Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 22 février 1941, samedi 22 février 1941
tème ANNÉE No 24 5 CENTS id lecture du JOUR cal rigoureusement interdite aux imbéciles LE JOUR INDÉPENDANT POLITIQUE, LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE Directeur-Fondateur: Jean-Charles Harvey La peur des mots, cause de déchéance Administration et réduction, 180 est, rue Sainte-Catherine imite 41), Montreal Cam?postale 20, Mation "V — Tel.‘PLatcau 8471 AVEC LE SOURIRE Au “Grincheux |;u„e des habitude» le* plus déplu-r.ible* qu’aient gardée* les »oci*4é* puritaines, est celle qui consiste à Jivi.-*-r les maladie» en deux catégorie-: le- bonnes et les main aises.Comme * il pouvait y avoir de lionnes ’ripi'C’- de savoureuses péritonites, d'agréables méningites et d’bonora-Id^ furoncles! Or, on «sst convenu d’appeler mauvaises, voire honteuses, le* -cities maladies qui, d’ordinaire, * contractent par les relations sexuelles.Il est résulté de là un malentendu cruel, qui a causé la mort ou la déchéance d’un grand nombre d’Itom-nirs et de femmes.Pour qui pense, réfléchit, raisonne, pour qui sait voir la réalité des choses dépouillée de» préjugés, des conventions malfaisantes, des morales de rombières, des erreurs comme celle-là, qui ont duré des siècles et qui se perpétuent en une ère où il c-t pourtant facile «le s’éclairer, à cause d’une surabondance de science .t de lumière, font douter parfois du bon seats «‘t même de l'instinct de cou-«•nation de notre espèce.Pour avoir entretenu la phobie «le certains mots c*entieb, on a forcé une multitude de leiuH-s gens, de fortes et riches natures, à cacher comme une honte leur» plaies secrètes, jusqu'à ce jfoll» ont «Icpui» longt»-m|«» prévu J«** danger» pOf«ible» «le «I- vote» populaire* publi'V «lan* le* piurnaux a l.i veille «le» «-lection*.Il- oui étudié leur lotte «l'entraînement a cet «-prit grégaire que Paul \ii2er mn»idiTc comme in»oparable «I*- riiomme m«iVon.\oycz à ce pro-po« l etmle «lociimenté-e «l- crier sur les toits.Si no» gen» savaient mieux m- servir de fads comme celui-là, ils auraient moins à se plaindre des méthodes ultra-nmderncs de leurs concurrent», méthode» que nos endonneiinv de pro-fession qualifient dé-daigneuseinent de rackets.Au»elmc BOIS «E (ANS LE VIEIX QUÉBEC Il II MV I FOICE PHYS W\ ANTOINE VOYER "Le Grond Voyer" Antoine (Le Grand) Voyer était connu au début du siècle dernier, à Montréal, pour la gcntilhommcric et l’esprit de justice qui s alliaient, chez lui, à une grande force physique.I n jour, d’une seule main, il mit hors d’une auberge une bande de matelots tapageurs.Une autre fois, avec un poids de cent livres dans chaque main et aidé du puissant Montferrand, il mit en pièces la porte d’un bureau de votation illégalement fermée a clé.Lui-même et un ami, armés de timons de fourgons, dispersèrent un peloton de soldats qui maltraitaient un vieillard.Pour finir, Voyer donne une raclée a cinq d entre eux.Quand, lors des élections qui mirent aux prises le docteur Tracy et sir Stanley Bagg, en 1832, Bill C.ollins, un chef de bande, vint l’attaquer pour l’empêcher de voter, Voyer le tua d’un coup de poing.11 fut acquitté parce qu il avait frappé en état de légitime défense.M»m» dont I» bon vi»ux t»mps -cornm» aujourd’hui -I» flin d» Kuypcr était le grand favori.ONCES 10 $ ONCES ]05 ONCES —————LE JOUR —— “Une vue des choses” par Jules Romains Jule» Rom»ini reçut un jour.» Paiis, un* lettre de M.Clifton I adiman.I écrivain et critiqu* américain hi*n connu.II y «apfx-lait qu’en 1031 lev éditeur» d* !a collection The Inner Sanctum avaient publié un gro» recueil, intitulé Living Philoaophiet.(.* recueil était dû a un* vingtaine de perionnalité» différentes, chôme» comme représentative» de la »cience, de la littérature, «ni de la pen»ée pure, dan» le monde entier.La collaboration de chacun* d‘ell*v avait été sollicitée.et définie, a lépoqur, dan» le» terme» «uivanl»: "Sous adressons simultanément cette même demande a un petit nomtirr rl'hommes et de femmes vivants '/««( pnt»e*( pour avoir atteint chacun, due, leur propre domain* de pensée, des r cinq ans lorsqu'elle commença l’étude di violoncelle.L’enfant précoce était si tite que son père accédant aux supplies-tiona de la fillette fit fabriquer un ins trument spécial à son usage.1/jrd Beu-verbrook s’intéressant a la jeune artisn la fit venir à I^ndres.Cost lu que, sou l'égide des maîtres Nelsova se perfectionna.Pille devint très vite une célèbrs violoncelliste et une favorite des grandi auditoiies européens.Voici le programme qui sem interpu- té vendredi par le quatuor a cordes McGill et l'artiste invitée Zara Nelsova 1) Quartette, la mineur.Brahiu 2) Sérénade Italienne .Hugo Wolf 3) Quintette, do majeur .Schubtr.Ce concert aura lieu dans le salon Prince de Galles de l'Hôtel Windsor i huit heures quarante cinq précises.Os peut assister à ce concert en se procurant des cartes d'admission au burtai 365 Hôtel Windsor, téléphone Belair 223a.Le cycle de Beethoven Les Concerts Symphonique.» «le Montréal demandent à tous ceux qui désirent réservor des places pour lt cycle des neuf Symphonies de Beethoven, qu'ils écrivent ou téléphonent dès maintenant aux bureaux de la Société à Th«»tcl Windsoi Ce.cycle donné en quatre soirs, le 29 a»rJ et le» 2, 6 et P mai prochain» sous ’a direction de Tcmincnt chef d'otchetu belge Désiré Défaut», promet d'être l'une des fête.» musicales les plus brillante dans le» annales de la musique u Canada."ÉCOUTEZ, MON AMI.il „y , qu’une raison pour laquelle Picobac connaît une plus forte vente que tout autre tabac à pipe au Canada: c’est celui que les hommes aiment le mieux! Mais pourquoi?Ah, pour bien des motifs.D’abord, c’est un tabac toujours doux, frais, agréable à fumer.Puis il est economique.Enfin, point très important, il possède une saveur et un arôme bien à lui.Je parie que vous l’aimerez vous aussi plus que tout autre tabac.” 9919 93 9918 Page 3 Montréal, samedi 22 février 1941 A L’AFFICHE MONTREAL ^ ^'rUl: 'Ta Pan Alley"; "Glamour v "Tne Philadelphia Strory”.V seninné._,lac)>- "Kitty Foyle .¦ Dulcy"; "'Gallant Sons'", fjnéma de Paris: L’Homme du Niger ", Y semaine.JnUleni»: "Derniere Jeunesse ; La Femme de mes Hêves .pubien: Pièges"'; " A la Maniéré de.• Eleetra: dron"; tiee": du”; ga.ni.à mar.: ‘The Lost Squa-•Curtaln Call”; "Triple Jus-mer.à ven.: ‘ Le Paradis Per-Martini Sec".* * * QUEBEC flnéma de Taris: "Battement de Cœur"; "Le Chasseur de chez Maxim's".Canadien: IA POUNE: ""Il est Charmant"; "J'étais une Aventurière".Victoria: "Tourbillon de Paris": L'Homme à la Barbiche".* • * SHERBROOKE Clntma *1.Pari.: ' Le Maître de For- ges Chourlnctte".ÿ * * TROIS-RIVIERES Cinéma de rarls: "Je t" Attendrai"; ¦ Le Bois Sacré”.st-hyacinthe Corona: "Berlingot & Cie”; "Le Quartier Latin".* * * ST.JEROME Her: ’Marseille mes Amours"; "Derrière la Façade".* ?* THEATRES ET CONCERTS Monument National: Les Variétés Lyriques présentent: "LA MARGOTON DU BATAILLON",‘les 20.21, 22, 23 février.Hi» Majesty's: Montreal Orchestra, le 23 février.Auditorium du Plateau: Les Concerts Symphoniques, le 25 février.Monument National: La Comédie de Montréal présente: "LA TOSCA", les 27, 28 février, 1, 2 mars.Arcade: Les Comédiens Associés présentent: “LA BELLE AVENTURE", semaine du 1er mars.*Dernière Jeunesse" (su SAIVr-l)K\IS) grand artiste français Ilatmu nous revient en vedette dans ""Dernière Jeunesse'.un drame puissant, humain, attachant.Voici les grandes lignes du scenario: (îeorges.nui a fait sa fortune aux colonies s'ennuie, a plus de éfl ans.de vvre seul et d'errer dans le» cafés lUien.oil II est lapé par des copains.Il r-cueille une nuit une Jeune fille, Marcelle, qu’il garde et dont il s'éprend follement.au point de i'f-pouser.Pour sa fi-m-re, II fait des dépenses, meuble un ap-tuirtfinenl, l'habille bien, mais veille sur elle avec une passion Jalouse.Marcelin a peur de la brutalité de Georges et un soir où elle est rentrée avec un ami.Georges veut assommer le jeuno homme qui est lauvé par l'Intervention d’amis.Le vieil ionims reste seul e.t fou de douleur et de • •dère.essaie d'étrangler la Jeune femme qui l'enfuit.Cependant, elle revient A son mari qui promet de ne plus être Jaloux.On Imagine sans peine la création ina-ttnlflque que fait du rftle de Georgia l>' grand arteur qui a animé de son talent •inique la trilogie de Marcel Pagnol et, plus tard, ce tllm exceptionnel: "I.a Femme du Boulanger".Halmu ne df-eolt Jamais.li est entouré, dans "Dernière Jeune,sse”.dune distribution de choix, en tète do laquelle on distinguo la fascinante Jacqueline Drlubuc, le versatile Pierre üras-» e U r, Trame! et Génin, excellents toujours, ainsi que l'amusante Alice Tissot Comme attraction supplémentaire, lo St-Denis préaente: “lui Femme de mes Mvm”, un filin délicieux et spirituel, avec *"*)' Vernon, dont on a dit qu'elle avait 1rs plus beaux yeux de France, et ces deux comédiens de grande classe, Roland Toutain et Armand Bernard.-*- "Thn Pliihulelphia Story", en 2c semaine Un I.OKW’S) Katharine Hepburn a crée > prêt rde féminin de .i«i pièce "The PhlJadel 'tul a obtenu un énorme suce ,*w 'ork, et o'est à elle encore qu’t M recours pour la version clnémato "“l i•’ l’Ièce Uni l'affiche une ni empiète, amusant les nombreux spe Purs qui ,e pressaient fl chacune représentations, il n'en fallait pas four décider le directeur George Cu „ a tenté une expérience en filmant q iïM,i ,neg au théAtre même et * ertir les acteurs.Kn même temps .vo,x des acteurs étalent enreglsn S" poyvatt saisir sur le vif les réact “J public.Jut d'un pr/—leur concours pou Jllsatlon dp film.L.« nouveaux in HH* de faire de la morale.Croyant avoir une mission, il convoqua >es petits amis Augier et Sardou, et leur dit avec 1 éloquence qu'on lui connaît : "I-es gars ! on va faire de la morale." (Ceci se passait vers 1880).Ix*s tro.s bonshommes partirent alors on croisade, à la conquête des théâtres parisiens et firent, comme il était convenu, de la morale.et de l'argent.Comme ils avaient du ‘‘génie’, ils réussirent merveilleusement.