La presse, 22 décembre 1962, Supplément 1
[" Ksi» .4^5 MONTREAL IE 22 DECEMBRE 19*2 'iSfcSSP-' MjMjjb î&SJf! gi^g ^1» ¦ , ¦\u2022 w i- * V>; s&r1 y shEw** \u2022\u2022f-H £«£!.g§i$§8 Mâ m-fëf ¦ i*; \u2022/pç^jg' -.-V -'vv v sbssje lp|3 !%sS-y^*' -.V- .- .>\u2022 '¦¦: ; X 'si 'îàyl \\ :' \u2022';\u2022\u2022;\u2022\u2022 ifr vXv-\u2022\u2022'\u2022*\u2019\u2022\u2022 I < nujjiiitn* haillons (if l\u2019a ris notaient pas tics heureux' i ii n- titre venimeux l'article du \u201cWashington News' ilu.ut la venue en terre américaine de la collection Car iliü automne-hiver do la haute couture parisienne l e modèles français, vendus a des prix extrava :cs étrangères, la femme habitant la province, trouvaient la réplique île modèles portant la griffe du grand couturier; la Parisienne n\u2019avait droit qu'à la version originale d\u2019un prix dix fois plus élevé.Aux Etats-Unis, les copies de modèles de haute couture sont vendus au prix de la confection.Les acheteurs de grands magasins comme Alexander\u2019s, Macy\u2019s, Orhbach\u2019s, se rendent à Paris 2 feis l\u2019an.Pour chaque modèle sélectionne.ils paient environ mille dollars et en retiennent une cinquantaine par piésentation.Aussitôt, les modèles sont expédiés par avion aux U.S.A.lis sont démontés dans des ateliers spécialisés, en un temps record.Des patrons sont établis, soit pour la reproduction intégrale soit pour l\u2019adaptation.Parfois, ce travail est réalisé en moins d\u2019une semaine.\u201cSphinx\u201d, robe de cocktail de chez Heim, en mousseline avec noeud plat à la taille, choisie le 31 janvier dans les Pourquoi Jeanne Moreau semble-t-elle aussi perplexe au milieu de tout ce monde ?Itait-ce avant ou apres la presentation de la collection ?Hélène Pilotte es'.une journaliste à la pige qui réside maintenant à Paris.\\chard.Et pour les chroniqueuses les plus chevronnées d Amérique, celles dont trente lignes imprimées dans les < (donnes de \"Harper\u2019s Bazaar\u201d ou de \u201cLadies\u2019 Home Journal\" équivalent à une sentence de Cour d\u2019assises, il n y avait pas le moindre doute.Cardin avait \u201cpensé sa collection pour elle\u201d .Les mannequins virevoltant sous le feu des spots, Lola, Hiroko, affectaient tous les \u201cmaniérismes\u201d de la grande actrice.Même visage exsangue aux yeux cernés et pommettes hautes .mêmes lèvres sans fard .même démarche, mains croisées sur la poitrine.Le visage et la demarche de Jeanne dans son rôle d\u2019\u201cEva\u201d, film fourni sous la direction de Joseph Losey.Plus qu'un aveu d\u2019amour, c\u2019était la preuve d\u2019une passion ! Mais la redingote-soutane s\u2019évasant souple du bas.les toques-fez ornées de touffes de plume d\u2019autruche n\u2019étaient pas seulement réservées à la femme aimée ou à la cliente richissime.Pierre Cardin avait pensé à d\u2019autres femmes; a toutes celles qui ne sont ni célèbres, ni milliardaires.L\u2019idée avait un an déjà.Habituellement, après chaque collection, des milliers de Françaises se précipitent à l\u2019étranger afin de s\u2019habiller i la dernière mode de Paris.Pourquoi ?Exposées dans les vitrines du monde entier, de Los Angeles à Tokyo, les reproductions de tous les modèles de la haute couture parisienne sont introuvables dans les rues de la capitale qui les a créées.chaque jour, les Caravelles d\u2019Air-France en provenance d\u2019Orly posent sur l\u2019aérodrome de Heathrow un contingent de Parisiennes pour lesquelles ce vol outre-Manche n a qu'un but : acheter dans un magasin de Maddox street mu de Trafalgar Square, 1?copie d\u2019un modèle de haute outure présenté, quelques semaines plus tôt, rue du Faubourg Saint-Honoré.PRESSE.?2 DECEMBRE 196?'\t c- \u2022- ¦'\t'.\"\u2022K\t.\t-'.J\t: \\ \u2022\u2022 \u2022;v- '\u2022\u2022\u2022.?