Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français, 1 avril 1885, mercredi 15 avril 1885
[" 2e ANNÉE.\u2014 N « 15.Paris, Mercredi 15 Avril 1885.PARIS-CANADA Organe International des Intérêts Canadiens & Français.FRANCE\t\tDirecteur : HECTOR FABRE\tCANADA\t Prix du Numéro :\tI\tAbonnements :\t\tPrix du Numéro:\t1\tAbonnements : 25 Centimes\t1 Un an, 12 fr.50\t\t5 Contins\t1 Un an , $ 2.5(0 Émile GIROUARD, administrate) u\t\tBUREAUX, 30, Rue Larochefoucauld, Paris.\tS.MARCOTTE, auknt c.éxeru., QUÉBEC\t Tous les mandats, demandes d\u2019abonnements, d\u2019insertions et de renseignements, doivent être adressés franco à M.Hector FABRE, directeur du PARIS-CANADA, 30, rue de Larochefoucauld, Paris.SOMMAIRE Au Nord-Ouest.\u2014 La récolte du Nord-Ouest : Dépêches.\u2014 Notes diverses.\u2014 Les conférences de M.Fabre.\u2014 Informations.\u2014 La conférence de M.Rameau.\u2014 Les Industries canadiennes.\u2014 Commerce et finance : .Notes.\u2014 Bulletin commercial et financier.AU NORD-OUEST Nos journaux canadiens reçus par le dernier courrier vont jusqu\u2019à la date du 3o mars.On venait d\u2019apprendre à Ottawa la défaite de la petite troupe commandée par le major Crozier, et cette nouvelle avait produit dans tout le pays une profonde sensation.Sir John Macdonald a donné lecture à la Chambre de la dépêche suivante qu'il avait reçue du lieutenant-colonel Irvine, en date du Fort Carleton, 27 mars : Les troupes placées sous mou commandement viennent d\u2019arriver.En approchant de Fort Carleton, j'ai appris que le major Crozier, avec un détachement de cent hommes, était parti pour le Lac aux Canards aliu de s\u2019emparer d\u2019une grande quantité d\u2019approvisionnements qui y étaientemma-gasinés.La petite troupe s\u2019est trouvée eu face d\u2019une centaine de rebelles occupant une position avantageuse à Beardy\u2019s Reserve, et qui ont essayé de cerner le détachement du major Crozier, composé d hommes de la police a cheval et de civils.Les rebelles ont tiré les premiers.Quand la fusillade a été engagée s_pr toute la ligne, le major Crozier, eu raison du désavantage de la position qu il occupait, a battu en retraite en bon ordre, et est arrivé au tort en même temps que mes troupes.Dix civils de l\u2019rince-Albort et deux hommes de la police ont été tués, et quatre civils et sept de la police ont été blessés.Le nombre des rebelles tués n'est pas connu.La police et les civils se sont conduits avec la plus grande bravoure sous le feu très nourri des rebelles.D\u2019après un metis qu\u2019on a arrêté au moment où il tentait Je faire dérailler un train du Pacifique sur lequel se trouvaient des troupes, Louis Kiel aurait sous ses ordres i,5oo métis français.Il y a là exagération évidente, car la population métis française des territoires du Nord-Ouest n\u2019atteint pas 3.000, ce qui représenterait au plus ûoo en état déporter les armes.Ce métis ajoute que la petite troupe de Riel aurait à sa disposition six canons américains, mais ceci aussi manque de vraisemblance.Le lac aux Canards al à trois cents milles de la frontière et on n\u2019aurait pu effectuer avant les hostilités le transport d\u2019une batterie d\u2019artillerie sur une pareille distance sans éveiller l\u2019attention du corps de police, ou des colons.La station de Qu\u2019Appelle, où se trouvent le colonel Middleton et ses troupes, est à ¦ibo milles du district de Carleton, où l\u2019insurrection a éclaté.Le colonel Middleton, qui commande la petite armée canadienne, est un officier de l\u2019armée anglaise.Il est placé à la tête de l\u2019administration militaire du Dominion par le Gouvernement canadien, choisi et payé par lui.M.Middleton est un officier fort distingué; il a été nommé l\u2019année dernière seulement et il est fort estimé au Canada.Lors d\u2019un premier séjour dans notre pays il y a une dizaine d\u2019années, il a épousé, à Montréal, une Canadienne - Française , Mlle Doucet.Le colonel Middleton a sous ses ordres à Qu\u2019Appelle, un bataillon composé exclusivement de Canadiens-Français, le (35® bataillon, qui est commandé par un député au Parlement fédéral, le lieutenant-colonel Ouimet.Les transports de troupes d\u2019Ottawa à Winnipeg et jusqu\u2019aux Montagnes-Ro-cheuses s\u2019effectuent par le chemin de fer, sauf une distance de _p> milles qu\u2019il faut parcourir en traîneau.Riel, à la date du 27, avait lancé une pro clamation défendant de molester les colons.D\u2019après le recensement fait en 1881, il y a, dans les territoires du Nord-Ouest, 5o.ooo Indiens.LA RÉVOLTE AU NORD-OUEST DÉPÊCHES Ottawa, 2 avril.\u2014Sir John Macdonald, premier ministre, a reçu un télégramme du lieutenant gouverneur des territoires du Nord-Ouest l\u2019informant que le chef sauvage Piapot, dont on regardait la loyauté (l) comme fort douteuse, a promis de s\u2019en (l) Nous devons dire, pour les lecteurs français, que le mot .aller au midi avec sa bande et de ne se mêler en aucune sorte du mouvement des Métis.On écrit de Battleford que la place est approvisionnée pour trois mois, et qu\u2019il y a la 300 femmes et enfants en sus des 200 hommes armés qui défendent la ville.Les sauvages rebelles ont été chassés des environs de la ville par les obus.La glace descend sur la Saskatchewan et une partie des troupes va être transportée à Prince-Albert en steamer, le reste s\u2019y rendra par chemin de fer Quatre mille hommes sont en route pour les points où le soulèvement a eu lieu.3\tavril.\u2014Les habitants de Montréal remplissaient les rues hier pour voirie départ du premier bataillon canadien-français qui est expédié au Nord-Ouest, et qui est passé cette nuit a 2 heures à Ottawa.Un bataillon quittera Halifax le 0 pour Toronto.Deux bataillons d\u2019infanterie et deux batteries d\u2019artillerie arriveront à Winnipeg dimanche matin 3 avril.Il y a eu une violente tempête de neige entre Ottawa et le lac Supérieur.Une réunion de Féuieus a été tenue à Pembina (Etats-Unis), point touchant la frontière du Manitoba .Le gouvernement des Etats-Unis u donné ordre au commandant du fort de Pembina de réprimer tout mouvement qui pourrait se produire, et a même offert d\u2019envoyer 200 hommes pour protéger les habitants d\u2019Emerson, dans le Manitoba, si la chose devenait nécessaire.4\tavril.\u2014 Tous les arrangements nécessaires ont été faits pour oiliir une chaude réception à tout parti de Féniens qui pourrait chercher à envahir le Canada.Une grande quantité d\u2019armes et de munitions a été envoyée à Winnipeg et la situation générale est maintenant regardée comme bonne.Les indiens Pieds noirs se sont déclarés prêts à garder la frontière contre toute invasion l'éuienne.3 avril.\u2014 Des dépêches reçues du général Middleton disent que les batteries d\u2019artillerie arriveront au fort Qu\u2019Appelle ce soir, et que 3,000 hommes de troupes y arriveront demain.La rivière Saskatchewan est maintenant libre de glace jusqu\u2019à Clarkes Crossing, et la navigation est ouverte.Toute la rivière sera libre d'ici à 1 2 heures.( )n a quelques craintes d\u2019un soulèvement des sau vages dans la région du fort Mc Leod.Les Sioux, sur la Saskatchewan du nord, paraissent se préparer à la guerre.Le général Middleton croit que les 3,000 hommes de troupes maintenant en marche vers le nord-ouest seront suffisants.7 avril.