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Titre :
Le Constitutionnel
Éditeur :
  • Trois-Rivières,[1871?]-1884
Contenu spécifique :
jeudi 18 septembre 1879
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
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Le Constitutionnel, 1879-09-18, Collections de BAnQ.

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) ?: *0 VOLUME XI 111 m i © i TRQIS-RIVIERES JEUDI 18 SEPTEMBRE 1879 lilt 5SJ if j aw No- 38 F E U I L L E TO H L‘Orpheline de Boston, PAR Miss.CUM MING.PREMIERE PARTIE.j/ALLUMEUR de REVERBERES.( Suite )] III l’ours et la lanterne.—Voyons, dit Jcmmy, donnez-nous a souper,Nan, et laissez cet animal en paix 1 Nan obéit tout en grommelant.Le souper venait de finir, quand un joueur d’orgue s’arrêta devant la porte de la maison et se mit à jouer une ronde populaire.Les hommes sortirent pour se joindre aux auditeurs qui faisaient foule autour de l’artiste en plein vent, et qu’attirait, outre b musique, l’exhibition d’un singe en habit brodé qui dansait sur la caisse de l’instrument.Gertrude courut à la fenêtre pour avoir s.a part du spectacle gratuit.Charmée des gambades du danseur quadrumane, clic resta les yeux fixement attaches sur l’hom me et sur le singe jusqu’à ce qu ils eussent tourne le coin de la rue, si fixement qu’elle ne s’aperçut pas que le chat s’était échappe de ses mains sautant sur la table, il s’était mis fort tranquillement à dévorer les restes du repas.Le joueur d’orgue n’avait pas encore tourné le coin, que Gertrude vit arriver du même bout de la rue le vieux allumeur de réverbères qui ac-accourait son échelle sur l’épaule, lüllc sc proposait d’attendre pour lui voir allumer sa lanterne, quant tout à coup une exclamation bruyante et furieuse de Nan lui fit tourner la tête.La vieille femme venait de saisir son protégé en flagrant’délit sur la table ; et le tenant par le cou, Gertrude s’élança pour le dégager, sauta sur une chaise et saisit Nan par le bras ; mais celle-ci la repoussa rudement d’une main, et de l’autre elle jeta avec colère le chat au milieu de la chambre.Gertrude entendit un clapotement d’eau, un cri perçant, puis plus rien.Nan avait jeté la pauvre créature dans une grande marmite d’eau bouillante, préparée pour les besoins du ménage.Le petit animal s’agita quelque temps dans d’horribles convulsions.se tordit et expira dans ces tortures.Toute la rage que la nature et l'éducation avaient mise au cœur de Gertrude éclata comme un volcan.Sans hésiter, elle saisit un bloc de bois qui se trouvait près d’elle et le jeta de toutes scs forces à la tête de Nan.Le coup était bien dirigé et porta en plein.Le sang jaillit de la blessure et inonda tout le visage de la vieille ; mais celle-ci parut à peine sentir la douleur du coup, tant elle était furieuse et surexcitée contre l’en faut.Elle s’élança sur elle, la saisit par l’épaule, et, ouvrant la porte de la rue, la rejeta sur le trottoir.—Malheur à toi, si tu remets jamais les pieds sur le seuil de ma porte, misérable petite chienne ! dit elle avec un geste menaçant.Quand Gertrude était triste ou en colère, sa seule consolation était de jeter des cris épouvantables ; cela la soulage lit ; elle ne sanglotait pas comme le font certains enfants, mais elle poussait une suite de hurlements sauvages et frénétiques, jusqu’à ce que la fatigue et l’épuisement l'obligeaient de s’arrêter.Quand elle se trouva donc seule dans la rue, elle se mit à crier comme à son habitude, non pas de peur, parce qu'elle se voyait chassée de son unique asile, rejetée seule, à la tombée de la nuit, malade, sur le pavé, et obligée d’errer ju.sgu au matin, avec le risque de mourir de froid, [car il gelait terriblement fort], clic ne pensait pas le moins du monde à elle même, Les seules pensées qui ojcupaicnt son