La vie des communautés religieuses /, 1 septembre 1945, Septembre
Communautés Religieuses Vol.IV, n.1 MONTRÉAL Septembre 1945 SOMMAIRE HISTOIRE Adrien Malo Le devoir de continuer.1 S.E.Mgr I.Antoniutti Importante revue.4 S.E.Mgr A.Vachon Les Servantes de Jésus-Marie .5 SPIRITUALITE A.St-Pierre Les Purifications dans la vie ascétique et mystique.11 DROIT DES RELIGIEUX Adrien Malo La vocation des profès temporaires.16 Moïse Roy Age de la Ire communion chez les enfants.20 BIBLIOTHECONOMIE Jogues Massé Une belle initiative.28 CONSULTATIONS (voir au verso) COMPTES RENDUS (voir au verso) ADMINISTRATION: C.P.1515 (PL D'ARMES) - RÉDACTION: 3113 AVE.GUYARD MONTRÉAL CONSULTATIONS 1.Faut-il dire l’oraison impérée « pro pace » à la messe de S.Irénée ?A.Malo.30 2.Les religieuses exercent-elles le droit de vote concédé aux femmes ?A.Malo.30 3.Le mot vocation ne s’applique-t-il qu’à la vie cléricale et religieuse ?A.Malo.30 4.Pourquoi exiger que les consultations soient soumises aux supérieurs ?A.Malo.31 5.Une économe locale est-elle indépendante de sa supérieure locale ?R.Charland.31 6.Une personne séparée de son mari peut-elle entrer dans un ordre ?R.Charland.32 La VIE des COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Publication des RR.PP.Franciscains du Canada Paraît le 15 de chaque mois, de septembre à juin, en fascicule de 32 pages.Abonnement : $ 1.25 par année.Cette revue est imprimée en vertu du certificat No 164 de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre.Enrégistré au Canada comme matière postale de seconde classe.Rédaction : 3 113, avenue Guyard, Montréal.Administration : C.P.15 15, Place d'Armes, Montréal.Directeur : R.P.Adrien-M.Malo, O.F.M.Conseil de direction : S.E.Mgr J.-C.CHAUMONT, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr Ulric PERRON, vicaire délégué pour les communautés religieuses.Mgr J.-H.CHARTRAND, vicaire général.Secrétaire : R.P.Jogues MASSÉ, O.F.M.Administrateur-gérant : M.J.-Charles DUMONT.Imprimeurs et expéditeurs : Les Frères des Ecoles chrétiennes.Nihil obstat : Imprimatur : Hadrianus MALO, O.F.M.Josephus CHARBONNEAU Marianopoli, die la septembris 1945 HISTOIRE / ?y j L€ D6VOIR D€ CCiiimutti Le 8 mai et le 15 août 1945 resteront longtemps des dates mémorables : exauçant nos ardentes prières, Dieu accordait au monde le don si précieux de la paix.Depuis lors, nous le remercions et nous lui demandons la stabilité de la paix.Depuis lors aussi, les institutions imposées par les nécessités de la guerre disparaissent successivement : censure, mobilisation, rationnement, usines de munitions, bases navales, camps militaires.: nées de la guerre, elles ne servaient qu’à la guerre.Heureusement tel n est pas le sort de plusieurs entreprises bienfaisantes : nées pendant et même à l’occasion de la guerre, elles correspondent a des besoins réels et plus ou moins permanents.C’est dans ce groupe qu’il convient de placer LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES.La suspension des revues d Europe a fait sentir le besoin d’un organe consacré aux CDmmunai tes de chez nous ; c est pour combler ce vide que parut en 1942 notre publication ; au cours de ses trois ans d’existence, des témoignages autorisés ont bien voulu dire qu’elle s’est mérité une place définitive parmi les périodiques canadiens.La lettre de S.E.Mgr le Délégué Apostolique que nous reproduisons dans la présente livraison formule ce sentiment avec autant de bienveillance que d autorité.Une supérieure de communauté se comptait heureuse de recevoir très rapidement la réponse a ses consultations ; quand je devais écrire en Europe, ajoutait-elle, la solution attendue mettait tellement de temps à venir que plus d une fois le cas était complètement changé ou avait dû être réglé d’urgence.Un supérieur ne craint pas d’affirmer que « le développement qu’ont pris dans notre pays les institutions religieuses justifie largement l’existence de La Vie des Communautés religieuses ».En approuvant le projet de notre revue, S.Em.le cardinal Villeneuve reconnut que la publication d’une telle revue s imposait chez nous : les questions concernant nos communautés, expliquait-il, seront exposees par des théologiens de chez nous et dans leur enseignement ils introduiront les précisions exigées par les particularités de la vie religieuse au Canada.Ces précieux témoignages dictent un devoir : continuer même dans la paix la publication de notre revue : ils imposent aussi une responsabilité : la rendre encore plus utile.Dans ce but, la livraison de juin dernier invitait les lecteurs à nous communiquer leurs suggestions.En voici quelques-unes.Vol.n.1. 2 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES « Me serait-il permis, écrit un père supérieur, de faire des suggestions.Plutôt que d'amorcer dans un meme numéro une diversité assez grande d’articles, ne serait-il pas préférable de les réduire à un ou deux, mais alors de donner quelque chose de complet.Cela vous permettrait de développer bien davantage la partie consultation, à mon avis très importante.A la partie chronique, vous pourriez bâtir un peu comme la chronique de la Semaine religieuse de Québec.Votre revue serait ainsi un lien et un organe de communication entre les ordres et les congregations, ce qui dans certaines circonstances serait d’une très grande utilité ».De ces suggestions pleines d’intérêt, je retiens surtout ce qui est dit de la chronique ; je juge ce plan merveilleux et je veux le réaliser afin d’établir ou de développer entre nos admirables communautés ce courant de relations qui de plus en plus s avéré un besoin et une nécessité.Je ne crois pas téméraire d escompter a cette fin la collaboration des chroniqueurs des différentes communautés.Un aumônier demande si la mise en page ne pourrait pas etre faite de manière à pouvoir détacher chaque article sans toucher à celui qui précède ou qui suit.Ce désir formule plus d une fois semble facile à satisfaire et nous y prêterons attention dans la mesure de nos ressources.« Aucune suggestion à donner au sujet de la V.C.R., nous communique une collaboratrice très appréciée : elle m’agree et répond parfaitement, je crois, aux besoins actuels de nos communautés, pourvu que vous conserviez, entr’autres articles, ceux qui regardent la vie spirituelle, la vie intérieure, cette chere vie toujours si menacée même en religion ».Nous pouvons assurer que nous n’avons pas songé un seul instant à supprimer la rubrique spiritualité.Si le titre de la revue LA VIE ne la contenait pas, l’expérience discrètement soulignée ici l’imposerait.D’une lettre qui vient d’une communauté de langue anglaise, j’extrais la phrase suivante : “ We like the book and think it very helpful ; we would like to know if you are printing it in english also ”.Invitation délicate qui fait honneur à nos correspondantes.Mais où trouver ces traducteurs compétents qui tout en respectant la doctrine mettraient cette « touche » spéciale recherchée par des lecteurs anglais ?Comment mettre sur pied 1 équipé qui s’occuperait de la rédaction et des mille et un details de 1 administration ?Franchement malgré notre bonne volonté nous n osons pas entreprendre l’exécution d’un tel projet et nous formons des vœux ardents pour que cette équipe s’organise et au plus tôt. LE DEVOIR DE CONTINUER 3 Voici comment s’exprime une provinciale : « Permettez-moi de vous dire combien toutes les religieuses de notre province.apprécient et goûtent La Vie des Communautés religieuses.Ses articles repondent si bien aux besoins de nos communautés canadiennes.Afin de contribuer à la rendre plus volumineuse, daignez agréer notre modeste contribution avec le souhait de nombreux abonnements ».A vrai dire, nous pourrions actuellement augmenter le volume de la revue : consultations, articles, contributions de toutes sortes, nous permettraient de porter à 40 pages la livraison mensuelle.Pour le faire, nous attendrons d’y être doucement contraints par nos lecteurs.Ce bref examen de quelques suggestions reçues à la rédaction montre l’intérêt porté par les communautés à notre revue, ce dont nous voulons ici les remercier et nous fournit l’occasion de declarer jusqu a quel point nous voulons faire œuvre éminemment utile et pratique pour l’enrichissement spirituel de toutes les communautés du Canada.Daigne le Christ, inspirateur, maître et idéal des âmes religieuses, en accorder la grâce aux collaborateurs et aux directeurs de La Vie des Communautés religieuses.Montréal Adrien Malo, O.F.M.NÉCROLOGIE S.E.Mgr Émile-Marie Bunoz, O.M.I.— RR.PP.Marie-Bernard Tétreault et Eugène-Marie Pelletier, O.F.M.— R.P.Joseph Beaudry, C.S.C.— R.F.Léon-Pétrus, F.M.— R.F.Octavien Dorais, O.F.M.— RR.SS.Marie-Cathe-rine-de-Jésus, Fabienne-Marie, Marie-Justin et Marie-Étienne, S.S.A.— RR.SS.Rose-Alba Cournoyer, Marie-Anne Gilberte, Célanire Doucet, M.-Azélie Jacques, M.-Victorine Girouard, M.-Louise Alary, Émélie Paré, Adrienne Vincent et Fabiola Drouin, S.G.M.— RR.SS.M.-Élisabeth Bouchard, Joséphine Lebrun et Sarah Chapdelaine, S.G.S.-H.— RR.SS.Euchariste, Jérémie, Alma Désaulniers, Domitille, Honorine, Ernest, André, Ovide du Sacré-Cceur, Séra-phine Dallaire, Denise-Marie, Lucia-Marie, Marie-Victor et Cyrille, F.C.S.P.— RR.SS.Ange-Marie, Marie-Jeanne, Marie-Clémence, M.Joseph Calasanz et M.Bernard de la Croix, SS.NN.de J.M.— RR.SS.Saint-Wilfrid, Marie-Aurore Caron, Sainte-Augustine, Saint-Bernard-du-Rosaire et Maisonneuve, C.N.D.— RR.SS.Saint-François-Xavier et Saint-Bernard, A.S.V.— RR.SS.Sainte-Mathilde et Sainte-Julienne-de-Falconieri, S.M.I.C.— RR.SS.Marie-de-l’Assomption et Marie des Cinq Plaies, O.S.U.— RR.SS.Saint Vincent Ferrier et Saint-Louis Bertrand, S.M.— RR.SS.Marie-de-Sainte-Anne et Marie-de-Saint-Jean Climaque, B.P.— R.S.M.-Gilles-des-Anges, P.F.M.— R.S.Marie Sainte-Florence, P.M.— R.S.Donat-d’Orléans, P.S.S.F.— R.S.Marie-de-Saint-Fortunat, C.S.C.R.I.P. DOCUMENT PRECIEUX: impoRTRirre Revue ¦ - ***• 1 • DEUEGATÏO APOSTOUCA ¦jtfi R.0.OTTAWA ' sCANÂs.