La voix séfarad /, 1 mars 1997, Mars - Avril
fl§l Wafts PER BNQ PUBLICATION DE LA COMMUNAUTE SEPHARADE DU QUEBEC POSTE^MAIL Société canadienne des posies/ Cimdi Post Corporation Pori payé Postage paid Nbre Blk FM - 295 E.T.L.(centre ville) Mtl.MARS - AVRIL 1997 ADAR II - NISSAN 5757 26*”™année - Volume 4 I jBIBLIOTHEQUE NATIONAL DU QUEBEC 125 Sherbrooke 0.(Depot Legal) Montreal Qc H2X 1X4 LA^SORTIE D’ LA CASHEROUT Photographe: Stéphan Poulin BAS-CULOTTE AVEC LYCRA Rien a cacher I LA VOIX SÉPHARADE est une publication de la COMMUNAUTÉ SÉPHARADE DU QUÉBEC 4735, chemin de la Côte Sainte-Catherine Montréal, Québec Canada.H3W 1M1 Tél.: (514) 733-4998 et 733-8696 Télécopieur : (514) 733-3158 Présidente de la Communauté Maryse Ohayon Directeur général James Dahan Rédactrice en chef Perla Serfaty-Garzon Rédactrice en chef associée Suzanne Danino Secretariat de direction Gisèle Azoulay Responsable de la publicité Olga Lecousy Ont collaboré à ce numéro Léo-Paul Dana, Nadjhi Arjona, Mady Anidjar Emmanuelle Assor, Eva Soussana, N.Rassekh, Suzanne Danino, Gisèle Azoulay, Élie Benchétrit, Ruth Bensimon, Nairn Kattan, Joseph Gabay, Elizabeth Perez, Sonia Benghiat, Rabbin Moise Ohana, Yossi Lévy, Solly Lévy, Corinne Bénichou.Révision des articles Gilberte Obadia, OGI Communications enr.Photographies Eric Choukroun, Marc Acoca, Archives Infographie et mise en page Jean-Claude Léon (Quadr'Art enr.) Graphisme page couverture : Info Press-X Impression : Infographie Press-X Expédition postale : Joncas Postes Expert Organismes constituants de la Communauté sépharade du Québec École Maimonide Présidente : Lison Benarroch Centre Communautaire Juif Président : Me David Sultan Communauté sépharade de Laval Président : Elie Azoulay Communauté sépharade de Ville St-Laurent Président : Jean-lsaie Bouhadana Communauté sépharade Hekhal Shalom Président : Armand Ohana Communauté Banlieue Ouest de Montréal Président : Me Gilbert Brisset Association des Juifs iraniens Président : N.Rassekh Centre Hillel francophone Président : Aric Wizman Congrégation Or Hahayim Président : Emile Malka Collège Hillel Président : Claude Tapiéro La Communauté sépharade du Québec est une constituante de la Fédération CJA, Président : Yoine Goldstein La voix sépharade, tirée à 5000 exemplaires, est publiée 5 fois par an.Les exemplaires sont acheminés par voie postale à Montréal, Toronto et dans le reste du Canada, aux Etats-Unis et à l'étranger.Abonnements (lan-5 numéros): Québec 25 $, Canada et à l'étranger: 36 $.ISSN : 0704-5352 Dépôt légal aux bibliothèques nationales du Québec et du Canada.Courrier de 3e classe-Permis FM 395 EDITORIAL DOSSIER î LA CASHEROUT Avant-propos : Loi, enseignement et application La casherout et la raison profonde d'être des mitsvot Vivre pour manger Le Vaad Hair ou Conseil de la communauté juive La casherout : une perspective anthropologique Pour qui sonne le Glatt?NOUVELLES COMMUNAUTAIRES Prestige et continuité Les inscriptions sont ouvertes au Collège Hillel Portraits de jeunes Réflexions communautaires La sortie d'Égypte : une opération toujours en cours MONDE JUIF Prosperous community in Bosnia Palabras oportunas ISRAËL ET MOYEN-ORIENT Le processus de paix après Hébron AFFAIRES SOCIALES Mieux connaître les drogues Drogue : intervenir auprès de l'adolescent Amitié, Amitié.PORTRAIT Samy El Maghribi : L'art et la liturgie se rejoignent NOUVELLES ECONOMIQUES D ISRAEL ETAT-CIVIL ET AIDE JURIDIQUE CARNET LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1 997 LECTURES La casherout et ses problèmes Histoire de la Communauté juive du Canada Développement et tourisme au Maroc Un mot encore.M.Judah Castiel lors du séminaire de réflexion du 17 novembre dernier.Lorsqu'après deux années de travail au sein de l'équipe de La Voix Sépharade, on me proposa d'en assumer la rédaction en chef, je ne désirais ni ne croyais pouvoir remplir cette fonction plus de deux ans, soit le temps d'un mandat.Aujourd'hui, huit ans et demi plus tard, je m'accorde le droit de me retirer et de passer le relais avec le sentiment d'avoir fait un bon bout de chemin avec l'ensemble de notre communauté.Un chemin que vous, lectrices et lecteurs de La Voix Sépharade m'avez aidé à défricher, à tracer, et surtout à CONTINUITÉ ET RENOUVELLEMENT La Voix Sépharade a une histoire, d'autant plus digne d'estime qu'elle s'est faite contre vents et marées, avec des moyens fort limités, et en s'appuyant sur la détermination bénévole de ses journalistes et sur l'énergie des professionnels même de la Communauté.Judah Castiel a assumé la responsabilité de La Voix Sépharade en homme engagé dont on connaît le sens de la convivialité, la mesure et l'érudition, jamais étalée mais pourtant sensible.Et il est beau de se dire que La Voix Sépharade a eu comme rédacteur en chef un homme dont la voix réjouit l'assistance de la synagogue Or Hahayim.La Communauté sépharade du Québec me fait l'honneur de me confier la rédaction en chef de La Voix LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1 997 baliser, car on ne fait pas de l'information communautaire en voulant imiter les grands journaux aux spécialisations bien déterminées et aux grandes ressources humaines et financières, ou en la limitant aux comptes-rendus des activités de nos institutions.Il nous a fallu du temps pour définir notre mission, nous y tenir et faire progresser notre journal dans ses deux objectifs de base : le premier, celui de devenir un outil d'identification, un outil rassembleur, afin que la majorité de notre communauté s'y reconnaisse, et que le dialogue entre la rédaction et les lecteurs reste toujours direct, ouvert, productif ; le deuxième, celui de servir de carte d'identité, visage d'une communauté adulte, responsable, ouverte au monde.La Voix Sépharade est ainsi devenue notre « passeport » auprès des autorités politiques de tous niveaux.Elle sert aussi de référence dans les universités, établit des liens avec les Hommage à Judah Sépharade.Je l'en remercie et m'efforcerai d'être à la hauteur de sa confiance.Dans de telles circonstances, il est d'usage de rendre hommage à son prédécesseur en évoquant ses réussites passées.Je le ferai autrement, en me tournant vers l'avenir.Car Judah Castiel reste actif au sein de l'équipe de La Voix Sépharade.Mais surtout, il a veillé à nous engager dans une direction donnée, au cours d'un séminaire de réflexion consacré à la mission et à l'avenir de notre magazine qui s'est tenu en novembre dernier, en présence de Mme Maryse Ohayon, présidente de la Communauté sépharade du Québec.Y a-t-il plus belle manière de quitter le gouvernail que de bien préparer son équipage à continuer le voyage par ses propres moyens ?Le séminaire de réflexion a été cette préparation, non pas la seule, mais celle qui a marqué le 4 autres communautés de par le monde, affirme notre solidarité avec Israël et nous installe dans la cité.C'est dire que La Voix Sépharade a gagné ses lettres de noblesse.En votre nom donc, je rends un hommage sincère, ému, reconnaissant à toute l'équipe de La Voix Sépharade, professionnels et bénévoles, pour la constance de leur engagement et la haute qualité de leurs productions.En leur disant un grand merci, je passe le flambeau à une équipe élargie pour que l'apport de nouvelles énergies, de nouvelles conceptions, et de nouvelles intelligences vienne nous enrichir.Je ne quitte pas pour autant La Voix Sépharade où je redeviens simple « pigiste » bénévole • En toute amitié, en toute fidélité.Judah Castiel tournant dans le passage de ses fonctions aux miennes.Voici donc, en chaleureux hommage à Judah Castiel, et avec les très vifs remerciements de notre communauté, l'essentiel de cette réflexion sur La Voix Sépharade, mais mes pensées vont à Léah Castiel.Nous savons tous à quel point, au sein d'un couple, l'engagement communautaire « affecte » la vie privée.Léah étant elle-même engagée, je voudrais la remercier doublement au nom de La Voix Sépharade.Continuité de la mission de La Voix Sépharade La Voix Sépharade a pour mission de tisser, et de renforcer les liens communautaires au sein de la communauté sépharade du Québec.À ce titre, le journal aborde les thèmes et débats qui sont liés à l'expression de la judéité et contribue à maintenir vivants les liens de la communauté avec Israël.Il accomplit cette mission à partir d'une perspective actuelle, c'est-à-dire qu'il tente de saisir et de rendre présentes à ses lecteurs les réalités d'aujourd'hui telles qu'elles sont vécues par la communauté sépharade du Québec, le monde juif, et Israël.Le renouvellement et ses domaines prioritaires d’exercice 1.Parce que La Voix Sépharade assume une responsabilité en matière de participation aux débats qui occupent le monde juif, les thèmes et le traitement de ses « dossiers », elle sollicitera progressivement les contributions d'un large éventail d'auteurs.2.La Voix Sépharade se donne pour objectif d'étendre son lectorat jeune par une politique éditoriale, un recrutement de journalistes et des choix esthétiques appropriés.3.La Voix Sépharade est l'organe d'expression de la communauté et doit à ce titre en refléter la diversité aux plans social et culturel.Elle doit se doter des moyens aptes à faciliter cette expression sur une base régulière, en particulier par la mise au point de collaborations ciblées.4.Le domaine d'action de la Communauté sépharade du Québec couvre un vaste champ, qu'il faut périodiquement rendre plus familier aux lecteurs de La Voix Sépharade.« Expliquer la Communauté à la communauté » devient ainsi un objectif prioritaire.Rédaction et publicité 1.Le comité de rédaction, composé d'une rédactrice en chef, d'une rédactrice en chef associée et d'un directeur de la publication, a pour responsabilité première l'accomplissement de la mission de La Voix Sépharade et l'utilisation des moyens requis pour son action dans les domaines prioritaires définis.Il est responsable du choix des articles, de la composition rédactionnelle du magazine, de la qualité de ce contenu, et veille à mettre en place les moyens nécessaires à l'atteinte de cette qualité.En guise d’éditorial, l’expression d’un espoir et d’une conviction Perla Serfaty-Garzon Les écrivains parlent souvent de leur écriture comme d'un « accouchement », et ce sont les douleurs de l'accouchement qui me viennent à l'esprit quand j'évoque la préparation enfiévrée de ce numéro par la nouvelle équipe de rédaction, les journalistes et les professionnels de la Communauté.Mais n'appelle-t-on pas les douleurs de l'accouchement « le joli mal » ?Et qui d'ailleurs pense à ses douleurs une fois l'enfant paru ?Enfin, combien de parents tout neufs espèrent déjà, le premier bébé dans les bras, un autre enfant, pour accomplir la famille ?Je pense en effet que les soirées et les après-midi de temps volé par nous tous à nos vies privées, les chassés-croisés de livraisons et de corrections d'articles d'appels et de livraisons d'articles qui nous ont mis sur les dents, les malentendus mêmes, sont la première étape, normale et nécessaire qui nous inscrit vraiment dans le processus de renouvellement dans la continuité dans lequel nous sommes engagés.Nous connaissons les moyens de la maîtrise de notre changement : recrutement, planification, clarification de nos objectifs et de nos méthodes de travail, écoute, et.beaucoup de calme.Il nous reste à les mettre en oeuvre, pour être à la hauteur d'une communauté dont nous devons toujours mieux mériter l'estime, refléter la diversité des préoccupations, et servir le besoin de se faire entendre.Nous en avons vraiment le devoir, car notre équipe compte bien des talents, avec Mme Suzanne Danino, rédactrice en chef associée dont l'expérience, la contribution en tant que journaliste, et les qualités de réflexion stratégique représentent des atouts majeurs pour le journal ; Mme Gilberte Obadia, qui a mis sa grande Il s'adjoint une équipe de journalistes qui participe à la définition de l'esprit dans lequel chaque numéro est préparé, ainsi qu'aux séances de réflexion portant sur les orientations de La Voix Sépharade.Le comité de rédaction sollicite des articles de journalistes invités et reçoit les soumissions spontanées.Tous les articles sont évalués en fonction des objectifs généraux que poursuit La Voix Sépharade.2.La politique publicitaire n'entre pas dans les fonctions du comité de rédaction.Cependant, par sa qualité et les retombées de celle-ci en termes d'élargissement du lectorat, le contenu rédactionnel doit servir la recherche d'annonceurs.Inversement, la politique publicitaire doit tenir compte de la mission de La Voix Sépharade, et les politiques éditoriale et publicitaire doivent trouver un équilibre dans ce qui est nécessairement une entreprise commune • Perla Serfaty-Garzon compétence professionnelle, son sens des responsabilités et sa rigueur au service de la qualité des textes et qui nous a guidé de ses conseils en matière de présentation de ce premier numéro ; nos professionnels, nos journalistes invités, et nos nombreux et fidèles journalistes déjà connus de nos lecteurs, auxquels se sont ajoutés deux « petites nouvelles », Sonya Benghiat et Corinne Benichou.J'en appelle à tous pour agir avec la conviction que nous pouvons continuer l'aventure de La Voix Sépharade dans la fidélité, à condition de savoir nous renouveler • 5 LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 DOSSIER__________________________________ AVANT-PROPOS La casherout : Loi, enseignement et application M.K, Glatt, Halak Beth Yossef, COR, U, KSR, etc.beaucoup de sigles qui dessinent un paysage d'autant plus déroutant pour les membres de la communauté sépharade originaire d'Afrique du Nord qu'ils se faisaient traditionnellement mutuellement confiance en matière de casherout et que, nous dit M.René Sirat, grand rabbin du Consistoire central « l'idée de suspecter la cacherout ne nous venait