- :\u2022 -\t1 k C'tit la jcwntitc, la grâce, la lanloitU, qui présidant a a moitié des échantillons sont ék minés Les autres font l\u2019objet d'une inscription Special-sur un registre de rentrées Derrière les placiers, le cortège des brodeurs, des pa sementiers et des fabricants de dentelles, déverse dan les studios des milliers d\u2019autres échantillons Tandis que Cardin commence a esquisser fièvreusemen des centaines de croquis, dans son bureau, au restaurant dans sa salle de bains, les fabricants se mettent ai travail Ils tissent, teignent, brodent les quinze kilomètre d\u2019étoffes dont un seul mètre représente une dépense énorme Chaque coupe est le résultat d'une spéculation esthétique et l'enjeu d\u2019un pari Finalement Cardin ne retiendra que 180 ou 200 coupons réservés aux modèles de la future collection.Les coupons livrés entretemps vint fait l\u2019objet d'une facture condi tionnelle et sont prêtés pour 60 jours.C\u2019est la tradition Dans le studio vert bronze, Cardin happe au passage Iroko.son mannequin japonais.11 l'enroule dans un bouii lonnement d\u2019organdi II la modèle, la pétrit, incorpore sa chair à la matière.lx visage hiératique d\u2019Iroko s\u2019anime Elle \u2019\u2022sent\" la robe, la devine.Les longues mains creusent son estomac, effacent un renflement, froissent suggèrent Locs, le mannequin hollandais, fragile comme une porcelaine de Delft, est noyée dans un torrent de mousseline bleu ciel.Cardin chiffonne sur elle une robe vaporeuse Mais une autre idée fulgure La robe s\u2019évanouit pour faire place à un boléro Electrisées, les mains suivent la pensée.L\u2019étoffe vit Inlassablement, animant un kaléidoscope colorié en ver; prune, cuivre, myrtille, les mannequins virevdltent dam le salon.Dix-huit heures de travail délirant, chaque joui 180,000 pieds de fil.5 milles de toile de coton, de don blurc, de taffetas, d\u2019organza.de mousseline.100 lbs d\u2019épingles, deu\\ mille croquis, sont les accessoires indis pensables de la panoplie du grand couturier.Quant au prix de la collection il approche celui de $200.000 Pour la présentation de la collection d\u2019hiver, deux célébrités mondiales ont associé leur nom à la réussite trion phale de Pierre Cardin Présent ou passé, leur double prestige a pesé dans la balance du succès.L\u2019espionne Mata-Hari.fusillée au polygone de Vincennes en 1917 et l\u2019actrice Jeanne Moreau qui la fera revivre à l'écran régneront pour un an sur la mode féminine.Sans que vous soyez tenue de dérober un secret d\u2019Etat, d'affronter les sunlights des plateaux ou de payer SI.000 la toilette de vos rêves, vous serez.Madame, élégante à bon compte Parce que Jeanne Moreau est \u201cla femme\u201d et qu\u2019elle ose affronter le rôle de la troublante espionne .Parce que Pierre Cardin, oar amour, a créé pour elle tous les cos tûmes qu\u2019elle portera dans le film, la mode 1963 ses: inspirée de celle d\u2019il y a cinquante ans En 1912.Mata-Hari règne sur les (\u2019ours d\u2019Europe et sur les capitales.Elle est l'agent 11-21 qui a l\u2019Europe à ses pieds mais elle adore la toilette.Les longues jaquette-glissantes vidées sur la poitrine, les manteaux en châle sans fermeture soupçonnable qu\u2019elle a portés seront demain, les vôtres.Cardin en a décidé ainsi Ix: lendemain de la présentation de la collection pan sienne, le couturier new-yorkais Norman Norell se pré cipitait au Musée des costumes de Brooklyn pour prendre des croquis de l\u2019époque française 1912.Encore une fois.Paris dictait la mode.Et l\u2019Amérique boudeuse ne put s empêcher d écrire : \u201cUn jour prochain, vous serez toutes des Mata-Hari L experience Cardin est lancée.En quatre jours, quinze mille Parisiennes se sont arraché trois des modèles vedette Pour satisfaire les clientes impatientes, il fallut même déshabiller les mannequins de* cire Quant au peintre Touehagues, grand connaisseur de Péter nel féminin, il a déclaré : \u201cLe vêtement prêt à portei qui respecte la traditicr.des grands classiques, c\u2019est k livre de poche de ia mode ' UN NOUVEAUI LABORATOIRE-MONSTRE SOUS-MARIN en médilerranée PAR HENRI DIACONO Dans son ventre, prennent place deux reservoirs à eau douce, de 1100 gallons chacun; tandis que de nombreuses lucarnes permettent à l\u2019oeil humain de jeter un regard sur le monde sous-marin.Le second élément, haut de 50 pieds, lui aussi submergé, est essentiellement réservé à la partie scientifique.Quatre étages de locaux de