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Titre :
Le Canada-français /
Revue de l'Université Laval qui traite de philosophie, de théologie, de questions sociales, de linguistique, d'arts et de littérature.
Éditeur :
  • Québec :Université Laval,1888-1946
Contenu spécifique :
Les services du "voyageur"
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Parler français ,
  • Nouvelle-France
  • Successeurs :
  • Bulletin du parler français ,
  • Nouvelle-France ,
  • Revue de l'Université Laval
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Le Canada-français /, 1942-02, Collections de BAnQ.

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LES SERVICES DE “VOYAGEUR” Avant de passer à ce que je veux particulièrement considérer, c’est-à-dire l’influence durable du Voyageur au point de vue catholique et français, je voudrais consacrer quelques lignes de mon modeste travail aux services qu’il a rendus à la patrie canadienne.Je ne parlerai pas longuement de sou apport au cours des guerres qui se sont déroulées durant le cours de son existence.Durant la révolution américaine, le voyageur semble avoir été employé tantôt par les Américains, tantôt par les Anglais et leur valut l’amitié des sauvages.Guillaume LaMothe, Jean-Marie Ducharine, Augustin Rocque sont des noms connus de Canadiens qui rendirent des services éminents.Ils furent généralement accompagnés de voyageurs dans leurs expéditions.Lors de la guerre américaine de 1812, les Voyageurs servirent avec distinction.A l’automne de 1812, la Cie N.-O.ayant offert ses engagés pour servir dans les armées du roi, on forma le « Corps des Voyageurs Canadiens » avec un uniforme qui se rapprochait du costume traditionnel des Voyageurs.On peut imaginer combien la discipline militaire devait peser à ces pauvres gueux qui n’avaient de richesse que leur liberté.Ils étaient accoutumés d’ailleurs à une certaine familiarité de bonne aloi avec leurs bourgeois et transportèrent le tout dans les rangs de leurs bataillons, à la grande détresse des officiers réguliers.Joseph McGilli-vray, fils de William, vieux traiteur et officier en charge, nous a laissé une peinture du Voyageur soldat qui est probablement très fidèle: Il était impossible de leur faire accepter la discipline du code militaire.Les Voyageurs arrivaient aux revues et exercices en retard, la pipe à la bouche et portant, piqué au bout de leur baïonnette, leur ration de viande et de pain.Ils fumaient incessamment.En voyant passer l’officier devant eux, ils enlevaient leur chapeau, faisaient une révérence et disaient: « Bonjour mon général ».et si par malheur ils connaissaient l’individu ajoutaient: « Comment est madame ce matin .et les enfants ?» Le Canada Français, Québec, Vol.XXIX, No 6, février 1942. 432 LE CANADA FRANÇAIS Ils parlaient constamment, se taquinaient, se traitaient de « mangeurs de lard )) et même sortaient des rangs pour prier l’officier de se presser de terminer l’exercice.« Malgré ces particularités, leur connaissance du pays et leur admirable endurance firent qu’ils rendirent de très grands services.On a prétendu qu’il y avait au moins 3,000 voyageurs engagés dans les rangs de l’armée canadienne.Ce furent eux qui prirent d’assaut le poste de Michillimakina, celui de Prairie du Chien et en général ils conservèrent à la couronne toute la région de leur habitat.C’est encore comme instruments indispensables des découvertes et inséparables compagnons des découvreurs attitrés que nos Voyageurs ont bien mérité de la patrie.Sans eux la patrie canadienne ne serait pas ce qu’elle est, pas aussi vaste ni aussi riche car ce furent eux qui assurèrent l’avantage de première occupation à ceux du pays.Non seulement les explorateurs s’en rapportèrent à leur expertise et leur manière de traiter avec les sauvages, mais il est clair qu’en bien des cas les Voyageurs ont été les premiers à pénétrer dans des endroits jusqu’alors