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Titre :
Bulletin du parler français au Canada
Organe de la Société du parler français au Canada qui y publie des études de linguistique et des réflexions sur les conditions de l'évolution de la langue française au Québec et au Canada.
Éditeur :
  • Québec :Société du parler français au Canada,1902-1914
Contenu spécifique :
janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Successeur :
  • Parler français
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Bulletin du parler français au Canada, 1910-01, Collections de BAnQ.

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Vol.VIII JANVIER 1910 Av BULLETIN N° 5 DU il fl SOMMAIRE Pages 161— Alix bons ouvriers du Parler français.V.-M.B.162— Le Petit Canadien travaille-t-il?.L’abbé A.Garneau.170—Crémazie et notre littérature.A.B.172—Anglomanie.Olivar Asselin.175—Lexique canadien-trançais (suite).Le Comité du Bulletin.183—Néologie canadienne ou Dictionnaire, par Jacques Viger, (1810).—(Suite).187—Les Livres.Adjutor Rivard.193—Revues et Journaux.A.R.197— Échos et Nouvelles.198— Glanures.199— Sarclures.Le Sarcleur.200— Anglicismes.Le Comité du Bulletin.REDACTION ET ADMINISTRATION LA SOCIÉTÉ DU PARLER FRANÇAIS AU CANADA UNIVERSITÉ LAVAL QUÉBEC Éditeur-dépositaire, à Paris : fl.CHAMPION, libraire-éditeur, 5, Quai Malaquais. AVIS Les membres de la Société du Parler français au Canada sont priés de se rappeler que les séances de l'Assemblée générale ont lieu le quatrième lundi de chaque mois, et que tous sont invités à y assister.Ceux qui désirent recevoir, pour chaque séance, une lettre de convocation voudront bien en avertir le secrétaire.Les membres de la Société et les abonnés du Bulletin du Parler français au Canada trouveront, sur la bande du Bulletin, au-dessus de l’adresse, la date de la prochaine échéance de leur cotisation ou de leur _ abonnement.Cette indication sert de quittance à ceux qui sont en règle avec l’administration et rappelle aux autres qu’ils doivent acquitter des arrérages.Cotisations et abonnements sont payables d’avance, le 1er de septembre, pour les 12 mois suivants.Le Mois littéraire et pittoresque.Mensuel.Paris, rue Bayard, 5.Abonnement : 14 fr.Sommaire du N" septembre; Le Los de Saint-Michael, par Armand Praviel ; Une messe nouée, par Vincent Le Govec ; Louise-Adélaïde de Panthièvre, duchesse d'Orléans, par le B0» A.de Maricourt ; M.Antonij Troncet, peintre, par Joseph Ageorges ; Le bras, par Emile Faguet ; Les bœufs, poésie, par A.Le Peltier ; A une jeune fille, par Zénon-Fière ; Quand l'été s’annonce, roman, par Gustave Hue ; Varia, Chroniques, Livres du mois, Actualités scientifiques, etc.f Vol.VIII, N» 5—Janvier, 1910.AUX BONS OUVRIERS DU PARLER FRANÇAIS •> Sur le clair établi qu’orne un grand saint Eloi, L’orfèvre a disposé la riche découverte : Médailles, et bijoux, et le fermoir inerte Du coffret, qui des ans subit la dure loi.Il déchiffre le coin, il suppute l’aloi ; Avec tendresse, avec égards, sa main experte, Ravivant le métal sous la patine verte.Sait donner au trésor un légitime emploi.Aux joyaux qu’ont laissés en terre canadienne Les ancêtres normands, picards ou poitevins, Rendez ainsi leur prix et leur charme divins.Votre race en restait noblement la gardienne : Mais d’en remettre au jour le titre et la valeur, Etait la gloire offerte à votre fier labeur.161 V.-M.B. LE PETIT CANADIEN TRAVAILLE-T-IL ?Indiscrète question, s’écriera-t-on dans le clan des jeunes, et pourtant au moment où de toutes parts l’on discute la valeur des l’enseignement et du professeur, ne serait-il pas opportun d’enquêter aussi dans le domaine de l’enseigné?Et ces lignes, précisant le débat, restreignent la portée trop générale du titre, que nous devrons alors lire : L’écolier canadien travaille-t-il ?Ecartons tout de suite les deux extrêmes : à ceux qui prétendent que notre écolier ne fait rien ou presque, si on le compare aux écoliers de tous les pays, à ceux-là, dis-je, il fera bon de rappeler quelques succès d’expositions et aussi de demander quelques copies authentiques de ces brevets d’infériorité qu’ils se plaisent à nous décerner.Moins nombreux, les optimistes qui prétendent que nous sommes dans l’âge d’or de l’éducation devront aussi perdre quelques illusions, car