La vie des communautés religieuses /, 1 novembre 1994, Novembre-Décembre
fwSÿ nov.-déc.1994 WM ' ,?*„! g!§® des communautés religieuses La vie des communautés religieuses Directeur : Laurent Boisvert, o.f.m Comité de rédaction : René Bacon, o.f.m.René Baril, o.f.m.Pierre Bisaillon, o.f.m.Laurent Boisvert, o.f.m.Secrétariat ; Yvette Viau, s.s.a.Rédaction et administration : La vie des communautés religieuses 5750 boulevard Rosemont Montréal, Canada H1T 2H2 Tél.: 259-6911 Envoi de publication Enregistrement n° 0828 Composition : PLB Graphique Impression : L’Éclaireur Ltée La revue paraît cinq fois par an Abonnement : de surface : 13,00 $ (70FF) (435 FB) par avion : 17,00$ (98 FF) (595 FB) de soutien : 20,00 $ Sommaire Vol.52 - nov.-déc.1994 R.G.Weakland, o.s.b., évêque, Le renouveau de la vie religieuse aujourd’hui 259-271 Lorraine Caza, c.n.d., Éléments de réflexion sur la vie consacrée et sa mission 272-284 L’A.note d’abord que la vie religieuse n’est pas un concept univoque, que Vatican II n’a pas appelé à une réforme de la vie religieuse mais à son renouveau.Il esquisse ensuite trois axes d’une théologie de la vie religieuse: une façon de suivre le Christ, une façon de participer à la mission du Christ dans le monde, une vocation ecclésiale.Faisant appel à son expérience l’A.montre comment l’incarnation du projet de vie religieuse s’est profondément modifiée depuis les trente-cinq dernières années.Comment on vivait les principales composantes de la vie religieuse et comment on les vit maintenant.L’A.termine en partageant dix convictions personnelles, dont la dernière porte sur la femme en vie consacrée.257 Jacques Lewis, s.j., Un précis de spiritualité chez saint Paul 285-296 L’A.fait appel à un document autobiographique où l’Apôtre, évoquant son expérience de converti, décrit en quelques versets l’essentiel de la vocation chrétienne.Il s’agit du passage de sa lettre aux Philippiens: 3, 7-14.L’A.en dégage les éléments, pour en discerner et peser le contenu.Janet Malone, c.n.d., Une rentrée chez-soi: le voyage intérieur 297-304 Le voyage intérieur est un processus qui dure toute la vie.Il s’agit d’un voyage de foi, d’un voyage au désert qui permet de se retrouver soi-même, d’un voyage dans la solitude et le silence.C’est un voyage apparenté à celui des disciples d’Emmaüs.Monique Thériault, s.n.j.m., L’avenir est dans le présent 305-310 Un changement de civilisation appelle un changement de type de vie religieuse.Seuls les éléments essentiels de celle-ci se doivent de perdurer.L’A.signale ensuite quatre pistes d’avenir, et conclut que l’avenir est dans le présent puisque seul celui-ci nous appartient.Tables de l’année 258 Le renouveau de la vie religieuse aujourd’hui* Rembert G.Weakland, o.s.b., évêque** Notre temps a un urgent besoin de la formulation d’une théologie de la vie religieuse qui soit inspiratrice, stimulante et interpellante - d’une théologie qui encouragerait tout jeune disciple du Christ à dire: «Oui, j’aimerais adopter cette forme de vie; ma vie comme disciple du Christ aurait tout son sens si je la vivais ainsi.Lorsque la commission préparatoire au document Perfectae caritatis du Concile Vatican II se demandait s’il était possible d’introduire ce document par la théologie de la vie religieuse, la plupart de ses membres avaient l’impression que ce travail avait déjà été fait au Chapitre VI de Lumen gentium, de sorte qu’on omit une telle introduction.On peut se rendre compte de la difficulté qu’éprouvait déjà la commission au sujet du Chapitre VI qui, à ce moment, ne lui semblait pas satisfaisant.Les états de perfection avaient été abolis, certains passages sur la vie religieuse avaient déjà été abordés au Chapitre VI en ce qui concernait l’appel des laïcs à la sainteté.Ainsi, comme nous pouvons maintenant le voir en rétrospective, les religieux entraient dans la période postvaticane sans une théologie claire et convaincante de leur renouveau.Que devons-nous faire maintenant, trente ans plus tard?Il est impérieux que soit élaborée une telle théologie qui ait un fondement biblique et ne soit pas uniquement de facture juridique, qui soit conforme à la réalité des expériences que vivent les religieux, et qui * Entretien donné à l’Assemblée plénière de la Conférence canadienne des Évêques, à Ottawa, le 26 août 1994.**3501 South Lake Drive, Milwaukee, Wl 53207-0912.U.S.A.259 soit en même temps positive et source d’espérance.Dans cet entretien, je commencerai par quelques remarques préliminaires qui me semblent importantes, en tant qu’évêque, avant d’entamer un bref aperçu de ce que, à mon avis, doit contenir une théologie de la vie religieuse.Cet aperçu signalera trois catégories fondamentales pour une telle théologie.Pour conclure, j’exprimerai mon attitude vis-à-vis l’avenir de la vie religieuse, en me basant sur les leçons que nous enseigne l’histoire.Remarques préliminaires 1.La vie religieuse n’est pas un concept univoque Toute tentative de considérer le concept de la vie religieuse comme univoque mène à la frustration.Alors que l’on rédigeait Perfectae caritatis, le comité de rédaction abandonna bientôt l’idée de donner une définition précise de la vie religieuse dès le premier paragraphe et préféra en faire une analyse historique et descriptive.On avait dû faire face au même problème en écrivant le paragraphe 43 de Lumen gentium.Le terme pour lequel on avait alors opté était typoi, types ou modèles, pour tout y inclure, depuis la vie des ermites jusqu’à celle des membres des instituts apostoliques.Les rédacteurs s’arrêtèrent à l’expression: «variae formae vitae solitariae vel communis.» Si on ajoute le phénomène moderne des instituts séculiers aux manifestations traditionnelles de la vie religieuse, il devient clair que l’on se trouve en présence d’une diversification qui défie toute définition.Les éditeurs du Code de Droit Canonique de 1983 crurent pouvoir résoudre cette ambiguïté en employant les termes «vie consacrée» qui embrasseraient tous les aspects de ce phénomène dans l’Église.Cette terminologie, relativement nouvelle au sein de la tradition catholique, n’a pas trouvé faveur parmi les religieux eux-mêmes et se rencontre aujourd’hui surtout chez les canonistes et dans les documents officiels.260 L’hésitation des Pères du Concile Vatican II à définir la vie religieuse en termes rigoureux devrait être pour nous tous un continuel avertissement.Lumen gentium déclarait: «Docile aux inspirations de l’Esprit, la hiérarchie accueille les règles proposées par des hommes et des femmes éminents, et une fois terminée la révision de ces règles, les approuve authentiquement» (45).L’esprit souffle où il veut.D’autre part, les religieux doivent posséder leur identité propre au sein de l’Église et pouvoir par là définir qui ils sont et ce qu’ils sont.Les évêques aussi doivent comprendre les caractéristiques de cette forme de vie et voir son rôle dans la vie de l’église locale.Récemment, on a demandé aux évêques de remplir un rôle pastoral en aidant les religieux à trouver leur place dans l’Église et dans la société.Il importe donc que nous étudiions la question de la théologie de la vie religieuse sans prétendre arriver à des cadres définis et parfaits.2.Mon deuxième point est que le Concile Vatican II n’a pas appelé à une réforme de la vie religieuse mais à son renouveau Thomas Merton, dans un article remarquable écrit dès octobre 1965, donc peu avant la publication de Perfectae caritatis, faisait remarquer qu’un «renouveau est quelque chose de plus profond et de plus total qu’une réforme.La réforme s’imposait aux besoins de l’Église au temps du Concile de Trente, bien qu’il y eût encore une grande vitalité chez les religieux.Aujourd’hui, la structure et l’organisation sont fermes et intactes; ce qui manque, c’est une intelligence profonde et féconde du vrai sens de la vie religieuse.Faire simplement écho à la réforme tridentine et inciter à une plus ferme discipline dans le cadre de vie devenu familier serait ne rien comprendre au véritable problème des religieux, non plus qu’à l’épineux problème de l’obéissance et de l’autorité dans le contexte moderne.» (Cf.: «Le Concile et la vie religieuse.» New Blackfriars, 47 (1965), 5-17).Je ne puis entrer ici dans les détails au sujet de la remarque qu’il fait en notant que la crise de la vie religieuse survient précisé- 261 ment au champ de l’autorité et de l’obéissance dans le contexte moderne, mais, ici encore, Merton était très clairvoyant.Plus loin dans le même article, Merton déclare que renouveler est plus que resserrer l’observance littérale ou juridique.«Dans la vie religieuse comme dans la liturgie, écrit-il, «renouveau signifie restauration du sens authentique des formes et des actes qui doivent retrouver leur pleine valeur comme signes sacrés» (ibidem, p.12).À tout événement, les évêques ne doivent pas considérer leur tâche comme la réforme de la vie religieuse mais comme une assistance dans son renouveau.Les religieux n’ont pas besoin de nouveaux cadres juridiques.Ils ont besoin d’être inspirés, encouragés et éclairés.Une théologie de la vie religieuse J’aimerais maintenant esquisser trois axes de pensées, de «pistes», concernant une théologie de la vie religieuse aujourd’hui.1.La vie religieuse, est avant tout, une façon de suivre le Christ, une «sequela Christi» Personne, ni aucun style de vie chrétienne ne peut embrasser la plénitude du Christ et le témoignage de son amour pour nous.La vie religieuse n’est qu’une de ces façons qui renferme de nombreux avantages et de multiples joies mais qui comporte aussi des sacrifices évidents, comme doit le faire toute suite du Christ.Le premier critère du renouveau est de trouver les racines bibliques de cette sequela Christi, cette unité avec le Christ.J’ai mentionné «les racines bibliques» et non «les textes bibliques».Les textes traditionnels sont depuis longtemps oubliés, par lesquels on voulait marquer la différence entre les conseils et les commandements, ces derniers étant obligatoires pour tous les chrétiens, et les premiers uniquement pour ceux qui recherchaient une relation plus étroite avec le Christ au moyen des voeux.En vérité, c’est un protestant de mes amis qui m’a signalé que l’histoire du jeune homme riche des Synoptiques (cf.Mc 10, 17-31), qui était jadis le textus classicus de la vie religieuse, 262 avait servi de base au Saint-Père pour l’émouvante méditation qui forme le premier tiers de Veritatis splendor.On ne note nulle part dans ce document que, pendant des siècles, dans l’Église catholique, cette histoire et ces textes avaient servi de preuves documentaires de l’existence de la vie religieuse fondée sur les conseils, au-delà des exigences de la simple vie chrétienne.Les racines bibliques de la vie religieuse se trouvent maintenant tout d’abord dans la théologie de la kénose, c’est-à-dire, de la suite du Christ dans son dépouillement pour notre amour, et dans la spiritualité du mystère pascal, c’est-à-dire dans la mort constante à soi et la résurrection pour les autres.L’amour des autres est le motif biblique sous-jacent à la fois à la kénose et au mystère pascal.S’unir au Christ dans son dépouillement signifie devenir un avec les pauvres par le voeu de pauvreté, un avec l’humanité par le célibat, et un avec la volonté du Père par l’obéissance.Tous les voeux doivent être des imitations du Christ et attirer les religieux, hommes ou femmes, plus près du Christ et de sa mission pour l’Église et pour le monde.Le religieux est pauvre, parce que le Christ a été pauvre, le religieux observe le célibat parce que le Christ a observé le célibat, le religieux est obéissant, parce que le Christ a été obéissant.Merton établit ce concept de façon incisive quand il écrit que la nouvelle insistance ne résidera plus dans «la volonté inébranlable» des religieux de prouver leur amour, mais «dans la foi en l’amour de Dieu pour le monde dans le Christ,» dans une réponse reconnaissante et entière d’abandon de soi dans la confiance» et dans la solidarité mutuelle.Les religieux, fait-il remarquer, ne sont pas dominés par une théologie qui les referme sur eux-mêmes comme des individus isolés qui relèvent le défi de «prouver quoi que ce soit» et de «s’immoler».Ils sont conduits, affirme-t-il, par la «lumière de l’Évangile», «le message de miséricorde et de salut,» annoncé et ressenti dans l’amour, le sacrifice et un oubli total de soi (cf.ibidem, p.11).Par conséquent, le renouveau biblique et liturgique au sein de l’Église postvaticane devrait aider les religieux dans leur propre cheminement spirituel à la suite du Christ.Si les évêques veulent aider 263 les religieux dans ce cheminement, ils ne peuvent mieux commencer qu’en encourageant les religieux à approfondir les racines bibliques de leur spiritualité et en particulier leur union au Christ dans le baptême, fortifiée et alimentée par l’Eucharistie.Ils doivent prendre au sérieux le Christ et leur unité avec le Christ.2.Mon second point serait que la vie religieuse doit être aussi une façon de faire partie de la mission du Christ dans le monde Par le baptême, tout chrétien a une responsabilité renouvelée d’apporter le Christ au monde.Le Concile Vatican II a parlé avec éloquence du rôle du laïcat à ce sujet.Le Concile Vatican II n’a prêté presque aucune attention au rôle des religieux dans la mission que le Christ a léguée à son Église, mais plus tard ce rôle fut longuement présenté par le Pape Paul VI dans Evangelica testificatio, un remarquable document et sans aucun doute le plus important de la période postvaticane de renouveau.Les Pères du Concile ont peut-être présumé que le rôle des religieux dans l’Église et dans le monde ne changerait pas de ce qu’il était avant le Concile.Mais les temps et la culture ont changé et ces bouleversements ont eu une répercussion dramatique sur la vie religieuse.La commission spéciale des évêques pour le Renouveau de la vie religieuse aux États-Unis, présidée par Monseigneur John Quinn, a exposé ces changements dans un rapport bref mais réaliste aux évêques, en novembre 1986.La Commission écrivait: «Avec cette nouvelle éducation plus professionnelle et l’éveil du mouvement des droits civils, les religieux ont acquis un nouveau sens des besoins de la société et, grâce à l’enseignement du Concile sur le rôle de l’Église dans le monde, ils en sont venus à considérer la vocation religieuse non plus seulement comme confinée à maintenir les institutions de l’Église, mais aussi en fonction d’un service au monde et particulièrement pour la promotion de la justice et des droits de l’homme» (pp.11 -12).Merton avait déjà remarqué en 1965 que le Pape Jean XXIII et le Concile Vatican II avaient modifié le concept négatif du monde pour adopter un concept positif, avaient brisé l’isolationnisme de 264 l’Église à l’égard du monde qui avait été sa position depuis le siècle des Lumières et le Risorgimento, et avaient entamé un nouveau dialogue, non seulement avec les protestants mais aussi avec les non-croyants.Le jugement du monde par les Pères du Concile Vatican II était peut-être trop positif, mais Merton avait raison de voir dans ce mouvement la fin de deux théories de Royaumes attribuées à Augustin, en faveur d’une prise de position plus modeste et moins antagoniste de la part de l’Église.À la lumière de ce qui suivit, nombreux sont ceux qui perçoivent aujourd’hui que le Concile Vatican II, ou tout au moins ses premiers interprètes, semblaient vraiment trop optimistes et un peu naïfs au sujet du monde.Les années qui suivirent le concile Vatican II ont apporté plus de réalisme au débat, à mesure que l’existence et les conséquences du péché devenaient apparentes dans la société et dans le monde.Cependant, les religieux adoptèrent sans tarder ce nouvel esprit positif.La religieuse dans le monde moderne du Cardinal Suenens a exprimé ce nouvel essor en termes emballants et séduisants.Il s’ensuivit un double résultat.Beaucoup de religieux, et surtout de religieuses, en vinrent à croire qu’il serait plus facile de tirer parti de leurs talents dans une mission pour le monde qui négligerait les autres contraintes de la vie communautaire, surtout les structures de l’autorité qui, à leur avis, les rendaient inhumaines dans une main-d’oeuvre par ailleurs indifférenciée.La séparation du monde ne leur semblait pas authentiquement chrétienne, à la lumière des attitudes plus positives du Concile Vatican II.Et cette séparation, ne correspondait pas, croyaient-ils, à une saine interprétation des textes bibliques.Malheureusement, on ne faisait aucune distinction entre la séparation du monde et la spiritualité toujours valable du détachement évangélique.La vie religieuse avait toujours été, pour tous les chrétiens, le signe d’un tel détachement, étant dans le monde, mais non du monde.Les religieux doivent embrasser totalement la spiritualité évangélique qui enseigne à prendre la croix tous les jours et à se détacher comme le comporte la sequela Christi.Le détachement et la suite du Christ font essentiellement partie des engagements chrétiens du baptême et a fortiori de la vie des religieux 265 dans leur valeur de symbole au sein de l’Église.Le détachement semblait s’être perdu au sein de l’euphorie qui les portait vers le monde.La seconde confusion fut celle entre la vie religieuse et les instituts séculiers.