pas à l'esprit ».Nous voyons aujourd'hui la surenchère s'installer dans un domaine dont les enjeux ne sont pas seulement religieux, mais aussi sociaux et économiques, comme, par exemple, dans le cas du pouvoir d'attribution de la téhouda, qui est, de fait, un processus de régulation d'un pan entier de la consommation au sein de la communauté juive.Nous avons là tous les ingrédients de la division, alors que « la cacherout doit rassembler, permettre la convivialité.».Ces mots du rabbin Sirat évoquent des situations qui nous sont familières.Constatant des « cacherout à plusieurs vitesses », il ajoute : « Aujourd'hui (.) la cacherout divise.Des fils ou des filles ne mangent plus chez leurs parents, c'est tout à fait dramatique (.).Il n'y a pas une cacherout pour les rabbins et une casherout pour les simples fidèles ».Nous avons voulu reconnaître l'importance de ce sujet difficile et actuel en lui consacrant notre dossier.La Voix Sépharade a choisi de donner la parole à des journalistes invités afin que soient rappelés les aspects théologiques, les enjeux religieux de l'observance des règles de la casherout, sa dimension d'application concrète, ainsi que la perspective anthropologique qu'elle appelle.Enfin un texte humoristique touche aussi, par accroc, à la casherout.Au-delà de ces textes commence le territoire des interprétations et des décisions rabbiniques, des volontés de distinction et des efforts d'unification, celui des sensibilités personnelles et des dérives.Dossier épineux s'il en est, que nous traitons moins pour prendre position que pour fournir à chacun la matière première nécessaire à ses choix.Perla Serfaty-Garzon et Élie Benchétrit Au nom de toutes les Québécoises et de tous les Québécois, je souhaite à la communauté sépharade du Québec de très heureuses célébrations à l’occasion de Pessah, la Pâque juive.Québec ss \ Lucien Bouchard Premier ministre riüw in Meilleurs souhaits pour une joyeuse et prospère Pessah à vous et votre famille.Best Wishes for a Happy and Healthy Passover to you and your loved ones.L’honorable Stéphane Dion, P.C.député de St-Laurent-Cartierville The Honorable Stéphane Dion, P.C.M.P for St-Laurent-Cartierville LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 6 DOSSIER La casherout et la raison d’être profonde des mitsvot : entre Maimonide et le Maharal RABBIN MOÏSE OHANA Santé et casherout Disons-le tout de suite : la casherout ne fait pas partie des commandements de la Torah que Ton pourrait un tant soit peu justifier rationnellement.Les Maîtres de Torah, et non des moindres, se sont chacun à leur manière essayés à trouver des explications qui se réfèrent aux effets néfastes que produirait objectivement la nourriture non casher, sur le plan de la santé physique, psychologique, ou spirituelle.Ces explications ont été accueillies avec réserve par d'autres commentateurs non moins avertis.A titre d'exemple, citons la position de Rabbi Isaac Arama (1420-1494), une des grandes figures du judaïsme sépharade de la génération qui a vécu l'expulsion d'Espagne de 1492, et dont le commentaire philosophique sur la Torah Akédat Itshak est bien connu.Réagissant à la proposition de Maimonide, esquissée dans le Guide des Égarés et reprise des générations plus tard par d'autres commentateurs après lui, dont l'objet est d'expliquer en partie de telles interdictions par le souci de la Torah de nous éloigner des viandes, poissons et fruits de mer réputés nuisibles à la santé, Rabbi Isaac Arama se dit loin d'être convaincu : la Torah, la divine, proclamée pour l'éternité, ne serait-elle, pour ce qui est de la casherout, qu'un traité - un de plus - sur la nutrition ?Ce serait en réduire bien singulièrement la portée.Comment expliquer en outre, ajoute-t-il, que les non-juifs qui ignorent tout de la casherout et qui consomment de tout, ne s'en portent guère plus mal ?Abrabanel, une autre grande figure de cette même génération, reprendra les termes de Akédat Itshak dans son commentaire sur la Torah, ajoutant que si telles étaient les préoccupations premières de la Torah et la raison d'être fondamentale de la casherout, pourquoi se serait-on arrêté en si bon chemin et n'avoir rien mentionné, par exemple, des herbes réputées dangereuses et formulé d'autres mises en garde pour une nutrition saine et équilibrée ?Ce sont là des objections majeures qui sont renforcées par le fait qu'aucune allusion au motif de la protection de la santé physique n'apparaît dans le texte de la Torah ni même du Midrash, en relation avec la nourriture non casher.Il ne faut cependant pas en déduire que les réflexions de Maimonide dans le Guide touchant au facteur santé seraient à mettre complètement de côté.Il y a au contraire très certainement dans cet ouvrage un fond de vérité non négligeable, en ce sens que les limitations apportées par la casherout seraient pour le moins autant de balises en vue d'un régime plus sain et mieux équilibré.Mais ces balises ne représentent tout de même pas une garantie, comme on le voit dans les buffets casher qui offrent de nos jours, à qui ne tient pas à surveiller son régime, autant de cholestérol, de sucre et de calories que le plus désastreux des régimes non casher.Ce qui relativise davantage encore les thèses qui mettraient trop l'accent sur le facteur santé.Donner un visage humain aux appétits matériels et l’effort vers la transcendance La ligne suivie par le Maharal de Prague (1525-1609) dans Tiférét Israël (chap.8 en particulier), est probablement plus satisfaisante.Sa thèse redonne à la casherout ses lettres de noblesse et en fait une affaire beaucoup moins banale et tout bêtement utilitaire.Nous y retrouvons l'approche privilégiée par Maimonide dans le Mishné Torah - dont nous parlons plus loin - que le Maharal a le mérite d'expliciter, avec une formulation qui la met grandement en valeur.C'est une position cohérente et qui s'appuie sur les lignes de force maîtresses de la pensée du Maharal.Sa portée est en outre universelle, en ce sens qu'elle s'applique à quantité d'autres commandements de la Torah et répond de la sorte à plusieurs de nos interrogations à la fois.Pour bien comprendre la position du Maharal, commençons par rappeler que les commandements et interdictions de la Torah, connus sous le nom général de mitsvot, se regroupent en deux grandes catégories : la première touche aux mitsvot qui tombent aisément sous le sens, qu'on aurait presque spontanément suivi quand bien même il n'y aurait pas eu de Torah.À titre d'illustration, mentionnons l'entraide mutuelle (tsédaka), le respect dû aux parents, le respect dû à autrui, à sa sécurité, à sa propriété, le sens inné que nous avons de la droiture, de l'honnêteté, de la justice et de la compassion, soit l'ensemble des règles dictées par la conscience, que nous respectons au même titre que le reste de l'humanité et qui sont les fondements mêmes de toute société civilisée, soucieuse de Tordre, de la justice, du bien-être et du progrès de ses citoyens.7 LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 DOSSIER Ce qui ne revient pas à dire que la Torah et le Judaïsme n'apportent rien en la matière, puisqu'il y a des modalités d'application des mitsvot spécifiquement fondées en Torah et en Halakha qui confèrent à cette même catégorie de morale naturelle et universelle un caractère propre au judaïsme.Nous n'entrerons pas ici dans ce sujet pour ne pas nous écarter de celui qui nous occupe aujourd'hui.L'autre catégorie, exclusivement juive celle-là, touche aux commandements et prohibitions dont on ne ferait rien, dont on ne saurait rien non plus, si la Torah ne nous en avait pas donné expressément l'ordre.C'est le cas des prescriptions relatives au Shabbat et aux fêtes juives, aux Téfilines, aux nombreuses restrictions en matière de comportement sexuel, etc.Les règles relatives à la casherout font clairement partie de cette catégorie.Mieux : à l'intérieur de cette deuxième catégorie, les règles de casherout appartiennent aux dispositions connues sous le nom de houkkim, dont la Torah nous donne les grandes lignes sur lesquelles la Halakha viendra par la suite élaborer, mais dont le symbole, et à plus forte raison l'explication rationnelle, ne nous sont en rien dévoilés.Cependant, pour ce qui est de la casherout, la Torah se réfère à la notion de kédousha, nous donnant ainsi une clé majeure de compréhension.Tenter de traduire un terme aussi dense et à la référence aussi vaste, c'est en limiter singulièrement à la fois le sens et la portée.Faisons le quand même et hasardons-nous à traduire, bien incomplètement, kédousha par transcendance spirituelle et distinction.La nature et l'objet de la kédousha - thème central dans le judaïsme s'il en fût - est le commandement général pour nous, Juifs, de nous efforcer de transcender les acquis matériels, appétits et jouissances de toute nature qu'ils engendrent et entretiennent en nous.Le souci de kédousha nous invite à donner un visage humain à ces appétits et jouissances, à ne pas en faire une fin en soi, à ne pas nous laisser engloutir par eux.Ce souci ne doit pas nous conduire à les réprimer indûment non plus, mais à les mettre au contraire à contribution pour mieux répondre aux attentes de la Torah et nous bâtir aux niveaux humain, spirituel et religieux.De l'Éternel, D.d'Israël, la Torah et les Prophètes, (Isaïe surtout) nous disent qu'il est kadosh, d'une distinction morale et spirituelle toute particulière et unique.Et c'est d'une telle haute sphère de kédousha qu'on nous invite à nous rapprocher par le moyen de la Torah et des mitsvot.Par extension à la kédousha du Créateur, tout ce qui se trouve dans les lieux où l'on se rapproche plus particulièrement de D.- le Temple de Jérusalem, les synagogues et lieux d'études, nos foyers eux-mêmes à certains égards - possède un degré plus ou moins élevé de kédousha attaché à lui.Du Shabbat, la Torah nous dit de même que D.lui a conféré pour l'éternité une kédousha ou distinction spirituelle qui le met à part, une entité différente et qui émerge de l'uniformité du temps.Le temps des fêtes juives tient aussi, à un degré moindre, de la kédousha conférée par la Torah au peuple d'Israël quand il est au service de D.: Mékaddèsh Israël vé-hazzémannim L'appel à la kédousha est mentionné comme raison d'être et objectif fondamental de la révélation sinaïque et du don de la Torah à Israël, peuple dont on attend qu'il s'élève à l'état de goï kadosh, une nation qui vise à être toute empreinte de kédousha, à la différence des autres cultures et civilisations où les préoccupations d'ordre moral, spirituel et religieux suivent des chemins qui sont loin d'être en harmonie avec ceux préconisés par la Torah.Et voilà que ce même appel à la kédousha est spécifiquement mentionné à plusieurs reprises dans la Torah en relation avec les règles de casherout d'une part, et celles régissant notre sexualité d'autre part.On entrerait donc par le moyen de la table aussi dans la sphère de la kédousha, d'où l'importance du rituel juif de la table en Halakha.En quoi la nourriture, parce qu'elle est casher, nous ouvre-t-elle les portes d'un tel univers caché à nos sens, et pourquoi les aliments non casher nous en excluraient-ils ?Voilà ce dont la Torah ne dit mot, les prescriptions relatives à la casherout étant présentées, comme nous l'avons dit, sans raison d'être autre que celle de nous aider dans notre objectif d'accession à la kédousha, la nourriture non casher nous en tenant, au contraire, de plus en plus éloignés.Les règles régissant la casherout et la sexualité : un même objectif de maîtrise et d'équilibre.Il en est de même de la sexualité, où la consommation n'est pas plus libre qu'en casherout.Tout flirt et toute relation sexuelle hors mariage sont strictement interdits, et la vie sexuelle du couple marié elle-même n'est pas laissée au gré des appétits.Le mariage demeure néanmoins une mitsvah, la première à être mentionnée dans la Torah, et une des plus fondamentales.Une vie sexuelle heureuse et épanouie, à l'intérieur du couple et dans le respect des règles prescrites, est également une mitsvah et fait partie de ce que les époux se doivent l'un à l'autre, et dont on ne voudrait pas qu'ils se privent.Dans le judaïsme, sexualité et kédousha ne sont pas mutuellement exclusives.On nous invite au contraire à veiller à leur permettre de faire bon ménage.On ne se consacre que bien imparfaitement à D.dans le célibat, qui demeure un état de pêché sérieux en judaïsme, et qui nous éloigne de l'état de kédousha bien plus qu'il ne saurait nous en rapprocher.Mishné Torah, l'oeuvre maîtresse de Maimonide, est un traité complet de Halakha qui touche à tous les aspects du judaïsme en 14 livres dotés d'un titre soigneusement choisi.Dans le Livre Cinquième, Maimonide a regroupé les lois relatives à la sexualité, qu'il a fait suivre des lois qui touchent à la casherout.