Le Canada-français /, 1 novembre 1925, Les livres
LES LIVRES L’abbé Azarie Couillard-Després.En marge de la tragédie d’un peuple de M.Emile Lauurière ou Erreurs sur l’histoire de l'Acadie.1 vol.de 119 pages.Desclée, De Brouwer & Cie, Bruges, 1925.La tragédie d’un peuple, rendu à sa deuxième édition, est un livre très connu et fort apprécié au Canada.L’auteur y fait montre d’une science avertie.Il a surtout le souci d’être objectif.A-t-il réussi complètement ?M.l’abbé Couillard-Després, historien de grande valeur, membre de la Société Royale du Canada, signale plusieurs erreurs à M.Lauvrière, et lui dit franchement que son ouvrage est en grande partie le commentaire des mémoires de Charles de Menou de Charnisay, ennemi de la Tour.D’où, nécessité de prendre avec un grain de sel les jugements de M.Lauvrière.M.Couillard-Desprès apporte des documents à l’appui de son affirmation et il suggère à l’auteur de la Tragédie d’un peuple de faire les corrections nécessaires.A cette condition son “ œuvre sera vraiement utile ” et elle “ aura chance de vivre ”.Nous n’avons pas autorité pour dirimer le cas.Attendons la réponse de M.Lauvrière.A.R.J.-Ad.Sabourin, D.D.La religion et la morale dans nos écoles.Une brochure de 30 pages, 1925.Chez l’auteur.Archevêché de Saint-Boniface, Man.Prix : 25 sous.R.S.C.J.Sainte Madeleine-Sophie Barat.Une brochure de 16 pages.Œuvre des tracts, Montréal, No 72.10 sous.L’éminent chancelier de Saint Boniface signale, dans cette nouvelle brochure, un mal qui, aujourd’hui, sévit, non seulement au Manitoba, mais dans tous les pays où fleurissent les écoles sans Dieu.Ce mal, c’est la tendance à séparer la religion de la morale, ou, si l’on préfère, c’est la tendance à prôner la morale sans Dieu.On voit tout de suite combien peu efficace pour la conduite est semblable morale ainsi dépourvue de son appui nécessaire.Monsieur l’abbé Sabourin fait le diagnostique d’une maladie très générale, laquelle, malheureusement, fait des victimes même parmi nos catholiques. 212 Le Canada français H y a toujours des esprits étranges pour crier à l’exagération.Sous prétexte de largeur, ils sont prêts à tout laisser passer.Ils aiment la paix, oui, une paix achetée au prix des principes les plus élémentaires.Nous leur conseillerons de parcourir La Religion et la Morale dans nos écoles, et nous sommes sûrs que leurs yeux s’ouvriront enfin à la lumière.Nous félicitons à nouveau M.le chancelier.Vraiment il fait œuvre de courage et de lumière.Qu’il soit assuré qu’il ne prêche pas dans le désert.Car il sème des idées, et les idées, quelles qu’elles soient, finissent toujours par creuser le sillon où marche l’humanité.S'"Madeleine-Sophie Barat a été canonisée le 24 mai dernier.Dans ce petit tract, l’une de ses filles raconte sa vie si édifiante.Elle y a mis toute la piété filiale qu’a une enfant bien élevée pour sa mère.Quelle grande âme, quelle grande sainte aussi que la fondatrice des religieuses du Sacré-Cœur! Comme le pape l’a fait remarquer, cette œuvre a été vraiment bénie de Dieu.Car cette communauté est on ne peut plus florissante, et aujourd’hui le Sacré-Cœur compte des maisons sur toutes les plages du mondé.A.R.Le travail de nuit dans les boulangeries.Extrait de la Revue internationale du Travail, avril et mai 1920.Faits sociaux.Une brochure de 64 pages.L’École Sociale Populaire, Montréal.Nos 136-137.Prix : 25 sous.G.