Cinéma Québec, 1 janvier 1974, Mai
mema C-841 numéro spécial HI flpii L’office du film du Québec produit et distribue les films des ministères du gouvernement du Québec Ces courts métrages d’information et de formation, films documentaires, touristiques, éducatifs, culturels.et les documents audiovisuels, diapositives, bandes sonores, photographies.sont disponibles: à Montréal Service de la Distribution -360, rue McGill, Mtl - H2Y 2E9, Qué.Tél.: 873-2234 à Québec Service de la Distribution — 1601 ouest, boul.Hamel, Qué.-G1N3Y7, Qué.Tél.: 643-5160 Office du Film du Québec Ministère des Affaires culturelles Cl NÉMA / TELEVISION % Téléphoner 878-^62, vous vewez.bien ! 2 cinéma/québec cinéma québec Vol 3, No 7 (spécial) Direction: Jean-Pierre Tadros Comité de rédaction: Michel Euvrard, Richard Gay, André Leroux, Jean-Pierre Tadros Collaborateurs: Pierre Demers, Guy Hennebelle, Francine Laurendeau, Jean Leduc, André Pâquet.Administration, publicité: Connie Tadros Conception graphique: Louis Charpentier Secrétariat: Louise Deslauriers Archiviste: Francesca Pozzi Distribution: Kiosques, tabagies: 931-4221 Librairies: 272-8462 Index: Cinéma/Québec est indexé dans Pé-riodex, Radar, l’Index international des revues de cinéma, et Film Literature Index.Abonnements: Canada, un an (10 numéros): $6.50; étudiant: $5.00.Etats-Unis, ajouter un dollar.Etranger, un an (10 numéros): $9.00; étudiant $7.00.Adresser chèques et mandats poste à l’ordre de: Cinéma/Québec C.P.309, Station Outremont Montréal 154, Québec, Téléphone: (514) 272-1058 La revue s’engage à considérer avec la plus grande attention tous les manuscrits qui lui seront adressés.Les manuscrits non acceptés ne seront rendus à leurs auteurs que si ces derniers en font la demande.La revue n’est pas responsable des manuscrits qui lui sont envoyés.Tous droits réservés.Toute reproduction d’un extrait quelconque de la revue par quelque procédé que ce soit et notamment par photocopie et microfilm, est interdite sans autorisation spéciale de la direction.Courrier de la deuxième classe.Enregistrement no 2583.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.québec/canada à cannes Photo couverture: J.-Léo Gagnon et Marthe Nadeau dans Les dernières fiançailles de Jean-Pierre Lefebvre.En compétition Il était une fois dans l’est Couleurs 35mm 101 minutes Un film d’André Brassard.Producteur: Pierre Lamy.Scénario: Michel Tremblay, André Brassard.Images: Paul Van Der Linden.Musique: Jacques Perron.Montage: André Corri-veau.Son: Jacques Blain.Direction artistique: François Laplante.Interprètes: Denise Filiatrault (Hélène), Michèle Rossignol (Pierrette), Frédérique Collin (Lise Paquette), Sophie Clément (Carmen), André Montmorency (Sandra), Jean Archambault (Hosanna), Gilles Renaud (Cui-rette), Manda Parent (Germaine Lau-zon), Claude Gai (La Duchesse de Langeais), Rita Fontaine (Manon), Béatrice Picard (Robertine), Amulette Garneau (Bec - de - lièvre), Denis Drouin (Maurice).Société de Production: Les Productions Carie-Lamy avec la participation financière de la Société de Développement de l’Industrie Cinématographique Canadienne.Distribution au Canada: Ciné-Art, 800 est boul.de Maisonneuve, suite 600, Montréal, Québec.Ventes à l’étranger: Madame Klautke Vogt, Briennerstrasse 1, 8 Munich 2, Allemagne.Quinzaine des réalisateurs Les dernières fiançailles Couleurs 16mm 90 minutes.Un film de Jean-Pierre Lefebvre.Scénario: Jean-Pierre Lefebvre.I- mages: Guy Dufaux, Jean-Claude Tremblay.Montage: Marguerite Du-parc.Son: Jacques Blain.Musique: Andrée Paul.Producteurs: Marguerite Duparc et Claude Godbout.Interprètes: Marthe Nadeau (Rose), J.Léo Gagnon (Armand), Marcel Sa-bourin (Le docteur).Société de production: Cinak Ltée, 2184 rue Prud’homme, Montréal, Québec H4A 2H2, (514) 481-5601, et Les Productions Prisma, 4073 rue Saint-Hubert, Montréal, Québec, (514) 526-7768.Distribution au Canada et à l’étranger: Disci Inc., 2184 rue Prud’homme, Montréal, Québec H4A 2H2, (514) 481-5601.Au Vox Bingo Bulldozer Le chant de la forêt A Child Like Any Other Les corps célestes Exploding Dreams La Gammick Il était une fois dans l’est Images de Chine L’infonie inachevée Je t’aime A Quiet Day In Belfast Red Sweet Movie Tendresse ordinaire Valse à trois temps Wedding In White Y a toujours moyen de moyenner! cinéma/québec 3 Marché du film Bingo Couleurs 35mm Un film de Jean-Claude Lord.Producteur: Pierre David.Scénario: Jean-Claude Lord en collaboration avec Lise Thouin, Michel Capistran, Roch Poisson et Jean Salvy, d’après une idée de Jean-Claude Lord.Images: Claude Larue, François Protat et Jean-Claude Labrecque.Interprètes: Réjean Guénette, Anne-Marie Provencher, Gilles Pelletier, Janine Fluet, Claude Michaud, Manda Parent, Alexandra Stewart et Jean Duceppe.Société de Production: Productions Mutuelles Ltée, 225 est rue Roy, suite 24, Montréal 131, Québec (514) 845-5211.Distribution au Canada et ventes à l’étranger: Films Mutuelles Ltée, 225 est rue Foy, suite 24, Montréal 131, Québec (514) 845-5211.Bulldozer Couleurs 35mm 93 minutes Un film de Pierre Harel.Producteurs: Lise Venne et Bernard Lalonde.Scénario: Pierre Harel et Mouffe.Images: François Beauchemin.Musique: Offenbach.Montage: Pierre Harel et Pierre Lacombe.Son: Yves Dion.Interprètes: Mouffe (Solange Galar-neau), Donald Pilon (Peanut Galar-neau) Yvon Ducharme (Main Gauche), Pauline Julien (Mignonne), André St-Denis (Gontrand), Raymond Lévesque (Bertrand), Mr.Wonder (Pas-d’patte), Berça (Berça), Tony Roman (Denis Denis), Françoise Marque (Ma Noire).Société de Production: L’Association Coopérative de productions audio-visuelles, 96 ouest rue Sherbrooke, Montréal, Québec H2X 1X3, (514) 849-1381.Distribution au Canada: Les Films Mutuels, 225 est rue Roy, Montréal, Québec H2W IM5, (514) 845-5211.Ventes à l’étranger: L’Association coopérative de productions audio-visuelles, 96 ouest rue Sherbrooke, Montréal, Québec H2X IX3, (514) 849-1381.Les corps célestes Couleurs 35mm 110 minutes Un film de Gilles Carie.Producteur: Pierre Lamy.Scénario: Gilles Carie et Arthur Lamothe.Images: Jean- Claude Labrecque.Musique: Philippe Sarde.Montage: Renée Lichtig.Son: Henri Blondeau.Interprètes: Donald Pilon (Desmond), Carole Laure (Rose-Marie), Micheline Lanctôt (Sweetie), Judi McDonald (Betty), Sheila Charlesworth (Helen), Reda Markovits (Katie), Claudie Verdant (Brigitte), Dominique Charron (La Polonaise), Yvon Barrette (Lorenzo), Jacques Dufilho (Le curé).Société de production: Mojack Films Ltée, 800 est boul.de Maisonneuve, suite 600, Montréal, Québec H2L 2G9, (514) 849-6023.Distribution au Canada: Ciné-Art Film Distributing Ltd., 800 est boul.de Maisonneuve, suite 600, Montréal, Québec H2L 2G9, (514) 849-6023.Ventes à l’étranger: Société nouvelle de cinématographie Inc., 800 est boul.de Maisonneuve, suite 600, Montréal, Québec H2L 2G9 (514) 849-6023.Guitare,., guitare Couleurs 16mm 80 minutes Un film de Richard Lavoie, Producteur: Richard Lavoie.Scénario: Richard Lavoie et Jocelyn Sheehy.Images: Yves Maltais.Musique: Jocelyn Sheehy.Montage: Richard Lavoie.Son: Richard Lavoie.Interprètes: Richard Isabel (Richard), Manon Arès (Lo), Patrice Drouin (Patrice) Roy Witham (Le vieil homme), Joce Sheehy (Le jeune musicien).Société de production: Richard Lavoie Inc.871 sud rue Jacques-Cartier, Tewkesbury, Québec GOA 4PO, (418) 848-3254.Distribution au Canada et à l’étranger: Les Films Boréas Inc., 871 sud rue Jacques Cartier, Tewkesbury, Québec GOA 4PO, (418), 848-3254.Images de Chine Couleurs 35mm 69 minutes Un film de Marcel Carrière.Producteur: François Séguillon.Images: Alain Dostie.Son: Serge Beauchemin.Montage: Jacques Gagné.Société de Production: Office National du Film du Canada, c.p.6100, Montréal, Québec H3C 3H5, (514) 333-3333.L’Infonie Inachevée Couleurs et noir & blanc 35mm et 16mm 85 minutes.Un film de Roger Frappier.Producteur: L’Association coopérative de productions audio-visuelles.Images: André Gagnon.Musique: Walter Boudreau.Montage: Roger Frappier assisté de Guy Bergeron.Son: Jean Rival.Interprètes: Raoul Duguay, Walter Boudreau, Karlheinz Stockhausen, Gaston Miron, Michèle Lalonde.Raymond Duguay et les membres de l’In-fonie.Société de Production: L’Association coopérative de productions audio-visuelles, 96 ouest rue Sherbrooke, Montréal, Québec H2X IX3, (514) 849-1381.Distribution au Canada et ventes à l’étranger: Les Films Fa-roun (Canada) Ltée, 136-A est rue Saint-Paul, Montréal, Québec H2Y IG6, (514) 866-8831), Télex: Farfilm.Jet’aime Couleurs 35mm 90 minutes Un film de Pierre Ducappe.Producteur: Claude Héroux.Scénario: Pierre Duceppe.Images: René Verzier.Musique: Frank Dervieux.Montage: Yves Langlois et Mélanie Gelman.Son: Patrick Rousseau.Interprètes: Jeanne Moreau (Elisa), Jean Duceppe (Arthur), Roseline Hoffman (Martine), Jean-René Ouellet (Jérôme), Lionel Villeneuve (Marcellin), Willie Lamothe (L'encanteur.) Société de production: Les Productions Mutuelles Ltée, 225 est rue Roy, suite 24, Montréal, Québec, (514) 845-5211.Distribution au Canada et ventes à l’étranger: Les Films Mutuels, 225 est rue Roy, Montréal, Québec (514) 845-5211.Valse à trois temps Couleurs 35mm 90 minutes Un film de Fernand Rivard.Producteurs: Fernand Rivard et Victor Lal-louz.Scénario: Andréanne Foucault, Fernand Rivard et Ian Ireland.Images: Claude Larue.Musique: Marc Hamilton et Gérard Manset.Montage: Louise Côté: Son: Marcel Delam-bre et Patrick Rousseau.Interprètes: Karin Schubert (Claire), Ian Ireland (Paul), Paule Bélanger (Hélène), Laurier Lapierre (André).Sociétés de production: Les Entreprises audio-visuelles Média-Sept Inc.et Victor Lallouz Productions Co.Ltd., 10776 rue Saint-Laurent, Montréal, Québec H3L 2P9, (514) 331-9743.Distribution au Canada et ventes à l’étranger: Les Entreprises audiovisuelles Média-Sept Inc., 10776 rue Saint-Laurent, Montréal, Québec H3L 2P9, (514) 845-9743.Y a toujours moyen de moyenner 35mm couleurs 92 minutes Un film de Denis Héroux.Producteur: Claude Héroux.Scénario: Marcel Lefebvre avec la collaboration de Guy Fournier, Gilles Gauthier, Denis Hé- 4 cinéma/québec roux et Jean-Guy Moreau.Images: René Verzier.Musique: Marcel Lefebvre.Montage: Yves Langlois et Mélanie Gilman.Son: Patrick Rousseau.Interprètes: Jean-Guy Moreau, Yvan Ducharme, Willie Lamothe, Dominique Michel, Danièle Ouimet, Denise Pelletier, Gilles Latulippe, Roger Garand.Société de Production: Cinévidéo Inc., 245 Avenue Victoria Montréal, Québec H3Z 2M6.Distribution au Canada et ventes à l’étranger: Les distributions Ciné-Capitale Ltée, 245 Avenue Victoria, suite 601, Montréal, Québec H3Z2M6, (514) 934-0869.Noël et Juliette Noir et blanc 35mm 87 minutes Un film de Michel Bouchard, Producteur: René Gueissaz, Scénario: Michel Bouchard.Images: André Gagnon.Musique: Ville Emard Blues Band, dirigé par Michel Robidoux.Montage: André Corriveau.Son: Hughes Migneault.Interprètes: Reynald Bouchard (Noel), Esther Auger (Juliette), Micheline Lanctôt (Monique).Société de production: L’Association coopérative de productions audio-visuelles, 96 ouest rue Sherbrooke Montréal, Québec H2X IX3, (514) 849- 1381.Distribution au Canada et ventes à l’étranger: L’Association coopérative de productions audio-visuelles, 96 ouest rue Sherbrooke, Montréal, Québec H2X IX3, (514) 849-1381.On n’engraisse pas les cochons à l’eau claire Noir et blanc 16 mm 112 minutes Un film de Jean-Pierre Lefebvre.Scénario: Jean-Pierre Lefebvre.Images: Guy Dufaux et Jean-Claude Tremblay.Montage: Marguerite Duparc.Son: Jacques Blain.Producteurs: Marguerite Duparc et Claude Godbout.Interprètes: Jean-René Ouellet (Bob Tremblay), Maryse Pelletier (Louise Leduc), Louise Rinfret (Hélène Tou-chette), Francine Ruel (Isabelle Tremblay), Louise Guerrier (Sylva Silvers), Denys Arcand (Rocket), J.