La presse, 20 octobre 1962, Supplément 2
[" MONTREAL, SAMEDI 20 OCTOBRE 1962 CAPITALE (TEMPORAIRE) DES LETTRES QUEBEC, la semaine prochaine, sera non seulement capitale provinciale, mais aussi capitale des lettres canadiennes-françaises.Salon du livre, présentant des volumes de 125 maisons d'édition de quatre pays: Canada, France, Belgique, Hollande.Nombreux lancements.Attribution de plusieurs prix littéraires.Ceux de la province de Québec, d'abord, qui sont les plus considérables jamais offerts au Canada.Aussi le Prix Camille Roy, le prix du Maurier (réservé aux poètes) et le prix de.littérature pour enfants de la Société des libraires de Québec.A cette occasion, nous offrons à nos lecteurs un ensemble de textes sur la nouvelle poésie du Canada français.Cette poésie est abondante, généreuse, variée.Mais est-elle conforme aux réalités profondes du Canada français?Yves Préfontaine, Gilles Hénault, Jacques Godbout, Fernand Ouellette, Jean-Paul Filion et Jean-Guy Pilon répondent à cette question.wmxËm :| f t f; \u2022fr *\tI** 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inscriptions ont été les plus nombreuses, cinquante-deux, dans la section \u2018littérature de langue française\".Seulement -i\\ ( oncuri culs se disputent les prix de la section anglaise.Dans la section * Sciences morales et politiques\u201d, quarante-huit inscriptions.Vingt dans \"Sciences de la nature\".Chaque section comporte un premier prix de $ I 000, un second de $3.000 et un troisième de $l .>00, mais voila le hic il appartient au jui > d'accorder ou de ne pas accorder les prix.Le jury des deux sections littéraires, choisi par le ministère des Affaires culturelles, se compose du R.P.Gustave Lamarche, du R.F.i lément Lockquell, de MM Jean Ménard, Jean Hamelin et Charles-Edouard Parent, pour une, de Mme Gladys Taylor et de MM.Alec Lucas, Robert Brown.IL Gordon Green et Leopold Thorburn, pour l\u2019autre.Innovation cette année, on a permis à des Canadiens français vivant à l'extérieur de la province de soumettre des oeuvres aux concours littéraires du Québec.11 y aura même un lauréat parmi eux.nous dit le secrétaire des Concours M.Charles-Eugène Bélanger.Le même informateur nous affirme que les Concours n'ont jamais suscité tant d'enthousiasme, avec réserve pour la section littéraire anglaise.Jamais non plus les prix n'ont été aussi alléchants.Dans la section littéraire française, les romans publiés durant les quatre dernières années étaient reçus aussi bien que les manuscrits.S'il est possible que les prix révèlent une oeuvre inédite, il est cependant plus probable qu\u2019ils viendront couronner un travail déjà connu du public.Quant au prix Camille Roy.il est de fondation récente, à une époque où les prix de la province étaient plus modestes.Le partage qui s\u2019est fait Lan dernier entre Yves Thériault et Suzanne Paradis a fait couler tellement d\u2019encre sinon de larmes \u2014 qu'il n\u2019y aura probablement qu\u2019un gagnant celte année.Pour les prix de la province, les \"e.x-aequo\u201d sont bannis à l'avance.Le prix Camille Roy n'est attribué que pour des oeuvres inédites et il révélera, sinon un nouveau nom, une oeuvre nouvelle.La rumeur veut qu\u2019il n\u2019y ait eu que sept manuscrits soumis cette année.Les inscriptions sont nettement plus nombreuses au prix Du Maurier, créé cette année, et réserve aux poètes.Ils sont vingt-deux à se le disputer.Le prix de littérature enfantine sera aussi décerné pour la première fois.En plus de la remise de ces prix, le quatrième Salon du Livre verra nombre de lancements Lundi.