Gazette de Sorel, 20 juillet 1870, mercredi 20 juillet 1870
I .J asc aMBHaanro tasmam 1 Sème année.Sorel (Fc-Q.,) Mercredi matin, S® Juillet 1870.qA I Numéro 87.•at Smuittaî AsuimtumaJ, üpfcufc tf $iffoua.ite O, 1* BAHTH£« Proprietaire et Kecîactcur Public (laus les interets du District de lticlaolieu.| J oh.CHEAKT 9 I in primeur.ME COURSE CRIMINELLE, Uno notable partie de la population des Etats Ums a été atteinte de folie, ccs der-niors jours, à propos d’une lutte de vitesse ëntre les steamers Lee et Natchez.Il s a-gissalt de savoir lequel de ccs deux navires franchirait plus rapidemcüt la distance qui sépare lu Nouvelle Orléans de Suiut Louis.Le jour du départ, qui était jeudi de la combien il affectionne scs cliers paroissiens, ^ 1 accompagnèrent au vapeur.Encore quel- dront un grand peuple, non-sculcmcnt.aux Tous fondaient en larmes et montraient ques instants et il fallut se séparer ! j yeux des hommes, mais aussi, et surtout, bien que ces sentiments d affection étaieut.O Mario, étoile de la mer, protégez de aux yeux do Dieu.réciproques.Puis 1 adresse suivante fut votre égide sûre celui qui est pour vous | Après la messe nous nous rendîmes au lue devaut 1 église par M.Julien I rem- • un serviteur si lidèle, et pour nous un père cercle où nous attendait un dîner splendide blay : chéri, et rendez-le à notre affcctiou sain et Bien-aimé Pasteur, Permettez-nous de vous manifester, en cette circonstance, les justes sentiments de gratitude dont nos cœurs sont animés à votre égard.A plus d’un titre, vous avez semaine deniôre, la reconstruction et tout droit à notre affection et à notre reconnais* ce qui s’en suit était le dernier des soucis sancc.Déjà depuis près de 0 ans que la di- viucProvidence,duus sa généreuse bonté, vous a assigné pour notre pasteur, nous avons pu apprécier, pendant ces années de joie et de bonheur, les nombreux bienfaits spirituels et temporels dont nous vous sommes redevables, et, uou&le disons hautement, nous sommes fiers de celui cjpi s’eat sacrifié pour note** bonheur.Animé d'un £.‘*int zèle toujours vous vous êtes efforcé d’exhirper les mauvaises inclinations qui s’élevaient dans nos cœurs, et de cultiver l’arbre do la vertu qui porte des fruits d’or pour le ciel.Ce n’est pus tout, nous nuis rappelons, avec joie, les divisions si préjudiciables au bonheur d’une paroisse, dissipées par vos sages conseils.Merci, mille fois merci pointant de bienfaits; nous vous en conserverons un éternel souvenir.Bien-aimé pasteur, vous partez.Ce mot a un triste écho au tond de nos cœurs, car vous entreprenez un voyage bien long et non sans danger.Ce voyage va offrir un vaste cl\amp à votre amour pour la science et de précieux aliments à votre tendre piété ; car vous allez voir les riches monuments qui attirent l’admiration du monde entier ; mais surtout vous allez contempler les lieux sanctifiés par le passage de l’JIomme-Dieu, et en cela nous ne pouvons que nous unir à votre bonheur.Vous verrez aussi l’immortel vieillard du V aticau et ses braves défenseurs parmi lesquels la paroisse de l’Ile du Pas peut se glorifier de cointer un de scs généreux enfants.Dites à notre St.Père combien nous l’aimons, et à ccs derniers combien nous admirons leur courage et leur piété.Bicn-aimé pasteur, quand vous serez prosterné sur le Calvaire, lorsque vous prierez sur le tombeau de SS.Apôtres, lorsque vous baiserez les pieds sacrés de Pic IX, n’oubliez pas vos chères ouailles qui adresseront des vœux ardents au Ciel, pour qu’il écarte les dangers sur votre passage, qu’il vous accorde un voyage aussi heureux qu’intéressant et qu’il vous ramène sain et sauf au milieu de vos paroissiens heureux de vous revoir.Tels sont, vous n’en doutez pas, les vœux jos plus sincères de vos paroissiens.31.le curé répondit à peu près en ccs termes : “ Cette démonstration, mes