La nouvelle relève, 1 août 1942, Août
LA NOUVELLE RELÈVE Directeurs : Robert Charbonneau et Paul Beaulieu GEORGES BERNANOS Laurent, serrez ma haire.PAUL BEAULIEU Le suicide de Zweig JACQUES-G.DE TONNANCOUR JEAN-C.DE MENASCE MARIE-LOUISE LAVOISIER PIERRE DE LANUX Chroniques Les livres : Quand vivait mon père — Varouna — Salsette découvre l'Amérique — Le classicisme français.\V Août 25 cents *4 ,0 MONTRÉAL 1942 Fondée en 1934 LA NOUVELLE RELEVE _ Robert Charbonneau Directeurs :pau] Beaulieu Rédacteur en chef : Claude Hurtubise Sommaire GEORGES BERNANOS Laurent, serrez ma haire avec ma discipline 577 PAUL BEAULIEU Réflexions sur le suicide de Stefan Zweig 579 PIERRE DE LANUX Sur les prophètes, au temps présent 583 JEAN-C.DE MENASCE .Vierge Marie, poème 596 MARIE-LOUISE LAVOISIER .Notre beau métier de femme 597 AUGUSTO-J.DURELLI Libération de la liberté (III) 603 JACQUES-G.DE TONNANCOUR .Lettre à Borduas MARCEL RAYMOND .Jean-Iacques Rousseau et la botanique 614 CHRONIQUES Les livres ROBERT CHARBONNEAU : Quand vivait mon père par Léon Daudet R C ¦ Varouna par Julien Green - GUY FREGAULT : Salsette découvre l'Amérique par Jules Romains - MARCEL RAYMOND : Le classicisme français par Henri Peyre.Table des matières L'abonnement à 10 numéros: Canada, $ 2.00; étranger, S 2.25.Payable par mandat ou chèque au pair à Montréal, négociable sans frais.340, avenue Kensington.Westmount, Montréal.Numéro 10 Août 1942 LAURENT, SERREZ MA MAIRE AVEC MA DISCIPLINE.(Molière ¦ Tartuffe) M.le maréchal Pétain vient de déclarer aux Français qu’ils n’ont pas encore assez expié.J’en prends à témoin tout homme raisonnable : ce langage n’est pas celui d'un chef d’Etat, ce n’est même pas celui d’un professeur de morale, mais d’un véritable directeur de consciences, d’un chef spirituel.De quel droit, à quel titre M.le maréchal Pétain se fait-il ainsi le souverain arbitre de la conscience nationale ?Les fonctionnaires de son gouvernement, des plus modestes aux plus élevés en dignité, déclarent en toute occasion que la politique de l’armistice est une politique réaliste.En proclamant d’une manière aussi solennelle que mon pays ne se tient pas encore quitte envers Dieu et les hommes, qu’il est disposé à souffrir plus, beaucoup plus, pour la rémission de ses péchés, on comble les désirs du vainqueur qui ne demande pas mieux que de continuer à se faire contre nous l’instrument de la justice divine.Si c’est cela qu’on appelle une politique réaliste, je consens à être pendu ! Pourquoi le gouvernement de Vichy et ses fonctionnaires n’avoueraient-ils pas aujourd’hui qu’il se chargent du salut de nos âmes ?En ce cas, je leur refuse la mienne.On me dira peut-être que si M.le maréchal Pétain se permet d’écrire dans le style des encycliques et des mandements, c’est qu’il en a reçu l’autorisation de nos chefs spirituels, c’est-à-dire de l’épiscopat français.Je voudrais alors que cette autorisation fût rendue publique, qu'elle fût officiellement connue.Aussi longtemps que le gouverne- T,A NOUVELLE RELEVE 578 ment de Vichy a fait (te la politique, nous pouvions dire qu’il faisait son métier, même si nous jugions qu’il le faisait mal.Lorsqu’il a commencé de moraliser, sa morale nous a laissés indifférents, car toutes les politiques ont une morale particulière à leur service, même celles qui se prétendent ouvertement étrangères à la morale.Nier la morale connue nier Dieu, c est toujours une manière de poser le problème de Dieu et de la morale, c’est-à-dire, en somme, de reconnaître l'un et l’autre.Mais si le gouvernement de Vichy s’adresse maintenant à nos consciences chrétiennes dans un vocabulaire chrétien, nous avons bien le dioit de lui demander ses lettres de créances.Lst-i 1 un mandataiie officiel ou officieux de l'autorité spirituelle légitime, de l'épiscopat français ?Nos anciens rois recevaient à Reims l'onction du sacre, et passaient même pour guérir miraculeusement les écrouelles.Ils ne se seraient jamais permis de parler au peuple français dans un langage apostolique.L'autorité du nouveau dictateur est-elle supérieure à celle de saint Louis ?Qui refuse de la reconnaître se rend-il seulement coupable d'insoumission au régime établi, ou pèche-t-il réellement contre le Saint-Lsprit ?Attend-on de nous que nous nous résignions simplement à la collaboration franco-allemande, ou (pie nous nous y consacrions ainsi (pi à une œuvre indispensable de justice et d expiation ?On me reproche parfois de parler trop franchement.Je me reprocherai bien plutôt de ne pas écrire assez nettement ce (pie je pense.Si mon pays doit expier, je souhaite humblement (pie le Souverain Pontife veuille bien ne pas réserver à la France seule les mérites et les bénéfices surnaturels de l'expiation.L'Allemagne et l'Italie sont des chrétientés comme les autres, pourquoi les jugerait-on indignes de s’associer à notre pénitence ?Georges Bernanos Barbacena — Brésil (Toux droits réservés). RÉFLEXIONS SUR LE SUICIDE DE STEFAN ZWEIG Viennois d’origine, Stefan Zweig était l’un des représentants les plus marquants de ce groupe d’intellectuels qui avaient consacré leur vie et leur oeuvre à un rapprochement culturel entre les peuples.Ecrivain très fécond et d’une sensibilité un peu morbide, il avait