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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Le devoir, 1991-01-17, Collections de BAnQ.

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B&'àj 80 ans d'expérience a votre service Déchlqueteuses, Calculatrices, Répondeurs téléphoniques, Systèmes à dicter Pour renseignements, appelez Vol.LXXXII — No 13 ?Nuageux Max : -3 Détail page B-7.Montréal, jeudi 1 7 janvier 1991 Toronto 85 cents 65* + TPS + TVQ SOCIÉTÉ Le Canada dans la tempête La guerre a commencé, le Canada y participe.Sa mission est d'abord définie comme « défensive », mais la frontière est fine entre la défensive et l’offensive.Jocelyn Coulon analyse cette contribution « modeste mais réelle, effacée mais résolue » aux combats à venir contre l'Irak.Page B-1 L’ombre des armes chimiques Le déclenchement par les États-Unis des hostilités dans le Golfe ramène le spectre des armes chimiques et bactériologiques, dont l’Irak et d'autres pays ont fait un usage abondant dans le passé.Paul Cauchon et Isabelle Paré passent en revue les antécédents et évoquent la controverse sur l'efficacité des défenses et antidotes.Pages B-1 et B-2 SOMMAIRE ¦ Québec songe au rationnement de l’essence Page A-2 ¦ Les irakiens du Québec acceptent les contrôles Page A-2 ¦ La GRC en alerte partout au pays Page A-2 ¦ Union de tous les partis pour un acte humanitaire Page A-2 L’enfer sur Bagdad Page A-2 ¦ Mitterrand appelle à la cohésion Page A-3 Stupéfaction à travers le Canada Page A-3 Les réactions internationales Page A-3 ¦ Une attaque de l’Irak contre les puits de pétrole n’aurait pas d’effets durables Page A-5 ¦ Les marchés boursiers dans l’oeil du cyclone Page A-5 La guerre éclate Les alliés entreprennent la libération du Koweit d'après AFP.PC et Reuter WASHINGTON - Les forces internationales sont passées à l’assaut contre l’Irak, hier, lançant massivement leur aviation sur des cibles au Koweit et sur Bagdad.l>a capitale irakienne a essuyé des bombardements environ toutes les 15 minutes, par vagues successives, malgré les tirs de la défense anti aérienne irakienne.Selon le correspondant de la chaîne de télévision CNN, toute l'armée de l’air irakienne a été « décimée » par les attaques alliées et une grande partie de la Garde républicaine, unité d’élite des forces irakiennes basée au sud de l’Irak dans la région de Bassorah à proximité de la frontière koweitienne, a été détruite.Dans un message diffusé ce matin par Radio-Bagdad, le président irakien Saddam Hussein a affirmé que le peuple irakien « vaincra les mécréants et leurs alliés ».« La confrontation avec le Satan Bush et le sionisme criminel a commencé et les Irakiens courageux qui portent le flambeau de l’Islam vaincront », a-t-il ajouté.« La libération du Koweit a commencé », a dit peu après le déclenchement de l’attaque le porte-parole de la Maison-Blanche Martin Fitz-water, lisant une déclaration du président George Bush.« Les États-U nis, en conjonction avec les forces de leurs partenaires de la coalition internationale, ont agi sous le nom de code « Tempête du désert » (Desert Storm) pour mettre en application le mandat du Conseil de sécurité des Nations unies.À 3h la nuit dernière (heure locale), les forces de l’opération Desert Storm attaquaient des cibles au Koweit et en Irak », a-t-il ajouté.De son côté, le secrétaire américain à la Défense Dick Cheney a déclaré que quatre pays avaient engagé leurs forces dans l’opération: les États-Unis, le Royaume Uni, l'Arabie Saoudite et le Koweit.Il a précisé que des centaines d’avions participaient à l’attaque.Les raids aériens se sont déroulés dans l’ensemble de l’Irak avec pour objectif de détruire « les capacités militaires offensives de Saddam Hussein », a dit M.Cheney en ajoutant qu’ils n’avaient pas rencontré de résistance aérienne.Tout semble s’être « très bien » passé a-t-il ajouté.Les 45 chasseurs-bombardiers Tornado britanniques qui ont participé aux premiers bombardements sur l’Irak sont rentrés sans perte à leurs bases en Arabie Saoudite et à Bahrein, selon des sources britanniques dans le Golfe.Dans une allocution au peuple américain, à 21 h hier soir, a Washington, le président George Bush a annoncé pour sa part que les États-Unis sont « déterminés à éliminer le potentiel nucléaire de l’Irak et ses armes chimiques ».Il a précisé que les attaques aériennes se poursuivaient mais que les forces terrestres n’avaient pas été engagées jusqu’à Voir page A-4: Guerre PHOTO AP Les aviateurs de la force multinationale se préparaient depuis plusieurs jours en vue de l’assaut de la nuit dernière sur Bagdad.Ce Hornet F 18 américain est identique à ceux dépêchés par le Canada dans le Golfe.mm jjÉMlMMÉ S*' accède-t-on?Lin inventaire et un guide de la formation professionnelle à l’orée du XXIe siècle.Réservation publicitaire: 842-9645 Date de tombée: 18 janvier A-2 M Le Devoir, jeudi 17 janvier 1991 La guerre du Golfe EN BREF.Un coût de 28 à 86 milliards $ pour Washington WASHINGTON (AFP) — La guerre dans le Golfe coûtera aux États-Unis de 28 à 86 milliards $, en fonction de la durée du conflit, selon un rapport rendu public hier à Washington.Ce rapport a été élaboré par l’Office budgétaire du Congrès (CBO) sorte de cour des comptes du Congrès.Le chiffre le plus bas est basé sur un scénario optimiste tablant sur un conflit de moins d’un mois avec des pertes américaines de 3000 morts et blessés, 200 chars et 100 avions détruits.Le chiffre le plus élevé tient compte du scénario le plus pessimiste, prévoyant une guerre durant jusqu'à six mois et des pertes américaines atteignant 45 000 morts et blessés, et 900 chars et 600 avions détruits.L’importance de la météo STATE COLLEGE (PENNSYLVANIE), Reuter - Le temps dans le désert d’Arabie Saoudite devrait être relativement calme jusqu’à la fin de la semaine, mais une perturbation s'avance lentement et pourrait apporter des pluies au cours du week-end, selon des prévisions météorologiques faites hier, peu avant l’offensive des forces des Nations unies.La perturbation progresse vers le Golfe à partir de la Méditerranée orientale.Elle pourrait provoquer ce week-end des vents atteignant jusqu'à 48 km/h dans la journée, ce qui soulèverait des tempêtes de sable et réduirait du même coup la visibilité des forces engagées, a précisé l’institut privé de météorologie Accu-Weather, dont le siège se situe à State College, en Pennsylvanie.Les pluies torrentielles insolites tombées ces derniers jours dans l’est de l’Arabie Saoudite sont terminées pour la plupart, et les brumes matinales devraient se dissiper, laissant le ciel dégage.Demain et vendredi, les vents devraient atteindre 32 km/h dans la journée et s’apaiser la nuit.Les températures maximales devraient être de 15 à 20 degrés et les températures minimales de quatre à neuf degrés.L'Institut royal néerlandais ae météorologie avait auparavant déclaré que certains pays du Proche-Orient avaient cessé de fournir des informations météorologiques locales aux réseaux météorologiques internationaux pour éviter de donner des renseignements à l’Irak Des avions pour les réfugiés GENÈVE (Nations Unies), (AFP) — Le Bureau du coordinateur des Nations unies (UNDRO) a lancé, hier de Genève, un appel à la communauté internationale afin qu'elle mette à sa disposition des avions pour faire face aux mouvements de réfugiés.L’UNDRO précise que la décision des compagnies aériennes nationales de suspendre leurs vols à destination de la région a notablement augmenté les difficultés d’acheminement du matériel nécessaire à ses actions.En Jordanie, l’UNDRO s’efforce d’augmenter la capacité d’accueil des camps de réfugiés, estimée actuellement à 47 000 personnes, pour la porter à 100 000.Des stocks de nourriture pour faire face pendant trois mois aux besoins de ces 100 000 personnes ont d’ores et déjà été acheminés.6960 navires interceptés RYAD — Le contre-amiral Fogarty a indiqué hier que le total des interceptions effectuées par les quelque 100 navires alliés, dont 45 américains, était de 6960 bateaux, dont 832 ont été inspectés et 36 détournés de leur destination.Onze tirs de semonce ont été effectués à l’occasion de ces interceptions, au-dessus de la proue des navires interceptés.Les armuriers français font des affaires d’or LYON, Reuter — Les armuriers français faisaient semble-t-il des affaires d’or, même avant le début de la guerre.