La Caisse populaire Desjardins : organe officiel de la Fédération de Québec des Unions régionales des Caisses populaires Desjardins, 1 mars 1938, Mars
LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions Régionales de Caisses Populaires Desjardins (Société régie par la loi des Syndicats Coopératifs de Québec) VOL.4 MARS 1938 Numéro 3 SOMMAIRE PAGES Pourquoi?.C.Vaill an court.26 Boîte aux lettres: Consultations .L’Aviseur Légal.27-28 La Caisse Populaire de St-Omer, comté de Bonaventure.Honneur à un des officiers.28 Warwick — St-Médard .Louis Arneau.28-29-32 Réflexions d’Après-Cours .Paul Bréval.29-30 En Vitesse (à suivre) .A.L’Epouvante.30 De l’Amortissement des dettes (à suivre) .Le Messager Raiffeisen 1/10/37 .31-32 La Charte de nos Caisses Populaires (suite) .A.Desjardins.33-34 Tableau: Situation des Caisses Populaires Desjardins au 31 décembre 1937 .35 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Organe officiel de la Fédération de Québec des Unions Régionales des Caisses Populaires Desjardins Société régie par la loi des Syndicats Coopératifs de Québec Revue paraissant 10 fois en 1938 — (Abonnement: $1.00 par an) (par groupe de douze abonnements: $9.00 par an) Rédaction et Administration : Bureau de la Fédération, Chambre 912, Edifice Price, Québec.Cette revue est imprimée par Le Quotidien Limitée, Lévis, P.Q.EDITORIAL POURQUOI?Que de pourquoi dans la vie! Pourquoi faites-vous ceci?Pourquoi faites-vous cela?Pourquoi allez-vous ici?Pourquoi dites-vous cela?Aujourd’hui, nous allons expliquer quelques-uns de ces pourquoi.Peut-être cette explication servira-t-elle à plus d'un gérant ou officier de caisse qui désirent ces renseignements, mais n’osent les demander.Pourquoi, nous demande-t-on quelquefois, La Fédération des Caisses Populaires ne permet pas l’achat d’obligations au-dessus de 102 ?Il se présente parfois de belles occasions, par exemple: une belle valeur à 6% qui pourrait donner un rendement de 4Î% mais il faudrait la payer 104 ou 105.Les valeurs qui se vendent à 103, 104, 105, 6% pour rapporter du 4 1% sont des valeurs à longues échéances; peut-on prévoir ce qui arrivera dans quinze ou vingt ans?L’intérêt sera-t-il plus élevé ou plus bas qu’aujour-d’hui?Si l’intérêt est plus élevé, quelle valeur peuvent avoir ces obligations achetées à primes?D’ailleurs, nous avons l’expérience toute récente des obligations qui se sont vendues, il y a un an et demi ou deux à 110, 111, et aujourd’hui, si ces obligations étaient vendues, on ne trouverait preneur qu’à 105.Quand la Fédération des Caisses Populaires juge qu’il ne faut pas dépasser 102, nous trouvons que c’est une mesure très sage.Plus d’un gérant nous remercient aujourd’hui d’avoir été fermes en les empêchant d’acheter de telles obligations à 110.Cependant, lorsque nous avons refusé on ne paraissait pas très content.Ce que nous faisons, nous le faisons toujours dans l’intérêt des caisses populaires, nous pouvons nous tromper, il est vrai mais nous essayons avec la coopération des uns et des autres et de l’expérience acquise, de nous tromper le moins possible.Pourquoi, nous demande-t-on, refusez-vous l’achat de certaines obligations comme telles valeurs de communautés religieuses ou encore de municipalités, etc.Comme principe général, nous procédons de la meme façon que l’on procède dans les caisses locales lorsqu’il s’agit de prêter à un individu.Nous regardons en premier lieu la garantie morale, puis la garantie matérielle.Si dans telle municipalité, on a fait des dépenses extraordinaires, dans telle paroisse, on a construit des églises non proportionnées avec les revenus, nous sommes plus circonspects.Si nous savons que telle municipalité ne s’est pas rendu à ses obligations, nous refusons impitoyablement l’achat de ces valeurs.N’avons-nous pas, dans nos règlements un article qui se lit comme suit: “Le sociétaire emprunteur doit: 1—Etre en règle avec la société’ 2—-Avoir remboursé tout emprunt antérieur, ou encore, n’être pas en retard pour le remboursement d’un prêt en cours ou des versements qu’il s’est obligé de faire.3—Ne pas avoir mis ses endosseurs ou cautions en cause.Lorsqu on achète une obligation, c’est un peu comme un prêt, or, la municipalité ou la corporation qui ne s est pas rendu à ses engagements n’est pas en règle avec ceux qui lui ont fait confiance, c’est le mê-me principe qui s impose.Nous ne voulons pas dire que jamais à l’avenir, une corporation ou une municipalité qui a été en défaut ne pourra vendre ses obligations à une caisse populaire, mais avant de procéder a 1 achat de ces obligations, il faudra s’assurer qu’il s’est opéré un grnd changement pour le mieux dans la gestion de ses affaires.En achetant des obligations de municipalités, il faut se rendre compte s’il y a des industries dans cette municipalité, si c’est une municipalité purement rurale ou une municipalité de village, b il n y a qu une industrie, nous faisons attention, car si cette industrie fermait, cette municipalité devient en mauvaise posture.Voilà autant de questions qu’il faut se poser.Quand nous constatons qu’une caisse populaire a suffisamment d obligations d’investies dans telle communauté ou telle municipalité il faut refuser 1 achat de ces valeurs, car il ne faut pas mettre tous les oeufs dans le même panier On nous demande souvent pourquoi refuse-t-on l’achat de telles obligations à tel prix, lorsqu’on a approuvé ces memes obligations pour une autre caisse?Oui, nous les avons approuvées pour une autre caisse, le prix pour Fautre caisse et les vôtres ne sont pas les mêmes et nous ne voulons pas que nos caisses sment exploitées.Si par exemple une obligation de telle communauté, pour telle échéance, une caisse a paye 99.50 nous ne voulons pas que cette obligation soit payée un prix supérieur que celui déjà approuvé.Lorsqu il s agit d obligations gouvernementales ou de grandes villes comme Montréal, Québec Trois-Rivières, Sherbrooke il peut y avoir fluctuation dans le marché.Pour les obligations de communautés religieuses, cette fluctuation ne peut exister sur une même échelle.Il an-ive parfois qu’on nous écrive pour nous dire: nous désirons acheter telle obligation, à tel prix.Nous leur répondons que