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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-03-09, Collections de BAnQ.

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$ • • *»w3| ®SM& -s.Les Paysages hantés GILLES LÉVEILLÉE LES PAYSAGES HANTES 120 PAGES 16,95$ Un magnifique éloge à la mère disparue, écrit [.] dans une langue belle et poignante.MARIE-CLAUDE FORTIN VOIR [.] un récit sobre et touchant, régnald martel uv presse [.] une écriture douce et feutrée.GENEVIÈVE PICARD ¦ ELLE QUÉBEC GILLES LÉVEILLEE U te Lemper simple et vraie Inspiré de très près des minutes de son procès, L’Autrichienne, de Pierre Granier-Deferre, reconstitue avec rigueur les trois derniers jours de Marie-Antoinette.Le rôle titre est interprétée par Ute Lemper (ci-contre), qui y fait ses débuts à l’écran.Page C-3 Les cloches impériales de Chine Une vingtaine de danseurs, musiciens et chanteurs de la République populaire de Chine présenteront leur spectacle cette semaine à Montréal, où ils nous feront reculer de 2400 ans pour nous convier dans l’ancien État du marquis Yi.Page C-7 Nadine Descendre au DEVOIR Membre du jury du Festival du film sur l’art, critique, réalisatrice et rédactrice en chef de la revue d’art contemporain Public, Nadine Descendre se confie au DEVOIR, parle de sa carrière, de l’art français, de la difficulté aussi de faire des films sur l’art.Page C-9 27 ans, une belle gueule et un instinct du tonnerre Nathalie Petrowski JE SUIS ENTRÉE dans le bar à l’heure prévue mais mon oeil avait beau balayer les environs, aucun client ne répondait au nom de Roy Dupuis ni même à celui d’Ovila Pronovost.Je n’étais pas étonnée car dans le demi-monde des comédiens montréalais, on ne cesse de répandre les pires rumeurs sur l’énigmatique Roy Dupuis.On dit de lui que c’est un rocker de la pire espèce qui brûle ses nuits et écume tous les bars de la ville et qu’en comparaison, Ovila Pronovost, c’est du petit lait ou de la petite bière, au choix.Certains l’ont vu se jeter tout habillé dans une piscine, d’autres monter sur les tables pour y danser, d’autres encore, tomber en bas de sa chaise après avoir touché le fond de son verre.Certains prétendent qu’il se prend pour James Dean ou Marlon Brando et que la fureur de vivre finira un jour par l’emporter, fut-ce au paradis ou chez le diable, au choix aussi.Qu’il ne soit pas au rendez-vous était donc tout à fait dans l’ordre des choses.Quand on cultive un aussi beau mythe à l’âge précaire de 27 ans, on ne fait pas de politesse à personne et on s’arrange pour arriver avec aux moins trois bonnes heures de retard.C’est ce que je me disais en traversant le bar trop chic du Ritz où le jean est proscrit et la cravate, obligatoire, bref le genre d’endroit où même s’il avait voulu y entrer, Roy Dupuis aurait été formellement interdit.Sauf qu’il était là, en avance sur son heure, tout petit et tellement sage dans son coin qu’il a fallu que j’y regarde deux fois, pour m’assurer que c’était bien lui, l’enfant terrible que tout le monde aime même les petites vieilles qui le voient dans leur thé et seraient prêtes à tout lui par- donner, moyennant un sourire signé, sourire que Roy se fait un plaisir de leur accorder.Enfoncé dans un manteau en cuir, celui-là même que portaient les pilotes allemands de la deuxième guerre, Roy Dupuis sirotait un Bloody Mary et grillait des Du Mau-rier avec un air d’enfant de choeur.Il s’excusa non pas d’exister mais de garder son manteau.Le serveur avait bien essayé de lui refiler une cravate et un veston mais Roy avait gentiment refusé, promettant de ne Comme si le jeu était plus qu’un métier, plus qu’un art.Comme si c’était l’air qu’il respire et le seul mode de vie qui lui convienne.pas révéler à l’assistance le t-shirt délavé, vestige de sa période punk, qu’il portait sous son manteau.Je le dévisageai un instant en me demandant bien à quelle genre de bébitte j’avais affaire.Allait-il jouer à la star et ne répondre que par monosyllables ?Allait-il m’envoyer promener ?Ni l’un ni l’autre.Roy Dupuis se prêta au jeu avec la bonne volonté d’un élève qui veut bien faire.Non pas qu’il soit particulièrement articulé, ni qu’il ait toujours les mots pour exprimer clairement sa pensée.De fait, Roy Dupuis n’a que ses 27 ans, sa belle" gueule et un instinct du tonnerre pour répondre aux questions comme pour jouer.Fan invétéré de Marlon Brando et de Al Pacino, il n’a rien de l’acteur intellectuel qui réfléchit sur le théâtre et la Voir page C-2 : Dupuis PHOTO JACQUES GflENIER PHOTO JACQUES GRENIER Alain Pontaut DANS Oncle Vania, de Anton Tchékhov, que présente le Théâtre Populaire du Québec à la Maison de la culture Frontenac avant la tournée québécoise, on a confié à Jean-Louis Millette un rôle digne de ses moyens, celui du célèbre professeur d’art Serebriakov, dont Vania, après l’avoir vénéré, découvre que c’est un imbécile prétentieux, une nullité qui a fait illusion à tout le monde, à ses pairs, aux femmes qui l’ont toujours adoré, à sa fille, à sa belle-mère, à Vania, qui a sacrifié pour lui les plus belles années de sa vie.Un rôle qui n’est pas tellement long, un personnage qui n’est pas si souvent en scène, ni éclatant, ni sympathique, mais qui fascine les autres personnages, les forçant dans une grande mesure à se définir par rapport à lui.Un homme qui est comme l’âme, insolite, le moteur, le pivot de l’action.Deux fois, et sur deux continents différents, on a pensé à Jean-Louis Millette pour incarner Serebriakov.« D’abord, explique le comédien, Lou Fortier, qui nous met en scène dans Vania et avec qui on avait remis en place Les Feluettes de Michel-Marc Bouchard pour la reprise du spectacle et pour sa présentation à Paris.Ça a très bien marché, Les Feluettes, au Théâtre du Ranelagh à Paris, et on a eu une très bonne critique.» (En fait, Millette était porte aux Jean-Louis Millette interprète le Serebriakov (XOncle Vania nues par des quotidiens comme Le Figaro, qui n’hésitaient pas à le qualifier de génial.) « Mais au moment, dit-il, où Lou m’appelait en France, à Chartres ou quelque part, pour me proposer Serebriakov, une célèbre femme de théâtre française, surtout connue comme dessinatrice de costumes, avait le projet avec Antoine Vitez de monter Oncle Vania à la Comédie-Française et me proposait aussi de jouer le professeur.Evidemment elles ne s’étaient pas consultées.Au Français, tout le monde était d’ac- pièce, devant sa mise en scène.Mais elle est intelligente et chaleureuse.Elle laisse aller puis se manifeste.Précise.Pas tyran.L’aventure est belle.» Plongé dans Tchékhov, qu’il joue pour la première fois, Jean-Louis Millette en parle avec acuité : « L’action est là, mais intériorisée.Elle dit la désespérance du quotidien dans une partition dramatique très subtile et très pénétrante, qui semble faire sentir, bien plus qu’elle ne décrit, révolution de toutes ces solitudes.Un monde qui témoigne du dé- « Pour s’approprier un personnage, il faut ouvrir des compartiments entre le coeur et le ventre, des déclencheurs d’émotion.Aller au bout d’une certaine générosité.» cord, les comédiens étaient presque engagés (Roland Bertin, Jacques Weber).Malheureusement, Vitez est mort peu après et son successeur est arrivé avec d’autres projets.» Bref, tout le monde voyait Millette dans le rôle et Lou Fortier a eu finalement gain de cause, dont le comédien dit aujourd’hui : « Elle a eu un peu peur, au début, je crois, devant la goût de l’action, de la misère morale, de l’ennui.Et vous savez, une pièce sur l’ennui, ça peut jouer des tours.Mais c’est tellement vrai et vivant, cet univers ! Et familier.Je crois que Tchékhov finit par nous ressembler.» Il veut dire : aux Québécois et il a quant à lui modifié quelque peu l'éclairage habituel du personnage.L’après-Nelligan de Jim Corcoran Le Jim Corcoran (ci-contre) d’aujourd’hui n’est plus tout à fait celui d’avant Nelligan.Plus à l’aise vocaleinent, au niveau du geste aussi, il se sent maintenant en paix avec lui-même, ce qui n’a pas toujours été le cas.Sylvain Cormier l’a rencontré Page C-5 « On l’a toujours joué, dit-il, comme un pantin, un vieux fat, malade, un peu, mais clownesque et insensible, ridicule.Moi, je l’ai vu aussi désespéré que les autres, terrifié par la maladie et la mort, crânant et évitant de le montrer, prenant avec sa femme beaucoup de place, ayant toujours été gâté par tout le monde, c’est vrai, mais soudain plongé, avec le temps qui passe, avec le remue-ménage du passé, dans une retraite obscure où je crois qu’il accepte plutôt le jugement de Vania sur lui : un raté, un minable.Et qui rejoint le désespoir des autres par sa peur.Ainsi il ne dit pas qu’il a la goutte, maladie qui menace le coeur, il parle de ses rhumatismes, etc.Mais tout dépend de l’idée qu’on s’en fait.J’ai regardé récemment une production britannique de Vania et l’Acte 2, celui où Serebriakov dit qu’il pleure sans arrêt, qu’il a peur de la mort, qu’on lui en veut parce qu’il est vieux, etc., eux en faisaient une scène ironique et presque souriante.» Et quant à la tournée, Jean-Louis Millette s’interroge : « Est-ce qu’un Tchékhov aujourd’hui peut attirer la jeunesse ?Ou allons-nous porter tout seuls la bannière de la culture, compte tenu qu’en province, il n’y a que trois choses qui marchent : Ding et Dong, Broue et le théâtre d’été ?A la NCT, est-ce qu’ils ne sont pas trop vieux, à 14 ans, pour être initiés au théâtre ?Et pour les jeunes comédiens, par ailleurs, alors que la télévision est le médium culturel et qu’il Voir page C-2 : Millette le cahier du t • amedi Vanna \hramo\n MUSEE D ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL Montréal, samedi 9 mars 1991 «Tchékhov finit par nous ressembler» Roy Dupuis, entre l’ange et l’animal v C-2 ¦ Le Devoir, samedi 9 mars 1991 + Dupuis théâtralité.Roy Dupuis aime trop l’action pour perdre son temps en vaines reflexions.Peu porté sur la lecture, n’allant pratiquement jamais au théâtre, Roy Dupuis a besoin de bouger, de déplacer de l’air, besoin que ça clique avec les gens et plus particulièrement avec les metteurs en scène.