\u2014 Le général Middleton expédie activement ses troupes et tient ouverte la route entre le fort Qu\u2019Appelle et Clarke\u2019s Crossing.La navigation est entièrement libre.Les troupes se concentrent rapidement surQu\u2019Ap-pelle.Les troupes de Toronto sont entrées ce matin a Winnipeg, après avoir parcouru 1473 milles en chemin de fer et S3 milles à pied.Le trajet s\u2019est effectué en sept jours.Les agents du Gouvernement ont visité toutes loyauté, dans un pivj anglais, signifie fidélité à la Reine, et u'a aucun rapport avec l'idée d\u2019honnêteté dans les transactions ordinaires. 2 PARIS-CANADA les tribus sauvages au sud de Battleford et annoncent qu\u2019elles sout toutes tidèles.Il n\u2019y a que 4,000 sauvages hostiles.Les Féniens des Etats-Unis sout divisés sur la question d'une attaque contre le Canada.L\u2019ancienne société y est opposée.Les agents canadiens sont allés à Judith Basin, dans le Montana, où il y a une nombreuse population de Métis.Celle-ci a déclaré n'avoir aucunement l'intention d\u2019aider Riel.Le gouvernement des Etats-Unis donne sa coopération cordiale au gouvernement canadien pour la repression de la rebellion.Même jour, 2 heures.Le général Middleton qui est eu marche sur Touchwood 111 ls, où il doit poster une avant-garde de 400 hommes et 00 éclaireurs, annonce qu'il est satisfait de l'état des affaires.M Applegarth.que l\u2019on croyait avoir été tué par les sauvages à Battleford.a réussi à s\u2019échapper avec sa femme et après un voyage de *200 milles est arrive aujourd\u2019hui a Swift Current, sur la ligue du chemin de fer.Les sauvages Blood et Piegans, au fort Mccleod, donnent quelques sujets d'inquiétude.Ils paraissent désirer la lutte et sont eu communication active avec les tribus de l\u2019autre côté de la frontière.Sir Charles Tupper, haut commissaire du Canada à Londres, a reçu lundi un télégramme du gouvernement canadien disant que les troupes pouvaient être envoyées sur le territoire canadien par le chemin au Nord du lac Supérieur avec une vitesse suffisante.Les batteries d'artillerie de Québec et de Kingston sont arrivées à Winnipeg et des troupes suivent.Ottawa, 10 avril.Le résident canadien à Battle-Fort a télégraphié pour demander des renforts.Il est entouré complètement par les Indiens et se trouve dans l'impuissance d'envoyer des secours et de communiquer avec Fort-Pitt, d'où on l'a avisé d\u2019un massacre commis par les Indiens à Frog-Lake.Deux fonctionnaires, deux prêtres et quatre habitants, dont une femme, ont été tués.Cette nouvelle a été apportée à Fort-Pitt par un homme échappé au massacre.A la séance d'hier à la Chambre, Sir John a dit qu'il n\u2019avait pas reçu confirmation de la nouvelle que les Indiens des Etats-Unis entraient sur le territoire canadien.Il n\u2019ajoute pas foi a cette nouvelle.On apprend d'autre part que les tribus indiennes Gros Ventres, Grows et Kooleray ont envoyé un large contingent aux insurgés.Ce contingent est campé à Milk River.Dans d\u2019autres parties des territoires, les Indiens prenueut une attitude insolente.Le général Middleton télégraphie qu\u2019il est en communication constante, par voie télégraphique, avec Battleford et Prince-Albert, et que ces deux places ne sont pas en péril pressant, mais qu'elles réclament des secours.Des steamers portant des canons Gatling partent demain et descendront la rivière Saskatchewan.Les troupes sous les ordres du général Middleton s'avancent rapidement suivies de près par des renforts.12 avril.Le chef Pied de Corbeau, de la tribu des Pieds-Noirs, laquelle compte environ six à sept mille de ses membres sur le territoire canadien, non loin de la frontière des Etats-Unis et dans la partie de la Prairie qui confine aux premiers contre-forts des Montagnes-Rocheuses, aurait fait télégraphier à sir John Macdonald, que lui et les siens entendaient rester tidèles à leur « grand'mère » ;la reine), et qu'ils ne feraient point la guerre aux blancs.Le général Middleton annonce qu\u2019après plusieurs marches de 21 milles (34 kilomètres) en moyenne par jour il se trouve avec 800 hommes a peu de distance des insurgés métis, qu'il compte rencontrer mercredi ou jeudi.D\u2019autre part, tandis que le gros des forces canadiennes se porte ainsi vers le district de prince Albert sur la basse Saskatchewan, la partie méridionale de la province de Manitoba, éloignée de plus de 500 kilomètres, est ravagée par des bandes d'indiens venus des Etats-Unis, qui ont déjà pillé et brûlé plusieurs maisons de colons.Des troupes ont été envoyées en toute hâte de Winnipeg pour repousser les envahisseurs.NOTES DIVERSES Paris samedi soir après avoir fait un voyage en Italie.Ils ont été jusqu\u2019à Naples.Deux cultivateurs, Jean Juré, et Bienaimé Equil-brevj\u2019un Breton et l'autre Normand, partent cette semaine par le Sardinian pour aller se fixer au Manitoba.A la suite d\u2019une longuediscussion sur la question du transport des grains de Winnipeg a Liverpool, ou a décidé de demander des renseignements au bureau de la compagnie du Pacifique canadien à Londres.On prétendait que le blé ne pouvait coûter moins d\u2019un cent la livre pour le transport de Winnipeg a Montréal.Le chef du bureau a répondu que les prix, l\u2019année dernière, étaient de 25 a 27 12 cents par tiO livres pour cette distance et que l\u2019on pouvait regarder 27 cents comme le maximum du coût île transport.Eu ajoutant a cette somme 6 cents pour le parcours d\u2019Indian Head à Winnipeg, on ne dépasserait pas le prix de 33 cents pour 60 livres.A l\u2019une des dernières reunions du comité d\u2019émigration de la Chambre des communes du Canada, M.Robert Mc Kay, de Crystal City, Manitoba, a été entendu.Il a dit être allé au Manitoba pendant le printemps de 1883 et avoir pris une propriété sous les conditions du Homestead et une autre sous celles de la préemption.Il a de suite semé 160 acres de terre en blé dont il a tiré 4,800 minots, c\u2019est-à-dire 30 ininots a l'acre, et il l'a vendu 70 cents (sous de France a Manitou.Il approuve complètement le système qui consiste a certitier la qualité des blés à Port-Arthur (sur le lac Supérieur).Nos amis du Canada seront heureux d'apprendre que, cet hiver, notre ami et quasi-compatriote M.F.Jéhin-Prume a obtenu dans les concerts et les salons parisiens une série de brillants succès qui lui marqueut sa place parmi les violonistes en vue.De retour d\u2019un court voyage en Italie, M.L.-AY.Carrier s'est embarqué samedi sur la Normandie pour New-York.Nous avons eu le plaisir de voir a nos bureaux ces jours derniers le père Bouchard, aumônier des bateliers canadiens en Egypte.L'excellent religieux connaît Paris, où il est venu fréquemment, presque aussi bien que Khartoum, où il a passé trois ans.Il retourne la semaine prochaine au Canada par voie d\u2019Angleterre.Durant l\u2019expédition, quinze bateliers canadiens ont péri, dont sept se sont noyés.Parmi ceux qui se sont montrés les plus vaillants on remarquait plusieurs jeunes gens de bonne famille qui, de leur vie, n\u2019avaient fait métier de batelier.Un Français établi depuis une quinzaine d\u2019années au Canada, M.C.