L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 novembre 1883, jeudi 15 novembre 1883
3me Année 15 NOVEMBRE 1883 Numéro 18 JOURNAL D’EDUCATION ET D’INSTRUCTION PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES EXCEPTÉES CîiOUTIEK, Rédacteur « propriétaire Prix de l’abonnement : UN DOLLAR par an, invariablement payable d’avance Toute correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction devra être adressée à J.-B.Cloutier, professeur à l’école normale Laval ; celles concernant l’administration, à L.J.Demers & Frère, imprimeurs-éditeurs, no.30, rue tje la Fabrique, Québec.SOMMAIRE.—Actes officiels Nominations de commissaires et de syndics d’écoles—Erection et délimitation de municipalités scolaires.—Pédagogie : La poésie dans l’écoles—Les professions libérales.—Partie pratique : I, Dictée—Aimez et aidez vos parents—II, Dictée —La betterave à sucre—III, Dictée—Pluton et sa cour — Arithmétique — Problèmes — Algèbre — Toisé—Devoir d’élèves — Fable à mettre en prose—Le laboureur et ses enfants —La même fable en prose—Une leçon de botanique—Lecture à haute voix.—Divers : Une école au Caire—Notions utiles, Alimentation-Annonces.AUX SOUSCRIPTEURS Nous prions ceux qui nous doivent des arrérages ou l’abonnement de l’année courante de nous en faire parvenir le montant sans délai.L.J.Demers & Frère.-000- Actes Officiels Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR par un ordre en conseil en date du quinze octobre courant (1883), de faire les nominations suivantes, savoir : Commissaires d'écoles.Comté d’A rthabaska, Chester Nord.MM Onésime Boislard et Joseph Côté.Comté de Gaspé, Douglass town.—Le Révérend Dunkin Giliis et M.Xavier Kennedy, en remplacement de MM.Thomas Morris et James Rooney.Syndics d'écoles.Comté d’Hochelaga, Côte Saint-Louis.—M.W.S.Humphries, en remplacement de M.John Moore.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTEN ANT-GOU-VERNEUR par un Ordre en Conseil, en date du 15 octobre courant (1883), de nommer MM.Hubert Paquette, Félix Lajeunesse, Isidore Massé, Jean-Bte.Prévost et Nérée Deslauriers, commissaires d’écoles pour la nouvelle municipalité de Saint-Adolphe de Howard,” dans le comté d’Argen-teuil.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR par un Ordre en Conseil, en date du 22 d’octobre courant (1883), de nommer MM.David Royer, Pierre Couture, Jean Godbout, Jean-Baptiste Godbout et Abraham Godbout, commissaires d’écoles pour la nouvelle munioi* palité scolaire de Saint-Nérée, dans le comté de Bellechasse.Departement de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR par un Ordre en Conseil, en date du 22 octobre courant, (1883), de nommer M.Eusèbe Hallée, commissaire d’écoles pour la municipalité scolaire de Saint-Donat, comté de 206 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Rimouski, en remplacement du révérend Antoine Leblanc, qui a laissé la municipalité.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR par un Ordre en Conseil, en date du 15 octobre courant (1883), d’ériger le canton de Howard, dans le comté d’Argenteuil, en municipalité scolaire, sous le nom de “ Saint-Adolphe de Howard.” Avis de demande d’érection, etc., de municipalités scolaire en vertu de l’acte 41 Viet., chap.6, sect.5.Détacher de la municipalité de Saint-Albert; dans le comté d’Arthabaska, les lots 1, 2, 3, 4 et 5 du neuvième raDg de Warwick, et les lots 6, 7, 8 9, 10, 11 et 12, du dixième rang de Warwick, et les annexer à celle de Bulstrode pour les fins scolaires.