« Il y a une hausse brutale des ventes de fusils à pompe, mais les armuriers rechignent à se réapprovisionner », a déclaré un policier de Lyon.Le phénomène n’est pas localisé.On le constate également dans les Alpes-Maritimes.« Cela illustre l'état de psychose de la population ».a déplore Henri Masse, directeur de cabinet du préfet de ce département.Il a souligné que ces achats, de même que « le stockage injustifié » de denrées alimentaires constaté ces derniers jours dans le département, se faisaient « au détriment des soldes et de la vente de produits à forte valeur ajoutée ».Une autre armurier de Lyon raconte que, depuis lundi, des clients lui ont demandé s’il disposait de masques à gaz.Un « desert-fax » pour les enfants des soldats STRASBOURG ( Reuter) — L’armée américaine a mis en place à Francfort, en Allemagne, l'opération « Desert-Fax » pour permettre aux enfants de soldats américains d’envoyer des dessins et des lettres à leurs pères dans le Golfe.Le centre d’assistance aux familles de l'armée a décidé d’offrir ce serv ice gratuitement aux familles, et surtout aux enfants, des 4000 militaires américains partis pour le Golfe.« Les réactions des enfants dépendent de leur âge.En règle générale, ils sont plus optimistes que les adultes », explique une animatrice du centre.Les familles peuvent aussi faire appel gratuitement à des médecins, des psychologues et des experts financiers pour faciliter leurs démarches administratives.Kolh est optimiste BONN ( Reuter) — « Avec nos partenaires, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour mettre fin à la guerre le plus rapidement possible », a déclaré aujourd'hui le chancelier allemand Helmut Kohl.Il a dit avoir appris la nouvelle du déclenchement des hostilités dans le Golfe avec consternation.« «Tous les efforts pour parvenir à une solution pacifique ont échoué avec cette attaque.Chacun en cette heure pense à ceux qui souffriront le plus de ce conflit ».a-t-il ajouté dans une déclaration.Le ministère allemand des Affaires étrangères a déclaré que son ambassade à Washington avait été informée de l’attaque juste avant qu’elle ne soit lancée.LE DEVOIR DISTRIBUÉ EN FLORIDE JUSQU’A LA FIN DE MARS 1991 Les vacanciers trouveront LE DEVOIR aux endroits suivants: MIAMI BEACH GOLDEN SHORES 18190 Collins Avenue SUNSHINE FOOD MARKET 18110 Collins Avenue FORT LAUDERDALE A1A CUNNINGHAM'S A1A Oakland Park POMPANO OCEANSIDE 31 N.A1A Extension Pompano Beach HOLLYWOOD BEACH SUNDRIES 328 Johnson Street DELI FOOD MARKET 302 Johnson Street DANIA LUCKY 7 STORE 1414 S.Federal Hwy Québec songe au rationnement de l’essence Norman Delisle r/e la Presse Canadienne QUÉBEC — Les Québécois pourraient bientôt être rationnés en essence et devoir réduire leur vitesse sur les routes en vue d’économiser le pétrole à cause de la guerre au Moyen-Orient.Le conseil des ministres du Québec a adopté un décret en ce sens hier, à sa réunion hebdomadaire.Tout en refusant de dévoiler le contenu du décret, le ministre de l’Énergie par intérim, Gérald Tremblay, a expliqué que ce décret s’appliquera si les circonstances ou l’évolution du conflit avec l’Irak l’exigent.« On a prévu un plan et on sera prêt à agir si nécessaire », a dit M.Tremblay qui remplace Mme Lise Bacon comme ministre de l’Énergie pendant la mission de cette dernière en Afrique.Même si M.Tremblay a refusé de donner les détails sur le contenu des mesures envisagées, le ministre des Transports Sam Elkas avait été plus disert quelques minutes plus tôt M.Elkas avait mentionné que ces mesures allaient, si nécessaire, jusqu'à un rationnement de l’essence et une baisse de la limite maximale de vitesse sur les routes du Québec.Les Québécois ont déjà connu de telles mesures pendant la Deuxième Guerre mondiale alors que des coupons de rationnement étaient requis pour se procurer de l’essence et que la vitesse était limitée à 35 milles à l’heure sur les routes.Le ministre Tremblay a invité la presse à ne pas soulever la panique dans la population.Les réserves de pétrole sont actuellement suffisantes pour trois mois et il faut attendre de voir l’évolution de la situation dans le golfe Persique avant de déclencher toute mesure additionnelle.Déjà, les gens sont invités à économiser l’essence, par exemple par le covoiturage ou en utilisant les transports en commun.« Le gouvernement a le contrôle complet de la situation et il ne faut pas paniquer », a répété le ministre Tremblay à plusieurs reprises.Par ailleurs, les ministres québécois sont divisés sur la participation du Canada à ce conflit.Le premier ministre Robert Bou-rassa a qualifié de « compréhensible » l’action du Canada à la suite de l’adoption d’une résolution par le Conseil de sécurité des Nations unies.Le ministre Elkas a pour sa part prononcé un plaidoyer sans équivoque en faveur de l’intervention canadienne au côté des Américains.« Négocier avec Saddam Hussein est impossible», a dit M.Elkas.Par contre, le ministre des Com- munications Lawrence Cannon s’est déclaré un partisan de la non-intervention du Canada dans ce conflit.« Je m’oppose à ce que le Canada s’engage dans une guerre.On aurait dû maintenir le blocus économique de l’Irak car il avait une chance de fonctionner», a dit M.Cannon.Quant au ministre de la Sécurité publique et des Affaires municipales, Claude Ryan, il a refusé de se prononcer sur le conflit.« Ce sujet dépasse mes attributions et je n’ai pas de mandat pour en parler », a dit M.Ryan à la presse à son arrivée à la séance hebdomadaire du conseil des ministres.Un sondage Gallup publié le jour même établit que 70 % des Québécois sont contre l'entrée en guerre du Canada dans ce conflit et seulement 22 % des Québécois se disent d’accord avec la position belliciste du gouvernement canadien.-¦jï, PHOTO CP Un hôpital de campagne comme celui-ci sera bientôt installé en Arabie Saoudite.#r-Nt ilte mmSt « Tous les partis appuient l’envoi d’un hôpital de campagne en Arabie Saoudite Josée Boileau de noire bureau d'Ottawa LE GOUVERNEMENT canadien a formellement donné le feu vert hier à l’envoi d’un hôpital de campagne en Arabie Saoudite à la demande des autorités britanniques.Une première équipe sera envoyée d’ici la fin de janvier et l’ensemble du centre médical devrait être prêt d’ici 50 jours.La nouvelle, annoncée la semaine dernière, a reçu l’aval des partis d’opposition, même si ceux-ci sont opposés à l’entrée en guerre du Canada dans la crise du golfe Persique.« Ce n’est pas un acte de guerre, a déclaré le chef libéral Jean Chrétien, mais une action humanitaire qui servira à soigner des Britanniques mais | aussi des Irakiens et des civils.» Le leader du NPD, Mme Audrey McLaughlin, a abondé dans le même sens, en regrettant toutefois que les députés ne soient pas avisés avant les médias lorsque de telles décisions | sont prises.