chers enfants, ost- uue nouvelle preuve de votre attachement pour moi ; mais je n’en avais pas besoin : depuis longtemps je connaissais l’af.des habitants de le Nouvelle Orléans.Une foule immense, dit l’Epoque, surexcité de tout âge, de tout sexe et do toute couleur, so pressait, se bousculait, avec des cris, dos exclamations, des hurlements forcenés, pour assister à uu de ccs grauds spectacles qui font époque dans l’histoire du genre humain.En vérité, dit plus loin le même journal, ont est pris de dégoût quand on assiste à un spectacle aussi humiliant que celui qui vient d’etre donné par notre population a propos Ge quelque chose d’aussi idiot, disons le mot, d’aussi criminel qu’une course à toute vapeur sur uu fleuve qui a déjà charrié tant de cadavre, immolés à ccs sinistres rivalités de métier.Comment! Voilà des gens qui exposent de gaité de cœur une .centaine d’hommes à sauter en l’air, à être échaudés ou brûlés vifs, et on les contemple, et ou les encourage, et on les applaudit, et la presse public des extras annonçant, les différentes phases de ccl te funèbre lutte— ot les magistrats cus-memcs, qui dans tout autre pays civilisé déferaient aux tribunaux ces sportsmen d’un nouveau genre— engagent des paris sur ce steeplechase meurtrier—et des femmes, des enfants môme se passionnent et s’exaltent à un spectacle qui serait au suprCmc degré ridicule s’il n’était encore plus profondément immoral et odieux ! Dôs dépêches d’Helcna, de Memphis de Louisville, Cincinnati, de Cairo, de par-.tout, ont tenu heure par heure le monde au courant de la position respective des deux navires concurrents.Le dernier télégra.nc, date de St.Louis, a annoncé que le Robert Lee était arrivé le 4 juillet, à onze heures 25 minutes du matin, ayant fait le trajet en trois jourss 1S heures, 14 minutes.C’est la traversée la plus rapide qui est jamais été effectuée.Le Natchez, retenu par le brouillard au-dessous do Grand Tower, à 120 milles de St.Louis, n’était pas encore arrivé a six heures du soir.Les paris à l’occasion de cette course se sont élevés paraît-il, à plus d’un million de •dallrrs.Pour notre part, nous sommes aussi surpris que satisfaits que cette extravagance n ait abouti à l’explosion d’aucun des deux steamer qui y étaient engagés, et nous faisons des vœux pour que l’autorité empêche à l’avenir des jeux qui sans avoir 1 ombre d utilité, mettent eu danger des centaines de vies humaines.—Courrier des Etats-Unis, sauf ! Je ne veux pas terminer sans relater un fait également honorable pour les paroissiens de file Dupas et de leur cher curé.Celui-ci faisait dernièrement un appel-à que présida notre aumônier, M.Ed.Mo" reau.Un orchestré engagé pour la circonstance et des chausous canadiennes saluaient l’entrée de chaque mets ; MM.Laporte, Yarin, Blondiu, Duguay, firent particuliè* remeut valoir leur gosier.sa paroisse pour 1 engager à donner une La chanson de M.Laporte, li les adieux offrande au St.Père, s’engageant lui-môme d’un troupier, ” alla droit au cœur de beau" à doubler la somme.La collecte a produit j coup, et pour prouver que ce ne fut pas £32 10s., ce qui, avec la généreuse contribution de i\J.Plinguct, donne un montant de £G5 que l’estimable curé doit présente1* lui-môme à Pic IX.La messe dont il est question plus haut a été demandée par Jes paroissiens eux-rziCmcs.Uc Dupas, 14 juillet.Un témoin.S^a St.a Bonte (Correspondance de La Minerve.') Rome, le 25 juin 1ST0, Comme je vous l’annonçais dans ma dernière, nous avons chômé hier notre fôto nationale, la St.Jean-Baptiste.Nous y avons mis un entrain qui n’en cédait en rien aux deux dernières années.Tous munis d’une permission de vingt-quatre heures signée à deux mains do notre Papa Allot, nous avons pu consacrer toute la journée au souvenir uc la patrie et à la glorification de son puissant patron.A