¦000 PÉDAGOGIE LA POÉSIE DANS L’ÉCOLE D’après la préface de Aus deuischen Lesenbü- chern.Les plus belies œuvres de nos poètes sont un trésor qui doit devenir le bien commun de tous.Déjà les enfants ont le droit d’être conduits à la jouissance de ce trésor ; mais ils ont besoin d’un guide.Cependantcelui-ci ne doit pas trop faire; il faut qu’il laisse surtout agir l’œuvre poétique elle-même.Il n’a qu’à former l’œil pour lui faire voir ce •qu’il doit voir et à préparer l’âme pour lui faire sentir ce qu’elle doit sentir.Le guide ne doit pas déchirer la fleur qu’il veut faire admirer, il doit seulement convenablement l’exposer à la lumière, ou pousser ça et là de uôte une petite feuille qui empêche de voir ce qu’il veut montrer.La méthode d’après laquelle les poésies doivent être traitées peut suivre les quatre degrés suivants : I.La préparation.II.La lecture du morceau.III.L’analyse.(1° Logique ; 2° Au point de vue de la composition et du style).IV.L’emploi pratique.I.L’âme ne s’assimile pas des idées nouvelles qui ne s’appuient sur rien de semblable, qui ne se rattachent à rien de correct.Le maître doit bien examiner si telle parole ira au but comme une flèche bien dirigée ou si elle se perdra.Les poésies, mêmes les plus simples, sont rarement telles qu’un enfant puisse les comprendre sans secours.Quelque^ fois il suffira que le maître la lise en intercalant quelques explications.Souvent il pourra commencer par faire voir une bonne gravure qui facilitera l’intelligence du morceau à lire.D’autres fois, il écrira au tableau quelques mots ou tournures difficiles.Quand la poésie à traiter est moins simple, le maître pourra en donner une périphrase ; il ôtera du chemin les pierres contre lesquel les l’élève pourrait se heurter.Il y réussira en remplaçant les expressions inconnues par des termes connus, en faisant disparaître par des constructions plus simples, les inver sions difficiles à comprendre, en complétan la suite des idées par des intercalations, etc Il est vrai que cette dernière manière de préparer les élèves à l’intelligence d’une poésie a des écueils : le maître pourra être trop long, il risquera de faire disparaître le souffle poétique, etc.Il est nécessaire de s’v préparer avec soin.ore?eièves' üoe oi1 |üce £ ppo-: rester il.Si l’esprit des élèves a été ainsi mis er éveil, le maître lira la poésie ou la fera lire par de bons élèves, strophe par strophe, oi partie après partie.Par quelques brève questions, il s’assurera si les élèves comj prennent tout.Puis viendra le tour dd élèves plus faibles.Il va sans dire qu’il ser attentif à l’intonation, à la ponctuation, etc HL II est rare que des enfants puiss pénétrer toutes les beautés d’une poési cependant, il y a certains points qui peuvei être examinés de plus près.Tantôt, ceseroi filât Les Proles' lit foî'a Meg |ûTh Si! RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 207 0 lieu et le temps de l’action qu’on exami-era davantage ; tantôt, ce sera le caractère es différents personnages ou l’état ou les ualités des personnes ou des choses dont il st question dans la poésie lue.Les élèves seront surtout habitués à trouver et à formuler, strophe après strophe, la mite des idées, ainsi que l’idée principale du morceau.Quant aux élèves plus âgés, on leur fera remarquer les formes particulières grammaticales, les images, les antithèses, etc.IV.Tout ce qui se fait à l’école doit être utile pour la vie, doit ennoblir le cœur et fortifier la volonté.Aussi, le maître n’oubliera-t-il pas de faire agir les idées exprimées dans la poésie sur le cœur et sur la volonté de ses élèves, sans cependant se laisser aller à les sermonner.Quant à l’étude de la langue, un grand nombre d’exercices variés se rattachent à chaque morceau lu, exercices oraux, exercices de rédaction, descriptions, comparaisons, imitations, exercices de grammaire, d’orthographe, etc.