c est une bonne valeur mais au lieu d’acheter telle obligation à 31% on peut ache-ter une autre valeur a 4% qui est aussi bonne si non meilleure que celle offerte à 31%.Toutes ces remarques vous sont faites pour vous être utiles, ce que nous voulons c’est le bien et le succès de nos caisses populaires.C.VAILLANCOURT. Volume 4 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 3 BOITES AUX LETTRES Consultations Question: — Pourriez-vous nous donner une formule d’ouverture de crédit garantie par hypothèque?Réponse: — Voici la formule demandée et publiée par le bureau de notre aviseur légal HUDON & PIGEON, avocats.L’An mil neuf cent, , le , de Devant le soussigné , Notaire pour la province de Québec, résidant et pratiquant — A COMPARU — , de , ci-après appelé L’EMPRUNTEUR et LA CAISSE POPULAIRE DE , syndicat coopératif légalement incorporé, ayant son siège social à , ici représenté par , de , son , agissant sous l’autorité d’une résolution de , du dit syndicat du mil neuf cent trente- , dont copie est annexée aux présentes, signée par les parties et par le notaire soussigné, après avoir été reconnue véritable, ci-après appelé le dit syndicat LA CAISSE LESQUELS ONT FAIT LES CONVENTIONS SUIVANTES : 1°.-—-La caisse accorde par les présentes à l’emprunteur un crédit de la somme de , qu’elle lui fournira sur demande aussi longtemps qu’elle le jugera convenable.2°.—De son côté, l’emprunteur pourra en tout temps effectuer tels remboursements que bon lui semblera, et reprendre ensuite les sommes dont il aura besoin, de manière cependant à ne jamais excéder le crédit total ci-dessus mentionné.3°.—L’emprunteur paiera l’intérêt, au taux de l’an sur les sommes par lui empruntées; il acquittera ces intérêts semestriellement le jour de et de chaque année.Tout intérêt non payé à échéance portera intérêt sans demande à compter de cette échéance au même taux que le montant emprunté, et quelle que soit la somme empruntée, il sera dû à chaque échéance au moins vingt-cinq sous d’intérêt.4°.—Toutes sommes dues seront payées au siège social de la caisse sur demande.5°.—Les remises et remboursements de fonds seront constatés par les reçus respectifs des parties; l’emprunteur n’aura droit à aucune quittance partielle mais seulement à une quittance finale, lorsque toutes sommes dues par lui à la caisse auront été acquittées.6°.—Pour garantir le remboursement de toutes sommes qu’il pourra devoir à la caisse, l’emprunteur hypothèque en faveur' de la dite caisse, jusqu’à concurrence de la dite somme de , et d’un montant additionnel de en garantie des intérêts, frais, et autres sommes qu’il pourrait lui devoir en outre des prêts et avances ci-dessus mentionnés, l’immeuble ci-après décrit, savoir: — 7°.—L’hypothèque ci-dessus consentie sera une garantie continue de toute obligation de l’emprunteur envers la caisse, jusqu’à concurrence du montant ci-dessus mentionné, et la dite hypothèque ne sera pas réduite par les paiements et remises que l’emprunteur pourra effectuer, mais subsistera pour le plein montant pour garantir les nouvelles avances qui pourront de temps à autres lui être faites, et les nouvelles obligations qu’il pourra de temps à autre encourir.8°.—L’emprunteur déclare que l’immeuble ci-dessus décrit lui appartient en propre par bons et valables titres dûment enrégistrés, et est libres de tous privilèges et hypothèques, et s’engage à remettre ses titres en dépôt entre les mains de la caisse tant que subsistera l’hypothèque ci-dessus consentie.9°.—L’emprunteur devra fournir chaque année le reçu de toutes taxes municipales et scolaires, et de toute cotisation ef-fectant l’immeuble ci-dessus décrit, et ce, lors de l’échéance des dites taxes, cotisation ou rentes.10°.—Pour garantir davantage le remboursement des sommes pour lesquelles la présente hypothèque est consentie, l’emprunteur s’engage à tenir les construction, érigées sur l’immeuble ci-dessus décrit, assurées contre le feu, jusqu’à concurrence de et à transporter à la caisse, les polices d’assurances, et à les déposer entre ses mains, et à lui fournir les reçus de renouvellement de primes au moins vingt-quatre heures avant l’expiration de la police, faute de quoi, la caisse pourra, sans cependant y être tenue, effectuer ou renouveler telle assurance aux frais de l’emprunteur.11°.—Comme garantie additionnelle, l’emprunteur transporte à la caisse tous baux qu’il a pu consentir ou pourra consentir, de tout ou de partie de l’immeuble affecté par la présente hypothèque.12°.—L’emprunteur remboursera à la caisse, toutes taxes qui pourraient être imposées à l’avenir sur les créances hypothécaires.13°.—L’emprunteur sera tenu de rembourser toutes sommes dues à la caisse.A.—S’il fait faillite ou ses- sion de ses biens; B.—S’il cesse d’être pro- priétaire de l’immeuble ci-dessus décrit; Volume 4 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 3 C.—Si le dit immeuble de- vient affecté d’aucun privilège préférable à la créance de la caisse.D.—Si l’emprunteur fait défaut de remplir aucune des conditions du présent acte.E.—Sur avis d’un mois donné par écrit.14°.—Pour l’exécution des présentes, les parties élisent domicile à , au siège social de la caisse où se feront tous les paiements.DONT ACTE:—Fait et passé à les jour, mois et an ci-dessus mentionnés, sous le numéro des minutes du notaire soussigné.Et les parties ont signé avec nous, notaire, en notre présence.après lecture faite.Question: — Un prêt hypothécaire déjà remboursé peut-il être fait de nouveau sur le même acte étant donné que l’hypothèque n’est pas radié au bureau d’enrégistrement?Réponse: — Vous nous avez soumis pour opinion un document par lequel un sociétaire de la caisse déclare ce qui suit: “En vertu d’un acte .j’avais obtenu de la caisse populaire un montant de .comme prêt garanti par hypothèque; j’ai remboursé en entier le dit prêt.Cependant, comme aujourd’hui même j’ai obtenu de la dite caisse un nouvel emprunt au même montant et conditions; pour éviter les frais d’une quittance et nouvelle obligation, les immeubles hypothéqués aux termes de l’obligation sus-relatée le demeureront jusqu’à ce que le présent emprunt soit rmeboursés.” Nous sommes d’avis que ce document ne constitue pas d’hypothèque en faveur de la caisse.Une hypothèque consentie en garantie d’un prêt est éteinte par le remboursement, et il n’en peut être constitué une nouvelle pour garantir un nouveau prêt que par un acte d’obligation en bonne et due forme dûment en- registré.