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Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique
Hebdomadaire combatif de Jean-Charles Harvey qui porte haut et fort les principes du libéralisme et de la tolérance. Il se démarque par des pages culturelles de haute tenue qui accueillent des collaborations importantes. [...]

Lancé à Montréal le16 septembre 1937, Le Jour est un journal hebdomadaire. Il est fondé par l'auteur et journaliste Jean-Charles Harvey après son expulsion du quotidien Le Soleil survenue à la suite de l'interdiction de son roman Les demi-civilisés. Harvey demeure le directeur et principal propriétaire du journal jusqu'à sa fermeture en 1946.

Journal de combat et d'opinion, Le Jour porte les principes de l'idéologie libérale. Le programme de Harvey mise sur la promotion des progrès de la technologie et de l'économie modernes, visant la conquête des biens matériels et s'appuyant sur l'orthodoxie libérale de la compétition et de la libre entreprise plutôt que sur l'intervention étatique et les corporatismes professionnels et sociaux.

Libéralisme économique, donc, mais aussi social : soutien aux combats pour l'émancipation des femmes, fortes prises de position contre la xénophobie et surtout l'antisémitisme, rapprochement culturel avec les anglophones, défense des droits des travailleurs. Ces principes libéraux sont érigés face au corporatisme et au nationalisme traditionaliste canadien-français avec sa tête de proue, le très influent abbé Lionel Groulx. Au-delà des enjeux canadiens, Harvey démontre dans les pages du Jour un vif intérêt pour la politique internationale.

Le Jour combat vivement l'Union nationale de Duplessis, mais garde son indépendance vis-à-vis du Parti libéral du Québec. Son rédacteur se prononce pour le renforcement de l'unité canadienne, pour la laïcisation de la société et pour le déploiement d'un réseau d'éducation public, gratuit et obligatoire.

Jean-Charles Harvey se réclame de la tradition de farouche liberté de pensée d'Olivar Asselin et, avant lui, d'Arthur Buies. Il aborde des sujets sérieux mais sur un ton souvent légèrement humoristique en vue d'offrir une lecture agréable à un public informé et lettré qui souhaite aussi se divertir. Les arts et la culture tiennent d'ailleurs un espace important dans le journal : musique, peinture, lettres, cinéma, comptes rendus de concerts et d'expositions.

Jean-Charles Harvey est le principal rédacteur du Jour, que ce soit sous son nom ou celui d'un pseudonyme, comme Paul Riverin. Charles Hamel, André Bowman et Berthelot Brunet y sont aussi actifs.

Des textes littéraires trouvent régulièrement leur place dans Le Jour, qui publie

de nombreux textes, que ce soit d'auteurs de la relève comme Gabrielle Roy, Jean-Jules Richard, Gilles Hénault, Jean-Paul Lemieux, Yves Thériault, Andrée Maillet et Henri Tranquille, ou d'autres plus établis comme Jean Narrache, Jovette Bernier et Robert Choquette.

Louis Dantin y est aussi un contributeur important. En plus d'une chronique sur la littérature américaine qu'il tient pendant quelques années, il y signe une chronique sociopolitique d'esprit socialiste qui l'oppose parfois aux positions libérales de Harvey, mais les deux esprits se rejoignent dans la lutte aux idées conservatrices et passéistes de l'idéologie clérico-nationaliste dominante.

Le gouvernement libéral fédéral et de grandes entreprises fournissent un soutien financier au Jour, qui est tiré à 25 000 exemplaires en 1937, à 10 000 en 1940, et à seulement 3000 en 1946.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1985, vol. 7, p. 91-93.

GUIMONT, Pascale, « Le Jour, 1937-1946 », dans Idéologies au Canada français, 1930-1939, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1978, p.131-163.

TEBOUL, Victor, Le Jour : émergence du libéralisme moderne au Québec, Montréal, Hurtubise HMH, 1984, 436 p.



Éditeur :
  • Montréal :[Le jour],1937-1946
Contenu spécifique :
samedi 15 décembre 1945
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
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Références

Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 1945-12-15, Collections de BAnQ.