îAi ¦ :520 Dttvewy ; le 28 Juillet 19*5 Mon Révérend Père, J’ai bien.reçu le troisième vùlume de la Revue "La Vie des Communautés Religieuses" ' que vous dirigez avec tant de zèle et de compétence._ , J’ai suivi avec intérêt et profit les articles de votre importante Revue.J’y si trouvé une feule de précieux enseignements.Je suis heureux d’avoir ce volume dans la Bibliothèque de la Délégation.Veuillez agréer mes vifs remerciements pour votre délicate attention de m'.envoyer cet hommage, et tous ’ mes voeux, les meilleurs, pour le succès de vos pur.Tications /'’Toujours plus et toujours mieuxl ^ y^j Votre bien dévoué en K,S." : /y /! .' ¦ -T Rév,Père Adrien Melo OFM Directeur de -la ^evue * «La Vie' des Communautés Religieuses .•// HISTOIRE S€RVflnT€S D€ J&US-mflRI€ Sermon prononcé aux Noces d'Or de fondation à Hull Dieu, dans le Lévitique, 25, 10, disait à son peuple « tu sanctifieras l’année cinquantième.car c’est le jubilé ».Vous avez conscience de répondre au désir de Dieu en rappelant le cinquantième anniversaire de la fondation de votre Congregation.Il y aura, en effet, un demi-siècle mercredi prochain, le 23 mai, que Madeleine Eléonore Potvin reçut le saint habit des mains de votre vénéré fondateur, l’abbé Alexis-Louis Mangin, et fit profession religieuse sous le nom de Sœur Marie-Zita-de-Jésus.Nous sommes heureux, comme humble successeur de Monseigneur Joseph-Thomas Duhamel et premier Pasteur de ce diocèse, de Nous joindre à vous et aux amis de votre Congrégation pour rappeler le souvenir de votre Fondatrice et Nous réjouir avec vous des grâces que le divin Maître a accordées à votre œuvre depuis le jour où, il y a cinquante ans, elle naissait, comme Jésus, dans une étable.Nous venons remercier vivement la divine Providence d’avoir inspiré votre Père spirituel, le curé Mangin, et d’avoir fait naître dans l’âme d’Eléonore Potvin le désir de consacrer sa vie et d’appeler autour d’elle d’autres servantes de Jésus et Marie pour l’adoration perpétuelle du Très Saint Sacrement.Comme Nous le disions le 25 mars dernier dans Notre lettre pastorale (( Il Nous plaît vivement d’appeler sur cette Congrégation religieuse toutes les bénédictions de notre Père des cieux.et de remercier avec ardeur notre divin Maître d’avoir choisi Notre diocèse pour y ériger le premier couvent de cette communauté de religieuses contemplatives.Du haut de ce Thabor eucharistique, où l’adoration du Très Saint Sacrement n’a pas cessé depuis cinquante ans, Jésus-Christ a répandu avec surabondance ses grâces de choix sur toutes les âmes et les œuvres qui Nous sont confiées ».Ailleurs l’adoration du Très Saint Sacrement est transitoire ; ici elle est vraiment perpétuelle.Ailleurs il se fait de temps en temps des amendes honorables et des actes de réparation chrétienne ; ici comme d’une source et d’un foyer s’échappent continuellement et à toute heure des prières qui consolent le cœur de Dieu et réparent les iniquités des hommes. 6 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES L’esprit qui a animé Mère Marie-Zita-de-Jésus s’est maintenu dans toute sa splendeur.La sève spirituelle de la petite communauté naissante de Masson est aussi pure qu’il y a cinquante ans.La petite plante a grandi prodigieusement mais elle a maintenu toute sa vigueur primitive parce que vous restez fidèles à cet esprit de votre fondatrice.Aussi, pendant la messe que Nous avons eu le grand bonheur de chanter ce matin dans votre pieuse chapelle, Nous avons demandé au Maître de la moisson d’envoyer à cette vigne du Seigneur de nombreuses adoratrices pour continuer et développer l’œuvre de vos fondateurs.* * * Transportons-nous cinquante ans en arrière et voyons dans l’étable de Masson votre fondatrice qui prononce ses vœux.La démarche qu’elle fait alors est grave et solennelle ; elle est ignorée de la terre mais elle attire l’attention du ciel.Du haut du séjour de la gloire, la Trinité Sainte qui l’a appelée, Marie qu’elle prend pour reine et pour modèle, les anges et les saints dont elle aspire à partager la félicité après avoir imité leurs vertus, abaissent avec amour leurs regards sur elle et attendent, pour les inscrire sur le livre de vie, les engagements sacrés qu’elle va contracter.Devenant l’épouse de Jésus, elle est devenue ainsi la fille de Dieu et la fille de Marie.Elle est attirée par l’Amour.Elle aime le divin Maître parce qu’il est infiniment bon.Quelle beauté dans son corps glorifié, dans son cœur qui a battu de tant d’amour pour nous et qu’il nous découvre à tous mais surtout à sa fiancée, à son épouse ! C’est une beauté toujours plus attirante et irrésistible.Quand il séjournait sur la terre, parmi nous, elle demeurait voilée, parce qu’il le voulait ainsi, et pourtant, d’un mot, d’un regard, il entraînait les foules après lui.Une parole et André, Pierre et Jean le suivent.Un coup d’œil jeté au fond de leur âme et le chef des apôtres repentant se met à fondre en larmes, et Madeleine enfin convertie répudie les vanités qui l’ont si longtemps fascinée.Un entretien et la Samaritaine comprend le don de Dieu et devient l’apôtre de la cité.Une conversation et Marie, la sœur de Marthe, à ses pieds, les mains jointes, en contemplation, regarde le ciel avec ravissement et considère avec un dégoût infini toutes les choses de la SERVANTES DE JESUS-MARIE 7 terre qui ne lui disent rien au prix des splendeurs divines que Jésus lui a révélées.Dès lors, Jésus attirait tout à Lui ; Il parlait et les multitudes accouraient sur ses pas, parce qu’ils le savaient bon et qu’il leur disait « Misereor super turbam, J'ai compassion de la foule » (Mc 8, 2.) Mère Marie-Zita-de-Jésus a été irrisistiblement attirée vers Jésus.Elle ne veut plus avoir de pensée que pour Lui.Parce qu elle aime son divin Epoux, elle veut Lui ressembler.Grace a ses vœux, elle pourra facilement s’offrir en holocauste au Seigneur ; sa vie sera une louange perpétuelle de Dieu et fera écho au Sanctus ininterrompu des anges du ciel.Il y a plus ; affranchie des servitudes du monde et des entraves de sa volonté propre, elle courra dans les sentiers de la vertu et s’avancera par degrés jusqu’au sommet de la perfection.La sainteté, c’est-à-dire, l’union intime avec Dieu par la pratique de la foi, de l’espérance et surtout de la charité, est le but spécial de sa vie.Assurément, c est a tous les hommes que Notre-Seigneur a dit : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48), et c’est de tous les chrétiens que saint Paul a écrit que » Dieu leSf & choisis pour qu'ils fussent saints et sans tache en sa présence » (Eph I, 4).Pour le chrétien ordinaire, la sainteté consiste à observer les préceptes de Dieu et de l’Eglise.Mais cette sainteté, déjà très belle, ne suffit pas a l’ame d’Eléonore Potvin ; elle veut, elle doit s’élever plus haut.Elle a entendu au fond de son cœur une voix qui lui a dit : (( Abandonne tout.et suis-moi » (Mt 19, 21).«Je t’ai aimée dès l’éternité d’un amour de prédilection ; je t ai choi ie entre mille et dix mille pour être mon Epouse, mon adoratrice ; je veux que tu sois un vase d’honneur et d’élection dans lequel je puisse répandre les flots de ma grâce et de mon amour )).En répondant a cet appel, Eléonore Potvin fait profession de tendre chaque jour à la sainteté et d’entraîner après elle celles qui dans la suite la suivront dans cette voie de l’amour.Elle travaille de toutes ses forces à connaître, à aimer, à imiter Jesus-Christ.Il est le tout de son âme ; Il est sa voie, sa lumière, sa vie.C’est le modèle parfait qu’elle a sans cesse devant les yeux. 8 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Elle n’aura plus de pensée que pour Lui.Car la condition de l’amour, dit sainte Catherine-de-Sienne, c’est d’aimer tout ce cju’aime la personne aimée.Or ce qu’aime Jésus-Christ, c’est son Eglise d’abord.Mère Marie-Zita-de-Jésus aime l’Egl'se du Christ.L’Eglise, certes, ne périra pas, elle a des promesses d’immortalité, mais elle est violemment ébranlée et plusieurs de ses enfants pourront trouver la mort.Votre fondatrice prie pour l’Église, pour le Pape et elle vous a transmis cet amour.Elle aime les cérémonies liturgiques qui sont l’expression des sentiments des âmes qui aiment Dieu.Cette liturgie sainte, elle veut la conserver dans toute son intégrité, elle cherche à la rehausser de toutes les splendeurs du culte.Elle récite, et fait réciter l’Office Divin qui est la voix de l’Église universelle,'la prière publique du Corps Mystique.Ce qu’aime le Christ, c’est le prêtre, son représentant, son autre Lui-même, auquel II obéit, même quand les lèvres qui prononcent les paroles de la consécration sont des lèvres indignes.Puisque le prêtre, en devenant un autre Christ, ne perd pas sa nature corrompue, qu’il est exposé à toutes les occasions de péché et aux pièges de Satan qui sait bien que, par les faiblesses du prêtre, il fait perdre des âmes sans nombre, Mère Marie-Zita-de-Jésus prie sans cesse pour l’homme de Dieu.Elle demande à son divin Maître de le sanctifier, de le protéger dans ses travaux apostoliques et de féconder son ministère.Et elle transmet cette pensée à ses filles.Ce que Jésus aime, ce sont les âmes dont les hommes ont si peu de souci.Il sait leur prix car elles Lui ont coûté cher ; elles Lui ont coûté tout son sang.Elles sont donc bien précieuses à ses yeux.Mais, qui s’occupe d’elles ?Le monde s’empare de l’esprit pour l’orner de quelques rayons de science et de grâce extérieure, dans le but, non pas toujours d’éclairer, mais d’éblouir ; il s’empare du cœur pour le perdre et le profaner.Il rabaisse, il matérialise, il flétrit, mais il ne s’occupe pas toujours de purifier, de montrer le chemin du ciel, l’unique chemin que doivent suivre les âmes.Ainsi, personne ne s’occupe d’elles et les efforts isolés du prêtre demeurent stériles.Mère Marie-Zita-de-Jésus a compris que le monde a besoin d’expiation.Elle a entendu cette parole de saint Jean-Chrysostome : (( Je crois à la vertu de la prière des religieuses ». SERVANTES DE JESUS-MARIE 9 « Sans les couvents, il y a longtemps que le monde serait dé^ truit » disait sainte Thérèse.