-E.Marquis.Expansion industrielle dans le Québec.Une brochure de 24 pages.L’École Sociale Populaire, Montréal.No.138.Prix : 15 sous.La boulangerie, c’est l’industrie la plus fondamentale de notre alimentation.Les problèmes donc qui se posent à son sujet ne sauraient nous laisser indifférents.Parmi ces problèmes, sans doute, l’un des plus graves, c’est celui du travail de nuit.Cette question a été posée en 1921 devant la Conférence internationale du Travail.Pas n’est besoin de dire qu’elle a suscité bien des solutions diverses, voire opposées.Dans la présente brochure de 1 Ecole Sociale populaire de Montréal on trouvera, pour ainsi parler, fidèlement racontée l’histoire de ce gros événement dans le monde ouvrier.A la fin de la brochure, sous la rubrique de Faits sociaux, est publié un article sur La loi Lemieux et le Parlement Canadien.Cet article est signé par R.Gilles Mousseau.On sait que cette loi a trait aux différends industriels, on sait aussi qu’elle a été déclarée nulle et ultra vires par le Conseil Privé.La loi Lemieux a été modifiée par le Gouvernement fédéral. Lbs bivrbs 213 L’expansion indvstrielle dans le Québec fait le thème des conversations de tous les gens soucieux de notre avenir économique.C’est à eux et même aux indifférents,— ils sont trop nombreux, malheureusement,— que s’adresse M.G,-E.Marquis.Comme toujours, en statisticien qui connait son métier, l'auteur apporte des chiffres précis qu’il sait faire parler et dont il tire des conclusions justes et raisonnables.Ce n’est pas un moindre mérite.A travers ces lignes souffle un bon vent de patriotisme bien compris.Car M.Marquis, comme tous les gens intelligents de chez nous, est optimiste et il croit en l’avenir de notre race.A.R.Georges Bouchard, député à la Chambre des Communes.Le domaine rural canadien.Une brochure de 32 pages.L’École Sociale populaire, Montréal, 1925.No 130.Prix : 15 sous.Georges Bouchard, député à la Chambre des Communes.Les paysans de France.Une brochure de 23 pages.L’École Sociale populaire, Montréal, 1925.No 131.Prix : 15 sous.R.P.Adélard Dugré, S.J.La jeune fille et les œuvres de charité.Faits sociaux.Une brochure de 32 pages.L’École Sociale populaire, Montréal, 1925.No 132.Prix : 15 sous.R.P.Pierre Fontanel, S.J.Le logement et la santé.Une brochure de 32 pages.L’École Sociale populaire, Montréal, 1925.No 139.Prix : 15 sous.R.P.A.Lépicier, O.S.M.Les Serviles de Marie.Une brochure de 16 pages.L’Œuvre des tracts, Montréal, 1925.No 74.Prix : 10 sous.Ce travail intitulé le domaine rural canadien est la leçon professée à la Semaine sociale de Sherbrooke.Il s’adresse tout particulièrement à l’habitant de chez nous.Il lui fait voir toute la noblesse et la beauté de sa profession.Puissent nos cultivateurs lire, méditer ces pages de M.Bouchard, leur grand ami, et surtout les mettre en pratique ! M.Bouchard a été le représentant du ministère de l’Agriculture du Dominion sur le train-exposition canadien en France et en Belgique.Il dit ici ce que sont les paysans de France.Il parle en homme qui a des yeux pour voir et des oreilles pour entendre.La conclusion, c’est que nos habitants ont le sort meilleur que ceux de France.Les paysans de France ont été, avant d’être mis en page, le sujet d’une conférence donnée par l’auteur à l’Institut canadien, aujmois de mars 1924.Bien de nos jeunes filles vivent dans le désœuvrement.On voit tous les dangers auxquels elles sont exposées.Comment conjurer le5ipéril ?C’est à cette opportune question que répond le R. 214 Le Canada français P.Adélard Dugré dans cette nouvelle brochure.Il énumère les œuvres de charité nombreuses qui dans notre pays, et notamment à Montréal, sollicitent le dévouement des jeunes filles.Il donne de multiples exemples, bien de nature à entraîner les plus apathiques.Et pour terminer, sous la rubrique de faits sociaux, il parle de l'Institut de Notre-Dame du Bon Conseil, récemment fondé à Montréal “pour aider la jeune fille à échapper aux dangers et à la légèreté de la vie mondaine, particulièrement en participantJaux œuvres sociales ”, et de la Fédération nationale St-Jean-Baptiste.Pages éminemment sociales, dirons-nous, à répandre partout, surtout parmi les jeunes filles de nos bonnes familles généralement trop portées aux mondanités, et donc, à une vie inutile."3 Le logement et lar