esprit, étaient l’ho-reur et la douleur que lui causait la mort afficuse du seul être qu’elle aimât au monde.Elle sc laissa tomber sur le trottoir au pied du mur de la maison, la figure cachée dans ces deux mains, sans se douter du vacarme qu’elle faisait, et sans se douter non plus du regard de triomphe que lui jetait de l’autre côté de la rue le petit drôle qui lui avait un jour pris ses souliers et qui lui avait toujours gardé rancune des coups que Nan Grant lui avait donnés à cette occasion.Tout à couj) elle sc sentit soulever de terre et placer sur une des traverses rondes de l’échelle de Trueman Flint appuyée contre la colonne du réverbère ; Truc qui la tenait de scs deux mains, l’éleva à la hauteur de son visage, et reconnaissant la petite fille au pot au lait, lui dit du même ton bienveillant dont ii lui avait parlé la première fois : —Eh bien ! de quoi s’agit-il encore une fois ?On a donc été battue ?Mais pour toute réponse, Gertrude ne put que soupirer en disant : — O mon chat! mon chat! — Quoi?le chat que je vous ai donné?Ton, vous l’avez perdu.Mais bah! ne criez pas pour cela, ce ne sont pas vos cris qui le ramèneront.—Oh ! non, il n’est pas perdu, mon pauvre chat / et Gertrude se remit à crier déplus belle, et en même temps elle fut prise d’un accès de toux si effrayant, que le vieux True en conçut de sérieuses inquiétudes.11 lit tout son possible pour la calmer, et, y ayant en partie réussi, il lui dit : —Vous avez un fort rhume, ma petite amie, il fait trop froid pour rester dehors, il faut rentrer.—Oh ! elle ne me laissera pas entrer! dit Gertrude, et d’ailleurs je ne voudrais pas, moi, quand même elle le voudrait, elle.— Qui ne voudrait pas vous recevoir?votre mère?—Non, Nan Grant.—Oui cela, Nan Grant ?—Cette horrible méchante femme, qui a jeté mon chat dans l’eau bouillante.—Dans l’eau bouillante?— Oui, elle l’a tué.— Pourquoi cela ?— Le sais-je, moi ?Pour me faire mourir de chagrin, mais ce sera moi qui la tuerai.—Ta, ta, ne dites pas de pareilles choses.—Oh 1 oui, je la tuerai ; elle a bien tué mon chat.— Mais où est votre mère?—Je n’en ai jamais eue.—A qui donc appartenez-vous, pauvre chère petite ?—A personne; et le pain que je mange n'est pas à moi, on me ledit tous les jours.—Mais chez qui demeurez-vous, et qui est-ce qui a soin de vous ?—Oh! personne n’a soin de moi ; je demeurais chez Nan Grant; mais je la déteste.Je lui ai jeté un gros morceau tie bois sur la tête, et je suis bien fâché de ne pas l’avoir tuée.—Chut! chut! il ne faut pas dire de ces choscs-là.Attendez, je vais aller lui parler.Truc se dirigea vers la porte, essayant d’attirer Gertrude avec lui à l'intérieure, mais elle résista si énergiquement, qu’il la laissa dehors, et, allant droit à la chambre où Nan s’oc cupait de se panser la tête avec un vieux mouchoir de poche il lui dit qu’il fallait absolument qu’elle fit entrer l’enfant, si elle ne voulait pas qu’elle mourût de froid à la porte.—Cela m’est bien égal ! ce n’est pas ma fille, dit Nan, elle a été ici assez longtemps, c’est la plus méchante petite créature qui ait jamais existé, je ne comprends pas comment j'ai pu la garder si longtemps ; et maintenant j’espère bien que je ne la reverrai jamais de la vie ; d’ailleurs, mon parti est pris et bien arrêté.Elle mériterait d'être perdue pour m’avoir fendu la tête ! Je crois vraiment qu’elle est possédée de quelque mauvais esprit ; si jamais il y a eu des démons de déchaînés sur la terre 1 c’en e.-T un, bien sûr.