— Les plus beaux morceaux seront appris par cœur.Si les élèves confient à leur mémoire chaque mois une ou deux poésies, il y aura grand bénéfice pour les idées et pour la langue, et ils emporteront de l’école un trésor qui leur restera.Ce que l’intelligence, le cœur et la mémoire ont saisi à la fois et ce qu’ils retiennent en commun, est devenu tout à fait notre propriété et fait pour ainsi dire partie de nous-mêmes.U Ecole./ -ooo- LES PROFESSIONS LIBÉRALES Sous ce titre nous lisons ce qui suit dans le Nouvelliste du 24 d’octobre dernier : Les journaux canadiens ont entrepris une croisade sérieuse contre l’encombrement des professions libérales.Il est temps.Notre jeunesse inconsciente de l’avenir, se jette trop volontiers dans les professions dites libérales où le désenchantement le plus complet l’attend.Si la jeunesse instruite s’avisait de faire, de mémoire, la nomenclature des professionnels obligés, pour vivre, de se contenter de de la plus humble des pitances, elle resterait effrayée et s’engagerait, arec moins de paieté de cœur, dans la voie où la pousse une ambition mal calculée.L est au sujet de cet encombrement des professions que M.David, de la Tribune, s’écriait l’autre jour: “ Le mal devient si menaçant que tout le monde se croit obligé d’élever la voix pour le dénoncer, avertir les parents et effrayer les jeunes gens que la fatalité pousse vers les professions libérales.Pas plus tard qu’hier, un jeune homme qui a fait un cours d’études classiques avec succès parcourait les rues de Montréal pour avoir une place comme commis de barre dans une auberge.Que de faits plus regret, tables encore nous pourrions mentionner ! On ne saurait trop multiplier les exemples devant nos jeunes compatriotes.A force de leur signaler les périls, les mécomptes qui les attendent, peut-être finiront-ils par comprendre qu’ils se rendront plus utiles à leur pays et à eux-mêmes en embrassant une carrière moins ingrate que celle à laquelle ils entendent se destiner.” Pour notre part, nous sommes de l’avis des rédacteurs du Nouvelliste et de la Tribune sur ce point.En effet, un trop grand nombre de jeunes gens se lancent dans les professions dites libérales sans calculer les chances de succès qu’il y rencontreront, et une fois engagés dans cette voie, lors même qu’ils s’aperçoivent qu’ils font fausse route, ils n’osent plus reculer.Les dépenses qu’ils ont fait faire à leurs parents, le temps qu’ils ont consacré à étudier la profession de leur choix, les empêchent de l’abandonner.Ils continuent donc leurs'études professionnelles au risque d’aller plus tard grossir le nombre des désappointés.La cause principale de cet état de choses provient de l’engouement qu’ont nos cultivateurs de la campagne de faire faire un courj d’études classiques à leurs fils, et cela, très souvent, au détriment de leurs autres enfants, sans trop consulter non plus leurs ressources pécuniaires. 208 L’ENSEIG-NEMENT PRIMAIRE Aussitôt qu’uu erifant montre à l’école primaire quelques aptitudes pour s’instruire, le père, orgueilleux de ses premiers succès, l’envoie à l’école modèle et de là au collège, encouragé trop souvent par le maître ou la maîtresse.Mais on devrait comprendre que ce sont autant de bras vigoureux arrachés à l’agriculture et à la colonisation.Lorsqu’un jeune homme a passé neuf ou dix ans dans un collège, qu’il a traduit César, Virgile, Horace ; que son esprit est tout rempli des exploits des grands hommes de l’antiquité, il lui répugnera d’aller se reléguer derrière un comptoir pour mesurer de l’indienne ou du coton ; l’agriculture n’aura pas pour lui plus d’attrait.Ses goûts, ses