-Léo Gagnon (Hubert Tremblay), Marthe Nadeau (Marie Tremblay), Christiane Gauvin (Rachelle).Sociétés de Production: Cinak Ltée, 2184 rue Prud’homme, Montréal, Québec, (514) 481-5601; et Les Productions Prisma, 4073 rue Saint-Hubert, Montréal, Québec, (514) 526-7768.Distribution au Canada et ventes à l’étranger: Disci Inc., 2184 rue Prud’homme, Montréal, Québec, (514) 481-5601.Une nuit en Amérique Couleurs 16mm/35mm 90 minutes Un film de Jean Chabot.Producteur: Guy Bergeron.Scénario: Jean Chabot.Images: Pierre Mignot.Musique: Walter Boudreau et l’Infornie.Montage: France Pilon.Son: Jean Rival et Claude Beaugrand.Interprètes: Robert Rivard (Lemieux), Jill Frappier (Mme Braner), Jocelyne Goyette (Bizou), Reynald Bouchard (Jeune homme), Guy L’Ecuyer (Fred), Jean-Pierre Plante (Garagiste), Nana de Varennes (La vieille dame).Société de production: L’Association coopérative de productions audio-visuelles, 96 ouest rue Sherbrooke, Montréal, Québec H2X IX3, (514) 849-1381.Distribution au Canada et ventes à l’étranger: Cinépix Inc., 8275 rue Mayrand, Montréal, Québec H4P 2C8, (514) 342-2340.Alien Thunder Panavision couleurs 35mm 90 minutes.Un film de Claude Fournier.Producteur: Marie-José Raymond.Scénario: George Malko.Images: Claude Fournier.Musique: Georges Delerue.Montage: Yves Langlois.Son: Bruce Bi-senz.CITEL présente son dernier long-métrage production 1974 “UN AMOUR COMME LE NÔTRE” le film le plus commercial de Tannée “Une co-production: Pierson Production, Paris CitelInc., Montréal I.C.A.R.-, Rome Visionnement à Cannes Nicole Boisvert Palais Miramar, app 412 Téléphone: 38-23-56 à Montréal, Canada 321 ave Querhes ou: 7 rue Sunset Tel: 737-0302 cinéma/québec 5 Interprètes: Donald Sutherland (Dan Candy), Gordon Tootoosis (Almighty Voice), Chief Dan George (Sounding Sky), Kevin McCarthy (Malcolm Grant), Jean Duceppe (Inspecteur Bri-sebois), Francine Racette (Emilie Grant).Société de production: Onyx Film Inc., 361 Place Royale, Montréal, Québec H2Y 2V3, (514) 842-9701).Distribution de la version anglaise aux Etats-Unis, au Canada (à l’extérieur du Québec), Angleterre, Australie, Nouvelle Zélande et Afrique du Sud: Ciné-rama Inc., 141 South Robertson Boulevard, Los Angeles, Californie 90048, U.S.A.Distribution de la version française au Canada et de la version anglaise au Québec: Les Productions Mutuelles Ltée, 225 est rue Roy, Montréal, Québec H2W 1M5, (514) 845-5211.The Apprenticeship of Duddy Kravitz Couleurs 35mm 121 minutes Un film de Ted Kotcheff.Producteur: John Kemeny.Scénario: Mordecai Richler.Images: Brian West.Montage: Thorn Noble.Son: Marcel Pother.Musique: Stanley Myers.Interprètes: Richard Dreyfuss (Duddy), Micheline Lanctôt (Yvette), Jack Warden (Max), Randy Quaid (Virgil), Joseph Wiseman (Oncle Benjy), Henri Ramer (Dingleman), Joe Silver (père), Norman Taviss (grand-père).Société de production: International Cinemedia Centre Ltd., 245 avenue Victoria, suite 601, Montréal, Québec (514) 932-2921.Distribution au Canada: Astral Films Ltd., 224 Davenport Road, Toronto, Ontario M5R IJ7, (416) 924-9721.Ventes à l’étranger: Inter-Ocean Films Ltd., World Sales Organisation, 641 Lexington Avenue, New York, N.Y.10022, U.S.A.Child Under A Leaf Couleurs 35mm 90 minutes Un film de George Bloomfield.Producteurs: Robert Baylis et Murray Shostak.Scénario: George Bloomfield.Images: Don Wilder.Musique: Francis Lai.Montage: George Bloomfield.Son: Henri Blondeau.Interprètes: Dyan Cannon (Domino), Donald Pilon (Joseph), Joseph Campa-nella (le mari), Micheline Lanctôt, Bud Knapp, Albert S.Waxman.Sociétés de Production: Potterton Productions Inc., en collaboration avec Ethos Productions Inc., c.p.948, Niveau 3, Place Bonaventure, Montréal 114, Québec, (514) 875-6470.Distribution au Canada: Les Productions Mutuelles, 225 est rue Roy, Montréal, Québec H2W 1M5, (514) 845-5211.Ventes à l’étranger: Inter-Ocean Films Ltd., World Sales Organisation, 641 Lexington Avenue, New York, N.Y.10022, U.S.A.Eliza’s Horoscope Couleurs 35mm 120 minutes.Un film de Gordon Sheppard.Scénario: Gordon-Sheppard.Images: Jean Boffety, Paul Van Der Linden et Michel Brault.Montage: Gordon Sheppard.Son: Lenny Lencina et Ron Seltzer.Interprètes: Elizabeth Moorman (E-liza), Torn Lee Jones (Tommy), Lila Kedrova (Lila), Rose Quong (Astrologue chinois).Société de Production: O-Zali Film Inc., 4866 ouest rue Sainte-Catherine, Montréal, Québec, (514) 487-5255.Distribution au Canada: Warner Brother Distributing (Canada) Ltd.5890 Monkland, Montréal, Québec, (514) 481-2763.Ventes à l’étranger: Warner Brother Distributing Ltd., 4000 boulevard Warner, Burbank, California, U.S.A.Exploding Dreams Couleurs 35mm 90 minutes Un film de Morley Markson, Producteur: Morley Markson.Scénario: John Palmer et Morley Markson.Images: Henri Fiks.Montage: Morley Markson.Son: Al Streeter.Interprètes: Jackie Burroughs (Wanda), Victor Garber (Eric), Jess Walton (Elaine), Louis Del Grande (Frederick), Jim Henshaw (Gus).Société de production: Morley Mark-son and Associates Ltd., 167 Avenue Madison, Toronto, Ontario, (416) 921-0874.Distribution au Canada et ventes à l’étranger: Morley Markson and Associates Ltd., 167 Avenue Madison, Toronto, Ontario, (416) 921-0874.Hamlet Couleurs 35mm 168 minutes.Un film de René Bonnière.Producteur: F.R.Crawley.Images: Richard Leiterman.Montage: René Bonnière.Son: David MacMillan.Interprètes: Chris Bennett, Steven Bush, Linda Certain, Bembo Davies, Bryan Eaton, Dan Hennessey, Becke Keller, Jan Kudelka, Rick McKenna, Bill Peden, Richard Iroton.Société de Production: Crawley Films Ltd., Box 3040, 19 Fairmount Avenue, Ottawa, Ontario K1Y 3B5, (613) 728-3513.Distribution au Canada et ventes à l’étranger: Crawley Films Ltd., Box 3040, 19 Fairmount Avenue, Ottawa, Ontario K1Y 3B5, (613) 728-3513.The Hard Part Begins Couleurs 16mm 91 minutes Un film de Paul Lynch.Producteurs: John Clifford Hunter et Derrett G.Lee.Scénario: John Clifford Hunter.Images: Robert Saad.Musique: lan Guenther.Montage: William Gray.Son: Billy Nobles.Interprètes: Donnelly Thodes (King), Nancy Belle Fuller (Jenny), Paul Bradley (Duane), Linda Sorenson (Alice).Société de Production: Odyssey Films Ltd., 172 Davenport Road, Toronto, Ontario M5R 1J2, (416) 964-9610.Distribution au Canada: Cinépix Inc., 8275 avenue Mayrand, Montréal, Québec H4P 2C8, (514) 342-2340.Ventes à l’étranger: Odyssey Films Ltd., 172 Davenport Road, Toronto, Ontario M5R 1J2, (416) 964-9610.Lies My Father Told Me Couleurs 35mm 104 minutes Un film de Jan Kadar.Producteurs: Anthony Bedrich, Harry Gulkin, Michael A.Harrison.Scénario: Ted Alan.Images: Paul Van Der Linden.Musique: Harry Friedman.Montage: Richard Marks.Son: Henri Blondeau.Interprètes: Yossi Yadin, Jaff Lynas, Len Birman, Marilyn Lightstone, Henri Gamer.Société de production: Pentacle VIII Productions Ltd., a/s Gulkin Productions, 143 Strathearn Street, Montréal, Québec H4X 1X8, (514) 733-7141 ou 482-0712.Distribution au Canada: Astral Communications Ltd., 224 Davenport Road, Toronto 5, Ontario, (416) 924-9721.Ventes à l’étranger: Pentacle VIII Productions Ltd., a/s Gulkin Productions, 143 Strathearn Street, Montréal, Québec H2X 1X8, (514) 733-7141 ou 482-0712.Montreal Main Couleurs 16mm 88 minutes Un film de Frank Vitale.Producteurs: Frank Vitale et Allan Bozo Moyle.Scénario: Frank Vitale.Images: Eric Bloch.Musique: Beverley Gleen-Copelann.Montage: Frank Vitale.Son: Pedro Novak.Pré-tour-nage vidéo produit par: Maxine Mac-gillivray.Interprètes: Tony Booth, Nye Ma-ciukas, Esther Ormianer, Suzy Lake, G.E.Rogers, Janet Walczewski, George MacKenzie, Maggie Guns, Leonard Coleman.6 cinéma/québec Société de production: Président Film, 4318 boulevard Saint-Laurent, Montréal 131, Québec, (514) 845-5483.Distribution au Canada-anglais: New Cinema Enterprises, 35 Britain Street, Toronto, Ontario M4A 1R7, (416) 862-1674.Distribution au Canada-français: Faroun Films (Canada) Ltée, 136-A est rue Saint-Paul, Montréal, Québec H2Y 1G6, (514) 866-8831.Ventes à l’étranger: Faroun Films (Canada) Ltée, 136-A est rue Saint-Paul, Montréal, Québec H2Y 1G6, (514) 866-8831.A Quiet Day in Belfast Couleurs 35mm 92 minutes Un film de Milad Bessada.Producteur: Milad Bessada.Scénario: Jack Gray d’après la pièce d’Andrew Angus, "Dalrymple”.Images: Harry Makin.Musique: Greg Adams et Eric Robertson.Montage: Simon Christopher Dew.Son: John Kelly.Interprètes: Barry Foster, Margot Kidder, Leo Leyden, Sean McCann, Sean Mulcahy.Société de production: Twinbay Media International Ltd.1765 Victoria Park Avenue, Scaborough,Ontario M14 155, (416) 751-1078.Distribution au Canada: Ambassador Film Distributors Ltd., 88 est avenue Eglinton, Toronto, Ontario, (416) 485-9425.Sunday in the Country Couleurs Panavision 90 minutes Un film de John Trent.Producteur: David Perlmutter.Scénario: Robert Maxwell et John Trent d’après une histoire de David Main.Images: Marc Champion.Chansons et thème musical: Paul Hoffert et musique originale de William McCauley.Montage: Tony Lower.Son: Russ Heise.Interprètes: Ernest Borgnine (Adam), Michael J.Pollard (Leroy), Hollis McLaren (Lucy), Louis Zorich (Dinelli), Cec Linder (Ackerman), Vladimir Va-lenta (Luke), Al Waxman (Sergeant), Tim Henry (Eddie), Murray Westgate (Conway).Société de Production: Quadrant Films Limited, 38 rue Isabella, Toronto, Ontario M4Y 1N1 (416) 964-6661.Distribution au Canada: Ambassador Film Distributors Ltd., 88 est avenue Eglinton, Toronto, Ontario, (416) 485-9425.The Visitor Couleurs 16mm 93 minutes Un film de John Wright.Producteur: Margaret Dallin.Scénario: John Wright.Images: Doug McKay.Musique: Luigi Zaninelli.Montage: Homer Powell.Son: Julian Smither.Interprètes: Pia Shandel (Becca), Eric Peterson (Michael), Hetty Clews, Alan Robertson, Scott Hylands.représentant le premier choix de films canadiens vous invite à nous visiter au Palais des festivals de Cannes 1974.Warner Wolfe André Link Cinépix-Paris Cinépix-Montréal 8275 Mayrand , Montréal 308 Québec, Canada/Tél.