— Il est évident que le document que vous nous avez soumis ne rencontre pas les exigences de la loi pour un acte d’hypothèque, et de plus, il n’a pas été enrégistré et n’était pas susceptible de l’être.La Caisse n’a par conséquent aucune hypothèque en garantie de l’emprunt en question, qui est une simple dette chirographaire.—• Nous croyons qu’il serait utile d’avertir tous les gérants de caisses populaires de la rigueur de la loi en ce qui concerne les hypothèques.Chaque fois que le créancier touche le montant d’une hypothèque, même en recevant le produit d’une assurance, l’hypothèque est étreinte jusqu’à concurrence de la somme reçue par le créancier, et elle ne peut renaître que par un acte d’obligation enrégistré.Il n’y a d’exception à cette règle que pour les hypothèques qui sont constituées en garantie continue d’avances pour un montant déterminé.Mais encore une fois, l’hypothèque en garantie d’un prêt ou d’une obligation déterminée s’éteint automatiquement par le paiement, et on ne peut le faire revivre.LA CAISSE POPULAIRE DE ST-OMER CO.DE BONAVENTURE Honneur à un de ses officiers A une assemblée des directeurs de la caisse populaire de St-Omer, comté de Bonaventu-re, tenue le 20 février 1938, au bureau de la caisse, à laquelle étaient présents: Messieurs Edmond Allard, Valmont Arse-neau secrétaire, François Boudreau et Zoel Savoie.Il a été proposé par M.Valmont Arse-neau et adopté.QUE des sympathies soient offertes à la famille Landry pour la perte cruelle qu’elle vient de faire dans la personne de son chef, monsieur Jos.Edm.Landry.Monsieur Jos.Ed.Landry a toujours été un des officiers de notre caisse populaire depuis près de vingt-trois ans qu’elle est fondée.Membre du comité de crédit, il s’est acquitté de ses délicates fonctions avec zèle et avec le plus grand esprit de justice.Il s’est toujours fait le défendeur et le protecteur de la caisse; la paroisse entière lui doit beaucoup de reconnaissance.Nous considérons de notre devoir d’inscrire son dévouement dans nos archives, et copie de la présente résolution sera envoyée à monsieur Claude Landry et aux journaux.Signé: Edmond Allard, président, Valmont Arseneau, secrétaire, Francis Boudreau, directeur.Pelletier E Roy, Gérante.- o- WARWICK St-Médard En 1920, nous ne connaissions Warwick que de nom.Par un charmant voyageur, nous savions, que cette paroisse possédait une petite manufacture de laine, et .c’était tout.Pour les Caisses Desjardins, tout n’était pas rose à cette époque.Leur fondateur agonisait.Elles étaient en but à de violentes attaques.Des gérants d’une banque disparue depuis, leur faisaient une lutte de corsaire.Aussi, leurs très rares propagandistes se montraient-ils Volume 4 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 3 nerveux, peu empressés à fonder des Caisses, dont l’excessive indépendance les effarait.Ce fut dans cet état d’âme que nous acceptâmes la fondation de la Caisse de Warwick.Et elle commença à vivre.Confessons humblement que, si elle a vécu et prospéré, ce n’est pas la faute de celui qui présida à sa fondation, mais bien au dévouement désintéressé des premiers officiers et de leurs successeurs.Quoiqu’il en soit, elle marche vers les cent mille d’actif.Voyez plutôt le rapport suivant, présenté par MM.les administrateurs, il y a quelques semaines: Messieurs les sociétaires: Nous venons de terminer notre 17ième année sociale, et regardant les années passées pour les comparer à la dernière, nous ne doutons pas que comme nous, vous vous sentirez confortablement rassurés pour les années à venir.Nous vous soumettons notre rapport annuel pour étude et suggestions à l’assemblée générale du 23 courant.Veuillez comparer la marche toujours ascendante de votre coopérative; nous avions au début de l’année un actif de $79,890.04 nous terminons l’année avec $95,762.65.Le nombre des sociétaires qui était de 609 est passé à 680 et les déposants à l’épargne de 574 à 634 et 224 membres ont emprunté durant l’année une somme de $45,040.58 répartie en 355 billets et 6 hypothèques les prêts de $1.00 à $99.00 ont été comme toujours les plus nombreux soit 231, et 77 de $100.00 à $199.00; il ne reste que 47 prêts pour au-delà de $200.00 chacun.(Suite à la page 32) REFLEXIONS D’APRES-COURS Les Cours sur les Caisses populaires et sur la Coopération sont terminés.Plus de 300 jeunes, de 18 à 30 ans, les ont suivis attentivement.Ils sont venus.de partout.De l’avis de MM.les professeurs de carrière, ce furent des groupes de choix.Tous ces étudiants se sont montrés avides de science coopérative, assidus aux Cours, ponctuels, attentifs, bûcheurs, curieux, charitables, décidés de rayonner l’esprit coopératif dans leur entourage.Bref, pour un coud d’essai, c’est un coup de maître.S’il n’en dépendait que de nous, de semblabes cours se continuerainet, pendant au moins une décade.Et, nous souhaiterions en voir donner — quelques-uns, il va de soi — par de ces élèves de l’an 1938, après au’ils auront mis en pratique la science coopérative acciuise au prix de grands sacrifices et de rudes labeurs.Malgré tout et malgré nous, nous croyons encore oue pour faire de la vraie coopération, il faut savoir marier harmonieusement science et exvérience ; oue seule, ni l’une ni l’autre ne fera jamais rien de solide.Malgré tout et malgré nous, nous estimons touiours oue la coopération est d’abord oeuvre sociale avant d’être affaire financière ; malgré nous et malgré tout enfin, nous craignons les incompétences coopératives.Du “ va comme je te pousse ”, il v en a trop eu dans le passé.Les paroles de Mgr Vouroux demeurent vraies, ou, il n’y a plus rien à comprendre en ce v>ns monde.