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Titre :
Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français
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Éditeur :
  • [Paris] :[Paris-Canada],1884-[1940?]
Contenu spécifique :
mercredi 15 mars 1899
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français, 1899-03, Collections de BAnQ.

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[" 17® ANNÉE Paris, 15 Mars 1899 N® 6 de .«\u2022 i'jTÉ*ÊTS ORG*n ^ANADiENS & FRANÇA\u2019lS Paraissant Id's le 15 de chaque mois F R A N C E Abonnements: Un an.10 fr.l.es Annonce» et Réclame» sont reçues au Bureau du Journal.Annonces, la ligne.1 franc.Réclames,\t\u2014 .2 \u2014 Faits-Di .\u2019eks, \u2014 .:i \u2014 Directeur: PAUL FABRE BI REAUX: lO, Rue de Rome, I», PARIS CANADA A tu NEMENT2 : Un an.S 2 Adresse Télégraphique : ST AD ACO N A-PARIS SOMMAIRE Québec et Washington.Hector Faure.Echos.Paul Fabre.Revue.Daubois.Les Canadiens h Paris.Jacqi es Melville Dans 1 Alaska (Suite).Ames Si mile.Les Théâtres.Jean Carignan.QUÉBEC & WASHINGTON La Conférence de Washington s\u2019est ajournée au mois d\u2019août, sans avoir fait connaître le résultat de ses délibérations.Il semble que ce résultat soit encore incertain, et que cet échange de vues entre les représentants des deux pays, n'ait point fait disparaître les divergences d'intérêt qui existaient avant ce long entretien international.Il est à peine nécessaire de rappeler que la Conférence s\u2019était réunie sous les plus heureux auspices.La guerre deCuba avait rapproché d une façon complète l'AngVterr-, > Us Etats-UPi< T e Canada aurait fait une faute grave en ne cherchant point à profiter de cette heureuse rencontre pour améliorer l\u2019état de ses relations avec ses puissants voisins.Il y a eu là une heure propice, comme une heure de soleil entre les deux pays.Le Président Mc Kinley en était tout heureux, tout réjoui, et on peut être sûr que ses vœux et son concours n\u2019ont pas fait défaut un seul instant à l\u2019œuvre de rapprochement ; ses regards se portaient avec prédilection vers Quebec, tandis que tant d\u2019autres scènes plus troublées sollicitaient son attention inquiète.Tant que la Conférence a siégé à Québec, les choses ont paru marcher à souhait.On était encore dans la période e s effusions de reconnaissance provoquées par l\u2019intervention morale de l\u2019Angleterre en faveur des Etats-Unis, dans la période sentimentale.La Conférence se trouvait en dehors des influences américaines, hors l\u2019atmosphère surchargée de yankeisme de Washington.On ne suivait pas de très-près de l\u2019autre côté de la frontière ce qui se passait à Québec.Cuba, du reste, absorbait l\u2019attention publique.Aussitôt que la Conférence s\u2019est rou verte à Washington, les choses ont commencé à changer d\u2019aspect, l\u2019horizon à se rembrunir.Les intérêts, si âpres aux Etats-Unis, plus âpres et pesant plus directement sur les esprits que partout ailleurs ; ces intérêts si différents, souvent si opposés, de l\u2019Est, de l'Ouest, du Nord, du Sud, sont entrés en lice, et, en se tiraillant, ont commencé à jeter des éléments de trouble dansles délibérations restées sereines â Québec.L\u2019œuvre de la Conférence, qui était sans doute pres-qu'achevée, est tombée dans le remous des agitations américaines.Dès lors, le but qu\u2019on croyait atteindre, le but entrevu d\u2019un commun accord par le Président Mc Kinley et par M.Laurier, a commencé à s\u2019éloigner, à échapper à leur contrôle.Tout semble avoir été remis en question.On s'est repris à délibérer à neuf et comme si rien