« Pour moi ce n'est pas du travail mais des rencontres.Il faut qu’il y ait une chimie entre nous, après quoi je me mets entièrement à leur service.C’est comme une histoire d’amour dans le fond.» Depuis sa sortie de l’École Nationale en 86, Roy Dupuis a connu beaucoup d'histoires d’amour, réussissant par la même occasion à s’imposer en très peu de temps comme une des étoiles montantes de sa génération.Reconnu pour l’intensité naturaliste de son jeu et pour la physicalité animale qu'il insuffle à ses personnages, on l’a vu au théâtre dans Le chien, puis dans Roméo et Juliette au TNM et finalement dans Un oiseau vivant dans la gueule au Quat’Sous.Pres-qu’en même temps, il décrochait des petits rôles au cinéma dans Jésus de Montréal, Dans le ventre du dragon, Comment faire l'amour avec un nègre et Sortie 234 où il partageait la vedette avec Jean L’Italien.Le coup de grâce vint évidemment avec le rôle d’Ovila, un rôle pratiquement fait sur mesure pour lui qui le consacra comme acteur de caractère et lui valut l’admiration quasi-hystérique des trois quarts de la gente féminine québécoise.À cela, Roy Dupuis n’a rien à ajouter sinon qu’il est très content de son travail dans Les filles de Caleb, qu’il n’a rien à se reprocher même pas les scènes de nu qu’il n’a pas trouvées évidentes à faire.« C’était un peu gênant en même temps j'étais content qu’on aille aussi loin.Au lendemain de la diffusion, je me suis beaucoup fait achaler avec ça, mais dans le fond c'est pas désagréable de se faire dire qu'on a des belles fesses.C’est mieux qu’une claque dans la face, non ?» Né à Amos Abitibi en 1963, Roy ju- 7 LE DEVOIR Service de PUBLICITE } 842*9645 nior Dupuis est le fils aîné d’une mère catholique qui donnait des leçons de piano et d’un père tout aussi catholique, commis voyageur pour la Maple Leaf.À l’âge d’un an et demi, Roy junior fit une rencontre marquante avec celle qui devait plus tard le lancer, à savoir la télé.« J’étais en train de jouer avec les pitons de la télé, raconte-t-il.Mon père demanda à ma soeur de m’ôter de d’là.Ma soeur se mit à me tirer par en arrière sans voir que j’étais agrippé après l’appareil.J’ai littéralement mangé la télé qui en retour m’a écrasé le nez.Il faut croire que nous étions faits pour nous comprendre.» Dès l’âge de 4 ans, Roy junior commence à apprendre le violoncelle.Cinq jours par semaine, deux heures par jour jusqu’à l’âge de 11 ans, il s'échine sur un instrument qu’il a depuis abandonné mais qu’il promet un jour de reprendre.À l’adolescence, la famille déménage à Sainte-Rose en banlieue de Montréal, les parents se séparent et junior, un peu perdu, hésite entre les sciences pures et le théâtre avant de se retrouver au ce-gep en psycho.Un an plus tard, il se présente sous le nom de Stéphane Labelle aux auditions de l’École Nationale.« Je devais au départ servir de réplique à une amie.Le jour avant, elle m’apprend qu’un de ses amis inscrit aux auditions avait décidé de ne plus se présenter.Je me suis présenté à sa place.Tout allait très bien jusqu’au moment où Michelle Rossignol qui me faisait passer l’audition, vit la photo qui accompagnait ma demande d’inscription.' Visiblement, je n’avais pas la même tête que Stéphane Labelle.» L’histoire veut que Rossignol grondât gentiment le beau Roy, avant de lui conseiller de s’inscrire officiellement à l’école, ce qu’il fit le lendemain matin et ne regretta pas une seule minute après.« Je me suis dirigé vers le théâtre par hasard, sans trop savoir ce que je faisais.Je me rends compte aujourd’hui qu’il y a des hasards comme ceux-là qui changent radicalement une vie » dit-il avec un brin d’étonnement comme s’il n’était pas encore tout à fait revenu de la tournure récente des événements.Lorsque les Filles de Caleb n’était encore qu’à l’état de projet, Roy junior s’achetait un billet d’avion pour Paris.Il devait en principe y rester 8 mois pour interpréter le rôle principal dans une pièce de Genêt.« La pièce était montée par un metteur en scène qui avait connu Genêt.Les affiches étaient prêtes.On m’avait même promis la loge de Maria Ca-sarès.C'est à ce moment-là que j’ai rencontré Jean Beaudin et qu’il m’a proposé le rôle d’Ovila.J’ai alors passé un très mauvais quart d’heure sans arriver à me brancher.Finalement j’ai décidé que c’était plus important pour moi de faire mes preuves ici d’abord.» Est-ce le fric qui l’a fait pencher ?« Jamais de la vie.Je viens juste de refuser de faire une pub très payante.De la même manière, je n’ai pas envie de jouer dans des téléromans, tant que je peux me le permettre du moins.J’ai déjà essayé et je n’aime pas comment on y travaille.» Que veut faire Roy Dupuis maintenant que la série qui l’a lancé est terminée et qu’Ovila Pronovost est mort et enterré ?L’acteur soupire un instant en laissant son regard vert fixer le mur.« À vrai dire je ne le sais pas.Toutes sortes d'avenues s’offrent à moi et il va bien falloir que je me branche mais je ne sais pas encore exactement dans quelle direction.C’est à tout cela que je réfléchis ces jours-ci.Chose certaine, ce que j’aime le plus faire dans la vie, c’est jouer.Je suis avant tout un joueur.» Il dit cela avec un sourire en coin comme s’il était content d’être dans ses souliers et qu’il ne voulait pas les partager.Comme si le jeu était plus qu’un métier, plus qu’un art.Comme si c’était l’air qu’il respire et le seul mode de vie qui lui convienne.Dupuis commande une troisième Bloody Mary.Son paquet de cigarettes est pratiquement vide.D’ici quelques jours, il s’envolera pour Paris jouer le rôle d’un photographe dans Les veufs, une co-production franco-québécoise.Au retour, il rêve de s’acheter une terre à la campagne et peut-être même d’y bâtir maison.« J’ai besoin de quitter la ville, de prendre un peu de recul.Quand j’étais petit, ce que j’aimais le plus c’était de me bâtir une cabane dans le bois » dit-il avec cet air d’ange à qui on donnerait le bon dieu sans confession.Sauf que l’ange marque soudainement une pause, un éclair diabolique passe dans son regard, « j’ai pas besoin de grand’chose pour bâtir ma maison, juste mes deux bras et une bonne.tronçonneuse.» + Millette n’y a à l’horizon de la télévision qu'une suite de Jamais deux sans toi et le soap quotidien de madame Payette, quels débouchés ?Je fais du coaching à l’École nationale avec les finissants et je reçois aussi des appels, des lettres.Je ne suis plus capable d’encourager personne.Il n’y a pas de place.Et le milieu est une jungle qui commence à ressembler à New York.Ces jeunes-là, au mieux, vont faire du théâtre marginal, autogéré, avec 75 $ au bout de la semaine.Et il y a une centaine de nouveaux arrivants par année ! » Je demande : « Est-ce que ça n'était pas aussi difficile à l'époque de vos débuts ?» Il a un grand sourire et il répond : « Oh, non ! Je me souviens de la merveilleuse époque de Paillasson.Il y avait des gros budgets pour les émissions.On nous invitait même à écrire : Kim Yaros-hevskaya, Paul Buissonneau, Luc Durand, moi.Moi qui venais de Saint-Henri, je n’ai pas eu d’école, sinon celle de Paul Buissonneau, à la Roulotte d’abord, dans les parcs, où on apprenait en dilettante à bouger son corps, à acquérir le sens du rythme.Et puis le Gesu (qu’on rénove actuellement), les débuts du TNM, Antigone par Le Masque de Charlotte Boisjoli et Fernand Doré, à nouveau Buissonneau pour Orion le tueur ou La Tour Eiffel qui tue.Mais, après tant d’années, les plus beaux souvenirs du théâtre de Jean-Louis Millette demeurent Fin de partie à l’Egrégore, Le Cosmonaute agricole de Obaldia en 1976 à la NCT, Six heures au plus tard, de Perrier, Les Feluettes.Un cadeau, cette pièce, dit-il, et cette expérience à Paris, cette dame un soir, pleine de rubans, dans ma loge, qui me disait, émue : « Vous me rappelez nos vieilles comédiennes, Tania Balachova, Lucienne Bogaërt.» Et moi qui la regardais, sans voix, avec mon crâne rasé et mon gros ventre.» Jean-Louis Millette avoue ne pas savoir comment on fait pour s’assimiler un rôle.« Stanislavski, sourit-il ?La Méthode, comme on dit à New York ?En gros, pour s’approprier un personnage, je ne sais pas, il faut ouvrir des compartiments entre le coeur et le ventre, des déclencheurs d’émotion.Il faut être embarqué dans une histoire d’amour : une bonne pièce, une bonne mise en scène, etre collé à la bande de ceux qui travaillent avec vous, que le public marche.Aller, aidé par le metteur en scène, au bout d’une certaine générosité.« Et aussi, pour moi, essentiel : le défi, la polyvalence.Là, j’ai accepté de faire avec « Carbone 14 » un texte allemand tout à fait infaisable d’Hei-ner Müller.Un long monologue de sept pages.» Il me montre le texte, hermétique et farci d’images, sans fin, seulement ponctué par des virgules, avec des membres de phrases qui ne se raccordent pas.« Ça s’est appelé, dit-il, Paysage sous surveillance et maintenant ça s’appelle Peau, chair et os.