“ Il ne faut rien commencer, écrit-il, avant d’avoir étudié à fond le mécanisme des oeuvres que l’on veut établir.” Ne confondons pas une notion exacte et détaillée avec des idées superficielles.Telles institutions ne réussissent pas.faute d’être assises sur des bases solides, faute d’une organisation nettement conçue et fortement réalisée.A la science théorique, il est nécessaire de joindre celle que nous donne l’expérience.Aussi, ne cherchons pas la rapidité dans les résultats.En tout ordre de choses, la compétence est la première condition des succès.Dans les questions sociales, on s’improvise trop vite docteur.On croit pouvoir tout décider, sans avoir rien étudié.Or, quand MM.les étudiants en coopération de cette année n’auraient compris que cette poignée de vérités d’élémentaire bon sens, que déjà, ils n’auraient pas perdu leur temns, et.qu’anrès un an d’expérience, quelques-uns seraient capables de devenir professeur pratique de Coopération et de Caisses xxx Quels sont les faits saillants qui ressortent de ces Cours, nous demandait hier un apôtre de la Coopération ?Et nous de répondre : L’absence complète ou le manque d’idées précises sur l’organisation financière moderne ; sur les Caisses populaires: sur le régime coopératif en général.Et encore ?.Eh ! bien oui.A peu d’exception près, ces jeunes gens n’avaient aucune idée nette sur l’organisation des compaernies, sur leurs actions privilégiées, avec ou sans droit de vote, avec ou sans profits cumulatifs, sur leurs actions communes, sur les parts d’eau, sur la multiplicité des votes, etc.Faut-il ajouter qu’ils s’imaginaient une Caisse Populaire, comme étant une compagnie ordinaire, une simple succursale ayant de grande institution financière ayant les mêmes méthodes d’affaires, les mêmes préoccupations financières.Aussi, fut-ce avec une surprise étonnée qu’ils entendirent cette étrange définition tomber des lèvres du professeur : une Caisse n’est ni une banque ni une société de prêts, ni une machine à enrichir qui que ce soit.Tous les officiers, sauf M.le Gérant, ne reçoivent jamais de salaire.— 20 — Volume 4 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 3 Tous les paroissiens peuvent et doivent en faire partie.Leur étonnement fut au comble, quand ils l’entendirent ajouter : “ sang, dévouement, sans chant, sans sacrifice d’intérêts personnels et mesquins, sans ténacité et esprit de suite, la vraie coopération est une lubie ; les 28 pionniers de Roche-dale, en Angleterre, Raiffeisen, en Allemagne, et dans le Québec, Desjardins, ont réussi leurs entreprises coopératives, parce qu’ils ont eu foi dans ces méthodes coopératives et qu’ils les ont vécu journellement.Mais, nous abusons.Mettons un point à nos trop longues réflexions.Tous les Cours ont été faits pour infuser aux Coopératives présentes et futures, le véritable esprit qui doit les animer, les manitenir dans ce droit chemin, leur assurer une direction compétente et une exacte gestion de leurs affaires.Et c’est de cette façon que MM.les étudiants en coopération les ont compris.Paul B réval.EN VITESSE Disons que: L’usure existe encore, en plein 20ième siècle.Nous dédions à ceux qui nous accusent de nous battre contre les moulins à vent cette note du “ Devoir ”, inspirée par un récent débat à la Chambre des Communes d’Ottawa., V, Les petits prêts.L’usure, c’est-à-dire le prélèvement d’un profit disproportionné sur un prêt, doit être chose presque aussi vieille que le monde.L’usure, dans ce sens, ne subit pas l’usure, dans le sens de détérioration.Elle se pratique encore avec succès, pour l’usurier ; presque toujours, au détriment du petit.A tel point que l’autorité, pour éviter un moindre mal, en est venue à légaliser certaines pratiques.Des sociétés, se sont constituées pour l’exploitation du petit crédit, des chartes fédérales leur ont été accordées.Ces entreprises prêtent à plus que le taux légal de l’intérêt, infligent des amendes à ceux de leurs clients qui sont en retard dans leur remboursement par mensualités, leur intentent assez souvent des procédures dont ils doivent assumer les frais.Il arrive que de tels frais judiciaires s’élèvent à plus que la dette initiale.Le Parlement fédéral a déjà fait une enquête à ce sujet.Elle a démontré en même temps que l’existence d’authentiques abus, d’abus révoltants, la nécessité d’établissements de crédit dont les comptoirs soient accessibles aux petits emprunteurs.Mais en pareille occurrence, le risque du prêteur est sensiblement plus grand que celui d’une banque qui ouvre un crédit à un homme d’affaires, qui lui escompte ses effets de commerce ; les frais d’enquête, d’administration, de perception, sont fortement accrus.Ce qui paraît justifier un taux d’intérêt plus élevé.Les sociétés qui pratiquent le petit prêt se sont en tout cas beaucoup multipliées ces dernières années.Cestaines, à ce qu’on entend dire, conduisent leurs opérations avec décence ; d’autres pas.Le Parlement fédéral en a des échos pour ainsi dire à chaque session, quand de nouvelles sociétés de ce genre s’adressent à lui pour l’obtention de chartes.Le cas s’est encore produit ces jours derniers.La société dûment autorisée à pratiquer le petit prêt n’existe, n’est pour ainsi dire tolérée qu’à titre de moindre mal.Mais le mal plus grand existe de son côté, subsiste malgré tout : l’agence clandestine.Celle-là n’a pas à tempérer, dans son propre intérêt, la rigueur de ses procédés.Disons que : Par les caisses populaires Comment la faire disparaître?C’est ce que l’on se demande dans le monde parlementaire et dans le monde des affaires.Cette sorte de police que sont les Better Business Bureaux de Montréal et de Toronto suggère que l’on ne permette la pratique du petit prêt qu’aux seules sociétés qui se munissent d’une charte fédérale et qui se soumettent à l’inspection des autorités fédérales.Politique du moindre mal.Dans la province de Québec, n’avons-nous pas déjà l’organisme tout indiqué pour faire échec à l’usure et aux usuriers : les Caisses populaires Desjardins ?Celles-ci n’existent certes pas en nombre suffisant, ni dans les villes ni dans les campagnes, mais les résultats qu’elles donnent sont probants.Les Caisses populaires ont pour but d’encourager l’épargne chez leurs membres, de leur accorder aussi, à l’occasion, un crédit facile et peu coûteux.Disons que : Les cours sur les Caisses populaires ont été un succès.Les élèves qui les ont suivis sont en état de rendre de grands services à la Coopération en