publié maints romans, biographies et essais littéraires de grande valeur, qui lui ont donné une certaine autorité mondiale et lui ont valu l'amitié des écrivains les plus représentatifs de plusieurs pays d’Europe et d’Amérique.Ensemble, parce qu’ils croyaient qu’il y avait place pour une forme d'expression dégagée des cadres imposés par des frontières physiques, ces intellectuels ont travaillé à créer un humanisme européen.La vague de nationalisme qui s’est abattue avec une violence inouïe sur l’Europe et l’asservissement des derniers refuges de la liberté de pensée, ont momentanément étouffé cette tentative si riche de promesses et retardé l’éclosion des recherches de ces nouveaux humanistes.Leurs aspirations peuvent maintenant paraître dénuées de réalisme, elles possèdent cependant un caractère de générosité et constituent un effort de libération qui leur donne droit à notre reconnaissance.Ce suicide, à cause des idées que Zweig représentait et de sa renommée (ses livres ont été traduits en plus de vingt langues), a provoqué un mouvement d’opinion assez vif dans le monde politique et littéraire, ainsi que des réactions inattendues et révélatrices d’un nouvel état d’esprit.Ceux (pii jusqu'à maintenant avaient tenu que la liberté de l'homme ne connaissait aucune limite et prê- 580 LA NOUVELLE RELÈVE chaient la libre disposition de la vie, ont invoqué dans ce cas une nouvelle théorie, fondée sur les obligations que tout chef de file contracte envers ceux qu’il guide.Tout en respectant la personnalité de Zweig et en comprenant son dégoût en face de ce retour à la barbarie qui entache notre époque, ses amis, écrivains ou poètes, sont d'accord pour rejeter ce geste comme solution aux souffrances et aux vexations que subit l’exilé.Ils lui dénient donc le droit de s’enlever la vie, parce qu’il n'est plus maître de sa destinée, mais qu’il appartient à une communauté souffrante.Leur réprobation d'un tel acte de désespoir n’est pas basée sur la morale, mais sur une sorte de solidarité intellectuelle.Selon eux cette démission tragique à une heure aussi décisive porte une atteinte grave à l’idéal que défendent les intellectuels persécutés, Juifs ou autres, par le nazisme et le fascisme.En mettant fin à sa vie, Zweig a trahi sa mission envers une forme de civilisation et l’a, en une certaine mesure, compromise gravement.Ce raisonnement se rapproche singulièrement des principes sur lesquels est fondée la morale chrétienne qui nie à l’être créé le privilège de porter atteinte à ses jours.En effet la morale refuse un tel droit à l’homme pour un motif pins noble; elle enseigne que seul celui qui donne la vie possède la faculté de la reprendre.Nous sommes donc en état de dépendance, et notre liberté est limitée par nos obligations envers un être supérieur.Dieu est donc maître de la vie et de la mort.Dans le présent cas, l'Absolu est changé; c’est le public qui domine.L’écrivain étant en quelque sorte un semeur d’espérance, contracte de par sa fonction certains devoirs à l’égard de ceux qu’il nourrit de ses enseignements.En certaines occasions de crise, il s’identifie avec les idées qu'il défend, et toute atteinte à sa personnalité est une atteinte à la cause elle-même.Il cesse d’être son maître parce qu’il est lié à d’autres êtres.Zweig était nettement conscient de la grande attente qu’il avait fait naître dans le cœur de ceux que la persécution avait poursuivis et dépouillés de leurs prérogatives LE SUICIDE DE STEFAN ZWEIG 581 d’hommes.Un de ses derniers articles, émouvant comme un adieu, traduit la révolte intérieure de ces 40 ou 50 millions d'hommes que les fascismes, par haine de la liberté de pensée, ont réduits au silence.L’écrasement de ces masses humaines le poursuivait comme un spectre dévastateur de toute civilisation.Le terrible silence qui s’est abattu sur les pays occupés par les hordes nazies, lui devenait plus intolérable que les cris des sirènes et le fracas de la foudre parce qu’il est imposé et qu’il porte un présape de mort.Zweig dit que cette solitude artificielle irritait ses nerfs et lui perçait les oreilles.Dans une belle image, il compare cet état de terreur au froid des régions polaires qui enveloppe et paralyse toute manifestation de vie.L’engourdissement du désespoir étouffe également toute réaction de l’esprit.Cette multitude privée du droit élémentaire d’exprimer ses désirs et ses opinions a de plus, par un raffinement diabolique, été rendue sourde.Tout message d’amitié, toute parole d’encouragement venus de l’extérieur lui sont interdits.Son texte se termine toutefois par des mots qui laissent percer une lueur d’espoir.« But at least we have retained the gift of speech, and through this the soul breathes, as the body does through the lungs.By speech we can unburden our heart when it is too heavy laden, we can strenghten one another in our confidence.But for them, for these 40 millions of our human brothers nothing is left but the last weapon of the weak ! hope and prayer.From thousands of homes, from millions of hearts this secret prayer rises up to heaven.And life would have no more meaning for me if I had not that burning conviction that their accusing silence will assuredly be heard by eternal justice.» 