« Il y a mon monologue, et puis des bulles : le chant de Pauline Vaillan-court, de la danse et du mouvement, beaucoup d’objets, d’images en projections.C’est pour bientôt, dit-il ravi, et je ne sais pas du tout encore ce que je vais faire avec ce texte-là.Voilà.C’est le défi.» jfryomm L'OLYMPIA cdmsuim théâtre du nouveau monde mressctxr Olivier Reichenbach DÉCOR Michel Crête commss Mérém Caron JeanDalmain André Montmorency Martine Francke LES PRODUCTIONS ROZON PLAISANTENT COURTEMANCHE Ce soir ne manquez pas Michel Courtemanche à l’émission Juste pour Hire à Radio-Can aila SPECTACLE ?VERSION | INTERNATIONALE ! -TELLE QUE PRÉSENTÉE i A L’OLYMPIA DE PARIS.C { .I SOIR SEULEMENT! fc W badi On ne ne pas avec dAlfred de Musset Jacques Brouillet Michel Hinton Jean-Louis Paris DU 12 MARS Al 6 AVRIL Mardi au vendredi: 20h Samedi: I6h et 2 84, rue Sle-Cathcrine Ouest M Place des Arts Stationnement adjacent au théâtre RÉSERVATIONS: 861-0563 SEMI fZj MOLSON (|) O’KEEFE ZÆk ia fiMAnnrmr m oison o « r r » r RESTES HUMAINS NON IDENTIFIÉS ET LA VÉRITABLE NATURE DE L'AMOUR T il £ À T K K » E QUAT'SOUS UK), AV DES PINS EST, MTL.avec YVES JACQUES, ÉLISE GUILBAULT, DENIS ROY, MARIO SAINT-AMAND, GARY BOUDREAULT, MARIE-CHRISTINE PERREAULT et PASCALE MONTPETIT «K l« rvnufjbjn CLAUD! ACCOLAS, MARC-ANDRÉ COULOMB!, RICHARD LACROIX, CLAUD! LEMILIN, JACQUELINE ROUSSEAU «I ALAIN ROY de BRAD FRAYER traduction et mise en scène de ANDRE BRASSARD Dès le 18 mars prochain • Mardi au samedi 20 h - Dimanche 15 h RÉSERVEZ DÈS MAINTENANT 845-7277 tnvtimcni'.z Al’LDL-VtUK (514) 522-1245 THÉÂTRE Les Belles-Soeurs, un party réussi Les Belles-Soeurs une pièce de Michel Tremblay dans une mise en scène de Serge Denoncourt.présentée par le Théâtre du Trident, au Grand Théâtre de Québec, jusqu'au 23 mars.Jocelyne Richer QU É B KG — Pourtant passé de mode dans les moeurs sociales féminines depuis belle lurette, le gros party de collage de timbres-primes organisé par Michel Tremblay n’a pas pris une ride.Serge Denoncourt, le metteur en scène des Belles-Soeurs, réussit à nous faire oublier rapidement l’anecdote qui sert de prétexte à la pièce, pour nous conduire à l’essentiel : l'incapacité de transgresser la misère.Depuis leur naissance, il y a près d’un quart de siècle, Les Belles-Soeurs ont tellement fait parler d’elles, que tout le monde, sans doute, connaît leur drame : Germaine Lau-zon invite ses belles-soeurs et voisines à partager sa joie d’avoir gagné un million de timbres-primes, un gros lot qui lui permettra enfin de s’acheter tout ce qu’elle désire.Mais le party tourne mal, l’envie étant au rendez-vous.Serge Denoncourt avait promis de coller le plus possible à l’oeuvre elle-même et de la servir humblement, comme on fait avec les grandes oeuvres qu’on craint de trahir en se les appropriant.Il a tenu sa promesse.Et on assiste, émus, à ce ballet d’impuissantes sympathiques, de mé-mères amères, si frustrées et pourtant si attachantes dans leur dérisoire tentative de faire un pied de nez au destin.« C’est une pièce sur la dépossession », soutient le metteur en scène.C’est vrai.L’envie et la jalousie des unes aura tôt fait de couper les ailes à la chanceuse du groupe, les vertueuses belles-soeurs se transformant en vautours.Germaine Lau-zon, la grande gagnante, devient la grande perdante, son gros lot envolé, avec ses dernières illusions.La misère revient, intacte.Le sujet est grave, certes, mais le ton des Belles-Soeurs demeure étrangement léger, et on rit beaucoup en entendant les suaves répliques de Rose Ouimet ou de Lisette de Courval.On rit de leur drôle de vie et de leur drôle de langue râpeuse, comme un stigmate de leur maladie d'être.Lors de sa sortie, en 1968, on a accordé tellement d'importance au fait que cette pièce était écrite en jouai qu’on en a presque oublié le propos, pourtant d'une richesse qui la place au rang des oeuvres importantes de la dramaturgie francophone.Son succès international en fait foi.Aujourd’hui, le jouai ne choque plus, le public et l’oeuvre ont bien mûri et a partir de là, tout devient possible.On peut plonger dans l’univers de Tremblay et y découvrir ce que l'on cherche.Quant à lui, Serge Denoncourt en à faite une lecture audacieusement politique, y voyant une fable sur l’histoire du Québec (Germaine Lauzon) qui essaie de s’affranchir de son statut de province comme les autres, mais qui s’en voit empêcher par ses belles-soeurs de provinces récalcitrantes.Voilà une interprétation originale, ni outrancière ni évidente.Sauf à la fin, par un punch bien senti, Denoncourt a tout de même eu le bon goût de ne pas imposer sa vision au public et de s’en tenir à son objectif initial : servir l’oeuvre et non se servir de l’oeuvre.Il s’est entouré, pour ce faire, d’une distribution impeccable, 15 comédiennes de Québec magnifiquement dirigées, habiles à dessiner cette caricature sociale sans donner dans la caricature.Denise Gagnon en Germaine Lauzon, Marie-Ginette Guay en Marie-Ange Brouillette, Marie-Thérèse Fortin en Pierrette Guérin ou Renée lludon en Lisette De Courval, Odette Lampron en Rose Ouimet, pour ne nommer que celles-là, n’ont certainement rien à envier aux Denise Filiatrault, Rita Lafontaine et autres splendides interprètes qui ont marqué la création des Belles-Soeurs en 1968.Aujourd’hui, la cuisine des Belles-Soeurs est plus dépouillée, plus surréaliste, et les murs de préfini ont été remplacés par une sorte de cage métallique faite de dizaines de tables de cuisine superposées.Génial : les belles-soeurs sont cloîtrées dans leur cuisine, comme des bêtes dans leur cage.En 1991, les belles-soeurs vivotent toujours, et espèrent toujours.Pier-r rette Guérin, la rockeuse malheureuse crie encore son « qu’est-ce que je vais devenir ?».Et on y croit, et on a peur pour elle.Et toutes les Germaine Lauzon qui sommeillent en nous se sentent trahies quand celle-ci découvre que ses amies lui ont volé son beau rêve.On a tous nos timbres-primes, nos Eldorado et nos Terre promise.Mais la volonté et la chance ne suffisent pas à tout changer autour de soi ou en soi, nous rappelle magnifiquement Tremblay.La gravité perd ses ailes, quand l’âme pèse trop lourd.ORCHESTRE DE CHAMBRE McGILL Chel d'orchestre: ALEXANDER BROTT ¦SÊk * -s Solistes: f Justino Diaz, Gary Karr, basse contrebasse Mozart: Symphonie no 33, K.319 et airs de concerts pour basse Hoffmeister: Concerto pour contrebasse no 2.Rossini-Paganini: “Moses Fantasy” LUNDI, 1er AVRIL, 20h.30 Sous le patronage de mmmtin umTeL Billets: $25.00, âge d’or $12.50 étudiants $9.00 en vente à la Place des Arts cft> Théâtre Maisonneuve Réservations : 842 2112 Place des Arts Renseignements : 285 4253 CARBONE 14 F* £* Cl / / , I/- IILLETS EIM VENTE DÈS MAINTENANT ADMISSION: 522-1245 IM OIV! B FI E DE PLACES LIMITÉ r i t Le Devoir, samedi 9 mars 1991 ¦ C-3 CINEMA__ Ute Lemper simple et vraie L’Autrichienne, un film de Pierre Granier Deferre avec Ute Lemper, Patrick Chesnais et Daniel Mesguich.L’Autrichienne De pierre Granier-Deferre, avec Ute Lemper, Patrick Chesnais, Daniel Mesguich, Frédéric Van Der Driessche, Pierre Clementi, Géraldine Danon, Philippe Leroy-Beaulieu, Paul Le Person, Rufus.Scénario : Alain Decaux et André Castelot.Image : Pascal Lebègue.Décors : Jacques Saulnier.Costumes : Liliane Delers.Musique : Didier Vasseur.France, 1989.100 minutes.Au Parisien.Francine Laurendeau J B N’ARRIVE pas à me rappeler pourquoi, à peine arrivée à Paris, mes pas m’ont poussée non pas vers le Louvre ou tout autre endroit hautement touristique mais vers la Conciergerie, dans l’île de la Cité, Quai de l’Horloge.(Et croyez-moi, c’était bien avant les célébrations du Bicentenaire.) Mais je me souviens comme si c’était hier de la tristesse qui m’a empoignée pendant la visite de cette prison hantée par les fantômes des victimes de la guillotine révolutionnaire.Ney, Chénier, Danton, les Girondins, Saint-Just, Marat.C’est dans cette galerie, à cette fontaine, que Mesdames Récamier et Roland, privées de domestiques, devaient laver leur linge.Et c’est dans ce cachot sordide qufe l’épouse du roi Louis XVI, la reine Marie-Antoinette, désormais « Veuve Capet » et séparée de ses enfants, allait voir fondre ses derniers espoirs d’évasion ou, au pire, de condamnation à l’exil.Le lieu est sombre, les plafonds bas, la cour claus-trophique.On est atterré.Je ne suis jamais retournée à la Conciergerie mais j’en ai retrouvé l’atmosphère oppressante dans le film de Pierre Granier-Deferre.Après quelques productions populaires (dans le bon sens du mot) avec de solides comédiens (Jean Gabin, Simone Signoret, Romy Schneider, Alain Delon), après une collaboration pour deux longs métrages plus originaux avec le romancier Jean-Marc Roberts ( Une étrange affaire et L'Ami de Vincent), le voilà qui s’intéresse à un des épisodes les plus honteux de la Terreur.Inspire de très près de la vérité historique et des minutes du procès, L’Autrichienne reconstitue avec rigueur les trois derniers jours de la vie de Marie-Antoinette.Octobre 1793.Marie-Antoinnette a 38 ans.Elle a subi quatorze mois de captivité.Son mari a été guillotiné, ses enfants lui ont été arrachés.Pâle, émaciée, les cheveux prématurément blanchis, elle refuse d’implorer la pitié.Elle marche la tête haute et répond avec dignité à ses accusateurs qui ne la ménagent pas.Et jusqu’à ce que la charrette l’emmène vers l’échafaud, elle se comportera en reine.C’est-à-dire en femme qui se croit