inconnus.Le Père De Smedt, célèbre missionnaire et découvreur,en trouva un vivant seul au sein des Rocheuses et le missionnaire de s’exclamer: « Est-il un endroit où ces Canadiens n’ont pas pénétré ! » Chose certaine, c’est que sans eux le travail de découverte n’eût pas été possible ! Ils avaient rendu un service à peu près identique au temps des Français comme compagnons de Radisson, de la Vérendrye, de du Luth, de St-Pierre, de la Salle, de Nicolas Perrot et autres.Sous le régime anglais ce furent eux qui accompagnèrent Peter Pond dans la région d’Athabaska et la célèbre carte de l’Ouest faite par Pond a été tracée, dit-on, d’après les renseignements fournis par les Voyageurs eux-mêmes.Sir Alexander McKenzie en 1789 et 1793, fit deux voyages de découverte, qui le rendirent célèbre et lui valurent un baronnet et il y a bien peu de monde qui s’arrêtent à songer aux pauvres Voyageurs sans lesquels ces découvertes eussent été impossibles.Le deuxième voyage de McKenzie fut si difficile que le récit en semble à peu près invraisemblable.Je ne sais combien de fois le canot se brisa et comment les Voyageurs échappèrent à la mort.Les sauvages de la Colombie étaient loin d’être Le Canada Français, Québec, Vol.XXIX, No 6, février 1942. LES SERVICES DU VOYAGEUR 433 sympathiques et il fallut tout le doigté des \ oyageurs pour en venir à bout.Dix-neuf voyageurs, avec Jules-Marie Quesnel, accompagnèrent Fraser alors qu’il découvrait en 1808 la rivière qui porte son nom.Ici encore les Voyageurs eurent à souffrir des peines inouïes, car il fallait avancer au fond des ravins et des gorges où on ne pouvait faire aucun portage.Il fallut parfois hisser hommes et bagage le long de la paroi des rochers.Le récit est une longue suite d événements imprévus qui vous font dresser les cheveux.Quinze voyageurs accompagnaient Sir John Franklin lors de son premier voyage au Pôle Nord.Dès les débuts on manqua de vivres et il fallut durant l’hiver refaire deux voyages de 1,000 milles pour se ravitailler.Au printemps on s’aventura de nouveau et 10 des voyageurs ne revinrent jamais.Ils étaient morts de faim après des scènes effrayantes.En 1829, Sir John Simpson, appelé « le petit empereur » de la fourrure, se mit en route de la Baie d’Hudson avec 18 voyageurs.Il est connu pour sa dureté envers les hommes et ses exigences.Nous le suivons à Norway House, puis à l’embouchure de la Saskatchewan, puis à l’Isle à la Crosse aux fort Chepewayan, à la Rivière la Paix.Le 2 septembre il arrivait aux Rocheuses qu’il fallut traverser au sein de difficultés inouies.On avait parcouru cette immense partie du continent en trois mois.Les Voyageurs accompagnèrent encore Dease et Thomas Simpson dans leur voyage au Pôle Nord en 1836 et 1839.Nous les retrouvons partout, inséparables compagnons des hommes de science ou naturalistes comme Joseph Nicollett, des ingénieurs et arpenteurs comme David Thompson; des artistes comme Georges Catlin; des missionnaires comme Mgr Provencher; des hommes d’État comme Selkirk.On a accusé Drummond de nous avoir fait dommage auprès du public anglais.C’est peut-être vrai mais je sais qu’il nous a valu aussi bien des sympathies auprès de ceux qui comprennent qu’il puisse exister un parler populaire, moins académique mais souvent plus réaliste que le parler plus correct.Me permettrez-vous de vous citer le passage que Drummond consacre au Voyageur, et particulièrement au voyageur explorateur et découvreur pour qui le pays n’avait ni secret, ni frontière.C’est un dialogue entre le Le Canada Français, Québec, Vol.XXIX, No 6, février 1942. 