-P.Beau, s\u2019est occupé de la culture du raisin sauvage indigène, Vit is riparia, et après de nombreuses expériences,il est arrivé à acquérir la certitude qu\u2019on pouvait obtenir de ce raisin sauvage un vin d\u2019excellente qualité lorsqu\u2019on lui donnait des soins appropriés à sa nature.Une analyse laite par M.Luflanune, professeur a l\u2019université Laval à Québec,a reconnu les qualités de ce vin qui avaitétédéjà apprécié par les experts locaux.M.Beau a voulu donner une confirmation à ces témoignages favorables et il a envoyé des échantillons de son vin au laboratoire municipal de Paris qui en a fait l\u2019analyse que nous sommes heureux de pouvoir publier pour encourager l'établissement de cette nouvelle industrie au Canada.Voici cette analyse : Alcool 0(0 en volume.12.00 Extrait à 100° (grammes par litre).25.76 Extrait dans le vide\t\u2014\t 31.60 Sucre réducteur\t\u2014\t 6.75 Sulfate de potasse\t\u2014\t 0.94 Tartre\t\u2014\t 1.52 Cendres\t\u2014\t 2.05 Acidité (en S0\u2018IIs)\t\u2014\t 6.81 Polarimètre\t\u2014\t.\u201436 » Saveur des vins étrangers, légèrement sucré, ayant une pointe de fermentation naturelle.On vient de publier la liste officielle des actionnaires de la Compagnie du chemin de fer du Pacifique à la date du 17 février dernier.Parmi ces actionnaires se trouvent : Le marquis de Aylesbury, 400 actions, comte de Ashouruham, 1,000; R.1).Buchanan et S.S.Tomkins; Londres, 1,800; R.B.Angus, 11,900; bureau de l\u2019administration, Amsterdam,53,440: Borthwick, Work et Co, Londres, 1,730; Boissevaiu, Adolph et Co, Amsterdam, 12,730; Banque Parisienne, Paris, 6,5.4 ; Hon.John Bigelow, New-York, 1,000; le comte de Chauwilham, 3,960 ; A.A.Cole Linden, New-York, 3,170; Lord Brabourne, 1,000; AV.R.Cole, New-York, 3,400; le comte de Carnavon, 2,080; E.Clarke, London, 2,000; Baron de Rei-nach, Paris, 652 ; vicomte de A\u2019esce, 385; R.Donaldson, Glasgow, 5,610; le comte Cairus, 210; Drexel, Morgan et Cie, New-York, 6,000; lord El-phinstone, 5,453; Sandford Fleming, 1,000; F.Grie-ninger, Paris, 4,901 ; G.Grengel, New-York, 2,460; AV.Heat et Co, New-York, 46,000 ; J.S.Kennedy, New-York, 7,200 ; EarlofLeven and Melville, 2,500; baron Leconfield, 1,500; C.E.Loze, New-York, 6,100; P.Alorgan et Co, London, 400: lord Muncaster 1,500; Morton, Bliss et Co, New-York, 26,275 Mc Dougall Bros., Montréal, 1.025; Morton, Rose et Co, Londres, 76,141 ; L.AIesselet Co, Londres, 4,410; sir AV.Miller, 5.000: Duncan, Mc Intyre, 10,350; sir John McNeill, 200; sir Stafford Northcote, 1.000; sir Henry F.Ponsonby et sir R.Collins Buckingham palace, 500; Il C.Nolen, New-York, 4,750; A.Oppenheimer, New-York, 4,150; T.AV.Pearsall et Co, N-Y, 11,600: Rose Brooklyn, 4,670; sir John Rose, 100; baron Rothschild, 6,000; D.A.Smith, 21,750; George Stephen, 25,422 ; C.Tennant, M.P., Glasgow, 5,000 ; F.M.Utter, New-York, 21 600; AV.C.Van Ilorne, 4,906; sir Geo.AYarrinder, 6,000 ; lord AVolseley du Caire, 800.Il y a en totalité 1,525 actionnaires en Angleterre, France, Hollande, Allemagne, Etats-Unis et le Canada.On annonce qu\u2019un grand nombre de maisons de la province de Québec se font représenter à l\u2019exposition d'Anvers.Sir Charles Tupper s\u2019est assuré pour l\u2019exposition canadienne un espace excellent de 10,000 pieds carrés, entre les expositions anglaise et allemande et faisant lace a l'exposition française.Le Messager, journal canadien-français, de Lewiston, Alaine, Etats-Unis, vient d\u2019entrer dans sa sixième année d'existence.Nous adressons tous nos compliments à ce vaillant journal qui soutient avec succès les intérêts de nos concitoyens en Amérique.Nous signalons à nos lecteurs une importante Revue mensuelle, XUnion médicale du Canada, publiée sous la direction des docteurs A.Lamarche et IL E.Desrosiers.Cette intéressante publication contient, outre des travaux originaux, des reproductions des principaux journaux spéciaux d\u2019Europe, et tient ainsi ses lecteurs au courant de tous les progrès de la science moderne.Le Times of Egypt, journal anglais-français publié au Caire, nous apporte des nouvelles d\u2019un de nos compatriotes, M.de les Derniers, qui compte bon nombre d\u2019amis à Paris.« Nous remarquons, dit ce journal, parmi les voyageurs descendus au New-Hôtel, le nom île AL de les Derniers, inspecteur général du «New York Life Insurance » (Assurancesur la vie), accompagné de sa fille.Le but du voyage de M.de les Derniers au Caire est de faire connaître ici les avantages accordés par la société qu\u2019il représente, et s il rencontre le même succès qu\u2019il a remporté à Alexandrie, il proposera qu\u2019une agence de la société soit établie de suite au Caire.» Celte grande société a fait des progrès extraordinaires dans tout le monde et plus spécialement en Angleterre et sur le coutinent européen.En Turquie, où une agence vient d\u2019être établie récemment, nous voyons qu\u2019un grand nombre d\u2019affaires ont été conclues dans toutes les grandes villes.» Le curé Labelle et l\u2019abbé Proulx sont revenus à Dégustation : PARIS-CANADA 3 LES CONFERENCES HE I.EX NANTES Nous lisons dans le Phare de la Loire : La conférence sur le Canada, faite, hier soir, par M.Fabre, commissaire-général du gouvernement canadien, a été un véritable triomphe pour le conférencier et un nouveau succès pour la Société de géographie.Pendant près de deux heures, M.Fabre nous a tenus, sous le charme d\u2019une parole éloquente et facile, enveloppant les enseignements les plus sérieux sous une forme gracieuse et charmante, éblouissant ses auditeurs par un véritable feu.d\u2019artifice de traits d\u2019esprit.M.Fabre avait pris à tâche de nous montrer par son exemple comment les Canadiens parlent la langue de l\u2019ancienne mère-patrie et de nous prouver qu\u2019ils ont conservé intacte notre vieille verve gauloise.Les applaudissements que lui a prodigués un public généralement assez froid lui ont prouvé à quel point il avait réussi, et quel courant de sympathie s\u2019était établi entre le conférencier et son auditoire.Nous n\u2019essaierons pas de résumer cette conférence, ce serait la défigurer.Nous avons eu la bonne fortune d\u2019obtenir de M.Fabre communication de ses notes et nous en commencerons demain la publication.SAINT-OMER.On lit dans le Mémorial Artésien : Nous avons dit que la conférence de M.Fabre, sur le Canada a eu un plein succès.Voici quelques détails sur cette belle causerie géographique qui a si vivement intéressé les auditeurs.L\u2019assistance était plus nombreuse qu'on n\u2019eût osé l\u2019espérer, le samedi étant le jour de notre marché hebdomadaire.\u2014 On a surtout remarqué la présence d\u2019un certain nombre d\u2019officiers du 8° de ligne.\u2014 C\u2019était une bonne fortune pour notre Société de géographie qui sera toujours heureuse de voir ses conférences suivies par ces messieurs.\u2014 Pourquoi ne viendraient-ils pas, eux aussi, nous parler quelquefois des pays lointains où flotte notre drapeau ?\u2014 Nous gagnerions tant à bien connaître cette Algérie, cette Tunisie, ce Sénégal, cette Cochin-chine, ce Tonkin, qui, grâce à eux, sont toujours à nous.\u2014 Cela nous donnerait peut-être un plus grand désir d\u2019aller franciser ces colonies pour toujours comme nos pères ont francisé le Canada.Oui, le Canada est toujours français de cœur, ainsi que l\u2019a si bien dit M.Fabre, dans un langage charmant de simplicité élégante, de bonne humeur gauloise, de finesse exquise ; non que le Canadien voulût quitter son pays pour revenir s\u2019établir en France; mais le Canada est pour lui une parcelle de la France.