santé ! Tout le monde devrait admettre qu’il y a entre les deux corrélation de cause à effet.Ceux qui sont encore incrédules sur ce sujet devraient lire la brochure convaincante du R.P.Fontanel.Surtout nous conseillons ces pages à certains propriétaires, plus férus d’argent que de charité, entassant dans des logis insalubres, des familles qui ont besoin d’air et de soleil.Les Servites de Marie sont peu connus dans notre pays.Le R.P.Lépicier, aujourd’hui Mgr Lépicier, en écrivant ce tract a eu pour but de présenter sa famille religieuse aux catholiques canadiens français.Les Servites de Marie ont une couple de paroisses à Montréal.A.R.R.P.Lecompte, S.J.Saint Pierre Canisius, de la compagnie de Jésus, second apôtre de l’Allemagne, 1521-1597.L'œuvre des tracts, Montréal, 1925.No 71.10 sous.L’abbé Victorin Germain.Petit missel illustré, 50e mille, Québec, 1925.Prix : 15 sous.Abbé Henri Lanier.De l’abandon à Marie.Une petite brochure de 68 pages, P.Téqui, Paris, 1925.Robert Marchal, S.J.L’étude mystique du Saint Cœur de Marie.Une brochure de 104 pages.Gabriel Beauchesne, Paris, 1924.Saint Pierre Casinius a été d’une activité dévorante.En présence de tant de travaux, et des plus disparates, c’est à se demander oomment ce fils de saint Ignace a pu résister.Sans doute il était extrêmement bien doué.Mais ce qui décuplait son activité, c’est son zèle sans bornes pour la gloire de Dieu, c’est sa vie intérieure intense.C’est l’une des précieuses leçons de cette vie si bien racontée par le R.P.Lecompte. LES LIVRES 215 Rendu à son cinquantième mille.Voilà le succès peu banal qu’a obtenu le petit missel illustré de l’abbé Victorin Germain.A vrai dire, cela ne nous étonne guère quand on connait les mérites incontestables de ce charmant petit volume.Brièveté qui renferme tout juste l’essentiel, dessins du meilleur goût qui permettent de suivre la messe, prières bien adaptées, parce qu’elles sont extraites de la Sainte Ecriture, telles sont, en résumé, quelques qualités de cet ouvrage.Mais il y en a bien d’autres.Et nous laissons au lecteur le plaisir délicieux de les trouver lui-même.S’abandonner à la Sainte Vierge, cela est tout naturel pour un vrai chrétien.C’est ce que nous dit très bien l’auteur sous forme de six lettres qui sont toute la matière de cette brochurette.Cette œuvre est posthume.L’auteur, le R.P.Marchai, est mort avant qu’elle ne parût.Étude fouillée, très doctrinale, elle nous renseigne très bien sur les beautés du saint Cœur de Marie.Il y a là matière à nombreux sermons, une mine précieuse où les prêtres pourraient puiser avec grand profit.A.R.Mgr Chakon, évêque de Nice.Conférences spirituelles aux religieuses de la Visitation d’Orléans.Deuxième série.Un volume de 348 pages.P.Téqui, Paris, 1925.Dieu et ses infinies perfections d’après la Sainte Écriture, les Docteurs de l’Église et les Saints.Un volume de 299 pages.P.Téqui, Paris, 1925.Cette deuxième série fait suite à la première parue en 1922.Elle se divise en trois parties, intitulées comme suit : fêtes, retraites, triduum.Rien de recherché dans ces conférences, mais une simplicité toute doctrinale, capable de bien instruire celles pour qui elles ont été prononcées et une onction du meilleur aloi, bien de nature à les porter à cette affection mesurée et raisonnable dont ont besoin les âmes consacrées à Dieu.Ces conférences imprimées continueront certainement, dans les millieux qu’elles atteindront, l’œuvre apostolique a laquelle 1 éminent évêque de Nice à consacré plusieurs années.Ce que la sainte Écriture, les Docteurs de l’Église et les saints disent de Dieu et de ses infinies perfections, il est parfois assez difficile de le trouver.Eh ! bien, voilà un livre qui supprime cette difficulté.Il condense en quelque cent pages les textes scripturaires et autres concernant Dieu et ses infinies perfections.Avouons que