ici plus qu’ailleurs peut-être, est toujours de mise la perfectibilité.Tâchons d’éviter ces deux écarts et cherchons un peu les causes qui embarrassent, retardent ou arrêtent le travail de la jeunesse collégiale.Bien naïf qui croirait trouver dans cet essai la solution intégrale d’un problème dont la complexité nous permettra de nous estimer heureux si nous avons simplement indiqué une mise en équation.Vouloir établir, comme on l’a trop souvent fait, une comparaison entre l’écolier canadien et l’écolier français, c’est, pour ne rien dire de trop, se montrer téméraire : la mentalité est-elle bien la même, chez nous, et là-bas ?Ne vous y trompez pas, disait M.Jean Lionnet,11’ «les Canadiens ne sont pas des Français de France.Ils ont leur personnalité propre : ils sont Canadiens français et non Français ; ils ont vécu, ils ont grandi en dehors de notre influence, par eux-mêmes.» Nous sommes donc Canadiens français et non (1) Mois litt.et pittoresque, juillet 1908.Le Canada d'aujourd’hui.162 Le petit Canadien travaille-t-il?163 Français.Certes, nul moins que nous ne songe à renier la France, mais il faut être pratique et dans une enquête de cette nature, la place n’est pas au sentiment ni au chauvinisme.Séparé de la mère patrie, le Canadien s’est trouvé majeur avant l'âge ; à l’école du malheur, de la persécution, comme l’enfant privé de son père, il a vieilli jeune ; la lutte pour la vie du cœur et de l’intelligence s’est présentée à lui particulièrement âpre ; et s’il a reçu, il a porté aussi bien des coups ; un jour, de guerre lasse, son adversaire lui a baillé la paix, lui laissant ses institutions, sa langue, ses lois.Non plus désormais sur le pied de guerre, mais dans le domaine plus pacifique de la vie au jour le jour, le Canadien est entré en lutte contre les intérêts anglais, et, comme le peuple romain, empruntant à l’ennemi les méthodes militaires supérieures à la sienne, les Français du Canada ont pris aux Anglais ce qui leur semblait meilleur ; leur choix a-t-il toujours été judicieux et sage ?Question épineuse et qu’il serait oiseux de traiter ici.A ce contact quotidien nous avons acquis encore un peu de ce flegme britannique que nos ancêtres celtiques possédaient déjà.Nous sommes sortis des spéculations pures, voire trop peut-être de l’idéal, pour nous montrer aussi pratiques, aussi utilitaires que nos rivaux et, faut-il le dire franchement, dans cette nouvelle carrière, nous avons avancé à pas de géants.Qu’il y ait lieu de le regretter, nous sommes les premiers à le reconnaître, car la vieille urbanité française, les antiques coutumes du foyer s’en vont misérablement pour ne laisser plus que la vie du club et l’éducation américaine ; c’est fa chasse au confort, sous toutes ses formes qui paralyse toute énergie, pour faire place au sans gêne et à la vulgarité repue.Ne sait-on pas en effet que l’on ne copie bien que les défauts et non les qualités de son siècle ?Comme tout peuple jeune, nous avons en plus l’illusion de notre force, nous nous croyons capables d’égaler qui que ce soit ; cristallisons, en une formule un peu banale : nous ne cloutons de rien.Aussi bien, est-ce grâce à cet amalgame de yankee et d'anglais que notre presse n’est plus qu’un paquet d’annonces (1) Cf.Mois litt.et pittoresque, juillet 1908, Sur la littérature canadienne, par M.Louis Arnould. 164 Bulletin du Parler français au Canada La seule arme de nos travailleurs de journaux, c’est les ciseaux ; et encore, si l’on coupait proprement : 11 on en est rendu à déplorer la disparition d'anciens journaux qui jadis, à Québec, faisatent large, dans leurs colonnes, la part des lettrés.Ainsi nourris de journalisme jaune, nos gens ne sauraient être supérieurement intellectuels, et n’allons pas nous étonner si les petits Canadiens se glorifient avant tout d’être pratiques.Ajoutez à cela l’àge relativement élevé de l’écolier qui débute au collège ; car nous n’avons pas de limites d’àge et aucune conscription militaire n’élève encore ses barrières.Le développement de l'enfant n’étant point forcé est moins hâtif, plus lent aussi, et l’absence de toute ambition, de toute concurrence sérieuse n’est pas la moindre de nos misères.L’on crie bien haut à l’encombrement des professions, mais chacun sait que dans un pays neuf comme le