Une suggestion ?Pourquoi nos Caisses ne feraient-elles pas entrer, le plus tôt possible, ces spécialistes en herbe, dans leur Conseil d’administration, ou leur Conseil de Surveillance ?Ce serait de bonne politique d’ajouter une pinte de bon jeune sang dans notre oeuvre.A.Lépouvante 30 — Volume 4 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 3 DE L’AMORTISSEMENT DES DETTES (Suite du mois de Janvier) Mais si beaux que soient les résultats déjà réalisés, on doit néanmoins convenir qu’ils auraient certainement pu être plus expressifs encore et plus féconds en bienfaits si certains principes fondamentaux de Raiffeisen avaient été mieux compris et plus méthodiquement appliqués encore par les Caisses.C’est pourquoi il convient aujourd’hui d’étudier à nouveau, à la lumière des expériences faites au cours de la crise, quelques principes fondamentaux de l’administration de nos Caisses, aux fins de préciser et d’intensifier notre programme de travail futur.Les Caisses Raiffeisen ont pour but de favoriser l’épargne, de recueillir les capitaux et les disponibilités du village pour les distribuer sous forme de prêts rationnels et bien garantis aux gens dignes, honnêtes, travailleurs et capables de leur cercle d’activité.La distribution du crédit d’abord et l’administration des prêts ensuite constituent pour les dirigeants une tâche de la plus haute importance puisque c’est d’elle que dépend tout particulièrement l’action bienfaisante tant économique que sociale de la Caisse Raiffeisen dans une communauté rurale.La distribution du crédit est une fonction particulièrement délicate à l’heure actuelle où l’on doit non seulement éviter à tout prix tout nouveau surendettement mais encore obtenir le désendettement successif de nombreuses exploitations.La surveillance des prêts et crédits est aussi devenue pénible et difficile surtout par le fait que les lois d’exceptions et les mesures juridiques extraordinaires ont atténué le respect de la parole donnée et des engagements librement consentis provoquant parfois une véritable épidémie de mauvaise foi.Aussi ne faut-il pas s’étonner si le projet de loi sur le désendettement agricole rencontre si peu de sympathie dans le peuple et chez les paysans eux-mêmes.Trois disciplines doivent être touj ours rigoureusement observées en vue d’une distribution et d’une gérance rationnelle des crédits : a) n’accorder du crédit qu’à des gens dignes, travailleurs et sobres, b) se bien renseigner sur le but de chaque emprunt et surveiller l’emploi des fonds.Il faut que l’établissement de crédit se prononce lui-même sur l’utilité du crédit sollicité, c) veiller à ce que les prêts effectués soient remboursés successivement.Parmi ces trois disciplines fondamentales à observer dans l’administration des prêts et crédits, l’amortissement systématique des detes revêt une importance particulière d’ordre non seulement purement économique mais encore éducatif et moral.L’amortissement systématique des dettes est un principe naturel.Il est une mesure de prévoyance.Aux années grasses succèdent toujours les années maigres.Aux vaches grasses les vaches maigres.C’est une loi naturelle.Seul celui qui pratique une politique économique et financière prévoyante durant les années grasses traversera sans difficulté et sans secours extérieur les années maigres.Or, le principe le plus élémentaire de prévoyance ne réclame-t-il pas le remboursement successif des dettes contractées ?Celui qui contracte des dettes, que ce soit l’état, la commune, la société ou l’individu doit au moment de l’emprunt déjà songer au remboursement et prévoir un plan d’amortissement approprié auquel il s’adaptera.On reproche souvent aux banques d’avoir été parfois trop généreuses dans la distribution du crédit à l’agriculture et d’être ainsi responsables jusqu’à un certain point du surendettement de l’agriculture.Il est vrai que ceux qui émettent ces critiques sont souvent des démagogues, les mêmes parfois qui, il n’y a pas longtemps encore, reprochaient aux banques de ne pas accorder suffisamment de crédit à l’agriculture.On doit reconnaître que ce reproche d’avoir favorisé le surendettement est justifié quelques fois pour certaines banques, moins peut-être par le fait qu’elles ont distribué trop généreusement le crédit que parce qu’elles n’ont pas suffisamment étudié les possibilités individuelles des requérants et surtout parce qu’elles n’ont pas exigé un amortissement suffisant et rationnel des prêts effectués.Les bénéfices d’une exploitation doivent toujours revenir à l’exploitation même.Or, aux époques de fortes conjonctures de guerre et d’après-guerre, on ne pensait que peu souvent ou pas du tout au remboursement des dettes contractées.On achetait de nouveaux terrains.On construisait.Les excédents d’exploitation servaient à toutes sortes de fins sauf à rembourser des dettes.Les banques capitalistes, soucieuses de traiter des affaires et de placer avantageusement leurs capitaux n’insistaient du reste pas pour le remboursement.Cela allait tant que la pièce de bétail se vendait Fr.1500 à Fr.2000.—, que le lait était à 35 cts le litre, le blé à Fr.43.— les cent kilos.Mais lorsque les prix des produits agricoles baissèrent, la valeur des terres diminua parallèlement, seules les dettes subsistèrent intégralement et le surendettement apparut dans toute sa hideur.Ce fut cette crise douloureuse dont souffre l’agriculture, les difficultés de tout genre, les découragements, l’appel effréné aux secours de l’état, l’institution des mesures juridiques extraordinaires et toutes les misères que Volume 4 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 3 chacun connaît.Et il nous paraît qu’on est trop porté aujourd’hui encore à trouver des motifs les plus subtils aux difficultés présentes en laissant volontairement dans l’ombre les causes les plus simples et les plus évidentes.L’amortissement systématique des dettes part du principe le plus élémentaire de logique.Celui qui fait un emprunt pour acheter une maison sait parfaitement bien que cette maison sera soumise aux intempéries et qu’avec le temps des réparations et des améliorations seront nécessaires.Il faut donc logiquement qu’il mette de côté chaque