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9ième ANNÉE No 15 5 CENTS LE JOUR INDÉPENDANT POLITIQUE, LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE 15 décembre 1945 Aunsi Ion fi lump» qua lus choses iront s y s l u nw I i quant ont mol jo continuerai syst a ma I i qu cm o n t à dire qu ’clics lia vont pas bien — Henri ROCHEFORT Directeur • Fondateur: Jean-Charles Harvey Administration et rédaction, 1R0 est, rue Sainte-Cntlirrine Unitr U), Montréal n.» .Case postale 20, Station “N” - Tél.MM-atcan 8471 Hedacteur en clieft EmlIcCliorlca llnmcl Sentiment canadien "La manière dont l’armée nous a mêlés à des Canadiens de tous les coins du pays a fait un bien immense et le journal Maple Leaf a grandement contribué à nous rapprocher." Voilà ce que m’écrivait, tout récemment, un ami soldat qui attendait, quelque part en Angleterre.son rapatriement au Canada.Ils semble bien qu’à travers les désastres quelle a multipliés, cette guerre aura quand même rendu à notre pays un grand service en créant chez tous les Canadiens un sentiment national qui n’existait pas auparavant, ou dont on n'avait pas encore pris pleinement conscience.L'armée aura été, pour beaucoup de nos Jeunes gens, une merveilleuse école de patriotisme bien compris; de beaucoup, elle aura fait de meilleurs citoyens et de tous, des compatriotes plus compréhensifs à l'égard les uns des autres.Dans sa lettre, mon ami me disait qu'en attendant que les soldats s’embarquent pour le retour, l'armée organisait des discussions au cours desquelles étaient abordés tous les grands problèmes canadiens qui sont actuellement discutés à la Chambre et par tout le pays.De telles discussions préparent admirablement nos militaires à leur retour parmi nous."Ce matin, m’écrivait mon ami.nous avons eu une heure de discussion.Sujet: l’immigration au Canada.Un sergent de l’Ontario présidait.11 était en faveur de l'immigration, mais toutes les réflexions de l’auditoire — une centaine d’hommes — n’étaient pas unanimes.Sur certains point, cependant, l’accord se faisait.Tout le monde a admis, par exemple, que l’anglais et le français sont inévitables au Canada, sinon essentiels."La manière dont l'armée nous mêlés à des Canadiens de tous les coins du pays a fait un bien immense et le journal Maple Leaf a grandement contribué à nous rapprocher."Aussi arrivons-nous au Canada remplis du zèle de l'évolution.On commence par un drapeau canadien et l’armée le veut tout neuf, avec rien qui rappelle les traditions.Les colonnes Emile-Charles HAMEL - suite à la page 3- Le métro indispensable L'affluence est actuellement plus grande dans les rues de Montréal que jamais auparavant dans l’histoire de notre ville.Avec le froid et les tempêtes de neige qu’apporte inévitablement l’hiver canadien, le problème du transport devient extrêmement compliqué dans une ville aussi grande, où des foules doivent à toute heure franchir de longues distances pour se rendre à leur travail, à leurs affaires, ou regagner leur foyer.Et comme Montréal ne semble pas devoir s'arrêter, Dieu merci! sur la voie du progrès, ce problème du transport menace de devenir chaque année plus compliqué.Il faut donc, pour le résoudre, envisager non des solutions temporaires, mais une solution permanente, une solution à la mesure de l’avenir qui attend notre cité.C'est donc avec le plus grand intérêt que nous avons entendu l’une des personnes les mieux qualifiées en la matière, M.N.-R.Watt, président de la Compagnie des 1 ramways de Montréal, exposer ces jours derniers, au Montreal Curling Club, le problème du désencombrement de la circulation.Nous citerons les principaux passages du discours de M.Watt; ils posent très bien le problème et en proposent la solution: "D'abord, dit M.Watt, il faut envisager la réalisation d'une méthode immédiatement applicable en ce sens; puis, l’élaboration d'une méthode analogue à laquelle on pourrait avoir recours à l’avenir.La meilleure façon de désencombrer la circulation à l’heure actuelle serait de réserver les rues aux fins pour lesquelles elles existent, à savoir: le libre mouvement des véhicules.L’on devrait abolir sans tarder le stationnement des automobiles, surtout dans les rues affairées.Les usagers de ces rues pourraient ainsi circuler plus rapidement."Les méthodes visant à l’amélioration du transport dans la ville de Montréal peuvent se diviser en trois catégories: 1— L’élargissement des rues actuelles; 2— La construction d’artères ultra-modernes; 3— La construction d'un métro."Nonobstant les avantages qui découleront de l'élargissement des.rues et de la construction d’artères ultra-modernes, le coût de leur m se au point dépassera celui des profits, qu'on en réalisera."Beaucoup de gens semble^ croire que les automobiles des parti' culiers peuvent remédier aux besoins du transport d’une grande ville.De temps à autre, l’on aperçoit des schémas futuristes montrant des’ routes construites par étages et selon les plus audacieuses découvertes de la science; l’on nous fait voir des voitures filant à toute viteise I sur ces routes.Dans la plupart des cas, on ne décrit pas du tout quels sont les moyens de raccordement aménagés avec des rues vicinale* moins achalandées, lorsque les véhicules doivent quitter les grandes' artères.L'on se figurerait qu’une fois arrivé au quartier d’affaires de.1 la ville, l'automobiliste a liquidé le problème du stationnement."Les grandes artères que l’on projette de construire ne résoudront pas le problème de la circulation.Si vous entrevoyez la construction de routes sur lesquelles pourront librement circuler tous ceux qui se rendent à leur travail en automobile, il vous faut d’emblée préconcevoir la reconstruction de fond en comble du quartier indusriel ou financier de la ville, de façon à assurer la libre circulation ainsi que le stationnement de ces automobiles."La construction d’un métro constituera une aide immédiate pour la majorité des citoyens, car ceux-ci doivent compter sur une organisation publique du transport en commun.