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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1988-09-17, Collections de BAnQ.

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LE LE LE LE LE PLAISIR PL MSI PLÆIStt?¦ Best-seller : La promesse de la passion, de Danielle SteelD-2 ¦ Lettres québécoises : Le bateau d'Hitler, de Pierre TurgeonD-3 ¦ Lettres étrangères : Lettres d’exil, correspondance entre Ariane Kfron et Boris Pasternak D-4 ¦ Feuilleton : Le Zèbre, d’Alexandre Jardin D-5 campagne des Montréalais/D-8 ¦ Capsules : le palmarès des best-sellers; D-2; les livres du quotidien D-fi; les parutions annoncées I)-7 Montréal, samedi 17 septembre 1988 La rentrée littéraire au Québec Les éditeurs annoncent 400 nouveautés GUY FERLAND PENDANT QU K les feuilles changent lentement de couleur, les livres s’accumulent rapidement sur les rayons des librairies.C’est l’automne et c’est la rentrée littéraire.Les éditeurs québécois annoncent près de 400 nouveautés.C’est une légère augmentation par rapport à l’année dernière.Vous trouverez la liste des principaux titres en page C-7 de ce cahier.Des événements spéciaux vont marquer les prochains mois dans le monde littéraire.Voyons lesquels.D’abord, signalons le trentième anniversaire des Éditions de l'Homme.Pour souligner l’événement, les Éditions de l’Homme vont rééditer le premier livre publié par la maison, l.es Insolences du frère l’ntelde Jean-Paul Desbiens, avec une documentation sur les réactions que le volume suscita.n réimprime également un autre grand livre, qui a marqué son époque et qui est toujours d’actualité, Option Québec de René Lévesque, accompagné d’un essai d’André Bernard qui trace l’histoire du concept de souveraineté-association de 1968 à aujourd’hui.Une nouvelle collection, intitulée « Paroles d’ici ».débute avec la publication du livre de Jacques Godbout, Luc riumondon, coeur de rocker.En faisant le portrait du parolier, l’auteur brosse également le portrait d’une époque.On annonce, dans la même collection, des livres sur Clémence Desrochers et Claude Léveillé.D’autres activités, pour ce trentième anniversaire qui aura lieu le 15 novembre prochain, seront annoncées sous peu.Les Quinze, quant à eux, inaugurent deux nouvelles collections : Les beaux Romans et Les Aventures de l’Ilistoire.Les beaux Romans s'adressent à un vaste auditoire tandis que Les Aventures de l'histoire sont conçues pour les adolescents.Les professeurs d’histoire et de littérature pourront se procurer des cahiers pédagogiques et mettre à l’é- tude les volumes publiés dans cette dernière collection.Les éditions Leméae sont enfin de retour après un passage à vide le printemps dernier.Pierre Filion, Lise Bergevin et Jules Brillant peuvent compter sur un des fonds littéraires les plus importants du Québec.En reprenant l’ensemble du catalogue, ils vont construire sur du solide.On annonce dix nouveautés pour l’automne.Parmi celles-ci.signalons le roman de Jean-Éthier Blais, au titre provocateur, Entre toutes les femmes, le premier tome d’une vaste saga intitulée L’Oiseau de feu : L’Apprentissage d’Adakhanan de Jacques Brossard, et enfin le premier roman du directeur littéraire de la maison.Lux de Pierre Filion.On remarque aussi un inédit dans les livres de poche, Introduction à la poésie québécoise des origines à nos jours de Jean Royer.On attend impatiemment, pour le printemps prochain, le cinquième tome des Chroniques du Plateau Mont-Royal de Michel Tremblay.D’autre part, VI,B éditeur, avec ses cinquante parutions pour l’au- Sa ¦ 1» VICTOR-LÉVY BEAULIEU MARIE-CLAIRE BLAIS tomne, domine largement ses concurrents pour le nombre de nouveautés.Un roman au titre énigmatique.Coyote, préfacé par Philippe Djian, est annoncé comme l’événement de la rentrée.On remarque également le retour de Marie-Claire Blais avec L'Ange de la solitude.Après le succès du Voyage en Irlande avec un parapluie, Louis Gauthier récidive avec la suite de son récit de voyage, Le Pont de Londres.Parmi les autres titres importants, mentionnons la correspondance entre Jacques Ferron et le psychanalyste Julien Bi-gras.Le Désarroi, les Chroniques délinquantes d'Hétène Pedneault, Le Libre-échange par défaut de Dorval Brunelle et Christian Deblock et le Guide québécois du droit à l'environnement par le groupe Greenpeace.Du côté de Boréal, on annonce la parution du dernier Jacques Savoie, Une Histoire de coeur, tant attendu après le succès des Portes tournantes et du merveilleux Récif du prince.François Gravel, Pierre Tur-geon et Jean-Marie Poupart, trois auteurs chevronnés, reviennent en force avec respectivement Summe-rhill, Le Bateau d’Ilitler et La Se- maine du contrat.Il ne faudrait pas oublier la correspondance de Ga-brielle Roy avec sa soeur aînée Bernadette, Ma Chère Petite Soeur qui s’annonce fort prometteuse.Soulignons l’essai de Lise Noël, L'Intolérance qui remet en question les idées reçues sur le bien-fondé du concept de « respect de la différence» Pierre Nepveu publie un essai sur l’évolution de la littérature québé coise depuis 1970, L'Écologie du réel, et François Benoit et Philippe Chauveau, les auteurs de L'Acceptation globale s’attaquent maintenant aux éternels « intervenants » dans un livre au titre non défini encore.11 faut souligner, enfin, deux gros ouvrages qui vont faire le point dans leur domaine respectif, L’Ilistoire générale du Canada, traduction d’un ouvrage collectif sous la direction de Craig Brown et Le Dictionnaire du cinéma québécois, collectif sous la direction de Michel Coulombe et Marcel Jean.Du côté de l’Hexagone, on publie un premier roman de Norman Des-cheneaux sur lequel on fonde beaucoup d’espoir, Pou de Cornélia.Gilbert Choquette et Robert Baillie, deux auteurs reconnus, vont publier GABRIELLE ROY respectivement L’Etrangère ou Un printemps condamné et Soir de danse à Varenne.On annonce également une anthologie de Vingt-cinq poètes québécois présentée par Lucien Francoeur, un essai de Lucien Parizeau sur Alain Grandbois, Périples autour d'un langage, un essai littéraire de Gilles Marcotte, Littérature et circonstances, et une sorte de journal de Jules Léger, Jules Léger parle, dans une nouvelle collection dirigée par Gérald Godin.D’autres événements vont marquer la Rentrée littéraire 1988 comme, par exemple, la publication des romans chez Guérin littérature après le concours littéraire de la maison.Chez le même éditeur, on annonce la publication d’entrevues avec Ed Broadbent par Jacques Ri-vart.Le Temps d’agir, la traduction du best-seller américain Communion de Withley Strieber, etc.Les éditions Libre Expression, avec Le Cristal et la chimère de Fernand Seguin, Et Tournons la page de Solange Chaput Rolland et le Petit Dictionnaire des citations québécoises, vont certainement attirer l’attention des lecteurs.D’autant plus qu’on semble YVES BEAUCHEMIN HpMi JULES LÉGER compter beaucoup sur le premier roman de Clément Fontaine, L'Amour est enfant de bohème.Chez Stanké, avec Roch Carrier, Roger Lemelin et Victor-Lévy Beaulieu qui vont publier Prières d'un enfant très très sage.Autopsie d'un fumeur et L'Héritage-L ’Hiver, on mise sur des valeurs sûres.On pourrait encore parler des éditions Québec/Amérique qui ne veulent rien annoncer avant la fin de septembre alors qu’ils dévoileront, en lançant un nouveau magazine, leurs nouveautés.Mais on sait déjà que Yves Beauchemin, l’auteur du Matou, devrait publier cet automne.( )n pourrait parler également de la poésie qui se porte très bien merci, des livres jeunesses, des livres-cassettes, des pièces de théâtre, d’un inédit d'Émile Zola publié par Le Préambule, de la nouvelle revue littéraire publiée par Guérin littérature, des traductions qui se font de plus en plus nombreuses, du vingtième anniversaire des Herbes Rouges, du dixième anniversaire des éditions JCL, etc., mais gardons de la matière pour l’automne qui s’en vient.Une histoire de coeur Auteur du roman Les Portes tournantes récemment porté à l’écran par Francis Mankiew icz, Jacques Sa voie recrée dans ce quatrième roman, publié aux Éditions Boréal, un univers mystérieux dans lequel se confondent comédiens et personnages.Entre New York et Reykjavik, rêve et réalité s'enchevêtrent au rythme d’une imagination fertile.JACQUES SAVOIE MARC-AIMÉ GUÉRIN La fierté d’un éditeur patriotique FRANCE LAFUSTE IL CITE les auteurs classiques à chaque détour de phrase, tient la distinction pour valeur surpême, parle du savoir avec un respect chevaleresque.Il a la diction finement ourlée et le sourire d’un bon père.Fin d’autres temps, il aurait été précepteur mais né dans ce siècle, il fut instituteur, professeur de géographie, auteur d’une histoire de la pédagogie.En 1957, il se lance dans l’édition de livres scolaires.Trente ans plus tard, il est propriétaire de Guérin Ltée, la plus importante maison d’édition de livres scolaires du Canada.Tout comme Charles Péguy, dont il est un fervent lecteur, Marc-Aimé Guérin prétend que tout s’apprend au primaire.Il pourrait dire élémentaire mais il tient à ce vocable couleur de terre de Sienne.Fondateur de la maison qui porte son nom depuis 1967 et acquereur de Lidec, ancienne librairie des écoles chrétiennes, en 1986, M.Guérin cherche à concilier savoir et programmes scolaires, philanthropie toute 18e et réussite financière.