(On réussit toujours avec du "génie”).Tous les théâtres populaires furent envahis par les nouveaux moralistes moralisateurs, jusqu’à la Maison de Molière, dont les murs étaient tapissés de leurs “plaidows philosophiques." Supposons, |>our les besoins de la cause, que la Comédie-Française ne soit pas la risée du monde, ainsi que le prétend Henri Béraud.Alors, devant des foules en délire, les coquettes déplumées et les jeunes premiers octogénaires du "premier musée français” se pâmaient à jouer Dumas et Cie.Ft, telle une vague immense qui déferle sur le monde, les éclats de gloire ont traversé les océans et se sont répercutés jusqu’à nos âges.Voilà pourquoi on retrouve, cette semaine, "Francillon” sur la scène du théâtre Arcade.C’est, affirmait Dumas fils, une pièce à thèse ! Je n’entreprendrai pas la tâche de la résumer, car son éloquence inc dépasse.Constatons, cependant, que l'intrigue du premier acte tourne autour d'un bébé qui vient d'être sevré et d’une salade japonaise.Ft pour ceux qui l'auraient déjà oublié, rappelons avec Dumas, que le bébé de Mme venait d’être sevré.I,'action s’améliore cependant à la fin de la pièce, où tout finit pour le mieux dans le meilleur des mondes, comme dirait Candide, par un dénouement logique et sensationnel.A la rigueur, je veux bien admettre que l’auteur de la pulrnonique "Dame aux Camélias" ait le don du dialogue, puisqu’on l’affirme.mais je ne vois pas même de technique dramatique, dans cette pièce.Toute l'intrigue sc déroule par une longue série de petites conversations débitées à huis-clos.Chacun récite son petit boniment et se retire, pour laisser la place à un autre qui vient réciter son petit boniment.Tout cela cousu de dissertations sentencieuses, arbitraires et banales.La pièce devrait donc plaire aux avocats, car elle est tris éloquente.Je ne sait pas si le spectacle a plu au public, mais je me demande quel élixir miraculeux cette perle du répertoire de la Comédie-Française a bien pu ingurgiter pour survivre jusqu’à nos jours, Ixs membres de la troupe ont cependant eu beaucoup de mérite à tenir des rôles aussi artificiels avec vraisemblance et aplomb.Par leurs efforts, ils ont sans doute donné à la pièce un charme et une couleur que les ans avaient ternis.Félicitations tout de même pour le beau travail des comédiens dans une tâche aussi ingrate.Félicitations à Mlle Antoinette Giroux pour son charme et sa sensibilité dans le rôle de Francine (Francillon) de Kivcrolles, la cynique et révoltée épouse trompée.Jaque Catclain et Pierre Durand ont été justes et sympathiques dans les rôles de Lucien et du Marquis de Rivcrolles.Paul Kingsley s’améliore constamment.fl a manifesté un aplomb et une espèce d’autorité qu’on ne lui connaissait pas ainsi que Nini Durand qui a trouvé un charme nouveau dans une candeur nouvelle.Roger Florent et Jeanne Demons ont aussi affiché une belle tenue.François Rozet, riant et léger dans une brève apparition, était si amusant qu’il semblait rire de son rôle.Enfin, tous les interprètes ont évolué avec aisance dans l’unique décor, très CINEMAS PARIS TROISIEME SEMAINE SAMEDI RAIMU do tu jrnnem \ JACQUELINE DEIUBAC ,_j ' PiERRE BRASSEUR chic et très solide.I/; prochain -pcctadc des Comédiens Associés sera "La Relie Aventure”, de de Fiers et Caillavet.Au moins ces deux auteurs ont de l’esprit.et I amusante escapade d'Hélène de 1 revillac a beaucoup de charme et de fantaisie.Maurice BOL LIAS NE la critique était toujours systématiquement et aveuglément élogieuse, on n’y croirait plus et il vaudrait mieux n'en point avoir.La vérité n'est jamais fausæ.Lorsque, d'ailleurs, on applaudit à la réussite d’un»- oeuvre, cela peut paraître sincère, et partant, accentuer davantage son succès.M.B.The Montreal Orchestra i hef »rorrhf«tri* Douglas Clarke Dimanche, 23 février à 3 h.L"> p.in.Théâtre HIS M UESTY’S mphonlr V» X en H liémnl .Hrhnlirrt Concert»» |>niir plnno en •*! Iiéniel mineur Tehnïlt»»v»WI I hrf iTnrrheMre Imité u l ; it n till) x v v l.tin Knlloti-, Mil li t ( IIDHK ANMS \ l’rlu 10 r.HT r, O.'c.*1.38.?Ï.1H TAXM INC1.I M, La Comédie de Montréal PRESENTE “La TOSCA” fomédle dramnllque ru S arts* MONUMENT1 NATIONAL 27-28 février — 1-2 mari Matlnfm: 27 fEV.- 2 M VII» DIMm»: «nlrÿrt, r„-,r, r.o.-, 71.00 Matinée) ,'UVc, 4Or, «Or, 7.'r.Lt> imtr mi Monument National I" h.a.m.k « h.p.m.PI., «loi LE JOUR Ij» Directrice (AUKOKK AI.YS) et Mlle Fouine (FIIII.IXK RAF MOI.) en , charge de la pension Verdurette.Ce aont deux Interprètes de *‘1j» Mitrgoton du Bataillon" que les Variétés Lyriques donneront nu Monument National, les 20, 21, 22 et 28 février prochains en soirée.Aux Variétés Lyriques THÉÂTRE: L’Art pour l’art et l’art pour l’or.Le théâtre connaît cette année, à Montréal, une recrudescence sans précédent.Plusieurs nouvelles troupes ont été fondées et chacune présente des spectacles plus ou moins intéressants, avec plus ou moins de succès.Notre art dramatique, .qui stagnait de façon misérable depuis de nombreuses années, est comme sorti de sa léthargie et s’agite pour s'agiter, sans trop savoir où donner de la tête.Serait-ce la renaissance définitive, le simple réveil passager ou encore le chant du cygne ?.Il serait peut-être arbitraire et imprudent démettre une opinion, actuellement, mais un fait existe toutefois: celui de l'activité.Les pièces se succèdent sur nos scènes; la comédie boulevardièrc côtoie la comédie dramatique ou le gros mélo, et l’entreprise réussit ou ne réussit pas.L'important problème est d'intéresser le public; problème qui soulève l'éternel conflit entre le directeur et le public, le théâtre et la masse, l'art et l'or.Evidemment le théâtre s’adresse au grand public, et comme tel.il est un a r t essentiellement populaire.Mais, sait-on vraiment ce qui plaît au public ?Oui et non ! Oui.parce que le public est toujours le même, et non.parce que le public ne le sait pas lui-même, ce qui lui plait.A Paris, à Montréal ou ailleurs, le public est le même partout, et ses réactions sont semblables dans des circonstances semblables.On croit volontiers, de prime abord, que pour attirer la foule il faut lui présenter des grimaces et des courbettes, des coups de poings et de la gaudriole.Et.lorsque, las des grosses recettes.le directeur veut éloigner son auditoire, il suffit de présenter une oeuvre de qualité.Ceci n'est peut-être pas aussi vrai qu'on ne le pense ! Car il y a, je crois, une différence entre plaire au public et l'intéresser.Celui qui lui plaît, le fait pleurer ou rire à gorge déployée, pour son argent, et celui-ci s'en va, se retire, jusqu'au moment où il éprouvera de nouveau le besoin de rire ou de pleurer.Celui qui veut intéresser le public exerce un choix minutieux de ses pièces, les lui présente dans un certain ordre, d’une façon agréable, et éduque un auditoire régulier et sympathique qui s'intéressera vraiment au théâtre parce qu’il y comprendra quelque chose et aura l'impression de n’y point perdre son temps.D’où la différence entre faire du théâtre et faire du théâtre .Je demeure convaincu, avec Edmond Séc et tout le monde .qui pense comme lui.que [ éducation du public au théâtre est chose relativement facile.Les spectateurs sc montreraient d’une extrême docilité si on savait, si on voulait les prendre.Ils écouteraient volontiers des' oeuvres d’une certaine classe, à condition qu’elles fussent bien présentées.Ives gens ont trop besoin de sortir d eux-mêmes, de s’évader, pour sc refuser à voir du nouveau.Rien n est plus souple, plus docile et plus indécis qu’un public, et surtout un public nouveau, "vierge” et sans guide comme le notre.‘ Mais ii est quelqu’un de plus souple, de plus docile encore que le public, c'est le directeur' .et ceci, je le fais dire par Edmond Séc: Le directeur qui s’inquiète du goût, de la volonté de gen» qui n'en ont pas et n’en ont jamais eu ; qui va aux ordres, si je puis dire, me fait penser à un médecin demandant son avis à un patient sur le traitement à ordonner ! Comment veut-on que le client réponde ?C'est pourquoi les directeurs resteront toujours les grands maîtres les plus puissants, lorsqu'il s'agira d'orienter le théâtre dans un sens ou dans un autre, vers le pire ou vers le meilleur.Il y a donc une certaine façon de prendre le public pour 1 amener a s’intéresser à des oeuvres de qualité.Et c'est là que les directeurs doivent faire preuve de beaucoup de tact c* de beaucoup d expérience, dans le choix et la présentation de leurs pièces.Et lorsque I on présente du neuf, du neuf que l'on n’aime pas peut-être, parce qu’on ne 1c connaît pas, le public peut-il se refuser systématiquement à voir des choses qu i! n'a jamais vues ?Peut-il dédaigner l ocuvre d’un homme dont il ne sait même pas l'existence ?En outre, pour la masse, le nom de l'auteur est tout à fait sans importance.Remarquons qu'on fait, surtout à Montréal, la publicité d’une pièce sans presque jamais mentionner le nom de l'auteur.Comme preuve, demandez aux profanes de qui est “La Tosca”.Par ailleurs, il est prouve que c'est l intcrprctation plutôt que la qualité d’une oeuvre qui en fait le succès.Neuf fois sur dix, pretend-on.le succès d'une pièce ne tient qu à ses interprètes, parce qu'en vérité, le talent de l’acteur domine presque toujours celui du dramaturge.Allons-donc prétendre maintenant, que pour vivre, une troupe doit nécessairement fournir â son auditoire des coups de revolver et de la gaudriole ! Le succès qu'on obtient en abrutissant le public, c’est-à-dire, en exploitant son manque de goût et d'éducation, n'est pas un succès.I^oin de servir la cause, c'est éloigner les gens à jamais, après les avoir dégoûtés.Et même devant l’appât d'un profit immédiat, les sociétés dramatiques n’ont pas intérêt à s‘aplatir devant le public, car elles travaillent contre elles-mêmes et contre l’art qu’elles doivent servir.C'est déjà, d’ailleurs, une grande richesse et une preuve de force que de n’ètre pas oblige de devenir le pantin de l'ignorance du public.Voilà donc pourquoi l'organisation d'une troupe n'est pas une industrie de gens d'affaires et de financiers.D'ailleurs, ceux qui se sentent des "aptitudes” pour les millions font fausse route en dirigeant leurs activités dans ce domaine de l’art.Je crois qu'ils perdent leur temps et leur argent, sauf peut-être ce bon Monsieur Quinson, qui constitua jadis le trust du théâtre à Paris.Une entreprise lucrative pour les uns est souvent néfaste et démoralisante pour les autres ., ¦ Pour terminer, constatons qu'une troupe sérieuse, disciplinée et bien intentionnée ne peut pal ne pas réussir, après un effort laborieux et surtout constant.En plus de servir véritablement le public, elle sert les comédiens, en leur permettant de donner toute la mesure de leur talent dans des rôles qu’ils peuvent ctudier en profondeur.La troupe parviendra bientôt à acquérir la sympathie du public, en créant une atmosphere laborieuse, propre et sincère.Et ainsi s’élèvera lentement une institution qui puisse demeurer parce qu elle aura été soucieuse de la liberté de l'art et de la dignité des artistes .Maurice BOULIANNE Félix U.Bertrand, Pour la RfcoruJe fois dans m carriers, Fèiix-R.Bertrand, musicien tre» connu d*' notre ville, a reçu J'offre de devenir organiste et.jnaitr» de chapelle d'une cathédrale du Nouveau-Brunswick; cette fois a !a cathédrale de l’Irninacuice Conception de Saint-Jean.Hon Exe.Mgr.Patrick Bray, eudlate.a demandé a notre jeune compatriote de réorganiser la musique liturgique dans non dloceae et de devenir le titulaire dex grandes orgues de «a cathédrale.Félix-H.Bertrand, t.Mue.«a* actuellement organiste a l'égiise Notre Dame de ;a Défense organiste a la Montreal Orchestra, et directeur - fondateur di Choeur Mixte de Montréal.Il a Inauguré 54 orgues et donné plus de 4W concerts dans tout le Canada et le» Etats-Unis.Après sept, années comme organiste et maître de chapelle a Chatham.Il reçut > titre d’Organiste Honoraire de la Cathédrale de son Exc.Mgr Chlaason en récompense de ses s>r’.tes Organist»: officiel au Congres National eucharistique de Québec en 1538, fut choisi par Henri Ohéon pour créer .a musique pour les Jeux en plCn-air a Québec et a Montréal.Il est aise: membre de -a Canadian College of Organist.Pour l'organiste Bertrand, c est un honneur nouveau qui rejaillit '-n même temp-, sur notre ville et .