“Ils bénéficieront davantage de la mise en service d'une voie de tramways souterrains.Ce métro pourra rendre de très grands services non seulement aux usagers du transport en commun, mais encore aux automobilistes, car la circulation souterraine des véhicules de transport public aura opéré la dé-congestion à la surface des rues."En mai 1944.la Compagnie des 1 ramways de Montréal présenta au Conseil économique interur- 1 Nous sommes heureux d'annoncer à nos lecteurs que.dans un très prochain nuniéro.ils auront le plaisir de retrouver les articles vigoureux et francs de notre directeur.M.Jean-Charles Harvey.Notre directeur quitte l'hôpital cette semaine et son état d» santé s'améliore rapidement.Bientôt, il sera de retour à son poste et reprandra ces conversations hebdomadaires avec son public que constituent scs premiers-MontréaL Les amis du lOUR peuvent être assurés qu'il tarde à M.Harvey de reprendre la plume! A tous ses lecteurs, notre directeur peut dire aujourd'hui: A très bientôt! bain de Montréal un projet relatif à la construction d'un métio.Ledit Conseil a nommé un comité extraordinaire d'ingénieurs civils de renom qui, à la suite d'une élude approfondie de la question, ont à l'unanimité approuvé le projet, ainsi qu'en fait foi le rapjiort lédigé par eux et adressé nu susdit Conseil.L'administrateur du Conseil, après avoir examiné le projet de In Compagnie des Tramways de Montréal rie même que le rapport du comité des ingénieurs, a également approuvé cette initiative."Il faudra de toute nécessité que ce soient les contribuables qui financent ce projet.Par conséquent, tous et chacun devront participer d’une manière active en quelque sorte dans le but de mener à bonne fin cette entreprise." La construction d'un métro est la seule solution qui réponde vraiment aux besoins de Montréal.Notre journal n’a cessé de réclamer cette construction, et nous sommes heureux de constater que l'humanité est enfin réalisée autour d’un tel projet.Nous ne nous dissimulons nullement toutes les difficultés que représente la construction d’un métro à Montréal, ni le coût énorme auquel elle sera effectuée.Nous croyons que les gouvernements fédéral et provincial, aussi bien que les autorités municipales, doivent contribuer à la réalisation d'un tel projet.C 'est du travail assuré pour des millier» de Montréalais, une ère de prospérité promise à notre ville, et ce métro terminé représentera pour Montréal un enrichissement permanent.Le métro représentera l'une des grandes étapes du progrès de la métropole canadienne.Paul RIVERIN Changement balkanique ?I.c 29 novembre, la léqation yougoslave A Ottawa annonçait la proclamation de la république dans le plus vaste Etat des Balkans.Cette date coïncide avec l'anniversaire de la première réunion du Conseil national de Libération et marque la fin du régime des Kara-george.A cette occasion, la légation donna une réception à laquelle assistèrent le premier ministre du Canada, ainsi que de nombreux membres du corps diplomatique, dont les ambassadeurs des Etats-Unis et des Soviets.Il est très difficile de donner une juste appréciation de l'opinion publique des Yougoslaves en matière politique, mais l’une des rares choses que l'on peut considérer comme acquise est l’impopularité de la dynastie.Le roi Alexandre, et plus encore son frère, le prince George qui lui succéda comme régent, ont laissé derrière eux trop de mauvais souvenirs pour qu'on puisse les oublier de sitôt.Même si l'on concède qu'il doit exister une minorité yougoslave professant encore des sentiments monarchiques, il est à peu près certain que ces sentiments ne s'étendaient plus aux membres de la dynastie des Karaghcorghie-vitch, cette famille descendant de George le Noir, porcher serbe qui, au commencement du siècle dernier, fonda la famille princière de Serbie.L'histoire du peuple serbe est héroïque.Celle arrive à obtenir pour son pays une sorte de demi-autonomie, fin 1817, George le Noir de ses dynasties modernes ne Test guère.Dix ans de commandement de George le Noir suffit à dégoûter les Serbes mêmes de leur chef.En 1813, les Turcs prennant l’offensive les paysans élisent Obrcnovitch comme chef suprême gui i pays 7, G< fomente une révolte et Obrcnovitch le fait assassiner.Ce qui n’était qu’un juste retour, l'ancien porcher ayant contracté l'excellente habitude turque de tuer les membres de sa famille, son frère compris.Vers les 18*10, les Obrcnovitch sont renversés et le fils de Karagcorgc monte sur le trône, pour être déposé et être remplacé par la famille rivale.A.-lt.BOWMAN - «Utîf 4 lu pugf J .A VEC LE SOURIRE Impossible! L'Action Catholique n'a toujours pas reproduit, en anglais, le texte de la conférence prononcée à la William Allanson White Foundation de Washington par le général Brock Chisholm — le distingué sous-ministre de la Santé et du Bien-Etre social dont M.Louis-Philippe Roy exige avec un inutile entêtement le renvoi.Par contre, TA.C.trouve l’espace nécessaire pour reproduire les attaques d’un député tory de Toronto, M.Bruce, contre le général Chisholm.Tant que TA.C.n’aura pas reproduit ce texte — ce que nous attendons toujours de sa bonne foi et de son honnêteté professionnelle — il est bien impossible de poursuivre un débat, par ailleurs intéressant et instructif, puisque les lecteurs de TA.C.(ceux, évidemment, qui ne sont pas en même temps des lecteurs du JOUR) ne peuvent apprécier à leur juste valeur les arguments de notre admiré confrère, M.L.-P.Roy.Espérons que TA.C.rendra bientôt justice au général Chisholm et que j'aurai le plaisir de reprendre avec mon cher confrère, M.Roy, notre amical petit débat.E.-Ch.E.Rapidité militaire.Avec une rapidité toute militaire, un avis est parvenu à un bon soldat américain qui, pendant deux ans combattit avec ardeur et vaillance contre les Japonais, qu'il était "inapte au service armé outre-mer.Le bon soldat, actuel-1 lement en garnison quelque part au ; Japon se demande, avec juste rai-; son, ce qu’il fait dans le pays du ; Soleil Levant, surtout depuis que i ce soleil est couché.Il se demande surtout combien d’ennemis il aurait tués, s'il avait été reconnu apte au service.En attendant, il n’a plus de doute sur la rapiditéé toute mi- litaire qui préside aux petits jeux de certains départements de l'armée.Une expérience comme une autre, qui vaut bien celle qu’il gagna sur les champs de bataille.Nous connaissons des gens qui savaient, dix minutes avant, qu’ils seraient reconnus inaptes, bien qu'ils fussent magnifiquement constitués.L\increvable Cécile.L'increvable et quasi octogénaire Cécile Sorel est, parait-il, "mal prise" à Paris.Malgré son titre de comtesse de Ségur, elle a été interrogée sur ses relations avec les Boches, durant l’occupation.Avec l’insolence facile des gens habitués à faire tout et le reste, la Sorel n’a su faire qu’une réponse qui aurait appelé une gifle, si elle avait été de sexe masculin.Le