ce volume est appelé à rendre de signalés services.A.R. 216 Le Canada français Rituale Romanum.Un volume de 710 pages.Alfred Marne, Tours, 1925.Ce rituel est celui de Paul V.Il vient d’être réédité, à la demande du Pape Pie XI qui l’autorise et le recommande.Cette édit ion a été déclarée typique par la Sacrée Congrégation des Rites.Mise à jour, elle est en tous points conforme au nouveau Code.Imprimé sur beau papier, avec caractères noirs et rouges, ce rituel s’impose à l’attention du clergé.Beau volume que tous les prêtres devraient se procurer.A.R.Guiseppe Ricciotti.LelamentazionidiGeremia.Un volume de 100 pages.Marietti, Turin-Rome, 1924.Guiseppe Ricciotti.Il libro di Giobbe.Un vol.258 pages.Marietti, Turin-Rome, 1924.Comme l’indique le titre de ces deux ouvrages, ils sont une traduction en italien des Lamentations de Jérémie et du livre de Job.Traduction critique, faite sur le texte hébreu, riche en aperçus nouveaux.Ceux qui sont familiers avec la langue italienne pourront consulter avec profit ces deux nouveaux volumes du chanoine Ricciotti.A.R.Alfred Espinas.Descartes et la morale.2 volumes, dont le le, 252 pages, et le Ile, 204 pages.Éditions Bossard, Paris, 1925.Ce sont des études sur l’histoire de la philosophie de l’action.Descartes, il va sans dire, y occupe une très large part.La genèse de son système de morale, les influences diverses qu’il a subies, c’est ce que nous expose M.Espinas avec talent et beaucoup de sens critique.Mais cela ne veut pas dire que nous souscrivons à toutes ses conclusions.Descartes est un personnage fort complexe, il est d’ores et déjà démontré qu’il eût une influence néfaste.Aussi bien il faut se mettre en garde contre ses commentateurs qui voudraient trop le blanchir devant la conscience de l’humanité.P.S.R.P.Frédéric Rouvier, S.J.Les bienheureux martyrs de la Compagnie de Jésus.1 vol.de 333 pages.Le Messager Canadien, Montréal, 1925.Cet ouvrage est une nouvelle édition considérablement augmentée du délicieux volume, du même auteur, intitulé: Au berceau Les livres 217 de Vautre France.Deux chapitres nouveaux y ont été ajoutés, 1 un sur les bienheureux Goupil et Jean de la Lande, et 1 autre sur le bienheureux Chabanel.Quelques précisions ici et là et puis une nouvelle préface, voilà en bref tous les remaniements apportes a cette édition.Au fond, le texte est le même, riche, intéressant, édifiant.Il faudrait répandre par milliers cet ouvrage chez nous, car nos gens ont besoin de connaître de plus en plus la vie et la mort héroïque de ceux qui sur nos bords ont été les pionniers de l’Évangile.A.R.G.Théry, O.P.David de Dinant.Étude sur son panthéisme matérialiste.Un vol.de 160 pages.Le Saulchoir.Kain.Belgique, 1925.Le R.P.Théry étudie un point d’histoire fort obscur et fort intéressant.Ordinairement les historiens font peu allusion à David de Dinant.Une vue d’ensemble sur ce personnage, qui nous renseigne sur sa doctrine, comme on le sait condamnée en 1210, par décret spécial de l’archevêque de Sens et de l’évêque de Paris, voilà ce que s’est proposé l’auteur dans ce fascicule, le Vie, de la Bibliothèque thomiste, dont le Directeur est le R.P.Mandonnet, °.P.Les professeurs de philosophie feront leurs délices de ces pages très objectives et écrites dans le but de faire la lumière et de leur rendre service.A.R.Rabeau de Laurens.Les submersibles.Un volume de 214 pages.Collection Armand Colin, Paris, 1925.Paul de Rousiers.Les grandes industries modernes.Un volume de 263 pages.Armand Colin, Paris, 1925.Les submersibles sont à l’ordre du jour.La dernière guerre a montré tout le service qu’ils peuvent rendre.Dans ce volume M.Rabeau parle de leur utilisation militaire.A côté de la partie technique de ce volume, partie qui concerne surtout quelques initiés, il y a, dirait-on, la partie historique, où sont relatées certaines anecdoctes