Équilibre difficile convient-il, surtout quand on n’est pas banquier dans l’âme et que les programmes changent à chaque nouveau gouvernement.Mais l’éditeur avoue être de la trempe des Clemenceau et autres batailleurs : « J’édite comme je me bats parce que je crois à une idée.Être éditeur, c’est être à la fine pointe du progrès tout en tenant compte des habitudes, des tendances à l’imitation et des fantaisies du moment.L’éditeur à succès est celui qui est un peu en avance sur son temps.» « Un peu, mais pas trop», précise-t-il.PHOTO JACQUES GRENIER « Être éditeur, c’est être à la fine pointe du progrès tout en tenant compte des habitudes, des tendances à l’imitation et des fantaisies du moment », remarque Marc-Aimé Guérin.tituteurs, professeurs.« C’est un dé- Première maison québécoise de manuels scolaires, éditeur numéro un pour le nombre de titres publiés par année, Guérin travaille avec des auteurs canadiens et québécois, ins- sir profond, en littérature comme dans le domaine didactique.Je ne suis pas fermé au monde, nos livres se vendent dans les autres provinces canadiennes, mais je suis convaincu qu’un livre doit avoir du succès au Québec avant d’être exporté.Très tôt, je me suis rendu compte que ce marché était envahi par les éditeurs européens et américains qui ont ouvert des filiales à Toronto et à Montréal.Aussi, il fait faire quelque chose pour encourager nos créateurs et résister à l’envahissement de nos marchés par des esprits conquérants.» Petit regret dans tout ça.Les auteurs ne font pas toujours ce qui leur convient : trop obéissants, trop soumis aux programmes, plans d’étude et autres grilles d’évaluation du gouvernement.« Et puis, il y a toutes ces questions de stéréotypes qui nous gênent dans nos publications, poursuit-il.On nous demande de neutraliser les textes littéraires pour qu’il y ait autant de catholiques que de protestants, autant de Noirs que de Blancs, de jeunes que de vieux.S’il fallait respecter la loi de l’élimination des stéréotypes, il faudrait rejeter toute la production littéraire universelle ou traditionnelle.En mettant tout sur un pied d’égalité, on n’a plus que de l’eau chlorée.» M.Guérin a la métaphore accrocheuse, le discours se perd dans un labyrinthe d’idées qu’il quitte parfois à contrecoeur.Il poursuit : « L’éditeur subit les contrecoups des luttes linguistiques, des politiques sociales ou religieuses.Le ministère manque décidément d’ordre et d’autorité en se soumettant aux conclusions des comités catholiques et protestants.L’éditeur pourrait n’avoir qu’un interlocuteur, en réalité, il en a deux.» Pour l’éditeur féru de préceptes classiques, l’abandon des cahiers d’activités est un non-sens.« On nous dit Voir page D-8 : La fierté LES LUNDIS et les jeudis, le quatuor d’Elizabeth répétait à la maison des Renard, rue Des Saules.Estelle, Geneviève et Françoise arrivaient vers une heure, déplaçaient les quelques meubles qui pouvaient gêner dans le solarium et accordaient leurs instruments.Les fenêtres de cette petite pièce attenante au salon étaient ornées de vitraux fleuris qui jetaient des rayons verts, rouges et or sur les musiciennes et créaient autour d’elles comme une ambiance de sacré.Les répétitions étaient en général sans histoire, quoique depuis l’invitation de Salzbourg, le quatuor répétait avec beaucoup plus de fébrilité.Il devait être trois heures lorsque Maurice entra dans le salon.Au beau milieu d’un quatuor de Saint-Saëns, l’opus 112 en mi mineur, Elizabeth prit conscience qu’il était au téléphone, l’air très agité.Il avait jeté son manteau sur le fauteuil de brocart et gesticulait vivement.— Alors, vous y avez repensé ?Vous allez me le dire, oui ou non ?Son interlocuteur avait à Voir page D-8 : Histoire de coeur OUTIER / Un panorama de la littérature actuelle que Guy Cloutier nous restitue avec rigueur ét clarté.Chroniqueur litté Cloutier témoigne de son apprentissage de critique comme d'une authentique «éducation littéraire».Une réflexion sur la critique' littéraire et le travail d'écrivain entre lecture et écriture, entre Action et critique.;.' : 1 ANDREA MOORHEAD 5,00 8 niÆ Siavura I BERNARD POZIER ‘ VI r n traces au* l’on croit éphémères — ( o-édition Lu lahle Hase 8,00 8 1 — m AMINA SAÏD 11 Subies funambules — ( o-édition A rcantere 10,00 8 ¦— DENUIS ST-YVES i.r C lande y tin comme 1 enfume 8,00 8 Diffusion: Prologue Wm en librairie (514) 332-5860 Autres: DCR (819) 376-5059 Doris Lussier; L’Iléritage-Hiver de Victor-Lévy Beaulieu.L’Hexagone: Lapocidvpse de Réjean Legault; Le Dentier d'Énée de Luc Le-compte; Fou de Conélia de Norman Desche-neaux; L a Dame de pique de Madeleine Gaudreault - Labrecque ; N’entendre qu’un son de Renée-Ber-the Drapeau; ’ L’Étrangère ou Un Printemps condamné de Gilbert Choquette; Soir de danse à Varennesde Robert Baillie Les Quinze éditeur: Le Coeur sur les lèvres d’Aline Beau-din-Beaupré; Vaincre sans armes de Thérèse et Michel Descarries; Nuit en solo de Véra Pollak.Les Herbes Rouges: Un dos pour la pluie de Jean Ha-inelin (réimpression); Les Chevaux de Malaparte de Hugues Corriveau.Les Éditions Hurlubi.se HMH: La Fortune du passager de Naïm Kattan; L'Homme courbé de Michel Régnier; Nouvelles collections à La Courte Échelle Les Éditions La Courte Échelle annoncent une grande nouveauté pour l’automne: la série Premier Roman.Celle sous-côliection veut faire connaître aux enfants, dès l’âge de sept ans, le plaisir de lire et les guider dans leurs premières lectures.Cette série de quatre titres, abondamment illustrée, imprimée en gros caractères et divisée en courts chapitres, se lit facilement.Les quatre premiers volumes sont Un Monstre dans les céréales de Marie-Francine Hébert.Pas Fous, les jumeaux! de Bertrand Gauthier, Le Secret d'Awade François Pratle et Ne touche/ pas à ma Babouche de Gilles Gauthier.Toujours chez le même éditeur, on annonce une autre nouveauté: des li-vres-easse-tête.Cette série intitulée Les Plaisirs de Roger Paré comprend quatre coffrets contenant chacun un livre de 24 pages couleurs, deux casse-tête de 16 pièces chacun, deux affiches reproduisant les casse-tête et un guide d’exploitation à l’intention des adultes.Par ailleurs, on apprend avec plaisir que Raymond Plante a remporté le prix Raymond-Beauehemin 1988 de l’ACKLF pour son roman-jeunesse Le Roi de rien publié à la Courte Échelle.Son prix lui sera remis au Salon du livre de Montréal en novembre prochain.Une nouvelle maison d’édition en Ontario français l ue nouvelle maison d’édition vient de voir le jour en Ontario français, Anne Sigier invite le Père Daniel Foucher, du 21 octobre au 3 novembre 1988 pour une tournée de conférences: — Est-ce que Dieu connaît tout?— (Jn Dieu fatigué qui se repose: le sens du sabbat.— Ce Dieu qui aime trop.— L’inconscient de Jésus-Christ.— La mort d'un Dieu pour la vie d'un homme; le mystère de la mort.— Bonheur et pauvreté de Dieu.— Judas est-il sauvé?— Dieu amour, pourquoi l'enfer?— L’Ancien Testament est-il chrétien?— Dieu peut-il se dire?— Le Verbe s’est fait chair; une espérance folle pour la linguistique.— Marie en mène-t-elle trop large?— La personne, le couple, la famille, image de la Trinité.— (Jn peuple de prêtres.— Les charismes supérieurs.— Le pouvoir dans l'Église, à quoi ça ‘sert"?— Comment réussir son “oedipe" religieux?— Le corps humain, parabole du royaume.— Résurrection ou réincarnation de la chair?Le père Foucher est diplômé de l'Université Grégorienne et de l'Institut biblique de Rome; docteur en théologie et licencié en Écriture Sainte, il est aussi au service de la paroisse Ste-Odile à Paris.Aumônier national des équipes Notre-Dame, il est reconnu en France comme un conférencier de premier ordre, et donne des retraites et des sessions bibliques très appréciées du public; mais plus que tout, il est, comme Maurice Zundel, un mystique et un homme de prière.Les universités, paroisses et communautés ou groupes religieux qui désirent inviter le Père Foucher à venir donner chez eux l une ou l'autre de ces conférences s’adressent aux ÉditionsAnne Sigieravantle20septembre.Tél.sansfrais: 1 -800-463-6846.Les Editions du Nordir Cette maison, qui a été fondée à llearst au débuPde 1988, a pour objectif premier de porter à l'intention du public lecteur des livres qui témoigneront de la vitalité de la culture franco-ontarienne.Tous les genres (poésie, roman, récit, nouvelle, conte, théâtre, essai, pamphlet, correspondance, etc.) auront droit de citer dans la mesure où ils seront à l’écoute des manifestations culturelles et des modes de pensée qui façonnent, condi tionnent et, à l’occasion, divisent la société franco-ontarienne.Les Éditions du Nordir invitent tous ceux et toutes celles qui possèdent des manuscrits à leur faire parvenir pour une éventuelle publication.L’adresse est la suivante: Case postale 580, llearst (Ontario), TOI 1N0.Signalons les