1 La sensation trop aiguë de la faillite de l’ordre qu’il rêvait de créer, l’aurait-elle conduit au désespoir et lui aurait-elle suggéré de disparaître sans bruit, désireux de mettre fin à ce combat gigantesque ?La tâche était trop lourde pour le soldat isolé qu’elle a impitoyablement écrasé.Devant une telle tragédie, que penser des obligations que l’homme assume à l’égard de son Créateur ?Si une 582 T.A NOUVELLE RELEVE mesure humaine peut s’appliquer clans un tel cas, à plus forte raison est-elle justifiée lorsqu’elle est supportée par un précepte divin.Ce que des hommes demandent pour un motif purement humain, l’Eglise catholique, plus respectueuse de la liberté de ses fils, le requiert en vertu d'une exigence surnaturelle.Ce lien spirituel fait disparaître toute sensation d’isolement, puisque la souffrance d’un être pour la justice n’est qu'une maille d’une puissante chaîne de fraternité humaine, sans laquelle toute résistance s'avère impossible.La position de ces intellectuels qui sont opposés à ce qu’ils appellent la solution du désespoir parce qu'ils gardent foi en la pérennité des valeurs spirituelles, constitue un magnifique témoignage en la sagesse de la morale chrétienne, gardienne d’un ordre justement équilibré entre deux positions extrêmes.Paul Beaulieu (1) Washington Post, 12 mars 1942. S UR LES PROPHÈTES, AU TEMPS PRÉSENT Libka : D’abord, le rôle de l’intelligence est fini.Sagittarius : II commence.Mais tu as raison : quand il est minuit, un jour finit, un jour va commencer.Libra : Ce qui se lève ne ressemble pas à l'aurore.Nous entrons dans l’imprévu obscur et total.Que les partis et les systèmes soient à bout de course, vidés d’inspiration, tous en faillite, c’est assez évident.Mais les homines, et c’est plus grave, sont privés et comme dissociés de ce qui les faisait agir : la foi en eux-mèmes, en autrui, la foi politique, la foi tout court.Ils ne savent à quoi s’accrocher contre le vertige qui va les prendre.Ils ne contiennent plus de quoi vivre.Trop longtemps abîmée dans l’imitation de ce qu’elle fut, cette civilisation se laisse mourir parce qu’elle ne s'aime plus.Mais cela n’est qu’un résultat.Une lente détérioration fut nécessaire pour en arriver là.Sagittarius : Ne crois pas que l’histoire offre pour la première fois ce tableau.Mais le monde paie, en effet, pour s’ètre donné aux faux prophètes.L’ère d’où nous sortons leur appartenait.Il y en eut de toutes sortes, des flatteurs et des violents, et surtout ceux qui flattaient par la violence.Ceux qui promettaient le bien-être, et ceux qui exigeaient le sacrifice.Libra : C’étaient les plus habiles.Sagittarius : Ils ont discrédité le sacrifice, en démontrant qu'on pouvait, de nos jours encore, obtenir des dons magnifiques pour des œuvres ignobles.Libra : Et pourtant les hommes veulent se donner.C’est un fait que tu n’ôteras pas en dénonçant l’indignité 584 I.A NOUVELLE RELÈVE de leurs idoles.Nous sommes donc dans une impasse.Il faut supposer que nos enfants, ou leurs enfants, sauront en sortir.Et souhaiter que pour nous la vie soit courte, et offre encore quelques instants de grandeur.Ou simplement qu’elle s’achève dans des tâches dures et parfaitement définies, comme de protéger les corps de ces enfants qui auront peine à survivre.Sagittarius : Ce sont eux qui paient pour la paresse d’esprit de leurs aînés.Car c'est bien de quoi il s’agit.On accuse le manque de courage et de clairvoyance à faire face au péril, mais il y eut d’abord le manque à imaginer le péril.L’intelligence ne faisait pas son office.D’où le monde actuel, qui fait assez penser aux époques de la Genèse où Dieu lui-même devant son œuvre, se sentait en proie au repentir.Le monde s’est perdu.C’est donc qu’il ne tardera pas à se trouver.Le terrain est préparé pour les prophètes — les vrais.Luira : D'où viendront-ils, et comment les reconnaître ?Sagittarius : Nous les reconnaîtrons à notre attente même, qui les engendre en ce moment.Le prophète apparaît lorsque la prophétie est mûre.Qu’est-ce qu’un prophète ?Un inspiré qui annonce l’avenir ?Oui, mais regardons-y de plus près.C’est d’abord un connaisseur profond du présent.Profond, en ce sens qu’il pénètre au-dessous des faits et des chiffres, par certains passages peu fréquentés; et il y distingue les germes d’un avenir, les promesses, les menaces des saisons futures, qu’on ne peut apercevoir lorsqu’on ne saisit du présent que les évidences.Or les faits et les formes de demain ont leurs causes déjà visibles — mais pas pour tous.Un prophète, c'est plus qu’un historien des événements en préparation.11 sait comment le futur d’hier est devenu le présent, et comment certain présent contient déjà plusieurs futurs, entre qui le choix serait encore possible.Nous sommes empoisonnés par l'habitude de regarder comme seuls réels et certains les faits accomplis.Quelle dif- LES PROPHÈTES AU TEMPS PRÉSENT 585 férence entre l’événement passé et celui dont on sait qu’il se produira ?La différence, elle est entre une certitude relative à l’égard du passé et une incertitude, relative elle aussi, à l’égard du futur.Comme l'une et l’autre sont relatives, la différence est bien mince et le prophète la néglige.D’ailleurs elle est parfois négative ; qu’y a-t-il de plus réel et certain : le fait que le soleil se lèvera demain, ou le fait qu’Ulysse ait vraiment existé ?Entre les deux, je parierais plus volontiers pour la réalité de l’événement futur.Si tu préfères, le châtaignier qui sortira d’une châtaigne enterrée aujourd’hui n’est ni plus ni moins réel que cette châtaigne.Celle-ci est présente, cachée sous la terre et les feuilles pourries.Un homme s’arrête et déclare devant le paysage désert : cent fois répété.Le dictateur a parlé longtemps.On hurlait.Je dormais toujours.Enfin un moment de silence m’a réveillé.quand les hommes acclament les faux prophètes, qu’ils se mettent à cent ou à cent mille, m'est égal.Libra : Tu les appelles faux, mais leur puissance est là.S’ils détruisent ta patrie, qu’importe si c’est au nom d’un « vrai » ou d’un Tout au moins, ses études botaniques lui firent-elles introduire dans la littérature un sentiment absolument nouveau : le goût de la nature.Les critiques reconnaissent aussi volontiers que Jean-Jacques, avec les Confessions, a ouveit la voie à la littérature personnelle, à la littérature d aveux et d’introspection.« Je lui suis reconnaissant, et sans détour, écrit Georges Duhamel \ d’avoir introduit avec éclat dans l’art des lettres ce récit à la première personne qui est le plus naturel, le plus simple, le plus fort.» A vrai dire, Rousseau n’est pas l’inventeur de cette littérature.Avant lui.Saint Augustin avait écrit lui aussi, ses Confessions à la première personne.Il a innové lorsqu’il a fait jouer a la nature le rôle qu’elle joue réellement dans la vie des hommes.Sainte-Beuve a pu écrire que la première hirondelle de la littérature se trouve dans les Confessions, à quoi on répondit spirituellement que, sauf erreur, quelques-unes (une ou deux) pouvaient être vues dans La Fontaine ou Mme de Sévigné ! Le siècle classique avait fait son temps.Dans tout Corneille, on ne trouve qu’une allusion au monde extérieur : Cette obscure clarté qui tombe des étoiles.Rousseau traçait le chemin que les romantiques allait emprunter.La littérature connaissait une nouvelle aventure.Le mot nature, désignant avant lui le moi profond de 1 homme, changeait de sens.11 a fallu un Jean-Jacques mais la littérature s’accommoderait difficilement d'un nouveau Jean-Jacques.Personne n’ose désirer le retour de cet étrange homme sur la terre.Marcel Raymond Reproduction interdite.(4) Georges Duhamel : Jean-Jacques et les confessions sans pénitence, Conférencia No XI, 13 inai 19119, p.567-5S7.Un vol., chez rion : Les Confessions sans pénitence, 1941. CHRONIQUES QUAND VIVAIT MON PÈRE par Léon Daudet1 Ceux qui ont lu les meilleurs livres du “gros Léon” ne manqueront pas d’être surpris de lire sous le titic Quand vivait mon père les mots souvenirs inédits, ajoutés sans aucun doute après coup par l’éditeur.Il n’y a effet dans ce livre rien que les lecteurs de Paris vécu, d’Ecrivains et Artistes et de deux ou trois autres de ses ouvrages n’aient déjà lu.Léon Daudet a connu chez son père quelques-uns des plus beaux noms de son temps : Flaubert, Les Concourt, Clemenceau, Charcot, Mistral; mais il n’a retenu de ses rencontres qu’une anecdote ou deux et elles reviennent à tout propos sous sa plume.Léon Daudet manquait, en dépit d’une extraordinaire facilité verbale et peut-être a cause d elle, des dons d’observation et de méditation essentiels a l’écrivain.En passant son œuvre au tamis, on découvre plusieurs idées qu’il attribue d’ailleurs généreusement aux hommes et aux femmes qu’il a aimés, des souvenirs littéraires qui brillent d’un grand éclat, mais de continuité, de prolongement, d’approfondissement, aucun.Il fut un journaliste admirable — sans contredit le premier de son temps — un polémiste outrancier; ce fut tout ce que son don de vcrboinotcur lui permit.Son Shakespeare excepté, ses romans sentent le mauvais roman a clefs, ne vivent pas.Il est abstrait, littéraire et n’y pouvant parler de lui-mêinc, ennuyeux.L’auteur de Quand vivait mon père a aussi beaucoup parlé des femmes.Mais ces livres, où comme dans les essais, les anecdotes occupent la première place, contiennent peu de substance.Pas une de ses assertions sur le sexe faible ne résiste à l’analyse.Dans La Femme et I amour, on peut (1) Grasset, Paris.Réédité par Pony. CHRONIQUES 025 presque toucher l’écran que sa mémoire interpose entre les êtres et lui.Ayant été l’élève qui remportait tous les prix à Louis-le-Grand, il a continué toute sa vie son rôle (le premier de classe : l’enfant (pii comprend le professeur, qu’il soit Maurras, Rabelais ou Drumont, et rédige ensuite une bonne dissertation dans les goûts de celui-ci.Son œuvre de journaliste est considérable.Les passions qu’elle a inspirées et qui l’inspirent sont éteintes ou le seront un jour.C’est là et dans ses essais, en dépit d’injustices, de mesquineries, d’outrances qui les gâchent à nos yeux qu’on trouvera ses meilleures pages.Magnanime avec ses amis, il ne jugeait jamais un coup trop bas pour ses ennemis.Malgré tout, dans ses souvenirs, les anecdotes et le feu de son écriture rendent la lecture de ses livres attachante.On découvre à la reflexion que Daudet n’était ni humain, ni, en dehors de ses haines, personnel.Ceux qui ont aimé