Le Canada-français /, 1 juin 1935, Une croisière d'océanographie dans le golfe Saint-Laurent
Pêcheries UNE CROISIÈRE D'OCÉANOGRAPHIE Dans le Golfe St-Laurent L’étude du régime des eaux et de la faune marine du golfe St-Laurent n’a jamais encore été poussée bien à fond.Le bureau de Biologie du Canada a déjà exécuté quelques travaux, en se servant de Gaspé (côté sud), et de Sept-Isles (côté nord) comme points de rayonnement.Mais, vu le peu de tonnage des bateaux employés, les excursions ne furent pas, à notre connaissance du moins, poussées bien au large, et le travail fut confiné aux bancs de terre que fréquentaient et fréquentent encore aujourd’hui nos pécheurs.Cependant le golfe St-Laurent a toujours attiré les océanographes des pays voisins et même de l’Europe.Parmi ces illustres visiteurs, nommons Hjort, le fameux océanographe norvégien 1 et le prince de Monaco, océanographe et mécène de l’océanographie2.Le dernier à nous venir, « the last but not the least », a été le Commandant L.Beaugé de l’Office scientifique et technique des Pêches maritimes de France.Il dirigeait une mission importante d’hommes de science et commandait un navire bâti et outillé, comme nous verrons plus loin, spécialement pour le travail de recherches océanographiques.Le Commandant Beaugé est une autorité en hydrologie, et ses études sur le régime des transgressions océaniques au large de Terreneuve nous avaient grandement intéressé.Nous lui avions écrit dès 1928 pour lui demander si ces mouvements et changements qui se passent à nos portes pouvaient avoir une influence quelconque sur nos bancs de pêche du golfe St-Laurent, et, comme il est allié 1.Hjort a publié avec Murray un volume qui fait autorité en océanographie, et que, hélas, l'on ne peut plus trouver en librairie: Murray & Hjort, The Depths of the Ocean.2.Le prince de Monaco aurait fait sa croisière, les premières années du XXème siècle. UNE CROISIÈRE D’OCÉANOGRAPHIE 971 aux Bérubé de France, il a accueilli notre lettre comme celle d'un cousin éloigné et nous a accordé toujours depuis sa bienveillante amitié.Aussi ce fut avec un plaisir bien naturel et bien profond qu’en septembre dernier, nous recevions de lui la lettre suivante : Cette fois ce n’est pas une promesse en l’air.Nous partons dans deux jours pour Terreneuve et le Canada.Je compte passer quelques jours sur les Bancs avant d’entrer à Halifax où nous serons le 19 septembre, le congrès international pour l’exploration de l'Atlantique-nord devant se tenir à notre bord sous la présidence du De Bigelow des Etats-Unis.J’ai fait insérer dans notre programme du travail du côté des îles de la Madeleine et dans l’entrée du Golfe St-Laurent et nous devons passer par Gaspé et nous y arrêter.Je vous rappelle à ce sujet nos lettres antérieures, les deux vôtres du 6 octobre 1932 et du 25 juillet 1933 dans lesquelles nous échangions, sinon des promesses, au moins des souhaits de nous rencontrer.Voici l’occasion.J’espère bien ne pas vous manquer.On le voit par cette lettre, le Commandant Beaugé et la mission scientifique française avaient, et à titre purement bénévole, mis à leur programme du travail dans le domaine maritime de la province de Québec.Il convenait que ce geste fût reconnu et que cette visite ne passât pas inaperçue.Et votre humble serviteur eut le plaisir et l’honneur d’être désigné par l’hon.Ministre des Pêcheries pour aller rencontrer et accompagner nos visiteurs pendant le temps de leur séjour chez nous.Visiteurs et délégué, nous nous sommes rencontrés à North Sydney, Cap-Breton.Partis de cet endroit à bord du bateau français le 7 octobre, nous nous sommes dirigés tout de suite vers le détroit de Cabot, mais le Commandant dut mettre à cape pendant trente heures et se tenir à l’abri du cap Nord, à l’extrémité est de l’île du Cap-Breton.Il faisait