Le Canada-français /, 1 mai 1932, Les livres
LES LIVRES Biographies Louise Zeys.—- Marie-Antoinette Lix, lieutenant de Uhlans polonais, lieutenant de Francs-Tireurs.Préface de Jules Cambon, Plon, Paris, 1931.Marie-Antoinette Lix semble appartenir à d’autres temps que les nôtres, tant ses aventures paraissent extraordinaires.Elle n’était pourtant qu’une petite bourgeoise d’Alsace.Cependant, son éducation toute de sport, presque militaire, l’avait préparée aux gestes d’épopée.Quand éclata, en 1863, l’insurrection polonaise, la jeune fille était institutrice en Pologne.Elle se passionne vite pour le frémissement et la gloire des batailles.Faite prisonnière par les Russes, elle subit un long exil pour revenir eu France juste à l’époque de la guerre franco-prussienne.Elle se fait alors franc-tireur et prend part à toutes les “ fêtes ”, Après les “ tragiques remous ” de 1870, Marie-Antoinette vient se fixer à Paris.Elle s’occupera de littérature et d’œuvres pies.Belle figure qui éclipse sans retour les mièvres frimousses des péronnelles, des mauviettes qui ne savent que minauder et s’ennuyer en perdant leur vie à des babioles.Le livre de Mlle Zeys se lit bien : il nous paraît cependant un peu touffu.J.-E.B.Mgr Laveiele.— Marguerite Sinclair.Un vol.in-12 de 200 pages, orné de 8 gravures hors-texte.Pierre Téqui, éditeur, Paris, 1931.L’excellent biographe de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ne pouvait pas se désintéresser d’une autre “ Petite Fleur ”, d’Ecosse cette fois, que fut Marguerite Sinclair : trop de ressemblances la rapprochaient de son émule de Lisieux.Et il en a publié cette Vie exquise de simplicité et de surnaturel.Comme il montre bien, une fois de plus, que l’abandon humble et confiant au Christ miséricordieux est un chemin rapide vers la haute perfection! Car Marguerite Sinclair a suivi, elle aussi, la “ petite voie” d’enfance spirituelle.Elle aussi a été une “ petite âme ” si chère au Divin Maître.“ Petite, elle le fut par sa naissance dans un pauvre logis d’ouvriers.Elle le fut par toutes ses années de jeunesse consacrées à un dur travail manuel.Elle le fut surtout par sa touchante humilité, par sa candeur enfantine, pas sa simplicité joyeuse, qui firent d’elle, dans la famille, dans le monde, aussi bien que sous le voile, une répliqué vivante du portrait de Thérèse Martin.” Et voici qu’elle semble occuper son ciel à répandre sur la terre de nombreux bienfaits.Déjà son nom est associé, par les faveurs qu’on lui attribue, à celui de sa Sœur de France.Le Canada fbaxçais, Québec, mai 1932. 768 LES LIVRES Monseigneur Laveille reste lui-même, c’est-à-dire écrivain distingué.Sa plume est alerte, vivante.On sent qu’elle est l’interprète du cœur.Déjà au delà de 20 mille exemplaires de cette biographie sont en circulation : ce qui montre la sympathie de 1 héroïne et la popularité de l’auteur, dont plusieurs œuvres ont été couronnées par l’Académie française.J.-A.R.R.P.tm.Georges.— Ame de Prêtre.Le R.P.Henri Jalaber, de la Congrégation de Jésus et Marie, dite des Eudistes.Volume de 245 pages.Pierre Téqui, Paris, 1932.L auteur est bien connu au Canada, où il publiait, il y a une dizaine d’années, ses deux premiers ouvrages.Sa plume qui s’exerçait jadis aux questions sociales, semble garder des prédilections pour la biographie.On trouvera ici l’histoire d’une âme sacerdotale.Mort avant d’atteindre la quarantaine, le R.P.Jalaber, Père spirituel à 27 ans, a été peu mêlé au monde extérieur.La perfection qu’il s’était proposée en se donnant à Dieu, il l’a réalisée dans l’accomplissement fidèle de la tâche quotidienne.Ne serait-il pas un modèle pour tous ceux qui doivent péniblement cheminer dans les voies ordinaires ?A.P.A.Delorme, O.P.—Albert le Grand.Les Éditions du Cerf.Juvisy, Seine-et-Oise, 1932.In-8, VII-56 pages.Peu d’hommes ont joui, de leur vivant, d’une réputation de savant comparable à celle d’Albert le Grand.La légende n’a fait qu’y ajouter sa poésie.Et voici qu’aujourd’hui l’Église lui décerne l'auréole des Saints et le titre de Docteur.Ce petit livre vient donc à point nommé.En des pages discrètes et limpides, il rassemble ce que l’histoire, la légende — et son œuvre même considérable —• nous révèlent du Maître de Thomas d’Aquin.H.G.R.P.Marie-André Dieux, de l’Oratoire.— L’Abbé de Tourville.Collection “Notre Clergé”.Ernest Flammarion, éditeur, Paris, 1931.L’abbé de Tourville fut, au XIXe siècle, un précurseur de l’Action sociale catholique.De ce précurseur, le P.Dieux redit l’exis tence pleine, et étudie la méthode, la doctrine et l’action.Excellent livre pour les bibliothèques d’Études sociales.J.-E.B.La CiMiDi rBAKf aïs, Québec, mai 1632. LES LIVRES 7 69 Une Religieuse réparatrice, Marie-Anne Hervé Bazin, en religion : itère Marie de VAgnus Dei.— Au couvent de Marie Réparatrice, 1025, Mont-Royal Ouest, Montréal.Librairie Garneau, Québec.Vingt-cinq ans se sont écoulés depuis que cette biographie à été publiée pour la première fois.Elle a eu 21 éditions françaises, elle a été traduite en six langues : espagnol, italien, russe, allemand, hollandais, anglais.Elle est répandue, non seulement dans toute l’Europe, mais encore en Amérique et dans certaines parties de l’Asie et de l’Afrique, Aucun bruit n’a été fait autour d’elle.Aucune adresse — intentionnellement— n'a été donnée jusqu’ici dans le livre.Et cependant, par des chemins souvent longs et difficiles, de nombreux témoignages ont fini par arriver, soit à la famille temporelle de Marie de l’Agnus Dei, soit à sa famille religieuse.Tous parlent avec reconnaissance, quelques-uns avec enthousiasme, des faveurs attribuées à l’intercession de l’humble petite religieuse.Ces témoignages sont de nature très diverse.Les uns émanent de non-catholiques entre les mains desquels ce livre est, par hasard, tombé et qui n’ont pu résister au désir d’exprimer leur étonnement d’une existence et d’une vocation dont ils ne comprennent pas toute la beauté, mais qui émeut cependant les profondeurs les plus secrètes de leurs âmes.Ils réclament des prières, eux qui