née d’une caste supérieure, sûre de son bon droit, convaincue par conséquent que les privilèges dont elle a profité sont dus a son rang.On ne pouvait pas demander à cette aristocrate de se convertir subitement à la démocratie.Granier-Deferre nous la présente donc en victime.Victime de l'histoire, victime d’une conjoncture particulièrement cruelle.J’ai parlé de rigueur.Mais économie de moyens ne signifie pas laconisme.Le son est travaillé avec un soin extrême.Quand les « droits communs » assiègent, une nuit, la fenêtre du cachot de la prisonnière, on croit entendre (c’est très bref) la populace qui vocifère contre une autre prisonnière, la Jeanne d'Arc de l’oratorio d’Honneger.Le découpage n’est pas que visuel.On joue avec les plans sonores : ainsi, comme dans la vraie vie, il y a des moments du procès où l’écoute de Marie-Antoinette est sélective.Le jour est blême.La nuit, la lumière semble émaner des bougies, c’est éclairé comme du Georges de La Tour.Seuls les brefs flash-backs sont lumineux.Le tribunal révolutionnaire est fatalement antipathique : on s’est tenu au texte du procès, violemment ou-trancier.Mais la bonne idée, c’est Ute Lemper.Cette Allemande, connue à la scène pour avoir interprété Cat’s à Vienne, Peter Pan à Berlin, Cabaret à Paris et, un peu partout en Europe, un tour de chant consacré à Kurt Weil et Bertold Brecht, fait ici ses débuts à l’écran.Et en plus d’avoir le petit accent germanique sans lequel le personnage de l’Autrichienne ne serait pas plausible, elle est simple et vraie.PCNCAIW MÊmMMâ .¦ mmmmt fft * ST-DENIS ft CRÉMAZIE CRÉMAZIE _ les nuits avec mon ennemi Version française de 'Sleeping with the enemy' mnitBCBBViiEprt tUiMiiDGliJnepwa Mmmm Mims mm rauww imi™ swtkŒdiffl atcétprakd'MÜ CMNQY pWb LEOfflWlSj bdfifciRtlkfÉCÏME dieftai h JOSEPH RUBEN ftffljfrDBPr yfchttftok ; tepdlmtoit ten N Cartfr mi '-at*! tta j -f- CINfMAS ClNEPLEX ODfON DES LE 15 MARS! mn»] 2001.RUE UNIVERSITY 1071, CHEMIN DU COTEAU Le vendredi * 15 mars 1991 De 20 h à l’aube oAnryot, tiouÆn» Bertrand, Mark-Clair# Blah, Yves Boisvert, Bonnet de nuit, Denise Boucher, \ ftdrl Broche, Nicole Brossent Pool ChambeHond, François Charron, Hugues Conta», Antonio », Normand De Belief eu die, Miche el Delisle, Francine Déry, Denise Désoutels, Patrice Désirions, Louise mç Hélène Dorion, Louise Dupré, Jocelyne Febc, Lucien Fraixoeur, Jean-Marx Fréchette, Chrisfrane , Michel Carneau, Gérold Goudet, Gai Moutarde, André Gervars, Mono Lalif Ghottas, Roland Giguire, Claude Hoeffely, Suianne Jacob, Alberto Kuropel, Marie laberge, Michèle lolonde, Gilbert langevin, Georges langford, Paul-Marie Lapointe, MichelLedert, Renaudlongchamps, PoulCbanelMolenfant, Marco Mkone, Gaston Mlron, Alphonse Pkhi, Bernard Poxler, Alix Renaud, André Roy, Jean Royer, MarieSavord, Jonou St-Denis, Fronce Thèorel, Elise Turcotte, Michel Van Schendel Denis Vanler, Yolande Villemoire, Louise Worron, Josée Yvon.Université du Québec à Montréal, Salle Mart»-Gérln-La|oie (J-M400), Pavillon Judith-Jasmin, 405, rue Sainte-Catherine Est, Montréal (Métro Berri-UQAM) Wf«/s:5$(JSà la Nuitda lo poésie Berri-UQAM) et ' df23hsldesslèges»nllWf*s) taw/grumofllf.• billetterie dît UQAM, (51 A)987-3456 lise en direct sut éaongéont sur lo Gronde plocedu paviJon Judith-Jasmin (métro ‘ personnes pourront y ovoir oaès gratuitement.Pour les personnages de femmes The Krays De Peter Medak, avec Billie Whitelaw, Gary Kemp, Martin Kemp, Susan Fleetwood, Charlotte Cornwell, Jimmy Jewel, Avis Bunnage, Kate Hardie, Alfred Lynch, Torn Bell.Scénario : Philip Ridley.Image : Alex Thomson.Musique : Michael Kamen.Grande-Bretagne, 1990.119 minutes.Au Rialto.Francine Laurendeau Tombés du ciel, un film de Francisco Lombardi.NÉS À LONDRES en 1934 d’une famille plus que modeste, les jumeaux Ron et Reg Kray allaient devenir, dans la pègre londonienne des années soixante, un tandem redoutable et, il faut bien l’avouer, très à la mode.On a vu dans leurs boîtes de nuit des stars du sport et du spectacle, tels Judy Garland, Rocky Mariano, Joe Louis, Frank Sinatra.Leur règne fut de courte durée.À trente-quatre ans, après quelques meurtres particulièrement sanglants, ils étaient condamnés à de lourdes peines de prison qu’ils purgent toujours.C’est bien joué, bien reconstitué, bien tourné.On a envie d’ajouter : air connu.Les films sur la pègre, le milieu, la mafia sont tellement courants ces temps-ci qu’on en est littéralement saturé.Sauf que celui-ci se distingue très nettement des autres.Ceux qui l’ont vu au dernier Festival des films du monde ne sont pas près d’oublier le personnage transcendant de The Krays : Violet Krays, la mère des jumeaux.Ni les autres femmes du film.La mère, la soeur de Violet.Et la jeune Frances.De mère en fille, on se passe le mot.« Les hommes sont de grands enfants.De la naissance à la mort, ils crient, ils commandent, ils font les importants.Mais ils ne savent rien.Et notre lot à nous, les femmes, c’est de leur laisser croire qu’ils ont le pouvoir.» Tout le contraire du féminisme.Un matriarcat amer et rancunier qui n’est pas sans une certaine parenté avec le monde de Michel Tremblay.Violet ne perd pas une occasion d'écraser de son mépris son insignifiant mari.Avant de mourir, la tante Rose fus- aux abois PHOTO RICHARD BLANSHARD The Krays, un film de Peter Medak avec Billie Whitelaw.Tombés du ciel Réalisation : Francisco Lombardi.Scénario : G.Pollarolo, A Cabadda, G.Herrero, F.Lombardi.Avec Gustavo §ueno, Diana Quijano, Leontina Antonina, Carlos Gassols, Davis iiniga.Images : José Luis Lopez Ottares.Musique : Alejandro Masso.(Pérou 1990).En v.o.espagnole, s-t-français, Au Parisien.135 min.Odile Tremblay i 1)U PÉRUVIEN Francesco Lombardi, on connaissait déjà l’excellent film corrosif La fille et les chiens basé sur le roman de Mario Vargas Llosa et La gueule de loup, une fiction politico-militaire.Mais voilà qu’en septembre dernier au Festival dqs films du monde, son long métrage Tombés du ciel ( Caidos del cielo) héritait, à la surprise générale, du grand prix des Amériques.Drôle de choix et drôle de film : Très sud-américain de facture, hyperréaliste, avec une violence sourde et omniprésente, des accents de mélodrame, un fatalisme lourd comme une chape de plomb.Tour à tour cynique, cueul et émouvant; on est pris et agacés tout à la fois.Tombés du ciel est un tryptique.À Lima, trois destins, trois générations s’entrecroisent, s’ignorent la plupart du temps.Il y a d’abord un couple âgé, ex-riches propriétaires d’une hacienda.Aujourd’hui ruinés et égorgés par l’inflation galopante, ils caressent un rêve : se faire construire un spacieux mausolée de marbre pour leur dernier repos.Une sorte d’ironie féroce, absurde flotte sur cette partie du film interprétée avec finesse, détachement et un doigt de ridicule.Les vieillards sacrifient tout : leurs biens, leur honneur, leur tigera de sa colère les hommes qui, pendant la guerre, allaient lancer leurs bombes et jouer les héros tandis que les femmes, elles, avaient la double tâche de s’échiner dans les usines et de ravitailler leur famille.C’est nous, dit Rose, qui avons tenu le pays debout.Mais comme toujours, on a oublié de nous dire merci.Comme toujours, la gloire et les honneurs ont été réservés aux hommes.C’est pour n’avoir pas compris cette triste vérité que Frances s’abîmera dans son amour pour Reg.Jusqu’à en perdre son identité.Jusqu'au suicide.Un personnage pitoyable et tragique.Mais le film n’est pas sans épisodes savoureux, comme cette séquence où Violet vient chercher son petit garçon à l’hôpital et vie pour cette maison posthume, alors qu’autour d’eux, le pays tombe en ruine.Leur locataire Humberto est un populaire animateur de radio qui prêche l'optimisme et la confiance en soi sur les ondes.Mais parce qu’il a été défiguré par un accident de la route, aucune femme n’accepte de vivre à ses côtés.Jusqu’au jour où il recueille Veronika.Elle vient d'essayer de se suicider, cache un lourd secret dont son sauveur ne pourra supporter la découverte.Tandis que l’optimisme s’enfuit par la porte de derrière, la romance bascule dans le cauchemar.Dernier volet du film et non le moindre : l’histoire pathétique à souhait de deux jeunes enfants élevés dans une cahute misérable par une grand-mère aveugle qui tient de la sorcière de contes de fée.Elle les force à courir les décharges publiques pour nourrir un énorme cochon baptisé Champion, cadeau de ses anciens maîtres.Lorsqu’il sera plus gras encore, le but de la marâtre est d’en tirer un bon prix et de se faire opérer pour la vue.Mais l’horrible porc se révèle un gouffre sans fond qui dévore tout : betes et gens.Il représente, paraît-il, une allégorie de l’Amérique latine grugée par les dettes, qui finit par avaler ses enfants.