—Mais que va-t-elle devenir?dit raide mort et glacée sur le seuil de j ronce.Truc habitait le quartier de votre porte ?derrière de cette maison ; ils traver- — Ce que je dirais ?Ce ne sont pas sôrentdonc la cour, passèrent devant vos affaires, je présume.Si elle vous un grand nombre de fenêtres éclai-intéresse tant, prenoz-cn soin vous-, réos qui projetaient une lueur rougeâ-même.Voilà bien de l’embarras pour tre dans le corridor, et ils arrivèrent une méchante marmotte comme cela enfin devant une petite porte ; True Kmportez-Ià chez vous, vous verrez | ouvrit, et ils entrèrent, ce que c’est.Vous m’avez déjà parlé! Gertrude tremblait de froid ; ses à propos d’elle une première fois,cl je petits pieds nus étaient bleuis d’avoir voui ai dit alors que je ne voulais pas marché si loin sur les pavés glacés, entendre un mot de plus.Que d au-, Dans la chambre où ils sc trouvaient très s’en chargent maintenant, s ils le | il y avait un poêle; mais ce poêle veulent ; pour moi, j’en ai assez ; et était vide et sans feu.L’appartement pour ce qui est de ces histoires de était assez grand et convenablement mort et de gclce, tant pis pour elle.| meublé, mais tout y était d’une ex-Elle est venue au monde on ne sait trême malpropreté.True sc débar-comment, elle n’a qu’à en sortir de rassa de son échelle, de sa torche et même.D’ailleurs c’est une orpheline, : des autres accessoires de son métier, donc c’est.l'enfant de la ville, et la i qu’il alla poser dans une soupente ville n’a qu’à s’en occuper.Quant à attenant à la cour.Il revint bientôt vous, monsieur l’allumeur, vous feriez | portant une poignée de petit bois, mieux de la laisser courir et de ne j avec lequel il fit du feu.En quelques pas vous mêler de ce qui ne vous re- minutes le foyer s’illumina de grandes garde pas, j flammes et une douce chaleur sc ré- True ne voulut pas en attendre da-! pandit dans toute la chambre, vantage.Il ne savait passe quereller j True approcha de la cheminée un le brave homme, et quand il s’indi- ; vieil escabeau de bois, jeta par-dessus gnait, son émotion l’empêchait de sa grande capote de peluche, et y fit parler ; il préférait battre en retraite asseoir Gertrude.Il s’occupa ensuite Une femme en colère surtout était i do préparer le souper, car True, com-pour lui la chose la plus formidable j me tous les vieux garçons, était habi-qui fut au monde.Les yeux de Nan ' tué à faire son ménage lui-même.Il lançaient des éclairs et son attitude; fit du thé, en remplit la grande jatte menaçante n'indiquait que trop qu'- pour Gertrude, y mit une grosse pin-un orage se préparait ; il s’empressa j céc de sucre, et tout le lait qu’il avait ; donc prudemment de sc retirer sans puis ii tira d’une armoire un pain attendre que cet orage éclatât sur sa énorme, en coupa une grosse tranche, tète.D’ailleurs,il sentait qu'il se trou- et pressa l’enfant de manger et de vait à tout considérer, dans une si- i bore le plus possible.Il avait corn-tuation treî défavorable, en sc mêlant pris, à la manière dont la pauvre pe-ainsi de choses, qui personnellement , tite avait regardé le pain et le beurre, ne le regardaient pas, comme l’avait quelle n’était pas habituée à de trop dit la vieille femme.Quand i! sortit, I bons repas.Gertrude, encouragée Gertrude avait cessé de crier.Elle le 1 par lui, fit si bien honneur à .->on sou- regarda avec une curiosité pleine d'inquiétude.—Eh bien, dit-il, elle dit qu’elle ne veut plus vous voir.—Oh ! tant mieux, j’en suis enchantée, dit Gertrude.— Mais où irez-vous ?— Je n’en sais rien ; si vous voulez per, que le brave homme, tout entier à la satisfaction qu’il éprouvait de la voir manger de si grand cœur, oublia de souper lui mém , et resta assis à la regarder avec une tendresse qui prouvait que l’instinct enfantin de Gertrude ne l’avait pas trompée quand elle sc disait, le soir, en regar j’irai avec vous, et je vous rcgardeiai | dant Truc allumer la lenternc devant allumer les lanternes.