année une certaine somme, diminuer la dette pour être à même de pouvoir au moment opportun faire face à ces prestations.Quiconque n’agit pas ainsi se trouvera fatalement un beau jour devant un bâtiment délabré grevé d’une dette supérieure à la valeur de son immeuble.Pourra-t-il alors honnêtement prétendre : C’est la crise ! et rendre les événements responsables de sa situation ?Certes non ! Est-il rationnel également de contracter un emprunt pour acquérir du bétail, de tirer profit de ce dernier en laissant la dette subsister intégralement ?Est-ce prévoyant également d’acheter des machines en faisant appel au crédit et de laisser subsister ce crédit, la machine étant jetée déjà au vieux fer ?La logique la plus élémentaire réclame donc un amortissement rationnel des dettes.L’amortissement systématique des dettes favorise le désendettement.Il nous semble même que c’est le seul moyen rationnel pour le débiteur de se libérer honnêtement de ses engagements par un effort suivi, continu.Et si un désendettement radical de l’agriculture s’avère vraiment nécessaire au moyen d’un compromis entre le débiteur, les cautions, les créanciers et l’état, chacun apportant sa contribution, comme l’envisage la loi fédérale actuellement à l’étude, que l’on fasse à côté de cela mieux revivre dorénavant le principe séculaire de la libération graduelle des dettes par le débiteur.C’est pourquoi nous considérons que l’amortissement systématique des dettes est un moyen très important de désendettement rationnel et d’assainissement du crédit agricole.En exigeant le remboursement par petits acomptes, le créancier peut suivre exactement la situation de son débiteur, il peut contrôler les possibilités de ce dernier et les résultats de son activité.Il peut ainsi intervenir en temps utile, réclamer les réorganisations et les réformes qui peuvent être nécessaires dans les méthodes d’exploitation et de travail de l’accrédité.L’amortissement désendette ; il décharge aussi petit à petit les cautions de leurs engagements.L’amortissement systématique libère petit à petit les cautions de leurs engagements.Il empêche que des cautionnements se prolongent indéfiniment et se transmettent de générations en générations, comme c’est malheureusement encore le cas actuellement.Il atténue les gros risques du cautionnement.La distribution rationnelle du crédit et l’amortissement systématique rendront superflus toutes les restrictions de cautionnement, les registres des cautions et les autres mesures similaires envisagées pour assainir le régime actuel du cautionnement.Et si nous avons des Caisses Raiffeisen qui après 25/30 ans d’activité n’ont pas seulement jamais subi de perte mais n’ont jamais dû encore faire appel aux cautions c’est certainement parce que ces Caisses ont toujours rigoureusement appliqué le principe de l’amortissement approprié et régulier des dettes.L’amortissement systématique des dettes a une grande valeur économique ; il a aussi une valeur éducative, une valeur morale.Par le moyen de l’amortissement systématique des dettes, les dirigeants de la Caisse Raiffeisen peuvent parfaire l’éducation professionnelle des sociétaires.Les Comités peuvent favoriser particulièrement une exploitation rationnelle et l’amélioration constante de la situation financière des entreprises qu’ils financent.(à suivre) Warwick - St-Médard (Suite de la page 29) Nous recommandons à l’assemblée générale de payer 2 1-2 % sur les dépôts à l’épargne, 4 % de boni sur le capital, ainsi qu’une ristourne sur les intérêts des hypothèques de 1-2 de 1 % à ceux qui ont remboursé au moins 2 1-2 % l’année.En payant 2 1-2 % du capital emprunté durant l’année.En payant 21-2 % sur épargnes nous donnons environ $750.00 de plus que nos déposants auraient reçu d’une banque à charte pour le même montant de dépôt, ceci sans tenir compte du 4 % sur le capital et de l’augmentation de notre réserve qui atteindra $4,334.47.Assistez à l’assemblée annuelle, et rappelez-vous que le succès de votre Caisse dépend de la coopération que vous nous apporterez.Wilfrid Fournier, jr, prés.Agésilas Kirouac, sec.-gérant.L’espace nous manque pour publier les chiffres en détails.Naître .de peur, vivre seul, avoir un actif de près de cent-mille piastres, après 17 ans de vie, n’est-ce pas un tour de force?Félicitations à ceux qui l’ont accompli.Louis ARN EAU.— 32 — Volume 4 Numéro 3 ¦ LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS LA CHARTE DE NOS CAISSES POPULAIRES Exposé général par M.le Commandeur Alphonse Desjardins ( suite ) Néanmoins, il peut être opportun d’établir, par des faits et des opinions, qu’il ne peut pas y avoir le moindre doute sur ce point.Dans ses “Banques Coopératives de Crédit”, M.Wolff affirme:— “Les banques coopératives ne sont pas des rivales pour les banques ordinaires.— D’après tout ce qui a été dit il doit être bien évident que les banques populaires ne sauraient être, en aucune façon, considérées comme étant des rivales ou des concurrentes pour les autres banques.Toute inquiétude à cet égard doit être dissipée sur le champ.De fait, les banques populaires doivent, dans leur propre intérêt, s’abstenir de toute tentative de concurrencer les autres banques.Une telle rivalité les avilirait.De plus, elles peuvent, dans certaines circonstances, avoir besoin des banques avec lesquelles elles doivent donc être en relations cordiales, plutôt que de s’ériger en rivales pour les autres banques, mais elles en sont directement les bienfaitrices et les nourricières, si faisant les éducateurs du pauvre, formant avec soin ceux qui aujourd’hui ne mettent pas le pied dans les banques, à des habitudes d’affaires et qui, par conséquent, ne savent pas comment s’y prendre pour ouvrir des relations avec une banque; elles sont des guides qui conduisent le modeste travailleur à travers une humble avenue jusque sur le grand marché financier où les grandes banques jouent le principal rôle et où, enfin de compte, vont et viennent tous les capitaux.Il s’en suit donc que les banques populaires créent, de fait, de nouvelles opérations pour les autres banques, et celles-ci n’en auraient jamais le bénéfice sans le concours des premières.” (p.12.) Et à la page 22 il ajoute:-— “En Italie, lorsque les banques populaires furent d’abord organisées, les banques capitalistes et les banques d’épargne eurent le bon sens de s’apercevoir que ces nouvaux organismes constituaient pour elles un allié puissant et utile, un nouvel auxiliaire dont il serait de leur intérêt d’aider, de féconder l’activité, parce qu’à son tour il leur aiderait.” De plus, M.Wolff écrit ce qui suit dans son livre: “Les Banques Populaires”:— “Elles résolurent d’accorder leur confiance à ce nouveau régime.Comme l’a dit M.Luz-zatti, elles luttèrent de fait entre elles pour avoir sous leur égide maternelle, les nouvelles banques populaires.En agissant ainsi, et M.Luzatti l’avoue franchement dans son discours d’ouverture de 1889, et insiste sur ce point, elles n’ont consulté que leurs propres intérêts.Mais tout de même c’est avec gratitude qu’il reconnaît le secours si opportun qui fut ainsi donné.