À la lumière des enseignements du Concile Vatican II sur le monde, cette distinction ne semblait pas reposer sur des fondements bibliques et théologiques.Cette confusion, probablement la plus grande faiblesse dans le développement de la théologie de la vie religieuse depuis cinquante ans, eut pour conséquence qu’on arriva à des distinctions peu convaincantes et à des partages douteux de territoires.Les membres des instituts religieux avaient travaillé dans le monde depuis des siècles, comme individus et comme communautés.Des essais de redéfinir la vie religieuse en fonction de la séparation du monde étaient voués à l’échec et pouvaient nuire au développement légitime de la vie religieuse qui s’effectuait dans la période qui suivit immédiatement Vatican II.Dans ce cas, les définitions ne correspondaient pas à la réalité vécue.Contraindre cette réalité à se conformer à la définition ne sera pas utile.Je suggérerais plutôt de continuer à insister sur la spiritualité de détachement et du don de soi aux autres qui s’enracine clairement dans la suite du Christ et qui a toujours fait partie de la vie religieuse.3.La vie religieuse est avant tout une vocation ecclésiale Les religieux aiment à situer les racines ecclésiales de leur vocation dans la description que fait saint Paul des charismes qui édifient l’Église, le Corps du Christ.Ils considèrent leur vocation comme un don de l’Esprit Saint, non pour leur propre sainteté, mais au profit de toute l’Église.C’est pourquoi ils considèrent leur vocation comme profondément ecclésiale.Les évêques se sentent nerveux quand les religieux qualifient leur charisme de prophétique.Il n’y a pas de raison d’être nerveux pour qui comprend bien deux choses.Tout d’abord, les religieux ne peuvent avoir le monopole des charismes prophétiques; les évêques aussi peuvent posséder ce charisme.En second lieu, ce charisme n’est pas prophétique parce qu’il fonctionne contre les autres charis- 266 mes, surtout celui de leadership, mais parce qu’il doit être un rappel constant de la volonté de Dieu pour son Église et pour le monde.Il doit nous ramener tous aux fondements, à l’essentiel de la vie chrétienne, alors que nous sommes de plus en plus pris par les soins de ce monde.La vie religieuse doit être un signe de l’exigence qu’a l’Évangile de toujours voir les événements à la lumière de la volonté de Dieu et de la croissance de son royaume.Les obligations qui lient un signe prophétique sont énormes et je doute que tous les religieux aient conscience de l’énormité des obligations qu’ils assument.Nous avons aussi appelé ce témoignage eschatologique parce qu’il souligne que la fin ultime n’est pas ce monde mais le royaume de Dieu qui doit encore atteindre cette plénitude qui ne viendra qu’à la fin des temps.Les religieux doivent mettre en évidence qu’il y a plus à cette vie que cette vie.On peut dire cependant que leur témoignage s’adresse à la fois à l’Église et au monde.Leur pauvreté, leur chasteté et leur obéissance, face aux normes ou au manque de normes de la culture séculière sous ce rapport, sont en vérité contre-culturelles et forment un témoignage dont le monde a grandement besoin.De plus, chaque fondateur ou fondatrice de congrégation religieuse, en raison de son charisme, a souvent entrevu une façon spéciale d’évangéliser l’Église et la société par certaines oeuvres de justice ou de charité.Dans ces cas, la suite du Christ, vécue au moyen des voeux et l’oeuvre à réaliser sont devenues une vision, une forme de vie, un tout intégré.D’autres individus, se voyant porteurs d’un charisme semblable à celui du fondateur ou de la fondatrice, se sont joints aux disciples du chef et ainsi s’est formé un institut religieux ou une congrégation religieuse.Au sens paulinien, un institut ne possède pas de charisme, les personnes seules peuvent en posséder un.Quand des gens qui ont même vocation et même charisme se rassemblent et forment un institut, cet institut revêt des caractéristiques spéciales, souvent de discipline, de spiritualité et de mission qui les identifient et les distinguent des autres.Ainsi - de façon inappropriée mais par abréviation commode - nous appelons souvent ces caractéristiques le charisme de l’Institut.Souvent les oeuvres et les soutiens spirituels qui leur sont nécessaires, ainsi 267 qu’au témoignage de l’Évangile, déterminent le genre de communauté qui se développe, de même que la spiritualité et la discipline qui en découlent.J’ai l’impression que la plupart des religieux aujourd’hui considèrent que leur charisme inclut à la fois la suite du Christ et le travail spécifique ou la mission qu’ils assument dans l’Église et dans le monde.Ils considèrent que leur vie est intégrée comme un tout et non divisée en compartiments.Ce qui pourrait être moins vrai pour les moines, mais s’est assurément vérifié dans les instituts fondés plus tard.Mais nous aurions droit de demander: Qu’arrive-t-il lorsque les besoins d’un certain âge dans la vie intérieure de l’Église ou dans ses rapports avec le monde ne sont plus considérés comme éléments vitaux et significatifs d’un âge subséquent?Un institut religieux qui a répondu aux besoins d’hier doit-il alors s’éteindre ou tenter de se transformer intérieurement pour répondre à de nouveaux besoins?Ces questions n’ont pas de réponse claire, puisque l’histoire donne des exemples des deux possibilités.Bon nombre d’ordres religieux fondés dans les deux derniers siècles pour des oeuvres sociales de charité trouvent maintenant que l’État les a remplacés dans leur oeuvre.Ainsi, certains religieux trouvent difficile de donner une claire définition de leur identité et de leur rôle aujourd’hui.Certains ont rapidement diversifié leur mission aussitôt après le Concile Vatican II, mais n’ont pas trouvé une spiritualité appropriée et les structures de soutien pour des orientations nouvelles et plus individualistes.Des ordres plus anciens - Bénédictins, Dominicains, Franciscains, par exemple - ont fait preuve de plus de souplesse et d’expérience pour s’adapter pendant les périodes de changement culturel.Il se peut que leur genre de vie soit plus simple, moins dépendant d’un travail particulier ou d’une dévotion particulière qui pourrait facilement modifier leur histoire.D’autre part, je me permettrai de déclarer que la vie religieuse prospère davantage aujourd’hui dans les sphères du monde où la dimension ecclésiale de la vie est plus claire et où les religieux sont vraiment acceptés et intégrés, comme religieux, dans la vie et la mission de l’église locale.Les évêques seraient bien avisés d’aider les religieux à voir à ce que leur style de vie - c’est-à-dire les voeux 268 authentiquement vécus - soit un signe évangélique et par suite, valable dans l’Église locale.Cette mesure aiderait à ne pas perdre de vue le détachement évangélique dont tous les baptisés ont besoin pour que l’Église soit une Église dans le monde, mais non du monde.Il est plus difficile d’aider les religieux à trouver la sorte d’apostolat qui leur convient, ainsi qu’à l’église locale.Je ne mentionnerai qu’une nécessité.Les besoins de «la classe inférieure» dans tous les centres urbains réclament de nouvelles approches qui donnent vie et dignité aux défavorisés.Il se peut que des fondateurs ou des fondatrices charismatiques soient déjà là pour relever le défi mais ne voient pas encore leur oeuvre prospérer.Nous devons cependant être reconnaissants aux laïcs qui, inspirés par les anciens instituts religieux, sont engagés dans une telle oeuvre, même si ce n’est que pendant une partie limitée de leur vie.Dernières remarques En guise de conclusion, je désire vous encourager tous à considérer les changements dramatiques de la vie religieuse aujourd’hui comme faisant partie d’une vaste histoire de la façon dont ce phénomène ecclésial s’est modifié et transformé au cours des âges.Les instituts religieux - comme les séminaires - sont des girouettes qui montrent ce qui arrive dans la vie de l’Église et dans ses rapports avec la culture ambiante.Les ordres monastiques ont surgi comme mouvements contre-culturels à une Église qui s’alignait avec un empire grec ou romain.À l’Occident, ils devinrent plus tard des bastions stables du savoir et de l’économie pour les populations nomades, barbares et instables.Les besoins qu’avait le Moyen Âge d’un solide apostolat intellectuel avec la croissance des universités et d’un renouveau de la simplicité et du détachement suscitèrent les Dominicains et les Franciscains ainsi que d’autres groupes réformateurs.Le monde d’après Trente avait besoin d’une approche tout à fait différente et nous avons assisté à la venue des Jésuites et d’autres groupes plus agressifs et plus évangélisateurs.Les anciens ordres ne s’éteignirent pas pour autant, mais ils n’ont plus joué le rôle central qui avait été le leur.269 Nous vivons actuellement une période de transition.Nous cherchons de nouvelles formes de vie religieuse, en nous rendant compte que les anciennes disparaissent.Nous gémissons de pareil avatar.Alors que l’Église assume son nouveau rôle dans le monde, le monde ne demeure pas statique.La chute de l’idéologie communiste n’a pas produit un monde plus unifié, mais a donné naissance à un étrange retour d’identités ethniques au sein d’une prise de conscience globale qui s’affirme de plus en plus.De façon paradoxale, nous devenons plus mondiaux, mais en même temps plus provinciaux.Beaucoup s’enrichissent, mais le nombre des pauvres grandit tout aussi rapidement et ils sont mis de côté.La vie religieuse, comme une girouette, nous dit que l’ordre ancien disparaît pour l’Église, et quant à la façon dont l’Église a rapport avec le monde.Nous scrutons les horizons en quête de nouvelles formes de vie religieuse qui correspondent aux nouveaux besoins.Je suis assez optimiste pour croire qu’elles existent, mais ne sont encore que sous formes de germes et de bourgeons.Ma crainte est que nous, les évêques, comme il est arrivé si souvent dans l’histoire, nous ne les reconnaissions pas, parce que nous espérons qu’elles ressembleront aux anciennes que nous regrettons et pleurons encore, ou qu’elles se conforment aux critères que nous avons déjà fixés de façon arbitraire.Certaines de ces anciennes formes, comme par le passé, continueront à attirer des recrues, mais elles ne joueront plus le rôle dominant.Peut-être ne devrions-nous pas passer trop de temps à remorquer les anciennes formes, mais nous efforcer plutôt de discerner les signes des nouvelles.Je suis certain d’une chose: les nouvelles formes de vie religieuse devront nous montrer comment être dans le monde d’aujourd’hui sans être du monde, comment nous montrer les vrais disciples de Jésus Christ dans une nouvelle culture globale.Je soupçonne que ces instituts seront «dépourvus de classes» c’est-à-dire, rassemblant des pauvres et des riches, dans une nouvelle solidarité, internationaux et interraciaux, c’est-à-dire, un signe d’un niveau plus profond de compréhension parmi les peuples que nous connaissons en ce moment, oecuméniques, c’est-à-dire, montrant la route vers une plus grande unité entre nous, chrétiens.270 Ce que les nouveaux instituts seront encore, je ne sais.Cependant j’ai assez de confiance et d’espoir en la divine providence pour croire que le Saint Esprit continuera à se montrer actif parmi nous de façons dont nous n’avons pas encore rêvé, à susciter des hommes et des femmes avides d’embrasser cet avenir global enthousiasmant, dans un don de soi total pour le Royaume, comme Jésus l’a fait.Je crois qu’il y aura toujours des personnes éprises du désir de suivre le Christ plus étroitement par amour pour les autres et qui témoigneront que le Royaume de Dieu est plus grand que nous, en ce moment ou à tout moment de l’histoire.271 Éléments de réflexion sur la vie consacrée et sa mission* Lorraine Caza, c.n.d.** C’est avec émotion mais surtout avec une très grande confiance que je veux m’essayer à rendre compte devant vous, pasteurs de l’Église de Jésus Christ au Canada, de la vie et de la mission dans lesquelles je suis engagée.Tentant, en effet, de m’exprimer à moi-même quelle pouvait bien être la tâche qui m’est confiée, ici, aujourd’hui, il m’a semblé que j’étais invitée à réfléchir, à partir de ma propre expérience, sur ce qui se passe dans la vie consacrée, aujourd’hui; à mentionner, au passage, certains des défis majeurs auxquels nous sommes confrontés et à partager quelques-unes des convictions touchant cette forme de vie baptismale que les expériences plus récentes me pressent d’exprimer.Bien sûr, je parle à partir d’une expérience particulière, limitée, de la vie consacrée, celle de la vie religieuse apostolique féminine, à l’intérieur d’un engagement dans l’éducation.Et cette expérience particulière, je la vis avec mes forces et mes faiblesses.J’ai pensé être le plus honnête envers les différentes formes de vie consacrée en identifiant au mieux le lieu à partir duquel je parle, mais dans une conscience des autres formes de vie consacrée et comme en dialogue intérieur avec elles.Plus encore, c’est envers toutes les formes de vie chrétienne que je dois montrer la même honnêteté en témoignant de mon expérience limitée de l’expérience chrétienne: Entretien donné à l’Assemblée plénière de la Conférence canadienne des Évêques, à Ottawa, le 27 août 1994.