« C’est quand même les représentants du peuple », s’est-elle exclamée.La Grande-Bretagne a fait appel à l’expertise médicale canadienne en raison du grand nombre de ses troupes déployées dans le Golfe.L’hôpital sera composé d’environ 550 personnes, soit le maximum d’assis- tance que l’armée canadienne peut assurer dans ce domaine.Le centre assurera des soins dits De troisième ligne, ce qui signifie qu’il sera situé à environ six heures de route des lieux de combat.Sa première destination ne serait pas encore établie avec précision, mais on parle de Al Jubayal en Arabie Saoudite, et l’hôpital devrait par ailleurs se déplacer selon les besoins.En matière militaire, les équipes de première ligne sont les médecins postés au front, la deuxième ligne voit au transport ambulancier alors que la troisième est constituée des hôpitaux de campagne.Le Canada fournit uniquement des soins de troisième ligne aux Britanniques, mais assure tous les soins pour ses propres troupes.Dès l’arrivée de la première équipe, l’hôpital sera en mesure de recevoir une vingtaine de cas par jour.Une dizaine de spécialistes y travailleront, mais aucun d’entre eux ne sera spécialisé dans le traitement des brûlures, les brûlés étant plutôt référés aux hôpitaux britanniques vu la gravité de pareils cas pour un centre médical itinérant.Placé sous contrôle britannique, l’hôpital arborera néanmoins le drapeau canadien et sera protégé par quelque 30 soldais qui feront également office de brancardiers.En conférence de presse hier, le brigadier-général Pierre Morisset a indiqué que ce déploiement canadien devrait assurer un soutien médical suffisant pour pourvoir aux besoins des troupes et que les équipes sont prêtes à faire face à une guerre chimique.« Peu ont eu l’occasion d’en vivre une dans la réalité, mais notre personnel a déjà travaillé sous simulation et nous sommes entraînés », a-t-il spécifié.Il a également assuré que cet envoi massif de personnel médical ne nuira pas au service offert au Canada puisque plusieurs civils du monde médical se sont dits prêts à les remplacer ici pendant la durée de l’opération, évaluée pour le moment à six mois.La note, elle, devrait s’élever à au moins 20 millions $ et sera assurée par le gouvernement canadien.Le Canada n’a pas demandé à la Grande-Bretagne d’assumer les coûts de l’hôpital, considérant plutôt qu’il s’agit d’un geste normal à poser pour l’un de nos plus proches alliés.Enfin, les militaires ont réfuté hier les critiques que leur adressait récemment le vérificateur général du pays.Dans son rapport annuel, celui-ci mettait en doute les capacités de nos Forces années en cas de guerre.« Il référait à la situation en Europe, disait-on hier, pas à celle du Golfe.Il ne faudrait pas mêler les deux.» La GRC avertit ses agents partout au pays EDMONTON (PC) — Dans une circulaire interne, la GRC a averti ses agents postés un peu partout au pay: qu’ils pourraient etre retirés de leurs fonctions habituelles pour effectuer du travail de sécurité visant à contrer les menaces terroristes découlant du conflit dans le golfe Persique.La circulaire, « émanant du bureau du commissaire de la GRC Norman Inkster et envoyée à tous les détachements de la GRC, prévient les agents qu’il se pourrait bien qu’on fasse appel à leurs services pour une mission spéciale.Le document indique en outre que les agents devront travailler de longues heures si jamais les menaces découlant du conflit dans le Golfe rendent nécessaire leur intervention pour assurer la sécurité interne au Canada.Le porte-parole de la GRC, le sergent Pierre Bélanger, a précisé que VM SKI ET GASTRONOMIE DANS UN DÉCOR D’AUTREFOIS Auberge Hatley Vacances neige • 30 km de pille de ikl de rendonnée • Ski alpin au Mt-Orlord et Mt-Joye a proximité • Patinoire au village Le charme I d’une vieille demeure • comtrulte en 1903 • 24 chambre* • meuble* antique* • loyer» et bain tourbillon dan* certaine* chambre* MEMBRE DE RELAIS ET CHATEAUX (819l) 842-2451 C.P.330 NORTH HATLEY, JOB 2CO Vos hôtes: Liliane et Robert Gagnon K RIAIS UN RELAIS POUR LES .GOURMETS ET GOURMANDS.< MAI I Al /X Forfait h partir de 195 p.pers.Occ.dbl.incluant souper, déjeuner et service.FORFAITS ENCORE DISPONIBLES la circulaire se voulait un message interne adressé aux agents et visant à les informer de ce que l’on attendait d’eux en cas de guerre.Rejoint à son bureau d’Ottawa, M.Bélanger a ajouté qu’il ne savait pas de quelle manire ces nouvelles responsabilités affecteraient le travail normal des policiers.Par le passé, la GRC a eu recours à ses agents pour exercer des fonc-tions particulières et a continué à assurer la sécurité au pays en changeant les horaires de travail et en suppléant au manque d’effectifs par les heures supplémentaires.ON PEUT VAINCRE LE CANCER SOCIETE CANADIENNE DU CANCER CANADIAN CANCER SOCIETY DONNONS GÉNÉREUSEMENT Bourassa «comprend» la présence du Canada de notre bureau de Québec LE PREMIER MINISTRE du Québec, M.Robert Bourassa, estime tout à fait « compréhensible » la participation du Canada à la force multinationale dans le golfe Persique puisqu’elle s’inscrit dans le respect des résolutions des Nations unies.« Je pense qu’il est compréhensible que le Canada suive la résolution qui a été adoptée par l’ensemble de la communauté internationale », a-t-il déclaré devant quelques journalistes au premier jour de son retour après deux mois d’absence de la scène publique.Le chef du Parti québécois, M.Jacques Parizeau, est tout à fait d’accord.Interrogé par les journalistes, mardi à Montréal, il avait soutenu qu’à partir du moment où les Nations unies entérinent la possibilité d’une action armée contre l’Irak, « c’est probablement inévitable que le Canada y participe ».Mais la participation canadienne se fait à « une échelle si réduite, dit-il, qu’en faire tout un plat m’apparait assez exagéré ».Les Irakiens du Québec ne s’offusquent pas des contrôles d'après la Presse Canadienne LE PORTE-PAROLE du centre communautaire irakien à Montréal, Abdull Baki Abdulla, considère tout à fait légitime que les services canadiens de sécurité interrogent des Irakiens installés au Canada, comme cela s’est fait récemment à trois ou quatre reprises auprès d’irakiens vivant à Montréal, à sa connaissance.« C’est le droit du Canada de se protéger contre les gens qui veulent faire mal et qui sont bien accueillis ici ».Les gens qui lui ont rapportés avoir été interrogés, l’ont été « bien gentiment », a-t-il dit.« Les Irakiens qui sont ici et qui sont membres de notre communauté sont dans la quasi-totalité des réfugiés.Cela signifie qu’ils sont contre le régime de Saddam et qu’ils ont fui le pays pour demander refuge au Canada », a-t-il fait valoir.M.Abdulla estime à environ 700 le nombre d’irakiens vivant à Montréal, mais des chiffres obtenus auprès des ministères de l’Immigration indiquent plutôt que 2000 Irakiens vivent ici, en majorité dans les quartiers de Côte-Saint-Luc et de Notre-Dame-de-Grâce.Au cours de l’année dernière, 203 Irakiens ont réclamé le statut de réfugiés au Québec.En 1989, il y en avait eu 68.Au recensement de 1986, le Québec comptait 1020 Irakiens.Les Irakiens vivant à Montréal sont surtout des professionnels, ingénieurs, professeurs du primaire et secondaire et des économistes.« Ce sont des gens très cultivés parce que c’est l’intelligentsia irakienne qui a fui le régime facistede leur pays».Réfugié ici depuis 1988, M.Abdulla a enseigné au niveau universitaire une quinzaine d’années au Proche-Orient en droit constitutionnel et sciences politiques.Selon lui, Montréal est la ville canadienne où la concentration d’irakiens est la plus importante, suivie de Toronto avec 500 personnes, Ottawa avec 120 et Vancouver avec une trentaine.Par ailleurs, par le temps qui court, M.Abdulla souhaite que les Canadiens fassent la distinction entre les Irakiens et le régime de Sad dam Hussein.« Il y a confusion entre le régime faciste et la population de là-bas.La population n’a aucun rapport avec le régime et n’accepte pas les activités de ce régime qui viole constamment le droit international et interne».% J Le Devoir, jeudi 17 janvier 1991 ¦ A-3; » La guerre du Golfe «Nous sommes au coeur de l’enfer! » Vague après vague, les raids destructeurs ont pilonné des objectifs stratégiques en périphérie de Bagdad " ' H ' < -tif i i Stupéfaction, tristesse, crainte partout au pays BAGDAD (AP-Reuter) — Des explosions et les crépitements de la DCA ont annoncé hier, le début de la puissante offensive aérienne contre Bagdad.