À l'ensemble, Maimonide a donné le titre de kédousha, ce qu'il explique comme LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 8 DOSSIER suit : « Dans ce Livre Cinquième j'ai réuni les commandements relatifs aux unions interdites (d'une part) et aux aliments interdits (d'autre part) car ce sont deux domaines dans lesquels l'Éternel a cherché à nous imprégner de kédousha (à nous faire transcender le matériel) et à nous inculquer des règles de conduite (et des comportements) qui établissent une distance entre nous et les valeurs culturelles environnantes (des autres nations) pour tout ce qui touche à la nourriture et à la sexualité (aux plaisirs de la chair et de la table).Pour les deux, la Torah parle expressément de séparation à établir (et de barrière à ériger) entre les comportements prônés par le judaïsme (dans ces deux domaines) et ce qui prévaut en la matière dans les sociétés environnantes.J'ai intitulé ce livre kédousha » (traduction libre).Les deux appétits dont nous parlons sont ainsi cités et soulignés ensemble.On nous dit de les encadrer, de faire l'effort de les sublimer.Du fait qu'ils émanent de nos pulsions les plus profondément charnelles, leur pouvoir d'attraction vers le bas, vers le règne de l'animal en nous, est grand.Ces appétits ne doivent pas être réprimés, mais nous devons veiller à ne pas nous laisser indûment submerger par leur force, à ne pas perdre le chemin qui nous fait bénéficier du meilleur de l'humain et du divin en nous - une autre façon de parler d'accession à la sphère de la kédousha.La part cachée des commandements de la casherout Ce que leï Maharal met en évidence, d'accord en cela avec nos Maîtres de Torah, Maimonide le rationaliste en tête, c'est que si la Torah ne dit mot de la raison d'être de tels commandements - la notion forcément complexe, insaisissable et très peu concrète de la kédousha mise à part - c'est très probablement parce que l'ensemble du sujet est de l'ordre du divin, comme virtuellement tout dans la Torah, et appartient à cette sphère qu'il ne sera jamais donné à nos cinq sens et aux catégories d'intelligence et de perception qui sont les nôtres de percer un tant soit peu adéquatement.Pour qui adhère à l'axiome premier du judaïsme à l'effet que la Torah émane de D.et participe par conséquent de l'intelligence divine, alors même qu'elle est destinée aux êtres humains ici-bas, l'argument passe sans difficulté aucune.Nous rejoignons ainsi le Midrash de Shémot Rabba 28.1 qui nous dit que « les Tables de la Loi remises à Moïse avaient une hauteur de six téfahim, le téfah étant la surface dont une main peut se saisir (entre 8 et 10 cm).En remettant les Tables à Moïse, D.lui a permis de saisir de ses deux mains deux téfahim.À l'autre extrémité D., si l'on ose dire, a gardé ses deux mains sur deux téfahim, et entre les deux est resté l'espace de deux téfahim ».Cette citation exprime l'idée qu'avec l'étude, la recherche et l'effort, on arrivera à saisir à leur juste mesure un certain nombre de niveaux de compréhension de la Torah.À l'autre extrémité, les deux téfahim qui sont entre les mains de D.représentent les niveaux et secrets de la Torah qui nous seront à jamais cachés.La zone des deux téfahim du milieu navigue, quant à elle, entre la partie humaine d'un côté et divine de l'autre, et sera toujours réservée aux grands maîtres qui choisissent de consacrer leur vie à la conquête d'un tel espace.Ainsi Parah Adoumma, la Vache Rousse (Nombres chap.19), le plus hermétique et le plus déroutant des commandements de la Torah (houkkim), celui dont, en toute logique, on serait justifié de dire - à cause des difficultés qu'il présente, dont une contradiction interne de taille et qui défie toute logique - qu'il ne saurait avoir de sens aucun, on nous avertit qu'un tel sens existe cependant, et qu'il a été révélé à Moïse, mais à lui tout seul.Le roi Salomon, qui aurait dans sa grande sagesse percé la quasi-totalité des secrets de la Torah, n'a pourtant pas réussi à percer celui de Parah Adoumma, son principe étant probablement enfermé à la frontière nord des deux téfahim du milieu, dans la même zone éminemment inaccessible des raisons d'être de la casherout et autres houkkim.Le dommage causé au juif et à sa vocation religieuse et spirituelle par la consommation de nourriture non casher logerait ainsi dans cette sphère de l'âme qui nous échappe entièrement.Il serait pour beaucoup lié, selon le Maharal et le texte talmudique lui-même, peut-être non pas tant aux composantes matérielles de l'aliment qu'au fait même de la transgression de l'ordre intimé par la Torah de ne pas y toucher.Pour difficile à percevoir qu'il soit, le dommage causé est tel, aux yeux du judaïsme, que la Halakha nous enjoint de veiller à ce que la nourriture donnée aux petits, qui ne sont pourtant pas encore formellement tenus aux mitsvot, soit aussi une nourriture en tous points casher.À cet égard, j'ai trouvé touchant de fidélité et de poésie un récit hassidique concernant le Rabbi de Lubavitch z.t.l.de New York.Le jour de sa naissance il y a près d'un siècle, est-il rapporté par les Hassidim de Chabad, Rabbi Shalom Dover, le Rabbi de Lubavitch alors à la tête du mouvement, a dépêché pas moins de six télégrammes avec des instructions relatives au bébé.Il y était entre autres impérativement demandé à la mère de faire nétilat yadaïm au nouveau-né toutes les fois qu'il se préparait à téter.La mère elle-même devait se laver les mains sans bérakha de sorte que, de sa vie, le Rabbi z.t.l.ne se serait jamais mis à table sans le lavage rituel des mains, nétilat yadaïm et le rituel de la table étant parties intégrantes et essentielles du fait de manger casher.La démarche que nous avons suivie à propos de la casherout a le mérite de pouvoir être étendue à d'autres commandements majeurs dont l'explication rationnelle ne nous est pas donnée.Maimonide est d'avis qu'il nous incombe d'essayer de découvrir et de dévoiler le maximum auquel il nous est possible d'accéder pour ce qui est des raisons d'être des prescriptions 9 VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 DOSSIER de la Torah, même s'il demeure entendu que ce ne sera jamais qu'une ou quelques facettes de l'ensemble auxquelles nous aurons accès, le reste - des aspects sans aucun doute fondamentaux - demeurant inaccessible.D'autres, tels le Maharal, tout en reconnaissant la légitimité d'une telle recherche et assez souvent aussi la validité de ce qu'elle met à notre portée, recommandent plutôt de mettre l'accent sur l'idée que la Torah étant d'origine divine, la signification profonde d'un grand nombre de ses commandements et leurs raisons d'être resteront pour toujours fondamentalement inaccessibles aux humains que nous sommes.D'où l'importance de la émouna, l'adhésion profonde à l'idée que notre héritage de Torah, dans ses facettes multiples, émane de D., qu'il nous en a fait la révélation et qu'il nous enjoint à chaque jour d'en respecter les enseignements et les prescriptions.Une telle adhésion prend sa source ailleurs que dans la démonstration rationnelle.Un vécu authentique de Torah et de pratique religieuse lui procure force et inspiration, lui permettant ainsi de se régénérer continuellement et de pousser toujours plus avant dans l'exploration et la conquête de cet héritage divin.Cette approche ne revient pas à dire que les prescriptions de la Torah et les enseignements de nos sages, pour attachés au divin qu'ils soient, ne mènent pas en dernière analyse en eux-mêmes à une grande qualité de vie.Ceux qui y ont goûté savent à quel point un tel héritage et le mode de vie qu'il préconise sont sources de santé physique et mentale, d'équilibre et de joie.Ces règles nous ont été prescrites par le Créateur pour bien vivre notre vie ici bas, sur le plan matériel et spirituel, et préparer en même temps le terrain à nos âmes pour le monde de l'éternité.Mysticisme et rationalisme : les risques du déséquilibre La prudence s'impose pourtant, d'une part, face aux démarches qui tendraient à tout envelopper de mystère et de mysticisme, approches bien trop faciles, assez souvent même superficielles, et dont la fidélité aux sources et aux auteurs laisse fréquemment à désirer.Ceux que de telles démarches tentent et retiennent devraient, dans un souci d'équilibre, se mettre ou se remettre à l'étude de Maimonide.D'autre part, il convient également de prendre une certaine distance par rapport aux démarches dont l'objet, sinon la fierté, est de valider la Torah par la science, quitte à mettre finalement les mitsvot au rang de techniques et recettes qui sont éminemment utilitaires.Il est fort louable de chercher à ramener le monde au judaïsme et à des mitsvot aussi fondamentales que la casherout et la pureté familiale.Il est peut-être « rentable » sur le plan du marketing, de dire que manger casher est meilleur pour votre santé et il est séduisant, pour les esprits non avertis, de faire grand cas d'études qui suggéreraient, à titre d'exemple, que les femmes qui observent les règles de pureté familiale et vont au mikveh, auraient une incidence du cancer de l'utérus statistiquement moindre.Fondamentalement cependant, et dans l'intérêt même de l'encouragement à la pratique religieuse, on ne devrait pas laisser de tels arguments occuper trop de place.Car enfin, que ferait-on le jour où ces études viendraient à être envoyées au rancart, comme il arrive assez souvent à bien des études et conclusions dites « scientifiques » ?Nos épouses auraient-elles alors moins de raisons d'aller au mikveh et nous tous de continuer à manger casher ?Comme nous l'avons montré, la raison d'être de la casherout est essentiellement dans l'effort vers la kédoucha, et tout bénéfice en matière de santé qui lui serait associé est bien sûr le bienvenu.C'est en ce sens qu'il faut refuser les tentations du déséquilibre.Entre Maimonide et le Maharal, notre judaïsme n'en sera que beaucoup plus sain à vivre et à transmettre • « La religion qui, dans le passé, était ce qui nous unissait le plus, est aujourd’hui ce qui nous divise le plus.» (Abraham Burg, Président de l'Agence Juive) / M.Elie Azoulay, Président de la Communauté sépharade de Laval Or Sefarad souhaite un Pessah casher vesameah à toute la communauté juive de Montréal.Me Gilbert Brisset, Président de la Communauté sépharade de la Banlieue Ouest de Montréal adresse ses meilleurs voeux à l'ensemble de la communauté juive de Montréal à l'occasion des fêtes de Pessah LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 10 DOSSIER Vivre pour manger Le cache-route Nous assistons depuis un certain temps déjà à un mouvement de « retour » au judaïsme qui s'inscrit dans une démarche contemporaine qui tend à trouver ou à retrouver un système de valeurs, d'idéaux, de croyances qui pourrait donner un sens, autre qu'existentiel, à l'existence.L'humanité est un peu décrite dans cette situation par le Midrach où, après que la Torah eût été donnée à Israël il y a panique : tout le monde cherche la Torah, où se trouve-t-elle ?L'univers est privé de sens.A la différence que dans le Midrach cité on finit par la trouver en Israël, alors que de nos jours chaque groupuscule s'invente un prophète, chaque secte se trouve un messie.Nous connaissons les résultats.Pour ceux que l'on nomme - par abus de langage - les baalé techouva, on retrouve sur le plan dogmatique deux priorités : Taharat hamichpaha et casherout, soit les lois dites de « pureté familiale » et les « prescriptions alimentaires ».Cependant, si on peut se féliciter d'une prise de conscience qui ramène chaque jour un peu plus de nos coreligionnaires « au bercail », on ne peut que déplorer la focalisation quasi maladive qui se fait trop souvent sur les nuances au nième degré quant à l'application de ces lois.Certes, le « comment faire » est fondamental, mais on ne peut pas se contenter de l'approximatif lorsqu'il s'agit du « pourquoi ».Par exemple, affirmer que l'hygiène est la raison d'être de la casherout est faux et malsain dans la mesure même où ces préoccupations à l'égard des détails de l'application des lois tiennent lieu de cache-route, c'est-à-dire qu'elles cachent, la vraie route du judaïsme qui est la voie même où l'acte n'est pleinement accompli que lorsqu'il y a compréhension, entendement, signification.Il est ainsi JOSEPH GABAY dit : « naassé vénichma »l : nous accomplirons et nous comprendrons ce qu'il faut lire ; nous accomplirons afin de comprendre.Telles ont été les conditions de l'alliance scellée avec Israël2 : le naasé (l'acte), par deux fois proclamé3, était insuffisant pour justifier l'alliance.Celle-ci ne pouvait reposer que sur le nichma.Je me dois, cependant, d'exprimer ici une inquiétude : peu d'enseignements de la Torah se prêtent à l'écrit, et ce qui suit n'est qu'un préambule à l'étude de la casherout, comme une série de « têtes de chapitres » qui restent à étudier.Vous serez saints4 Pureté familiale et casherout : que vient faire la Torah dans l'intimité conjugale et dans les cuisines ?Comme premières consignes on s'attendrait à plus solennel, moins terre à terre ! D'autant plus que Dieu semble donner des ordres inutiles, car s'il y a bien deux instincts incontournables, ce sont l'instinct sexuel et se nourrir.Accepter par postulat le sérieux de la Torah, mène alors à conclure que les commandements en matière de sexualité et de nutrition ne concernent pas les actes eux-mêmes, mais leurs modalités.Cela revient à dire : « tu vas irrémédiablement avoir une vie sexuelle, ne te laisse pas aller seulement à tes pulsions.Tu devras manger.attention, pas n'importe quoi, pas n'importe comment.» Les lois de la casherout, données à Israël à la sortie d'Égypte sont rapportées au onzième chapitre du Lévitique, c'est-à-dire dans la partie du Pentateuque qui traite de la sainteté et qui établit la séparation entre le pur et l'impur.Nous y voici donc.Si Israël est interpellé par les lois de la casherout, c'est qu'Israël est appelé à la vocation de sainteté : « Vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte »5.Nous sommes ici en présence d'une catégorie totalement différente de celles à laquelle nous sommes habitués.En effet, on aurait tendance à dire et à accepter l'idée que « tout est pur pour les purs ».Mais bien au contraire, pour la Torah, plus l'Être est à un niveau élevé dans son ascension, plus il est vulnérable à l'impureté.Remarquons qu'on retrouve ce principe en ce qui concerne la nature : plus l'être est évolué plus il est vulnérable à la maladie.La Kédoucha - La sainteté -apparaît lorsqu'il y a unification de toutes les valeurs.Chacun des comportements de l'homme est par conséquent régi par un principe unique : tendre vers la kédoucha.S'imprégner des valeurs et se constituer en creuset dont Tunique fonction est de permettre l'amalgame des valeurs et leur harmonisation malgré et au-delà de leurs incompatibilités6, c'est