« Une seule victime d’amour, enseigne saint Alphonse-de+ Liguori, a plus d’influence pour le salut du monde qu’un peuple de ces justices vulgaires ne rendant a Dieu que des hommages intéressés ».La guerre européenne a pris fin et nous espérons que la victoire sera couronnée bientôt d une paix juste et durable.Et quand arrivera le dernier jour du monde, on saura que ce ne sont pas tant les forts bien garnis, les bataillons armes, les engins de guerre perfectionnés, les avions, les chars d’assaut et les millions de soldats qui ont vaincu l’ennemi et les idéologies païennes qu’une humble demeure de religieuses, votre maison, mes chères Sœurs, faisant monter au Ciel vos oraisons et vos sacrifices de chaque jour.Pourquoi 1 expiation ?Parce qu’on ne peut ni rappeler le passé, tant il est chargé de crimes, ni songer à l’avenir, tant il est aujourd’hui plus que jamais sombre et menaçant, ni s’entretenir du présent, tant il est incertain et bouleversé ; parce que les châtiments s’entassent en vain sur les châtiments, et les leçons sur les leçons ; parce que les ténèbres restent à tous les esprits, l’endurcissement a tous les cœurs ; parce que le Souverain Pontife, qui est le Premier gardien de la Cité de Dieu, ne cesse d’élever la voix pour tous les droits de Dieu entièrement méconnus, pour les lois mêmes de la conscience et de l’ordre moral universellement violées.Mes chères Filles, votre Fondatrice élève la voix aujourd’hui pour vous rappeler vos devoirs.Elle vous demande d’être plus que jamais fideles aux leçons qu’elles vous a laissées, de marcher avec plus de droiture que jamais dans la voie d’amour et d’expiation-, d’adoration qu’elle a tracée pour vou$j • -• .Comme Marie'de •Béthanie, vous avez'choisi la meilleure part '(Le 10, 42): Votre part à vous c’est,' à l’exemple de Marie, d’être lés hUmbles servantes du Seigneur, vivant comme elle inconnues aux hommes et entièrement séparées du monde.Votre part à vous, c’est la louange de Dieu dans le silence de la vie cachée : silentium tibi laus.Votre part à vous c’est, par une mortification continuelle dans la fidélité à vos saintes règles, d’acquérir et de conserver l’éminente pureté de cœur et le parfait détachement que demande votre genre de vie contemplative d’adoratrice, puisque, selon la 10 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES volonté de Jésus et de Marie, vous devez être les séraphins de la terre.Votre part à vous enfin, c’est, à l’exemple de Moïse, de lever vers le ciel vos mains suppliantes afin de désarmer la juste colere de Dieu et d’attirer sur nous ses miséricordes.Oui, pendant que les hommes, courant apres leurs idoles, délaisseront le Dieu de nos tabernacles, vous vous prosternerez devant le saint autel et l’ostensoir, répandant sur les pieds du Maître aimé et adoré les parfums de votre foi, de votre amour, de vos hommages et de vos réparations.Au milieu du bruit confus de gémissements, de cris de joie insensés, de blasphèmes impies, de frivoles discours qui s’élèvent de la terre, votre voix pure ne se lassera pas de répéter les louanges du Tout-Puissant, de repeter que notre Dieu est saint, infiniment bon, miséricordieux, digne de toute gloire et de tout amour.Méditez les leçons que vous ont laissées votre Fondateur et votre Fondatrice, que le Saint-Esprit a éclairés.Que chacune d’entre vous répète avec le psalmiste : « L'héritage qui m'est échu est magnifique, oui, ma part est riche et abondante ».C’est un heureux présage de l’abondance de secours que la fête de la Pentecôte que nous célébrons aujourd’hui.L’Esprit-Saint, source inépuisable de toute grâce, vous enrichira de ses dons et embrasera vos cœurs des flammes de la divine charité.Demandez-lui qu’il vous conserve au cœur la vaillance et l’ardeur qui doivent vous aimer en ce jubilé d’or.Demandez-lui qu il vous conserve surtout la paix de l’âme, cette paix celeste si necessaire à la grande œuvre à laquelle vous vous êtes consacrées.Gardez-la précieusement durant toute votre vie religieuse jusqu’à l’heure bénie où la paix imparfaite de la terre succédera à la paix sans mélange du ciel, cette paix que je vous souhaite à vous, à vos familles et à tous ceux que, selon l’expression du regretté Pontife Pie XI, vous portez dans votre cœur.Que la Vierge Immaculée obtienne de son Fils Jésus pour cette Maison et pour toutes les Maisons de votre chère Congrégation les grâces que mon cœur de Pasteur désire pour vous.Ottawa Mgr Alexandre Vachon. SPIRITUALITE Les Purifications dans la vie ascétique et mystique 1 — Définition provisoire Les auteurs de théologie ascétique et mystique qui ont écrit en français ont jusqu a maintenant, employé Je mot (( purifications » pour désigner certaines phases, certaines conditions ou certains phénomènes du progrès de l'âme vers Dieu, sans s’arrêter a définir exactement ce terme et a souligner l’importance de la chose qu il signifie dans l’organisme et le développement de la vie intérieure.Plusieurs n en ont parle qu incidemment au cours de longs développements sur la nécessité de la mortification des sens et de 1 esprit , d autres ont mentionne en leur lieu l’importance et le rôle des purifications actives et passives sans s’arrêter à donner de chacune d elles une definition generale ni à souligner la difference qui les distingue1.Les âmes religieuses gardent plutôt de ces considérations très spéculatives le sentiment qu’elles sont uniquement du ressort des théologiens et ne sauraient devenir l’objet de leurs propres expériences.L expose d une doctrine plus elaboree des purifications appuyé sur l’enseignement positif divin, les écrits des auteurs spirituels et l’expérience commune des âmes fidèles peut être d’une grande utilité aux personnes religieuses en les éclairant sur les moyens que prend la divine Providence pour les sanctifier et en leur donnant les raisons dernières de ces moyens.Combien sont encore surprises, après plusieurs années de fidélité, de ne pas goûter sensiblement la joie calme de 1 union a Dieu qu’elles prétendent avoir meritee par d héroïques sacrifices et de se voir en butte à des tentations qu’elles rougissent d’avouer ; combien après avoir supporté allègrement les épreuves du noviciat, s’imaginent qu’elles ont épuisé la coupe du renoncement et sont ensuite renversées par la première épreuve envoyée directement du ciel pour éprouver leur sincérité ; combien ne soupçonnent même pas les causes uniquement surnaturelles des difficultés particulières qu’elles 1.Le Père Garrigou-Lagrange est peut-être celui qui, parmi les modernes, a traité avec le plus de précision des « purifications » dans son ouvrage « Perfection chrétienne et contemplation », il indique la place qu’elles occupent et le rôle qu’elles jouent dans l’économie générale de la vie ascétique et mystique.On pourra consulter également « Les trois âges de la vie intérieure » du même auteur. LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES éprouvent en vieillissant et succombent a la tentation d en rejeter toute la responsabilité sur le mauvais vouloir de leurs supérieurs ou de leur entourage, alors que d’autres attendent du confesseur un mot magique qui les délivrera, quand celui-ci ne peut que leur conseiller d’être fortes, que ce n est que le commencement.! Tout cela, parce que ces personnes manquent de lumières sur la manière commune dont Dieu se sert pour detacher totalement des créatures l’âme qui lui est spécialement consacrée et la contraindre à ne chercher son repos et ses consolations que dans la soumission totale à sa divine volonté.Que de surprises douloureuses s’épargneraient ces âmes s’il leur était permis de suivre les mystérieux et admirables desseins de Dieu sur elles et si elles acquéraient et développaient la conviction que les epreuves envoyées directement par la divine Providence — purifications passives — quand elles ne sont pas une occasion d’expier plus rapidement ses fautes antérieures ou un préservatif contre les dangers à venir, sont un appel certain a un plus haut degre de perfection.Voulant sincèrement progresser, loin de redouter les épreuves, elles les attendraient comme devant nécessairement survenir.C’est pour jeter sur les différentes circonstances de leur vie cette bienfaisante lumière que nous commençons cette série d’articles sur les purifications dans la vie ascétique et mystique.Nous les dédions plus spécialement aux âmes que le Christ unit plus intimement à lui au jardin de son agonie et sur le bois de sa croix, aux âmes qui souffrent dans des corps faibles ou malades, aux âmes incomprises au milieu du cénacle de la perfection, aux âmes torturées par d’affreuses tentations, aux âmes troublées par le concours obscur des événements inattendus qui marquent les differentes phases de leur vie, aux âmes qui défaillent sous le fardeau de croix variées qu’elles portent sans lumière au-dedans et sans consolations au dehors, à toutes les âmes qui expient aveuglément pour les autres des fautes qu’elles n’ont pas commises.« Tout sarment qui porte du fruit, il (mon Père) l’émonde pour qu’il en porte davantage ».* * Commençons par déterminer avec précision les différents sens du mot (( purification ».Ce mot ne se rencontre pas chez les LES PURIFICATIONS DANS LA VIE ASCETIQUE ET MYSTIQUE 13 auteurs latins avec le sens précis que lui a donné le langage des théologiens de langue française.Les Latins ont plutôt employé dans le même sens le mot « purgatio )) qui se traduit littéralement en français par « purgation ».Le mot « purification » en langage mystique ne se rencontre qu’au pluriel : les « purifications » des sens, du cœur et de l’esprit ; les purifications actives et passives.Employé au singulier, le mot n’a déjà plus le même sens.On l’emploie dans un sens profane et dans un sens religieux.Au sens profane, on ne le rencontre généralement qu’au singulier.Il signifie en tout premier lieu l’action de débarrasser les corps naturels de leurs impuretés : la purification des métaux.De là, cette signification s’est étendue à toute action qui a pour but de débarrasser une substance quelconque des matières qui lui sont étrangères : la purification du sang.Enfin le terme peut signifier aussi l’action de se laver, ou le corps tout entier, ou une partie, pour en écarter toute espèce de souillures.Puis cette signification a naturellement passé au domaine morale ; on dit : purifier son imagination, ses pensées, ses sentiments, c’est-à-dire les débarrasser de tout apport contraire aux lois qui doivent les faire naître et les régir.Au sens religieux, le mot s’emploie au singulier et au pluriel.Il se dit des pratiques religieuses de propreté usitées dans diverses religions.