travail, avec laboratoires-miniatures de 23 pieds carrés, abritant trois tonnes d\u2019instruments scientifiques et desservis par un ascenseur, s\u2019y entassent.Une vaste baie vitrée constituée par la succession de quelque 20 hublots en font une éprouvette en contact permanent avec les fonds.Le centre nerveux de l\u2019île se trouve dans l\u2019élément supérieur, la calotte plate-forme, partie la plus lourde de tout l\u2019engin, reposant sur un cou de 38 pieds de haut, dont 11 encore sous l\u2019eau.Deux étages forment cette tête de près de 200 pieds carrés, haute d\u2019environ 23 pieds.Le premier renferme les machines et le groupe électrogène actionnant l\u2019ascenseur intérieur.Le second connaît tout le confort moderne.De grands livings-laboratoires tout vitrés, avec poste de radio à ondes courtes, voisinent avec quatre chambres de huit pieds sur quatre, une cuisine, une douche-lavabo et une chambre froide pouvant emmagasiner jusqu\u2019à deux mois de vivres.Comme toit, enfin, la plate-forme balisée sur laquelle pourra se poser un hélicoptère.AUTRES DETAILS INTERESSANTS Visite de M.Palewski, haut fonctionnaire français, (le 14 octobre) aux chantiers de construction que lui fit alors visiter le Commandant Cousteau.Au second plan, les éléments en cours de montage.L\u2019équipage d\u2019un quelconque caboteur croisant entre Nice et Calvi pourra rencontrer, perdue au milieu de la Méditerranée, une bouée gigantesque perchée à la surface d\u2019une fosse de plus de 8,500 pieds de profondeur, tel un bouchon de pêche haut de 50 pieds.INVENTION DU COMMANDANT COUSTEAU Fantastique en effet, pour le profane, est la dernière née du Commandant Cousteau \u2014 construite à Nice \u2014 cette bouée-laboratoire de plus de 200 pieds de haut, gigantesque seringue bourrée d\u2019appareils de mesure, baptisée \u201cile flottante\u201d.Après des essais dans la baie de Villefranche, l\u2019énorme masse se dirige vers le but de son premier voyage, quelque part entre Nice et Calvi.Incapable de se mouvoir par ses propres moyens jusque-là, elle est halée légèrement inclinée, par un remorqueur, à la vitesse de deux noeuds.Auparavant, elle aura été immergée lentement, par paliers de 16 pieds, jusqu\u2019à sa position \u201cde combat\u201d.Ce monstre des temps modernes, en mesure de résister aux plus violentes tempêtes, surveillé et commandé pendant un an paf deux hommes d\u2019équipage, un chef de bord, M.Jean-Louis Martinet, et un mécanicien, est appelé à recevoir deux autres passagers, choisis parmi les biologistes, hydrologues, acousticiens, physiciens de la mer.OBJECTIFS DE L'INVENTEUR L'SIe flottante du Commandant Cousteau, extraordinaire laboratoire sous-marin.ASPECT Cette île flottante, digne des plus purs engins nés de la science-fiction, se présente sous la forme d\u2019un tube en acier de 180 pieds de hauteur par 10 pieds de diamètre, pesant 250 tonnes.L\u2019ensemble est surmonté d\u2019une calotte à deux étages, haute de 20 pieds environ, couverte par une plate-forme de près de 200 pieds carrés et qui comporte deux étages, où quatre hommes pourront vivre en permanence.A la base, une masse de 115 tonnes de plomb jouera le rôle de stabilisateur dans l\u2019eau.LES ELEMENTS QUI LA COMPOSENT Outre le réservoir à lest qui en forme le pied, cette partie du cylindre supporte, collés comme des sangsues sur sa base externe, parallèlement par groupes de deux, huit ballasts remplis d\u2019eau de mer et deux réservoirs destinés à emmagasiner 33 pieds cubes de carburant.Mouillée pendant des campagnes variant de six mois à un an, en un point précis grâce à des câbles spéciaux faits d\u2019un alliage d\u2019acier, de nylon, de poly-propylène donnant une grande élasticité, l\u2019île flottante autorisera toutes les recherches océanographiques de façon continue.Cette nouvelle réalisation du Commandant Cousteau permettra de faire un grand pas dans la connaissance de l\u2019océanographie, le dernier mystère naturel qui reste encore presque totalement inconnu de l\u2019homme.La mesure continue de la température, de la salinité de l\u2019eau, de son alcalinité, i\u2019enregistrement de l\u2019absorption des radiations solaires et l\u2019étude du comportement des animaux marins en fonction des plans de polarisation lumineuse tout au long des quatre saisons de la mer, constituent quelques-uns des objectifs de l\u2019ile flottante du Commandant Cousteau, premier spoutnik de l\u2019océanographie nouvelle.IA PRESSE, 22 DECEMBRE 1962\t1 1 Recherchez la boîte rouge ornée dune cuiller r LA PRESSE, 22 DECEMBRE est la marque d'un nouveau riz de luxe mm .WM .