« Nous sommes au coeur de l’enfer » s’est exclamé un journaliste de la télévision américaine.Environ deux heures après les premiers tirs de la défense anti-aérienne, Radio-Bagdad signalait que des vagues d’avions se succédaient au dessus de cette ville de quatre millions d’habitants.Les dégâts les plus importants ont eu lieu à la périphérie de la ville, selon les journalistes des chaînes de télévision américaine à Bagdad.Les journalistes étrangers encore sur place ont pu observer l’offensive depuis l’hôtel « Rachid » dans le centre de Bagdad.Les hurlements des sirènes déchiraient le ciel et les rues étaient pratiquement désertes.Entre chaque vague d’avions, un calme précaire revenait.Certaines fenêtres restaient allumées bien que la plupart des quartiers étaient dans l’obscurité.Aux premières heures de l’attaque, plusieurs journalistes étrangers ont signalé des incendies.John Holliman de la chaîne de télévision CNN annonçait qu’une raffinerie avait probablement été touchée et une vague d’air chaud a enveloppé l’hôtel.Les premiers tirs de la DCA ont illumine le ciel comme un gigantesque feu d’artifice, a déclaré le correspondant de la chaîne ABC Gary Shepard.Holliman faisait une comparaison analogue: « il y fusées éclairantes extraordinaires, des explosions rouges, vertes».Plus tard, pour Bernard Shaw de CNN, « on avait l’impression d’être au centre de l’enfer.» « Quelque part, dehors, un terrible pilonnage a lieu et cela semble beaucoup plus sérieux qu’ici, au centre ville », dit-il.Les journalistes rapportent ensuite une accalmie, les bombardements s’éloignant du centre puis ils affirment qu’une bombe a éclaté près du central téléphonique et que les batteries anti aériennes intensifient à nouveau leurs tirs.Un autre reporter de CNN affirme que les avions américains ne semblent pas avoir attaqué des cibles civiles.« Tout autour de nous il y a des explosions, de grandes explosions, très très loin de l’endroit où nous sommes».« Je rampe au sol », affirme Bernard Shaw, de CNN : « J’ai vérifié ce qui se passait de l’autre côté de la chambre.c’est exactement la même chose.un grand feu d’artifice d’éclairs puis l’obscurité».Un habitant de Bagdad qui a téléphoné à M.Hussein Mourad, homme d’affaires à Amman, en Jordanie, a précisé que les avions avaient atteint le quartier situé autour de l’hôtel.Les sirènes n’ont retenti que plus tard après les premières bombes.Les appareils participant au bombardement volaient à très haute altitude et restaient invisibles à l’oeil nu.Par ailleurs, les missiles de croisière, lancés notamment à partir des navires américains dans le Golfe, ont été massivement utilisés dans l’attaque contre l’Irak, selon des journalistes américains embarqués à bord de ces navires.L’un d’entre eux a indiqué à la radio WTOP avoir observé le lancement à partir de ces navires d’au moins une quarantaine de ces missiles, parfaitement adaptés aux objectifs précis que voulaient atteindre les allies.Les cuirassés Wisconsin et Missouri, ainsi que plusieurs croiseurs et destroyers faisant partie de l’armada déployée dans le Golfe, emportent des missiles de croisière.C’est la premiere fois que des missiles de croisière sont utilisés dans une guerre.La plupart des observateurs estiment que les missiles de croisière, et les chasseurs furtifs F-117 ont été les premiers à frapper les installations nucléaires et chimiques et les centres de communication de l’Irak, objectifs avoués des alliés aux premières heures de l’offensive.Les chasseurs bombardiers américains qui ont mené le premier raid de la guerre du Golfe ont décollé du centre de l’Arabie Saoudite.Les journalistes présents sur la principale base aérienne du dispo sitif militaire américain ont été réveillés par le vrombissement continu des avions.Quand ils sont arrivés sur les lieux, les pistes, qui étaient couvertes d’avions mercredi soir, étaient à moitié désertes.Les appareils F 15 ont décollé par paires, chargés de bombes et équipés de réservoirs supplémentaires à 02h‘27, heure locale.« L’histoire est en marche.Cela donne un sentiment d’effroi absolu, La terre vibre et on le ressent dans tout le corps », a déclaré le colonel' Ray Davies.Le F-15 américain est considéré; comme un des meilleurs chasseurs-bombardiers au mode.Il est équipé-de canons et de missiles et a un rayon d’action de 5700 km grâce à ses réservoirs supplémentaires.Le Koweït se réjouit, Cuba dénonce l’offensive et de Cuellar convoque le Conseil de sécurité d'après Rouler, M’ et AFP À NEW YORK, le secrétaire général de l’ONU, M.Javier Ferez de Cuellar, a exprimé « sa peine et sa tristesse », après le déclenchement des hostilités dans le Golfe.M.Ferez de Cuellar a également indiqué que le Conseil de sécurité tiendrait une réunion dite de consultation dans la soirée.« Je ne peux qu’exprimer ma profonde peine, a-t-il déclaré.En tant que secrétaire général des Nations unies, une organisation de paix, je ne peux qu'être attristé par le déclenchement des hostilités.» L'ambassadeur du Koweil à l’ONU, M.Mohammad Aboulhassan, a pour sa part accueilli avec satisfaction l’annonce de l’offensive en Irak et a souhaité la victoire à la coalition.Il a été l’un des premiers diplomates des Nations unies à réagir à l’annonce de l’attaque, faite quelques minutes après le départ des membres du bâtiment où avaient lieu des consultations informelles sur les territoires occupés par Israël.L’ambassadeur a déclaré que les États-Unis avaient exaucé le souhait de la communauté internationale, « pour libérer le Koweït de l’agresseur irakien».L’ambassadeur de Cuba à l’ON U, M.Ricardo Alarcon, a soutenu de son côté que l’attaque « constitue un coup sanglant au nouvel ordre international.C’est le coup le plus sévère porté au prestige des Nations unies ».Il a ajouté: « Nous aimerions que le Conseil se réunisse pour demander la modération et peut-être pour une médiation.Nous pensons que les Nations unies ont un rôle important à jouer».À Bonn, le chancelier allemand Helmut Kohl a dit avoir appris la nouvelle avec consternation.« Avec nos partenaires, a-t-il déclaré, nous ferons tout ce qui est de notre pouvoir pour mettre fin à la guerre le plus rapidement possible.« Tous les efforts pour parvenir à une solution pacifique ont échoué.Chacun, en cette heure, pense à ceux qui souffriront le plus de ce conflit.» Le ministère allemand des Affaires étrangères a fait savoir que son ambassade à Washington a été informée de l’offensive juste avant qu’elle ne soit lancée.À Moscou, l’agence officielle soviétique Tass a annoncé, sans commentaire, l’offensive militaire contre l’Irak.Dans une information datée de Washington, l’agence a cité un porte-parole de la Maison-Blanche décla- rant que les troupes américaines avaient commencé à bombarder des cibles en Irak et au Koweït.À La Havane, où il donnait une conférence de presse en compagnie d’une délégation de sportifs américains, le président cubain Fidel Castro à blâmé les États-Unis.« La responsabilité de la guerrë qui vient de commencer, a t il dit, incombe essentiellement aux États-Unis (.), qui étaient décidés à avoir la guerre au lieu de rechercher une solution pacifique.« C’est un échec pour les Nations unies, pour les hommes politiques de notre epoque.A quoi sert l’opinion internationale dans le monde, si ce sont les Nations unies (pu donnent l'ordre d’appuyer sur la détente ?« Mon sontiment est un sentiment de tristesse, de profonde amertume.» À Tunis, le principal conseiller du président de l'OLF Yasser Arafat, Bassam Abou Charif, a jugé « malheureuse » la décision d’attaquer l’Irak.« La guerre a débuté.Elle durera plus longtemps que les gens ne s'y attendaient, a-t-il dit.Il est malheureux que M.Bush ait décidé de tuer pour protéger l'occupation israélienne.» PHOTO AP Cette fols, ce n’est pas un exercice Des journalistes, des officiels saoudiens et des membres du personnel d’un hôtel d’Arabie Saoudite sont assis sur le plancher des cuisines, pendant que les sirènes d’alarme résonnent dans le ciel.Mitterrand appelle à la cohésion nationale FARIS (Reuter) — Le président François Mitterrand a appelé hier le peuple français à faire bloc autour de ses soldats déployés dans le Golfe, peu avant le début des hostilités.