« Tous les hommes, même les plus grossiers ont compris que la purification du corps était le symbole naturel de celle de l’âme, conséquemment chez tous les peuples, dans la religion vraie comme dans les fausses, l’usage a été de se laver avant de remplir les devoirs du culte religieux, non pas que l’on crut qu’une purification extérieure pouvait opérer la pureté de l’âme, comme quelques incrédules ont affecté de le supposer, mais parce qu’en se lavant le corps on témoignait que l’on désirait avoir la pureté intérieure et être exempt de péché.Or ce désir, lorsqu’il est sincère, est la première disposition nécessaire pour l’acquérir »2.Sous la loi juive, les purifications tenaient une grande place dans toutes les cérémonies du culte.Cette loi avait pour but de signifier par des figures la sanctification de l’homme et comme ses divers rites ne possédaient aucune efficacité sur l’âme3, elle pour- 2.Bergier, Dictionnaire de Théologie tome 10, p.705, 3.Hébr 9, 10. 14 IA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES suivait le péché dans ces effets sur la vie du corps, tout particulièrement dans la naissance et la mort, dans la génération et la corruption4.Ainsi, on pouvait distinguer deux sortes de purifications : celles qui étaient nécessitées par différentes circonstances relatives ou sexe et celles qu’exigeaient la mort et les circonstances qui s’y rapportent.Outre ces purifications dites « lévitiques » il s’en introduisit beaucoup d’autres à leur faveur, notamment chez les Esséniens et les Pharisiens.On sait comment chez ces derniers, ces prescriptions dégénérèrent en un minutieux formalisme violemment dénoncé par le Christ5.Chez les chrétiens, une fête liturgique en l’honneur de la très sainte Vierge se réfère à une purification particulière de la loi juive et en a conservé le nom.Il était réglé par la loi de Moïse6 que les femmes qui mettaient au monde un garçon étaient considérées comme impures pendant quarante jours et celles qui mettaient au monde une fille, pendant quatre-vingts jours.Lorsque les jours de la purification étaient accomplis, la mère portait à l’entrée du tabernacle ou du temple un agneau pour être offert en holocauste et le petit d’un pigeon ou d’une tourterelle pour victime du péché.Les pauvres offraient deux tourterelles ou deux petits de colombe.Par une autre loi portée dans l’Exode7 Dieu avait ordonné qu’on lui offrit tous les premiers-nés des familles et qu’on les rachetât pour un certain prix ; on payait cinq sides pour un garçon et trois pour une fille.C’était en mémoire de ce que Dieu avait fait périr tous les premiers-nés des Egyptiens par la main de l’ange exterminateur et avait conservé ceux des Israélites.Ce miracle était assez important pour que les Juifs fussent obligés d’en conserver le souvenir8.Marie, elle, eût pu se croire dispensée d’obéir à cette loi, puisque celui qu’elle venait de mettre au monde, sans souillure d’aucune sorte, était l’auteur même de la loi ; cependant elle voulut s’y soumettre en pieuse Israélite, n’ayant reçu aucune autre instruc- 4.Goschler, Dictionnaire de Théologie Catholique, tome 19, p.386.5.Mt.15, 2, 23, 25 ; Mc 7, 3 ; Le 11, 38.6.Lév XII.7.13,3.8.Ex 13, 14 ; Bergier, loc.cit.p.707. LES PURIFICATIONS DANS LA VIE ASCETIQUE ET MYSTIQUE 15 tion.« Lorsque les jours de leur purification furent accomplis, selon la loi de Moïse, Marie et Joseph portèrent l’enfant à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, suivant ce qui est écrit dans la loi de Moïse » 9.C’est pour commémorer cet événement que l’Église a institué la fête de la Purification qui se célèbre le 2 février.On nomme encore cette fête la Présentation de Jésus au temple pour la même raison et la Chandeleur à cause des cierges dont on fait la bénédiction, que l’on allume et que l’on porte en procession ce jour là en souvenir de la parole du vieillard Siméon tenant l’Enfant Jesus dans ses bras : « Lumière qui doit dissiper les ténèbres des nations.Le mot purification signifie encore l’acte par lequel le prêtre lave le calice et se lave les doigts, après la communion, à la messe.Il signifie par extension toute ablution qui a pour but de faire disparaître tout ce qui pourrait rester des saintes espèces, dans les vases et sur les linges consacrés.* * Dans la théologie ascétique et mystique, le mot « purifications » généralement employé au pluriel garde sa signification primitive ; il qualifie d’une façon générale le travail d’épuration d’une âme tendant à réaliser le plus exactement possible la volonté de Dieu sur elle.Et comme cette volonté ne peut se réaliser par les seuls efforts de l’âme, les purifications dont il s’agit sont strictement du domaine surnaturel.La signification du terme est donc tout de suite limitée à la nature, aux progrès, aux exigences et aux opérations de la grâce sanctifiante.Nous en donnerons plus tard une signification plus précise en traitant des fondements doctrinaux des « purifications >», de la place qu’elles occupent et du rôle qu’elles jouent dans l’organisme et les activités de la vie intérieure.Ottawa A.Saint-Pierre, O.P.9.Le 2, 22. DROIT DES RELIGIEUX LA VOCATIOn D€S PROFÊS T€mPORAIR€S L’article que j’ai publié sur LA VOCATION TEMPORAIRE m’a valu plusieurs lettres et un grand nombre d’appréciations orales.Le ton général exprime l’approbation et la satisfaction.Tous admettent qu’il faut travailler à supprimer cette formule VOCATION TEMPORAIRE qui n’est pas du tout nécessaire pour expliquer les cas concrets, qui introduit la confusion dans un domaine où la clarté s’impose avec rigueur, qui répond si peu à l’enseignement de l’Eglise, qui mine sournoisement le principe de stabilité pour la profession religieuse perpétuelle.Cependant il reste encore des points à expliquer, sur lesquels je me propose de revenir à l’occasion.Voici un de ces points que j’extrais d’une longue consultation ; j’en cite partiellement le texte.(( Le numéro de novembre 1944 de votre belle revue comptera certainement parmi les intéressants de la série.L’article qui m’a le plus réjoui est celui qui traite des vocations temporaires.Il est d’une solidité parfaite.Et nul doute qu’il ne saurait être question de vocation temporaire quand il s’agit d’un profès perpétuel.Mais peut-on en dire autant quand il s’agit des vœux temporaires ?Peut-on croire et dire que le bon Dieu appelle, pendant un certain temps, des sujets dans la vie religieuse, où ils font une ou plusieurs périodes de vœux temporaires, sans y être appelés pour leur vie entière ?Si je vous pose cette question, c’est que j’ai écrit un paragraphe qui semblé un peu contraire à votre doctrine ; il est vrai que je songeais uniquement aux religieux ayant des vœux temporaires.Voici ce paragraphe : « Il existé ce que certains auteurs « nomment, d’une expression pas très juste, des vocations feni-« poraires.Le bon Dieu permet parfois la venue dans les com-« munautés de sujets qui ne sont pas appelés à y demeurer.La « divine bonté se sert comme il lui plaît, et pour le plus grand bien « des âmes, de ce moyen de salut que sont les communautés relift gieuses.Si une retraite fermée de trois ou quatre jours opère « des miracles de grâce qui souvent nous étonnent, combien profi-« table peut être pour une âme le séjour dans un lieu où les sources «de sanctification coulent avec tant d’abondance ! )) LA VOCATION DES PROFES TEMPORAIRES 17 J’ajoute plus bas que les supérieurs de noviciat ne sont pas autorisés pour autant à recevoir tout venant sous prétexte de lui faire du bien, et que les inférieurs doivent s’en remettre à leur directeur ou confesseur du soin de décider si leur vocation est temporaire ou non ».Arrêtons ici la citation : ce qui précède suffit à poser nettement le cas.Puisque le correspondant approuve si sincèrement, et je l’en remercie non moins sincèrement, la solution que j’ai donnée au problème de la vocation temporaire, je me permettrai de supposer connue et admise cette solution et d’y renvoyer le lecteur1 ; cela favorisera la brièveté.La réponse dépend de deux mots : vocation et vœux temporaires.Le premier, dans le cas présent, signifie l’appel de Dieu.Il peut soit garder un sens restreint, soit prendre un sens large.Dans le sens large, la vocation s’applique à une foule considérable de fonctions, même d’ordre bien secondaire ; c’est ainsi que l’on parle de vocation aux beaux-arts, à la musique, à l’enseignement, à la prédication, à l’apostolat, à l’Action catholique, à la maternité, à la direction des œuvres.Dans ces cas et d’autres encore, on peut dire qu’il y appel de Dieu en ce sens que Dieu voulant ces fonctions accorde à ceux qui doivent les accomplir les aptitudes nécessaires.C’est la loi du gouvernement divin qui sert de norme à tout gouvernement sage : Qui veut la fin veut les moyens.Il ne faudrait pas s’opposer à cet usage du mot vocation : il sert à inculquer la conviction que la Providence de Dieu s’étend jusqu’aux plus infimes détails de la vie, que toute fonction, même la plus petite en apparence, comporte de graves responsabilités, que personne n’a le droit de les entreprendre sans esprit de foi, sans prudence, sans préparation soignée.A côté de ce sens large, se trouve le sens strict ; il réserve le mot vocation au moyen par lequel Dieu manifeste un appel à un état de vie déterminé.Par état de vie on entend une certaine façon stable de vivre que l’homme embrasse par une libre décision de sa volonté et qui engendre des obligations particulières2.Dans l’Eglise on compte trois principaux états de vie : l’état de vie com- 1.VCR 3 (1944) 89-96.2.S.Thomas, Somme théologique 2-2, 133, 1 18 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES mune, l’état de vie sacerdotale, l’état de vie religieuse.Seul le dernier intéresse notre cas.Les vœux posent le fondement de la stabilité dans la vie religieuse.Puisque la vocation est un appel de Dieu à un état de vie ou à un mode de vie stable, les vœux temporaires placent-ils avec stabilité dans l’état religieux P Pas complètement.Aussi est-ce l’enseignement des canonistes3 que la profession temporaire ne réalise pas parfaitement la profession religieuse ; dans le sens complet du mot, l’état religieux est un état perpétuel de vie spéciale.Les vœux temporaires posent un commencement d’état religieux qui