| la porte de Nan Grant, longtemps —Mais où dormirez-vous £ettc avant qu’il ne lui eût adressé la paro-nuit?! le, que cette excellente nature d’hon- —Je n’en sais rien ; je n’ai pas de i ncte homme avait au cœur de l’a mi-maison, Je dormirai dans la rue, lié pour tous, même pour la pauvre quelque part d’où je pourrai voir les étoiles.Je n’aime pas les endroits obscurs.Mais il va faire bien froid, n’est-ce pas ?—Bonté divine! je crois bien.Vous allez geler, mon enfant.fille la plus misérable et la plus abandonnée qui fût au monde, Trueman Flint était né et avait été élevé dans le Ncvv-I Iumpshire.Ses parents étaient pauvres ; à l’âge de quinze ans, devenu oiphclin, il était madame , voyons, si on la —Vraiment?Mais que vais-je de- parti pour Boston où pendant plu-venir, alors?j sieurs années il avait cherché des mo — Lebon Dieu seul le sait.i yens d’existence dans mille petites —Eh bien, il faut le lui demander industries que faisaient naître les cir- au bon Dieu.; constances ; il avait été, successive- True considéra Gertrude d’un œil 1 ment, porteur de journaux, cocher de-plein d’étonnement et de douleur.Il cub, portier, scieur de long, un vrai ne se connaissait pas en enfants, n’en Jean-fait-tout, en un mot ; et il s’é-ayant jamais eu, et était étonné de | tait constamment montré si honnête, cette simplicité ignorante et naïve.11 si capable et si bon, que partout il ne pouvait pas la laisser dans la rue,1 s’était fait aimer et estimer, et que par cette nuit glaciale, mais il ne sa- souvent même il avait conservé pen-vait pas trop ce qu’il ferait d’elle s’il dant plusieurs années le même em-l’cmincnait chez lui, car il vivait seul ploi.Avant de sc livrer au métier et était très-pauvre.Mais une non- ! dans l’exercice duquel nous le voyons voile quinte de toux dont la pauvre aujourd’hui, True avait été pendant enfant fut saisie le décida à femme- quelque temps portier d’un grand ner chez lui et à lui faire partager sa J établissement industriel, dirigé par chambre, son feu, son souper, pour un marchand riche et généreux.Un une nuit du moins.Il la prit donc jour qu’il s’occupait à ranger quelques parla main, et lui dit: “ Venez avec lourdes caisses clans le magasin, l’une moi ; ” Gertrude, pleine de confiance d'elles glissa, tomba sur lui, le rcnvei-s’en alla avec lui et le suivit, sans lui sa et lui brisa la poitrine, demander où il la conduisait.| On craignit longtemps qu’il n’c- I rue avait encore à peu près une chapperait pas aux suites de cet ac- douzaine de réverbères à allumer cident ; et quand enfin, il fut hors de ayant d’arriver au bout de la rue ; danger, sa santé sc rétablit si lcntc-c’était la que sa ronde de chaque soir ment , qu’il fut plus d’un an avant de sc terminait.Gertrude le regardait pouvoir sc remettre à l’ouvrage.Cette allumer successivement chaque lan- longue maladie absorba le fruit de terne avec un intérêt plein d’atten- vingt années d’économies, mais son tion, qui eût fait croire qu’elle ne dernier maître ne le laissa jamais l’avait accompagné que pour cela, manquer de rien, lui envoya cons- Ce ne fut que quand ils curent atteint tamment un excellent médecin et l’extrémité de la rue,et qu’ils eurent veilla à ce qu’on eût bien soin de lui.marché quelque temps sans s’arrêter A partir de ce moment cependant, qu elle lui demanda où ils allaient.True n'avait plus été le même hom- — Chez moi, dit I rue.\ nu*.Quand il releva de sa longue nia- — Est-ce que je vais aussi chez ladfc, ii avait vieilli de dix ans en vous, moi ?demanda-t-elle.force et en santé, et n’était plus ca- —Oui, dit i rue, et c’est ici.pable de sc livrer au moindre exer- II ouvrit une petite porte, basse et cice pénible ou fatiguant, C’est alors étroite.Cette porte donnait accès que son ancien maître avait obtenu dans une petite co ir, très étroite éga- polir lui la place d’allumeur de règlement, qui s’éte idait dans toute sa verbères, occupation qui lui laissait et lie IV CONVALESCENCE.petits métiers, tels que celui de scieur