tragiques, mais présentées d’une façon à intéresser tout le grand public.Dans cet ouvrage l’auteur traite de l’industrie de la soie, du chanvre et du lin, de la laine et du coton.Ensuite il parle de leurs 218 Le Canada français répercussions sociales et de leur marché.Gros problèmes économiques qui ne cessent de se poser et à la bonne solution desquels toutes les classes de la société sont appelées à contribuer.P.S.Julien Benda.Lettres à Mêlisande, pour son éducation philosophique.Bois de Fernand Siméon.Un volume de 164 pages.Le livre, 9r e Ccëtlogon, Paris Vie.Faire l’éducation philosophique d'une femme intelligente, distinguée, s’appelât-elle Mêlisande, est une entreprise difficile.Car, de nos jours, il y a tant de systèmes qui se heurtent de front et qui tous revendiquent la vérité.Il ne faut point se surprendre de constater avec regret que beaucoup, laissant la proie pour l’ombre, sont entraînés au vent et au charme de théories creuses et sonores.M.Benda, dans ses lettres marquées au coin du plus pur atticisme, met Mêlisande en garde.Et, avec une bonhomie qui veut plaire, il essaye de lui montrer où est la vraie philosophie.Il ne réussit pas toujours, car beaucoup d’idées fausses se pressent sous sa plume.Sans doute, son ouvrage n’a pas la précision d’un manuel.Seulement, bien des passages nous paraissent plus que discutables.A propos de Dieu, page 158, l’auteur se permet un langage plutôt leste.“ Autrefois, dit-il, Dieu était un savant, aujourd’hui c’est un militaire.” Et une page avant, 157, parlant de l’Évolution créatrice, il dit que “ c’est l’histoire de Dieu gagnant ses grades ”.Plaisanteries moins que spirituelles.Nous conseillerons à Mêlisande d’autres volumes que celui-là pour faire son éducation philosophique.A.R.Léon Daudet.L'agonie du régime.Panorama des hommes, des clans et des crimes, 1919-1925.Un volume de 376 pages.Nouvelle librairie nationale Paris, 1925.Ce nouvel ouvrage de M.Daudet est, pour ainsi dire, la suite de Y Hécatombe qui eut un si grand succès.On trouve dans ce livre, écrit avec entrain et parsemé d'expressions un peu vertes, le rôle qu’a joué la chambre, chambre dite nationale, à la date du 16 novembre 1924.Il y montre aussi comment s’est opéré le triomphe des clans le 11 mai 1924. Les livres 219 On peut reprocher à M.Daudet une réelle violence de langage.Les termes qu’il emploie quelquefois ne sont pas toujours parlementaires, comme on dirait ici.Tout de même, il faudrait etre volontairement aveugle pour nier sa sincérité et ne point admettre que ses prédictions se sont la plupart du temps accomplies.Comme pour Veuillot, on doit dire qu’il a toujours pour lui la grammaire ! L’originalité de son style, la sûreté de son information, ses images effarantes souvent mais qui peignent à merveille, tout cela force même ses adversaires à le lire.A.R.Jacques Gerber, S.J.La Sainte Eucharistie.Le sacrement et te sacrifice.Résumé de théologie morale.Un volume de 200 pages.P.Téqui, Paris, 1925.Abbé Charles Ghxmaud.Prêtre?.Pourquoi pas?Une brochure de 135 pages.P.Téqui, Paris, 1925.Henri Le Floch, S.Sp.Les élites sociales et le Sacerdoce.Une brochure de 42 pages.P.Téqui, Paris, 1925.Le R, P.Gerber donne un excellent résumé de théologie morale dans ces pages qu’il vient de publier.Les prêtres du ministère, très absorbés, trouveront dans cet ouvrage toute la doctrine si importante concernant la Sainte Eucharistie comme sacrement et comme sacrifice.Prêtre ?.eh ! oui, pourquoi pas ?Lisez ce nouvel ouvrage de ’abbé Grimaud et vous verrez combien la vocation au sacerdoce est attirante pour un cœur bien placé.L’œuvre du bon Dieu doit se faire en ce monde.Et les ouvriers manquent trop souvent.A qui la faute ?A vous parents, à vous jeunes gens ?Ou plutôt, le spirituel auteur, d’un ton badin, mais avec beaucoup de surnaturel, distribue les responsabilités.Chacun