un mauvais temps assez fort pour arrêter le travail de recherches scientifiques.Cependant aussitôt que la mer se fut suffisamment calmée, nous reprîmes notre route.Le 9 octobre, nous passions au sud puis à l’ouest des îles de la Madeleine ; le 10, nous étions sur le banc des Orphelins au large de la baie des Chaleurs, et, le 11 octobre, nous entrions à Gaspé.Là, la tempête reprit de plus belle, et comme le hâvre de Gaspé 972 LE CANADA FRANÇAIS offre un abri sûr, le navire resta à quai jusqu’au 14.Ce séjour, plus prolongé que le programme ne le comportait, nous permit cependant de goûter un peu plus longtemps la charmante hospitalité de nos hôtes et de leur faire, en retour, prendre un contact plus intime avec la Gaspésie.Le soir même de notre arrivée, le commandant recevait Monseigneur Ross à un dîner intime ; le lendemain, c’était une réception plus officielle, celle de la population canadienne-française de Gaspé à la mission scientifique.Du discours du Commandant Beaugé en réponse à la bienvenue que lui souhaitait Mgr Ross, nous avons retenu surtout la comparaison entre les goélettes à voiles de Jacques Cartier traversant l’Atlantique il y a 400 ans et le navire tout moderne que M.Beaugé nous amenait.La chose ne manquait pas de piquant.Pour faire connaître un peu la Gaspésie à nos visiteurs, on organisa deux excursions, l’une au congélateur à boette du Service des Pêcheries maritimes à Rivière-au-Renard et l’autre aux établissements de pisciculture de saumon et de truite de la rivière York, près de Gaspé.Nos visiteurs ont porté un grand intérêt à la visite du congélateur à boette, et n’ont pas été peu surpris d’apprendre que le gouvernement provincial non seulement avait défrayé seul le coût de construction et d’aménagement de cet entrepôt mais encore achetait le hareng au printemps, l’y congelait et le conservait à ses frais pour le distribuer gratuitement aux pêcheurs au fur et à mesure qu’ils en ont besoin.Le voyage de retour se fit par le littoral et le chemin de la Rancelle.L’on traversa ainsi les paroisses de l’Anse-au-Grifîon, du Cap-des-Rosiers et du Cap-aux-Os, et nos hôtes purent prendre contact avec notre population maritime et croquer nos pêcheurs sur le vif.A l’autre excursion, nous sommes arrivés juste en temps pour assister à la ponte artificielle et à la collection des œufs de truite, et nous avons pu faire admirer notre saumon de Gaspé retenu en captivité.Le 14 octobre, le navire repartit pour la France.Chemin faisant, il fit du travail aux environs de l’Anticosti et en face de la Côte Nord, fit escale à St-Pierre et rentra enfin à son port d’attache vers la mi-novembre. UNE CROISIÈRE D’OCÉANOGRAPHIE 973 Le navire et le personnel scientifique Avant d’en venir à une description détaillée et à l’analyse du travail scientifique accompli durant ce court voyage dans le Golfe, il ne serait pas mauvais de donner une description du navire employé et de présenter le groupe de savants qui ont accompli ce travail.Ce navire, en effet, est le plus parfait du genre que nous connaissions.Il a été construit pour l’Office des Pêches maritimes de France et porte le nom de son président, le Président Théodore Tissier.Il est affecté aux recherches océanographiques, hydrographiques, biologiques et techniques mêmes qui peuvent aider au développement de la pêche maritime de France.C’est une belle unité de la marine française, navire de 192 pds de longueur, de 29 de largeur et de 22 de profondeur.Il a un tirant d’eau de 16 pieds, jauge 1240 tonnes et fait du 11 nœuds à l’heure avec une force motrice de 800 chevaux.Commencé à la fin de l’année 1932, il prit la mer à l’automne de 1933 et fit sa première traversée de l’Atlantique, de continent à continent, en septembre 1934.Sa forme est celle d’un gros chalutier ; cependant pour donner le logement