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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Collection des universités de France
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1933-06, Collections de BAnQ.

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Humanités COLLECTION DES UNIVERSITÉS DE FRANCE PUBLIÉE SOUS LE PATRONAGE DE L’ASSOCIATION GuILLAUMB Budé Le retour aux Humanités classiques fait partie du plan de restauration mondiale qui absorbe toute l’attention des observateurs les plus clairvoyants.Pour remettre dans son équilibre le vaste édifice social qui menace de s’écrouler, il nous faut autre chose que de simples “ maçons ” ; ce ne sera pas trop que d’atteler à cette rude besogne les plus experts des “ architectes ”, des “ ingénieurs ”, rompus à toutes les formules de la dynaviique matérielle et morale.L’égalitarisme de nos démocraties modernes a souvent confié la solution des plus graves problèmes à des esprits éminemment “ primaires ” ; nous prenons ici ce mot dans sa signification la plus défavorable : nous entendons par là les “ primitifs ”, les “ naïfs ” qui n’ont pas la moindre notion des lois infiniment complexes de la sociologie.Ces cerveaux rudimentaires et prétentieux font penser à la burlesque comédie d’Aristophane où le Demos s’était donné pour chef un simple “ corroyeur ”, sans doute pour se faire fouetter.Cela rappelle aussi les “ stratèges en chambre ” que nous avons connus au temps de la Grande Guerre, et pour qui la victoire dépendait d’un plan élaboré sur la carte des opérations, au coin du feu.La partie qui se joue actuellement dans l’univers désemparé ressemble trop au formidable conflit des armées combattantes d’alors, pour que nous nous en remettions à des subalternes si nous voulons “ gagner la paix ”.C’est aux élites que revient ce rôle définitivement pacificateur.Rendre la stabilité aux blocs humains qui s’entrechoquent encore, bien après la signature des armistices, cela requiert une sûreté de coup d’œil dont le commun des mortels n’est guère capable.Le Canada français, Québec, juin 1983. COLLECTION DES UNIVERSITÉS DE FRANCE 927 Les hommes appelés providentiellement à cette tâche ne sont pas loin de nous : ils se trouvent parmi ceux qui sont imbus de la sagesse antique, après de fortes Humanités.Et comme ce travail de reconstruction ne se fera pas en un jour, il s’agit de préparer les meilleurs de nos jeunes gens à nous prêter main-forte, dès qu’ils seront en âge de “ servir Le Canada français, par bonheur, n’a pas tourné le dos aux puissantes disciplines dont nous proclamons la nécessité.La formation classique y est encore en honneur, alors que les nations européennes ont permis une véritable débandade dans la jeune milice qui regimbait contre l’enrôlement gréco-latin.Mais il ne s’ensuit pas que tout soit ici dans les conditions voulues pour former les “ architectes ”, les “ ingénieurs ”, ou, si l’on préfère, les “ généraux ” qui n’auront pas de défaillance.Il y a une infinité de perfectionnements possibles dans les études secondaires et supérieures.L’auteur des présentes lignes est chargé aujourd’hui d’attirer l’attention de ses collègues sur la nécessité d’avoir en main des textes sûrs, authentiques, sur lesquels on puisse baser une étude solide, sans faire violence à la véritable pensée des écrivains.Il ne faut pas habituer nos élèves à voir dans une phrase française, latine, grecque ou anglaise, des subtilités qui sont parfaitement étrangères aux conceptions des grands génies inscrits dans nos programmes d’examens.Les chefs-d’œuvre sont des modèles de clarté et de logique.Si un passage est obscur, paradoxal, on peut supposer sans irrévérence que l’auteur a eu quelque défaillance de plume.Mais, dans la plupart des cas, ce lapsus est imputable aux éditeurs qui n ont pas reproduit fidèlement l’original ; les premiers copistes ont substitue leur propre pensee a