trois premiers titres de la maison d’éditions: Que personne ne bouge! de Jacques Poirier; De Québécois à Ontarois de Roger Bernard et llearst: culture et société, premier numéro de la revue Atmosphères.Un dictionnaire plein d’expressions savoureuses La Fédération des sociétés d’histoire du Québec et la firme Archiv-11isto ont publié cet été un dictionnaire des plus original au Québec.L’ouvrage de Raoul Lapointe intitulé Des Mots pittoresques et savoureux et sous-titré «Dictionnaire du parler populaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean» recense les expressions les plus typiques à la «parlure» de cette région.On y rencontre des mots tels que «bobette», «bezingue», «à cause» ou «zezon».L’auteur a pris un très grand soin d’accompagner la définition du mot par son contexte socio-historique.Ce dictionnaire de 129 pages est en vente, au prix de $ 18,95, dans les bonnes librairies ou au Secrétariat de la Fédération des sociétés d’histoire du Québec au 4545, Avenue Pierre-de-Coubertin, Montréal, Qc, H2V :)R2.Un éditeur en quête d’auteurs Les Éditions Lacombe, présidées par Rolf Puis, ont jusqu’ici coédité une trentaine d’ouvrages préparés en France et diffusés au Québec par D.M.R.Dorénavant, Lacombe devient un éditeur à part entière et se propose de publier des oeuvres québécoises de littérature (romans, nouvelles, mémoires, journaux intimes, etc.).L’accent sera mis sur la qualité et la diversité des textes retenus, la priorité n’étant pas d’offrir une production abondante.Jean-Pierre Leroux, le directeur littéraire de la maison d’édition, est à la recherche de manuscrits à des l ins de publication.On peut le contacter à l’adresse suivante: 472 Deslauriers, ville Saint-Laurent, Québec, H4N 1V8, téléphone: 331-4540.Robert Tanguay se de(s)livre(s) à vous Robert Tanguay, après plusieurs expositions collectives, présente une rétrospective de son travail chez François Côté, libraire, 1840 rue Amherst à Montréal, du 21 septembre au 15 octobre 1988.Robert Tanguay y présente des reliures contemporaines et des objets-livres sur des textes de Sade, Réage, Molière, Fromentin.Nietzsche, Musset, Cazotte, Arsan, Careo, Radcliffe .et des ouvrages contemporains de Dietr Roth, Denis Vanier, Emmanuel Cocke, Claude et Alain Fortaich, Claude Péloquin.L’Académie canadienne-française reçoit L’Académie canadienne-française accueillera deux nouveaux membres, M.Gérard Bessette et M.Hubert Reeves, lors d’une réception qui aura lieu le vendredi sept octobre prochain, à 16 heures précises au Salon Bleu de l’Hôtel Ritz-Carlton à Montréal.ABUS DH FRANGLAIS L’Académie française semonce les médias PARIS (AFP) — L’Académie Française, institution pluri-centenaire chargée de veiller à la pureté de la langue française, fustige les médias qui abusent du « franglais » et utilisent des anglicismes à la mode comme basics ou body buildé.Dans une rubrique intitulée « Le musée des horreurs », le bulletin de la célèbre Académie fondée en 1635 par le roi Louis XIII, s’est donné pour but de relever les entorses à la langue française dans la presse écrite et parlée.Les Académiciens s'insurgent ainsi contre les expressions: relooke/ votre intérieur ou le mot sticker (auto collant en français).L'emploi de easting appelle ce commentaire : « L’Europe de 1992 permettra peut-être à l’auteur de trouver dans un magazine d’Outre-Manehe une rubrique où il pourra écrire ses articles entièrement en anglais ».Dispatché ne trouve pas non plus grâce à leurs yeux, bien qu’il figure — comme anglicisme — dans les dictionnaires Larousse et Robert.La « jeune et aimable » journaliste coupable d’avoir dit au cours d'un reportage télévisé sur le baccalauréat, « 620 candidats ont été dispalchés dans 20 salles de l'établissement », se voit créditée de ce jugement : « Elle ignore sans doute que le verbe répartir existe dans notre langue depuis le X11le siècle el d’autre part, que le verbe anglais dispatch signifie dépêcher, expédier ».Et les Académiciens d’accorder à ce reportage « une double note éliminatoire et en français et en anglais ».Flammarion NOUVELLE ADRESSE N?Place Montréal Trust 1500 ave.McGill College Angle Ste-Catherine Niveau 1 (à l'étage des fontaines) 499-9675 fl Le Devoir, samedi 17 septembre 1988 ¦ D-3 1EPLAI: I LE PL AI! I LE PI S LE PL R LE FIAI Hitler a-t-il manqué son bateau pour le Canada?Dans le roman de Pierre Turgeon, Hitler aurait offert au Québec de l'aider à faire son indépendance.La photo d’Hitler avec Eva Braun date de novembre 1945.ASK' v v , wm wm LE BATEAU D’HITLER Pierre Turgeon Montréal, Boréal, 1988, 222 pages LETTRES QUEBECOISES JEAN-ROCH BOIVIN ON SAIT qu'l I itler s’est suicidé dans son bunker souterrain quand il a compris que les carottes étaient cuites.On sait moins qu’un bateau, le Helgoland, se tenait prêt à l’emmener, peut- être en Amérique du Sud ou, pourquoi pas, au Canada.Le Québec était catholique et romain.Dans les salons trônait la photo de Pie XII.Quant à l’autre Italien, le Mussolini, le clergé qui nous empêchait de danser n’avait plus de foudres pour lui.On a toujours eu ici un faible pour les dictateurs et les gens de verbe haut.On sait peu ou prou que le Helgoland s’est échoué dans la Baie des Chaleurs et que son équipage et ses pas-sagers(?) se sont égayés dans la nature.Combien de grands romans sont nés de ce genre de fait-divers ?De ce fait-divers, Pierre Turgeon (qui revient à l’écriture romanesque pour la première fois depuis qu'il s’est mérité le prix du Gouverneur-général en 1980, sans cesser pour autant d’écrire, comme scénariste notamment et présentement comme journaliste littéraire dans L’Actualité e\.dans Liberté), fait le point de départ d’une histoire d'agent double digne de Le Carré.Nous sommes à Québec.Son héros, André Chénier, jouit d’une lourde hérédité.Sa mère, née Virginia Perkins, se remariera trois fois, je crois.Une sacrée bonne femme ! Son Canadien français de père se pend au pied de la turbine du barrage électrique qu’il possède.Son frère, Perceval, sera éduqué en anglais, sera militaire et mourra d'un cancer avant que la guerre ne s’achève.Quant à lui, André Chénier, Oedipe confondu, il rencontre Liz-beth, une Allemande, pianiste de concert.« Elle me rejoignit une demi-heure plus tard, ointe d’huiles et de parfums, sa chevelure blonde tombant lourdement sur le peignoir blanc qui fronçait sur ses jambes encore humides.Elle s’arracha à ma première étreinte pour m’entraîner dans la chambre (.) et je la repris dans mes bras, vacillant de désir, tombant sur le lit (.) et je me relevai, fiévreux, les yeux mi-clos, arrachant mes vêtements, (.) avant de tomber sur les draps où elle fermait les yeux, une plainte s’échappant de ses lèvres fardées d’un rouge vif.Les bras en croix sur le traversin, elle balançait la tête, se mordait les doigts, tandis que son ventre se creusait.» Ils auront un fils qu’ils nommeront Christophe et qu’ils devront abandonner.C’est la guerre ! Jusqu'à la quarantaine, Christophe croira que Perceval est son père alors que son véritable père devenu Von Chénier travaille pour le Reich à Berlin, à la diffusion d'émissions sur ondes courtes, à l’intention de l'Amérique du Nord.Hitler, semble-t-il, aurait offert au Québec de l’aider à réaliser son indépendance.Mais le roman ne trouve pas son ton, malgré une trame anecdotique bien ficelée qui nous livre en première partie les six cahiers rédigés par Von Chénier à Berlin, avant de mourir dans le bunker d'Hitler.Suit une lettre-testament rédigée en 1987 par Virginia Perkins, à l’intention de son petit-fils Christophe, lui apprenant la vérité sur ses origines.La deuxième partie du roman nous entraînera donc jusque sous le mur de Berlin où Christophe va déterrer son passé, à mains nues s’il le faut.Christophe a été emprisonné auparavant, pour activités terroristes comme indépendantiste québécois.Le temps a passé.Le propos est fascinant, mais le message lourd et confus.Le langage se fait souvent lyrico-clinique comme dans le passage cité ci-haut, ou carrément technique pour décrire une arme, un avion de combat, la géographie de Berlin, avec mots allemands de rigueur.On sent une documentation importante, maison s’en fiche.On lit un roman.On voudrait s’attacher aux personnages, mais ils sont quelquefois dignes d'un Bob Morane et l’auteur nous en détourne par des propos parfois sybil- linsou naïvement prétentieux.Alors on s’en fiche aussi d’Oedipe von Chénier, d’Hitler et de son bateau, à cause d’un style amphigourique qui englue tout dans une aberrante guimauve.Ceci, par exemple : « La lueur des phares d’un convoi qui nous croisait traversait le cosmos glacé de mon cerveau.Sur le boulevard, la caresse créait un maelstrom.Je cessai de photographier l’instant.J’accélérai à fond : la vitesse agglutina en une muraille verte les réverbères de la bande médiane, le souvenir de l’Or du Rhin me donnait des frissons wagnériens à la nuque.La lune dans son dernier croissant appâtait le ciel noir prédateur qui nous gobera tous.» Pierre Turgeon sait écrire.Il la prouvé et le prouve encore comme journaliste.Pourtant, la