\"Xi queue ni tète\u201d, de M.C.Brault, et \"Contes\u201d, de Jeanne D\u2019Aigle.Jeudi, trois recueils de poèmes, signés Suzanne Paradis, Odette Fontaine et Alice Lemieux-Lévesque.de même que \u2018Fables des trois commères\u201d, de Simone Bussière.Vendredi, \u201cLettres à une provinciale\u201d de Roger Duhamel.Vendredi également, le Conseil de la Vie française remettra une médaille d\u2019or aux représentants des librairies qui comptent plus de 75 ans d'existence.Trois centenaires dans le groupe : Beauchemin, Garneau et la Librairie des Ecoles.Les écrivains belges se sont réservé'la journée de samedi.Ils recevront les bibliothécaires et les écrivains canadiens.La réception sera présidée par le baron Guy Daufresnes de la Chevallerie, ambassadeur de Belgique au Canada.Dimanche, clôture du Salon et proclamation des lauréats des prix Camille Rov, Du Maurier et de la Société des libraires de Québec.Ce Salon du livre présenté pour la quatrième année consécutive par les libraires québécois, offrir.! aux visiteurs les volumes de 125 maisons d\u2019édition de quatre pays, Canada.France, Belgique, Hollande.Si le parti libéral lui donne congé, c'est le ministre des Affaires culturelles qui proclamera \u201couvert\u201d ce quatrième salon du livre et c\u2019est lui qui présidera à la proclamation des lauréats des concours littéraires de la province.Les intéressés ont jusqu'à lundi soir pour faire leurs gageures, et jusqu\u2019à dimanche prochain pour visiter les kiosques aménagés dans les salles du Musée provincial.Jean O'Neil Cette poésie qui est Ici nôtre.La soirée avait été organisée à la demande d'un éminent anthropologue français, de passage parmi nous.Il désirait rencontrer quelques écrivains de la nouvelle génération, et qu'on lui lût des poèmes du Canada français.L'invitation n'avait pas été sans provoquer, chez certains d'entre nous ce qu'on appelle des mouvements divers.Passer toute une soirée à écouter des poèmes, et des poèmes que nous connaissions fort bien par la lecture, ma foi.Notre réserve était constituée, à part égales, d'une menace d'ennui et de cette pudeur bien canadienne-française qui fait que l'on n'aime guère voir projeter, devant un étranger, des images assez intimes de soi-même.Et le miracle s'est produit.Le miracle, c'est peut-être beaucoup dire.Enfin, il s'est produit que ces poèmes déjà connus, mais recréés par une diction chaleureuse, acquéraient une évidence nouvelle.Au-delà des critères formels, exclusivement esthétiques, ils découvraient leur vérité première de paroles.De toute évidence, cette poésie-là \u2014\u2022 de Saint-Denys-Garneau à Roland Giguère, d'Alain Grandbois à Anne Hébert, de Paul-Marie La-pointe à Yves Préfontaine \u2014 était bien d'ici, bien de nous.Usant de formes universelles, participant aux mouvements les plus importants de la poésie française contemporaine, elle avoue en même temps une inspiration profondément autochtone.A telles images, à telles façons de parler, on reconnaît aussitôt qu'elle parle de nous, avec une éloquence et une liberté irréfutables.Personne n'aurait eu l'idée de se demander, ce soir-là, s'il existe une littérature canadienne-française.Elle était là, intensément présente, témoignant de nos misères mais plus encore de nos espoirs, de premières valeurs durement acquises.Cette actualité, cette richesse de la poésie contemporaine au Canada fran:ais, ne sont Pas ass®z connues.Nous sommes durs pour nous-mêmes \u2014 d'une dureté qui va parfois jusqu'à la cruauté \u2014 et nous nous avouons difficilement qu'il puisse exister parmi nous, par nous, une poésie originale.Il ne suffit pas d'admettre Saint-Denys-Garneau, Alain Grand-bois, Anne Hébert, Rina Lasnier ; d'autres poètes sont venus, après eux, diversifier, enrichir le paysage de la