celle que renfermait le manuscrit.C est que les parchemins antiques, et même les papiers plus récents déposés dans nos archives, sont d’une lecture souvent laborieuse.Ajoutez à cela, pour les textes de l’antiquité, 1 existence de plusieurs manuscrits qui ne concordent pas entre eux.De là proviennent toutes les fantaisies complaisamment etalees dans nos editions courantes.Que faire pour remonter aux véritables sources ?Sommes-nous condamnés à ignorer les prototypes et à lire seulement les élucubrations des exégètes ?Il résulterait de là une cer- L* Canada français, Québec, juin 1933. 928 COLLECTION DES UNIVERSITÉS DE FRANCE taine mésestime pour les écrivains qui doivent pourtant demeurer nos modèles.Nos élèves pâliraient sur des pages fréquemment inintelligibles et en concluraient que les devoirs quotidiens sont une série de devinettes où les plus ingénieux de la classe remportent le premier prix.Dans une version en particulier, ils ne chercheraient pas à dégager une pensée lumineuse, mais à mettre des termes approximatifs, ayant tous les sens possibles, afin que le professeur ne puisse leur marquer un contre-sens.C’est ainsi que vont les choses dans nos collèges et même dans nos universités.Devenus sceptiques, nos jeunes genr se livrent à une dangereuse acrobatie de vocables pour obtenir une note moyenne.Un maître consciencieux doit, se montrer intraitable en corrigeant ces jongleries.Un contre-sens judicieux est infiniment moins grave que les non-sens dont sont émaillées les copies de ces novices.Toutefois, les contre-sens eux-mêmes ne devraient pas trouver leur justification dans l’ambiguité d’un texte.Le professeur, qui est muni de sa traduction souvent inexacte, a beau jeu pour lancer des condamnations sans appel.Il s’agirait d’examiner si le jeune latiniste ou helléniste n’a pas raison contre le savant traducteur ; cela arrive plus d’une fois.Telle expression d’un auteur ancien sera prc clamée avoir tel sens dans un passage, et il se trouvera que la même expression du même auteur signifie juste le contraire à la page suivante.Aussi bien, l’élève en prend son parti et subit avec plus ou moins de résignation un genre d’études consacré par l’usage.On lui a répété sur tous les tons que cette épreuve fastidieuse est nécessaire pour devenir médecin, avocat, journaliste, architecte, et pour ne pas rester au rang de simple manœuvre dans un chantier de construction.Il faut bien avouer que de telles méthodes déforment le jugement plus qu’elles ne l’affermissent.La plupart des hommes de condition libérale conservent de leurs études secondaires un souvenir plutôt amer et n’ont plus envie de revoir ces livres classiques dont se délectaient nos pères des siècles derniers.De la sorte, notre élite moderne redevient “ primaire ” après avoir tenté d’acquérir une haute culture.Le stade de la formation fondamentale une fois franchi, on se spécialise dans une branche pratique et Le Cawada fbawçais, Québec, juin 1933. COLLECTION DES UNIVERSITÉS DE FRANCE 929 c’en est fait des lectures qui étaient destinées à devenir un dérivatif contre le dessèchement de l’esprit.Le journal, les magazines illustrés, qui ne demandent pas un gros effort des méninges, prennent la place des ouvrages sérieux.Des hommes éminents se sont émus d’une situation pitoyable à ce point.Une association prenait naissance à Paris, il y a environ vingt ans, pour compléter l’entreprise déjà lointaine de Guillaume Budé, un intrépide érudit du XVIe siècle.Guillaume Budé faisait partie de la même phalange que les Estienne, demeurés célèbres par leurs éditions des livres anciens, peu après la découverte de l’imprimerie.Grâce à eux, la Pléiade pouvait bientôt se livrer au travail qui nous a valu la langue que nous parlons.C’étaient de rudes travailleurs intellectuels, que ces premiers poètes lisant et écrivant nuit et jour.Il faut entendre Ronsard, le chef de file, s’écrier d’un ton