le créateur de Sapho et Tartarin, reprocheront à l’auteur d’avoir un peu trop souvent accaparé la vedette dans Quand vivait mon pore.Les admirateurs du fils y retrouveront le nasillement de Zola, la chaude personnalité d’Alphonse, les Goncourt et leurs manies, le duel d’Arthur Meyer et de Drumont, les mêmes anecdotes presque dans les mêmes mots.Robert Charbonneau.LE DERNIER ROMAN DE M.GREEN Varouna n’est pas un roman bien (pic ce livre contienne la substance d’un et même de plusieurs romans, mais l’auteur l’a construit après coup avec son intelligence, à la façon d’un critique et il a de ce fait rendu toute unité impossible.L’unité d’un roman qu’il soit de Ralzae, de Dostoievsky ou de Bernanos découle de la vision que l’auteur a de l’œuvre et qu’il tend à réaliser dans son livre.Varonna ne sort pas d’une telle vision : on ne peut manquer à ce point le but, mais plutôt d’une thèse absurde.L’idée de cette chaîne (pii.nous dit M.Julien Green dans son avertissement, “est le signe et pour ainsi dire le témoin de deux destinées (pii doivent se côtoyer puis infailliblement s’unir”, est trop abstraite pour joindre les éléments disparates de l’œuvre.Et les plus belles (1) Editions de la Maison Française, New-York. LA NOUVELLE RELÈVE 626 pages de Varouna sont celles où l’on ne trouve pas ce symbole.Dans le premier récit, IIocl, on pourrait à la vérité voir dans cette chaîne un objet de superstition.Mais dans l’histoire de Bertrand Lombard, elle n’intervient qu'à force d’art et gène l’esprit qu’elle ne l’aide à comprendre.Entln dans le Journal de Jeanne, qui reprend le motif d’une façon maladroite, et où Jeanne se donne pour l’auteur d’un roman sur Bertrand Lombard, qui n’est pas celui que nous venons de lire, l’intervention de l’esprit critique, l’analyse des éléments du roman sont d’un développement fastidieux et on a l’impression que l’auteur pour ne pas perdre ces pages qui ne valaient que le feu s’est obstiné à poursuivre une idée tuée deux fois dans les deux premières nouvelles.Jeanne est si peu une femme que la plupart de ses notes ne briseraient pas l’ennui qui se dégage de certaines pages du journal de Julien (îreen lui-même.Si Julien Green n’avait pas écrit Leviathan, Adrienne Mesurât, Le Visionnaire et plusieurs autres œuvres qui le classent au premier rang des romanciers français vivants, on ne songerait pas à lui faire grief de nous décevoir dans Varouna.Les nouvelles intitulées Itoiil et Bertrand Lombard, débarrassées de la chaîne infernale serait plus que convenables.Certaines pages de Iloël, notamment la rencontre du Cavalier dans le bois, sont parmi les plus prenantes de l’auteur.R.C.SALSETTE DÉCOUVRE L’AMÉRIQUE1 par Jules liomains.Albert Salsetttc est un “Français de la classe intellectuelle’’ qui a réussi à quitter son pays au printemps de 1911.Il demeure à New-York pendant un temps indéterminé, s’achète un complet, une cravate et un bibelot, se loue un amour de petit meublé à soixante dollars par mois — la salle de bains en est charmante et le locataire y lit Baudelaire —, se ballade dans les rues de la métropole américaine avec M.Romains, ce qui lui donne l’occasion de disserter à perte de vue sur les vins, les femmes et les mets de New York, devient un “martyr du subway” et un enthousiaste du parkway, et fait toujours beaucoup d’esprit.Déplorons que M.Romains ait commis le (1) Editions de la Maison Française.^ CHRONIQUES 627 grave oubli de ne pas écrire un chapitre qui eût pu s’intituler très finement: “Salscttc chez le coiffeur, ou l’Absalon délivré.” Comment un détail de cette importance a-t-il pu lui échapper?Il est vrai que les grandes découvertes comportent toujours quelque mystères.Reconnaissons qu’il y a là une question insoluble, et passons.Passons vite, car voilà un livre qui bat le record de la banalité.L’auteur liri-mêine a été bien près de s’en rendre compte.N’écrit-il pas “C’est l’Amérique — oh ! pas toute, bien entendu, à peine celle de New-York et d'un petit coin des Etats de l’Est — telle qu’elle a été vire en 1941 par des yeux étonnés et honnêtes.Des yeux qui prenaient plaisir aux apparences quotidiennes de la vie, et qui ne cherchaient pas à aller bien loin dans les dessous.” Ce qui signifie tout simplement que le premier venu, pourvu cpi’il sût bavarder et braver l’insignifiance, eût pu nous raconter tout cela et, s’il ne s’était pas pris au sérieux, eût trouvé le moyen de nous amuser follement.Relevons tout de même quelques bonnes pages : celles où M.Romains nous entretient de quelques New-York imaginaires et celles où il rapporte les propos intelligents d’un intellectuel américain sur le rôle des universités, gardiennes de la pureté de quelques valeurs humaines constamment menacées par les Barbares.Ce qui déçoit peut-être au plus haut point, c’est une conception étriquée des Etats-Unis, une conception presque caricaturale, cpii est impardonnable chez quelqu’un qui fait métier d’observer.Les forces historiques qui se sont unies pour former ce pays et qui le tiennent ensemble, M.Romains ne semble même lias en soupçonner l’existence.Cependant elles sont partout présentes.Ce sont elles qui comptent.A quelqu’un qui ne les comprend pas il reste encore à découvrir ‘“l’Amérique.” Et pour les comprendre, il faut avoir au moins une vague idée de l’analyse qui en a été faite par F.J.Turner, F.L.Paxson, J.D.Hicks et autres.On y voit que les Etats-Unis, ce n’est pas seulement New-York et “un petit coin des Etats de l’Est”.C’est aussi et surtout le Middle-West, c’est l’Ouest; c’est la “frontière” et son esprit.A ce sujet, Turner n’a pas craint d’écrire : ‘“Ce que fut pour les Grecs la Médi-térannée, brisant les liens de la coutume, offrant de nouvelles expériences, mobilisant des institutions et des activités nouvelles, cela et plus encore, la “frontière” l’a été d’une façon directe pour les Etats-Unis et d’une façon éloignée pour les nations européennes.” Nous voilà loin de l’Amérique de Salsette. 