ne croient pas à la Communion des Saints ! D’autres vont plus loin et assurent que le récit de la vie et de la mort de Marie de l’Agnus Dei a été le point de départ de leur conversion au catholicisme, puis leur soutien dans les inévitables épreuves qui l’ont suivie.Beaucoup lui doivent, disent-ils, leur vocation religieuse, en bien des Ordres différents et sur bien des points du monde.Quelques-uns racontent des grâces d’un autre ordre : préservation étrange au milieu du monde, reprises de forces morales alors que le découragement menaçait de tout submerger et que la santé faisait défaut.Il y a aussi des récits de grâces temporelles.Nous ne parlerons brièvement que de deux faits : une enfant, âgée actuellement de quatorze ans, très bien portante, et dont le père et la mère affirment qu’elle ne doit la vie qu’aux prières faites par l’intercession de “ Marie-Anne”, puisque les plus réputés des médecins avaient désespéré d’elle quelques jours après sa naissance.Le second raconte comment une autre petite fille fut préservée de la mort dans des circonstances inexplicables, alors qu’on eût dû la trouver asphyxiée dans son lit.Un crucifix qui avait appartenu à Marie de l’Agnus Dei séparait l’enfant du feu.Dieu avait promis à cette vraie réparatrice “ de se servir d’elle pour son œuvre ”.Il le fait.Il permet qu’elle travaille le monde mystérieux des âmes et qu’elle en fasse jaillir des cris tels que celui-ci : “ Je veux être sainte comme Marie-Anne ! ” C’est pourquoi la librairie Perrin, 35, Quai des Grands Augustins, Paris, met en vente une nouvelle édition de ce volume.Elle ajoute à la Préface de René Bazin de l’Académie française, une Introduction sur “ L’idée de la réparation ” par le R.P.de la Brière, S.J., Le Canada français, Québec, mai 1932. 770 LES LIVRES et plusieurs illustrations, parmi lesquelles est le portrait de Mère Marie de l’Agnus Dei en costume religieux.Tous ceux qui n'ont pas encore lu cet ouvrage voudront le connaître et les autres le reliront avec un nouveau profit.Maria Franeisea Van Leer.— Harte.Histoire d’une âme, traduction du néerlandais.Éditions de la Cité Chrétienne, Bruxelles, 1931.Livre écrit pour faire connaître “ les luttes, les souffrances, les hésitations de ceux qui vivent et pensent loin de l’Eglise ”, C’est le récit d'une conversion.Fine psychologie, portraits fouillés, le tout dans un style d’une rare élégance.J.-E.B.Dom G.Meunier.— Ocrbe de merveilles.In-16 de 140 pages, Paris, Téqui, 1931.Gerbes de merveilles n’est pas la biographie complète, mais le récit des faits saillants, c’est-à-dire les plus merveilleux de la vie de Sainte Marie Madeleine Postel, et de celle de son émule, la bonne Mère Placide Viel.La première, que Pie XI a inscrite au catalogue des Saints, le 24 mai 1925, vécut 90 ans, de 1756 à 1846 ; aussi, n’est-ce qu’en glissant rapidement sur certaines décades, que le biographe réussit en 70 pages, à nous dire un peu ce que fut la fondatrice de 1 Institut des Sœurs des Écoles Chrétiennes.Résumant les fêtes qui eurent lieu quelque temps après la canonisation, à Saint-Sauveur-le-Vicomte, vieille abbaye bénédictine remontant au Xle siècle, et restaurée au prix de quels sacrifices par l’héroïque vierge, Dom Meunier conclut : “ Quel contraste entre ce cortège vraiment triomphal de cardinaux, d’évêques, de prêtres et de fidèles, et celui des six ou huit pauvres religieuses, qui le 15 octobre 1832, s’acheminaient vers la vieille abbaye, aux côtés d’une petite charette contenant tout leur mobilier! ” “ C’est Dieu qui a tout fait ”, avait coutume de dire la Sainte, devant les faits vraiment extraordinaires qu’on lui attribuait.Ces deux vies illustrent une fois de plus la parole de saint Paul aux Corinthiens : Infirma mundi elegit Deus ut confundat fortia.La lecture de ce livre ne peut qu’encourager à l’abandon total et confiant à la volonté divine.A.-M.P.Henry Bordeaux, de l’Académie française.J oici l heure des Ames.1 vol.in-16 ; Ernest Flammarion, Éditeur, Paris, 1931.Ce nouveau livre de M.H.Bordeaux fait la deuxième série des biographies morales commencées en 1920, et qui disaient alors les “ heures ” du “ Vatican illuminé ” de Pie X, de Mgr Jalaber, de Le Canada français, Québec, mai 1932. LES LIVRES 771 Mme Pasteur, des douleurs de la guerre et des petits rapatriés.C’est encore aujourd’hui l’heure des “forces intérieures” qui travaillent en France contre la maladie, la misère ; l’heure des missionnaires français, l’heure de Jeanne, la sainte de Lorraine.Voilà des pages d’histoires fécondes qui encouragent, qui font revivre l’espoir abattu par la veulerie de l’époque.“ Ce qu’il y a de plus intéressant partout, ce sont les âmes ”, dit M.René Bazin dans la Barrière : ces âmes que nous raconte M.Henry Bordeaux nous prêchent admirablement par leur beauté, l’action du bien qui s’opère sans calcul, sans vanité comme sans bruit, d’une âme, à une autre âme qui s’ignore.J.-E.B.Robert Rumilly.—Sir Wilfrid Laurier, canadien.Préface de René Dou-mic de l'Académie française.Collection “ Chefs de File ”, Flammarion, éditeur, Paris.Le livre de M.Rumilly n’a rien d'une biographie romancée.C’est la belle histoire d’un homme qui a su incarner pendant plus d’un quart de siècle l’idéal politique de presque tout un peuple.A larges traits l’auteur fait revivre pour nous les grandes phases de la vie de Sir Wilfrid.R nous montre son héros se passionnant tout jeune encore pour l'histoire et l’éloquence politique ; il nous dit ses premières luttes dans l’arène provinciale, l’ardeur du patriote qui se jette tout entier dans le conbat loyal pour les droits de la minorité des Canadiens français.Puis il nous fait pénétrer dans la vie intime de l’homme devenu premier ministre au gouvernement fédéral.D’une plume infiniment délicate, il nous révèle les secrets de l’homme intime et de l’homme d'État, qu’une suprême distinction d’allures et la plus belle discipline extérieure ne laissaient jamais percer que pour les siens: secrets qui d'ailleurs n'avaient rien de troublant.Belle et noble figure qu’on ne pouvait s’empêcher d’admirer, malgré qu’on en eût, et que M.Rumilly ressuscite devant nous en coups de crayon merveilleux.J.