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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Le R. P. Arthème Dutilly, O.M.I., naturaliste des missions de l'Arctique
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1936-09, Collections de BAnQ.

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Sciences et Missions LE R.P.ARTHÈME DUT1LLY, O.M.I., NATURALISTE DES MISSIONS DE L’ARCTIQUE Le Souverain Pontife actuellement régnant, Pie XI, est appelé, comme on le sait, le Pape des missions.Et ce titre convient admirablement à celui que la Providence a placé à la tête de l’Église catholique.Sous son glorieux pontificat, en effet, les missions auront connu une ère de progrès et d’incontestable prospérité.La foi s’implante là où auparavant elle était tout à fait ignorée ; elle brille de feux plus ardents dans les régions déjà évangélisées.Les missionnaires eux-mêmes subissent nécessairement cet élan vigoureux qui leur vient du Vatican.Leur nombre s’accroît ; leurs moyens d’apostolat se font plus efficaces ; leur préparation apostolique est plus à la page, elle est plus adaptée que jamais aux besoins multiples et si variés des missionnaires.Pie XI veut que la lumière de l’Évangile brille au sein des plus profondes ténèbres du paganisme ; mais il veut aussi que les apôtres chargés de l’allumer, cette lumière, ne soient pas inférieurs aux ministres de l’erreur et à l’élite intellectuelle du monde païen civilisé.Les missionnaires devront être avant tout, cela se conçoit sans peine, des âmes intérieures préoccupés surtout de la fondation d’églises et de l’avènement du royaume de Dieu.Mais le désir du Pape est qu’on porte également son attention sur d’autres objets nullement négligeables en ce siècle de sciences et de progrès.Pie XI souhaite qu’on s’occupe aussi des missions au point de vue scientifique, et que des travaux soient entrepris en ce domaine, qui fassent honneur à la grande civilisatrice qu’est l’Église catholique.C’est en plusieurs circonstances que le Souverain Pontife a manifesté ses désirs en ce sens.Dans une de ses nombreuses et toujours actuelles encycliques, Rerum Ecclesiœ (28 février 1926), le Saint-Père traite de ce sujet des missions catholiques.Il R.P.ARTHÈME DUTILLY, O.M.I.61 dit les motifs qui l’ont incité à entreprendre l’exposition missionnaire du Vatican et à fonder le musée permanent du Latran.Le 24 décembre 1927, dans un discours qu’elle donna dans la salle du Consistoire, à l’occasion de Noël, Sa Sainteté fit allusion à ce musée du Latran : Ce musée est une grande espérance pour l’avenir des missions.Une grande espérance, oui, même pour le bien immédiat des missionnaires et de leur oeuvre, car, à travers ce grand livre ouvert et étalé dans sa splendide lumière du Latran, ils pourront lire et apprendre tant de choses utiles et se mettre, ici même, en contact avec ces peuples, avec ces pays, avec ces civilisations, avec ces mœurs, avec ces courants d’idées et ces usages parmi lesquels ils sont destinés à porter le message du divin Évangile.Ces désirs du Pape des missions ont été partout recueillis et respectueusement écoutés.Dans certains milieux, l’on s’est efforcé de les exécuter à la lettre, dans un esprit d’obéissance et de dévouement à l’Église catholique, dont on ne voudrait nullement qu’on dise, — ce serait du reste pure calomnie, — qu’elle est arriérée, qu’elle boude le progrès des sciences modernes.Au Canada, des Vicaires apostoliques ont tenu à réaliser ces vœux du Chef suprême.Et heureusement il s’est trouvé au sein de leur famille religieuse un jeune naturaliste canadien doué des meilleures aptitudes et muni de la préparation technique requise, auquel ils voulurent confier une mission scientifique dans leurs territoires respectifs.C’est ainsi que le Père Arthème Dutilly, O.M.I., accédant à la demande qui lui était faite par S.Ex.Mgr Turquetil, O.M.I., entreprit en 1933, au cours des vacances d’été, une expédition des plus