aspirations sont d’un ordre plus relevé.Il lui faut un état où il puisse continuer de cultiver son intelligence et l’enrichir toujours de plus en plus.Voilà pourquoi les professions sont aujourd’hui tellement encombrées qu’il n’y a qu’un petit nombre qui réussissent, tandis que les autres végètent, vivent dans un état voisin de la misère, et envient souvent le sort de l’homme de métier.Pour remédier à ce mal, il faudrait que les instituteurs fissent tout en leur pouvoir pour inspirer à leurs élèves le goût de l’agricuture, qu’ils leur fissent comprendre qu’elle est le plus noble de tous les états.D’ailleurs si l’on enlève à la vie des champs tous les talents d’élite, il 11e restera plus pour cultiver la terre que les médiocretés, et alors la routine aura beau jeu.Cette question est de la plus haute importance pour l’avenir de notre jeune pays, et tous ceux qui s’occupent de près ou de loin de l’instruction publique—les instituteurs surtout—devraient la prendre en sérieuse considération.-00 g 00- PARTIE PRATIQUE DICTÉE I AIMEZ ET AIDEZ VOS PARENTS Le soleil vient de se lever, et la rosée du matin brille encore sur les fleurs.Le petit Paul e3t déjà debout, un arrosoir à la main.Comme il travaille de grand matin ! C’est que son père, le jardinier, s’est blessé la jambe en bêchant la terre.Paul le remplace.Avant d’aller à l’école, il arrose les plates-bandes.Le père, assis sur un banc, le regarde d’un œil attendri.Et Paul est heureux de montrer à son père combien il l’aime.Explications.— Expliquer les points cardinaux.La rosée.—Petites gouttes d’eau qu’on trouve le matin sur les objets exposés à l’air, et qui ne tombent pas des nuages comme la pluie.— Arrosoir, arroser.—Jardinier de* jardin.— Instruments cle jardinage,— Bêche, sécateur, râteau, arrosoir.— Plate-bande.—'Morceau de terre uni et étroit, planté de légumes on de fleurs.Expliquez ce qu’on entend par amour filial.Quels sont les devoirs des enfants envers leurs parents.Paire écrire en colonnes le3 noms masculins à gauche et les noms féminins à droite.-000- DICTÉE II LA BETTERAVE A SUCRE La culture de la betterave à sucre, on ne saurait trop le répéter, partout où l’industrie l’a introduite, a décuplé la richesse du pays.Les préjugés absurdes qui la supposaient contraire à la production des céréales ont cédé à la force de ['évidence ; les belles récoltes de blé obtenues après la betterave, dans des terres qui jadis n’en donnaient que de médiocres, ont répondu victorieusement à d’injustes préventions et viennent corroborer, de tout le poids de l’expérience, le raisonnement par lequel il faut se rendre compte du mode de végétation et de culture propre à cette racine .En effet, la betterave se nourrit en partie des gaz de l’atmosphère qu’elle absorbe par ses larges feuilles, et sa racine pivotante prend, à une grande profondeur, le reste de D substance qui lui est nécessaire, eu y puisant des sucs que L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 209 Y analyse a prouvé vive, tout différents de ceux qui constituent la substance des graminées.Questions et explications.—Betterave : cette plante potagère n’est cultivée en grand que depuis .le commencement du siècle.Comment qualifie-t-on les plantes desquelles on tire du sucre ?sac-charifère.= A décuplé: absolument, a rendu dix fois plus grandes.— Préjugés : les jugements portés avant ; les croyances, les opinions qu’on avait adoptées sans même tenter l’expérience qui devait prouver qu’elles étaient fausses.—Céréales —Graminées: on désigne d’une façon générale par ce dernier nom, toutes les herbes portant des graines, et particulièrement par céréales (de Gérés, déesse des moissons), celles dont les graines entrent dans l’alimentation.