« Depuis ce matin, la crise internationale est entrée dans une phase décisive.Depuis ce matin, le délai accordé par les Nations unies à la réflexion et, autant que possible, au dialogue entre ceux qui pouvaient in fléchir le destin est maintenant dépassé », a déclaré le chef de l’État dans un discours télévisé à la Nation à 20 h.« Sauf événement imprévu, et donc improbable, les armes vont parler», a-t-il affirmé.En fin d’après midi, le ministre des Affaires étrangères, Roland Dumas, avait laissé entendre que la France vivait une veillée d’armes.« En cet instant grave, je ressens la force de la communion de nos pensées, à partir de nos aventures per sonnelles, mais aussi de la ferveur de nos sentiments », avait il déclaré, la voix brisée, au Sénat.Dans son discours à la nation, François Mitterrand a regretté que « pas un mot, pas un signe » ne soit venu de l’Irak, « qui aurait permis d’espérer que la paix, au bout du compte, l’emporterait ».« Puisqu'il en est ainsi, je vous demande de faire bloc autour de nos soldats et pour les idéaux qui inspirent notre action », a poursuivi le chef de l’État.« Ne laissons jamais à la loi du plus fort le soin de gouverner le monde.Un jour ou l’autre, elle s’installerait chez nous », a affirmé François Mitterrand.Au Parlement, convoqué en session extraordinaire, la déclaration du gouvernement relative a rengagement de troupes françaises dans un conflit dans le Golfe avait auparavant recueilli un large assentiment des députés et sénateurs.À l’Assemblée, le texte soumis aux députés en vertu de l’article 49 de la Constitution a recueilli 523 voix favorables contre 43 voix contre.Sept élus socialistes ont émis un vote négatif, de même que les 26 députés communistes, quelques députés RPR, UDF, U DC et l’unique député du Front national, Marie-France Stir bois.Au Sénat, la déclaration du gouvernement a recueilli 290 voix favorables contre 25.Le bureau exécutif du Parti socialiste se réunira aujourd’hui pour statuer sur le sort des députés et séna teurs rebelles.Devant les députés, Michel Rocard a souligné que « l’évacuation du Kowcit est le seul objectif poursuivi et qu'il se suffit à lui-même ».« Il ne s’agit ni d’écraser l’Irak ni non plus établir un lien direct avec d’autres problèmes », a-t-il dit.« Imposer le respect du droit à l’Irak (.) constituera un précédent.Il obligera tous ceux qui y auront contribué, je dis bien tous, à poursuivre, et nul ne pourra plus se prévaloir de violations impunies pour tolérer d’autres violations impunies », a fait valoir le premier ministre.comme l avait fait le président de la République dans son message au Parlement, Michel Rocard à l’Assemblée et Roland Dumas au Sénat ont cité d’autres violations du droit international au Proche-Orient — Liban, territoires occupés par Israël — ou ailleurs — pays baltes.Monsieur Mario Bertrand, président.Les Magasins ''M” inc., sera le conférencier invité du prochain déjeuner-causerie de la Chambre de commerce de Saint-Laurent.Le thème de la conférence: "Gestion de crise: les entreprises peuvent-elles passer à travers la crise économique?" Date: Jeudi, le 24 janvier 1991 Heure: 11h45 Endroit: Buffet Crystal , 5285, bout.Henri-Bourassa ouest Saint-Laurent Prix: 33 $ lia TPS est applicable) Vous pouvez vous procurer des billets en communiquant au numéro de téléphone 333-5222 LACHAMBRE DE COMMIRCÏ OE SAINT-LAURENT par la Presse Canadienne PARTOUT au pays, les Canadiens ont exprimé stupéfaction, tristesse et crainte en apprenant que la guerre venait d’éclater dans le Golfe.« On ne peut qu’espérer », s’est contentée de dire Mme Fay Smith d’Esquimalt, en Colombie-Britannique, qui a appris la nouvelle en allumant la télévision.Le mari de Mme Smith, Bob, technicien en électricité, est affecté à un navire canadien qui fait route vers le Golfe pour y remplacer des marins.Le couple a un enfant de 16 mois, et la jeune femme est enceinte.A Halifax, Mme Kim Gordon, dont le père aura à servir sur les bâtiments de guerre canadiens dans le Golfe, s’est effondrée en entendant les informations.« J’ai de la difficulté à en parler maintenant, je vais pleurer.Je connais tant de gens là-bas, je n’arrive pas à croire que ça se produise à notre époque.» A Montréal, le directeur du centre communautaire irakien disait sa surprise.« Je ne m’attendais pas à ce que la guerre éclate, a reconnu M.Ali Ruhda qui, comme plusieurs Canadiens et citoyens du monde entier, a été mis au courant du début des affrontements par la télévision.Je m’attendais à ce que Saddam (Hus- sein) recule, d’ajouter le réfugié, qui était ingénieur électricien en Irak.Je suis très inquiet pour mon peuple et mon pays.» Mme Pam Goodwin, de Winnipeg, craignait pour son mari le capitaine Doug Goodwin, parti pour le Golfe avant Noël.«J’ai peur», a-t-elle laissé tomber.Les familles des Canadiens assignés au Golfe ont également sollicité l’appui de leurs compatriotes.« J’aimerais dire au peuple : cessez vos chamailleries.Ils ont besoin de votre appui maintenant, notre liberté peut dépendre de ce qui va se passer là-bas », a plaidé Mme Germaine La-Palme de La Rochelle, au Manitoba.Son fils, Denis, âgé de 23 ans, est en route pour le Golfe à titre de membre de l’équipage de remplacement de l’Athabascan.Dans les rues des villes canadiennes, les passanLs ont réagi avec émotion en prenant conscience des nouvelles de guerre.« J’ai l’estomac noué », a confié l’étudiant Mark Lever de Glace Bay, en Nouvelle-Écosse, au sortir d’une session d’entrainement au hockey.« Je pense que c’est une grande tragédie », affirmait, à l’autre bout du pays, Mme Vera Butler, sous la pluie qui tombait à Vancouver.Au bout de chaque cigarette Un seul filtre: vos poumons aiPPusion sccpnamc Dis LIQUIDATION TOTALE ON PAYE LA TPS ET LA TVQ POUR VOUS TOUT POUR LA CROISIERE TOUTE L’ANNÉE 1110, RUE LAURIER OUEST • 270.7797 2030, RUE CRESCENT • 844.0063 A-4 ¦ Le Devoir, jeudi 17 janvier 1991 La guerre du Golfe Sitôt la guerre annoncée, des manifestations spontanées PHOTO AP Le président George Bush a annoncé hier que les Etats-Unis étaient déterminés à éliminer le potentiel nucléaire de l’Irak ainsi que ses armes chimiques.* Nous sommes déterminés à détruire le potentiel nucléaire de Saddam Hussein », a déclaré le président dans une allocution de 14 minutes au peuple américain, diffusée de son bureau de la Maison-Blanche deux heures après le début de l’attaque des forces américaines et de la coalition contre l’Irak.NEW YORK (AFP) — Dès l’annonce du bombardement de l’Irak par les forces alliées, plusieurs centaines de personnes opposées à la guerre se sont rassemblées hier soir à Times Square, une des grandes places de New York, scandant des slogans pacifistes.D’autres manifestants s’étaient rassemblés devant le siège des Nations-Unies où la présence policière avait été renforcée, selon les télévisions locales.