>•.».ni; récompensera aar.fi doute se* efforts et son talent.Au His Majesty’s ISight Must Fall Einlyn William» „i pièce Sight Must Fall, présentée !.i semaine dernière un His MajestvN par une troupe excellente.Seule, l.t hi/mre-rie de cette oeuvre tait quelle ne puiTr y* lattadier au genir policier; pour le reste, tout y est : !r meurtrier, le crime, la victime, et le detective qui opérera l’arrestation à la fin.M a.» il y a aussi Olivia Graine, cette demoiselle encore jeune, sans qu'on puis-»e cependant l'appeler une jeune tille, cette demoiselle à vrlléités intellectuelles, qui étoulte dans cette atmosphère met quine et fétide qu'entretient autour d'elle une tante maniaque, faussement malade, avare et tracassièrr.Cette demoiselle s’intéressera passionnément an jeune Dan, sachant qu'il est un assassin, et c’est elle qui, l’observant avec un intérêt exacerbé, découvrira qu’il se joue la comédie et le lui fera découvrir à lui-même.L’Vst là le personnage le plu» humain et le plus attachant de la pièce.On assiste, en se sentant toujours pri» davantage, aux transformations de cette personne qui, distante d'abord, puis curieuse, se révèle à la fin une femme tourmentée, qui cherche à sauver le criminel qu elle aime et reçoit de lui un baiser alors qu'il s'en va, menottes aux poings, avec le policier qui vient de l'arrêter.Violet Heming a donné à ce rôle extrêmement difficile une interprétation transcendante; extrêmement intelligente surtout.Ix rôle le plus brillant, qui permet le plus d’rffet, qui se peut tenir avec le plus d'éclat, i est celui de Dan.,, l'as sassin.l'homme qui se jouait la corné die.Rôle extrêmement ardu aussi, plein de contrastes et de difficultés de tout rrrdre.Rôle rempli n la perfection par Douglas Montgomery.D» cas de Dan est incontestablement un ras pathologique.Q iflquf chose de plus fort que sa volonté pousse re jeune homme à tuer.Il n’a [ourlant rien du Raskolnikov de Crime et Châtiment; pas de masque fourmeité, par d'allure fuyante.Dan se montre badin, enjoué - plus que de taison peut-être, rt c’est cela qui met Olivia sur la piste.Dan est un charmeur, qui enjôle toutes les femmes de la ma son, depuis la petite bonne, à qui il a (ait un gosse (point de départ de toute l’histoire) jusqu'à la vieille et insupportable Mrs.Urarnson, qui devient pour lui foute tendre.Mrs.Hraimon qui s'effraie de son absence et l'appelle à gram s cris le soir où, précisément, il ne revient que pour l'assassiner.Florence Reed fait une création absolument remarquable dans ce rôle antipathique et comque à la fois, caricatural pour tout dire de Mrs.Bratnson.I es autres membres de la troupe, peu nombreuse car il y a peu de rôles dans les pièce» d’F.mlyn Williams, vint tous bien dans Ja note.Arthur Gould-Porter mérite une mention particulière pour la faç»m intelligente et doucrment ironique dor f il rampe son vieux garçon txiur-geois, rassis, assez, médiocre mais p.i» bet*.Bernice Vert remporte un Mimés de rire dans son rôle de Mrs.Terrence.La mise en scène et la direction de G ty De* lecteurs.“Ce projet," dit M.l uce, “conçu et proposé par un Américain, démontre que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne devraient prendre 1’initialive de la création d’une nouvelle et large union fédérale des peuples.Son plan pourrait bien conduire a la solution île no» problèmes.Aucun Américain qui pense n’a fait son devoir envers son pay* et la société tant qu’il n’a pas lu et médité le livre •le l.larcnee Streit, “l nion Sou'', Hcpuis trois siècles, conclut M.Luce, notre coutilient a bouillonné d ni il 1 a 11 ves féconde* et magnifitpiw, rendues possible* par le triomphe do la liberté.L est dans le meme esprit que chacun de nous, dans la limite de se» moyens mais avec la [dus grande largeur de sa vision, est appelé à participer a Ja creation du [Hvmier grand siècle américain.La Bataille Navale TIME fait jugement remarquer qu’à 1 exception de la déroule de l’Armada espagnole, et de la rencontre du Jutland, toutes le* batailles navale* décisives dans l’histoire de l'Europe ont etc livrées en Méditerranée.C est encore ià que depuis de?semaines se dérobe le combat acharné qui.par le nombre des unite* et des équipages engagés, .va durée et l'importance de se* résultats, sera peut-être la plus grande bataille navale de tous le* temps.Et l'action semble devoir atteindre bientôt son point culminant.A côté de la bataille de 1941.celle de Sidaminc (480 avant notre ère), qui inspira Eschyle, ne fut qu’une parade spectaculaire où Xcr.vès, sur un trône •1 or et entouré d une cour fastueuse, put de la rive assister à l'effondrement de son rêve de conquête, et voir dans un bras étroit de mer bleue, en face d’Athènes.400 trirème* grecques légères démolir 800 vaisseaux perses trop gros pour y manoeuvrer._ A côté de la bataille de 1941.celle d Actium (3| avant notre ère), où Antoine essaya d'arracher à Octave Auguste l’empire de Rome, ne fut qu'une farce pathétique, qu'acheva la fuite éperdue d’Antoine vers l’Egypte, dans le sillage des galères de Ciéopâtre.et que chanta Heredia : • .• et, sur elle penché, Tardent [ Imperator Vit dans ses larges yeux, étoilés [de points d'or, I oute une incr immense où [fuyaient des galères.' A côté de la bataille de 1941.celle de Lcpanle, au I6ème siècle, qui donna ¦ a suprématie aux Lhrélicns sur le I urc infidèle, ne fut qu’un engagement, épique mais simple, une série d'abordages héroïques où deux cents galères chrétiennes coulèrent ou capturèrent un nombre égal de galères turques.Cervantès y eut -a main gauche mutilée d'une balle de mousquet, pour la plus grande gloire de ia dextre qui écrivit “Don Quichotte".Les bataille* de Nelson, Aboukir ( I / n8 ) qui détruisit les ambitions orientai* de Napoléon, et Trafalgar (1805).qui ruina son rêve de domination curo-[>éenne.la première près de Suez, la seconde près de Gibraltar, illustrèrent 1 adolescence de la puissance britannique aux temp* de* frégate* à voiles.C'est > esprit de Nelson qui inspire encore la Marine Royaie où se sont perpétués le mot d’ordre glorieux : "L’Angleterre compte que chacun fera son devoir" ; et je testament^ du héros mortellement d,C5^ ’ Grâce * Dieu, j’ai accompli ma tâche".La bataille de 1941.sauf par l’esprit qui 1 anime cl les étemelie* contingences de la nier, ne ressemble plus guère aux épopée* d'Aboukir et de Trafalgar.E:.c est sans précédents, par son échelle d abord.Elle couvre toute la Méditer- Ces commentaires sur les grands événements de la semaine ont été rédigés tout spécialement pour les lecteurs du JOUR d’après les meilleures sources d’informations ’¦ canadiennes et américaines.ranée et envahit même »e» côte*.Elle dure depui* huit moi» et son intensité ne fait qu’augmenter.Elle engage toute* sorte* de vaisseaux, du canot automobile rapide au puissant cuirassé, et un élément nouveau : l’avion.Elle met en jeu le sort du monde entier et jusqu’à la philosophie de l’humanité.Elle met à l'épreuve la puissance maritime fondamentale de la Grande-Bretagne.La bataille de la Méditerranée commença quand, au 10 juin 1940, Bemto Mussolin- partit en guerre, croyant que ion équipe avait déjà gagné.Comme la Méditerranée est fermée aux deux bout» par deux forteresses britannique*, et resserrée en son milieu par les détroits de Sicile, la bataille se trouve naturellement divisée en deux- sphères principales d action.la Méditerranée orientale et la Méditerranée occidentale.A l’ouest, la capitulation de la France privait presque tout de suite la Grande-Bretagne de* bases de Toulon et de la Corse, de Bizerte, Alger et Oran, et laissait ouvert par le flanc le bassin oriental.Obligée de se garantir contre une mainmise possible de 1 Allemagne sur la flotte "française.l'Angleterre dut se résoudre à l'opération douloureuse de Mers-el-Kébir, près d Oran, où deux cuirassé» et un croiseur français furent coulé* par l'escadre de 1 Amiral Somerville.La Marine royale ne dispose plus maintenant que d’une base navale majeure dans le bassin occidental, c est Gibraltar, dont le Roc est menacé par 1 Espagne au nord, par les canons allemands à AI* gésirss et les canons italiens à Ceuta, sans parler du reste de la flotte française à Toulon, dont la disposition finale est loin d’être sure.La flotte britannique de ia Méditerranée occidentale doit donc rester toujours sur le qui-vive, prête à toute éventualité, en dehors de ses missions de patrouilles, d’esoortes, de blocus et de convois., C’est ainsi qu’en dépit des mines, des sous-marins, des avions et des batteries côtières, elle alla récemment attaquer le grand port itahn de .Genes, et en bom barder les installations de 300 tonnes d’obus, sans subir d’autre perte propre que celle d'un avion de reconnaissance.La flotte italienne, concentrée à la base militaire de La Spezia, à 60 mille* de là.ne se montra pas.L'affaire de Gênes est un avertissement aux Allemands que T Angleterre s’opposera à toute tentative d'expédition maritime contre 1 Afrique du Nord, quelle vienne des ports italiens ou français.Dans le bassin de la Méditerranée orientale, la bataille s’engagea par la saisie à Alexandrie d’une autre partie de ia flotte française, un cuirassé, quatre croiseurs et de plus petites unités.Et, comme à Gibraltar, les vaisseaux britanniques montèrent la garde à 1 entrée du canal de Suez.Sur terre, l’Italie esquissa contre le canal une attaque en pinces, s’emparant de la Somalie anglaise, occupant des avant-postes au Soudan et avançant en Egypte jusqu’à Sidi-Bar-rani.Puis, fin octobre, Mussolini attaqua la Grèce, que vint aussitôt secourir l’Angleterre, conformément au traité de garantie ; et ce fut l’aube des déboires fascistes.La Grande-Bretagne commença par occuper tout de suite et aménager sans retard la base navale et aérienne de Suda Bay, en Crète.Et l’héroïque, puis victorieuse résistance de Tannée hellénique.soutenue par la R.A.F., permit aux Britanniques de saisir l'initiative des opérations, pour la première fois depuis le début de la guerre.Une escadre de cwn-bat, 2 cuirassés, 4 croiseur», I porteur d'avion* et des destroyers, parcourait incessamment la mer de Corinthe à Brindisi, sans réussir à provoquer une rencontre avec la flotte italienne qui s'en' tétait à rester à l’abri de ses ports.L escadre se risquait même dans le détroit d’Otrante, jusqu’à Valona et plus ayant encore dans l’Adriatique, tandis qu’une autre assiégeait Rhodes et les iles italiennes du Dodécanèse.I^es navires britanniques patrouillent meme maintenant le détroit de Sicile, autour de la forteresse italienne de Pan-tclleria, à proximité des bases de Stuka.* allemands en Sicile, sans plus rencontrer d’opposition sérieuse de l’ennemi.De leur côté, le* avions de la Marine Royale attaquent sans cesse les bases italiennes d’Albanie, et en Italie même les ports, gare*, aérodromes, usines et communications.Ce sont eux qui, en novembre, ont réussi l’exploit le plus spectaculaire jusqu’ici de toute la guerre navale : l’attaque de Tarcnte, où ils ont surpris, bombardé et mis hors de combat trois cuirassés et deux croiseurs italiens.Ce coup de main audacieux et efficace assurait désormais aux Britanniques la supériorité navale dans toute la Méditerranée.Sur terre, les Anglais attaquaient le 9 décembre l’armée italienne de Libye à Sidi-Barrani, et inauguraient la magnifique campagne qui devait en deux mois les mener à Bengasi, achevant la conquête de la Cyrénaïque.Le rapide succès de cette expédition n’aurait pas été possible sans l’appui de la flotte de la Méditerranée orientale.Une escadre formée de deux cuirassés, deux gros croiseurs, deux porteurs d’avions, huit à dix croiseurs légers, des destroyers et des submersibles, entreprit là une double tâche.Chaque fois que Tannée du Nil, par terre, attaquait un fort ou une position italienne sur la côte, l'escadre soumettait la place à un terrible bombardement par mer, puis, l’assaut venu, coupait la retraite à l’ennemi en bombardant ses communications à l’arrière.On avait, dans ce but, adjoint à la flotte le moniteur "Terror", avec ses canons de 15 pouces, et des cannonières à fond plat, amenées spécialement des mers et fleuves de Chine.Et, au fur et à mesure que tombaient Sidi-Barrani, Salum, Bardia, Tobruk, Dema, puis Bengasi, l’escadre immédiatement en occupait les ports, pour venir ravitailler Tannée du Nil dans sa rapide avance et évacuer le flot des prisonniers encombrants.Il reste à résoudre une question, dont la réponse pourrait décider du sort de l’Empire britannique: qui l’emportera de l’avion ou du navire de guerre ?Jusqu’ici le navire est bien sorti de chaque rencontre.Un seul vaisseau cuirassé, le croiseur "Southampton", a été coulé par l’effet des bombes d'avions.Un seul porteur d’avions, T ’‘Illustrious”, a été sérieusement touché par l'attaque aérienne.'Tous deux furent atteints dans le combat des détroits de Sicile, le mois dernier.Encore le "Southampton” ne périt-il qu’en raison