434 LE CANADA FRANÇAIS vent du nord et un ancien voyageur: « I see the track of hees botte sauvage, on many a hill and long portage far, far away from hees own village an-soun of de parish-bell.I never can play on de Hudson Bay or mountain dat lie between.But I meet heem sigin’dere, under de star of de red Riviere, an off on de home of de great wi’te bear, iin seein his dogtraineau.If he only kip goin’ de red ceiture, I’d see it upon the Pôle some mornin I’m startin for blowin de worl around.But we’erever he sale an w’erever he ride, de trail is Ion an de trail is wTide, an city and town on every side can tell of hees campin ground.So dats the reason I drink tonight to de man of de grand Nor West, for hees heart was young and hees heart was light.So long as hees leevin dere.Im proud of de sam blood in my vein I’m a son of tde Nor Win wance again.» La traite des fourrures fut toujours l’adversaire plus ou moins déclaré de la colonisation qui non seulement livrait des pays autrefois giboyeux aux colons, mais imposait des habitudes de vie incompatibles avec les us et coutumes des traiteurs.Champlain l’avait remarqué dès 1618 et on ne sait pourquoi les Compagnies n’encouragèrent jamais les établissements permanents en Nouvelle-France.Cependant par unp étrange force des choses, assez fréquente en histoire, les traiteurs furent eux-mêmes les premiers colonisateurs.Le problème du ravitaillement et du transport des marchandises les força à établir des postes le long des routes.Ces endroits se changèrent bientôt en centres fournisseurs de bestiaux et denrées.Ainsi en était-il des postes de la Louisiane établis le long du Mississipi français; ainsi de ceux de Détroit, de Sault Sainte-Marie, de Grand Portage et plus tard de Kaministiquia, le Fort William moderne quand la Cie du N.-O.y transporta ses entrepôts.On sait que la célèbre compagnie de N.-O.avait décidé d’établir une colonie au lac la Pluie où les vieux Voyageurs pussent se retirer et qui pût devenir un centre de ravitaillement, tant pour son personnel que pour les marchandises et les vivres dont elle avait besoin.Le cas de Lord Selkirk est en somme identique.Devenu en 1811 le principal actionnaire de la Compagnie de la Baie Le Canada Français, Québec, Vol.XXIX, No 6, février 1942. LES SERVICES DU VOYAGEUR 435 d’Hudson qui menaçait alors faillite, il proposa l’établissement d’une colonie à la Rivière Rouge, non seulement comme un moyen de secourir les populations nécessiteuses d Irlande et d’Écosse, mais encore comme un auxiliaire à la traite qui pourrait s’y alimenter.On s’est souvent demandé pourquoi Selkirk était si désireux d’y voir s’établir les Voyageurs et leur famille;.la réponse c’est que Selkirk y voyait un moyen—et le seul—de résister à la Cie du N.-O.(c’était d’ailleurs ce qu’avait recommandé Colin Robertson aux officiers supérieurs de la Baie d’Hudson).La présence des voyageurs non seulement devait protéger les colons européens contre les incursions des Sauvages ou les machinations des traiteurs epnemis, mais on pourrait trouver à meilleur compte le personnel requis à la Cie de la Baie d’Hudson.Et voilà probablement la raison principale pour laquelle M.Provencher fut appelé à la Rivière Rouge et chargé d’y établir une mission afin d’y grouper les voyageurs et leurs familles.Lord Silkirk établit sa colonie à la Rivière Rouge en 18111812.Il voulut, se basant sur la charte donnée par le roi George en 1670 à la Compagnie de la Baie d’Hdson, exclure du territoire la Cie du N.-O.qui se disait successeur des Français.Une lutte sans pitié s’en suivit.Le sang coula.La colonie fut détruite deux fois et réorganisée deux fois.Quand l’abbé Provencher arriva en 1818 il trouva l’établissement en paix, sous la protection du régiment des Meurons engagés par Lord Selkirk mais le feu couvait sous la cendre.Trois ans plus tard, cependant en 1821, les deux Compagnies étaient amalgamées sous le nom de Compagnie de la Baie d’Hudson et la « guerre du pemmican » ou « pemmican war » comme elle est connue dans les annales du temps, était terminée.L’amalgamation des compagnies en 1821 amena ce qui fut probablement la première crise de chômage dans l’Ouest canadien.En effet là où on avait vu deux forts en opposition on en vit désormais un seul qui absorba toute la traite.Un bon nombre d’employés et de bourgeois se trouvèrent sans emploi.Comme on leur offrait un passage gratuit et des terres à la Rivière Rouge, plusieurs s’y acheminèrent durant les années qui suivirent.Le Canada Fbançais, Québec, Vol.XXIX, No 6, février 1942. 