-E.B.Missions Après la conversion.—Compte rendu de la IXe Semaine de Missiologie de Louvain, 1931.I n volume de 200 pages.Éditions du Museum Lessianum, 11, rue des Récollets, Louvain, Belgique.Prix: 25 fr.On sait tout le succès remporté en Belgique par la tenue annuelle des “ Semaines Missiologiques de Louvain ”.Les missionnaires les plus expérimentés s’y réunissent pour y exposer, dans de brefs mais substantiels rapports, les principaux problèmes que soulevé l’Évangélisation des masses paysannes.Rien de plus intéressant que cette série de travaux où se révèlent Le Canada français, Québec, mai 1932. 772 LES LIVRES la sagesse et l'héroïcité de l’Église dans l’œuvre primordiale de la sanctification des âmes privées des bienfaits du christianisme.Six volumes ont été déjà publiés, et voici le septième qui ne le cède en rien aux précédents, et forme avec eux une encyclopédie missionnaire de toute première valeur.Ce dernier compte rendu traite d’une question vitale : la 'persévérance des convertis.Cette question se pose, disons-le, non seulement en pays de missions, mais même chez nous.Aussi nos prêtres et nos apôtres laïques feront-ils bien de lire ces pages toutes imprégnées de l’esprit du Christ, pour y trouver, en plus de précieux renseignements sur le zèle admirable que déployent les missionnaires pour conserver à leurs néophytes les richesses inappréciables de la foi et de la grâce, des indications et des conseils pratiques leur rendant plus facile et plus profitable un apostolat similaire auprès de nos populations, dont la foi menace souvent de sombrer sous les flots envahisseurs du paganisme moderne.E.L.XXX.— Missionnaires de vingt ans.Paris, éditions Dillen, 1931.In-S carré, 240 pages.1 bois gravé de Berniot et 94 héliogravures, hors-texte.Dix-huit missionnaires de vingt ans ont pris part à la rédaction de ces pages, et de là résulte une variété charmante.Dans l’ardeur de leur jeunesse, avec une charité semblable à celle de saint Paul, ils se sont faits “ pèlerins de la beauté divine et humaine ”.Cette beauté, ils la poursuivent à travers le Liban et la Syrie ; ils l’expriment et nous la font goûter.Les âmes et la terre sont décrites sous de vives couleurs.Elles attirent.Peu de panégyriques ont été écrits avec autant de sincérité pour nous faire aimer le Bédouin “ sous les tentes noires d’Ismahl ”, et la description “ des Cèdres ” nous montre les arbres séculaires, causant encore du glorieux passé de Salomon et des Croisades.Ces missionnaires, fils de Loyola, voient la réalité prédite par le Maître : la moisson blanchit.Ils appellent au travail.Qui sera missionnaire pour coopérer avec eux ?Les dernières pages expriment merveilleusement cet idéal et cet appel.F.G.Pierre Lhande, S.J.— La France Missionnaire.L’Évangile par-dessus les mers : Radio-sermons, 1931.Éditions Spes, Paris, 1931.La France Missionnaire, tel est le titre général de cette septième série de radio-sermons du Père Lhande.L’exposition coloniale tenue à Paris cette année, et où le Pavillon des Missions méritait à lui seul, a-t-on dit, une traversée de l’Atlantique ; puis le voyage à Madagascar et aux Indes, que vient d entreprendre le zélé prédicateur, pour exercer auprès des missionnaires un ministère d’encouragement, de consolation et de charité, et nous dire au retour, leurs travaux, leurs peines et leurs espoirs : Le Canada tkançais.Québec, mai 1932. LES LIVRES voilà bien ce qui a amené l’orateur à choisir et à développer le thème de la France Missionnaire devant un public innombrable, au poste d’émission “ Radio Paris ”, de mai à juillet dernier.Il faut d'abord signaler la préface qui en plus de rapporter de nombreux témoignages de conversions sûrement déclanchées par l’audition des radio-sermons, nous donne si justement la raison principale du succès exceptionnel obtenu en France par ce nouveau genre de prédication.“ Les masses populaires, dit l’auteur, que la prédication radiophonique est allée atteindre, sont à la fois assez déprises de l’idéal chrétien, et toutefois assez rapprochées de la génération qui vécut de cct idéal, pour que la parole sacrée rencontre chez elles deux éléments de succès : la nouveauté qui attire l’attention et l’atavisme chrétien qui permet de la comprendre.En France, ajoute-t-il, elle surprend d’abord un peu, puis pénètre bientôt, parce qu’elle retrouve tout au fond de la psychologie populaire je ne sais quel substratum de lointainement vécu.Elle arrive en somme comme l’écho d’une très vieille mélodie que l’on aurait entendue quand on était tout petit, et que l'on aurait aimée.” Ce ne sont pas les ondes qui nous ont transmis la parole chaude et ardente du P.Lhande, lui qui connaît si bien le chemin du cœur indifférent comme celui du cœur catholique.C’est un livre.La simple lecture de ces pages qui nous parlent tour à tour des Martyrs canadiens de la croix, des pionniers du Sahara, des chevaliers de la lèpre, de la mère du missionnaire, des roses sur la brousse et du blé qui lève, est encore vivante et singulièrement prenante.Mais le P.Lhande ne veut pas seulement émouvoir ; il a un but pratique, il veut préparer les missonnaires de demain.Pour cela, il parle de la vocation missionnaire, de la préparation qu’il faut y apporter en cultivant les vertus missionnaires, l’esprit de foi et le zèle des âmes.Le volume se termine par un article sur “ le Pape devant le micro”, qui marque l’importance du geste du Souverain Pontife parlant le 12 février dernier, à l’inauguration de la station radiophonique du Vatican.A.-M.P.Arts Uldéric-S.Allaire.—Le Chansonnier canadien, 1931.Éditions de la librairie Beaucliemin, Montréal.Ce recueil nous apporte, réunies dans un fort volume de 175 pages, un grand nombre et une grande variété de chansons, toutes présentées avec musique et paroles au complet.On y retrouve presque toutes nos chansons canadiennes les plus populaires et les plus agréables.L’auteur y a joint beaucoup de chansons ou romances françaises, pour la plupart déjà connues et appréciées chez nous, mais qu’on aime à retrouver ainsi groupées et mises, pour ainsi Le Canada français, Québec, mai 1932. 