là le but de tout commandement, et on comprend maintenant la bénédiction qui précède leur accomplissement : «.qui nous a sanctifié par tes commandements ».La Kédoucha apparaît donc comme la condition de la coexistence entre l'homme et son créateur : le temple, lieu de cette coexistence, est appelé Mikdach, que Ton pourrait traduire par « lieu de sainteté », où on retrouve la racine K-D-CH.La Kédoucha, c'est donc la vie ès qualité, la vraie vie, si Ton ose dire, la vie authentique, congruente, pleine et entière.On comprend alors que la Torah soit appelée « arbre de vie », et que tout ce qui va aller dans le sens de la vie sera considéré comme pur, « le principe des principes de l'impureté, c'est la mort » (Rachi, sur Pessahim, 14 b) Résumons-nous : Le peuple appelé 11 LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 DOSSIER au projet de sainteté est interpellé par les lois qui dévoilent les catégories de vie et de mort : le pur et l'impur.C'est pourquoi « Tu ne feras pas le chevreau dans le lait de sa mère », c'est-à-dire tu ne mélangeras pas le lait - qui est indifférencié, porteur de potentiel, principe de vie comme la mère qui donne la vie - avec la viande, qui elle, est différenciée, limitée à l'état de chair et qui a atteint un stade « final ».C'est aussi pourquoi, encore, « Tu ne prendras pas la mère en plus des oisillons : tu renverras la mère et tu garderas les enfants »7.La mère est le principe de vie qui doit être libéré.Dis-moi ce que tu manges.Quel lien y a-t-il entre nourriture du corps et vie spirituelle ?Nous, modernes, avons peut-être perdu l'évidence du rapport entre le corps et l'esprit, mais il est clair pour la tradition qu'il y a un lien étroit entre les deux.Le mystère qui fait que le fonctionnement de la conscience dépend de nutriments est en soi un sujet de méditation.Car en effet, si le corps ne fonctionne pas, la conscience tombe en syncope.Cela ne sonne pas très cartésien et pourtant au XVIIe siècle, c'est Descartes lui-même qui affirme que « lorsque l'âme s'émeut, le corps se meut et lorsque le corps se meut, l'âme s'émeut».Revenons à la tradition : le mot ICH, qui signifie « homme » est l'anagramme de akhol, yakhol et sakhol.Autrement dit, les caractéristiques de l'homme sont ses capacités de manger, de pouvoir et de penser.Le « manger » serait tout au moins aussi important que le « penser » ! Mais allons plus loin.Que signifie manger ?En hébreu a-khol.D'un côté le Aleph, le un de l'autre le kol, le tout.Manger c'est faire le lien entre le tout et le un.Manger c'est ramener le tout à l'un.Manger c'est constituer le un à partir du tout.Manger c'est constituer son être.Pour adopter un style imagé propre à alléger cette étude, je dirai que c'est mon repas d'hier qui vous parle aujourd'hui.En d'autres termes, on devient ce que Ton mange.Et il est clair que Ton ne veut pas devenir n'importe quoi.La Torah vient nous dire quel matériau utiliser pour la fabrication d'un être afin qu'il soit compatible avec le projet de sainteté.C'est pourquoi « dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu seras ».On comprend mieux maintenant le commandement donné à Adam : « De tous les arbres du jardin, manger tu mangeras »8.Traduisons : Tu constitueras ton être de toutes les valeurs portées par les arbres de ce jardin.Le jardin des délices, le Gan Eden est le jardin de la congruence.Manger, ici, est un ordre : tu devras manger, même si tu n'as pas faim.Ton travail dans le monde, c'est de manger, c'est-à-dire de te constituer.Mais attention pas de n'importe quel arbre.On connaît la suite : tentation de s'approprier, de s'incorporer le privilège de définir les valeurs, de désigner le Bien et le Mal, de devenir comme Dieu ! Comment ?Par l'acte de nourriture ! Manger, tu mangeras On pourrait dire que, par l'acte de la nourriture, l'homme imite en quelque sorte le divin.En effet, « Manger : tu te constitueras », « Tu mangeras : tu élèveras le monde ».C'est le second volet du un-tout.Ici le un et au service du tout.En effet, les légumes mangés hier appartenaient au monde végétal, alors qu'aujourd'hui ils font corps avec moi et sont transformés en ce qu'on appelle nefesh, soit le premier niveau de l'âme.Un nouvelle dimension apparaît ici : en mangeant, j'élève le tout vers le un.En cela, « êtres inanimés, si je vous mange, vous aurez une âme ».Dieu a insufflé l'âme à l'homme ; à son tour ce dernier fait participer le monde à cette âme, par le biais de la nourriture.Et tout comme je ne veux pas constituer mon être de n'importe quoi, il va de soi que ce n'est pas n'importe quelle composante de la création qu'il convient d'élever au rang d'humain à travers Pacte de manger.Ne sera élevé vers l'état de nefech que ce qui va dans le sens de la vie : seul le pur sera apte à la consommation, seul le pur sera « casher ».Deux enseignements attribués au maître de la Cabale, Rabbi Itzhak Luria, de Safed, dit le ARI pourront illustrer ce concept : Pourquoi seuls les animaux réagissent-ils lorsqu'on s'en empare pour les « abattre » ?C'est que, nous dit le fondateur de la cabale Lourianique, les végétaux savent qu'ils vont s'élever au rang supérieur, mais l'animal, lui ?Le consommateur est-il vraiment « moins animal », le boeuf va-t-il passer à un stade supérieur ?9 On raconte que le Ari se trouvant dans la forêt demande à ses disciples ce qu'ils voient sur les arbres.« Des branches, des feuilles.» Pas du tout, répond le Ari, il s'agit d'âmes, d'âmes en attente de se faire manger par un animal pur, lequel aura peut-être la chance d'être.l'objet d'un repas casher.De cette perspective on comprend mieux le sens de l'enseignement : « La table est semblable à l'autel ».Sur l'autel on apportait des offrandes, des « korbanot », de la racine rapprocher.Lorsqu'on passe à table, on constitue son être tout en rapprochant les mondes.Prendre de la graine Relisons maintenant notre histoire telle que rapportée au premier chapitre de la Genèse : Verset 27 : Adam est créé en conformité avec le projet du créateur (à l'image de Dieu, comme on traduit .approximativement).Verset 28 : Dieu lui donne une bénédiction-consigne : fructifiez, multipliez, remplissez la terre, conquérez-la, régnez sur.tous les animaux, poissons, oiseaux.Verset 29 : voilà ce que sera la nourriture : Toute herbe portant semence.Tout arbre ayant en lui fruit et portant semence.La mission de l'homme, son apport au projet de Dieu c'est donc : a) de fructifier fàuifirupcl LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1 997 12 DOSSIER b) de multiplier le fruit obtenu ; et l'ordre est important car il ne faut surtout pas multiplier une approximation, d'où la stérilité des matriarches tant que le fruit n'est pas à point.On est bien loin du « croissez et multipliez » c) Faire en sorte que ce soit cet être accompli qui puisse dominer et remplir le monde.Traduisons : L'homme devra transformer le monde de nature en monde de culture.On comprendra que le premier culte soit l'agriculture ! Comment ?Le détail du « mode d'emploi » sera donné au Mont Sinaï.Dans un premier temps il faudra se constituer et s'occuper de l'espèce végétale.L'espèce animale n'aura à suivre le processus décrit - élévation par le biais de la nourriture- qu'après le déluge, conséquence du fait que « toute chair » avait corrompu sa voie10.Remarquons clairement que cette espèce végétale a une caractéristique qui revient comme un leitmotiv : zoréa-zéra, qui porte semence alors qu'au verset suivant, lorsque cette même nourriture est donnée à l'animal, ces termes n'apparaissent pas.Le critère de sélection du pur, on s'en doute, est bien porteur de semence porteur de vie, dont la graine est féconde.Est pur ce qui va dans le sens de la vie, qui est suffisament indifférencié pour que je puisse m'en constituer, où il y a un aspect dynamique, viable, porteur.Il devient clair que le sang et les graisses, caractéristiques de l'animal dans ce qu'il a d'essentiel, de spécifique, nous soient interdits.« le sang, c'est l'être »n Voptimisme scientifique Est-ce que cette caractéristique de porteur de semence est détectable au scanner ?Non ! Il fallait le mode d'emploi pour le savoir.C'est pourquoi les lois de la casherout font partie des Houkim, des décisions apparemment arbitraires.Car en effet, on pourrait se demander : pourquoi la vache est-elle pure et pas le sanglier ?La science ne nous permet pas encore de le savoir, mais le fait que la Torah donne des caractéristiques pour reconnaître les animaux purs pourrait laisser à penser que, par exemple, les animaux ruminants, au sabot fendu et corné, font partie d'une espèce dont l'évolution va dans le sens de la vie, telle que l'entend la Torah.Bien sûr, aucune étude scientifique n'ayant établi ce fait, je me contente de le soumettre comme exemple d'hypothèse plausible.À cette étape, si nous avons bien accès aux « voies du seigneur », nous ne connaissons pas - et c'est sans doute l'objet de la Kabbale - les raisons de la configuration de ces voies.Ce que nous savons, c'est où elles mènent ; c'est-à-dire à la « fabrication de celui que nous appelons le Fils de l'homme, le Ben Adam, celui qui aura l'exigence de la vie authentique et qui saura et pourra vivre au sens plein du terme.Le porc.épique On est en droit de se demander, à propos de la série des interdictions : pourquoi cet acharnement sur le porc ?La Torah mentionne pourtant dans les mêmes versets l'interdiction du lièvre, du chameau et de la gerboise.C'est que, nous expliquent nos sages, le porc se dit hazir, de la racine revenir, redevenir.En d'autres termes le porc à la fin des temps, redeviendra pur, les crevettes, les langoustes et homards aussi.Toute cette aventure humaine qui en fait est l'aventure de la casherout, l'élévation de l'homme et du monde, le fait de faire passer le monde de l'état de nature à l'état de culture.Toute cette aventure donc, finira par aboutir.Il y a un pari d'optimisme dans la Torah, qui consiste à admettre comme impensable le fait que le monde perdure dans son état de chaos.À la fin des temps, non seulement le porc sera permis mais toutes les lois de la casherout seront levées.L'homme aura su adéquatement et totalement se constituer, il aura atteint un niveau de sainteté irréversible, le monde sera remis de son tohu bohu et la lumière originelle éclairera êtres et mondes.À propos d’hygiène Il est maintenant établi que les raisons qui fondent la casherout ne sont pas liées à un souci d'hygiène.Faire de Moïse, notre maître, le premier hygiéniste serait blasphématoire ! Mais la Torah étant la loi de vérité, à tous les niveaux, il est entendu que les lois qu'elle propose se sont pas antihygiéniques.Par contre, l'étude de ces lois, en ce qui concerne les causes et les modalités d'application, fait partie de l'hygiène de vie du peuple juif, l'hygiène étant un ensemble de règles, tendant à améliorer et à préserver la santé du Judaïsme.Négliger l'étude de ces lois, c'est courir le risque d'être interpellé par le Talmud qui nous met ainsi en garde : « Il est interdit à un ignorant de manger de la viande ».12 Si la sagesse populaire nous a appris la modération quantitative par le fameux « Il faut manger pour vivre », la tradition juive, mettant l'accent sur la maîtrise de la signification de nos actes et de la finalité de leur aboutissement, nous enjoint de vivre pour manger • Notes 1 Exode XXIV-7 2 Exode XXIV-8 3 Exode XIX- 8 et XXIV-3 4 Lévitique XIX-2 5 Exode XIX-6 6 Le ciel, Chamaïm, est le lieu où Ech-oumaïm, le feu et l’eau, se retrouvent ensemble.C’est la proclamation de la foi d’Israël : toutes les valeurs procèdent du un 7 Deuteronome : XXII-7 8 Genese 11-16 9 On remarquera qu’il n’y a pas d’interdit pour les minéraux et les végétaux, ce qui illustre bien que l’impureté ne commence à se manifester qu’à partir d’un certain niveau d’évolution.10 Genese VI-12 11 Deutéronome XII, 23 12 Talmud : Pessahim 49 b CoAnliiufa.ÿSTI^ foùafiruja.13 IA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 DOSSIER Le Vaad Haïr ou Conseil de la communauté juive de Montréal JUDAH CASTIEL La vie juive n ’est pas faite que de spiritualité et de méditations ; le quotidien est fait aussi de comportements en concordance avec la Halakha et de Mitsvot (commandements) pratiques qui nous singularisent en tant que peuple, en particulier par l’observance des règles de la casherout, une des marques indubitables de l’identité juive.La casherout, comme nous le savons tous, est l'ensemble des lois et des règles rendant un aliment casher, c'est-à-dire apte à être consommé.Sur ce plan, notre arrivée à Montréal depuis bientôt quarante ans n'a eu à souffrir d'aucune restriction ou manque de service.Bien au contraire, tout était disponible en abondance, à notre portée, nous permettant ainsi de maintenir au plus haut niveau notre mode de vie et nos exigences.Tout le crédit en revient au Vaad Haïr ou Conseil de la communauté juive de Montréal qui, depuis plus de 50 ans, a eu comme souci premier d'assurer la plus stricte des casherout dans notre ville.Pendant que nous faisons nos achats, nous cherchons tous le sigle nous garantissant un produit conforme à la Halakha, le M.K.ou Montréal Kosher du Vaad Haïr.