d’un incendie allumé dans ses soutes par un coup direct exceptionnellement heureux ; et T "Illus- trious'' ne fut-il si sévèrement frappé que parce qu'il ne disposait pas de son complément normal d'avions de chasse.L’épreuve finale entre avion et navire de guerre peut survenir d'ici peu en Méditerranée.Et le sort de 1 Angleterre y sera entre les mains d’un chef que les marins britanniques appellent A.B.C .Ce sont les initiale* de l’amiral sir Andrew Cunningham.H a adopté la devise de Nelson : à TE*t de Gibraltar, tout le monde est célibataire! ; fière manière de déclarer que rien ne compte plus que le souci du devoir à remplir.A.B.C.est un expert de la Méditerranée qu’il connaît dans tous scs recoins ; il fut en 1915 à la malheureuse expédition de Gallipoli.C'e*t un travailleur infatigable, un officier strict et énergique, à la voix de stentor.Il est si habile navigateur que ses équipages l’assurent capable de couper un oeuf en deux avec la proue d un cuirassé de 30.000 tonne*.L’amiral Cunningham est essentiellement et avant tout un marin.Il n aime pas l’avion, bien qu’il sache efficacement s’en servir et ait vaincu par lui à Tarente.A la bataille de Sicile, il donna ainsi son dernier ordre : "Italiens ou Allemands, cette peste doit être chassée du ciel”.Quelle que soit Tissue du duel décisif entre l’avion et le navife, la lutte en Méditerranée approche son point critique.La flotte britannique redouble d'activité pour forcer le combat.Hitler ne saurait longtemps négliger ses audacieuses provocations, dont le succès persistant pourrait avoir un retentissement profond en Italie et en France.Il a dû entendre les paroles de Churchill : "Il n’est que juste que le peuple italien souffre des effets de la détresse où Ta plongé le dictateur Mussolini ; et si la cannonade de Gênes, roulant au long de la côte, sc répercutant dans les montagnes, parvient jusqu’aux oreilles de nos camarades français, qu’ils soient réconfortes dans leur peine et leur misère de sentri tout près d’eux des amis actifs, et de réaliser ouc TAnirletenre est encore maîtresse des mers".Harry L.Hookins.envoyé personnel du président Roosevelt en Grande-Bretagne.est rentré de Londres diman-ce, convaincu que l’Angleterre gagnerait la guerre avec l’aide des Etats-Unis.Après avoir conféré à New York avec M.John Winant.le nouvel ambassadeur américain à Londres, qui va partir incessamment rejoindre son poste, et lui avoir probablement communiqué d’utiles indications, M.Hopkins s’est rendu directement à la Maison Blanche où l’attendait le Président.Pour la deuxième fois en cinq jours, M.Roosevelt recevait ainsi des informations toutes fraîches et de première main sur la situation de la Grande-Bretagne et de la guerre.M.Hopkins a passé plus d'un mois en Angleterre en conférences et en tournées d’inspection.11 y a vécu presque constamment dans l’intimité de M.Churchill, en longues, fructueuses et amicales discussions ; et il a consacré le reste de son temps aux autres membres du Cabinet de guerre, assistant aux séances et pour ainsi dire collaborant avec eux.!-*s information* sûres et précises qu’il rapporte au Président formeront la base des mesures que prépare l'Administration, en prévision de l'adoption prochaine du bill pour l'aide à la Grande-Bretagne.On assure dans les milieux politiques que la mission de M.Hopkins à Londres comportait aussi une enquête spéciale et confidentielle, une étude attentive du développement du "New Deal" anglais sous les coups de la guerre, de |'évo>.de l'opinion britannique vers une oÜT cratic amendée, sans l'esprit de cm' la prédominance des intérêts pnvj, * » * ¦+ Le Dr James Conam de TL’niv.Harvard est parti en Angleterre, dé^c • par le Président, à la télé d’unf ^ ' de savants, pour recueillir ou quer toutes informations scientifiqu^' centes intéressant la guerre et |t • feme.*’ * * M.Willkie annonce qu'il VJ • faire en Chine la même tournée d'm^T •ion qu’il vient d'achever en Gri^’ Bretagne, pour se renseigner aussi J' plètemcnt sur les conditions de U m, '* en Lxtréme-Orient.•f' •f & M.Hoover a préparé, et soumis j.gouvernements britannique et ailenuj' un nouveau plan plus limité pour vitaillement des pays occupés en Eurcr!" et qui pourrait être expérimenté sur^' échelle réduite, par exemple en BeÛ, * Le plan modifié ne semble pas écarte les sérieuses objections anglais, et ne paraît pas devoir rencontrer Londres un accueil beaucoup p|Us vorable.Il est malheureusement des circa* tances critiques où nécessité fait Joj ‘ où il faut savoir écouter sa raison p]’u,j que son coeur.Grande-Bretagne Quand le Maréchal de l'Air Sr Charles Frederick Portai fut fajt n octobre dernier, chef d’Etat-major d{ , I^.A.F.on applaudit au choix qui Liait indiquer que l’Angleterre se prépj.rait à prendre l’offensive contre la U.waffe.Sir Charles a toujours passé pou-partisan de l'attaque.Et voici qu'en effet la R.A.F.e> passée à l’offensive.En dehors du b«> bardement systématique des industries r des communications ennemies, cette of.fensive a pour premier but essentiellemer militaire la destniction des préparatif, allemands d'invasion.Tandis que la Luftwaffe, à cause ement du tourisme.Le pétrole local, surtout bolivien, sera distribue par un réseau régional de "pipe lines”.Pour compenser à la Bolivie et nu Paraguay leur isolement de la mer, il leur sera accordé des réductions de tarifs, (pii seront ajustées par des pactes bi-latéraux.En outre, des taux de transport réduits seront appliqués aux exportations et importations des deux pays de l'intérieur.I^e texte de l’unique recommandation adoptée souligne la pierre d’achoppertynt de la conférence.Elle avise les cinq signataires d'étudier la possibilité d'une union douanière, sur laquelle on n'a pas encore pu se mettre d’accord.Enfin la conférence mit le sceau à son oeuvre en décidant l’établissement à Buenos-Ayres d’un bureau régional d'études économiques et d'informations.Comme celle de La Havane, la conférence de la Plata n’a pas présenté de panacée, mais elle a démontré l'esprit réaliste de la politique sud-américaine, et la volonté définie des pays voisins de travailler ensemble dans un nouveau cadre économique.Echos Les écoliers de Bruxelles tracent à la craie sur tous les murs les trois lettre* R.A.F.Le gaulciter boche, froissé, a ordonné qu'ils écrivent dans leurs < n-hiers ce pensurn : "Les autorités allemandes prendront de» mesures sévère* contre les enfants et leurs parents si cette grave offense continue".* * * Les Norvégiens ont reçu l’ordre de terminer toutes leurs lettres aux autorités par la mention "Hcil Quissling !" Ce ne sera pas le cri du coeur.* * * Dernier complément au code criminel roumain : la peine de mort, pour un caricaturiste qui dans ses dessins manquerait de respect au gouvernement ; cinq à quinze ans de travaux forcés pour chanter dans les rues un refrain jsolitiqiic.C'est beau, la "protection" boche ! # # H- Malgré la guerre, les statistiques anglaises pour les mois d'avril, mai et juin 1940 révèlent une augmentation des naissances et des mariages, et une diminution des décès.v v.v Les chats sont actuellement beaucoup ,p!us en demande à Londres que les chiens ou autres animaux favoris, parce qu ils sont plus faciles à nourrir et attrapent rats et souris.* * * Robert Hutchinson, président du club de l’Aigle Américain à Londres, dit que six à huit mille Américains servent actuellement dans l'armée britannique.* * * Message reçu par radio, aux quartiers généraux de la R A I .à l^ondrcs, d'un bombardier en mission : "Au dessus d’Hanovre .accueil j>eu amical des indigènes’’.* * * D’autres indigènes allemands se plaignent que les équipages de bombardiers anglais sur la voie du retour jettent pardessus bord des bouteilles de bière vides, dont le sifflement par les airs les insulte.* # * Chez un libraire d’Indianapolis entre une dame qui voulait acheter un livre intitulé "Mein Kampl", mais ne pouvait plu* se rappeler le nom de l'auteur.“Nous sommes tellement encombrés de tant de noms nouveaux et inconnu* ”, s'excusait-elle.j* h- ¦* M.Lindsley.d'Harbor (Oregon), propose d’appeler les L t a t » - L n i •."USONIA”, d'après le* initiales de "United States of North America”, avec un "I" euphonique.sus Le nom est harmonieux.Et se dire "Usonian” serait plus explicite que "American".Les Canadiens et les Argentins sont aussi américains.H.* 4 On prépare en Angleterre un nouveau train royal, pour les fréquents voyages d’inspection et d'encouragement de Leur* Majestés.A la différence de ceux des dictateurs si "populaires ”, ce tram ne sera pas blindé.* * t* Les Nazi* vont installer a .Shanghai une puissante station d'émissions radiophoniques, pour faire concurrence au poste britannique de Singapore, et monder l’Extrême-Orient de propagande boche polyglotte.Nul doute que Radio-Shanghai ne mente aussi bien que Radio-Pans 1 Chez WOODHOUSE VENTE SEMESTRIELLE DE MEUBLES PUPITRES AVEC ESPACE POUR LES GENOUX Joli |»U|)ltrn façon noyer du plus* nouveau style' cascade".(Iranil tiroir au liant et (|iialre (1) autres |m„, il inh'rôl l'as tir v/t/ip/émeo/.IL K.521.50 $14.95 UT SE Facile à replu à se* roulettes.Monture tout acier fini noyer, eomrnier riiono-pirrc iirinelé.avec riialela» a reesorle, bord* roulée.I ne occasion exceptionnelle a ce prix extraordinaire-nient modique.$ Rcg.$14.50 .50 10 CHAISES WINDSOR Beau Fini Noyer Solide* chaîne \\ jnd-ror ail fini I n oil noyer.Comme l'illustration.Jolies * i.ommp .% *»r,in r.nnr.«Mil K*.*!.*.*» < \ NA 1)1 K.N M.* 4o n 1 Miawlrnrfan i Kt J^ mr 4* 1* J W 2N f-TÎH» ( nttiM blt-Tli* A ^ Pi I m» •L-0»//rgr« | J 57 Kfm Aw II St H, ni fit-) ranfrrft l>nimrn*,hftrtli+ i Hiv.rj»t lJ»15* .IbrUwi MlfsH i t,r*r, (17 I ififî* ru*« 4'tif J ] 171 t Fltidut *•¦ 1 • .««m* K' me u moin* thèse ; mérite té I date le pouvoir sacra lames'' dor Je parlerai, dans in des fautes commises ¦/fugi-vQlÉ (M(UJ@ ékckHüUêC&) ’JMOELLEUSE/ Page 6 LE JOUR Que faut-il penser du corporatisme?(Onzième article) Nos protagonistes du corpora::.-usent d un argument plus ou démagogique pour étayer leur : ils dénoncent les trusts et monopoles, ou ils voient la pire plaie du libéralisme la dictature économique.Qu entendent-ils au juste par trusts ?Délaissant la définition exacte du mot, ils y englobent toutes les entreprises et corporation» commerciales de grande envergure Ils prétendent que leurs conseils corpora-amélioreront cette situation dangereuse.En d autres termes, ils offrent d administrer eux-mémes ce d'autres ont crée.Mais revenons à la question première.Est-il juste de dire que nous vivons réellement .sous une dictature économique?Qu’on dise que le pouvoir des grandes industries «'t du grand commerce est considérable, qu il mllue trop souvent sur les décisions de l'Etat, qu’il est a l'origine îe foule de lois intéressées, qu il dévier du devoir, en certaines circonstances, nos institutions démocratiques, nous l'avouons.Est-ce à dire que ce soit une dictature ?Est-ce à dire que tout l’organisme de l’Etat et tous le» citoyens sont asservis à ces puissances au point de ne pouvoir s'en dégager ?On sait bien que non.Tout dépend ici de I énergie et de droiture des chefs que le peuple se donne.I.exemple de Roosevelt, aux Etats-Unis, a démontré suffï-jiammcnt ce que peut un chef d'Etat quand il suit les directives de sa conscience.Il a dû faire face aux plus grandes puissances économiques du monde: il est allé très souvent à encontre de leurs désirs: il les a vues mobilisées contre, lui aux dernières élections présidentielles.Le peuple a ratifié son attitude.Je ne veux pas me prononcer, ici, sur le intrinsèque de la politique de M.Roosevelt.Je suis mime porté à croire qu’il a commis plus d’une erreur.Je veux simplement démontrer que, dans un pays où, plus que partout