**326, Chapel Street, Ottawa, Ont.K1N 7Z3.272 les laïcs engagés dans le mariage ou dans un autre projet de vie, les ministres ordonnés ont une expérience autre que la mienne.Je crois même indispensable de garder, dans ma réflexion, une ouverture oecuménique, une conscience vive de l’expérience des membres des différentes communautés qui se réclament de Jésus Christ et, à l’intérieur de ces Églises et Confessions chrétiennes, des personnes engagées dans des formes de vie semblables à ce que nous coiffons, chez nous, de l’étiquette vie consacrée.Et je pense enfin aux grandes religions du monde, et, en leur sein, à tant de groupes monastiques ou autres qui proposent un itinéraire pour la quête de Dieu qui n’est pas sans affinités avec ce que nous appelons vie consacrée.En commençant ma réflexion, me revient à l’esprit le cri spontané de l’archevêque de Yaoundé, au Cameroun, Mgr Jean Zoa, lorsque je lui ai demandé de me dire ce qu’il considérait le plus important de tout ce qui s’était passé au Synode africain: «la recentration sur Jésus Christ» a-t-il lancé sans l’ombre d’une hésitation.Sans hésitation, je lui emprunterais sa réponse pour exprimer ce qui me tient le plus à coeur dans le renouveau de la vie consacrée comme aussi dans mes attentes face au Synode sur la vie consacrée et sa mission dans le monde.Réflexion sur la vie consacrée à partir de mon itinéraire La situation, les conditions, le cadre dans lesquels j’ai à incarner le projet de vie religieuse apostolique qui est le mien ont évolué d’une façon incroyable depuis que je m’y suis engagée, à 20 ans, et pourtant je n’hésite pas à affirmer que les choix fondamentaux, le projet en ce qu’il a d’essentiel est toujours le même pour moi.En 1956, la vie religieuse évoquait davantage une mise à part de l’ensemble de la communauté des baptisés qu’un engagement à une solidarité profonde avec la vie, les joies et les peines de toute la communauté chrétienne, de toute l’humanité, au nom précisément de cet attachement sans réserve à Celui qui a tant aimé le monde.273 On mettait alors beaucoup moins en relief l’enracinement baptismal de la consécration religieuse.En 1956, comme aujourd’hui, vie religieuse évoquait une décision radicale par rapport à tout le registre de l’avoir.Pour parvenir à une liberté intérieure toujours plus grande face aux biens et à cette sobriété grandissante dans leur utilisation qui permettrait un important engagement de ressources au profit de l’oeuvre d’éducation des peuples, on proposait une vie de dépendance très étroite dans l’utilisation des biens.Chaque membre avait à signifier cette attitude de dépendance en multipliant les démarches pour demander le détail des biens mis à son usage.Aujourd’hui, il semble que ce soit davantage en développant une attention croissante à la situation des frères et des soeurs aux besoins criants, en s’approchant de leur réalité, en se sensibilisant toujours plus aux exigences de la justice et de la paix à l’intérieur du groupe et dans toute la société, en prenant conscience de sa responsabilité de donner en héritage à ceux et celles qui nous suivent une terre où la vie sera possible et bonne, que quelqu’un choisit de plus en plus vigoureusement un style de vie plus sobre, devient plus conscient des exigences du partage des ressources, plus libre pour s’engager à transformer la situation sociale pour qu’elle favorise davantage la justice, plus profondément consentant à l’interdépendance des personnes, des groupes, des peuples.En 1956 comme aujourd’hui, vie religieuse impliquait une décision radicale par rapport au domaine de l’amour.Pour apprendre une plus grande disponibilité de nos ressources affectives pour Dieu et pour les personnes que nous étions appelées à rencontrer dans nos engagements apostoliques, on proposait une vie très coupée des membres de sa famille et, je dirais des membres de la communauté humaine n’appartenant pas à l’Institut ou ne faisant pas partie des populations rejointes directement par le service apostolique de l’Institut.On posait aussi sur les amitiés un soupçon.L’organisation de la vie communautaire limitait au maximum les contacts des membres avec les personnes du dehors.Cette orientation semble témoigner d’une peur certaine du dynamisme de l’amour humain, et d’une peur qui s’alimente d’une ignorance du fonctionnement d’un être 274 humain.Aujourd’hui, le développement des sciences psychologiques, la façon de situer l’engagement dans le célibat consacré par rapport à l’engagement chrétien dans le mariage, l’approfondissement du primat de l’amour en christianisme, ont encouragé une façon beaucoup plus souple de penser et de vivre le célibat consacré qui fait davantage droit aux amitiés, à une attitude de tendresse, de miséricorde, de compassion dans l’exercice de la mission.En 1956, comme aujourd’hui, vie religieuse impliquait une décision radicale par rapport au domaine du pouvoir.Pour apprendre une plus grande ouverture aux appels de Dieu, aux appels de nos frères et de nos soeurs, pour apprendre une radicale soumission à Dieu, la vie quotidienne était organisée, encadrée alors de manière à ce que chaque membre expérimente dans le détail de ses décisions concrètes sa dépendance de Dieu à travers sa dépendance de la communauté d’appartenance.L’accent était mis, dans cette dépendance communautaire, sur la soumission aux personnes chargées, à tel moment, du leadership dans la Communauté.À ce niveau aussi, les choses ont évolué avec une rapidité surprenante.D’une part, on est devenu très conscient que la vie religieuse devait honorer la conviction chrétienne fondamentale que l’Esprit Saint est à l’oeuvre, qu’il a été répandu sur toute chair et donc que la recherche de la volonté de Dieu par chaque personne ne devait pas se faire seulement avec les personnes ayant un mandat spécial d’autorité mais au sein de toute la communauté, avec une participation plus concrète de chaque membre aux orientations du groupe.D’autre part, l’expérience des dernières années et la réflexion sur cette expérience, dont témoigne le développement des sciences humaines (anthropo, psycho et socio), ont amené les religieux à se poser des questions sérieuses sur la pédagogie mise en oeuvre dans l’organisation concrète de la vie religieuse.Était-ce la meilleure manière de cultiver une attitude d’écoute du réel, d’écoute de Dieu à travers les événements, les rencontres des personnes, que d’atomiser en quelque sorte le projet de vie, de mettre l’accent sur une dépendance dans le détail des actions de la vie quotidienne, au risque de ne plus avoir d’énergies à donner pour écouter avec d’autres les cris de l’Église universelle, les cris de la planète?275 Lorsque je réfléchis sur ce qui se passe dans la vie religieuse depuis Vatican II, il me semble qu’une des choses majeures, c’est la mise en question de bien des éléments de la pédagogie mise en oeuvre pour cultiver, chez les membres en particulier et dans toute la communauté, une conversion évangélique radicale des dynamismes humains fondamentaux de l’avoir, du savoir, du pouvoir, de l’amour.On sent le besoin de mettre en oeuvre une pédagogie de la personne qui va stimuler l’ouverture.On est plus sensible au fait qu’une personne humaine, dans quelque forme de vie où elle s’engage, ne devient elle-même qu’en s’ouvrant aux autres, depuis son entourage immédiat jusqu’aux dimensions de l’univers.On sent aussi le besoin de mettre en oeuvre une pédagogie qui va favoriser un espace de liberté, de sorte que le projet communautaire n’ait rien d’un embrigadement qui, à toutes fins pratiques, risque de piétiner les pousses de vie fragiles, l’avènement d’une personne à elle-même.On pourrait dire qu’à l’intérieur des Congrégations, souvent même sans le dire explicitement, on a pris conscience des limites d’une organisation de la vie où chaque comportement est assorti de règlements minutieux.Un peu comme Israël a compris que fixer l’attention sur la multiplicité croissante des 613 observances n’était peut-être pas ce qui contribuait le plus et le mieux à façonner des gens centrés sur l’amour de Dieu de tout son coeur.et sur l’amour du prochain comme soi-même.Il faut une pédagogie qui va favoriser au maximum un discernement de ce qui est essentiel par rapport à ce qui est secondaire, accessoire, un discernement de l’importance relative à donner à telle action, tel comportement, tel souci, en tenant compte de la situation d’ensemble.Lorsque je suis entrée à la Congrégation de Notre-Dame, j’avais déjà pu bénéficier d’un long apprivoisement à la dimension prière de la vie chrétienne.À la maison, j’ai pu compter avec un climat de grande liberté et de foi, une foi discrète, sobre mais profonde.J’ai également beaucoup reçu, toujours au niveau de la prière, dans le milieu scolaire où j’ai été éduquée, au coeur des mouvements de jeunes, auprès d’un sage conseiller.À vrai dire, j’emportais au noviciat le goût de la prière et j’oserais dire un profond enracinement dans la vie de prière.Je pense aux deux années de postulat-noviciat 276 comme à deux années de désert au plein coeur de la ville de Montréal et pour rien au monde je ne voudrais sous-estimer l’importance de ces années, vraiment à part, pour tout le reste de ma vie.Je sais qu’on a beaucoup questionné le modèle monastique de la formation donnée dans les congrégations apostoliques, mais ce que j’ai vécu alors est trop important pour que je puisse en voir d’abord les limites.Au niveau de la prière, je dirais que l’accent était alors sur une formation à la méditation et à l’oraison; on favorisait l’accès le plus large à l’Eucharistie et au sacrement de réconciliation; on proposait, au niveau de la prière communautaire (l’Eucharistie mise à part) surtout des formes non liturgiques: longues formules de prière du matin et du soir, chapelet, dévotion au Très Saint-Sacrement; on favorisait l’uniformité dans la méthode de méditation à l’intérieur d’une Congrégation.On ne mesure pas toujours l’impact des changements qui se sont produits depuis Vatican II, aussi bien dans le rythme personnel et communautaire de la vie de prière des religieuses que dans les formes de cette prière.Avec la reconnaissance du visage spirituel unique de chaque personne, avec la prise au sérieux de la multiplicité des chemins dans la vie de prière, il y a eu un éclatement.Je ne saurais dire s’il en est ainsi dans l’ensemble de la planète, mais certainement ici et dans les milieux avec lesquels j’ai été mise en contact, il s’est produit plus qu’un assouplissement au niveau de l’ensemble de la vie de prière des individus et des groupes.Dans un premier temps, je puis dire que beaucoup de congrégations qui ne se rattachaient pourtant pas à la famille spirituelle jésuite ont cherché du côté des exercices de Saint Ignace.Beaucoup diraient qu’ils et elles ont trouvé là quelque chose de solide, de vrai qu’ils, elles cherchaient depuis longtemps.Dans beaucoup de communautés internationales, le contact de certains membres avec les courants de libération a introduit des changements dans toute la façon de prier.À mesure que les structures des congrégations se sont assouplies, les personnes qui le désiraient ont pu s’ouvrir à différentes traditions spirituelles au sein de l’Église catholique, alors qu’elles demeuraient membres de telle congrégation au charisme moins précis ou moins explicité.Le climat général d’ouverture a progressivement rendu possibles des contacts de l’une ou l’autre personne, de l’une ou 277 l’autre communauté, avec les traditions spirituelles dans les autres Églises chrétiennes, dans les autres univers religieux.On pourrait donc dire que - et cela surtout dans les Congrégations qui ont favorisé l’ouverture et résisté à freiner le mouvement d’ouverture - il y a dans une même congrégation la rencontre de diverses spiritualités.On voit déjà le défi qui attend à la porte: jusqu’où peut-on laisser aller cette tendance sans l’équilibrer par un appel à approfondir ce qu’on peut encore et toujours tenir en commun si l’on veut, en bout de ligne, maintenir, au-delà de quelques années, une identité communautaire consistante, maintenir une congrégation tout court?Si on regarde la dimension sacramentelle de l’identité communautaire, encore ici on est devant un ébranlement de la presqu’unani-mité qui régnait avant le concile.Dans plusieurs congrégations, surtout internationales, se dessine déjà une diversité de positions touchant la place de l’Eucharistie dans la vie au quotidien.On peut expliquer la situation par la circulation de différentes théologies de l’Eucharistie, mais dans certains milieux, j’ai le sentiment qu’on confond des problèmes qui sont différents: importance de l’eucharistie vs pénurie des ministres ordonnés; importance de l’eucharistie vs situation des femmes dans l’Église.Au niveau de la vie de prière, s’il est un élément de changement qui doit être mentionné, c’est l’option qu’ont faite toutes les congrégations ne se rattachant pas aux familles religieuses issues du Moyen-Âge (ces dernières avaient déjà fait ce choix), d’adopter la prière des Laudes et de Vêpres, à l’invitation de Vatican II, comme prière du matin et du soir.On n’a pas fini de mesurer l’impact d’un tel choix.On n’a pas fini, à l’intérieur des Congrégations, de faire vraiment ce choix et de comprendre que ce choix a ses implications.Ce choix, il favorise, déjà au niveau de la conversation personnelle et communautaire avec Dieu, une prise de conscience plus vive de l’ecclésialité de la vie religieuse.Il encourage le mouvement d’ouverture, le sens d’appartenance à une communauté tellement plus large que les frontières de sa propre congrégation.Il contribue à façonner des gens pétris par la Parole de Dieu, à l’écoute, avec tous les mem- 278 bres de l’Église, dans une même attitude filiale, de la Parole qui nous crée, qui nous sauve, qui nous juge.Ces dernières années, beaucoup de congrégations et d’institutions ont senti le besoin de favoriser un meilleur apprivoisement de leurs membres, et souvent de bien d’autres adeptes de la liturgie des heures, à cette forme de prière.Tout récemment, j’ai écouté l’une après l’autre les huit (8) soeurs Rwandaises de la Congrégation des Soeurs de Notre-Dame-de-Namur qui sont actuellement chez leurs soeurs canadiennes à Vankleek Hill dire combien la prière des psaumes les avait soutenues au coeur de l’expérience de terreur de laquelle elles viennent de sortir.Elles avaient compris, comme aucun cours ne leur aurait permis de le faire, l’actualité mystérieuse mais si profonde de la Parole de Dieu.En 1956, l’organisation de la vie communautaire dans la Congrégation à laquelle j’appartiens, n’était pas parfaitement monolithique puisque, à côté de communautés très nombreuses, il y avait des missions où oeuvraient très peu de membres.Ce facteur, bien sûr, jouait sur le style de la vie communautaire; mais, où qu’une soeur était envoyée, elle pouvait être certaine, à très peu de choses près, de trouver le même horaire, les mêmes expressions communes, le même équilibre silence-parole, - sans doute pas le même type de rapport «supérieure»-«sujet» parce qu’ici il y avait à compter avec le caractère, la personnalité de chacune -, les mêmes traditions de fêtes.les mêmes coutumes.Il reste qu’on parvenait à limiter les différences en donnant très peu d’espace pour les décisions non déjà codifiées.Nous sommes passées d’un mode de gouvernement très centralisé, où les supérieures provinciales étaient surtout les porte-parole de la supérieure générale, à des structures faisant toujours plus de place à la collaboration et à la subsidiarité.On pourrait dire que ce n’est qu’à partir de Vatican II et, pour nous, des chapitres généraux spéciaux du renouveau conciliaire, que l’ensemble des membres a vraiment compris l’autorité du chapitre général dans la vie d’une Congrégation.Je dis bien l’ensemble des membres car il y a toujours eu une certaine proportion de membres à très bien comprendre les rouages du leadership de la Congrégation.Avec les 279 années, on a assisté, collaboré et participé à l’avènement d’un type de relation «supérieures» - «sujet» ou mieux «animatrices» -«ensemble des membres», où la consultation, la recherche ensemble de la volonté de Dieu étaient nettement priorisées.Aujourd’hui, très peu de commandements se donnent dans les Congrégations par l’autorité légitime.S’il y a des commandements, je crois que c’est beaucoup plus de la part de membres qui acceptent difficilement que les choses n’aillent pas comme elles voudraient qu’elles aillent et qui imposent leurs points de vue par la force plutôt que de collaborer à un processus de dialogue où chaque membre est écoutée.Ce qui se dessine maintenant, c’est une phase nouvelle, ce qu’on appelle un modèle «circulaire» de vie communautaire où le leadership est fort diffus, vraiment partagé entre les différents membres du groupe.Je crois qu’on est ici devant un point qui représente un défi majeur pour l’avenir de nos congrégations.Peut-on aller complètement et unilatéralement dans le sens du modèle circulaire ou doit-il y avoir de façon obligée la rencontre du circulaire et du principe d’unité visibilisé dans l’organisation du groupe?En 1956, si on m’avait demandé pourquoi j’entrais à la Congrégation de Notre-Dame, je doute fort que dans ma réponse il y aurait eu quelque référence explicite à l’engagement dans l’enseignement, dans l’éducation.J’entrais dans un désir de suivre Jésus Christ; c’était un geste par lequel j’exprimais mon désir d’être toute à Dieu.Peut-être que l’engagement éducatif était présent du fait que je donnais forme à mon projet dans une congrégation que j’avais vue à l’oeuvre dans l’éducation, mais rien de plus, de sorte que si on m’avait demandé à ce moment de rendre un service autre que l’enseignement, je n’aurais pas cru qu’on trahissait mes attentes.Et j’ai enseigné.courte expérience d’enseignement de l’ensemble des matières au secondaire.des mathématiques et des sciences religieuses au Collégial.et engagement en théologie et en études bibliques.Aujourd’hui, si j’ai à rendre compte de ma vie, je sens vraiment le besoin d’intégrer profondément ma mission dans l’Église et dans le monde avec mon choix originel d’une forme de vie où il me semblait possible pour moi d’exprimer mon désir d’être toute à Dieu.Et 280 lorsque je regarde