À l'approche de Pessah ou de Roch Hachana, la recherche de produits garantis « casher » par le Vaad Haïr ou en provenance d'Israël, de France, du Maroc, d'ailleurs en Amérique, démontre l'importance que les familles juives accordent à la casherout, même celles qui d'habitude ne la suivent pas rigoureusement pendant les autres mois de l'année (on considère que 35 % de la population ashkénaze et presque 90 % de la population sépharade maintiennent la casherout dans leurs foyers).Un entretien avec le rabbin Niznick, directeur du Vaad, nous a permis de faire un tour complet des activités de cet organisme, de sa place dans notre vie quotidienne et de la manière dont il s'acquitte de ses responsabilités.Présenté comme une instance fédérative ou « parapluie », le Vaad est constitué de trois organismes essentiels à notre vie religieuse, familiale ou les deux : 1.Un Vaad Harabbanim - Conseil des Rabbins (dix Rabbins orthodoxes) - qui doit légiférer sur des questions litigieuses et agir comme posek ou décisionnaire en dernière instance.2.Un Beth Din ou Tribunal Rabbinique pouvant prendre des décisions dans les domaines où le Din Torah peut être exercé et ayant donc juridiction en matière de michpat chalom (conciliation), de guet (divorce), guérout (conversion), etc.3.Un Bureau de la casherout qui contrôle la chéhita (abattage rituel du bétail et de la volaille) et ses prolongements : la bédika (inspection sanitaire), la méliha (le salage de la viande), la distribution, la hachgaha (la surveillance).Des machguihim ou surveillants sont obligatoirement présents dans tous les lieux où la casherout est de rigueur : boucheries, boulangeries, restaurants, traiteurs, synagogues, salles de fêtes.Ce bureau contrôle et accorde la certification aux produits pouvant être déclarés aptes à la consommation en les étampant du M.K.Le contrôle strict que les structures rabbiniques du Vaad exercent sur les chohatim, les mashguihim et distributeurs, fait que la chéhita de Montréal est aujourd'hui mondia- lement reconnue comme l'une des plus dignes de confiance.Cette crédibilité nous évite aussi la prolifération de chéhitot et les polémiques qui s'ensuivent comme il arrive malheureusement en Israël, en France ou à New York.D'autres services connexes sont disponibles : traduction et certification de documents, un journal « Voice of the Vaad » contenant aussi de l'information en français, le calendrier des chabbatot et des fêtes, etc.La cohésion communautaire, du moins dans le domaine religieux, est un des grands acquis du Vaad.Cette cohésion est davantage renforcée par la place qu'occupe la Communauté sépharade du Québec au plus haut niveau décisionnel du Vaad ; en effet, l'un des vice-présidents de la Communauté sépharade du Québec siège au Présidium de cet organisme, avec tous les droits et responsabilités qui s'y attachent et surtout avec la force que représente notre population sépharade majoritairement attachée au respect de la casherout.Cette coopération a déjà produit des premiers dividendes, tout d'abord par la connaissance et la reconnaissance mutuelles et par la place qu'occupent les rabbins sépharades au sein du Vaad Harabbanim et du Beth Din.Par ailleurs, une aide assez importante a été accordée à l'école Yavneh en recherche de financement et en support moral.Nous pouvons citer dans ce cas précis l'engagement exemplaire de M.Saul Ditcher et du rabbin Niznick.L'aventure commune Vaad Haïr Communauté sépharade du Québec ne peut que générer des services encore plus adaptés à nos exigences et au bien-être des membres de notre communauté • LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1 997 14 DOSSIER La casherout : une perspective anthropologique YOSSI LÉVY* Dans toutes les sociétés, Valimentation constitue un sujet de préoccupations liées à ses dimensions économiques, sociales, culturelles et symboliques (De Garine, 1991).Si le besoin de nutrition pour maintenir la demande énergétique de F organisme est un universel, les modalités alimentaires sont, quant à elles, marquées par des règles d'usage variables qui modulent la classification des aliments interdits et permis, leur mélange et leur mode de cuisson.En ce sens, comme le montre Lévi-Strauss, tout comme le langage, la cuisine obéit à des structures qui reflètent des conceptions du monde complexes.Les prescriptions alimentaires dans le judaïsme telles que codifiées dans la Bible constituent à cet égard un champ de réflexion qui a donné lieu à des études visant à en cerner les significations et les logiques.Une première perspective porte sur la compréhension de l'interdiction de la viande de porc que le judaïsme partage avec l'islam.Pour Harris (1974), le rejet du porc en tant que substance alimentaire obéit à des raisons écologiques liées aux caractéristiques de l'environnement du Moyen-Orient.Le porc serait tout d'abord mal adapté thermiquement au climat chaud et sec de la région, d'où des comportements de protection contre la chaleur qui en faisaient un animal sale, donc rejeté.En second lieu, cette espèce aurait été en compétition directe avec les groupes humains de cette région à cause des caractéristiques de son régime alimentaire qui se rapprochent de celles de l'homme.De plus, n'étant pas une source de lait et de force de traction, son intérêt était limité.On peut noter cependant un paradoxe dans cette analyse, pourquoi prohiber un animal possédant de tels défauts ?Pour Harris, la chair du porc étant succulente, elle doit être interdite pour en empêcher son élevage trop onéreux sur le plan des ressources exigées.Mais qu'en est-il des autres interdits ?Quels peuvent en être leur fonction écologique ?Harris reconnaît lui-même les limites de son analyse qui tend à singulariser un interdit en l'extrayant d'une matrice plus complexe dont la symbolique est à déchiffrer, ce que tenteront, entre autres, Douglas (1971) et Soler (1973).Pour Douglas, les interdits alimentaires sont l'expression d'un principe essentiel du discours biblique, le refus de la confusion, de l'hybridité, le maintien de la distinction qui fonde la sainteté.À côté des animaux impurs, parce qu'ils n'ont que l'une des caractéristiques qui fondent leur inclusion dans le bétail (comme le chameau, le porc, le lièvre ou le daman), les autres espèces sont classées selon des critères différents : « d'une manière générale, écrit Douglas (p.74), seuls sont purs les animaux qui sont entièrement conformes à leur classe.Les espèces impures sont celles qui sont des membres imparfaits de leur classe ou dont la classe défie le schéma général de l'univers [.] Tout groupe de créatures non équipées pour le mode de locomotion qui lui est imparti dans son élément est contraire à la sainteté », le principe fondamental qui sous-tend le rapport à D.L'analyse de Soler rejoint à certains égards cette analyse, tout en la prolongeant.S'interrogeant sur la sémiotique de la nourriture dans la Bible, il note, entre autres, que le recours au régime carné serait dans le judaïsme, un pis-aller, le projet initial divin étant de privilégier une diététique végétarienne.Pour l'intégrer alimentairement, il faut que la bête soit sacrifiée selon un rite « où le sang de l'animal sacrifié prend la place du sang de l'homme qui sacrifie » afin de racheter le meurtre commis sur la bête, même si, plus tard, cette injonction sera atténuée.C'est dans cette perspective que l'on peut comprendre l'opposition entre animaux purs qui sont herbivores (d'où les critères essentiels d'avoir le pied onglé et fendu et de ruminer, ce qui exclut les porcins) et animaux impurs qui sont carnassiers, les premiers entrant dans le projet divin, les seconds s'en éloignant dans la mesure où ils tuent pour manger, ce qui en fait des animaux doublement interdits à la consommation.Quant à la classification des autres espèces, elle obéit essentiellement aux critères de distinction avancés par Douglas, mais s'y rajoutent des réflexions sur un autre interdit, celui portant sur la séparation entre le lait et la viande : « Tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère » et dont l'injonction serait à rapprocher des interdits de l'inceste.Là encore, le principe de distinction serait à l'oeuvre, principe sous-jacent aussi aux interdits qui entourent les autres domaines de la vie sociale et religieuse dans le judaïsme • *M.Yossi Lévy est professeur d'anthropologie à l'Université du Québec à Montréal.Références De Garine, Igor (1991).Les modes alimentaires : histoire de l'alimentation et des manières de table In Histoire des moeurs, volume 1, p.1447-1627.Encyclopédie de la Pléiade.Paris.Harris, Marvin (1974).Cows, pigs, wars and witches.The riddle of culture.Vintage Books.New York.Soler, Jean (1973).Sémiotique de la nourriture dans la Bible.Annales, Juillet-Août, p.943-955.Douglas, Mary (1971).De la souillure.Maspero.Paris.Bahloul Joëlle (1983).Culte de la table dressée: Rites et traditions de la table juive algérienne.A-M.Metailié.Paris.15 LA vorx SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 DOSSIER Pour qui sonne le Glatt ?Extrait du scénario du film de Marcel-Régime Carné en nomination pour la Palme d’Or au Festival de Cannabis 1997 Une indiscrétion de la part du bureau de la Halaq Ltd, firme cinématographique bien connue, productrice d’une kyrielle de récents chefs-d’œuvre québécois -dont pour qui sonne le glatt ?- a permis à la voix sépharade de mettre la main sur le scénario original de cette pure merveille du septième art.Dans la séquence que nous livrons ci-après à nos lecteurs (en leur faisant grâce, toutefois, du jargon cinématographique), le génie de Marcel-Régime Carné donne sa pleine mesure.Trois hommes sont attablés devant une bouteille de vin blanc, trois petits verres et des petites assiettes de friture.MESROD : J'vous l'djis et j'vous le répète, vous pouvez pas comprondre.Vous êtes pas juifs et vous êtes pas marocains, alors bouclez-la et écoutez les experts, oké ?PANTUFLO : Nousssautres on est prêts à écouter les sexperts comme tou dis.Mais on n'est pas là pour écouter des inn'sanités.Dis-nous oune fois pour toutes qu'est-ce qué sé passe.Pourquoi ti déprimes ?Pourquoi ti fais la gole ?ZOTIQUE : La yeule, pâs la gole, Pantuflo, voyons donc.Quessé qu'y â, là, Mesrod ?T'as d'iair down comme c'es pâs possible ! MESROD : C'que j'ai, c'est que ma communauté elle s'en va à la dérive.SOLLY LÉVY Depuis qu'on est arrivés ici, on dérive, on dérive.Ça fait trente ans qu'on dérive.C'est la casherout de la communauté qui est menacée, crime ! PANTUFLO : Yé comprands pas.Ça vé dire quoi ça, on dérive ?MESROD : Ça veut djire qu'on a perdu nos valeurs.On a subi l'influonce dju milieu.ZOTIQUE : Wo, wo les moteurs ! Pour moué, lâ, Tmilieu yé ben correc d'abaord.MESROD : Ben je sais pas, ya plein de choses.À cause de cette influonce, nos enfants, par exomple, ben c'est plus nos onfonts.I nous écoutent plus.I font za leur tête.Si ça continue, ça va sonner le glas de nos traditions familiales et tout et tout.PANTUFLO : Mais, espèce dé borrico, c'est Tévolouciôn.Dans ta comounoté, dans ma comounoté, chez tous les ethniques c'est pareil, même chosse, aucoune différence.MESROD : Ah ouais ?Et les femmes alors, hein ?Vous avez vu c'qui s'passe mainnant avec nos femmes ?Elles sont partout.Elles se mêlent de tout.Nos cuisines sont en pleine décadonce, abondonnées ! Par cantre, regardez dans les zinstchitchutians(l) communautaires.Y en a partout, des femmes ! Qui c'est les boss des meilleures campagnes d'appel de fands(2) ?Les femmes ! Qui c'est les plus zakt-chives(3) dans les comités, les sous-comités, les commissians, les sous-commissians, hein ?Les femmes ! Même La Voix Sépharade où les plus las WÈÊtm principaux de tous c'était tradji-tionnellemont des hommes, ben La Voix Sépharade c'est devenu une voix de femme ! (Le ton devient de plus en plus hystérique.) J'en peux plus! On n'était pas comme ça avont ! Mais le top dju summum dju maxisummum dju comble c'est que mainnant, même le Présidont de la CSQ ouais, même le Présidont c'est une Présidonte ! Nan mais vous vous rondez campte de l'effet que ça peut avoir dans nos familles ! Rien que j'vous donne un exomple, un tout petchit(4) exomple personnel : pas plus tard que vendredji soir dernier.Vendredji soir dernier, je sors de la synagogue.J'arrive chez moi.Je m'assis dans man fauteuil et.Eh ben figurez-vous que j'ai dju demonder deux fois à ma femme, ouais, deux fois avont qu'elle m'apporte mes pontoufles ! C'est pas casher, ça, mes faAafinya- CaAafiruja.LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1 997 16 DOSSIER amis.Pas casher pontoute ! ZOTIQUE : Ben yâ dsu vrai dans c'que tsu dsis, mon Mesrod.J'shu p'têt pâs juif, mais je fais en ce moment des recharches pour une thèse postdoctorale que j'm'en vas présenter l'hiver prochain au département de sociologie interethnique de l'Université de Saint-Liboire-sur-Matapédiâ.Pis mon sujettte, c'est justement l'évolution des valeurs socioculturelles de la communauté sépharade du Québec.J'ai interwiewé pas mal de monde sur toutes sortes d'affaires lâ.Y en a un en particulier qui m'a dit que des fois la discipline dans sartaines synagogues elle laisse à désirer passeque les gens y arrêtent pas d'placoter comme des vieilles mé-méres.Et dans c'temps lo le hazan y assaye de faire sa téfilâ pi ya pas personne qui l'écoute ! C'tsu correc çâ ?Ça parle de toute, ça parle de football, de baseball, du châr neu qu'on vient d's'acheter, du taux de change de la piasse you ess, de politsique, du Rabbinâ, de la dafino qui va êt'frette quand qu'on va rentrer chez nous, etc.Pi les femmes euzaut dans la azaro, bein non, Pantuflo, c'pas l'parfum pour hommes.La azaro, tu l'sais ben, c'est la place yousqu'elles s'tsiennent les femmes pis leu filles.Dans la azaro lo, c'est ben pire qu'les hommes.Les femmes euzaut y parlent d'là mode, dsu parfum qui zont mis aujourd'hui ou bedon hier, dsu fils, n'shi k'parâ lo, qui a gradué à Mégill, d'là fille, nakho bassâ lo, qu'elle va marier son chum, que le père y a une bonne position pi toute le kitte.Enfin, ça parle de plein d'affaères spiritsuelles ben appropriées à la sainteté du lieu.Pis j'me suis promené dans vos écoles sépharades et même ashkénâozes.J'ai interrogé des étsudziants pis j'en ai appris pas mal.Y en a même un qui m'a dsit que la casherout c'était une sorte de casse-croûte juif.Une autre a m'a dsit que c'était une sorte de choucroute marocaine.Ben j'ai mon voyage ! T'as ben raison, ça va mal pour vous autres certain ! MESROD : Eh, qu'est-ce tchu veux, khoya Zotique.C'est ça qui est ça comme vous dites icitte.PANTUFLO : Yé comprands main-ténant les motivos dé ta dépression, mon pobre Mesrod.Ti as raissôn, c'est l'innflouence dou milié.La meilleure preuve c'est que dans vos mariages et bar mitsva, lé comble di esnobismo c'est les morceaux dé goberge peintourés en rouge-orange pour qué ça ressemble à des gambas o à di homard ! MESROD : Oualàa, tchu as tout compris, l'Espaniol ! Moi, quand qu'on touche à la casherout, ça me tchue, ça me tchue, je peux pas supporter.Y en a marre ! Ya certaines valeurs dont auxquelles on devrait pas toucher ! (Au serveur qui passe) Eh, Julio, encore un double ration, va! JULIO : Si senor, inmediatamente.Plan rapproché de Julio apportant une énorme assiette de friture.La caméra se déplace et montre en gros plan la façade du bar, puis l'enseigne : BAR CANTÂBRICO especialidades espanolas gambas al pil-pil y calamares fritos • (1) Institutions.N.D.L.R.