\u2014 Il y a son foyer et comme ses racines.\u2014 S\u2019il pouvait revenir à l\u2019ancienne métropole avec tout cela, a la bonne heure ! \u2014 Au moins son cœur bat toujours à l\u2019unisson du nôtre, et, à ce propos, M.Fabre dans un passage très ému, très touchant, de sa conférence, nous a dit avec quelle émotion, quel patriotisme même, dirons-nous, les Français du Canada ont suivi les péripéties de notre guerre de 1870-1871, faisant à haute voix des vœux pour notre succès, déplorant nos défaites comme si elles les avaient atteints eux-mêmes.\u2014 L'assemblée a éclaté surtout en applaudissements quand elle a entendu le conférencier lui montrer dans cet attachement inaltérable des Français du Canada à leur ancienne patrie, un gage assuré de l\u2019invincible persévérance des Alsaciens-Lorrains annexés à vouloir redevenir français, quoi que l\u2019on fasse et quoi qu\u2019il arrive.Qu\u2019avec plaisir nous résumerions ici tout ce que nous a dit si bien M.Fabre sur les sites pittoresques, sur les produits du sol, sur l\u2019esprit et les mœurs des habitants, sur le gouvernement et les institutions de cette ancienne France du Nouveau-Monde! Tout cela était retracé de main de maître : tout cela était pris sur le vif par un Canadien qui a beaucoup vu, beaucoup appris, et très judicieusement apprécié les hommes et les choses.Mais la conférence de M.Fabre sera publiée intégralement dans les bulletins géographiques et nous craindrions de défigurer par une analyse imparfaite une œuvre si remarquable.La conférence s\u2019est terminée, comme nous l\u2019avions annoncé,par des projections à la lumière oxhydrique des vues les plus pittoresques de la région des grands lacs et de la vallée du St-Laurent.\u2014¦ Ces projections ont été très réussies, grâce à l\u2019habileté avec laquelle s\u2019est acquitté de cette tâche M.Leblond, préparateur de physique au Lycée.M.Arnaud, président de la Société, a trouvé encore dans cette circonstance quelques-unes de ces bonnes et touchantes paroles de remerciement à l\u2019adresse du docte et spirituel conférencier visiblement touché desyives marques de sympathie de son auditoire.M.le Commissaire général du gouvernement du Canada à Paris nous a promis une nouvelle conférence sur notre ancienne colonie.\u2014 Nous prenons avec empressement acte de cette gracieuse promesse, et nous prédisons à M.Fabre une salle comble pour cette seconde, agréable et instructive soirée.ARRAS Ou lit dans le Carillon d'Arras: La Salle des concerts était encore une fois trop petite pour contenir la foule venue pour écouter M.Hector Fabre.M.Hector Fabre est à Paris l\u2019agent général du gouvernement canadien ; bien qu\u2019il soit Canadien lui-même, il a le véritable type français: c\u2019est un causeur aimable, très spirituel, qui parle notre langue très purement: il a gardé cependant dans la prononciation un reste d\u2019accent normand qui a résisté à tout, à la conquête et à un siècle d\u2019occupation anglaise.M.Fabre était journaliste à Québec : il nous a raconté avec une émotion profonde l\u2019agitation qui régna au Canada à la nouvelle de la guerre désastreuse de 1870-71 ; il nous a montré son bureau assailli toute la journée par une foule anxieuse, demandant à tout instant communication des dépêches apportant les nouvelles de France ; le consul français élisant domicile au bureau du journal pour être le premier à connaître ces dépêches, et le sourd grondement qui se fit entendre quand on apprit nos désastres.Car le Canada est bien resté français ; une province même, la province de Saint-Paul, s\u2019appelle la petite France.Nous ne suivrons pas l\u2019éminent conférencier dans tousles détails de son récit; il nous suffira de parler un peu des mœurs des populations canadiennes.Les habitants ont gardé les mœurs françaises et leur langue préférée est la nôtre ; ils ont bien pris quelques petites choses aux Anglais; ainsi, le thé et le café sont la boisson habituelle du peuple ; le cidre est inconnu, on ne boit que très peu de bière et de vin de liqueur; mais ils ont gardé le costume français et aussi la recherche que nous mettons volontiers dans notre tenue.Au Canada, on a, en moyenne, 10 à 12 enfants ; quelques familles même sont plus nombreuses.M.Fabre nous racontait avec infiniment d\u2019esprit l\u2019échec subi par un candidat à la députation, qui n\u2019avait pas d\u2019enfants et à qui on reprochait «sa négligence dans son service civil ».Les mariages s\u2019y font par inclination ; on ignore ce que c\u2019est qu\u2019une dot; les ménages n\u2019en sont que meilleurs, car bien que le divorce existe, il est bien rarement appliqué : leurs mœurs sont pures, et ils ont un véritable respect pour la famille.La place nous manque pour rendre un compte plus exact et plus détaillé de cette belle conférence.Qu\u2019il nous suffise de dire que, pendant une heure et demie, M.Fabre a intéressé son nombreux auditoire en nous parlant de la Nouvelle-France,de son passé, de son présent et aussi de ses espérances, de ses rêves d\u2019avenir.Nous lui adressons ici nos sincères félicitations, et nous tenons aussi à remercier l'honorable président de la Société de Géographie qui nous a fait passer une si charmante soirée.l)e son côté, Y Artésien dit : Nous sortons de la Salle des Concerts où un nombreux auditoire s\u2019était donné rendez-vous pour entendre parler du Canada, de notre vieille province, restée si française malgré l\u2019occupation britannique.M.Fabre, agent général du gouvernement canadien à Paris, dans un langage brillant et élevé, plein d\u2019esprit et d\u2019humour, nous a promené dans tout le Canada ; il nous a montré ses mœurs, ses institutions, nous a parlé de son commerce et de sa politique.La place nous manque malheureusement pour faire de cette conférence un compte rendu plus complet.\u2014 Nous laisserons de côté bien des points traitéspar l\u2019aimable conférencier pour 4 PARIS-CANADA n\u2019en retenir qu\u2019une chose: l'amour de la France.Le Canada, après avoir subi pendant un siècle le joug de l\u2019Angleterre, joug très doux, paraît-il.n'en est pas moins resté essentiellement français, il n'a pris de l'Angleterre que ce qu'il fallait pour assagir et calmer l'esprit français.