À Times Square, dans le plus grand désordre, la foule, jeune en très grande majorité, a bloqué la circulation sur Broadway, provoquant des embouteillages que la police a rapidement canalisés.Discrètes au début, les forces de l’ordre sont rapidement intervenues dès que des éléments incontrôlés ont commencé à renverser les barricades et taper sur les voitures.C’est, aux dires des manifestants, la Coalition anti-guerre qui avait passé le mot pour fixer le rendez-vous dès l’éclatement des hostilités.Dans un brouillard épais qui ne laissait pas voir les sommets des gratte-ciel, chacun brandissait sa pancarte: les féministes dénonçaient « l’Etat patriarcal, soit en train de récupérer d’une guerre, soit en guerre, soit en train de préparer la guerre » et des militants noirs vilipendaient cette guerre « raciste».Sur un rythme de samba, de nombreux hispaniques scandaient « George Bush assassino ».A la sortie des cinémas, les gens apprenaient la nouvelle de la bouche des manifestants ou en lisant le grand panneau lumineux qui barre un des bâtiments de la place.J uste au-dessus, on pouvait voir une publicité pour le film « Terminator no 2, le Jour du jugement ».Entourée de barricades, la cabane de recrutement de l’armée américaine installée sur la place continuait de diffuser ses publicités lumineuses vantant les « formations spéciales » dispensées par les forces américaines.Dans le reste de Manhattan, les rues étaient plus désertes que d’habitude, beaucoup ayant quitté précipitamment les restaurants pour rentrer chez eux écouter les nouvelles.Dans un club de gymnastique, la piscine s’est vidée en quelques minutes quand le maître-nageur qui écoutait une radio portative a lâché tout haut : « Merde, on l a fait, on a bombardé Bagdad».Plusieurs buildings avaient hissé le drapeau américain ainsi que l’avait recommandé l’après-midi même le gouverneur de l’Etat, Mario Cuomo, demandant aux New-Yorkais de pavoiser dès l’annonce de la guerre.Interrompant leur programme, les télés locales - qui repiquaient largement la chaîne CNN - multipliaient les interviews d’épouses et de parents de soldats américains dont beaucoup ne réussissaient pas à SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 Guerre présent.Les opérations se déroulent comme prévu, a-t-il ajouté.« Le Koweit sera à nouveau libre », a dit M.Bush qui a ajouté: « nous n’échouerons pas ».Les forces alliées « côte-à-eôte » chasseront les troupes irakiennes du Koweit, a-t-il ajouté.À la même heure, alors que plus aucun bombardement, ni aucun tir n'était entendu à Bagdad depuis 25 minutes, la chaîne américaine NBC affirmait que presque « toutes les cibles ont été détruites, chimiques et nucléaires ».Les correspondants de CNN ont indiqué que trois énormes explosions ont secoué l’hôtel Al Rachid où ils se trouvent, et que d’autres explosions se sont produites en plusieurs endroits de Bagdad.Ils ont également indiqué avoir vu une bombe tomber près du centre de télécommunications de Bagdad.Selon la même source, les avions de la coalition internationale, qui visent des cibles très précises, se sont déplacés extrêmement rapidement et ont échappé aux tirs irakiens.Au cun avion de la coalition internationale n'a été abattu, a précisé la chaîne.Selon la chaîne CBS qui citait des sources au Pentagone, les forces américaines auraient également lancé des missiles de croisière Tomahawk à partir de navires dans le Golfe et en mer Rouge.Le commandant des forces armées américaines dans le Golfe, le Général Norman Schwarzkopf, a ap^ pelé ses troupes à être « le tonnerre et la foudre » de l’attaque américaine et les a pressés de « finir ce travail rapidement».« Ma confiance en vous est totale.Notre cause est juste », a déclaré le général Schwarzkopf dans un message publié environ deux heures après le déclenchement de l’attaque contre Bagdad et les positions ira kiennes au Koweït.Des sources diplomatiques à Manama ont indiqué qu’un missile vraissemblablement Scud- avait été tiré par l’Irak sur Ryad.L’ambassade des États-Unis à Ryad a cependant démenti ces informations.Aucune information ne faisait état par contre d’une riposte irakienne cacher leurs larmes.« Malgré tout, c’est un soulagement après toute cette tension.Je suis très fière de mon fils », expliquait en pleurs la mère d’un soldat, interrogée à Long Island.Plus tôt en journée, partout à travers le monde, hier, les manifestations pacifistes s’étaient multipliées.A Montréal, à Paris, à Washington, ils étaient des milliers à réclamer la paix.Quelque heures avant le début des hostilités, 1500 étudiants de niveau secondaire ont quitté les bancs d’école hier à Montréal pour manifester contre l’engagement des Forces armées canadiennes dans le conflit du golfe Persique.Les écoles secondaires La Dau-versière, Calixa-Lavallée, et Cho-medey-de-Maisonneuve ont dû fermer leurs portes tout l’après-midi à la suite de ces manifestations.À Outremont, quelque 700 étudiants de la Commission scolaire Sainte-Croix ont également défilé dans les rues de Montréal, avant que le service de police de la CU M n’intervienne et démantèle la manifestation, à l’angle des rues Jeanne-Mance et Ontario.Dans le nord de Pile, le premier groupe de manifestants a fait le tour de cinq écoles avant de se disperser, causant même des dommages évalués à quelque 1000 $ à l’école secondaire Calixa-Lavallée.« La manifestation s’est organisée dans un mouvement spontané, explique pour sa part Étienne Proulx, etudiant au secondaire V à l’école secondaire Paul-Gérin-Lajoie, d’Outre-mont, et la nôtre était pacifique.Nous nous sommes dirigés vers le Collège Stanislas, puis vers le Collège Français, et enfin à l’école Jeanne-Mance.» À l’école Paul-Gérin-Lajoie, les cours ont également été ajournés près d’une heure plus tôt que de coutume, en raison de la manifestatioa « La direction de l’école était d’accord pour que l’on débraye, mais elle voulait, de la même façon que le mouvement Échec à la guerre, attendre le début des hostilités avant de nous laisser s’exprimer.Nous croyons qu’il ne fallait pas attendre le début de la guerre avant de manifester», a poursuivi M.Proulx.Du côté de la CÉCM, on était très discret sur les manifestations d’étudiants de cette semaine, de crainte de provoquer un effet d’entraînement dans les écoles.Hier, les écoles secondaires Saint-Luc et Lucien-Pagé ont également été fermées à cause des manifestations des étudiants.À Québec, où quelques centaines d’étudiants de la Commission des écoles catholiques de Québec avaient manifesté mardi sur la Colline parlementaire pour protester contre la guerre, aucune école n’a fermé ses portes au cours de la journée d’hier.Ailleurs au Canada, les manifestations se sont poursuivies, hier, contre Israël qui a cependant été placé sous le régime de « l’économie de guerre », ce qui signifie la réquisition de près de 200 000 personnes appartenant aux services esentiels à la nation.L’armée israélienne a imposé dans la nuit un couvre-feu général sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza, jusqu’à nouvel ordre, immobilisant ainsi chez eux les quelque 1,5 million d’habitants des territoires occupés.Par ailleurs, tous les passages entre les territoires occupés et Israll ont été également fermés jusqu’à nouvel ordre.À Londres, le ministère britannique de la Défense a annoncé que des unités de l’armée britannique avaient participé à la bataille mais n’a donné aucune précision sur le type d’unités engagées.Selon des informations non confirmées, il s’agirait au moins d’un escadron de chasseurs-bombardiers Tornado d’une base de Bahrein.L’offensive des alliés intervient dès le premier jour qui était disponible au président Bush pour l’ordonner, apres l’expiration la veille de l’ultimatum imposé par le Conseil de sécurité des Nations unies à l’Irak pour qu’il évacue le Koweit.L’ultimatum avait expiré à minuit mardi.Tous les experts avaient prédit qu’une offensive commencerait par une attaque aérienne de nuit.Au cune information n’était disponible hier sur les autres cibles attaquées soit en Irak soit au Koweit.Par ailleurs, les troupes françaises de l’opération Daguet en Arabie Saoudite ont été placées en état d’alerte maximum, selon un officier supérieur français à l’AFP.En Arabie Saoudite, une alerte a été déclenchée à Ryad et des sirènes ont retenti sans interruption durant plusieurs minutes.Les journalistes, dont les envoyés spéciaux de l’AFP, ainsi que les autres clients du Novo-tel, ont été invités par les autorités à se munir de leurs masques à gaz et à descendre daas les abris.À New York, le secrétaire général de l’ONU Javier Perez de Cuellar, a exprimé sa peine et sa tristesse après le déclenchement des hostilités.Il a également indiqué que le Conseil de sécurité tiendrait une réu mon dite de consultation dans la soi rée.