“La Banque de Naples offrit d’escompter des billets à 1 pour 100 de moins que le taux ordinaire.La Banque de Sicile était prête à pourvoir les quatre cinquièmes du capital requis pour organiser un nombre considérable de banques populaires, même dans son propre rayon d’activité.Mais la loi telle qu’elle existait rendait la chose impraticable.Toutefois, la bonne volonté qui avait inspiré cette offre, pût être utilisée d’une autre façon.A première vue, il fut évident que si les banques populaires voulaient fournir une certaine carrière, il leur fallait être honnêtes.La réputation de M.Luzzatti et de ses amis était trop sérieusement engagée pour qu’ils eussent la moindre tentation de se servir témérairement de ce nouveau mode de crédit.” (p.209.) A la page 94 de son rapport, M.Peters parle comme suit de ce même sujet:—• “M.Luzatti, le ministre actuel des Finances, a établi dans son pays le système de petites banques coopératives, avec parts sociales, lesquelles reçoivent des dépôts, consentent des prêts, escomptent des billets uniquement à l’avantage de leurs propres sociétaires.Il y a plus de 700 sociétés coopératives de crédit en Italie, possédant un capital de 66,000,000 de lires ($12,738,000), et ayant des dépôts s’élevant à 300,000,000 de lires ($57,900.00).Il n’y a guère de groupement agricole de quelque importance qui n’ait pas sa banque populaire ou une succursale d’une telle institution.Leur activité est puissamment aidée par le concours que leur donnent les banques d’épargne des grandes cités, banques qui se sont développées plus rapidement que dans n’importe quel pays.Bien qu’elles cherchent avant tout à placer leurs fonds là où ils seront en sûreté, facilement recouvrables et suffisamment productifs, ces banques s’efforcent de refouler dans la circulation économique le capital formé par l’épargne.Une partie en est consacrée à l’achat des valeurs d’Etat et des obligations des provinces et des communes, tandis qu’une autre partie sert à alimenter les petites branches du commerce et l’industrie agricole, par l’escompte des billets et des traites à long's termes.C’est ainsi que la Banque d’Epargne de Milan, qui a un capital de 60,000,000 de lires ($11,580,000) te des dépôts excédant 300000.000 de lires $57,900,000, aide au petit commerce en acceptant le papier de la Banque Populaire de la même ville qui consent des prêts à l’agriculture et aux petites industries.Les billets de cette Banque Popu- — 33 — Volume 4 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 3 laire une fois endossés par la Banque d’Epargne sont facilement accueillis par la Banque Nationale d’Italie.Le même fait se produit dans les districts ruraux où le crédit agricole et commercial se pratique simultanément de la même manière et en s’entr’aidant.Grâce à la rapide propagation de ces banques populaires, tous les cultivateurs solvables trouvent, tout comme les marchands des grades villes, un accès facile au crédit, et cela sans être astreints au terme de trois mois.” L’on peut ajouter que ce concours de la part de ces grandes banquse à ces associations, n’a pas cessé d’accroître depuis, faissant donc voir que l’expérinece a confirmé l’opinion que l’on avait eu dès le début, et que les banquiers ont eu la preuve que ces sociétés coopératives aidaient plutôt qu’elles ne nuisaient à leurs opérations.La Banque de France qui, avec la Banque d’Angleterre, sont les plus grandes institutions financières du monde, a été depuis longtemps et est encore l’aide le plus puissant que ces petites associations puissent avoir pour l’escompte de leur portefueille.M.Reginald Murray, gérant de la “Banque Commerciale” de Calcutta, termine par les lignes très significatives suivantes, un article qu’il publie dans le “Banker’s Magasine” de Londres, sur l’enquête et le rapport de la Commission Royale nommée en 1901 par le Gouverneur général des Indes, Lord Curzon, dans le but de savoir s’il n’y aurait pas lieu d’établir des Banques Populaires dans ce pays: “Les suggestions maintenant à l’étude n’affecteront pas directement d’ici à quelque temps les opérations des banques ordinaires à fonds social, mais au fur et à mesure que ces sociétés coopératives accumuleront des fonds au moyen d’un crédt plus généralement répandu, elles contribueront à accroitre le volume les marchandises échangeables, et lorsque cela se produira, les banques ordinaires à fonds social ne pourront manquer d’en bénéficier tout à la fois par de nouvaeux dépôts ou par une plus large clientèl.e” Assurément, un banquier d’une si haute compétence que M.Murray, n’aurait pas osé exprimer une aussi ferme conviction si jamais le moindre doute contraire s’était présenté à son esprit.Le devoir de l’Etat La question touchant le devoir de l’Etat ou du Gouvernement à l’égard de ce système de crédit organisé en est une de la plus haute importance.Sans aller jusqu’au point de réclamer une aide directe en faveur de ces associations — car je crois fermement qu’un tel concours constituerait une faute capitale et paralyserait au Canada l’énergie nécessaire au succès du crédit coopératif — je crois que le devoir de l’Etat est très bien défini par M.Nicholson dans les lignes qui suivent:— “Mais l’Etat doit aider au développement du crédit organisé.Les fonctions qui relèvent des