628 LA NOUVELLE RELÈVE J’oubliais de signaler quelques morceaux unanimistes; c’est fait.On s’v attendait vraiment un peu.Ci U Y FlUîOAUI/r.LE CLASSICISME FRANÇAIS par Henri Peyre 1 C’est un beau livre, bien charpente, solidement documenté.Le Professeur Peyre a longuement médité son sujet, ayant eu à le développer souvent devant des auditoires américains.Dans un premier livre, Qu’est-ce i/ne le classicisme ?(Paris, Droz, 1935), il avait tenté une première définition du terme qu’il reprend et complète aujourd’hui, à la lueur des études récentes, comme en témoigne une longue bibliographie de 311 titres qui occupe 2(i pages.A ceux (pii pourraient reprocher à Henri Peyre de retourner vers le passé alors (pie le présent nous sollicite de toutes parts et nous presse, il répond : « ce n’est point dilettantisme frivole que de se tourner en pensée vers le passé le plus glorieux de la culture française en ces années de tragique incertitude.Ce n’est point, surtout, désespérer du présent et ne rien attendre de l’avenir.Les Français eux-mêmes, dans leur détresse physique et morale, puisent en ce moment dans Corneille, dans Pascal, dans Molière et dans Bossuet de précieux encouragements.» (p.9).Voilà bien comme on aime entendre parler les Français actuellement en Amérique ! Classique.Bien sur lequel on s’entende moins.Ce mot peut désigner un auteur à l’usage des classes et des écoles et, par extension, un écrivain présentant des qualités éminentes au point d’être proposé comme modèle aux écoliers et aux étudiants.On l’applique parfois aux écrivains de l’antiquité; souvent à ceux du XVII1' siècle français.Dans ce dernier sens, il s’oppose aux romantiques, rallumant une ancienne querelle et, synonyme d'anciens, évoque les modernes.Par quel processus les Racine, les Corneille ont-ils été déifiés, adoptés d’abord par les Jésuites puis par l’Université dans les programmes, au point d’éelipser ceux des autres écoles et des autres siècles, est une très intéressante question.(1) Editions de la Maison Française, New-York, 1942. CHRONIQUES 629 Elle n donné naissance à toute une littérature et le fait a donné comme conséquence la moire traditionnelle des professeurs à manchettes de lustrine devant Pieuvre d’un Verlaine oir d’un Mallarmé: ce n'est pas classique.Laissant de côté les sens : auteurs les plus grands dans leur genre, auteurs étudiés dans les classes, Henri Peyre s’applique à rechercher pourquoi, entre beaucoup d’autres aujourd’hui, les écrivains du (iraml Siècle méritent d’ètrc étudiés dans les classes et d’être jugés grands par professeurs et élèves.Mais n’est-ce pas précisément restreindre le sens d’une chose très vaste ?Je verrais très bien un livre au même titre, définissant le classicisme : l’équilibre de certaines qualités, et tentant, au travers toute la littérature française, de retracer, de Kutebœuf à Valéry, les œuvres qui s’inscrivent dans cette ligne.Je songe à des œuvres comme La Symphonie pastorale, Le (iraml Meant ne s, Un amour de Smann, Silhermann, Charmes, l)no, combien d’autres, qui peuvent être cités en modèles au meme titre que n’importe quel ouvrage dit classique.La littérature française repose sur la continuité et sur le dialogue.On ne peut lui retirer un seul auteur, un seul livre, sans jeter par terre l’édifice tout entier.Marcel Raymond. TABLE DES MATIERES CONTENUES DANS LE TOME I (SEPTEMBRE 1941 - JUILLET 1942) CLASSÉES PA R COLLA BOKATEURS.Simone AUBRY A propos d’Art et Catholicisme par M.-A.Couturier 117 (II) British Council Exhibition of Children’s Drawing 184 (III) Art et Catholicisme par M.-A.Couturier .236 (IV) L’Exposition de dessins de la Société d’art contemporain .239 (IV) Dorothy Day et le Catholic Worker .430 (VII) Pierre BAILLARGEON France Immortelle par Rex Desmarchais .48 (I) Situation de la Poésie canadienne par Guy Sylvestre 50 (I) Les lauriers sont coupés par Margaret Hughes.110 (II) Vitrail par Cécile Chabot .115 (II) Paul BEAULIEU Pour une éducation humaine .00 (II) Pèlerins de l’Absolu .273 (V) Réflexions sur le suicide de Stefan Zweig .(X) Georges BERNANOS Redevenir humain .10 (I) M.Hitler a tout conquis mais il ne possède rien .71 (II) Folkestone .129 (III) Race contre nation .200 (IV) Race contre nation (suite) .285 (V) Le Mystère Weygand .513 (IX) Laurent, serrez ma liaire avec ma discipline .