(2) Fonds.N.D.L.R.(3) Actives.N.D.L.R.(4) Petit.N.D.L.R.AD SEGVICE DE IA COMMNAUTÉ DEPUIS 1977 TDAITEUD ® TAKE-OUT 484-9727 ® 731-2883 5281 Décarie (Coin Isabella) Montréal, Qç.H3W 3C2 M.Moïse Qmselem, uice-p résident et son épaule Qladip souhaitent à tu communauté juive de Montxéal, 3*es s ah Cashes Vésaméuh TOLEDANO DAVID Traiteur © RABBIN YEHOUBA ABITTAN Cantor de la Synagogue Spanish & Portuguese MOHEL Certifié par l'Hôpital Général Juif de Montréal « Pour une circoncision à la perfection Contactex-nous sans hésitation » Bur.: 737-3695 Dom.: 737-1903 ê j Êm~ Ci/ ijjiJs jggf Atgjjfc With the very best -ML x Jr 'V| - -» JP» .Meilleurs voeux wishes for a happy y ., à Voccasion de Passover and a 4 Pessah et de Happy Easter 1 Pâques The Honourable Sheila L’Honorable Sheila Finestone, Finestone, C.P., déput ée du comté de Mont-Royal 17 LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1 997 NOUVELLES COMMUNAUTAIRES U i i fitïÊÈm il.i frw’ Une Bar Mitsvah toute spéciale à l’École Maïmonide Célébration à l’École Maïmonide, Campus Jacob Safra, de la Bar Mitsvah de six garçons originaires de l’ex URSS.Ils sont présentement inscrits dans le programme intensif d’accueil en français, études juives et anglaises, offert par l’École Maïmonide sous l’égide de la Fédération CJA.De nombreux Rabbins et personnalités communautaires ashkénazes et sépharades dont le Consul général d’Israël, Monsieur Daniel Gai, ont pris solennellement part à la pose des Téffilines, en compagnie du kahal des étudiants de l’École secondaire, témoignant ainsi leur amitié aux familles russes en fête à l’École.Nos remerciements aux généreux donateurs qui ont participé à l’achat des Téffilines et à l’organisation de la fête.Sur la photo, les Bné Mitsvah et leurs parents, entourés des professeurs, directeurs et personnalités communautaires.Les essais nationaux pour l’équipe de mini-football Maccabi Canada Les 20, 21 et 22 décembre derniers, à Montréal, avaient lieu les essais pour former l'équipe de mini-football Maccabi Canada.Ces essais ont accueilli 37 athlètes de partout à travers le Canada comme Vancouver, Winnipeg, Toronto et Montréal ainsi que d'autres parties du monde telles la Grande-Bretagne, Israël, la Californie et la Floride.Les athlètes qui ont participé à ces essais sont des étudiants et des professionnels venus concourir dans un esprit de franche camaraderie et de saine compétition.Après une fin de semaine de travail ardu pour les joueurs, les entraîneurs, Joe Amar et David Rumack avaient la difficile tâche de sélectionner deux gardiens de but et neuf joueurs pour représenter le Canada en Israël en 1997.C'était la première fois dans l'histoire de Maccabi qu'il y avait autant d'athlètes de si haut calibre venus pour des essais nationaux.Les entraîneurs étaient surpris par la qualité du jeu.Ils ont finalement choisi onze athlètes qui représenteront le Canada au cours de l'été prochain.Il s'agit de : Oren Bitton, Jason Bressler, Ron Eliachim, Roy Raviv et Steve Lazarus du Québec, Dany Hadida, Offer Winkler, Irvin Studin et Dan Sankar de l'Ontario, Jason Levitt de la Colombie-Britannique et Collin Berenhaut de l'Alberta.Outre ces onze sportifs, les entraîneurs ont également choisi sept joueurs de remplacement : Nicolas Pinto et Fabrice Lévy du Québec, Shawn Rutenberg, Blake Dinkin, Leor Israeski, Fred Cown et Mike Fiechenko de l'Ontario.« Je pense que l'équipe de cette année sera la meilleure jamais vue par Maccabi Canada.Nous espérons revenir au Québec avec une médaille.» a déclaré Joe Amar.L'équipe de mini-football de Maccabi Canada a déjà été plusieurs fois médaillée : 1981 : Bronze/Israël - 1985 : 5e place -1989 : 7e place - 1993 : 8e place - 1995 : Bronze/Argentine.Centre Hillel Programme à venir Mardi 29 avril Partie de la Mimouna à “La Palmeraie” -Synagogue Beth Rambam, 5780 Westminster - Côte St-Luc -à 22h00 -PA.F.7$ Du 17 au 19 mai Voyage à New York-1 nuit - 2 jours- Au programme: Tour de ville, magasinage etc.- Départ samedi soir 23 h du Centre Hillel - P.A.F.159$ - Places limitées.Dimanche 18 mai Marche vers Jérusalem.Voyages en Israël - Gesher 1997 Un été de rêve - Gesher “Gadna” - Pour les finissants du secondaire V (16-17 ans).Au programme : Visite des principales villes, randonnées pédestres, plage, etc.- 4 jours à la Gadna (camp militaire) - Date : du 9 juillet au 6 août 1997 -Prix: 3260$ Gesher “Kibboutz”- Pour les étudiants des cégep et universités (18-24 ans) -Au programme : Convention mondiale de la jeunesse.- Visite des principales villes, randonnées pédestres, plage etc.-5 jours de kibboutz - Date : du 25 juin au 23 juillet 1997 -Prix: 3080$ INFO : CENTRE HILLEL - 738-2280 Étude sur la pensée juive avec le Rav Shlomo Atlan Tous les lundis soirs de 19 h à 21 h au Centre Hillel - 5325, rue Gatineau Envoyez vos suggestions et demandes d’information sur email.Centre Hillel @ Cyberglobe.net ou téléphonez au 738-2280 THÉ DE BIENFAISANCE Celui-ci a eu lieu le dimanche 16 février dernier à Hékal Shalom et fut un véritable succès puisque 300 personnes étaient présentes à cet événement dont Madame Maryse Ohayon, présidente de la Communauté Sépharade du Québec.Ce thé réunissait des dames de Ville Saint-Faurent, Dollard-des-Ormeaux, Côte Saint-Luc et Laval afin de recueillir des fonds au bénéfice du « mikvé ».Cette première s'est avérée fructueuse.Au total, les organisatrices ont comptabilisé 13 000 $ grâce à la générosité des participantes.La prochaine étape aura lieu le 15 juin, date importante pour la congrégation puisqu'une autre collecte de fonds sera organisée à l'occasion de l'inauguration de ce « mikvé » à la Congrégation Hékhal Shalom.Mesdames, soyez au prochain rendez-vous ! Corinne Bénichou LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 18 Assemblée Générale de la Communauté Sépharade du Québec 1997 Prestige et continuité Quelques-unes des personnalités présentes : De g.à dr.: Le Rabbin Howard Joseph, le Dr Victor Coldbloom, commissaire aux Langues officielles du Canada, M.Sylvain Simard, ministre des Relations internationales du Québec, Pierre-Etienne Laporte, député provincial d'Outremont, Joshua Zarka vice-consul d'Israël à Montréal.M.Joseph Benarrosh (à dr.) reçoit le prix de l'Ordre du Mérite sépharade des mains de S.E.David Sultan, ambassadeur de l'État d'Israël au Canada et de Mme Maryse Ohayon, présidente de la Communauté sépharade du Québec.Plus de 300 personnes ont bravé le froid et la neige pour assister à l'Assemblée générale de la Communauté sépharade du Québec qui avait lieu le 2 février dernier, à l'auditorium Samuel Grover du Y.Cet important événement communautaire était placé sous la présidence d'honneur de Son Excellence David Sultan, nouvel ambassadeur d'Israël au Canada, et de nombreuses personnalités du corps consulaire, du monde politique et communautaire qui s'étaient faites un point d'honneur d'y assister.On pouvait ainsi côtoyer M.Sylvain Simard, ministre des Relations internationales du Québec, M.Pierre Bourque, maire de Montréal, de nombreux députés fédéraux et provinciaux, ainsi que nos fidèles amis les consuls généraux d'Israël et d'Espagne, MM.Daniel Gai et José Maria Castroviejo.À la suite des allocutions d'usage et du rapport moral de la présidente, plusieurs prix et distinctions communautaires ont été remis à des bénévoles qui se sont particulièrement distingués.Un vidéo clip retraçant 30 ans d'histoire de la communauté a été présenté pour conclure l'événement.Le maître de cérémonie était Mme Perla Garzon.Ordre du mérite sépharade : M.Joseph Benarrosh Prix de la culture sépharade : M.Nairn Kattan Prix de la reconnaissance communautaire : Mme Mady Anidjar Prix du leadership communautaire : M.David Sultan Prix du leadership au sein des constituantes : M.Jacques Dahan Prix du leadership communautaire jeunesse : M.Laurent Ziri Prix spécial pour contribution exceptionnelle : Mme Liliane Abitbol Prix de la meilleure commission : Commission de la planification communautaire, dont le président est M.Alain Azuelos Une délégation des Scouts israélites de Montréal lors de l'Assemblée générale de la Communauté Sépharade du Québec.19 LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1 997 $ ./I, 4,., 4# # * ^ ,, # ,, e# .* Ï?A 4* ' 4> ' 4- ‘ #*v 4 jÉ Député de Robert-Baldwin Porte-parole de l’Opposition officielle en matière de Santé et Services sociaux Je profite des fêtes de Pessah pour offrir mes meilleurs voeux à toute la communauté PIERRE MARSAN Le président de la Communauté sépkarade de Ville Saint-Laurent, Petak Tikva, Isaïe J.Boukadana et son conseil d administration, présentent leurs meilleurs soukaits à toute la communauté à l’occasion des fêtes de Pessak.Le Ckal om, la prospérité et la joie dans vos foyers.Cette période de likerté et d allégresse devrait rapprocker les kommes de konne volonté et surtout les memkres de notre communauté.Hag Saméah Vé Kasher fj ?iVw'/D'n jvnDOivnV'npn Conjnjuijaufc Sépkarade Hékhal Skalon) 825 GRATTON.VILLE ST LAURENT.OUÉ.H4M 2G4 TÉL : 74/4530 Le président et le Conseil d’administration de la communauté Hekhal Shalom de ville Saint-Laurent, présentent aux membres leurs voeux d’un Pessah joyeux et casher - Dr.Patricia Harrosch Abikzer, b sc.d.m.d Dr.Sandra Suissa, d m d Chirurgien-Dentiste / Surgeon Dentist Chirurgien-Dentiste / Surgeon Dentist Souhoitent o toute la communauté séphorode de joyeuses fêtes de Pessah CLINIQUE DENTAIRE PHYSIMED 6363, Transcanadienne, bureau 121 B, Ville St-Laurent (Québec) H4T1Z9 Tél.: (514) 747-4040 • Télécopieur : (514) 747-0655 rogramme de services bancaires conçu spécialement pour La communauté Sépharade du Québec Prêts hypothécaires' • 1/2 % de réduction sur un terme initial de 6 mois • 1/4 % de réduction sur un terme initial de 1 à 7 ans • Aucuns frais1 lors du transfert à la Banque de Montréal d’un prêt hypothécaire existant d’une autre institution financière Prêts personnels* 1/2 % de réduction sur les prêts à taux fixe, termes de 1 à 3 ans 1/2 % de réduction sur les prêts à taux variable 1 % de réduction sur les prêts à taux fixe, terme de d à 5 ans et plusieurs autres.Si vouo déoirez vouoprévaloir de ceo avantagea dLitinctif/, voiui n \avez qu à vouo rendre à cette ouccuroale : Yvon Morier PI.fin., directeur - développement hypothécaire Succursale Snowdon - Hampstead 5353, chemin Queen Mary, Montréal tél.: (514) 636-2301 cell.: (514) 949-3558 1 Votre prêteur actuel peut cependant exiger certains frais Sous reserve des normes de crédit habituelles de la Banque de IVfontréal.Certaines conditions s’appliquent, t Offres valides jusqu’au 31 mars 1998.Ces offres ne peuvent être combinées avec aucune autre offre de la Banque de Montréal LA VOIX SEPHARADE, MARS-AVRIL 1997 Banque de Montréal Les inscriptions sont ouvertes au collège Hillel Le collège Hillel, anciennement École sépharade, n’a jamais cessé de progresser et de miser sur un enseignement rigoureux et de haute qualité.Ses objectifs sont de permettre aux élèves d’acquérir une pensée autonome rattachée à leur expérience, de les préparer à la culture québécoise et de développer en eux un sentiment d’identité ainsi que le respect de soi.Ses objectifs sont aussi d’enseigner aux jeunes l’importance de la vie familiale, celle des relations interpersonnelles dans notre société, le sens des responsabilités vis-à-vis d’eux-mêmes et des autres, de développer leur capacité de jugement critique et leur désir de s’accomplir.Enfin le collège assure une formation générale par l’initiation aux multiples domaines de la connaissance et suscite chez l’élève la créativité et le désir de participation.Sa mission Dès sa naissance, le collège Hillel se veut une institution communautaire qui répond à des besoins spécifiques par ses programmes adaptés pour enfants en difficulté d'apprentissage ainsi que par des programmes particuliers pour les élèves n'ayant jamais fréquenté d'école juive.Sa mission a pour but l'atteinte de l'excellence par des programmes plurilingues (français, anglais, hébreu) ainsi que par un programme d'hébreu Voie Hillel Programmes de type traditionnel 12 périodes par semaine.Le rôle communautaire du collège Hillel, ainsi que son rôle éducatif et culturel dictent que cette institution continue d'exister.Compte tenu de son caractère spécifique, elle ne veut ni se dissoudre ni s'affilier à une autre institution.Le Collège continue donc à vivre et fera tout ce qui est en son pouvoir pour atteindre son but grâce au soutien des personnes qui ont à coeur sa vocation culturelle, religieuse et communautaire et ses objectifs éducatifs, les parents d'élèves.Inscriptions pour l'année scolaire 1997-1998 Niveaux secondaires de 1 à 5 Collège Hillel 2190, av.Ward, Ville Saint-Laurent (514) 744-9707 Les programmes Niveau secondaire Programmes enrichis au secondaire en lien avec le ministère de l'Éducation • Maths 436 • Science physique 426 • Maths 536 • Physique 534 • Chimie 534 Cours à option : • Espagnol • Informatique • Histoire contemporaine Programme d'hébreu Voie Hillel - Programme enrichi Voie Shalom - Programme adapté 6 périodes par semaine, spécialement conçu pour les élèves qui n'ont pas fréquenté d'école juive Laboratoires de sciences des plus perfectionnés : • Physique • Chimie • Biologie Laboratoire d'informatique équipé de matériel de dernière technologie.Programme de formation en bénévolat aux Sec IV et V (crédité).Service de cafétéria, activités parascolaires.Niveau primaire Programmes plurilingues (français, anglais, hébreu) Voie Hillel : Programme de type traditionnel 12 périodes par semaine.Programme adapté pour les élèves n'ayant pas fréquenté d'école juive Programme d'enrichissement Programme de soutien pour les enfants en difficulté d'apprentissage Laboratoires de sciences et d'informatique Services Activités parascolaires Services à option : Repas chauds, Transport, Études surveillées après l'école.Pour toute information, téléphoner au 744-9707 Garderie sépharade de Montréal De 18 mois à 5 ans, toute la journée de 8 h à 18 h.Programme complet de formation et d'éveil : Informatique, Musique, Danse.Services disponibles : Repas chauds.Transport.Aide financière selon les critères d'octroi.Pour toute information, téléphoner au 744-9707.Maternelle à 6e année Inscriptions pour l'année scolaire 1997-1998 21 LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 PORTRAITS DE La fibre communautaire Sandie Sparkman Malgré son nom, Sandie est sépharade.