pouvoirs publics en matière de crédit rural sont considérables; il est tout d’abord de son devoir de supprimer tous les entraves et les obstacles qui empêchent le prêteur et l’emprunteur de négocier dans des conditions justes et égales; il doit stimuler la concurrence avec le prêteur d’argent en suggérant et en favorisant la création des sociétés de crédit de diverses formes; il doit légiférer pour assurer la bonne organisation et administration de tels organismes, en favorisant ceux qui ont adopté la forme coopérative de façon a y entraîner les gens, vu que cet forme-là tend plus que toute autre à stimuler les qualités essentielles d’un peuple.Les pouvoirs publics doivent accorder certains privilèges qui ne peuvent être prudemment confiés à des particuliers; ils doivent prescrire les mesures nécessaires à une surveillance efficace, et ils peuvent enfin consacrer des subventions modestes à cette fin, soit à titre de fonds de roulement, ou de simple mise initiale” (page 24).Revenant sur ce point, et insistant avec beaucoup de force sur ce que l’Etat doit faire pour stimuler l’organisation d’un tel crédit, il ajoute:— “Le rôle de l’Etat, du moins dans le siècle actuel, ne consiste pas à faire lui-même le crédit; son devoir est de favoriser la création, par les masses populaires elles-mêmes, d’un régime ou système, à types variés ou non, qui offre aux classes agricoles un crédit à des conditions faciles et prudentes.La vraie mission de l’Etat est de supprimer tous les obstacles qui se trouvent dans la voie de l’organisation d’un tel crédit, que ces obstacles viennent du peuple lui-même, comme preuvent l’être son ignorance, son isolement et son imprévoyance, ou que ces entraves proviennent du régime fiscale, juridique ou exécutif” (page 38).Et à la page suivante, il développe davantage sa pensée comme suit:— “Il est du devoir de l’Etat dans tout ce qui affecte le crédit, l’épargne, la prévoyance et la propriété des classes les plus déshéritées, de prendre des précautions spéciales, soit par des mesures législatives, soit par une surveillance exécutive, de façon que ces classes conservent, non seulement leur stabilité et leur indépendance, mais aussi pour qu’elles soient très énergiquement poussées et stimulées à se créer, par leur propre initiative et par la solidarité, les institutions qui leur fourniront le crédit, créeront et développeront parmi elles le goût de l’épargne, des habitudes de prévoyance et la protection de la propriété.(à suivre) SITUATION DES CAISSES POPULAIRES DESJARDINS AU 31 DECEMBRE 1937 Qaspé Rimouski Québec Montréal Sherbrooke T -Rivières Non affiliées Dot.-Prév.Total C.RéK.Total ACTIF : Placements $ 36,600.00 $ 25,930.00 $ 3,165,237.61 $ 589,016.85 $ 81,539.00 $ 752,318.54 $ 39,317.48 4 86,925.65 4 4,776,785.13 $ 1,619,195.05 $ 6,395,980.18 Prêts aux sociétaires 329,467.80 161,716.14 3,354,541.87 1,524,427.50 243,827.11 1,346,180.90 139,868.65 800.00 7,100,819.97 225,473.18 7,326,293.15 Inventaire 355.00 586.22 8,399.46 11,983.15 1,589.00 1,220.34 100.00 80.50 24,113.67 1,252.66 25,366.33 30,143.34 12,904.63 14.50 516.01 43,578.48 533.24 44,111.72 Caisse _ _ 159,367.71 89,234.66 1,240,044.39 409,292.30 193,388.64 664,322.13 13,978.70 14,209.03 2,783,837.56 382,543.99 3,166,381.55 ACTIF $ 525,480.51 $ 277,467.02 % 7,798,366.67 $ 2,547,624.43 $ 520,358.25 $ 2,764,557.92 $ 193,264.83 $ 102,015.18 4 14,729,134.81 $ 2,228,998.12 4 16,958,132.93 Dépenses $ 4,131.09 $ 1,528.07 $ 21,098.52 $ 16,099.38 $ 5,597.99 $ 13,840.57 1 470.66 $ 68.52 $ 63,434.80 3 3,280.65 $ 66,715.45 Intérêts sur épargne.579.03 933.41 3,135.63 11,590.49 4,275.55 2,374.05 38 541.23 23,429.77 13,041.53 36,471.30 Bonis 80.32 76.69 2,061.93 122.42 129.63 2,895.84 2,643.48 — 8,010.31 — 8,010.31 TOTAL $ 530,270.95 $ 280,005.19 $ 7,824,662.75 $ 2,576,036.72 $ 530,361.42 $ 2,783,668.38 4 196,379.35 $ 102,624.93 $ 14,824,009.69 4 2,245,320.30 $ 17,069,329.99 PASSIF : Capital social $ 46,998.45 $ 43,036.51 $ 1,249,445.43 $ 311,833.01 $ 35,691.70 $ 188,735.62 4 28,424.69 3 80,363.08 $ 1,984,528.29 4 135,222.47 $ 2,119,750.76 Epargne 396,195.25 219,296.66 5,583,316.11 2,015,552.40 466,409.82 2,330,639.68 118,148.60 4,943.57 11,133,502.09 2,007,278.69 13,140,780.78 600.00 1,116.15 49,872.34 7,235.00 1,950.00 24,842.67 7,500.00 93,116.16 15,000.00 108,116.16 Intérêts sur épargne.37.47 210.90 5,175.17 579.73 3,590.51 454.49 12,769.43 22,817.70 22,817.70 Bonis 640.73 165.29 7,891.31 804.44 43.24 4,008.81 250.05 — 13,803.87 13,803.87 PASSIF - - $ 444,471.90 $ 263,825.51 $ 6,895,700.36 $ 2,336,004.58 $ 503,094.76 4 2,551,817.19 4 154,777.73 $ 98,076.08 $ 13,247,768.11 $ 2,157,501.16 î 15,405,269.27 Bénéfices $ 8,700.87 $ 3,838.83 $ 78,884.54 $ 47,015.64 $ 11,575.54 4 32,009.67 4 543.73 $ 3,162.51 $ 185,721.33 $ 19,625.26 $ 205,356.59 105.10 172.75 2,946.64 829.00 321.29 872.57 5.50 751.96 6,004.81 Avoir-propre 76,993.08 12,168.10 847,131.21 192,187.50 15,369.83 198,968.95 41,052.39 1,386.34 1,385,257.40 67,441.92 1,452,699.32 TOTAL $ 530,270.95 $ 280,005.19 $ 7,824,662.75 $ 2,576,036.72 $ 530,361.42 4 2,783,668.38 J 196,379.35 $ 102,624.93 $ 14,824,009.69 4 2,245,320.30 $ 17,069,329.99 Sociétaires 3,277 2,458 29,916 10,959 4,412 13,331 454 2,123 66,930- 367 67,297 2,525 2,000 27,481 11,186 3,615 11,269 58,076 380 58,456 1,098 543 6,786 2,379 1,189 3,526 15,521 84 15,606 Caisses ayant fait rapport 25 19 117 76 37 78 8 10 365 6 371 Volume 4 LA CAISSE POPULAIRE DESJARDINS Numéro 3 Enfin nous l’avons ! .LE DELICIEUX SIROP D’ERABLE DE QUEBEC Vous pouvez en tout temps obtenir ce sirop d’excellente qualité provenant directement des érablières du vieux Québec.Soyez certains d’obtenir le produit authentique “LE CITADELLE” le sirop préparé avec la sève la plus pure des érables du Québec.Chaque once de oette sève est recueillie, purifiée et embouteillée sous la surveillance directe d’experts.Si vous désirez du sirop ayant cette véritable saveur de l’érable, demandez le “Citadelle” c’est le meilleur que vous puissiez acheter.Il est 100% pur.LES PRODUCTEURS DE SUCRE D’ERABLE DE QUEBEC Bureau, 5, Avenue Bégin, Lévis, P.Q.Entrepot, Plessisville, Co.Mégantic.S
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