\u2022O'OC-\u2019O'ô WM, ¥jSL> f» Noël au Québec fait revivre les vieilles coutumes léguées l>.tr nos ancêtres français, et parvenues presque intactes jusqu\u2019à nous, malgré les influences étrangères Mais c'est assurément dans nos campagnes que survit le plus fidèlement la tradition.Remontons dans le passé, jusqu'aux débuts de la colonie Les traditions paysannes l.a population était alors à 75'< paysanne.Les vaillants terriens aux bras vigoureux, à la foi naïve, à la joie simple, furent les premiers gardiens de cette tradition.Noël était avant tout pour eux une fête religieuse.Et c'est en Hi45 que remonte la première célébration de la messe de minuit, dans une vieille église de Québec l-a petite histoire rapporte qu\u2019on devait chauffer le temple au moyen de poêles a la mode du temps.I>es traditionalistes ayant crie au sacrilège il fallut les remplacer par deux énormes chaudières remplies de braise ardente qui faisaient également office d\u2019éclairage.Quatre chandelles de suif complétaient ce pauvre luminaire.\u201cExcellent prétexte a ne pas suivre la messe dans son missel\u201d, ajoute la chronique A la suite de nos villageois, quittons l\u2019église sur le dernier couplet de II est né le Divin Enfant\".De loin en loin se perd la mélodie a mesure qu'on regagne sa carriole.Il a s\u2019allument, et où attend une table abondamment garnie Au Moyen Age, d'un bout à l autre de l\u2019Europe, châteaux et maisons avaient table ouverte, la nuit de Noël, pour les voyageurs et les pauvres De là peut-être, l\u2019habitude d\u2019inviter le voisin solitaire a partager son repas ?Dès le seuil franchi, de toute part fuse cette exclamation \u201cQue ça sent bon !\" Tourtières et ragoût de pattes de porc dégagent un tel fumet ' Déjà pendant la messe plus d'un s\u2019était délicieusement laissé distraire par le demon de la gourmandise.Comme ce pauvre curé des \u201cTrois messes basses\u201d.Vite, on range pelisses, mitaines et tuques de laine et on s\u2019assoit autour de la longue table.Les petits à peine réveillés courent vers la cheminée pour en décrocher leur bas rempli de bonbons acidulés, noix, pommes, oranges etc., friandises qui constituaient autrefois le seul luxe des Fêtes, et qui disparaissaient des étalages aussitôt la quin zaine terminée Ce repas se parait du mot pompeux de festin, surtout après le long jeûne de l\u2019Avent qui était très rigide, et pendant lequel on se nourrissait de morues salées péchées en Gaspésie.neigé.ïa?firmament s\u2019illumine et fait éclater toute cette blancheur la.' calme de cette grande nuit n\u2019est troublé que par l\u2019éclat des voix et des rires qui se mêlent au son clair des grelots.Autour de tout ce monde emmitouflé flotte une odeur d\u2019encens et de cierges brûles Avez-vous remarqué la Crèche ?Elle était encore plus belle cette année.Il a bien travaillé notre bedeau.\" \u2014 \u201cOui.mais avec l\u2019aide de la ménagère de Monsieur le Curé.1 \"est elle qui a habillé le petit Jésus.\u201d Et chacun y va de ses réflexions A propos, vous saviez que cette pieuse coutume de rappeler les grands mystères de la Nativité remonte au treizième siècle ?C'est le bon saint François d'Assise qui avait imagine une représentation matérielle de ce qui s'était (i.isse à Bethléem A sa demande, un gentilhomme nommé Jean avait élevé dans la vallée de Greccia une image de la crèche, entourée de personnages représentant l'Enfant-Jesus.la Vierge, Saint Joseph, les bergers, les Mages, etc.Les religieux franciscains propagèrent cet usage devenu pou a peu partie intégrante du cérémonial de Noël Aux personnages vivants on a plus tard substitué des figurants