« Mon vrai nom de famille est Assayag, mon père est originaire de Marrakech et ma mère d'Essaouira.Mon père, qui était engagé dans l'armée de l'air des États-Unis, a choisi de changer son nom en Sparkman, cela faisait plus américain.Moi-même je suis née au Maroc, j'ai habité au New Jersey, puis à Montréal où j'ai étudié à l'Université Concordia.».Sandie est titulaire d'un baccalauréat en français avec spécialisation en Commerce.Cette jeune professionnelle de 29 ans, directrice du marketing à CIMTEL -AT&T, une firme en pleine expansion, personnifie l'enthousiasme et surtout 12 ans d'engagement communautaire aux États-Unis d'abord, à Montréal ensuite où elle est, à l'heure actuelle, co-présidente de ProMontréal.Son parcours au sein de la communauté juive de Montréal est impressionnant, car elle a été également présidente de l'Association des jeunes adultes juifs et joué un rôle prépondérant dans le Comité S.A.R.C.(Sephardi-Ashkenazi Relations Committee).Elle est également très active au sein du Département de technologie de Y.A.D.(Young Adult Division) et présidente du Young Leadership qui travaille sur un projet commun à Ottawa entre TUnited Israel Appeal et le Combined Jewish Appeal.Elle tient à rappeler sa participation au programme de Formation des cadres « Sefarad 92 ».On ne peut s'empêcher de se poser la question : comment fait-elle pour gérer tout cela ?La réponse est simple : Sandie a vraiment le feu sacré, elle s'investit pleinement dans ce qui lui parait être bon pour la communauté juive.Cet enthousiasme, on le sent quand elle parle des activités de ProMontréal, de son profond souhait de voir ces jeunes construire leur avenir ici, de son espoir en une communauté juive forte et unie.Sandie se sent très sépharade et précise Connaître la communauté pour mieux la servir Sonia Benghiat Ce qui frappe le plus chez Sonia, c'est son optimisme qui, il faut le souligner, a quelque chose de rafraîchissant par les temps qui courent.Agée de 25 ans, titulaire d'un baccalauréat en Sciences et d'une maîtrise en Mathématiques-statistiques de l'université Concordia, Sonia ocupe un poste de cadre au Canadian National où elle a la responsabilité des études statistiques destinées à mettre en place des stratégies financières visant une meilleure rentabilité de l'entreprise.Pourtant, à première vue, Sonia ne donne pas l'impression d'être confrontée quotidiennement à l'aridité des chiffres.Née à Montréal d'un père égyptien et d'une mère marocaine, Sonia se sent très sépharade.Elle a fréquenté les écoles publiques anglophones et fait du bénévolat dès l'âge de 16 ans sous forme de visites aux patients de l'Hôpital Général juif dans le cadre d'un programme scolaire.Pourtant, m'avoue-t-elle, « Je ne connaissais pas très bien les institutions juives à Montréal et encore moins la Communauté Sépharade » (bien qu'elle lisait La Voix Sépharade).Aujourd'hui cette lacune est réparée, car Sonia participe au programme de Formation des cadres sépharades organisé par le qu'il faut à tout prix préserver notre spécificité et donc être également représentés par une Communauté qui puisse défendre nos intérêts.L'optimisme de Sandie constitue, sans aucun doute, une note d'espoir pour l'avenir de notre jeunesse.Elie Benchétrit Département des jeunes adultes de la Fédération C.J.A.et.a exprimé le désir de faire partie de l'équipe de journalistes de La Voix Sépharade.Aimant le chant, elle fait également partie de la Chorale Kol Zimra du Centre Communautaire Juif.Quand on évoque le problème des jeunes qui envisagent de quitter Montréal, Sonia souhaite qu'ils ne se découragent pas, car elle est convaincue qu'il y a un avenir pour ceux qui font l'effort de chercher un travail correspondant à leurs aptitudes.« Il y a des places, il faut savoir foncer pour les prendre », même si elle reconnaît que ce n'est pas toujours facile.Enfin, les problèmes sociaux de notre communauté la préoccupent beaucoup et elle souhaite être plus présente, afin d'en être mieux informée.Bienvenue parmi nous Sonia.Elie Benchétrit LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 22 Une championne de course que rien n’arrête.Sandra Zagury Au premier abord, Sandra Zagury n'a pas l'apparence typique de la « sportive ».Assise au fond du Café République, cette jeune fille aux cheveux bouclés, au sourire accueillant et au joli pull rayé ne ressemble en rien aux stéréotypes que l'on se fait des athlètes.Pas de casquette ni de queue de cheval et pas de running shoes, cela n'est pas son genre.Elle m'explique que le samedi soir est consacré aux amis et au plaisir : chose rare pour cette jeune fille dont les temps libres sont restreints.À 24 ans, Sandra Zagury est la première de l'équipe de course du West Island avec un temps record de 26,4 secondes au 200 mètres, de 41,9 secondes au 300 mètres et de 58 secondes au 400 mètres (et ces temps records ne cessent de s'améliorer).Sandra a été sélectionnée cette année par l'équipe canadienne de course ainsi que pour les quinzièmes jeux de Maccabiah en Israël cet été.Depuis la petite enfance, Sandra s'est consacrée au sport : du patinage artistique au ski alpin, en passant par la natation et le plongeon, et bien Une professionnelle sépharade à Baron de Hirsch Sylvie Lasry Sylvie a 33 ans, mariée et 2 enfants.Née en France, elle est titulaire d'un baccalauréat en Administration de l'U.Q.A.M.et exerce depuis 1989 la profession de contrôleur des Services d'aide à la famille juive de l'Institut d'autres encore.Elle a toujours excellé dans tout ce qu'elle a essayé.Ainsi, alors qu'elle ne s'intéresse à la course que depuis deux ans, Sandra se trouve déjà à la tête de son équipe de course.Grâce à sa maturité et à sa détermination, elle fait partie des gens que rien n'arrête.« Pour être la meilleure, il faut travailler et ne pas avoir peur d'échouer.Parfois on perd, mais d'autres fois on gagne », admet-elle.Toujours optimiste, elle rajoute que « pour chaque mauvaise journée, il y en aura une bonne ».Comment devient-on championne de course à l'âge de 24 ans ?Sandra concède qu'elle avait déjà un talent au départ : très jeune elle courait plus vite que tous ses amis.Mais à cela s'est ajouté l'envie de se dépasser, le goût de la vitesse et de la victoire.Depuis qu'elle fait partie de l'équipe de course de West Island, Sandra s'entraîne six fois par semaine pour mieux travailler sa force, sa vitesse, ses distances, sa musculation et son endurance.Et quand elle ne s'entraîne pas, elle enseigne la gymnastique à titre de suppléante.Malgré son horaire chargé, Sandra aime aller au cinéma et sortir avec ses amis : tout repose sur la gestion efficace de son temps, ce qu'elle sait faire à merveille.Baron de Elirsh.Elle s'occupe des budgets et du personnel de soutien au staff.Travailler dans une des agences-clés de la Fédération des services communautaires juifs, n'est pas chose facile.« Même si je m'efforce d'être neutre, je ne puis m'empêcher de considérer avec gravité les problèmes sociaux que connaît une frange importante de notre communauté.Les chiffres sont éloquents lorsqu'ils se réfèrent à la pauvreté, au chômage et, de plus en plus, à la précarité de la situation des personnes âgées ; je me sens concernée parce que c'est de ma communauté qu'il s'agit.».Sylvie se dit toutefois étonnée du peu de participation des sépharades aux groupes de soutien qui travaillent à Baron de Hirsh.« Je pense, me dit-elle, que c'est une approche découlant des habitudes culturelles, mais j'espère que peu à peu on arrivera à une plus grande participation de nos gens.».Ses objectifs pour cet été ?Gagner une médaille d'or aux jeux de Maccabiah, rien de moins.Et, à plus long terme, elle espère trouver un poste à plein temps comme enseignante en éducation physique, ce qui lui permettrait de continuer à faire de la course au niveau national et international.Pour Sandra, le défi est personnel : « Gagner c'est se prouver quelque chose, ce n'est pas pour impressionner les autres », me confie-t-elle.À cela elle n'hésite pas à ajouter que « quand on veut, on peut », surtout dans son cas ! Emmanuelle Assor Se sentir sépharade à Montréal représente pour Sylvie une réalité tangible : « La situation n'est pas la même qu'en France, car là-bas nous n'avons pas un problème de langue et les sépharades sont largement majoritaires, alors on parle plus facilement de la Communauté juive de France.Ici, nous avons besoin de garder notre identité, autrement nous risquons de nous fondre dans ce que Ton appelle le modèle nord-américain.Oui, je m'identifie à la Communauté sépharade, bien que je n'y suis pas très active en raison de mes obligations familiales qui ne me laissent guère de temps libre.Cependant j'envisage d'inscrire plus tard mes enfants au mouvement scout sépharade et de pouvoir m'engager comme bénévole.Il m'est très difficile d'imaginer ma vie ailleurs qu'à Montréal.» Elie Benchetrit 23 LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1 997 Gouvernement du Québec M.Bernard Landry Vice-premier ministre et ministre d’État de l’Économie et des Finances Je profite des fêtes de Pessah pour offrir mes meilleurs voeux à la communauté sépharade du Québec Pessah, c’est le retour de la lumière.C’est un beau moment de joie, de recueillement et de fraternité au coeur du printemps.C’est à la fois le souvenir et l’avenir.C’est aussi un précieux symbole de paix.Je suis heureux de partager ce moment privilégié avec toute la communauté juive de la métropole.Votre communauté a planté au Québec des racines profondes et durables.Son rayonnement, qui s’étend à tous les domaines de notre vie collective, de la culture aux affaires, contribue à celui de la métropole.Je souhaite, très chaleureusement, que Pessah vous soit amour et bonheur.Serge Ménard Québec ss Gouvernement du Québec Ministère de la Métropole LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 24 sfB~ À l'occasion de la Pâque juive, Pessah, il me fait plaisir d'offrir mes meilleurs voeux à toutes les familles et ami(e)s de votre communauté.Thomas J.Mulcair Député de Chomedey Porte-parole de l’Opposition officielle en matière de justice etd’accès à l’information V A V $ 4* 4* 4s 41 ASSEMBLÉE NATIONALE .mum ;?£?fi**'**' "** * ° '1 y.MP J'ai toujours plaisir à voir arriver la Pâque juive car elle m'offre l'occasion renouvelée de saluer mes amis de la Communauté Sépharade du Québec et de les remercier pour leur généreuse contribution à la société québécoise.Que cette période propice au partage et à l'amitié soit aussi pour vous un temps de ressourcement spirituel ! Heureuse Pessab ! M.Guy Chevrette Ministre d’Etat des Ressources naturelles et ministre responsable du Développement des régions Gouvernement du Québec 25 LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1 997 DÉCOUVREZ LE MONDE avec FLYCOM Les Voyoges FLY O m LES MEILLEURS PRIX GARANTIS EN VILLE FLYCOM AUJOURD’HUI VRAIMENT LE N°1 SUR ISRAËL, L’EUROPE ET LE SUD t~s$Sge: 3S&&R 'rS£‘-’0î!: SUPERS SPÉCIAUX SUR TOUTES DESTINATIONS TOUTE L ANNÉE à aJpjl'Jgr .FLYCOM, C’EST AUSSI DES DÉPARTEMENTS CORPORATIFS ET DES CROISIÈRES HAUTEMENT SPÉCIALISÉS FLYCOM des prix à vous coupez le souffle!!! 