syntaxe du roman est souvent cahotique, des participes passés cherchent à quoi se rapporter entre deux points et quand je suis tombé sur « empuantaient » en page 149, je me suis dit que l’éditeur n’avait pas fait son travail auprès de son auteur, le desservant dans cette publication et méprisant ses lecteurs.Dommage ! Non, Pierre Turgeon n’a rien d’un Le Carré.Des vies de saints épicées L'HAGIOGRAPHIE CUITE en collaboration Montréal, éditions du Roseau 1988, 230 pages JACQUES GAUTHIER LA NOUVELLE est un genre littéraire de plus en plus utilisé.Elle sert souvent de prétexte à rassembler des écrivains autour d’un même thème.Dans cette veine de « rencontre littéraire », la sculpteure Violette Dionne a demandé à des auteurs roi T ^ PEVOÎB- r-tnui le Cloue! d’inventer des vies de saints à partir de seize céramiques.Les noms de ces saints qui n’ont jamais existé sont déjà tout un programme : sainte compassée, saint à la bourse, sainte à la roue, saint à l'oiseau, sainte à la poire, saint aü cochon, etc.Une vingtaine d’auteurs ont écrit une trentaine de textes, fruits de la contemplation des seize statues.Une contemplation active qui déshabille les statues pour finir plus souvent qu’autrement en bas de la ceinture, ce qui est le cas des textes pornographiques de Bruno Roy.Mais allez donc démêler l’érotique du porno, la spiritualité de la mystique ! Le projet des auteurs/es est clair.Se servir des excès de l'hagiographie ancienne, contenue dans les martyrologes et les légendiers, pour transgresser la sainteté.Ici, la légende dorée cède la place à L'hagiographie cuite.On ne trouvera pas des histoires édifiantes, des modèles à suivre, des dogmes chrétiens, mais un ton poétique propice aux fantasmes, une écriture qui se veut libre de toute morale.Et vogue la galère des joyeux iconoclastes ! Les nouvelles de ce recueil sont d’inégale valeur littéraire.Les auteurs ne viennent pas tous du même Ordre.N’entre pas qui veut dans la confrérie des Gilles Archambault, André Major et Benoit Lacroix.Le court texte d’André Major, mon saint sosie, est un petit bijou du genre.L’auteur montre que le silence de Dieu a fait de lui un homme d’écriture.Dans la jungle des mots, il retrouve sans cesse ce silence de Dieu, jusqu’à se réfugier, face à son sosie, « dans l’aridité d’un langage hanté par une improbable communion » (p.l 19).Et l’on se met à penser que si Major a rencontré le silence de Dieu, plusieurs auteurs de ce recueil aurait du rencontrer le silence tout court.MYRIAM PREMIÈRE et MARYSE de Francine Noël Les romans f / de notre époque! vlb éditeur la petite maison DE LA GRANDE LITTÉRATURE POUR LA RENTRÉE IL FAUT LIRE: EDIT IJLNS QUE BE C/A M E R I Q U E vQv nskp- F* D‘V(S LAUDE FOURNIER LES TISSERANDS DU POUVOIR La surprise de la rentrée littéraire au Québec ! Une saga relatant l'émigration massive des Canadiens français, partis à la conquête de la fortune, vers les filatures de la Nouvelle-Angleterre.Du début du siècle à aujourd'hui, on assiste à l'écroulement de leurs rêves et à leur lutte contre l'assimilation et la misère.560 pages -19,95$ LUC DUHAMEL LE SYSTEME POLITIQUE DE L'UNION SOVIETIQUE Aucun pays ne défraie autant les manchettes de l'actualité que l'URSS.On entend beaucoup de commentaires sans pouvoir toujours s'y retrouver.Ce livre s'efforce de fournir au lecteur une connaissance de base du système politique de l'Union soviétique en expliquant son fonctionnement et son évolution de Lénine à Gorbatchev.320 pages ¦ 29,95$ Y V A N M 0 U R ACTIVITE SANTE ET "Depuis le temps que l'on prêche les vertus de l'exercice physique comme moyen préventif, paraît enfin un ouvrage qui dresse un bilan scientifique en s'attardant aussi aux effets thérapeutiques pour les gens malades.Et qui se double d'un guide pratique.” Nicole Beauchamps La Presse 256 pages • 14,95$ RENÉ LÉVESQUE ATTENDEZ QUE JE ME RAPPELLE (format compact) Le décès de René Lévesque, le 1er novembre 1987, a bouleversé le Québec tout entier et créé un vide que le temps ne pourra jamais combler.Attendez que je me rappelle.à lire et à relire pour le plaisir de vivre et de revivre le récit de celui qui s'inscrit déjà dans notre histoire comme le plus grand Québécois.528 pages ¦ 12,95$ E D ITrd NS QUEBEC/AMERIQUE DIX DICTIONNAIRES EN UN! MULTI Orthographe, grammaire, sémantique, anglicismes, DICTIONNAIRE conjugaison, DES DIFFICULTES DE typographie, u langue FRANÇAISE abréviations, canadianismes, prononciation, correspondance : à tous les vrais problèmes ponctuels, des réponses claires et précises.Avec plus de 45 000 entrées et 200 tableaux, le Multidictionnaire des difficultés de la langue française est le plus complet, le plus accessible, le plus actuel, qui ait jamais été publié en un seul volume.Éditon reliée 1180 pages • 39,95 $ "Voilà un ouvrage qui recherche et trouve la simplicité, la clarté, l'exactitude et l'utilité.Félicitations les plus sincères à l'auteure et à l'équipe ! M.Guy Rivard Ministre responsable de l'application de la Charte de la langue française "[.] produit révolutionnaire [.] qui risque de faire autant de ravages que leur Dictionnaire visuel d'il y a deux ans, et pour les mêmes raisons: contenu inédit, présentation extrêmement soignée, graphisme séduisant, marketing intelligent." "[.] le MULTI est promis à un riche avenir au Québec notamment [.] mais également à l'étranger où pareil ouvrage qui en remplace tant d'autres n'avait pas encore été inventé." Angèle Dagenais Le Devoir Québec/Amérique invente le Multidictionnaire.Une idée de génie Reginald Martel La Presse "Il s'agit d’un dictionnaire polyvalent.' En plus de décrire le bon usage, il l'explique." "Il comporte de nombreuses trouvailles, et c'est ce qui fait son originalité." Daniel Brosseau Journal de Montréal "45 000 façons de ne pas se tromper" "Nous le saluons avec d'autant plus d'enthousiasme que toutes les langues écrites du monde se portent mal, et que c'est un ouvrage d'ici, où le français ne se porte pas mieux qu'ailleurs.” "Bonne vie au MULTIdictionnaire." Jean-V.Dufresne Le Devoir ÉDITIONS QUEBEC/AMERIQUE i D-4 ¦ Le Devoir, samedi 17 septembre 1988 LE PLAISIR //A-LE PLAIS®: .E : : AISIÉ LE PLAIS R LE PL i livres Le prix de la liberté d écrire LETTRES D’EXIL Ariane Efron et Boris Pasternak Paris, Albin Michel, 1988, 218 pages LETTRES ETRANGERES ALICE PARIZEAU C’KST certes un phénomène curieux, mais dans un pays tel que l'URSS, où depuis longtemps la religion est considérée officiellement comme « l’opium du peuple », les prêtres exécutés et les fidèles pourchassés, l'admiration à l’égard de la parole écrite atteint la dimension d'une sorte de culte.De nos jours encore on recopie à la main les oeuvres des grands romanciers, on les distribue clandestinement et on va jusqu’à risquer sa vie pour lire certains poèmes et certains romans.Bref, malgré la glast-nosc de Gorbatchev, cette transparence.dernier produit made in URSS pour vente en gros et au détail aux États-Unis surtout, ces textes ne sont pas publiés par les maisons d’é-ditions d'État, faute de papier, sem-ble-t-il, et ne sont pas disponibles en librairies.Au début était le verbe et le verbe était communion des âmes, pour paraphraser les paroles d’Évangile.Car c’est vraiment de cela qu'il s’agit dans ces Lettres d'exil, où Ariane Efron, une jeune femme qui paie par des années de bagne et un exil en Sibérie, le simple fait d'être la fille de la poétesse Marina Tsvétaieva, raconte à Bons Pasternak ses lectures et sa lutte quotidienne, pour obtenir des livres, sans lesquels la vie ne vaut pas la peine « d'être vécue.» « Je me retrouve un peu avec moi-même seulement une fois couchée, quand à la lumière d'une lampe, dans un profond silence, je relis les passages les plus merveilleux de ton Faust et quelques autres traductions », écrit Ariane Efron.« Je n'ai BORIS PASTERNAK pas envie de dormir ni particulièrement de vivre.D’autant plus que les conditions de vie sont si difficiles, si assommantes, si incertaines ! Je me console en pensant à la sagesse de Salomon qui portait, gravé sur son anneau — d'après la Bible et Kou-prine — « cela aussi passera.» A cette lettre, Pasternak répond en s’excusant de ne pas lui écrire plus souvent, parle de sa « méfiance maladive » qui lui dicte une certaine « retenue » et lui signale que dans la revue Novv Mir, le compte rendu concernant sa traduction de Faust était tout bonnement injurieux.Entre les lignes, entre les commentaires littéraires, des descriptions fort belles de la nature qu’A-riane Efron ne cesse d’aimer et d’admirer, se glisse parfois seulement une plainte.Et c’est ainsi qu elle avoue à Boris Pasternak que le travail au kolkhoze est atrocement fatigant et que ce dernier se trouve à vingt-huit kilomètres de Tourouk-hans, où elle habite, ce qui signifie qu'il lut faut marcher beaucoup.Son salaire mensuel : soixante roubles, deux litres et demi de lait et un sac de pommes de terre ! Boris Pasternak, de son côté, promet de lui envoyer de l’argent, mais ne peut préciser la date, car il se débat dans des difficultés innombrables.En 1955, finalement, Ariane Efron est autorisée à rentrer d’exil.A Moscou, elle consacre toutes ses forces et son temps à réunir et à préparer pour la publication les textes écrits par sa mère Marina Tsvétaieva.