n\u2019avait été fait â Québec.On sait le reste.Le doute plane au-jourd hui sur le résultat final.Cependant, un nouveau Congrès entre en scène ce mois-ci.Le Président Mc Kinley en espère meilleures dispositions, un plus efficace concours.La Conférence s\u2019est ajournée au mois d\u2019août et se réunira alors, dit-on, â Québec.Espérons que ceci est de bon augure, et que l\u2019influence ambiante, qui avait agi sur le début des négociations, reprendra toute sa force et son efficacité dans ce cadre retrouvé des premières impressions, dans ce milieu plus calme et plus apaisé, plus vibrant et généreux aussi.Quoiqu\u2019il en soit, cette interruption donne aux deux pays le temps de réfléchir et d\u2019examiner les conséquences de toute sorte de la rupture d'un dessein caressé au début par l\u2019Angleterre, les Etats-Unis et le Canada.Aucun des trois pays ne saurait se faire d\u2019illusion sur ce point, soit, que si cette tentative d\u2019entente faite dans les conditions les plus favorables qu\u2019on puisse imaginer, échoue, il faudra renoncer à l\u2019espoir de la voir se renouveler, même en partie et sur quelques points déterminés.Le Canada reprendra toute sa liberté d\u2019action et s\u2019orientera définitivement vers l\u2019Europe.Il trouvera certainement de ce côté-ci de l'Océan des ouvertures plus grandes, par ce seul fait qu\u2019il ne se heurtera pas â son concurrent naturel et immédiat, c.ui apporte dans le nodus virer // l\u2019esprit étroit du commerçant dont la boutique, la grande boutique, est à côté, et qui croit tout céder, enseigne, fonds de commerce, crédit, clientèle, en cé dant quelque chose.Sans doute, surplus d'un point nous y perdrions, mais sur tant d\u2019autres nous y gagnerions.Nous trouverons, de ce côté, sinon toutes portes ouvertes, du moins entrouvertes ; et, avec ces portes, entr ouvertes^ le prestige que nous contestent dans l\u2019excès de leur colossal amour-propre nos grands voisins; la sympathie que doit inspirer aux vieilles sociétés le peuple qui leur ressemble le plus, le peuple le plus européen qui soit au-delà des mers ; le désir d\u2019encourager, 2 PARIS-CANADA c- ¦ '\t- de soutenir, à côté du gênant américain, ce pays jeune, vivace, hardi, en ses desseins, qui a déjà ouvert au monde, entre les deux Océans, une voie indépendante qui rapproche 1 Orient de l\u2019Europe et assure à celle-ci la route à la fois la plus sûre et la plus rapide vers le Japon et la Chine.En un mot, 1 alliance commerciale et industrielle de l Europe vaudrait bien, à tout prendre, celle des Etats-Unis.D ici à la reprise des négociations, au mois d\u2019août, une politique d\u2019attente s\u2019impose à nous.Même après, même si le résultat est défavorable, la rupture entière, le Canada ne devra pas se laisser entraîner à l\u2019égard de ses voisins à une politique de représailles.La guerre des tarifs, ou toute autre, serait peu avisée, peu sage.Elle nous mènerait aux aventures, tout au moins à des risques et périls inutiles.Nous devrons rester sur notre terrain et suivre notre route comme si rien n\u2019était.Nous n\u2019entreprendrons pas de lutter avec nos voisins ; nous nous ferons en dehors d\u2019eux une situation bien à nous, inclinée vers l\u2019Europe sans doute, mais appuyée, avant tout, sur notre propre initiative, sur notre propre énergie, sur la légitime fierté que nous donnent notre passé, notre double origine, la confiance que nous inspire l\u2019avenir de territoires si vastes et d\u2019une population qui, à aucune époque, n\u2019a douté d elle-même, de l\u2019étoile qui a brillé sur son berceau et éclairé jusqu\u2019ici à travers tous les nuages sa destinée.Hector FABRE.