« Je ne peux qu’exprimer ma profonde peine, a-t-il déclaré.En tant que secrétaire général des Nations unies, une organisation de paix, je ne peux qu’être attristé par le déclenchement des hostilités».L’Irak a ignoré jusqu’au dernier moment les appels à la paix et, par toute la journée.Environ 250 manifestants opposés à la participation du Canada dans la guerre du Golfe sont partis de la Colline parlementaire, vers midi, pour bloquer pendant deux heures la circulation automobile sur la rue Wellington.Ils se sont ensuite dirigés vers l’édifice Langevin, où se trouve le bureau du premier ministre.Là, deux manifestants se sont enchaînés aux portes principales de l’édifice, avant d’être libérés par la G RC et.menottés pour se rendre au poste.Des manifestations semblables ont aussi eu lieu un peu partout au pays, aux bureaux de plusieurs ministres du gouvernement conservateur.Ainsi, à Montréal, les bureaux du ministre du Travail et député d’Anjou, Jean Corbeil, ont été visités par une vingtaine de membres du groupe Greenpeace.En Europe, des manifestants pacifistes ont essayé de bloquer l’entrée de plusieurs bases militaires américaines en Allemagne et plus de 100 000 personnes ont défilé dans les villes allemandes pour le cinquième jour consécutif.La police a rapporté qu’une explosion de faible puissance s’était produite contre l’un des monuments les plus important; de Berlin, la Colonne de la Victoire, qui commémore les victoires prussiennes du XIXème siècle.La responsabilité de l’attentat a été revendiquée par un groupe inconnu, les Cellules révolutionnaires, pour dénoncer la guerre.À Paris, plusieurs manifestations d’opposants ont rassemblé hier plus de 10 000 personnes.Des débordements ont émaillé la formation d’un cortège de 1500 personnes scandant « Non à la guerre », en début de soirée, aux abords de la place de la République, a-t-on appris de source proche de la police.« Des heurts ont opposé les forces de l’ordre à des groupes incontrôlés ».Plusieurs dizaines de personnes se sont livrés à des actes de vandalisme hier soir à l’Opéra Bastille à Paris, a indiqué la police.Les manifestants ont lancé divers projectiles et ont recouvert des façades de l’édifice de graffiti, a-t-on précisé de même source.D’importantes forces de police ont été mobilisées pour « contenir » la manifestation, a-t-on ajouté.Dans la matinée, plus de 3000 pacifistes avaient déjà manifesté aux abords de l’Assemblée nationale où se déroulait le vote autorisant l’engagement des troupes françaises dans le Golfe.Ils répondaient à l’appel d’une cinquantaine d'organisations de gauche réunies au sein d’un Forum pour « une paix juste et globale au Moyen-Orient » (Verts, Mouvement contre le racisme, Ligue communiste).Dans l’après-midi, plusieurs milliers de manifestants proches, cette fois, du Parti communiste et du syndicat CGT, avaient également convergé vers la place de la République.son refus de se retirer du Koweït conformément à l’ultimatum des Nations Unies, a ouvert la porte à la guerre.Plus de 1 225 000 hommes sont déployés de part et d’autre dans le Golfe : 545 000 Irakiens au Koweit et dans le sud de l’Irak et 680 000 du coté des forces coalisées, dont 425 000 Américains, a précisé le Pentagone.Les émissions de Radio-Bagdad sont pratiquement inaudibles sur toutes les fréquences en ondes cour tes normalement utilisées par l’Irak, ce qui est fort probablement le résultat d’opérations de brouillage engagées par les armées coalisées, annoncent les services d’écoute de la région.L’Irak a déclaré hier que ses troupes étaient prêtes au combat, « le doigt sur la gâchette ».« Une reddi tion est totalement exclue », a écrit le quotidien du ministère de la Dé fense Al Kudissiya.» L’heure du duel est arrivée.(.) Les Irakiens ont les yeux fixes sur leurs droits et croient fermement en leur lutte sacrée ».« Aujourd’hui, les doigls sont sur la gâchette et les vaillants hommes de l’Irak (.) attendent l’heure 11 pour mener la plus honorable des batailles de l’histoire de l’humanité », écrit l’éditorialiste.Selon un porte parole américain à Ryad, les troupes irakiennes forti fiaient leurs positions au Koweit et en Irak, mais cela ne signifiait pas qu’elles aient adopté une stratégie purement défensive.« L’Irak occupe et renforce des positions défensives, mais ses forces ont la capacité de passer à l’offensive à brève échéance », a dit le colonel Greg Pepin au cours d’un point de presse.Hier après-midi, le premier ministre israélien, Yitzhak Shamir, avait prédit qu’une guerre éclaterait dans le Golfe « dans le laps de temps le plus court » et a averti les Israéliens qu’ils devaient s’attendre à une at taque irakienne.Un couvre feu a été décrété sur toute la bande de Gaza et dans pra tiquement tous les camps de réfugiés et les principales villes de Cisjordanie, notamment Naplouse et Jénine, à l’expiration de l’ultimatum de PONU sur le retrait du Koweït.La majeure partie de la Cisjordanie et de la bande de Gaza est dé sonnais considérée comme une zone militaire fermée pour prévenir toute agitation, a précisé l'armée israélienne Tel-Aviv, la plus grande agglomération d’Israël que l’Irak a menacé d’attaquer en premier, a pris elle aussi des allures de ville sous couvre- feu.Ses habitants sont restés chez eux.Le gouvernement a ordonné la fermeture de toutes les écoles jusqu’à dimanche et la plupart des magasins et des cafés ont été fermés.L’armée syrienne, en état d’alerte avancée, a rappelé hier des milliers de réservistes en cas de guerre dans le Golfe et l’implication éventuelle d’Israël dans les hostilités.Des renforts de troupes, accompagnés de chars et de batteries anti aériennes, ont été envoyés sur des positions proches des hauteurs de Golan qui marquent la frontière avec Israël, ainsi que sur la frontière avec la Jordanie, précise-t-on.En dépit de l’expiration du délai de l’ONU, les appel à la paix se sont poursuivis hier.Au Vatican, le pape Jean-Paul II a lancé un appel de dernière minute au président George Bush et à son homologue irakien Saddam Hussein, dans l’espoir d’éviter la guerre.À Moscou, l’URSS a fait savoir qu’elle restait en contact avec son ancien allié l’Irak dans l’espoir d’empêcher une guerre.Le vice-ministre soviétique des Affaires étrangères, Alexandre Belo-gonov, a rapporté devant le Soviet suprême que l’URSS restait en contact avec l’Irak pour tenter de le persuader de montrer « un minimum de souplesse ».Alexandre Belogonov a précisé (jue Moscou pensait que le président Saddam Hussein ne comprenait peut-être pas la gravité de la situation et préférait croire que les pays occidentaux menaient une action purement psychologique.« Nous avons l’impression que les dirigeants irakiens ne croient toujours pas en la détermination des Américains et des autres membres de la coalition à recourir à la force », a-t-il dit.4 Pétrole fermé à 32 $ en après-midi au New York Mercantile Exchange.A Singapour, alors que les marchés entamaient leurs activités quand le conflit a été enclenché, la baril de Brent à échéance mars grimpait du coup de 4,30$ à 33,50$.A Tokyo, dans les minutes qui ont suivi le démarrage de la guerre, l’indice boursier Nikkei perdait 321,26 points, soit 1,43 % de sa valeur.Mais deux heures après les premiers tirs, une partie du terrain perdu avait été récupérée.Un opérateur cité par l’agence Reuter estimait que la reprise boursière avait été alimentée par l’absence de riposte de la part de l’Irak.Le Japon importe 70% de sa consommation de pétrole de la ré gion du Moyen-Orient.Sur le marché de Tokyo, le dollar US a ouvert en hausse de 1,60 yens pour s’établir à 137,95 yens mais deux heures plus tard, il était en baisse de 1,55 yens par rapport à la clôture de la veille.A Hong Kong et Sidney, les prix de l'or s’envolaient aussi de 7 $ l’once dès les premières transactions puis se repliaient, pour n’être en hausse que de 2$.Au Canada, les marchés financiers étaient déjà fermés lorsque les informations relatives au début de l’attaque américaine contre l’Irak ont été diffusées Toute la journée d’hier, les marchés financiers occidentaux étaient demeurés dans l’expectative, les bourses variant de quelques points seulement.