de bois, de porteur d’eau de commissionnaire et tic balayeur.On le voit, Ce n’était pas un bien opulent personage que le protecteur de Gertrude.Au moment où commence notre récit, il était âgé de cinquante à soixante ans ; c'était un homme grand, gros et solidement bâti ;ses traits grossiers et mal équarris respiraient toutefois un air de bonté et de douceur qui attiraient la sympathie.11 était naturellement silencieux et réservé, vivait seul et n’était guère connu des autres habitants de son quartier.Il n’avait qu’un ami, un seul, c’était le fossoyeur d’une paroisse voisine, vieux bonhomme silencieux et sombre comme les morts dans le commerce desquels il vivait.True, qui ne voyait et ne recherchait personne passait dans son voisinage pour un misanthrope insociable et revêche, et dans les boutiques des rogomistes et des épiciers on ne l'appelait guère autrement que Y ours à la lanterne.Nous avons laissé Gertrude achever .son souper, le meilleur peut-être qu’elle cul fait dç sa vie ; nous la retrouvons étendu sur une large banquette profondément endormie, .e corps recouvert d'une épaisse et chaude couverture en laine, la tête posée sur une oreiller.True e-T assis à côté d’elle ; la petite main de Gertrude repose dans sa main large et rugueuse,—il la regarde, les yeux humides et le cœur palpitant, et ne sort tic son immobilité que pour ramener sur la poitrine tic la dormeuse la couverture de laine qu'un mouvement accidentel a fait retomber.La respiration de Gertrude est bruyante et oppressée, son sommeil pénible et agite ; par moments, elle bondit sur sa banquette et fait entendre quel que s paroles rapide et inintelligibles ; de mauvais lèves troublent son sommeil.True prête à ces sons inarticulés une oreille attentive pour tâcher d’en découvrir le sens, mais il ne recueille que des fragments sans suite et sans signification.Un moment cependant, sa parole devient plus distincte, et True qui l'épie surprend ces mots : —Oh ! non, par pitié, ne noyez pas mon chat ! Puis, d’une voix où se peint l’épouvante: Oh ! elle va me battre, elle va me battre u Cher, cher vieux allumeur, laissez-moi res ter avec vous ! n‘est-ce pas que vous me garderez ?.Je serai.si.sa-ge\ ,, # Et de grosses larmes gonflaient les paupières de Trueman Flint et inondaient ses joncs rudes et ridées.Plaçant sa tête grisonnante près de celle de Gertrude, il murmura comme se parlant à lui-même : —Te battre ! Non, cela ne sera pas vrai ! Tu resteras avec moi, je te le promets, pauvre petit oiseau sans nid et sans mère ! 'Pu es seule et perdue dans ce monde de méchants seule et sans amis comme moi.Nous resterons ensemble et nous nous aimerons, et nous souffrirons ensemble.True.11 fait un froid épouvantable, cette nuit.Que diriez-vous, demain, longueur contre la façade d’une mai- beaucoup de loisir dans la journée a trouvait »s°n à deux étages de décente appa- lui permettait d'exercer encore mi La petite Gertrude avait donc trouvé un protecteur et un ami.Il était temps J —la souffrance et l’absence de soins n’eussent pas tardé à appeler à son aide un autre protecteur bien puissant'mais qui n’a pour remède et pour consolation que le sommeil et l’éternité,—la mort ! Le lendemain du jour où clic avait etc recueillie par True, elle sc réveilla au matin avec une fièvre ardente; sa tète était brûlante, ses membres glacé*; tout son être présentait lessymp tomes d’une Inaladie grave et sérieuse.Gertrude demeura un instant interdite, ne sachant où elle était arrivée ; la chambre où elle sc trouvait lui était complètement inconnue.Elle crût rêver.Mais bientôt un é-clairde bonheur illumina son visage pâle et amaigri : elle se rappela les événements de la nuit précédente, et la rencontre de ce bon vieux True qui l’avait recueillie au moment où Nan Grant venait de la pousser