436 LE CANADA FRANÇAIS Combien y avait-il alors de ces anciens voyageurs établis un peu partout à travers le pays, à l’ombre de forts ?Déjà avant les jours de la colonie, Selkirk avait parlé du grand nombre de Canadiens qui pourraient devenir colons: « The great body of Vagabon Canadians.)) Un auteur du temps estimait qu’il y avait avant l’amalgamation des compagnies, plus de 1,500 anciens employés « surnuméraires )> comme on les appelait.En tout cas, quand M.Provencher arriva à la fourche de la Rivière Rouge et de l’Assiniboine en 1818, il n’y trouva que quelques familles établies dans les environs.Le groupe établi à Pembina était plus considérable que celui de la rivière Rouge.Mais dès juillet 1824, Mgr Provencher écrit à Mgr Plessis: « il est arrivé ces jours-ci beaucoup de familles du Nord pour s’établir à la Rivière Rouge » (P.100).Ainsi peu à peu les vieux voyageurs se dirigèrent vers les centres nouveaux qui s’ouvraient.C’était le commencement de la fin.Il fallut leur apprendre de nouveau—ou même simplement leur apprendre—l’art de cultiver la terre, leur imposer des habitudes de régularité.Mgr Provencher s’y mit avec courage et on vit le prélat derrière la charrue, suivant le pas de ses bœufs, se faisant laboureur « le semeur sortit pour semer ».Inconsciemment le Voyageur disparaissait, s’absorbant dans les rangs des « jardiniers » comme il avait appelé avec mépris les colons de Selkirk.Ross historien du temps en vit venir un groupe par la Saskatchewan Il les décrit sans y mettre trop de sympathie.Us étaient pauvres, infirmes et vieillis.L’un était borgne, un autre boîtait terriblement, un troisième avait perdu un pouce de sa main droite.Us demeuraient tous néanmoins aussi fiers, vantards et joyeux que s’ils eussent possédé le Pérou.L’un d’eux, septuagénaire, résumait ainsi sa vie: « Ça fait 50 ans que je suis dans le pays.Pendant 24 ans j’ai été homme de canot.11 me fallait alors bien peu de sommeil, mais souvent j’en ai eu encore moins qu’il m’en fallait.U n’y avait pas de portage trop long pour moi .de fait tous les portages se ressemblent.50 chansons par jour était peu de chose pour moi; je pouvais « paqueter », ramer, chanter et marcher tout le jour.J’ai sauvé la vie d’une dizaine de bourgeois.J’ai eu douze femmes dans le pays, 50 chevaux, et 6 chiens.J’étais comme un bourgeois Le Canada Français, Québec, Vol.XXIX, No 6, février 1942. LES SERVICES DU VOYAGEUR 437 cossu, riche et considéré.Aucun bourgeois n’avait de femme mieux habillées que les miennes, aucun chef indien de meilleurs chevaux, aucun blanc de meilleurs chiens.J’ai battu tous les sauvages à la course et personne ne pouvait me surpasser à la chasse.Aujourd’hui, je n’ai plus que ma chemise.Pourtant s’il fallait recommencer, je n’hésiterais pas à passer encore 50 ans de ma vie dans ce pays.Il n’y a pas de vie aussi heureuse que celle du Voyageur, vive le pays sauvage ! » Les voyageurs, les hommes-libres et leurs enfants connus sous le nom de Métis ou bois-brûlés se groupèrent donc autour des clochers comme l’avaient fait leurs ancêtres du Bas-Canada durant des générations.La Compagnie de la Baie d’Hudson en prenait à leurs foyers une fois les voyages terminés.On leur achetait aussi la viande de buffalo qu’ils rapportaient de leurs célèbres chasses sur les plaines du Dakota.La chasse du printemps et de l’automne était pour plusieurs le seul épisode qui rappelait les gloires d’antan.Puis elle aussi disparut.Et cependant quelques années il y eut encore, çà et là, quelques vieux voyageurs, témoins perdus des jours d’autrefois qui attendaient maintenant la