rudes et des plus hardies dans le vicariat de la baie d’Hudson.Cette expédition1 dura quelques mois, pendant lesquels le jeune religieux mit à profit son sens pratique et d’observation, son esprit chercheur et son érudition en histoire naturelle.La vie à bord du Pie XI, c’est le nom de la goélette de Mgr Turquetil, fut féconde en incidents de toutes sortes, les uns agréables et intéressants, les autres pleins de dangers et d’aléas.Comme membre régulier de l’équipage, le P.Dutilly eut à faire son quart à la roue, le jour comme la nuit, 1.Récit documentaire de l’expédition de 1933 : tLe Pie XI des Et- quimaux.» 62 LE CANADA FRANÇAIS beau temps, mauvais temps.Il installa sur le bateau et fit fonctionner un appareil d’urgence de T.S.F., jouant ainsi le rôle de sans-filiste.Le Père rapporta du Labrador et de la baie d’Hudson des spécimens des sols les plus rudimentaires de ces contrées désertiques.Il en fit, dans la suite, l’analyse chimique et bactériologique, montrant la quasi impossibilité de la culture dans la région de Chesterfield Inlet.En même temps, il herborisait.Comme résultat de ses recherches, un magnifique herbier fut constitué des plantes les plus spécifiques de la côte du Labrador et des rives de la baie d’Hudson.Il l’envoya à ses Supérieurs religieux, à Rome.Ceux-ci jugèrent bon de l’offrir au Saint-Père.Le Pape fut enchanté, enthousiasmé de cet herbier des missions.Il l’examina soigneusement, dans le détail, et dit au R.P.Desnoyers, O.M.I., assistant-général, qui le lui avait présenté : Je veux faire parvenir moi-même au musée du Latran cet objet si précieux.Il faut remercier Mgr Turquetil pour un si beau cadeau.Dites-lui combien le Pape est content de cette nouvelle contribution à la cause des missions.Je le bénis avec son compagnon (le Père Dutilly).Le Père Dutilly fit, en 1934, une deuxième et non moins fructueuse expédition scientifique, au bénéfice, cette fois, des missions de S.E.Mgr Breynat, O.M.I., vicaire apostolique du Mackenzie, et à titre d’envoyé spécial du ministère fédéral d’Agriculture.Parti de Montréal au début de juin, il fut de retour vers la mi-septembre.Ce voyage d’exploration, plus long mais moins dur et plus varié que le premier, s’effectua dans des conditions assez difficiles, par les voies de terre, des eaux et de l’air.Le 4 juin, le courageux Oblat quittait Montréal pour Edmonton, et, de là, il poussait jusqu’à 300 milles plus au nord, à Waterways.Cette distance franchie en chemin de fer, il descend le fleuve Mackenzie dans toute sa longueur jusqu’à son delta.A Aklavik, il s’embarque sur le Notre-Dame de Lourdes, bateau de Mission de Mgr Breynat, et pendant un mois sillonne la mer glaciale.Sur ce bateau aussi, il installe un appareil de T.S.F.et il agit lui-même comme opérateur du sans-fil, mettant ainsi Mgr Breynat en mesure de recevoir, chaque soir, par Aklavik, les résultats de l’expédition.Il passe une semaine sur l’île Hershell, à quelque cinquante R.P.ARTHÈME DüTILLY, O.M.I.63 milles au nord du Yukon, île célèbre par ses baleiniers (vers 1896), et reprend la direction de l’est, jusqu’à Coppermine.De cet endroit, il se rend à pied, en pèlerinage, à Blody Falls, où les Pères Rouvières et Le Roux, missionnaires oblats, ont été tués et dévorés par les Esquimaux, en 1913 2.Son voyage de retour, de Coppermine à Fort Smith se fit par la route des airs en plusieurs étapes.Le P.Dutilly a donc parcouru tout le vicariat apostolique du Mackenzie au cours de cette expédition, dont le but principal était de constater les possibilités d’établir plus au nord, jusqu’à l’océan glacial arctique, de nouvelles stations agricoles.Il a visité les stations expérimentales de Fort Smith, de Fort Résolution, de Fort Providence, de Fort Simpson, lesquelles sont les propriétés des Pères Oblats, mais toutes légèrement subventionnées par le gouvernement fédéral.Il s’arrêta à plusieurs autres postes moins importants ; il se rendit au Grand Lac de