ailleurs, se sont hypertrophiées les grandes corporations, il n’existe pas de véritable dictature économi-~ourquoi dès lors jouc-t-on sur ts ?Uniquement pour aider a in raisonnement sur une base On remplace les mots influence.pression, force financière, par mot dictature, et le tour est joue.D’ailleurs, ce n’est pas d'hier que de l'argent.P’auri dont on parlait du temps des Romains.On en parlera aussi longtemps qu il y aura des hommes.Le régime corporatiste lui - meme n'échappera pas à l’emprise de l’argent ou de* biens matériels.dans un autre chapitre, par nos divers gouvernements démocratiques, Sur eux.je I avoue, les puissances d argent on pesé trop lourdement.L clec-lui-même a été plus d’une fois soumis à des tentatives de corruption.Nous y reviendrons.Examinons, pour l'heure, un autre aspect de la question.Est-il vrai, comme on l'a trop répété, qu'une organisation de production et de distribution soit une calamité publique par le seul fait qu elle soit une grosse affaire ?Je suis porté à croire le contraire.' Disons tout de suite que la petite industrie, à de rares exceptions près, a vu ses beaux jours, et que l’artisanat n existera plus jamais sur une grande échelle.Nous sommes entres dans une période de vulgarisation de * tous les produits.U machine en est cause.Est-ce un bien ?Est-ce un mal ?Par ce phénomène des temps modernes, on a perdu en perfection et en intensité ce qu on a gagné en volume et en étendue.L'originalité de l’oeuvre humaine, du moins dans le domaine matériel a fart place à la standardisation.Par contre, une multitude d objets qui.autrefois étaient le lot d'une classe privilégiée «ont devenu» le lot du grand nombre.I^e bien-être s est répandu dans toute» les couches sociales.La préparation et la distribution des aliments de toute sorte s accomplissent de telle sorte que tous les centres de la campagne et de la cité sont servis en même temps; les maisons sont moins artistiques qu’autrefois peut-être; elles offrent plus de confort: l'habit n'est plus confectionné, en général, par des mains expertes, mais par d’immenses ateliers "à la pièce", et par là.les masses populaires .sont convenablement vêtues.Ajoutons que jamais la petite industrie ni I artisanat ne pourraient mettre à la portée du grand public, à des prix accessibles.ni l’automobile, ni la radio, ni le cinéma, ni une foule d'autres produits de I invention moderne.Aux Etats-Unis, il y a une voiture par quatre personnes environ; au Canada, une par huit ou neuf, je crois : il y a des appareils radiophoniques dans la plupart des foyers; et tout le monde va au cinéma pour trente sous.Jamais la petite industrie n aurait pu produire un tel résultat.On peut affirmer sans crainte que la petite entreprise es t un luxe de riches et (pie la prandc est le lot des pauvres.On a cherché à faire croire le contraire au peuple.C est pure démagogie.Après certaines enquêtes personnelles, au Canada, je me suis rendu compte d’un fait : les ouvriers les mieux payés, les mieux traités, les mieux pourvus de tout, sont justement ceux qui travaillent pour les grandes corporations.II serait inutile de dresser ici une statistique.Je sais que tous les ouvriers peuvent témoigner là-dessus pour prouver ce que j’avance.Il y a des exceptions, je le sais, mais elles confirment la règle.Chose certaine, les seuls endroits où les travailleurs sont protégés, où on fait des réserves pour les mauvais jours, où l’on encourage des assurances collectives, où l'on étudie sans cesse des moyens d'améliorer la situation de tous et de chacun, ne sont pas les petites entreprises, mais les grandes.On ne s en rend peut-être pas bien compte, dans les réunions publiques, où des démagogues dénoncent sans réfléchir la prétendue dictature économique : mais quand on rentre chez soi et que l’on réfléchit, on admet le fait.Dans un relevé d’opinion relativement récent, aux Etats-Unis, on posait cette question aux travailleurs : "Où préférez-vous travailler ?Dans une petite industrie ou dans une grande ?" Le peuple américain, par une écrasante majorité, vota pour la grande.La réponse aurait été exactement la même au Canada.On objecte que lcxistcncc des grandes corporations modernes empêche les individus, si aptes soient-ils.si bien formés, si bien préparés, d'entreprendre quoi que ce soit.Cette objection est-elle vraiment sérieuse?Croit-on que l’automobile, la radio, le cinéma, l'électricité, le transport continental, l’aviation commerciale, puissent être des entreprises purement personnelles ?Croit-on quelles puissent même se confiner longtemps à de petites boutiques ?Allons donc! J-Ch.H.CE QU'ILS VOUDRAIENT .“C'ceot le coeur f ram; nie, le coeur Ju pntiiple que nous visons, que nous voulons.Nous l'aurons bien un jour Historiquement parlant, noua pouvons attendre.Mils chaque jour gagné est un Jour précieux " — lu» Gazette de Francfort, mars 1936, Propagande.- Butte de in première paye - remerciera le Maréchal, on lui élèvera \.oe bonne demi-douzaine de statue» et on l’enterrera sou» le» louanges.\a fVuple de France redevenu libre, taxera le» bave» de va société nouvelle, aiguillera se» destinée* en raison de» facteur» internationaux nouvellement apparu».Une autocratie nouvelle naîtra de l intelligence et de l’énergie, le» fo»-vle» s’effriteront.Les valeurs humaine» seront pour quelques année» évaluée» à une échelle réelle.I>es cote» fictive» >ont d'ores et déjà brûlée».Libre à chacun de féliciter, d'honorer le Maréchal, et pour entretenir sa ténacité.donnons-lui ainsi qu’à tout le peuple de France : un stimulant.Ce stimulant doit être distillé et répandu parmi tous lr» pc»iples de l'Empire Français.De tous temps, un Pavillon tricolore et une fanfare défilant aux accents de "Sambre et Meuse ' ou du "Chant du départ" ont mis au pas tous le» passants jeunes et vieux, monarchistes et socialistes les plus farouche».Il ne s’agir pa» de faire défit-, le Père Pétain au redoublé, mais il faut que no» amis les Anglais mettent de côte-tout amour-propre, et qu’ils montent en vedette toutes les actions militaires, navales et aériennes, grandes et petites des Français libres.Il faut que tout le monde en France lise et entende répéter les hauts faits de nos Chasseurs, de no» Spahis, de notre légion, de no» Gou-nviers, ni Afrique.Il faut que chez tous les Français asservis, les coeurs tressaillent, il faut que les mâchoires se serrent, que les nitiscir» se bandent à craquer, à la [sensée de cette poignée de nos Soldats bottant le bas du dos des Italiens sur cette terre d'Afrique si riche en souvenirs de nos gloires militaires.Chaque jour, chaque Français en France devrait apprendre ce que ses soldats.ses marins, ses aviateurs ont accompli dans la journée.Chaque jour, ce rappel vivace au Devoir devrait vibrer à ses oreille» ! Voilà le stimulant ! — Allons, un peu de psychologie, Morbleu! — N’oublions pas que les Français sont envers et contre tous, les Gars de 178').Les héros de Jemmapes, de Fleurus et autres lieux.Bon sang n’a jamais menti.U11 peu de propagande, de publicité, puisqu'elle est honnête ! Que nos ministres plénipotentiaires et leurs consuls s’en tiennent pour l’instant à leur rôle administratif, à un rôle silencieux de conciliation.IA temps n’est pas aux initiatives intempestives.L'heure est délicate et le silence est d’or.C'est le Peuple qui aura le dernier mot.Le temps passe, la Terre tourne et ne rétrograde jamais.Si d’aucuns considèrent que Pétain est admirable de ténacité, d'endurance, de stoïcisme, de respect à la parole donnée, etc.les Français de Gaulle qui se battent sans gloire, sans intérêt personnel d'aucune sorte, dans l’abnégation la plus absolue, dans une obscurité beaucoup trop dense, avec le seul espoir de ranimer la France et de racheter des fautes qu'iils n'ont pas commises : Ceux-là, sont-ils moins admirables ?.Allons, Français de l’étranger, les pieds dans nos pantoufles, mettons donc de côté, toutes nos mesquineries.Ecrasons les vipères dans nos rangs, car il y en a.Unissons-nous sous les plis du plus brillant pavillon du Monde, et respectons en Pétain, celui qui semble résister, en de Gaulle, ceux qui savent mourir ignorés pour la Patrie, pour que la France vive ! Maurice QUEDRUE PLUS QUE SPECTATEURS ."Cette guerre ne demande pas de spee-tatpure, mais bien dns participant*.La population civile doit être prête à répondre à l'appel et servir là où ees services sont requis.Nous qui avons joui des avantages et des privilèges de la démocratie devons être prêts à mourir pour oPe au besoin.Nulle classe, nulle catégorie n'est exclue.La responsabilité de détendre notre régime de vie incombe à tous." — I/hon.R.B.Hanson, chef de l'Opposition pjix Commune*, à Radio-Canada, 13 janvier 1941.La peur des mots.- Butte de la première paye ——— la petite vérole, la scarlatine, la typhoïde, 1 e* oreillons-.Et pourquoi pai-?Puisqu’on isole le* "rougeoleux , durant toute la période contagieuse, pourquoi n’isolerait-on pa*, pour un tempe, le* syphilitiques, cent foie plue dangereux?Nombre d'a«ociation* te tool ralliées à cette idée.Citons entre autres, pour ne nommer que le* organisation* de langue française, le Conseil gênerai de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, la Chambre de Commerce du district de Montréal, le Conseil de Ville, les Chevaliers de Colomb, la Chambre de Commerce d dira-t-on.N’y a-t-il pas partout j‘s‘ pH-decins, des hôpitaux pour le >er-x;cc des malades, des spécialistes experts iiam tous les maux du corps humain ?|a médecine, la chirurgie, ne font-elles 'chaque jour des progrès admirables ?U n>s; personne qui n’admette ces réaütcs.lit pourtant le problème sub-•jff rt sa gravité s’accentue du tait D,*n^ des conquêtes de la médecine moderne.Car l’avantage de ces con-•tfS est bien loin d’être ouvert à tous 1rs citoyens : il n’est accessible au grand nombre que dans une mesure très restreinte; et ici comme ailleurs, l’argent fst le facteur qui départage les conditions.Ceux qui ont de l’argent peuvent acheter la santé à haut prix comme ils achètent des autos et des fourrures; ceux dont la bourse est vide ou presque n'en trouvent que des miettes au rabais, ou ont à s’en priver comme d’un luxe au-dessus de leurs moyens.Ils ne peuvent bénéficier ni d’examens microscopiques, ni de consultations d'experts, ni de traitements prolongés, ni d’opérations coûteuses.J-a médecine nouvelle est pour eux comme n’existant pas.Ils la voient fonctionner de loin comme ils observent, du trottoir, les splendides étalages à travers les vitrines.S’ils n’ont pas un seul sou, il leur arrive encore d'être admis aux cliniques gratuites et aux hospices charitables (Dieu sait au prix de qiîelles humiliantes procédures !) Et alors, chose paradoxale, ils se trouvent mieux lotis que ceux qui possèdent quelque chose, mais pas assez.Ceux-ci, constituant l'immense majorité, ont à se contenter de médecins locaux, modèles, il se peut, de dévouement, d'intelligence, mais forcément dépourvus d'entraînement spécialiste.d'instruments adéquats et d’accès aux laboratoire*.Et ils ne les consultent qu’en de pressants besoins, aussi rarement qu’ils l’osent; car ces médecins ont comme eux à gagner leur vie et ne peu-vent faire (Je leurs services un don purement philanthropique; il* prétendent même atteindre un niveau de bien-être supérieur à la moyenne et dont les exigences, raisonnables ou non, pèsent lourd sur de mesquines ressources.Ea médecine prfocnlivc est, naturellement, inconnue à ces régions économiques : personne n’a d’intérêt à la leur apprendre.Et pourtant les diètes, les régimes, les prophylaxies, l’hygiène, ont dans tout programme sanitaire une importance au moins égale à celle de la thérapeutique.Comme résultat, la statistique montre, aux Etats-Unis, la maladie et la mortalité de beaucoup prévalentes, proportionnellement dans les classes médiocres, et sujxé-rieures énormément dans le* classes indigentes : — et ces classes forment, entre elle;, plus des deux tiers de la nation.Supposons maintenant qu’on devise un système par lequel les secours de la médecine avancée seraient mis à portée de tout le monde, localement et financièrement; par lequel les moindres communautés pourraient jouir des soins de spécialistes habiles, obtenir l’avantage d’examens soigneux, d'analyses et d’opé-rations expertes, de traitements dans des hôpitaux bien conduits, et, en tout temps, (1) The Vanguard Press, New York, $2.50; et 'Ehc Copp Clark Co.Ltd., S17 ouest, rue Wellington, Toronto./ -m • 1 «¦Y Oîom \Vouùm de* SWEET CAPS! *1.00 envoie 300 • cigarettes SWEET CAPORAL ou WINCHESTER, eu $1.00 enverra de tabac à pipe OLD VIRGINIA, soit 1 livre de tabac à cigarettes SWEGT CAPORAL (avec papiers Vogue) aux Canadiens qui L°j! d« service outre-mer dans la I C.S.A.seulement.Aussi aux Canadiens servant dans les Forces Britanniques, dans le Royaume-Uni.Notre responsabilité cesse quand p c°l'S sont livres aux Autorités Postales ou autres porteurs.Si les colis adressés à des Canadiens servant dans la F.C.S.A.outre-mer ne Peuvent être livrés jou envoyés au destinataire, la livraison se fera a • Officier Commandant de l'unité du destinataire.Si les colis adressés aux Canadiens servant dans les Forces Britanniques, t ,n5 le Royaume-Uni, ne peuvent etre livrés ou envoyés au destinataire, ja livraison se fera aux Quartiers Ocneraux des Services Auxiliaires Canadiens, a Londres, pour distribu-t'On aux Troupes Canadiennes.