en cire ou en plâtre; fort heureusement si on pense à l'âne, au boeuf et aux moutons Maintenant place au réveillon.Chaque équipage s\u2019immobilise devant une maison à pignon, dont les fenêtres D'inspiration canadienne, cette table paysanne d'aujourd'hui, styli-a décorée par les soins de Mlles Carol Kocwlyn et Diane DunkeHey, élèves de Mme Madeleine Arbour, à l'Institut des Arts Appliqués.Le centre de table composé de feuilles de cèdre et d'herbes folles des champs passés à la neige, met l'accent sur le contraste des boules rouges se détachant sur la tenture de lin doré tissé chez nous.Photo prise chei Mme Arbour Service de fable en grès et céramique gracieusement prêté par Mlle Madeleine Mareoux de la Centrale d'Artisanat du Québec.DANS LE TEMPS PAR NOËLLA DESJARDINS Par contraste la table bourgeoise moderne se présente dons sa parure plus conventionnelle.Le menu se compose comme suit : la bûche traditionnelle de Noël, la galantine de volatile aux truffes, un jambon en chaud-froid et une salade de homard Comme dessert, un vacherin au rhum et des petits fours glacés.Discrètement, les pastilles de menthe remplaceront pour quelques-uns le pousse-café.Photo prise chez Berthe Dansereau Pièces montées par son chef Léon Pochât.r noire.1962\t1 3 C« paysan authentique, lofide comme un roc, perdu dans ses sages reflexions» pourrait être un de nos ancêtres 4-p* fi P* «v * * r r V } '§r*V'^ apparition a nos menus, il y a environ cent ans.Jusque elle était considérée comme une plante ornementale, première fois que ma grand-mère vit un de ces arbustes MH HÜ aSP-fl mÆ-u t» retour il* la m*tt* d* minuit, il «prit un* gravure d ldmond Mussicotte.l^s paysans bien emmitouflés viennent de quitter ta petite rgli-\\e Dans la nuit etoilee ils regagnent gaiement leur carriole I.a semaine de pleine lune de décembre, après les grosses gelees, on avait fait boucherie.On avait tué le cochon gras ei les poules non pondeuses, pour préparer les cochonnailles boudin, saucisse, crotons, tète fromagée, rillettes, « t le lard destiné au saloir.C\u2019était là la nourriture toute simple, economique, qui apparaissait normalement sur la ta de du pauvre, (\"est avant tout une nourriture de pays froid parce que très forte en calories.Une autre contrée nordique, la Scandinavie, nous a cédé plusieurs de ses coutumes Jusqu\u2019à l\u2019envahissement, nous dit Mme Françoise Gaudet-Smet.I! existait toutefois des familles plus fortunées qui avaient elevo du boeuf Files échangeaient volontiers, à l\u2019occasion des festivités de Noël, quelques pièces contre de la soupe aux pois du voisin.Ce dernier pouvait ainsi s\u2019offrir un bouillon ou un consommé.las terres neuves, abondantes en légumineuses après \u2022tvmr été soumises au feu d\u2019abatis.produisaient les pois jaunes, les haricots blancs, le mais qu\u2019on faisait gonfler au lessis, ainsi que toutes les fines herbes que les femmes faisaient sécher avant de les passer au tamis et de les sceller dans des bocaux.Chacune était également fière de ses conserves La reserve potagère regorgeait de légumes : pommes de terre, carottes, choux, choux de Siam, betteraves, concombres, oignons etc C\u2019était à qui offrirait à ses invités la plus grande variété des produits de son jardin; sans oublier les marinades de toutes sortes et les confitures de petits fruits, selon les régions et les saisons.Le céleri, une autre faveur du temps des Fêtes, avait été au préalable soigneusement enterré dans le sable de la cave, f ne autre anecdote racontée par Mme Gaudet-Smet ne manque pas d'intérêt.Il s\u2019agit de la tomate, qui aurait fait Cnn 'innit-ili,,.A__ 14 u msst.22 décembre 19*2 ployant sous les beaux fruits rouges, elle resta hésitante, ne sachant pas si elle devait les admirer ou les manger !.Elle ajoute que jusqu\u2019en 1914, tous les gens de nos campagnes vivaient uniquement de leurs réserves.On n\u2019achetait chez le marchand général que le strict minimum.Que diraient-ils s\u2019ils revenaient aujourd'hui, alors qu\u2019on peut commander par téléphone un repas tout préparé ?Les préparatifs culinaires prenaient pour chaque ménagère