« Mainte nant je vis comme un gardien dans son phare.Je ne vois pas les gens, je n’entends pas les nouvelles ».admet elle.Ancienne exilée, ancienne pri sonnière du Goulag, craint-elle de compromettre ses amis et en premier lieu Boris Pasternak 7 C’est plus que probable.11 est évident, par ailleurs, qu’elle ne peut traiter de ses angoisses dans ses textes parce que la censure veille.Quand Pasternak tombe malade, elle sort cependant de cette retraite dont on ne sait trop si elle est forcée, ou volontaire, prépare tant bien que mal ses repas, s’occupe de tout, puis veille le poète qui se meurt et c’est seulement au moment des obsèques qu'elle se sauve et retourne à Taroussa où elle habite Ariane Efron, dont le père a été exécuté, dont la mère s’était suicidée, refuse de voir Boris, « son Bo ria » comme elle l’appelait affectueusement dans ses lettres, dans un cercueil, Boris Pasternak, prix Nobel de littérature, auteur de Docteur Zi-vago ce héros qui à en croire sa correspondance lui ressemble beaucoup, a eu de toute façon des obsèques modestes .Forcément, à Moscou, en haut lieu, on est encore en train de réfléchir sur les coupures à faire dans son roman, comme dans ses poèmes avant de les publier enfin et de les présenter en toute sécurité idéologique au lecteur soviétique ! Et Johnny lui dit adieu LE PRINTEMPS DU GUERRIER Beppe Fenoglio traduit de l'italien par Monique Bacelli Paris, Denoël, 1988, 169 pages LE MAUVAIS SORT Beppe Fenoglio traduit de l'italien par Monique Bacelli Paris, Denoel, 1988, 98 pages LETTRES^ ETRANGERES JACQUES CROUSSET TOUTE L’OEUVRE de Fenoglio (1922-196.‘l), du premier jusqu’au dernier mot, pourrait-on même dire, porte la trace de sa région natale, le Piedmont.Non pas qu’il la magnifie, loin de là.Il en parle plutôt comme d’un lien qu’on ne pourra jamais rompre, un lien en somme atavique.Mort très jeune d’un cancer des poumons, il a cependant été incompris de son vivant, surtout par Elio Vittorini, dont le marxisme un peu primaire à l’époque ne souffrait pas la contradiction.Mais quelques éditeurs s'attachent à ramener son oeuvre à la surface, là où elle devra rester.dont, du côté français, Gérard I.ebovici et Denoël.Une des caractéristiques majeures de l’oeuvre de Fenoglio, c'est sa double polarisation : la guerre d’un côté, la terre de l’autre.À la guerre, Fenoglio y est allé, il a même combattu, en tant qu'antifasciste, dans le maquis.Quant à la terre, il y est né et il y a vécu.Une autre caractéristique, celle-là très frappante : son anglo-philie.Elle est surtout visible dans ses derniers livres, dont La Guerre sur les collines, qu’il faut BEPPE FENOGLIO absolument lire.La langue italienne, pour musicale qu'on la trouve, se voit, par le traitement en profondeur que lui fait subir Fenoglio, torturée, torsadée, passée au crible d’un autre code linguistique, l’anglais.Cela donne des phrases étonnantes, aux mots cassés, télé- scopés, qui ne sont pas sans rappeler les orgies stylistiques de Joyce.Le Printemps du guerrier met en scène Johnny, le double de l’auteur, son héros préféré, qu’on retrouvera dans d’autres oeuvres.Johnny vient d’être appelé par l’armée italienne, un peu avant la grande débâcle des troupes mus soliniennes.11 est antifasciste et il ne s’en cache pas.Tout le monde, d’ailleurs, autour de lui l'est, jusqu’aux officiers.Il prend son mal en patience, d’autant qu’il n’a pas à combattre, étant élève officier.Il décrit la mer : « Sous un ciel neutre et turgescent, l’extrême frange de la mer était très pâle et pourtant follement changeante, effervescente.» Au moment de la débâcle, Johnny, comme beaucoup de ses compagnons, ira se réfugier dans les montagnes de son cher Piedmont, d’où il combattra les Allemands.Le Mauvais Sort, publié en 1954, oeuvre de jeunesse donc, et écrite dans le style néo-réaliste en vogue à l’époque, raconte l'histoire d’A-gostino, un pauvre garçon de ferme.Obligé de travailler, il se retrouve chez Tobia, un obscur métayer abruti par son labeur.Là, Agostino fera l’expérience du monde, qu’il trouvera tout à la fois hostile, confus et bruyant.Un moment, il croira s’en tirer grâce à l'amour de Fede, petite paysanne.Chimère.Fede est, elle aussi, partie intégrante de la confusion du monde; très vite elle disparaît.Au bout de trois années de travail, néanmoins, de travail et aussi, et surtout, de privations presque inhumaines (on a l’impression, par moments, de relire La Faim, de Knut Hamsun), Agostino verra enfin, à sa façon, le bout du tunnel.Changer la terre promise LE CHOIX DES JUIFS Jean-Jacques Servan-Schreiber Paris, éditions Grasset, 1988 MICHEL M.SOLOMON RÉCEMMENT paru à Paris, le dernier livre de l’écrivain et essayiste français, M.Jean-Jacques Servait Schreiber, Le choix des Juifs a fait des vagues dans la presse écrite.Les solutions envisagées et propagées par J.J.S.S.relèvent de la transformation du petit Israël dans le moteur capable de faire fleurir tout le Moyen-Orient grâce à sa capacité technologique et ses progrès scientifiques.Il s’agit selon lui de changer « la terre promise » dans « une terre du savoir ».Il s’élève contre les jusqu'aux boutistes en Israël et ailleurs qui ne veulent lâcher un pouce de terre sous le prétexte que tout marchandage finirait par les Palestiniens demandant leur réintégration ’ à Haifa, Tel-Aviv et Jérusalem.Contre cette sombre perspective d'anéantissement d’Israël, Jean-Jacques Servan Schreiber, un vieux pro d’Israël qui s’est lié d’amitié avec Sh z, l’actuel ministre des Af ingères au cours d’une série de longues conversations, préconise le harnachement de la capacité des ordinateurs et des logiciels israéliens en faveur de l’essor économique de la région.Convaincu que les Arabes et les Juifs « sont condamnés de vivre ensemble », J.J.S.S.condamne l’esprit féodal présent chez les Palestiniens de Cisjordanie qui tiennent à leurs arpents de terre plus qu’à leurs femmes.« Tu peux prendre ma femme, mais pas ma terre » cite l’auteur comme exemple.Regrettable qu’elle soit, cette an JEAN-JACQUES SERVAN-SCHREIBER cienne conception de vie, explique dans une large mesure la collision perpétuelle entre un Israël enregistrant des « sauts qualit itatifs » et une collectivité arabre archaïque et conservatrice.Dans sa qualité de représentant de l’université Carnegie-Mellon, la première au monde où les sciences automatiques sont appliquées à l’éducation, J.J.S.S.s’est longuement entretenu avec les hommes de science israéliens dans les universités et les laboratoires de la force que représente une éducation moderne pour remédier les maux hérités de l’apathie et de l’ignorance.De son côté, Shimon Perez, est persuadé que l’avenir appartient à la qualité du savoir : « Nous n’avons qu’une ressource naturelle, déclare-l-il à son ami français, les hommes.C’est notre seule force réelle.Les machines peuvent être et seront produites partout: les cellules humaines, la formation des cerveaux c'est SEPTEMBRE tombée: 16 septembre CONTENU: •Une interview de Louis Lortie.•Rencontre avec le groupe Paparazzi •Reportage sur Zamfir, flûtiste •Et les chroniques habituelles prochaines parutions • 23 octobre * 20 novembre • 11 décembre autre chose.Et en cette matière il n’y a qu’un objectif : l’excellence ».À la question que lui a posé le président Sadate en visite à Jerusalem : comment les kiboutzim étaient si productifs en agriculture, Perez lui avait répondu qu’ils étaient « la première vraie tentative pour substituer au poids de l'administration l'efficacité du travail en équipe, la responsabilité partagée.» À cet égard, Perez raconta une anecdote à J.J.S.S.caractéristique du progrès enregistré par les kiboutzims : « ministre des Communications j'ai du résoudre le problème des cabines téléphoniques.Les gens les maltraitaient par manque de pièces de monnaie.En visite officielle à Paris, j’ai découvert la carte magnétique utilisée dans le métro.J’ai demandé à la direction des Transports parisiens s'ils pourraient fabriquer des cartes utilisables en Israël.La réponse du métro m’indiqua que les cartes magnétiques n’étaient pas entièrement fabriquées en France, qu'une partie du travail était effectué en Israël, au kibboutz (leva.En effet, à l'endroit même où j’allais trailre les vaches chaque matin dans ma jeunesse, je trouvai un complexe électronique moderne qui fabriquait effectivement les cartes exportées en France.» Ce progrès éblouissant pour un kibboutz laisse J.J.S.S.rêveur.Il comprend que les ordinateurs et les logiciels dans les mains des Israéliens doués et plein de bonnes intentions pourraient un jour changer la face de ce coin de la méditerrannée, qui manque de richesses naturelles.Jouant un peu au prophète, J.J.S.S.prévoit que « les quarante prochaines années ne seront pas les suite des quarante premières.La mêla morphose qui s annonce dans Jéru salem, et sans laquelle ce sera l'incendie, est bien d’essence univer selle.Ici, en somme, comme partout et comme toujours, deux patriotismes se disputent l’âme des hom mes : le patriotisme de la terre et le patriotisme de l’esprit.Il faut choisir.» Dans ce bref sommaire, l’auteur résume son espoir de voir l'état d is raël céder à l’impératif du temps en faisant des concessions majeures et dangereuses à ceux qui s'entêten! à vivre et revivre le passé bi-millé naire.