a sa part.Livre à répandre dans tous les milieux, livre appelé à secouer bien des âmes, à réveiller bien des énergies.Puisse-t-il atteindre son but ! La question que se pose le R.P.Floch et à laquelle il répond dans cette brochure est des plus angoissantes.En effet, pourquoi, relativement, si peu de vocations sacerdotales dans les élites sociales, dans les classes dirigeantes ?Celles-ci, affirme avec raison l'auteur, n'ont pas une exacte notion du sacerdoce, et aussi, sur ce point ne remplissent pas leur devoir.Espérons que la lecture de ces pages ouvrira les yeux de beaucoup de parents dont la condition sociale, au lieu d’être un obstacle, devrait plutôt être une aide efficace à la vocation de leurs enfants.Ne soyons pas chiches avec le bon Dieu.A.R. 220 Le Canada français R.P.Hadriano Simon, C.SS.R.Praelectiones Biblicœ.1 vol.de xxxi— 650 pages, chez Marietti, Turin, 1924.Combien d’esprits ont transformé les paroles de vérité en sujets de discussions.Il ne suffit plus en nos temps et nos milieux d’expli quer l’Évangile ; il faut le défendre avec érudition, avec science et avec habileté.Les pasteurs d’âmes et les ministres du Verbt seront les champions de cette cause.Dans les travaux des exégètes les mieux avertis, ils puiseront leurs moyens de défense, leurs armes de combat et le gage de leur victoire.Nous avons sous la main le premier volume d’une étude d’Écriture Sainte, assez élaborée.Les maîtres de l’École ont eu soin d'en établir la valeur.Les théologiens déclarent n’y avoir rien rencontré de contraire à la vraie doctrine ; ils louent la solidité de ses preuves et la clarté de sa rédaction, et le recommandent comme manuel dans les Séminaires.F.G.Guidius Cocchi, Congreg.Missionis.— Commentarium in Codicem Juris Canonici.1 vol.de 442 pages, chez Marietti, Turin, 1924.Depuis la publication d’un nouveau Code de Droit Canonique, les manuels d’enseignement, les traités de pratique, les commentaires explicatifs se sont multipliés en librairie.Il faut maintenant pour les écoles choisir le livre qui réunit les meilleures qualités de clarté, de synthèse, de précision.Les commentaires du Père Cocchi recueilleront peut-être sur ces points les suffrages de plusieurs.La partie du travail du Père Cocchi dont nous prenons connaissance est le Livre Troisième: De Rébus.Nous regrettons de n’avoir pas sous la main l’ouvrage complet.Ces commentaires portent déjà l’approbation et la recommandation de plusieurs évêques.F.G.Divus Thomas Aquinatis.De regimine Principum.— De regimine Judaeorum.1 vol.xvi-124 pages, chez Marietti, Turin, 1924.Pour offrir au roi de Chypre quelque chose digne de sa grandeur, saint Thomas écrivait son traité du Gouvernement des Princes, et il adressait en même temps à la duchesse de Brabant le traité du Gouvernement des Juifs.On vient de rééditer ces opuscules qui Les livres 221 dormaient peut-être en la poussière des bibliothèques.C est mettre à la disposition des gouvernants des peuples des pages de morale sociale qu’ils pourront parcourir avec intérêt et approfondir avec profit.Saint Thomas, désigné par l’autorité des papes comme Docteur Universel, ne peut-il devenir le maître de tous ceux qui s’intéressent aux problèmes de la pensée et s’appliquent a leur solution.La science de ce Docteur ne se confinait pas au domaine théologique : la philosophie entière s’éclaire de ses jugements ; les sciences et l’histoire à son époque lui étaient familières.Les législateurs sauront apprendre de lui la grandeur et la dignité de leur état, avec les devoirs de leur charge.Exprimons le regret que cette réédition ne soit accompagnée d'un texte français ; la divulgation de la science de Saint Thomas en serait favorisée, car ses œuvres atteindraient plus de lecteurs.F.G.Léon Cathlin.Siionie Gavoille.Roman.I vol.de 224 pages, chez Bloud, Paris, 1925.Ce livre est écrit pour