*2.50 envoient 1,000 cigarettes à un soldat ou à une unité.• Envoyer votre remise avec le numéro, ,e ,0n9> nom ainsi que l’unité dont ‘e ,0‘“al lait partie, outre-mer, a SWEET CAPS, B P.6000, Montreal, P Q.de conseils pratiques pour éviter la maladie.Peut-011 concevoir un bienfait Je plus haute valeur sociale et de plus immense portée; qui mérite davantage et l’effort unanimes ?l’approbation Seuls s’y opposeraient, semble-t-il, des gens qui, par principe, sont hostiles à tout progrès, sans un acte, sans un coup de pic, sans atteinte à aucune routine.A quoi bon , diraient-ils, "s’ingérer dans la marche normale des choses ?Depuis des siècles ht santé est restée affaire individuelle; le* malades sc sont guéns comme ils l'ont pu, ou pas du tout; le* pauvres sont morts plus aisément et plus vite que les riches : c'est dans l'ordre du monde et de la nature, l^s miracles de la science finissent par filtrer goutte a goutte jusqu'aux dernières couches : qu elles *e contentent d’ètie ainsi humectées." Peu d'esprits sans doute, de nos jours, avoueraient pareille thèse sous une forme aussi crue; ma* ;J y en a beaucoup qui la caressent en secret, et regardent comme.des manies ces tendances nouveau style à "distribuer les bonnes choses, à étendre au grand nombre les privilèges de quelques-uns : ils y flairent vaguement un relent de “démagogie." Ces stationnaires, par bonheur, trou vent devant eux la masse des esprits progressifs, qui applaudissent à toute montée morale ou sociale, et n’entendent pas faire du passé une pierre d’achoppement à l’avenir.Et leur voix surtout est couverte par celle des multitudes qui souffrent du présent et qui cherchent un remède à ses dures inégalités.Tous ceux-ci ont tendu l’oreille aux projets de "médecine coopérative" qui leur paressaient la réponse aux lacunes de l'ancien système.Ils sc sont mis à l'oeuvre et en ont fait l’expérience, m-iiIc pierre de touche des théories.Et c’est le résultat de cette expérience qu'expose le docteur M.Shadid en un livre excitant.bourré de faits et d’aperçus.11 est possible, il est pratique, de mettre la médecine avancée à la portée du commun peuple : on 11'en peut plus douter puisque cela se fait, et avec complète réussite, en maints point* dispersé* du *0] américain.On a meme le choix des méthodes : il y en a au moins trois, avant cçla de commun, quelles pourvoient par avance aux aléas de la maladie au lieu de l'attaquer après coups et trop tard.Des versements minimes et uniformes donnent droit, en toute saison, aux conseils du médecin, et le cas échéant, aux traitements chirurgicaux et thérapeutiques.C'est le principe de l’assurance appliqué à la maladie comme on l'applique à l’incendie et à la mort.!>•* médecins d'une localité, eu lieu de s'épuiser en compétitions personnelles, se forment en société, fondent un hôpital, un-clinique, et recueillent des souscriptions annuelles en échange d'une garantie anticipée de leurs services.Ou mieux encore, la communauté même s'organise en groupe collectif, souscrit de* capitaux pour l'érection d’un hôpital, lcquipe entièrement à se* frais, engage et paie scs propres médecins, conservant le contrôle financier de l'entreprise, à laquelle finalement retournent les profits.A défaut de ces deux méthodes, le gouvernement intervient : il prête des fonds pour établir des centres médicaux dont tous les citoyens peuvent bénéficier.Les médecins sont payés, non par cas individuel, mais pour leur travail m globo, au pro rata de* sommes reçues.Iw Congrès récemment a voté des millions pour l'encouragement de ces centres dans le* sections rurales.Quel que soit le système choisi, il en résulte des facilités décuplées pour le maintien de la santé commune, et une épargne immense pour les malades et leurs famille*.Plus de comptes s'accumulant à chaque visite faite au "docteur", à chaque médicament prescrit; plus d’opérations dont les frais emportent d’un seul coup la réserve de longues années.Ils n’hésitent plus à recourir au médecin aussi fréquemment qu’il Te faut; les journées d'hôpital ne sont plus écourtées par économie dangereuse; la chirurgie n'a plus pour eux qu’une seule terreur au lieu de deux.Les gens dont les moyens sont limités respirent : il* cessent d’être victimes de la plus cruelle des inéquités sociales; ils sentent que leur vie compte pour quelque chose.J^s partisans de cette réforme les plu* enthousiaste* seront sans doute les médecins.lis auront le moyen d'étendre a tous les champs les bénéfices de leur mission; gardiens de la santé publique, ils se réjouiront de la voir accrue et protégée.Concourir à ce mouvement, ce sera l’exercice du noble serment d'Hippocrate qu’ils ont pris avec leur diplôme, et la preuve que leur art n est pas en vain comparé à un sacerdoce.Mais n’allons pas plus loin dan* l’hypothèse : la réalité s’est montrée décidément toute autre ! l-cs médecins, comme classe, ont mené dès l’abord une lutte acharnée co.i-tre la médecine collective: il n est pas d’obstructions et de résistances qu’ils n’aient placées sur son chemin.Toute coopérative, toute assurance sanitaire, a été combattue par eux rostro et unguibus, sous les plus singuliers prétextes et par les armes les moins digne*.Expulser de leurs Sociétés Médicale* tout roédec ti prêtant son nom à un de ces projet >; s’efforcer de lui retirer la licence d'ex -r-ccr son art; lui refuser, ainsi qua y* Histoire d'un pauvre richard Il avait a peine cinquante uns.kl déjà su demarche était celle d'un vieillard -tu pnntrmps de sa rie, il t'elnii dit que rien ne rom/ilait dans l'rrufrnrr ,i'un homme, « je, pie les dollars et les cents.Il se colla donc un S *ur |r run, ri s,., Int comme un /ou, d vingt on*, a la conquête de la Fortune II f,t tant et a bien qu'un jour il la tint entra ses mains.Mais, ce joui-là, il se lendit compte qu’il .’lait jiiut maltifuieiu qu’aeanf.Sun coeur baflml d tout rompre dons poitrinr 11 (n u’ /ait tant de chemin, le pOvre, qu’il en était harassé.Il sentait bien qu'il manquait encore quelque chose d ta vie, et que, s'il parvenait a l'atteindre cette those rneneil-leuae, «I «émit enfin heure tu ! Mais, à courir pendant trente ans après la Fortune, ou compirn,! que notre homme se soit senti hors d'haleine pour entreprendre la course au , jupons ; i cinquante an.» - quand on manque d'entrainement, hirn entendu on fait mieux de passer chez son médecin et se pure prescrire un remède contre les affections cardiaques, avant de courir la pretentaine.C'est une precaution à prendre.Cette idée ne lui vint pas.fl s’engagea donc dans le chemin que l'on de mue, avec cetti certitude qu'il avait dans la tête que tout s'achète .Ha première déconvenue le ramena chez lui abattu, maussade, mais, pJiyii-quement, non malade.Je croi.i Men aussi qu’il niait un pm de chagrin.ts\i fortune lui permettant de tout acheter, hors l'amour, il se procura un miroir et sc n ganta bien en face .pour la première fols depuis trente ans.De I homme qu il avait été, il ne i estait plue rien.Il crut en voir un autre.Ce crdne d demi chauve, ce rictus sinistre qui lui pILsair lu lèvre et lui donnait ili » «1 rs de fain e en rage, cela était-il bien de lui ?Il ne pouvait le croire.Il ai» fit d un vieil étui une photographie de ses vingt tins.Il n’y vit Heu qui »rxxrrnbldf d l’imaqa reproduite par la glace, excepté un reflet au fond des prunelles.Il avail toujours son oui perçant, animé de convoitue.Mais une transition s'était faite en lui.De S était maintenant collé sous le coeur.Et c'était ce dernier qui /a La U îles m icu-dications.Et il battait d’autant plus fort qu'il était vide.et depuis si longtemps ! Ce soir-là, il pleura comme un enfant.Pendant des années, il avail peiné, bûché et triché même d l'occasion toujours dans le même but4 amasser uno grosse fortune.Il y était parvenu.Mais sa vie de célibataire ne lui disait plus rien II regrettait les printemps de sa ri< Et il y en avait trente derrière lui! Trente printemps a rattraper fout d'un coup' C'est fatigant quand on n’a pas l'habitude.Du dehors, il entendit les pas pressés des foules.Des cris joyeux d'enfants On passait et repassait devant la demeure d'un ours solitaire.Personne ne s'arrêterait cependant pour admirer 1rs jardins, une fois la gnllr passée, car il n'y avait pas de jardins autour de sa demeure.Il y songeait, mais il (tail trop ta/d.C'eut été d refaire, comme su vie même, ("était plus facile, peut-être, maie ça prenait du courage, et il n'en avait plus.Il avait négligé les printemps de son r.iistencc, et lout ce qui fait le printemps.Pas une fleur, nul bosquet, aucun arbre fruitier.Jlicn que du foin d hauteur du genou, et des arbrrs mix brunches touffues, des arbres non émondés, comme il en pousse partout sur les grandes roules, et sans qu'aucune main y soit pour rien.Seule, la maison s'élevait splendide, somptueuse, mais funèbre comme un mausolée.El, derrière res blancs murs qu'éclairait un réverbère de la cité, un homme sentait peser sur lui tout le poids de la solitude.Il avail fail trembler 1rs masses des années durant, s'était enrichi parfois au dépens des autres.Il croyait que relu pourrait le rendre heureux et puMsaut t Les printemps qui allègent le coeur, il ne les avait pas connus.Et c’est d cinquante ans qu'il s'en rendait compte ! Avec de l'or plein les mains, c'était un pauvre homme qui se souvenait tout d coup d'avoir eu un coeur.et d'avoir méprisé les joies qui auraient pu être siennes, s'il l'avait voulu ! Quelle tristesse ' MICHELLE JAMES JOYCE A L’AFFICHE (Huile de la troisième page) “Killy Fovlu” inn PALACKJ Cette nouvolte pellicule, tiré* du llvt« de CliTUtophcr .Worley, ret sûrement l'uno d-* iiiolllourcn d- lu eompugrilr HKO.fl coiisl Itui: un i* p ce tue le 'le tout premier ¦ hoix.Lu crédit vu A Sarn qui s dirigé et A 'linger lingers dont le Jeu exceptionnel contribue pour une grande |mirt uu succès du film.Leux Jeunes artls-tex pru connu* tiennent les rAle» de Jeune* premiers.Ce sont Irenlx Mrg»n et .LAiiii* Craig qu!, pour la pi emlbrc fol*, ont la chance de pouvoir montrer leur habileté."Kitty Ko pic" prendra sûrement su puce du n* l'histoire eomnu étant l’une des plus halles histoires il amour Ja/iial» racontées.Les KpoctntmirH (|u| auront vu ce film, et tout particulièrement le* femmes, s- souviendront longtemps de '¦ * ' ’’l'c ¦ U f \ «.M*** Gorton w.rraTi/» >'» .