À New York, l’indice Dow Jones avait fermé à 2508,91 points, en hausse de 18,32 points.A Montréal et Toronto, les hausses avaient été minimes, d’uri peu plus de deux points seulement dans les deux cas.Un économiste du Mou vement Desjardins, Gilles Soucy, de même qu’un analyste chez.Tassé et Associés, Michel Tessier, estimaient lors d’entretiens avec la Presse canadienne avant le déclenchement du conflit que les marchés boursiers avaient déjà escompté l’imminence d’une guerre.En fin d’après midi hier, également avant que les hostilités ne dé butent, un porte parole de la Bourse de Montréal, Geoffrey King, avait in diqué que les bourses canadiennes allaient coordonner les éventuelles mesures à prendre avec celle de New York.Celle-ci dispose de ce qu'il est convenu d’appeler des « coupe-circuits », qui suspendent les transactions dès qu’un certain ni veau de baisse des cours est atteint.Selon Reuter, les autorités de la Bourse de New York ont indiqué qu’elles entendaient ouvrir ce matin comme d’habitude, à 9h30.M.King a expliqué que les « coupe-circuits » font en sorte que si les cours tombent de 250 points, les transactions seront suspendues pendant une heure.Si une autre baisse de 150 points survient par la suite, l’arrêt sera alors de deux heures.M.King a précisé que ces mesures ne toucheraient que les transactions d'actions et d’options sur actions.Les autres véhicules, comme les options sur l’or ou les contrats à terme sur les obligations du gouvernement canadien, ne seront pas affectés.Quant au Québec, ses approvision nements en pétrole proviennent surtout de la mer du Nord, près de la Grande-Bretagne, ainsi que du Venezuela.Le conseil des ministres du gouvernement Bourassa a d’ailleurs adopté hier un mémoire prévoyant un train de mesures en cas de conflit.La directrice de cabinet de la ministre Lise Bacon a indiqué à la Presse canadienne qu’une campagne d’information destinée à sensibiliser les québécois aux économies de carbu rant serait éventuellement mise en branle.M.Marie-Josée Nadeau a signalé que les réserves en pétrole au Québec étaient actuellement élevées et que l’ouest canadien est un important producteur pétrolier.Si la situation devait toutefois se détériorer, il n’est pas exclu que la vitesse maximale sur les routes soit réduite ou encore qu’il y ait rationnement.Mais à Québec, on soulignait qu’il s’agissait là de mesures extrêmes qui ne sont nullement envisagées pour le moment.Rappelons que l’Occident, depuis l’invasion du Koweit par l’Irak, n’est plus approvisionné en pétrole de ces deux pays en raison de l’embargo.Les analystes craignent cependant qu'un débordement de la guerre dns d’autres secteurs, principalement en Arabie Saoudite, ne vienne alors compromettre l’équilibre qui avait été jusqu’alors maintenu entre l’offre et la demande.Selon Gilles Soucy, du Mouvement Desjardins, un conflit de courte durée propulserait à la hausse les prix du pétrole à court terme mais sans relancer la spirale inflationniste.Dans l’hypothèse cependant d’une longue guerre, les conséquences économiques seront beaucoup plus graves.Les prix pétroliers s’envoleraient davantage s’il advenait que le conflit s’étende et que les installa tions pétrolières ailleurs dans la région, surtout en Arabie Saoudite, étaient détruites.Il faudrait alors s’attendre à une accentuation de l’inflation, une hausse des taux d'intérêts et un approfondissement de la récession en Amérique du nord.4 Mulroney « Le débat est maintenant ter miné», a-t-il conclu.Cette nouvelle prise de position li bérale survenait quelques heures seulement après que l’ancien chef du Parti libéral John Turner eut causé toute une commotion dans son parti en appuyant le gouvernement sur l'entrée en guerre du Canada dans la crise du Golfe.Visiblement nerveux, M.Turner, qu’on n’avait pas vu en Chambre depuis plusieurs mois, a tenu un discours vibrant et convaincu à deux sièges de son chef Jean Chrétien qui arborait une mine sombre pendant que ses collègues libéraux avaient l’air sidéré.Après son discours, les ministres conservateurs John Crosbie et Joe Clark se sont levés pour le féliciter, tout comme le premier ministre Mulroney qui a traversé la Chambre pour lui serrer la main.Les libéraux, eux, fulminaient et ne cachaient pas leur déception de voir agir ainsi leur ancien chef oui leur avait toujours prôné la loyauté.S’agissait il d’un acte de ven geance ?« Non, c’est un acte de foi », a répondu au DEVOIR M.Turner, les yeux brillants, encore sous l’é- motion du discours inusité qu’il venait de prononcer.« J'ai dit ce que j’avais à dire en Chambre, a-t-il ajouté.Mais la guerre est la question la plus importante qui soit et il faut savoir se prononcer.» M.Turner avait indiqué aux Communes qu’il ne fallait pas se montrer faible devant Saddam Hussein, que les Etats-Unis n’agissaient pas seuls dans cette affaire mais sous l’auto rité des Nations unies et que c'était la crédibilité même de l’institution qui est en cause.« La paix doit être établie d’abord avant de parler de son maintien », a-t-il notamment souligné.Il a ajouté qu’après 35 ans comme membre du Parti libéral, il avait toujours vu ce parti appuyer les Nations Unies et qu’à l’heure d’un test aussi crucial, le Canada doit poursuivre cet appui.« C’est un problème d’une importance telle que je devais rompre le silence que je maintenais depuis juin », a-t-il conclu avec gravite.Aux accusations de manque de solidarité avec son parti, il s’est contenté de répondre par un haussement d'épaule.« Je comprends les déceptions », a-t-il finalement indiqué.Si le premier ministre Mulroney estimait que M.Turner respectait par cette prise de position la grande tradition libérale, Jean Chrétien n’en pensait alors pas autant.« Il y a eu position unanime du caucus alors qu’il y a cinq jours, certains hésitaient encore.Même moi j’avais des doutes, de dire le nouveau chef, élu en juin dernier.Mais sept heures de discussion nous ont mené à l’unanimité.Si M.Turner était venu au caucus, il aurait pu lui aussi bénéficier du débat tenu.» M.Chrétien a toutefois ajouté que l’ancien chef avait le droit d’agir comme il l’a fait.Il a refusé de commenter les hypothèses de vengeance et de manque de loyauté.D'autres libéraux ont été plus sévères.Don Boudria, l’air accablé, s’est dit surpris et déçu, ajoutant: « Quand on ne peut rien dire de bien de quelque de sa famille, on se tait.C’est ce que je fais.» John Nunziata, lui, parlait carrément de vengeance et de geste inacceptable, mais il a été légèrement rabroué par David Berger qui lui a rappelé que tous les deux avaient vote contre M.Turner sur l’Accord du lac Meech.Sheila Copps, ébranlée, s’est dit pour sa part désappointée et choquée.« Moi, je l’avais appuyé pendant les périodes difficiles du caucus en insistant sur la solidarité », a-t-elle déploré.Seul le député libéral Jim Peter-son s’est rendu au bureau de M.Turner pour le féliciter de son courage, même s’il ne partageait pas son opinion.Il a rejeté avec force tout soupçon de vengeance de la part de l’ancien chef : « Oh non, pour lui les Nations unies sont vraiment très importantes.Il était vraiment sincère.» Tous ces coups d’éclat ont rejeté dans l’ombre le débat qui s’était poursuivi hieraux Communes.Les amendements néo démocrate et libéral, portant sur le refus d’une participation militaire du Canada à la guerre et sur les sanctions économiques, ont toutefois été soumis au vote et défaits.L’amendement libéral a cependant été rejeté à seulement 134 voix contre 116, l'opposition.Bloc québécois et NPI) compris, l’ayant appuyé en bloc.M.Turner n'était pas là au moment du vote.La Chambre a ajouné ses travaux hier soir après les interventions des trois chefs de parti et doit les reprendre ce matin à UhOO.La motion gou vernementale d’appuyer le recours à la force prôné par l’ONU est toujours en déliât.LES MALADIES MENTALES COMPRENDRE C'EST FONDAMENTAL rlu Mlnlattfa da la Sanlé al riaa r-«>vk«i aoclaui
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