nécessaire à l’équipe scientifique du bord, le pont principal a été surélevé, ce qui a permis l’aménagement d’un entrepont au-dessus de la cale.Cet entrepont est divisé en cinq compartiments.Le compartiment d’avant sert de logement à l’équipage, le deuxième est la salle où l’on travaille le poisson, le troisième est consacré au personnel de la mission.En plus des cabines, il contient une chambre noire pour photographie et deux magasins-laboratoires.Sur le pont principal, il y a d’abord un laboratoire et la cabine du chef de la mission, puis le carré du personnel scientifique.Ce carré sert de salon, de salle de travail en commun, de réfectoire, etc.Le pont supérieur comprend la chambre de navigation, la chambre de garde, la chambre de T.S.F.et les quartiers du commandant.L’outillage scientifique et technique de ce navire a été étudié avec soin et monté pour permettre de faire face aux multiples genres de travail qui se présentent dans les croisières de recherches scientifiques.Pour ne pas faire d’erreur, nous emprunterons les renseignements qui suivent à la description même qu’en donne la Revue des Travaux de l’Office des Pêches maritimes de France. 974 LE CANADA FRANÇAIS a) Outillage de navigation.— L’outillage de navigation est disposé dans la chambre de veille et la timonerie.En plus d’un compas gyroscopique Sperry et d’un radio-goniomètre à cadre, à spires libres, type G.M.4, le bâtiment possède un traceur de route et un loch du système Battle ainsi qu’un indicateur du nombre de tours et du sens de rotation des machines.Il faut ajouter un nouvel appareil, de découverte récente, un radio-compas stroboscopique à lecture directe, du système Hardy-Lepaute.Pour permettre au navire de travailler même par temps de brumes avec une position précise, le bateau transporte à son bord une bouée radio-phare émettant automatiquement des signaux qui sont enregistrés et dont la direction est relevée à l’aide de goniomètres ; quand la bouée est mouillée sur les fonds à étudier, cet appareil permet un travail continu au point de vue hydrographique, notamment même dans les circonstances les plus défavorables par suite de l’absence de visibilité.Le complément indispensable à l’outillage de navigation est une excellente organisation des postes de T.S.F.L’installation de télégraphie sans fil du navire de l’Office a été mise au point en vue de recevoir et d’émettre des ondes dans tout l’Atlantique Nord, c’est-à-dire dans l’ensemble de la zone où s’effectueront les études l.b) Outillage hydrographique.— L’établissement de cartes de pêche et l’étude méthodique de certaines régions sous-marines fréquentées par les chalutiers, comme les bords du plateau continental nécessitaient une installation particulièrement adaptée aux recherches hydrographiques ; les deux grandes méthodes de détection au point de vue sondage, soit par le son (méthode Marti), soit par l’ultra-son (méthode Langevin-Florisson), ont été combinées de telle sorte que l’ensemble des appareils constitue une véritable station de sondage où les deux techniques sont utilisées simultanément, ce qui permet une comparaison constante des données obtenues.Le sondeur U.S.est conjugué avec les deux types du système Marti : sondage au marteau pour les faibles profondeurs, sondage par coups de fusil pour les profondeurs plus grandes.Deux enregistreurs inscrivent conjointement, d’une façon continue, les brassiages relevés par les divers procédés ; de plus, un appareil optique Thouly, placé dans la chambre de veille, permet, à tous moments, d’utiliser le sondeur U.S.pour les besoins immédiats de la navigation.La mise au point de cette station de sondage a été faite par MM.Marti et Florisson, tout spécialement pour le navire de l’Office, la Compagnie Radio-Maritime se chargeant de son exécution.On peut rattacher