« Tombés du ciel » est un film sans espoir, tellement tragique qu’il frôle à tout moment le mélodrame.Mais Francisco Lombardi, par l'outrance même des situations décrites, a choisi de donner dans la métaphore, de présenter trois visages d’un Pérou aux abois.Toutes ces petites caricatures bien découpées résonnent, par delà le pathos, comme le cri de douleur et d’impuissance d'un continent.lance ses quatre vérités à ce blanc-bec d’interne.La diphtérie, ça ne lui fait pas peur.Signalons enfin, pour la petite histoire, que si la célèbre Julia Migenes (notamment la Carmen de Francesco Rosi) tient, dans une fu- gitive séquence, le rôle de Judy Garland chantant dans un nigth-club des frères Krays, c’est peut-être bien arce qu’elle a voulu faire une fleur son mari, nul autre que le réalisateur Peter Medak.EN NOMINATION POUR 3 OSCARS L’EVEIL “AWAKENINGS” Trois visages d’un Pérou C-4 Le Devoir, samedi 9 mars 1991 EJ?t, LTO le cahier du i • ameai CINEMA Une longue tartinade historique Lacenaire Un film de Francis Girod.Scénario : Georges Conchon, Francis Girod.Avec Daniel Auteuil, Jean Poirel, Marie-Armelle Deguy, Maiwenn Le Besco, Jacques Weber.Images : Bruno de Keyzer.Musique : Laurent Petitgirard.En v.o.française au Parisien, 125 min.Odile Tremblay DÉCIDÉMENT, Les films d’époque ont la vogue en France.Depuis quelque temps, sur nos écrans ont défilé sans discontinuer le fameux Cyrano, grand succès du genre, Valmont, Les dames galantes, L'Autrichienne : élégantes productions ayant connu des fortunes diverses, mais toutes réalisées à grands renforts de perruques, de costumes et de beau langage fleuri.Pour clore le tout, voici aujourd’hui Lacenaire à la gloire d’un Daniel Auteuil jaboté et corseté.Le criminel de bonne famille incarné ici, on le connaissait déjà.Jacques Prévert a fait apparaître La- cenaire sur le boulevard du crime des Enfants du Paradis.Le surréaliste André Breton rendit également hommage à son noir destin, le célébrant aux côtés de Sade et de Lautréamont.Il ne restait plus qu’à raconter toute sa vie sur pellicule.C’est désormais chose faite : « 9 janvier 1836.On vient me chercher pour me faire mon affaire », écrit d’une main calme Jean-François Lacenaire au dernier chapitre de ses mémoires.Quelques minutes plus tard, il sera guillotiné.Ici, pas de surprise quant au dénouement.Francis Girod débute son histoire par la fin avant de relancer l'action trente ans plus tôt.Tout le film est fait d’aller-retour entre l’enfance, l’âge adulte et l’exécution du personnage : Une construction quelque peu chaotique qui déroute et dilue l’intérêt du spectateur.On est loin, bien loin de l’émotion et du rêve qu’exhalait Cyrano.Lacenaire tient plutôt de la longue tartinade historique.Oh, le film soporifique que voilà ! Francis Girod avait pourtant un bon sujet en main.Avec ses contradictions, son besoin de séduire, son attirance pour le mal entremêlée d’une aspiration à la respectabilité, son bagoût et son désespoir, le personnage de Lacenaire dégage un charme sulfureux indéniable.Mais toutes ces longueurs dont le film est parsemé.Lacenaire, apprend-on, fut un enfant mal aimé, rejeté par sa mère, négligé par son père.Il est né avec le XIXe siècle au lendemain de la Révolution française, a goûté aux bonnes écoles, mais la ruine de ses parents et un penchant pour le crime eurent tôt fait de modifier le cours de sa vie.Le bourgeois s’est fait voleur, assassin à ses heures avec des complices de passage, des gitons aussi, car il préférait leur commerce à celui des femmes.Entre le théâtre de ses forfaits, le procès qu’il anime comme une vedette en scène et sa cellule de condamné à mort, Lacenaire s’explique, se révèle : bourreau oui, mais victime aussi d’une famille, d’une société.Il revendique la mort comme un dû, aspire à la décapitation.On l’exaucera bien vite.Tout le film repose sur les épaules de Daniel Auteuil qui incarne le rôle-titre.Mais son talent s’est un peu galvaudé dans l’aventure.Il n’arrive jamais à étinceler vraiment, à faire éclater son corset.On le sent mal dirigé, obligé d’ânonner des textes qui manquent d’entrain.C’est toute la construction de Lacenaire qui se révèle lourde, mal emboîtée et desservie par une caméra trop conventionnelle.Le film dure deux heures cinq; il aurait gagné à être amputé d’une bonne moitié.Rien de plus pompier qu’un film d’époque qui n’a pas trouvé son souffle.Tel est ce Lacenaire.PHOTO ASKA FILM Daniel Auteuil interprète le rôle principal dans le film de Francis Girod, Lacenaire.iFAMOUS PLAYERS (rRIX DE LA MEILLEURE RE ALISATI0n\ | \ III \| |.| l’ILKRl GK.WII K 01 i I KKI |«'si'\.il tin lilin li.nuopnoiH' M L’AUTRICHIENNE m ¦ Le PARISIEN © 480 STE CATHERINE O 866 3856, [NCOmCNIEOtDMLWm UN FILMTPECTACLt SUR UN HOMME PARADOXAL QUI TUA POUR ÊTRE TUÉ I "On nait assassin, comma on nail poàte." tvtuai —~ Fi» G S««nc»a 2:50-7:10 UN FILM COUP DE POING UNI FICTION QUI VA DROIT AU COIUP UN MUST POUR LES 14 ANS ET PLUS «n* MERVEILLEUSEMENT INTERPRETE PAR UNE FORMIDABLE BANDE DE JEUNES ACTEURS ., | LA JUBILATION AUTEUIL «NOMINATION CESARS ^MEILLEUR ACTEUR^y I "Daniel Auteuil I dans son meilleur rôle au I cinema.Superbe!" .«ni j 'Auteuil : flamboyant! I II s'est repaie en passant I de la comedieau I psychodrame." *M>i Maintenai» K Vfatiche! la* EN NOMINATION POUR L'OSCAR DU MEILLEUR ACTEUR - RICHARD HARRIS.r Fort et courageux.Il faut y aller." - Franco Nuovo.JOURNAL DE MONTREAL "Un remarquable «film d'acteurs»" - Françine Laurendeau.LE DEVOIR "Claude Berri signe un film qui a des moments très forts, grâce à des comédiens exceptionnels." - Paul Toutant.MONTRÉAL CE SOIR "Un film que j'ai beaucoup aimé." - Marie-France Bazzo.LA BANDE DES SIX - i I?[DOLBY STEREO^ Le PARISIEN ® le nouveau film de CLAUDE BERRI 480 STE CATHERINE O 866 3856 12:50-3:00-5:10-7:20-9:30 I Tl [dolby stereo]—.Mai"1?'»?' «UK* Cx CENTRE EATON 6 ® 705 o Sle CATHERINE 985 5730 "PM Le PARISIEN ® : 30-4:006:30-9:10 2 billets pour le prix d'un I "?PUISSANT.12 10-2 30-4 50-7 10-9 35 COUCHE TARD »*m 11 40 THE FIELD' EST UNE OEUVRE ÉMOUVANTE ET MÉMORABLE.RICHARD HARRIS EST REMARQUABLE." •Jack Garner GANNETT NEWS SERVICE RICHARD HARRIS THE FIELD! version o.anglaise ^STRAL aussi a l affiche au REX (St-Jerôme) ^acfp tllîlllUTlON Aucun laisse; passer 12 15 2 30-4 45-7 00-9 15 RESERVATIONS SCOLAIRES CONTACTEZ DES MAINTENANT C FP DISTRIBUTION MTL AU 4y>9» COUCHE TAPfj »arr, 11 40 LE DEVOIR Tou» la» v)ir» 7 109 Y) «arn dim 12 102 10 4 V>7 10-910 COUCHE TAP9»am 11 •/) aussi à I affiche à l’impérial (Joliette) IÏÏKMI fi'm » i • Tou» le a aoi»» 7 00 9 15 «am dim 1 00 3 30 7 00 CKAC 73 ! a wrta ma « in tu •.¥ puni Aa Tou» '•« 1 JJ'®®* Tou» l«» aolr» 7 00 0 15 »am dim I 30^4 006 30900 **m dim I 00 3 30 T 00V 13 COUCHE TARD »am 11 20 A L'AFFICHE LA CAPTIVE DU DÉSERT Français.1990.98 min.Coul.¦ Drame poétique écrit, réalisé et photographié par Raymond Depar-don.Prod.: Roger Diamantis, Jean-Bernard Feytoux, Jean-Luc Larguier.Mus.: Jean-Jacques Lemètre.Mont.: Roger Ikhlef.Int.: Sandrine Bonnaire, Dobi Koré, Isal Koré, Bra-him Barkal.Des rebelles nigériens ont enlevé une jeune Française qu’ils retiennent en otage pour appuyer leurs revendications.La prisonnière doit suivre la caravane de ses ravisseurs dans le désert.Une halte assez longue a lieu près d’un massif rocheux où on lui bâtit un abri de fortune.La captive prend contact avec les femmes du groupe dont l’une parle quelques mots de français.Profitant d’une diversion, elle s’enfuit à travers les dunes, croyant atteindre la frontière.Elle s’écroule épuisée et est ramenée au camp ou elle apprend peu après que des négociations ont abouti à sa libération.THE DOORS Américain.1991.145 min.Coul.Scope.¦ Drame biographique réalisé par Oliver Stone.Scén.: L.Randal Johnson, 01 Stone.Phot.: Robert Richardson.Mus.: groupe The Doors.Mont.: David Brenner.Int.: Val Kilmer, Meg Ryan, Kevin Dillon, Kyle MaeLachlan, Frank Whaley, Kathleen Quinlan.Dès son arrivée en Californie en 1965, Jim Morrison qui a 21 ans, fait la conquête de Pam Garson, une jolie fille remarquée sur la plage.Déjà tenté par la poésie, Jim fait des études de cinéma, mais il les abandonne pour se lancer dans la musique rock en association avec trois compagnons de son âge.Son groupe s’appelle The Doors et commence par jouer dans des clubs de Los Angeles avant de connaître la popularité grâce à un disque.Commence alors la ronde des concerts publics et des engagements à la télévision.Jim ne résiste pas au tourbillon de la gloire.Il boit, formique, se drogue, insulte son public et se fait arrêter pour pro- vocations sur scène.Il meurt à Paris à l’âge de 27 ans.LE PETIT CRIMINEL Français.1990.100 min.Coul.Scope.: ¦ Drame de moeurs écrit et réalisé par Jacques Doillon.Prod.: Alain Sarde.Prod.: William Lubtchansky.Mus.: Philippe Sarde.Mont.: Catherine Quesemand.Int.: Richard Ah-conina, Gérald Thomassin, Clotilde Courau, Jocelyne Perhirin, Cécile Reigher, Daniel Villanova.Marc, un adolescent de Sète, petite ville sur la côte de la Méditerranée, apprend par hasard qu’il a une soeür plus âgée.Souffrant de problèmës scolaires et familiaux, il décide de la rejoindre pour se faire connaître d’elle.Elle habite à Montpellier, le chef-lieu voisin, et, pour s’y rendre, Marc commet un hold-up dans une épicerie à l’aide d’un revolver trouvé chez lui.Interpellé peu après par un policier appelé Gérard, le garçon force celui-ci à le conduire à Montpellier.Gérard, bien qu’ennuyé, se montre compréhensif, mais Nathalie, la soeur, d’abord surprise de voir surgir ce frère oublié, se met elle aussi de la partie pour essayer d’ê-viter des ennuis à Marc.Gérard sait bien que les choses ne peuvent se régler sans dommage.WARLOCK Américain.1988.102 min.Coul.