l’évolution qui a eu lieu dans la Congrégation dans laquelle je vis et dans la vie religieuse en général, je suis immensément reconnaissante du vent de liberté qui a soufflé sur les institutions, de l’encouragement à l’ouverture qui est allé croissant.Sans cette ouverture, il est difficile pour moi de penser que mon engagement dans la mission de l’Église eut pu prendre la forme qu’il a pris.C’est parce que la Congrégation a fait confiance à l’appel en moi et aux appels extérieurs, que j’ai pu vivre mon engagement dans la faculté de théologie de Dominicains à Ottawa.Et au risque de surprendre l’une ou l’autre personne, je tiens à dire qu’en acceptant la responsabilité de doyenne, j’ai conscience d’avoir posé un des plus grands gestes d’obéissance de ma vie, même si l’appel venait d’ailleurs.C’est parce que ma Congrégation, dans certaines de mes soeurs, m’a invitée à m’engager dans la réflexion sur le charisme de la Congrégation, sur la vie religieuse, dans l’animation de sessions et de retraites, qu’avec le temps, j’ai été mise en contact avec toutes sortes de groupes aussi bien dans le monde de la vie consacrée qu’en dehors, ici au pays et ailleurs.C’est parce que ma Congrégation a fortement encouragé chez ses membres l’implication dans la participation à la vie ecclésiale et à la vie sociale par l’écriture, que j’ai mieux compris, en le vivant, que l’écriture peut être une forme de service.Des convictions à partager Les multiples expériences dans lesquelles j’ai été conduite au fil de mes engagements m’ont permis certaines prises de conscience que j’aimerais partager avec vous.1.Conviction qu’il y a mieux à faire que de nous tenir à l’écart des autres formes de vie consacrée: pour moi, de me tenir à l’écart de la vie monastique, des Instituts séculiers, des sociétés de vie apostolique, des vierges consacrées.Ce qui nous unit est tellement plus important que ce qui nous sépare.Aller chacune au plus profond de notre identité propre, puis, à partir de ce lieu, interpeller les autres formes et nous laisser interpeller par elles.281 2.Conviction que la profondeur d’une vie engagée dans le célibat a tout à gagner d’un dialogue avec nos frères et soeurs engagés dans la profondeur d’une expérience conjugale.3.Conviction que la profondeur d’une vie engagée dans la mission de l’Église ne peut s’expérimenter jusqu’au bout qu’en dialogue avec la profondeur d’expérience d’autres types de vie d’engagement dans la mission de l’Église: vie dans les ministères ordonnés, vie des couples et des familles chrétiennes, vie des personnes engagées dans le service et la transformation de la société.Je reste émerveillée de ce qu’Andrée Pilon-Quiviger a fait pour la vie monastique dans son livre Entre le fleuve et l’infini.4.Conviction qu’il faut favoriser le plus possible l’ouverture des Congrégations anciennes aux Congrégations nouvelles et des Communautés nouvelles pour les Congrégations et Ordres ancrés dans la tradition plus longue.Mon expérience douloureuse des dernières années avec certaines jeunes communautés me crie l’évidence que ces communautés naissantes ont immensément besoin de la sagesse des anciennes traditions pour éviter les tendances au sectarisme, des conceptions de l’obéissance qui n’ont rien à voir avec la liberté évangélique, un immédiatis-me dans la conception de l’intervention de Dieu dans l’histoire humaine, une tendance à privilégier l’émotif, le merveilleux.J’en viens à conseiller que, dans la période expérimentale, on assure structurellement l’existence de tels contacts entre communautés traditionnelles et nouvelles.Surprise et joie d’entendre mon neveu Éric me lancer un jour: «les communautés?.vous êtes plates dans un reportage télévisé, vous seriez nulles dans une campagne électorale.mais vous êtes fortes sur le long terme.» Joie aussi d’entendre Martine, pré-novice à la C.N.D., exprimer pourquoi elle choisit plutôt une congrégation qui a une tradition: «Je veux une communauté qui a su traverser des crises».5.Conviction qu’il faut jouer à fond la carte de l’interculturel, de l’internationalité.Nos membres qui ont oeuvré en Asie, en 282 Afrique, en Amérique latine, nous ont déjà beaucoup appris et elles témoignent de la conversion à laquelle elles ont été amenées dans la rencontre d’un autre milieu culturel.Et que dire de ce que nous apportent déjà nos membres issues des autres continents! 6.Conviction que l’option préférentielle pour les appauvris et les opprimés, que la proximité plus grande des personnes aux prises avec les mille facettes de la douleur du monde, sont une clé importante pour la réactualisation de notre engagement à convertir le dynamisme de l’avoir en nous, selon la proposition évangélique.7.Conviction qu’il y a des éléments qui nous échappent dans le renouveau de la vie religieuse en cours.On ne fabrique pas un François d’Assise, une Marguerite d’Youville en comités, en chapitres, ou enfermé dans son bureau.Tous nos efforts pour faire la vérité dans nos vies, pour faire le pont avec les expériences autres que les nôtres; tous les risques consentis d’être momentanément déstabilisés par des positions qui nous déroutent, à tort ou à raison, contribuent, j’en suis certaine, à préparer, à commencer, à épanouir ce renouveau qui, en définitive cependant ne peut être qu’un don de Dieu à son Église.8.Conviction que des événements en forme de croix, des Golgotha à grandeur de pays, comme la tragédie sans nom du Rwanda, nous concernent tous et toutes et que, mystérieusement, ils sont semence d’une vie nouvelle d’une façon que nous ne pouvons soupçonner.L’expérience de Vankleek Hill me dit que l’avenir de la vie consacrée dans le monde sera profondément marquée par de tels événements.9.Conviction que toutes les formes de partage des charismes de la vie consacrée à travers la création du statut de membres associés dans un très grand nombre de Congrégations participent aussi à ce renouveau en profondeur de la vie consacrée.Elles le font en rendant bien concrète, et pour les personnes vivant la vie vouée et pour les laïcs et les ministres ordonnés qui s’associent à elles, l’importance de faire dialoguer nos formes de vie, de 283 nous apporter réciproquement la richesse de nos formes différentes de vie chrétienne.10.Conviction que l’Église a tout à gagner en permettant aux femmes qui forment plus de 75% de toutes les personnes engagées dans la vie consacrée, de participer très activement à la réflexion sur la vie qu’elles professent, d’exprimer comment elles voient l’ensemble d’un projet de vie consacrée, et les différents éléments d’un tel projet.Et il ne faudrait pas sous-estimer la variété des façons de rendre compte de leur vie par les femmes engagées, soit à l’intérieur d’une même culture, soit dans la variété des cultures.Il me semble qu’il faut tout faire pour hâter l’accès des femmes à certains postes décisionnels dans l’Église, et peut-être qu’un des lieux où cela devrait se faire dans les plus brefs délais, serait dans le dicastère qui est chargé de voir à la situation de la vie consacrée dans le monde.Ma réflexion sur les réponses des Congrégations apostoliques féminines du monde entier aux questions des lineamenta m’a clairement démontré qu’il ne s’agit pas d’une problématique exclusivement nord-américaine.Mot de la fin: 1 Co 1,26 à 31.284 Un précis de spiritualité chez saint Paul Jacques Lewis, s.j.* Il arrive un bon nombre de fois qu’en lisant les lettres de Paul on tombe sur un passage remarquablement dense.Rappelons-nous, par exemple, la magnifique bénédiction qui ouvre l’Épître aux Éphésiens, le développement de 1 Corinthiens 15 sur la Résurrection, le tableau christologique de Colossiens 1,12-20.Les textes empruntent alors une forme rythmée qui les apparente à des poèmes.Paul s’est plu, dans la même optique, à citer des hymnes en usage dans l’Église primitive.C’est le cas, entre autres, d’Eph 5,14 et 2 Tm 2,11-13, et peut-être aussi du célèbre cantique de Ph 2,6-11 («Lui, de condition divine.»).Ailleurs il procède par une accumulation de traits, comme dans son chant sur l’amour fraternel occupant tout le chapitre 13 de 1 Co, ou dans son énumération sur le fruit de l’Esprit par opposition aux oeuvres de la chair, en Ga 5, 19-25.Ici, je voudrais faire appel à un document autobiographique où l’Apôtre, évoquant son expérience de converti, décrit en quelques versets l’essentiel de la vocation chrétienne.Voici ce qu’il écrit, après avoir signalé les privilèges de son statut religieux de Juif et la perfection de son observance mosaïque.«Mais tous ces avantages, je les ai considérés comme une perte, à cause du Christ.Bien plus, désormais je condisère tout comme désavantageux en regard de ce bien suprême qu’est la connaissance de Jésus Christ mon Seigneur.À cause de lui j’ai accepté de tout perdre, je considère tout comme * C.P.130, Saint-Jérôme, Qc, J7Z 5T8.285 déchets afin de gagner le Christ et d’être trouvé en lui, non plus avec une justice à moi, celle qui vient de la Loi, mais avec celle qui vient par la foi au Christ, la justice qui vient de Dieu et s’appuie sur la foi.Il s’agit de le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection et la communion à ses souffrances, lui devenir conforme dans la mort, afin de parvenir, si possible, à ressusciter d’entre les morts.Non que j’aie déjà obtenu tout cela ou que je sois déjà devenu parfait; mais je m’élance pour tâcher de le saisir, parce que j’ai été saisi moi-même par le Christ Jésus.Frères, je n’estime pas l’avoir déjà saisi; je dis seulement que, oubliant le chemin parcouru et tout tendu en avant, je m’élance vers le but, en vue du prix attaché à l’appel d’en haut que Dieu nous adresse dans le Christ Jésus» (Ph 3,7-14).Dès une première lecture, on perçoit dans ce texte une lumineuse et forte synthèse de la spiritualité chrétienne ou du moins de ses données fondamentales, premières.Dégageons les éléments qu’elle contient, pour en discerner et peser le contenu.«La justice par la foi au Christ» On l’a facilement remarqué, la perspective de ce passage est nettement christocentrique.Si dans l’ensemble de sa théologie et de sa doctrine spirituelle, saint Paul reconnaît et souligne la place tant du Père que de l’Esprit, toutefois il fixe son regard d’abord sur «le Christ Jésus, unique médiateur entre Dieu et les hommes» (1 Tm 2,5), il centre sa pensée sur celui par qui nous viennent l’Esprit et les bénédictions du Père (Tt 3,6; Eph 1,3), de même que sur ce Fils à qui «toutes choses auront été soumises et qui se soumettra lui-même au Père afin que Dieu soit tout en tous» (1 Co 15,27s).Aussi trouve-t-on dans ses lettres des affirmations comme celles-ci: «Je n’ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus Christ» (1 Co 2,2); «Le salut est dans le Christ Jésus, avec la gloire éternelle» (2 Tm 2,10); «De fondement, nul n’en peut poser d’autre que celui qui s’y trouve, c’est-à-dire Jésus Christ» (1 Co 3,11).Oui, «la justice vient par la foi au Christ.» Jésus Christ occupe le premier plan de notre vision religieuse, qui s’appelle, n’est-ce pas, «christianisme».C’est pourquoi Paul peut exalter «ce bien suprême qu’est la connaissance de Jésus 286 Christ notre Seigneur», comme il a pu déclarer que «tout est créé par lui et pour lui» (Col 1,16).«Il s’agit de le connaître, lui» Puisque Jésus revêt une telle importance, Paul n’a pu qu’en déduire la nécessité primordiale pour nous d’entrer en relation avec lui.Dans notre religion chrétienne, tout se ramène à cela; «il s’agit de le connaître, lui», affirme notre texte cité plus haut.Il importe, en conséquence, de nous demander comment Paul comprenait cette connaissance, d’autant plus que, on le soupçonne aisément, ce terme n’avait pas sous sa plume le même sens que dans notre langage.Pour nous, en effet, le verbe «connaître» évoque l’idée de savoir, d’être informé, de posséder une représentation mentale.Connaître sa langue, sa ville, telle personne, c’est avoir des renseignements sur elles.Il n’en était pas ainsi, ou pas simplement ainsi, pour les Hébreux, et donc dans les écrits bibliques dont s’inspire notre foi.La culture hébraïque n’était pas intellectuelle, comme celle des Grecs ou de notre monde occidental; elle avait trait à l’expérience et à l’agir.Telle était la conception qu’elle se faisait de la connaissance, en un grand nombre de cas ou plutôt presque toujours.Voyons un peu cela; notre sens religieux en a besoin.Connaître, pour nos lointains ancêtres croyants, c’était expérimenter une réalité qui se présente, la ressentir, communier à elle, se conformer à ce qu’elle exprime ou requiert.Dans notre langue française, nous avons aussi ce sens expérimental du verbe «connaître» (par exemple dans les expressions «connaître la misère», ou «le succès», ou «le découragement»), mais il était beaucoup plus poussé en hébreu.En voici des exemples tirés de la Bible.Le Serviteur de Yahvé sera tellement en proie à la douleur qu’lsaïe le dépeint comme «connu de la souffrance» (Is 53,3).Si, avec un psalmiste, je dis à Dieu: «Tu me connais», j’entends par là qu’il constate que je me lève ou m’assoie, il sent que je marche ou me couche, il se rend compte des chemins que j’emprunte, il discerne mes projets, il perçoit ma parole avant même qu’elle soit sur ma langue, il m’enserre derrière et devant, il a mis sur moi sa main, bref il est présent à tout 287 ce qui m’advient (Ps 139).Et quand il déclare aux fils d’Israël: «Je n’ai connu que vous entre toutes les familles de la terre» (Am 3,2), il évoque l’ensemble des expériences qu’il leur a fait vivre au cours de l’Exode: il est descendu vers eux, les a délivrés de leur esclavage en Égypte, les a conduits et nourris dans le désert, les a unis à lui par une Alliance, leur a fait don de la précieuse Loi; les a emmenés jusque dans la terre où coulaient le lait et le miel.Auparavant, il avait «voulu connaître Abraham» (Gn 18,19), c’est-à-dire le tirer hors de son pays natal pour qu’en lui soient «bénies toutes les familles de la terre» (Gn 12,1-3) et qu’il puisse l’appeler «Abraham mon ami» (Is 41,8; Je 2,23), et plus tard agir semblablement avec Moïse qu’il choisira en lui disant: «Je te connais par ton nom; tu as trouvé grâce à mes yeux», et avec qui il parlera «face à face» (Ex 33,11s), après l’avoir assuré qu’il le seconderait dans sa mission de libérateur, lui a qui il a adressé la grande parole divine: «Je Suis avec toi» (Ex 3,12).Et voici un autre emploi significatif de ce verbe «connaître».Ceux qui «connaissent les préceptes» du Seigneur (Ps 119,79) ne sont pas ceux qui les ont appris de leurs parents ou d’un maître, mais ceux qui les observent, en font leurs délices et ont le coeur façonné par la sagesse qu’ils contiennent.La «connaissance» biblique a donc le caractère d’une relation vivante qui engage tout l’être.Cela est spécialement manifeste dans le cas de la relation conjugale.Un bon nombre de fois il est mentionné dans l’Écriture que tel homme «connaît» telle femme, pour dire qu’ils ont un rapport sexuel.Ainsi, «Adam connut Ève sa femme; elle devint enceinte et enfanta Caïn» (Gn 4,1).La connaissance conjugale est l’union tout à fait intime de deux êtres qui ne font qu’un de par leur mariage.Et alors un texte comme le suivant s’avère prodigieux.Yahvé annonce à la nation d’Israël: «Je te fiancerai à moi pour toujours.dans la tendresse et la miséricorde.dans la fidélité, et tu connaîtras le Seigneur» (Os 2,21s).Et en voici un autre tout aussi grandiose prononcé par Jésus: «Je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît et que je connais mon Père» (Jn 10, 14s).L’union qui rattache Jésus à chaque disciple est à ce point étroite et profonde qu’elle se situe vitalement à l’intérieur de celle qui relie entre eux le Père et le Fils, dans l’amour 288 de l’Esprit.Jésus nous connaît en nous donnant en partage son existence trinitaire.Cette excursion dans le langage de la Bible doit éclairer le passage de Ph 3 que nous considérons ici, qui mentionne «ce bien suprême qu’est la connaissance de Jésus Christ mon Seigneur» et qui affirme: «Il s’agit de le connaître, lui».Dans ces versets, Paul met à profit sa décisive conversion sur le chemin de Damas.