directement aux recherches hydrographiques l’étude des courants sous-marins.L’outillage pour ce genre d’observations comprend : trois mesureurs de courants Idrac 1.Du golfe St-Laurent et même du quai de Gaspé, le sans-filiste a communiqué avec la tour Eiffel, et chaque jour, vers les 11 h.de la matinée, nous avions les nouvelles d’Europe directement de Paris. UNE CROISIÈRE D’OCEANOGRAPHIE 975 avec enregistrement photographique, deux courantomètres d’EjKMAN avec enregistrement par billes et deux autres appareils d’un type nouveau, récemment mis au point par M.Hantjens, armateur.Cet ensemble d'enregistreurs de courants permet de relever le régime des mouvements d’eau, soit dans une zone étendue sur le fond, soit dans une zone plus restreinte, mais à diverses profondeurs.c) Outillage océanographique.— L’outillage océanographique est conforme à celui utilisé sur tous les navires de recherches étrangers où les divers appareils ont déjà fait leurs preuves : le type de bouteilles à renversement adopté est la double bouteille Nansen à double thermomètre (type Franz-Schmidt) ; des observations rapides de surface ou à de faibles profondeurs, sans prélèvement d’échantillon d’eau, peuvent être effectuées à l’aide des petits thermomètres de pêche Bergen-Nautik.L’analyse des échantillons d’eau recueillis peut avoir lieu à bord du navire, dans une des annexes du laboratoire, soit par la méthode Knudsen par comparaison avec l’eau normale du laboratoire de Copenhague, soit en employant les méthodes physiques avec deux réfractomètres de modèles différents.Les recherches planctoniques sont assurées par la collection d’échantillons à l’aide de filets de types variés, soit du type Hensen, soit du type Johs, Schmidt.La récolte d’échantillons de fond peut être pratiquée avec des collecteurs du type G.G.J.Pettersen d’un mètre carré d’ouverture.Comme autres appareils présents à bord, il convient aussi de citer l’indicateur de plancton Hardy, le collecteur de surface Lumby, l’indicateur de dérive Carruther, ainsi que la règle océanographique du Dr Sund.d) Outillage de Laboratoire.— En plus des divers appareils d’analyse des échantillons d’eau mentionnés ci-dessus, le laboratoire du navire de recherches comporte un outillage optique très complet avec des loupes binoculaires et des microscopes de divers types.On peut citer spécialement, parmi ceux-ci, le nouveau microscope Metaphot qui permet à plusieurs personnes d’examiner simultanément les échantillons placés sous l’oculaire par projections sur une lame de verre dépoli.En outre, ce laboratoire est doté d’une installation de microphotographie immédiate.e) Outillage de pêche.— Le but des recherches techniques du navire exige un outillage de pêche des plus complets.Il est certain que cette unité ne travaillera jamais comme un bâtiment de pêche commercial et qu’il n’y a pas lieu d’envisager la capture rapide d’énormes quantités de poissons, mais il faut que les techniciens embarqués puissent se rendre compte de la valeur d’un fond de pêche et de sa richesse par une sorte d’échantillonnage de la faune ichthyologique.Le navire de l’Office peut donc chaluter sur les fonds étudiés, mais au lieu d’employer un train de chaluts qui correspondrait exactement à sa taille, il utilise un train de taille moindre, à savoir des chaluts de 28 mètres d’ouverture du type Vigneron-Dahl : des funes de 2,000 mètres de longueur permettent de travailler aisément jusque vers 600 mètres de profondeur 976 LE CANADA FRANÇAIS sur les bords du plateau continental.A l’aide du treuil auxiliaire, placé à l'arrière, il sera possible de manœuvrer plus profondément encore, jusque vers 2,000 mètres, de petites dragues ou de petits chaluts à étriers ; ces mêmes engins peuvent être utilisés dans la zone côtière grâce aux annexes du navire.Le pinasse peut de même faire des essais de pêche sardinière au bolinche spécialement construit à cet effet.Des lignes pour le thon, la morue, le maquereau, des sennes de diverses dimensions complètent l’outillage de pêche.f) Outillage frigorifique.