ÉCHOS Aux élections provinciales qui viennent d\u2019avoir lieu au Nouveau-Brunswick, neuf députés acadiens ont été nommés.Ce sont : l\u2019honorable M.Lubillois, à Ristigouche ; MM.Veniot et Poirier, à Gloucester; MM.Johnston, Barnes et Lègaré, à Kent; MM.Laforest et Gagnon, à Madawaska ; M.Melançon, à Westmore-laud.Notre confrère, M.Jules Ilelbronner, redacteur-en-chef de la Presse, de Montréal, vient d\u2019être cruellement éprouvé.Madame Helbronner a été enlevée à l\u2019affection des siens.C\u2019était une personne d\u2019un caractère accompli, d\u2019une nature délicate et généreuse, entourée de l\u2019estime de tous; son dévouement a aidé, pour une arge part, notre confrère à se créer la jhaute situation qu\u2019il s\u2019est faite au Canada.Les funérailles ont eu lieu en l\u2019église Saint-Joseph, à Montréal.L\u2019assistance était nombreuse et se composait en nombre égal de Français et de Canadiens-lran-çais.Le deuil était conduit par M.Jules Helbronner et par son fils M.Michel Helbronner.Dans le cortège, la colonie française de Montréal était représentée par MM.le consul général de France, M.Kleczkowski, A.Pi-noteau, président de l\u2019Union Nationale Française, et les autres officiers de l\u2019Union.MM.Pierre Beullac, Jean Dantony, Gabriel Brissot, et A.Duboulè, MM.Duchastel de Montrouge, vice-consul de France, Duchastel de Montrouge, fils ; le comte de Sieyès, le vicomte de la Barthe, M.A.Girard, Calixte Galibert, Emile Galibert, C.Galibert, fils, E.de Werthemer, L.M.et G.Kirtz.N.Beullac, Marcel Beullac, Leblond de Bru math, A.Bonn in, A.Boues, nel, J.Monier, J.Herdt, Henri et Louis Herdi, A.Martin, J.G.Bailly, A.Barbier, Louis Perron, Pau1 Darcher, Henri Dreyfus, E.Balète, M.Bremner, A.Montet, Jos.Ilèber, Chs Fauchille, E.Poindron, Lambert de Rhodes, M.Swob, A.Chanterel, M.Janasse, M.Desfossés, M.Bléner, G.Janin, Léon Fréchon, E, Dionais.Parmi les Canadiens, on remarquait : L\u2019honorable T.Berthraume, MM.Arthur Dansereau, Beaugrand, ancien maire de Montréal, Herménègilde Godin, Dr Cormier, coroner McMahon.A.Généreux, S.Boivin, C.\tB.Lanctôt, Jos.Beaulieu, C.O.Lapierre, D.\tSehallow, Albert et Eugène Bastien« Arthur Berthiaume, Edmond Brossard, A.Morin, J.O.Labrecque, S.Beaudin, M.William, Lionel Dansereau, Loisel, E, Duckett, E.Lafleur, Emile Bélanger, Charlemagne Rodier, J.A.Rodier, E.C.Mann, J.P.Arsenault, R.Lacroix, N.D.Pèlo-quin, A.E.Morrison, Geo.Warren, A.Bienvenu, John Brennan, C.B.Lanctôt, Ferdinand Poirier, II.Ainey, représentant le Refuge de Nuit, les rédacteurs de La Presse et les représentants des journaux français de Montréal.Nos condoléances bien sincères à M.Helbronner et à sa famille, * ?* Le vendredi, 2 mars, notre éminent ami, M.de Molinari, a célébré le quatre- vingtième anniversaire de ^sa naissance.Un grand nombre d\u2019amis et de disciples sont venus lui présenter leurs vœux et leurs respectueux hommages.C\u2019était merveille de voir et d\u2019entendre ce vieillard plein de verdeur, dont l\u2019esprit n\u2019a jamais été plus pétillant, et qui avait pour tous un mot aimable et une attention délicate.On sait que M.de Molinari a fait deux séjours au Canada, et qu\u2019il a publié sur notre pays une série d\u2019excellents ouvrages qu\u2019on consulte toujours avec grand intérêt.Les nombreux amis que M.de Molinari compte au Canada joignent leurs felicitations et leurs vœux à ceux de ses amis parisiens.La dernière livraison du Dictionnaire du Commerce, de l'Industrie et de la Banque, publié par Guillaumin, contient une étude fort bien faite, signée de M.Abel Ravier, sur le Canada.En voici le sommaire : Géographie physique et politique.