dans l’intention de l’Église est ordonné à la profession perpétuelle et à l’obligation perpétuelle des vœux.Cela est vrai surtout depuis que l’Église fait précéder toute profession perpétuelle d’une profession temporaire comme une extension du temps de probation.Si au regard du Code de Droit canonique, l’émission des vœux temporaires suffit pour que quelqu’un soit religieux4, c’est que, dans l’intention de celui qui émet les vœux et de l’Institut qui les reçoit, cette profession devra être renouvelée lorsque sera écoulé le temps des vœux temporaires.Vous devinez la réponse.Puisque d’une part la vocation est un appel de Dieu à une vie stable, puisque d’autre part les vœux temporaires ne produisent un état de vie stable que dans la mesure où ils sont ordonnés aux vœux perpétuels, on ne peut soutenir que Dieu appelle des sujets seulement aux vœux temporaires.Ceux qui émettent les vœux perpétuels ont véritablement la vocation religieuse.Ceux qui sortent avant les vœux perpétuels se groupent en deux classes : la première comprend ceux qui ont la vocation et la perdent pendant le stage des vœux temporaires ; la seconde, ceux qui ne l’ont pas et qui ne le sachant pas parfaitement ont voulu faire un essai loyal qui les a mis en face de la vérité.Autant les premiers portent devant Dieu la responsabilité de leur faute, autant les seconds possèdent des mérites que Dieu ne leur ravira jamais, sans compter que leur stage dans la vie religieuse ne peut que profiter à la société et aux communautés elles-mêmes.3.Wernz-Vidal, Jus Canonicum, t.3, Di Religiosis, Romae 1933, p.202, n.299; Goyeneche, dans Commcntarium pro Religiosis 1 (1920) 111 ; Coro-nata, Institutiones Juris Canonici, Taurini 1928, v.1, p.584, n.500.4.Canon 488, 7°. LA VOCATION DES PROFES TEMPORAIRES 19 Cette pensée devrait encourager les supérieurs : en comparant le nombre des religieux qui prononcent les vœux temporaires au nombre de ceux qui vont persévérer jusqu’aux vœux perpétuels, ils sont portés à penser que les pertes sont considérables à côté des résultats forts restreints.Cette pensée ne correspond pas à la vérité.Poussons l’hypothèse à l’extrême et mettons que sur 50 religieux qui s’engagent par les vœux temporaires 1 seul se présente à la profession perpétuelle, rien n’est perdu.Tout d’abord, les efforts du supérieur et du maître des novices ont une valeur de mérite indépendante des résultats.Puis, pour emprunter un texte à Faber, « un seul acte surnaturel cause plus de joie au cœur de Dieu que mille péchés ne lui causent de douleur : car le parfum du Christ, l’onction de sa grâce et la pourpre de son sang se trouvent réunis dans ce seul acte marqué du sceau de ses divins mérites »5.Enfin il serait téméraire de croire que les 49 autres ont tous perdu leur vocation ; plusieurs ont tout simplement reconnu à l’expérience qu’ils n’avaient pas la vocation et leur séjour en communauté devient une source de bienfaits pour la société et l’Eglise qui font rejaillir sur les supérieurs et les maîtres de novices des mérites nouveaux.Un dernier mot sur la valeur du paragraphe cité plus haut.Le lecteur se rendra compte par lui-même que ce paragraphe peut facilement être ajusté à ma conclusion.Il faut soutenir que l’expression : vocation temporaire manque de justesse ; de même, le séjour en communauté de sujets qui ne se rendent pas à la profession perpétuelle n’échappe pas à la Providence divine.L’avis que notre correspondant adresse aux supérieurs de noviciat de ne pas recevoir tout venant sous prétexte de lui faire du bien doit être maintenu ; mais je crois que l’avis donné aux inférieurs devrait se lire à peu près comme ceci : ils s’en remettront à leur directeur ou à leur confesseur du soin de décider si oui ou non ils sont appelés à la vie religieuse.Montréal Adrien Malo, O.F.M.5.Le Saint Sacrement, t.1, p.14. flg€ de la 1ère communion chez les enfants Tout récemment paraissait sur l’âge de la première communion et de la confirmation des enfants l’entrefilet suivant : « A quel âge les petits peuvent-ils recevoir ces deux sacrements ?.Chaque année, les difficultés se présentent à ce sujet : des parents, avec d’excellentes intentions sans doute, insistent pour que leur enfant de six ans à peine, et même en-dessous de six ans, soit admis à la confirmation et à la première communion.Or, nous ne pouvons pas les y admettre.a Sa Sainteté le Pape Pie X, le 7 août 1910, a décidé que Venfant peut communier vers sept ans, soit au-dessus, soit même au-dessous, (alors qu’il a atteint l’âge de discrétion).Ce sont les propres paroles du Souverain Pontife.Au-dessous de sept ans un peu, ça peut aller jusqu’à six ans et demi.En bas de six ans et demi ce n’est plus vers sept ans, mais bien vers six ans.« Et voici que désormais les enfants sont confirmés avant que de communier.Et le Droit Canon est plus exigeant pour l’âge de la confirmation.Il dit au canon 788 que dans /’Eglise latine on attend, en règle générale, avec raison, l'âge de sept ans.Mais dans deux cas on pourrait administrer la confirmation plus tôt : 1.— Si l'enfant est en danger de mort ; 2.— Si l'évêque, (pas le curé), le juge opportun pour des raisons justes et graves.« La conclusion bien évidente est donc, qu’il faut avoir près de sept ans pour être admis à la double cérémonie de la confirmation et de la première communion.Que de grâce on n’aille donc pas se monter et nous en vouloir si nous n’admettons à ces deux sacrements que des enfants qui ont environ sept ans, puisqu’il ne nous est pas permis de faire autrement ».Ce texte fut soumis au jugement du R.P.Moïse Roy, S.S.S.notre compétent collaborateur ; dans l’excellente Revue eucharistique du Clergé, 48 (1945) 205, il a donné une réponse qui intéresse nos Communautés enseignantes.Aussi bien avec sa bienveillante autorisation, nous le reproduisons pour leur plus grand profit.Sans vouloir juger des cas particuliers, dont la solution peut varier d’un enfant à l’autre, il y a lieu de faire quelques remarques sur l’argumentation proposée dans l’entrefilet et sur les conclusions que l’auteur en tire. AGE DE LA Ire COMMUNION CHEZ LES ENFANTS 21 1 ° Notons, en premier lieu, que le Code de Droit canonique donne le nom d’enfant (infans, seu puer vel parvulus) aux impubères qui n’ont pas encore sept ans révolus.De plus, le Droit ne suppose pas généralement que l’enfant ait, avant sept ans, l’usage de sa raison, mais il le lui concède sans retard, dès qu’il a atteint sa septième année (can.88 § 3).Ce sont là des présomptions de droit (praesumptiones juris) qui, au point de vue strictement juridique, n’exigent pas de preuve, mais qui peuvent être éludées par l’évidence du contraire (can.1825-1827) : « Præsumptio cedit veritati ».De même à propos des lois purement ecclésiastiques, le Code détermine que les enfants (baptisés) ne sont pas tenus à leur observance avant d’avoir, en fait, et l’usage de leur raison et sept ans accomplis, sauf une disposition contraire du droit (can.12).Mais quand il s’agit de la loi naturelle1 ou d’une loi positive divine, la question de l’âge ne se pose plus : seul l’usage de la raison entre en ligne de compte.2° C’est Notre-Seigneur Jésus-Christ qui a institué le sacrement de confirmation, mais nulle part il n’apparaît que le Sauveur ait voulu faire de la réception de ce sacrement l’objet d’un précepte strict ou d’une loi divine, ainsi que le Code en fait foi au canon 877.Les prescriptions du Droit à ce sujet ont par suite le caractère d’une loi ecclésiastique, notamment celles qui touchent l’âge de la réception du sacrement.Ainsi d’après le canon 788, puis une réponse de la Commission d’interprétation du Code du 16 juin 1931 {AAS.1931, p.353) et le commentaire de la S.Cong.des Sacrements du 30 juin 1932 {AAS.1932, p.271), si l’on excepte l’Espagne et l’Amérique du Sud, où la coutume contraire existe depuis longtemps, il n’est pas permis, dans l’Eglise Latine, d’administrer la confirmation aux enfants avant qu’ils aient l’usage de la raison ; et il faut la différer jusque vers Vâge de sept ans, « ad septimum circiter annum », pour assurer une réception plus fructueuse du sacrement.On ne pourra conférer ce sacrement plus tôt, que dans les cas prévus au canon 788, i.e.si l’enfant (parfois même avant l’usage de raison) est en péril de mort, ou si le ministre le juge expédient, pour des raisons justes et graves (v.g.la crainte de ne pouvoir revenir).La S.Cong.des Sacrements 1.On sait que la loi naturelle atteint tous les hommes sans exception. 22 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES déclare, en outre, qu’il convient et qu’il est plus conforme à la nature et aux effets du sacrement de confirmation, de n’admettre les enfants à la première communion qu’après leur confirmation, mais qu’on ne doit pas les empêcher de communier, si, parvenus a l’age de discrétion, ils ne peuvent être confirmés auparavant.