(514)342-2340 Société de production: Highwood Films Ltd.2020 Urquhart Road N.W., No 2, Calgary, Alberta T2N 4C5, (403) 284-3549.Distribution en Colombie-Britannique: Elliott Distribution, 1227 Richard Street, No 7, Vancouver, B.C.B6B 3J3, (604) 687-7851.Distribution dans le reste du Canada et ventes à l’étranger: Faroun Films (Canada) Ltée, 136-A est rue Saint-Paul, Montréal, Québec H2Y 1G6, (514) 866-8831.Wolf Pen Principle Couleurs 16mm 90 minutes Un film de Jack Darcus.Producteur: Werner Aellen.Scénario: Jack Darcus.Images: Terry Hudson, Hans Klardie.Musique: Don Druick.Montage: Raymond Hall.Son: Zale Dalen.Interprètes: Vladimir Valente (Le gérant), Doris Chilcott (L’épouse), Lawrence Brown (John Smith), Alicia Ammon (La mère), Torn Snelgrove (Le père), Janet Wright (Mlle Mervin).Société de production: Image Flow Centre Ltd., West 7th Avenue, Vancouver 9, B.C.(604) 731-5611.Distribution dans l’ouest du Canada: Bob Elliott Distribution, 1227 Richards Street, Vancouver, B.C.V6B 3J3, (604) 687-7851.Distribution dans l’est du Canada et ventes à l’étranger: Faroun Films (Canada) Ltés, 136-A est rue Saint-Paul, Montréal, Québec H2Y 1G6, (514) 866-8831.avec les compliments de PAssociation des Propriétaires de Cinémas du Québec Inc.3720, Van Horne suites 4 et 5 Montréal (514)738-2715 cinéma/québec 7 (extrait du vol 3, no 6-7) loi-cadre congrès de l’APFQ UNE LEÇON DOPINIÂTRETÉ conférence de raymond-marie léger; directeur de l’OFQ Raymond-Marie Léger is well and alive and still living in Montreal.Il se porte aussi bien qu’une coproduction.Avis aux coupeurs de têtes et autres charmants comploteurs vivant au fil de la machette, qu’elle soit made in Cuba ou made in Haiti.Si les mercenaires n’ont guère de coeur -paraît-il -, on leur reconnaît d’emblée deux qualités: ils ont la tête dure et résistent à l’usure comme prêteurs sur gages! Un mercenaire peut, certes, ressentir à l’occasion quelque lassitude; mais l'épuisement ne l’atteint pas.Ce qu’il fait lorsqu’il le fait à la limite de ses forces, même une bête refuserait de le faire.Et si, guerrier foudroyé, il lui arrive de tomber, il le fait à la façon d’un chêne qu’on abat, d’un seul coup, tout geste retenu, la tête bien en place, comme aiment tomber les soldats dans les films soviétiques, i.e.dans un grand mouvement de contre-plongée circulaire.Hommage, donc, aux mercenaires du cinéma québécois.Aux obscurs combattants du quotidien.Aux vétérans de la retraite des dix mille.A ceux qui n’ont jamais renoncé.A ceux qui n’ont jamais répugné aux combats d’arrière-garde.Texte d’une conférence prononcée le 5 avril 1974 par M.Raymond-Marie Léger au banquet d’ouverture du Congrès de l’Association des producteurs de films du Québec.A ceux qui ont mené une guerilla sans panache et sans gloire.A ceux, surtout, qui continuent à regarder du côté de l’espoir.Le St-Léger de la victoire Nous avons, ensemble, commencé la lutte il y a maintenant onze ans.Je reconnais parmi vous des mercenaires de la première heure.Je sais qu’ensemble nous boirons d’ici quelque temps le St-Léger de la victoire.Je dois cependant constater non sans une certaine morosité, que cette lutte aura été menée de bout en bout par les plus de trente ans.Tout se passe comme si les plus jeunes avaient renoncé aux luttes collectives pour ne s’intéresser qu’à la défense et à l’illustration de l’oeuvre individuelle.On me dit, et je serais porté à le croire, que cette attitude n’est pas exclusive au cinéma et que ce phénomène de démobilisation est assez généralisé.Il faut le regretter.Il faut regretter cette forme d’exil que semblent pratiquer trop de jeunes cinéastes qui, pour reprendre l’admirable expression de Anne Hébert, “vont se perdre à l’horizon poudreux gardé par des sapins brûlés”.On dirait un Lemieux.Un lent Lemieux.Un Lemieux où, au-delà du tableau, se profilent les éléments constitutifs d’une sociologie culturelle du Québec, à nulle autre pareille, pour le meilleur ou pour le pire: des flambées d’octobre qui tournent court à cause 8 cinéma/québec loi -cadre des hivers trop longs, le culte de l’attente, une patience à parfois tout casser, une solitude taciturne et l’indifférence au temps qui passe.Lemieux est lent, le Musée d’art contemporain est loin, la loi-cadre est longue.Que ce cinéma a du mal à venir.Peut-être, après tout, sommes-nous vraiment porteurs d’obscures certitudes qui guident en secret notre lent cheminement clandestin vers une quelconque Terre promise.Une terre de paradoxes On affirme depuis Jacques Cartier que le Québec est pays de contrastes.Je crois plutôt qu’il est terre de paradoxes.On n’en finit plus de souhaiter des choses que l’on ne fait pas.Il y a chez nous six millions de cartésiens.Nous préférons l’ombre à la proie.L’idée d’une chose nous donne plus de jouissance que la réalité de cette même chose.Onze ans de luttes, c’est lent et long.Le paradoxe, c’est un songe en équilibre instable.C’est peut-être ça, le Québec.Additionnez l’hiver et l’été, divisez par deux et vous aurez un climat tempéré.Faites la même chose avec Laure Conan et Jacques Godbout: vous aurez peut-être, à défaut d’un bon cinéaste, un écrivain convenable.Paradoxe.Additionnez Claude Godbout et Jacques Godbout, divisez par deux: vous aurez alors, oh anti-paradoxe, un bon cinéaste et un bon écrivain.Puisque d’aucuns parmi vous prétendent, m’a-t-on dit, que mes idées sur l’avenir du cinéma québécois et sur la loi-cadre sont bien connues, je pourrais me dispenser d’en parler et continuer dans la même veine profane.Vous savez, mes idées à moi sur le cinéma québécois sont contenues dans trois longs mémoires qui s’intitulent respectivement: 1.“Un organisme unique, un unique ministère: seule chance du Cinéma québécois” (1965) (50 pages) 2.“Demain, il sera trop tard ou De l’urgence qu’il y a à légiférer dans le domaine du cinéma” (1967) (200 pages) 3.“Pour une véritable politique du cinéma” (1970) (200 pages).Ces travaux n’existent qu’en deux exemplaires: l’un est aux archives du ministère des Affaires culturelles, l’autre à mon bureau.Il est difficile dans ces conditions de prétendre connaître le fin-fonds de ma pensée sur le sujet.Monsieur le ministre Hardy m’ayant demandé non pas de le remplacer - n’ayez crainte! - mais de le représenter, j’accomplirai jusqu’au bout mon devoir de mercenaire.Vous pouvez donc à la fois tout attendre de moi et vous attendre à tout avec moi.“Dans le domaine du cinéma, la mainmise étrangère se traduit par une programmation en salle publique qui, trop souvent, est presque la même que celle des grandes villes américaines, De plus, cette mainmise se prolonge au niveau des structures d’exploitation.” (Hardy) j’envisage une politique de fermeté.” (Hardy) Homme d’études et d’action Les gens de Parlement sont des gens de paroles.Il m’arrive de rêver d’une Assemblée nationale où les représentants du peuple seraient condamnés au silence.et à l’action! Le nouveau ministre des Affaires culturelles, à ce qu’il me semble, n’est pas homme de parole.Il faut s’en réjouir.Dans la mesure où j’ai pu, à l’occasion, observer son comportement, je dirais plutôt qu’il est homme d’études et d’action.Un peu plus de deux mois après sa nomination, soit fin janvier, Monsieur Hardy s’est attaqué au dossier cinéma -dossier qu’il connaissait déjà partiellement puisqu’il y avait été mêlé au titre d’adjoint parlementaire de notre ancien ministre, monsieur François Cloutier.Il l’a fait - mes week-end peuvent en témoigner - de façon méthodique, rationnelle, exigeante, réfléchie.Non pas qu’il ait voulu - Dieu nous en garde! - repartir à zéro.Il a tout simplement senti le besoin: 1.de disposer d’un dossier - synthèse des travaux les plus représentatifs et des opinions les plus valables accumulés depuis l’été 1970; 2.de recevoir les représentants de la plupart des organismes qui constituent le milieu cinématographique; 3.de commander de nouveaux travaux d’analyse et d’interprétation; 4.de prendre une certaine distance vis-à-vis cette masse de documents et de poursuivre sa réflexion non pas sur le fond ou sur l’orientation générale de la loi mais sur certaines modalités d’application qui demeurent importantes parce que, entre autres choses, elles fixeront le degré de participation de l’industrie et de la profession.Monsieur le Ministre m’a d’ailleurs prié de vous faire part, et je cite, "de sa ferme intention de présenter la loi-cadre au cours de la présente session".A seize heures, hier après-midi, Monsieur Hardy prononçait à l’Assemblée nationale un long discours où il exposait la politique culturelle qui devrait être celle du Québec au cours, sauf accident de parcours, des quelque trois années à venir.Le centre ultime de décision J’ai extrait de ce document d’une trentaine de pages les passages susceptibles de retenir notre attention.A propos de l’indépendance culturelle, retenons ceci: “Est-il nécessaire d’ajouter que le ministère que je dirige ne saurait tolérer, s’il veut jouer son rôle efficacement, de processus décisionnel parallèle ou concurrent.Le ministère des Affaires culturelles devra être le centre ultime de décision en toute matière culturelle”.Je vous laisse le soin d’adapter cette position de principe à la loi-cadre du cinéma et d’en tirer les conséquences.Parlant de la main-mise étrangère - plus ou moins poussée d’ailleurs selon la nature de l’industrie - sur l’industrie des produits culturels, Monsieur Hardy dit ceci: "Dans le domaine du cinéma, par exemple, cette main-mise se traduit par une programmation en salle publique qui, trop souvent, est presque la même que celle des grandes villes américaines.De plus, cette main-mise se prolonge au cinéma/québec 9 loi -cadre niveau des structures d’exploitation.Ainsi, une filiale d’un monopole américain perçoit près de la moitié de la recette-caisse des salles de cinéma du grand Montréal”.Une politique de fermeté “Face à cette grave atteinte à la spécificité culturelle des Québécois, j'envisage une politique de fermeté qui conduira les membres de cette Assemblée ou le Conseil des Ministres à adopter des mesures qui assureront une présence québécoise importante dans les industries culturelles et redonneront graduellement à des Québécois le contrôle de ces industries”.