< MARI E* AlrfltXTf I AMR ANC lit hytimes r amour POtSlLS iRO TIQt FS •a plainte douce et haletante M envole ses mains dans les cheveux 995S Distribution: fïFFUSION LOUGAROU inc.(514) 326-1431 .En vente chez votre libraire Haïti: succès culturel et blocage politique HAÏTI : PAYSAGE ET SOCIÉTÉ André-Marcel d’Ans Paris, éditions Karthala 1987, 341 pages & HERARD JADOTTE PHOTO AP U., „ \ ¦* L’église Saint-Jean Bosco de Port-au-Prince qui a été la cible dimanche dernier d’un massacre qui a fait neuf morts et 71 blessés.CET OUVRAGE d’André-Marcel d’Ans sur Haïti permet de prendre la mesure de la société et de la culture qui se « cachent » derrière les élections « pas comme les autres » du 17 janvier dernier.Anthropologue et linguiste, l’auteur a d’abord travaillé sur le créole, à la fin des années 60.Avec Haïti : paysage et société, il propose une passionnante lecture d'anthropologie historique.Utilisant une double grille de lecture, il entreprend d’abord, dans une première partie, une « biographie du paysage haïtien », c’est-à-dire de façon conjointe l’histoire du milieu naturel et celle des sociétés qui s’y sont succédés.de la période pré colombienne à nos jours.La deuxième partie est consacrée à l’analyse de quelques dimensions constitutives de la culture haïtienne contemporaine, entre autres le système de parenté, la propriété foncière, la religion et la langue.Les résultats de cette double lecture bousculent bien des idées reçues, et André-Marcel d’Ans prend un malin plaisir à démonter l'indigence scientifique de ce qu'il appelle les « âneries romanesques » haïtiennes et étrangères qui prennent « le parti pris de regarder la culture populaire haïtienne à travers les mirages du vaudou, de la sorcellerie, de l'africanitude ou de la négritude».La fascination pour l’altérité culturelle d'Haïti, ce sentiment d’étrangeté que les observateurs avouent éprouver à regarder vivre cette société, se nourrit de l’africanité des Haïtiens.Sur ce « fait d’apparence » s’est construite une énorme littérature qui passe à côté d’un phénomène pourtant bien américain : la re-composition, après l’indépendance d’Haïti, d’une société et d’une culture originales.Pour André-Marcel d’Ans, à considérer les choses froidement, ce qui frappe, c’est l'indiscutable « occiden-talité » de cette culture.La « ruine » et le déboisement actuel du paysage physique ne sont qu’une des résultantes de l’écocide colonial français à Saint-Domingue, décrit à l’époque par Moreau de Saint-Méry.Il aura suffi d’un peu plus d’un siècle ( 1685-1K04), de la généralisation de l’entreprise indigotière à la manufacture (industrielle et esclavagiste) sucrière, pour presser comme un citron un espace tropical fragile à souhait.Incapables, à cause d'une résistance paysanne passive mais efficace, de restaurer la grande plantation sucrière, les classes dominantes haïtiennes ne pourront concevoir et mettre en oeuvre aucun projet alternatif de réaménagement de l’espace rural, ni de construction d’un espace urbain.Sans aucunement tomber dans l’exagération, l’auteur qualifie le pays, au plan du paysage, de « sinistré» et d’écologiquement ruiné.L’analyse détaillée du système parental traditionnel et populaire per met à d’Ans de mettre en évidence les correspondances nombreuses entre le fonctionnement du lacou (l'unité résidentielle et foncière) des paysans haïtiens et maintes formes sociales familières dans la France de l’Ancien Régime.Il en est de même de la langue créole, « sortie de la grammaire du français comme on sort d’une prison ».Et les illusions de la « syntaxe africaine » du créole ne résistent pas non plus à l’analyse.Enfin, d’Ans met en relief l’omniprésence des formes rituelles du christianisme dans le vaudou, pas celui, péri urbain, des houngans, si cou ramment décrit, mais le vaudou rural et familial, comme culte non nas secret mais intime et intériorise.Par l’analyse fine de ses formes sociales, André-Marcel d’Ans montre l’origine « également européenne » des deux modalités de la culture haïtienne, autant la rurale-orale que l'urbaine-écrite.Contrairement aux pays de l’Amérique indo-latine, un véritable continuum culturel existe cependant, malgré l’inégalité économique scandaleuse.Le« traditionalisme madré » et le « modernisme inconséquent » se font face et se parlent, sans grand résultat commun, il est vrai.L'intelligence pragmatique de la paysannerie se heurte actuellement à la limite écologique d’une terre qui ne peut plus rien donner à moins de grands travaux de remise en état.A l’autre pôle, le « consumérisme imbécile » de la classe dirigeante rend dérisoire sa prétention d’incarner la modernité.La rigueur et l'intelligence du dia gnostic d’André Marcel d’Ans le dis pensaient de proposer des recettes magiques, dans le genre c iE PLAISIR le: LE] LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR livres Notre siècle Jean E1HIER-BLAIS ?Les carnets NOUS commençons à repenser notre 19e siècle.Longtemps, par ignorance et par besoin, sans doute, de privilégier les temps modernes, nos historiens et sociologues ont occulté le siée le de Mgr La flèche et d’IIonoré Mercier.Nous le concevions comme une époque d’obscurantisme, de dictature cléricale, de décrépitude intellectuelle conjuguée, en somme.Les Québécois auraient vécu isolés, aux prises avec les démons d'une théologie primitive, occupés à faire des enfants, entretenant dans leur for intérieur collectif la haine de l’anglais et le regret du passé.Les quelques intellectuels qu’avait produits notre nation étaient l’objet de la persécution des forces cléricales obscurantistes.( )n en revenait toujours à l’Institut canadien, à son destin faussé, au triomphalisme de l’église québécoise.Lorsqu'un Robert Rumiily tentait de rétablir la vérité, de rendre à chacun selon ses mérites, on se moquait de lui.Le repli sur soi était la Bible.Les temps ont changé, Dieu merci.Je ne m’étendrai pas sur les travaux de Pierre Savard qui, le premier que je sache, a reconnu l’ampleur des rapports, à cette époque, entre la France et le Canada.Cet heureux savant a donné la chiquenaude initiale.Il s’en est tenu, dans une large mesure, aux relations officielles, qui ne recouvrent qu’une partie (dirons-nous, une infime partie ?) de ce double courant de vie.Par la suite, vint M.Sylvain Simard, autre chercheur de l'Université d’Ottawa, dont la somme sur la vitalité des échanges entre le Canada français et sa mère-patrie vient de recevoir, à juste titre, le Prix France-Québec.L'un des traits de ce dialogue par-delà l'Atlantique qui m’a le plus frappé, c’est qu'à aucun moment, les observateurs français ne victorien raconté par deux curés nous taxent d’obscurantisme, ne voient en nous l’épave résiduelle de quelque épopée tribale.Bien au contraire, ils constatent l’ardeur que nous mettons (je parle de nos ancêtres du siècle dernier) à créer en terre américaine un climat intellectuel, spirituel et économique qui nous soit propre.Ces observateurs n'étaient pas les derniers venus; l’un des frères Reclus, par exemple, ou Rameau de Saint-Pierre, un géographe, un historien, hommes de réflexion et de dossiers.11 se trouve, dans l’ouvrage riche d'aperçus, lisible et exaltant de M.Sylvain Simard, trop de convergences positives pour que nous ne soyons pas peu fiers de cet épanouissement de l’intelligence, qui reste, qu'on le veuille ou non, la marque de fabrique de notre 19e siècle.On en arrive donc à la conclusion suivante, par rapport à ce que nous sommes devenus.Pendant plus d’un siècle, grosso modo de 1810 à 1900, l’église a détenu au Québec le pouvoir de l’esprit.Sans partage, sauf qu’elle agissait, non seulement afin de protéger et d'étendre son aire d'influence, mais aussi comme le porte-parole efficace de la bourgeoisie naissante dont elle faisait partie.Entre Thomas Chapais et Mgr Camille Roy, quel est l’écart idéologique ’.’ De même, entre Louis Fréchette et Mgr L.-A.Paquet ?Les intellectuels ressortissaient tous à la même école de pensée, qu’ils fussent prêtres ou laïcs.Avec cette nuance qu’il y avait une vie intellectuelle souterraine, ces livres qu'on trouvait sous le manteau, ces transgressions qui rendaient la vie passionnante.Trop de liberté ennuie.Qu’on lise une vie de George Sand, pour la France, ou de Dickens, pour l'Angleterre, on y retrouvera, en plus affirmatif, le climat moral du Québec d’alors.Nos ancêtres furent, eux aussi, des louis-philippards ou des victoriens.On s’en rendra encore mieux compte lorsque paraîtra un ouvrage dont le but sera d’insérer notre histoire intellectuelle dans celle deTOccident.Seconde conclusion.Bien que l'église l’ail emporté, dans la lutte idéologique qui a suivi la Rébellion de 18:17, c’est la vision libérale de l'évolution historique qui tient encore aujourd'hui le haul du pavé.Vision qui souligne ce qui aurait pu être aux dépens de ce qui a été.Les forces qu'il faut bien appeler anti-historiques on pu ainsi créer l’illusion d’un Québec à qui ses classes dirigeantes interdisaient de donner sa mesure.