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d'échange d'informations.Progressivement, les uns et les autres ont trouvé leurs chemins ; ils se sont intégrés à la vie canadienne, et à celle de la grande communauté juive montréalaise.Compte tenu du nombre restreint de familles juives d'origine iranienne, et surtout leur dispersion géographique dans la grande métropole, il n'a jamais été possible de créer une congrégation iranienne, et chacun est membre de la synagogue la plus proche de son domicile.Néanmoins, pour les Yamim Noraïm, toute la communauté se rassemble pour célébrer les offices selon le minhag iranien.En plus, l'Association organise durant l'année certaines soirées amicales et, en été, des pique-niques.En bref, l'Association a pu maintenir un certain esprit de cohésion parmi ses membres.Mais ce n'est pas tout.La Communauté juive iranienne véhicule une vieille tradition religieuse et culturelle, pleine de charme.Dans un monde en pleine effervescence, la communauté juive iranienne ne fut pas épargnée des grandes mutations du siècle; et force est de constater qu'il y a un risque de rupture avec ce riche patrimoine, risque qu'il faut combattre à tout prix.C'est là la vraie raison d'être de cette Association.Par ailleurs, en tant que témoins de notre époque, nous avons le devoir de transmettre aux générations futures le patrimoine dont nous avons hérité.C'est dans ce souci que nous avons essayé, entre autres, de relater dans certains numéros de La Voix Sépharade ce que fut cette communauté, son histoire, ses moments de détresse, son relèvement récent, ainsi que quelques facettes des coutumes qui lui sont propres.Pour faire le point sur la Communauté, on peut croire qu'elle se trouve dans la phase finale de son intégration, ce qui ne veut pas dire pour autant que les problèmes soient choses du passé, mais il y a des indices laissant conclure que les uns et les autres commencent à récolter le fruit de leurs premiers efforts.Nous assistons à la montée de la première génération élevée totalement ou quasiment au Canada, et on peut se féliciter du pourcentage élevé de jeunes qui ont complété les études universitaires ou sont sur le point de le faire.En cela, la tradition a été respectée car, en dépit des abnégations et des privations, le mot d'ordre « non au décrochage » a été unanimement suivi, comme jadis, en Iran, où le niveau de scolarisation et le pourcentage des diplômés universitaires étaient fortement au-dessus de la moyenne nationale.Il y a lieu de féliciter les parents pour l'endurance dont ils ont fait preuve, et souhaiter un avenir plein de succès à ces jeunes pleins d'ambition.C'est ce qui me permet de conclure que l'avenir de notre communauté repose tout naturellement sur ces jeunes.Espérons que la relève se fasse avec la même conscience que celle qui nous a animés, avec, en plus, de nouvelles réalisations • cest toi IM.ville! lift II B Mi BJftjfiP m i Vous pouvez trouvez, à Montréal, une propriété qui répond à vos besoins.Près de 100 projets sont présentement en chantier et plusieurs vous offrent des propriétés pour moins de 100000$.De plus, la ville de Montréal offre aux acheteurs de maisons neuves un congé de taxes foncières pouvant atteindre 10000$.Renseignez-vous au 872-0581 (maisons neuves) ou au 872-4630 pour nos programmes de rénovation 27 LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 La sortie d’Égypte Une opération toujours en cours RABBIN MOÏSE OHANA Mémoire et actualité du sens des fêtes À l'exception des Yamim Noraïm, Rosh Hachana et Yom Kippour, toutes les fêtes de notre calendrier religieux viennent commémorer un moment particulièrement marquant de notre cheminement spirituel comme peuple de la Torah.La fête n'a cependant pas le rappel historique, le souvenir et la commémoration pour seuls objets, ni même pour principales raisons d'être.Le message spirituel de la fête, ce qu'elle a à nous dire pour ici et maintenant, demeure, aux yeux du judaïsme, au moins aussi important que la commémoration de l'événement, le souci de garder en mémoire, d'en transmettre le récit aux générations qui montent et de les en imprégner.L'élément mémoire, pour aussi important qu'il soit, n'occupe qu'une place seconde.Le rappel de l'événement n'a de valeur que si le message véhiculé nous touche par sa pertinence, son actualité, les émotions et les réflexions qu'il éveille en nous.La fête, autrement, n'aurait que bien peu de force pour prendre son envol et serait vécue, comme c'est le plus souvent le cas, au niveau de la seule nostalgie, du social, du folklore et du divertissement.Une telle pertinence du message est aussi vraie pour Hanouca, la lutte contre l'assimilation, la perte de l'identité et des valeurs juives étant plus que jamais d'actualité pour notre époque.C'est également vrai pour Pourim.Les événements de Pourim 1996 en Israël sont là pour nous rappeler que Haman et Amalek sont toujours prêts à semer le doute et à frapper.La lecture de la Méguila ne vient pas uniquement nous appeler à la vigilance face aux ennemis d'Israël.Elle vise aussi, comme le Midrash le fait ressortir avec beaucoup de pertinence, à nous faire réfléchir sur la fragilité de la condition humaine en général, celle du juif en particulier, et à souligner le besoin pour notre peuple de se renforcer spirituellement de l'intérieur, de se reprendre en main sur le plan des valeurs fondamentales de la Torah et du Judaïsme qui, bien comprises et fidèlement honorées, nous serviront de rempart et de refuge, nous aideront à tenir face à l'épreuve, compensant ainsi pour beaucoup la fragilité inhérente à notre condition.De même, Shavouot est l'invitation à recevoir la Torah et à vivre par ses enseignements qui n'est limitée ni dans le temps ni dans l'espace.C'est chaque jour, nous dit le Pirké Avot, que l'appel du Sinaï retentit pour qui a des oreilles et qui veut entendre.Une évocation quotidienne Pessah et la sortie d'Égypte pourraient à première vue faire exception, notre libération de l'esclavage ayant été une fois pour toutes achevée il y a quelque 3500 ans.Les dispositions de la Halakha indiquent cependant qu'il n'en est rien et nous invitent à plusieurs reprises à voir les choses autrement.La référence à la sortie d'Égypte ne se limite pas en effet dans le rituel à la seule fête de Pessah et on la retrouve installée en bonne place dans le Kiddouch par lequel on accueille solennellement chacune des grandes fêtes et le Shabbat.Elle apparaît également dans la Amida et dans le Moussaf de chaque fête, si bien que le Zékhère Litsiat Mitsraïm (pour garder la sortie d'Égypte en mémoire) est sur toutes les lèvres en de très fréquentes occasions.De fait, la Torah nous enjoint explicitement de garder présent à l'esprit l'événement de la libération d'Égypte et d'en faire mention à chaque jour de Tannée, la vie durant : léma'an tizkor et yom tsétékha mééretz mitsraïm kol yémé Haïekha (Deut.16,3).Ce verset fait d'ailleurs l'objet d'un commentaire de la Mishna incorporé dans la Haggadah de Pessah, dans le paragraphe « Amar Rabbi Eléazar Ben Azaria ».De ce verset la Halakha déduit l'obligation pour nous de faire explicitement mention de Yétsiat Mitsraïm au moment de la récitation du Shéma à Shahrit, ouvrant ainsi la journée sur ce rappel important, et à nouveau après la récitation du Shéma le soir, à Arbit, pour clore la journée sur le même rappel.Yétsiat Mitsraïm est ainsi stratégiquement placée et continuera de l'être, jusque et y compris lors des temps messianiques, alors qu'Israël et l'humanité dans son ensemble auront déjà bien progressé dans la découverte de D.et se seront beaucoup rapprochés de l'idéal moral et religieux voulu.Nous trouvons même inscrite dans la Torah, une interdiction formelle pour le peuple juif de ne jamais remettre les pieds en Égypte, la terre de l'esclavage, et la Torah met expressément en garde le Roi d'Israël - l'autorité politique suprême - de ne pas prendre des libertés sur la question (Deut.17, 15).Comme pour souligner que la sortie d'Égypte est permanente et définitive.LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1 997 28 Le commencement d’un long processus de libération L'importance de Yétsiat Mitsraïm va ainsi bien au-delà de la libération ponctuelle du peuple juif et son accession à l'état de peuple libre à un moment donné de son histoire.Pour le judaïsme en effet, la sortie d'Égypte n'est que le commencement d'un processus très long, dont l'objectif est de nous faire peu à peu accéder à la véritable libération, à faire de nous des êtres humains authentiquement libres.Libres et égaux aux yeux de la loi, nous n'en continuons pas moins, dans les faits, à être à un degré ou un autre en état d'esclavage.Esclaves de nous-mêmes en tout premier lieu : nos passions, nos préjugés, la course sans limites et sans fin pour les possessions matérielles, les honneurs et les jouissances de toutes sortes.La liste est longue.Notre liberté est tout autant tributaire de la société, ses valeurs, ses priorités, ses règles et conventions, et il n'est pas donné à tous de s'en affranchir aisément.Au moment où j'écris ces lignes, la radio en sourdine laisse nonchalamment échapper l'information banale selon laquelle « l'Afrique du Sud est confrontée à un nouveau fléau, une criminalité galopante qui en fait un des pays les plus dangereux du monde.D'après les chiffres officiels, un meurtre est commis toutes les trois minutes, mais il y a dix ans il y en avait un toutes les heures ».Mais où est-il donc passé, pour ce peuple longtemps opprimé, l'atout majeur et ô combien précieux de la liberté nouvellement acquise ?La même question interpelle nos sociétés occidentales depuis longtemps libres, émancipées et plus qu'adé-quatement nanties, mais où des millions de personnes, toutes classes sociales et traditions religieuses et culturelles confondues ont fait de ce capital inestimable qu'est la vie rien moins qu'une descente, chaque année un peu plus accélérée, aux enfers et à la perdition.Le quotidien auquel vous êtes abonnés, les reportages de toutes sortes dans les magazines, la radio et la télévision viennent chaque jour confirmer que la liberté n'est finalement qu'un outil dont l'apport est très étroitement lié à l'usage que l'on réussit à en faire mais dont l'effet de boomerang est d'autant plus à craindre pour ceux qui n'ont pas appris à le maîtriser.Gérer notre liberté, en tirer le meilleur parti et devenir un être plus moral et plus juste ; faire éclore en nous ces belles qualités du coeur et de l'esprit que le judaïsme célèbre, pour nous-mêmes, nos familles, nos communautés, l'univers de D.dans son ensemble, là est toute la Torah.Ainsi vue, la sortie d'Égypte n'est finalement pour nous, comme pour le reste de l'humanité qui s'est peu à peu libérée de la domination et de l'esclavage, qu'un premier pas, qui risque malheureusement de s'avérer dans la mauvaise direction si la route n'est pas balisée, l'itinéraire et les étapes bien clairement arrêtés et définis.Et c'est précisément de cet itinéraire et de ces balises que la Torah se préoccupe pour amener à l'utilisation optimale de cet atout volatile, à la fois immensément précieux et potentiellement explosif qu'est la liberté.Sortie d’Égypte, recevoir la Torah : un même but d’accomplissement de la liberté C'est la raison pour laquelle Yétsiat Mitsraïm est si étroitement liée à Matab Torah, le don de la Torah qui intervient aussitôt les 49 marches ascendantes du Orner -les 49 jours qui séparent Pessah de Shavouot -intelligemment gravies et nous-mêmes raisonnablement préparés.Pessah et Shavouot sont de ce fait inséparables et l'un ne se conçoit pas sans l'autre : il n'y a de Torah que pour des êtres libres et responsables et il n'y a de libération ultime, authentique et réelle que lorsqu'elle est sérieusement encadrée, valorisée, protégée et portée au sommet grâce à cette adhésion aux valeurs, aux enseignements, aux règles de discipline et de vie gravées dans la Torah et célébrées par Shavouot.On comprend dès lors l'importance de cette référence continuelle à la sortie d'Égypte à laquelle la Halakha nous invite.C'est tous les jours et à chacun des tournants de notre vie que Ton doit se prendre en main et inscrire dans les faits une étape supplémentaire de notre Yétsiat Mitsraïm personnelle, à un niveau chaque fois plus élevé, au meilleur de nous-mêmes, par le moyen des règles de la Torah, de la discipline qu'elle nous impose et de la dimension spirituelle qui en résulte.Bien compris et intelligemment géré, l'ensemble des règles du judaïsme et ses enseignements aide à nous libérer de ces chaînes dont nous parlions plus haut, les passions, les préjugés, les égoïsmes, les fanatismes, les ignorances, les superstitions et les dérives de toutes sortes, dont la liste est longue et qui ont toutes et chacune pour effet pratique de limiter notre liberté jusqu'à presque la réduire à l'état de liberté illusoire et fictive.En revanche, Yétsiat Mitsraïm de chaque jour consiste à se prendre en main, dans le sens de que nous avons dit, par les valeurs libératrices du judaïsme et afin de redonner à cette liberté que Pessah vient célébrer, contenu, vigueur, authenticité • Joyeuses fêtes de Pessah et glorieuse Yétsiat Mitsraïm à nous tous, amen.29 LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 V A l’occasion des fêtes de Pessah j’offre mes meilleurs voeux à la Communauté sépharade.L’Honorable Lucienne Robillard c.p.Députée de Saint-Henri-Westmount Best wishes to the Sephardic community for the Passover holidays.ViDh hnxa nosn an td:)1?nDtr an n’TiDD nh’npn mm Chers amis de la communauté sépharade du Québec, Je suis heureux de m’associer aux réjouissances de la Pâque juive.Cette fête, qui célèbre la fuite d’Égypte et la marche du peuple juif vers la Terre promise, marque également l’arrivée du printemps et le regain d’énergie qui l’accompagne.Que cette énergie nouvelle vous apporte la joie et vous permette de contribuer au développement du Québec, et ce, dans tous les domaines.André Boisclair Ministre des Relations avec les citoyens et de l’Immigration Gouvernement du Québec Ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration Québec ss ASSEMBLEE ftATIOMALE MEILLEURS VOEUX À LA COMMUNAUTÉ SÉPHARADE À L’OCCASION DE PESSAH LAWRENCE S.BERGMAN Député De DArcy-McGee LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 30 CARNETMARIAÇES.CARNETMARIAMES.CARNET,MARIANTS.CARNET,MAR/AC/ES Ut PRODUCTIONS Disco -Mobife Pour Toutes Occasions A U PLAISIR DE VOUS PR£S£NT£R: _________ WÊKHÊKÊÊBÊÊÊÊÊÊÊÊÊÊKt&^ÊÊÊkSt àeà nouveaux (uwt&nM niK oii g mmm A , Ü'iA-vthkxa® Maintenant 9 Musiciens Dynamiques et une Ambiance de Folie T Us Productions Put Abitbol Cest te son de Votre Sitnebi DAN: 686-8478 pag: 599-0946 fax: 681-1062 n.gCatt kg s fur T D A 1 T E U D L= CT "T L 31 LA VOIX SÉPHARADE, MARS-AVRIL 1997 CAHIER DÉTACHABLE ^•W-W-W-W- ^ IW.W.W.W.GLATT KOSHER Galles de réception pour mariages et tous vos événements “ Cacher ” GLATT KOSHER '*V.T • Peut contenir 150 à 500 invités • âalon de la Mariée • (Service exclusif et personnalisé pour votre réception • (Stationnement gratuit 5285, 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