“Des mesures tel le contingentement viseront à amener les firmes étrangères à s'intégrer davantage à la réalité québécoise et à apporter une contribution on ne peut plus normale à la promotion d’une culture authentiquement québécoise".Au sujet des industries cinématographiques, le ministre ajoute ceci: “Nous examinerons également les modes d’intervention possibles du ministère dans la programmation des émissions de télévision, cela, notamment, afin d'accroître le rayonnement de tous les organismes culturels que nous supportons".“Sur le plan de l’intervention financière, une politique d’investissement se substituera graduellement au régime actuel de subvention".1.cette loi ne sera pas une loi de statu quo; 2.elle sera authentiquement québécoise; 3.elle couvrira tous - je dis bien tous - les secteurs de l’activité cinématographique; 4.elle tentera de privilégier l’efficacité administrative et le réalisme plutôt que des formules, des structures et des théories, claires ou fumeuses; 5.elle tentera de définir une situation d’équilibre entre l’intérêt de l’industrie et de la profession, la responsabilité gouvernementale et les besoins réels de la collectivité québécoise.Il va sans dire que les gens de cinéma - comme on dit les gens de mon pays - sont les premiers responsables de la tournure des événements.Mercenaires, vous aurez bien mérité de la patrie! 1958, avec Les Raquetteurs, a marqué la naissance d’une cinématographie véritablement québécoise.1963 a marqué le début d’un long combat pour une mainmise réelle sur notre cinéma.1974 marquera la fin de cet ardu pèlerinage.En refusant, pendant un si long temps, de décrocher vous avez fait la preuve que le Québécois est capable à l’occasion d’opiniâtreté.C’est le plus bel hommage qu’un ministre des Affaires culturelles puisse rendre à des gens de cinéma qui sont aussi des citoyens.C’est le plus bel exemple que des gens de cinéma pouvaient donner à un petit peuple qui a drôlement besoin de pratiquer la vertu d’acharnement! “Nous nous efforcerons de résoudre le problème aigu posé par le doublage, en France, de la quasi-totalité des films non de langue française exploités en territoire québécois.” (Hardy) “Nous nous efforcerons de résoudre le problème aigu posé par le doublage, en France, de la quasi-totalité des films non de langue française exploités en territoire québécois.Dans le même ordre d’idées, nous tenterons de placer nos producteurs dans une situation véritablement concurrentielle vis-à-vis leurs collègues de l’Ontario”.Enfin, le ministre affirme ce qui suit: “Le développement de l'industrie québécoise du disque, de la cassette, de la magnétoscopie, de l’édition, de même que l’impact de la main-mise étrangère sur les syndicats d'artistes professionnels, la promotion et la perception des droits d’auteurs et toutes les questions liées à l’infrastructure économique des activités culturelles font l’objet d’un programme spécial portant sur les industries culturelles.Nous étudions également la possibilité de créer un levier de développement de type “société d'initiative" afin de répondre aux besoins de financement et d’organisation des groupes privés”.Voilà l’attitude qu’a choisi de tenir le ministre des Affaires culturelles.Cela suffit, je pense, à dégager l’orientation générale et, pour employer un grand mot, la philosophie de la future loi-cadre.Authentiquement québécoise De ces propos, l’on peut sans danger retenir les certitudes suivantes: UN LABORATOIRE AVEC INSTALLATION COMPLETE POUR LA COULEUR.EASTMAN COLOR — TOUS LES EKTACHROME 16MM.35MM - 16MM - SUPER 8MM BANDE MAGNETIQUE TRANSFERT OPTIQUE LE PREMIER LABORATOIRE CINEMATOGRAPHIQUE 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accepté en scénarisation.J’ai donc pu en écrire le scénario.Une fois terminé, je l’ai présenté au comité du programme de l’ONF qui l’a refusé.Je n’ai donc pas pu le tourner.Un an plus tard - parce qu’il était alors trop tard pour essayer de le faire au même printemps - j’ai soumis le scénario à la SDICC qui, elle aussi, devait le refuser.Les vagues raisons que la SDICC m’a données sont que, d’une part, le scénario quoique intéressant demandait beaucoup, beaucoup de talent et de maîtrise pour le réussir et que, d’autre part, j’étais un cinéaste trop chevronné pour travailler avec un budget de moins de $100,000 - puisque le budget que je leur avais soumis était de $75,000, je crois.Depuis, j’ai dû apporter toutes sortes de modifications au projet.Non pas des modifications au niveau du sujet, mais des modifications de conception, parce que le film devait à l’origine être tourné en 35mm couleur et utiliser un langage plus complexe.Je me serais servi très discrètement, par exemple, de la grue au lieu de faire mes levers de soleil - même si je les aime beaucoup comme ils sont; j’aurais utilisé une grue pour partir de l’horizon et descendre sur la maison.J’ai dû aussi éplucher le budget.Finalement, c’est avec les Productions Prisma - avec Claude Godbout et Guy Dufaux avec lesquels je venais de faire en coproduction On n’engraisse pas les cochons à l’eau claire -qu’on a pu entrevoir la possibilité de le faire en 16mm.Moi, je sentais de toute façon que, tant que je n’aurais pas fait ce film-là, j’aurais été incapable de penser à autre chose.Parce que, aussi bien au niveau de ma conception morale de la vie, que de ma conception philosophique de la vie, du cinéma.ce film se présentait comme une espèce de point tournant que je ne pouvais pas ne pas traverser.J’aurais peut-être continué à faire des films, mais de façon différente.—1—^ cinéma/québec 11 cinéma québécois Cinéma/Québec: Regrettes-tu de ne l’avoir pas tourné en 35mm?Jean-Pierre Lefebvre: Je ne regrette jamais rien.Mon point de vue depuis que je fais du cinéma a toujours été de faire un film pour des besoins très précis, dans un but très précis.Et quand je parle de besoins, il s’agit aussi bien de besoins d’ordre collectif que de besoins d’ordre personnel.D’ailleurs, à la limite, les deux se rejoignent toujours.C’est sûr que tourné en 16mm, le film prenait un caractère autre.On l’orientait plus, par exemple, vers la télévision que vers les salles.Il acquérait aussi une esthétique différente.Mais cela n’a pas d’importance à la limite, et c’est un peu ce qu’on a réappris avec ce film.C’est-à-dire que mes trois ans de presque silence étaient trois ans de réflexion volontaire.Je peux d’ailleurs te faire un historique de ce qui est arrivé.A partir des Maudits sauvages, j’ai commencé à comprendre que je pouvais, si je le voulais, devenir un bon cinéaste.C’est-à-dire que j’avais un certain talent, que j’avais une certaine expérience et une bonne discipline de travail, D’autre part, les conjonctures de production pouvaient m’être favorables si je savais m’adapter un peu, c’est-à-dire si je savais choisir un bon scénariste, de bonnes histoires, de bons comédiens avec de préférence quelques comédiens français ou américains.A ce moment-là, j’aurais pu, je crois, m’intégrer assez calmement dans les normes industrielles.Mais il est arrivé trois choses.La première, c’est que je sortais d’une expérience comme producteur à l’ONF.Expérience qui au départ était tout à fait merveilleuse mais qui était devenue en très peu de temps absolument désespérée.Cinéma/Québec: Tu parles ici de ton expérience comme producteur des “premières oeuvres"?Jean-Pierre Lefebvre: Oui, mais ce n'est pas l’expérience en tant que telle, mais plutôt mon expérience de fonctionnaire, et ce que j’avais toujours un peu décrié chez les individus qui travaillent à l'ONF, comme par exemple, l’impossibilité de passer par dessus cette fameuse auto-censure qui s’est toujours exercée et s’exercera toujours à l’ONF.C’est l’expérience, en soi, de fonctionnaire responsable d’un secteur de création, qui était dangereuse.donc exaltante en même temps aussi, etc.Cinéma/Québec: Mais finalement, cette expérience des “premières oeuvres” a tourné court?Jean-Pierre Lefebvre: Oui, mais la première année a été quand même merveilleuse.On a produit 4 longs métrages qui ont tous, à mon avis, une valeur de représentativité très grande.Parce qu’il ne s’agissait pas, pour moi, de faire des films “de qualité”, il s’agissait avant tout de faire des films typiques, représentatifs de ce que les jeunes pensaient, de ce qu’ils voulaient exprimer par le cinéma.Alors, à ce niveau-là, aussi bien le film de Jean Chabot que celui de Michel Audy, d’Yvan Patry ou d’André Théberge étaient représentatifs.Donc, la première année a été merveilleuse.Et c’est parce que cette première année a été merveilleuse que c’est devenu très difficile la deuxième année.Et puis c’était du cinéma à très bon marché que l’on faisait puisque les quatre longs métrages ont été produits avec $135,000.Et à l’Office on n’aimait pas beaucoup ça, car on remettait ainsi en cause des structures à la fois d’ordre économique et de création.Un tas de gens se disait: Si on commence à faire des longs métrages à $35,000 qu’est-ce que nous allons devenir, nous: que vont faire les gens qui ne peuvent pas faire ce genre de cinéma-là.Cinéma/Québec: Les budgets moyens de ces films étaient de $35,000?Jean-Pierre Lefebvre: Oui.Seul le film de Jean Chabot aura dépassé les $53,000.Et l’année suivante, le film de Fernand Bélanger en 16mm couleur aura coûté $55,000.Cela reste relativement peu cher pour l’ONF.Disons que je ne regrette pas l’expérience de l’ONF.Elle m’a été extrêmement utile ne serait-ce que parce qu’elle m’aura permis de confirmer pas mal de choses.Donc il y a eu tout d’abord cette expérience qui m’aura amené à réfléchir.Deuxièmement, il y a eu le fait que je continuais à voir des films québécois, et que j’avais de moins en moins de fun à voir ces films.Parce que je trouvais, et je trouve encore, qu’on a lâché bien vite la proie d’une identification à mon avis absolument nécessaire et qui se faisait d’une façon tout à fait authentique, on a donc lâché cette proie bien vite pour l’ombre d’un folklore facile du comique pur.Je ne suis pas contre le folklore, je ne suis pas contre le comique, mais disons que le saut, le parachutage soudain dans l’histoire non seulement de notre cinéma mais du Québec, le parachutage soudain de ces idées, de ce renouvellement, de cette révolte, de cette révolution m’est apparu comme.assez dangereux.Et puis, troisièmement, en regardant ce que j’avais fait depuis 7 ou 8 ans; en comparant ma façon de vivre, ma façon de faire de la critique, ma façon de faire