général chargé de Tinterro-patoire préliminaire lui dit, avec des ménagements bien inutiles: "J’ai entendu dire que vous aviez eu des relations assez étroites avec de» personnages allemands, durant l'occupation." La comtesse de Ségur qui oublia que l'arrière-grand-père de son air le plus cabotin: “J ai aussi Napoléon, le prit de haut et dit de son air le plus cahotin: “J'ai au*»i vaguement entendu dire que les généraux avaient laissé les Allemands s’installer à Paris." Malheureusement pour la Sorel, une enquête montra qu’elle avait acheté dans des conditions pour le moins curieuses une magnifique propriété d'un Parisien qui fut jeté auparavant dans un camp de concentration dont il n'est pas encore revenu.Peut-être quelle aussi n'en reviendra pas.Ce qui serait un bon débarras pour Paris, après trois-quarts de siècle de cabotinage.Noblesse Laurentienne par Paul Huber h A VEC LE SOURIRE 'AE MANQUEZ PAS DE LIRE\ EN PAGE 6 Le» tactiques déloyale* de Radio-Etat EN PAGES 6 et 7 Le» critiques de théâtre d’Ernest Pallaicio-Morin et Jean-Louis de Varo Monsieur Georges Duhamel, au récent banquet de la Société Médicale, nous a confié qu'il s'était délecté, durant son séjour à Montréal, dans la lecture de l’Annuaire du Téléphone.Les Français sont des gens courtois, polis, aimables.Ce sont des maîtres incontestés dans l'art du compliment.Ils manipulent l'encensoir avec une grâce et une virtuosité qui nous les font trouver charmants.Masi ils dérogeraient au caractère de la race, s'ils ne savaient glisser dans leurs compliments une pointe d’ironie fine.La note est d'autant plus subtile que le Français est de qualité.J'ai voulu voir ce que ce gros livre vert, mollasse et ventru, pouvait avoir de "délectable", pour un Français en mal de politesse.Vous dire que je l'ai tout lu serait vous mentir, mais j’en ai parcouru une bonne partie.J’y ai trouvé évidemment quantité de noms qui feraient très bien dans l'annuaire du téléphone de n’importe quelle grande ville de France.Mais je ne vois pas bien ce qu'il y a là d’extraordinaire ou d'attendrissant, étant donné que c’est un fait, aujourd'hui généralement connu, que l'Amérique du Nord a été colonisée par les Français et les Anglais, et l'Amérique du Sud par les Portugais et les Espagnols.Alors qu'il existe encore des noms français à Montréal, des noms anglais à Boston, des noms portugais à Rio de Janeiro, et des noms espagnols à Buenos-Ayres, je ne crois pas qu'il y ait là, comme on dit, matière à se frapper.Ce que je trouve par contre de curieux et de bizarre, c’est que certains noms français de Montréal se soient, par un phénomène inexplicable.— C est peut-être un autre effet du miracle canadien?décomposés, ou si vous aimez mieux, déguisés comme des têtes connues un soir de mascarade.J’en avais relevé une longue liste de ces noms auxquels on a fait subir un dévissage défiant toutes les lois de la mécanique.Après réflexion, j’ai pensé qu’il valait mieux n'en citer aucun pour deux raisons.D abord sur certains d’entre eux.il pourrait m’arriver de me tromper, et ensuite, si on en juge par l’allure capricieuse et fantaisiste de la particule, les gens qui portent ces noms doivent être ombrageux.Ils seraient capables, se croyant lésés dans leur honneur, de prendre le Jour à partie ou de m envoyer ieurs témoins.Après tout, il n'y a pas d’inconvénient grave pour la société à ce que certains citoyens se croient sortis de la cuisse de Jupiter et s'affublent de noms ridicules.Ça fai: seulement un sujet de distraction de plus pour les autres.Mais si la tribu des ennoblis continue de s'accroître "ab intus et extra .comme la lecture de l'annuaire du téléphone le laisse présager, le sérieux de la Laurentie va s en ressentir avant longtemps Et ce serait dommage pour une colonie comme elle, qui s'est toujours distinguée par le souci de sa réputation et de sa vertu.J'en suis à me demander s'il n existe pas une relation entre cette génération, apparemment spontanée, de chevaliers de la particule et certaines agence* qui s'offrent à vous retracer vos ancêtres, moyennant finances.Vous avez certainement reçu comme moi, de ces lettres, portant un cachet personnel, où on vous apprend qu'on poursuit un travail important sur l'histoire de votre famille, et qu'on aurait besoin, pour la compléter, des noms de vos père et mère.Vous ne pensez pas évidemment à vous demander comment il se fait qu'on puisse étudier l'histoire de votre famille, tout en ignorant les noms de vos ascendants immédiats.Ou si vous leur en faites la remarque, ces messieurs vous rétorqueront qu'ils procèdent par le haut .tandis que vous, vous raisonnez par le bas.De toutes façons, vous avez mordu, c est l'essentiel.Le reste est un petit secret d'acrobatie.Pour vous donner le coup de grâce, on vous déléguera un spécialiste qui vous dira sur un ton éinu et déférent: "Vous ne soupçonnez probablement pas, Monsieur, le rôle important qu'a joué votre famille dans le développement du pays?Vous ne savez sans doute pas qu’elle a compté parmi ses membres un évêque, un député, un seigneur, des religieux distingués, et plusieurs personnalités remarquables ?Vous seriez bien surpris si je vous démontrais que Tune de vos arncre-grand'mères était de la noblesse la plus authentique, et que votre nom, votre grand nom, que vous avez laissé défigurer.s'écrivait autrefois avec la particule! Quand on s appelle X.comme vous, Mon- sieur, on a des obligations envers l’Histoire.” Vous êtes pris au dépourvu parce que vous n’aviez pas encore songé â l’Histoire.Vous supputez les frais que cette plantation généalogique va vous entraîner.Vous pensez à votre pardessus d hiver qui laisse, â désirer, à la prime d assurance qui est échue et aux étrennes qui s en viennent.Le monsieur, rompu au commerce des célébrités, a deviné votre embarras Il est entendu qu’on ne vous réclamera rien pour le moment.Seulement votre signature au bas d’une petite formule.l’autorisation de commencer les recherches.Devant un blason comme le vôtre, est-ce qu on s’arrête a de viles considérations d argent?Allons donc! Mais, au fait, avez-vous un blason?L agence s occupe aussi de blasons.Vous pensez a celui de la noble aïeule, mais vous ne pouvez décemment pas vous parer des armoiries défraîchies de la grand mere Non, ce qu'il vous faut, c est un blason bien à vous.Et pourquoi pas?L’occasion est beiie.La maison a a son service des artistes doublés d experts en science héraldique.Ces messieurs vont vous