= De l'évidence : de la vérité tellement sensible qu’il est impossible de la nier.— Jadis : autrefois, avant.= Préventions : idées préconçues qui injustement faisaient regarder comme nuisible cette culture.= Corroborer : confirmer, donner une force nouvelle.= Le mode : la manière dont vit, croit, se nourrit cette racine,—mode, substantif féminin, est une acception differente de celui-ci,—la distinction du genre est relativement récente.= Absorbe: prend en elle, pour elle.=Pivotante : qui s’enfonce dans la terre perpendiculairement, sans se diviser comme la racine dû froment, par exemple.=Sucs : les liquides nourriciers qu’elle contient—se dit de tous les liquides contenus dans les plantes, dans la viande, sans distinction de saveur.—Distinguer de sucre.—Analyse : l’operation par laquelle on décompose un tout en ses parties pour les examiner successivement, étudier (leur nature.—Le contraire de l’analyse ?la synthèse.=A prouvé : épeler ce participe dont 1 accord présente une difficulté (l’analyse a prouve, ¦ non les sucs, mais, que les sues étaient, etc.) Exercices écrits.—Souligner dans chacune des phrases, les mots appartenant à la proposition principale (sujet, attribut, complements du sujet et de l’attribut).= Citer les graminées, les céréales de nos climats.—De quels végétaux tire-u-on encore du sucre ?= Donner les adjectifs qualifi catifs, les substantifs, les verbes correspondant à quelques adjectifs numéraux tels que double, doubler, pour deux ; triple, tripler, pour trois,.etc.==Mettre tous les verbes entre parenthèses, indi- quer par les abréviations a (actif ), n (neutre), imp.(impersonnel), leur nature ; nég.(négative), pron.(pronominale), la forme particulière de leur conjugaison.¦ * DICTEE' III Pluton et sa cour Pluton était sur son trône d’ébène ; son visage était pâle et sévère, ses yeux creux et étincelant?, son front ridé et menaçant.La vue d’un homme vivant lui était odieuse, comme la lumière offense la vue des animaux qui sont accoutumés à ne sortir de leurs retraites que pendant la nuit.A son côté paraissait Proserpine, qui attirait seule ses regards, et semblait un peu adoucir son cœur : elle jouissait d’une beauté toujours nouvelle ; mais elle paraissait avoir joint à ses grâces^ divines je ne sais quoi de dur et de cruel de son époux.Au pied du trône était la Mort, pale et dévorante, avec sa faux tranchante qu’elle aiguisait sans cesse.Autour d’elle volaient les noir» soucis ; les cruelles défiances, les vengeances toutes dégoûtantes de sang et couvertes de plaies ; les haines injustes, l’avarice.qui se ronge elle-même ; le désespsir qui se déchire de ses propres mains, l’ambition forcenée qui renverse tout ; la trahison qui veut se repaître de sang, et qui ne peut jouir des maux qu’elle a faits ; l’envie qui verse son venin mortel autour d’elle, et qui se tourne en rage dans l’impuissance où elle est de nuire, l’impiété qui se creuse elle-même un abîme sans fond, où elle se précipite sans espérance ; les spectres hideux, les fantômes qui représentent les morts pour épouvanter les vivants ; les songes affreux ; les insomnies aussi cruelles que les tristes songes.Toutes ces images funestes environnaient le fier Pluton et remplissaient le palais où il habite.Fénelon, Télémaque, livre xvm.questions et explications.—Pluton, roi des Enfers (mythologie), fils de Saturne (le Temps) etdeEhéa (la Terre), frère de Jupiter roi du ciel et de la terre, et de Neptune roi des mers. Heiiît'tl —Proserpine, fille de Jupiter et de Cérès, déesse des moissons—Mort.Pourquoi la majuscule ?— Dévorcnte, adj.au fig., avide de détruire.