des films, à la façon de vivre, de faire de la critique, de faire des films de tous les Québécois et des cinéastes en particulier, je me suis rendu compte que finalement si j’avais eu une utilité quelconque au Québec c’était parce que j’avais amorcé enfin quelque chose en continuité.Cela avait été — et là je me replace à il y a trois ans — d’avoir continué dans mes propres pas, d’avoir marché comme un renard dans mes propres.pistes, et c’était ça finalement qui était plus important, et pour moi et pour les autres.Parce que justement, ce qui m’angoisse beaucoup c’est — et je reviens ici à mon second point — cette espèce de délayage absolu qui tout à coup s’est fait.Je veux dire que brusquement tout le monde a voulu faire tout, et ça a donné en gros que tout le monde a voulu faire un cinéma standard commercial populaire.Je n’ai rien contre ce cinéma standard commercial populaire, mais ça demande une expérience, ça demande une organisation économique très précise, une certaine organisation des techniciens, des comédiens, etc.Je me suis donc aperçu que j’étais encore plus utile avec mes petites bibit-tes à moi qu’en prenant les grosses bibittes de tout le monde, sachant très bien que je n’ai ni le goût ni le talent de transporter de telles bibittes.Heureusement que durant cette période il y a quand même eu des faits, à côté de moi, qui m’ont soutenu.Un film particulièrement, On est loin du soleil de Jacques Leduc, qui m’a sûrement permis de vivre moralement, de continuer à subsister.Et puis, il y a ce que je considère comme la trajectoire cinématographique la plus importante depuis trois ans, celle de Denys Arcand.Importante parce que c’est la seule trajectoire qui me semble absolument nécessaire.Ce n’est pas une trajectoire forcée.Et quand je parle de nécessité, c’est que l’aventure de Denys qui est presque commerciale n’est quand même pas déviée de sa cause et de sa fin.Et c’est une aventure d’autant plus intéressante qu’elle est actuelle, c’est-à-dire — et il n’y a rien de péjoratif dans ce que je vais dire — qu’elle s’inscrit dans des schémas d’économie et de culture qui sont imaginés et financés par des commerçants et des fonctionnaires qui, évidemment, sont en mai de succès et de propagande politique.12 cinéma/québec jean-pierre lefebvre Cinéma/Québec: Tu mentionnais précédemment Jacques Leduc.Or, il est évident qu'il existe une profonde affinité entre vous deux, entre vos deux démarches cinématographiques.Affinité qui devient on ne peut plus criante depuis Tendresse ordinaire et Les dernières fiançailles qui se rejoignent de façon étrange.Jean-Pierre Lefebvre: Jacques et moi avons des racines communes.C’est-à-dire que l’on se connaît depuis qu’on a quinze ans — c’est-à-dire depuis dix-sept ans.On s’est connus au collège, on a fait de la critique ensemble, on a fait des films ensemble.Apparemment, il existe des contraditions entre Jacques et moi.Ce ne sont en fait que les deux pôles d’une même chose.C’est-à-dire que moi j’envie à Jacques cette espèce de côté chien-fou qui tient lieu de lyrisme, cette sensibilité à fleur de peau, etc.Jacques, de son côté, m’envie ma capacité de rationaliser.Mais dans le fond on se rejoint par le milieu, je veux dire par des goûts communs, les choses que l’on aime.Il est évident que des films comme Je ne veux pas mourir pour ça, comme Mon amie Pierrette auraient pu exister sans Jacques, mais pas de la même façon.Même Ultimatum, si tu veux, est un film qu’on a moralement partagé tous les deux.Je dis moralement, mais ce serait plutôt d’une façon sensuelle.Car il existe entre Jacques et moi une sorte de communication absolument sensuelle.On n’a finalement presque pas besoin de parler du film que l’on va faire.Ou une fois qu’on en a parlé, tout est réglé.On ne peut pas dire qu’entre Jacques et moi il existe une relation de caméraman à réalisateur.De toute façon je n’ai jamais eu de relations de caméraman à réalisateur, sauf peut-être dans le cas des Maudits sauvages où je ne connaissais pas vraiment Labrec-que, et où il ne me connaissait pas.Jean-Claude était pour moi à ce moment-là plus un caméraman professionnel.Avec Guy Dufaux, par contre, c’est un peu le même type de communication que j’ai avec Jacques Leduc qui s’est établi durant le tournage des Dernières fiançailles.C'est un miracle que je ne m’explique pas encore.Cinéma/Québec: J’aimerais que Ton aborde maintenant le problème de la structure des Dernières fiançailles.De pri-abord, c’est un film très simple; mais c’est aussi, et on s’en rend vite compte, un film très complexe.Comment as-tu organisé ton film?Jean-Pierre Lefebvre: Le chemin a été long.Le scénario, j’ai mis près de deux ans à l’écrire.La plus grande difficulté se situait au niveau des dialogues parce que je ne voulais pas faire intervenir Jean-Pierre Lefebvre à aucun moment que ce soit.Je ne voulais pas faire intervenir un dialogue qui présuppose des notions morales, disons antérieures au dialogue.Ca devait être un dialogue simple, mais aussi un dialogue riche comme les vieux en ont un, parce que chez eux les mots charrient toute une façon de vivre.Donc, le scénario a été très long à écrire, puis.Les dernières fiançailles c’est un curieux mélange finalement; tout le film en fait est un mélange curieux d’intuition et de rationalisation.Pour moi, il était évident que je ne voulais pas faire au départ, l’équivalent d’un paradis terrestre ou l’équivalent de tout roman-savon à la télévision, c’est-à-dire faire passer les sentiments par la parole et par le scénario.Je tenais à un scénario linéaire, à une histoire construite, etc., mais je tenais aussi - comme je l’ai toujours voulu -à faire un film qui se rapproche d’une forme musicale absolument pure.D’ailleurs ça fait partie, si tu veux, de toute ma réflexion depuis trois ans: mes derniers films et mes pro- chains films sont construits sur des structures dramatiques simples.Et je cherche plutôt maintenant, et je vais continuer à le faire durant quelques années, à jouer à l’intérieur de ça.C’est un peu de la même façon d’ailleurs, qu’à mes débuts je sentais la nécessité — et je dis bien je sentais la nécessité, car il y avait dix ans de réflexion critique derrière — de faire éclater le langage.Maintenant je sens la nécessité de réintégrer ma première démarche à ma seconde.De réintégrer des idées qui sont d’ordre collectif à des formes déjà existantes et qui sont le cinéma français, américain, etc.Cinéma/Québec: Ce n’est pas tout à fait ce que tu fais avec Ultimatum.C’est même le contraire, puisque tu fais éclater le langage.Jean-Pierre Lefebvre: .Oui, mais il faut replacer Ultimatum dans son contexte, à l’époque où je l’ai produit.Ultimatum a été fait durant cette période de réflexion.C’est essentiellement un film pour garder le contact, pour ne pas perdre la main en quelque sorte.Parce que je crois, moi, que s’il faut s’éloigner des choses pour les voir de façon plus objective ou de façon plus distancée en tout cas, il faut aussi rester en contact en l’occurrence avec les caméras, avec les comédiens, avec une façon quand même de transmettre ses idées.Ou de recevoir des idées, parce qu’on en reçoit beaucoup plus la plupart du temps en faisant du cinéma qu’on en transmet.Il fallait donc que je reste en contact avec ça.Ultimatum est donc simplement un film pour vivre.Un film qui repose principalement sur une chose: c’est l’intégralité absolue de l’instant vécu par l’équipe et les comédiens.Dans sa structure c’est devenu une espèce de mantra.Les formes se répètent sans cesse.C’est un film qui ne démarre jamais; c’est un film qui tourne sur lui-même.C’est, si tu veux, l’aiguille d’un disque qui roule dans le même sillon jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de musique, et plus de disque même, et que l’aiguille soit détruite.C’est un film d’attente.C’est un film pour vivre.C’est un film qui est très près, d’une certaine façon, de mes préoccupations, mais qui est en même temps très éloigné de moi.C’est curieusement un film plus éloigné de moi que, par exemple, La chambre blanche.Disons, si tu veux, que pour moi Ultimatum c’est un peu comme la suite directe de Jusqu’au coeur.Mouffe dans Jusqu’au coeur est devenue Charlotte, Garraud est devenu Arthur, et ce que raconte Ultimatum n’est rien d’autre que leur attente, dans un champ, d’une monde meilleur.C’est leur attente d’éléments de confiance qui ne peuvent venir que d’un contact entre la société et eux, entre des problèmes collectifs et des problèmes individuels.C’est une attente qui se situe dans un no man’s land, une sorte de désespoir si l’on veut.Mais le désespoir, je le chasse par une absolue sensualité.C’est un film épicurien.Cinéma/Québec: Mais on peut dire aussi que c'est une sorte de pot-pourri, au niveau du langage, de tes autres films?Jean-Pierre Lefebvre: Oui, sans doute.Mais c’est un film surtout de décantation absolue.Ultimatum m’a vraiment sauvé la vie parce que c’est un film qui m’a rapproché du côté absolument nécessaire des gestes cinématographiques que j’ai pu poser et que je voulais continuer à poser.C’est-à-dire qu’on le veuille ou non, quand tu commences à inscrire tes gestes et tes idées cinématographiques dans un contexte économique et culturel donné, tu es malgré tout in- cinéma/québec 13 cinéma québécois fluencé, ne serait-ce que par la simple loi de l’osmose, par ce qui se passe.Je ne dis pas que c’est mal, loin de là, mais je dis qu’il faut toujours chercher à prendre du recul vis-à-vis de ces choses-là.Finalement, pour donner un exemple très simple, c’est comme si après avoir bu de la bière toute ta vie tu pouvais maintenant avoir accès au champagne de façon illimitée, et que pour cette raison-là, non seulement tu rejettes la bière, mais tu te mets à te saouler au champagne.C’est un peu, si tu veux, ce qui s’est passé à mon avis dans l’histoire du cinéma québécois: tout le monde a voulu se mettre au champagne.Alors Ultimatum m’a réappris à boire un bon verre de bière, tandis que Les dernières fiançailles est un film de champagne; mais pas une indigestion de champagne, une dégustation de champagne.Avec Ultimatum — ce film qui m’a permis de refaire un film avec des chutes de pellicule, avec une équipe en vacances, mais de façon très sérieuse — j’ai réappris cette nàive-té absolue.Cinéma/Québec: Tu as passé beaucoup de temps sur Ultimatum.Le tournage, en particulier, s'est étiré sur une assez longue période, je pense.Jean-Pierre Lefebvre: Oui, ça s’est échelonné sur deux ans.Et on a utilisé des restants de pellicule des Maudits sauvages, des restants de La maudite galette,.et je pense