À cette occasion, le Ressuscité lui apparaît dans «une lumière plus resplendissante que le soleil, qui l’enveloppe de son éclat» avec une telle force qu’il perd la vue.Il tombe à bas de son cheval et il entend une voix qui lui dit: «Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?» Il demande: «Qui es-tu, Seigneur?» La voix répond: «Je suis Jésus que tu persécutes.Mais relève-toi, entre dans la ville et l’on te dira ce que tu dois faire.» À Damas, le disciple Ananie lui «impose les mains», lui dit que Jésus l’a envoyé vers Saul de Tarse pour qu’il soit «rempli de l’Esprit Saint», et il le baptise.Voilà Paul devenu «instrument de choix pour porter le nom du Seigneur devant les nations païennes, les rois et les Israélites», a déclaré Jésus, en ajoutant: «Moi-même, je lui montrerai tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon nom.» Durant cette mémorable expérience, Paul a rencontré le Seigneur, qui l’a connu en s’emparant de lui et en lui ouvrant un avenir par une mission grandiose qu’il lui a confiée.Paul aurait pu dire qu’à cette occasion «il a connu le Seigneur ou plutôt que le Seigneur l’a connu» (cf.Ga 4,9).Or, aux yeux de Paul, quelque chose de semblable doit se produire chez tout membre de l’Église, puisque, soutient-il au sujet du Christ, il faut «le connaître, lui».Comment pouvons-nous le connaître (au sens biblique de ce mot que Paul a sûrement en tête)?Nous le connaîtrons en nous imprégnant de sa Parole qui est «esprit et vie» (Jn 6,63), en nous livrant à la contemplation des mystères évangéliques par laquelle il modèlera notre âme sur la sienne, en nous mettant de fait à sa suite sur le chemin de la croix, en aimant avec lui et comme lui, en laissant l’Esprit nous unir et nous configurer à lui.Connaître vraiment Jésus, c’est ne faire qu’un avec lui, à tous égards, par exemple en état mû par «les sentiments qui sont dans le Christ Jésus» (Ph 2,5); c’est correspondre à cette confidence dans 289 laquelle Paul appelle ses chrétiens «mes petits enfants que j’enfante à nouveau dans la douleur jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous» (Ga 4,19).Nous aurons «connu» le Christ pleinement quand il aura eu tout loisir de prendre forme en nous et de nous conférer son visage.«avec la puissance de sa résurrection» Nous pensons que la vie spirituelle sérieuse a pour point de départ une purification de notre être pécheur, une conversion de nos manières de penser et d’agir, et une ascèse vigoureuse qui ne se relâche pas.Telle n’était pas la position de saint Paul, comme on peut le voir par son passage de Ph 3 que nous scrutons ici.Pour lui, vivre spirituellement, c’est d’abord connaître le Christ, au sens biblique de ce verbe, avec un regard portant tout droit sur sa résurrection: «le connaître, lui, avec la puissance de sa résurrection».C’est donc avant tout entrer en contact avec son surgissement survenu au matin de Pâques, se laisser atteindre et soulever par lui, devenir un ressuscité.Notre vie intérieure commence, non pas par nos pénitences ou nos efforts de redressement moral, mais par l’action du Christ pascal nous tirant hors de notre péché, de notre misère congénitale, de la nuit où végète notre âme.Pierre bénit Dieu de ce que, lors de notre baptême, il «nous a engendrés de nouveau par la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts» (1 Pi 1,3; voir aussi 3,21).Semblablement Paul écrit: «Ensevelis avec lui par le baptême, avec lui encore vous avez été ressuscités» (Col 2,12).Et ce geste ressuscitant ne se confine pas au baptême; il se reproduit dans notre fréquentation des sacrements et dans chaque grâce accordée.On objectera peut-être que le message de Jésus est différent de celui-là, puisque le Maître commence sa prédication en demandant qu’on «se convertisse» (Mt 4,17; Mc 1,15).Mais il faut regarder de près ces deux textes.Voici ce qu’on trouve chez Matthieu: «Dès lors Jésus se mit à prêcher; il disait: Convertissez-vous, carie Règne des cieux est proche»; et chez Marc on lit cette proclamation de Jésus: «Le temps est accompli et le Règne de Dieu s’est approché: 290 convertissez-vous et croyez à l’Évangile.» Ainsi, ce qui est premier dans l’existence chrétienne, ce n’est pas notre conversion, mais l’avènement du Règne de Dieu par lequel surviennent le Salut et la Vie, qui doivent se réaliser par la mort-résurrection de Jésus.En somme, l’enseignement, à ce sujet, de Matthieu et de Marc ne diffère donc pas de celui de Paul, pas plus que de celui de Jean, d’après lequel il s’agit d’abord d’être né de Dieu grâce à la foi (Jn 1,12s; 3,5).L’impulsion à vivre selon Dieu ne peut venir que de lui.«et la communion à ses souffrances» Si Paul professe la primauté de la résurrection du Christ dans notre cheminement chrétien, il n’oublie pas pour autant le message évangélique sur la croix, lui qui affirme aux fidèles de Corinthe: «Je n’ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié» (1 Co 2,2), et qui déplore qu’il y ait des «ennemis de la croix du Christ» (Ph 3,18).Il n’oublie pas, non plus, la part de courage, de lutte, de renoncement que requiert la condition de disciple du Christ, lui qui exhorte comme suit son auxiliaire Timothée: «Combats le beau combat de la foi, conquiers la vie éternelle à laquelle tu as été appelé» (1 Tm 6,12).Il s’est plu à voir le disciple comme un athlète valeureux ou un gladiateur résolu (1 Co 9,24-27; Eph 6,11-17; 1 Th 5,8).À ses yeux, cependant, cette vaillance n’était pas la recherche d’une affirmation de soi-même.Il dit: «Armez-vous de force dans le Seigneur» (Eph 6,10).Notre énergie spirituelle a sa source profonde en Dieu et en son Christ ressuscité.On n’adopte la croix chrétiennement que si on est crucifié «avec le Christ» (Ga 2,19), en disposant du pouvoir que contient sa résurrection.Et alors notre générosité, en plus d’être féconde, s’avère à la fois possible, modeste et sereine.Elle exprime moins de l’héroïsme que de l’amour.«lui devenir conforme dans sa mort» Ce mot «conforme» n’est pas l’équivalent de «semblable», en ce sens qu’il s’agirait d’une simple imitation.Paul emploie ici un composé du terme «forme» qu’il emprunte à la philosophie grecque d’une 291 manière non technique et qu’il a utilisé auparavant dans la même lettre: «lui qui est en forme de Dieu, il a pris la forme de serviteur» (Ph 2,6s), et que nous avons rencontré ailleurs dans un passage cité plus haut: «Vous que j’enfante à nouveau dans la douleur jusqu’à ce que le Christ soit formé en vous» (Ga 4,19).Les traductions françaises rendent ce mot «forme» par «condition»; on pourrait le traduire aussi par «nature».On le voit, il ne désigne pas seulement le comportement du Christ que nous pourrions reproduire, mais surtout son être même devenu intérieur au nôtre et nous façonnant par une assimilation profonde qui a permis à Paul d’écrire dans une autre lettre: «Je suis confixé à la croix avec le Christ; ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi» (Ga 2,19s).Le Christ présent en nous réalise dans notre existence ce qu’il a vécu jadis en Palestine; il partage avec nous sa destinée, transformant chacun en un autre Christ.Il n’est pas un pur modèle, extérieur à nous, que nous chercherions à copier.«dans l’espoir de parvenir à la résurrection des morts» La résurrection du Christ, qui a été l’aboutissement glorieux de sa vie et de sa mort, se situe au commencement de notre carrière spirituelle.Paul sait également, toutefois, que celle-ci se termine, pour nous comme pour lui, dans une résurrection.À ce moment où «Dieu sera tout en tous» grâce à Jésus qui lui aura «soumis toutes choses» (1 Co 15,28), Paul, et nous avec lui, aura pleinement «gagné le Christ et sera trouvé en lui», comme il l’a ardemment recherché en «perdant tout à cause du Christ» (Ph 3,8s).Jésus est ressuscité pour que nous ressuscitions corporellement à notre tour, dans la gloire perpétuelle.«Je m’élance pour tâcher de saisir, parce que j’ai été saisi moi-même par le Christ Jésus.» Reconnaissant qu’il a du chemin à parcourir pour atteindre pleinement la «connaissance» du Christ, Paul déclare qu’il s’élance, 292 comme un coureur dans le stade, pour saisir le Christ avec ce que celui-ci possède et partage.Sur quoi s’appuie-t-il?Sur le fait, notons-le bien, qu’il a lui-même été saisi par Jésus ressuscité quand il faisait route vers Damas.Voilà une caractéristique essentielle de la spiritualité chrétienne: on ne s’engage avec élan et succès, d’une façon authentique, dans la démarche de l’identification au Christ Jésus que si l’on a été prévenu et gagné par lui-même, que s’il a posé sa main et offert sa compagnie.On tient avec coeur à le saisir seulement si l’on a eu l’expérience d’être saisi par lui.Autrement, on mène une simple vie correcte ou alors on s’évertue à réaliser un long exploit.L’amour a son point de départ dans un ravissement ou bien une intervention céleste, plus ou moins comme ce fut le cas pour Isaïe (Is 6,1-8), ou Jérémie (Jr 20,7;15,16), ou Zachée (Le 19,5), ou la grande libérée Marie de Magdala (Mc 16,9 avec Jn 20,16).Qu’on se rappelle l’avertissement donné par Jésus aux Apôtres: «Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et institués» (Jn 15,16).Cela fait songer à l’initiative divine au sujet de l’élection d’Israël, initiative maintes fois revendiquée par le Seigneur au cours des siècles de l’Ancien Testament.Et il faudrait ajouter les «visites» favorables accordées par le Seigneur (voir, par exemple, Jr 29,10; Le 1,68; 7,16; 19,44; Ap 3,20).Si, dans la vie spirituelle, la priorité appartient à une séduction ou à un appel provenant d’En Haut, il s’ensuit que l’on doit tout faire pour que le souvenir de ces grâces se ravive sans cesse.Il faut revenir souvent à l’attrait qu’on a éprouvé en ces occasions et approfondir toujours, par une prière contemplative, l’attachement qu’on a contracté envers la personne, les paroles, les mystères de Jésus.Qu’adviendrait-il si la rencontre privilégiée avec lui perdait sa force d’émerveillement?Que serait devenu Paul si, dans sa mémoire et son coeur, il avait cessé d’être saisi par le Ressuscité?«Oubliant le chemin parcouru et tout tendu en avant, je m’élance vers le but» Paul a vivement conscience, depuis sa conversion, qu’une profonde vie chrétienne est déclenchée par une irruption divine, qu’elle 293 commence par un pur accueil: on ne se meut spirituellement, du moins en toute vigueur et authenticité, que si on a été mû par Dieu de quelque façon, que si on a éprouvé un attrait surnaturel.C’est une fois saisi par le Christ Jésus que Paul s’engage, en demandant: «Que dois-je faire, Seigneur?» (Ac 22,10) et qu’il se rend auprès du disciple Ananie pour recevoir ses instructions, comme l’a requis la voix venue du ciel (Ac 9,6).À cette occasion, il apprend à être «conduit par la main» (Ac 9,8), après avoir perdu sa vue physique et ses certitudes humaines.Dès lors, attaché intimement au Christ, il comprend en germe qu’on doit «se laisser conduire par l’Esprit de Dieu» (Ga 5,16; Rm 8,14), car on a reçu «le bain de la nouvelle naissance et de la rénovation que produit l’Esprit Saint» (Tt 3,5).Il pourra écrire: «Si nous vivons par l’Esprit, marchons aussi sous l’impulsion de l’Esprit» (Ga 5,25).Il nous est possible alors et il nous incombe de «servir le Seigneur dans la ferveur de l’esprit» (Rm 12,11), c’est-à-dire avec du bouillonnement intérieur, suivant le sens premier ou latin du mot «ferveur».Cependant, si Paul tient à l’idée qu’on ait été saisi par le Christ et qu’on soit animé «par la puissance de l’Esprit Saint» (Rm 15,13), il n’en conclut pas à une totale et permanente passivité de notre être.À ses yeux, le Ressuscité et l’Esprit qu’il insuffle, loin de nous traiter comme des robots qu’ils actionnent, suscitent en nous un dynamisme propre, conforme à notre liberté et digne du nom d’amour.Aussi Paul ne se fait-il pas faute de nous adresser, dans ses lettres, des exhortations, en supposant notre autonomie et notre responsabilité.Il conçoit la vie chrétienne, surtout dans le domaine de l’apostolat, comme un labeur et une lutte; il affirme qu’on doit «passer par beaucoup de tribulations pour entrer dans le royaume de Dieu» (Ac 14,22); il révèle qu’il «traite durement son corps», comme les athlètes, pour «remporter le prix», qui est «une couronne impérissable» (1 Co 9,24-27); il entend se «dépenser tout entier pour ses fidèles» (2 Co 12,15); il se dit recommandable «par les travaux, le labeur et la fatigue, par les veilles fréquentes» (2 Co 11,23.27); à la fin de sa vie, il peut confier à son auxiliaire Timothée: «J’ai combattu jusqu’au bout le beau combat, j’ai complété ma course» (2 Tm 4,7) et il l’invite à faire de même (1 Tm 6,12).Et l’on sait combien il a voulu prendre part à la croix du Christ.Dieu ne nous divinise pas en supprimant notre humanité; il 294 nous grandit sans abolir notre «je».C’est pourquoi Paul peut affirmer: «Je peux tout en Celui qui me rend fort» (Ph 4, 13) et employer l’expression «collaborateur de Dieu» (1 Th 3,2; 2 Co 6,1).«en vue du prix que Dieu m’appelle à recevoir là-haut dans le Christ Jésus.» Paul vient d’affirmer qu’il s’élance pour saisir le Christ parce qu’il a été lui-même saisi par le Christ.Maintenant il mentionne une autre intervention divine qui met en branle notre course spirituelle: l’appel que Dieu nous adresse.Ainsi nous courons vers Jésus parce que lui-même se saisit de nous, mais aussi parce que le Père suscite notre élan.Voilà une double raison de croire que notre cheminement chrétien n’a pas sa source et son dynamisme dans notre générosité, mais dans une prévenance tant de Jésus que de son Père.Dans la même veine, Jésus déclare chez saint Jean: «Une fois élevé de terre, j’attirerai à moi tous les hommes» (Jn 12,32) et «Personne ne peut venir à moi si cela ne lui est donné par le Père» (Jn 6,65; cf.6,37), c’est-à-dire «si le Père qui m’a envoyé ne l’attire» (Jn 6,44).Comme cela est plus exaltant et plus proprement divin que nos programmes ascétiques! Et aussi, comme cela peut se vivre sans crispation et dans la gratitude, au sein de l’union contractée initialement par Dieu et son Christ! Ce n’est plus l’acharnement d’une performance, mais la vigueur d’un amour né de Dieu.Une précision s’impose ici.Comparant la vie chrétienne à l’épreuve athlétique de la course, Paul enseigne qu’il faut poursuivre avec ardeur son élan pour obtenir le trophée au bout du parcours, pour «gagner» ou «saisir» le Christ glorieux et «être trouvé en lui».Il ne faudrait pas que cette image nous trompe.Le Christ est effectivement au bout de la route comme celui que nous rencontrerons au terme de notre existence sur terre et comme le Seigneur de la Parousie à la fin des temps, lors de la résurrection des morts.Ce sera la rencontre parfaite.Cependant, le Christ Jésus n’est pas seulement le prix futur couronnant notre course; il est notre compagnon de route ici-bas et même Celui qui nous habite et nous assimile à lui 295 progressivement «jusqu’à ce qu’il soit formé en nous» (Ga 4,19).Paul enseigne cela aussi.Parlant du Ciel, il écrit avec une magnifique sobriété: «Nous serons avec le Seigneur toujours» (1 Th 4,17; cf.Ph 1,23), mais il dit également que nous sommes appelés à vivre maintenant «dans le Christ» et «pour le Seigneur», au point que nous puissions affirmer chacun personnellement: «Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi» (Ga 2,20).Ainsi donc, pour notre vie spirituelle, Jésus nous «saisit», mais pas pour nous quitter aussitôt ou en cours de route.Au contraire, tout au long de notre épreuve peut être vraie pour chaque fidèle la déclaration suivante de Paul: «Pour moi, vivre, c’est le Christ» (Ph 1,21).C’est tout cela «connaître Jésus Christ», et là se trouve, suivant saint Paul, le coeur de la spiritualité chrétienne.296 Une rentrée chez-soi: le voyage intérieur* Janet Malone, c.n.d.** «Nos coeurs sont inquiets jusqu’à ce qu’ils se reposent en Toi».(Saint Augustin) Plusieurs d’entre nous avons fait un certain nombre d’expéditions, de voyages pendant notre vie.Effectivement, quelques-un(e)s parmi nous sont devenu(e)s des voyageur(euse)s «saison-nier(ère)s».Nous savons très bien ce que nous devons apporter pour ces multiples voyages.Nous planifions et prévoyons nos délais, nos pannes, nos haltes.On pourrait même dire que nous sommes des experts dans les déplacements du point A au point B, habituellement de la façon la plus rapide, la plus facile et la plus confortable.Coïncidant avec tous nos nombreux voyages à l’extérieur, chacune) de nous comme chrétien, chrétienne, est appelé(e) à effectuer un voyage intérieur, un voyage de foi, un voyage de vie, un cheminement de la tête au coeur.D’un côté, c’est un voyage pour lequel il n’y a pas d’agent de voyages à la portée, qui nous planifie la route à prendre pour aller du point A au point B de la façon la plus rapide, la plus aisée et la plus confortable possible.