mort au sein d’un monde changeant.Un à un ils s’en allèrent sans qu’on s’en rendit bien compte et le jour vint où les échos des bois et des montagnes ne répétèrent plus les accents joyeux du Voyageur; où les Sauvages, eux-mêmes amoindris et dispersés ne virent plus arriver le canot ami ou la traine bien connue.Les rois du Nord sont passés et avec eux une page de notre histoire qu’aucun Canadien français n’a le droit d’ignorer.Les rois du Nord ne sont plus, mais on ne peut effacer de la vie d’une nation des influences aussi profondes en un clin d’œil.Et durant de nombreuses années encore après sa disparition, le Voyageur, par ses descendants, par les cadres qu’il avait lui-même constitués, par tant de facteurs impondérables, devait continuer à exercer une action prolongée.Il n’entre pas dans le plan de ce modeste travail de vous parler de la nation métisse, fille du Voyageur.Qu’il suffise de dire que la nouvelle comme on l’appelait, eut conscience de son identité et de son individualité de bonne heure, soit vers le tournant du dix-huitième siècle et au début du dix- Le Canada Français, Québec, Vol.XXIX, No 6, février 1942. 438 LE CANADA FRANÇAIS neuvième.James Sutherland raconte qu’il rencontra en 1915 le groupe de Métis que Cuthbert Grant avait galvanisés contre la Baie d’Hudson.Il affirme que les Métis avaient un drapeau rouge, avec la figure d’un huit placé horizontalement.On a d’autres témoignages confirmant de fait.On s’est demandé ce que signifiait cet insigne.Qu’on me permette cette interprétation qui est évidemment sujette à caution.A mon avis ce huit n’en est pas un.C’est tout simplement les deux anneaux d’une chaine ou deux anneaux réunis qui signifient l’union des Français et des sauvages dans la formation d’une race nouvelle.Cette race devait jouer un rôle important plus tard tant par son nombre que par son organisation et ses luttes.Elle existe encore, désormais unie à tous ceux de sang français et de langue française.C’est au sein de nos populations qu'elle se perpétue, conservant encore certaines caractéristiques héritées des vieux Voyageurs.Au sein de nos luttes pour la survivance de la vie française et catholique, nous retrouvons toujours à nos côtés ces vieux Métis et leurs fils aussi fiers et aussi fidèles que leurs pères.J’ai essayé, Mesdames, messieurs, d’exciter votre intérêt à l’endroit d’un type unique de notre histoire nationale, le Voyageur canadien.J’avais ambitionné même de vous dépeindre quelle a été son influence dans tous les domaines.Je m’aperçois qu’après avoir provoqué votre sympathie, je ne puis aller plus loin tellement le sujet est vaste.L’on pourrait par exemple faire tout un travail sur la langue parlée des Voyageurs, les expressions et le vocabulaire qu’ils ont créés et qui sont passés dans la littérature aussi bien anglaise que française du temps ou encore sur ces noms délicieux et pittoresques qu’ils ont si généreusement appliqués aux gens et aux choses qu’ils ont rencontrés au hasard de leur vie vagabonde.Nos rivières et leurs innombrables portages, nos lacs et les plus modestes ruisseaux, nos prairies, nos vallées, nos montagnes: tout, gens, animaux et choses ont été enrichis de leur présence.Et l’influence française, faite de tous ces impondérables en a été grandie.Le poète ancien a parlé de ces hommes choisis qui se passent de main en main le flambeau de la vie quasi cursores, lampada vitae tradunt .Le Canada Français, Québec, Vol.XXIX, No 6, février 1942. LES SERVICES DU VOYAGEUR 439 Ainsi tu m’es apparu, humble voyageur, tel un coureur portant dans tes mains durcies par la misère, le flambeau de notre vie canadienne-française dont tu restes malgré tes imperfections, un type authentique aussi digne d’affection et de respect que d’estime et d’admiration.Antoine D’Eschambault.Le Canada Français, Québec, Vol.XXIX, No 6, février 1942.
de

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