triomphal : Je veux lire en trois jours l’Iliade d’Homère.Hélas ! en avons-nous aujourd’hui beaucoup, dans notre XXe siècle, qui pourraient aborder de la sorte la lecture de l’aède grec ?L’Association Guillaume Budé a voulu réagir contre notre barbarie en offrant aux élèves, petits et grands, une collection de textes à l’abri de tout reproche.Elle a confié l’impression de ses volumes à la Société d’Édition “ Les Belles-Lettres ”, 95, Boulevard Raspail, Paris.A l’heure actuelle, les ouvrages parus forment déjà une bibliothèque.Nombreux sont les collèges canadiens qui les ont adoptés.Textes grecs, latins, français, anglais, avec ou sans commentaire, études de littérature générale, rien ne manque pour aider les professeurs dans leur tâche.Les textes, directement relevés sur les manuscrits, contiennent en note toutes les variantes que peuvent choisir les lecteurs, à leur gré.De substantielles introductions permettent de se faire une idée exacte des circonstances de composition, d’après la date où l’ouvrage a paru.Il n’est plus permis d’inventer un sens arbitraire pour traduire une page de latin ou de grec.Les passages douteux sont indiqués avec le plus grand soin.La traduction proposée ne se présente pas comme un dogme ; on y fait toutes les réserves que comporte l’incertitude résultant des altérations possibles de l’original.L* C anada français, Québec, juin 1933, 930 COLLECTION DES UNIVERSITES DE FRANCE Nul doute qu’un tel effort ne contribue à regénérer les études classiques et à les tirer du marasme où elles risquaient de sombrer.Nous pourrons ainsi former des cerveaux solides, bien équilibrés, épris du Beau, du Vrai, et même du Bien.Assurément, les Humanités ne sont pas une panacée infaillible pour guérir les graves maladies du monde moderne.La conduite morale n’est pas toujours à l’image des modèles les plus parfaits.Mais, comme nous le disions au début de cet article, les meilleures intentions du monde pour remettre d’aplomb le grand agrégat humain ont besoin d’être étayées sur cette éducation préalable.Pour jouer son rôle dans l’Amérique du Nord, le Canada français ne saurait se passer de la plus solide éducation gréco-latine chez ses futurs dirigeants.Du point de vue international, il est à propos de signaler une autre œuvre reconstructive, dont le lancement est dû à deux Revues faisant partie de “ l’Union Médicale Latine.” Les rédacteurs de Physis et Umfia ont pris à cœur la diffusion du latin comme “ langue scientifique universelle ”.Nombre d’ouvrages érudits, surtout en Allemagne, sont déjà écrits en cette langue, pour être compris par toutes les nations.Mais les sciences proprement dites ont hésité jusqu’ici pour l’adoption d’une telle mesure.C’est bien à tort.Le latin se prête aisément à toutes les exigences du langage scientifique, par l’addition des termes techniques souvent dérivés du latin ou du grec.Quoi qu’il puisse advenir de ce projet hardi, il est de bon augure, puisqu’il marque la régression de l’Espéranto et du Volapuk, jugés insuffisants pour véhiculer en tous lieux la pensée humaine.Une langue a besoin d’expressions consacrées par l’usage afin de traduire toutes les nuances des idées, et cela requiert de longs siècles d’élaboration.Le latin a pour lui toutes ces qualités ; aussi l’Église romaine s’en est-elle toujours servie dans ses relations avec les peuples les plus divers.Que les savants imitent l’Église.Le latin redevenant une langue vivante, voilà qui fortifierait les études classiques et nous ferait revivre les plus beaux jours de la grande République Chrétienne qui gouverna jadis l’Europe.Il faut aux hommes de toutes langues un trait d’union pour réorganiser la bonne entente.Dieu veuille que celui-là leur permette de se tendre la main, des divers points de notre globe enfin pacifié ! Abbé F.Charbonnier.Le Canada français, Québec, juin 1933.
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