composer, suivant toutes les régies de l’art, un de ces écussions de grand style, qui réponde à la fois à la notoriété grandissante de votre lignage.Vous allez faire reproduire ça sur le panneau au-dessus de la cheminée de votre bibliothèque La rêverie vous emporte Vous entendez Victor, votre valet de chambre, qui va ouvrir a votre ami Durand, et qui annonce que Monsieur attend monsieur dans la bibliothèque.Qu est-ce qu’il va prendra pour *on rhume ce cochon de Durand' Lui et tous ces culs terreux de parvenus qui tournent dans votre orbite.Des gen* qui se croient tout permis, parce qu’ils ont réussi a amasser quelques, sou: Qu'e-t-ce que ——- au»te a la page i - Charmants scrupules On ne peut qu’admirer le» »cru-pulr» extraordinaire» dont font preuve certaine» perionne», particulièrement certain* criminel».Leur ir'pect de la loi peut attenidre de» proportion» fantastique», même dam le» rat le» jilu* macabre».Un certain Charle* lield, de Sl-Joieph, Mùsouri, furieux que la petite fille d’un voisin ait fait le pied de ne/ à la propre fille, appela la famille en question.Le père, la mère et un frère »orli-rent et furent reçu» à coup de (uni.Ln cinq ireonde», il y eut troii rnort» »ur le pavé, field rechargea alor* ion arme, inutilement, les mort» étaient bien mort».Interrogé par la jK/licr, l’assassin déclara qu’il n’avail pa» mi» plu» de trou cartouche» dan* *on funl, parce que cela était contre le» reglement».Ce qui aurait fourni un magnifique tableau pour la Comédie Humaine de Bal/ar.Cela rappelle le» inquisiteur» qui, pour ne pa» verier le *ang faisaient brûler (par d'autre», bien entendu) leur» victime», innocente» ou non.Prélats On ‘piquète’Laski Cela ne manque pa» de saveur j de voir un chef travailliste "pique-1 té" par de» gen» essentiellement non-travaiflittei, et même violem-; ment anti-travailliitei.Le profei-*eur ayant fait, il y a quelques j jour:, de» déclaration» pa» très favorable» a la politique vatica-rie, a été reçu par un concert de prote»tations a »on arrivée aux Etats-Uni».Le prétident du parti, travailliste anglai» rie s'en e»t pa» fait pour si peu.Il a donné une conférence dan» un hôtel d* New-' York, ta r:di» que dan» L» rue» circulaient des "piquetcurj" portant Tiré»liable placard de» gréviste».Le plu» haut dignitaire de l’Eglise anglicane, qui vient de mourir, le Rev.Cotmo Gordon l.ang, partageait avec un de* grand» dignitaire» de TEgliie ro« maine, feu le cardinal Newman, la particularité de ne pa» avoir été élevé dan» la religion dont il» devinrent reipeclivement de» leader» universellement reconnu».Tout comme le cardinal Newman avait quelque chose en commun avec l.rne»t Renan: le premier entr* dan» le catholicisme le.jour même où l'illustre historien cl pluloiophe le quitta.Sa Grâce de Canterbury était en effet fil» d'un ministre preibyté-rien principal de l’Université d’A* bcfdecn rt ton frère devint par la suite Modérateur de l’Eglise d’Lco»«e, Il entra en 1890 dan» IT.gliie anglicane, où il réunit fort bien.Il devint rapidement chapelain honoraire de la reine Victoria et monta a»»e/ vite en grade».Il devint primat en 1928 et »e montra tou jours partnan de l'union de» égliie» chrétienne», Solitaire, ré*ervé, distant, il rev la loujour» célibataire.Dan» »on palan épiscopal, il avait pendu un Irè» beau portrait qu’on avait fait de lui.Firm d’hurnour.malgré »on extérieur tévère, il fit un jour la remarque: "J ai l’air »ur ce portrait d'être «atiifait, dictatorial et pompeux".Son interlocuteur lui demanda «uavemenl: "El Votre Grâce voudra-t-elle me dire quel e¦* 1 üOVEKNMEùTAÉ?« )iÏERFEREÙCfc> •' MSuSiNe&jr.If 4nTi-LABOR A /T ?./ I iT./v.LtûlïLATiOÜ 7?£ÉE ÇNTfcRPÆtfE./NP(J^^/Al DEMOC^c / Le Vrai Chez-Soi RUE SI IF.RI JOUR.VE TORONTO Page 4 LE JOUR chemins de fer et l'Etat Parlant lundi mtr dernier à l’IiôlfJ Mont-Ko»*] devant 1m intmbrN 'In 1 «nadi*n Railway ( lui* of Montreal, M.D L.Lnlrnun, |>ririos de Poésie latine de M.Alfred Ernout, Les Editions Lumen, Montréal, 1945.Grand succès de l’expo La Palme L’expoiition des “murale»” de l’excellent caricaturiste Robert La Palme •e poursuit à la Galerie dei Arts, rue Sherbrooke ouest, avec un iuccci signale.Dea foules ont déjà défilé devant les oeuvres ingénieines de La Palme, qui, en noua peignant l’histoire de la guerre à travers les âges, nous démontre qu'il n’y i a rien de nouveau sous le soleil.Tout le monde s’accorde à louer l’esprit d’invention et la hardiesse de moyens de ce grand artiste du comique.Nous nous trouvons maiheureusement dans l’impossibilité, cette semaine, de parler de l’exposition La Palme comme nous voudrions le faire.Ce n’est que partie remise et nous publierons la semaine prochaine notre article sur cette exposition.En attendant, nous donnons à tous nos amis cet excellent conseil : Si vous n’avez pas encore été voir les “murales” de La Palme, alJez-y sans retard ! COSVERSATIO.Y l)E TAULE Développement de l’Art Culinaire CHAPITRE III — No 53 par Louis P.Du Couv Aux lies Fidji, dans le Pacifique, lorsque les ménagères préparent des ignames (yamsl, elles le font pour toute une semaine, rnr dans 'et archipel ignames atteignent six pieds de long et prient ¦ jusqu'il rent livres.En Auvergne, la veille de ta St-Martin, (St-Martin es*, parait-il d'une nature bienveillante et sympathique, et a toujours été considéré comme le protecteur de* assemblées joyeuses cù le bon vin de Char.turge, qui monte rapidement i ta tête, fait qu'aprè* quelques verres te buveur ou la buveuse commence à voir double.Il *e donne pour mission du réformer te» lvr> gnis) de toute» le* maison* s’er-haje la «aveur appétissante des marron* rôtis, mêlée â 1» senteur des fagot* de bois de thym brûlant dan» l'âtic et «ou* la marmite énorme et â trou*, où rôtissent te* marron*; Je tout mêlé aux chant» de* jeune* fille* e! garçon* d’Auvergne, alor* que te» bouchon* craquent et sautent de* bouteille* de vin nouveau justement apporté de* Immense* cave d< pierre» poui être bues en l'honneur du bon et sympathique St-Martin p»r le* «uvergnats ¦nuvergnanta, le verre en main*.O Pa#coi' crie ta Mie ' attend une minute, le» marron* sont presque | cuit», ne vide pas toute la bouteille, il y en a beaucoup en ha», dan* la cave de pierre», et si tu e» un peu traça*, le bon St-Mertin t'enlèver; j ran* mol.attends un peu foutre de »ouUrd!” I Mou» savon* tou* que le* quel-; que* marron* que l'on récolte aux I Etats-Unis ne sor t pa# suffisant* pour »atie/a|re les »v.