\u2014 Presque tout le monde, dans cette Nouvelle-France, parle notre langue, le costume est le nôtre, leurs habitudes sont les nôtres aussi.Mieux que cela, le cœur est resté absolument français.Il faut pour en juger, avoir entendu M.Fabre nous faire le tableau de la population de Québec, aux jours sombres de la guerre franco-allemande.Son bureau il était alors journaliste était encombré toute la journée, la place où il habitait était remplie d'une foule innombrable.excitée, anxieuse.demandant à chaque instant communicationdesdépêches, les lisant, les relisant, les commentant, le consul français élisait domicile chez lui.le drapeau français flottait partout, et plus tard quand tout fut terminé, quand la fatale nouvelle de la défaite et de l'invasion arriva chez eux.un sourd grondement se lit entendre dans tout le Canada ; leur cœur avait ressenti le contre-coup de nos désastres.Dans un tableau saisissant et plein d'intérêt.il nous a tracé le passé et le présent du Canada, mais qu\u2019il nous soit permis à nous d'avoir un ferme espoir et de faire des rêves d'avenir : et nous sommes fondés à conserver ces espérances, quand un pays, après un siècle de conquête, a gardé, comme la Nouvelle-France, le souvenir du passé, l'amour de la vieille patrie, ce pays, dis-je, n\u2019est pas loin de rentrer dans le giron maternel, pour y apporter ses forces physiques et morales.Le Canada est resté essentiellement catholique ; ses mœurs sont pures, la religion est respectée, l\u2019autorité du père de famille partout et toujours reconnue ; il nous semble qu\u2019ii.serait, en ce moment, nécessaire de nous infuser un peu de ce sang-là.Saluons donc cette vieille terre française, et félicitons vivement M.Fabre d\u2019être venu nous parler quelques instants de nos frères d'outre-mer, et n\u2019ayons garde d\u2019oublier M.M.de Mallortie.l\u2019aimable président de la Société de Géographie qui nous a servi un si doux régal.INFORMATIONS Cent sept colons dont soixante Canadiens-Français, vingt-sept Anglais et vingt Californiens sont partis de la gare du Pacifique, à Montréal, pour le Manitoba la dernière semaine de mars.Parmi ces colons se trouvent les frères de l\u2019honorable M.Mousseau, qui sont allés visiter le Manitoba dans le cours de l\u2019hiver dernier.Ou estime à 90,000 les fonds que ces futurs fermiers du Manitoba possèdent.Le convoi, tout orné de drapeaux, a quitté la gare à huit heures, sous les yeux de plusieurs centaines de personnes.Les colons canadiens-français ont expédié d avance leurs bagages.Cinq wagons charges d'effets de ménage, d\u2019instruments aratoires et d'animaux, sont partis pour Manitoba il y a quelques jours.Le convoi de colons qui vieut de quitter Montréal pour Manitoba, a pris sur sa route de nou- veaux colons à Ottawa, Carleton Place et Broek-ville.lu traiu composé de plusieurs wagons chargés d\u2019effets de colons est parti de Brockville, à la suite du convoi de passagers.Parmi ces derniers il y avait plusieurs familles de North Grafton, Massachussetts.On écrit d\u2019Halifax, 18 mars : un grand nombre d'immigrants, qui se rendent pour la plupart au Nord-Ouest, arriveront ici samedi, à bord du vapeur Parisian.Parmi eux se trouvent cent enfants amenés par Miss Bout et qui seront conduits a Knowlton, P.Q.On croit qu\u2019un grand nombre d\u2019orphelins seront envoyés d\u2019Angleterre dans le courant de l'année.M.NV.D.Thompson, riche Anglais qui a passé plusieurs années dans la Nouvelle-Zélande, où il s\u2019occupait d\u2019élevage, vient d\u2019arriver a Halifax et s\u2019est mis en route pour les Montagues-Rocheuses, où il va établir un grand rancho.Il a amené avec lui plusieurs chevaux Clydesdale.On écrit de Toronto,20 mars, qu'un grand nombre d'excursionnistes qui se rendent au nord-ouest et à la côte du Pacifique, sont arrivés par le chemin de fer du Pacifique Canadien a la gare Union, sous la direction de MM.Paterson, de Montréal, et Crowell, de Brockville, agents des passagers pour la compagnie du Pacifique; ils sont partis peu après midi pour le but de leur voyage.Tous étaient en excellente santé et se sont déclarés enchantés du comfort que leur a procuré la compagnie.Deux cas de fécondité au Canada: Ou écrit de Montmagny.\u201c Mme Charles Letourneau a donné uaissauce le U du courant a deux garçons.\u201c M.Letourneau peut être certain que le bon Dieu l\u2019aime, car il lui donne une nombreuse famille ; il en est a son quatorzième enfant, sept garçons et sept filles : on peut citer la famille Letourneau comme modèle de famille nombreuse.M.Letourneau, le grand-père, qui était jumeau, est âgé de 85 ans et il compte aujourd\u2019hui 70 petils-enfanls et 15 arrière-petits-enfants.L\u2019épouse de M.P.Comtois, juge de paix de St-Barthélimi, a quarante-deux ans.Fraîche encore, pleine de jeunesse et de vigueur, elle n\u2019en vient pas moins d\u2019envoyer au baptême sou vingt-deuxième entant.L\u2019expédition de la baie d'Hudson va reprendre ses recherches et ses travaux au printemps, et le départ aura probablement lieu dans les premiers jours de mai.Il est décidé que le vapeur Lansdowne fera ce second voyage au lieu du Neptune, et on espère que l\u2019exploration aura un résultat définitif.Dans le rapport du Ministre des Travaux publics récemment déposé sur le bureau de la Chambre des communes, à Ottawa, nous relevons les chiffres suivants s\u2019appliquant a des sommes dépensées en 1881 dans l'intérêt de la navigation : Chenal des navires entre Québec et Montréal.$ 110 000 00 Amélioration du port de Québec.\t200 529 00 Bassin de radoub de Lévis .1.37 000 00 Bassin de radoub d\u2019Esquimalt.394 288 20 III.\u2014 LES CANADIENS FRANÇAIS DANS LA PROVINCE d\u2019ontario (haut-canada), DANS LE MANITOBA ET AUX ÉTATS-UNIS.Nous avons vu dans quelles conditions les Canadiens, enfermés et agglomérés dans leur territoire primitif, avaient été conduits à envahir les comtés formés et peuplés par les Anglais autour d\u2019eux.Mais à mesure que cette infiltration s\u2019opérait à travers les com- tés anglais, ils se rapprochaient chaque année des frontières de leur province et atteignaient, d\u2019un côté, les provinces exclusivement anglaises créées dans le Haut-Canada, et d\u2019un autre les états de la Nouvelle-Angleterre aux Ktats-Unis.Là se sont reproduits, mais sous deux formes différentes, les phénomènes que nous avons analysés dans les comtés anglais de la province de Québec.Dans la province anglaise d\u2019Ontario (Haut-Canada), les cultivateurs canadiens se trouvèrent promptement juxtaposés aux cultivateurs anglais des comtés limitrophes d'Ontario : Prescott \u2014 Russcil \u2014 Carleton \u2014 Glengarry \u2014 et Stormont.\u2014 Alors ils opérèrent absolument comme dans la province de Québec: ils entrèrent peu à peu dans ces comtés, soit comme ouvriers, soit comme acquéreurs de terre.Dans les deux comtés de Prescott et de Russell, on comptait en 1842, 2060 Canadiens français sur 7 3 Dq habitants; en 18(> 1, (>449; et en 1881 \u2014 24,22a sur 48,000.\u2014 Si les Canadiens formaient il y a 40 ans un seizième de la popu lation, ils sont maintenant plus de la moitié ; ils se sont accrus à raison de 12 pour un, et les Anglais n\u2019ont augmenté qu\u2019à raison de 3,5o pour un.Les trois comtés contigus de Dundas, Stormont et Glengarry comptaient en 1842 \u2014\u2022 1418 Canadiens français sur 32,008 habitants.En 1881, on y trouvait q,(>23 Canadiens sur 5(),i 12 habitants.Les premiers se sont donc accrus de ôoo pour 100, en quarante ans, tandis que les seconds ne se sont accrus que de 54 pour 100.Enfin la ville d'Ottawa, qui touche presque au comté de Russell et qui est devenue la capitale de toutes les colonies anglaises, cette ville qui ne comptait en 1842 que 8 ou 900 Canadiens.en possédait, en 1881, 9,834 sur 27,412 habitants, c\u2019est-à-dire 40 pour 100.Nous voyons donc que les poussées de l'expansion canadienne font sentir leurs effets au delà des frontières de la province voisine, dans des conditions à peu près identiques à celles que présente celle de Québec, et que, malgré la régie d\u2019une administration locale exclusivement anglaise, nos Français d\u2019Amérique se sont déjà assuré la majorité dans deux comtés, et la conquerront encore dans plusieurs