poésie canadienne-française, et il n'est plus permis de considérer leurs oeuvres avec l'indulgence un peu dédaigneuse qu'on accorde aux premiers essais de jeunes écrivains.Il faut compter avec eux.Il faut compter avec les thèmes nouveaux, avec les manières nouvelles qu'ils ont introduits dans la poésie canadienne-française.C'est à eux que nous donnons la parole aujourd'hui.Nous les avons interrogés sur un des thèmes qui leur tiennent le plus à coeur : celui de leur présence à la réalité physique et humaine du Canada français.Ce thème, qui n était qu'implicite chez leurs prédécesseurs, est devenu chez eux conscient, volontaire, profondément nécessaire.Ils ont appris que, dans d'autres collectivités semblablement me-nacées, des poètes s'étaient levés \u2014 un Aimé Cesaire, un Senghor, \u2014 pour exprimer la révolte, et le souci d'appartenance, ils ont appris surtout que leur poésie ne pouvait vivre, s épanouir, qu'étroitement associée à toute la réalité d'ici.Gilles Marcotte un peuple , LA PRESSE, MONTREAL, SAMEDI 20 OCTOBRE 1962 '3 choses de théâtre Jean lîérand De la mise en scène 7/ parle de soit peuple gris et mou Il parle en vain d'un peuple émietté comme l'automne Tant de ph rases viendront cerner son peuple untrue Tant de mots de blessures de poutres et de cris Tant de rivières raines en vain gonflées de entes puisqu'il formule un peuple et son cancer sur la face du dedans sur la plaie du dedans (pii n'a plus de mots pour atteindre l\u2019air la violence de l'air Tant oui tant de poutres et de cris contre un si grand froid Et tant de mots qui exhortent les mots ('outre tnt si long hiver que les pierres ne portent plus parce qu\u2019elles ne savent que craquer sous le froid Et (pie l'homme ne fend pas mais s\u2019épuise sans mots pour aviver le feu dans Vôtre de son ventre El (pie l'homme ne fend pas comme les pierres tuais s'acharne contre l'hiver en lui (\u2018outre le poids la pesanteur acharnée du froid qui le mine contre l'explosion de glace en lui qui le troue l'émiette et le ciment émietté à l'âme du froid (pii ne sait du langage (pie la neige la plus mince () visages visages tvoués d\u2019éclairs q nine sont plus que givre Visages d\u2019un peuple plus émaciés que le ventre nu des pierres après (pie le jusant ait fait silence au loin Visages d'un peuple sans murmures au dedans sinon de froid sinon de haine et de poings longtemps si longtemps fermés l isages d'un peuple gris et mou d'un peuple à battre à grands coups de paroles à grands coups d\u2019âme dans les veines O visages terrifiés de froid Visages sans frontières ni mesures pour a borner l\u2019horizon large Un horizon de contrée n\u2019ignorant pas la santé la brindille et le fruit Yves Préfonlaine I 'EXPRESSION : mise en scène prête, dans le grand publie, à une certaine confusion.Pour un Iton nombre de spectateurs, une grande mise en scène est le signe d\u2019un déploiement inusité de décors, d\u2019éclairage.de costumes ou de toilettes.Mais j\u2019ai vu de très grandes mises en scène (pii ne comportaient rien de tout cela.Il y a bien une mise en scène qui est strictement matérielle.Elle exige du bois, de la peinture, des appareils d\u2019éclairage, des meubles, des accessoires divers.Mais ce n\u2019est pas là I essence de la mise en scène.Tout cela ne doit servir qu\u2019à fixer un milieu, qu\u2019à préciser le temps ou l\u2019époque.La véritable mise en scène est affaire d\u2019intelligence, de sensibilité et de goût.C\u2019est dans l\u2019esprit du metteur en scène, non entre les mains des machinistes, qu\u2019elle se dessine et qu\u2019elle s\u2019achève.C\u2019est avec son Jugement que le metteur en scène voit les personnages que l\u2019auteur l\u2019a chargé de faire connaître au public, de faire vivre devant lui ; qu\u2019il étudie leur caractère, leurs réactions devant telle ou telle situation de la pièce ; qu\u2019il les explique aux acteurs et exige d\u2019eux qu\u2019ils y assimilent leurs pensées et leurs actes.La mise en scène, c\u2019est affaire de discipline intérieure, un aspect du théâtre qui n\u2019est pas tellement sensible au public, puisqu'il est invisible.