(AAS.1932, p.271).Et même, pour ne pas violer la loi supérieure de la première communion des enfants, ni enfreindre l’ordre exigé par la nature du sacrement de confirmation, il pourra parfois être nécessaire de confirmer les enfants (et ce sera un motif suffisamment grave pour agir ainsi), avant qu’ils aient atteint leur septième année.3° Passant du sacrement de confirmation à celui de l’Eucharistie, il n’est plus question d’une simple prescription ecclésiastique, mais d’un véritable précepte divin, proclamé solennellement par le Sauveur lui-même : « Nisi manducaveritis carnem Filii hominis et biberitis ejus sanguinem non habebitis vitam in vobis )) (Jean 6, 54).Comme loi divine, ce précepte sanctionné par l’Église, atteint tous les hommes (baptisés), dès qu'ils ont l'âge de raison.Tel est l’enseignement du IVe concile de Latran : « Omnis utriusque sexus fidelis, postquam ad annos discretionis pervenerit.suscipiens reverenter ad minus in Pascha Eucharistiæ sacramentum » (Den-zinger, Enchiridion symb.n.437).Le Concile de Trente affirme la même doctrine, d’une façon encore plus explicite, dans un anathème solennel : « Si quis ne-gaverit omnes et singulos Christi fideles utriusque sexus, quum ad annos discretionis pervenerint, teneri singulis annis, saltern in Paschate, ad communicandum, juxta præceptum S.Matris Eccle-siæ, anathema sit )> (Sess.xm, ch.8, c.9, Denz.n.891).Enfin le décret « Quam singulari », du 8 août 1910, commentant les paroles précédentes, déclare sans ambages : « Christi fideles, ubi primum ad annos discretionis pervenerint, obligatione tenentur accedendi, saltern in anno, ad Pœnitentiæ et Eucharistiæ sacra-menta » (AAS.1910, p.578)2.2.On peut lire dans ce même décret des textes de théologiens, comme celui-ci de Ledesma : « Dico ex omnium consensu, quod omnibus habentibus usum rationis danda est Eucharistia, quantumcumque cito habeant ilium usum rationis ; esto quod adhuc confuse cognoscat ille puer quid faciat )) ; et cet autre de Vasquez : « Si puer semel ad hune usum rationis pervenerit, statim ipso jure divino ita obligatur, ut Ecclesia non possit ipsum omnino liberare ». AGE DE LA Ire COMMUNION CHEZ LES ENFANTS 23 Aucun de ces textes n’exige que l’enfant ait un âge déterminé pour être tenu de recevoir l’Eucharistie, mais seulement qu’il soit parvenu à l’âge ou aux « années de discrétion )).Ce qui importe donc ici, ce n’est pas l’âge, mais l’usage de la raison.Mais l’enfant est arrivé à l’âge de discrétion, nécessaire pour la communion, quand il est capable, déclare le décret Quam singularly de distinguer suffisamment le pain eucharistique du pain ordinaire pour s’approcher dévotement de la sainte table : « Ætatem discre-tionis ad communionem earn esse, in qua puer panem eucharisticum a pane communi et corporali distinguere sciât ut ad altare possit devote accedere )).(A AS.1910, p.581).Le décret définit de nouveau l’âge de discrétion, en édictant ses normes pratiques.C’est le moment, dit-il, où l’enfant commence à raisonner : « ea est in qua puer incipiat ratiocinari ».Il précise alors que cela se produit vers la septième année, mais parfois plus tard, et parfois plus tôt : « hoc est circa septimum annum, sive supra, sive etiam infra ».La S.Congrégation des Sacrements estime donc, d’après l’expérience commune, que la septième année est Y âge moyen où les enfants deviennent capables de se servir de leur raison.Mais aussitôt, elle indique qu’il ne s’agit pas d’un âge fixe (ce qui est déjà insinuée par l’expression «vers sept ans»), en ajoutant: « soit au-dessus, soit même au-dessous », sans dire toutefois si c’est peu ou beaucoup3.En effet, pour des enfants tardifs, cet âge sera parfois huit ans ou même neuf ans ; mais pour d’autres plus précoces, il s’abaissera plus ou moins au-dessous de sept ans, et ce sera quelquefois six ans et même moins.D’après le décret, chaque cas doit être apprécié individuellement.4® La même doctrine est contenue et précisée dans le Code de Droit canonique au canon 854 sur la communion des enfants.Dans les cinq paragraphes de ce canon, nulle part il n’est question d’âge, mais partout on emploie, pour désigner les enfants, l’expression (( pueri », qu’on sait devoir être appliquée en Droit à ceux qui n’ont pas encore sept ans.Voyons ce que détermine le Code.3.L’expression « vers sept ans » indique déjà une marge de quelques mois.Si l’on ajoute à cela : « soit au-dessus, soit au-dessous », on arrive facilement à huit ans et à six ans, sans forcer le texte. 24 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES Il est évidemment défendu de donner la Sainte Eucharistie aux enfants qui, à cause de la faiblesse de leur âge, n’ont encore ni la connaissance (même imparfaite) ni le goût de la communion (can.854 § 1).Mais cette connaissance et ce goût peuvent avoir des degrés divers.Aussi, et c’est une distinction introduite par le Code, on n’exigera pas le même degré de connaissance, suivant que l’enfant est en danger de mort ou ne l’est pas.Pour la communion en Viatique, qui peut et qui doit être administrée aux enfants (pueris) en danger de mort, le Code ne demande pas (comme dans le décret) qu’ils connaissent les grandes vérités de la foi, mais uniquement qu’ils sachent distinguer le Christ de la nourriture commune et l’adorer avec respect : « satis est ut sciant Corpus Christi a communi cibo distinguere illudque reverenter adorare )) (can.854 § 2).Un bon nombre d’enfants sont capables d’un tel discernement dès l’âge de cinq ans.Mais en /’absence du péril de mort, il faut exiger pour la communion des enfants une connaissance ou une instruction plus développée (plenior cognitio) de la doctrine chrétienne et une préparation plus soignée (accuratior preparatio).Il ne suffit plus alors qu’ils puissent simplement distinguer le pain eucharistique du pain ordinaire, mais ils doivent connaître, suivant leur capacité (pro suo captu), au moins les mystères de la foi qui sont nécessaires au salut de nécessité de moyen4, et être capables de s’approcher de la sainte Eucharistie avec la dévotion qui convient à leur âge, « pro suæ aetatis modulo )) (can.854 § 3)5.4.L’enfant doit done savoir que Dieu existe et qu’il récompense chacun selon ses œuvres, qu’en Dieu il y a trois personnes subsistant dans une seule nature et que l’une de ces personnes, le Fils de Dieu, s’est fait homme pour nous sauver.Cependant, comme tous les théologiens n’admettent pas que la foi explicite.aux mystères de la Trinité et de l’Incarnation soit nécessaire de né.-cessité de moyen pour le salut, on peut ne pas exiger de l’enfant des connaissances très précises, sur ce point.» (Cance, Le Code de Droit canonique, t.II, p.300, en note.) ; ' 5.S.Exc.Mgr A.Douville, dans une lettre circulaire du 18 nov.1944, rappelait très justement : « Par le décret « Quam singulari », du 8 août 1910, Pie X a voulu que tout enfant parvenu à l’âge de discrétion fût admis à la première communion.Les seules conditions requises à cet âge sont que l’enfant distingue le bien du mal, qu’il connaisse, selon sa capacité, les principaux mystères de la foi et qu’il sache reconnaître le Pain eucharistique du pain ordinaire.Le droit canonique (cc.854 et 859) ne fait que copier cette ordonnance de Pie X ». AGE DE LA Ire COMMUNION CHEZ LES ENFANTS 25 D’autre part, dès que les enfants ont l’usage de leur raison et qu’ils ont acquis la préparation suffisante (indiquée dans le Code), il faut veiller à les faire approcher de la sainte table au plus tôt : « quamprimum hoc divino cibo reficiantur » (can.854 §5).D’ailleurs, c’est à partir de ce moment qu’existe pour eux, tout comme pour les grandes personnes, l’obligation de la communion pascale, ainsi qu’on peut le voir dans le canon 859 § l6, et qu’on peut le lire dans une réponse de la Commission pontificale d’interprétation du Code7.En règle générale, il ne revient pas aux enfants eux-mêmes de juger s’ils ont les dispositions suffisantes pour faire leur première communion.Le canon 854 § 4 précise que ce jugement appartient en propre, aux confesseurs des enfants et à leurs parents ou à ceux qui leur en tiennent lieu (grands-parents, tuteurs).Pour la première communion des enfants, le rôle du curé est défini dans le paragraphe suivant du même canon.Ce rôle peut être caractérisé comme un devoir général de surveillance et de suppléance8.Si donc l’enfant est jugé suffisamment préparé par son confesseur ou par ses parents, il peut, de l’avis général des canonistes, être conduit à la sainte table, sans qu’il soit nécessaire de le présenter tout d’abord au curé de la paroisse.Le curé doit cependant, de par sa fonction, empêcher les abus, soit des communions trop précoces, soit des communions trop tardives.Il a en effet, « le devoir de veiller, même par un examen, s’il le juge opportun, à ce que les enfants ne s’approchent 6.Le canon 859 § 1 s’exprime comme suit : « Omnis utriusque fidelis, post-quam ad annos discretionis, idest ad rationis usum, pervenerit, debet semel in anno, saltern in Paschate, Eucharistiae sacramentum recipere, nisi forte de consilio proprii sacerdotis, ob aliquam rationabilem causam, ad tempus ab ejus percep-tione duxerit abstimendum ».7.On avait soumis à Commission pontificale le doute suivant : « Utrum pueri qui et si septimun œtatis annum nondum expleverunt, tamen ob cetatem discretionis, ad primam Communionem admissi jam fuerint, teneantur duplici prœcepto confessionis saltern semel in anno, et Communionis semel in anno, saltern in Pachate ».Elle répondit le 3 janvier 1918 : « Affirmative ».(cf.Monit.eccles.1918, p.112).8.Tant que les enfants n’ont pas l’âge de la puberté, cette obligation de la communion qui les atteint, retombe aussi et principalement, marque le canon 860, sur ceux qui en sont chargés, c’est-à-dire, sur les parents, les tuteurs, le confesseur, les maîtres et enfin sur le curé. 26 LA VIE DES COMMUNAUTÉS RELIGIEUSES pas de la sainte Table avant d’avoir acquis l’usage de la raison ou sans les dispositions nécessaires ; et pareillement l’obligation de voir à ce que les enfants qui ont l'usage de la raison et les dispositions suffisantes reçoivent au plus tôt cette divine nourriture » (can.854 § 5).Quand tout se passe régulièrement, ajoute Cance {loc.cit.p.301), il n’y a pas lieu d’intervenir ni d’exiger que tous les enfants lui soit d’abord présentés ; mais, dans les cas douteux, il décide après avoir examiné l’enfant.5° Pour résumer toutes ces remarques, le décret (( Quam sin-gulari » déclare que l’âge de discrétion « où l’enfant commence à raisonner », se présente ordinairement vers sept ans, mais il peut aussi arriver plus tôt, parfois vers six ans.D’autre part, le Code, qui fixe et précise la législation précédente, ne mentionne pas d’âge, mais se contente d’exiger « l’usage de la raison » (présumé obtenu à sept ans) et une certaine connaissance des principaux mystères de la foi.Dès que les enfants (pueri, donc même en bas de sept ans) ont acquis les connaissances requises, ils ont le droit de recevoir la sainte Eucharistie, et c’est un devoir, pour ceux qui en sont chargés, de les faire approcher de la sainte Table au plus tôt.Cette obligation s’impose tout particulièrement à l’époque de Pâques, car tous ces enfants sont dès lors soumis au précepte divino-ecclésiastique de la communion pascale (sans toujours attendre, mais en avançant parfois la confirmation, si nécessaire).6° Mais ne pourrait-on pas répondre, d’après le canon 859 § 1, que l’avis du curé est une cause légitime pour retarder la communion des enfants, et que, par ailleurs, les évêques de France ont prescrit, en 1940, de ne plus admettre les enfants