-ei tooth d* i tant le monde.au**i «>n vent-ll* ' het le confiseur pour faire de* ! marron» glacé* qui »e vendront â ! prix d'or.En France, Il y a un proverbe qui dit; “Quand 11 n’y a pa* de : grive» on mange de» merle*''.— Ta» Corse* ont retourné ce proverbe et disent: “Quand 11 r.'y a pa* de merle* en mange de» grive*" Le» gourmets américain* ont.a leur tour, tourne ce proverbe et disent; “When there U no chestnut*, let's ;t »weet potatoes or yum*.” Et effectivement, Ils ont trouvé une méthode de préparer de* patate» dou-cui qui i.'ippellent vaguement la bonne châtaigne d'Auvergne ou de» Alpe*.En voici la recette, mai* ayez *o!n d’en faire tin bon plat, car ce» «mu» ««-bouches dlaparaie-; sent rapidement.FRICOTS DE PATATES A I L'ANAL’AS.—(Un de-.xert de Noël| ; — Pour elnq douzaine* de ce* petit* beignet* de No»l, mélangez d tn*sea ' de purée de patate» douce» avec 1 t&sse 1 farine n pain, tamisée avec 1 une cuillère à bouche de levure en poudre 'baking powder), 1 cuillère à bouche d* sel.Que votre epparell i soit bien lute et hornogènt.Alor» fcjoutez-y fi oeufs bien frai* et battu* en omelette et mélangé* avec K peu pres 1 1-2 tease* de lait bien crémeux, ajoutant ce liquide peu à peu et *n fouettant vigoureusement.Qu’Il n’y »!t pe* de grumeaux.D'autre part, égouttez bien en pressant ¦ gentiment, 3 ta*>ie» d'anar.a* de conserve déchiqueté (shredded).Parfumez l’ananas avec S cuillère» à ! bouche de rhum.Kirsch, cognac ou applejack 'appelé le brandy de j Lafayette i.et ajoutez à votre pôle à frire Laissez reposer une bonne I demi heure, der.s un coin frais, mai* i pa* à la glacière ou le réfrigérateur.Page 5 Noël et la peinture En nous rendant à l'invitation de la “Dominion Galien”, qui présente son exposition annuelle pour 1* Noël, nous sommet passé» par les grands magasins de l'ouest.On peut \ contempler de riches moulurrs oïl s'encadrent de hatialr» représentation*.Kerins de luxe pour mots vides, enveloppe sans chrysalide; l’artiste doit parer à ce dénuement! 11 faut voir ainsi lis aquarelles déliquescentes et la bimbeloterie suave qui s'étale dans nos grands basars et songer, puisqu’il rn est le temps, à ce* chromolithographies sans valeur, que l'on offre rn fin d’année soua le nom de calendriers et que l'on retrouvera dan» un cadre.I.e bric-à-brac n’en est qu'uiitaut achalandé! Pour en revenir à l'exposition mentionnée ou à ce genre I d'expositions comme il s'en tient line à "l'Art Français" où l'on vend 1rs originaux des caricatures de La l’aime, et autres galerie*.Il ne faut pas croire que nous admirons suns réticence «•«•» expositions oui ressemblent quelquefois à une vente d'écoulement.1-oin ne là! Ici l'on rencontre du bon, du médiocre et du pire.Mais dans tout ce fatras, nous .union» souligner quelques oeuvres intéressantes d'artistes contemporains.D'autres s'accommoderont d'oeuvre d'un passé respectable.Elles sont rares! La “Dominion Gallery" en réunit cependant quelque» estimables specimens, dont "l'Evasion" de Daumier, qui porte bien sou titre.Ainsi sur un pan de mur, des aperçu* du royaume de» ombres.1 ici je pense à Kibot Verbeydcn, Alma Tadentu et consorts.Sur l'autre, le prisme dispensateur de couleurs.Entre ers deux conception», on se sent pris dans un roiirant d’air.Du moins c'est l'atmosphère qui se dégage de rette confrontation.On comprendra facilement ers considérations lorsqu'on saura que lu liste de vente comprend nu delà de deux rents exposants; Soit, soixante-quatre Ganadient contemporains, cent quatre peintres du XIXe siècle, trente-trois contemporains étrangers et vingt-quatre parmi les vieux maîtres; les uns représentés pur des oeuvres de valeur, le» uutre# par de» exercices négligeables.Puisqu'on ne peut tout mentionner, notons cependant quelques oeuvres contemporaines qui ont déjà attiré notre attention: Des quatre peintres qui exposent des paysages d'hivcri Hinrdon, Lnwley, Pfeiffer et Holgiitr, ce dernier est le plus compact; chez lui l'atmosphère et la composition ont l'exigence de la saison.On croirait reconnaître la tour.be d'Henri Masson dans une toile de J.S.Walsh.De Paul V.Beaulieu, un dr ces clowns qu’il a peints en captivité et lin paysage primitif.Trois portraits de jeunes filles: Un de Prudence Heyward à qui l’on reconnaît du talent, une femme et Itérée de Goldberg et rette “Jeune fille aux cheveux nattés" de Goodridge Hubert», oui a fait l’admiration de ses admirateurs.De ce dernier encore, deux de se» alertes puvauges.Lu même remarque pourrait s'appliuuer à une vue de l'Oratoire de Jacques de Toiuiaiicour, le souple illustrateur de "N'ézon”, Aussi line oeuvre pleine do candeur de Mûrie Bouchard.De Pimagièro lie la Colombie totémique, Emily Curr, la silhouette d’un fétiche de jai» surprend; par ailleurs, une miniature d'A.Y.Jackson n’est pa» à lu meture de» puyiage» heurté» qui le situèrent.Avec drux marine», Limier e»l mieux nartagé, Sur le puiineuu réservé aux dessin» et encre», on note des visages tourmenté» de Kokoshka, un linecut de l’Aniéricain Eeiniiigcr et, tendre, un paysage effacé de Coubine.Et pour finir, le» céramique» et le» ma’ " de l’exilé ru««e Shuhaeff, qui feront le» délier» des eounnisseur».Quelques-unes sont dan» re style ancien qui rappelle le triptiqnes et d’autres, cruqiieléc» à la façon de vieux icôcs, A part de ce# quelques motif» religieux, - ange» et saints entouré» de leur» symbole*, — Shuhaeff éprouve le profane, quand il place un chasseur à l'affût, ou qu’il livre l'essentiel d'un pêrheur et do ses agrès.Cette monographic en faïence est du plus bel effet.Et tout cela brièvement exprimé et tout ee qui n’est pas en montre, — tel que ee# reproductions de chefs d’oeuvre» trè# réussies, mérite que l'on y jette un coup d’oeil.D’un nuire côté, quori n’nuhlie pas trois expositions qui seront rhucime à sa manière une révélation, une gageure ou uno surprise.Je veux parler de la présentation d’impaynoles projet# de planche# murales de La Palme, de In première de.Paul V.Beaulieu et d'une exposition-hommage a la mémoire de Marcel Purizeuu-Nou# en reparlerons bientôt, Charles DOYO.V Au moment de frire, fouettsz-y dedans 2 cuillère» à bouche d» bonne huile k salade, préférablement do l’huile d'olive, Pion*/ d"» cuillères U café de cette préparation et laissez tomber dans de la grande friture chaude (375 degré*) et bien claire, tout en faisant virer ce» frl-totc avec le manche de la cuillère do bots, Jusqu'à ce qu'ils soient bien doré* et croustillent).Hervez sur plot chaud recojvert d'uns servlel-to avec une autre serviette pardessus.Epatant ! comme dirait Marlu».I A part, vous avez lo devoir de servir un punch de vin rouge et bien chaud pour le* glandes personne, et pour le* petit», ma fol, la maman ! décldeia."AU hum.in history attest* that ; happine** for man—tho hungry sin-! ner!