774 LES LIVRES dire, à portée de la main.L’auteur les a choisies avec bon goût, avec un sens critique averti,qui a su discerner la valeur morale des paroles aussi bien que le charme et l’intérêt des mélodies.Ce chansonnier sera très apprécié de tous ceux qui aiment à chanter ou à écouter de jolies choses.Il contribuera pour une bonne part, nous l’espérons, à combattre la diffusion, malheureusement trop rapide et trop générale chez nous, des chansons insignifiantes, souvent même déplacées, que le phonographe et la radio apportent inlassablement à nos oreilles, et que trop de bouches, chez les jeunes surtout, se plaisent à répéter.R.B.Rodolphe Mathieu.—Parlons.Musique.Un volume de 195 pages Éditions Albert Levesque, Montréal, 1932.Un nouveau livre parlant de musique vient de paraître ; il mériterait une préface, au moins une table des matières.Les titres des chapitres, presque tous suggestifs et à l’ordre du jour, piquent la curiosité.Le lecteur parcourt agréablement toutes les pages, libres d’allure et d’expression, traversées parfois de traits aigus, décochés aux réputés amis de la musique.Ce livre, divisé en trois parties, traite de l’imagination et de l’émotion musicales, du naturalisme en musique, de questions techniques.En musique, on le sait, artistes, critiques et auditeurs n’ont pas toujours les mêmes vues ; les intérêts individuels peuvent être en cause, mais surtout la formation, le goût et l’inspiration.L’auteur de ce volume voudrait à tous, amateurs, artistes et professionnels, un peu d’émotion musicale, non moins de facilité d’interprétation et d’expression.C’est un feu sacré qu’il souhaite avant tout aux compositeurs qui tentent de créer une école canadienne de musique et de faire aussi œuvre de nationalisme.“ Notre musique actuelle, écrit-il, n’a pas à se greffer sur les premières importations françaises, si dignes qu’elles soient.Elle ne doit pas toujours essayer de puiser à une source d’inspiration qui est de plus en plus étrangère à notre mentalité, à notre tempérament.” Cette consigne donnée aux compositeurs, particulièrement à ceux du folklore, est le thème en relief dans la seconde partie du volume.Dans l’art musical, comme en tout autre, il faut être du métier ou travailler pour le devenir.“ L’amateurisme en musique ” est “ une dorure artificielle ” devant laquelle il est bon de rester sceptique ; “ les amateurs, ces personnes un peu légères n’aimant pas beaucoup l'effort artistique ”, ont une belle leçon à prendre au chapitre VIII de la troisième partie.Du reste, tout le livre est à lire.Chacun y trouvera profit, à supposer même qu’il n’en partage pas toutes les idées.Nous en voudrions un exemplaire entre les mains de tous ces reporters de journaux et chroniqueurs en musique, qui se donnent tant de mal pour encenser à droite et à gauche ; il leur donnerait un peu conscience de la discrétion et du discernement qu’ils doivent avoir dans l’art de juger et d’apprécier.A.R.Le Canada français, Québec, mai 1932. LES LIVRES 775 A.-D.Sertillanges, O.P., membre de l’Institut.-—Un pèlerinage artistique à Florence, 1931.Éditions de “la Pensée Catholique”, Liège, quai Mativa, 38.Ce livre de 165 pages, imprimé sur papier de choix, très abondamment illustré, est un véritable album que l'on aime à parcourir en même temps que l’on s’instruit à la lecture de son texte.L’auteur nous conduit d’abord de Pise à Florence, pour s arrêter ensuite à décrire et à juger, d’une manière très personnelle, les monuments et les œuvres d’art accumulés dans la Ville des Fleurs Il étudie tout particulièrement l’œuvre impérissable des deux grands génies que furent Fra Angelico et Michel-Ange, s’attachant à nous faire saisir le grand contraste qu’offrent, à tous les points de vue, l’œuvre et la vie de ces deux artistes qu il oppose l’un à l’autre dans une espèce de parallèle.Une analyse à la fois technique et psychologique des principaux chefs-d’œuvre de ces deux grands maîtres de la peinture nous fait mieux comprendre et nous aide à mieux juger le caractère si différent de leur art.Et tout ce que cette étude pourrait avoir d’aride devient agréable et facile sous la plume du P.Sertillanges, dont le style aise, souple, nerveux, se prête à toutes les exigences d’une pensée aussi précise qu’elle est alerte.Tous ceux qui ont déjà visité les merveilles de Florence et de ses musées, ceux-là même qui en sont encore à désirer de les voir un jour,trouveront plaisir et profit à lire ce livre,et tiendront à lui donner place dans les rayons de leur bibliothèque.R.B.Annuaires et Rapports Annuaire du Canada, 1931.Publié par ordre de l’Honorable H-H-Stevens, M.P., ministre du Commerce.La version française de VAnnuaire du Canada (1931) est maintenant à la disposition du public.C’est un fort volume de 1165 pages.La table des matières donne une juste idée de ce qu’il renferme : physiographie, histoire et chronologie, constitution et gouvernement, populations, statistiques vitales, immigration, production, agriculture, forêts, commerce des fourrures, pêcheries, mines et minéraux, forces hydrauliques, manufactures, construction, commerce extérieur, commerce intérieur, transports et communications, travail et salaires, prix, finances publiques, régime monétaire, systèmes bancaire, compagnies de prêt et de fiducie, assurances, faillites commerciales, instruction publique, hygiène et bienfaisance sociale, administrations diverses, sources de la statistique et autres informations, annales de 1930.Si j’étais journaliste, sociologue ou homme d’état, je voudrais avoir constamment Y Annuaire du Canada sur mon bureau, à côté de mon dictionnaire.Je puiserais à pleines mains dans cette mine non “ boumée ” — ce n’est pas le fait de toutes les mines — et je me ferais à bon compte une réputation de savant.A.L.Le Canada français, Québec, mai 1932. 776 LES LIVRES Errol-M.McDougall.