\u2014 Gouvernement et Administration.\u2014 Géu graphie Economique.\t\u2014 Concurrence Extérieure, ?* Les études si attachantes, signées Th.Bentzon, qui ont été publiées sur le Canada dans la Retue des Deux-Mondes, viennent de paraît en volume chez Calmann-Lévy.Elles portent en librairie le titre : Notes de Voyage.Nouvelle- F rance A Nouvelle-Angleterre.Nous avons eu le plus grand plaisir à les relire sous cette forme nouvelle.11 serait superflu, en parlant d\u2019un auteur si estimé, de louer la forme de ses écrits d\u2019une distinction parfaite.Ce que nous voulons signaler surtout au lecteur, c\u2019est le caractère particulier dece brillant ouvrage.Aucun observateur européen n\u2019avait encore pénétré ainsi dans l\u2019intimité religieuse et sociale des Canadiens.C\u2019est une analyse nouvelle faite avec une justesse d\u2019observation, une délicatesse de touche, un agrément supérieur.Paul FAURE.REVUE M.Osler, l\u2019avocat le plus éminent de la province d\u2019Ontario, vient, au cours d\u2019un discours adressé aux jeunes membres du barreau de cette pronvince, de S\u2019exprimer de la façon la plus cordiale et la plus élevée au sujet des relations entre les deux populations qui se partagent le pays.Nous applaudissons à ces nobles paroles : Maintenant, dit M.Osler, jo m\u2019adresse sur tout aux jeunes gens qui, pour la plupart, sont nés depuis que je suis au barreau.Puis-je vous donner un conseilqui soildequelque uiiiitédans l\u2019avenir qui s\u2019ouvre devant vous ?Nous avons, vous avez, la responsabilité de l\u2019avenir de ce pays, vous les jeunes gens, les jeunes gens intelligents du Dominion.Dans très peu d\u2019années vous serez les chefs du barreau.Vous serez magistrats, d\u2019autres seront législateurs contrôlant les destinées du pays.Vous devez donc bien comprendre ce pays dont vous allez prendre direction.Vous devez comprendre ce pays qui. PARIS-CANADA 3 dès ses premiers jours, se trouvait dans une condition où il semblait impossible d'en faire un tout harmonieux: différence de religion, différence de langage, différence de lois.Dans l'Est, des adeptes religieux profondément convaincus, dans l\u2019Ouest, des gens aussi fortement attachés à leur foi.La question politique était de savoir comment harmoniser tout cela, comment gouverner ce monde divers.On ne pouvait maintenir l\u2019harmonie, on ne pouvait gouverner au moyen d\u2019une politique étroite (App.) Vous, messieurs de l\u2019Ouest, r* présentant Ontario, vous devez reconnaître qu\u2019Ontario, est lié à l\u2019Est est lié au Canada français, est lié à la Nouvelle-France.Vous avez des opinions différentes et cependant, vous devez obéir au même sentiment lorsqu\u2019il s\u2019agit de l'intérêt du pays.Vous devez vous rappeler d\u2019abord que lorsque nous avons à traiter avec Quôoec, avec la Nouvelle-France, nous ne traitons pas avec un peuple conquis.Nous sommes en présence d\u2019un peuple qui est venu de bon cœur et volontairement au gouverne-ment britannique.Nous devons nous rappeler que bien que les armées de la vieille France furent défaites et que le Canada fut cédé au gouvernement britannique, la Nouvelle-France elle, n\u2019a jamais été vaincue.Cette Nouvelle-France, qui a eu l\u2019occasion d\u2019échapper au régime britannique durant la guerre de l\u2019indépendance américaine s\u2019est volontairement rangée sous le drapeau britannique (App.).V bus devez vous rappeler que sans l\u2019action des Français du Canada durant cette crise, il n\u2019y aurait plus eu de Canada.