- Hlnca Eve ate apples, much depend* on dinner —Jlyron.j I’arml le* nombreuses demandes surprenante* et bizarres »u»«l qu'étrange* qui me parviennent des quatre coins du monde, 11 en est urit qui est emblématique' c'est uns demande pour une greffe, sinon quelque» pépin» de la fameuse pomme sanguine, appelée en anglais: 'Th» Rloody Turk", et qui e*t une pomme à cidre du genre de la i pomme "Quarranden", qui toute» I deux sont rouge à l’Intérieur, tout j comme l’orange sanguine d'Espagne.Je m'en occupe, mil* entre , temps voici une recette de patates ¦ douces avec des pomme* d'n hr e* | très facile it faire et.de» plu» délicieuses.Ce rnèt habituellement ex: compagne la dinde rôtie.le porc rôti, ou le jambon braisé.POMMES ET PATATES DOU-CEB AU FOUR.— Pourrez un plat en terre allant au four et rempll*-; «ez-ie d» couche» alternative» de ! tranche» de patates douces culte* | ,t de trunche* d» pomme» d'arbre, épluché i», vidée» et coupée» en • grosses tranches, choisissant de j préférence «le» pomme* un peu sû-i rette, assaisonnant chaque couche i de *el, poivre, noix de muscade et î en marquant chaque couche du yc-1 lit* morceaux de beurre fin, usant j pour cheque couche a peu près \ I 3-2 cuillère ’» bouche de oeurre.! "ouvrez le plat, cubez a four ! moyen & 40 minute*; retirez le j covvercle et continuez à cuire pen-I dant à peu près 8 à 10 minute*, ou i jusqu'à ce que '.e dessus soit bien doré et croustillant.Servez bien i chaud, et dan» le plat même.(à suivre) | Ixmis P.De OOL'Y Histoire du Jazz par Robert (ioffln F.**ayl»te, romancier, poète, chercheur, publiciste, Robert (lof-fin, l'un de» plu# célèbre* avocats du Rarreuu de Rruxelles, fut uti**l le premier homme de lettre» à étudier sérieusement le phéno-j mène américain du Jazz.En Relique, Il a publié dru* ouvrage», “Jazz-Rand” et “Aux frontière* du Jazz”, qui eurent à l'époque beaucoup do retentlaeement; mal» son “iflitolre du Jazz”, que Parizeau vient d'éditer à Montréal, c.at son oeuvre la plu* fouillée, la plu* i passionnante, #ur l'origine et l’é* i volution do la mti*!qus syncopée, j Rien de tel n'exbte, ni en fran* i çal* ni en anglais, (."est un livre j unique, excitant comme une «venture, complet comme un ouvrage i de référence.On salslru la valeur , de cet ouvrage *n apprenant que le gouvernement américain n distribué 80,000 exemplaire* de l'édition anglaise à ses troupe* dan* le Pacifique et en Europe.Après j la publication de son “Histoire du Jazz”, M (Ioffln a été fait citoyen d'honneur de la Nouvelle-Orlénn», dont 11 dirigeait déjà le célèbr» Musée du Jazz.C'est donc un spécialiste qui a écrit l’”HI»tolre du Jazz", Depul» ce Jour de 1801 où un barbier | nègre de la Nouvelle Orléans, I Ruddy Holden, tira d* sa trompette le» première* note» d'un» musique étrange et Impérle'ise Jusqu'au Jour r,h le Jazz, dans »x maturité, reçut droit de cité à | l'Opéra Métropolitain de New-I York, Robert Ooffln nou# fait i suivre la cnrrièr» d*s hommes et de* femme* qui se consacrèrent a perfectionner le nouveau langage que l'Afrique avait apports ! aux Instrument» de l'orchestre.I Mal * tou*, ce qui fait crier Is j Jazz-toand n'est pa# de bon Jazz, fl y a le Jazz frelaté, celui de Paul ; Whiteman, et le Jazz pur, le Jazz sincère de Duke Eiilntgon ou d» | Count Rasle, Robert Ooffln, en : bon historien, fai( la part du \ chiqué et celle du vrel dan* l'art nouveau.Même le# lecteur# qui | frémissent d'horreur à la pensée ¦ que le* création* du Jazz pointent enrichir notre civilisation, même : ceux à qui le Jazz ne dit rien, I trouveront dan» "Histoire du ! Jazz" tous le# éléments qui leur : permettront de situer le Jazz à sa piece d ans l'infinie variété de# genre# musicaux.Rref, un livre A lîr».à ranger I dan* sa bibliothèque > ul livre j français où «oit analy/sé le préno-rnène le plu» Important de no*re J époque.Cent exemplaire#, numé-j roté* a ta presse, or.t été tiré# sur 1 papier de luxe et se vendent seulement chez l’éditeur, I#;* exom-j plaire» de l'édition ordinaire sont en vente chez toute# le# ltbral-j rie*.1 Vol.380 paegs.Frontispice »# I quatre couleur*.Prix {fît, Ira a- I to H cA.6966 * »¦ I m ?|îi v \:x.I Emisai Ül 1¦ ! %\ \ ! ! ή{ ifi- § rl il J 11 t, Page 6 LE JOUR Montréal, samedi 15 décembre 1945 * “ St.-Lazare’s Pharmacy ” T w du film "VVIUtOy*, mi’ttflnt cm vwiette Alexander Vnm, Ourle* (oburn et Geraldine Fltrgrrald, qui jirrnd l’ii/flr h* au I»ew'*.HKTTINA ItOSAV, dont la grûr* rt l’étonnant* technique font l’admiration «le loua Ica tunati-um do ballet, est l’une dea jeunea éb»llea dana Ica “IUUct Jtuaac Highlight»’’ de I/nnlde Ma»Mne, que l’on verra au llla Muje*ty’» la aemalne du 7 Janvier, La pièce de Miklos Laszlo — adaptée pqr Eddie Dowling — nous parait être un splendide verre de cristal, une oeuvre d'art quant au style, au souffle poétique et à la couleur qu elle apporte.Mais elle est aussi d'une fragilité de cristal et je crois qu’il ne faudrait pas la confier A une tablette de pharmacie également fragile.Tout son poids repose sur la qualité du jeu des acteurs.La distribution a pris sur elle de tenir tout cela en équilibre et elle s’en tire à merveille.Le fond de la pièce et son élément dramatique se cachent dans les plis d un atavisme tout naturel.La tension qu'elle veut faire naître en nous ne touche pas son but ultime et justement parce que la qualité littéraire du texte est au-dessus de 1 élément dramatique.Où sont les situations dramatiques dans cette pièce?Elles sont dans le jeu intérieur des âmes, dans les reflets de la pensée, dans les dissimulations adroites de ces mêmes âmes et finalement dans éclat d’une fureur contenue, aboutissant à créer une atmosphère à moitié irréelle.On revient à l'éternel sujet de ces gens qui ne voient pas le bonheur alors qu'ils pourraient s'en gaver.On veut plus, on veut mieux! Thérèse Martin veut échapper à l'ennui d'une ville charmante — où elle ne voit que des visages souffrants et où elle n'entend que le glas — pour fuir vers un bonheur utopique! Son mari Jean, un homme comme les autres, pas pire, pas mieux, sans hardiesse, mais ayant au fond du coeur tout le feu d’un amour encore vivace après dix ans de mariage, la