(X) Claire Huchct BISHOP Trois poèmes .400 (VII) Pierre BOURGET Témoignage sur la situation actuelle en France par un dirigeant français d’action catholique .508 (IX) (1) Le chiffre arabe indique la page; le chiffre romain, le numéro du cahier.Les notes et les récensions sont en retrait. INDKX 631 Bcrthclot BRUNET Un sceptique à l’égliso .534 (IX) Robert CHARBONNEAU Le cinéma : Citizen Kane par Orson Welles .121 (II) Note sur Gide .193 (IV) Le cinéma : AU that money ran buy — The Maltese Falcon .310 (V) Quand vivait mon pdre par Léon Daudet .(X) Le dernier roman de M.Green : Varouna .(X) Gustave COHEN Un Français parle .132 (III) Georges COTEL Les Velder par Robert Choquette .440 (VII) M.-A.COUTURIER Le douanier Rousseau .474 (VIII) Gérard DALLAI RE L'Espion de V Ilc-aux-Coudres par Laetitia Filion .505 (VIII) DANIEL-ROPS .Icunesso féminine en zone occupée .559 (IX) André DAVID L’Esprit, cette dignité .82 (II) Jacques DEGUIRE Maîtres artisans de chez nous par Marius Barbeau .502 (VIII) Pierre DE LANUX Sur les prophètes, au temps présent .(X) Oscar DEL VILLAR FERNANDES L’Europe et le naufrage de l'Intelligence .8G (II) Jean DESFORGES Les beaus: jours viendront par Charles-Henri Beaupray 375 (VI) Rex DESMARCIIAIS Evocations du 2 novembre .160 (III) La Pliarisiennc par François Mauriac .175 (III) Le Printemps tragique par René Benjamin .372 (VI) 632 LA NOUVELLE RELÈVE ('liez Valdombrc .404 (VU) La vio et la mort do Séraphin Poudrier .491 (VIII) A la manière de .par Philippe Panneton et Louis Francreur .501 (VIII) •lacpics (i.DE TONNANCOUR Lettre il Borduas .OU (X) La DIRECTION Présentation .1 (I) Jean DUFRESNE Marcel Proust .291 (V) Augusto J.DURELLI Libération de la liberté .449 (VIII) Libération de la liberté (II) .510 (IX) Libération de la liberté (III) .(X) Robert ELIE Poèmes .157 (III) L'Aiglon à la Comédie de Montréal .307 (V) Robert FORTIN L'Extrême Orient et nous par Auguste Viatto .500 (VIII) Wallace FOWLIE André Gide .150 (III) Trois sonnets .042 (VI) La paix de Dieu .480 (VIII) Guy FREGAULT D ’Iberville il Schenectady.JG (I) La mort de Pierre Le Moyne d’Iberville .477 (VIII) Salscttc découvre l'Amérique par Jules Romains (X) Stanislas FUMET Retrouver la Franco .101 (II) Ivan GOLL Jean sans terre s’agenouille devant la cathédrale de Strasbourg, poème .288 (V) Gilles HENAULT Cinq mystères en forme de rétable par René Schwob 82 (I) Stances à l’Eternel absent par Jeannine Bélanger .54 (I) La roue, poème .74 (II) Axe et parallaxes par François Ilertel .118 (II) Sonnet à Nolligan .230 (IV) La grande crise de la République française par Yves Simon .234 (IV) INDEX 633 François ÎIERTEL Contemplation et dilettantisme .301 (VII) P.HILAIRE Ils posséderont la terre par Robert Cliarbonncau .505 (VIII) Claude HURTUBISE Un essai sur la poésie canadienne .50 (I) André LANGLOIS Charles de Gaulle par Philippe Barrés .500 (VI) Rina LASNIER Poèmes .21S (IV) Franciuo LAVIGNE Le vent se lève par Alfred Glauser .503 (VIII) LAVOIE, s.j.Bleu de Chine .442 (VII) Mme M.-L.LAVOISIER Notre beau métier de femme .(X) Jean LE BRAQ Le rayon lointain par Marcel Maestro .37(5 (VI) Albert LE BRAZ Annonce de la Résurrection, poème .412 (VII) Pierre LEFEBVRE Le coopératisme et l’organisation économique de la Gaspésie par Georges Lafontaine .504 (VIII) Jean LE MOYNE La Pensée de saint Paul présentée par Jacques Maritain .104 (III) Gabriel M.LUSSIER Son Eminence nous enseigne .231 (IV) Le risque chrétien .45(5 (VI11) Le risque chrétien (II) .541 (IX) Jacqueline MA BIT La France sous les Allemands .3 (ï) 634 LA NOUVELLE RELÈVE Varouna par Julien Green .4-1 (1) Peinture moderne par Maurice Gagnon .51 (I) Notions élémentaires de génétique par Jacques Rousseau .53 (T) Je vais être mère par le Dr Jacques Fortier .571 (IX) Gabriel MAItCKL Notes sur la condamnation de soi .141 (III) Baissa MARITAIN A l’aube do nouvelles amitiés .65 (II) Joseph-H.PAUL La Philosophie de Gabriel Marcel .19 (I) Jean RACETTE Toi, l'homme nouveau par Charles Frédéric, s.,i.374 (VI) Un ancien contait par Dainasc Potvin .56!) (IX) Marcel RAYMOND Un livre sur Péguy : Péguy, soldat de la liberté par Roger Secrétain .112 (II) Duhamel et l’Abbaye .145 (III) Les grandes amitiés par Raïssa Maritain .17!) (III) Louis Bertrand .213 (IV) André David, les étapes d’une conversion .227 (IV) Courriers des villages par Clément Marchand .232 (IV) Chronique scientifique : La Revue canadienne de Biologie — Initiation à la Géologie par Laverdière et Morin — Regards sur les sciences expérimentales .312 (V) Un maître parmi nous : Gustave Cohen .327 (VI) Le théhtre : L’Echange chez les Compagnons de Saint-Laurent .366 (VI) Notes sur Baumann .424 (VII) André Maurois et la littérature moderne.435 (VII) L’Histoire merveilleuse tie la Louisiane française par Régine II.Robert .497 (VIII) La clandestine par Roger VerccI .49!) (VIII) Jeunesse féminine eu zone occupée (présentation) .559 (IX) Jean-Jacques Rousseau et la botanique .(X) Le classicisme français par Henri Peyre .(X) II.A.REINIIOLD L’éternelle gloire .345 (VI) René SCIIWOB Le Mystère de la Pentecôte, prologue .416 (VII) Comte SFORZA Le peuple français demeure démocratique .197 (II) Le fascisme et l'Eglise catholique .527 (IX) INDEX 635 Pauls SIMON Poème corrézion .14 (L) Fugacité, poème .48!) (VIII) Yves R.SIMON La philosophie dans la foi .257 (V) L’actualité: Saint l’ierre et Miquelon .303 (V) La philosophie dans la foi (lin) .