¦ Drame fantastique produit et réalisé par Steve Miner.Scén.: David T.Twohy.Phot.: David Eggby.Mus.: Jerry Goldsmith.Mont.: David Fin-fer.Int.: Julian Sands, Lori Singef, Richard K.Grant, Mary Woronow, Kevin O’Brien, Richard Kuse, David Carpenter.Au cours d’une nuit d’orage, un inconnu vêtu de noir surgit par la fè-nêtre de la maison qu’habitent un homosexuel, Chas, et sa locataire Kas-sandra.Le lendemain, Chas est tué de façon horrible par l’intrus alors que Kassandra est à son travail.Quand celle-ci rentre chez elle, elle y trouve un autre étranger, qui dit s’appeler Redferne et qui est à la poursuite du premier, un satanistje transporté surnaturellement d'u XVIIe au XXe.jMr M A L O F I L M DISTRIBUTION LE DEVOIR RT10 UT* PORTE tsfvAs Aucycutti (iNinixüoioN 400 personnes à la grande première du film MAD O POSTE RESTANTE En présence de MARIANNE GROVES Jeudi le 21 mars à I9h30 "Extraordinaire de Iraîcheur.Un ravissement impayable." — STUDIO "Un choc semblable à Bagdad Café." — FIGARO "Marianne Groves crève littéralement récran." — PREMIRE UNFiLMDf ALEXANDRE ADABACHIAN xvtc MARIANNE GROVES ISABELLE GÉLINAS OLEG YANKOSKY BERNARDFREY ANDRÉ POMARAT FERNAND BERSET Et JEAN-PIERRE DAROUSSIN Concours MAD O, POSTE RESTANTE a/s MALOFILM DISTRIBUTION, 1207 rus Saint-André, 4a étsga, Montréal (Oc) H2L 3 SO NOM: ADRESSE:_____ VILLE: ______ CODE POSTAL: APP TÉL.ÂGE f 11 Le Devoir, samedi 9 mars 1991 Ç3 le cahier du / • ameai Jim Corcoran savoure Yaprès-Nelligan O ¦ PHOTO JACQUES GRENIER Jim Corcoran LE grain lins LAC DES I I' SUPREME HAI.I.ET lll.ANC v NOUVEAUX DÉCORS • NOUVEAUX (OSTUMES AVI ( I ( )k( I Il s I RI I )l s ( .RAM >s RAI I I IS ( ANAI ÏII.NS CHORI ( .RAI'I III lîl'i lll'A I I IVANOV Musiqui IM Tchaikovsky 1)1 < ORS JOHN DINNING Cos 111X11 s |()l l\ CONKI l\ u;m IÜM II IHI iiosion ||\| 11 i l ( I AIRAU S Nl( MOI ASCI RNOVTK II AUSSI Ul l’R( )( .kAMXtl l’Ill \R()I I IRI IllOOK S( IIONIIIRG KAYXIONDA \< Il III AVISIMOREI.ANI) I) APRÈS 1*1 lll'A C.I.A/OUNOV I s • lit • ?I • MARS l«»«»l.in II ii.i.r i s i ?s • m s • m s • O s ’,",,1)1 Ul |)U('MON l’(HIR I rUDIANIS I I V AU l'MUIUUI I l ( (mill Mil rA Salle Wilfrid Pelletier * OU Place des Arts AC HATS • RESERVATIONS • INFO ADMISSION Place des Arts 522 1245 un 1 800 361 4595 5 U 842-2112 ¦ ui ,i Ijnis l>”.• ompioii ADMISSION Huli'V.II» f ill' I S sur loill IMI It 'I lie plus tlf U) S I MIS (II- sel VII c_ SOIRÉE BÉNÉFICE, 11 MARS 1991 • INFORMATION 849 8681 filtration des laisses populaires Desjardins île Montréal cl de l’Ouesl-du-Québei BANQUE ROYALE Fl Jim Corcoran En spectacle au Spectrum 22 et 23 mars Sylvain Cormier S’il, ÉTAIT Américain, et s'il n’était pas Jim Corcoran, il n'hésiterait pas une seconde.L’occasion est là, grosse comme Norman Schwarzkopf : Revenu de guerre, une superbe chanson de Corcoran, son plus récent album, réactualisée par la guerre du Golfe (« Revenu de guerre / Fier mais inquiet / Survivant, porteur de médailles / Cicatrices applaudies / Qui sollicitent colère »).Un vidéo vite fait, et le tour est joué.On imagine d’ici le capital qu’une Johanne Blouin ou un Mario Pelchat en tireraient.Mais Corcoran ne mange pas de ce pain-là.« On me l’a proposé.Je ne savais pas que Revenu de guerre allait avoir cette pertinence-là.J’étais inspiré par des amis américains que j’ai perdus au Vietnam, parce qu’ils sont morts ou parce qu’ils sont revenus complètement lobotomisés, traumatisés, incapables de colère, incapables d’en vouloir à l’homme d’être guerrier.Je vais mettre cette chanson de côté pendant un bout de temps.Dans mon spectacle, j’ai l’impression que ça prendrait trop de place.Le sentiment est inclus dans beaucoup d'autres chansons, mais de façon plus subtile.» Pudeur, prévenance, sensibilité.Jim Corcoran, comme tous ceux qui manient habilement la dérision et le clownisme, possède un sens inné du ridicule, et renifle le cliché à cent pas.Plus la ficelle enfle, plus elle est irrecevable.« J’essaie de désamorcer systématiquement tout ce qui a un caractère grave, dans un texte ou dans une Canadien Pacifique lAURlNTIENNE VIE Limitée ASSISTEZ À LA NAISSANCE D'UNE ÉTOILE 22‘Concours international de musique de Montréal viol o #i du 22 mai au 5 juin Montréal accueille l'élite internationale des jeunes violonistes.Afrique du Sud, Allemagne, Autriche, Bulgarie, Canada, Corée du Sud, États-Unis, France, Hongrie, Islande, Israël, Italie, Japon, République populaire de Chine, Suisse, Taiwan, URSS, Yougoslavie Voyez les meilleurs l'emporter et vivez le mystère en vous procurant votre FORFAIT CONCOURS Composez le 844-1211 et demandez votre dépliant concours cfb Place des Arts appréciation de moi.J’ai tendance à diluer les compliments.En ce qui concerne les vidéos, jamais je n’accepterais de me laisser présenter comme beau, fin, gentil, talentueux.Dans la musique pop, trop souvent, on fausse la valeur des individus en leur accordant une beauté fictive.Je suis satisfait de mon évolution, mais j’ai une affection pour des choses simples, vraies et sympathiques.» Rencontré au Bagel etc de la rue Saint-Laurent entre deux séances de montage de son dernier clip, tourné en 16 mm par le metteur en scène André Brassard à partir de la chanson La Nostalgie, le Jim Corcoran d’aujourd’hui n’est plus tout à fait celui d’avant Nelligan.Les retombées auront été multiples.Non seulement la collaboration avec Brassard s’est-elle poursuivie, mais l’expérience aura eu des conséquences aussi heureuses qu’inattendues.« Le père d’Émile Nelligan est un personnage qui ne me ressemblait pas, mais avec qui je pouvais sympathiser.Souvent, je m’en veux d’être tout le temps gentil et poli.Mais j’ai été élevé comme ça.Pouvoir être bête et méchant en public m’a exorcisé de quelque chose que je refoule tout le temps.J’ai adoré ça.C’était très thérapeutique.» Les cours de chant qu’il a suivis auprès d’Hélène Ouellette, «.non pas pour changer ma voix, mais pour étirer le registre, et me permettre de ne pas avoir peur de notes que je n’avais jamais chantées de ma vie », préparation indispensable à un tel rôle, surtout nour un chanteur populaire habitué a projeter sa voix d’instinct (« J’étais censé être un personnage fort, convaincu, et il ne fallait pas que les notes manquent de musculature, et même de venin.»), auront contribué à cette nouvelle assurance qu’il affichait sur la scène du Spectrum lors des dernières Fran-coFolies.« Auparavant, dans mes chansons, j’abordais certaines notes hautes avec une certaine crainte.Maintenant, je les attaque, je mors dedans.» « C’est ce qui m’attache à mon métier, ces instants où je peux rencontrer des personnes qui m’enrichissent, qui m’émerveillent.Quand j’ai dansé avec Louise Lecavalier (au gala de l’ADISQ en 1987), c’était libérateur, ça m’a donné une aisance que je n’avais pas au niveau de mon corps et du mouvement.Maintenant, si j’ai le goût de faire un mouvement qui convient à la rythmique d’une chanson, je le fais, si je veux être immobile sur scène, je le suis.Tout bonnement.» Son public s’est élargi en conséquence el Jim Corcoran est suffisamment en paix avec lui-même pour s’en réjouir, ce qui n’a pas toujours été vrai.« Je pense que je suis plus à l’aise avec le fait d’être visible.Je craignais ça avant, et je m’éclipsais quand ça devenait trop agité.Maintenant, je trouve ça stimulant, et pas du tout intimidant.Il y a une sorte d’éclosion.Les gens me sentent plus disponible.» « à Val d’Or, la fin de semaine dernière, une jeune fille de 11 ans m’a dit : « J’adore la chanson Perdu dans le même décor».C’était plus fôn que moi, je lui ai demandé : « J?n’arrive pas à comprendre de quollo façon tu aimes cette chanson«là\ parce qu’elle touche des gens qui onl déjà connu une rupture, la douleii# d’une relation qui s’éteint.» Elle m'é répondu : « Quand mes pa refill, étaient en instance de divorce, ild’àe jouaient cette chanson-là, alors, j’ai très bien compris ce que tu voulais dire.» J’étais ému et surpris.Elle était lout à fait capable île corn pré m dre le sentiment.» Mais si Jim Corcoran a vu s’ouvim* devant lui de nouveaux horizons — qui n’ont d’ailleurs jamais été fer! niés, si l’on en juge par /i propos, l’A clectique série radiophonique qu’il anime depuis deux ans el quatre réalisateurs sur les ondes de CBC —, s’il a trouvé à sa « méchanceté » latenlé un exutoire inespéré, appris le pas dé deux d’Édouard Locke el joué Tremblay avec autorité, le trac d’antan'riB cessera pas pour autant de le traquer.« C'est immanquable.Il y a un moment avant chaque spectacle où je me dis, c’est le dernier, c’est fjni, c’est une vie folle, qui n’a pas de safe, c’est ridicule, monter sur une sc«e avec un instrument pour fredonèer ses sentiments ! Aussitôt dans le jtis, je me dis, quel privilège ! Aîtf ! Comme je suis bien ! » -Là— -V" une œuvre chorégraphique de JEAN-PIERRE PERREAULT musique de Michel Gonneville 21, 22, 23 et 24 mars 1991 à 20h00 Théâtre Maisonneuve Place des Arts Reservations téléphoniques : (514) 842-2112.Frais de service Redevance de 1 $ sur tout billet de plus de 10 $.Ticketron : (514) 288-2525 "MssJB LE DEVOIR l'intégrale Ultramar ring Quartet Le Juilliard Un événement > musical exceptionnel' Carol Bergeron, Le Devoir.11/90 Le cycle complet des Quatuors à cordes de Beethoven 25 & 26 MARS, 1991, à 20h IMPRESARIOS EN VENTE DES MAINTENANT A LA PLACE DES ARTS ET A TOUS LES COMPTOIRS TICKETRON Théâtre Maisonneuve Réservationstéléphoniques: Redevance de 1 S J Place des Arts 514 842 2112 Frais de service.sur tout billet de plus de 10 S.Reservations téléphoniques: 514 842 2112.Frais de service. C-6 M Le Devoir, samedi 9 mars 1991 le cahier du i • ameai JAZZ Pour requinquer les neurones Post-Motown Bop par Bobby Watson sur Blue Note.Minor Strain par Lee Morgan & Thad Jones sur Roulette Jazz Live At The Blue Note par Oscar Peterson sur Telarc Jazz.Serge Truffaut CHARLIE Parker naquit à Kansas City.Bobby Watson également.Parker avait fait de son saxophone alto, son alter-ego.Watson aussi.Parker militait pour une cause.La sienne.Celle du bebop qu’il avait inventé.Watson milite pour une cause.Celle de Parker.Donc du bebop.S’il n’est pas l’inventeur du genre, il n’en est pas moins l’un des meilleurs acteurs.A preuve, son dernier album.Cela s’intitule Bobby Watson & Horizon.Post-MolownBop.C’est sur Blue Note.C’est magistral.C’est splendide.Cela vous requinque les neurones en moins de deux.C’est vif.C’est à cause de Watson, bien sûr, mais aussi des zigotos qu’il a regroupés autour de lui.