laissera partir, car retenir un oiseau en cage c'est se forger une prison dont les barreaux sont des cheveux îlonds et le geôlier.le coeur des autres îommes.On retrouve cette hantise d'un bon-leur à rechercher plus loin, beaucoup plus loin, dans son fils, Jean Marvin, le mari de Louise au deuxième acte.Mais avant qu’il ne soit trop tard.Thérèse revient, (c'est là où a commencé la rétrospection vers le deuxième acte, trente ans auparavant) et elle saura habilement faire comprendre à Jean, le deuxième du nom, que le bonheur est à où l'on a les deux pieds, pas ailleurs! Son expérience malheureuse aura servi à sauvegarder un bonheur menacé.Toute la pièce est là! C'est dire tout de suite qu'elle a la vie.Oui! elle est viable, mais il audra la traiter avec beaucoup de soins.Le texte de monsieur Laszlo est charmant, délicieux, agréable à entendre.Les pensées y sont ustes et souvent profondes .avec une teinte de sentimentalisme pur.Mais elles retardent une action que l'on voudrait plus ardente, plus passionnée, plus dramatique.Au deuxième acte, Thérèse Martin raconte comment sa mère a souffert dans ce "trou ", comme elle a vécu loin de son rêve, et comme elle s'est lassée de vivre avant d’avoir vécu.Tout cela est magnifique et Miriam Hopkins a beaucoup de mérite à jouer si habilement.Mais ça dure plus de vingt Pierrette Alarie au Metropolitan Opera L’administration du Metropolitan Opera House à New-York I la trie de laquelle se trouve Edward Johnson, d'origine canadienne, a pris avantage de l'option de pouvoir engager la gugnaute des auditions à la radio, (.’est ainsi que Mlle Pierrette Alarie de Montréal a fait aujourd’hui ses débuts dans le rôle délicieux d’Oscar de l'opéra de Verdi: “la* liai Masqué”.Let opera n a pas été donné depuis de nombreuses années, mais à juger d'après lu foule qui remplissait la salle, il a encore minutes et les malheurs de la mère de Thérèse sont absolument en dehors de l'action présente, j Ils viennent à la rescousse des raisons que J Thérèse se cherche pour être plus malheureuse.Pendant ce récit.Albert, le commis-pharmacien, écoute avec gravité et beaucoup de grâce grand Dieu! Tout d'abord, c'est par politesse! Ensuite, j c'est par sympathie! Tout ce qu’il trouve a dire j — en guise de consolation — est ceci: "Je crois ! que je vais enlever la neige sur le perron ", Ce mot vient du coeur et il est juste au moment ou .il est dit.Mais la pauvre Thérèse reste en panne avec son histoire .et c'est bien dom- mage! Comme elle aurait dû plutôt expliquer son état d'âme à elle, ses déceptions inexplicables peut-être mais senties, comme elle aurai! dû crier sa douleur à ce pauvre type d’Albert qui n’aurait rien compris.Le contraste eut été audacieux et vivant.Toute cette scène-là y gagnerait en mouvement et en qualité.II y a des éléments dramatiques réels dans le deuxième acte, mais on dirait qu'ils ont été négligés.Deux ou trois coups de plume là dedans ne feraient aucun tort et M.Laszlo est l'homme tout indiqué pour remettre cela en place.Nous sommes persuadés qu'il le fera! La pharmacie St-Lazare n'est pas plus canadienne qu’une autre.Elle est splendide, attrayante et d’un luxe qui dépasse l'imagination et encore plus les moyens pécuniaires des Martin, établis dans un village isolé, vers 1870.Mais au point de vue réalisation technique, décor, et éclairage, il fait bon y vivre! On peut même dire que le décor tout seul joue un rôle important dans la pièce.Les costumes sont tout à l'honneur de celui ou celle qui les a dessinés.Les artistes tiennent le coup et leur aplomb contraste bien avec la fragilité du sujet.Herbert Berghof est un artiste sachant utiliser à fond ses nombreuses ressources.Gratien Gélinas devrait plaire au public new-yorkais comme il a su être un excellent comédien tout en laissant Fridolin dans la coulisse.Fridolin n'a rien à envier à Gratien Gélinas! Miriam Hopkins fait un excellent travail avec le minimum de moyens.Sa Thérèse est sympathique .mais le rôle ne semble pas lui offrir l'occasion de donner plus qu’elle ne donne.Henri Letondal souligne d’une façon fort juste un rôle de composition qui ne devrait pas être le dernier.même à New-York ou ailleurs.Mais attention à la porte.Huguette Oligny est fraîche, gentille, délicieuse .et plus belle encore dans l’éclat d'une colère justifiable.Tous nos artistes, Mauffette, Alexander, Lajeunesse, Somer Albcrg, Lucienne Letondal, et les autres ont apporté l’appui de leur talent déjà éprouvé.Quel sera le sort de "St-Lazare's Pharmacy" ailleurs?Voilà la question du "soixante-quatre dollars"! Le risque est le propre des hommes audacieux.Vogue à l'aventure! ÇA ATOMIQUTY?.JfNlHCUQUlî **» Æ : mmmi l La grande revue d'actualité* annoncée par Henry Deyglun, Intitulé# “Ç A ATOMIQL’T’Y qui aura lieu au Monument National dam le* premier* Jour* de janvier, avec une grandi# première le M décembre, lUMClte de l’intérêt.On Mit que la vedette Aly» Kobl fcrra entourée d'excellentes vedette».Thomaa Mitchell, Darryl Hickman et .lame* Gleason dan# une scène du film “CAJTAIN EDDIE’’, à l’écran du Capitol.Sou»-vêtemcnti pour enfants Jean-Louis de VARRO “Malgré la production accrue, comparativement à la période d’avant-guerre on ne peut répondre à la demande extraordinaire dea sous-vêtements et vêtements de nuit pour enfants et cette situation durera encore plusieurs mois.” C'est ce qu'a déclaré M.Donald Gordon, président de ia Commission des Prix et du Commerce, en marge de la pénuri* des sous-vêtements pour enfant# au pays.Entretemps, la Commission des Prix, par ses directives, fait tout ce qui est humainement po.xsib!» pour activer davantage la production de tels vêtements.FÊTE AU BELL TELEPHONE '.'¦y: ¦' » b- : i A l'tctMln 4* sa retraite «pré* un Srml-a.èrlr de service nu téléphone, particuliérement dana le* t anluna de l’Hat, Habert Xtlbun, représentant apérln| de la (.'le de Téléphone lle,t, (ut l’objet d'une tête or*aal»ée par ae» amla et col-lègue* jeudi *o!r le d décembre, nu Montreal Club.On lui préaeutalt le* souvenir* ¦ulvantai l< porte-feuille du prcsl-dent, par le préaldent lui-même, F.Johnson) un certificat de membre h «le par le contrôleur, John t^ruuhi rt |r facsimile d'un bateau ¦tul aéra exécuté sur eommunde, par .e aérant crnéral, J.-.V (iroleau.Au nombre de* Invités de l'extérieur de la ville mentlonnonai J,-II.Dupuis, la ("le rie Té.éphonr de Ka-muurnaka, Hit iérr-du-l.oup| li, Turcotte, la
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