autres.Il y a en outre ici un fait particulièrement remarquable, c'est l\u2019évolution qui se fait dans les trois comtés de Dundas, Stormont et Glengarry.Vous avez pu remarquer que la progression totale de ces comtés a été médiocre; vingt ans après leur colonisation, qui date de 1820, on comptait déjà dans ces trois comtés 32,000 habitants ; or en 1881 on n'y trouvait encore que 5ô,ooo habitants; cette faible progression s\u2019explique par l\u2019infériorité d\u2019un sol peu fertile.Cet état des lieux n\u2019a point empêché les Canadiens de pénétrer dans ce pays tout anglais, de s\u2019y établir et d\u2019y prospérer, car leur population s\u2019y est accrue de 600 pour 100, dans le même temps où la population anglaise prise à part ne s\u2019accroissait que de 5q pour 100.Il en résulte donc que le colon canadien peut vivre et prospérer là où le colon anglais végète.Mais encore faut-il remarquer que dans ces trois comtés les Canadiens ont eu affaire, non pas à des colons anglais ordinaires, mais à des colons écossais, c\u2019est-à-dire aux colons les plus énergiques, les plus tenaces et les plus intelligents que fournisse la Grande-Bretagne.S'il n\u2019en eût pas été ainsi, il est très probable qu\u2019il en aurait été de ces contrées comme dans la province de Québec des comtés de Megantic et de Shcfford, lesquels, créés de toute pièce par des colons anglais, sont entièrement transformés aujourd\u2019hui par les Canadiens, à ce point qu\u2019il y reste à Total $811 817 26 PARIS-CANADA peine autant d\u2019habitants anglais qu\u2019il ne s\u2019y est trouvé de colons anglais il y a cinquante ans.Il est même permis de supposer que ces comtés écossais seront maintenant assez rapidement conquis par les Canadiens ; en effet la rapidité de leurs progrès depuis vingt ans donne à croire qu\u2019ils ont enfin surmonté et réduit la ténacité écossaise.Dans un de ces comtés notamment, celui de Glengarry, se produit un phénomène singulier.En i860, la population du comté était de 21,187, dont 1,371 Canadiens et 19,816 Anglo-Ecossais.En 1870, la population est de 20,524 dont 2,607 Canadiens et 17,917 Anglo-Ecossais; les Canadiens ont doublé et les Ecossais ont perdu 2,000 âmes.En [880, la population est de 22.221, dont 4,188 Canadiens et i8,o33 Anglo-Ecossais; les Canadiens ont gagné i,58o âmes; les Ecossais n\u2019ont pas diminué, il est vrai, mais ils n\u2019ont gagné que 116 âmes.Il est donc évident que là, comme dans la province de Québec, les Canadiens moussent devant eux la population anglaise; les Ecossais ont résisté pendant 40 ans à cette pression, mais maintenant ils ne s\u2019accroissent plus, ils diminuent, c\u2019est le déménagement qui commence.Les Etats-Unis eux-mêmes ont eu à subir également la puissante invasion de cette race féconde, surtout dans les états de New-York, Vermont.Connecticut, Rhode-Is-land.M assachussetts et Maine.Les Canadiens ont jeté depuis 40 ans dans les Etats-Unis 450,000 émigrants en comprenant les enfants nés depuis l\u2019émigration.La forme de l\u2019invasion a été ici très différente de celles que nous avons étudiées précédemment ; c\u2019est sur la frontière méridionale du Canada qu\u2019ont été principalement établies les colonies anglaises, et c\u2019est là que sont établis les groupes Anglo-Canadiens les plus compacts et les plus solides; c'est donc par infiltration à travers les comtés anglais que nos compatriotes ont pu pénétrer dans la Nouvelle-Angleterre.Attirées dans ce pays parles fabricants yankees, les familles canadiennes y sont principalement établies dans les villes autour des manufactures.Emigration fâcheuse pour le Canada, et pour les émigrants eux-mêmes, qui ont rarement rencontré dans ce pays les' avantages que leur promettaient d\u2019astucieux embaucheurs.Néanmoins ils s\u2019y sont comportés bravement, et ont formé au milieu de chaque ville américaine de petites cités canadiennes.Pour maintenir leur nationalité et leur union dans chaque Etat, les divers groupes canadiens forment une sorte de fédération locale, qui a ses prêtres français, scs journaux français, scs médecins français, ses marchands français, etc., etc., et chaque année il y a une convention où tous les groupes envoient des délégués.Mais toutes ces fédérations locales forment une fédération générale, qui se réunit une fois tous les ans en convention générale dans quelque ville du Canada lui-même, ce qui occasionne une fête nationale, où s\u2019empressent de.se rendre, de toutes les parties du pays des délégués qui viennent accueillir et réconforter les délégués canadiens de la Nouvelle-Angleterre.C\u2019est ainsi qu\u2019ils se sont établis, c\u2019est ainsi qu\u2019ils ont résisté à l\u2019unitarisme américain ; il se trouve même certains points où ils progressent visiblement aux dépens de la population anglo-américaine ; et aux dernières élections ils ont pu envoyer quelques-uns des leurs aux législatures locales du Maine, de New-York et du Massachusetts.b Cependant leur situation est difficile, étant entourés de tous côtés par les populations yankees, tandis que pour la plupart ils sont fort éloignés de leur métropole; ils ont d\u2019ailleurs, chose singulière, autant à souffrir partout où ils s\u2019établissent de l\u2019antagonisme des Irlandais catholiques que de l\u2019hostilité des Yankees.Néanmoins, on peut dire que, partout où la lutte se présente avec des chances raisonnables de succès, aucun des groupes canadiens n\u2019a été sérieusement entamé, ce qui est absolument l\u2019inverse du spectacle que présentent les groupes anglais dans le Canada.A l\u2019ouest, le Canada est borné par les territoires nouvellement ouverts à la colonisation : Keewatin, Manitoba, etc., etc.Ces contrées sont séparées du Canada français par toute la province anglaise d\u2019Ontario, mais elles offraient à nos compatriotes un intérêt particulier, par suite de l\u2019cxis-L'cnce déjà séculaire d'un groupe français établi dans le Manitoba ; malgré l\u2019aHIuence énorme des émigrants anglais et anglo-américains, ce groupe s\u2019est maintenu, et, fortifié par de nombreuses familles canadiennes qui sont venues le joindre, il s\u2019est développé rapidement ; il se trouve aujourd\u2019hui dans toute la nouvelle province de 20,000 à 25.000\tFrançais ; sur ce nombre 1 5,000 sont fortement groupés, dans leur agglomération principale, autour de la petite ville de Saint-Boni face .C\u2019est là que réside Mgr Taché, prélat canadien, dont 1 énergie et l'intelligence égalent la sainteté; là se trouvent la cathédrale du pays, un séminaire, un collège, un journal français; le vénérable archevêque a réuni autour de lui toute une pléiade de jeunes Canadiens actifs et habiles venus du Canada pour se vouer à cette oeuvre patriotique: à leur tête se trouve M.Royal, homme d\u2019une rare capacité : c\u2019est l'état-major de la colonie canadienne.Appuyés sur un pareil centre, avec un clergé national, les Canadiens se trouvent au Manitoba dans une situation plus avantageuse qu\u2019aucun de leurs essaims émigrants.Si d\u2019ici dix ans ils parviennent à doubler leur nombre et à compter dans cette province 40,000 à 50.000\tâmes, dont 3o,ooo dans le bassin de la rivière Rouge, on pourra considérer leur consolidation comme certaine.Puis ils s'étendront, par voie d\u2019expansion, d\u2019une