même qu’il y en avait de II ne faut pas mourir pour ça.Ce sont de ces bouts qu’on ne charge pas.Il m’en restait; je les ai donc utilisés.Cinéma/Québec: Il y a donc derrière le tournage de Ultimatum, si Ton veut, une expérience de production qui prend plutôt l'allure d’un défi de production.Jean-Pierre Lefebvre: Bien sûr.Là aussi, tu vois, en me dégageant tout à fait des jupes aussi bien de la SDICC que de l’ONF (mais ça fait longtemps que je n’ai plus produit pour l’ONF) c’était.Mais là encore, tu vois, je n’aurais jamais pu présenter ce projet à la SDICC.Et c’est ça qui est grave.Je ne dis pas que la SDICC aurait nécessairement refusé un film comme Ultimatum, mais connaissant ma façon de procéder, je n’aurais jamais pu présenter un tel film à la SDICC sachant que les explications seraient impossibles entre un investisseur du type de la SDICC et moi.Et c’est ce que je déplore.Evidemment, tout le monde ne vise qu’une chose: le cham- Ultimatum 14 cinéma/québec jean-pierre lefebvre pagne - la SDICC.C’est sûr qu’il est très difficile pour des gens qui commencent de penser qu’il serait possible de faire autrement.Mais pourtant il faudrait qu’ils pensent que cela pourrait être possible autrement.Je ne dis pas qu’il faille revenir dix ans en arrière, au ooint de départ du cinéma québécois, et recommencer avec rien.Ce n’est déjà plus possible parce qu’il y a des choses qui ont été faites et qui sont valables.Cinéma/Québec: On parlait d’éclatement du langage.Or voilà que tu réalises Les dernières fiançailles où, avec une extrême simplicité, tu poses un regard attentif sur les êtres et les choses.Voilà un film où tu racontes un histoire d’une exemplaire linéarité.Ne penses-tu pas qu’un tel film, à cause de sa simplicité justement, va finalement plus loin que les autres films?Jean-Pierre Lefebvre: Oui, mais il y a une chose qu’on oublie: c’est qu’on ne peut pas faire des films du jour au lendemain.Un musicien se fabrique en 10, 12, 15 ans de travail.Un caméraman ne devient vraiment un caméraman sur le plan technique qu’après 5 ou 6 années de travail; et il ne devient un grand caméraman que si en plus de l’intuition il acquiert de l’expérience.C’est la même chose pour un cinéaste, et encore plus pour un cinéaste.Il est donc essentiel de passer par une étape logique, une étape d’apprentissage.Il était important par ailleurs — et en ce qui me concerne du moins — que cette étape-là soit franchie avec (la plus grande conscience et la plus intégrité possible.) C’est-à-dire savoir pourquoi tu pose tel geste, pourquoi tu fais tel film, et ce qui peut en résulter.Si ton film donne ce que tu pensais qu’il donnerait, alors là tu peux passer à l’étape suivante.Maintenant, en ce qui concerne le langage des Dernières fiançailles, je peux dire que c’est sans doute le langage que je cherche non seulement depuis que je fais des films, mais depuis que je vois des films.C’est-à-dire le langage qui rejoindrait le classicisme absolu.Un langage tellement classique qu’il ne paraît plus.Et cela correspond pour moi, en musique, au langage des sonates pour violoncelles, celles de Bach qui sont parmi les choses les plus pures que je connaisse.Mais encore faut-il trouver les sujets qui coincident parfaitement avec un tel langage.L’amorce d’une telle attitude se retrouve je pense dans Il ne faut pas mourir pour ça, ensuite dans La chambre blanche.Cela peut surprendre peut-être, mais il y a quand même cette recherche dans La chambre blanche.Et Les dernières fiançailles correspond je crois à ce que je cherchais.Mais ça ne veut pas dire que maintenant je ne vais faire que d’autres Fiançailles.Pas du tout.Parce qu’il y a des problèmes, des sujets où le langage doit être différent.Il reste évident cependant que maintenant je suis parvenu à un point où je ne peux plus reculer dans ma conception logique du langage.En tout cas, après 12 ou 13 films maintenant, je commence à croire très humblement que là je peux faire du cinéma.Tu vois, ce qu’il y a de fantastique avec Les dernières fiançailles, c’est que ça a été une expérience absolue.L’équipe de tournage avait une moyenne d’âge de 26-27 ans.C’était tous de jeunes techniciens qui devaient travailler avec de vieux comédiens.Et le fait que cette équipe ait été capable de travailler avec des comédiens de cet âge-là, le fait qu’à 29 ans j’aie pu commencer à écrire un sujet aussi loin de moi et que j’aie été capable de l’objectiver, le fait enfin que j’aie pu faire passer ce sujet par une équipe et par des comédiens qui y ont ajouté des milliers de détails; alors je dis moi que cette expérience est peut-être l’expérience la plus pure qu’il y ait eue dans toute l'histoire du cinéma québécois.Je suis peut-être très prétentieux en disant cela, mais ne serait-ce qu’à un niveau purement analytique, si tu prends les éléments en place au départ, tu te dis que ce n’est pas possible de faire un tel film.Ca a été d’ailleurs la réaction de la SDICC.Et je me disais souvent que peut-être un tel film était vraiment impossible à faire.Et je crois que si Les fiançailles n’avait pas été un cadeau de naissance à mon fils Biaise, je crois que je n’aurais peut-être pas eu la force de le faire étant donné les difficultés matérielles.C’est vrai qu’il y a eu heureusement Radio-Canada qui a acheté le film sur scénario — ils ne l’ont pas aimé une fois terminé, mais ça s’est une autre affaire.En tout cas je reste convaincu que dans l’histoire du cinéma québécois, c’est une espèce de film-pilote au niveau de la distanciation comme peut-être je n’en ferai d’ailleurs plus d’autres.Cinéma/Québec: Ton film est précisément dédicacé à Biaise.Jean-Pierre Lefebvre: C’est très important, parce que ma démarche cinématographique est une démarche de vie pure et simple.Et j’ai déjà dit et répété qu’il est essentiel que mes films soient dédiés, parce que dans la dédicace il y a toujours l’équilibre entre mon propos et sa finalité.Pour ce qui est de la dédicace des Dernières fiançailles, c’est très simple.Jean-Pierre Lefebvre et Guy Dufaux v cinéma/québec 15 cinéma québécois La maison de location la plus grande et la plus complète au Canada Après Les maudits sauvages il y a eu aussi ceci: c’est que Marguerite et moi avons fait un enfant, et ça faisait longtemps qu’on en voulait un, Or, je pense qu’on ne peut se rejouir de façon absolue d’une naissance, et surtout d’une naissance d’un enfant à soi que dans la perspective justement de sa propre mort.C’est très paternaliste et très enfantin ce que je dis là, mais il est sûr que si je ne devais laisser à Biaise que ce film-là en héritage, je pense que je lui aurais laissé déjà un point d’appui.C’est tout.Cinéma/Québec: Parce que tu lui aurais indiqué ce que son père pense de la vie, de la mort, de l’amour, et de la tendresse.Jean-Pierre Lefebvre: Oui.C’est d’ailleurs la seule autobiographie que j’aie jamais tournée.Cinéma/Québec: Tu m’avais laissé entendre que la fin du film était inspirée de ta mère, que le film lui-même s'inspirait de ta mère.Ce film essayerait-il donc, en quelque sorte, de faire le pont entre ta mère et ton fils?Jean-Pierre Lefebvre: Sûrement.Le film est inspiré.j’ai plutôt dit: c’est comme si ce film avait été écrit par ma mère.En ce sens que moi-même je me demande encore pourquoi j’ai eu l’idée de faire ce film-là, et comment j'ai pu l’écrire entre 29 et 32 ans.Mais c’est sûrement un film qui pourrait faire le pont entre ma mère et mon enfant.C’est un film d’ailleurs qui peut faire le pont entre plusieurs générations.Et c’est absolument fascinant de voir le film également bien reçu par des très jeunes et des très vieux.C’est presque un film de réconciliation entre les générations.Je n’y avais pas pensé d’ailleurs.Je crois aussi que Les dernières fiançailles n'est pas un film démagogique au niveau de sa conception, au niveau de l’idéologie qu’il transmet, et au niveau des sentiments qu’il véhicule.Cela peut poser d’ailleurs des problèmes pour la télévision.Car j’aurais pu devenir larmoyant et m’en aller dans les gros plans.J’ai choisi le contraire.Plus la situation se corse, plus je m’éloigne.La dernière conversation entre les deux vieux, qui est un petit moment lyrique, je la rends précisément moins lyrique en me reculant, faisant un plan fixe à deux personnages, chose que je n’ai jamais faite.J’arrête comme ça continuellement le film.D’ailleurs, le film je l’ai transcrit pour l’équipe sous forme de cardiogramme qui représente le rythme du film, le rythme des comédiens, et le tracé musical du film.Le film commence suivant un battement régulier.Et puis, tout à coup, il y a un arrêt dans le battement.Et tout cela a été retranscrit volontairement en mouvements d’appareil qui, au début, sont lents ou demi-circulaires, puis s’arrêtent de plus en plus pour devenir des plans fixes.Jusqu’à ce que tous les mouvements de caméra soient repris à la fin, dans le plan de la mort.Cinéma/Québec: C’est d’ailleurs un plan qui rappelle beaucoup le dernier plan du film de Leduc, Tendresse Ordinaire.Là aussi la caméra faisait une dernière fois le tour de l’univers de la jeune fille, caressant les objets, les murs, avant de fixer l’infini.Jean-Pierre Lefebvre: C’est une coincidence.Je crois finalement à une forme de décantation absolue, à une espèce de pudeur.En termes d’éthique, je transcrirais le mot distanciation par le mot pudeur.Et d’ailleurs dans Les cochons aussi j’ai essayé d'avoir beaucoup de pudeur avec un sujet qui était à l’origine scabreux.Ce sont des viols, des baisages, de la masturbation, et encore une fois je suis passé à côté du succès commercial, parce que tout cela se déroule dans le noir, en plans fixes, et de loin.CINÉVISIQN Distributeurs canadiens exclusifs pour: —PA NA VISION Panavision Reflex Blimps portatifs — Pan — Arris SPHERIQUES (1.85, 1.66, T V.375) * Choix de 16 importantes lentilles partant de 15 à 1000mm.* Nouvelles lentilles à Haute-Vitesse, 28 à 150mm.