À ceci vient s’ajouter la légende qui veut que les idées libérales soient par définition porteuses de progrès.Jolie façon de concocter l’illusion et le mensonge et de nous faire passer pour une bande d’imbéciles.Au moment où j’écris ceci, le sang de mes ancêtres paysans, qui aspiraient à la bourgeoisie, proteste en moi.Peut-être faisaient-ils partie des ouailles de l'abbé Charles Bellemare, cure de Saint-Boniface, en Mauricie, dont je viens de ¦< lire avec plaisir la correspondance.Ses lettres à un autre abbé Bellemare, Vital celui-là, curé de Chambray, en Normandie, ainsi que les réponses de ce dernier, recouvrent depuis 1887 la fin du siècle.Elles ont paru, sous le titre : La Normandie et le Québec vus du presbytère (Publications de l'Université de Rouen — Boréal, Rouen 1987), précédées d’un texte admirable de précision et d’ampleur, qui replace les deux prêtres dans leur contexte historique, culturel, social.Les auteurs en sont trois professeurs, Nadine-Josette Chaline.d’Amiens; René Hardy et Jean Roy, de l'Université du Québec à 'trois-Rivières.Une telle clarté d’exposition mérite qu’on la souligne, surtout lorsqu’elle repose sur une précieuse accumulation de détails.En lisant cette préface et ces lettres, je me disais qu’il existe encore, sans doute, dans des greniers ou des caves, des liasses de lettres, d’étudiants, peut-être d’écrivains québécois et français, qui nous transmettraient leur version de la vie quotidienne, des aspirations et des réalisations des hommes de ce récent passé.L’intérêt de la correspondance Bellemare réside d’abord en ceci que les deux prêtres sont des égaux, tous deux curés de campagne (mais pas à la Bernanos, j’y reviendrai ) et tous deux formés à la même école de pensée.Ils commencent par se décrire, dans la joie de se retrouver cousins à la mode de Bretagne, décrire aussi leur milieu, leurs presbytères, leurs églises, les notabilités qui les entourent.Ils se parlent de leur ministère et des espèces sonnantes et trébuchantes qui y sont attachées.En un mot, ils appartiennent à la même civilisation, avec les variantes qu’imposent histoire et géographie.Ils écrivent à peu près la même langue, celle du curé français plus coulante, plus précise; mais lorsque le Canadien s’enflamme, comme a l’occasion de la visite du Comte de Paris, il peut, lui aussi, devenir lyrique.Cette unité de ton ajoute au plaisir de la lecture.Il en va de même des différences pastorales entre les deux prêtres.Le Bellemare français est presque un personnage d’Anatole France, le curé tel que la République en fabriquait par centaines, simples administrateurs de la religion; le Canadien, par contre, joue un rôle dans notre société.II est entoure d’autres prêtres, certes, mais surtout des personnalités du village.Il est intégré dans un monde de pensée, d’idéal, de poütique, de religion, bien vivant.Il est primus inter pares, mais les « pares » ne sont pas quantité négligeable.Les deux prêtres aiment les livres.Le Canadien appartient a une famille bien intellectualisée, qui a le respect des choses de l’esprit.Les livres, les journaux sont partout présents dans cette correspondance.Nous sommes à mille lieues du mythe d’un clergé ignorant et dupe de son rôle, attaché uniquement au pouvoir et à l’argent.La culture, ici, sans être un monument, vit de sa vie propre.Dieu est le grand absent de ce livre.Pudeur ?Je ne sais.Nos deux prêtres ont la foi du charbonnier.Ils vivent en prêtres, fidèles à leur promesse, d’une chasteté qui paraît irréprochable, charitables, humains.Mais ils ne s’élèvent jamais au-dessus des contingences, ils n’aspirent pas à la sainteté, le feu est éteint.Où est la flamme ?Je ne reprocherai jamais à l’église du Québec d’avoir mené la barque d’une main ferme.Ce qu’on peut lui reprocher, par contre, c’est de n’avoir produit (mis à part l’abbé Groulx et le Père Ephrem Longpré) ni un grand philosophe, ni un théologien, ni un saint.C’est à cette aune qu’elle sera jugée.La correspondance Bellemare illustre à point nommé ce propos.LA NORMANDIE ET LE QUEBEC VUS DU PRESBYTERE Université de Rouen et Boréal Rouen et Montréal, 1986.La géographie historique du Québec gagne un important instrument de travail PAROIQÇFÇ FT MUNICIPALITES DE LA REGION DE MONTRÉAL AU XIXe SIECLE (1825-1861) Serge Courville avec la collaboration de Jacques Crochetière.Philippe Desaulniers et Johanne Noël Québec, Les presses de l’université Laval, 1988, 350 pages JEAN-PIERRE PROULX LT 11STORIEN-G ÉOG R A PI 1E Serge Courville de l’Université Laval vient, avec une équipe de collaborateurs, de donner à la communauté des chercheurs un instrument de base de première importance pour la connaissance du XIXe siècle québécois.Cet ouvrage, écrit l’auteur, « est né d’une double préoccupation : d’une part, rajeunir l’information disponible sur l’origine des entités civiles et religieuses de ce territoire entre 1825 et 1861 et.d’autre part, eartogra-phier leurs découpages aux dates des principaux recensements de cette période, dans le but d’offrir aux cher- cheurs un outil intégré qui montre l’évolution de la géographie administrative du territoire».Il s'agit, il faut le dire, d’un livre savant et aride, impossible à lire d'un trait pas plus qu'on ne le fait pour un dictionnaire ou un ouvrage de référence Mais c’est un livre essentiel parce qu’on ne peut aujourd'hui mener sérieusement des travaux en histoire économique et sociale sans connaître le cadre spatial précis dans lequel se déroulent les événements et les phénomènes étudiés.L'historien qui voudrait, par exemple, retracer l’évolution de la production agricole ou l'évolution démographique d'un village ou d'une région donnée, pourra dorénavant s’assurer que les unités territoriales qu'il étudie sont les mêmes à travers toute la période étudiée.Le constitutionnaliste qui s’intéresse à l’origine de la dissidence scolaire dans telle municipalité pré-confédérale dispose maintenant de l’ouvrage qui lui manquait.Le travail de M Courville sera aussi très utile aux milliers de généalogistes et historiens des familles que l'on dénombre partout en Amé- rique du Nord en lui-même mais aussi en raison du repérage de sources nouvelles auquel il a donné lieu.Le livre ne couvre malheureusement que la région montréalaise et on ne peut s'attendre, à court et moyen terme, nous a précisé M.Courville, à un document pareil sur les autres régions.Mais le territoire couvert est néanmoins très vaste: il est borné au sud par la frontière ca-nado-américaine, au nord par les Laurentides, à l’ouest, par Aylmer, dans l'Outaouais, et à l’est par Saint-Gabriel de Brandon, au nord du Sainl-Laurent, et le canton de Bar-lord au-delà de Sherbrooke.Après une imjwrtante introduction méthodologique, le dossier documentaire fournit d’abord les renseignements de base sur les grandes divisions territoriales: diocèses, districts administratifs et judiciaires, districts municipaux et découpages seigneuriaux.La partie la plus importante est cependant constituée de « fiches descriptives » sur les paroisses catholiques et les municipalités.Pour chacun et chacune,on trouve généralement, toutes les dates importantes concernant les requêtes, les procès- verbaux d'érection canonique ou civile ainsi qu’une transcription de ces décrets.Suit le dossier cartographique qui.en 22 figures, reproduit tout le dossier documentaire en y ajoutant les divisions des recensements menés à compter de 1825.Cette partie est toutefois décevante dans la mesure où, faute de repères topographiques (seul l'Outaouais, le Saint-Laurent, le Richelieu et le lac Memphremagog y apparaissent), on n’arrive pas à situer les paroisses et les municipalités.M.Courville et son équipe ont mis deux ans de recherche en archives et une autre année pour la rédaction de ce travail.Ils ont trouvé, dans divers fonds, un nombre important de cartes anciennes dont certaines, précise-t-il, « sont de véritables chefs-d'oeuvre».Il s’agit là sans doute d'une des retombées les plus importantes de celle recherche.Aussi M.Courville s’apprête-t-il à publier sous peu un inventaire de 300 cartes ainsi découvertes.Ce sera en effet un complément indispensable à la contribution qu'il vienne d'apporter à la géographie historique du Québec.Un regard dans un monastère ENTRE LE FLEUVE ET L’INFINI Andrée Pilon-Quiviger Montréal et Paris, Bellarmin et Cerf, 1988 BENOIT LACROIX, o.p.CES ÉCOLES du désir que sont les monastères de contemplatifs à travers le monde, et qui aujourd’hui se multiplient et se peuplent malgré nos réticences, n’ont, pas fini de nous étonner.Seulement au Canada français, il y en a une bonne cinquantaine.La Révolution tranquille ne les a pas tellement dérangées.Au contraire, là seulement les vocations n’ont jamais