À la trompette, il y a Melton Mustafa.Un nom à retenir.À la contrebasse, il y a Carroll Dashiell.On en entendra parler.Au piano, il y a Edward Simon.Son nom, on s’en souviendra.Enfin, à la batterie, il y a Victor Lewis.Au cas où on ne le saurait pas, Lewis Victor a une personnalité si forte, qu’il est très demandé par les uns comme par les autres.Ensemble, ces cinq artistes ont un bagou énorme.Leur force musicale m’a fait pensé à ces saumons qui, lorsqu'ils remontent le fil de leurs vips, démontrent des ressources incroyables.Entre les compositions originales de Watson et de Lewis et lejstandards de Duke Ellington, on noos, refile, encore une fois, un album spjçpdide.,,ee Morgan était trompettiste.T ad Jones également.Ces deux mu- siciens avaient une telle ardeur à l’ouvrage, ils aimaient tellement peaufiné les sons qu’ils recrutaient à l’intérieur de leur instrument, qu’ils ont favorisé, sans le savoir, l’éclosion d’un.Bobby Watson.En ce sens, on ne peut que se féliciter de la mise en marché, par l’étiquette Roulette, de cet album intitulé Minor Strain.Pour la confection de cette réédition, les producteurs sont allés puisés dans deux albums enregistrés en 1960.De Morgan, on retiendra le dynamisme, l’agressivité du jeu.On retiendra surtout l’intuition.À chaque instant, on savoure ce mariage entre l’intuition et l’imagination.C'est vif et révolté.Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à écouter cette pièce intitulée.Suspended Sentence.De Jones, on retiendra le ton posé dans le jeu.On notera la beauté de ses arrangements et de ses compositions.Il y a du fluide.Il y a du « revenez-y ».Mais il y a surtout ce blues baptisé H &T Blues.Cela commence avec les notes élégantes de Hank Jones au piano, le grand frère de Thad, les notes ronflantes de Richard Davis à la contrebasse, puis cela se poursuit avec les subtilités de Frank Wess et de Billy Mitchell aux saxophones.Et tout cela se termine dans la joie.Oscar Peterson a toujours baigné dans le « swing », cette petite chose, vous le savez bien, qui un jour s’est posée à Kansas-City avant d’envahir l’atmosphère des autres cités.Peter-son est resté fidèle aux sonorités des débuts.Sa dernière production en témoigne.Grâce au soutien de Herb Ellis à la guitare, Ray Brown à la contrebasse, soit les deux loustics qui, au début des années 50, l’accompagnaient, et de Bobby Durham à la battrie, Peterson nous propose une production de loin plus chaleureuse que celles qui avaient ponctué sa carrière au cours des années 80.Le nouvel ensemble moderne «En résidence» à l'Université de Montréal Lorraine Vaillancourt chef d'orchestre et directrice artistique 27 MARS 20 H SOFIA GUBAIDULINA Hommage à T.S.Eliot pour soprano et octuor Soliste invitée: Pauline Vaillancourt JONATHAN HARVEY Bhakli pour quinze musiciens et bande Le compositeur sera à la console SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE 220 ave Vincent d'Indy, Outremont Réservations: 343-5962 BILLETS: 15$ / 7$ Studio de Musique Ancienne DE MONTRÉAL ! liroi leur artistique: Christopher lackson 17e saison/1990-1991 Voci e fiati le choeur du Studio < t un ensemble de "hauts instruments" rttrnvllo* rt iifuchnulrs $ ou •* lu il irt < t i o n il e Christopher Jackson 10 mars 1991; 20h00 église \otre-l)anic-du-Très-Saint-Sacrcmcnt au 500 est.av.Mont-Boval ( métro Mnnt-Roval) Billets en vente elle/: Billets* i «lise Notre-Pame-du-Trés-Saint-Sacrement % ihambaull', 500, Sainte-Catherine est I t itre Son*, 5054, avenue du l’arc Maximusiquc, 1201, Crescent Billets: 17 S (régulier) 12 S lét.et 65+) itr.iis de 75c parbillcll seignements et réservations 843-4007 (fl h-CC < Cfl < Z O 5 Z LU O u / O D O o £ o u Z o Q t MUSIQUE 3000 enfants et un orchestre PHOTO JACQUES GRENIER Les jeunes jouant de la flûte en compagnie des musiciens de l’OSM dirigés par Richard Hoenich.Marie Laurier WILFRID PELLETIER aurait été fier de voir ces 3000 enfants réunis dans la salle qui porte son nom à la Place des arts, battre la mesure au son du Boléro de Ravel, interpréter un Menuet de Bach à la flûte avec les musiciens de l’Orchestre symphonique de Montréal, applaudir à tout rompre les prouesses des jeunes de l’École supérieure de danse du Québec.L’oeuvre de Wilfrid Pelletier, fondateur des Matinées symphoniques il y a 55 ans, se poursuit toujours et il a un digne successeur : Richard Hoenich.Assistant de Charles Dutoit à la direction de l’OSM, Richard Hoenich lui-même père de trois enfants, est investi du redoutable privilège d’animer les Matinées symphoniques de l’OSM, ce dont il s’acquitte avec une double compétence de musicien professionnel et de pédagogue.« Je respecte beaucoup les jeunes et je suis convaincu qu’ils aimeront la musique classique pour peu qu’on la présente de façon attrayante et imagée », explique-t-il à l’issue du concert donné mercredi dernier pour les écoliers du primaire.Son secret ?« Communiquer aux enfants des impressions, les faire participer au jeu des musiciens et leur réserver des surprises.» Ce qui fut fait avec les règles de l’art au grand ravissement de ce joyeux et remuant auditoire pour qui une pièce de musique ne doit pas être trop longue ni trop sévère, suffisamment rythmée et syncopée pour captiver leur attention, la plus vivante et colorée possible pour imprégner leur mémoire.Toutes conditions confondues que seul un maître de jeu compétent peut réunir et qui font foi de la réussite ou de l’échec d’un concert éducatif.Richard Hoenich a choisi le thème de la danse pour la série des mati- nées scolaires de cette saison, permettant ainsi aux étudiants de l’École supérieure du Québec de se produire sur scène et d’illustrer tant ses propos que la musique.Sous des airs de menuet, de valse, de polka, de tango, de boléro et de quadrille, au son d’oeuvres de Bach, Mozart, Beethoven, Ravel, de Strauss et de TchaTkosvky, les enfants ont appris — s’ils ne le savaient déjà puisque bon nombre d’entre eux étudient la musique — à reconnaître les différents rythmes, mouvements et ca- dences des pièces interprétées par les musiciens de l’OSM et chorégraphiées par les jeunes danseurs.La collaboration des professeurs — celle des parents et des chauffeurs d’autobus aussi évidemment — est essentielle au bon fonctionnement de ces sorties de milliers d’écoliers qui viennent de tous les coins de la ville.Ce sont eux qui transmettent et expliquent au préalable à leurs élèves les détails du répertoire au programme de du concert éducatif.Il arrive que ceux et celles qui suivent des cours de musique soient invités à participer activement en jouant avec les musiciens.Ce qui fut le cas mercredi dernier quand Richard Hoenich lança à ses jeunes amis: « Préparez vos flûtes ! » Ceux qui apprennent cet instrument se levèrent pour interpréter sous la direction du maestro et en compagnie des musiciens professionnels un menuet de Bach, pièce qu’ils avaient étudiée avec leurs professeurs respectifs.L’émerveillement de jouer avec un ensemble aussi prestigieux était visible sur les petites frimousses et ce moment restera longtemps gravé dans leur mémoire.Une autre surprise fut fort appréciée de l’auditoire : la prestation du jeune soliste invité, le violoniste Raphaël Gilbert, 13 ans, qui fut chaudement applaudi par les jeunes, voyant en lui pour les uns un modèle à suivre, pour les autres un artiste de talent à admirer.L’OSM propose deux séries de concerts éducatifs à l’intention des élèves du primaire et du secondaire, avec des programmes adaptés à leur âge il va sans dire.« Il s’agit de deux publics complètement différents, souligne Richard Hoenich.Les petits sont plus facilement impressionnables et demandent une plus grande variété de « surprises », tandis que leurs aînés exigent des pièces plus difficiles et moins de commentaires de ma part.» Le maestro qui se consacrera complètement à la direction d’orchestre à compter de septembre prochain — il quittera son siège de basson solo de l’OSM — a déjà choisi le thème des matinées symphoniques de la saison prochaine, soit le répertoire composé par les « grands jeunes » Mozart, Bizet, Saint-Saëns, etc.« Ce sera une manière de célébrer l’Année Mozart et son éternelle jeunesse », remarque l’émule du regretté Wilfrid Pelletier.D’aridité et d’abstraction Musique — Idée De Michel Ratté : Nouvelle musique improvisée interprétée par le trio Michel Ratté, Yves Charuest (saxophone), Guillaume Dostaler (piano, synthétiseur), Michel Ratté (percussion), avec la participation du trio à cordes Beaudry/Duschènes/Dallaire (violon, alto, violoncelle).Amplitude JACD-4017, jazz collection.Alain Thibault Concerto pour piano MIDI, Jacques Drouin (piano); Le Soleil et l’acier, Pauline Vailancourt (soprano); Out; Ë.L.V.I.S.