*• v.t\ aphiqi [a leçon instructive I/) iis DANTIN nt A Zurich, âgé de tS an», loin de su pai* est mort il y a quelque* semaine* James Joyce, un de* romain ier» le plus d'Cute de vin temp*.A ce même (• ¦•.lin • où il avait vgnr en 1918 une poésie, intituler llahnhntrtrune, singulière de * gm-t ration rt crt instant : The cuf 1 that tnock >nr ,tl(/n the uuy Whereto ! pq.»m nt rvr of (Uiy, Grey uiy u-hose viofrf *ipruila ru?The try*tinij and the tu'\nkliny atm Ah a tor of evil! *hir of pilin' lliyhhetu ted youth con\ea iwl a vination littéraire avec un roman autobiographique dr sa vie de collège; “A ;v)itrait of the aiti»t a» a young mail ", plus tard il publia un tecuril de contes irlandais intitulé Dubliners qui lui attira le* foudres de h’s compatriotes et qui fut brûlé sur la place publique à Dublin.Agé de 22 ans, pris de dégoût pour rc qu'il appelait la brumeuse civilisation anglo-saxonne, il .«'exila, allant *e fixer a I riestr, puis à Zurich où il commença y>n iK’iivie rnaitiew U/ytta.Il y travailla 7 ans ! Ce livre d'une audacieuse franchise, écrit dans une langue savoureuse mais bizarre et quelquefois d’un réalisme excessif fut proscrit dès son apparition a IxMidres, Dublin et New York.Avec Llysin Joyce s'attaque à une oeuvre d'envergure qui évoque Rabelais par I ampleur de la conception, la substance de l'érudition rt l'expérience magique sur le pouvoir des mots.Ce décalage de VUJysnc nous représente l'homme total, avec »e> qualités, ses instincts, une intelligence souple et l'intuition d'un flaireur de pistes.I] s'est essavé à faire la peinture la plus complète, la plus intègre de I homme, avec la contribution d'un art intrinsèque.Si quelquefois Joyce voit à la loupe des détails hideux, la vue dr recul qu'il s’impose nous transsjsortr dans un univers prestigieux, où il v- révèle alchimiste ! Il donne, tel que le dit l’argue, a l'objet et à l'événement psychologique qui est le piège féminin du verlie, un ton plus précis.Maître de l'unité de temps, Je la morphologie, de l'étymologie, de la phonétique; il est lr médecin du lexique et de la syntaxe, Et il pratique quand il lui plaît la plus magique des langues vertes." Tels furent Rabelais, Hugo, Flaubert, Rimbaud.Mallarmé; cherchant chacun a leur siècle avec des moyens distincts et une ferveur identique le comlifionm ment et le façonnement des mots, faines Joyce est de cette lignée ! Et c'est par cela qu’il faut le juger.Autrement l’on tombe dans l’arbitraire qui ,1 fait méjuger et condamner Flaubert, llaudelaire et Whitman, aujourd'hui réhabilité» devant l’opinion publi-que.Joyce le sera un jour et il aura raison ries dénigrements et dr l'incom préhension de-, siens.D'ailleurs cette interdiction a été levée drpuis 19 n lux Etats-Unis, où il s'est trouvé depuis dr fervents admirateurs.Ses incursions dans 1rs domaines du spécialiste eu font en son genre l'égal d'un Freud et d'un Einstein.Soi Ulysses est difficile, déroutant ! Lr cadre du roman y est élargi.Etrange phénomène jomatique.La journée d'un homme ! Avec lui-même dans l’accom-)>li.s‘cmeiit ou daim l'interdiction de ce* actes et pourtant semblable à la moyenne à chaque instant.Nairatcur de tous lev états; d'un regard strict direct, exact, Joyce nous fait voir à un insiant donné la v ie multiple d'une villr, d'un homme."Ah que la vie est quotidienne !" dirait encore Laforgue.1.1 rest encore dans la pensée complexe de l’auteur la ségrégation du corps humain, et l'étude des caractères par l'acuité de l'observation des actes les plus banaux, donnant prétexte à des considérations philosophiques musicales, musicales, scientifiques de consequent >•.A cause de la pluralité de yrs observations rt de l’opulence de son vocabulaire l’auteur s'adresse à un public plutôr restreint.Lr j'admire Auguste Morel qui fit la traduction française de celte magnifique expérience sur l’nichante• ment des mot».Seul un J .lilhade dans la traduction du S al y rie on de IVtronc peut lui être comparé au point de v r.de la sélectivité verbale rt de la transcendance du langagr.Mais la s arrête la comparaison et il faudrait plutôt aller du côté du Promcthcé tnrhuini ;>otir la poursuivre.Consécration de l’effort spirituel qui rend au dépouillement de soi-rnénv, a la Ebéref mi de son entourage et des entraves d" l'éducation rr de la nationalité.Pour l'in»tant Joyce apparaît encore comme le plus récent fanatique de la liberté ; q: v» ix ronds de convoitises.FF* 'r.t pas la licence au» turent apprrea» de I rhte rf il v vécut jusqu'à la présente guérie dans cet at-mnvphfre dr *0! tude étrange qui s’était erre autour de lui, entouré d’amis et de dis* ,p!rs lidèles, partiellement aveugle.Un culte * était elesé autour de son pies-tige rt qui aI!,1.t grandissant.La gurrre .1 tait oublier tout cela Mai» non le nationalisme irlandais et gaélique auquel il s'était opposé.* * * James Juv»r ne s'nt nullement (or-malisc de l'incompréhension et du froid a* curd qu il reçut des .sien*.Conscient de I évolution coiutantr dr la littérature, il est allé de l'avant.Sa méthode influence déjà U jeune littéiature qui s m* téiesse a *es investigations au caractère inspire.Comme plu*.eut* de v» prédécesseurs >1 seta comprit et pn*e par la génération future.Déjà il a tait de* dis»,pies ave.Virginia Woolf, chez, les anglais et Sherwood Anderson, Conrad Aitlen et \\ aldo l'taniL ihr/, les aine* ncams.A cause de cela la critique d avant garde a ru pour lui plus que de* éloge» platoniques.En France surtout, pays de la libelle, trirant fertile aux enthousiasme* et creuset propice aux créations artistiques.Joyir occupe une place de premier plan.Se» meilleurs écrivain* lui furent sympathiques.Edmond Jaloux le classe parmi le» auteur» définitifs, rt crt aveu que taisait Valéiy Larbaud a Frederic I>e(rvrr est plus qu un homnuge a I écrivain puissant t "Mon admiration pour Joyce est telle, dit-il, que je ne cram* pas d'affirmer que si.de tous 1rs contemporains un seul écrivain doive passer à la postérité, ce sera James Joyce !" Charles DOYON UH EFFORT PATRIOTIQUE Il •ruil.li», «1 l’on eu Juge par le» plus rtieenle» Indications, fjue l'Induatiie coopéré pleinement, et par loua le» moyen» à mi dl»po»ltlon.u rachat de» Timbre» et (le* Certifie*!» d’Kpargna de (luette, liée mi ment, le* offlrlelx ont groupé 22 centre» téléphonique» de» province» d'Ontftilo et de Québec, dnn» le but de permettra à la tomptqfnl» de téléphone Hell de lancer une grand» eiimpagne pour l'effort de guerre II n'iigloHalt tout spécialement d'imtlguer tou» les employé* du téléphoné A a, hi/tri pour leur propre u linge et auiuil u vendre nu publie de» Certifie,*Is d’Ejxirgne de (luerre.Lu piésldent de U compagnie Hell, monsieur C'.-K.Hlsu, l'honorable M llaley, ministre de» finances, et plu»leiii» aulrca «n «ont adressé» h un nombreux auditoire, pour promouvoir ce mouvement.Plu» d* au travail, soit $5,500,000,000, \ oil à tout ce que peut produire une petite nation de 12,000,000 d'habitants, La moitié de ceux-ci ont à iieinc de quoi vivre.Donc, tout l’effort de cette période portera sur l’autre moitié.Ce bref exposé de la .situation parie plus éloquemment que n’importe quel discours.Nous Minime» cm présence dune réalité et non pa» d'un rêve.Il serait intense de ne pas en tenir compte.Paul RIVEKI.V Au point de vue de I éducation, surtout en matière de littérature et d'art, nous ne tenons peut-être pas assez compte des différences considérables qui séparent aujourd'hui les Français des Canadiens de langue française.Il serait peut-être utile de savoir aussi que nous ne sommes nullement des Latins.Au reste, la France elle-même n’est pas, à proprement parier, une nation latine.A ce sujet, on me permettra de répéter ici ce que j’écrivais dans le Canada de Montréal — alors que ce journal, devenu, depuis, réactionnaire et conventionnel, était libéral —, le 26 février 1935 : "En architeclurc, le passé disparaît même dans notre vieille capitale, qui se maquille pour se rajeunir."Si j’étais Québécois, dit M.Groulx, voici ce que foserais dire : Fermons les yeux quelques minutes, au vieux paysage historique toujours émouvant, pour observer le visage actuel de la capitale, l’aspect et le langage du commeice, l'allure, la physionomie des édifices en train de conquérir le panorama: et qui oserait dire que dans l'antique boulevard de l’esprit français nous assistons, en ce moment.à une avance manifeste et résolue de l'idée française ?” En réalité, presque toute l'architecture de la ville nouvelle est imitée ou singée d'après des plans en série, tandis que, dans la ville ancienne, il ne reste guère de caractéristique que l’étroitesse des rues et une demi-douzaine de maisons typiques que l’on finira par démolir pour les remplacer par des boites de conserves."Dans toute la Province, à mesure que disparaissent les vieilles structures de style français, se manifeste l'impuissance des nôtres à se créer un syle bien à eux.Les églises, les édifices publics, les écoles, les maisons d’habitation, les bungalows sont généralement des répliques de catalogues.On ne tient compte ni du milieu, ni du clima’t, ni de la nature, ni de l'histoire.On s'en tient à la mode du voisin.On ne trouve guère d’architecture canadienne qu’au fond de la forêt, où de frustes ouvriers ont bâti leurs camps de bois rond, "En art.la même manie se manifeste.La plupart de nos musiciens se contentent de pasticher les oeuvres étrangères.Là-dessus, il faut lire dans la Petite Revue l opinion de mon ami Alfred Laliberté, qui gémit du snobisme de nos critiques musicaux et autres "musiqueux’’ qui trouveraient le moyen de préférer des chanteuses de café-concert au divin Beethoven, ou qui se mettront à la remorque de n’importe quelle influence moderne, pourvu que le courant de la foule et l'engouement des profanes soient de ce côté.On ne distingue pas les vessies des lanternes.Il suffit decoutcr certains programmes de la Radio-Etat pour sc rendre compte de la sottise de certains directeurs de ce service fédéral dans le choix des artistes, des interprètes et des conférenciers.C’est la grande pitié.En poésie, nous n’avons cessé de produire, depuis 1850, des sous-Hugo.des sous-Musset, des sous-Lccontc de Lisle, des sous-Hérédia, des sous-Noailles.des sous-Verlaine, mais nous n’avons produit que deux ou trois Canadiens, et encore.L’imitation s est glissée dans presque tous nos poèmes, en un amas de vers grouillants.La critique y a sa large part de responsabilité, parce que c'est elle qui se croit obligée, dans chacune de scs appréciations, de mettre le produit canadien sous la toise d’une école française.Elle n’a enseigné à personne de faire école.Or.pour être quelqu’un, en poésie, il faut faire école et n'êtrc d'aucune.Dans les autres domaines littéraires.je déplore tous les jours que I on s obstine à être Français sans être Canadien-Français.Nous avons nos petits Georges Ohnet.nos petits Hcmon, nos petits n importe quoi.Nous avons toutes les miniatures des Français modernes et contemporains.ma:s nous ne nous sommes jamais trouvés nous-mêmes.Nous sommes des reflets.11 y a quelques jours à peine, un jeune homme de bonne volonté me présenta le manuscrit d un roman qu'il veut publier.Il m'avoua candidement qu'il setait inspiré de M.Henri Béraud.