cessé de surgir.Intriguée autant qu’éprise elle-même d’aventures mystiques, Andrée Pilon-Quiviger, pourtant épouse, mère de famille, psycho-éducatrice, engagée dans une action sociale au coeur d’un quartier défavo- risé de Montréal, veut absolument savoir ce qui se passe dans ces lieux qui interrogent drôlement nos appétits « at large ».Comme cible, elle choisit un couvent où cohabitent depuis plusieurs décades 40 femmes, cloîtrées et sans TV : 40 femmes en blanc, des Québécoises, prisonnières volontaires de Celui qu’elles n'hésitent pas à appeler leur Époux, leur Unique.Lui ou rien.Sans Lui rien ne vaut Quarante femmes, 40 silences, 40 mystères Leur vie au monastère, situé aux limites de Berthierville, tout près du fleuve, s'inspire largement des traditions religieuses monastiques d'Oc-cident : prières chorales, lectures bibliques, silence, clôture et travaux domestiques, le tout sagement encadré par un horaire fixe, équilibré, capable de s'adapter aux personnes.Bien que souverainement inspirées ANNUAIRE PERSONNALITÉS DES COMMUNAUTÉS CULTURELLES Face à un manque évident d'informations pertinentes sur les Personnalités des Communautés culturelles, la maison d’édition Humanitas-nouvelle optique ei la revue «Humanitas» publieront un annuaire exhaustif à paraître début novembre 1988.Cet annuaire est destiné a servir d'oulil de promotion pour les personnalités des Communautés culturelles.Le droit d'inscription est de 25 S.Pour informations, écrire a: - Humanitas-nouvelle optique - , 5780, avenue Decelles, bureau 301, Montréal H3S 2C7, ou appelez au numéro 737-1332.par la Parole biblique chaque jour entendue, chantée, psalmodiée et ét udiée, ces femmes généreuses n’en sont pas moins — parait-i! — humaines et vulnérables.Elles savent : le chenal qui mène du fleuve à l’océan n’est pas toujours rectiligne, ni sans tempêtes ni hautes marées.Toute quête d’idéal appelle sans cesse des vérifications et des redressements de parcours.Même quand le pardon règne, l’amour entre cloîtrés de toute espèce reste un défi majeur.Grâce à l’autorisation plutôt rare de passer plusieurs semaines en clôture, Andrée Pilon-Quiviger enquête sur le terrain; elle observe, note, écoute, réfléchit, prie, transcrit, écoute encore .Inutile de vouloir tout comprendre, c’est d’un autre ordre : les Enfants du Royaume n’ont pas les mêmes cheminements que les Enfants du Verseau.L’aventure de Mme P.-Q.est devenue aujourd’hui un livre publié chez Bellarmin à Montréal et chez le Cerf à Paris.Dans un style ample et généreux, intelligent comme son au-toure, elliptique s’il le faut, mais jamais secret tellement la sagesse passe à travers toutes ces lignes, Entre le fleuve el l'infini rappelle, à bien des égards, l'Eden éclaté qui, il y a quelques années, méritait à la même auleure d’être finaliste au Prix du Gouverneur général.Tous ceux et toutes celles qui, mystiques, penseurs, artistes, désirent partager une aventure intérieure forte et décisive, trouveront dans ces pages hautes en saveur bil-bicjue un surplus d’espoir el peut-être meme le gout d’amorcer une recherche personnelle de l’infini.LE DEVOIR VOUS OFFRE LA QUALITÉ POUR INSÉRER UNE ANNONCE SOUS LA RUBRIQUE CARRIÈRES ET PROFESSIONS 842-9645 D'ECRITURE l5îiei3 4 La fierté que c’est dévalorisant, pourtant l’enfant apprend par la répétition, c’est bien connu.Mais, au lieu d'aller vers la simplification, on choisit la fantaisie etries complications.» S’il se définit comme un éditeur « vivant », parent de Pierre Larousse et de Louis Hachette, tous deux instituteurs en leur temps, c’est par opposition aux partisans de l’éducation : « Aujourd’hui, on veut former, donner des habitudes de vie, de travail, d’aptitudes, de comportement, avant de donner les règles de base.Je me situe du côté des tenants de l’instruction, du savoir, pas uniquement encyclopédique, car on peut aussi bien s’instruire en élevant des poissons tropicaux ou en jouant aux échecs.Un bon professeur est celui qui connaît la psychologie des savoirs essentiels, lire, comprendre, écouter, calculer, ün arrive à la connaissance par des cas particuliers, par le survol des différents champs du savoir, les tours de reconnaissance, les éludes en profondeur.Je suis un partisant de la pédagogie de la navette, du va-et-vient entre le tout el la partie.» Autre formule imagée comme il les aime.Quant à ce marché du livre scolaire qu’il faut préserver des géants américains, se porte-t-il bien au Québec ?Selon l'éditeur, les bonnes années sont celles qui suivent l’adoption de nouveaux programmes.« Depuis que M.Ryan a insisté sur l’enseignement de la religion et de la langue, on s’est attelé à la tâche et on a créé de nouvelles grammaires françaises.Oui, le marché est rentable parce qu’il se renouvelle de lui-même, avec les techniques nouvelles, robotique, informatique, bureautique.Les projets tombent sur la table, naturellement.» Éditeur des écoles, M.Guérin aimerait faire du livre scientifique par formation, par goût, plus encore par désir patriotique comme il dit : « Les facultés sont inondées de livres américains traduits ou non.C’est scandaleux.Nos professeurs universitaires sont tout aussi aptes à rédiger des ouvrages scientifiques mais, le plus souvent, ils sont paresseux.Il leur faut deux ou trois ans pour s'acquitter d'une commande.» La voix tombe, un peu de lassitude se ht dans son regard.L’éditeur reconnaît toutefois ne pas vouloir entrer en concurrence avec des presses universitaires subventionnées ou encore celles qui vivent sur des fondations philanthropiques.Attaché à l’étymologie comme à ses racines, Marc-Aimé Guérin dit avoir une fierté, plutôt une consolation, celle d'être un éditeur nationaliste, « autrefois, on disait patriotique », celle aussi « d’avoir prouvé qu’il n'est pas nécessaire de connaître l’anglais pour réussir.» 4 Histoire de coeur peine le temps de placer un mot qu’il se faisait couper la parole.— Je sais que ces renseignements sont confidentiels ! Mais vous pouvez quand même me dire si le coeur vient d’ici ou de l’extérieur.Les parents de la victime peuvent exiger que son nom soit tenu secret, mais ils ne peuvent pas.Plus la conversation s’animait, plus la musique se faisait discrète.— Je sais qu’il est mort dans la soirée du 18.J’ai parlé avec un des médecins.Il me l’a dit.Et j’ai fait des fouilles.Il y a eu six décès ce jour-là -.Quatre morts accidentelles et deux de vieillesse.Renard défit sa cravate et se mit à tourner autour du téléphone.— Pourquoi je cherche à savoir ?Parce que je suis du groupe sanguin A B négatif et que ça m'étonne qu’on ait trouvé un coeur si facilement ! Ces mots, Maurice les avait aboyés.Du coup, Saint-Saëns se tut et Elizabeth posa son violoncelle par terre.Renard était comme un chien au bout de sa laisse, vociférant dans le récepteur, levant les bras au ciel et s’interrompant à tout moment.— Je suis certain que le coeur n’est pas arrivé d’une autre ville, mais je veux vous l’entendre dire, voilà ! Son regard croisa celui de sa femme et il leva machinalement le doigt pour dire qu’il n’en avait que pour un instant.— Maurice, tu vas te fatiguer.Laisse tomber, veux-tu ! Derrière elle, Estelle, Geneviève et Françoise rangeaient déjà leurs instruments.Lorsqu’elle s’en aperçut, Elizabeth tenta de les retenir, mais c’était trop tard.La répétition avait assez dure et ce qui se passait ne les regardait pas.— Ou bien c’est un des deux accidentés de la route ou bien c’est le jeune ! Celui qui s’est fait poignarder dans la ruelle.Sur ces mots, Renard s’arrêta net.Elizabeth et ses trois amies traversaient le salon, sur la pointe des pieds.Maurice les regarda un moment puis revint à sa conversation.— Oui.c’est ça, on se reparle.Il raccrocha aussi sec, avant de s’affaisser dans le fauteuil.Elizabeth fit irruption au même moment.— Mais qu’est -ce qui te prend ?Tu n’as pas vu qu’on répétait ?Tu es tombé sur la tête ou quoi ?Il plaida l’innocence et demanda naïvement si c’était vraiment à cause de lui qu’elles étaient parties.Elizabeth ne prit même pas la peine de répondre.Elle alla s’enfermer dans le solarium el, pendant deux heures, lui joua La danse macabre de Saint-Saëns, seule et sans accompagnement.Le deuxième mouvement, qui était tout en notes aiguës, le hérissa; il aurait juré qu’elle faisait exprès de le reprendre deux ou trois fois.Lorsqu’elle arriva au bout de sa peine, vidée de toute sa musique, elle s’endormit sur son instrument.Maurice voulut la prendre dans ses bras et la porter jusqu’au divan, mais il n’en trouva pas la force.II ne se comprenait plus.Jamais en treize ans de vie commune, il n’avait fail une chose pareille.Et jamais Elizabeth ne lui avait joué La danse macabre.Tout avait changé depuis quelque temps.Il avait en lui une sorte de violence, quelque chose qui protestait de l’intérieur et qu’il avait toutes les peines du monde à contenir.Aide à l'enfance •Canada Save lhe ( hildren < anada manuels scolaires d'occasion Librairie Guérin 4440, Saint-Denis • Montréal, Qué H 2 J 2 L1 • 8 4 3 - fi 2 41 I 33
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