la signification d'un rite.Quinze jours avant Noël on s affairait devant le gros poêle à deux ponts qui ne dérou-gissait pas.Le garde-manger de la cuisine d été s\u2019emplissait de tourtières, de tartes à la citrouille, au sucre, aux pommes, a la mêlasse, communément appelées tartes à la \"ferlouche\", de croquignoles, de galettes à l\u2019anis, etc.fallait aussi faire griller la farine qui servirait à enrober les boulettes du ragoût, nettoyer les pattes de porc, et preparer la pâte pour les grands-pères canadiens trempés dans le sirop d\u2019érable.On ajouterait comme desserts de la dernière heure, les oeufs a la neige, le pouding au suif, les noix longues dorees dans le sirop d\u2019érable, et le fameux sucre à la crème dont chaque cuisinière conservait jalousement le secret\u2019 ( e dernier remplaçait alors le chocolat inexistant.Ah ces réveillons du bon vieux temps ! Une grande rasade de whislty blanc ou de cari5ou mettait no$ hommes en .\u2019 tandis que les femmes sirotaient sagement un petit \"trt°U de gadeî,CS\u2019 Le rePas se Poursuivait Sans - I s franche gaiete.Le diapason montait petit à petit rythme par les histoires gaillardes, les bonnes blagues les hansons et les danses : gigues, quadrilles, polkas lancers heureux.SePanUt aU\tmatin\u2019 reP^ satisfaits, U tempo de ces boustifailles se maintenait depuis la nuit de Noel jusqu\u2019au soir des Rois.C'est à la vieille maison ancestrale que revenait l\u2019honneur du \u201cgrand repas\u201d.Pou-a son tour donner \u201cson repas\u201d signifiait la réussite ' CPUX rç111 avaient débuté modestement.7^S coutumes alimentaires tiennent des habitudes et des emotions d enfance, qui sont ce qu\u2019il y a de plus enraciné dans un etre humain, de dire Mme Gaudet-Smet tradmSonsUn' ^\tSOnt les Plus fidèle* à suivre les la HinH f\tUnC c,n(îuantain* d\u2019années on y a ajouté dinde traditionnelle, qui nous vient semble-t-il des Etats- Ums.A\u201c centre de la table on peut admirer la non moins trad tionnelle bûche de Noël, savamment décorée par nos France ^ToclT Charmante coutume viendrait de France.La bûche, souvent bénite avant de brûler dans ,e feu toute ,a nuit de N*s veüTÆ La classe bourgeoise hier et aujourd'hui La cuisine canadienne faisait également le régal de la classe bout geoise d\u2019antan résidant dans nos campagnes Outre les mets déjà mentionnés on servait souvent le petit cochon de lait, le pâté de gibier, la galantine de volaille, et des salades variées.Ce même menu s\u2019est perpétué jusque dans nos villes.A la rubrique des desserts certains ont implanté la coutume du plum pudding anglais ainsi que diverses pièces montées qui révèlent le talent de nos cuisiniers et cuisinières Mme Berthe Dansereau que nous avons questionnée a ce sujet nous dit ceci \"La vie moderne et son rythme trépidant ont contraint plusieurs personnes à se soumettre à un régime plus sobre.Il a donc fallu composer des menus appropriés, qui nous forcent à mettre de côté quelques-uns des mets traditionnels à base de viande de porc \"On insistera spécialement sur la décoration de la table, la finesse et l'originalité des plats Voici comme exemple ce que nous proposons pour le réveillon Une galantine de volaille aux truffes, un jambon en chaud-froid, une salade de homard.La bûche de Noël occupera sa place coutumière au centre de la table, entre les bougies blanches ou de couleurs.Comme dessert, un vacherin au rhum.Des petits fours secs ou glacés, des charlotte-russes, des gelées au vin rouge, des tranches de gâteau aux fruits et des pastilles de menthe, compléteront ce menu léger, raffiné, et coloré\" Bien entendu, beaucoup d\u2019autres menus varieront selon heure du repas et le nombre des invités.Pour de petits diners on appréciera les petits poussins farcis.Mais la dinde farcie aux champignons reste encore la pièce de résistance des grands diners.Il en est cependant qui préfèrent un canard à l\u2019orange, des vol-au-vent financière ou le homard à la Newburg Ces nouvelles coutumes prennent-elles souche pour l\u2019avenir ?Que servira-t-on à Père spatiale ?Que mangeront nos enfants et nos petits-enfants ?Quel sera le Noël de ces derniers ?Car cette fête n'est-elle pas d'abord pour eux serait impensable de rompre totalement avec les coutumes anciennes.Imaginez-vous, par exemple, un Noël sans le sapin rutilant de lumière ?C'est d'Allemagne cette fois que nous arriverait cette forme rie décoration.Le sapin présidait à la fête des campagnes\u2014les Saturnales-au dernier siècle avant Jésus-Christ.Une princesse allemande aurait introduit la coutume en Angleterre.Elle fut peu après adaptée au pays de la fière Albion depuis que le prince Albert, mari de la reine Victoria, fit gainir un arbre de Noël dans les salons du château de Windsor en 1841.Passant ensuite d'un pays à l\u2019autre, la coutume s est lixée en Amérique.II se fait même une grande exploitation commerciale de conifères au Canada Et les bûcherons se mettent à l'oeuvre plusieurs semaines à l\u2019avance.Notre pays serait vraiment le territoire de l'arbre de Noël.I! en exporte à lui seul environ 18 millions.Et cela sans compter ceux que nos braves paysans vont abattre dans la forêt pour leur propre usage, et la consommation des citadins Malgré la vie qui va.En dépit du tourbillon qui nous entraîne à une allure vertigineuse, la nuit de Noël suggéré a tous une halte apaisante Pour les la nouvelle bière douce [AUBEIVriDE Les amateurs de bière douce s'en réjouiront a vos soirées C'est un produit de chez nous -un produit Mill SU N! IA PRESSE, 22 DECEMBRE 1962\t1 5 /0AÉ&v YMH§f \\w \\iwv, \\ y ( lion.Pirrre Sévigny, tuiv Mme Sêvigny cl de W, cl Vinont, de frame-Amérique, reçoit le talut militaire de la Garde Républicaine à ton arrivée dont le hall d'honneur de l'Inrlitut f rame-Amérique pour attiiler à la réeeption de gala organitêe conjointement par la Société f rame-Amérique et la Chambre de Commerce Canado-françoite.16 IA PRESSE.22 DECEMBRE 1962 TEXTE ET PHOTOS ARMOUR LANDRY .es jeux sont faits.De haute lutte, le morceau fut enlevé >t la Métropole du Canada se voit attribuer le privilège le présenter la grande Foire que l\u2019on connaîtra dorénavant sous le nom de \u201cExposition universelle et interna-ionale de Montréal 1-967.\u201d L\u2019ancienne Ville-Marie du Te siècle, que le Sieur de Maisonneuve tailla dans le if à même les bois épais en bordure du Saint-Laurent, u pied du mont Royal, deviendra le chef-lieu mondial le la \u201cTerre des Hommes.\u201d Pendant six mois, Montréal mra l\u2019effarant privilège de symboliser aux yeux du nonde entier le degré de maturité d\u2019une nation jeune le cent ans devant en illustrer son dynamisme, son élan linsi que la qualité de ses deux cultures : latine et saxon-îe.Cette manifestation d\u2019un caractère international ser-ira à souligner l\u2019anniversaire du pacte de la Confédéra-ion canadienne.Honneur lourd d\u2019importance, mais ceci l\u2019exclut pas cependant de rappeler que Montréal célébrera en même temps le 325e anniversaire de la plantation du premier rameau français sur le sol d\u2019\u201cHoche-laga\u201d appellation indienne de Pile de Montréal au temps le sa découverte par Jacques Cartier, en 1534.Il sera du devoir de chacun de faire sentir la profondeur et la vitalité des racines profondes de cette souche transplantée en Nouvelle-France.La presse, la radio et la télévision nous ont servi, tout chaud, le 13 novembre dernier, la nouvelle très émouvante de la décision du Bureau International des Expositions de patronner cette manifestation unique dans l'histoire de l\u2019Amérique.Mais il nous reste à connaître les détails intimes de ce que j\u2019appellerais les \u201cCinq jours\u201d vécus par la délégation canadienne à Paris se rapportant à cet événement qui laissera sûrement une marque profonde dans nos annales canadiennes.Iæ samedi 10 novembre, à Paris, l\u2019équipe chargée de prendre d\u2019assaut le Bureau International des Expositions est au grand complet.Monsieur Jean Drapeau, maire de Montréal, accompagné de sa femme et de monsieur Valinore Gratton de l\u2019Office d\u2019initiative Economique de la Cité de Montréal arrivent la veille à Orly où déjà cinéastes et reporters se bousculent dans l\u2019accueillante salle