faire estimer les vieilles filles qui ne sont aimées d’aucune façon.Mlle Sidonie n a jamais connu d affections dans sa vie.Elle se brouille avec tout le monde.La mort de ses parents et la pauvreté l’ont constituée gardienne et éducatrice d’un frère plus jeune ; ce lien de famille est également rompu.Mlle Sidonie a un mauvais caractère.Lorsqu’elle nous est présentée, Mlle Sidonie dirige à soixante ans une petite pension pour étudiants.L’un de ses pensionnaires la retrouve, longtemps plus tard, aveugle et voisine de la misère.Au récit de ses dernières infortunes, il réfléchit : “ Il y a de l’héroïsme dans Mlle Sidonie.Sous ses ridicules, sous ses défauts même, cette malheureuse vieille fille cache une qualité d’âme que la religion a contribué à lui faire et qui est simplement admirable.” Cette histoire n’a pas d’intrigue.Une dizaine de personnages de caractère bizarre et difficile évoluent dans le récit.Le style n’a rien d’académique, et pour certaines réflexions jetées ici et là, nous croyons ne devoir en conseiller la lecture qu’avec discrétion.F.G. 222 Le Canada français Matt ha eus Conte A.Coronato, O.M.Jus publicum ecclesiasticum.1 vol.de xx-268 pages, chez Marietti, Turin, 1924.Le Père Coronato écrit ce livre pour qu’il serve de manuel dans les Facultés de Théologie.Les élèves qui commencent l’étude du Droit Canonique n’ont pas toujours les notions qu’il leur serait utile d'avoir sur le Droit Public de l’Église.Ce livre est pour y suppléer.L auteur ne présente que des principes généraux sur les droits internes et externes de l’Église, et des notions pratiques sur certaines questions telles que les Concordats, le Placet Royal, l'Appel comme d’Abus, les Immunités.Les divisions et la disposition typographique en font un manuel pratique, plaisant et facile.F.G.Louis-Philippe Geoffrion.Zizags autour de nos parlers.Simples notes.Deuxième série.Un volume de 230 pages.A Québec, chez l’auteur, 125, rue de la Claire-Fontaine, 1925.Prix : $1.00 ; $1.05 par la poste.C’est vraiment plaisir délicieux de suivre M.Geoffrion dans ses zizags autour de nos parlers.Il faut aller jusqu’au bout, tant nous sommes pris par le charme de ces simples notes.Mais il n’y a pas que cela.Vous en revenez avec des connaissances plein la tête, et surtout, vous en revenez convaincus, qu’après tout, notre parlure est plus grammaticale, et donc plus française que vous ne vous l’imaginiez probablement.A vrai dire, que d’expressions employées chez nous, à la veille d’être définitivement classées parce que des puristes, des surpuristes vingtième siècle en avaient jugé ainsi ! De quel droit ces malandrins de la syntaxe peuvent-ils nous imposer leurs opinions, d’ailleurs pauvrement fondées?Ah! c’est toujours la vieille histoire : quelques-uns crient plus fort que les autres, et tous les roquets de s’incliner ! L’un des grands mérites du nouveau volume du distingué secrétaire de la Société du Parler français au Canada sera d’avoir fait justice de toute cette science de parade marquée au coin du plus authentique snobisme.Procurons-nous ce volume, lisons-le, propageons-le.En fin de compte parlons-nous français, oui ou non ?Les vieux mots dont nous nous servons sont-ils pour la plupart des anglicismes, oui ou non ?Il est temps, une bonne fois, que nous le sachions.Eh ! bien, M.Geoffrion résoud nos doutes avec une autorité incontestable puisqu’il s’appuie aux preuves les plus solides. Les livres 223 Ce livre est une belle action.Son auteur, fils du sol, comme tous les nôtres, est fier de ses ascendances et n’en a pas honte.En écrivant ces pages, il a voulu défendre le riche patrimoine à nous transmis par les habitants cpii ont construit notre race.Nous l’en félicitons.Sa noble attitude fait du bien au cœur et nous la recommandons tout spécialement aux membres du jury pour le prix David.A.R.Joseph de Pesquidoux.Le livre de raison.Un volume de 242 pages.Librairie Plon, Paris, 1925.Georges Bouchard.Une ferme sur la Tille.Roman.Un volume de 26 pages.