissaire des archives publiques de cette province.Nous (1) Les documents dont il est parlé ont été publiés en partie par le Canada-Français, dans sa Collection de documents inédits sur le Canada et VAmérique, Tome 1er, p.130 et seq.(Québec, L.-J.Demers et frère, 1888), et accompagnés de la note suivante : « British Museum, Dr A.Brown’s MS.Papers relating to Nova Scotia, 1748-1757.Add.MSS.19,072.Le Dr Andrew Brown, natif d’Écosse, était un ministre presbytérien, venu à Halifax en 1787.Il y résida jusqu’en 1795, alors qu’il retourna en Écosse, où il succéda au Dr Blair dans la chaire de Rhétorique de l’Université d’Edimbourg.Pendant son séjour dans la Nouvelle-Écosse, il réunit des matériaux pour faire une histoire de cette province.Cette histoire, inachevée et restée manuscrite, fut trouvée, avec tous les documents originaux et autres qui l’accompagnaient, dans une boutique d’épicier, et achetée le 13 novembre 1852, par M.A.B.Grosart, de qui elle fut acquise par le British Museum ».Entr’autres pièces d’une valeur inestimable qu’avait pu recueillir le Dr Brown, se trouvait ! Abandonnés par la France, les Canadiens ont cependant toujours aimé leur ancienne patrie.Ils ont changé de domination, mais pour devenir bientôt les maîtres de leurs propres destinées.S’ils ont été très sensibles à l’oubli dans lequel la France les tenait, ils n’ont pourtant guère eu à se plaindre autrement de leur nouveau sort.En fut-il ainsi des Acadiens ?Peuvent-ils, eux, ne pas se souvenir des affreux malheurs que leur a causés le fait d’avoir été lâchement abandonnés ?Si les maux incalculables qui nous ont été infligés restent gravés dans notre mémoire, nous croyons toutefois équitable de pardonner à l’Angleterre la part qui peut lui être attribuée dans ce triste drame de notre misère.Mais, ce qui nous est impossible, c’est de pardonner aux vrais coupables ; non, nous ne pardonnerons jamais à ceux qui, sans raison aucune, sans mandat, sans ordre officiel et même contre les ordres de la Métropole, nous ont dépouillés et jetés sur toutes les plages.De pareilles injustices ne se peuvent oublier.Tant que nos enfants pourront retracer leur origine, ils se rappelleront les souffrances de leurs pères et flétriront leurs persécuteurs.Il n’est pas en notre pouvoir d’effacer de nos cœurs ces poignants souvenirs.Nous voulons bien aimer et bénir le drapeau qui flotte au-dessus de nos têtes ; nous voulons bien pardonner au gouvernement britannique la faiblesse qu’il a commise en n’intervenant pas contre ceux qui tramaient notre ruine.Mais, de grâce ! que l’on cesse de nous calomnier à seule fin d’exonérer Ce passage éloquent appelle des rectifications.Nous établirons en temps et lieu l'exacte responsabilité de la France dans les événements qui ont amené la cession du Canada à l’Angleterre.Pour nous, d'ailleurs, cette cession n’a-t-elle pas été un coup providentiel ?— Quant à l’Algérie, l'auteur en parle bien à la légère.Tout le monde sait que la France s’enorgueillit à bon droit de cette colonie magnifique.Et le Maroc, qui peut prévoir ce qu’elle en retirera? UNE PRÉFACE 213 une douzaine d’individus que toute l’eau du Niagara ne saurait laver de leur crime.Que l’on se joigne plutôt à nous pour nous aider à rétablir les faits que certains historiens de la dernière heure ont pris à tâche de dénaturer ! Compatriotes anglais, montrez-nous que le British fair play n’est pas un mot vide de sens.Imprimez sur le front des coupables le stigmate qu’ils méritent ! Et nos frères acadiens pardonneront le passé, ils l’oublieront même.si cela leur est toutefois possible après tant d’infortunes.Une curiosité bien naturelle nous a poussé à étudier cette histoire ; des convictions profondes nous ont amené à l’écrire.Nous regrettons d’avoir cédé à cette curiosité : elle a jeté sur notre vie un voile de tristesse que rien ne saurait dissiper.Nous nous sommes condamnés à refaire sans cesse par la pensée le calvaire d’opprobres et d’ignominies que nos pères avaient dû gravir.Notre esprit s’est rivé à