l’Ours, dans un district très riche en mines d’argent et de radium ; il visita également les mines du lac Ottah, du lac Athabaska et du lac des Esclaves, les dépôts de sable d’asphalte de McMurray, etc., etc.De son deuxième voyage et de sa croisière sur l’océan Arctique, le P.Dutilly rapporta des spécimens des sols de ces régions polaires, dont il fit plus tard l’analyse chimique ; il rapporta aussi du charbon du Mackenzie, du minerai de pitchblende, etc.Et surtout il herborisa, tout comme l’année précédente.Il est revenu, en effet, avec près de 4.000 plantes, qu’il a réparties en 350 espèces, 80 genres et 48 familles distinctes et bien comptées.Collection considérable, comme on le voit, et qui a bien son intérêt et sa valeur scientifiques.La Canadian Actic Expedition (1913-1918), organisée au compte et aux frais du gouvernement fédéral, ne fait mention, dans son rapport sur les vasculaires de MM.James Macoun et Théo.Holm, que de 39 familles : ce qui semblerait indiquer un résultat inférieur à celui du P.Dutilly.Les herborisateurs de profession savent tout ce qu’il en coûte d’efforts, d’heures de travail, de courses à pied, de fatigues et d’énergie, pour accumuler une aussi grande quantité de spécimens.Tout cela est compensé sans doute par la joie de la découverte et par l’amour du métier.Il faut courir à la recherche des plantes, les cueillir, inscrire le temps 2.Récit du pèlerinage au lieu du Massacre : « Missions des Oblats.» 64 LE CANADA FRANÇAIS et le lieu de la récolte, les degrés de latitude et de longitude, etc., l’eadroit où on les a trouvées puis il y a le pressage et le séchage, la mise en herbier, qui suppose un long et monotone labeur.C’est à Ottawa, au Scolasticat Saint-Joseph, que le P.Dutilly est allé mettre la dernière main à son oeuvre scientifique.Le musée Victoria était le centre tout désigné pour ses travaux d’identification et de classification des plantes.Il y reçut le meilleur accueil des autorités du Musée.Une collection des espèces les plus représentat ives, destinée au musée pontifical du Latran, est allée, en 1935, rejoindre le magnifique herbier des Missions offert au Souverain Pontife en 1934.Une autre collection restera au Scolasticat Saint-Joseph des Oblats, à Ottawa ; une troisième fut déposée au Scolasticat des Oblats, à Richelieu ; une quatrième enfin prit la route de Boston, où une place lui est réservée à l’université de Harvard.Au cours de ses deux expéditions-croisières scientifiques, le P.Dutilly a franchi une distance de plus de 8.000 milles.Il est le premier Canadien français qui ait herborisé sur une aussi vaste étendue de son pays (la carte ci-contre l’atteste évidemment) : de l’extrême Est à l’extrême Ouest, au nord du 52e degré de longitude ; le long du Labrador, de Battle Harbour à Chidley ; le long de la baie d’Hudson, de Churchill à Chesterfield ; sur les bords du fleuve Mackenzie, de Mc Murray à Aklavik ; dans le cercle arctique, de l’Ile Hershell à la tête du Labrador, en passant par Horton River, Letty Harbour, Bernard Harbour, Coppermine.Le P.Dutilly est natif de Saint-Hyacinthe.Il fit ses études classiques à l’Université d’Ottawa, dont les programmes convenaient à ses aptitudes et à ses goûts pour les sciences naturelles.Il en sortit avec son B.A.Il suivit les cours réguliers de philosophie et de théologie au scolasticat Saint-Joseph d’Ottawa.Après sa prêtrise, ses Supérieurs durent l’envoyer refaire sa santé dans la Saskatchewan ; il passa huit année au Collège de Gravelbourg.Il y professa trois ans la philosophie scolastique, puis fut chargé de l’enseignement des sciences élémentaires de botanique, de zoologie et de chimie.Pendant six ans, il présida à l’organisation et à la direction des cours comme préfet des Études.Entre temps, il faisait un double stage à l’Université de Saskatoon pour y parfaire ses connaissances en chimie et en biologie. gz~ v’ ^38flis !•¦ V
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