manière irrésistible, dans une notable partie du Manitoba, comme ils ont fait dans le bassin du Saint-Laurent.Lorsque les Canadiens s\u2019appuient, en effet, sur une organisation religieuse, préexistante et sympathique, dans les territoires qu\u2019ils vont peupler, leur succès est presque assuré.Le clergé leurdonne les vertus chrétiennes, l\u2019éducation et l\u2019action d\u2019ensemble ; ils tirent d\u2019eux-mêmes leurs qualités de patience, de stabilité et d'énergie.Telles sont les chances considérables et précieuses qui se présentent pour eux dans ces immenses territoires qui bordent le Canada à l\u2019ouest.Du côté du nord, leurs établissemens ont été longtemps limités par les Laurentides, qui bornent la vallée par leurs escarpements; c\u2019est une chaîne de montagnes longue, épaisse et ardue ; mais au delà s\u2019étendent de vastes plateaux parsemés de lacs, d'où s é-chappent de fortes rivières qui forment des crevées à travers la montagne en trois ou quatre endroits ; les Canadiens ont pénétré peu à peu par ces brèches dans les régions septentrionales, et depuis 40 ans ils y ont formé divers établissements,dont l\u2019ensemble peut compter trentcou quarante mille âmes.Là, ils sont complètement isolés de tout mélange étranger; eux seuls peuvent coloniser ces contrées froides et sévères, qui seront un jour la forte citadelle du peuple canadien.Ces colonies se recrutent par des émigrations qui sortent régulièrement des anciennes paroisses, sous la direction de leurs curés ; à leur tête, se trouvent le curé La-belle et le P.Laçasse; tous deux héros et conquérants à leur manière, qui ont entrepris ce peuplement du nord comme une croisade patriotique et religieuse.Ce sont là, en effet, les deux grands mobiles qui entraînent la société canadienne et lui donnent cette puissance d\u2019expansion.(A suivre.) LES INDUSTRIES CANADIENNES IV 12.Manufactures dé chaussures.\u2014D\u2019après les statistiques, 60 manufactures de chaussures ont été établies dans le Canada.Quarante d\u2019entre elles remontent avant 1879 et les vingt autres sont de formation plus récente.Cettte classe comprend les chaussures de toutes sortes : F;\til h.\tOuv.\tSal.\tTrod.\tCap.S \t\ts\t\ts\t Fal.riqsr r IS7- faliriq:;fs\t40\t6,606 l\t,791,600\t7,693,000\t3,009,50o on 1 SS î\t\t20\t1,719\t503,300\t2,061,000\t378,500 Anymore, de sur 1S7S\t20\t3,206\t936,200\t3,835,000\t844,000 L main-d\u2019œuvre employée dans cette industrie a augmenté de 62 0/0.Les salaires en 1N7.X d\u2019après la moyenne étaient de #265 42 et en 1884 de#275 66, soit une amélioration de # 1 o 24.L\u2019histoire des manufactures de chaussures est d'un très grand intérêt au Canada.Avant 1879 nous recevions toutes nos chaussures des Etats-Unis.Cette année-là les droits furent portés de 12 1/2 à 2.5 0/0.Cette mesure donna une grande impulsion à nos manufactures et ce mouvement ne s\u2019est point arrêté : chaque année apporte une amélioration, soit dans le travail, soit dans la qualité des marchandises.Les Etats-Unis avaient conservé le monopole des marchandises fines; mais depuis deux ou trois ans le Canada leur fait une concurrence sérieuse.Maintenant, les plus fortes importations ne sont qu\u2019une partie minime de la consommation journalière, et si le marché américain ne nous était pas fermé, nous irions faire aux Etats-Unis une concurrence redoutable.Avec l\u2019augmentation de production il y a baisse dans les prix.En [880, les prix des articles fabriqués au Canada, dans cette branche, sont tombés au-dessous des prix des marchandises importées, et le Canada est devenu le marché le plus bas du monde entier pour les fabriques des chaussures communes.L\u2019exportation a commencé et les chaussures canadiennes ont pénétré à Terre-Neuve, dans l\u2019Amérique du Sud, en Angleterre, et dans les Indes Orientales.Une particularité de ce commerce, c\u2019est que nos marchands de chaussures fournissent à leurs clients, non seulement les marchandises fabriquées par eux, mais même celles qu\u2019ils importent; de cette manière ils arriveront à monopoliser le commerce des chaussures en supprimant les spécialités.Il n\u2019y a aucun doute que dans les mains des hommes qui conduisent maintenant cette branche importante de nos industries, le commerce des chaussures soit appelé à jouer un grand rôle.Les maisons qui fabriquent des chaus- 6 PARIS-CANADA sures en feutre, depuis 1N7N.augmentent chaque jour.Nous avons visité cinq de ces établissements, qui occupent près de 40 ouvriers.et tous nous ont paru sur le chemin de la fortune .1 suivre.) COMMEUCE ET FINANCE NOTES Montréal, jeudi 2d mars 18SS.La semaine ne présente pour les affaires commerciales aucun changement.On croit néanmoins que les affaires se développeront et que la saison sera au moins égale à celle de l'année dernière à la même époque, parce que des besoins réels existent dans le pays, et que la consommation devra nécessairement s'approvisionner.Les prix de tous les articles sont sans variation et nous ne constatons nulle part la moindre excitation.Les affaires financières ont été tort affectées des événements en Europe.La baisse nouvelle des consolides.conséquence des inquiétudes causées par la tension si grande des relations entre la Russie et l\u2019Angleterre et beaucoup aussi par la longue lutte qu'entrevoit le gouvernement anglais dans le Soudan.la baisse des consolidés, malgré la diminution des taux de l'escompte a Londres, a causé ici un relèvement assez prononcé du cliauge, peu favorable aux opérations de banque que le gouvernement fédéral a dù entreprendre.La situation des banques canadiennes telle qu'elle est présentée dans leur dernier état du 28 février dernier ne peut d ailleurs causer d'inquiétudes.La seule conséquence probable sera peut-être un marché monétaire plus ferme et un relèvement dans le taux des avances et peut-être aussi de l\u2019escompte.A la bourse de Montréal, la hausse de la banque de Montréal est à peu près le seul incident a noter, car les autres valeurs ou ont été négligées ou ont été peu affectées par la fermeté de la banque régulatrice.Il semble d'ailleurs que cette hausse ait touché sa limite et que le marché va rentrer dans le calme et l'apathie que les événements en Europe ne peuvent que provoquer ici.L'argent est en ce moment peu demandé, mais la tendance est vers une diminution de son abondance et par conséquent vers des taux d\u2019intérêt plus élevés.Les cultivateurs préparent en ce moment leurs sucreries d\u2019érable ; ils y font l\u2019installation des ustensiles nécessaires.On est généralement d'avis que la récolte sera abondante cette année.M.Zé-phirin Blanchard, de Saint-Hyacinthe, a entaillé actuellement 400 érables.Déjà il a fait quelques livres de beau sucre.Cette industrie est une grande source de revenus dans plusieurs districts de la province.La Colombie britannique réalise les bénéfices de ses excellents ports et de ses magnifiques forêts.Deux compagnies de scieries qui ont à elles deux u ne production de 35,000,000 de pieds de bois, travaillent exclusivement pour l\u2019exportation.Elies expédient eu Chine, en Australie, aux Iles Sandwich et même en Angleterre.On a coupé à Windsor, Mills, durant l\u2019hiver, plus de vingt mille pièces de bois de charpente.Tout ce bois sera Hotte au printemps sur la