—For-ccnée, qui fait sortir liors de soi-même, qui affole.—Spectres, figure fantastique d’un mort, d’un esprit que l’imagination crée et que l’on croit voir.— Dire ce qu’était Fénelon-, il écrivit Télémaque (pour l’éducation de son royal élève).exercices et devoirs.—Combien y a-t-il de propositions dans une phrase l autant que de verbes à un mode personnel (exprimés ou sous-entendus).—Quel est le verbe et à quoi sert-il dans l’analyse logique ?(être).—Qu’est-ce qu’un verbe attributif l (celui qui renferme le verbe être et un attribut).—Que doit-on faire quand on a un verbe attributif dans une proposition ?— Définir les termes secondaires d’une proposition (complément direct, complément indirect, complément adverbial et modificatif, complément adverbial modificatif et négatif (négations), complément circonstanciel (qui répond aux questions où 2 quand ?comment) ?complément conjonctif (formé par une conjonction).—Quand le sujet et l’attribut sont-ils simples ou co?nposés l complexes ou incomplexes l Expliquer la ponctuation de la dictée.— Exemples d’emploi de la virgule et du point- virgule.L’Education.-ooo- AKITHMÉTIQUE PROBLEMES 1.Un gallon de lait donne en crème 1.501 lb.Combien de gallons pour 5 lbs de crème ?Solution.—y.-ôui = 3 gallons 1 pinte + Autant de gallons de 1.501 sera contenu de 2.Combien de gallons de lait (à raison de 0.3502 lb.de beurre par gallon de lait).Solution.—(Une livre de lait donne 0.1109 de fromage.) .1109 x 12.5 = 1.38625 lb.fromage.4.Combien de gallons de lait pour emplir une tinette de 50 lbs ?Solution.— tt.xImr = 142 gallons 1 +pot.5.Combien de lbs de fromage dans 50 gallons de lait l Solution.— 50 x 12.5 x 0.1109 = 69.3125 lbs = 69 lbs 5 onces.-ooo- ALGEBRE Une persoune achète 2 pièces de drap de qualités différentes ; le plus fin coûte .85 cts la verge de plus que l’autre ; et la pièce coûte $72.00 ; mais la pièce du plus commun contient 2 vgs de plus que le plus fin et ne coûte que $64.00.Combien de verges y a-t-il dans chaque pièce et quel est le prix de la verge do chacun ?Soit x = le nombre du plus fin.x + 2 = le nombre de l’autre.S72 v— = le prix de la verge du plus lin.x = le prix de la verge de l’autre.x + 2 72 64 x f - , dégagez les fractions.x + 2 5 ° fois dans 5.Solution .5 % -g- vrai esc.de $1 @ $9% pour 5 ans.x 5 = $30 $1! I p sm I füi L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 211 vrai esc.de $1 @ $6% pour 5 ans.$ir!F_ $r\ = $stV différence de l’escompte sur $1 pour 5 ans.$45*^ =$565.50 Rép.Preuve x $565.50 = $$175.50 esc.à 9% pour 5 ans.$Ts£ X $565.50 = $130.50 esc.à 6% pour 5 ans-$175.50 - $130.50=$45.diff.de l’esc.pour 5 ans.Daniel McSweeney.^ —ooo- TOISÉ Le diamètre d’un puit est 4 pds 6 pcs, et la profondeur 48 pds.Combien en coûte le creusage à raison de $1.35 la verge cubique 1 pds pds 4.5 x 4.5 = 20.25 carré du diamètre.20.25 x .7854 = 15.90435 Surf, de cir.de la base.15.90435 48 profondeur du puits.12723480 6361740 C 3)763.4088 nomb.de pds cub.du puits.27 J '—______ ( 9) 2544696 28.2744 verges cubiques du puits, à $1.35 par verge cubique.1413720 84°232 282744 Eép.$38.17044 •ooo DEVOIR D’ÉLÈVES Bien chère amie, Ma première classe a eu lieu aujourd’hui a neuf heures.Je t’assure que le premier quart d’heure que j’y ai passé, peut bien être appelé le quart d’heure de Rabelais.Je ne savais que faire; à mon entrée dans la classe, les enfants riaient, chantaient, je crois même que quelques un dansaient.Avec ce joli tapage, c’était à n y rien comprendre.A un moment, le découragement allait s’emparer de moi, lorsque tout a coup, je me rappelai ces paroles de J.B.Rousseau.Mais au moindre revers funeste, Le masque tombe, l’homme reste, Et le héros