de presse de '\u2019aérogare.Les délégués du Quai d\u2019Orsay, de la Ville de Paris, sont aussi dans la place, et bientôt la caravane avec \u201cmotards\u201d en tête, jouant gaiement de la sirène, se fraient un chemin à travers une circulation dense conduisant la délégation montréalaise jusqu\u2019à l\u2019hôtel Georges V où les Canadiens ont établi leurs quartiers.Monsieur Sévigny et sa femme et monsieur Gaston Lévesque, adjoint du ministre de la Défense, arrivent à Orly par avion de l'Armée de l\u2019air canadienne, et reçoivent les honneurs des autorités françaises.Dès le petit matin, monsieur Valmore Gratton communique avec monsieur André Kniewasser, délégué du Canada auprès du Bureau International des Expositions, en résidence à Paris, afin de reviser tous les documents nécessaires à la présentation de la requête du Canada pour l\u2019exposition, pendant que monsieur Drapeau accompagné de monsieur Georges Marchais, président de la Chambre de Commerce Canado-Française de Paris s assure des rendez-vous auprès des personnages à rencontrer avant la réunion de l\u2019Assemblée générale du mardi suivant.Dans la soirée, le jeune et dynamique attaché commer 2 lJ£WMjty ^ Vv M.te maire Jean Drapeau signe le livre d'or de l'Institut France-Amérique.A l'extiéme gauche, M.Marchais.Au centre.Me Mouret-Néry, president de cette manifestation en remplacement de M.le duc de Lévis-Mirepoix, président général de France-Amérique, M.Drapeau et Mme Drapeau.A l'occasion de cette fête à l'Institut France-Amérique on inaugura l'exposition \"Images de Montréal\", exposition qui entreprend son tour de France sous les auspices de la Société France-Canada dont le président de la section parisienne esl M.le baron de Montgascon De gauche à droite, M.Johnson, administrateur de la \"Transat\u201d, M.Vinant, secrétaire général de France-Amérique, bien connu à Montréal, M.Drapeau et Me Mouret-Néry.Aglaé, artiste de chez nous qui est toujours très estimée à Paris, vient lire l'inscription sur la plaque fixée au pied de l'érable que l'on vient de planter.LA PRESS f, 22 DECEMBRE 1962\t1 7 Of» »o»f une* partie, de la fovlr fti #%e nie \\ur la flare du Canada mmluno» fanxide t ahle ¦r n tenant ïample du fait \u2022 tu */ pieu* c»*f O (f momr nf »Dtrr :;ii du Canada, monsieur Kniewasser avec sa femme æcnt ¦¦¦\u2022' .Jacqueline Delaney, originaire de Rimouski, ae-nciile la délégation dans sa demeure à Boulogne-sur-Seine 1.équipé canadienne est ici au grand complet mais : e moment il est difficile de dire si l'enthousiasme qui règne est provoqué par le sujet qui est d\u2019intérêt commun pour tous, t u par le buffet affriolant abondamment ;.irni autour duquel s'affaire madame Kniewasser.hô-¦sso accomplie, ou si c'est dû aux fines bouteilles que misieur Kniewasser a tirées de sa cave de connaisseur abtil et raffiné, ;.' so,d venues et l\u2019ancêtre de son Eminence le Cardinal Léger fut baptisé à Saint-Etienne-du-Mpnt, montagne Ste-Geneviève; et combien de Montréalais, ajouta-t-il, ignorent que sur l'Arc de Triomphe, apparaît le nom d\u2019un ( hossegros de Lérv, dont la famille s\u2019est illustrée dans l'histoire de Montréal Avant de quitter Paris.l\u2019Administration du B.I.E.dirigée par mademoiselle Maréchal s\u2019est occupée de remettre a monsieur Jean Drapeau et à monsieur Valmore Grat-ton une volumineuse documentation renfermant l'historique des expositions universelles du passé afin de mieux orienter le projet de celle de Montréal qui devra laisser une marque profonde dans l\u2019histoire de la \u201cTerre des Hommes ' Al.Christian 1 ailtingei, pr csidcn' du Conseil de Paris, adresse la parole a l'assistance au i Igifll IA PRESSE.77 DECEMBRE 1962\t21 fiSM.LIMITEE LA BRASSERIE PHOTOS : ANTOINE DESILETS étrennes voisin de la France, la benjamine famille Rickard, sourit toujours, surtout quand on lui permet d'examiner de près un jouet qui est tout à fait de son âge, comme le fait ki sa maman lise.DCClMBtt 1962 ^\u20224 Voici la Famille Henri Richard awpret du t#r« Noël A -juuihr Mme lue Richard tenant le bebe France, p
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