(App.) Nous devons nous rappeler aussi que durant la guerre de 1812, ils ont noblement défendu notre drapeau.Ils sont Canadiens en vertu de ces deux manifestations de leur option, et non par le fait de la conquête.Nous constituons la partie nouvelle du peuple.Nous sommes les plus nombreux, mais personne n\u2019a droit à une position dans ce pays en se prévalant de ces differences de race et de religion entre nous.Le plus grand ennemi politique que pourrait avoir ce pays, seraitcelui qui chercherait son avantage personnel ou l\u2019avantage de son parti dans les differences d\u2019origine et de religion que l\u2019on trouve chez le peuple canadien où tous les éléments devraient s'unir pour assurer la grandeur du Canada.Vous devez vous rappeler, messieurs, pour 1 avenir (car pour des hommes comme ceux que je vois devant moi, l\u2019avenir du pays est la question immédiate), vous devez vous rappeler que ces difficultés dont j\u2019ai parlé ont été heureusement surmontées en grande partie, grâce à la sagesse de feu sir John Mac Donald.Qu\u2019on le critique a loisir, nous devons reconnaître en lui un des tils les plus illustres du Canada, qui a su comprendre la nécessite d\u2019unir les forces hostiles dans un ensemble harmonieux, et nous devons nous rappeler que le grand devoir de la majorité, c\u2019est de céder, quand l\u2019occasion le permet, à la minorité.C\u2019est ainsi que l\u2019on assurera l\u2019harmonie nationale et le bon gouvernement du pays (App.).\u2022 \u2022 \u2022 Dans la Tribune des Colonies, l\u2019historien Guenin commence une série d\u2019articles sur la Colonisation du Canada.Voici le début de cette étude que nous suivrons avec intérêt : Un des faits les plus remarquables dans le développement rapide de la province de Québec depuis la fédération, c\u2019e«t la marche de la colonisation et le peuplement des territoires, du golfe à la vallée de l\u2019Outaouais, et de tout le Nord, que la forêt «ans bornes occupait autrefois.Trois courants principaux se sont dessinés, l\u2019un partant de Québec vers le lac Saint-Jean et le Saguenay, l'autre vers la presqu\u2019île de Gaspé, le troisième s\u2019étendant au nord de Montréal pour gagner peu à peu par l'Ooutaouais les plaines du Manitoba et la baie d\u2019Hudson.Des chemins de fer favorisent et activent ce merveilleux essor, qui se continue chaque jour plus intense et qui assurera dans un prochain avenir la possession de toute la contrée à la race franco-canadienne.Longtemps, les régions que les arpenteurs lotissent maintenant étaient restées désertes et inconnues ; c'était lo Nord, « ce Nord immense, jadis impénétrable, aux proportions colossales, sombre et souvant territiant dans ses aspects, autant que d\u2019autres fois il déborde de douceur et de mélanculie, empreint d\u2019un** grandeur â lui propre, qu\u2019ou ne retrouve nulle part, grandeur souveraine qui défie l\u2019imagination, qui repousse comme une profanation toute tentative d'en reproduire une image même affaiblie.Ou ne peut ni le saisir, ni l\u2019embrasser dans un cadre; ses horizons sont trop vastes, et pendant que le regard cherche â le fixer et à le retenir, il grandit incessamment devant lui, s\u2019élève et gagne de plus en plus la nue, comme une lente et solennelle gravitation de notre planète vers un espace toujours reculé.Les vagues de ses forêts, de ses collines et île ses montagnes flottent et montent dans un ciel sans limites, vers des rivages dont nul ne voit la trace et dont la ligne de l\u2019horizon lointain ne peut donner qu\u2019une illusion passagère.
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