demi-nue et tremblante dans la rue.Elle se leva et s’approcha de la fenêtre pour jeter un regard dans la rue, elle n’y arriva qu’à grand’pcinc ; sa tête était comme brisée, ses tempes tintaient, elle avait le vertige, et tout son corps tremblait avec une telle violence qu’elle fut obligée de se retenir aux mcmblcs pour ne pas tomber.Au dehors, la tempête sévissait avoc uno intenaîté suns cesse croissante ; les rues étaient toutes couvertes de neige.La blancheur de cette neige éclatante éblouit Gertrude ; elle sentit tout à coup un nuage passer devant ses yeux, sa tête tourna, ses genoux fléchirent et elle tomba évanouie sur le carreau.Trueman rentra quelques instants après, et jeta un cri d’effroi en la voyant étendue sur le plancher, pâle et inanimée ; mais il reconnut bientôt la cause de cet accident ; il avait pu voir pendant la nuit quelle était très-malade et ne fut nullement étonné de ce que ayant voulu se lever et marcher, elle sc fût évanouie.Il la déposa sur son lit et mit tout en œuvre pour la ranimer.Il y réussit, mais cette secousse avait amené une crise, et pendant trois semaines, Gertrude ne quitta pins son lit que quand le vieillard la soulevait dans ses bras pour la porter près de la fenêtre.True qui était rude et grossier souvent dans ses actes, dépouillait tout à fait cette apparence revêche, quand il s’agissait de donner des soins à la petite protégée.Jamais Gertrude n’avait été soignée, caressée, dorlotée comme elle le fut pir l’allumeur durant sa maladie.Gertrude était très-patiente.Souvent il arrivait qu’elle demeurait des nuits entières éveillée par la souffrance ; et malgré la fatigue et l'épuisement, jamais elle n’avait fait entendre une plainte, un soupir ; et la nuit elle s’imposait des efforts imaginables pour s’empêcher de tousser de peur d’éveill.r le digne True qui dormait à côté de son lit sur le plancher, quand l’inquiétude qui l’agitait lui permettait de fermer l’œil.Souvent dans les crises comvulsl-ves que provoquait la violence de la fièvre, True la portait et la berçait dans ses bras pendant des heures entières et alors souvent aussi Gertrude faisait semblant d’être soulagée longtemps avant la fin de la crise, et feignait même de s’endormir, afin que le digne homme la déposa sur son lit, et prit lui-même quelque repos.(A continuer,) LE M DE PERRY MVIS l.o Grand Remède dos Familles do notre Siècle PRIS INTERIEUREMENT IL GUERIT DYSKXTF.lt!F.ClIOLKIM, DlATlKK, Chaüfk kt Dqulkuii dans l’Estomac, Maladif.» d’Intkstins, Coli’qcb OKU Pkintrf.s, Ma LA 1)1 KK UK Foib, Dyspepsie kt Indigestion,! Mal de G ouais, lin dm f.Soudain, Toux, etc , k fa PRIS EXTERIEUREMENT IL GUERIT Enflure, Panaris, Coupures, Meurtri-sures, Brûlures, Echaudurcs( Vieilles Coupures, Entorses, Enflures des Joints, Ma ta did de la FP £Curcy Neuralgic\\ Rhumatisme, Pieds Gelés, etc,, etc.Le public est averti contrôles imitations du Pain-Ivillor, et soupçonner 1 h pt-rsennonqui recommandent aliéna autro article •< tout aussi bon, ” que plusieurs d’elles en font un peu plus do profit, mais qui n’ont aucune qualiic en commun avec le Fain-Killo Prix 25 et 50 ('eut* pn?Ilonteille TERRY DAVIS et FILS et LAWRENCE, Seuls.Propriétaires Montréal, P.Q.et Providence, R.I, 3-3 79.1 an I*n inontlil rmper Dlndlnir: ‘‘Christian O&klo/VMistnko," mil " MMT nindlnjr.and n aaniplo oopy ot "iVcxxfa Ilounilhnld AlAKüZini* -fill Doat-ntlil.fnr nnl* nntif.in numajr, or lu ono-ornt^poitVKo^iiUTuv^ ''jl/?cnU sidasa&SC, JEUDI 18 SEPTEMBRE i879 LE CONSTITUTIONNEL—EDITION HEBDOMADAL E •;rr.’r a.».- rzsr ?g«r«.r -~r » .t-t- rrr.rvv jzzL'&sruxrumt *•asissvT-trrr: *J- —¦««•s:agai ; -.n-.i~-.-i: j»:.* •y:»?yrr VOL-j/ïîE Kl ¦T’.*’T* V;l«r TrjrriTI-l»'; ¦.'irrcir' ie«iïïutiokiir,Æ dans la filo do journaux reous au Bureau d’annomm do MM.Goo.P.ROWELL & Oie.10 Spraoo Street ou Fon peut oontraoter Ln„ ./np|/ juruaH3008 P°Ur °3 NcW-ïUHK Xi© OonsiUatioxiBGl w V*0 .