** Lorsqu\u2019il a ainsi, â force do pénétration et de suggestion, bien compris et bien fait comprendre le caractère des personnages.le metteur en scène recourt aux moyens matériels-nécessaires pour les situer dans l\u2019atmosphère que l'auteur a réclamée.Le travail du metteur en scène devient alors de plus en plus compliqué.Car il lui faut à la fois respecter les intentions de l'auteur, créer une ambiance scénique vraie et vraisemblable.enfin savoir exploiter au mieux les dons des acteurs qu\u2019il a en mains.C'est un Jeu de compromis qui exige de l'adresse, du sens commun, de la diplomatie, mais aussi une certaine fntrnnxf-geance et le don de l'autorité.Le metteur en scène doit [»*.séder la pièce à fond, il doit connaître suffisamment \u2014 paf connaissance personnelle o.t par documentation sérieuse _ le milieu où se passe l\u2019action, et il doit savoir le recréer do façon convaincante.Il lui faut encore penser au public, don* ner à l'action un tempo qtif eq soutienne l'intérêt, guider lei interprètes de scène en seen-» afin que de chacune soit tiré U maximum de signification.La matière entre ensuite et ligne de compte, la mise ert scène physique.Décors, éclat» rages, toilettes ou costumer, meubles, accessoires de tou-i genres doivent être soumis à l'examen du imrteur en scène, qui voit à éviter les fautes de goût, les erreurs de tenue, le* anachronismes, à harmoniser les couleurs et à créer un ensemble qui soit d\u2019accord avej le caractère, la situation »>\u2022 dale, les habitudes des personnages.Avec une telle tâche sur le* bras, on comprend que le metteur en scène ne puisse travailler à l\u2019aise que si la troupe a pour lui de la considération et du respect 11 est normal, assej courant même, qu\u2019un metteur en scène ne soit pas toujour t aimé des artistes, s'il en exige tout ce que l\u2019amour de son métier lui permet d\u2019en exiger.Mais s\u2019ils n'ont pas confiance en ses capacités, cela devient un désastre.Si.de plus, ils v» querellent entre eux.font à leur guise sans se préoccuper del instructions du metteur en scène, alors il n\u2019y a plus di théâtre possible.Car il n\u2019est pas un théâtre i il puisse réussir sans la discipline.Et la discipline, elle e-t.entre les mains du metteur en scène.Aussi, lorsque vous assister \\ un spectacle qui vous plait, qui satisfait votre esprit et votre coeur, dites - vous bien uns choso : c\u2019est souvent au metteur en scène que vous le devez, bien plus qu\u2019à tel ou tel artiste, à des décors ou à des toilettes, aussi somptueuses soient-elles.Conçue comme je viens de l'exposer, la mise en scène est, au théâtre, le commencement et la fin de tout. 4 .PH'.:F, MON î Pt A l SAMEDI 20 OCTOBRE iÇ62 txJi V\u20185»- \u2022\u2022: La PSE ;y.:aar~< ' ALOUETTE Naughty Ma- ÉHH r,ett.i\t.Jt;»WiOtte Ntâc I h,n.i -i v! Nelson K fl d y f.¦\u2022.\t(]\u2022 \\.ty.n> XV à v;;\u2022 i,, ïi.\u2022 Orjf.m.s l'ne ,,, , ,,\t« ji.j » -,t un fiassitjue ,i?i-jee à 2:oo le Jn,,,,-n dim et fetes I nu 11 du lundi où sa ,n#nî) à \u2022 30 et '!«¦.dini -» AVENUE Love and the Frenchwoman\", a ¦ ¦ Sophie )),\t, ;! F J l.n: IVTÎ'M, l) , .tjoliiü.J i\u2019 Belmondo.Annie
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