—Rapport préliminaire de la Commission des Réparations, 1930-31.Version française.Bureaux du Parlement, Ottawa.Prix : $0.50.Il nous fait plaisir de recommander cette publication aux Canadiens français.Outre l’intérêt que peut offrir un rapport de cette nature, les lecteurs y apprécieront l’effort très louable d’une excellente traduction française.J.G.Rapport général du Ministre des Tra%’aux publics et du travail de la Province de Québec, pour l’année finissant le 30 juin 1931.Québec, 1931.Ce volume contient sous forme de rapport des différents officiers, le résumé des activités de ce ministère, pour l’année 1930-1931.Les intéressés y trouveront des statistiques et des renseignements préparés avec soin.La tenue du volume est relevée par une belle illustration : ponts, palais de justice, reproduction de tableaux historiques, etc.L.G.Éducation et Instruction Henri de Pully, S.J.-—VEducation etla Formation du caractère.Brochure de 78 pages.Aubanel fils aîné, 15, Place des Études, Avignon, 1931.L’auteur développe en une énergique étude la fameuse maxime de Foch : savoir, pouvoir, vouloir.La cause de cet esprit de “ rupture ” avec l’éducation reçue que manifestent les jeunes gens provient surtout de ce qu’ils abordent la vie sans convictions intimement fondues avec leur personnalité, sans un potentiel psychologique acquis par des efforts répétés et gradués et un potentiel divin que donnent la grâce, la prière et la fréquentation des sacrements, sans un esprit de décision et de ténacité dans l’effort.Savoir, pouvoir, vouloir, tel est le code de l’éducation.Les pères et les mères, ainsi que les éducateurs soucieux de former des hommes feront bien de méditer les conseils autorisés du R.P.de Pully et de les mettre en pratique.J.G.Louise Clermont.'—Le Savoir-Vivre.Tours, Marne, in-12, 372 pages.L’auteur destine ce guide aux jeunes ménages “ qui veulent réagir contre le laisser aller, et faire revivre dans leur foyer les anciennes traditions françaises, au moins dans ce qu’elles ont de facilement applicables à notre époque ”, Il traite à peu près tous les sujets : mariage, maison, repas, soirées, bals, théâtres, concerts, visites, correspondance, maladie, Le Cawad* fbawçais, Québec, mai 1932. LES LIVRES 777 mort, etc.Près de cent pages sont consacrées à l’enfant.L’église, les sacrements, les œuvres de charité ont trouvé place dans ce recueil, et même dans les questions de la vie sociale et mondaine, l’auteur s’est rappelé les préceptes de la doctrine et de la morale chrétiennes.- L.G.Catéchisme illustré, par un groupe de pères et de mères de famille.Nombreuses illustrations de V.Livache.Maison Marne et Fils, Paris et Tours.Prix : broché, 10 francs ; cartonné, 12 francs.Voici un catéchisme conçu selon un plan entièrement nouveau.Les enfants s’intéressent aux aventures de Jean, Annie, Colette et Bernadette.Ces personnages sont bien vivants,et ne sont pas là seulement pour masquer quelques leçons de morale : ils agissent, ils parlent, ils jouent, ils font des bons et des mauvais coups comme tous les héros de roman.Mais leurs aventures personnelles ou les histoires qu’on leur raconte sont propres à leur faire connaître les vérités fondamentales du catéchisme, les préceptes de la morale chrétienne et même les éléments de l’ascétisme.Ce volume, en même temps qu'il plaira aux enfants, les instruira et leur fournira maintes explications sur les enseignements du catéchisme, explications concrètes et vivantes.Les nombreuses illustrations qui ornent le texte ne contribueront pas peu à cet heureux résultat.J.G.Jules Herment.— Les Idées Pédagogiques de Saint Jean-Baptiste de la Salle.Paris, Lethielleux.In-8, 128 pages.On sait la place de premier plan prise par les Frères des Écoles Chrétiennes dans l’œuvre de l’enseignement et de l’éducation.Leur valeur pédagogique est telle qu’un incroyant notoire écrivait en conclusion d’un article sur les méthodes d’enseignement : “ Si j’étais Ministre de l’Instruction publique, mon premier soin serait d’appeler à la direction de l’enseignement le Supérieur général des Frères des Écoles chrétiennes.” Or, la méthode des Frères est tout entière dans les divers écrits de leur saint fondateur.On lira avec intérêt et profit cette étude d’un écrivain qui s’est documenté aux sources mêmes, et qui, historien érudit de la pédagogie, a pu faire au cours de son travail des comparaisons piquantes et instructives.- H.G.Religion et piété M.Lepin, professeur au grand séminaire de Lyon.-—Le Christ Jésus : son existence historique et sa divinité.Paris, Bloud & Gay, 1929.Le problème de l’existence historique et de la divinité de Jésus est intimement lié à celui de l’existence même de Dieu : en effet, Le Canada français, Québec, mai 1932. 77S LES LIVRES si Dieu paraît déjà indispensable à une solide justification de l’ordre moral, comme à une explication rationnelle de l’ordre physique, le témoignage historique concernant la divinité du Christ, nous en fournit une nouvelle preuve, d’un ordre spécial, mais singulièrement persuasive.A tous les esprits qui se plaignent de l’inaccessibilité de Dieu, de “ l’éternel silence ” de la Divinité, à tous ceux qui n’admettent que les faits et surtout les faits d’histoire, une preuve d’ordre critique et historique présente des qualités d’évidence que ne peut avoir pour eux la déduction rationnelle.Dieu serait donc apparu dans l’histoire en la personne de Jésus de Nazareth, dont la vie nous est connue par les Évangiles : c’est autour de ce personnage historique, que se concentre l’étude de M.Lepin.Comment la question du Christ se pose-t-elle devant la critique moderne ?Pour les rationalistes tels que Strauss, Renan et Loisy, il s’est opéré après la mort de Jésus un travail d’idéalisation et de divinisation sous l’influence d’une foi mystique exaltée, dont les résultats nous sont présentés par les Évangélistes.Le Christ, homme sans doute extraordinaire, aurait été grandi outre mesure, élevé jusqu’à la divinité.Il faut donc, maintenant, par une critique impartiale, le ramener à de justes