%- : ‘ - fefSf ».asw»4®?TB0ÏS-BIVIERE3 18 SEPT.1870 nSmSrn£i^m*l «» ^ VT^ii r~ —» Lu sUn^tiosi.Lc.i journaux conservateurs sont constamment à reprocher au gouvernement de ne pas mettre fin au conflit qui existe entre les deux chambres, et nous rencontrons tous les jours des personnes qui nous demandent ce que le gouvernement va faire.Nous ne sommes pas dans les secrets du cabinet, mais nous croyons n être pas loin de la vérité en disant que le gouvernement ne fera plus rien d'ici au 28 octobre pour mettre fin au conflit et cela, pour l’excellente raison qu’il n’a rien à faire, ayant fait tout ce que l’on pouvait attendre de lui.Résumons les faits : le gouvernement, malgr.é 22 motions de non-confiance, traverse la session victorieusement dans l’Assemblée Législative, et y fait voter les subsides.Le Conseil suspend le vote du bill des subsides jusqu’à ce que le lieutenant-gouverneur ait renvoyé son administration, dont un grand nombre d’actes sont condamnés par ce môme corps.Remarquons que tous ces actes du gouvernement ont été approuvés par des votes de 1*Assemblée Législative, seule compétente à s’en oc- Mais, vont s’écrier les journaux conservateurs, vous voulez donc que, pendant six mois encore, le service public soit en souffrance.Non, nous ne voulons pas cela ; c’est le Conseil Législatif qui l’aura voulu, Nous n’ignorons pas les inconvénients qui vont résulter de cet état de choses ; mais nous ne pouvons pas admettre que, pour éviter ces inconvénients, il faille sacrifier la constitution et les libertés publiques en remettant le gouvernement du pays virtuellement entre les mains du Conseil Législatif au lieu de le laisser entre les mains du peuple.Les conservateurs sc vantent que plusieurs députés libéraux abandonneront le gouvernement s'il ne peut pas obtenir les subsides du Conseil.Nous n’en croyons rien, parce que ce serait faire injure à nos amis ; mais si c’ctait vrai, nous dirions : tant pis pour ces députés s’il sont prêts à sacrifier les liberté ; populaires et à se mettre sous le talon des quinze incapables qui ont refusé les subsides.Si Je gouvernement de M.Joly tombait dansées circonstances, il pourrait se vanter qu’il est tombé pour la défense d’un principe digne du sacrifice de bien des gouvernements.Ce 11c serait pas lui seul qui serait tombé ; notre constitution et nos libertés seraient ensevelies avec lui.—V Eclaireur.( Trois-Rivières, c'est-à-dire au Cap de la Magdeleine, pour commencer les travaux tics ponts du St.Maurice.En 1S23, Mgr Signay avait béni le mariage de M.Edouard Normand I avec Mademoiselle Marie Louise Martin dit Beaulieu, de Québec, et * dans une autre colonne de M.P.M Conner, HORLOGER et BIJOUTIER ci-devant de Montréal, et maintenant établi en cette ville.Nous invitons le public à lui faire une visite.ANGLETERRE.Liverpool, 13—Le vapeur “ Mis-sissipi ” parti de Québec le 1er du mois avec un chargement composé* de 17 chevaux, cent bêtes à cornes, onze cent deux moutons, est arrivé ce matin en notre port.Le débarquement s’est effectué sans encombre après une union de cinquante-six Nouveau tarif.—Les taux suivants ans cette épouse mconsolable lu.sur- , pour la poste aux paquets viennent Huit moutons seulement ont péri I Vit, ainsi que trois enfants T.h.N or- d être établis.Pour chaque paquets .1 • i d 1 * 11N 1 et t • 1 | man d, lier.J.R Normand.Ecr et ne pesant pas- plus de 4 onces six “TonVr^^-On annonce que le Madame Dr.Gervais.cents ; pour chaque paquet excédant1 mer “Zeeland.” capitaine Flahcr- rcsolutions attirant l’attention du gouvernement sur la détresse qui règne en Irlande et demandant du secours de l’Etat ainsi qu’une réduction générale des loyers.Une dépêche de Londres dit que tout indique que la détresse parmi les classes ouvrières du nord-est de l’Angleterre sera excessive cet hiver.Une dépêche île Bordeaux mande que le fameux Blanqui a été battu.