“Mon style, disait-ii modestement, ressemble au sien à s y méprendre.L'éditeur l’a beaucoup aimé”.Pauvre jeune homme, pauvre éditeur ! "Aucune littérature ne sera possible chez nous aussi longtemps que nous resterons liés à des influences étrangères.Certes c’est un bienfait pour nous que le livre français soit Hans toutes nos librairies ou dans toutes nos bibliothèques publiques ou privées.Au point de vue de la conservation et du perfectionnement de notre langue, ce contact avec le fover même du français est non seulement utile, mais nécessaire.Je trouve chimérique toute idée de créer une nouvelle langue qu’on appellerait la langue canadienne.Par contre, cette affluence de littérature française présente de très graves inconvénients: elle nous impose un style, des manières de penser, de sentir et de voir LE JOUR cet édité par la com-pagnie du Jour Limitée, 180 cat, rue Sainte-Catherine (suite 44), Montréal, tôt.'PLateau 8471, Jean-Charle»! Harvey, directeur.Imprimé par la Cie de Publication "La Patrie', Limitée.5Iontréal.ABONNEMENT Canada.Angleterre: Un an, $2.50; six mois.$1.50 Montréal et à l'étranger: Un an, $3.00; six mois, $200 Ç-Lyt MELCHERS C B O I 1 0 O B Produit» «• Mclehtn DutUlerhs Limits*.Montré»! «t BcrtfcWrrtb I* SB.I1JM M ss.IXM m •*.r m qui ne cadrent pas avec notre esprit, notre nature, notre histoire.Sans cesse la vision de nos écrivains se brouille sous linvasion intellectuelle d’une patrie dont nous sommes nettement et définitivement séparés."Je souris toujours quand on vient proclamer dans la littérature jean-baptistime que nous sommes des Latins, voire des Gaulois.Non seulement nous sommes Normands aux trois quarts, mais nous avons dans le corps et dans l’âme trois siècles de vie nordique au bord du Saint-Laurent, à l'o m b r c des Laurentidcs.Trois cents hivers de sept mois nous ont traversé le sang.Nous avons nos paysages, notre flore, notre faune, notre climat, tous ces mille et un éléments géographiques qui modifient nécessairement la personne humaine tant au physique qu'au moral et qui font que nous sommes probablement bien plus près de la pensée ou du sentiment Scandinave ou russe que ceux du Latin, plus vif, plus chaud, plus clair, plus expansif, plus léger, moins profond et peut-être trop raisonnable.Notre âme, notre esprit, different donc forcément de l'âme et de l’esprit de la France, mais celle-ci nous noie de ses clartés, de ses reflets.On dirait une trop forte lumière frappant sur un miroir où elle éclaterait tellement que nous ne pourrions nous y contempler.Et nous vivons de ce reflet."Je ne sais si je m'explique bien ; mais on comppéndra moins confusément ces choses, plus tard, quand un génie puissant.— il n'en parait malheureusement qu’un ou deux par siècle — aura compris et senti toute notre nature, toutes nos caractéristiques, tout ce qui flamboie sur notre terre, tout ce qui bout dans nos coeurs, et nous aura exprimé ce monde de beauté en une oeuvre d’art impérissable.A partir de ce mo-mcnt-là nous reconnaîtrons notre personnalité et constaterons jusqu’à quel point nous ne sommes plus des Français."Nous ne sommes plus des Français ! Il y eut un jour où j’aurais souffert de l’entendre dire.Je suis bief) résigné maintenant à être simplement un Canadien parlant français.Cela me suffit, J’en éprouve même une certaine fierté, malgré l'infériorité temporaire .et relative d’un peuple encore teinté de colonialisme.Certes, j aime intensément la France qui m'a nourri de sa pensée, de sa clarté, de son art, de sa littérature et de son histoire ; je sais que nous aurons longtemps besoin d elle et que nous ne saurions rompre nos relations intellectuelles avec elle sans risquer d’en mourir.Mais je me rends bien compte que mes réactions devant les événements ne sont pas les réactions d'un Français.Les traits communs qui existent entre nous sont des traits humains, qui sont universels comme l'humanité elle-même.Tout ce qu’il y a en nous d'accidentel.tout ce qui tient de la nature environnante, de la géographie, du climat, de I éducation, du milieu so-cail, des traditions et des croyances, diffère.C’est sans doute à cause de ces différences que les Canadiens auraient tort de sc mettre, au point de vue littéraire et artistique, à la remorque de la France.Une telle singerie ne les conduira jamais à rien.Les sources d’inspiration canadienne sont assez riches : qu'ils sachent y puiser largement.’’ Voilà ce que j’écrivais en 1935.Mais cette étude n'est pas complète.Je dois ajouter que les caractéristiques nationales ne suffisent pas à former une littérature, si, au fond, il n y a pas cette profondeur de pensée.cette richesse de sentiment, cet ordre magnifique des facultés supérieures, qui sont communs à tous les arts, dans tous les pays et à toutes les époques de l’histoire, et grâce auxquels tous les grands esprits'du monde se rencontrent dans une même fraternité.J.-Ch.H.La Société des Traducteurs de Montréal Le prochain dîner-causerie de la Société des Traducteurs de Montréal, aura lieu mardi 25 février, à 6 h.15 p.ni., à a salle à manger de la gare Windsor.Le conférencier sera Monsieur Henri Gon-thier qui a choisi pour sujet: "Le Canadien français n’a pas à emprunter aucune culture étrangère".Pour renseignements et réservation», appeler la secrétaire: Mlle Yvonne Rialland, LA.4503.(Communiqué) Courrier de Xcw )ork Visite à l’atelier de Fernand Léger Je trouve M.l-éger, Prospect Place, dan* un quartier d’artistes tout à fait amusant.Des deux côté> du petit parc, des maisons à trois étage», construites en moellons, du style colonial.A un bout, des escaliers qui mènent au fleuve, à l’autre, le train élevé.Je monte au premier du numéro .(28, où le grand peintre abstrait m’accueille en trnue de travail : des pantoufles, une chemise en flanelle bleue à carreaux gris genre lumberjack, une casquette sur la tête.11 me fait entrer dans l’atelier qu’il partage avec le photographe suisse .Matter.C’est une grande pièce haute, blanchie à la chaux, éblouissante de clarté même par ce jour sombre.L’oeil est tout de suite attiré par les gouaches qui couvrent les murs.On en remarque une surtout, dont il y a plusieurs versions numérotées, qui représente deux femmes avec un oiseau au bec crochu qui me rappelle un peu l’oiseau de nos totems.C’est cependant un perroquet, le nouveau motif qui après les clefs et les pipes, vient d’attirer la fantaisie de M.Léger.Je lui demande si tuutes ces gouaches ont été faites depuis son arrivée en novembre.“Oui, j’ai dû tout laisser là-bas.Je suis arrivé avec cinquante dollars dans ma poche et puis, voilà.” 11 indique les murs."Je prépare une exposition pour le 15 mars chez Lvy.Une vingtaine de toiles.” Il parle en courtes phrases incisives, vigoureuses comme sa peinture.“Si l’atmosphère de New York est aussi favorable a la création que celle de Paris ?Mais oui.La vie y est dure et fcroce.Mais la vie moderne est dure et fcroce.Moi, avec mon dynamisme, je m’y trouve bien.Autrefois vous aviez cinq événements dans une journée, maintenant nous en avons vingt.Nous subissons l’influence de tout ça.” ei>t-rirr, ,1 -, Je voudrais savoir ce qu’il p»ns( ^ surréalisme, dont on fait tant de New York."On avait l'impre^n l’aris que c’était un peu décadent > de siècle.C’est un courant qui ’ en dessous tandis que nous" les bras à un autre nivca.sommes là.” Continuer l’école qu’il dirigent puis quinze ans à Paris * 1 2 3 * * * * * 9 10 11 12 " sait pas encore.Des conferences ?(J il doit aller à Black M ountain « i Mills College pour deux mois.Sur les chapeaux américains, j montre éloquent."A Paris, le chie posait inaperçu.Ici vous avez uts ^ peaux drôles, extravagants.J'aime ^ Tout ce que je demande aux America-nés, c'est de ne pas devenir sages." Nous sommes encore en train de ri-t lorsqu’entre un jeune homme représentant d'une maison de tapisseries, po;, demander la maquette d'un tapis, (jn discute taille, couleurs, dessein —je Xr] d’interprète car M.Léger sait très pej d'anglais — et à la fin, le jeune homire stipule : “Nous voudrions quelque chose de tout à fait remarquable.” C’est pour quand ?La fin de la semaine.Et c’est aujourd’hui vendredi ?C'y ça les Américains ! Mais déjà, s'y prêtant, une esquif de tapis paraît sous sa main habile, avec les feuilles bien-aimées et une frange en dedans.Et l’on convient que lundi nu-tin, il y aura un choix de six maquette!.Je quitte M.I/éger, frappée par l'activité prodigieuse de cet homme qui i déjà tant produit, qui a vécu, et q„ vivra toujours "dans l’intensité de !i vie.” Joan DANGELZER New York, 16 février.Prête* à t épargne de Guerre THÉ SA1ADA" Les Mots Croisés du Jour par TITTLIT 1 2 3 I 5 6 7 8 » ta IL 12 13 14 15 rr ._UIL L U.ute 11 rrmE r .mm I mum nunr r ï ! J1UUL ULJBU L 1 LUI TT mm U_i JJJJI MLL .j m j ¦ Ul ¦LL inmDmr JBLLLL ?ŒEMJULUULLJl ¦ i ¦n mci 1 B I « ¦! ¦u ?BCTTTm 1 1 H 1 JBQJLJL JULJBL 1 ¦ JL IOE11UU .i 1 1 8 m ¦ n UUBIX ¦LU TMZ a L n jjur IIOH 17,0 XTAI, ICSI K.\T 1.—Pierre d*- touche — Comprimé qui pause de bouche eu bouche.ï.—Corps simple métallique - Coup» de baguettes — Nom scientifique lie l'occiput.3.—Article simple — Organe» locomoteur» des animaux aquatique» — Première note de la gamme ordinaire.(•—Du bruit domestiqué — Ithamnncée.dont le fruit noir est employé en médecine et dan» la teinture — Petite prairie.5.—Dauphin propre aux fleuve de l'Amérique du Sud — De la nature de la graisse — Mammifère carnivore, à patte» plantigrade».fi.-—Moyen de confiance du Crédit municipal.T.—En croix — Possédé — Synonyme de "HE .8.—Petite croix — Troubles dans son fonctionnement.®- Large» cuvette* de métal — Action de ruer — Charpente du corps.10.—Enleva — joie — Symbole chimique du chlore.H-—Chef-lieu de canton 1 BAsses-Alpea) ~,àe êf'f’junaisnn — Vendue au rabais.I.—Itlvitre de l'Asie centrale — Nom du soleil.Chez les Egyptien» — ,Chaume qui reste sur place après 1« moisson.13.—Inflammation de» synoviales du poignet — Petite brosse en soie de porc — Article contracté iii hollandais, né i'i Korkum.14.—Ondulation permanente : agent matrimonial (reptile san- pieds) Instrument métallique — "l.lrtacéc 15.—Royal — Se succèdent avec plus 0 moins de régularité.VERTICAL!-:*! EXT 1.—Pâtisserie qui tombe du c-torien grec et médecin d'Araxer mon.2.—Une simple ficelle pour he Petit ruisseau — Soutirer.3.—Ancienne ville de Chnldée qui reconstitua la comédie lia' 171*; ft l'iifttel de Bourgogne l'Atlantique, t.—Agent politique de Eo Temps de la conjugaison grec une action passée — Ville I prov.de Liège 1 5.;—Ministre de la religion — Pluriel de "notre” — L'ang< chez les musulmans.fi—Navire qui n'a pa- -a Plete - Dire qu'une chose n’c Rivière de France.".—Prison où l'on enferma je.» esclaves et les condamné grecque.8.— Un lâche qui refuse to [i remit - Ht" ù- Mri' :< UC0UP-" - Italie :enn« e - lie H s XV ' 11e ind:q>-# Belgla'-1 1 einétac de la mod pas - lions LeW tion.SOLUTION DU PROBLEME No 178 Para dans le JOUR du 15 février 1941 J|0|C|K|E YfljA C A D E M I E| U|U I|E fl 0 B|L|I G A T I A 0 (TT N| Tj U ¦ E P11 L 1A ;¦! r 0 I ¦ R E L 11R | E ¦ F|E R M 1 R| N Ufl «AS M A R A ¦ M U E E| A R | M 0|Nj|| I C A ¦ A BS ¦ M L E 1A R|ilT NIE ¦ T R 0 E N E ¦ ¦!° E | L ||Z | G | A T I 0 Ni* U ij S | E | R aiiilibim S P L I Tl A |R| I d i £ 1 s iBI A L ¦ A 0 U T E Fg 1 A i G IË N | T |fl| I 0 S ¦ I N m u) Te | t | a ÏHBIeIn C 0 R N E E S |S|A|L|A|U|D|S|B H U E t IJBIR I E Fs 11 (Bil 11N 11 1 t I ht;- 1 tm -1.1 - — -¦ A | L E«lE R j S J 9.—Brameras, crieras -au cerf — ville des P»> Sens du toucher.10.— De la Russie — '< ¦ seul.11.—Peintre français ' peliler — Ville manufmtu’ lemagtic — Petite monna; vre — ]e conjugaison 12.—Ville d'Autriche indéfini — Substance ru se, renfermée dans l'.nt-os.12.—Ku un air ga manche pour pécher de- -— Terre à porcelaine.1 I—Homme lufréqu- n : • se de sey; façon* tr-üi- ' cierge de l'éternité.— Ad rnonstrnilf — Oonifèr- 15.—Greffes — Sépv;r-r jet* environnants GAGNANTE DU TR1V I,f: Annette Fortier, llôft-l du Gouvernement.Chambre 381—V Québec.^478
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