proportions.En ces derniers temps toutefois, plusieurs écrivains ont prétendu se frayer une voie en dehors du courant classique.Pour éviter les difficultés jugées insurmontables de la thèse rationaliste, ces nouveaux critiques, et en particulier, M.Couchaud, soutiennent que le personnage dont parlent les Évangiles et auquel se rattache la foi de l’Église primitive, n’est pas un personnage d’histoire, mais une simple figure de mythe.Cette théorie, pas tout à fait nouvelle, il est vrai, est cependant remarquable par ses qualités de présentation.L’éxégète catholique doit donc en tenir compte et vérifier l’existence humaine de Jésus avant de s’appliquer à prouver par l’histoire, sa Messianité et sa Divinité.De là, trois grandes parties dans l’ouvrage de M.Lepin.Le Mystère de Jésus, publié par Couchaud en 1924, est d’abord soumis à une analyse détaillée.On reconnaît à l’auteur le mérite d’avoir, mieux que personne, montré ce que la théorie des rationalistes présente d’invraisemblable, de déconcertant et d’absurde.Mais il n’en est plus de même lorsque l’auteur de ce livre conclut en disant que l’état des textes pauliniens ou évangéliques ne permet pas d’hésitation, et que saint Paul, en particulier, ne tient pas ce qu’il nous dit de Jésus, d’une information d'histoire mais de son exégèse scripturaire et de ses méditations théologiques.M.Lepin, avec un bon sens qui ne s’embarrasse ni des mots, ni des théories, démontre clairement que les conclusions de M.Couchaud ont le tort de découler d’une critique violentée et faussée par un préjugé de philosophie.C’est au nom de l’histoire que le rationalisme de Strauss est rejeté : pourquoi faut-il que l’orthodoxie catholique le soit par un prétendu postulat de philosophie, par lequel l’Homme-Dieu est déclaré “ impensable ” ?Le Canada français, Québec, mai 1932. LES LIVRES 779 La conclusion de l’ouvrage est qu’il est aussi impossible de nier l’existence humaine de Jésus à la manière de Couehaud, qu’il est absurde de l’expliquer à la manière de Renan.L'Eglise en soutenant également l’Humanité et la Divinité du Christ a donc pour elle le témoignage d’une exégèse objective et d’une critique impartiale.Ce témoignage nous est donné avec autorité par un théologien que plusieurs travaux antérieurs de ce genre ont préparé, et dans un livre de lecture facile et extrêmement intéressant.- A.-M.P.Eugène Laveille, S.J.—L’Ame d’un Prêtre.Mgr Laveille dans ses Souvenirs, ses Notes intimes et sa Correspondance.Paris, Téqui, 1931.ïn-12, 276 pages.Les nombreuses biographies écrites par Mgr Laveille, comptent parmi les meilleures de ces derniers temps.Qui ne connaît entre autres, celles de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, du B.Grignon de Monfort et du grand cardinal Mercier ?Plusieurs ont été couronnées par l’Académie française.Mgr Laveille est mort foudroyé par une embolie, le 15 octobre 1928, après une journée tout entière consacrée aux intérêts de Dieu, et pendant qu’il récitait l’office de sainte Thérèse.La veille au soir, quelqu’un lui ayant demandé quel ouvrage il préparait en ce moment, il avait répondu: “Je ne me prépare plus qu’à paraître devant Dieu.” Ceux qui ont goûté et admiré l’écrivain et l’artiste, pourront maintenant prendre contact avec “ l’âme du prêtre ”, le directeur spirituel et l’ami des jeunes.Le Père Eugène Laveille, S.J.avec une religieuse et fraternelle affection qui n’a d’égale que sa modestie, a réunie en un volume, quelques papiers intimes de son illustre frère.Ce sont d’abord “ les Souvenirs ”, récit des années antérieures au Sacerdoce, composé au soir de la vie.où la mémoire des êtres chéris au temps de l’enfance et de la jeunesse est rappelée avec une fidélité et une tendresse émouvantes.Puis quelques notes de méditation, cueillies, je suppose, dans un journal intime que Mgr Laveille devait ouvrir tous les jours.Enfin, des lettres à des amis ou des dirigées, suivies d’une dizaines d’allocutions prononcées devant un auditoire de jeunes gens.Mgr Laveille avait un cœur d’une très profonde sensibilité ; il s’attachait avec force à ceux que Dieu avait confiés à ses soins.Une âme d’une aussi exquise délicatesse, devait nécessairement souffrir quelquefois de l’isolement.Il semble avoir eu à lutter toute sa vie, mais avec quelle édifiante résignation, contre ce terrible adversaire, en même temps que contre ce besoin jamais satisfait de se donner tout entier à ses frères.La lecture de ces pages est bien propre à rappeler à nos âmes trop oublieuses, le grand et unique précepte de la Loi nouvelle, la charité envers Dieu et envers le prochain.A.-M.P.Le Canada ibançais, Québec, mai 1932. 780 LES LIVRES Chanoine Henri Morice, docteur ès lettres, lauréat de l’Académie française.—La Vie mystique de saint Paul.Volume de 250 pages.Pierre Téqui, Paris, 1932.D s’agit ici de vraie mystique, non du mysticisme au sens large, qui se confond avec la piété.Saint Paul a fait de précieuses confidences dans ses Epîtres.Il fallait raccorder tout cela avec les écrits de spiritualité qui traitent d’états mystiques, de touches divines, de contacts avec la substance de Dieu.Il fait bon, assure l’auteur, mesurer ces élévations chez un homme d’action, hardi missionnaire et conquérant d’âmes, qui jouit actuellement d’un regain de popularité.On aimera trouver l’explication de certains faits qui restent enveloppés de mystère dans les Epîtres : rencontre sur le chemin de Damas, révélations, grande extase, charismes.A.P.Valentin.M.Breton, o.f.m-— La Trinité, mystère, doctrine, piété.(Biblioth.cath.des Sciences relig.) Paris, Bloud & Gay, 1931.Cet ouvrage qui se compose de trois parties, étudie successivement le mystère de la Sainte Trinité dans la Révélation évangélique, dans l’exposé qu’en a donné la théologie, et dans la place qu’il doit occuper chez les âmes qui ont de leur christianisme une conception intelligente et éclairée.Division claire, nette, qui permet d’embrasser d’un large coup d’œil l’essentiel d’une doctrine que tout catholique “ moyen ” devrait connaître et qui est trop facilement réservée à une élite qui se contenterait de penser.Qui dit “ élite ” dit pensée et action, et les catholiques seraient plus et mieux exigeants s’ils avaient des grands mystères de leur foi toute la connaissance qu’ils peuvent en avoir.Examiné à ce point de vue, le présent livre ne peut que faire du bien.A.G.F.Cuttaz.