| vienne un vide que l’on sentira long- | qu’une réduction de prix sera faite Londres, 13—La “North Lança- nu- loureuscment é-proli\ éc no, plus *.n- [ comme ci-devant.On pourra envoyer | unive(3C, .rclglIicr à ,a crjsc ac_ ceres condoléances.par la malle des verres, lunettes ou n .1 .Ses funérailles auront lieu demain autres, pourvu qu’ils soient paquetés ! c l.° L c*.",l £ -j!r~rrrf^zvn^r^^^//:.?^.-^»»rrr^^rvrri^.,g:^r?Tjr.T&rvt.-r.ja^>>vr^.v:ga,.rsgvrrrvr-XTi-^r*^r^^r.,rr:—rrr.::- -r ,r?r^:nr,g:,‘.~^! vrr r.gi rsLrrrr rpxr.w ^ - ggaeaiHB jniTy^mM>‘acig>r3ra POND’S EXTRACT ' AUX CUIjVÀTLUIW.Extrait de Pond.Lo Usinai» du Pcuplo.Lo Tao-Doulour Universel.Aria: Demande» le Pond’s Extract N’en proue» pu J d'autre.i“ RcêdUs *4 vais dire .,ruIltü „„„ ,|e SUT le marche de la liasse \ lllc, lors- pnifiqtie heureuse «juo «les cas alarmants peu- \ sago U» J à 1 cette superfluité en les retranchant :! que vers midi elle demanda la per- , vent être radiculemeuc guéris sans l’usng ccttc operation s’appelle l'écimage, j mission de visiter la chapelle non loin ; r^" c est-a-dire oter la cime de la plante.; de la ; la mere y consentit.: i,& f.is simple, certain et eflicnce, par leque On cciir.e de trois manières: soit! Après y être demeurée quelque K>ut patient n'impoit-sa c.nulitum.peut se j en coupant le sommet de la plante, temps, la jeune fille voulut retourner ; pSj"M»!ÜL"«Tlôn i soit en la cassant.Nous donnons la près de sa mere qui 1 attendait.Mais 4jc cctt;annonce.près uc sa mere qui préférence au premier procédé, car le quel fut son embarras, lors-second déchire et détériore l'cxtré- ) qu’après avoir examine de tous côtés mité de la plante, et le troisième doit ! eile ne put finir par retrouver son être recommencé plusieurs fois car l’activité de la végétation donne souvent une nouvelle vigueur à la plante qui fleurit de même.Plus la pliure, la cassure ou la coupure, sera basse, plus le tabac sera fort, car la concentration de la sève sera plus circonscrite.Les petites feuilles qui se trouvent au-dessus de la coupure doivent être rejetées ; car n’ayant pas atteint leur maturité, elles font de très-mauvais tabac et ne sont bonnes qu’à détériorer ce dernier lorsqu'on les mêle avec les autres.Aussitôt l’ccimage terminé, la plante donne naissance à une grande quantité de rejetons qu’il importe au cultivateur de supprimer aussitôt leur apparition.Ce sont ceux qui poussent du pied, même de la tige, qui doivent les premiers attirer les regards du cultivateur, et tous devront être supprimés si l’on ne veut risquer ! Quelques charretiers qui stationnaient premier chemin.Alors, avisant un monsieur à la mise assez respectable, tant qu’à l'âge et à l’habillement, lui demanda de vouloir bien la conduire sur le marché parce que, disait-elle, c'était seulement la seconde fois i qu’elle venait à Québec, et qu’elle é- : tait tout à fait étrangère à scs rues.L'individu en parfait galant, obéit immédiatement, flairant sans doute une bonne aubaine à sa galanterie.Après quelques détours il s’arrêta à l’hôtel d’un M.Noël, et comme il était midi, il ordonna de servir à dîner à la fille pendant que lui-même reviendrait vers le soir.La jeune fille ignorant sans doute les usages et sc fiant à son innocence crut son beau galant et attendit.Mais l'amour maternel qui ne sait point attendre, à l’absence un peu prolongée de sa fille, commence à s’alarmer et aussitôt donna l’éveil.A il ri’mh » The Culvcrxvcirs Medical Co, •Il Ann, St , Ni:\vYoKK Post-Ofiic, Box 4580.— 1».7 I •j AYIS R A r Oe Grand Eomedoest au rr.no- dos cho ses nécessaires à la vie.C
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