* Nouveaux zooms CANON: K-35 Macro Zoom.25-120mm T.2.8.Focus à 2" de l'élément frontal.2x Rallonge de zoom télé 300mm et 500mm (50-240mm).Montures Mitchell ou Arri.HELEVISION: Système Albert Morisse.Monture d'hélicop tère.CAMERAS Reflex SPR Arriflex 16 et 35mm."Blimps" 400'-1000' Arriflex Eclair 16mm, NPR et ACL ECLAIRAGE Ligne complète de et vendeurs pour Mole Richardson Colortran Westinghouse Roscolene STUDIOS DE SON 2000 rue Northcliffe.Montréal, (514) 487 5010 2264 ouest, boul.Lakeshore, Toronto, (416) 252-5457 SON Nagras Senheisser Electrovoice GENERATEURS Groupe électrogène 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se rappelle l’écart des formes et des styles qu'il y a entre Le Révolutionnaire, Il ne faut pas mourir pour ça, Jusqu’au coeur et Q-Bec My Love; personne là non plus ne pourrait, sans l’aide du générique, dire que c’est le même Lefebvre qui a signé tout ça.Toutefois, à cause de la grande quantité de films, il est néanmoins possible d’établir des liens sommaires de parenté entre ces films.Ainsi Ultimatum n’est pas sans rappeler Mon oeil; Les dernières fiançailles ne rompt pas avec II ne faut pas mourir pour ça.Quant à On n’engraisse pas les cochons., il est cousin germain avec Le révolutionnaire.Mais cessons ce jeu des comparaisons douteuses et séniles (c'est-à-dire celui de vouloir retrouver l’ancien sous le nouveau).Il ne saurait être question dans le cadre de cet article de présenter une analyse complète de ces trois films; j’ai trop de respect pour le cinéma, et pour Lefebvre en particulier, pour me lancer dans une analyse sans avoir vu plusieurs fois chacun des films, ce qui n’est présentement pas le cas.Mon premier travail (1) sur l’oeuvre de Lefebvre démontrait au moins une chose, soit l’extrême cohérence de la série qui allait de L’Homoman à Jusqu’au coeur.Sous un aspect brouillon, en effet, Lefebvre construit ses films avec une extrême rigueur et une minutie d’horloger suisse installé à Zurich.Je tâcherai ici, tout simplement, de débrouissailler, de dégager les grandes lignes de On n’engraisse pas.et de Les dernières fiançailles.On n’engraisse pas les cochons à l’eau claire Le titre en soi est presque une leçon de choses.On remarquera le point de vue où se place Lefebvre: il est à l’extérieur des problèmes qu’il pose.Pour être moins sibyllin et partant plus clair, ce titre tire sous forme d’aphorisme un jugement moral.On a affaire ici à une pollution générale ou, en terme sociologique, à l'émergence de l’anomie comme situation généralisée.Assez curieusement, c’est à Sergio Leone qu’il faut faire référence.Que ce soit avec Pour une poignée de dollars, ou encore avec Le bon, la brute et le truand, Leone montrait la fin de la dichotomie entre le Bon et le Méchant.Les héros participaient d’un système où il y avait unidimensionalité des valeurs, une sorte d’aplatissement des reliefs créés par la morale protestante-qui-a-réussi-dans-la-vie et qui se fout donc du ciel qu’elle avait imaginé pour se créer des buts et des devoirs.Il en est de même avec ce Lefebvre.Tous ses personnages, sans exception, participent à un univers où les cochons ne sont pas engraissés à l’eau claire, où les valeurs morales traditionnelles qui fabriquaient des frontières entre les choses et les hommes se sont estompées et où tout le monde trouve sa place dans une vaste porcherie améliorée par le standard de vie à l’américaine.Toutefois, si le monde est devenu cette vaste porcherie où tous se trouvent impliqués, comment savoir qu’il s’agit d’une porcherie?Seul le non-cochon peut traiter les autres de cochons.C'est le point de vue qu’adopte Lefebvre.On peut le lui reprocher, mais on peut aussi se dire que la situation n’est pas tout à fait celle qu’il décrit puisqu’il a réussi à ne pas la partager, en totalité du moins.Il serait trop facile et injuste de lancer dans les pattes de Lefebvre la dévastatrice analyse que Sartre faisait du romancier Mauriac qui jouait les dieu-le-père parce que, disait Sartre, Mauriac adoptait un point de vue absolument extérieur à ses personnages et à leur univers.cinéma/québec 17 cinéma québécois Le film se donne des apparences de limpidité, c’est un film “plain”, tout à fait classique au point de vue de la narrativité.Tout se passe à Hull en 48 heures.Bob Tremblay, 24 ans, travaille pour la Gendarmerie Royale du Canada tout en étant "pusher” pour les étudiants du Cegep.Etre de la police n’est nullement une vocation, c’est un travail grâce auquel il peut gagner assez d’argent (recevoir son salaire et pouvoir vendre de la drogue sans être trop inquiété) pour s’offrir les rêves les plus “straights” qui soient: une petite vierge qui deviendra sa femme, un voyage de noces dans le Sud en avion et pour finir, une belle petite maison de banlieue avec piscine chauffée.Autour de lui gravitent son père et sa mère chez qui, en bon garçon, Bob habite.Le père est “absent” comme dans la bonne tradition culturelle québécoise.On ne le voit qu’assis à la table en train de lire les journaux, de plus, il est sourd, fonctionnellement sourd (c’est-à-dire qu’il n’entend que ce qu’il veut bien entendre).La mère entre également tout à fait dans l’imagerie traditionnelle: elle s’affaire dans sa cuisine, jouant les saintes waitresses, c’est-à-dire qu’elle sert tout le monde qu’elle s’inquiète de leur sort.Du vrai monde ordinaire avec le bungalow appareillé.Quatre autres femmes feront partie de la vie de Bob.Il y a Hélène Touchette, sa future, comme on dit, celle qui se garde pour la nuit de noces, mais qui se meurt d’envie de baiser et dont les doigts, dans les moments de solitude, préparent le terrain.Il y a Louise, l’amie d’enfance.Professeur au Cegep, Louise enseigne les subtilités de l’imaginaire littéraire à des jeunes qui vivent déjà les paradis artificiels.Complice passive de Bob, au fait des soupçons et des menaces qui planent sur lui, elle laisse faire et elle rêve au jour où elle pourra aider les pauvres victimes du colonialisme en Afrique.La troisième, Judith, peut-être le personnage le plus positif du film, est étudiante au Cegep; elle danse dans un bar à gogo pour gagner sa vie.La bad-good girl.Ce n’est pas un hasard si Bob ne peut pas communiquer avec elle.Enfin, il y a cette Sylvia Sylvers qui joue un drôle de jeu.Alliée de Rocket, pusher-policier, elle est la pierre d’achoppement de Bob, semblable à Bob mais en plus minable encore, elle joue double jeu; elle en mourra.Il ne faudrait quand même pas oublier un autre “personnage” important: l’auto de Bob.Contrairement à ce que pourrait penser McLuhan, Bob est l’extension de sa Mustang.Avec son gros V-8, ses plus que 400 pouces-cubes, ses gros pneus, la Mustang demeure captive du réseau de rues de On n’engraisse pas les cochons.On n’engraisse pas les cochons.Hull et de sa banlieue, Ottawa.Pleine de puissance, d’énergie à en revendre, elle reste cependant limitée par l’environnement.Ce”?description de la Mustang vaut parfaitement pour Bob.Il est la “Mustang” des gars de son boutt et sa mort est davantage un accident de parcours que le résultat d’une implacable fatalité.Les concepts de destin ou de fatalité sont étrangers au monde des chevaux-vapeur.Le monde de On n’engraisse pas.est un univers de la passion inversée; la fougue est remplacée par la “coolness”.La passion n’a pas disparu, elle a pris une autre forme, celle de la placidité, mot qui rend mal le concept de "cool” - trade-mark de l’extrême virilité.L’homme de Lefebvre, comme l’homme de la société industrielle, a maîtrisé la nature, il a jugulé les forces de son environnement naturel.Il lui reste à effectuer la même opération sur lui-même.Son drame provient peut-être de ce qu’il cherche à appliquer à sa propre personne le modèle dont il s’est servi pour asservir la nature.En termes savants, l’on appelle réification ce processus qui consiste à devenir semblable au produit que l’on a soi-même fabriqué.Marx avait déjà fait cette constatation dans le cadre de son analyse de l’économie marchande (le fétichisme de la marchandise) et Lukacs démontrait l’ampleur du même phénomène et de ses conséquences sur la conscience dans son Histoire et conscience de classe.Lefebvre ne pose pas de jugement de valeur à l’ancienne dans son film.Il ne dit pas: voilà le bon, voilà le méchant.Il serait toutefois nàif de croire que les jugements de valeur ne se posent que dans cette forme primaire.Bob, Isabelle, l’innocente cousine (2), et Sylvia meurent dans le film.Hélène dont la virginité était la valeur suprême se fait violer par quatre voyous.Louise, l’institutrice, celle qui parle a-vec tant de chaleur du drame d’Angéline de Montbrun (3) quittera son pays pour un monde où elle pense pouvoir être utile.Rachel, l’infirme (elle est paralysée des deux jambes) devra livrer à la police son ami Paul qui a fait d’elle une femme comme les autres.Le père de Bob qui se félicitait que son fils ne soit pas un “bum” devra revenir à la réalité.Rocket franchit l’étroite frontière qui sépare le policier du criminel (la police sait à la toute fin du film qu’il est l’auteur des deux meurtres).La bande de Paul est en prison à la suite du viol d’Hélène.Judith, la jeune danseuse-à-gogo-topless, doit se “prostituer” (c’est-à-dire “passer pour une maudite plotte”, comme elle dit) pour puirsuivre ses études au Cegep.Tout cet ensemble d’événements sont des jugements de valeur extrêmement radicaux et de fort calibre.18 cinéma/québec jean-pierre lefebvre Les dernières fiançailles n’engraisse pas les cochons.c’est Hélène qui veut s’offrir "intacte” à Bob; c'est Louise qui veut transformer les êtres par son enseignement; ce sont les parents qui veulent un fils tranquille; c’est Sylvia qui aime l’amour, etc.Ces valeurs traversent l’oeuvre de Lefebvre et la sous-tendent tout en restant dans l’ombre.Mais en aucun temps elles ne sauraient apparaître au grand jour, car alors elles transformeraient le film d’une façon radicale.Les dernières fiançailles Même si le contraste est très fort entre Les dernières fiançailles et On n’engraisse pas les cochons.et que le spectateur non averti aurait pour le moins du mal à se douter que ces deux oeuvres appartiennent au même auteur, il n’en demeure pas moins à posteriori en tout cas, que les deux films appartiennent à une même sensibilité.Lefebvre déguste le temps, il le grignote comme Rose (Marthe Nadeau) quand elle prend un biscuit avec sa tasse de thé.Lefebvre goûte le temps, le mastique, le laisse fondre dans sa bouche pour en extraire toute la saveur, un peu plus et je dirais jusqu’à la dernière goutte, comme dans les réclames commerciales.Dans Les cochons, on faisait les trajets en auto avec Bob, dans Les fiançailles, on vit au vrai rythme du rituel des deux vieux.Rose tâte la terre de chacune de ses plantes en pot pour l’ouverture du film.Encore une fois, Jean-Pierre Lefebvre mène son approche de l’extérieur; littéralement cette fois, puisqu'il commence par montrer la maison de l’extérieur, a l’aube.Si Lefebvre regardait par-dessus l’épaule des policiers dans Les cochons, cette fois il regarde entre les ailes des petits anges qui viendront chercher Rose et Armand.Ce qui n’est pas tellement différent après tout, les policiers étant comme chacun sait, nos anges gardiens.Cette fois-ci cependant, Lefebvre met les cartes de sa sensibilité sur la table; il juge ses vieux, mais amoureusement, et avec une prévenance, un respect et une retenue émotive et cinématographique qui font de cette oeuvre quelque chose d'inoubliable.