(VI) L’actualité; La guerre dure et la guerre longuo .354 (VI) L’offensive du printemps .428 (VII) Luigi STURZO Les voies de la Providence .10G (IV) Guy SYLVESTRE Les Opiniâtres par Léo-Paul Desrosiers .4G (I) l’ots de fer par Marcel Dugas.54 (I) Addition mon Montherlant .183 (III) Sur Henri Masson.1SG (III) Raymond Radiguet .220 (IV) Z.-G.VALIQUETTE La bienheureuse Anna-Marin.Taïgi .570 (IX) Beaulieu, Gouin, Bourdon, Beaulieu & Montpetit AVOCATS L.-E.Beaulieu, LL.D., C.R.Léon-Mercier Gouin, LL.D., C.R.Bernard Bourdon, C.R.Henri Beaulieu, LL.B.André Montpetit, LL.L.Jean Beaulieu, LL.L.HArbour 0165* Montréal Adresse télégraphique : «EMERICUS» Chambre 810 Edifice Montréal Trust 511, Place d’Armes L'Arbre JEAN BRUCHESI De Ville-Marie à Montréal Illustré de 12 gravures anciennes Prix: $1.00; par la poste: $1.10, THOMAS KERNAN Horloge de Paris Heure de Berlin “Le public américain ne s’est pas trompé.Ce livre sur l’occupation de Paris est un best seller aux Etats-Unis Et il le mérite.” Prix: $1.50; par la poste: $1.60 LaArbre Problèmes de la sexualité par Jacques de Lacrctellc, de l’Académie française — Tristan de Athaydc, de l’Académie brésilienne — André Berge, — Dr René Biol — Théo Chcntricr — Pierre Gcyraud — B.P.Benoît Lavaud, o.p.— Xavier de Lignac — Abbé Monchanin — Roland de Pury — Pierre-llenri Simon — Maurice Zundel — Peter Wust — Da-nicl-Rops.TaHI.K DES MAT1È1IES L’enfant devant le problème sexuel Les rapports de la sexualité et de la personne Sexualité et personnalité selon Freud Biologie et morale sexuelle Hygiène sexuelle ou morale sexuelle Mariage et société Le problème de la prostitution Tabous et lieux communs La mission métaphysique de la femme, etc.Paru chez Plon, dans la collection “Présences”, Distribué au Canada par les Editions de l'Arbre, Prix : $ 1.50, par la poste : $ 1.60 L’dAibie HENRI TROYAT Prix Concourt l'JitS Le Jugement de Dieu Paru à Paris, chez Plon en 1911, Le Jugement de Dieu est un sommet dans l’œuvre d’Henri Troyat, le grand romancier qui a déjà donné l’Araigne, œuvre qui lui valut le prix (îoncourt et une renommée universelle, Monsieur Citrine et nombre d’autres romans et nouvelles dont la critique a fait les plus grands éloges.L’auteur de l’Araigne est sans contredit l’un des plus grands noms de la littérature romanesque en France.Sans prétention au roman historique, il recrée dans Le Jugement de Dieu trois personnages, vivants en marge du temps à trois époques de la France heureuse.Le lecteur suivra passionnément les aventures sentimentales et hautement fantaisistes d’Alsandre Mirette, cet homme du moyen âge, qui échappa à la mort par un oubli de Dieu; de La-marsaude qui, par la force de son amour, fit revivre la fiancée qui lui avait été ravie par la mort; de Jacques Mazcyrat qui, au cours d’un voyage au bout du monde, faillit perdre son âme.Ce s récits mêlent habilement la vérité psychologique à une fantaisie qui tient le lecteur dans un perpétuel émerveillement.On lira ce livre comme on lirait un roman d’Alexandre Dumas écrit par Georges Duhamel ou par Julien Green ou surtout par Henri Troyat.Distribué au Canada par Les Editions de l’Arbre Prix : $ 1.25, par la poste : $ 1.35 L’Arbre Collection des classiques de L’Arbre sous la direction de M.Auguste Viatic, professeur de littérature française à l’Université Lewal de.Québec PREMIERS VOLUMES À PAltAÎTllE VIGNY, par Fernand Beldensperger, de l’Université de Californie MOLIÈRE, par Georges Raeders, directeur du Lycée franco-brésilien de Sâo Paolo, Brésil LES ROMANCIERS RÈGIONALISTES, par Pierre Brodin, directeur du Lycée français de New-York RABELAIS, par Auguste Viatte LA FONTAINE, par René de Messières, professeur à l’Ecole des Hautes Etudes de New-York RACINE, par A.F.B.Clark, professeur à l’Université de Colombie brita unique NOTAIRE, par Fernand Vial, professeur à Fordham University ROUSSEAU, par Jacques Voisine, professeur au Collège Stanislas, de Montréal LES CONTEURS, par Lue Lacourcicre, professeur à l’Université Laval ORATEURS CHRÉTIENS, par l’abbé Emile Bégin, professeur à l’Université Laval BEAUDELAIRE, par Jean Le Moyne, de Montréal.ET AUTRES L’édition de formed bibliothèque se compose de volumes de 250 e'i 500 peiqes sur beau papier.Chaque volume comportera une introduction biographique et littéraire eiinsi que des textes annotés. L’aArbre Lc dernier livre de GEORGES BERNANOS Un livre comme il n’en a pas été publié depuis Les grands cimetières sons la lune.LETTRE AUX ANGLAIS Un livre qui promet de dépasser les plus grands succès de librairie.Prix: $2.00; par la poste: $2.15. L'A ib ce Le premier volume de lu collection France Forever dirigée par le professeur Henri Laugier Les relations commerciales de la France par JEAN GOTTMANN ex-assistant île recherches à l'Institut de géographie de la Sorbonne est sous presse Los ouvrages do cette collection, oeuvres de savants français de réputation mondiale trouveront place dans la bibliothèque de tout homme cultivé.Suivront : LL PROBLÈME DU CANCER par le professeur Jacques Oberling de la faculté de médecine de Strasbourg PROBLÈMES DE MÉDECINE DE GUERRE par le professeur Daniel Cordier de ! ’Université Cambridge
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