(Electro-lux vertige illimité synthétique), Quatuor de saxophones de Montréal, Walter Boudreau (arrangement des saxophones); Volt.Empreintes DIGITALes IMED-9003-CD.Carol Bergeron VOILÀ DES DISQUES qui occupent la frange des genres musicaux auxquels on voudrait bien qu’ils appartiennent .histoire de simplifier leur classification.En s’inspirant du langage sériel d’Arnold Schoenberg et de l’indétermination de la musique aléatoire, Michel Ratté cherche à modifier les lois distinctives de l’improvisation jazz.Devant cette attitude élitaire, les admirateurs d’Os-car Peterson éprouveront aisément un réflexe de rejet.C’est ainsi que plusieurs musiciens d’aujourd’hui se sentent marginalisés.Plus ou moins rejetés de leur milieu, ils ne sont pas pour autant acceptés par celui qu’ils convoitent.Comment en serait-il autrement lorsque des emprunts exogènes entrent en conflit avec un langage que l’on veut régénérer.Sortie de son contexte, l’aridité et l’abstraction du sérialisme s’occordent fort mal avec la simplicité apparente de la rythmique jazz.Et c’est pourtant ce que naivement un Michel Ratté tente de réaliser.Ce qui gêne dans tout cela, n’est certes pas que les idées migrent d’un genre a l’autre.Encore faudrait-il cependant, que, dans le pire des cas, à défaut d’être original, le langage qui en résulte soit au moins cohérent.Si par la lecture du livret on se rend compte que la démarche intellectuelle de Michal Ratté ne manque pas de sérieux, il est par contre possible de s’interroger sur la rigueur de son expérimentation musicale.Tant il est vrai que le fait de s’interroger sur la temporalité de la musique ne résout pas pour autant tous les problèmes du créateur, fut-il un adepte de l’improvisation ou de la composition spontanée.Les oeuvres d’Alain Thibault posent, d’une certaine façon, le problème de leur accessibilité, de leur diffusion, dans des termes nettement plus triviaux.Considérerait-on leur auteur comme un compositeur de musique dite « classique », qu’il a néanmoins choisi d’introduire dans son langage des éléments de rythmique rock qui ramènent de manière désespérante tous ses efforts vers la banalité.D’abord et avant tout, on sent chez ce musicien, au demeurant très doué, la peur d’explorer en solitaire le médium de l’électroacoustique.Quand au mélange des genres, il le pratique sans subtilité, sacrifiant tout au profit des applaudissements.Son Concerto pour piano MIDI n’offre plus qu’une anodine caricature de la dualité soliste-orchestre.Là comme ailleurs, tout cède au clinquant .et aux « rockeuses » percussions.Cela dit, les solistes (le pianiste Jacque Drouin, le soprano Pauline Vaillancourt et le Quatuor de saxophones de Montréal) ne s’y taillent pas moins de brillantes participations.PRO MUSICA présente LE QUATUOR TALICH, de Tchékoslovaquie accompagné de MENAHEM PRESSLER, PIANISTE DANS UN PROGRAMME CONSACRÉ À MOZART LUNDI 18 MARS Quatuor en ré mineur, K.421 Quatuor en do majeur, K.465 Concerto pour piano et cjuatuor â cordes no 12, en la majeur, K.414 1991, 20H00 Billets 17 S, 13 $ (redevance), Collaborations: Le Conseil d’affaires tchè- 8 S (étudiants) (me et slovaque du Québec — Le ministère Information: Pro Musica, 845-0532 des Affaires internationales du Québec cfb Théâtre Maisonneuve Place des Arts Réservations téléphoniques: Redevance de 1 S 514 842 2112.Frais de service.sur tout billet de plus de 10 S.*»*£$&* Billots au Club Soda ot Tickotron 5240 avo du Parc, 270-7848 Ros.Tôlotron 288-2525 CKQI LE DEVOIR ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL < harm s dltoii 12, 13 MARS 20H LES GRANDS CONCERTS MARISS JANSONS CHEF VLADIMIR OVCHINNIKOV PIANO Fl A LA: Ouverture (commande de POSAI) LISZT: Concerto pour piano no 1 MAIILKR: Symphonie no 1 COMMANDITA 1RES:le 12.Seagram Québec le 13, Unitel Communications Inc.db sai.it: wiitkid-itiththt UN VKN’TK AUX GUICHETS UE LA l'LAGE UES AKTS RÉSERVATIONS TELEPHONIQUES 842-2112 FRAIS UE SERVICES: REDEVANCE DE I* SUR TOUT BILLET UE PLUS UE 10$ BII.I.I.IS: 9,50$, 21,50$, 30$.41,50$ r/THEATRE DU RIDEAU VERT DIRECTION: YVETTE BRIND'AMOUR - MERCEDES PALOMINO DU 26 FÉVRIER AU 23 MARS 1991 COMPLET JJOURD’H 16h.et 21 h ^ \ Aujourd'hui DE DENIS BOUCHARD • SUZANNE CHAMPAGNE • RÉMY GIRARD • PIERRETTE ROBUAILLE MISE EN SCÈNE: NORMAND CHOUINARD AVEC DENIS BOUCHARD • SUZANNE CHAMPAGNE RÉMY GIRARD • PIERRETTE ROBITAILLE MUSIQUE : GERRY LEDUC DÉCOR : GUY NEVEU • COSTUMES : FRANÇOIS BARBEAU « ÉCLAIRAGES : CIAUDE ACCOLAS 4664, RUE ST-DENIS MÉTRO LAURIER, SORTIE GILFORD RESERVATIONS DE 12H A 19H 844-1793 r ifPî/yi aT~T ~i ' :f rm i J i .4 & KS5HÂIEÏ3 E5Ct^ Cartes C-7 Le Devoir, samedi 9 mars 1991 Les cloches impériales de la Chine ancienne Marie Laurier MYSTÉRIEUSE et exotique pour nous, Occidentaux, cette Chine qui nous surprendra encore une fois en nous présentant un spectacle de musique ancienne dont les cloches impériales forment l’âme de l’orchestre.Cette troupe sera au Théâtre Maisonneuve de la Place des arts du 13 au 16 mars avec tout un matériel insolite pesant quatre tonnes formé, entre autres, de carillons de bronze montés sur des chevalets.Ainsi une vingtaine de danseurs, musiciens et chanteurs nous feront reculer de ‘2400 ans pour nous convier dans le Royaume de Chou dont faisait partie l’ancien état du Marquis Yi, certainement un mélomane pour avoir meublé son caveau funéraire de 120 instruments de musique : tambours, flûtes, harpes, chalumeuz, flûtes de Pan, cithares et des jeux complets de carillons dont un composé de 64 pièces de bronze.Cette étonnante richesse a été exhumée en 1978 dans la province de llubein, au centre de la Chine, par une équipe d’archéologues et des spécialistes ont recréé les tonalités et les harmonies des instruments de musique.On venait de découvrir alors le plus vieil instrument sonore chinois doté d’une gamme chromatique bien accordée.Et depuis 1983, la troupe Hubei Song et Dance Ensemble de Chine a mis au point un spectacle qui nous plonge au coeur de la civilisation chinoise d’autrefois, ce qui de l’avis de ceux qui l’ont vu en Europe ou aux États-Unis, constitue un véritable enchantement.Le professeur Tingyuan Sun est parmi ces chanceux et même si ses propos sont teintés de chauvinisme, PHOTO ARCHIVES Les cloches impériales de la Chine ancienne datant de 2400 ans avant Jésus-Christ.ce qui est bien compréhensible pour ce Chinois établi au Québec depuis 1987, il nous assure que cette impressionnante production recèle certainement « de hautes qualités artistiques susceptibles de plaire et d’impressionner les occidentaux, grâce à la magie et à l’exotisme qui s’en dégagent ».« 11 s'agit d’une authentique reconstitution de la musique chinoise de l’époque impériale, explique l’historien qui enseigne à l’UQAM et à l'Université de Montréal.Il me souvient que la découverte de ces carillons anciens a fait grand bruit en Chine en ce qu’elle témoignait de la richesse inouie de la noblesse qui se faisait construire des tombeaux somptueux pour y loger leur âme, certains qu'elle continuait de vibrer après leur mort.D’innombrables découvertes ont ainsi été faites dans le sous-sol chinois pendant les années d’or du régime communiste, soit depuis son ouverture vers le monde extérieur.Celle des cloches impériales est certainement parmi les plus spectaculaires.» Admiré et envié pour sa richesse culturelle, rappelle l’historien, le Royaume de Chou dont faisait partie l'ancien état du Marquis Yi était admiré et envié pour sa richesse culturelle et il eut sur les cultures chinoises subséquentes une influence déterminante.Plusieurs des membres de l’élite gouvernante de la dynastie Han (206 à 220 avant Jésus-Christ), première dynastie impériale chinoise, étaient de l’ancienne région de Chou.Conscient d'avoir repéré un « filon d’or » pour l’expression de la vie artistique chinoise, avec la patience qui les caractérise, des intellectuels chinois se firent fort de convaincre le gouvernement de Beijing d’exploiter cet extraordinaire ressource culturelle, exportable en plus, puisque la troupe de la province de Hubei parcourt le monde avec bonheur en faisant revivre une partie de son histoire, tout en nous livrant aussi les parcelles de « l’âme chinoise ».Fondé en 1959, The Hubei Sond and Dance Ensemble compte plus de 200 membres — ils se divisent en sous-groupes pour présenter différents spectacles dans leur pays et à travers le monde — et il a remporté plusieurs prix,'participé à des émissions de télévision et enregistré de nombreux disques.A l’invitation de la Société de gestion des arts de Montréal (SOC AM), quelque 20 artistes de la troupe recréeront pour nous cette odyssée chinoise que les critiques parcourus dans le dossier de presse acclament ainsi en choeur : spectacle fasci-nant ! On loue volontiers la magnificence des costumes, l'élégance de la chorégraphie, l’originalité des instruments de cet orchestre, l’étrange pureté de la sonorité des jeux de carillons.On parle même de « la poésie ambiante qui se dégage de cette musique et danse du temps des empereurs ».De l’avis du professeur Sun, les cloches impériales devraient nous envoûter suffisamment pour que nous ressentions ces mêmes émotions.Il y aura de la musique de chambre, des solos de carillon, des danses paysannes, des évocations symboliques et humoristiques des noces chinoises, des guerres et des différentes activités de la vie, tout ri-tuel qui tout compte fait n’est pas si éloigné du nôtre.Seule l'expression est différente et sans doute « fascinante ».Le mieux c’est encore d’y aller voir ! De jour en jour, les feux de la rampe se font plus éclatants.TtePHANTOVî of ml)FERA i t/i ANDREW LLOYD WEBBER mis cil scene jwir HAROLD PRINCE
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