dix heures, nous étions réunis dans la petite église de Santa Maria in Montcrone où eut lieu une grand’messe pontificale, chantée par Sa Grandeur l’évôque des Trois-Rivières, M.le Grand-Vicaire Thomas Caron faisant les fonctions de prêtre assistant, MM.de St.Aubin et O’Meara, celles de diacre et sous-diacre, et MM.Moreau et Lussier, celles de cérémoniuiro et de thuriféraire.M.Henri Desjardins était à l’orgue entouré d’un cliŒur puissant conduit par 31.l’abbé Martin Leclerc.Au milieu de nous, l’on voyait avec plaisir Mgr.de Montréal, l’ami infatigable des zouaves, et M.le Dr.Gucrnou Lussier de Chatauguay.U est impossible de dire toute l’impression qu’on éprouva pendant le chant sacré de la messe, si propre lection que vous aviez pour votre Pasteur: j! reporter à la patrie, a 1 église de son vil-unc douce expérience de près de 0 ans me j luge ou à la petite chapelle de sou collège; l’avait montrée.Pour les éloges que vous LnP , que m’adressez, je les reuvoie à Celui à qui ils appartiennent.Dieu a voulu se servir de moi comme d’un instrument pour opérer quelque bien : à lui eu revient toute la gloire, c’est lui que vous devez remercier.Le voyage que j’entreprends est long, il est vrai, mais ne vous effrayez pas des dangers : car pour nous, canadiens, il faut reconnaître que la religion est notre première maîtresse; dès notre enfance elle a su gagner nos cœurs et c’est elle qui fait la consolation de l’exilé des Etats-Unis comme des zouaves de Rome.Aussi de tous les souve- s a n s raison vous me permettrez *do vous en donner ici quelques mots : Adieu, ma bonne mère, Je pars, le tambour bat ; Puisque j’suis militaire Paul que j’fusse mon état.Ne crains rien à la guerre, J’aurai bien soin de moi Et le ciel, je l’espère, Mc conservera pour toi.M’sieur l’curé, j’viens vous faire En partant mes adieux ; Si quelque militaire V’nait vous dire eu ccs lieux, -Qu’il a vu mourir Pierre Pour le Pape et sa foi, N’en dites rien à nia mère, Et priez Dieu pour moi.Adieu, ma pauvre mère, Prends garde àqucuquc malheur, Et toi, ma chère Claire, Conserve-moi ton cŒur.Au retour d’in Milice J’t’épouserai dans deux an?, Et i’f’rons l’cxcrcico A.tous nos petits enfants.La bonne mire, m'sieur le curé et.la c/iè-rc Claire furent acclamés tour à tour.Le repas terminé les toasts curent leur lour.ct nous saluâmes avec bonheur l’arrivée de Mgr.LaflècUc et du colonel Allot qui ne manque jamais une occasion pour nous prouver son estime et son affection.Mgr.proposa la santé du Canada en l’accompagnant d’un chaleureux discours sur la pairie et la nationalité, nous engageant par dessus toute chose à la conservation do notre langue, de notre foi et de nos uuKurs, qui sont les iroin éléments constituant une nation.N’oubliez jamais, a-t-il dit, qu’on défendant l’Eglise vous défendez votre na-.tionalité, vous faites un grand acte de patriotisme.Conservons" à tout prix ces trois dons précieux, reçus en héritage (le nos pères, et, quoiqu’il puisse arriver, nous vivrons comme peuple Les applaudissements redoublés qui accueillirent les réflexions do Sa Grandeur prouvaient, outre leur justesse et leur à-propos, que la fibre du patriotisme, en s’éloignant, du centre de nos «ficelions, ne perd rien de sa force et qu’elle résonne aussi puissamment sur les bords du vieux Tibre que sur ceux du St.Laurent, | Mgr.avait à peine achevé son dernier mot COURES POKDA SCE.Depart dn Rov.91.JF1 ingu et.Jlf.U Rédacteur, Le 13 juillet sera un jour à.triste souvenir pour la petite paroisse de l’Ile Dupas.De bonne heure la population, portant l’expression de la tristesse, so rendait en foule à 1 église, p«.»ijr entendre une dernière fois son pasteur chéri, parlant pour visiter ?*ï?^r®Pe çt les lieux-saints.L’église était remplie comme aux grandes circonstances.
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