Éditions du monde moderne, Paris, 1925.Le livre de raison, c’est une sorte de journal que tenaient autrefois les paysans de France.Dans ce journal tout ce qui concernait la famille y trouvait place.Affaires matérielles, événements heureux ou malheureux, jusqu’aux avis paternels des parents aux grands garçons et aux grandes filles, voilà ce qui se pressait au bout de la plum* de l’annaliste.M.de Pesquidoux continue celui de sa famille interrompu pendant cent ans.Il est terrien de la meilleure souche, mais un poète rustique incomparable, digne disciple d’Hésiode, qui fait revivre avec beaucoup dé charmes la machine à battre, les bâtisses, les plantes, la division des terres, etc.Tout une série de tableaux où se mêlent harmonieusement l’amour de la petite patrie et celle de la grande.aussi.La désertion des campagnes, tout le mal qu’elle fait, ses causes et ses remèdes, voilà le sujet de ce roman peu compliqué dont les principaux personnages sont M.Theuriet et sa nièce Yvonne.Disciple en philosophie de Le Play et de la Tour-du-Pin, l’oncle disserte au long sur le malheur des campagnes abandonnées par ses enfants, et de la terre il s’élève à de hautes considérations qui s’étendent à la société tout entière.Tous ceux qui s’intéressent à notre avenir rural trouveront d’excellents arguments dans Une ferme sur la Tille.J.M.P.Marie-Armand de Saint-Joseph, O.C.D.Carmes et carmélites martyrs de la Révolution.Une brochure de 154 pages.P.Téqui, Paris.Librairie Garneau, Ltée, Québec.Page émouvante de l’histoire dé la Révolution que vient d’écrire le P.Marie-Armand.Page documentaire où tout est raconté avec le plus scrupuleux souci- de la vérité.Mais surtout, page édifiante 224 Le Canada français qui nous fait passer devant les yeux les carmes et les carmélites morts pour leur foi.Tout ce que ces religieux et religieuses ont enduré physiquement et moralement, on ne saurait le soupçonner.Laissons de côté leurs souffrances, pour contempler et imiter après plus d'un siècle leur vie héroïque, leur amour du bon Dieu et de sa sainte Eglise.A.R.Société de Saint-Vincent de Paul.Rapport du Conseil Supérieur du Canada pour les années 1921, 1922, 1923.Un vol.de 158 pages.Imprimerie Dussault & Proulx, Enr.1925.La Société de Saint Vincent de Paul fait moins parler d’elle que la Société des Nations.N’empêche que, dans son humble sphère, elle fait aussi bonne besogne ! Ce rapport pour les trois années 1921, 1922, 1923 nous met bien au courant de ses activités.On reste surpris en présence des sommes dépensées, et toutes fruit de la vraie charité, pour le secours des malheureux.Et derrière ces colonnes de chiffres, derrière ces procès verbaux, derrière ces discours et ces allocutions que l’on trouve dans ce volume, il y a quelque chose d’invisible, mais de bien réel.C’est le dévouement sans bornes, c’est l’esprit surnaturel.C’est le respect dû au pau/re, c’est enfin, l’Evangile vécu, comme le veut notre Seigneur, pour l’amour véritable de ses semblables.Tous ceux qui, chez nous, comme ailleurs, se pâment d’aise au spectacle des faits et gestes d’une philanthropie aussi neutre que tapageuse, devraient lire attentivement cette brochure.Us auraient certainement chance d’apprendre à nouveau que le bruit ne fait pas de bien, et le bien, pas de bruit.Cette formule, un peu banale à force d’etre répétée, contient admirablement tout le premier commandement.Toutes nos félicitations à M.C.-J.Magnan, président du Conseil supérieur, pour le soin attentif et intelligent qu’il a mis à la rédaction de ce rapport.A.R.Directeur-gérant : M.l’abbé Arthur ROBERT.Des ateliers de 1’Action Sociale, Limitée, 103, rue Sainte-Anne, Québec.
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