* Traduit de l’anglais par M.-Elisabeth Whealan, s.s.c.m.**5-1002, Dufferin Avenue, Saskatoon, Sask., Canada, S7H 2C1.297 D’un autre côté, nous avons comme modèle le Christ, tel qu’il est décrit spécifiquement dans les Évangiles Synoptiques, comme notre «agent de voyage et notre guide».Il nous a dit: «Combien étroite est la porte et resserré le chemin qui mène à la vie, et peu nombreux ceux et celles qui le trouvent» (Mt 7,14).Ce n’est donc pas étonnant que nous trouvions cet itinéraire de foi, ce voyage intérieur, ce retour chez-soi si exigeant, à tel point que nous sommes parfois tentés de tout abandonner.Cependant, il y a une douloureuse nostalgie à l’intérieur de chacune) de nous, même au milieu de notre vie si frénétiquement occupée.Les nombreuses distractions, les unes sous forme de contraintes différentes et/ou de penchants qui nous harcèlent sous une forme ou une autre (l’alcool, l’abus de substances et de relations, le travail, l’alimentation, les courses, le jeu de hasard, qui deviennent comme des «somnifères») ne font qu’aggraver le fait que nous sommes des pèlerin(e)s impatient(e)s jusqu’à ce que nous nous reposions en Dieu seul.La rentrée chez-soi: un processus Notre excursion est un voyage de foi, un processus de vie s’intériorisant jusqu’aux fondements de notre être où Dieu réside: «Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l’Esprit de Dieu habite en vous?» (1 Cor.3:16).Ce voyage intérieur est un processus qui dure toute la vie et entraîne la douleur, l’isolement et le doute personnel.Il entraîne aussi le défi, l’espérance et l’exaltation qui annoncent que notre destination est proche.juste au-delà du prochain tournant.Cependant, cet itinéraire de vie est un processus qui comprend des hauts et des bas, des détours erronés suivant les mirages.Il y a aussi dans ce voyage, le désir d’une arrivée éventuelle, une arrivée qui peut, d’une certaine façon, adoucir les causes de tension dans le processus de croissance de notre vie.Ainsi, le voyage intérieur implique beaucoup d’adieux, des adieux aux choses extérieures sur lesquelles nous avions placé nos 298 espoirs de bonheur, les choses qui sont estimables sur la route ascendante qui conduit au sommet du succès, les choses que le monde généralement épouse, incluant la compétition vs la coopération, la «puissance sur» vs la «puissance avec».La rentrée chez-soi: un voyage de foi Par dessus tout, le voyage intérieur est un voyage de foi.Dire adieu à ce qui est momentanément satisfaisant, à ce qui semble plus facile, et cheminant intérieurement sur «un terrain non nolisé», au plus profond de notre être, exige une foi non chancelante aussi bien que de la persévérance.Comme les temples de Dieu, notre défi constant est de nous efforcer de ne pas devenir des marchés compétitifs tels que ceux qui ont soulevé la colère de Jésus, en Jean 2: 14-16.Dans le temple de Dieu, Jésus trouva des marchands en train d’effectuer des ventes.et aussi des échangeurs d’argent installés à leurs tables.Il les chassa tous du temple en disant: «Ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic».Notre itinéraire de foi comprend le nettoyage de nos temples intérieurs quelle que soit la forme que cela puisse prendre.La rentrée chez-soi: voyage au désert, voyage solitaire Rentrer en soi-même, c’est comme un solo, un voyage au désert où chacun(e) de nous est appelé(e): «Nos coeurs n’étaient-ils pas tout brûlants?» (Luc 24: 28-32).Personne de l’extérieur peut faire cette recherche intérieure et faire le voyage avec nous.Comme néophytes dans ce voyage intérieur, nous ne sommes pas encore «rodé(e)s».Nous avons une tendance à apporter toutes les choses superflues pour cette expédition, pour ce voyage à l’intérieur.Nous cherchons en dehors de nous l’expertise des spécialistes en counselling, en direction spirituelle et autres domaines semblables, pour ne pas mentionner les derniers volumes, rubans, CDs, sur les sujets de croissance spirituelle et de développement.Bien entendu, il n’y a rien de mal dans ces choses en elles-mêmes, mais ce voyage au désert est un voyage solitaire intérieur dans le but de 299 trouver ce Dieu, déjà là, qui attend que nous rentrions en nous-mêmes, au plus profond de notre être.Nous devons nous dépouiller graduellement nous-mêmes de nos défenses et de nos protections qui pourraient devenir des appuis.Elles peuvent nous garder à l’extérieur cherchant sans cesse les «vraies réponses» des tout récents experts, dans les derniers volumes, les ateliers et tout ce qui est à la mode pour favoriser la croissance personnelle, psychologique et spirituelle.Par exemple, depuis Vatican II, combien de centres de retraites, de programmes de renouveau, de programmes sabbatiques ont émergé dans le pays pour ne pas mentionner la disponibilité des nombreuses sessions, ateliers et cours sur la croissance personnelle, psychologique et spirituelle?Ces aides peuvent répondre à quelques-uns de nos besoins.Mais le vrai défi est de nous approprier ce que nous avons recueilli.Nous allons apprendre qu’assez est assez pour nos voyages de croissance, pour que, dans la solitude de notre vie intérieure au désert, nous percevions le sens de ce que nous sommes et à quoi nous sommes appelé(e)s à devenir.C’est beaucoup plus facile de s’évader de ce travail de désert qui nous incombe dans nos vies et de saisir «le train en marche» tout désigné pour rendre nos itinéraires de vie plus faciles.Ce dont nous pourrions avoir besoin, c’est davantage de temps pour notre vie intérieure, seule avec le Seul, afin de faire face aux démons.Pouvons-nous risquer de nous dépouiller complètement devant Dieu et de nous sentir à l’aise dans notre dénuement?À la suite de Job pouvons-nous dire: «Nu(e), je suis sorti(e) du sein de ma mère, et nu(e) j’y retournerai» (Job 1:21)?Pouvons-nous être confiants que Dieu, dans sa propre sagesse et en son temps, nous a donné, ce dont nous avons besoin pour ce voyage intérieur?Prendre conscience des diverses manières dont Dieu nous a préparées pour ce voyage, exige une solitude signifiante.Dans cette solitude, cet espace physique que nous nous fabriquons dans le brouhaha de nos vies, nous faisons face à nos propres illusions, à nos propres limites et, conséquemment, aux tentations semblables à celles que Jésus a expérimentées dans le désert (Mt 4:1-11).300 Pouvoir tolérer la douleur et la solitude de ces tentations persistantes dans le désert est un processus qui requiert beaucoup de temps, beaucoup de silence et de solitude.En assumant éventuellement la douleur et la solitude, celles-ci sont transformées en une demande, une recherche et une instance constante, telles que Jésus nous le promet en Luc 11: 9-11 : «Demandez et vous recevrez; cherchez et vous trouverez; frappez et on vous ouvrira».Pendant ce temps, cette période de dénuement et d’ouverture, en silence et dans la solitude devant Dieu, fait que graduellement nous trouvons Dieu profondément à l’intérieur de nous et une paix au milieu des épreuves extérieures et des tribulations qui accompagnent l’itinéraire de notre vie.La rentrée en soi: se retrouver soi-même Dans le voyage au désert, dans cette recherche de notre Dieu, nous nous rencontrons nous-mêmes, cet être véritable dont Thomas Merton parlait lorsqu’il faisait allusion à la recherche de lui-même.Malheureusement, plusieurs d’entre nous ne connaissent pas qui ils sont réellement comme créatures faites à l’image et à la ressemblance de Dieu, comme Temples de Dieu.Compte tenu de notre socialisation et de notre formation , de nos familles d’origine et de nos écoles, de nos églises, nos milieux sociaux, nos ateliers, etc., nous avons entendu bien des paroles négatives, remarques, commentaires qui ont rongé le potentiel de notre être réel.Dans bien des cas, nous avons assumé l’adage suivant: le fait de le dire le rend réalisé.Conséquemment, plusieurs d’entre nous ont une piètre estime d’eux-mêmes ou d’elles-mêmes, et notre dialogue interne, constatant à quel point nous ne valons rien, confirme ce que nous avons entendu depuis des années.Dans l’itinéraire de notre vie, avons-nous déjà eu des ennuis significatifs à pratiquer le commandement de l’amour du prochain pour cette raison que nous ne nous sommes jamais aimé(e)s véritablement nous-mêmes?La formation, pour plusieurs d’entre nous, dans ce domaine comme dans bien d’autres, a été quelque peu dualiste.Nous pouvions aimer soit Dieu ou nous-mêmes, mais non les 301 deux.Nous pouvions aimer soit Dieu dans notre prochain ou nous-mêmes, mais non les deux.On nous dit par contre dans l’Évangile de Luc 10: 26-28: «Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu.et ton prochain comme toi-même».Nous avons vaillamment essayé d’aimer notre prochain et peut-être même avons-nous accompli beaucoup de «bonnes actions» envers notre prochain, mais la motivation venait-elle de notre foi intérieure qui nous convainc que nous sommes aimé(e)s et aimables bien au-dessus de tout ce que nous pouvons faire?Inconsciemment, agissons-nous envers les autres dans le but de nous faire aimer, apprécier, de nous affirmer car, encore ici pour plusieurs d’entre nous, notre socialisation et notre formation ont eu pour résultat de nous faire croire que nous sommes ce que nous faisons.Dans notre for interne, parce que nous ne nous aimons pas nous-mêmes, nous n’avons pas appris réellement comment aimer les autres; alors l’emphase a toujours été, de loin ou de près, sur l’extérieur.En nous trouvant nous-mêmes, nous sommes appelé(e)s à nous connaître nous-mêmes, ensuite à nous accepter et finalement à affirmer qui nous sommes.Ceci nous entraîne dans le processus de l’acceptation de notre être réel, fait à l’image et à la ressemblance de Dieu, même dans son inachèvement.C’est un processus de connaissance, de possession et de bénédiction que de se reconnaître avec tous nos talents (dons de Dieu), toutes nos limites et toutes nos faiblesses (partie de notre condition humaine non encore rachetée).C’est la connaissance et l’acceptation de notre être réel avec ce devenir continuel de chacun et chacune maintenant.C’est par la reconnaissance, la possession et la bénédiction que nous sommes qui nous sommes aujourd’hui, à cause de et non malgré nos familles, notre éducation, notre religion, notre socialisation, nos expériences de vie, etc.Rentrer en nous-mêmes, c’est dire adieu à nos «prétendus» êtres, à nos coeurs de pierre; rentrer en nous-mêmes, c’est nous revêtir d’un coeur de chair (Ezéchiel, 11:19).La rentrée chez-soi: un voyage dans la solitude et le silence Ce voyage intérieur est connu sous bien des titres: l’individuation (Jung), l’actualisation de soi (Maslow), l’intégrité (Erikson), le 302 vrai soi (Merton).Dans l’Écriture sainte, c’est aussi connu sous le nom de conversion, metanoia, transparence.L’entrée en soi-même, c’est tout cela, un processus de vie.Une rentrée chez-soi implique un processus de transformation de notre ennui et de notre isolation en solitude.Ceci n’est pas un processus linéaire; un cheminement vers une solitude n’écarte toutefois pas l’ennui, l’isolation.Il embrasse au contraire ces situations et par conséquent la douleur.Le voyage intérieur implique aussi l’acceptation du silence.C’est l’apprentissage de la façon d’écouter le silence intérieur où, paradoxalement, notre Dieu nous parle.Le silence, la mère et le père de la parole, il faut du temps pour l’apprendre dans notre monde de bruit et de cacophonie extérieurs, aussi bien que de bruit et de cacophonie intérieurs.Dieu nous parle non pas tant dans le brouhaha et le bruit de notre vie, mais dans la brise douce, le vent léger, l’ineffable Parole du silence intérieur.Paradoxalement, quand la douleur de l’ennui, du silence et de la solitude est assumée, cette douleur aussi, d’une façon mystérieuse, est transformée en une sorte de paix profonde, une paix qui est là depuis longtemps au creux de notre être.Car elle est là, dans cet espace sacré où nous trouvons notre Dieu, où nous nous trouvons nous-mêmes; elle est là dans ce courant de bruit et de cacophonie, transformant en silence notre ennui, notre isolement en solitude.En cheminant vers ce centre de solitude de notre être, nous réalisons que nous avons besoin de plus de solitude, d’espace physique, psychologique, spirituel et de tranquillité, afin de nourrir cette solitude.Pour ceux et celles d’entre nous qui sommes dans l’âge mûr, voire avancé, plus de tranquillité et de solitude fait partie intégrante de leur processus de «maturité».Même si, aujourd’hui encore, le silence et la solitude peuvent paraître anachroniques dans la plupart de nos milieux.Tel que mentionné plus haut, il faut un effort concomitant et significatif afin d’empêcher qu’entrent en soi toutes les distractions compulsives que nous connaissons si bien, ce qui aurait pour résultat de nous 303 engourdir contre la douleur et la solitude essentielles à ce voyage intérieur, à cette rentrée en soi.Parce que nous faisons partie d’une culture qui met de l’emphase sur «l’extérieur» et la gratification immédiate, le voyage intérieur, intime, apparaît comme un défi continu.Ce défi consiste à organiser le rythme de ce voyage intérieur dans nos vies d’une façon holistique, vaquant à nos besoins physiques, psychologiques et spirituels comme des Temples de Dieu, toujours bien conscient(e)s de nos tentations, qui peuvent facilement nous égarer.Sommaire: En somme, le voyage intérieur, la rentrée chez-soi est un processus de vie, un voyage avec bien des turbulences, des heurts, des pannes, des délais et des détours.C’est un voyage en solo, comparable aux voyages de naissance et de mort où chacun(e) voyage seul(e).Le voyage intérieur est un voyage où nous nous trouvons nous-mêmes; un cheminement d’un usage rationnel exclusif (de la tête) incluant l’émotion (le coeur).Un tel voyage nécessite le silence et la solitude, un silence aiguisé par le bruit et la cacophonie de nos vies, et une solitude aiguisée par l’ennui et l’isolement.Le voyage intérieur est un voyage de foi et peut être apparenté à celui des disciples d’Emmaüs; leurs yeux s’ouvrirent et ils reconnurent Jésus comme leur compagnon de voyage: «Nos coeurs n’étaient-ils pas brûlants en nous lorsque Jésus nous parlait sur la route?» (Luc 24: 32).304 L’avenir est dans le présent Monique Thériault, s.n.j.m.