— C’est dans la salle de travail du poisson qu’est placé l’appareil congélateur qui permet en cours de croisière de faire des expériences techniques de frigorification.Il est, en effet, de première importance d’effectuer certaines mises au point concernant les méthodes de conservation par le froid à bord même du navire, notamment pour examiner comment se comportent certaines espèces de poissons qui n’ont pas été étudiées à ce point de vue.L’appareil du navire de recherches est un congélateur type Sacip, d’une puissance de 100 kilos-heure ; il permet la congélation du poisson dans une saumure refroidie à -20°.Le poisson ainsi préparé est conservé en chambre froide.A l’aide des thermomètres enregistreurs, on peut suivre avec précision les fluctuations de température pendant le stokage du poisson conservé.Cette description peut donner une idée exacte de la perfection à laquelle on a visé dans la construction et l’outillage de ce bateau.Un détail en finissant pour monter jusqu’à quel point l’on a poussé le souci de la perfection et du confort.Aux compresseurs de l’appareil frigorifique est adapté un frigorigène qui permet dans les climats équatoriaux d’envoyer un courant d’air froid dans les principaux locaux du navire, salles de travail et cabines.Pendant notre croisière,— octobre 1934,— l’appareil frigorigène était fermé cependant, et les radiateurs suffisaient à peine à maintenir une bonne température partout.Un total de 30 personnes compose l’équipage du navire.Ce personnel se divise en trois groupes : la mission scientifique, le corps d’officiers et les matelots d’équipage.Le Commandant Beaugé, chef de la mission scientifique, est en même temps commandant du bateau ; ceci requiert chez lui une double compétence, celle du navigateur et celle du savant.Il les a, et nous ne pouvons résister au désir de citer le témoignage de son chef, M.Le Danois, le directeur de l’Office des Pêches maritimes : Les deux qualités demandées d’homme de science et de navigateur se trouvent assez rarement réunies dans un même homme, UNE CROISIÈRE D’OCÉANOGRAPHIE 977 mais dans le cas actuel, l’Office des Pêches possède dans son personnel propre la personnalité qui répond à cette double exigence.Le Commandant Beaugé, capitaine de frégate de réserve, effectue depuis six années une mission scientifique dans l’Atlantique septentrional (Bancs de Terre-Neuve, Groenland, Côte Mourmane, etc.).Ces missions l’ont entraîné à se spécialiser dans la science hydrologique, et il a notamment mis au point les variations périodiques des transgressions océaniques dans l’Atlantique occidental et la valeur de leurs répercussions sur les campagnes de pêche ; aussi a-t-il sa place toute désignée pour devenir le Commandant du navire de recherches de l’Office.Le Commandant Beaugé est bien connu dans le monde scientifique de la pêche, et, de ce premier contact personnel avec lui, nous gardons l’impression bien nette d’avoir rencontré un homme à la science la plus solide : celle des livres mais confirmée et réajustée par l’expérience.Le Commandant avait un ami de cœur, un camarade d’école avec lui, le Commandant J.Cochin, capitaine de frégate de réserve.Ce dernier est le fils d’un ministre de France, Denis Cochin, qui a laissé un bon souvenir là-bas et jusque chez nous dans les lettres autant que dans la politique.Le Commandant Cochin était à bord à titre d’invité, mais, plus d’une fois, nous l’avons vu aider à la besogne en mettant à la disposition de la mission et ses études et sa longue expérience dans la marine de guerre et dans la navigation.Par ordre de rang, venait