-—Le Juste ou Précieux effets de la grâce sanctifiante.Nouvelle édition revue et augmentée.Paris, de Gigord, 1931.“ Juste ” c'est le nom propre de l’âme en état de grâce : il porte dans sa riche brièveté tout le contenu de cet excellent livre.Déification du juste dans son essence et ses puissances d’agir, fécondité surnaturelle de son activité, telles sont les deux parties de ce précieux ouvrage qui nous révèle les merveilles de la grâce opérante et coopérante.“ Il nous semble, dit l’auteur, qu’on prend trop souvent la vie spirituelle du côté négatif et pas assez du côté positif, qu’on insiste beaucoup sur le péché qui la détruit et pas assez sur les richesses qui la constituent.Combien plus féconde en serait pourtant la connaissance.” Fait d’expérience que chacun peut malheureusement constater à loisir.Le Canada /hançais, Québec, mai 1932. LES LIVRES 781 Il y a pourtant dans la connaissance de la grâce et de ses effets de quoi nourrir abondamment les âmes et les sanctifier rapidement.On en est vite convaincu à la lecture de ces pages où l’auteur, “ théologien savant, professeur habile, prêtre zélé, nous communique avec une doctrine claire et précise, son enthousiasme et sa discrète émotion ”.Puissent les prédicateurs, aidés peut-être de ce livre, rendre plus familière aux fidèles cette connaissance de la Grâce divine.Les premiers chrétiens n'en faisaient-ils pas la nourriture habituelle de leur esprit et de leur cœur ?Pour s’en convaincre on n’a qu’à relire saint Paul s'adressant à ceux qu’il avait enfantés dans le Christ.L’élite de la jeunesse, celle qui aspire à monter, celle qui a le goût de l’effort et le désir de vivre en état de grâce, y trouvera aussi son profit ; elle n’a pas à redouter l’aridité du sujet.A.-M.P.Êlie Maire.—Le Christ total: catéchisme de persévérance en deux années; Ilème partie : l’Église.In-12 de 170 pages.Paris, Téqui, 1932.Voici un livre qui avec son “ frère aîné ” se présente comme manuel de catéchisme de persévérance dans le diocèse de Paris.Il pourra servir à bien d’autres diocèses, car il est vraiment bien fait.Aucune longueur:de la précision, de la netteté ; une intéressante exposition de la doctrine, qui plaît, retient et éclaire.Les chapitres sont courts et bien divisés ; ils se terminent par une conclusion de piété, sorte de mot d’ordre, et par une lecture bien choisie qui grave plus profondément dans la mémoire la doctrine étudiée.L’idée dominante que l’on aime à retrouver sous une forme ou sous une autre, au cours de tout l’ouvrage, c’est la belle doctrine Pauline du Corps Mystique, dont le Christ est le Chef, et les fidèles les membres : de là le titre plein de sens de Christ total.“ Le Christ total est tête et corps, disait saint Augustin ; sa tête, c’est le Fils unique de Dieu, son corps, c’est l’Église.” Le premier volume traitait de l’“ Homme-Dieu; celui-ci porte sur l’Église, sa fondation, ses pouvoirs et ses moyens de sanctification”.L’Église, c’est Jésus-Christ, mais Jésus-Christ répandu et communiqué, pouvons-nous répéter après Bossuet.A.-M.P.Chanoine Eugène Dhplesst.-—La Chasse aux Bévues.Un volume in-8 de 228 pages, chez Pierre Téqui, 82, rue Bonaparte, Paris, 1931.Un des singes de LaFontaine prenait le Pirée pour un homme et en parlait de toute façon sans l’avoir jamais vu.La multitude des sottises humaines inspirait au fabuliste cette histoire.L’humanité a peu changé ; certains hommes feront toujours la sottise de parler abondamment de ce qu’il ne connaissent pas.Notre re- Le Canada français, Québec, mai 1932. 782 LES LIVRES ligion leur en fournira souvent matière.Par sa doctrine, sa durée et son étendue, elle pénètre la philosophie, la science, la géographie, l’histoire ; elle est partout et les occasions de la citer ou de l’attaquer ne manquent pas à qui veut le faire.A travers journaux et revues, discours parlementaires et discours académiques, l’abbé Duplessy fait la chasse aux bévues.Celles qu’il relève sont authentiquement repérées, la source est indiquée où trouver l’original.C’est honnêteté et droiture de la part de l’auteur.Il ne cite rien sans référence.De tous ces gens qui parlent du catholicisme sans le connaître, les uns sont de bonne foi, les autres sont méchants.Aux premiers, l’abbé Duplessy pardonne facilement et impose la pénitence de l’ironie ; aux seconds, il dit la vérité et inflige le pilori.Qui connaît l’abbé Duplessy imagine tout de suite le ton de ce livre, sa simplicité, sa clarté et sa valeur.Intéressant pour tous les âges, il se lira également bien aux heures sérieuses et aux heures de récréation.S’il se trouvait dans les salles d’attente, chez nos professionnels, parmi les Revues et les Illustrations, on y reviendrait pour le parcourir.Y.D’Isné.—Le Livre de Piété des petits enfants.P.Lethielleux Paris, 1931.C’est un recueil de prières : prières simples, sans mièvreries, accessibles à tous les petits.Elles prennent l’enfant à son réveil et le suivent pas à pas dans sa journée ; elles l’accompagnent à la messe, préparent sa confession et sa communion, lui facilitent le Chemin de la Croix, l’encouragent et le fortifient dans ses tentations.Ajoutons que l’impression en est fort soignée et les idées principales, mises en évidence.Rien ne peut être mieux approprié que les gravures qui accompagnent le texte.D’un goût exquis, elles ont été judicieusement choisies parmi les meilleures toiles des grands maîtres.L’enfant y prendra une leçon d’art en même temps qu’un aliment à ses méditations.Un tel recueil est sans doute utile.On ne saurait trop s’occuper de l’enfance.C’est la vigne naissante qui promet tant de fruits, mais qui, hélas ! cause bien des déceptions.Ces prières, avec la bénédiction du Maître implorée par l’auteur dans son introduction, contribueront dans une large mesure à sauvegarder l’innocence, à faciliter les vrais sentiments, à stimuler de louables efforts.Et, quand aux heures sereines de l’enfance auront succédé les tempêtes parfois si funestes des treize ou quatorze ans, puisse cette résolution, qui termine le Livre de Piété, se retrouver sur les lèvres et dans le cœur de l’adolescent ! “ Je veux, quand je suis seul, me tenir aussi bien qu’en la présence de mes parents, puisque vous me voyez toujours, ô mon Dieu.” J.