riviere Yamaska jusqu\u2019aux scieries de Pierieville.L'industrie'qui utilise les os des animaux est plus importants qu\u2019on ne ie suppose.Les quatre pieds d'un bœuf font une pinte d\u2019huile recherchée.Pas un os d\u2019un animal n\u2019est sans emploi.Un grand nombre de tibias de bétail sont expédiés en Europe pour la fabrication des manches de couteaux et ils sa vendent 310 la tonne.Les fémurs ou os de la cuisse sont les meilleurs pour la fabrication des manches de brosses a deuts, ils se vendent #80 ia tonne.Les os des jambes de devant valent #30 la tonne et sont tournés en boutons, manches de pa- rasol.L\u2019eau dans laquelle les os sont bouillis est réduite en glue, la poussière (pii résulte du sciage des os sert à nourrir les bestiaux et la volaille et tous les os qui 11e peuvent être employés pour les usages mentionnés plus haut pour du noir animal servent a raffiner le sucre ou à engraisser les terres.Quant a la perte, c'est l\u2019histoire du porc, rien 11'est perdu, si ce n\u2019est le cri de l'animal.BULLETIN FINANCIER ¦IOLRSF.MU P.4KIS DU I I AVRIL Les arrivages de bétail et de viandes fraîches à Liverpool, pendant la semaine dernière, soit des Etats-Unis, soit du Canada, se sont montes à 893 tètes de bétail, 7,641 quartiers de bœuf et 1.373 carcasses de moutons.La semaine précédente les chiffres étaient : 1,324 tètes, 11,000 quartiers de bœuf et 1.855 carcasses de moutons.L'importance de l\u2019industrie laitière est démontrée par les statistiques suivantes que nous empruntons au discours prononcé à Québec par l'honorable M.de La-Bruère : Les statistiques officielles nous font voir qu\u2019en 1868 nous exportions 6,111,482 livres de fromage, et qu\u2019en 1876 nos exportations de fromage s\u2019élevait a 35,024,090 livres, soit, eu huit ans.une différence eu plus de 28,912,608 livres.Pour i\u2019aunée finissant eu juin 1884, le Canada a exporté 8.075,537 livres de beurre, et 69,755,422 livres de fromage, le tout équivalent à $8,864,470.DENRÉES Montréal, 23 mars 1883.Sur place il ne se fait |presque rien, les farines sont sans changement, quoique dans certains cas, mais pour de faibles lots seulement, les vendeurs élèvent leur prétentions.Nous cotons : Blé roux d\u2019hiver du Canada.jd 90\t0 91 Blé blanc d° d° .o 00\t0 89 Blé de printemps d° .o 00\t0 89 Pois.o 72\t0 73 Avoines .o 00\t0 32 Seigle.o 60\t0 62 Orge.0 50\t0 60 Maïs.0 53\t0 56 Farine : Patents.#4 10a# 4 75 Supérieure extra.4 00\t4 05 Extra superfine.3 90\t0 00 Fancy.0 00\t3 70 Extra du printemps.3 65\t3 70 Superfine.3 35\t3 45 Can.forte pour boulangers.4 00\t4 90 Am.forte pour boulangers.4 50\t5 00 Fine.3 20\t3 25 Middlings.2 90\t3 00 Recoupes.2 65\t2 75 En sacs, d\u2019Ontario.0 00\t0 00 Moyenne.I 90\t2 00 Extra du printemps.I 80\t1 85 Superfine.1 60\t1 70 En sac (livrée.2 30\t2 40 Provisions : Lard Mess amér.par barl.# 0 00 15 75 Lard Mess do (short eut).0 00 16 00 Lard Mess Canadien (short eut).16 25 16 50 Bœuf Mèss.0 00\t0 00 Bœuf sale en tierce.0 00\t0 00 Jambons fumés par Ibs.0 00\t0 13 Saindoux de l'Ouest, sceau.0 I0r\t00 00 Saindoux Canadien do .0 09-,\t00 10 Lard fumé par lb.0 12\t00 13 Epaules.0 10\t00 11 Suif ordinaire clarifié, p.lb.0 07\t00 08 Porcs abattus.6 10\t6 20 Dindes la lb.10\t12 Canards.8\tlu Oies.6\t7 Poulets.6\t7 Beurre : Crémerie, choix.0\t21\t0 23 Cantons de l'Est do.0\t20\t0 00 d° moyeu.0\t17\t0 19 Morrisburg.0\t16\tO 20^ Brock ville.0\t15\t0 19 De l\u2019ouest.0\t13\t0 17 Fromage : Fabrication, sept, et oct., llf à 1î|c.D°, antérieures, 9 a 11 c.D® communes, 7 à 8 c.Fonds d\u2019Etat 3 O/O français.77 25 3\t0 0 amortissable.79 25 4\t1,2 O/O ancien.103 75 4 1/2 0 0 1883.108 15 Emp.Canada, 4 0 0 garantis, r.1903-1904- 1908-1910-1913 (négoc.ch.fixe 25.20)\t.Id.4 0/0 non garantis, r.1904-1905\u20141906\u2014 1908 (négoc.ch.fixe 25.20).Emp.du gouv.de Québec 1880, 4 1/2 0/0, remb.à 500 fr., t.p.515 .Valeurs de Crédit (Actions) Banque de France.5100\t.Banque d'Escompte.520\t.Banque de Paris.;.712 50 Comptoir d'Escompte.975\t.Crédit Foncier de France.1310\t.Crédit Foncier Franco-Canadien, act.500 f., 125 fr.payés (nominatives).470\t.Chemins de Fer (Actions) Est.795\t.Lyon.1260 Midi.1157\t50 Nord.1600\t.Orléans.1320\t.Ouest.845\t.Valeurs diverses (Actions) Gaz Parisien.1450\t.Omnibus.1137\t50 Canal de Panama.480\t.Canal de Suez.2005\t.BOURSE RE LONDRES DU 9 AVRIL Emprunts Canadiens Canada 1860 5 0/0\t\t\t100 .\t102 .\u2014\t1868 5 0/0 \t\t109 .\tIll .\u2014\t1868-78 4 0/0 \t\t110 .\t112 .\u2014\t1874-79 4 0/0\t\t104 .\t106 .\u2014\t1884 4 1/2 0/0 \t\t90 V,\t90 \u2019/g Province de Quebec 1874 5 0/0.\t105 .\t107 .\u2014\t1870 5 0/0 \t\t105 .\t107 .\u2014\t1879 5 0/0 \t\t\t \u2014\t4880 4 1/2 0/0.\t100 .\t102 .\u2014\t1883 5 0/0\t\t106 .\t108 .Prov.du Nouveau-Brunswick 6 0/0\t103 .\t107 .Prov.de la Nouvelle-Ecosse 6 0/0 .\t100 .\t103 .Prov.de la Colombie brit.6 0/0.\t109 .\till .\u2014\t18776 0/0\t120 .\t123 .Ville de Québec 1872 6 0/0\t\t108 .\t110 .\u2014\t1873 6 0/0 \t\t108 .\t110 .\u2014\t1875 6 0,0 \t\t117 .\t119 .\u2014\t1878 6 0/0\t\t117 .\t119 .\u2014 1880 6 0 0\t\t\t Ville de Montréal 1873 5 0 0\t\t106 .\t108 .\u2014\t1874 5 0/0\t\t106 .\t108 .\u2014\t1879 5 0/0\t\t106 .\t108 .: Ville d\u2019Ottawa, juin 1873 6 0/0\t\t111 .\t113 .\u2014\toctobre 1873 6 0/0.\t110 .\t112 .\u2014\tmai 1875 6 0/0\t\t116 .\t118 .\u2014\toctobre 1875 6 0/0.\t113 .\t115 .Ville de Toronto 6 0/0\t\t108 .\t116 .\u2014\t1874-76 6 0/0\t\t112 .\t118 .\u2014\t1876-77 6 0/0,.\t114 .\t116 .1879 5 0/0 \t\t108 .\t110 .-\t1882-83 4 0/0.\t97 .\t99 .Ville de Winnipeg 1875 6 0/0\t\t109 .\tIll .\u2014\t1883 6 0/.0\t\t110 .\t112 .\u2014\t1884 5 0/0\t\t105 .\t107 Banques Canadiennes Banque de Montréal, act.de # 200, tout payé.Banque de l\u2019Amérique britannique du Nord,act.de £ 50,t.p.Banque de la Colombie britannique, act.de £20, t.p.389 T 391 .54 .\t56 .21 V, 22«A PARIS-CANADA 7 Chemins de Fer Atlantique et Saint-Laurent, act.de £ 100 .Canada Central, bons 5 0/0, 1rc hypothèque.Pacifique Canadien, act.de g loo.\u2014\tobi.fouc.5 0/0 Grand Tronc, Baie Géorgienne et Lac-Erié, bons 5 0/0, \\''° hyp__ Grand Tronc Jonction, \u2014*\t____ Montréal et Champlain Jonction, b.5 0/0, 1ie hyp.Montréal et Sorel, act, de $ 100.t.p.\u2014\tbons 6 0 0, lrt' h.Québec Central, bons 5 0/0, lre h.\u2014\tact.de £ 25.t.p.St-Laurent et Ottawa, b.6 0/0, I '\u2022 b.126 .\t129 .104 .\t106 .38 '/*\t38 V* 90 .\t92 .93 .\t95 .89 .\t91 .29 .\t33 .65 .\t70 .BULLETIN COMMERCIAL POIDS ET MESURES L\u2019usage du système décimal français est facultatif et légal au Canada.La livre est égale à.0 kilog.453,59 La tonne à.907 kilog.Le gallon contient.4 litres, 54 Le miuot contient.36 litres, 31 La verge est de.o mètre, 91 Le pied est de.o mètre, 30 Le mille est de.1,609 mètres L\u2019acre a une superficie de.40 ares, 47 La piastre ($', divisée en 100 centins, vaut (sauf les variations du change) 5 fr.25.Le Gérant : Tiret-Bognet.VERSAILLES.IMPRIMERIE CERF ET FILS, 59, RUE DUPLESSIS.SERVICE FRANCO-CANADIEN Subventionné par le Gouvernement du Canada pour le transport des Malles.LIGNE RÉGULIÈRE DE BATEAUX A VAPEUR ENTRE Le Havre et Halifax-(Mec-Baltimore Desservant tous les points du Canada et des Etats-Unis AVEC ESCALE A SAINT-PIERRE-MIQUELON par les magnifiques steamers de lr
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