* En ces années de changements rapides et imprévisibles, en ces années d’instabilité généralisée même dans la vie religieuse, en ces années de grandes mutations, aussi bien au niveau local qu’international, parler de l’avenir est assez périlleux.Pourtant, parler de l’avenir, c’est en même temps assez facile quand on est convaincu comme je le suis que l’avenir est tout entier dans le présent, que l’avenir ne saurait être différent de ce que nous sommes en train de semer, que l’avenir, pas plus que le présent, n’est le fruit d’une génération spontanée.Quand on aborde l’avenir de la vie religieuse, il semble cependant que nous soyons dans un domaine tout à fait particulier, qu’une grande partie de nos points de repère réguliers nous échappent puisqu’ils sont à la fois d’ordre spirituel et de l’ordre d’une planification humaine rigoureuse.Changement de civilisation = changement de type de vie religieuse Si nous regardons l’histoire de la vie religieuse, nous voyons beaucoup de Congrégations voir le jour, remplir leur mission puis disparaître pour faire place à d’autres, en moyenne après 250-300 ans d’existence, suivant en cela les étapes normales de toute existence humaine, à savoir la naissance, la croissance, la maturité et la mort.Non seulement c’est le cas pour les Congrégations elles- * 8789, rue Berri, Montréal, Qc, H2M 1P5.305 mêmes, mais c’est aussi le cas pour les différents types de vie religieuse qui se sont succédé au cours des âges.Ainsi la vie monastique a fleuri après la vie érémitique, puis les Ordres mendiants et les Ordres apostoliques ont attiré de nombreuses personnes désireuses de vivre uniquement pour Dieu, enfin sont apparues au XIXe siècle, les Congrégations de vie apostolique active principalement vouées à l’éducation et aux soins de santé.L’histoire de la vie religieuse nous enseigne encore qu’aux grands moments considérés comme de grands tournants de civilisation, un nouveau type de vie religieuse a toujours vu le jour.Or, actuellement, tous les signes nous indiquent la fin d’une ère et le début d’une nouvelle étape dans l’histoire de l’humanité.Dans le domaine des communications, il y a un progrès qui ne se mesure plus, les distances sont en quelque sorte abolies, chacun et chacune peut participer aux grands événements mondiaux ou nationaux, faire l’expérience d’une certaine solidarité universelle.Le domaine des connaissances semble repousser les limites que lui imposait jadis une vision plus compartimentée de la réalité.L’histoire, l’exégèse, l’archéologie, la psychologie, la futurologie, la sociologie peuvent cheminer la main dans la main pour s’éclairer l’une l’autre.De leur côté, la science et la technologie épatent tous les observateurs par leurs prouesses: l’aéronautique, l’informatique, la cybernétique, l’exploration du cosmos, la science spatiale.Très peu de barrières résistent au génie humain.En même temps, il y a ré-organisation des priorités et des valeurs personnelles et collectives, recherche d’un nouvel ordre social, culturel, politique, économique et culturel, globalisation de l’économie, disparition des barrières entre nations, recherche de croyances religieuses sous toutes sortes de formes, révolution du cerveau humain par l’apparition de la logique informatique.Qui peut mesurer l’impact au niveau de la planète et surtout des humains qui l’habitent, de tous ces phénomènes?Pouvons-nous penser que la vie religieuse, telle que nous la connaissons aujourd’hui, a une chance de survivre si elle ne se transforme pas?306 Appels à la transformation La vie religieuse est un mode de vie qui se situe à la fois dans la continuité dans ce qu’elle a de spécifique et d’essentiel, et dans la rupture dans ce qu’elle présente d’accessoire et de particulier à une époque donnée.Depuis bientôt trente ans, nous assistons à une accélération de notre histoire comme religieux, religieuses: à une période d’adaptation, lancée par Vatican II a succédé une période de renouveau, puis nous sommes entrées dans une période de confusion quant à notre identité et notre mission, période dont nous ne sommes pas entièrement sortis.Actuellement nous sommes appelés à une transformation radicale qui, cette fois-ci, doit aller jusqu’aux racines de notre être.En cette fin de siècle, seuls les éléments essentiels de la vie religieuse se doivent de perdurer et cela en continuité avec des siècles d’histoire: un appel de Dieu au don de soi entendu au plus profond de l’être, une consécration totale à ce même Dieu et l’accomplissement d’une mission dans la réalité de la vie concrète.Les moyens pour réaliser cette vocation varient beaucoup selon les époques, les besoins des personnes et de la mission, les familles religieuses et spirituelles: c’est un appel à I ’ « i ncu Itu ration », c’est-à-dire appel à être assez différents de notre monde pour justifier notre identité et assez semblables à nos contemporains et contemporaines pour être crédibles.Notre défi actuel est donc de discerner ce qui fait l’essence de notre vie religieuse et ce qui est de l’ordre des moyens pour arriver à une transformation vers une vie vécue de façon globale, holistique et interdépendante.Déjà nous avons «laissé aller» beaucoup de choses, qui relevaient plus ou moins des habitudes d’une époque, nous en avons fait notre deuil, il en reste encore beaucoup à abandonner.Et encore plus pour les religieuses de vie intégralement apostolique féminine qui ont toujours essayé de vivre cette vie religieuse apostolique dans un cadre plutôt monastique.Alors que pour les Instituts plus intégralement apostoliques, la mission devient ce pôle intégrateur à partir duquel sont organisés tous les moments de la vie: prière, vie ensemble, partage communautaire et jusqu’à la façon même 307 de vivre nos engagements par voeux.Tous ces éléments sont teintés d’une certaine couleur.De plus notre mission qui nous fait proches des démuni-e-s et des exclu-e-s, cette mission et les personnes avec lesquelles nous nous trouvons en solidarité réelle, influencent à leur tour tous les éléments de notre vie dans une spiritualité bien incarnée.En cela, nous tentons de rejoindre les motivations profondes qui animaient nos fondateurs et nos fondatrices, motivations incarnées à la manière d’aujourd’hui.Pistes pour l’avenir Une première piste pourrait être, dans un monde en quête de vie spirituelle, de mettre l’accent sur l’expérience de Dieu entre nous et en communion avec d’autres.La vie religieuse est avant tout une vie où Dieu occupe la place centrale, c’est un souffle, c’est un dynamisme.Aujourd’hui, les questions qui se posent quotidiennement sont pour la plupart du temps des questions de sens donné à la vie, et la vie religieuse est directement reliée à des questions de sens.Pourquoi tel événement, pourquoi telle situation vécue, pourquoi tel malheur?Vivons-nous Dieu «avec» les personnes de notre temps, portant la certitude de notre espérance, quelles que soient les situations qui se présentent?Une deuxième piste serait, dans un monde en quête de solidarité, de mettre l’accent sur la rencontre du vécu réel des humains de notre temps en cette période de mutations profondes et d’insécurité.Notre vie devrait nous amener à vivre certaines valeurs de manière radicale: respect de l’autre, amour inconditionnel, accueil, écoute, appel au dépassement, justice et solidarité, souci des marginaux, présence aux besoins découverts, fraternité, écologie: toutes valeurs si importantes pour nos contemporains et contemporaines et qui sont déjà mises de l’avant par la vie religieuse d’aujourd’hui.Cela fait partie de la spiritualité de la vie religieuse que de s’incarner dans un monde pluraliste comme le nôtre et cela devrait orienter notre théologie de la vie religieuse pour aujourd’hui.308 Une troisième piste serait, dans un monde en quête d’authenticité et comme cela ressort des consultations pour le Synode 1994, de vivre humblement le prophétisme de l’Exode et de l’Exil.Nous vivons une période riche de remises en question, de prises de conscience et de créativité.«Il nous faut trouver l’audace de quitter (Exode) nos sécurités, il nous faut faire le deuil de la forme actuelle de la vie religieuse, pour laisser surgir une vie religieuse nouvelle, plus dépouillée, plus souple, plus proche des personnes, plus accessible aux mentalités et attitudes de notre temps.Et notre mission se déploie en plein monde dit à évangéliser» (Exil), à aider à nommer les valeurs évangéliques qui y sont déjà présentes.«L’écoute respectueuse et humble de nos contemporains et contemporaines contient un ferment qui peut nous amener à vivre des passages féconds vers une vie religieuse vécue ailleurs et autrement».Une quatrième et dernière piste pourrait être, dans un monde des communications, de devenir, selon une expression employée par un responsable des vocations, de devenir audio-visuels.Qu’est-ce à dire?Je crois que c’est une façon moderne de traduire: être témoins de ce que nous annonçons.L'audio, c’est annoncer la Parole de Dieu et le visuel, c’est devenir soi-même de plus en plus Bonne Nouvelle.On nous reproche actuellement de ne pas être visibles ni dans nos milieux ni dans les médias.Quelles sont les conséquences de cette absence et de ce manque de visibilité?Est-ce à dire que, pour les consommateurs d’images et de sons, nous n’existons même pas?La question mérite sûrement une attention toute particulière, surtout en ce qui a trait aux vocations à la vie religieuse de demain.L’avenir est dans le présent Seul le présent nous appartient.Cela semble une vérité toute primaire et toute simple.Pourtant il arrive que nous vivions, ou dans le passé pour tenter de le recréer car nous y trouvons la sécurité du connu, ou que nous vivions dans l’avenir qui nous échappe et dont le mystère nous paralyse.C’est aujourd’hui que le salut nous est donné, c’est aujourd’hui que nous pouvons semer, c’est aujourd’hui 309 que nous pouvons prendre des décisions qui influenceront l’avenir: il n’y a pas d’autre voie à suivre.Imaginons un moment que nos fondateurs et nos fondatrices n’aient pas agi dans leur présent particulier: que serait-il arrivé?Le cours de l’histoire, non seulement de la vie religieuse mais celui de centaines de milliers de personnes à travers le monde aurait été passablement changé! Ils ont, avec d’autres, essayé de lire les signes des temps et, avec détermination mais aussi sans avoir toutes les certitudes, ils ont pris des risques.Ils ont risqué l’avenir.Le même appel s’adresse à nous de risquer l’avenir, avec les lumières du présent, les leçons de l’histoire et l’espérance en ce même Dieu historique d’hier, d’aujourd’hui et de demain.Pour nous, nous n’avons que le présent pour choisir notre avenir.310 Les Livres Beaulac, Jules, Aider à grandir, Éd.Novalis, 1993, 176 pages.Nous sommes tous en quête de croissance.Notre besoin de grandir ne s’atténue pas avec l’âge, il augmente.Parfois, c’est nous qui aidons les autres à grandir; parfois, ce sont les autres qui nous aident à grandir.Dans un cas comme dans l’autre, nous avons besoin de réfléchir sur cette entreprise aussi importante que difficile qu’est l’éducation.Ce livre se veut une contribution simple à cette entreprise.À l’aide de causeries prononcées ici et là devant des auditoires aussi variés que des enseignants, des bénévoles, des administrateurs, des personnes du troisième âge, à l’aide également d’anecdotes, de «capsules et d’examen de croissance», l’auteur nous propose une réflexion marquée au coin de l’amour des gens et de la fidélité à l’Évangile.Ce livre comporte des éléments d’éducation tant dans leur dimension humaine que dans leur dimension chrétienne.Il s’appuie largement sur le concept de l’éducation permanente.Puissent ceux et celles qui le liront y puiser des lampées de lumière et d’espoir comme à une source d’eau claire et fraîche.Bourgeois, Henri, Foi et cultures, Éd.Paulines, 1991, 151 pages.On ne croit plus aujourd’hui comme avant.Cette constatation, amère ou enthousiaste, provient en réalité d’un changement qui affecte la base même de nos façons de penser et de vivre.Car on ne croit pas de la même manière selon que l’on se reconnaît dans telle ou telle des quatre grandes formes culturelles contemporaines qu’Henri Bourgeois analyse dans cet ouvrage: la culture populaire-traditionnel-le, la culture humaniste classique (celle qui domine dans le discours catholique), la culture rationnelle, dont le modèle est scientifique, enfin la «nouvelle culture», qui met l’accent sur l’instant et la force des émotions.Comment être croyant dans cet univers mouvant, tel est le propos de ce livre mené avec intelligence et finesse.Brouard, Maurice, Eucharistie, chemin d’évangélisation, Éd.Paulines, 1993, 370 pages.Le Père Maurice Brouard s’intéresse à la catéchèse depuis plus de vingt-cinq ans.Dans ce livre, il réussit à mettre au service de l’éducation de la foi des adultes la synthèse de toute une vie vécue sous le signe de l’Eucharistie.L’originalité et la force de ces catéchèses proviennent de leur remarquable souci andragogique et de leur présentation claire et dynamique des multiples dimensions de la messe -la fête, le dialogue, le mémorial, 311 l’offrande de soi, la pâque, la communion et l’évangélisation -, présentation appuyée sur une solide théologie, puisée dans l’exploration des richesses des Prières eucharistiques et dans la Bible.Ce précieux outil andragogique est destiné à rendre de grands services dans le domaine de l’éducation de la foi des adultes.Il pourrait servir avantageusement pour des conférences, pour des entretiens théologiques ou spirituels, pour des rencontres de prière ou comme simple lecture.Collectif, Prendre sa vie en main, L’enjeu de la vingtaine, Éd.Paulines, 1992, 195 pages.Pour permettre une intervention consciente qui favorise le développement de l’autonomie psychique, une étude a été entreprise pour différencier comment s’opère l’actualisation des forces vitales humaines tout au long du parcours de l’existence.Cette recherche a permis de définir les phases qui marquent la vie adulte et d’en préciser les défis et les étapes.Dans ces pages, le cheminement d’une jeune adulte vient illustrer les divers éléments de la première phase de vie adulte tout en servant de prototype aux autres phases du cycle de vie.Comby, Jean, Deux mille ans d’évangélisation, Éd.Desclée, 1992, 327 pages.L’histoire de l’évangélisation se confond certes, d’une certaine manière, avec l’histoire du christianisme.Le présent ouvrage se limite cependant à l’histoire de l’expan- sion chrétienne dans le temps et dans l’espace.Il montre comment l’Évangile, proclamé pour la première fois dans les années 30 en Palestine, fut annoncé au cours des siècles jusqu’aux extrémités du monde.On peut dire qu’on propose ici une histoire des missions, mais à condition de concevoir la mission avec l’ouverture et la justesse aujourd’hui requises.Des origines à nos jours, elle a revêtu en effet des formes multiples.Si elle fut l’oeuvre d’évêques, de prêtres et de religieuses, de laïcs, également, hommes et femmes, elle eut aussi comme agents des militaires, des princes et jusqu’aux marchands d’esclaves.D’aucuns étaient mandatés par leur Église, d’autres partaient de leur propre initiative.Il fallut compter de plus avec l’âpre concurrence que ne manqua pas de susciter la prédication chrétienne.La visée numérique des conversions à opérer, longtemps primordiale, fut progressivement relayée par le souci de faire naître des Églises locales.L’un des résultats du Concile Vatican II fut la place donnée dans l’acte d’évangélisation à l’inculturation, à l’oecuménisme, au dialogue entre religions et au témoignage.Leclercq, Jean, Regards monastiques sur le Christ au Moyen Âge, Éd.Desclée, 1993, 251 pages.Cet ouvrage comble un vide dans l’étude de la réflexion théologique sur le Christ.On s’est occupé largement jusqu’ici de la période du Nouveau Testament et des Pères 312 de l’Église, celle des définitions et des grands conciles «christologi-ques».On s’est attaché aussi aux travaux de la grande Scolastique, surtout ceux du XIMe siècle.Or, sept siècles, entr ele Vie et la fin du XIle, n’ont guère jusqu’ici retenu l’attention.Ce sont ceux du vaste mouvement où les moines et les moniales ont élaboré et promu, à leur façon propre, une vraie théologie du Christ.Il ne s’agit pas de traités systématiques.Les écrits sont néanmoins innombrables: méditations, exhortations, homélies, poèmes, prières.Sans raisonnements abstraits mais sans négliger de mettre en valeur la véritable incarnation de l’unique Fils de Dieu, ces religieux ne veulent que contempler, méditer, savourer la grandeur du mystère du Christ.Pour ce faire, ils recueillent dans la foi le témoignage de l’Écriture et celui des Pères de l’Église, et ils vont plus loin dans l’expression d’une théologie parfaitement originale et authentique.Cette théologie est contemplative, préoccupée de trouver la voie de l’union à Dieu et l’entrée dans le mystère de salut qu’annonce l’Église.Elle est spirituelle, enracinée essentiellement dans l’expérience mystique.Elle est au bout du compte «engagée», ne craignant pas de se rendre attentive aux conditions concrètes dans lesquelles il s’agit de vivre la foi, et de convier tant le moine à «tout quitter» que le laïc à «vivre selon la justice» (l’intitulé du chapitre IX: Une christologie antiféodale de Cluny, est éloquente).Michaud, Robert, Les Psaumes, Éd.Paulines, 1993, 959 pages.Si l’on peut voir dans le Psautier le condensé et la somme de tout l’Ancien Testament, on peut aussi y entendre l’écho de la voix éternelle de l’humanité.De ces dimensions multiples, de ces richesses inépuisables, l’exégète italien G.Ravasi a produit une étude monumentale.