cette lugubre épopée, comme autrefois Pygmalion à sa statue, avec cette différence essentielle que celui-ci se complaisait dans la contemplation de son œuvre, tandis que nous sommes hanté par un cauchemar qui ne nous laisse aucune trêve.Nous avons voulu voir : nous avons vu.Quand nous avons voulu reculer, il était trop tard.Comme le fiancé qui n’avait pu résister au désir de revoir dans la mort les traits de celle qui avait charmé son cœur, nous avons cherché à nous enfuir épouvanté ; mais l’impression était faite ; nous restions victime de notre témérité.Un profond penseur a dit : (( Heureux les peuples qui n’ont pas d histoire ! )> — Cette pensée est aussi vraie et profonde qu’elle semble étrange.Elle soulève dans nos esprits un flot de réflexions amères.L on serait tenté de la prendre pour un paradoxe, tant d ordinaire les nations, fortes ou faibles, humbles ou superbes, glorifient leur passé, le regardent avec aise et s’ingénient à embellir et à magnifier les traits de leurs ancêtres à la faveur du recul dans le lointain des âges, à travers le mirage de leurs patriotiques illusions.Mais il en va bien autrement pour les Acadiens.Pour eux, rappeler le bonheur et les vertus de leurs pères, évoquer les félicités du siècle qui a précédé leur déportation, c’est ressusciter les misères et les deuils de celui qui 1 a suivie.Leur malheur est inséparable de leur bonheur ; regarder l’un, c’est regarder l’autre ; grandir l’un, c’est donner à l’autre des proportions infinies.Leur histoire est comme ce Janus à deux visages, dont l’un, le plus récent, le plus frais dans leur mémoire, celui qui offre un aspect comme une obsession.Oh ! il leur serait doux de pouvoir contempler l’autre, et, oubliant les terreurs que celui-ci leur inspire, de se reposer avec délices dans la vision des temps primitifs de leur morte patrie.Mais ils ont beau faire, quand ils remontent dans leur passé, ils sont comme infailli- 214 LE PARLER FRANÇAIS blement attirés par les destins où leur vie a sombré.Tout le reste s’évanouit dans ce spectacle lugubre.Leur bonheur ancien n’est plus qu’une petite lueur qui se perd dans la tempête et la nuit.En vérité, pour les Acadiens, la parole célèbre est d’une absolue justesse : Édouard Richard.(1) Cette citation nous a causé un mal inouï, en ce sens que, voulant savoir de qui elle est, nous avons, pendant des jours et des jours, fait des recherches dans plusieurs bibliothèques, consulté des humanistes distingués, sans aboutir à rien de satisfaisant.Le traducteur d'Acadie, le R.P.Drummond, S.J., l’a prêtée à Thucydide, mais nous ne savons sur quelle autorité.Car après avoir repassé d’un bout à l’autre la Guerre du Péloponèse, seul ouvrage de cet historien qui nous soit parvenu, nous ne l’y avons point trouvée.Dans le Dictionary of familiar quotations, par John Bartlett, (Boston, Little Brown and Co., 1896, p.579), il y a ceci qui est bien la traduction de la phrase en question : (( Happy the people whose annals are blank in history books ! » — Et Bartlett renvoie à Thomas Carlyle, History of Friedrich the Second, called Frederick-thc-Great, vol.IV, Book XVI, c.I, p.187, (New York, Harper & Bros.Publishers, Franklin Square, 1864).Or, à cet endroit de son livre, Carlyle cite un auteur qui avait écrit déjà sur Frédéric.Il s’agit de cette période dans la vie de son héros : (( A happy ten years of time.Perhaps the time for Montesquieu’s aphorism : Happy the people whose annals are blank in history-books )).Ainsi, Carlyle et l’auteur à qui il emprunte quelques passages concernant Frédéric-le-Grand, attribuent l’axiome à Montesquieu, sans indiquer d’ailleurs la source, sans dire en quel des ouvrages de ce grand penseur cela peut se rencontrer.Nous avons parcouru ses Lettres Persanes, sa Grandeur et Décadence des Romains, son Esprit des lois, ses Discours académiques, ses Pensées Diverses, sa Correspondance, etc., mais sans résultat aucun, au point de vue de ce que nous aurions voulu découvrir.
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