s’évanouit.Un mouvement d’orgueil s’empara de moi et e fit vaincre tout obstacle.Sera-t il dit que n’ai pu tenir tête à des enfants, moi qui me tntais de posséder toutes les qualités neces-ires à une institutrice 1 Non, et puisque toute interpellation bienveil-nte est inutile, je serai sévère.Alors mon ont devint ridé, mon regard courroucé; on it dit que je sortais de l’antre de Trophonius ; oidement je leur imposai silence : On n’entèn-it plus rien.Je les appellai près de moi, leur smandai leurs noms, leur âge ; on eût entendu Dler une mouche.Mon interrogatoire terminé, ; commence la classe par une leçon de lecture, ien sur, je n’inviterai pas monsieur le directeur venir les entendre demain.Après cela je fais uelques questions de grammaire, ça va un peu deux; arithmétique, géographie, assez bien ; ifin vient la littérature ; ils n’y voyaient que u feu et seraient, je crois aussi étonnés que M.ourdain, si je leur disais qu’ils font de la prose u parlant.Mes élèves ne sont pas des savants, comme tu , vois, cependant il n’est pas défendu d’espérer u’ils le deviendront un jour, du moins tous ont air intelligents.Adieu, ma chère, je ne t’invite pas a venir vant deux semaines.Ton affectionnée, Dîna. 212 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE FABLE A METTRE EN PROSE LE LABOUREUR ET SES ENFANTS Travaillez, prenez de la peine.C’est le fonds qui manque le moins.Un riche laboureur, sentant sa mort prochaine.Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.“ Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage Que nous ont laissé nos parents : Un trésor est caché dedans.Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage Vous le fera trouver : vous en viendrez à bout.Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’oût : Creusez, fouillez, bêchez ; ne laissez nulle place Où la main ne passe et repasse.” Le père mort, les fils vous retournent le champ, Deçà, delà, partout; si bien qu’au bout de l’an Il en rapporta davantage.D’argent, point de caché.Mais le père fut sage De leur montrer, avant sa mort, Que le travail est un trésor.LA MEME FABLE EN PROSE.Il y avait clans la paroisse de X.un cultivateur fort à l’aise.Il avait plusieurs bonnes terres et de nombreux serviteurs.Tous les ans, ses immenses granges avaient peine à contenir ses récoltes de foin et de grains de toutes sortes.LTne femme charmante et six beaux garçons réjouissaient son intérieur.Mais un bon jour le malheur vint frapper à sa porte.Une transaction malheureuse lui fit perdre presque toute sa fortune.Sur ces entrefaites sa femme tomba malade et mourut.Quatre de ses fils suivirent de près leur mère dans la tombe.Les deux seuls fils qui lui restaient pour consoler sa vieillesse furent bientôt contraints de le laisser pour aller chercher fortune ailleurs.Il ne lui resta plus qu’un petit morceau de terre.Mais par un travail assidu et une sévère économie, il pouvait encore se procurer le stricte nécessaire.Cependant les fatigues, le chagrin, le découra-ment minèrent son tempéramment, et bientôt il tomba malade et demeura cloué sur son lit de douleur.Sentant que sa fin était proche, il fit immé- diatement mander ses deux fils, afin de les bénir et leur dicter ses dernières volontés.u Mes chers enfants, leur dit-il, je vais bientôt mourir.Je vous recommande instamment de toujours bien aimer et servir le bon Dieu, et de vous secourir l’un l’autre.Je n’ai à vous laisser pour héritage que l’humble champ que j’ai tant arrosé de mes sueurs ; mais il s’y trouve quelque part, à un pied sous terre, un trésor considérable, en le cherchant, soyez certains que vous le trouverez.A ce moment le prêtre entra,et les deux jeunes ! gens se retirèrent pour laisser à leur père la facilité de faire sa paix avec Dieu.Lorsqu’ils le revirent il était tout à fait épuisé, n’eut que le temps de les bénir, et il expira.La perte, d’un si bon père les affligea tellement que pendant longtemps ils le pleurèrent et ne songèrent même pas à ce qu’il leur avait dit concernant le trésor.Mais à la fin, le besoin ramena chez eux la réflexion et ils pensèrent que ce trésor devait être un coffre plein d’or ou d’argent.Ils se mirent à creuser et à bouleverser le ^ champ en tout sens, jusqu’à ce que pas un pouce du terrain n’eut été remué, mais ils ne trouvèrent .: rien.C’est bien surprenant, dirent-ils, que notre père nous ait conseillé de faire un travail si long et si fatiguant pour rien.Bien, dit l’un d’eux, puisque no fait tant d’ouvrage, il ne faut pas que nos peines soient tout à fait perdues.Nous allons ensemencer ce champ avec du blé.Ils le firent, et au temps de la moisson ils eurent six fois plus de blé que leur père n’en avait jamais récolté sur le même terrain.Ce n’est qu’alors qu’ils comprirent ce que leur père voulait dire par le trésor, et qu’il voulait qu’ils gagnassent leur pain à la sueur de leur front.-ooo- LEÇON DE BOTANIQUE Caractères généraux de la famille des crucifères L’identification de la ressemblance au milieu de la différence est l’essence de la classification.Bain.Objets d'intuition.Nous considérons ce point comme capital ; c’est par cette recherche que avons / L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 213 doit commencer la préparation de toute leçon de sciences naturelles.Cresson de fontaine, moutarde des champs, bourse à pasteur, giroflée.Moyens d'investigation : Le maître passera la loupe aux élèves à tour de rôle pour faire examiner les différents caractères de la fleur, caractères qu’il s ne pourraient découvrir à l’œil nu.Connaissances acquises ; Caractère du cresson.N.B.—Quelques-uns trouveront sans doute que l’on peut faire ressortir les caractères généraux d’un groupe d’animaux ou de plantes, par l’étude d’un seul type.Nous croyons que l’étude d’un type, et la connaissance des caractères du groupe auquel il appartient sont deux choses essentielle meut distinctes, exigeant chacune un travail spécial des facultés.Je distribue à chaque élève un échantillon de cresson, de moutarde des champs, de giroflée J’écris les noms des plantes au tableau.Si ces noms n’étaient pas suffisamment connus des élèves, je passerais à chacun d’eux trois étiquettes en papier blanc, dans les fentes desquelles ils introduiraient respectivement une des trois plantes.Puis je leur ferais écrire le nom de chaque type sur l’étiquette correspondante.Je commence par faire répéter brièvement, sur la plante môme, les caractères du cresson.Puis je dirige les investigations des élèves sur les trois plantes à la fois, les forçant à comparer un môme organe dans chacune d’elles.De cette façon, ils en trouveront sans peine les ressemblances, qui seront inscrites au tableau dans 1 ordre suivi lors de l’étude du cresson.Les differences essentielles qu’il découvre en passant serviront à l’élève à distinguer sûrement les divers types qu’il étudie.Quoiqu’une certaine liberté d’allure doive être laissée à l’enfant dans ces recherches, on devra l’initier à observer avec ordre, et surtout, exactement, c’est-à-dire patiemment.La est le principe fondamental de la méthode.C est par l’observation seule que l’enfant acquerra, rapidement, les connaissances les plus durables, °e;t par ce procédé si simple que l’instituteur parcourra aisément toute l’étendue du progiamme actuel.voici ce aco ^ ^ -S5
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