À son tour, l’exégète canadien R.Michaud a voulu la rendre accessible au public francophone, en réalisant une synthèse claire et dense en un seul volume, fidèle à l’esprit et à la méthode de l’oeuvre originale.Dans un premier temps, les auteurs explorent toutes les facettes du microcosme des Psaumes, en regard de l’histoire, de la théologie, de l’herméneutique et même de la musicologie.Dans un deuxième temps, ils classent les Psaumes en familles d’après les genres littéraires.Enfin, ils s’appuient sur la «partition» littéraire que le psalmiste remplit de sa prière, cette structure patiemment retrouvée à l’intérieur du texte, et représentée en une sorte de diagramme.Suit alors le commentaire qui parcourt l’une après l’autre toutes les parties des Psaumes.Ce patient itinéraire exé-gétique au long des cent-cinquante psaumes livre au lecteur la splendeur des symboles, l’intense spiritualité du Psautier, source de prière personnelle et communautaire.313 Mongeau, Marcel, Un peuple avec Dieu, Éd.Paulines, 1994, 274 pages.Ce livre est le résultat d’une fréquentation assidue des Écritures, soit personnelle, soit en groupe.Pendant de longues années, l’auteur a animé des sessions bibliques populaires dans le but de sensibiliser les croyants et croyantes à l’actualité de la Bible.La crise de foi d’Abraham, la fidélité héroïque de Job, la bravoure de Débora et de Myriam, la grandeur d’âme de Rachel.Cet ouvrage nous présente, telle une fresque, une centaine de personnages qui ont accepté une responsabilité proportionnée à leurs talents.Tous ces exemples montrent comment Dieu a accompli des merveilles par l’entremise des hommes et des femmes de l’Ancien Testament.S’inspirant de ces croyants d’autrefois, chaque baptisé pourra retrouver l’élan nécessaire pour relever les défis qui l’interpellent à devenir, lui aussi, un véritable témoin de la foi en Dieu.Pageau, René, Voyez comme ils s’aiment, Éd.Paulines, 1993, 206 pages.Dans ce livre, il est question de vie fraternelle vécue communautai-rement, de partage communautaire de la Parole de Dieu, de la grâce des réunions, de la critique et du repos.Une grille permet aux supérieures de s’évaluer dans leurs délicates et exigeantes tâches pastorales.Des prières sont proposées autour de la table communautaire, avant les repas.Enfin, d’autres prières personnelles ou communautaires peuvent aussi inspirer au cours de la journée.Voyez comme ils s’aiment est une suite aux deux livres précédents: Si tu veux, viens, suis-moi et Aussitôt, ils le suivirent, publiés aux Éditions Paulines dans la même collection et qui ont connu plusieurs tirages.Dans cet ouvrage, des moyens simples sont enfin suggérés pour aider à vivre avec qualité la vie communautaire.Pageau, René, Aussitôt, ils le suivirent., Éd.Paulines, 1992, 131 pages.Et aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.Voilà ce que firent Simon et André, ainsi que Jacques et Jean, sur l’invitation de Jésus alors qu’il passait sur le bord de la mer de Galilée (Mc 1, 16-20).C’est à cet appel que les religieux et les religieuses tentent, dans la foi, de répondre quotidiennement.C’est aujourd’hui que le Seigneur appelle.Il veut une réponse aujourd’hui! Ce titre justifie le contenu du présent volume: comment les religieux et les religieuses se sont mis à la suite de Jésus en relevant de multiples défis pour marcher au pas de l’Évangile et de l’Église qui doivent apporter des réponses aux questions du monde d’aujourd’hui.Ce volume est une suite à Si tu veux, viens, suis-moi qui a connu plusieurs tirages aux Éditions Paulines.Un autre volume sur la vie communautaire est en préparation.314 CENTRE DE RENOUVEAU CHRÉTIEN DE LORETTEVILLE RETRAITES 1994 Janvier 22-29 Voici que je viens pour faire ta volonté (He 10,7) Février 03-10 Désert 1 Février 19-26 Le coeur de Jésus nous est ouvert Mars 12-19 Reviens à ton coeur (St Augustin) Avril 09-16 Montée pascale Mai 14-21 L’action de Dieu en vue de vivre en action de grâce Mai-juin 28-04 La vie spirituelle Juin 04-11 Marie et les Béatitudes Juin 21-28 Venez et voyez (Jn 1,39) Juillet 02-08 Retraite accompagnée (max.6) Juillet 07-14 Venez et voyez (Jn 1,39) Juillet 16-23 Notre vocation à l’amour (Jn 13,17) Juillet 24-31 Vivre notre foi Août 20-27 Tenir dans l’espérance Septembre 24-30 L’Évangile de Jean, approche spirituelle Octobre 15-22 L’action de Dieu en vue de vivre en action de grâce Nov.-Déc.26-03 Relevons la tête (Luc 21,28) Gérard Therrien, c.ss.r.Merzel Caissy, s.c.q.Jean-Marie Rocheleau, s.j.Claude Mayer, o.m.i.Bernard Carrière, s.j.Marcel Grand’Maison, s.j.Jean-Guy St-Arnaud, s.j.Raymond Tremblay, c.ss.r.André Gélinas, s.j.Élise Normand, r.s.r.André Gélinas, s.j.André Leblanc, o.p.Guilbert Guérin, s.j.Benoît Fortin, cap.Jean-Luc Vannay, abbé Marcel Grand’Maison, s.j.Rita Gagné, o.s.u.FRAIS: 50,00$ à l’inscription 160,00$ à l’arrivée RETRAITE SOCABI en collaboration avec le Centre de Renouveau Chrétien Juillet 09-14 Psaumes - Louanges - Supplications Animation: P.Julien Rainville, c.s.v.Frais: à SOCABI: 70,00$ inscription (20,00$ non remboursable) au Centre de Renouveau Chrétien: 130,00$ à l’arrivée Pour tout renseignement, réservation de groupe ou de séjour individuel, veuillez vous adresser à: S.Cécile Dionne, o.s.u.CENTRE DE RENOUVEAU CHRÉTIEN DES URSULINES 20, rue des Ursulines, Loretteville G2B 3W7 Tél.: (418) 842-4757 ou 842-1421 315 ACTIVITÉS 1994 RETRAITES 17-23 juillet 1995 Retraite organisée par le Centre Christus: tél.: 276-9433 24-30 juillet 1995 Devenir sans cesse un être de P.Yvon Laroche, s.v.communion sup.prov.31 juil.-6 août 1995 Vivre en enfant de lumière: célébrer le quotidien S.Thérèse Drolet, c.s.c.7-13 août 1995 Découvrir le visage du Seigneur P.Richard Dandenault, M.Afr.sup.prov.14-20 août 1995 Tu nous as choisi(e)s pour servir en ta Présence Abbé Gilles Mathieu 11-17 sept.1995 La tendresse du Christ en saint Luc P.André Gélinas, s.j.Ces rencontres débutent le lundi soir à 20h00 et se terminent à 13h00 le dimanche suivant.FRAIS: inscription: 25$ (non remboursable) pension: 192$ SESSION: 3-5 février 1995 Ce Dieu en qui je crois S.Claire Lanthier, c.s.c.Session offerte à des laïcs adultes (hommes, femmes) pour approfondir leur foi et la partager.FRAIS: 75$ session et pension AUTRES ACTIVITÉS: FRAIS: locaux: 75$ par jour pour la salle de conférence 35$ par jour pour toute autre salle pension: 32$ par jour de semaine 64$ du vendredi 19h00 au dimanche 15h00 ERMITAGE SAINTE-CROIX 21269, boul.Gouin ouest Pierrefonds (Québec) H9K 1C1 Tél.: (514) 626-6379 (S.Claire Lanthier, c.s.c., responsable) 316 Tables de l’année 1994 1.Auteurs et articles BISSONNETTE, Claire, o.s.c., L’intériorité: don et vocation chrétienne.79 Vivre uni à Dieu selon Claire et François d’Assise.238 BOISVERT, Laurent, o.f.m., La consécration religieuse.3 CAZA, Lorraine, c.n.d., La vie religieuse, vécue authentiquement, est un moyen d’évangélisation.195 Éléments de réflexion sur la vie consacrée et sa mission.272 CUSSON, Gilles, s.j., Une «nouvelle Chance» pour la vie consacrée.49 DOINO, Joseph, o.f.m., Vers une conscience franciscaine.221 DOYON, Jeanne, s.f.m., La vie religieuse est-elle prophétique?.124 DUCHARME, Alfred, s.j., Le discernement spirituel selon François d’Assise.211 GUELLUY, Robert, ptre, Soeur Colette, une présence silencieuse.15 LANGLAIS, Fernand, o.f.m., La mort à laquelle je ne pensais pas.183 LECLERCQ, Jean, o.s.b., Silence et pastorale.90 LÉGASSE, Simon, o.f.m.cap., Évangéliser d’après le Nouveau Testament.67 LEWIS, Jacques, s.j., Notre Dieu veut vivre avec nous.167 Un précis de spiritualité chez saint Paul.285 MALONE, Janet, c.n.d., Une rentrée chez-soi: le voyage intérieur.297 MUNLEY, Anne, i.h.m., Défis du nouveau paradigme de la vie religieuse.131 PLOUFFE, Denise, s.s.c.j., Parole et consultation.39 Dieu présent en tout et partout 154 ROBERT, Pierre, La séparation définitive d’avec Dieu ou «Enfer».103 ROY, Louis, o.p., Être adulte dans la foi: un idéal ambigu.29 THÉRIAULT, Monique, s.n.j.m., Vie religieuse apostolique et l’Apôtre des apôtres.96 L’avenir est dans le présent.305 WEAKLAND, R.G., o.s.b., évêque, Le renouveau de la vie religieuse aujourd’hui.259 317 2.Sujets Action de grâces: et conscience franciscaine: 229; et François d’Assise: 231-232; et célébration de l’eucharistie: 235 Adulte dans la foi (idéal ambigu): 29; et infantilisme religieux: 30; idéal du croyant adulte: 31; et la dialectique du péché et de la grâce: 33 Amour: force missionnaire de l’amour intérieur: 243 Autorité: religieuse et consultation: 40 Avenir: est dans le présent: 305 et 309; de la vie religieuse: 305 Christ: le suivre selon l’Évangile: 3; la justice par la foi au Christ: 286; le connaître: 287; puissance de sa résurrection: 290; communion à ses souffrances: 291; conforme à sa mort: 291 ; parvenir à sa résurrection: 292; tâcher de le saisir: 292; en vue du prix réservé par Dieu: 295; «agent de voyage et notre guide»: 297 Claire: vivre uni à Dieu: 238 Coeur: garde du coeur et vigilance: 240 Colette, soeur, une présence silencieuse: 15; chez les Pauvres Claires: 20; ses vertus: 23-26 Conscience: franciscaine: 221; dynamique de la conscience humaine: 221; François et la conscience: 224; et l’Église: 226; prophétique et culte véritable: 227; action de grâces et conscience franciscaine: 229; source de la conscience franciscaine: 233 Consécration: religieuse: 3; et désirs fondamentaux: 3; et suite du Christ: 3; centrer sa vie sur Dieu et son Règne: 5 et formes de vie: 8; et ministère prophétique: 12; voir: Vie consacrée: 49 Consultation: et parole: 39; dans l’Église: 40; et autorité religieuse: 40; au niveau des Conseils: 41 ; au niveau des membres en général: 43; quelques critères: 44; critères du côté des consultants: 44; du côté des consultés: 45 Culte: conscience prophétique et culte véritable: 227 Désirs: fondamentaux: 3 Dieu: présent en tout et partout: 154; présence qui éveille le désir: 155 et 158; à l’origine de tout: 155; deux désirs de Dieu: 156; espace de conversion: 157; de liberté: 158; relecture sur Dieu: 160; sa présence personnelle unifie le désir: 161; prend visage humain: 161; proche comme Père: 162; proximité avec tous les humains: 162; conduit aux frères et aux soeurs: 163; veut vivre avec nous: 167; le Créateur, merveille de présence: 168; au milieu de nous: 171; compagnon par excellence: 172; chez Jean et Paul: 175; vie menée en compagnie du Seigneur: 178; en amitié avec les saints: 180; vivre uni à Dieu selon Claire et François d’Assise: 238; l’union à Dieu: 239; union par garde et vigilance du coeur: 240; «Père, c’est pour eux que je prie.»: 245 Discernement spirituel: selon François d’Assise: 211 ; sa dynamique: 215; et l’ascèse franciscaine: 216; sa route: 217; voie de libération: 219 318 Église: et consultation: 40; et la conscience: 226 Enfer: séparation définitive d’avec Dieu: 103; enquête historique: Ancien Test.: 104, Nouveau Test.: 105; magistère: 106; à partir d’auteurs ou d’événements spirituels: 107; réflexion théologique: 108; liberté et choix négatif: 109; Dieu laisse l’individu libre: 110; la densité concrète du mal: 112; jugement et damnation: 114 Évangile: et suite du Christ: 3; témoignage de gratuité: 198; témoignage de communion: 204; témoignage d’ouverture: 207: d’une insondable pauvreté: 207 Évangélisation: et le vivre «ensemble»: 52; et «leadership»: 52; et conscientisation commune: 53; d’après le Nouveau Test: 67; histoire: 68; sa nature: 70; bonne nouvelle de joie: 71; obligation: 72; risques: 73; résultats: 74; conditions: 76; des questions: 77; par la vie religieuse: 195; nature: 196; dans l’authenticité: 209 François d’Assise: et discernement spirituel: 211; son cheminement: 212; purification par la pauvreté: 214; et la conscience: 224; vivre uni à Dieu: 238 Grâce: et péché: 33 Gratuité: de Dieu: 17; 22; de l’Évangile: 198 Intériorité: don et vocation chrétienne: 79; son sens: 79; symboles évangéliques: 80; son vécu franciscain: 83; enseignement de Claire et de François: 83; un trésor: 84; soulève le corps de l’Église: regard de foi et symbole du miroir: 87 Jésus: sa personne: 71 ; vie menée avec Lui: 178 Marie de Magdala: modèle apostolique: 97; modèle des religieux: 99 Mission: force missionnaire de l’amour intérieur: 243; voir évangélisation: 52 et 195 Mort: «La mort à laquelle je ne pensais pas» (Fernand Langlais, o.f.m.): 183; résumé des faits: 184; réflexions suscitées: 185; vie ré-évaluée: 187 Parole: et consultation: 39 Pastorale: et silence: 91 Pauvreté: franciscaine: 22-23; évangile, témoignage de pauvreté: 207 Péché: et grâce: 33 Prophétie: et consécration: 12; conscience prophétique et culte véritable: 227 Rentrée chez-soi: un processus: 298; un voyage de foi: 299; voyage au désert: 299; voyage solitaire où se retrouver soi-même: 301 ; voyage dans la solitude et le silence: 302 Silence: et pastorale: 90; pastoral: 91 ; contemplatif: 93; silence intérieur pour s’unir à Dieu: 242; et rentrée chez-soi: 302 Spiritualité: chez S.Paul: 285; la justice par la foi au Christ: 286; connaître le Christ: 287; puissance de la résurrection du Christ: 290; communier à Ses souffrances: 291 ; devenir conforme à Sa mort: 291; espoir de parvenir à la résurrection: 292; tâcher de saisir le Christ: 292; «Je m’élance vers le but»: 293; le prix attendu de Dieu dans le 319 Christ: 295; une rentrée chez-soi: 297; le voyage intérieur: 297 Vie consacrée: (voir: Vie religieuse): une «nouvelle chance»: 49; et Synode des évêques 1994: 49; et les Lineamenta du Synode 1994; et évangélisation: 51; et «régime de vie dans l’Esprit»: 54; et sa mission: 272; à travers un engagement dans l’éducation: 272; à partir de l’itinéraire de l’auteur (Lorraine Caza): 273; fait droit aux amitiés: 275; plus grande ouverture sur le monde: 276; moins de minutie: 276; ouverture à diverses spiritualités: 277; plus d’initiatives en dehors d’un code rigide: 279; dialogue entre supérieurs et sujets: 280; ouverture sur les autres groupes de consacrés et sur les laïcs en vie conjugale: 282; contacts entre congrégations anciennes et nouvelles: 282; et membres associés: 283 Vie religieuse: défis du nouveau paradigme: 131; voir loin par opposition à préparer l’avenir: 132; comme mouvement social: 133; liminalité prophétique: 134; et changement de paradigme: 135; six défis: interdépendance prophétique, ouverture au changement, inculturation, multiculturalisme, franchir les frontières, attitude contemplative d’ouverture: 139-146; résultats-clés: secteurs d’engagement: 146; tendances sur les ministères des religieuses, thèmes des directions sur le travail apostolique des religieuses, nouveaux champs d’apostolat: 146-148; lendemains de ces recherches: 148; vécue authentiquement est moyen d’évangélisation: 195; et l’évangélisation: 198; mystère de gratuité: 200; expérience de l’amour gratuit de Dieu: 203; comme élément de transformation de la société: 206; son renouveau aujourd’hui: 259; nouvelle formulation: 259; théologie biblique et non juridique: 259; pas un concept univoque: 260; Vatican II n’a pas appelé à une réforme mais à un renouveau: 261; son vrai sens encore à chercher: 261 ; théologie de la vie religieuse: avant tout une façon de suivre le Christ, une «séquela Christi»: 262; ensuite, une façon de faire partie de la mission du Christ dans le monde: 264; enfin, avant tout, une vocation ecclésiale: 266; charisme prophétique: 266; témoignage eschatologique: 267 et 268; vaste histoire en transition: 269; s’adapte à une nouvelle culture globale: 270; plus oecuménique: 270; changement de type: 305; change avec la civilisation: 55; appels à la transformation: 307; pistes pour l’avenir: 308 Vie religieuse apostolique: et l’Apôtre des Apôtres: 96; suppose qualité de présence: 97; être là où se passe la vie: 97; demeurer en présence de quelqu’un: 99; recevoir et accomplir sa mission de manière prophétique: 100; féminine: 272 320 La Vie des communautés religieuses La Direction 5750, boulevard Rosemont Montréal, Qué.Canada H1T2H2 Abonnements à l’une des adresses suivantes: 55, av.de la République 91230 Mongeron France Ed.du Chant d’Oiseau Avenue du Chant-D’Oiseau, 2 1150- Bruxelles Belgique 5750, boulevard Rosemont Montréal, Qué.Canada H1T2H2 Bulletin Abonnements La Vie des communautés religieuses France: 70FF ?de SURFACE: Belgique: 435 FB Canada: $13.00 France: 98 FF ?par AVION: Belgique: 595 FB Canada: $17.00 Nom____ Adresse I I p ygiÉl JM7?.- B 8 ___- > - '_ Envoi de publication Enregistrement n° 0828 5750, boulevard Rosemont Montréal, Québec, Canada H1T 2H2 la vie des communautés religieuses
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