ensuite Gérard Belloc, licencié ès sciences.Ce dernier a fait toute la guerre et occupe le poste de directeur du laboratoire de l’Office des Pêches maritimes à La Rochelle.Puis Pierre Desbrosses, licencié ès sciences lui aussi et directeur du laboratoire de l’Office à Lorient, et enfin E.Priol, préparateur au laboratoire de Boulogne-sur-mer.Faisaient aussi partie de la mission MM.Weill, professeur à la Sorbonne, et De Morsier, de l’Institut de géographie, et cartographe de la mission.Ce dernier était le plus jeune du groupe ; il n’avait que 27 ans.Enfin et pour le temps de la croisière dans le Golfe seulement, l’auteur du présent travail.Le travail accompli Le Président Théodore Tissier a comme mission de parcourir les eaux que fréquentent les pêcheurs français.De ce côté-ci de l’Atlantique, sur les bancs de Terreneuve en particulier, 978 LE CANADA FRANÇAIS le travail de la mission scientifique du bord consiste à faire ou refaire au besoin la carte des fonds de pêche et à étudier et suivre les migrations de la morue afin de guider les pêcheurs.Dans ses croisières, le navire se rend jusqu’en Islande et même au Groenland.Cette année, venu d’abord à Halifax pour la convention du Conseil international des Pêcheries de l’Atlantique Nord, il était retourné sur les Grands Bancs pour entrer ensuite dans le Golfe et y faire les recherches projetées.Le premier jour, il fut impossible de faire aucun ouvrage, mais les jours suivants, le travail fut plus aisé, de même qu’après l’escale à Gaspé.L’on explora les bancs des îles de la Madeleine, celui des Orphelins et le banc de terre de l’île Bonaventure.De plus, en entrant dans la baie de Gaspé, le Commandant nous donna, au sondeur Marti, la coupe en profondeur de la fosse qui se trouve juste au pied du cap de la Vieille.L’on ne doit pas s’attendre à trouver ici un rapport bien complet et bien compliqué.La mission, par ces explorations dans nos eaux, faisait du travail à titre bénévole, et le Commandant ne recherchait que la confirmation de certaines donnés connues mais non encore vérifiées sur le mouvement des eaux au sein même de notre golfe.Le nombre de stations faites par le navire dans ces régions a été de 10.Elles portent les numéros allant de 321 à 330 inclusivement dans le catalogue général des stations qui s’échelonnent de North Sydney à St-Pierre et Miquelon, le dernier point d’escale du navire de ce côté-ci de l’océan.Pour l’avantage de ceux qui sont familiers avec le travail d’océanographie, nous condensons en quatre petits tableaux le travail accompli à chaque endroit.Selon les conventions acceptées dans le monde scientifique international, la profondeur est donnée en mètres, la température en degrés Centigrade et la salinité en parties par mille. UNE CROISIÈRE D’OCÉANOGRAPHIE 979 I.Liste des stations visitées dans les eaux de la province de Québec No des stations Latitude Longitude Profondeur Situation 321 47.05° 62 41° 70 mètres Sud des îles de la Madeleioe 322 47.30° 63 08° 48 Ouest des îles de la Made- leine 323 48.00° 63 37° 80 Banc des Orphelins 324 48.23° 63 30° 110 Banc des Orphelins-Nord 325 48.44° 64 12° 72 “ A u large de l’île Bonaven- ture 326 49 02° 63 31° 350 Ouest de la partie sud d’Anticosti 327 48.57° 61 39° 102 Sud de l’île d'Anticosti 328 49 25° 61 10° 250 Est de South Point, île d’Anticosti 329 49 47° 60 03° 90 En ligne Sud, droit au large de Cap Whittle 330 50 17° 59 23° 181 Au large de Harrington II.Relevés HYDROLOGIQUES Station Date Profondeur Température Salinité 321 10 oct.10 mètres 9.5° 29 52 P.P.M 17 b.30 40 44 -0 3° 31 53 60 “ -1.0” 31 65 322 10 oct.10 44 8.8° 29.70 21 h.40 44 5.9° 30.34 323 11 oct.10 44 8.4° 29.81 2 h.50 “ -0.5° 32 30 70 44 -0.4° 32.38 324 11 oct.10 “ 4.5° 31 09 6 h.25 “ 4.6° i* 50 44 4.7°
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