nôtre, c’est là une plainte outrée ; arrive qui veut, car il y a place pour toutes les bonnes volontés.11 faut seulement un peu, oh ! si peu, d’ardeur.Nos bacheliers ne sont pas encore rendus à troquer leur diplôme pour un plat de lentilles ; la concurrence est loin d’être effrénée.Vivant au milieu d’une population clairsemée, en comparaison des densités populaires des vieux pays, nos futurs diplômés savent bien qu'ils se tireront d’aflaire sans trop de fatigue et ils ne se lassent point ; ils prennent tout avec une petite pointe de scepticisme normand, ils sourient même légèrement quand on les incite au travaille, encore un peu ils nous traiteraient de vieilles perruques.Au surplus, encouragés par certains journalistes, ils affectent de croire que la formation littéraire est vieux jeu ; accoutumés très jeune à la parole, « bientôt étudiants, ils parleront dans leurs clubs, dans leur banquet, où, à la mode anglaise, on prononce de vrais discours,—sachant bien que, dans ce plein courant de démocratie où l’histoire les a jetés, partout, pour le suivre ou même le remonter, les meilleurs nageurs seront ceux qui parlent le mieux, et ainsi ils arrivent à l’âge d’hommes, déjà préparés, du moins pour la parole, à la vie politique ».121 Du moins pour la parole, certes la restriction est juste, car avec cette tendance à ne voir que les côtés utilitaires, cette fuite, j’oserais dire systématique, des études purement théoriques, cette (1) Ibid.(2) Ibid, passim. Le petit Canadien travaille-t-il?165 absence de toute concurrence efficace et partant, de toute ambition, nous vivons sous la loi bien nommée du moindre e/f'ort.Cette situation n’est-elle pas transitoire, et n’assisterons-nous pas bientôt à un tournant, comme l’on dit, dans la formation de notre notre jeunesse ?Osé peut-être celui qui prétendrait en fixer la date, mais téméraire surtout, qui voudrait en méconnaître les signes avant-coureurs.Dirons-nous, maintenant, les déchets de temps sacrifiés?Nous ignorons trop souvent l’art d’utiliser, comme disent nos gens, «les bouts de temps)); que d’heures ainsi perdues à la fin d’une année, quoique l’on s’affirme pratique ! Nous n’ignorons pas non plus que des critiques sévères ont été faites de nos programmes scolaires, dans les différents degrés de l’enseignement ; il est hors de discussion que les élèves actuels ont gagné en surface de connaissances sur leurs devanciers; ont-ils pénétré aussi avant?Nous répondrons résolument, surtout par le domaine littéraire, non ! Et c’est grand dommage, car enfin il s’agit d’un travail personnel auquel ni les leçons du meilleur des professeurs, ni les jugements tout faits des manuels ne sauraient suppléer.Je veux bien admettre que l’atavisme parle en nous plus haut que les simples intérêts matériels, car nous avons, Dieu merci, des travailleurs, mais combien peu nombreux! Ce sont les tenants officiels des traditions.Hommes avertis entre tous, s’ils ne se font pas d’illusion sur l’avenir intellectuel du Canadien français, ils ne sont pas davantage pessimistes à tous crins.Ils savent reconnaître, et ce qui est plus rare, encourager le véritable labeur patient, silencieux, lent par cela même qu’il est un effort progressif, et ils espèrent dans le blé qui lève.'1' Nous comprendrons maintenant les conseils que monsieur Louis Arnould adressait au Canada littéraire: « Le Canada, dit-il, est beaucoup moins laborieux que la France: avec son charmant et cordial caractère, je gagerais qu’il a pris à la lettre le terme si radicalement faux de «littérature facile», et il a toujours l’air de se figurer que c’est par un heureux hasard que les allouet-tes littéraires tombent rôties sous les coups de nos écrivains.il ne se doute guère du labeur effrayant qui s’impose même à ceux qui désirent produire des choses charmantes : la beauté (1) Idem, passim. 166 Buli -Etin du Parler français au Canada littéraire ne veut pour chevaliers que des vaillants, des infatigables, qui ne craignent point d’aller jusqu’au bout de leurs forces pour affronter tous les labeurs ».,(1' Toucherons-nous aussi à ce fétiche qui s’appelle le sport ?Non content de la place prépondérante qu’il occupe en Angleterre, le sport moderne a enrichi la France elle-même,
de

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