-A.R.Le Canada français, Québec, mai 1932. LES LIVRES 783 Frère Gilles, O.F.M.•—Fioretti ou Petites Fleurs de sainte Claire.Préface du T.R.P.Ambroise, O.F.M.Librairie Saint-François, 2107, rue Dorehester-Ouest, Montréal, 1931.Cinquante chapitres, cinquante “ petites fleurs ” embaumées de tendresse pieuse, cueillies dans le jardin clos de la grande sainte Claire.On ne cherchera pas ici la biographie plus ou moins romancée de la sainte, ni l’œuvre critique et purement objective d’un historien de la collection “ les Saints ”.Du commencement du livre à la fin, en effet, la légende se tisse avec l’histoire ; le merveilleux donne au récit une atmosphère surnaturelle qui ne le cède en rien à celle des Fioretti de saint François et qui n’a rien à faire avec les minuties de l’histoire profane.Du florilège né des gestes de sainte Claire et de la plume artiste du frère Gilles, se dégage un charme prenant qui nous change des fictions fades des collections à “ couverture jaune ”, Et il n’y a rien d’efficace comme cette joie lumineuse qui chante à travers les Fioretti, pour nous inviter à l’action et chasser de nous la tristesse inféconde.- J.-E.B.Félix Klein.-—L'Enfance du Christ et sa vie cachée.Bibliotb.cath.illustrée, Paris, Bloud & Gay.Personne n’était mieux préparé que M.l’abbé Klçin, pour nous donner cette plaquette si bien placée dans la collection à laquelle elle appartient.Il vient d’écrire le beau livre qui a eu tant de succès Jésus et ses Apôtres, et ses goûts artistiques de la plus éminente qualité lui permettaient de faire le plus judicieux des choix dans les innombrables chefs-d’œuvre que la peinture a consacrés au Christ.Il a pleinement réussi, qu’il s’agisse des vues photographiques de tel ou tel paysage biblique, ou des toiles célèbres disséminées ça et là dans les musées de France, de Belgique, d’Espagne, d’Italie, etc.Faut-il une fois de plus signaler la perfection avec laquelle est exécuté dans cette collection tout ce qui concerne l’impression du texte et la reproduction des œuvres d’art qui illustrent le récit ?- A.G.R.P.J an Vier, O.-—P .La Passion de N otre-Seigneur et la Morale chrétienne.Tome I.285 pages.P.Lethielleux, Paris, 1931.Ce livre est un recueil de sermons pour le Vendredi-Saint.Pen' dant vingt-deux ans, l’illustre dominicain prêcha la Passion dans la chaire de Notre-Dame.On trouvera ici les dix entretiens qui se suivirent de 1903 à 1912.Mais l’auteur a eu la pensée originale de leur donner de la cohésion, en les ramenant à un exposé de morale générale : la Passion de N-.S.est successivement mise en relation avec la béatitude, la liberté, les passions, les vertus, les péchés, la loi et la grâce.La doctrine est abondante et l’éloquence du prédicateur n’est mise en œuvre que pour donner plus de relief à la sûreté du moraliste.A.P.Le Canada français, Québec, mai 1932. 784 LES LIVRES Chan.E.Düplessy : Cours de religion en forme de petits prônes.Première série : les Vérités à croire : 52 lectures.In-12 de 160 pages.6 frs.Paris, Téqui, 1932.Le canon 1345 du Code de Droit Canonique exprime le vœu que chaque dimanche, à toutes les messes où se trouvent des fidèles, une courte instruction soit donnée sur un des points de la doctrine catholique : cette instruction est même obligatoire dans les diocèses où l’Evêque en a institué l’usage.Les œuvres apologétiques et catéchistiques de M.le Chanoine Düplessy, le zélé directeur de la Réponse, ne se comptent plus.Le présent ouvrage, qui comprendra 3 volumes, a pour but d’aider pour sa part à la réalisation des désirs de l’Église, qui voudrait remédier au fléau de l’ignorance religieuse, cause de tant de maux.La lecture de quelques chapitres sur les Vérités à croire nous permet d’apprécier la manière facile et pratique de l’auteur soulignant bien les principales idées à développer dans chaque prône ou sermon.Ceux qui ont à exercer le saint ministère de la prédication paroissiale n’auront pas à regretter de lui faire une visite assez peu désintéressée d’ailleurs.Qu’ils surveillent les deux prochains volumes.- A.-M.P.E.B.Allô, O.P.~Plaies d’Europe et Baumes du Oange.2in-18,237 pages.Les Éditions du Cerf, Juvisy (Seine-et-Oise), 1931.L’Europe est la grande blessée qui ne s’est remise ni de la guerre de 1914, ni de la Révolution, ni de la Réforme.Sur ses plaies vives certains thérapeutes voudraient mettre les Baumes du Gange, c’est-à-dire les “ onguents ” du Brahmanisme orthodoxe, du Bouddhisme ancien, du Brahmanisme et du Bouddhisme populaires et modernisés : l’huile du Samaritain éternel qu’est le Christ aurait perdu son efficace.! Les Baumes du Gange, hélas ! sont de mixture trop suspecte pour remplacer les antiques médecines préconisées par le Bon Maître et ses disciples.Il y a en effet dans les Religions de l’Inde, pour cesser toute métaphore, des systèmes inconciliables avec la philosophie occidentale, si malade qu’elle soit, là où l’on vagabonde en dehors des magistères traditionnels.En des pages d’une riche, très riche substance, le R.P.Allô montre les faiblesses de la pensée hindoue, le désastre intellectuel et religieux qui découlerait logiquement des principes du Brahmanisme et du Bouddhisme appliqués dans leur rigueur.J.-E.B.N.B.— Conformément à la tradition, et dans l’intérêt d’une juste liberté, il est entendu que les articles de la Revue y sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs.Directeur-gérant : M.l’abbé Aimé LABR1E HS&*) 75 Des ateliers de L'Aciion Sociale Liée, Québec.
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