à la première communion avant l’âge de huit ans ou de neuf ans.On sait que la réception de la sainte Eucharistie est obligatoire de droit divin lorsqu’on est en danger de mort et, au moins, quelques fois durant la vie.Mais l'Eglise est ensuite intervenue pour déterminer cette obligation et pour imposer à tous les fidèles, dès l'éveil de leur raison, le précepte de la communion annuelle, notamment au temps pascal.Mais comme cette détermination du temps pascal est d’origine ecclésiastique, l’Eglise peut permettre aux fidèles d’accomplir ce précepte de la communion à un autre moment.De fait, elle donne aux Ordinaires des lieux le pouvoir de prolonger, en faveur de leurs ressortissants, la période prescrite AGE DE LA Ire COMMUNION CHEZ LES ENFANTS 27 pour remplir ce devoir (can.859 § 2), et elle autorise parfois les fidèles individuellement à retarder, pour un temps, leur communion pascale, pourvu qu’ils aient un motif raisonnable et qu’ils prennent l’avis de leur curé ou de leur confesseur, « de consilio proprii sacerdotis, ob aliquam rationabilem causam » (can.859 § 1).Mais un curé ne saurait se baser sur ce canon pour dispenser indistinctement du précepte de la communion tous les enfants qui y sont soumis, sous l’unique prétexte qu’ils n’ont pas encore sept ans.Quant à la mesure imposée par les évêques de France, la guerre nous a empêchés d’obtenir les renseignements nécessaires pour en traiter avec pleine connaissance de cause.Mais une chose est certaine, cette décision n’a été prise qu’après avoir consulté le Saint-Siège.Le Souverain Pontife a dû juger que la condition des enfants de France constituait un motif suffisant, non pour les dispenser de la communion en Viatique, mais pour suspendre pendant un certain temps après l’éveil de la raison, en dehors du danger de mort, le précepte imposé par l’Église de communier tous les ans.Il faudrait une autorisation apostolique pour pouvoir appliquer cette règle à d’autres régions.Chez nous, le certificat exigé par les statuts diocésains pour la communion, dite solennelle, obvie au danger, qui se présente ailleurs, d’un arrêt dans l’instruction religieuse de l’enfant.Il n’y a cependant aucun doute que le curé puisse avoir seul le droit d’admettre les enfants à la cérémonie de communion solennelle.Montréal Moïse Roy, S.S.S.COMPTE RENDU L'Institut des Frères Maristes.(Petits frères de Marie.) Iberville, Procure Cham-pagnat, 1944.22cm.36pp.Le Frère Mariste.Iberville, Procure Champagnat, 1943.18cm.20pp.La Vie des Communautés Religieuses est tout à fait heureuse de recevoir des brochures concernants les différentes communautés religieuses du Canada.Cela constitue une source précieuse de renseignement qui peuvent servir à l’occasion.Montréal Jogues Massé, O.F.M. BIBLIOTHÉCONOMIE une b€ll€ iniTiflTive En janvier 1937, une petite revue, Mes Fiches, faisait sa première apparition chez nous.Elle était bien modeste, mais son but était noble et grand ; elle voulait servir le public dans le domaine de la lecture.Une telle entreprise devait nécessairement donner lieu à de grands développements.Comment, en effet, parler de lecture sans parler de livres et du choix des livres ?Comment parler de livres sans parler de bibliothèques ?Comment parler de bibliothèques sans voir à leur organisation méthodique et scientifique ?Autant de questions qu’il fallait résoudre.Nous admirons déjà de beaux résultats.En effet l’organisation de Mes Fiches a donné naissance aux Editions Fides, au service de bibliographie et de Documentation et au service d’aide aux bibliothécaire qui ont maintenant leur siège sur la rue Saint-Jacques.Chaque mois, depuis sept ans, Mes Fiches publient des résumés des principaux ouvrages du jour ainsi que des articles remarquables parus dans les revues.Et depuis deux ans elle a inséré une section spéciale intitulée : Lectures et bibliothèques où elle donne la récension des ouvrages sur le marché en la faisant précéder d’une cote d’appréciation morale.A date, cette revue a présenté 2248 synthèses et bibliographies, et a récensé 455 volumes, 110 brochures, 5 périodiques.On voit tout de suite l’importance d’une telle revue pour renseigner les prêtres, les parents et les éducateurs sur les livres récents et le choix des lectures.Mais pour servir le public dans le domaine du livre il fallait des hommes compétents.Le directeur de Mes Fiches Je comprit vite et se mit aussitôt en relation avec un groupe de bibliophiles et de bibliothécaires de la Bibliothèque Municipale de Montréal.De là est née, le 13 mai 1937, la première Ecole française de Bibliothéconomie en Amérique.Cette Ecole a déjà formé d’excellents bibliothécaires, religieux et laïques, qui ne demandent maintenant qu’à servir la cause des livres et des bibliothèques.Plusieurs de ces personnes expérimentées se sont déjà réunies en association sous le titre de : ASSOCIATION DES BIBLIOTHÈQUES CATHOLIQUES.Cette association a pour but de s’occuper de toutes les questions concernant les intérêts des bi- UNE BELLE INITIATIVE 29 bliothèques d’institutions catholiques : bibliothèques des communautés religieuses, bibliothèques générales ou particulières des maisons d’enseignement et bibliothèques paroissiales.Le conseil de cette association s’est déjà réuni plusieurs fois pour discuter des meilleurs moyens à prendre pour améliorer les bibliothèques d’institutions religieuses.Dans ces réunions, on a procédé à l’admission dans l’association de plusieurs bibliothèques paroissiales, de couvent, de communautés religieuses et de collèges ; on a aussi décidé d’entreprendre un bulletin officiel de l’association, lequel publiera régulièrement des articles sur les livres ét les bibliothèques.Ce nouveau périodique intéressera grandement les bibliothécaires.Voilà comment cette association entend promouvoir la lecture et l’organisation des bibliothèques.Nul doute que les communautés religieuses se réjouiront de cette belle initiative et sauront s’inspirer des directives et des méthodes de cette association pour mener à bonne fin l’organisation de leur bibliothèque.A son tour aussi le Conseil de direction de l’Ecole des Bibliothécaires de l’Université de Montréal s’est réuni pour étudier la question de l’organisation et du développement des bibliothèques dans la Province de Québec.Il a examiné l’état existant, les améliorations à apporter et le régime à instaurer pour demain.Comme l’amélioration de notre système de bibliothèques est d’une très grande importance pour développer le niveau culturel de notre peuple et comme le manque de formule acceptable pour tous a été la principale cause de retard dans cette matière, on a précisé une formule de progrès.Cette formule a été rendue publique par la voix des journaux et des revues.Elle ouvre bien des horizons nouveaux et indique dans quel sens il faut travailler pour arriver à des résultats.Travailler à la réalisation de ce beau projet c’est accomplir un beau geste en faveur du relèvement intellectuel et moral de notre peuple.Montréal Jogues Massé, O.F.M. COnSULTATIOnS Le service des consultations ne tiendra compte que des lettres qui porteront une signature.La revue ne publiera que les consultations réunissant les condi-ditions suivantes : Présentations par les supérieurs, sauf les consultations par les prêtres ; Utilité pour le bien général de la revue ; Absence d’opposition du consultant.1.Dans notre diocèse, la messe du 28 juin comportait cette année deux secrètes et deux postcommunions semblables : celle de S.Irénée et celles de I oraison impérée « pro pace ».Fallait-il les réciter toutes les deux puisque quelques mots font qu elles ne sont pas complètement semblables ?Fallait-il omettre la secrète et la pojtcommu-nion de l'oraison « pro pace », puisque à part ces quelques mots, elle ressemble à la secrète et à la postcommunion de S.Irénée?Fallait-il enfin prendre pour ce jour-là une autre oraison, par exemple celle « pro tempore belli » ?Le cas précis qui est posé ici a été résolu par la S.Congrégation des Rites.Le 29 février 1868, elle a prescrit d’omettre l’oraison « pro pace » quand elle est impérée en la fête de S.Irénée.Pour plus de détails, voir Revue eucharistique du Clergé 48 (1945) 201.2.Depuis que I on concède aux femmes le droit de voter, y a-t-il des religieuses qui ont exercé ce droit?Si des religieuses vont voter, est-ce au vu et au su de l'Ordinaire du lieu ?En mai dernier, les journaux ont publié la nouvelle que pour la première fois dans l’histoire de la France les femmes furent autorisées à voter aux élections municipales ; ils ajoutaient que même les religieuses exercèrent ce droit de tout citoyen.Certains journaux y allèrent d’une photographie représentant deux religieuses déposant leur bulletin de vote dans l’urne électorale.En autant que j’ai pu m’en rendre compte, ils n’ont pas donné l’explication et les circonstances du vote des religieuses.Malgré cela, il semble difficile de supposer que les religieuses aient pu voter à l’insu de l’Ordinaire du lieu et pour la seule raison insinuée par le correspondant : la concession aux femmes du droit de vote.Il faudrait donc se garder de tirer de ce fait des conclusions pour le moins prématurées.3.Est-il vrai qu'il n'existe de vocation que pour le sacerdoce et la vie religiesse ?La vocation désignant le moyen par lequel Dieu manifeste l’appel des individus à un état de vie déterminé, je ne vois pas pourquoi, il en faudrait exclure l’état du mariage.La vocation au mariage est une véritable vocation qui doit être étudiée aux lumières de la foi, placée dans ses relations avec l’éternité, choisie selon toutes les prescriptions de la prudence chrétienne et préparée avec toutes les ressources offertes par l’Église.Mais parce que la vocation au mariage se présente sous la forme d’une vocation commune, tandis que la prêtrise et la vie religieuse font sortir de la voie commune, le langage traditionnel de la théologie a réservé le mot vocation pour la prêtrise et la vie religieuse.Ce langage traditionnel n’est tout de même pas immuable au même degré que la révélation et le dogme.Il se peut que dans les additions exigées par l’Action catholique, la AVIS: 1.— 2.