(J’irais même jusqu’à prétendre que Les fiançailles appartient à cette catégorie extrêmement rare de films dont on se souvient; jamais, à ma connaissance, on n’avait vu un tel couple à l’écran).On a affaire ici à un film optimiste.Ces deux vieux qui ont déjà passé 50 ans de leur vie ensemble mourront en- Lefebvre dit dans une entrevue à La Presse (4): “Ce film (.) c’est l’histoire d’un agent double de la police montée.Deux jours avant le début du tournage, on a eu un exemple semblable à propos d'un gars de 24 ans qui a mis à jour un réseau de trafiquants d’héroine à Montréal.C’est un gars que j’ai connu et dont le film raconte plus ou moins la vie ".Quand Lefebvre dit une telle chose, il confond la réalité avec le monde imaginaire qu’il a créé.On ne répétera jamais assez la radicale différence entre ces deux mondes.Mourir, dans la vie, ne constitue aucunement un jugement de valeur, pas plus que souffrir de la polio.Mais dans le film, c'est Lefebvre le grand responsable des tueries, de la polio, du viol et de la surdité du père.Ce qui est accident dans la vie devient faillite dans le monde imaginaire cinématographique.“Je ne voulais surtout pas juger Pierre Tremblay.Je le montre ici tel qu’il est, point”, dit encore Lefebvre dans la même interview.Or, Pierre Tremblay n’est pas, il est fabriqué et sa mort constitue dans le film le plus terrible jugement de valeur que l’on puisse porter: son incapacité de vivre, son échec radical.Nous avions posé au début de cette analyse la question du point de vue, de la perspective adoptée par Lefebvre, on peut maintenant esquisser une réponse.Le film débute par un plan fixe montrant les touches d’une machine à écrire.Un rapport de police relatif à la mort de Bob et Sylvia est en train de s’écrire sous nos yeux.A la toute fin du film, Lefebvre reprend le même plan mais cette fois le rapport de police est plus complet.Tout le film constitue donc aux yeux d’un observateur étranger au film un long flash-back.Cet observateur qui n’intervient jamais sauf pour enregistrer la série d’événements, c’est la police.Une police abstraite mais omniprésente qui ne juge pas, mais qui enregistre les fluctuations de la vie comme un météro-logue enregistre les variations de la température.Il n’y a pas de norme, il n’y a qu’une moyenne statistique.Quant à Lefebvre, eh bien il se place derrière la police et il dénonce à sa façon un monde froid et dégradé où vivent des êtres qui deviennent les victimes de leur recherche de valeurs authentiques sous un mode dégradé.Dans un monde "cool” les hommes meurent de froid.Mais tout au long du film, Lefebvre aura pris soin de laisser percevoir l’aspiration à la chaleur qui traverse cette oeuvre.C’est Bob qui aspire à jouer les “gros nou-nourses” pour sa fiancée; cinéma/québec 19 cinéma québécois •••*’ w* \ * j f-v —-• Les dernières fiançailles • 1 t semble, s’éteindront, selon l'expression, populaire, avec une synchronie parfaite.Et pour eux, qui malgré tout ont toujours cru aux anges, ‘‘malgré tout” parce que leur fils unique est quand même mort à l’occasion d’une guerre qui ne concernait ni Rose ni Armand, et pour eux, dis-je, les anges existent.L’histoire de ce film est réduite à sa plus simple expression.Armand et Rose vivent dans un verger à la campagne, tous les deux sont âgés de plus de 70 ans.Leur fils est mort il y a quelque trente ans mais son absence est toujours ressentie dans le coeur de ces deux vieux.Lui ne comprend pas la justice du Bon Dieu; elle ne s’est jamais consolée de n’avoir pu donner un autre fils à son Armand.Ils vivent dans une heureuse routine, dans un monde intérieur qu’ils ont poli au fil des ans.Rose a sa tasse en pyrex, ses plantes, son serin; Armand répare et collectionne les vieilles horloges qui meublent leurs silences d’une douce symphonie de tic tac, ou plutôt qui rythment l’incessant dialogue silencieux de ce couple maintenant “trop vieux pour se dire des mots d’amour".Ils vivent dans un monde extrêmement coloré: mauve et bleu à l’intérieur, vert à l’extérieur.La douce intensité des teintes du film correspond à la qualité de vie qu’ils ont su se créer.Armand a déjà ressenti quelques douleurs cardiaques.Alors qu’avec Rose il est en train de préparer son potager, ses douleurs le reprennent et il devra s’aliter.Le médecin voudrait bien le faire rentrer à l’hôpital mais Armand refuse.Il veut mourir où il a vécu avec sa Rose.Un seul moment d’angoisse dans le film: c’est quand Rose dit son appréhension que l’un des deux survive à l’autre.Mais Lefebvre fait bien les choses et tous les deux, ils mourront doucement, paisiblement au seuil d'un beau matin du mois de mai.Deux petits anges viennent alors chercher Armand et Rose pour les conduire à travers les pommiers en fleurs vers un ciel qui doit étrangement ressembler à leur maison.Les horloges se sont tues; elles, non plus, ne sauraient survivre car si elles savent marquer le temps, seuls Rose et Armand savaient lui conférer cette qualité qui fait l'aura du film.Les dernières fiançailles est un film d’humanité-fiction.Tout se passe comme si Rose et Armand emportaient avec eux un secret, le secret du bonheur.Le jeune Bernier (celui qui va si vite avec sa voiture), le médecin et ceux qui envoient de la publicité par la poste, soit tout le monde extérieur, seront condamnés à ignorer ce bonheur aux couleurs douces et chaudes que ces deux vieux se sont données.Toute réflexion faite ce n’est pas là un film très optimiste.Les dernières fiançailles en dit long sur la vision du monde de Jean-Pierre Lefebvre car, derrière les apparences, Lefebvre dit la faillite de la recherche collective du bonheur.Le couple Tremblay est l’exception qui confirme la règle.La permanence du bonheur n’est possible que dans la mort et que dans un rapport dyadique si intense que ces deux êtres finissent par n’en former qu’un seul.Comme on peut le constater, ces deux films si disparates, l’un en noir et blanc racontant une histoire “policière”, l’autre avec ses allures intimistes, en eastmancolor, ont quand même un commun dénominateur: Jean-Pierre Lefebvre.?(1) in “Introduction à l'oeuvre cinématographique de Jean-Pierre Lefebvre cinéaste et québécois”, Jean-Pierre Lefebvre, ouvrage collectif, Les Presse de l’Université du Québec, 1971, pp.17-62.(2) - On remarquera comment le tabou de l’inceste joue ici.Isabelle, la cousine de Bob, s’est fait déflorer par ce dernier.Le lendemain matin elle écrit à Bob: "J'pensais pas que ça pouvait arriver à nous autres dans la famille.j’va sûrement être enceinte".La mort “par accident” d’Isabelle arrange tout! (3) - Hypothèse à vérifier: tout ce que dit Louise dans son analyse du personnage d’Angéline de Montbrun devant ses étudiants s'applique parfaitement aux divers personnages d’On n’engraisse pas les cochons.et plus particulièrement à Bob.(4) - La Presse, Montréal, samedi 15 décembre 1973, page E 11.20 cinéma/québec (extrait du vol 3, no 2, pp.18-19) les dernières fiançailles Le temps de vivre n’est peut-être que le temps de dire.Et Les dernières fiançailles disent la vieillesse, disent le temps libéré de l’espace de vivre: la mort.Car Rose et Armand sont à quelques minutes de la mort, sont, en même temps, à cinquante ans de leur amour.Donc, ici, tout est cinéma, et rien ne l’est.Il faut oublier qu’on regarde, et se laisser regarder, se laisser oiiir.En somme, oublier qu’on est spectateur.En somme, reconquérir la tendresse et le sens du destin des hommes qui n’ont jamais changé et ne changeront jamais, sinon de manière circonstancielle.Donc, Les dernières fiançailles n’appartiennent à personne: elles sont vécues par tous, de façon simple (mais imperturbable) et quotidienne (mais pourtant éternelle).Jean-Pierre Lefebvre extrait du scénario-.‘les dernières fiançailles” Fin de la Séquence C: scène du thé Rose verse le thé.S’asseoit.Se berce imperceptiblement.Prend son jonc de mariage dans la poche de son tablier.Le passe à son doigt.Se relève.Voit si le thé est bien ébouillanté.Remplit la tasse d’Armand et la lui remet.Armand: "Merci”.Il ne boit pas tout de suite.Semble un peu absent.Rose s’asseoit avec sa tasse.Elle y plonge aussitôt le nez.Souffle pour refroidir le thé.Prend enfin une petite gorgée.Armand n’a toujours pas touché à son thé.Armand: "On est ben le 14 de mai, aujourd'hui?” Rose: "Oui.le 14 du mois de Marie.Hier, c’était la fête des mères.” Armand: "Eh ben eh ben.Ca va déjà faire, ça va faire cinquante ans demain qu’on s’endure.Cé pas si mal, hein ma vieille!” Rose: "Oui.Bois ton thé pendant qu’cé chaud." Armand boit une première gorgée.Tousse légèrement.Rose: "Tu veux un biscuit?” Armand: "Non, marcibien." Rose prend un biscuit, le grignote et boit une gorgée.Une longue pause.Armand boit.Rose boit.Armand boit.Puis lève les yeux vers Rose.Sourit.Armand: "Y'é bon ton thé sa vieille!” Rose: "Cé le même depuis cinquante ans.’’ Armand: "Cé pour ça qui é si bon!” Rose: "Tu dis des bêtises.” Armand: "Cé pas dé bêtises.Ah cré Rose! Tu chang’ras don jamais.Chaque fois qu'on veut t'faire un compliment, tu tournes le dos comme une vra mouffette.Mais souviens-toe, souviens toe, ma p'tite crapaude, que ça t’fesait ben plaisir quand même, à vingt ans, de t'faire dire que t'étais belle pis que.” Rose: "Cé pas un péché!" Armand: "Tabarouette que non qu’cé pas un péché! Cé même une grande vartu." Rose: "Tu parles pour rien dire.Finis ton thé.Y va être froid." Armand: "Bon, bon, j’dis pu rien.” Séquence E: le repas Cuisine.Il fait nuit.Rose et Armand sont à table devant un bol de soupe fumante.Rose mange, mais pas Armand qui fixe la salière en tripottant son morceau de pain.Rose mange, les yeux plongés dans son assiette, en faisant un peu de bruit.Un temps.Elle prend un morceau de pain et le tartine de beurre.Puis jette un regard en direction d’Armand.Rose: "Tu veux du pain?" Armand: "Non, j’ai encore le mien.” Un temps.Rose se remet à manger.Jette un autre regard en direction d’Armand.Rose: "T’as pas encore touché à ta soupe!” Armand: "J'la mange de suite.” Et sans regarder Rose il avale une première cuillièrée.Armand: "A goûte bon.” Les deux mangent.Puis Rose termine la première.Elle se lève.Va vers l’évier.cinéma/québec 21 les dernières fiançailles Marthe Nadeau et J-Léo Gagnon «S»; *àr i Jfà* 2A* - * *-* : .»à.r».i V* ?x; :>.**¦««* - A J, * ' : * ' ‘*'-v VL i.s / '?’* *< / '>« »’< '
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