— CONSULTATIONS 31 théologie précise avec plus de netteté les raisons pour lesquelles elle réserve à la vie cléricale et religieuse le mot vocation et appuie par le fait même sur la vocation au mariage.4.Dans la section dite CONSULTATIONS on pose une condition qui favorise peu les religieux en général.Seules les consultations présentées par les supérieurs auront droit de publication?C’est que souvent un inférieur peut avoir des problèmes qu'il lui est impossible de faire passer par une tierce personne.et pourtant ces problèmes réalisent les autres conditions requises .Ceci n est qu'une simple réflexion que je transmets tout bonnement.Cette condition a été suggérée par des conseillers sages et avisés ; elle ne semble pas excessive : elle n’empêche pas la revue de rendre les services qu’elle offre à ses lecteurs par les CONSULTATIONS.Si l’impossibilité de soumettre un problème à une tierce personne, dans le cas à un supérieur, vient d’un sentiment capricieux, la rédaction ne saurait faire le jeu de pareilles manœuvres ; si elle vient d’un droit reconnu, elle offre une double voie de transmettre le problème à la revue : celle d’un confesseur ou d’un directeur, celle du supérieur lui-même.J’ai reçu moi-même des lettres de religieuses, transmises par les supérieures qui, averties par une inscription placée sur une enveloppe intérieure qu’il s’agissait d’une affaire de conscience, les avaient laisser passer sans contrôle.Montréal Adrien Malo, O.F.M.5.Une économe administre les biens de la communauté d’une manière tout-à-fait indépendante ; ainsi elle a changé toutes les assurances de la maison sans en dire un mot à la supérieure, elle reçoit l'économe générale et discute avec elle des projets importants sans en dire un mot à sa supérieure locale, elle dit souvent dans les conversations que de même que les supérieures sont chargées du spirituel, les économes ont la charge des finances.Est-ce conforme à la volonté de T Eglise?L’administration des biens temporels dans les instituts religieux est confiée aux économes.Pour tout l’institut il y a un économe général, pour la province un économe provincial, pour chaque maison un économe local.Il importe de le remarquer cependant, tous les économes remplissent leur fonction sous la direction du supérieur (canon 516).L’administration des biens temporels, en effet, relève du gouvernement, tout autant que le spirituel, et le gouvernement des communautés religieuses est confié aux supérieurs.Les économes ne sauraient en aucune façon se considérer comme des supérieurs.Ils ne sont que des officiers dans l’institut, la province ou la maison.Sans doute ils peuvent faire les dépenses et poser les actes juridiques de l’administration ordinaire, ce qui suppose une certaine latitude, mais toujours dans les limites de leur charge, et conformément aux constitutions et aux prescriptions du droit commun.C’est dire qu’ils doivent rendre régulièrement compte de leur administration.Pour faire des dépenses extraordinaires, poser des actes qui ne relèvent pas de l’administration ordinaire, par exemple faire des transactions, placements d’argent, emprunts, aliénations, etc., des autorisations préalables sont requises, et les économes doivent les obtenir avant d’agir. 32 LA VIE DES COMMUNAUTES RELIGIEUSES 6.Séparée de son mari depuis plus de 16 ans pour inconduite, sans enfant, ri entrevoyant nullement la possibilité que son mari s'occupe jamais d'elle, une personne mariée songe à faire sa demande d'admission dans un Ordre religieux.La communauté peut-elle favoriser cette démarche et croire que Rome accordera les dispenses requises pour l'admission de cette personne?Sans la permission du Saint-Siège une personne mariée, tant que dure le lien matrimonial, ne peut entrer en communauté, parce que le lien matrimonial constitue un empêchement dirimant à l’entrée en religion.Y a-t-il espoir que dans le cas tel que posé le Saint-Siège accordera la dis* pense requise ?Je ne connais pas la jurisprudence de la Congrégation des Religieux en cette matière, la chose ne se présentant vraisemblablement pas souvent.Mais il n’y a rien d’impossible, surtout si la séparation a été approuvée par l’autorité religieuse et sanctionnée par l’autorité civile.Vous pouvez toujours faire les démarches, en fournissant les renseignements voulus sur la personne en question, et en faisant recommander votre demande par l’évêque diocésain.Ottawa Raymond Charland, O.P.COMPTE RENDU O’Neill, Marie-Albert, O.F.M., U Education chrétienne et les vertus acquises.Tiré à part.Les Trois-Rivières, L’Enseignement Secondaire.25cm.24pp.Les éducateurs et les responsables de la formation dans les communautés religieuses doivent posséder un exemplaire de cet excellent tiré à part de la revue L'Enseignement Secondaire.En des pages très denses mais d’une grande clarté d’exposition l’A.établit quel doit être le rôle des vertus acquises en éducation chrétienne.De nombreux sous-titres indiquent les liens logiques de l’argumentation qui dénote un profond savoir philosophique, une théologie très sûre.La rédaction elle-même révèle un aimant ciseleur du français.Toutes qualités qui invitent les groupements d’éducateurs à faire de ce travail de base l’objet des discussions et échanges de vues de leurs cercles d’études, de leurs conférences pédagogiques.Puisse la satisfaction des lecteurs amener l’A.à publier d’autres travaux du genre, fruits de très longues années d’enseignement et de méditation.Montréal Fernand Porter, O.F.M., L.C., S.T.D.Baeteman, Joseph, Ma retraite.3e éd.Évreux, G.Poussin, (1932).(Réimpr.Montréal, Granger Frères, 1945).19cm.181pp.50s, par la poste 55s.Ce volume a été composé pour donner occasion aux jeunes filles de France qui ne peuvent pas faire leur retraite en commun de la faire en particulier.En vérité, il n’y a rien de nouveau dans cette retraite, mais le choix des méditations, des causeries, des instructions et des examens particuliers est si bien adapté à l’esprit de la jeune fille moderne qu’il peut faire du bien à toutes nos jeunes filles.Montréal Jogues Massé, O.F.M. LIVR6S ACCUSÉ DE RÉCEPTION Legault, Rolland, La rançon de la cognée.Roman.Montréal, Les Éditions Lumen, 1945.19cm.197pp.Rougier, Louis, Les accords Pétain - Churchill.Histoire d'une mission secrète.Montréal, Beauchemin, 1945.19cm.435pp.Roy, S.E.Mgr Marie-Antoine, O.F.M., L'état de grâce.Montréal, Éditions Fides, 1945.19cm.181pp.% 1.00, par la poste $ 1.10.Lariviere, Jacques, La, réforme de l'enseignement de la philosophie en France.6e éd.Montréal, Éditions Fides, 1945.(Philosophie et Problèmes Contemporains.) 20cm.135pp.$ 1.25, par la poste $ 1.35.Caillaud, René, Normandie Poitou et Canada Français.Montréal, Éditions bides, 1945.19cm.121pp.$ 0.75, par la poste ?0.85.Léopold, C.S.C., Les cours d'été de l'JJniversitê Saint-Joseph (Memrancook) 1938-1944.Etude objective de l'aspect professionnel du problème scolaire acadien.Montréal, Editions Fides, 1945.27cm.112pp.portr.$ 1.00 par la poste $ 1.10.Solitude à plénitude par l'adoption.Montréal, La Société d’Adcption et de Protection de l’enfance, 1945.25cm.48pp.portr.$ 0.35, par la poste $ 0.40.Gingras, Jules-Bernard, Pèlerinage Haïtien.Montréal, Éditions Fides, 1945.16cm.16pp.$ 0.10.Gingras, Jules-Bernard, L'Acadie et nous.Montréal, Éditions Fides, 1945.16cm.16pp.$ 0.10.Gosselin, abbé Paul-Émile, Radio-Ouest-Française.Québec, Le Comité Permanent de la Survivance française en Amérique, 1945.16cm.48pp.\ illeneuve, S.Em.le Cardinal, O.M.I., Petite Année liturgique.Québec, L’Action Catholique, 1944.19cm.2 Vol.COMPTES RENDUS Harbour, Mgr A., Les grands jours de notre vie religieuse.Deuxième série.Montréal, Granger Frères, 1944.20cm.243pp.% 1.00, par la poste % 1.10 Comme la première, cette deuxième série de sermons appropriés nous fait revivre les grands jours de notre vie religieuse : tels le troisième centenaire de Montréal, le congrès eucharistique national de Québec, le Congrès national du Tiers-Ordre franciscain, la semaine sociale de Saint-Jean, etc., etc.Tout en admirant la doctrine, la documentation et l’éloquence on reconnaît un apôtre désireux de servir l’Eglise et la Patrie en conduisant les âmes au Christ.Montréal Jogues Massé, O.F.M. f \ COMPTES RENDUS Rankin, Charles, The Pope speaks.The papers of Pius XII with a Biography.Preface by Most Reverend Edwin V.O’Hara, D.D.Harcourt, Brace and Company, 1940.337pp.$ 2.75.La Documentation Catholique, pour quelque temps encore ne pourra nous apporter, in extenso, les paroles du Pape.A tous ceux qui éprouvent un tel regret, The Pope speaks offrira une satisfaction partielle en leur donnant la joie de posséder une somme des meilleurs extraits des déclarations de S.S.Pie XII.Totalitarisme, Travail, Etudes, Guerre et Paix, Piété, sont les leitmotive de l’actuel pasteur de la chrétienté.Afin de mieux montrer l’esprit de suite du Saint-Siège, spécialement en ce qui regarde la guerre et ses suites funestes, l’A.a tenu à mettre, près des déclarations de Sa Sainteté Pie XII, celles des SS.PP.Benoît XV et Pie XI : 60 pages de texte.La préface du volume écrite par S.E.Mgr O’Hara, président de l’association catholique pour la paix internationale, dira le zèle de l’épiscopat américain pour le rayonnement catholique dans le monde.Enfin, élément non moins intéressant, Charles Rankin a voulu présenter S.S.Pie XII en ce qui le caractérise : sa vie profondément humaine, au sens chrétien du mot, et ses persévérants efforts pour la paix depuis plus de trente ans.Les « fervents » du Pape apprendront, en ces quelque 130 pages, à mieux connaître « le doux Christ de la terre » comme disait sainte Catherine de Sienne qui n’a qu’un désir : celui d’apporter à notre pauvre monde un peu de la paix du ciel.Montréal Fernand Porter, O.F.M., L.C., S.T.D.Viert de paraître PCUD MIEUX SERVIE DIEU par l’auteur de (( la Foi en l’amour de Dieu » 318 pages de méditations et de lectures appropriées à la vie religieuse — $1.23.Adressez vos commandes à VCR, C.P.1315, Place-d’Armes, Montréal.A RETENIR PADiO-COLLEGE continue cette année encore les émissions bibliques EN CE TEMPS-LÀ.Cette année, elles ont pour titre : CLARTÉS D’ÉVANGILE SUR NOS SENTIERS.Elles passent sur les ondes tous les dimanches à partir du 14 octobre de 4.30 à 5 heures.Titulaire : Adrien Malo, O.F.M.
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